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Full text of "Le Bulletin des recherches historiques"

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L915 
L806393 



REYNOLDS Hi?TORICAL 
GENEALOGY COLLECTION 



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ALLEN COUNTY PUBLIC LIBBARY , 

3 1833 00878 7928 





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Reckrcks 




fiisîoripes 

nitlUtiii d'arclu-olooi,, d' hiitoin\ de biographie, dt 
biblios^rapliic. de ntiiiiisiuatiquc etc., 

PriiLlE l'AK 

PIERRE-GEORGES ROY 


VOLUME VL\(;T- UNIÈME 


i>i':vis 
iï)ir. 


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BUI^LKTIX 

180G393 



RECHERCtiES MISTORipES 



VOL. XXI BEAUCEVILIE-JANVIER 1915 No. 1 



LA MARQUISE DE VILLERAY 

La marquise de Villeray qui procura l'hoiiiieur d'une entrevue avec 
Louis XVni à Mgr Ple.ssis apparteuait-elle à notre famille Rouer de 
Villeray ? 

Deux lettre.s en notre possession— de la marquise à l'honorable 
Iguace-Michel-Louis- Antoine de Salaberry, le père du héros de Cha- 
teaugay — ,vont jeter de la lumière sur cette question posée dans le 
Bulletin des Rccheyches Historiques (Vol. XX, No. lo, pp. 330- -^31). 

Nous donnons le texte inédit de ces lettres sans rfen changer de 
leur ortographe et de leur ponctuation : 

Paris ce 18 juillet 1S17 Rue de 

Bour Bon 
No 4 

J'ai eu l'honneur, Monsieur, de vous écrire le 28 juin dernier, 
i'avois Reçu de vous une lettre sans datte la seule qui me soit Parve- 
nue de plus'îures que vous in'avés fait l'honneur de m'écrire, à ce que 
j'ai, lieu de croire, et moi même je vous en avois adressés plusieur, et 
jen avois Confié une à M. Reeves de montréal dont vous ne me Parlé 
pas dans votre lettre, vous me Parlé du malheur de la perte d'un 
transport et des Passagers au nombre de 210 pensoimes dont une votre 
auu' et autres qui vous étoient chères, toutes , péry.s sur les Côtes de 
l'isle de terre-neuve. Vous m'anoncé le major germain mari de Mlle 
de la force fille du conuuodore la force qui étoit l'oncle Maternelle de 
feu M. Roiiér de Villeraj- mon mari a.ssurément. Ce sera [lour mes 
enfants et ])()Ur moi une occasion bien heureuse pour Ralier la famille 
que de Voir ici M, Le major germain, cousin insu de germain par sa fem- 
me de mes enfants. 



i\VÀ\<H^rii 



'A' V.t 



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r-'A ■■■.', n. ; 
I. <!.<: 



— 4— 

J':ii assurémtnt saisi avec un em])re.ssenient Bien sincère et Bien 
j n;iliir<l_ Quand on a eu l'avantage de vous connoitre seullement un 
pt'U .Monsieur, Loccasion de Renonveller connaissance avec vous sitôt 
i qu'il ;i (■{{. j)ossible parce que très ])eu de tems après le iier Retour de 
I noip- Koi en 1814 j'eus l'honneur de vous écrite, toute jeune que j'é- 
toi-, I II lyf^^ éjxjque à la quelle vous étiés en france et que j'eus donc 
l'li''ii'iir de vous voir ches mon père et ma nierc avec lesquels je vi^.•ois, 
voir, (aractère de loyauté, votre esprit, vos connaissances nie firent une 
I iiiipr'ssion que le teins comme vous en avéseu la preuve na point effacé. 

j et- j':ii éprouvé une bien douce satisfaction à savoir q'un des hommes 
j If plus bonnette d'un pays Resté pure existait, je vous Recherché donc 
j avi'. 11,1 vrai Plaisir et j'ai appris plus iwrticulièrement par M. l'abbé 
j ta\<ii(jt la conduite héroïque de Mr. votre fils, dans ma dernière du 2S 
j jiii'i ji; vous disois que Mr de Salaberry de france, enfin le député de 

I Kl>,i , ne m'avoit point donné les détails de la guerre du Canada et que 

i je viioit de lui écrire ou allait lui écrire pour lui demandé, je lui ais 
éff" tivement écrit et je suis encore a avoir sa Réponse, mais je jiense 
qiK- comme voila Bientôt le moment qu'il va venir à Paris il m' appor- 
ter:» lés détails qui mintéressent vivement je i)uis vous l'assurer positi- 
veiiicr.t, puisqu'il cons.serne Mr votre fils, car les faits de ce héros doi- 
vent l'imorlalisér et combien je suis .sen.ssibleà votre Bonheur Récipro- 
4''<-, Lui de vous avoir pour père, vous de l'avoir pour fils, le Respecta 
l>le al)bé tavenet m'a compté dernièrement comment avec 300 hommes 
; •'^eiilk-ment il a\-oit déffendu le Canada contre les ennemis en force pro- 

(l'^^ieusement suppérieure, comme enfin il avoit sauvé le Pays de l'in- 
vasion je ne conçois pas comment Mr de Salaberry ne m'a pas comnni- 
"iqué tous les détails s'il les a Reçu, et certainement je les lui 
i redenienderai avec instance. Je viens d'apprendre à l'instant qu'un 

j consul français vient d'être nommé et va aller au Canada, a.ssurément 

; je sîiisirai cette occasion, je vous remercie des soins que vous avés Bien 

j voulu vous donner pour Retrou\-er tout ce qui peut conserner la maison 

I Hoiiér de \'illeray, le père de mon mari avoit eu une commission du 

i I^"i, je crois que c'étoit le Cte de Raiinond ou Raymond Qui a été sou- 

I verneur de liste Royale, je crois aussi qui au nom du Roi avoit donné 

c.tle commis.sion au psre de mon mari, et c[u'il a al).indr)iiné quand il 
; Passa en france, je crois encore en 175S ou 1759 avec sa femme et .ses 

I enfants, je suis surs que les deux près Mrs Roiier tle \'illera>- pa.ssés de 

! france en Canada, l'un s'appelait Augustin Roiiér de Villeray, l'un 



•>'■;:':. ^ -j': .}f 

■ !^ t!-> : 'A U 



t.r.,ï]^!, 



nir: J(i. •■';*«, 



était premier conseillé a» conseil souverain, son frère était officier'dans 
un Régiment. Je voudroit Bien Remonter de mon mari ou de son 
iiere jusqu'à ces deux premiers Mrs Roiiér de Villerax' passé de france 
en Canada le jeune Reeves qui est>venu ici l'année dernière et qui e>t 
Retourné avec des lettres de moi et pour vous, Monsieur, devoit avoir 
l'honneur de vous Référer de tout cela en mon nom, je n'ai pas eu de 
ses nouvelles du tout. 

Veuilles Bien, Monsieur Recevoir mes senssibles Remerciements 
de vos .soins, car ])our moi de vous avoir donnés preuve de nion souve- 
nir a été et est toute jouissance. J'espère que la présente vous trou- 
vera en Bonne santé et tous de votre resiiectable famille, \'euillés, 
Monsieur et cher Parant, Partager avec elle l'expression de ma consi- 
dération distingué et re.s]iects et ma famille. 

'■ Roiier de \'illera\' née 

Dagobert. 

(P. S.)M. l'abbé tavenet m'a chargé aussi de vous faire ces compli- 
ments Bien sincères et tous des ci\ilités, pourquoi ais-je eu le mal- 
heur de perdre mon mari qu'il auroit éprouvé de. satisfaction de 
vous Retrou\er enfin par lettres ! .Mr Boidin. neveu de M. Millet 
(ce dernier i)er chiruroien de Mgr le Prince de Condê ) m'a Bien 
prié de le Rappeller à l'honneur de votre souvenir et jeu fais de 
même pour son cher oncle qui en ce moment est à gentilly avec le 
Prince, il.-, sont très estimable. 

La deuxième lettre ne porte ])as de date. Elle a évidemment été 
écrite en 1S21 ou iii22 après le retour de Mgr Ple.ssis de son \o>age en 
Europe : 
Mou;-,ieur et cher Parant, 

depuis le départ d'icy de Mr I.evêtiue du Canada, vingt ocasion 
ont eu lieu pour moi de m 'entretenir de vous ave».- des per.soiniages de 
marcpie, et de la valeur de .\Ir votre fils et de sa brillante et glorieuse 
affaire de Chateaug:i\-, car axant vue .Mr le duc de la Châtre bientôt 
après que Mr Levècpie avoit eu l'honneur d'être Reçu du Roi, cette 
circonstance me mit a même très naturellement de lui dire mes Rela- 
tions avec vous. Mon cher Parant, et \<w i)ienfaits : de Parler donc de 
vos vert nés et de l'héroisme de votre fils et de votre utilité à votre sou- 
verain, à votre Pays, peut-être le .seul motif qui me Privait de vous 



■u. ' '-,'-.; 71- 






1.: < M 






voir l'un ou l'autre, et peut être tous deux, car Mr germain m'avoit 
en Partant d'ici flatté de cet espoire, et qu'alors sa femme pouroit avoir 
le courage de venir aus.-,i. Conssev^és, Monsieur, combien il m'a été et 
m'est flatteure de faire coiinoitre votre Procédé, votre grandeure 
d'âme, votre bonté ! Consevés quand dis-je le Respectable duc de la 
Châtre et antres personnages auxquels j'ai compté votre générosité si 
digne ont conçu. de vous. Mon cher Parant, une si hautte idée ! Com- 
me il me sernit heureux" de vous voir ici Présenter à notre bon Roi et à 
son auguste famille, et aussi Mr votre fils ! Cette circonstance, d'avoir 
Penser a faire Présenter Mr Lévêque et par M. le duc de la Châtre au 
Roi m'a été eu vérité une inspiration du Ciel, mais grand dieu quand 
viendrai vous ? sache que toutes difficultés pour moi serois levées par 
vous, mon dur cousin, la dignité de votre caractère personnel et celui 
de votre Rang membre de la chambre haute, vinqueroit l'opposition du 
personnage qui m'est contraire, tout ce qui me consserne étant juste et 
honorable, votre intervention courronneroit ma vie ! et en vous atten- 
dant, vous désirant, vous espérant ( co;nme les juifs le Messie) je suis 
forte de Parler de vous et de Mr votre fils. Qus n'en avés vous un de 
plus, ou moi mon fils, p^ur Resserrer Les liens d'honneur et D'amitié 
qui nous unissent ! Mais, mon cher Parant, en me livrant à l'espoire, 
j'oublie la trop cruelle Réalité d'être jirivée d'avoir Reçu aucunnes 
nouvelles directement ni indirectement de vous depuis celles que m'a 
apporté dans le tems Mr germain, par Mr Lévêque. j'ai eu l'honneur 
de vous écrire et Mr Levrin, Rien de nouveau depuis, et en ce moment 
je viens d'être Prévenue d'une occasion pour Mr Lévêque, qui part à 
l'instant ainssi je n'ai pas le tems de Prévenir Mr Lévrin : nous avons 
Reçu dernièrement un mot une lettre de Mde germain à ma fille qui 
nous a été cpioitiue bien incomplette d'une grande satisfaction, C'estru- 
nique Lettre qui nous soit Parvenue du Cauadadepuis notre Ré\oluiiou. 
ces triste-^ années ont fait une existence chimérique i)our m.:>i. Pe.idant 
les lo ans d'émigration de mon niari mon âme mon esprit ca])tivé par 
lui et par l'honneur fesoit vivre desix.-rance>, Lorsqu'il Re\'iiit à l'ins- 
tant môme mon iïs jiartie et fut on/.e ans smus qn^ jt.- l,.- Revis, de même 
occupée de sa gloire ou plutôt de ces d.ur^ers jr lai Retrouvé avec 
notre Roi jiour effectivement coniuntrv et ']<>\u\ de sa i^loire et lapogé 
ilu liniiheiir, après l'avoir perdu, clit'i il di-ne Parant Rien ilans le 
nioiuic ne me t<nuhais Plus .' Lorstiur vus m'aviv Rattaché à la vie ! 
ausM !e ilis-je au duc le la châtre mais lieias 1 il faut ([ue je sois aussi 



sot 
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, ---7— 

privée de vous voir ! ma cousine Mde germain ne donne à ma file 
aucun détails, elle comptoit aller vous voir sous pin mais Mr L:-vêque 
a écrit en france — depuis son arrivé en Canada et nous, nous n'avon^ 
eu aucunnes nouvelles que ce mot de Mde g;erniain et j'attans espert 
et désire comme un malade la santé de vos nouvelles, cher et Respecta- 
ble Parant, et de. vous savoir en Bonne santé et de Mde de Salaherrx et 
et Melle Adélaïde et ce digne fils dont je sni-, si gU)rieust- 
de Parler, que ne suis-je homme m'intenant j'iruis moi v >us trouvé, je 
vollerois ver vous, tandis que je ne suis que de cœir parnn vous et 
livré de fait à la privation de Parants que je vénère a légal que jainie. 
Roiiér Mqre de Villeray. 



De ces lettres détachons les jiassages suivants : 
I. L'un des premiers Rouer de Villeray du Canada, conseiller 
au Conseil Souverain, s'ajipelait Augustin. 

2: Le père du mari de la marquise aurait eu du Roi, par l'entre- 
mise du Comte de Raymond, uneconimi.ssion qu'il abandonna quand il 
passa du Canada en France avec .sa femme et .ses enfants, en lysiS ou 

1759 , , 

3. Le Commodore LaForce était l'oncle maternel du mari de la 

marqui.se. 

4. I,a révolution .séjtara ces derniers pendant dix ans et au retour 
du marquis en F'rance son fils jiartit et fut absent onze ans. 

5. La marquise, ayant jierdu et .son mari et son fils, rien ne la 
touchait plus dans le monde lorsque M. de Salaberry vint la rattacher 
à la vie. 

Cesquel<iues renseignements vont nous être précieux pour nous 
aider à établir le<[uel des Rouer de Villeray, d'origine canadienne, 
devint jtlus tard le martiuis de Villerax . 

AUGUSTIN Rouer de Villeray était le fils de Louis RoiK-r. 
.s-ieur de Villera\', ancien lieutenant particulier de la juridiction de 
Québec, nommé, le uH septembre 166;,, con.seiller au Conseil Souverain 
de la Nouvelle-France, établi par un édit de Louis XIV, du mois 
d'avril de la même année. Augustin, comme son père, fit au^-i i)ait 
du Con.seil Souverain, -^a nomination datant du j>) octobre 170;,. Il .^e 
maria deux fois. De sa première feinine, Marie-I.onisL- Le C.ard<.-ur du 



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— 8— 

Tilly, il eut plusieurs enfants do:it trois fils, "Benjamin", Hector et 
Louis, et de sa seconde ftmme, Marit-Louise Pollet, une seule fille, 
Marie-Catherine. ( Mgr Tangua}- vol. 7 p. 44). Cette dernière se ma- 
ria à Michel Drouard, puis devenue veuve, elle épousa en secondes no- 
ces Michel de Salaberrx-. le premier du nom ^u Canada, le père de l'ho- 
norable M. de Salaberry le "Cher Parant" de la marquise de Villeray. 
Notons cependant que l'honorable M. de Salaberry n'avait aucune goû- 
te de sang des Rouer de Villeray dans les veines Sa mère fut Made- 
leine-Louise, fille de Ignace-Jucht-reau Ducht-snay de Saint-Denys, sei- 
gneur de Beauport, que .Michel de Salaberry épousa en secondes noces 
en 1750, sa première fennne veuve Drouard (née Villeray), étant dc- 
cédée au mois d'aoï'it 1740. 

BENJAMINT Rouer de Villera.. ('fils d'Augutin), né à Qu -bîc 
en 1701, fut celui qui reçut une conunission du Roi, par l'entremise du 
comte de Raymond, gouverneur (1751-1753) de l'île Ro>ale, (Cap 
Breton), et qui, en sa qualité de capitaine des troupes détachées de la 
Marine et de commindint au fort GaspareauK, reniit ce fort à Robert 
Monkton, au moisde juin 1755. Après la prise de Lonisbourg en I75t<, 
Benjamin Rouer de X'illeray passa en F'rance avec .sa femme et ses en- 
fants et mourut à Rochefort, non pas en 1762 mais en 1760, le 30 no- 
vembre, au moment même où il allait ajiprendre que le Roi venait de 
lui accorder la croix de St Louis. (Archives C.vn.\die.n.\es 1905, 
vol I. p. 311 ) Il aN-ait épousé à Montréal, le 16 août 1735, Marie- 
Joseph Pe\w\ La Force, fille de Pierre Pépin dit La Force, garde-maga- 
sin du roi à Niagara. Elle était la soeur de René-Hypolite La Force, 
décédé à Québec en février 1802, juge à paix, tientenant-colonel du 
premier bataillon de la milice canadienne, ancien ca])itaine de vaisseau 
du Roy, etc, désigné par la marquise de \'illeray "Commodore et oncle 
niaternel de mon mari". 

Du mariage Villerai-1. a Force, entre autres enfants dccc\Ls très 
jeunes, nacjuit un fils, René-Btnjaniin, à .Montréal le 4 mai 1740, 
RENK-BL'NJ A MIN de Villerax ,])assé en France avfc son père après la 
prise de Lonisbourg, fournit une l)rillante carrière aux garder de corps 
du roi Louis X\'L éniigra lors de la dévolution revint en Frai. ce- \eis 
iSoo, rejoignit l.i garde >ous !.. mis X\'III. et mourut le 2 février iSiCi. 
Il avait épousé Marie-Jo.sejihte Dagobert, cellclà même qui avait mé- 
nagé une entrexue entre Mgr Plessis et Louis X\lll dont non-, \tnous 
de lire le.s deux lettres écrit>-s à M. de Salaberrv. 



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— D— 

La marquise de \'illeray eut un fils, AV;//-Jacques-I.ouis-.IA7;7V 
Rouer de Villeray. qui porte le nom de son père Retié, et celui de sa 
mère Marie. Il se distingua comme marin sous Najxiléon i et sous 
Louis XVIII, et mourut des fièvres au Scncgal en 1S17. 

Pour de plus amjiles détails sur la' vie de ce dernier et de sou père 
le marquis de Villera\- nous référons les lecteurs du Bulletin au Pan- 
théon Canadien de Bibaud. (Edition de 1891 p. 312.) Bibaud, il est 
utile de le signaler", entre autres erreurs sur les Rouer de Villera>-, a fait 
celle-ci de confondre, à cause de la similitude des noms, les carrières de 
Benjamin Rouer de Villeray du fort Gasjiareaux et de René-Benjamin, 
le marquis de Villeray. 

Ces détails concordent avec cette information donnée par la mar- 
quise à M. de Salaberry, savoir : "Que la révolution la sépara dix ans 
de son mari et qu'elle fut onze ans sans voir son fils", ce dernier guer- 
royant sur les mers hors de France. 

Disons pour terminer, avec Bibaud, que la marquise de Villeray 
laissa pour unique héritière .Vlarie-Jacqueline-Jo.séphine Rouer de Vil- 
leray, chanoinesse honoraire du chai)itre royal de Ste Anne. 

Nous en avons la confirmation dans cet autre ])as.sage d'une des 
lettres à M. de Salaberrx : Je suis forte de jjarler de vous et de Mr 
votre fils I Que n'en ave/.-vous un de plus, ou moi mon fils, pour res- 
.serrer les liens d'honneur et d'amitiés qui nous unis.sent 1" De fait il 
n'y avait plus d'alliance possible entre les deux familles. -M. de Sala- 
berry n'avait plus qu'un fils, le héros de Châteaugay, marié dejjuis 
1812 à Melle Marie- Anne-Julie Hertel de Rouville, et la marciuise pleu- 
rait la j.)erte de son fils, mort des fièvres au Sénégal en 1817. 

De plus, nous avons une lettre de Melle Joséphine Rouer de Ville- 
ray à Melle Adélaïde de Salaberr\' (d avril iSiS), où elle déi)lore n'être 
que seule avec .sa mère à exprimer toute la considération due à la 
famille de Salaberr\-. 

X(.us croxons a\oir suffisamment établi que la mar(juise apparte- 
nait à la famille Rouer de \'illera\ , d'origine canadienne. 

MOXTARVILLl' BOUCHIvR de LA BRULkH 



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LA FAMILLE DE LORlffllER 



Notes généalogiques et historiques 

I 

Guillaume àt Lorimier, seigneur de Boynes, en Orléanais, capitai- 
ne de la marine royale, éi)ousa Jeanne Guilbault, de la paroisse de 
Saint-Leu et Saint-Giles, diocèse de Paris, et vint au Canada en 16S3. 
II était accompagné de son fils Guillaume, seigneur des Bordes. 

M. de Lorimier, père, après avoir pris une part honorable aux 
événements de cette époque, repassa tu France, lors du départ du mar- 
quis de Denonville. On ignore la date de .>on décès, mais il est certain 
qu'il mourût avant le mariage de son fils, en 1695. (Voir Barthc. .h- 
frs de Trotain, p. 71 ). 

D'après une notice généalogique dressée par M. Lambert de Mou- 
toison, la famille de Lorimier aurait formé la branche distinguée des 
Chamilly de Lorimier. 

En France, la famille de Lorimier a eu des représentants qui oc- 
cupent un rang considérable dans l'histoire. 

Le marquis de Chamilly fut nommé maréchal de France en 1703, 
en récompense de ses nombreux .services ; le comte Claude Charles Lo- 
rimier de Chamill)', fidèle ami du souverain infortuné, Louis X\'L uié- 
rita l'honneur d'être mentionné sur le testament du roi martyr, en ces 
termes : 

"Je croirais calomnier les .sentiments de la nation, si je ne recom- 
mandais ouvertement à mon fils. Messieurs de Chamilly et Rue, que 
leur véritable attachement jKiur moi avait portés à s'enfermer dans ce 
triste séjour (au temple), et qui ont pensé en être les malheureuses vic- 
times." 

Claude-Charles fut lui-même décapité en 171)4, le 23 juin, en vertu 
de cette .sentence du "5 Messidor, an ILi J3 juin i79-i.),le Tribunal Ré- 
volutionnaire jugeant Claude Charles Lorimier de Chamillx'. âjié de 
>oixante et-iteux ans, premier valet de chambre du t_\ ran né et demeu- 
rant à l'aris, rue du Monlblanc : 

"Convaincu de s'être rendu l'ennemi du peuple en pratiquant des 



-, I,- -j - ,:-■' 'K.yi -.•Aa'^ 



UUkk 



r.ru-ji.l.Ji 



.iiv>.ji.- 



—11— 

manœuvres tendant à provoquer le retour de la ro>auté, à avilir la co- 
carde tricolore, à dissoudre la représentation nationale, en entretenant 
des intelligences avec les ennemis de la République, en favorisant leur 
progrès, en ébranlant la fidélité des défenseurs de la patrie, en coniijo- 
sant des écrits séditieux en faveur des tyrans, et notamment le jiréten- 
du testament de Louis Capet, a été condamné à la peine de mort. " 

A l'avènement du Louis XVIII, le fils du précédent devint che- 
valier de Saint-Louis et chambellan du roi. 

"Les armoiries anciennes de la famille de Lorimier en Normandie 
se blasonnaient : 

"D'argent à deux haches d'armes de gueules jwsées en sautoir. 

"La branche qui a jiorté le nom de Chamilly a adopté les armoi- 
ries suivantes : 

"De gueules au chef d'or chargé d'iiu lion de sable accosté de deux 
aiglettes de même. Devi.se : "Ailleurs, jamais." 

"D'autres armoiries de la même famille de Lorimier figurent nu 
registre de Paris II, folio 1145, No 524, et sont : 

"D'argent à un chevron de gueules accompagné de trois merlettes 
de sabir." ' . " ' 

"II "'■' ■' ■ ' 

1695, (27 janvier), Champlain. 

Guillaume de Lorimier, fils de Guillaume I, épou.se Marguerite 
Chorel, fille de François Chorel, sieur de Saint-Romain, marchaïul 
bourgeois, et de .Marie-Anne Aubuchon. 

M. de Lorimier, sieur des Bordes en Gâtinais, fut nonnné lieute- 
nant d'un détachement le 16 mars 16S6, soit quelques mois ai)rès .sou 
arrivée au pays. L'année suivante, le 25 mai, il était capitaine ; le ler 
janvier 169.^, il jiasse garde-marine et le 25 mars i6c,4. ii est proiiui ca- 
])itaine en jiied puis commandant du fort Rolland, i)rès de Lachinc. 

A .son contrat do mariage, dressé par François Trotain, dans la 
maison du sieur Chorel de Saint- Romain, à Champlain, en janvier 
l69_s, ou note la présence de M. et Mii'e Chorel : Jaccpies de Nora\-, 
sieur du NKsnv, c.ipitaine, et Ma -ie Chorel, son é]iouse : I-VançcMs I.e- 
febvre. sieur l)uple^>is-l"al)er, capitaine, et son épouse Madeleine Ch<^- 
rel : Josc-iih . Antoine de Fresnel, sieur de la l'ipardière, ensc-iv;iie, et 
Jacqueline Chm-<.I, --on éi">use ; J P.. Cre\ier, sieur I)u\erna>-, et M.i 



' : "1 iivn;.i 






-„12— 

rie-Anne Chonl, son épouse ; François Chorel, fils, Edmond de Suève, 
co-seigneur de Sie-Anne de la Pérade ; Louise Dandonneau, femme du 
sr Desalliers ; et, de la part du futur, de M. Claude de Ramesay, gou- 
verneur des T. l<.,et Charlotte Denis, son éjwuse, et Dame Jeanne 3a- 
hie. veuve de l'anl Louis de Lusignan, en son vivant capitaine de la 
marine. 

M. de Loriniier fut inhumé à Montréal, le 29 juillet i70<j. 

De ce mariage, naquirent : 

Guillaunie-I'rançois-Autoine, baptisé à Montréal, le 16 mars 1697 : 
inhumé à Lachine, le ler avril 1703 ; 

Marie Anne, baptisée à Lachine, le 29 août 1700. Elle eut pour 
parrai'n et marraine ses grands-parents' maternels et fut inhumée à La- 
chine, le 23 septembre 1700 ; • 

Marie-Jeanne, baptisée à Lachine, le 10 septembre 1702 ; parrain 
Jean Bouillet de la Cha.ssaigne. commandant du fort de l'église de La- 
chine, marraine, Marie-Anne Lemoyne, sa fcuime. Elle éirausa, après 
1731, Joachini de Sacquesjiée, écuyer, lieutenant, sieur de Voispreux 
( Tanguay, IH, 359), etsieurde Gomicourt, (Tanguay. VU, loS)- ^L 
de Sacquespée était marié en premières noces, à Louise Trotier, de Ba- 
tiscan, et il mourut à Montréal le 5 novembre 1767. 

Marie-Jeanne de Lorimier, sa seconde femme, avait été inhumée à 
Lachine, le 13 mai 1765, eu l'absence de sou mari. 

Claude-Nicolas-Guillanme baptisé à Lachine, le 22 mai 1705 : 
Itarrain, Claude de Ramesay, gouverneur de Montréal, marraine, dame 
Louise Joibert, éjjouse de ^L le marquis de \'audreuil, gouverneur de 
la Nouvelle- France. Bien qu'il soit enregistré à Lachine, ce baptême 
fut, cependant, fait à Montréal, parce que le parrain et la marraine, ne 
pouvant se rendre à Lachine, le curé de cette dernière paroisse vint of- 
ficier à Villeniarie, et in.scrivit l'acte dans son registre. 

III •' ■ "■■ 

1730, (7 janvier), MontrJ-al. 

Claude-Xicolas-Guillaume de Lorimier, fils de Guillaume IL lôgs. 

Il épou.se Marie-Louise Le Fallieur dit Lafertc. fille de Fraii(,(>is 
Michel Le Fallieur, procureur du roi et notaire royal, et de Catheriue- 
l'.crtrude Jéréniie, veuve de Jacciues Aubuchou. 

Mgr Tanguay a lu, dan- certains actes, I.aserte l'our Laferté. Tu 






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-13- 

autre Le Pallieiir était surnonniié de Vois>- (Roy, Hisloiir du Xotarial 

I p. 365)- 

Claude-Nicolas-Guillaume de Loriniier^fut enseigne eii second, en 
1725, enseigne en pied en 1733, lieutenant en 1741, caiiitaine en 1749. 
chevalier de Saint-Louis exi 1759, et conunandant du fort de la Présen- 
tation de 1755 à 1759. Use distingua à la prise du fort Georges et au 
siège de Corlar (Schenectady) où il reçut plusieurs blessures graves. 

On voit dans Dussieux, Le Canada sous la Doiiiinalion Fmncaise 
(pp. 187-193), qu'il fut compris dans la liste des cinquante-cinq offi- 
ciers accusés d'avoir aidé Bigot et sa bande, mais l'accusation dut être 
trouvée non fondée, car il ne parait pas avoir été condamné. 
Il fut inhumé à Lachine, le 15 décembre 1770. 

Sont issus de ce mariage et bapti.sés, mariés ou inhumés à Lachine, 
sauf indication contraire : 

Marie-Marguerite, ba])tisée en 1730; épousa Hector Desjjinanc}-, 
capitaine d'artillerie (Sanguinet, 7 mai 1772; Tanguay, III, 390, nom- 
me cet officier Louis Auguste Jo.seph Victor d'Espinally. 

Catherine-Elisabeth, baptisée le 26 avril 1733, mariée le, 12 mars 
1765 à Benjamin Mathieu Pamours de Clignancourt ; elle fut inhumée 
le 3 juillet 1770. 

Joachim- Antoine-Guillaume, baptisé le 15 avril 1732, inhumé le 
1 1 juillet 1735. 

Jo.seph-Antoine-Guiliaume. bajitisé le 24 juin 1736, marié en 1760 
à Madeleine Daniours, ( \'oir plus loin). 

Marie-Louise- Archange, baptisée le 28 octobre 1738, mariée le 29 
janvier 1759 à Pierre Gamelin, garde-magasin du roi. Louise- Archan- 
ge Gameliu. née de ce mariage, éi>ousa Louis-Etienne Testard de Mon- 
tigny, le 7 jan\ier 1783. 

François- Thomas, baptisée le 23 décembre 1740, fut marié en 
1769 à Marguerite de Sabrevois. (Voir ci-a]>rès). 

Catherine, bapti.sé le 27 avril 1743 et inhumée le 19 se])tenibre 
•743- 

Claude-Xicolas-Guillaïune. baptisé le 5 septembre 1744 ; marié en 
17S3 à M. Louise S<|Ueller. ( X'oir ci-après). 

Jean-Claude-Chani\- ( i ), baptisé an Lac des Deux Montagnes 
(Oka), le 2S décembre 1731. Dans son acte de nais.sance, sa mère est 



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— 14— 

nommée I.afertc, seulement. Selon la pétition de ]. B. de Lorimier, 
ce serait lui qui aurait été tué au Lac Champlain. Le "Journal" du 
3 mars igot) prétend qu'il mourut à la prise du fort Georges. 

: , . ^v 

1760, (14 janvier), Montréal. 

Joseph-Antoine-Guillaume de Lorimier, fils de Claude IH, 1731, 
éjiouse Madeleine Damours de Clignancourt, fille de Louis Mathieu 
Damours et de feue Madeleine G u>oii- Déprés, B. 1741. 

Lear contrat de mariage fut dressé par Danré de Blauy.y le 12 jan- 
vier 1760, alors tiue les administrateurs de la Nouvelle- France s'étaient 
retirés à Montréal. Jo.sei)h Urbain-Guxon-Uvjprés, négociant, stipule 
pour la future, sa nièce, qui est niincur. Sont présents et signent, à 
l'e.sception d'iui ou deux ; Haut et puissant seigneur .Mgr le Marquis 
de Vaudreuil, grande croix de l'Ordre de St-Louis, gouverneur-général, 
.Jacques-Jo.seph Guiton de Monrepj.-;, conseiller du roi, lieutenant-géné- 
ral, à Montréal ; François Bigot, intendant ; François Letelnre. 
écuyer, sieur Dui>lessis-Faher, che\alier de St-Louis. major de Mont- 
réal, Joachim de Sacc[ue.spée, écuyer. capitaine d'infanterie ; Pierre Ga- 
melin, Nicolas Mas.soi ; Alexis Lepeilé, Mezière' négociants ; Dame 
Marie-Anne Lemire-Marsolet, épouse de sieur Deprés ; Charles de Ca- 
talogne, écu\ei, officier d'infanterie ; Dame Louise Guyon-Déprés, son 
épouse ; Bona\enture Gu> on-I>éprés et Dame Levasseur, sou épou.se, 
Charles Kenri de Gonneville, écuyer, sieur de Rupalley ; Louis de 
Rouer, écuyer ; Dartigny fils, et Délie Elisabeth Guyon-Déprés. 

Joseph A;;toiue Guillaume était enseigne ei. .second en 1755, et en- 
seigne en pied en 1757. Il prit jiart avec ses deux frères aux événe- 
ments militaires qui précédèrent la cession du pays à l'Angleterre. Sa 
sépulture eut lien à Lachine. le iN août 1772. 

De ce nuiriage. naquirent plusieurs enfants, dit \x ' Joiinia/" > ;^ 
mars 1910), mais, à rexce])titin d'un seul, tous seraient ikoUs tn 1j;..s 
âge. Nous n'avons trouvé ([Ue le.-- deux bainêiiies ci-dessous : 

Guillaume .Mathieu, baptisé à Lachine. le .'(ifé\rier 1761 ; ordon- 
né prêtre le 3 mars 17,^5 ; curé de St-Cuthbert de 17S5 à i7gy. ^a sé- 
pulture eut lien à St-Cutldu-rt. le 1er décembre I7<j<). 

Joseph- Louise, baptisée à Lachine. le 13 janvier 1762. 
1760, ( Kl Août), Montréal 



—15— 

IV.- François- Thomas de Veriieiiil de Lorimier, fille de Claude III, 
1730 

Dans sa pétition, (1829), J.-B. de Lorimier dit que François-Tho- 
mas fut blei^sc au cours de l'invasion américaint^. 

Ses états de service sont, en résumé; ensei^re en .second, en 
1759 ; prit part à la campagne qui se termina par la con [uéte dii Ca- 
nada. Après un séjour en France, il revint au pays et acjepta de ser- 
vir sous l'Angleterre. Nommé capitaine et connnandant du Fort 
Shoaa^etti, .sous les ordres de Sir John. Johnson, il fut l'un des défen- 
.seurs du Canada, lors de l'invasion américaine, et, près dt vSt-Jean, il 
se distingua, ain.si que son frère, le major Guillaume, .sous les ordres 
du major Preston. (Le "JoiiniaP\ 3 mars 1900). 

/. Manai^f : Marguerite de Sabrevois de Bleury, fille de Clé- 
ment et de Marie-Charlotte Guichard, veuve de Louis A. Dandonneau, 
née en 1735 et inhumée à Lachine, le 20 février 17S1. 

Leur contrat de mariage fut passé devant Mtre Panet, le 14 août 
1769. 

Lssus de ce mariage : 

Guillaume-Clément-Edouard, né au Fort de la Galette, près Pres- 
cott, marié à Marguerite Perreault. en 1795, inhumé à St-Laureut, 2 
janvier 1843, ( Voir ci-ajirès) . 

F; ançois- Thomas, né à Lachine, le 23 août 177S et inhumé au 
même endroit, le 31 août suivant. 

Paul- Louise, hajitisée à Lachine, le 6 août 1773. tt inhumée le 24 
novmbre 1774. 

Pierre, inhumé à Lachine, le 24 novembre 1773. 

François-Thomas, né ]irobablement au Fort de la Galette, près 
Prescott, vers 1775, marié à Marie- Jost-phte Boulet, vers 1799. (Voir 
ci-après). 

2. J/arÙJ-zf : 11 février 17S2, à Lachine, Catherine Delisle, fille de 
feu Philippe Delisle et Dame Madel ine Dauean de Muy. de Boucher- 
ville. 

De ce .-second maria-e. naquirent ; 

Louise-Catherine, liaptisée à Lachine, le 7 juin 17.S3. 
Lucille-Margui'vite, baptisée à Lachine, le 5 juillet 17.^4 
Julie-Charlotte, baptisée à l'.oucherville. le 23 .septembre 178^, à 



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l'âge de 5 iiioii et S ji,nr Klle eut pour parrain M. Boucher de La- 
broquerie et pour marniMi-, Charlotte Rhéaume, veuve de M. de Muy. 

Au nombre des autr^- , enfants issus de ce mariage, sont : Pierre, 
Félix et Guillaume, dont ],■ lieu de naissance doit être Edwardsburg, 
près Prescott, car un att' -lu registre de St-Cuthbert du 12 mars 1795, 
nous indique que leur ])( r' demeurait alors dans cette localité. Ces en- 
fants partirent jeunes jKjiir aller se fixer aux Etats-Unis. 

Pierre, l'un des trois, (|ue nous venons de mentionner, épousa M. 
L. Hempsted, en 1.S30, à f.alena, où il exploitait une mine de plomb. 
p;n 1834, il alla s'établir ;i Dubuque, lowa, qu'il habita jusqu'à sa 
mort. A deux --epiisc-s, il fut maire de cette importante ville. Il a 
laissé une nombreuse dise cndance 

(Suite dans la prochaine livraison) 



Lettre du roi au gouverneur de Vaudreuil, en 1122 

Mon.sieur le marquis de Vaudreuil, je viens de recevoir une nou- 
velle marque de la protection de Dieu dans la maladie courte niais dan- 
gereuse dont la Divine Providence m'a tiré. J'ay senty dans cette oc- 
casion son pouvoir et sa l».nté. L'un et l'autre m'engageant à Ini té- 
moigner ma soumission et ma reconnaissance. C'est par d'humbles ac- 
tions de grâce que je dois m' acquitter des justes devoirs, et les tendres 
témoignages que j'ay reçeu de l'amour de mes sujets m'assurant qu'ils 
seconderont avec zèle mes sentiments, je vous fais cette lettre <"e l'avis 
de mon oncle le duc d'Orléans, régent, pour vous dire que j'écris au 
sieur évêque de Québec de faire chanter un Te Deum dans l'église ca- 
thédralle de cette ville. Mon intention est que vous _v assistiez et que 
vous >■ fassiez a.ssister le Conseil Supérieur, (pie vous fa.s.sij/ allumer 
des feux de jo\"e, tirer le canon et donner en cette occasion lesmarcpies 
de réjouissance accoutumées, et la présente n'étant à autre fin. je ))rie" 
Dieu qu'il vous ait, monsieur le marquis de Vaudreuil, en sa sainte 
garde. Signé Louis, et i.lns bas Fleuriau. Mnregislré au Conseil 
.Supérieur de Unéhec, le .s octobre 172J). 



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UN TRAPPISTE A LA PATRIE 



M. l'abbé C.-Kdmond Chartier, professeur au séminaire de .Sher- 
brooke, publie dans la Rcvicc Canadienne une histoire de la Colonie du 
Rapatriement établie dans ks Cantons de l'Est il y a déjà un bon nom- 
bre d'années. Cette colonie est devenue l'importante jjaroisse de La 
Patrie. Dans la /?<'r7/(' Crt«<7tf'/V««<- de octobre 1914 M, l'abbé Char- 
tier nous fait connaître une page intéressante de l'établissement des 
Trappistes au Canada C'est l'essai tenté en 18S0 par le Père trappiste 
Jérôme, dans le monde Vertume Péloquin, pour établir une Trap]ie à 
La Patrie. 

Nos lecteurs nous sauront gré de reproduire ici ce que M. l'abbé 
Chartier dit du .séjour du Père Jérôme à La Patrie : 

"Le père Jérôme, né à Saint-Judes, comté de Saint-Hyacinthe, en 
1S42, avait fait ses études au .séminaire diocésain. Au cours de sa 
philosophie, en 1865, il entrait chez les Trappistes, établis récemment 
à Sainte-Justine, dans le canton Langevin. Jugeant que cette maison 
ne serait pas maintenue, il se rendit, vers 1899, à la Trappe de Geth- 
sémani, dans le Kentucky, une fondation de l'abbaye ds Meilleray 
(France). Le clnnat brûlant, joint à un tempérament .sanguin, l'eni- 
pèchant d'y observer la règle dans toute sa rigueur, l'année suivante il 
revint à Sainte-Justine. L'établissement fut bientôt dis.sous. Pour ne 
pas quitter l'ordre, le Frère Jérôme .se trans])orta, en i.syi, dans une 
abbaye d'Angleterre, où il demeura deux ans et devint i>rêtre. De là, 
il se rendit à Meilleray, à douze lieues de Nantes, où il demeura jus- 
qu'en 18S0. 

"Les Trappistes, à cette date, étaient menacés d'expulsion en ver- 
tu de la loi F'err>-. Sur les instances de M. J. A. Chicoyne, un ami in- 
time du Père Jérôme, Dom Antoine délégua celui-ci au Canada avec 
mi.ssion de chercher un jiied à terre pour la communauté et de parer 
aiu.si aux éventualités. Le 2 novembre 1S.S6, le Père arrivait à La Pa- 
trie en com])agnie de sou ami cpii \euait d'organiser à Nantes la COM- 
PAGXIU DI'S- .Mon.INS XAX FAIS, dans lintérct de la nouvelle 
colonie. 

"Pour exécuter sa mission, le Père Jérôme accjuit sans retard les 



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—18- 

lots 5S:j, ^.S6, 587 du rang VIIl, et le lot 605 du rang LX de Dittcii 
(ce (kriiicr aujourd'hui enclavé dans Eniberton), soit nn total de 64S 
acres, l.e sol, des plus fertiles, inclinait en pente douce. Il était si 
pro|in à la culture qu'une année on récolta 80 tonnes de foin sur 100 
acres. De 1S80 à 1882, le Père Jérôme y vécut seul et travailla 
.sans rcl'ulit à faire une trouée dans cette forêt épaisse. Il transforma 
en un mona.stère primitif l'ancienne chapelle, qu'il fît transporter sur 
.son domaine, et y /jouta un étage. Le nouvel établi.ssement prit le 
nom (h- l'.cthléem. 

"Un communiqué adres.sé au PIONNIER DE SHERBROOKE, 
le 8 avril iSSi, disait : "Vendredi dernier, le premier avril, le révé- 
rend l'ère Jérôme a célébré une prennère messe à la Trapjie de Beth- 
léem. Presque tous les colons de la parois.se y assistaient. Ee Révé- 
rend .\lLssire Desrosiers, notre digne et zélé curé, fit un sermon appro- 
l>rié à la circonstance. Les assistants n'oublieront jamais le bonheur 
qu'ils ont eu d'assister à la naissance de cet établissement qui, avec le 
secours de la Providence, ne peut manquer de grandir et de prosjjérer. 
Le nom de Bethléem est bien choisi : c'e.st d'un bon augure." 

"Le même journal, le 3 juin suivant, faisait l'éloge des Pères 
Trapiiistes et précisait la tâche accomi)lie par eux. "Il est un coin de 
terre, dans les Cantons de l'Est, qui e.st as.sez béni pour mériter de i^or- 
ter le nom de Bethléem... Déjà, j^lus de dix acres de cette foi et sont en 
abattis, et le feu, qui doit réduire en cendres les arbres tombés pour 
une si belle cause, a respecté ju.squ'ici l'humble sanctuaire, bien qu'il 
se trouvât au milieu de l'élément destructeur..." 

"Le 16 .septembre, le PIONNIER reproduisait un article de l'OB- 
SERVATEUR de Nantes, où il est fait un bref historique de l'Ordre 
deCiteaux. Il rajipelait ensuite les origines de rentrejirise : "Au 
mois d'octobre de l'an dernier ( iSSoK le sous-prieur de la Meilleraw 
un Canadien, que des circonstances vraiment iirinidentit lies avaient 
guidé vers ce cloître à une époque où les relations entre le Canada et 
la France étaient presque nulles, profitait du i)assage d'un de ses com- 
l>atriotes { M. J. A. Chico\iie), engagé dans les (cuvresde coloni-^atioii 
au pays natal, pour aller y choisir, de l'agrément de .son vénéralile ab- 
bé, le site d'une nouvelle fondation. .\i>rès avuir visité et étudié, 
après a\-oir consulté la volonté di\ine et l'expérience des honunes, il 
choisit luie vallée solitaire au sein de la forêt vier-e des Cantons de 
l'Est. C'est là (lue. sur un d.nname de .[.k, heclaivs accpus par la mai- 



iii.l'A\ 






— 10— 

son de Meilleray, il s'occupa depuis à jeter les bases d'un établissement 
appelé à rendre d'éminencs services à cette région tant sous le rapport 
matériel que sous le rapport spirituel. Deux atitres religieux du cou- 
vent de Meilleray sont allés le rejoindre dernièrement. Avec ce con- 
tingent et les vocations qui ne manqueront pas d'aflluer, en ce pa>s si 
rempli de foi, la Trapjie de Bethléem, nom heureusement donné à la 
nouvelle fondation, ne^ourra manquer de prospérer et de contribuer à 
la gloire, à la cousolatiou de l'illubtre mai.son dont elle est issue. 

"Avec le secours de ces deux recrues, le Père Jérôme réussit à dé- 
fricher loo acres. Le moulin de M. J. A. Chicoyne lui fournit les 
planches nécessaires jjour ériger une grange qui servirait à abriter la 
récolte. lùifin, le Père se construisit lui-même un moulin, an bord 
d'un cours d'eau qui traversait la propriété. 

"Il en était là de .ses travaux quand, au mois d'avril 18S2, survint 
le Père Abbé. A cette époque de l'année, les routes étaient imprati- 
cables par suite du dégel et de la pluie. Le curé de la paroisse. ^L 
Desrosiers, dut le conduire à Bethléem .en tombereau. C'était runicpie 
moyen de transiiort dans ces ornières. Cette mauvaise condition des 
chemins et l'inclémence de la température firent sans doute sur l'Abbé 
une niauvai.se impression. A peine eut-il erminé sa visite qu il ordon- 
na au Père Jérôme de renoncer à l'entreprise et de rentrer à Meillera.w 
Bethléem avait vécu. 

"Sa chute faillit anéantir les espérances que l'on avait formées 
pour l'avancement rapide de l'agriculture et de la colonisation dans ia 
partie francai.se et catholic|ue des Cantons de l'Est. Mais non ; l'in- 
fluence de;-. Pères Trai)pistcs devait se continuer sur le sol cmadicn. 
Plus tard, .Messieurs de .Saint-vSulpice offiiient aux Cisterciens, 1,000 
acres de terre dans leur seigneurie du Lac-des-Deux-.Montagnes. Forts 
de l'appui du gouvernement provincial, ils s'y fixèrent dérniitivement. 

"Cependant, le l'ère Jérôme demeura à La Patrie jusqu'en 1SS4 
pour mettre ordre aux affaires de Bethléem. Il fut, i>endaiit cette pé- 
riode, desservant de Cliailierville i lùnberton j, après la nmrt de M. 
rabl)é Dutil, .-^urvellue en iSS,;. Puis, selon l'ordre de son supérieur, 
il retourna à Meillera\ pour \ séjourner jus(|u'en U)(>2. A celte date, 
il partait de ui)U\ eau a\fc 13 compaguons en (lestiiiatii)n du Devim- 

Ballon, où s'écoule sa \erle \ieilles>e, loin des hommes, près de l'itu 



,)..: .r ,, ... .1 .\.u.S <niH 

, . 1 ' ,'...;;■ .1.' m!, ^-y , 



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—20- 

"La propriété passa, en 1.S83, aux mains d'un cultivateur qui la 
partajîea en lots de vente. Récenuiient, elle fut acquis^- par la Bromi)- 
ton Pulp and Paper Conqiany qui ne se préoccui)e guère, on l'imagine, 
de continuer la tâche entrejirise par les Trappistes. 

"Du moins, la présence de ces derniers avait offert ' une preu>e de 
plus que, sur le mouvement de colonisation dans le canton de Ditton, 
avait soufflé 1 influence religieuse et vxatlioliq ne. Elle attestait aussi 
que là comme ailleurs, l'homme de Dieu a su doi-.;ier l'exemple du sa- 
crifice, du dévouement, de la charité." 

QUKSTIONS 



On lit dans le founial du niarqui.'^ de Montcalm, édition de Québec. 
1895, p. 233, à 'a date du 18 juillet 1757 : "Les ennemis sont-ils re- 
tranchés au fort George ? Ne le sont-ils pas ? Toutefois il faut agir ; 
l'ordre est formel d'aller à l'ennemi et de l'attaquer fort ou faible, à 
moins d'une impossibilité aussi claire que le jour, à laquelle encore les 
contemplatifs de Montréal ne croiront pas ou feront semblant de ne pas 
croire." 

Qu'entend Montcalm par les contcmplalifs de Motilirai .' 

ZOR. 
— Le gouverneur Haldimand était-il marié ? 

A.B. 
— Combien de Canadiens-Français ont pris part à la guerre de Cri- 
mée ? Peut-on me donner leurs noms ? 

G. 
— Les journaux ont parlé, il y a quelques mois, d'une bataille du 
vai.sseau de guerre français Surveillante avec une frégate anglaise dans 
le port de Québec. A quelle date a eu lieu ce combat ? 

CURIEUX 
— Oîi trouverais-je des ren.seignements sur les Loyalistes aiin'riùtitis 
qui vinrent s'établir au Canada à partir de 1783 ? 

AMER 
—Qui était le docteur Fréiléric-Guillaume Oliva ([u'on voit à Qué- 
bec vers lu fin du i8e siècle ?' 

A. G. H. 



. •t.,o]/- v; >' 



1 1 ■ lOf'. Dcr no- 



-21- 

BROUAGE 



I -année où le Canada fut découvert il existait dans l'Aunis une 
seiet.eurie api>elée Brouage, qui consistait surtout en fermes agricoles 
et exploitations des sauneries, et dont la principale portait le non. du 
fief même. Elle était située sur ui> terrain plat, marécageux, au bord 
de la mer ; les bâtiments du commerce du sel y atterrissaient 

Sur un roc solide mais à raz de terre on voyait les restes d'une 
tour, datant de César, croyait-on. 

Des troubles religieux agitaient le pays par le fait des huguenots 
qui commençaient à .se répandre dans une partie de la France. 

Jacques de Pons, baron de Mirambeau, .seigneur de Brouage, 
Roven Plas.sac, Lorignac, as.sisté des catholiques, .se décida, en 1535, 
à proté-er la ferme de Brouage par une enceinte de pieux, ce qui sem- 
ble avorr attiré dans cet endroit plus de caboteurs que jamais, de .sorte 
qu'il se forma un village que le seigneur appela Jacoi)ohs, Jacques-ville. 
Plus tard ce poste étant devenu con.sidérable, on l'entoura de for- 
tifications, probablement vers 1570, alors que Samuel Champlain était 
encore au berceau. La vide aussi venait de naître. 

D'après une gravure de 1604 on voit "Brouage, jadis Jacopolis, 
portdemeretgrandeforteres.se." 

C'est l'année où Champlain arrivait eu Acadie— ayant visité le Ca- 
nada dou/.e mois auparavant. 

Brouage était à l'apogée de sa carrière, florissant par le commerce 
maritime et les marais salants. 

L'estampe ou gravure de 1604 montre, en dedans des fortifications, 
l'église Saint-Jean l'Evangéliste, à demi ruinée, probablement que 
c'était la première construite dans Jacopolis ; et, eu dehors des mur.s 
de la place, .sur une petite éminence, l'église Saint-Romuald, ce qui 
fait croire que la population se répandait dans le faubourg. 

Telle était la situation il y a trois cents ans juste. Puis, la mer 
commença à se retirer. L'abord de la ville, pour les navires d'un ton- 



1^ (lUc 



nage un jx^ii élevé, devint imiH)s.sible. On ii'> voyait plus (p 
nielles et de movennes- cmb.ircations. Le commerce diminuait dans 
même mesure. Par la >uite les simple^ . aiiots pouvaient seuls trcpie 



):\V 



f-IUÛ;r 



ofii t».MiOb J ■ 
■.5I ;-^' j(i;:jiti 



ter le port. Enfin, le sol s'exhaussanl toujours, la dernière goutte 
d'eau disparut du lieu d'enibarquenietit, h, ville se vida, les maisons 
abandonnées s'écroulèrent, le rivage conuiiua de s'éloigner, et de nos 
jours, il n'en existe rien ; on découvre s' lili.inent, dans les terres, la ro- 
che qui jadis portait, au cœur de la vill,-, la tour de Cchar. Sur un 
petit coteau se montrent les débris de l'(';^lise Saiiu-Romuald. Il v a 
une charmante station balnéaire tout aiiiir-js. 

Cet article est le résumé de ce que j':,i hi dans \ lutcniudiairc des 
Chercheurs, mars et avril 19 13. 

On cite, en France, la ville d'Aii;ULs .M„rtes. grand port de mer il 
y a sept cents ans, mais qui est loin dan. rimérieur aujourd'hui, par 
suite du mouvement du sol. 

BENJAMIN SU ETE 



FRANÇOIS EVAN'TUREL— II élan „é à Beaucaire, en Proven- 
ce. Il vit les no\ades du Rhône et riiisiallaiioii de la déesse Raison 
dans l'église de sa \ ille natale. 

Appelé par la conscription sou'^ les drapeaux ae l'Empire, il fit ks 
campagnes d'Ivspagne et de Portugal, l'ait prisonnier par des brigands 
espagnols, .1 fut livré aux Anglais. Ceux-ci l'envoyèrent en garnison 
à Démérara. .M. Evanturel vint au Canada, qu-lques années plus tard, 
dans le 60e Carabiniers anglais. Il obtint bientôt son congé et s'établit 
à Québec où il s'occupa de jardinage. .M. Evanturel décéda à Québec 
le 18 mai 1852, et fut inhumé dans le ciniL-tière de Sainte-Foy. C'est 
là que Crémazie, dans son Soldat de l' ,iiipi,r, le fait se réveiller quand 
le commandant Belvè/,e vint, avec les marins de la Capi iciciisc, a>sister 
à la pose de la première pierre du monument élevé aux héros de la ba- 
taille de Sainte-Foy. 

"Admirateur enthousiaste de l'empereur, fait remaripier M. l'abbé 
Casgrain, il conser\a tout sa \-ie le culte du héros, et ce fut un bmi- 
heur suprême jiD.ir lui d'ainirendre de la bouche de >nu fi'.-^. ((Uel pies 
ii.stants avant -^a mort. l'avénemeiU de Napoléon III au trône i.iipé- 
rial." 

François IC vauturel ét.iit le père de feu l'honorable l'rançois P:,au- 
tu-el, ancien oraleiii lie rA>semble légi^lative d'Ontario. MM. \x- 
tll ir et l'udole l'.x.iuturel, de Québec, .sont les petits fils du vieux sol- 
dat de rbimpire ciianté iiar'Créma/.ie. 






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j'.i r.f 



—23— 

Biographies canadiennes 



CHARLKS ALAVOIXP:.— Né en 1695 du mariage de Charles 
Alavoiue, niarcliaud, de Muntréa], ancien capitaine, et de Marie Ma- 
chard. Il pratiqua d'abord la médecine à Québec. Il s'établit un peu 
plus tard aux Trois- Rivières 

MM. de Beauharnois et Hocquart écrivaient au ministre, le-25 oc- 
tobre 1729 : 

"Le sieur Alavoine, chirurgien aux Troi.s-Rivières, est employé 
sur l'Etat à 75 livres. Il n'est pas possible qu'il puisse subsister avec 
de si modiques appointements, d'autant plus qu'il ne peut rien gagner 
en cette jietite \ille, où il y a très jieu d'habitants et très malai.sés. II 
nous a demandé la iiermission de revenir à Québec, et nous ne l'avons 
engagé à retourner aux Trois- Rivières que dans l'espérance que nous 
lui avons donnée (]ue vous auriez pour agréable de faire augn;enter ses 
appointements, que vous ])ourriez régler, monseigneur, à 300 livres 
pour le tout, si vous le juge/, à propos." 

Ce ne fut que le ler février 1758 que M. Alavoine obtint son bre- 
vet de chirurgien des troupes à Trois- Rivières. 

Le chirurgien Alavoine décéda aux Trois-Rivières le 9 juillet 1764. 
De son mariage avec Marie-Anne Lefebvre dit Lasi.sseraye, il avait eu 
dix-neuf enfants. Deux enil-rassèrent 'a profession médicale comme 
leur père. l'ne de ses filles, F"rançoise-Charlotte, mariée à Charles 
d'Ailleboust, suivit en iM'ance sou ])arent, le marcpiis de X'audreuil, 
dernier gouverneur de la Nouvelle-France, après la prise du pays ])ar 
les Anglais. Ivlle lui ferma les yeux et de\int sa légataire universelle. 

Le docteur Ala\-oine fut le ]>remier chirurgien de rhû|)ital des 
Trois-Rivières. Il fut aussi iiendant près d'un (p\art de siècle niaitre- 
chantre à l'église paroissiale de cette ville. A iilusieurs reprises les ])a- 
roi.ss-ens lui tlécernèrent des éloges et des remerciements pour les ser- 
vices qu'il leur rendait et jiour s 
gratuitement la pariils>e. 

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voté. Ce Nouëtte dit la SoiilTleterie a-t-il fait souche au Canada ? Son 
nom de Nouëtte n'aurait-il pas été transformé en celui de Noël ou 
Nouëlle ? 

Nous ne croyons pas que le nrun Nouëtte se soit transformé, au 
Canada, en celui de Noël ou Nouëlk-. Tous les Noëls canadiens des- 
cendent de deux souches : i. Jean Noël, originaire de Tonne-Boulon- 
ne, en Poitou, marié â Québec, le 2 novembre 1649, à Suzanne Barbot; 
et 2. François Noël, originaire du bourg de Chiray, évêché de Poitiers, 
marié à Québec, le 22 octobre 1669, à Nicole Le Grand. 

Le Nouëtte, procureur ou praticien, qu'on voit à Québec en 1741 
et 1742, doit être l'individu menti>jnné dans une lettre de Mgr de Pont- 
briand, évêque de Québec, au mini-tre Pontchartrain, en date du 30 
oclobre 1742 : 

"Un nommé Nouëtte dit la Souflleterie, qui fait les fonctions de 
l^rocureur, et qui n'est ici que de]iuis quelques années, demeure chez 
une femme dont le mari est absent, qui a fait beaucoup parler d'elle 
par ci-devant. Ces deux iiersonnes causent du .scandale. On s'en 
plaint hautement. M l'intendant avait donné des avis à ce particu- 
lier avant mon arrivée. Le curé de la paroisse m'en a porté des ])lain- 
tes. Un ancien habitant nonmié 1. arche m'a parlé jiour le même su- 
jet. André, lieutenant de police, m'a assuré lui en avoir parlé, et m'a 
dit que plusieurs personnes lui avaient représenté ce scandale. Les 
Pères Saint-Pc, jésuite, et Maurict m'ont aussi dit les mêmes cho.ses. 
Je l'ai averti deux fois de .sortir de cette maison, mais toujours inutile- 
ment. Il l'avais promis à M. l'intendant, mais il n'en veut plus rien 
faire. Il exigeait une ]irocédure difficile en ces matières, et peu con- 
venable. 

"Je vous supplie, monsieur, de le faire repasser en France ; la co- 
lonie n'y jjerdra rien. Je crois que c'est le seul mo\en de remédier à 
cet abus. Au reste. i)ourvu que le mal .soit arrêté, je serai toujours 
content." (Archives (lubliques du Canada, Correspondance générale, 
1742, vol. 7S, eu, fol. 249). 

Le .>^ mai 174.1. le ministre transmettait à l'intendant H<)c<|-iart la 
])hunte de Mgi de Pontbriand. .Seulement, sous la pUiuie du miiu^iie.le 
nom la Son (f/, /cric se transforma en /a /Inissiiu k . 

L'intendant Hocquart annonçait an ministre, le 3 novembre 1743. 
le départ du scandaleux pour la France. 






.îrj'j.'i;-. .' ■.. 






li .^..l.|.i<,. .: 



"Le nommé Nouëtte dit la Souffleterie, écrivait-il, de la conduite 
duquel M. l'évêque vous a rendu compte, est un mauvais sujet qui 
m'a donné plus d'une fois occasion de le corriger sévèrement. A])rès 
plusieurs avertissements inutiles, j'ai été obligé, à mon retour de Mont- 
réal, de le tenir à Québec iirès de deux mois en ])rison II n'j- a poiiit 
de chicanes dont il ne soit capable dans l'exercise de sa profession de 
praticien ; infidèle dans les dépôts, solliciteur de mauvais procès, in. 
discret dans ses discours et ses écrits, de mauvaises mœurs a\ccde 
l'esprit, voilà le précis de son caractère. Je lui ai fait dire qu'il avait 
à s'en retourner en France, ou que je l'y ferais passer d'autorité. Il 
s'est embarqué aujourd'hui sur le navire U J/a/vf destiné pour La Ro- 
chelle." {Archives publiques du Canada, Correspondance générale, 
1743, vol. So, c II, fol. 274). 

Les rues et les trottoirs à Montréal au XVllie siècle 



On conserve, aux archives de Montréal, deux ordonnances, datées 
du 8 juillet 1721, concernant toutes deux le fameux incendie du mois 
de juin précédent qui détruisit une partie de la basse ville montréalai- 
se. Ces ordonnances sont signées par l'intendant Bégon et dans l'une 
d'elles qui semble inédite on relève les renseignements suivants sur 
les rues et les trottoirs de l'époque : 

"Les propriétaires (devront; faire transporter les (déblais) dans 
les endroits qui leur seront indiqués par les officiers de police cpii ob- 
serveront que ces déblais soient répandus^ en talus des deu.x côtés de la 
rue pour former au milieu un ruisseau qui ait la pente nécessaire pour 
l'escoullenient des eaux." 

"Que jusqu'à ce que les rues soient ]>avés il n'y a d'autres moxens 
l)oar les gens de pied d'éviter les boues que celuy estably deiniis long- 
temps, qui est de mettre des banquettes de bois de hi it pouces d'épais- 
seur et d'un pied de large au i)etit bout, le long des maisons et empla- 
cements et à deux pieds de distance des dites mai.sons, en faisant rem- 
plir le vuide de | ierrotage, déchet, de chaux ou déblay de maison, de 
manière que cette baniiuette, com])ris le pierrotage, ait trois ])ieds de 
large, si mieux n'avaient les propriétaires faire ])aver le dit espace ile 
trois pieds ce (pli coilserveroit les fondations..." 

K.-Z. .MA.SSICoTTh; 



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— 2G- 

f ■ REPONSES 



LES AUTOGRAPHKS DE CHAMPLAIN. (XX, XI, p. 362)- 
En 1861, M. l'abbé Ferlaiid écrivait : 

. '"Il est étonnant que jusqu'à ce jour l'on n'ait pas encore trouvé à 
Québec un seul document signé jiar Champlain" {Ci^urs d'histoi'if du 
Canada, vol. I, p. 272). 

Champlain a dû signer bien des actes de naissances, mariages et 
sépultures des registres paroissiaux de Québec pendant son séjour dans 
la ville qu'il avait fondée, mais on sait que la chapelle de Notre-Dame 
de Recouvrance fut incendiée le 15 juin 1640. Dans cet incendie les 
registres qu'on tenait avec tant de soin furent aus>i détruits. Il est 
bien probable que plusieurs autres documents écrits ou signés par 
Champlaiu disparurent dans cet incendie. 

Le 15 janvier 1634, la Compagnie des Cent- Associés de la Nou\xl- 
le-France concédait la seigneurie de Beauport au sieur Robert Giffard. 
D'après un titre de 1653 {P'i'ces et documents seigneuriaux-, p. 388) l'acte 
de prise de po.ssession de cette seigneurie aurait été signé par Cham- 
plain. Malheureusement, cet acte est disparu depuis longtemps 

Nous croyons que le seul document signé par Chamjilain qui exis- 
te actuellement en Canada se trouve dans la Bibliothèque municipale 
de Montréal. Il vient de la coUectioi! d'autographes de M. Philéas 
L'.agnon. 

Ce document est ainsi décrit dans le tome deuxième de l'ouvrage 
de M. Philéas Gagnon, Essai de bihliograpliic canadienne (p. 324 j ; 

"Paris, le 15 mars 1619, étant une quittance mutuelle entre Cham- 
jilain, Marie Camaret, sa cousine, et Jacques Hersan, son mari, jiour 
affaire de ces derniers avec Marguerite le Roy, mère de Chamiilain, 2 
pp. in-folio. Signée à deux endroits par Chamiilain." 

Si nous ne faisons erreur, M.-Gagnon avait acheté cet autogra])he 
à la vente des livres et autograjihes de M. Gerakl E Hart, à Boston, en 
iSut>. car il est mentionné connue suit à la l>age 275 du Catalo'^iic 0/ t/ie 
//.n! cW/,./,\'>! : 

"Ch.uupl.un. Samuel de .\ quittance of land in liis native city 

>it liri>ii,igc. ^il;ncd a'iso by Jacques Hcr.'^an, Marie Camaret, his wife 
.nul otlar--. \\r> fine, in perfect condition, and ni excessive' rity." 



\:l?i/'j ■>' '[yiM 



i^^■> 11.;! 
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:'.'.iTvV.Vj' '• 
Il 









-27— 

LA CAPITULATION DE MONTREAL. (XX, XI, p. 362)— Le 
texte de la capitulation de Montréal a été publié dans plusieurs ouvra- 
ges assez faciles à consulter, entr'autres : 

Journal des campagnes du e/ievaltei de Lévis en Canada de ijj^ô à 
ij6o, p. 316. 

E-B. O'Callaghan, Docuntenis relative ta the colonial kistory of the 
state of Nev-York, p>oeured in Holland, Eiigland and France, vol. X, p. 
1107. 

L. Dussieux, Le Canada sons la domination française d'aprT^s les 
Archives de la Marine et de la Guerre, p 4+3. , 

Adam Short et Arthur-G. Doughty, Documents concernant V histoi- 
te constitutionnelle du Canada, [Jjq-ijçt, p. 4. 

A propos de la capitulation de Montréal, on a prétendu qu'un des 
articles de ce traité ou de cette convention entre le général Ainherst et 
le marquis de Vaudreuil exempte à toujours les Canadiens-Français de 
])reiidre les armes contre la France. 

Il y a ici confusion et erreur. 

Le traité ou plutôt la capitulation de Montréal fut pré])arée par le 
marquis de Vaudreuil. FUle était comprise en cinquante-cinq articles. 
Lorsque cette capitulation fut soumi.se au général Amherst, celui-ci 
écrivit vis-à-vis chaque article demandé par le marquis île Vaudreuil : 
"Accordé" ou "refusé", .selon le cas. 

Le quarante-unième article demandé par le marquis de \'audreuil 
se lisait comme suit ; 

"Les françois. Canadiens, et Acadiens, qui re.'^teront dans la colo- 
nie, de quel.;ue Estât et Condition qu'ils Soient, ne Seront, ni ne pour- 
ront Ivstrt forcés à prendre les Armes Contre Sa Mté très Chrétienne 
(le roi de F'rance), ni Ses Alliés, directement, ni Indirectement, dans 
quelque Occasion que ce Soit Le Gouvernement 15ritain(|ue ne jiour- 
ra Exiger d'Iùix qu'l'^ie Exacte Neutralité". 

En regard de cet article le général Amherst écrivit : 

"Ils devieinient Sujets du koy." 

LES COMP,.\TTAXTS Dl' CH ATl'AUC.rAV. (XX, XI. p. 
3(^2)— A-t-on fait la liste des ofTiciers et si)l<Iats canadiens qui iirnent 
ixut à la bataille de Chàteauguay !> 

Nous crovons (lU'on u dre.s.sé, au département de la milice, à C)t- 



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—28— 

tawa, il y a déjà quelques années, la liste des officiers et soldats cana- 
diens qui prirent paît à la campagne de 1S12-1813, mais on n'a pu éta- 
hlii spécialement la liste des combattant.-^ de la journée de Château- 
fruay. 

Cependant. M. Benjamin Suite, à l'aide des récits, publiés et uia- 
nu.scrits, de la l>ataille de Châteauguay et des souvenirs d'un certain 
nombre de survivants, a pu dres.ser la liste des officias qui se battirent 
à Châteaugua\-. 

Il met en tète, tout naturellement, celui qu'on appelle le héros de 
Châteauguay, le lieutenant-colonel de Salaberry. Puis viennent : 

Lieutenant-colouel : George Macdonell ; capitaine; Joseph-Mau- 
rice tamothe, du département des Sauvages ; James Wright, com- 
mandant les volontaires de l'endroit ; Philippe Panet, ler bataillon de 
Ouébec ; J. Robertson ; Louis Juchereau Duchesnay, Jean-Baptiste 
Juchereau Duchesnay ; Charles Daly, bataillon de Trois- Rivières ;' J. 
Mailloux, ye bataillon, Deschambault ; Pierre Eneau, bataillon de 
Vaudreuil ; Dominique Ducharme. G.-R. Ferguson, des Fencibles ; 
P. -Dominique Debartezh, 5e bataillon CChasseuis) ; Louis Levesque. 
3e bataillon ; Gamelin Gaucher, 2e bataillon : Benjamin L'écuyer, 
Voltigeurs. Lieutenants : Benjamin Schiller, 3e bataillon. Trois-Ri- 
vières ; Neil Mori.son ; B. Delisle, 2e bataillon ; Louis-B. Pinguet, 4e 
bataillon ; John Hebden, Voltigeurs ; Louis Guy, Voltigeurs ; J.-H. 
Power, 5e batailL.n ; W.-D. Johnson. Voltigeurs. 

Officiers de la division de Beauharnois : lieutenants-colonels : S- 
R-C. de Léry, Paul Lacroix ; major, Edme Henry ; capitaines, J.-B. 
Bruyère, Etii.nne Eneau, Joseph-Marie Lougtin, Alexandre .Sauvageau, 
Charles Archambault, Basile Lamarque, James IMills ; lieutenants, Xi- 
colas Bulteau, Jean-Louis Cérat, Michel O'Sullivan ; enseignes .• J.-B. 
Viau, Louis Julien, Pierre Boyer, Amable Faucher, J.-B. Gastien. 

"LES OUVRAGES PUBLIES SUR SIR GEORGE- IvTil'X XI'. 
CARTIER ( XX. VIII. p. 2,sS)— Sûr la vie et le temps de sir George- 
ICtienne Cartier nous connaissons les oux'rages ou brochures sui\antes. 
Il .se iieiU i[u'il >■ eu ait cpielques aiUres. 

Louis-P. Turcotte, l: hoiioniblr ^ir l, .-I-.. Carlicr. „ii„islrr d, h, „.i- 
licc. Québec, atelier typcgrapliicpie de Léger BrouNSLau, y, rue lîua- 
de-lS73. 

Mgr Antoine Racine. K/.'o,- finùl'ir df sir ( ;,vi.;,-/-:iini,ir Ccii/iir 



'I '•■ixdlJ 



n-.') I 



.i.U-.A : r ■ :-'lA' 

iiiv > .■ ■Ar.'\->i//j 

II», n . ': /.)- .'U^l >v 11 



—29— 

prononcée dans la cathédrale de Québec. 

Joseph Tassé, Diseouts de sir Geon^es-Elioine Caitio, baronnet, ac- 
compagnés de notices. Montréal, Eusèbe Seiiécal et fils, imprinieurs- 
éditeurs, no 20, rue Saint- V'iiicent---i893. • 

Alfred-D. DeCelles, Caitie> et son ten/t>s. Montréal, librairie Beau- 

.y 

chemin, limitée, 256, rue Saint- Paul--- 1907. 

Charles-Kdouard Lavergne, Geo>ges-Etienne Cartier, /lonin/c d'état 
Canadien, 1814-1SS3. Préface par Montpctit. Langevin et L'Arche- 
vêque, 8, rue Saint-Jacques, Montréal--- 1914. 

Geoiges-FJienne Caitier, 1814-1(^14. Edition du centenaire. 
Montréal, librairie Beancheniiu limitée, 79, rue Saint-Jacques--r9i4. 

John Boyd, Sir George-Etienne Cartier, Bat t., his life and times.T\\^i 
MacMillan Company of Canada, Ltd., at St. Martin's House, Toronto: 
MCMXIV. 



M. DE XARBOXXE-LARA— (XX, V, p. 167) — L'auteur des 

Esquisses poétiques et (le l' .liinable ronipai>non est, dit-on, un canadien- 
français, nommé Edouard Xarbonne et né à Saint-Rémi, vers 1S49. 

Une vingtaine d'années plus tard, quelques membres de sa famille 
se prétendirent à tort ou à raison, descendants des comtes de Xarbon- 
ne-Lara et ils .signèrent, dans les actes de l'éiat-cixil, les uns de "Xar- 
bonne", les autres de "Xarbonne- Lara". 

Entre 1873 et 1879, M. Pklouard Xarbonne (alias Xarbonne-Lara) 
quitta le Canada pour les PUats-Unis où il a vécu depuis. 

On trouve, àMX^V Opinion Publique Aii 1S70, p. 30, une dis.serta- 
tion sur la Poésie, signée Pierre de Xarbonne-Lara, et à la page 254, 
une poésie, l 'ne goutte de rosée, signée Pierre d'A. de Xarbonnt-Lara. 
Ce doit être un des frères d'P^douard. 

BIBLIOPHILP; 



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il ■jiJllUl''- ''1 '■' f-- 



LES OUVRAGES CANADIENS RECENTS 

L'abbé Charles Edouard Mailhot, Les Bois Fiants. Arthabaska, 
La Qie d'Imprimerie d'Arthahaskaville, imprimeur — 1914. 

Voilà un livre que devraient lire non seulement les habitants des 
Bois- Francs mais tous ceux qui s'intéressent à notre histoire. Les 
journaux sont remplis des ex])loits héroïques de ceux qui là-bas se 
liattent contre les Allemands. On s'explique que la chaleur du c nibat, 
l'entraînement ambiant, le bruit du canon et des balles qui sifflent 
pou.ssent pour ainsi dire à acco7n])llr des actions héroïques. Mais il y 
avait de l'héroïsme chez, les Canadiei.s-Krançais qui s'enfoncèrent dans 
leS Bois-Francs pour défricher cette 'elle partie de notre pays. Et ces 
braves avaient d'autant jilus de mérite qu'ils ne songeaient ])as à lais- 
ser leurs noms à la ix)stérité. C'est l'histoire de tous ces héroïc|ues 
pionniers que M. l'aljbé Mailliiot nous fait connaître dans son beau li- 
vre. ~^ 

"L'ouvrage que je présente aujourd'hui an public canadien", 
écrit NL l'abbé Mailhot, "est un recueil d'écrits laissés par les i)reniiers 
historiens. Ce sont des notes, de vieilles chroniques, des documents 
collectionnés i:)endant plus de vingt-cinq ans. C'est le récit des faits 
et gestes accomplis par nos 11ères, sur ce beau coin de terre canadienne 
aux jours de sa glorieuse découverte. Ce sont le.s traditions de nos 
ancêtres qui menacent de disparaître, (car ils sont rares aujourd'hui 
les anciens pionniers que nous pouvons consulter, ) que j'ai essaxé de 
sauver de l'oubli. 

"C'est le fruit d'études, de recherches nombreuses et attentives, 
faites dans les archives religieu.ses et civiles dispersées çà et là. 

"Je me suis fait un devoir de les réiuiir, de les coordonner, et au- 
jourd'hui j'en fait jiart à mes lecteurs espérant leur être utile et agréa- 
ble .... 

"C'est pour sau\er et ]Kipulariser les précieux travau.x de ces écri- 
vains,— MM. It-s abbés Charles Tiudelleet Chs. F. Uaillargeon. Mgr 
P -H. Su/or, MM. Antoine Gérin-Lajoie et Hyacinthe St-Cjeimain, — 
"que je me fais, non pas le f>:ir, mais \l- /yunti/ii de rhi>t()ire des Hois- 
Trancs." 

La première partie de l'inivrage de M. l'abbé Mailhot est consa- 
crée à l'histoire génér:de des Hois-b"; ancs. Il l-u prolile i«)nr nous fai- 



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-31- 



re connaître les coutumes des premiers colons. Ses chapitres sur la 
récolte du sucre d'érable, la moisson du grain, les fêtes du Jour de l'an, 
la Ignolée, la quête de l'Enfant Jésus, le pain béait, les veillées, les 
éplucliettes de blé-d'Inde, les noces, le foulage de l'étoffe, le broxage 
du lin, etc., etc., sont des tableaux fidèles de coutumes patriarcales qu 
disparaissent petit à petit, hélas ! de nos camiiagnes. 

Dans la seconde partie de son livre, M. l'abbé Mailhiot nc^us don 
ne l'histoire des parois.ses qui constituent ce qu'on apjielait originaire 
ment les Bois- Francs : Saint-Louis de Blandford, Saint- Kusèbe de Stan 
fold, Saint-Calixte de Somerset, Saint-Norbert d'.Arthabaska, Saint 
Christophe d'Arthabaska, Saint-Médard de Warv.ick, Sainte-Victoire 
d'Arthaba.ska, etc., etc. 

Nous fai.sons nôtre cette conclusion de l'apjiréciation du lixre d^ 
M. l'abbé Mailhiot par V Action Soda/c : 

"A une époque où la nécessité du retour à la terre aiii)araît ])lu 
éclatante que jamais, c'est faire œuvre essentiellement nationale que 
de rapjieler l'héroïque courage des pionuiers qui conquirent pour leur 
race la terre fertile d«r Bois- Francs. "Ces défricheurs n'étaient pa; 
des honnnes ordinaires. Animés d'un esprit chrétien et patriotique 
pleins de vaillance et de dévouement, guidés, .soutenus et encouragé: 
jiar des prêtres pieux et zélés, ils enduraient de bon cœur des priva- 
tions sans nombre pour s'emparei d'ini sol que les autorités semblaient 
vouloir léguer à un élément étranger." 

'La manière dotU leur histoire est racontée rendra leur exemjjle 
plus fécond, en même tenqxs qu'elle fera goûter à ]>lusieurs le charme 
sain et vivifiant des vieilles coutumes canadier.nes. si bien décrites dans 
l'histoire générale des Bois-Francs, ou l'esquisse historique des iiarois- 
ses de cette localité qui forme la .seconde partie du volume. 

"^L l'ablié Mailhiot, connue tant d'autres membres du clergé cana- 
dien qui cultixent frnctueusemeut le champ de notre histoire luitionale, 
a droit à la reconnai.ssance des C?nddiens-français, car .son livre est une 
bonne œuvre. 

"Nous .souhaitons qu'il soit lu et relu : et (|U'il prenne la ])Knce 
à laquelle il a droit iiarmi les livres (|ui sont di.stribnés à la jeunesse de 
nos écoles aux jours tles réconiiieuses. 

L'abbé lîeui. neniers, f 



J,an Du Md OH Pn 



prrmu-rs 
imprimer! 



N'iucent II) 



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j|i.;jii-^Z; • 



-32- 

En 1905 M. l'abbé Deniers publiait La famille Deniers d' Ltcheiinn, 
une édition intime pour les membres de la famille Deniers. Le pre- 
mier chapitre contenait l'histoire du premier ancêtre de la famille à 
Etchemin, Jean Du Met ou Deniers. 

Depuis cette époque, M, l'abbé Deniers a trouvé des documents 
nouv-eaux qui lui ont iiermis de revoir, de corriger et d'augmenter ce 
chapitre, à tel jioint qu'il en a fait une édition spéciale pour la famille 
et aussi cette fois pour le public. 

La famille Du Met ou Deniers est originaire de Dieppe, en Nor- 
mandie. Etienne, André et Jean Du Met ou Deniers, les trois frères, 
éniigrèreiit de Dieppe en la Nouvelle- France, vers 1646 ou 1657. Bro- 
chure très intéressante et remplie de renseignements inédits sur cette 
importante famille. 

Pierre Chollenec, Catheiine Tegahkouita, la saiiite sauvaç-esse. La 
Cie de publication de V /ùla/'/e/ir, imprimeur-éditeur. Beauceville-iy 14. 

Henri Bourassa, ('ne pai^e d' liistoin . La politique de l' Ans^letet) e 
avant et après la o^uerte. Montréal, Imprimerie du Devoii , 43, rue St- 
Vincent— 1914. ~" 

Le Canada à Loin des. f^iseoni s de Sa (irandeiir Mi; r Caitthiir, 
cz'êque auxiliaiic de Montréal et de M. Ilenii Bourassa. direeteiir dit 
Devoir. Montréal, Impriiiiprie du /^crc/; ,43, rue Saiut-X'incent '914. 

Bulletin de la Soeiété Jfisloi ique de Saint-Bonifaee. Lettres de Mon- 
seigneur Josepli-Xorbeit Proveneher, premier évéque de Saint-Bonifaee. 
\'o\ in, 1913 — Im]jrimerie du " Manitoba", Sai'it-Boniface, .Manitolja 
— 1914. 

Ce volume contient 45 lettres à Mgr Plessis, 12 lettres à Mgr Pa- 
net, 45 lettres à Mgr Signav , 11 lettres à Mgr Turgeon. etc., etc. Ces 
éjiitres sont du plus \if intérêi. et sont très importantes pour l'iiistoire 
des mi.ssions dans l'Ouest Canadien. 

Jitude sut les forêts de la piovinee de Otiéhee. Service foiestier, bul- 
letin Xo. 2. Imprimerie du Soleil. Ouébec-1914. 

Cette étude ])ré]Kirce i>ar M.M. PiclK- et Bédard contient des chiffres 
intére.s.sants sut les \;deurs de nos réserves forestières, etc.. etc. On 
trouve <lans cette brochure une liste des ])rincii)aux arbres de commer- 
ce de la province de Ou.'l)i-c. a\ec leurs noms Ix )tani<n;i.s en français et 



1 U,-:-:yU ,>.> 









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BUI^Î^ETIN 



RECHEECMES HISTORIQUES 



VOL. XXI BEAUCEVILLE=FEVRIER 1915 No. Il 



La Famille de Lorimier 



Notes généalogiques et historiques 



(Suite et fin) 
17S3, (26 juin,) I.achine 
IV'. — Claude-Nicolas-Guillaume de Lorimier, fils de Clande-Nico- 
las-Guillaume III, 1730. 

/. Mariaç;c : Marie-Louise Squeller, appelée aussi Kalique et Skal- 
1er, corruptions diverses du nom Schuyler. Inhumée le 8 juillet 1790, 
âgée de 36 ans. 

lasus de ce mariage : 

Guillaume-François, baptisé à I.achine, le 30 avril 17S4, tué à 
Chrysler's Farm, le 11 novembre 1S13. Il avait reçu sejit blessures à 
ce combat. Son décès fut inscrit au registre du Sault, le 21 juin 1.S15. 
Dans l'acte, on dit qu'il était lieutenant au Régiment des /'cun'i'/fs, tt 
éi)oux de Louise Delisle. 

Jean-Baptiste, baptisé au Sault St-Louis, le 5 mai 1786. Lieute- 
nant et interi)rète en iSi I, capitaine en 1S13, il était au combat de 
Beav.>r Uam, célèbre par le dévouement de Laure Secord. Il é)wusa, 
l>his tard, Mademoiselle Rousseau, fille de Henri Rousseau et de ^Ll- 
rie-Ainie Gouin. 

Jean-Baptiste riiourut en 1S45 et sa femme a été inhtunée deux 
uns i)lus tard. Les blessures graves qu'il reçut liurant la guerre île 
1S13 le rendirent in\-alide. vSa pétition dans lacjuelle il résume les ser 



:.Lr «H 






—34— 

vices rendus à la patrie canadienne par divers membres de sa famille, 
forme un document précieux qui est reproduit dans les Archives Cana- 
diennes, série C, Vol. 268, p. H02, et seq. 

Par son testament, il laissa 6000 livres à être divisées entre trois 
institutions religieuses. 

Louise, baptisée, 17SS ; mariée le 25 août 1S09 à Louis Deniers. 

Agathe, baptisée au Sault, le ler juillet 1790. 

Marie-Madeleine. . (i), i"^— mariée au Sault St-Louis, le 19 no- 
vembre 1832, à J. B. Pominville : 2° — mariée au Sault St-Louis, le 11 
juin 1844, à Pierre Lanctôt, notaire. Elle a été inhumée à St-Hsacin- 
the. 

Martine-Hippolite, inhumée à Lachine, le 13 février 1800 

2. Mariage : 23 mars 1793 à Marie-lNIadeleine-CIaire Brossard- 
Descheneaux, fille du seigneur demeurant à Ste-Jeanne de Neuville, 
inhumée le 16 janvier 1800. 

Issus de ce mariage : 

Marie- Adélaïde, baptisée au Sault St-Louis, le 20 février 1794 ; 
mariée au Sault St-Louis, le 26 juin 1820. à Vincent Ducharme. 

Dans l'acte de mariage, le père de l'épousée, Claude-Nicolas-Guil- 
laume de Lorimier, est désigné : "un des représentants du comté de 
Huntingdon" et la mariée est prénommée Adélaïde-Madeleine. 

Edouard- Narcisse- Louis, baptisé à Lachine, le 11 septembre 1798 ; 
marié en 1835 à Ann Dunn (\'oir ci-après). 

j. Mariage : Sault-St-Louis, 27 février iSoi, à Anne Mc-Gregor. 

Issus de ce mariage : • . -, 

Louise, baptisée au Sault St-Louis, en 1801 ; 

Antoine- George baptisé au Sault, le 15 mai 1S05 : marié en 1835 
à Louise Macomber. (Voir ci-après). 

Catherine, baptisée au Sault, le 27 novembre 1807 ; 

Michel-Chevalier, baptisé en juillet 1S09 et inhumé au Sault, le 9 
octobre 1S26 : 

Nota. Claude-Xicolas-Guillaume de Lorimier IV fut inliumé 
au Sault St-Louis, le 7 juin 1825, âgé de 81 ans. Il ])rit ])art à la guer- 
re de 1775 où il se distingua, et, en 1.S12, il était cajntaine. On peut 



-35- 1806393 

consulter sa carrière dans le mémoire de Berthelot publié à Montréal, 
en 1871, par la maison E. Sénécal, ainsi que ses ,1/e'»iotifs qui forment 
])artie des documents réunis par l'abbé Verreau, sur l'Invasion Amé- 
ricaine. 

Dans la pétition de J. B. de Lorimier, (Can. Arch. C. S. Vol. 26S, 
pp. 802, 808), on lit, relativement à Claude-Nicolas-Guillaume, qu'il 
fut major et attaché pendant 47 ans au département des Sauvages. 
Aux Cèdres, en 1775, il reçut une blessure grave. 
1795, (12 mars), St-Cuthbert. 

V. Guillaume-Clénient-Edouard de Lorimier, Sr de Verneuil, fils 
de François-Thomas, IV. 1769. 

Perrault- Marie-Marguerite-Adélaïde, fille de Joseph Perrault et 
de Marie-Josephe Boulet 

Issus de ce mariage : 

Joseph-Adélaide-Rosalie-Guilniine, baptisée le 29 septembre 1796, 
à St-Cuthbert ; 

Louis-Charles-Guillaunie, marié le 13 octobre 1834, à St-Laurent, 
à Marie-Louise St-Aubin, fille de Jean-Baptiste St-Aubin et de Mar- 
guerite Dubeau. M. de Lorimier fut agriculteur et instituteur. Il est 
mort à St-Jérôme, vers 1880. 

François-Marie-Thomas-Chevalier, baptisé à St-Cuthbert, le 26 
décembre 1803 ; marié en 1832 à Henriette Cadieux (\'oir ci-après). 

Jean-Baptiste-Chamilly Verneuil, baptisé à St-Cuthbert, le 28 juin 
1808 ; marié en 1832 à Rachel Cddieux. (Voir ci-après). 

Joseph-Narcisse, bajjtisé en 1817, et inhumé à Montréal, le 3 mai 

1837 ; 

Gédéon-Georges, baptisé à Montréal, le 21 mai 1818 ; marié à 
Margaret Flaherty, vers 1844 (Voir ci-après). 

Sur les autres enfants dont les noms suivent, nous n'avons que les 
renseignements suivants. Charles, décédé aux lùats-Unis, Marguerite 
nhumée à l'Assonqnion, (ùnilie ni. à Frs. -Xavier ,St-Deniset Verneuil. 
Ce dernier, établi à Dubuqne, loua, a fait un commerce jirospère et a 
épousé Sarah Hempstead. Plusieurs enfants sont nés de leur union. 
1796, (?), St-Cuthbert. 

V. —François-Thomas de Lorimier, fils de h'rançois-Thomas IV, 
1769. 



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Marie Josephe Boulet, veine de Joseph Perrault et belle-mère de 
Guillauiue-Clénient-Edouard, son beau-frère. 

Issus de ce mariage : 

Chevalier, homme de lettres, décédé célibataire à St- Hyacinthe, 
vers 1S50. 

Louis-Gusta\e, après avoir été greffier de la Cour de Circuit, à 
l'Assomption, il devint protonotaire de la Cour Supérieure à St-Hya- 
cinthe. Il a été inhumé à Montréal. Il avait éjxïusé en premières no- 
ces, Marj- Kipp ; en deuxièmes noces, Mélina Desforges, et ei» troisiè- 
mes noces, Vitaline Lussier, veuve du docteur Côté. 
1832, (10 janvier,) Montréal. 

VI.^François-Marie-Thomas-Chevalier de Lorimier, fils de Guil- 
laume-Clément-Edouard, V, 1795. 

Marguerite-Henriette Cadieux de Courville, fille de Jean-Marie 
Cadieux de Courville, notaire, et de Marie- Marguerite Roy. Elle fut in- 
humée à l'Assomption, le 10 décembre 1891. 

Issus de ce mariage, et baptisés à Notre-Dame, sauf indication con- 
traire:- 

Marguerite-Henriette, baptisée le 28 décembre 1832, inhumée le 
iS mai 1S33 ; 

Henriette-Rachel-Adélaïde, bajitisée le 7 décembre 1833, inhumée 
à St-Laurent le 6 janvier 1S34 ; 

Adélaïde- Zénoise-Léopoldine, baptisée le 24 novembre 1834, inhu- 
mée à l'Assomption, le 15 mars 1S9S ; 

Stéphanie-Marguerite-Malvina, baptisée le 12 mai 1836, inhumée 
le 8 mars, à l'Assomption ; 

Ernest-François-Napoléon, bapti.sc le 4 mars 1S3S, inhumé à Mont- 
réal, le 6 avril 183g ; 

Nota : François-Marie-ThomasChevalier VI exerçait la profes- 
sion de notaire depuis 1829, lorscjue les troubles de 1S37 éclatèrent. 
Enthousiasmé, il abandonna tout : une jeune épouse, des ])etiLS êtres 
chéris et une clientèle nombreuse pour se lancer dans la rébellion. Fait 
l>risonnier, le 12 novembre iS3,s, alors ([u'il agissait connue brigadier- 
général des Patriotes, .sous les ordres du Dr Robert Nelson, près de 
Lacolle, il subit son procès à Montréal, devant la cour martiale. 
Malgré l'éloquence de M. L. Drummond, plus tard juge, M. de I.ori- 



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—37- 

iiiier fut trouvé coupable et condamné à mort, le i8 janvier 1839. La 
sentence fut exécutée le 15 février 1839. 

M. Hector Fabre, en 1856, publia une esquisse biographique re- 
marquable sur ce grand patriote et l'hon. sénateur L. O. David lui a 
consacré une longue et pathétique étude. 

En 1883, on organisa une souscrijition nationale en faveur de la 
veuve du patriote de Loriniier et de ses filles qui vivaient alors à l'As- 
somption. 

1832 (30 avril), Montréal. 

VI. Jean-Baptiste-Chaniilly-Verneuil de Loriniier, fîls de Guil- 
laume-Clénient-Edouard, \', 1795. 

Christiue-Rachel, Cadieux de Courville, fille de Jean-^L'lrie de 
Courville, notaire, et de Marie- Marguerite Roy. 

Issus de ce mariage et baptisés à Notre-Dame de Montréal, à. 
moins d'indication contraire : 

Jean-Guillaume-Napoléon, baptisé le 23 janvier 1833, inhumé le 
12 septembre 1833. 

François-Léopold-Wilfrid-Gédéon, baptisé le 3 janvier 1834. 

Louis-Théodore-Gustave Verneuil, baptisé le 7 décembre 1834, 
marié en 1864 à Henriette Picault, (Voir ci-après). 

Alphon^e-Tancrède-Amédée, baptisé le 2 mai 1837, marié en 1S61, 
à Mélitime Duckett, (Voir ci-aprèsl. 

Charles-Chamilly, né à Dubuque, lowa. le 13 .se]itembre 1842 et 
baptisé à Notre-Dame le 15 juin 1S44, marié eu 1S65 à Sophie Marie- 
Malviua Serre Saint-Jean ( \'oir ci-après). 

Pierre-Joseph-Rodolphe-Domptail, bapti.sé le 2 juin 1S51, marié à 
Sarah Tunstall, en 1884 (Voir ci-après), 

Pierre-Kdouard-Emile-Chamilly, bajrtisé le 10 mars 1857, marié à 
Notre-Dame de Montréal, le 9 février i8'-S. à Marie-\'ict()ria Duchar- 
me, fille de \'iiicent-\'alér\- Ducharme et de Maria Denis. 

^L r. Iv. !•'. de Lorimier s'occupe de journali.sme deiniis luic tren- 
taine d'années. Il est corresixmdant delà pr>'Sse-associée depuis 18 
ans. 

Xo/ci : J. lî. Chamilly de Loriniier VI était étudiant endroit, 
lors de .sou niaria-e Admis au Barreau peu après, il exerça sa pro- 



-38- . . 

fession jusqu'en :.S37, alors qu'il prit part à l'uisurrection et devint 
membre du fameux club des "Fils de la Liberté". 

Le mouvement n'ayant pas réussi, M. de Lorimier dut passer aux 
Etats-Unis en compagnie de l'abbé Chartier et du docteur Bricn. Dé- 
noncés par un ancien ami, ces patriotes ne durent leur salut qu'à l'ex- 
trême dévouement d'un jeune officier anglais. 

M. de Lorimier demeura à Dubuque, lowa, Etats-Unis, jusqu'en 
1843, alors qu'il revint à Montréal avec sa famille. De cette époque à 
la date de sa mort, il ne prit aucune part à la vie politique et consacra 
le reste de ses jours à sa famille. Il fut inhumé le 25 juillet 1865, au 
cimetière de la Côte des Neiges, à Montréal. 

1835, (22 septembre), Glengarr>-. 

V. Edouard-Narcisse-Chamilly de Lorimier, fils de Claude-Guil- 
laume, IV, 1783. 

Ann Dunn, fille de James et Ann Guinn. Le contrat de mariage 
des futurs époux fut dressé par le notaire Lauctôt, le 16 septembre 
1835. M. Edouard Narcis.se de Lorimier fut, pendant longtemps, re- 
présentant du gouverneur aujircs des Sauvages du Sault St-Louis. Il 
a été inhumé à Montréal, le iS décembre 1882, âgé de 84 ans. 

Issus de ce mariage : 

Antoine-Jacques- Edouard, baptisé à Laprairie, le 4 .septembre 
1836; marié à Honorine P. Leroix. (V'oir ci-après j. 

Louis-Claude-Jean-Baptiste- Arthur, bapti.sé au Sault .St-Louis, le 
15 mai 1839. 

Narcisse-Frédéric- Alphonse, bajjtisé au Sault-St-Louis, le 14 no- 
vembre 1S41. No\é à la Rivière-Rouge, Nord-Oue.st. 

Marie-Madeleine-Hermine, baptisée au Sault St-Loui<, le 28 octo- 
l)re 1843 : niariée à Jo.seph-Dama.se Millette, médecin. 

Marie-Aune, baptisée au Sault St-Louis, le 18 décembre iSsi, ma- 
riée en la cathédrale de Montréal, le 19 aoiU 1873. à J()sei>li Rolii la.d, 
commerçant, plus tard, député de Berthier. 

1855, (12 octobre) Sault St-Louis. 

Antoine-Ge:>rges de Lorimier. fils de Claude-Nici^las (^.uillaume, 
IV. .783. 

Il épouse NLirie-Louisc \Lic()mber, fille de Gervais Macomlier, in- 
ttr])rètc,et d'Angélique Gia.sson. Antoine-Georges de Lurimier, agro- 






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—39— 

nome et négociant, fut chargé, comme interprète des Sauvages du 
Sault St-Louis, de présenter leurs griefs à sa Majesté Guillaume IV, de 
qui il reçut une médaille comméraorative, en récompense de ses servi- 
ces. Les Sauvages lui donnèrent le nom honorifique d'Oionhiatekha 
(firmament en feu, ou le brillant). Il fut inhumé dans l'église du 
Sault qu'il avait contribué à faire ériger. 

Issus de ce mariage et baptisés et inhumés au Sault, sauf indica- 
tions contraires : 

Claude- Antoine, baptisé le 29 juillet 1S36, inhumé le 9 juillet 

1837 ; 

Guillaume-Kdouard, bapti.sé le 5 jiovembre 1S37. Il a vécu à 
Grand P'orks, Xorth Dakota, où il est mort. Il a été inhumé à Chi- 
cago. 

Georges-Gervais, baptisé le 10 avril 1S39, marié en 1S63 à Auré- 
lie Malette (Voir ci-après). 

Anne- Angélique, ba])tisée le 24 mai 1S40, inhumée le 27 mars 
1841 ; 

Isaac-Alexandre, baptisé le 31 juillet 1841, inhumé à Montréal, le 
10 novembre 1898. 

François-Xavier-Louis, baptisé le 25 octobre 1S42, inhumé le 17 
novembre 1S42. 

Jean-Ba])tisteSimon, baptisé le 29 octobre 1844 ; marié à Ida M. 
Maas, à Neganee, Micli. De ce mariage sont issus : Arthur-Jean, 
bapti.sé à Lachiue, le 18 mai 1888 ; Guillainne- Edouard, baptisé à No- 
tre-Dame, le 30 décembre T 891 et inhumé au mois d'août suivant ; 
Georges, né vers 1889. Arthur et Georges sont avocats et pratiquent 
à San Diego, Californie. 

Joseph-Thomas, baptisé le 3 juin 1S46, rentier, demeure à Btlœil. 

Benjamin, baptisé le 9 sei>tembre 1847, réside à Havre, Montana. 

Etienne- Ambroise, bajitisé le iS février 1849, marié en 1873, à 

Marie-Angélique Beauvais, { Voir ci-ai^rès). 

Alfred-Octave, baptisé le 19 mai 1850. Demeure à Fort Benton, 
Montana 

Jacob-Stanislas, bajjtisé le 15 mars 1852, demeure à Chicago. 

Marie-Louise-Clotiklu, baptisée le 17 juillet )8ô3, inhumée le S 
mars 1905- 



-40- 

CatherineMarguerite, baptisée le 27 janvier 1S55, inhumée le 16 
août 1857. 

Ewgène-Xapoléon-Albert, baptisé le 7 juin 1856, inhumé le 2 juil- 
let 1856. 

Hélène-Rébecca. baptisée le 31 mai 1S57, mariée le 26 novembre 
1877, au Sault St-I,ouis, à Richard Thurston de Tyldesley Greetham. 
inhumée le 16 octobre 18S3. De ce mariage, sont nés Alice Greetham, 
épouse de Edmond Brossard, avocat, Joseph-Georges Greetham, marié 
à Berthe Brodeur, fille de l'honorable !.. P. Brodeu-, de la Cour Su- 
prême, et Marie-Rébecca Greetham, épouse de Benjamin G. Bourgeois, 
chirurgien. Ces trois enfants ont ajouté à leur nom de famille, Greet- 
ham, celui de leur mère, de Lorimier. 

Albert-Emmanuel, bajitisé le 2 juin 1S59 : admis au Barreau le 10 
juillet 1885 ; marié à St-Jacques de Montréal, le 6 octobre 1886, à Ma- 
rie- Rachel- Mal vina de I.oriniier, fille de l'honorable Charles Chamilly 
de Lorimier, VI, 1865. 

Albert PZmmanuel de Lorimier a pratiqué avec sou beau-père jus- 
qu'en 1889 et, en i.Sç,6, il forn.a avec l'honorable sir Auguste Real 
Angers, ex-lieutenant gouverneur de la Province de Québec, la socié- 
té légale encore existante de MM. Angers, de Lorimier & Godin. 11 a 
été nommé Con.seil du Roi en 1903. 

1844, Dubuque, lowa. 

V. Gédéon-George-s-Gustave de Lorimier, fils de Guillaume-Clé- 
ment- lùlouard, I\', 1795, mort eu 1913, aux Etats-Unis, marié en 1844 
à Marguerite Flaherty. 

Issus de ce mariage : 

Catherine-Emma, née à Dubuque. le ler janvier iS4,s ; ba])tisée à 
Notre-Dame de Montréal, le 16 octobre 1S5.S. 

Julie-Esther, née à Dulnuiue, le 25 octobre 1S57 ; bapti>é à Notre- 
Dame de Montréal, le 17 octobre 1S38. 

1S61, ( 23 noxembre i. Si Pol>carpe. 

VI. Tancrède-Chevalier de l.oiiniier. avocat, fils de Jean-Baptis- 
te Chamilly, V, 1S32. 

Marie-Catherine- Mélitime Diickett, fille de William DuLkelt né- 
gociant, déjuité du Comté de Soulaiigcs et de Marie- lùigénie Leblanc. 

Issus (le ce mariage et baptisés et inliuiiiés à Noire-Dame, sauf in- 
dication contraire : 

Racliel-Ada-I-"iigéiiie, baptisée le 4 -epteiiibre iS(,2, inhumée le 1 i 



.1,^ :.. ■ ,,a-:-u. ' 






—41 — 

janvier 1873. 

Raoul-Guillaume, baptisé le 11 juillet 1S64, marié en 18S9, à Ma- 
demoiselle Irma Hamel : avocat et conseil du roi, Montréal. (Voir 
ci-après). 

Joseph-Alexandre-Tancrède-Chamilly, bajrtisé le 1 1 septembre 
1866, marié en 190S à Mademoiselle Hoffmau (Voir ci-après. ) 

Marie-Berthc,Henriette-Mélitime, bajitisée le 17 octobre i,S6S, ma- 
riée je 8 septembre 1902, à Joseph Louis- Normand, inhumée le 4 no- 
vembre 1905. 

Charles-Gustave- Alfred, baptisé le 17 sei>tembre 1S70, marié en 
1903, à Alice Normand (\'oir ci-a])rès). 

Joseph- Wilfrid-Rodol])he-Eugène, baptisé le 12 juillet 1S73, marié 
à St- Denis de Montréal, le 24 septembre i90i,à Joséphine Blanche 
Normand (fille de J B. Normand et Marie-Almizine Panneton), la- 
quelle est inhumée le 17 novembre 1902 ; 2. Montréal, St-Louis de 
France, le 20 avril 1906, à Marie-Louise-Philomène-Julienne Brosseau, 
fille du lieutenant-colonel Brosseau. 

Louîs-Gaston-Auguste-Lionnel, baptisé le 4 juillet 1876, inhumé 
le 24 juillet 1S76. 

Joseph-Armaud-Gaston, baptisé le 23 mai 1878. 

Nota : Tancrède-Chevalier de Lorimier fut admis au Barreau le 
7 janvier 1S61 et nommé Conseil de la Reine, le 28 décembre 18S9, il 
pratiqua sa profession avec succès jusqu'à sa mort, en 1S92. Il fut in- 
humé au ciinetière de la Côte des Neiges, le 19 décembre 1892. 

1863, (28 juillet), Notre-Dame de Montréal. 
V. Georges-Gerxais de Lorimier, fils d'Antoine-Geurges, I\', 

/. Man'affc : Marie- Aurélie Malotte, fille de Jean-Baptiste et de 
Josephte Faubert. 

Issu de ce mariage : Xapoléon-Claude, baptisé au Sault St- Louis, 
le 2 juin 1864, inhumé le S octobre 1.S67. 

2. Maiidi^i- : Notre-Dame de Montréal, le 9 avril 1S72 ; Jeanne 
Plante, fille de feu Dominiciue Plante. 



-/\ ISÎiiL/^ y. 



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—42- 

Issus de ce second mariage et baptises au Saiilt St- Louis : 
Georgianna-Jeanne, baptisée le 13 janvier 1873. 
Maxie-Féodore- Béatrice, baptisée le ler novembre 1S74 ; 
Georgiana-Rose-Alba, baptisée le 18 juin 1876 ; 
Georges- Hector, baptisé le 23 décembre 1S78 ; 

Ida-Béatrice, baptisée le ler juillet 18S0, inhumée le '21 cictobre 
1880. 

1864, (30 juin), Notre-Dame de Montréal. 

\'I. Louis-Gustave-\'ernenil de Lorimier, fils de Jean-Baptiste- 
Chamilly, V, 1S32. 

Marie-Louise-Henriette Picault, fille de Pierre-Etienne Picault, 
médecin et pharmacien, alors vice-consul de France à Montréal, et de 
Dame Louise-Julienne Boutolle. 

Issus de ce mariage et baptisés à Notre-Dame, sauf indication con- 
traire : 

Alfred- Pierre- Gustave, baptisé le 19 octobre 1S67. Il épousa une 
demoiselle Jones de Boston qui est décédée à la fin de janvier 19 15. 

Picault-Henri-Charles, baptisé le 28 novembre 1868, inhumé le 23 
mars 1869. 

Louis-Jean-Baptiste-Eugène, bapti.sé le 13 décembre 1S70. 

Joseph-Henri, baptisé à Ste-Anne de Bellevue, le 21 avril 
i88o, inhumé au même lieu, le 4 mai suivant. 

1865 ( ?) àSte-Philomène 

V. Jacques de Lorimier, fils d'Edouard-Narcisse, IV, 1835. 

Honorine-Philomène Héroux. Marie-Antoine-Blanche, bapti.sée 
au Sault St-Louis, le 13 septembre 1866. 

A\->ta : M. Jacques de Lorimier a été greffier d'une Cour de Ju.s- 
tice, dans la province du Manitoba, où il est, dejjuis, décédé. 
1865, (27 Novembre), Notre-Dame de Montréal 

\'I. Charles- Channlly de Lorimier, fils de Jean-Baptiste Wrneuil 
V, 1832. 

Marie-Sophie Malvina Serre Saint-Jean, fille d'.ViUoine Serre 
et de Catherine C>pihot. 

A moins d'indication ct)ntraire, les enfants issus de ce mariage ont 



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été baptisés et inhumés à Notre-Dame. 

Marie-Rachel-Malvina, baptisée le 7 septembre 1S66, mariée à St- 
Jacques le 6 octobre 1886 à Albert-Iùnmaniiel de Lorimier, C. R. 

Charles-Tancrède Chamilly, baiitisé le S novembre 1867 ; marié 
à NevvPort, Vt., le 14 juin 1896, à Béatrice Atkinson. Négociant à 
Montréal. 

Louis-Gustave-Henii, baptisé le 16 août 1869, inhumé le 30 juin 
1870. 

Hector-Rodolphe, baptisé le 18 février 1871, inhumé le 6 octobre 
1871. 

Marie-Mélitime-Henriette-Hectorine, baptisé le 31 décembre 1872, 
inhumée le 1 1 juillet 1873. 

Marie-Louise- Ada, bajnisée le 5 avril 1874, mariée à St-Louis de 
France, le 10 octobre 1893, à Paul-Arthur Magnan, officier de Doua- 
nes, à Montréal. 

Louis-Clément-Guillaume, bapti.sé à St-Jacques, le 20 décembre 
1875, inhumé le 15 juillet 1876. 

Louis-Henri-Hector, bai)tisé à St-Jacques. le 23 mai 1879, marié à 
St-Léon de Westmount, le 24 mai 1902, à Jessie Arnott Smart, fille de 
feu David Smart et de Helen Forsyth, agent d'aiïaires à Montréal. 

Nota: L'honorable Charles Chamilly de Lorimier VI fut admis 
au Barreau, le 4 septembre 1865 ; il fut nonmié Conseil de la Reine, 
pour la Province, en 1S79, et pour le Dominion, en 1882 ; professeur 
à la faculté de droit de l'L'niversité Laval, en 1880 ; docteur en loi, le 
30 octobre 1S82 et Juge de la Cour Supérieure en 1S89. Il est l'auteur 
de la "Bibliothèque du Code Civil de la Province de Québec" ouviage pré- 
cieux qui comyirend vingt-et-un volumes. Il publie la ''Revue de Ju- 
lisp rude liée", recueil des décisions judiciaires de la province. 
'^73. U5 Sei^tembre), Notre-Dame de Montréal. 

V. . Etienne- Ambroise de Lorimier, marchand, fils d'Antoinc- 
(.ieorges, IV, 1835. 

Marie-Angélique Bcauvais dit Saint-Janune, fille de Louis Beau- 
vais et de Lucie Boyer. 

Issus de ce mariage et baptisés ainsi (|u'inhumés à Notre-Dame, 
sauf indication contraire : 

Joseph-Raoul-Louis, baptisé le 25 juillet 1.S74 ; admis au Barreau 






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en septembre 1899, marié à St-Léon de Westmount, le 17 juin 1913, à 
Marie-Lucie-Joséphine Hébert, fille de feu Charles- Albert Hébert et de 
Aurélie Barbeau. On lui doit des nouvelles historiques cai)tivantes et 
qui ont été fort remarquées. 

Marie- Béatrice, baptisée le 13 avril 1876, inhumée le 15 janvier 
1877- 

Léopold-Chevalier, inhumé le 14 mai 1879. 

Arthur-Stephen, baptisé le 13 janvier 1880, inhumé le 11 mai 18S1. 
Joseph-Frédéric-Georges, bapti.sé le 27 juin 1881, inhumé le 10 
janvier 1899. 

Joseph- Achille- Arthur, baptisé le 22 février 1883. 
Marie-Louise-Rébecca, baptisée à St-Jacques, le 29 août 18S4. 
Joseph-Jules, bapti.sé à St-Jacques, le 4 juillet 18S5, admis au Bar- 
j reau en septembre 19 10. 

I 1884, (22 Avril), Notre-Dame de Montréal. 

i VI. Joseph-Rodolphe-Chamilly de Lorimier, médecin, fils de 

j JeanBaptiste-Chamilly, V, 1832. 

' /. Mariage : Marie-Sara Tunstall, fille de Gabriel Tunstall en 

son vivant lieutenant au 7ièn:e régiment d'infanterie, et de Eniélie Fi- 
liatrault. 

De ce mariage, naquirent Sara et Rodolphe. 

Vers 1903, M. le docteur de Lorimier épousa en secondes ncces, à 
Montmagny, dame veuve Casgrain. Il est mort à St- Pierre Jol\-, 
i Manitoba, le 12 septembre 191 3. 

I 1889, (24 Septembre, Québec) 

VII. Raoul-Guillaume de Lorimier, fils de Tancrède-Chevalier, 
VI, 1861. 
. Marie-Irma Hamel, fille d'Adolphe Hamel et de Léda Patoine. 

Issus de ce mariage : 

Marie-Irma-Rachel-Marguerite, bajitisée le 23 février 1891, inhu- 
mée à Notre-Dame de Montréal, le 29 juin 1891. 

Marie-Cécile-Marguerite, baptisée à St-Louis de France, le 2,s mai 

I i89:v 

A'o/a : Raoul-Guillaume de Lorimier Vil, fut admis an Barreau 

(en 18S9, il pratiqua a\ec son père, M. Tancrède-Chevalier, juscju'à la 
mort de ce dernier en 1892 ; puis avec L. P. Deniers, aujourd'hui juge 



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—45— 

de la Cour Supérieure. Il a été nommé Conseil du Roi en octobre 1909. 
1903, (25 Avril), St-Denis, Montréal. 

VII. Charles-Gu.stave-Alfred de Lcrimier, fil.s de Tancrède-Clie- 
valier, VI, 1861. 

Alice-Marie- IClisa Normand, fille de J. B. Normand et de Marie- 
Almizine Pannet(jn. 

Issus de ce mariage : 

Cécile, née le 4 mars 1904. 

Gustave, né 1«» 17 décembre 1906. 
1908, (28 Avril), cathédrale St-Louis, Nouvelle-Orléans. 

VII. Joseph-Ale.xandre-Tancrède. fils de Tancrède-Chevalier, 
VI, 1861. 

Mary EHeu HofTman. 

Mary Ellen, née le 2S mai 1909. 

Edouard-Gihnore, né le 9 avril 1912. 

E.-Z. MASSICOTTE 

BERTHIER 



Le Ihilletin des Recherches Historiques, vol. XX. p, 3S0, marque au 
sujet de la famille Berthier: 

"Comme on le voit, le comte Berthier de Sanvigny n'est pas le des- 
cendant du premier seigneur de Berthier. 

"Il est cependant prouvé aujourd'hui qu'un des frères de M. Ber- 
thier vint avec lui dans la Nouvelle- France. Il resta ici peu de temps. 
Il e.st po.ssible que le comte de Berthier de Sauvigny .soit le descendant 
de ce dernier Berthier." 

Que l'on me permette de dire que ce n'est ])as le frère du premier 
seigneur de Berthier qui vint ici avec le régiment de Carignan, mais 
Vo>ic/e, et comme celui-ci n'était pas marié, il est iiiifyossil'/(- (pie .M. le 
comte de Berthier de Sauvignx- soit .son descentlant.Je dirai plus.d'aj^rè-' 
mes notes obtenues des derniers tlescendants des Berthier, île Bergerac, 
France, il n'>- a aucune parenté entr'eu.K et le Berthier de Sauvigny, 
sus-nonnné. ■ , [,, ^ , • ; : 

REGIS ROV 



I rn'Hn 



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Les marquisats, comtés, baronnies et châteibnies dans 
la Nouvelle=France 



Dès le 12 janvier 1598, c'est-à-dire dix ans avant la fondation de 
Québec, Henri IV donnait au sieur de la Roche 'e pouvoir de "faire 
bail (des terres de la Nouvelie-France), pour en jouir par ceux à qui 
elles seront affectées et leurs successeurs en tous droits de iiropriété, à 
savoir : aux gentilhoninies et ceux C[u'il jugera gens de nurite,en fiefs, 
seigneuries, châtellenies, comtés, vicomtes, baronnies et autres digni- 
tés releva it de nous, telles qu'il jugera convenir à leurs services, à la 
charge qu'ils serviront à la tuitioii et défense des dits pays, et aux au- 
tres de moindre condition, à telles charges et redevances annuelles 
qu'il avisera, dont nous consentons qu'ils en demeurent quittes ]TOur les 

six premières années, " (V'oirN.-E. Dionne, La Nouvelle- France 

de Cartier à Champlain, p. 3.54). 

Les pouvoirs que Henri IV donna au sieur de la Roche ne l'enga- 
gèrent pas à grand 'chose puisque ce gentilhonnne ne mit pas même à 
la \-oile pour visiter le Canada. 

En 1628, le roi de France accordait à la Cie de la Nouvel le- France 
ou des Cent-Associés, la Nouvelle- iMance en toute jiropriéié, seigneu- 
rie et justice, avec le pouvoir d'attribuer aux terres inféodces tels ti- 
tres, honneurs, droits et facultés qu'elle jugerait convenables, et d'éri- 
ger même des duchés, marquisats, comtés, vicomtes etôanmiiics, sauf con- 
firmation par Sa Majesté (Voir lidits et Ordonnances, vol. I, p. 8). 

Dans tout le régime français il >■ aurait eu deux marquisats de 
créés au Canada : 

I. Le niartpiisat de Mi^cou créé par Louis XIV en fa\eur du 
sieur de Saint-Martin, <pii, iiarait-il, avait t'ait fortune à l'ÎL dj Mi>- 
cou. Ce Saint-Martin fut le père de ri'i''ginal abbé .MiclK-i uc .--aiul- 
Martin dont M Benjamin >Sulte a raconte les grotisqu s. aventures iL.ns 
son Iliitoirc des Canadieus-/-'raii(ais (^V.>1. \^ p. 110) et dans L- Monde 
Illustré ànf, 2 et 9 mai 1,896. Nous n'axons pu trouver nulle ) .ut !es 
lettres-patentes créant le niarcpiisat de Miscou. A-t-il réellement exi.s- 

lé. .M. Suite écrit à ce sujet : "Jacques 
;u, en id^S, la S(.i.i;iieurie lit- l'ortneuf et 



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...47— 

il s'y établit. Peu d'années av>rè.s (vers 1645) les circonstances le con- 
duisirent aux Trois-Rivières avec sa famille. C'est alors, croyons-nous, 
qu'il obtint un petit morceau de terre, situé dans la ville actuelle, me- 
surant dix ari^ents en superficie, et dont il est fait mention eu 1645 et 
1648 comme lui appartenant. Le titre écrit lui en fut donné le 9 mars 
1649. M. Le Neuf le passa à son fils, Michel Le Neuf de la Vallières, 
et celui-ci le vendit, le 13 novembre 16S6, à "noble homme Charles 
Aubert, sieur de la Chesnaye, marchand bourgeoi.-. de Quôbec" ; dans 
l'acte on le désigne sous le nom de ''marquisat de Sablé". Il est pos- 
sible qu'il ait appartenu ensuite à Pierre Dandonneau dit la Jeunesse, 
sieur de Saint-Pierre et sieur du Sablé (habitant de.s Trois-Rivières dès 
1651), mais Dandonneau portait le surnom de Dusablé lougtemjjs avant 
1686, alors que M. Leneuf était propriétaire du marquisat. Par la 
suite, la famille Boucher de Niverville l'acquit et, en iSoo, le colonel 
Joseph Boucher de Niverville le laissa vendre à la folle enchère : Aaron 
Hart, marchand, le paya vingt et un louis courants. Parmi les nom- 
breux documents que nous avons consultés .se rapportant aux LeNeuf, 
nous n'avons jamais rencontré le titre de marquis ajipliqué à des mem- 
bres de cette famille. Le marquisat du Sablé a beaucoup intrigué les 
archéologues, {///stoùr des Canadiens-Français , vol. V, p. 102). Nous 
doutons fort que le marquisat du Sablé ait jamais existé. 
11 y eut également deux comtés : 

1. La barounie des Islets changée en comté d'Orsainville i>our 
Talon, en mai 1A75. (Lettres patentes dans Regi.stre Insinuations du 
Conseil Supérieur, 1663 à 16S2, ]i. 65). 

2. Le comté de Saint-Laurent (île d'Orléans) en faveur de Fran- 
çois Berthelot, en avril 1676. (Lettres patentes dans Registre In.'iinua- 
tions du Conseil Supérieur, 1663 à 1682, p. 73). 

Les baronnies tant au Canada qu'en Acadie furent au nombre de 
six : 

I. La Itaronnie du Cap-Tourmente en faveur de Guillaume de 
Caen, le 3 janvier 1624. "En 1624, écrit M. Benjamin Suite, alors 
que la famille de Caen avait en mains le commerce de pelleteries du 
Saint-Laurent, et avant «pie l'on eut entre, >ris de mettre une >LU)f 
charrue dans le sol de Québec ou des environs, le roi accorda à Guil- 
laume de Caen, à titre de fief iioiile, le c;i|) Tuunueiite, l'ile d'Orléans, 
et autres ilt-s nu \oi.sinage. Lue petite ferme pour le.^ bestiaux, au 



—48— 

l)ied du Cap Tourmente, fut tout l'entreprise noble de Caeu, qui per- 
dit ses terres et son titre en 1627 à la formation de la Compagnie des 
Cent- Associés". ^J^cvtic Canadienne, 1885, p. 299). 

2. La baronnie de Pobomcoup (en Acadie) en faveur de M de 
Muis d' Entremont en 1651. D' Entremont porta le titre de baron de 
Pobomcoup jusqu'à sa mort, mais on ne \ye\iX. trouver les lettres- pa- 
tentes créant cette baronnie. 

3. La baronnie des Lslets en faveur de l'intendant Talon, le 14 
mars 167 1. (Lettres-patentes dans Registre Insinuations du Conseil 
vSupérieur, 1663 à 1682, p. 41). 

4. La baronnie de Portneuf en faveur de René Robineau, seigneur 
de Bécancour, en mars 1681. (Lettres- patentes dans Registre insinua- 
tions, du Con.seil Supérieur, 1679 à 1705, p. 6). 

5. La baronnie de Longuenil en faveur de Charles Le Moyne, 
seigneur de Longueuil, le 26 janvier 1700. (Lettres- patentes dans 
Registre Insinuations du Conseil Supérieur, 1679 à 1705, p. 131) 

6. La baronnie de Beau ville (en Acadie), en faveur de M. d. 
Beauharnois, ancien intendant de la Xouvelle-France, le 25 juin 1707. 
( Lettres-patentes dans Regi.stre Insinuations du Conseil Supérieur, 
1704 à 1714). 

Enfin, il y eut une châtellenie : 

La châtellenie de Coulonge, en faveur de Louis d'Aillebout, le 9 
avril 1657. (Les lettres-patentes érigeant la terre d- Coulonge en 
châtellenie sont conservées aux archives du séminaire de (Québec. Elles 
avaient été enregistrées au regi.stre des Insinuations du greffe de la 
Senéchau,s,sée de la Nouvelle- France, juridiction de Québec, le 1 1 jan- 
vier 1658, mais ce registre est disparu. M. Erne.st Gagnon a i)ublié 
ces lettres-patentes dans .ses /■(•«///( j- ]'o/a>itcs.\). 270). P.O.R. 

LE SIEGE DE QUEBEC EN 1759 

M. A.-G. Doughty, C. R. M., archiviste du Canada, a publié eu 
1901, sous le titre VV/r S/(X<' "/ Oiuinr and tlic battlc ,>/' Ihc l'Uiii.sof 
Abraham, en si.\ forrs volume, une histoire du siège de n-.iél'C- par les 
Anglais en 1759. 

Dans le sixième volume de cet iinp(jrtant ouvrage on trouve luie 
liste ciim))lête des livres ([ui i>arlcnl du siège de Québec. La 
nomenclature coiniirend 19S numéros. Ceux cpii veulent étudier l'his- 
toire du sijge de 1759 n'ont i[u'à consulter et l'ouvrage de M. Doughty 
et les sources (pi'il indique 






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—49- 

Chainpredond, capitaine au régiment de la Sarre 



Dans le numéro de décembre 1914 du Bidktin, nous avons publié 
le testament de Senezergues avec l'espoir que cette ]>ièce fournirait 
aux chercheurs quelques renseignements inédits sur le valeureux bri- 
gadier qui succomba sur les plaines d'Abraham. 

Nous offrons, aujourd'hui, aux lecteurs, un autre testament dres- 
sé par un compatriote et un compagnon d'armes de Senezergues. 

Le document est simplement signé Champredond. Il nous indi- 
que que le testateur, comme Senezergues, venait de l'Auvergne et qu'il 
était parent ou ami du marquis de Miramont. 

L'acte est fait au camp de la Chute près de Carillon, huit jours 
avant le combat qui devait immortaliser la petite armée franco-cana- 
dienne. 

On se rappelle que la Chute est une jjetite rivière qui se jette dans 
le lac Saint-Sacrement. 

Dans son journal (p. 404), Montcalm nous donne la liste des prin- 
cipaux officiers tués en cette glorieuse journée et l'on voit que le régi- 
ment de la Sarre fut particulièrement éprouvé puisqu'il i^erdit deux 
capitaines : MM. le chevalier de Moran et Champredou, un aide-ma- 
jor, M. du Mesnil, et qu'en plus, furent blessés, le cajiitaine de Beau'- 
clair et le lieutenant Fourmet. 

Ceci dit, passons à la coi)ie textuelle dt la pièce qui fait le sujet 
du présent article. 
(SrK l'enveloppe : ) 

Le présent testament serat Rendeu a monsieur de Senezergues o'.i 
a celuy qui commanderat le Regnt et on nen ferat réouverture en pré- 
sente (.sic"» de trois officiers ICt Le Jcuges de Montréal, Ce mais derniè- 
re volonté 

Ce le juilliet lysS 

CHAMPKKDOXl) 
Cai)te. au Regnt. de La Sarre ( i ) 



jinLll--.' ÙilOhSl!]!::;. ij 



.i'-j'ts-y'. ■-. 



—50— 

DERNIÈRE VOLONTÉ 
Je nomme et fait mon éritier de tous mais bien présent et avenir 
Mr. Le marquis de miranion, Restent dans La province d'auvergnes : 
je donne à mademoizelle Caterine Lefaivre du chouquet de Montréal 
Seurs de mon hôtes du chouquet Le cuinquante Louis an ord que jay 
dans mon grand cofre Et tous Les éfait qui me sont arivé de francc 
pour tous Les égard et politesse que jay Reçu chés son fraire Et de 
tous Lé siens ; je prie Mr. de Senezergues ou celuy qui commenderat 
Le Regnt. de vouloirs faire vendre tous mais éfait a L'enchère, Et 
mais dettes payé on aurat La bonté d'anvoyés Le Reste à Mr Le mar- 
quis, à qui j'ay de obligation infinie, teil son me dernier volonté, je ne 
sauroint manquet au formalité nayent aucune conneissance de la façon 
qu'on fait, let formalité, dont je devroint me servir. Au Camps de 
Lachute, près Le fort de Carrelion eu Canadat ce le juilliet 1758 
CHAMPREDOND 

Capte, au Re- 
gnt. de La Sarre a Larmée 

Paraphé à Montréal 
le 28xbre 1758 

GUITOX MONREPOS 
Ajoutons que le testament de Chanipredond est écrit sur un jiajjier 
spécial, identique à celui dont Senezergues se servit, quelques mois 
]ilus tard, pour rédiger ses dernières volontés. 

E.-Z. MASSICOTTE 

Lettre du Roi au Conseil Supérieur de Québec, 
14 août 1723 

De par le Roj-, Nos amez et féaux notre très cher et très amé 
oncle le duc d'Orléans ayant bien voulu accepter l'emjilox- de j^rincipal 
ministre de notre état sous notre authorité, nous nous voyons avec une 
satisfaction singulière assurés de la continuation des strvices que nous 
recevons de son zèle et de ses lumières depuis que nous gouvernon.-. 
par nous même, et dont nous avons fait une si heureuse éjirenve pen- 
dant notre minorité et voulant i[U'il soit reooiuiu de tous nos officiers et 
sujets en cette qualité et obéi dans toutes les fou-nions ijui eu déi>eii 
dent nous vous eu donnons C(Mniaissance, et vous mandons de suivre en 
cela ce (pli est de notre volonté, si n\ faites faute. Car tel est notre 
l'iiisir le XIII aoust x b 11 vingt-trois. 

Signé LOUIS et plus bas PIIlCLVl'lvAl'X. 



.1 'ih 'nu 















Biographies canadiennes 

L'ABBÉ RENÉ ALIAS ETIENNE CHARTIER— Quel est ce 
prêtre dont il est souvent question dans le vi^wx. Journal des Jésuites et 
qu'on désigne toujours sous le titre de Monsieur le prieur f 

Afo7tsieur le prieur c'est l'abbé René ou Etienne Chartier. On l'ap- 
])elait Monsieur le prieur parce qu'avant de venir dans la Nouvelle- 
France il avait été prieur de Notre-Dame de la Monnaie, i)rès d'An- 
gers, en France. 

C'est le r5 août 1643 que l'abbé Chartier débarqua à Québec. 

La Relation de 1642-43 ainionce dans les ternies suivants l'arrivée 
de ce digne prêtre : 

" Les autres navires de la flotte ont tardé cette année i^lus que 

jamais, ce qui nous était un notable surcroit d'affliction, et aux Sau- 
vages aussi. Nous commencions à craindre quelque nouveau malheur. 
Enfin, Dieu nous les donna en l'heureux jour de l'Assomption de No- 
tre-Dame. Comme nous allions commencer la mes-se» deux voiles pa- 
rurent à une lieue de notre port, la joie et la consolation saisirent le 
cœur de tous les habitants, mais elle redoubla bien fort quand une cha- 
loupe nous vint donner la nouvelle des personnes qui y étaient : le P. 
Quentin avec trois braves ouvriers religieux de notre Compagnie et 
très propres à la langue, savoir les Pères Léonard Gareau, Gabriel 
Druillettes et Noël Chabanel. Il y avait aussi trois religieuses bien 
choisies, et dont le courage surjjasse le se.xe, savoir la Mère Marie de 
v^ainte-Geneviève et la Mère Anne de Saint-Joachim, Hospitalières, de 
la maison du Diejipe, et la Mère Anne des Séraphins, l'rsnline, du 
couvent de Plermel, en Bretagne. Il a fallu une grande force à ces 
bonnes filles pour surmonter les dangers de l'Océcin, la crainte du pa_vs 
barbare et les discours iiniiortuns de ceux qui ont \-oulu les détourner 
en France d'une si snjnte entreprise. Monsieur d' Ailleboust, très hon- 
nête et très vertueux gentilhomme, as^()cié en la Conijiagnie de Mes- 
sieurs de Montréal, avec sa femme et sa belle-sœur de jiareil courage 
et vertu, étaient dans un de ces navires : toute cette sainte troujie abor- 
da à Kebec et se \-int consacrer à Dieu et au salut des Sauvages, sous 
la protection et la faveur de riùn]K'reur de ITnivers. J'oubliais la pié- 
té d'un honnête prêtre iKMumé M. Chartier, (pii grossissait la troupe, 



'hnii.ij t'Àûc^ijM 






—52— 

et est venu se donner au service des Mères Ursulines, avec désir et 
dessein de servir Dieu en ces pays le reste de ses jours et coutrilnier ce 
qu'il pourra de force et d'industrie pour le salut des Sauvages." 

M. l'abbé Chartier remplaça comme chapelain du monastère dts 
Ursulines de Québec le Père Faulx, Jésuite, homme pieux et désinté- 
ressé, qui en 1644, retourna en France, sa santé ne lui permettant pas 
de soutenir plus longtemps les rigueurs de notre climat. 

\,e Journal des Jésiiilcs m^nixownc à plusieurs reprises M. l'abbé 
Chartier ou plutôt Monsieur le prieur. 

Ain.si le 23 mai 1646, nous lisons dans le vieux récit : 

"Le 23, fut bapti.sé aux Ursulines un nommé Arenh S ton, huroii, 
et fût nommé René. M. le prieur fut son parrain." 

A la fin du même mois de mai 1646 a lieu la procession solennelle 
du Saint-Sacrement. Le /oiin/a/ des Jt's/tïfes nous apprend que sous le 
dais, aux deux côtés du Saint-Sacrement, le Père Druillettes fai.sait le 
diacre en dalmatique et M. le prieur le sous-diacre en aube et étole. On 
voit au.ssi qu'aux différents re])osoirs M. le prieur aida à deux enfants 
à chanter les litanies du nom de Jésus. 

Le 8 juillet 1646, une petite sauvagesse nommée Charité meure 
aux Ursulines Elle fut enterrée au cimetière des Français où repo- 
sait déjà son père. On lui fit de belles funérailles où M. le prieur 
"portait une croix sans bâton et son rituel." 

Le 15 du même mois de juillet 1646, une procession a lieu à l'Hô- 
pital (Hôtel-Dieu) et aux Ursulines ^L le prieur y chante les litanies 
en compagnie de l'abbé de Saint- Sauveur. 

Le 2 janvier 1647, les Pères Jésuites donnent à dîner à M. de 
Saint-Sauveur, ^L le prieur et M. Nicolet. Comme cadeau du nouvel 
an les Pères Jésuites offreut un pain de bougie à ^L le jirieur. 

Le 15 août 1647, nouvelle procession à Québec. ^L le prieur y 
occupa une place d'honneur. 

M. le prieur s'embarqua pour la France le 21 octobre 1647. 

\,e Joiinia/ des fésiijfcs, à celte date du 21 octobre 1^47, dit : 

" . . . . Partit la flotte où étaient général M. d'Ailleboust, le Père 
\'imont et le Père Quentin avec lui, et le ])ère Defretat dans la A'ofir- 
P<i»iea\ec M. LeTardif ; M. Nicukt et M. le prieur dans d'autres 
vaisseaux." 



-53- 

L'incident suivant également raconté par \ç. Journal des Jésuites fut 
peut-être la cause du départ de M. le prieur du Canada. 

"Le dernier de juin (1647), dit-il, on va visiter la chambre de M. 
le prieur prêtre des Ursulines et on lui prend plus de 260 livres pesant 
de castor ; a])rès s'être vante qu'il eu avait et qu'il ne les donnerait au 
magasin qu'à bon compte." 

Il n'est plus ensuite question de M. le prieur. Il est probable qu'il 
ne revint pas au Canada. 

Au registre de Sillery, le 30 janvier 1644, on donne à l'abbé Cliar- 
tier le prénom de Etienne. [,e 10 août 1646, dans le même registre, 
il est encore question de M. Chaitier mais cette fois ou lui donne le 
prénom de René. 

On a dit que l'abbé Cliartier était le frère de Louis-Tlicandre 
Chartier de Lotbinicre, le premier de Lotbinière venu au Canada. La 
cho.se n'e.st pas impossible, mais il nous .semble que Xft Journal des Jésiii- 
tee qui, à la date du 23 .septembre 1646, signale l'arrivée à Québec de | 

M. Chartier de Lotbinière, n'aurait pas manqué de dire qu'il était le 
frère de M. le prieur, qui était alors chapelain du monastère des Llr- 
sulines. 

P.-G R. 

RUNK-OVIDK HHRTEL DE ROUVILLE— Comme on le sait, le 
célèbre juge de Ruuville décéda à Montréal le 12 août 1793. On trou- 
vera de nombreux renseignements biographiques sur lui dans le Bulle- 
tin des Reclierehes Historiques, vol. XII. p. 129. 

Le juge Hertel de Rouville a-t-il lai.ssé des de.scendants ? 

René-Ovide Hertel de Rouville s'était marié deux fois. Sa pre- 
mière femme, Marie-Louise-Catherine André de Leigne, décéda à 
Trois- Rivières le 16 janvier 1766. Dans le Rapport Sur les archives du 
Canada pour 1SS6, feu M. Joseiih Marmette a donné de curieux ren- 
.seignenicnls sur le mariage Rotnille-de Leigne. En seconde noces, le 
juge de Rouville é])ousa Charlotte-C.abrielle, fille de lean-Baptiste Jar- 
ret de \'crchères et \ea\e de Pierre-Joseph Raimbault de Saint-Blin. 
Elle décéda à Houcherville le 14 mai i.So.S. 

De son premier maria:.;e le juge de Rou\iIle eut cin(( enfants ; 

I. Loui.-.e-Margiierile née à Quéliec le 2\ février 1742 et décédée 
à MoiUréal vers I7g7 (dit l'abbé Daniel). 



:l • .■ll]ff 



—54- 

2. Marie- Aiiiie-Josephte née à Québec le 20 mai 1744 et décédce 
au même endroit le 3 décembre 1745. 

3. René-Michel né à Québec le 24 août 1746, et décédé à Trois- 
Rivières le 2 juin 1749. 

4. Jean-Bapti te Melchior. 

5. Marie- Anne née à Trois-Rivières le 25 octobre 1749 etdéccdée 
à Montréal le 19 janvier 182-^. 

Jean-Ba])tiste-Melchior Kertel de Rouville, l'unique fils du juge 
d; Rouvil'e, servit c'ans la Nouvelle France pu s en Fran- 
ce. Il revint ici en 1772. Il fut un des défenseuis du tort Sainl-jcan 
en 1775. Fait prisonnier, il resta vingt mois en captivité aux 
t;t<itS;Unls. A son retour au Canada il fut élu député puis fut nommé 
conseiller législatif. Fn 17S7, il fut un des commissaires pour les 
biens des Jésuites. Il décéda à Chambly le 30 novembre 1S17. Marié 
à Marie- Anne Hervieux (décédée à Chambly le 25 janvier 18 19), il 
eut huit enfants dont six moururent en bas âge. Les deux sur\ivants 
furent : 

1. Jean-Ba]itistt René 

2. Marie-Anne-Julie, qui devint la femme du lieutenant-cclonel 
de Salaberry, le héros de Chàteauguax'. 

Jean-Bajitiste-René Hertel de Roiuille, qui continua la lignée, .ser- 
vit dans les Voltigeurs Canadiens, suus son beau-frère, le lieutenant- 
colonel de Salaberry. Il fut député de Bedford puis con.-eiller légi.sla- 
tif. Il décéda à Bektil le 14 janvier 1859. Il avait é]iousé 13 septem- 
bre 18 16) Anne-Charlotte Boucher de la Broquerie, qui décéda à .Sorel 
le 15 mai 1852. Ils avaient eu i^lusieurs enfants, entre autres : 

1. Marie- Anne-Charlotte, mariée au docteur J.-B. Brou.'-se u, de 
Belceil (Décédce le 24 aotit 1905K 

2. Henriette- Koui.se-So])hie, mariée à Louis-Isaac I.nRocqtc, de 
Rigaud. 

3. Heintine-Julic-H\i)olite, religieuse des Sainis N( r.is dt- Jésu> 
e Marie i Longueull. 

4. Marie-I,ouise-l"ugcnie-Mélina. mariée à jo;-e]ih-R<>l)ei t .Sin- 
cetuies ])uis à Jo.sejjh Daigle. 

5. Jean Baptiste-René-Melcliioi-!.nui--Charles-Jacqlic--, uiaiié à 
Hermine Daigle. Il est décédé à M<nitréal le 23 mai ujul,. lai^MUt 

deux fils et quuatre filles. 1, 'un de S' s fils a été gérant du Chàltau 
Frontenac, à Québec. 

Les deux MM. de Kou\ille mentionnés ici sont dune le^ descen- 
dants directs du juge de Rouxille. 

l'.-C. R. 



RKPOXSES 

LKS BOUCLIERS DES SAUVAGES CANADIENS. (XX, XI, 
p. 362) — Le sculpteur de la statue de Champlain élevée en 1912 à 
Plattsburg, état de New- York, a placé un bouclier au bras du Sauvage 
qui figure dans un des bas-reliefs. Le sculpteur américain a-t-il man- 
qué à la vérité historique en armant ainsi l'enfant des bois ? Les Sau- 
vages contemporains de Champlain se servaient-ils du bouclier ? Que 
disent les auteurs qui ont écrit sur cette période de l'histoire de la 
Nouvelle-France ? 

L'opinion de Champlain là-dessus est un témoignage de première 
valeur. C'est un témoin qui a vu. 

On sait qu'en 1609 Champlain accomjiagna ses alliés hurons et al- 
gonquins dans une expédition contre leurs ennemis, les Iroquois. 

Champlain raconte ainsi le combat qui eut lieu non loin de Saint- 
Frédéric (Crown Point) : 

"Aus.sitôt que fusmes à terre, ils commencèrent à courir quelque 
deux cents pas vers leurs ennemis qui estaient de pied ferme, et n'a- 
vaient encore aperçu mes compagnons, qui s'en allèrent dans le bois 
avec quelques sauvages. Les nôtres commencèrent à m' appeler à 
grands cris: et pour me donner passage ils s'ouvrirent en deux, 
et me mis à la tcf; marchant quelque 20 ])as devant, ju.squ'à ce que je 
fusse à quelque 30 pas des ennemis, où aussitôt ils m'aperçurent et fi- 
rent halte en me contemplant, et moi eux. Comme je les vis ébranler 
pour tirer sur nous, je couchai mon arquebuse en joue, et vi.sai droit à 
un des trois chefs, et de ce cou]) il en tomba deux par terre, et un de 
leurs compagnons qui fut blessé, qui quelque temps après en mourut. 
J'avais mis quatre balles dedans mon arquebuse. Comme les nôtres vi- 
rent ce coup si favorable jiour eux, ils conunencèrent à jeter de si 
grands cris ipion eut pas oui tonner ; et cependant les flèches ne man- 
quaient de côté et d'antre. Les Irocpiois furent fort étonnés, que si 
promptement deux hommes avaient été tués, bini qu' ih fiisscitl aiiiirs 
d armes /issues de jil de eolon et de df/'s <> V épreuve de leurs lleeltes ' . ( /.es 
roviis^rs du sieur de Cluuiipluiii ) . 

Voilà qui établit bien, n'est-ce iKis, (pie le.-. Irocpidis se servaient 
d'un espèce de bouclier ]Kiur se protéi^er contre les llèehes de leurs en- 
nemis. 



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>!l!;M 'j'îlliUlJ ••!. ' : .1. !. 



—56— _ 

I/aniiée suivante, en 1610. Chani])lain accompagna de nouveau les 
Montagnais et les Algonquins dans une expédition contre ks Iroquois. 

La rencontre eut lieu le 19 juin, près de la rivière des Iroquois. 

"Cependant, dit Champlain, après avoir fait demie lieue, en tra- 
versant la rivière tous les sauvages mirent pied à terre et abandonnant 
leurs canots i^rirent leurs rondachcs, arcs, flèches, massues et épées, 
qu'ils amanchent au bouts de grands bâtons et commencèrent à pren- 
dre leur course dans les bois " (Z« ï'oyai^cs du sieur 

de C/iaiiiplain). 

Champlain ne décrit i)as dans son récit les boucliers ou rondaches 
des Iroquois, Hurons, Montagnais ou Hurons, mais à la fin de son li- 
vre il donne une carte géographique de la Xouvelle-Krar.ce, avec des 
gravures sur bois, de sauvages, de fruits, de légumes, de poissons, etc, 
du pays. L'une de ces gravures représente très exactement un Mon- 
tagnais portant son bouclier ou rondache attaché au bras droit. 

Voyons maintenant ce que les premiers missionnaires de la Nou- 
velle-France ont dit des boucliers des Sauvages. 

Le Père Gabiitl Sagard,dans son (Jraiid voyage du pays des Ninr.iis 
(publié en 1632), parlant des armes des Sauvages, écrit : 

"Pour leurs armes, ils ont la massue et l'arc, avec la flèche em- 
pennée de plumes d'aigles, comme les meilleures de toutes, «t à faute 
d'icelle ils en prennent d'autres. Ils y ap]5liquent au.ssi fort jjropre- 
ment des pierres tranchantes collées au bois, a\ec une colle de ])ois.son 
très forte, et de ces flèches ils en cmpli.ssent leurs carquois, qui est fait 
d'une peau de chien passée, qu'ils portent en écharpe. Ils iwrtent 
au.ssi de certaines armures et cuirasses, qu'ils appellent aijuientor, sur 
leur dos, et contre les jambes, et autres jiarties du corps, jioiir .se jiou- 
voir défendre des coups de flèches : car elle.-. st)nt faites à l'i, preuve de 
ces pierres aiguës : et non toutefois de nos fers de Kébec, quand la flè- 
che (jui en e>t acconnnodée .sort d'un bras raulc et iiuissant coinr.K- est 
celui d'un .Sauvage : ces cuirasses .sont faites avec des Ij.igiKUes lilau- 
ches, i:oupées de mesure, et .serrées lune 1 outre l'autre, lis-ues et en- 
trelacées de cordelettes, fort ilureuient et propreuant, ])uis la lonilache 
ou pavois, et l'enseigne ou drape. lu, qui est , pour le moins ceux ([Ue 
j'ai vus) un morceau d'écorce rond, sur leiiuel les .irmoieries de leur 
ville ou province s,,„t déi>eintes et aita.liées au lu. ut d'une longue ba- 
guette, comme une cornette de cavalerie. " 






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Dans la Relation de ce qui s'est passé en la Nouvelle-France en l'an- 
née làsj, le Père Jésuite Paul Lejeune, supérieur de la résidence de 
Québec, parlant d'un Sauvage raontagnais, écrit : 

"Le niesnie jour, le Sauvage Manitougache, autrement I.a Xasse, 
. . . .retournant de la chasse aux ours, s'en vint souper et coucher chez 
nous. Ayant bien mangé, il commence en riant à frapper' doucement 
son ventre tout nu, disant taf>oné Nikifpoun.^w vérité je suis saoul. Voilà 
comment ils remercient leurs hôtes de la bonne chère qu'on leur a fait 
qu-\nd ils disent nikifpotin, je suis saoul, c'est-à-dire qu'on les a bien 
traités. Il portait avec soi un fort grand bouclier fort long et fort lar- 
ge ; il me couvrait tout le corjis ai.sément et m'allait depuis les pieds 
ju.sques à la poitrine ; ils le relèvent et s'en couvrent entièrement, il 
était fait d'une seule ])ièce de boi.-> de cèdre fort léger : je ne sais com- 
me ils peuvent doler une si grande et si large planche avec leurs cou- 
teau.K ; il était un petit (jieu) ]3lié ou courbé pour mieux couvrir le 
corps, et afin que les coups de flèches ou de masses venant à le fendre, 
n'emportassent la pièce, il l'axait cousu haut et bas avec de la corde 
faite de peau : ils ne portent iwint ces boucliers au bras, ils pa.ssent la 
corde qui les soutient sur l'épaule droite, abriant le côté gauche : et 
quand ils ont tiré leur coup, ils ne font que retirer le côté droit pour se 
mettre à couvert." 

Dans la Relation de ce qui s' est passé en la Nouvelle- France en l'an- 
née i6jy, le Père Lejeiuie fait de nouveau allusion au.x boucliers des 
Sauvages. Racor.tant une espèce de jianique cau.sée chez les Murons 
par une troupe d'Iroquois signalée dans le voisinage, il écrit .• 

"On lai.sse entrer les Montagnais et les Murons dans le fort ou ]ilu 
tôt dans notre réduit pour les assurer. Ces pauvres gens s'animent, 
chacun prend qui une épée, qui un bouclier, qui une hache, qui un cou- 
teau, qui une perche " 

Dans la Relation de ce qui s'est passé en la jVoiiz-ellc-J-iance en l'an- 
née Jf>42, le Père Barthéleni\- \'imont raconte une bataille livrée aux 
Irocjuois par les Français et les Hurons; 

"Un grand Iroquois jKirtant un ])anaehe. dit-il, ou une t.-s])èce de 
couronne de jwil de cerf, teint en écarlate, enrichi d'un collier de jior- 
celaine, s'a\-ançant trop, est cnuché i>ar terre tout raide mort d'une 
mousquetade. Un autre reçut sejjt postes dans son bouclier, et bien au- 
tant dans sun cor])s I.'ini d'eux grandement lilessé, jette son 



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—58— 

arquebuse et se sauve, l'autre abandonne sa masse d'armes ; plusieurs 
quittent leurs boucliers, trouvant plus d'assurance en leurs pieds, qu'en 
leurs rondaches " 

Un peu plus loin, le Père Vimont nous fait assister à une danse 
sauvage puis à une représentation de diverses rencontres d'ennemis, 
homme à homme. Il raconte ainsi cette dernière scène : 

"L'un pour^uivant son ennemi, la hache eu main, pour lui porter 
la mort, à même temjis, il semble la recevoir lui-même perdant son 
avantage : il le reprend et après mille feintes, toutes en cadence, ter- 
rasse enfin son homme et retourne victorieux. Un autre, dans des 
mouvements divers, fait son e.scrime l'épée en main ; celui-ci est armé 
de flèches, son ennemi se pare d'une rondache qui le couvre et lui porte 
un coup de massue. 

Encore dans la même Relation, le Père \'imont nous fait assister 
au départ d'une troupe d'Algonquins qui s'en vont porter la guerre 
chez les Iroquois. 

"Les uns, dit-il, avaient le visage peint de rouge, les autres de 
noir, quelques-uns de toutes les couleurs : ils avaient des épées aman- 
chées en forme de demi-pique, plusieurs avaient des corc> lets, jnqués 
et entrelacés de petits bâtons, Its autres avaient des boucliers faits de 
bois " 

Le. 20 septembre 1645, le gouverneur de Montmagn3- tient une as- 
semblée entre les Français, les Algonquins, les Hurons et les Iroquois 
pour conclure la paix. Il fait des présents à tous. 

Le neuvième pré.sent fut fait aux Iroquois. 

"Le neuvième, nous dit la Relation de ce qui s'est passé en la jVou- 
vclle-Franee es années 164^ et rà^s, pour arracher leur bouclier de des- 
sus leur dos où ils le portent ordinairement l'avançant ou l'éloignant 
comme ils veulent dans le combat." 

Le 19 août 165?, Duplessis-Kerbodot. gouverneur des Trois-Riviè- 
res, en fai.sant la chas.se aux Iroquois est tué avec quinze Français. 
Plusieurs P'rançais .sont faits ]iri.sonniers par ces barbares. Ouatre jours 
plus tard, on va visiter le lieu du combat et l'on trouve un bouclier iro- 
quois sur lequel Normanville avait écrit ces paroles à l'aide d'un char- 
bon : "Normanville. Francheville, Pui.sson, LaPalnie, Turgot. Chail- 
bm, Saint-Germain, Onuejnchronnons et Agneekronuus, Je n'a>- en- 
oore perdu qu'un ougie. Normanville, jeune hoinnie adroit et vaillant, 



-59- 

qui entendait la langue algonqiiine et l'iroquoise, avait écrit ces paroles 
avec un charbon, dit la Rclatioji de 1651-1652, voulant donner à enten- 
dre que les sept personnes doi.t on voyait les noms étaient prises des 
Iroquois appelés Onnejochronnons et Agneekronnons, et que l'on ne 
lui avait fait encore autre mal que de lui arracher un ongle." 

Dans le récit de son premier voyage vers le Nouveau- Mexique en 
compagnie de Jolliet en 1674, le Père Marquette rencontra un village 
nommé Mitcliiganiea. Les Sauvages qui l'habitaient vinrent au-de- 
vant des Français. "Ils étaient, dit-il, armés d'arcs, de flèches, dé 
"haches, de ma.ssues et de boucliers . . . . " (Manuscrit dans les Archi- 
ves du Collège Sainte-Marie, à Montréal). 

En 1676- 1677, le Père Claude Allouez hiverne chez les Illinois. 
Il parle ainsi de ces vSauvages : 

"Ces Sauvages sont fiers de leur naturel, hardis et vaillants. Ils 
ont guerre avec 7 ou 8 sortes de nations, ils ne se .servent pas de fusils 
liarcequ'ils les trouvent trop cmbarra.ssants et trop lents, ils en portent 
néanmoins quand ils vont contre les nations qui n'en savent pas l' usage 
])our les épouvanter ]iar le bruit et les mettre en déroute. Ils ne por- 
tent ordinairement que la ma.ssue, l'arc et le carquois plein de flèches 
qu'ils décochent«si adroitement et si promptement qu'à peine donnent- 
ils le loisir à ceux qui ont des fusils de coucher en joue. Ils portent 
aussi un grand bouclie^ fait de peau de bœuf sauvage à l'épreuve des 
flèches, dont ils se couvrent tout le corps." (Manu.scrit dans'les Ar- 
chives du collège Sainte-Marie, à Montréal). 

Dans son ouvrage latin De iro-ioiw cl iiiorihKS Caiiadiiisinin sen dar- 
haroiiim A'ovae Franciac, publié à Rome en 17 10, le Père Jésuite Jo.seph 
7ouvency, expliquant les méthodes de guerre des Sauvages de la Nou- 
velle-France, décrit ainsi les boucliers dont ils .se .servaient : 

"Clypeos conficinnt ligno dolato, jilerunique cedrino ; ])aulum 
ad oras incurvos : levés, praclongos et iieramjilos, ita ut totuni corpus 
]>rotegant. Jam, ne jaculis aut securibus perrumpantur oninino ac dis- 
siliant, eos intus consnnt restil)us ex animalium corio contextis, quae 
totam clvpei molcm continent conncctuntt|Ue. Xon gestant è hrachio 
su.siK-nsos, sed funem ex «[uo iiendent, rejiciunt in lunnesum de.xtruiu 
adeo ut liitus corjjoris finistruin cl>pe<) ])rntcgatur ; niox ubi juculuni 
emiscrunt, aut ferrt-aui displorL-runt fistulain, paulum rctralnuit dex- 
trum latus, ac finistrum cI\ik.'o tectuin obvcrtiuit linsti." 



'■■■'V '■> 



,-60- 

Charlevoix, parlant des Miaiuis, écrivait en 172 1 : 

"Autrefois les armes de ces peuples étaient lare, la flèche, et une 
espèce de javelot, l'une et l'autre armées de pointe d'os travaillées en 
différentes façons, et le casse-tète : c'était une petite massue d'un bois 
très dur, dont la tête, de figure ronde, avait un côté tranchant. La 
plupart n'avaient aucune arme défensive, mais lorsqu'ils attaquaient 
un retranchement, ils se couvraient tout le cdr])s de petites planches 
légères. Quelques-uns ont une manière de cuiras.se faite d'un tissu de 
jonc, ou de petites baguettes ])liantes, as.sez proprement travaillée^. Ils 
avaient même anciennement des cuissarts et des brassades de même ma- 
tière, mais comme celte armure ne s'est point trouvée à l'épreuve des 
armes à feu, ils y ont renoncé, et n'ont rien mis à la place. Les Sau- 
vages Occidentaux se .servent toujours de boucliers de peaux de bœufs 
qui sont fort légers et que les balles de fusil ne ])ercent pas, il est assez 
• étonnant que les autres nations n'en usent point." { Journal d'un 
voyage dons r Aviériquc siptcnlrionaU\ vol. IH, p. 222). 

Nicolas Perrot, le célèbre trappeur qui vécut avec les .Sauvages de 
1665 à 1699, dit aussi qu'ils se servaient de boucliers. 

"]1 n'y a que la peau du ventre des vaches et celle des veaux d'un 
an dont ils se servent pour faire des couvertes ; mais celles des buffles 
sont employées pour des boucliers, dont ils parent contre les ennemis 
les flèches et les coups de casse-tête. Quand ils veulent apprêter cette 
jjeau, ils en coupent une jiièce suffi.sante, et l'ayant bien grattée des 
deux côtés, ils la font bouillir un moment et la tire de la chaudière. Ou 
rétend ensuite sur un cercle, de la largeur du bouclier qu'on a dessein 
de faire, et étant bien sèche elle devient au.ssi dure que le cuir fort d'u- 
ne semelle de soulier. Quand les sauvages la veulent couper jiour l'é- 
tendre, ils prennent garde de lui donner auparavant la figure la ])lus 
ronde qu'ils peuvent, et lorsciu'elle est bien sèche ils en ôtent la sujier- 
ficie attaché au cercle. Voilà comme ils font les boucliers f|u'ils jior- 
tent à la guerre. ( Mciuoî/y snr hs ///«-///. <. (vusliiints cl rr/igio)/ des sa//- 
vagi-s de r Amâiquc Scf^tenlrioualc. juiblié ywx le R. P. Tailhan, j). 64). 

Il n'y a donc pas de doute possilile. Tontes les nations sauvages 
qui habitaient le territoire .actuel du Cauatla et (le> I^tal'^-^nis du teuijis 
de Champlain .se servaient du bouclier. Il s'en >uit (|Ue le monument 
(le Plattsburg, sur ce point du moins, est conforme à la xérité histori- 
que. 



...01 — 

N.B. Dans l'ouvrage du missionnaire Lafitau, fl fini rs des Sauva- 
ges Amériquains eompan'es aux ma-urs des premiers icmps, publié à Pa- 
ris en 1724, on trouve (planche 3, p. 103 du ler vol.) la gravure d'un 
sauvage portant un bouclier qui ressemble beaucoup à celui dessiné par 
Champlain. 

LKS OEUVRES DE PIERRE PHTITCLAIR (XIII, II, p. 64)- 
Nous connaissons quatre ouvrages i)ubliés par Pierre Petitclair : 

Griphon ou la vengeame d'un valet. Comédie en trois actes. A 
Québec : chez 'William Cowan, imi>rimeur, no 9, rue La Fabrique— 
1837- 

Une Aventure au Labiadcr — 1S4S. . 

La Donation. Comédie en deux actes 104.^. 

Une partie de campagne. Comédie en deux actes— 1S65. 

Philéas Gagnon {Essai de bibliogi aplm\ p. 371 ) dit que ce dernier 
ouvrage ne fut tiré qu'à soixante exemplaires. 

Dans le Répertoire National de Huston on trouvera les poésies sui- 
vantes de Petitclair : 

La somnambule (ler volume, p. 322, 2e édition;. 

Sombre est mon âme comme vous (2e volume, p. 149, 2e édition). 

A Flore (2e volume, p. 255, 2e édition). 

Pauvre soldat, qu'il doit souiïrir (2e volume, p. 315, 2e édition). 

Le règne du Juste \^2^ volume, p. 342, 2e édition). 

Pierre Petitclair mourut à la Pointe-au-Pot, Labrador, le 15 août 

'^^^'^- . p.-g:r. 

FRANÇOIS EVANTUREL 



Dernière livraison du liullelin des Krelnnhes Historiques, p 2: 
deux lignes omises nous font dire (|Ue I''rançoi^ l'ivanturel était le pèr 
de feu l'honorable l'rai\Ç(>is Evanturel, ancien orateur de l'Assemblé 
législative d'Ontario, l'rançois l'A-antnrel était L- père de l'lionoral)l( 
François lùanturel. de Ouébec. Feu l'honoral)le Alfred l'vanture 
orateur de rAs>emblée lé;.;i.^lalive d'Ontario, était le petit fils de Frar 
çois Evanturel. 



•t rfU.d 



f-i'l ■>l . -!); 






ri(/:i/- ■' >n 



—62— 

LES OUVRAGES CANADIENS RECENTS 



L'abbé Joseph Géliiias, Arthur Bcaulac. Trois- Rivières — 1914. 

Arthur Beaulac, tel est le nom d'un jeune emporté par la mort 
avant d avoir fourni la carrière de dévouement et d'a])o.->tolat qu'on en 
attendait. Ce nom, bien peu le connaissent, et même les gens de sa 
ville natale ont ignoré les trésors que renfermait cette âme d'élite, for- 
tifiée par la souiïrance et affinée par un sens très droit de la vie spiri- 
tuelle. 

Ce jeune homme, ravi trop tôt aux initiatives du dé\ouement et 
de l'action sociale, méritait d'ctre connu du public et que son e.xeniple 
fut ]3roposé aux membres de l'A. C. J. C. dont il faisait partie. M. 
l'abbé Gélinas, du séminaire des Trois- Rivières, s'est chargé de cette 
tâche. Il l'a accom])lie avec un rare bonheur. C'est un i:ilaisir \io\\t 
l'esprit et une joie ])our le cœur de ])arcourir les qu.itre-vingts pa^es 
qu'il a consacrées à la mémoire de son ancien élève. 

La famille Giiibord. Nouvelle édition. Avec notes supplémtn- 
taires. Imprimerie du "Devoir", 4.^, rue Saint-\'intent. Montréal — 
19 14. 

A Sailli- Louis de Coiii ville — 191 4. Xo 4. Intéressant et ])ratique 
Bulletin Paroissial d'une jeune et ])r()gre,ssive i>aroisse. 

J.-B. Porter et R -J. I)urle\-, Reeherelies sur les eliarl>,<!is du Ccuia- 
da an point de vue de leuis qualités éeouoDiiques faites à /' t 'u!vers:lé Me- 
(iill de Montréal sous le palio)iai:;e du gouvernement du Poniinion . V.w 
six \olumes. \'olume I. (~)tta\va, imprimerie du (iouvernt i.ient — 
1914. 

O.-K. I.eRo.v, La -éol>i;ie et les dépMs de minerai de l'.ur-rv. dis- 
triet de Boundaiy, Lolombie Ihitannique. Ottawa Imprimerie du C.ui.- 
vernement — 1914. 

lùigènc Ilaanel, Proi; rès léeents dans la eoustruetioii di s /ours é!ee- 
triques pour la produetion de la fonte, de l'aeier et du zine. Ottawa. Im- 
primerie du Oouveruement 11114. 

A\iiulat,on /y ultra vins. . hxun„nl oj/fon. \ . I. Heleourt le/ore 
tlie Snpren/e Couit 0/ Ontario, novenilur jnd. Uji^. I iiipriiiK-iie dn 
"Droit", (Htawa— 1914. 



/^j:iïi ^Lï:^\f:>.■ny:}\\)hm*■>^li 






.-.-A ■ 






Henri Bourassa, The duty of Canada at tlif pirsenl /loiir. An ad- 
dress nieant to be dtlivered at Ottawa, in November and Deceniber 
1914, but iwice siippressed in the name of "Loyalty and Patriotisni". 
Imprimerie du "Devoir", 43, rue Saint-Vinceut, Montréal ^19 14. 

Mgr de Sahtt- l'allier, Sa vie abrégée par inic Ursiiliue des Trois-Ri- 
vieres, avec une lettre d' approbation de S. G. Mgr Cloiitier, évéque des 
Trois- Rivières, et mie ijitroduition de M. le chanoine N. Carou. Les 
Trois-Rivières, P.-R. Dupont, imprimeur-éditeur— 1914. 

Vie simple, à i)ortée de tous, bien informée, faite dans It meilleur 
esprit. 

L'auteur montre comment Mgr de Saint-\'allier aima la vertu, 
combien il chérit sa patrie et à quel point il se dévoua pour l' Eglise. 

Les Ursulines de Trois-Rivières en publian*: ce volume rendent un 
hommage de reconnaissance au prélat qui, ajirès s'être montré le père 
des pauvres en fondant l'Hôpital-Général de Québec, se montra aussi 
r apôtre de l'éducation en fondant aux Trois-Rivières une maison des 
Ursulines de Québec. 

List of office rs and ineinbeis and }ni)iiites 0/ proccedings of Tlie Royal 
Society of Canada. Ottawa — 19 14. 

Mémoires de la Société Royale du Canada. Série III, sept. 1914, 
vol. VIII. Ottawa 19 14. 

Le port de l'épée devant le Conseil Supérieur 

Le 22 avril 1732. le comte de Maurejias écrivait à l'intendant Hoc- 
quart : 

"M. le marquis de Beauharnois m'a représenté qu'on a voulu obli- 
ger les officiers des trouppes de quitter l'épée à la porte du Conseil vSu- 
l)érieur de Québec lorsqu'ils sont obligés d'y entrer ]wur y plaider eux- 
mêmes leur cause. J'en a_\- rendu compte à Sa Majesté et elle m'a or- 
donné de vous dire que connue les officiers du Con.seil Supéricv.r rtn- 
dent actuellement la justice l'éjiée au costé elle veut que les officiers et 
les gentilhonnncs seulement puissent ])laidei leur cause sans estre obli- 
gés de quitter leur éiiée II est vray (|ue dans les Cours Supérieures 
du Royaume, il est d'u.sage ([ue lorsqu'un gentilhomme ou un (ifîicier 
plaide sa cause, il doit (piitter ré])ée et Sa Majesté ordonnera (|Ue cet 
usage s'observe aussy dans la colonie si dans la suitte elle juge à pro- 
pos de i>re.'-icrire aux offieiers du Con.seil Sujiéricur de rendre la justice 
en robe V.w attt-nd.uu \ons aurez, soin de luur expliquer les intentions 
de Sa .\Iaje>té à rexécution dexpiellc^ vous ticndre/ la main." 



■y ,:--./yb 



'i ob rit'.. :..i 






...(;4— 
QUESTIONS 

Pourrait-on me donner, dans le Bulletin, les noms, ]>rénoms, âges 
et occu])ations des patriotes du Bas-Canada qui furent pendus ajirès la 
rébellion de iy37-3'S ? Aussi la liste de ceux qui furent exécutés, pour 
la même cause dans le Haut-Canada ? 

PAUL LEVEQUE 

— Y a-t-il eu deux éditions des Mén;oires de Pierre de Sales l,a- 
terrière ? 

BIBLIO 

— La raquette dont se servent aujourd'hui nos spoiiiiicii \>onr faire 
leurs courses dans les bois est-elle bien d'origine sauvage? Est-il 
prouvé que les Sauvages se servaient de la raquette avant l'arrivée des 
blancs en Amérique ? 

A.O.F- 

Est-il vrai que des gouverneurs de la Nouvelle- France ont eiico - 
ragé les Sauvages à ])ratiquer le scaljie sur les blancs de la Xou\el!t- 
Angleterre et qu'ils s'engagèrent même à payer une iirinie ]TOUr cha- 
que chevelure a])portée à Québec ? On a dit que cette barbare i>rati- 
C|ue du scaljie avait été enseignée aux Sauvages par les blancs. Cette 
affirmation est elle ai)i)uvée par l'histoire ? 

GEO B. 

— On voit qu'un jeune Français ou Canadien, Pierre Ledru, établi 
à Vincennes, en 180.S, fit un portrait au crayon du fameux chef sauva- 
ge Tecumseh. Un auteur dit même que le fîls de Ledru résidait à 
Ouéljec en 1S4S. Il avait alors en sa possession le ixirtrait, fait ])ar 
son ])ère. Peut-on me donner des renseignements sur ce l^icrre Ledru 
et son fils ? V a-t-il encore des familles Ledru dans le district de Oné- 
bec ? 

Aob^ 

— A-t-on des renseignements sur les salines 
\ers 1746 par le sieur Perthuis ? 

— Les seigneurs canadiens qui, >(ins le régi 
concessions avec haute, moNcune cl ba>se ju^til 
droit dans leurs seigneuries ? Connait-on (pK 
la iieiue de mort fut iiortée par le juge seigneur' 



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RECIIEKCIiES tilSTORipiiS 



VOL. XXI BEAUCEV1LLE=MARS 1915 No. III 



La Banlieue de Québec et le Quartier 
Belvédère 

Quelle est l'origine du nom Belvédère appliqué à un nouveau 
quartier de Québec ? 

Pour répondre à cette question, une étude de la banlieue de Qué- 
bec s'impose. Klle nous fournira l'occasion de jeter un coup d'œil ins- 
tructif sur les i)remiers établissements de ce quartier nouveau de la cité 
de Québec, un des plus remarquables par son site, ses résidences et ses 
souvenirs historiques. 

Sans attacher plus d'importance qu'il ne faut au mot Belvédère, 
il SLta to-it de même intéressant de connaître, outre son étymologie, 
en quelle circonstance la route qui relie le chemin Saint-Louis au che- 
min Sainte-Foy a pris le nom de Belvédère. 

La Banlieue de Québec comprenait à l'origine toute l'étendue de 
terre qui se trouve située entre Sainte-Foy et la cité de Québec. 

Il est important de faire remarquer ici que l'enceinte de la Haute- 
Ville, jusqu'en 1730, était beaucoui) plus restreinte^ qu'elle n'est au- 
jourd'hui. Le ;?«//(■//« '/tJ A'<r//i;r/f<-.f //«/(j;-/*;^^-.? de l'année 1906 dit 
que les fortifications ])assaient alors à peu près sur la rue Sainte-Ursule 
et allaient à la redoute du cap Diamant. Ivlle se composait alors d'un cer- 
tain nombre de terres concédées à quelques i)articuliers et communautés 
religieu.ses. Parmi ces concessions, il faut mentionner les fiefs Sauit- 
Jean, concédé à Jean Bourdon en 1639, Saint-François, concédé à M. 
Lesueur de Saint-Sauveur le 10 mars 1646, Saint Joseph ou des Ursu- 
lines, et Sainte- Marie ou de l'Hôtel- Dieu, ce dernier concédé le 20 
mars 1738. 



:^'i'.:.;: 



I'; JOV 



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r • ---00— 

LE FII'F SAIXT-JEAX 
Pour le but que nous nous projwsons, nous ne parlerons ici que du 
fief Saint-Jean. C'est à Jean Bourdon, maître arp-enteur et ingénieur, 
que la Compaiiiiie de la Nouvelle- France concéda ce fief le 5 avril 1639. 
"Il consistait en cinquante arpents de bois ou environ, mesure de Pa- 
"ris, en roture, situés dans la banlieue de Québec, tt compris dans ks 
"bornes et limites qni ensuivent, scavoir : du côte du sud-ouest, une 
"ligne parallèle au chemin qui va de Québec au Ca])-Rouge, esloignée 
"du bord du dit chemin de douze toises, du costé du nord-ouest le cos- 
"teau de Sainte-Geneviève, du co.sté du sud-ouest une ligne perpendi- 
"culaire sur le chemin (pii va de Québec au Cap- Rouge, tirée d'un lieu 
"que nous avons fait marquer, du co.sté du nord-est les teires de Pierre 
"de la Porte", (n. 

La concession de Bourdon fut augmentée de toutes les terres qui 
se trouveni entre le coteau Sainte-Geneviève et la rivière Saint-Charles 
le 30 décembre 1653. Cette augmentation était une récompense ac- 
cordée à Jean Bourdon pour avoir défriché une bonne partie 
de sou fief, "ce qtii mettait Québec à couvert de l'irruption des Iro- 
quois" dit l'acte signé par M. de Lauicon. 

Le fief Saint-Jean fut mis ou érigé eu fief par une ordonnance en 
date du 19 mars 1661 ; il contenait alors 60 ar])ents. 

Essaj'ons maintenant à localiser ce fief, théâtre des premiers ef- 
forts courageux des colons français ([ui jetèrent les fondements d'une 
Nouvelle-France en Amérique. 

F'n référant à la copie du jilau authentique de 1834 du Départe- 
ment des Terres de la Couronne, touchaiit le fief de Coulonges et re- 
produit par l'abbé Scott dans son J/istoirc dr Xcfrc-Daiiic-dc-I-\yy, on y 
voit clairement indiquées, d'après les anciens titres, les terres de Bour- 
lUm et de Borgia Leva.s.seur, ce derniei' comme rejirésentant des héri- 
tiers de Pierre Laporte. Nous fer ii-- rcinar(|uer que et dernier eut pemr 
successeur, après Lcvasseur, Xucl riiiguct, et jibis lard Melchior Pou- 
cet, comme il apjiert par un plan de l'arpenteur Louis Pcrreault, dres- 
.sé en 1790. On constate en mèiiif teiii] -> (pu. la limite nord-est du fii-f 
S.unt-Jeau est clairement in(li(pici.- Cdiiniie étam la terre de Poucet, la- 
([Uelle était elle-même iHirnée au lu-rd est \\n le fief Saint-Josei.h ap- 



1 -.;;,, ru." 






( r-'u -jiqov /;! j. ir.'. • l]i>^ ti':î 

• r.urunj'J t A '.■/:/. '■■ih Ui.'in 



-G7— 

partenant aux l'rsulines de Québec. Ces deux dernières terres furent 
plus tard séparées par une route ]Miblique à laquelle on donna le nom 
de "Route Bourdon". Comme le procès-verbal de cette route nous 
aidera à préciser l'éiioque" de l'ouverture du chemin du Belvédère, 
et qu'elle ofFre un intérêt tout d'actualité, nous en dirons un mot 
en pas.sart. 

Dans son étude sur la maison de Borgia Levasseur, M. P.-B. Cas- 
fîrain dit que la ligne séparative nord-est de la terre de Borgia Levas- 
seur venait tomber vis-à-vis l'endroit où se trouve aujourd'hui le mo- 
nument des Braves. Et il ajoute plus loin que le tracé de Louis Ferreault 
coïncide exactement avec celui de la Route Bourdon, ouverte le 20 
juillet 1731, par le grand- vo\er de l'époque, Jean-Eustache Lanouiller 
dit Boiscler. 

Cette même Route Bourdon est en effet tracée comme route ]n\- 
blique dans le plan que nous venons de inentionnei, et que nous avons 
pu consulter chez les Dames Ursulines de Québec. Cette route sé]ia- 
rait alors le fief Saint-Jose]ih, appartenant aux l rsulines, d'avec la 
terre de Melchior Poucet, devenu le repré.sentant de Borgia Levasseur, 
])ar un acte passé de\ant Mtré J.-A. Panet, notaire, le 30 octobre 1766. 
Ce qui nous amène à conclure que la Route Bourdon coïncide assez. 
exactement avec l'avenue des Braves ouverte en 19 13 par la Commis- 
sion des Champs de batailles. On sait que cette avenue, la plus belle 
de toute la cité de Québec, débouche sur la place du monument des 
Braves. C'est une heureuse coïncidence qu'il fait ])laisir de signaler. 

Mais continuons notre étude du fief Saint- Jean. Dans sa carte de 
la Banlieue de Québec qu'on jieut voir aux bureaux du Cadastre de 
Québec, M. L.-P. Morin ne semble indiquer qu'une partie du fief Saint- 
Jean : celle située au nord est du chemin du Belvédère. D'autre part, 
le même géograj^he, dans un plan historique de Québec et de ses envi- 
rons, qu'on peut voir dans un des corridors de l'I'niversité Laval, in- 
dique le fief vSaint-Jcan au sud- ouest du chemin du Belvédère, et à une 
distance consideral)le. 



Le inox-en le ]>lus ratii^nnel de localis 


er les terres de Jean Bolirci 


cro\ons-nous, c'est de nous npi)U\er sur 


'acte [irimitif de concess 


Il >• est dit que les terres cpii lui sont oct 


royécs sont bornées au ne 


est par celles de Pierre de la Porte. ( )r. 


nous \-enons de \()ir (ju 


campeau de terre de ce dernier était born 


■ au sud-(.>uest ])ar le 



; 1 .; ..,.,:y 



—08— 

Saint-Jean. Nous n'avons pu vérifier son étendue. Mais en lui sup- 
posant deux ou trois arpents, comme .semble le dire M. Casgrain dans 
la brochure déjà citée, il resterait encore une distance de trois ou quatre 
arpents de la ligne sud-ouest des terres de la Porte jusqu'à 
la route du Belvédère, car on compte environ six arpents de l'Avenue 
des Braves, celle-ci compri.se, ju.squ'à la clôture qui borne le Belvédère 
au sud-ouest. Il faut donc conclure que le fief Saint-Jean commençait 
du côté nord-e.st du chemin du Belvédère et qu'il s'étendait de l'autre 
côté, vers le sud-ouest. 

Ces données correspondent assez exactement avec le plan que M 
Joseph Trudelle a publié dans son ouvrage Eg/iscs et Chapelles de Qué- 
bec. Ce plan, préparé par feu Louis Dufresne, autrefois emplo\é aux 
Bureaux du Cada.stre de Québec, dit que le fief Saint-Jean avait à peu 
huit ari)euts de front sur le chemin Sainte-Foy, c'est-à-dire quatre ar- 
pents environ de chaque côté du chemin du Belvédère. 

Il n'entre p^s dans le plan de cette étude de faire une histoire 
du fief Saint-Jean. Nous ajouterons cependant qu'après la mort de 
Bourdon, on voit que le docteur Sarazin en est devenu le propriétaire. 
Les Actes de For et Hommages, volume II, disent que Michel Sarazin, 
médecin, avait fait l'acqui.sition de ce fief en 1709, à la .suite d'une sai- 
sie opérée sur Guillaume Gaillard, curateur à la succession vacante du 
sieur Aubert de la Chesnaye et procureur de Pierre Petit qui était hé- 
ritier de Jean Jobin. sans expliquer comment ce dernier était devenu 
eu pos.session du fief. Il ]«rait certain que le docteur Sara.-.in habita 
un certain temps la maison de Jean Bourdon sur le coteau Sainte-Ge- 
neviève; M. l'abbé Ferland le croit. En 1S5.S, ce dernier écrivait : "Je 
n'ai encore pu découvrir la résidence du Dr. Sarazin à Québec, car le 
plus souvent il habitait son beau fief Saint-Jean. Celui-ci comprenait, 
au moins en partie, le terrain où se trouve le monument commencé 
pour connuémorer la bataille de 1760. Le Docteur est né à Nuys. le 5 
septembre 1659 ; il est mort à Ouéliec le 9 septembre 1734" ( i >■ 

Parmi les principaux propriétaires (pii se i)artageiit aujourd'hui le 
fief vSaint-Jeau, se trouvent MM. .Vntoni Lesage, Antonio Grenier, 
Mad.ame Ross, où M. Jules Houe, de lagenoe Ilone et Rivet, a demeu- 
ré queUpies années, la succession I.anglois, près du monument, où est 
né M. H.-J.-J-.B. Chouinard, et enfin la Commission des Champs de 

(1) FRUstactCliiipclli» IVol 1, l'^ip ■■.;iii.) 



IÛi| m • ' ; -'J . >A 



.,.-.x, 1 1; 









.[ fx.l.lr..-. >',-. f 



v,>! -.mIi;!-.»!*-^ 



—69— 

Batailles de Québec, et les Sœurs Dominicaines de Québec. Ces der- 
nières ont acquis en 1914 "« vaste terraia dans la partie sud-ouest du 
fief Saint-Jean. Cette partie se trouve située aujourd'hui dans les li- 
mites de la paroi.sse de Sillery. Il est intéressant de noter que la mai- 
son des Sœurs Dominicaines a appartenu autrefois à la comtesse de 
Ba.-'^no, et que. 1 endant .-^on séjour au Canada, Mgr Conroy l'a habite 
pendant quelques mois. 

BANLIEUE DE QUÉBEC 
La banlieue de Québec, d'après les plans officiels du cadastre, est 
bornée comme suit : au nord-ouest, par la route Sainte-Geneviève, au 
nord-e.st, par la cité de Québec, au sud-est, par le fleuve et la paroisse 
de Sillery, au sud-oue.st, par Sainte- Foy. 

La banlieue de Québec fut éris^ée en paroisse .sous le vocable de 
Notre-Dame-de-Québec, en vertu d'un règlement des districts de pa- 
roisses, mis en force par l'Edit du conseil d'Etat du Roi du 3 "^ars 
1722. La nouvelle municipalité, dit Deschamps, comprenait alors cet- 
té partie de 1h paroissede Notre-Dame-de-Québec (|ui .se trouve hors 
des limites de la cité de Québec, à l'exception cepeiulan: de cette par- 
tie comprise dans la paroisse de Saint-Roch. 

La municipalité de la Banlieue de Québec fut éri-ée en ville, sous 
le nom de •'ViUe-de-Montcalm". le 25 avril 1908. (Stat. de Québec, 
S Ed. VIL Ch. 99, p. 355). Les bornes sont indiquées comme suit ; 
Le territoire de Ville-de-Montcalm est borné par la cité de Québec, la 
paroisse de Saint- .\Ialo, la paroisse de Saint-Colomb-de-Sillery, la pa- 
roi.sse dç Sainte- Foy et la municipalité de la Petite-Rivière. 

La Banlieue de Québec fut desservie pour les fins religieuses par 
le curé de l'église cathédiale de Québec ju.squ'en 1849- Toutefois, 
l'érection canonicpie de la paroi.sse de Sauit-Jean-Bapti.ste-de-Québec 
n'eut lieu que le 24 mai iSS(<. 

L'iaiLISlC N()Tki:-I)AMlM)U-CHEMIN 
A partir du 2S mai U)'X). date de l'érection canonique de la j.a- 
roissede Xotre-l)anie-du-Cheuiin, les citoyens de la municipalité de 
Ville-de-M.mtcalm eurent leur curé. La chai>elle située à coté delà 
mai-son de retraite Villa-Manrése. sur le chemin Sainte-Foy, et cons- 
truite en .S>,,s sous la .llrecti-ni du R. 1'. Désv , S. J.. devint église pa- 
roissiale, et ce dernier en fut le premier curé. 



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— TU— 

Au mois de juillet 1914, le R. P. Désy, fondateur de cette nouvel- 
le paroisse, a été remplacé par le curé actuel le R. P. Joseph Lalaude, 
S.J. Celui-ci a pour vicaires les RR. PP. Lord, Waddtl et Artus, S J. 

L'église des Jésuites sur le chemin Sainte-FoN-, que bon nombre 
de personnes désignent' sous le nom deManrése. a été mise sous le pa- 
tronage de Notre-Dame du Chemin en souvenir d'une chai)elle érigée 
dans l'église du Gésu à Rome, sous ce vocable. Saini-lguace de Loyo- 
la, fondateur de la Compagnie de J-ésus, aimait à y aller jjrier. 

La maison de retraite Villa- Manrèse, achetée vers 1895, est reliée 
à l'église par une aile. Les Pères Jésuites y ont leur résidence. Le 
29 novembre 1909 eut lieu dans l'église de Notre- Dame-du-Chemin la 
l)énédiction de trois cloches. La fête présidée par Son Kminence l-j 
Cardinal Bégin fut imposante. Le sermon de circonstance fut donné 
par R. F. Adam, vS. J. 

L'église de Notre-Dame du Chemin possède ]ilusieurs tableaux 
remarquables, entre autres une toile de lùirico Bottoni, représentant 
saint Ignace de Loyola et saint François de Borgia en prière devant 
l'image de Notre-Dame-du-Chemin. 

Le 7 février 1915, les pèlerins canadiens qui sont allés au Con- 
grès Eucharistique de Lourdes, l'été dernier, sont venus dépo.ser un 
ex-voto dans l'église de Notre-Dame-du-Chemiii jiour accomplir une 
promesse faite à Rome, avant leur déjjart pour le Canada, au moment 
où la guerre éclatait entre r.\llemague et les nations alliées. Cet ex- 
voto qui consiste en un médaillon supporté par deux anges est scul]ité 
en bois et doré. Il a été fixé au sonnnet du cadre du grand tableau 
que nous venons de décrite et en complète l'ornementatiou. 

Il est intéressant de noter (pie les RR. PP. Jésuites ont été autre- 
fois propriétaires de la terre c hi était le fameux mouHn l/timont. Cet 
etidroit ju.stetnent célèbre jtar la Initaille sanglante ilit rS a\Til 1760 
n'a plus rien aujourd'hui de son ancieinie topographie, si ce n'est le 
coteau Sainte-Geneviève. Le moulin Dumont que les Anglais et les 
F-rançais.se disputèrent avec une cga!e valeur, était situé à l'endroit 
mctne où se trouve le monument des liraves. 

Jean-Bapt"sle Duniout, négoci^iiit de Ouébec. r.ossédait ce c<iiti de 
terre en ijy)-(n-,. Il \ avail une habitation et un moulin à t. m bâti en 
pierre ; ce moulin tournait à tout vent, tel- ([lie le-> anciens moulins iia- 



„.71- 

natix dès seigjiieiiis canadiens -Cette terre jiorte aujourd'hui les Nos 
26 et 27 et se trouve la ijrojiriétc de la Coinniission des Champs de Ba- 
tailles Celle-ci l'a transforniét en un parc qu'on aime à leconnaitre le 
plus b au de la cité de Québec. Or, les Pères Jésuites, dit M. P.-B. 
Casgrain, dans une étude sur le moulin Dumont, ])ossédèrent ce coin 
de terre pendant quelques années. En effet, Charle.s Perthuis.du Con- 
seil souverain, l'avait acquis par .sentence de la Prévôté de Québec, le 
ler mars 1712 et l'avait revendu aux RR. PP. Jésuite.s, le 25 octol)re 
1734, p.ir contrat ]>as.sc devant Mtre Pinguet, notaire. Ceux-ci, y "tst-il 
dit, avaient acquis cette terre et habitation avec les bâtiments dessus 
con.struits "iiour ser\ir de niai.son de çamjiagne et de récréation au.x 
pensionnaires nouvellement établis en leur collège de la ville de Qué- 
bec." 

Les Pères Jésuites demeurèrent propriétaires de la terre Dumont 
jusqu'au 25 octobre 1741, alors que devant le même notaire Pinguet, 
ils la revendirent à, Dumont pour le même prix qu'ils l'avaient payée, 
soit 4,500 livres. Pendant .sept ans, les dévoués missionnaires et leurs 
élèves ont dû venir chaque .semaine jouir de l'air pur de ce bel endroit 
et aller prier dans la chajjelle Saint-Jean .située sur le coteau et non 
loin du monument, comme nous le verrons dans la suite de cette étude. 

Par un heureux retour des choses, les Jésuites .sont redevenus pro- 
priétaires dans la même Banlieue de Québec et non loin de l'ancienne 
terre historique de Dumont qui .se trouvait, selon toute proljabilité, 
.dans le fief Saint-Jean. 

La dernière et très im])ortante pha.se de l'hi.-itoire de la Banlieue 
de Québec est son annexion à la cité de Québec, sous le nom de Quar- 
tier Belvédère. Celle-ci a pris effet, en vertu d'un Bill passé à l'As 
semblée Législative le iS déceniljre 1913. 

LP: CHl'MiX DU BKLVHDKRl' 

Comme nous venons de le v<iir, les jiremfers défrichements de la 
Banlieue de Quéiiec. se firent sous la direction de Jean Bourdon. ]•'.{ 
ce fut sur son fief Saint-Jean, dans la partie (pti longe le chemin Sain- 
te-I'oy, au bout de la ri)uli. du P.ehédère. sur le coteau Sainte-Cene- 
viève, que Bourdon éleva sa première demeure et Ijâtit une chapelle 
tout aui)rès,^i>our son ami et collaborateur M. l'abbé Jean l.esueur de 
Saint-Sauveur avec qui il et. lit venu au Can.ula en i'.;,S. dan-- un but 
de colonisation. 



o3w r 












i.-i.-i'i.-jtiii.'^ 'l Ml 'jl , '.•.i:h 



M. l'abbé Aug. Gosselin, dans sa vie de Jean Bourdon, dit : 
"Avant de passer en France dans l'automne de 1650, Bourdon avait 
fait construire à ses frais, près de son manoir Saint-Jean, sur le coteau 
Sainte-Geneviève, une chapelle en bois i)our ''usage de sa famille ; 
les gens de l'endroit pouvaient aussi en profiler. Mais on ne voit pas 
qu'après sa mort et le départ de ses enfants, cette cliajjelle ait été en- 
tretenue ; elle tomba peu à peu en ruines et ne tut pas reconstruite". 

Dans son Rapport au Saint-Siège, de 1660, Mgr de Laval parle de 
cette cha|Telle Saint-Jean comme d'un édifice à part, distinct du ma- 
noir, une des huit églises qui se trouvaient dans le gouvernement de 
Québec, et il la met environ à une demi-lieue de la ville. 

D'après M. Charles Baillargé, ingénieur de la cité, cpie M. l'abbé 
Gosselin a consulté, il y a un peu ]ilus d'une demie-lieue de la porte 
Saint-Jean actuelle à la route du Belvédère. Or les limites de la ville 
à cette époque, nous l'avons dit, se trouvaient à la rue Sainte-Ursule. 
Ce qui fixerait à ])eu près le lieu de la résidence seigneuriale de Jean 
Bourdon et de la chapelle Saint-Jean, sur les lots 29 et 30 du cadastre, 
à l'endroit où se trou\e actuellement une ancienne résidence avec jar- 
din d'hiver, aujourd'hui la propriété de M. Antonio Grenier, secrétai- 
re du Département de l'Agriculture, et une résidence ajjpartenant à 
une Dame Ross. 

Jean Bourdon avait eu bon goût en choisissant un site au.ssi agréa- 
ble pour y fixer ,sa demeure. Et celle-ci devait être considérable, 
puisque le recen.sement de 1667, cité par Benjamin Suite, dit qu'elle 
était habitée par 17 personnes : Jean Bourdon, Anne Gasnier, sa fem- 
me, M. Jean Lesueur, prêtre, le sieur d'Autra>-, neveu de Jean Bour- 
don, et treize domestiques ou emplo\és 

M. l'abbé Auguste Go.s.selin. dans l'ouvrage déjà cité, nous indi-. 
que assez clairement que cette partie du coteau Sainte-Geneviève, dé- 
boisée et en culture était un endroit tellement enchanteur qu'il prit 
bientôt le nom de "Belvédère". "L'habitation de Bourdon, dit-il, 
cccupait une position élevée et suix.'rbe, justement ajiiielée Belvédère, 
et qui commandait la vallée de la rivière Saint-Charles. L'reil y di.s- 
tinguait parfaitement la Cfilline de Beanport, etc." 

Et nous ajoutons que la beauté incomi)aral)Ie du jîlateau où s'éle- 
vaient jadis le manoir .seigneurial de Bourdon et la cha]ielle Saint-Jean 
justifiait bien le nom qualificatif de Belvédère. Avec l'auteur de la 



vie Je Jean Bourdon, nous voyons là l'origine ûe ce nom. Il était tout 
naturel, en effet,- que la route qui y conduisait prit le nom de Belvédè- 
re. 

Pour mieux se rendre compte de la justesse de cette apiiellation, 
le lecteur n'a qu'à se rendre sur cette partie du , coteau Sainte-Gene- 
viève, dominée aujourd'hui par le monument des Braves et située nor, 
loin de l'endroit où devaient se dresser la chapelle Saint-Jean et le 
manoir de Bourdon. De la terrasse magnifique que la Commission des 
Champs de Batailles vient de construire, l'reil embrasse toute la vallée 
de la rivière Saint-Charles, jusqu'aux Laurentides. La vue se repose 
sur les villages de Lorette, de Charlesbourg, de Giffard, de Beauport, 
de Saint-Louis de Courville, etc , enfin sur toute la côte de Beaupré. 
Le coup d'œil est féerique et l'air qu'on y respire est d'une grande pu- 
reté. 

Du rc-te, la signification du mot Bchrdlrc rend très plausible 
son application à cette partie de la côte Sainte-Geneviève, théâtre des 
premiers défrichements des colons français. 

Le Ditiioiinaiic de 7';r;v«.r, édition de 177 1 , dit que Belvédère 
signifie un lieu élevé oii l'on jouit du bon air et d'une belle vue : "lo- 
cus editus praeclare aspectu". Belvédère, mot d'origine italienne, si- 
gnifie "plante belle à voir", et sa signification, dit le même dictionnai- 
re, s'est étendue aux lieux d'aspect agréable, etc. 

Maintenant, quand la route du Belvédère fut-elle ouverte ? Nous 
l'ignorons. Nous croyons, toutefois, qu'elle a été tracée peu après la 
conces-sion du fief Saint-Jean, c'e.st-à-dire dès que les colons de Jean 
Bourdon >• furent rendus, probablement vers 1640. En effet, il fallait 
bien un chemin à Jean Bourdon et à ses colons pour communiquer 
avec la Grande- Allée, alors le seul chemin ouvert entre le Cap- Rouge 
et yuébec. 

Dès 1637, il est fait mention du chemin Saint-Louis. Les anciens 
documents, dit M. l'abbé Scott, dans son hi.stoire de Notre-Damede- 
Kov, la nomment "La grande ligne de Québec au Caji-Kouge, ou la 
Grande-Allée". De plus, M. l'abbé Scott nous dit aussi ([ue le chemin 
Sainte-Foy ou Saint-Jean, ne fut ouvert (pie le 20 juin if.<.7. On peut 
lire le ])roccs- verbal de l'ouverture de ce chemin dans rapi)endice du 
livre de M.Scott, de même (pie dans !es "Jugements dn Ct^n^eil Se u- 
\erain", Nolunie i. 



Comme on le voit, les habitants du coteau Sainte-Geneviève étaient 
obliojésde se rendre en ville par la Grande- Alice, et ]ionr y arriver, il di.- 
\'ait certainement >■ a\'oir un chemin à leur disposition. Or, nous n'en 
\'o\-ons pas d'autre à cette époque (pie celui du Belvédère. 

Du reste, le [irocès-verbal de l'ouverture de la Route Bourdon ]iar 
le grand-vo_ver, Lanonllier dit Boiscler, et daté le 2» juillet 1731. i!i- 
dique qu'il >• avait iioii loin de cette route un chemin de connnunica- 
tion. En effet, les ténuiins intéressés "déclarent qu'ils ont absolument 
besoin d'un chemin qui traverse de la Grande-Allée au chemin Sainte- 
Foi". Et le Grand-\'oyer fait remarquer que "l'ancien chemin est 
impraticable par les niollières qui s'\- rencontrent '. C'est é\idemment 
du chemin du Belvédère dont il est question ici, quoiqu'il ne soit jias 
désigné. 

Malgré nos recherches dans les Procès-verbaux des Grands \'oyers 
avant la conquête du pays, et après, nous n'a\-ons trouvé aucune men- 
tion du chemin du Belvédère. Les seuls ren.seignements officiels que 
nous avons pu rencontrer sont les suivants : Dans le Rapport des Tra- 
\aux publics de l'aimée 1S67, il est dit que la route du Belvédère fut 
travaillée jîour la dernière fois en 1S53, qu'elle a 35 chaînes ei que le 
coiit total des travaux qui y ont été faits sous l'Union est de ï;i,847 00 
A rajipendice 57 du même rap|)ort, il est dit qu'en \ertu de l'acte 16. 
\'ict. Ch. 235, du 14 juin iS,S3, le Belvédère avec les chennns dans le 
voisinage de Québec, ont été mis sous le contrôle de "S\ndics de che- 
mins" et que ceux-ci doivent ])ourvoir à leur amélioration. 

\'oilà, bien incomplète, nous le sax'ons, luie étude sur le Ouailier 
Belvédère de Ouébec. Si elle ne jette pas une lumière iiarfaite sur l'o- 
rigine du chemin du Belvédère, ce <iui n'a pas une importance bien 
grande, elle nous fait voir à l'ienvre les premiers colons français, les 
conquérants pacifuiuo du pa\-- et le> véritables fondateurs t!e notre 
nationalité >ur la terre canadienne.. Cette origine toute rurale e>t un 
titre de noblesx.- ac([ui.s à nos ancêtres cl nous dexims en être fiers. 

IIOR.MISDAS MAGX.VN 



.1 -j.' .1.,-.% ;.i. 






mut ♦•' I 






La Signature Royale 



Quiconque possède une signature de Louis XIV ou de Louis XV 
est invité à lire cet article et, pour commencer, je lui présente Tous- 
saint Rose qui, s'il était vivant, pourrait vous donner la main. ..avec la- 
quelle il fai.sait le jiortrait de l'écriture du grand roi. 

Car elles sont faus.ses les signatures que vous avez des deux .sou- 
verains en question. C'e.st Rose, c'est ensuite Callicres, puis un autre 
qui les ont tracées. 

Fau.çscs également les signatures de Louis XIII, Henri IV, et leurs 
prédécesseurs sur les brevets, lettres de noblesse et maints documents 
qui font l'orgueil des familles. Ces pièces ont cependant une valeur 
inconte.stable. Quant à la main ou à la plume du roi, elles ne les ont 
i imais touchées. 

Dès le temps de Louis XI, le ".secrétaire de la main" signait pour 
ce prince et rédigeait sous ses ordres, des lettres qu'il écrivait lui-même 
en y mettant le fac-similé de la signature royale, non pas à l'aide d'une 
étampe mais faisant le tout de sa propre main. Il en avait l'autorisa- 
tion, étant grand clerc, excellent rédacteur, bon calligraplie, nommé 
et gras.sement payé pour ce service, au.ssi délicat, aussi difficile que 
Knrrd de respon.sabilité. La charge se continua. J'ai lu dans un ou- 
vrage .sérieux que, des mille pièces .signées "François", aujourd'hui 
conservées, il n'en est probablement pas une signée par François I. Lt 
les autres des autres monarques .sont dans le même cas. 

L'habile homme qui composait et signait ces écritures était tou- 
jours un fau.ssaire émérite capaMe de tr.miper n'importe qui. C'était 
la perfection du genre. Conlinueremeiit, Lcuiis XIV conf.mdait l'é- 
criture de Rose avec la sicin.. Va >an. dire <|u'il s'en félicitait. 

Il y a autre chose. Ce roi avait un st\ le particulier, c'est-a-dire 
une manière de pen.ser et d^ iorm^r la phra..e, eh bien ! Rose eu était 
d.venu niaitre. de >orte que ces remarquables dépêches adressées aux 
piissances et dont a dit : "c'est du vrai Louis XIV" elles sont de la 
fabrique de Rose. Le iiiéuie phénomène est constaté sous Xapoléwu : 
.Marct imitait s.m st> le comme la ;. 
chose, st> le et écrituiv. chez le se. 

"Avoir /,?///////< , dit Saint Sii 



'un miroir, 
e de .sir Joh 


J'ai 
1 A M 


c'est être t 


aussairt 



'■ '/. K 



—70— 

faire par char^j. ce qui conterait la vie à tout antre. La fonction con- 
siste à imiter si exactement l'écritnre dn roi qu'elle ne puisse se dis- 
tingner de celle-ci ; le tout consiste à écrire de telle sorte les lettres 
que le roi doit ou veut écrire de sa main sans en i)rendre la peine. 11 
n'était pas possible de faire parler Louis XI\' avec jilus de dii^nité, ni 
l)lns convenablement à chacun et snr chaque matière, que faisait Rose. 
Fidèle et secret, le roi s'j- fiait entièrement. Fin, ru.sé, adroit, il eta.t 
d'autant plus dangereux pour ceux qui l'offensaient, qu'il avait infini- 
ment d'esprit, des saillies et des reparties très salées. Avec cela, 
be.iuconp de liberté et des hardiesses avec son maître." 

Parmi les signatures authentiques de Louis XI \' et Louis X\' on 
met en premier lieu celles des contrats de mariage, car alors le souve- 
rain honorait l'acte de .sa présence et prenait la plume devant l'as.sem- 
blée Ces occasions étaient rares. Pour tout le reste, à peu près, 
vous avez la griffe de Rose 

Je ne .pense pas que l'on trouve parmi nous un .seul de ces contrats 
de mariage. Ce que j'ai vu se borne à des lettres de noblesse et des 
brevets accordant des grades dans les troujjes de la colonie. Alors 
Ro.se, et c'est tout; 

Le personnage avait certainement de la valeur. Il s'efface de l'his- 
toire que nous lisons eu général, pour figure- dans les rangs de l'Aca- 
démie, preuve qu'on reconnais.sait ses qualités intellectuelles. Ce de- 
vait être un excellent aviseur dans un tel milieu. Notons qu'il n'a rien 
écrit pour le public. 

Toussaint Rose, né en 1611, a\ait servi de .secrétaire an fameux 
cardinal de Retz, si ])opulaire durant la Fronde. Il passa au cabinet 
de Mazarin où il eut pour collègues Colbert et LeTellier. Lorsque, 
vers 1660, Louis XI\' entra tlans le tra\ail de l'admiu'.stration, Maza- 
rin lui donna ces trois emplo>és supérieurs et, dès 1661, Ro.se était 
nonnné président de la chambre des comine.s — nous dirions m-nistre 
des finances. Avant cette date ])eut-être, il était déjà secrétaire du ca- 
binet dn roi, car il le fut loiigteniiis. 

In.strnit, lettré au pi'ssjhlc, luncrt à la discussion, il s'intéressait à 
l'Académie fini \égélait encore après trente années de fondation. lùi 
1667, il obtint pour ce curp.-^ s.want riumneur de haranguer le roi, com- 
me les citnrs souveraines du ruxanine. ce (pii donna à l'Académie 
une situation en \ue cl maniin. nue i)ha.se unuxellc autant (pie pro.spè- 
re dans ses annales. 



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ijfrj 7IZ :■ .1 ,' ' ■ ! ^i>v 



Valention Conrart, fondateur du cercle littéraire d'où Richelieu 
avait fait naître l'Acadciuie, étant mort en 1675, sa place fut remplie 
par Rose, alors âgé de 64 ans. 

Saint-Simon dit encore que Rose travailla cinquante ans sous Louis 
XIV, après avoir quitté le bureau de Mazarin"jusqu'à I ù.^e de M7 ans, 
gai, dispos et doué jusqu'à la fîn d'une mémoire nette et admirable qui 
le rendait fort utile au Roi ". 

Né en 161 i, il avait eu Sy ans vers 169S, qui serait la date de sa 
retraite. Il aurait donc commencé à travailler avec Louis XI\' en 
1648, mais ce i)rince avait à jieine neuf ans, et nous savons qu'il ne 
prit goiit à l'administration que vers it)6o. Saint-Simon y va de son 
dem. -siècle un peu rondement. Je dirais plutôt trente-huit ans avec le 
roi et, avant cela, une vingtaine d'années avec Retz et Ma/.arin. 

M. de Callières, frère du gouverneur du Canada, venait de mettre 
une plume à son chapeau par la conclusion du traité de Ryswick 
(1697) et en outre c'était un lettré reconnu, membre de l'Académie. 
Le roi lui donna la plume de Ro.se, ce qui lui valait le logement au 
château de Versailles, et des appointements de di.x mille francs par an- 
née somme équivalant à dix mille pia.stres de notre monnaie vu que, 
il y a deux siècles, l'or et l'argent valaient cinq fois ])lus qu'aujour- 
d'hui. 

11 est évident que celui-là aussi savait contrefaire l'écriture du 
grand roi, car c'était l'une des deu.x conditions principales du poste. 
L'autre exigeait lui talent de rédaction qui ne faisait ])as défaut à Cal- 
lières. 

Rose mourut en 1701, satisfait, j'aime à croire, du succes.seur qu'- 
on lui a\ait donné. 

Benj.vmin SiLTi-: 

Feu M. Alexandre Jodoin 



lùi iS.Sy, M.M. .\lexandre Ji. (loin, avocat, et J.-L. \'incent, i)er- 
cei)ttur du revenu de llntérieur. publiaient une //Ls/o/ic- tù Loiiii/icitil 
et di- ùi liiiiiilli de l.oiii^uiHil. 

Tous nos journaux firent alors beaucouji d'éloges de ce livre. 
.\L JiKloin, (pii avait écrit /'Jlisloiir d,- Lo,ii:,nciiil et dr la /diiii//,- de 
I.onoutuil, est décédé à I.oiigneuil en janvier lyi.s. 



)'>u. y.ir'l. 



\-.r./ ,!;n 



— 7S— 

le juge Pierre Raimbult et sa familh 



Pierre Raimhault qui fut tour à tour, ou concurreirnient, inarcliaiid, 
notaire, conseiller du roi, iirocureur du roi, subd^léf^uc de l'intendant, 
lieutenant civil et criminel et seigneur est une figure importante de 
l'histoire de la métropole canadienne et il attirera l'attention lor-qu'on 
étudiera plus en détail les fonctionnaires et- les mag.istrals du régime 
français. 

En attendant et parce que ce personnage est ]>eut-être canadien, 
jeto_ns ici iiêle-mêle. les notes que nous avons sur lui et les siens. 

Nous avons dit qu'il était i'i-:rT-KTKi-: canadien, voyons d'ahoril ce 
poiiit : Claude Raimbaut, maître menuisier, se marie à Montréal, eu 
1670, avec Madeleine Thérèse .Salle, fille d'un peintre du roi de l'aris 
(Basset, 14 décembre 1670), 

Les deux conjoints jiossèdent de l'instruction et ils signent remar- 
quablement bien. 

De leur union, nais.sent, à Montréal. Pierre en 1671. Jean en 167;,, 
Cunégonde en 1675. Claude en 1676 et Marie-Geneviève en 16S0. 

Aux enfants ci-dessus, .Mgr Tanguav (vol. I, 507) ajoute un Pier- 
re qui serait né vers 1693 et qui est inhumé à \'illemarie en 1695. 'isé 
d'environ deux ans, mais c'est une supposition sans fondement, i" par- 
ce que les noms des parents de l'enfant ne sont pas mentioiuiés dan.s 
l'acte ; 2'=', parce que les prétendus parents de cet enfant n'étaient 
lilus à Montréal depuis longtemps, à la date de rinhumatioii. Claude 
Raind)ault avait vendu le 15 juin 1677 1 lîasset ) à Simon .Mars, mar- 
chantl de Québec, représenté à .Montréal par son ne\eu Jacques de Fa_\-, 
marchand de la Rochelle, qui séjournait alors chez le venileur, deu.x 
emplacements sis rue Saint-Paul, '^ur l'un de.-^quels étaient une maison 
et autres bâtiments. I, 'acheteur ne tlevait prendre ]>ûs-.es^ion (pi'en 
167S et il paxait partie en argent, partie en marcli.intli>e^. l'.n soite 
que Claude a pu être forcé de reslL-r en notre ville pour réaliser tun-^ 

l'.n tous cas, il étal. :i Montréal en f(.S., et il dut retourner en 



'iiiin'i li'!!;/'' -\'ù oi 



■7!)- 



Quatorze ou quinze ans plus tard, c'est-à-dire en 1695 ou 1696 ar- 
rivent à Montréal un Pierre Raini:)aiiU et sa femme, Jeanne-Françoise 
Siniblin, mariés à Paris en 1691, puisqu'un document ( i) nous ap]-)rend 
que leur contrat de mariage fut dresse le S juillet 1691, dans la cajutale 
français-, jiar maîtres de Clertin et de Savignj-. 

Lors de le;ir \enue en ce pay^, ces époux étaient accompagnés 
d'un fils, Jo-eph-Charles-Ruhert né \ers 1693 et il n'est ]uis inipos^ilile 
que le Pierre Rainl)ault inhumé en 1695 soit aussi leur enfant. 

Toutefois, la ])remière mention certaine de la ])réscnce de Pierre 
Rain 1 ault tt sa femnie à Montréal, se trouve dans les registres de l'état 
civil. A la date du 24 août 1696, ils font bapti.ser Paul-Françt)is et 
dans cet acte le père .se déclare marcliand-ébéniste ! 

Un an jilus tard, ce marchand est devenu notaire et il en reçoit la 
commission tjfTicielle eu i''->99. I. a voie lui est maintenant ouverte et 
il en ])rofilera si hieii qu'il sera juge et seigneur à son décès, .surxenu 
en 1740. 

Son épouse, demoiselle Siniljlin, meurt.en 1705 et il convole en 
1707 avec Loui.se Xafreclioux, fille d'un riche marchand. 

Dans son acte de décès, on lui donne 69 ans, ce qui le ferait naître 
en 1671, exactement comme le fils aine de Claude Raimbaut. 

C'est sur la concordance des âges, à n'en \ias douter, que Tangua\- 
a déduit que le juge Rainihault était fils de Claude. Xutre auteur a pu 
être aussi influencé par le rapi)roclienient assez remarquable cpii existe 
entre le métier de Claude et la i)reniière occupation de Pierre ; de maî- 
tre menuisier à marchand ébéniste, la distance n'est ]>as grande. 

Malgré cela, M. Léandre Lamontagne, qui a amassé des trésors de 
notes sur l'origine des familles canadiennes, doute fort de la parenté de 
Claude et de Picrn-. .St-ulement. les ]ireu\es iiour et contre ces deux 
opinions font défaut. La question ne sera réglée cpie le jour où l'on 
])ourra se procurer une copie du contrat de mariage fait à P.u'is. 

Donc, la i)o-.iii(in pri-e sur ce point par Mgr 'l'anguav jieut se tlé- 
fentlre. mais il n'en esi p.i> de même de son ii.iragrajilie siu' la famille 
Siinblin au Canada. 



—80— 

Jeanne-Françoise Siniblin (i), femme de Pierre Rainibaiilt/lccédée 
en 1705, ainsi que nous l'avons déjà dit, et elle ?st inh;imée le 23 dé- 
cembre. 

Son fils, Paul-François Raimbault, né îl Montréal en :6y6, épouse à 
Saint-Ours, en 171.S, Marie-Catherine Dnberger d Aubusson. Ce 
Paul-François ajoute le nom de sa mère au sien, suivant une coutume 
du régime français et il s'aiiijelle dans les actes, tantôt Raimbault, tan- 
tôt Raimbault de .Simblin, tantôt Siniblin (ou Saint-Blin) tout court, 
parfois même, il se donne encore d'autres noms, comme on le verra i)lus 
loin. Cette multiplicité de noms est cause ipie Mgr Tangua.\- a fait de 
ce fils, le père de sa mère ! 

En effet, à la page 549, vol. i, du Dictionnaire, on Ht : 
"Simblin, Paul-François, enseigne d'une compagnie. 
"DAUurssoN. Marie- Catherine. 

"Maric-Cal/uiiiic, b,...S. 24 août 1719, dans l'église de \'erchères. 
"JcaiiHC-Fraiiçoisi', b. . 1673 ; m. à Pierre Raimbault ; .S. 25 décembre 
"1705, à Montréal." 

On le voit, toute cette notice est i\ retrancher, car le Simblin en 
question n'est autre que PauI-I''rançois Raimbault de Siniblin cpii fait 
bapti.ser Marie-Catherine à Saint-C)urs, le 27 décembre 1718, laquelle 
est inhumée, ensuite, le 24 août 1719. Quant à Jeanne-P'raiiçoise, il 
est patent que c'est la mère du susdit Paul-François ! 

Au .surplus, au volume V, p. 500, l'auteur a rétabli les faits quant 
à l'enfant de Paul-François, mais il n'avertit jias le lecteur que la no- 
tice Simblin est erronée. 

Il n'est pas hors de proixis de remarquer à ce sujet qu' 1 \ aurait 
tout un travail d'épuration à faire dans l'icnvre immense de Mgr 
Tanguav et l'on jieut avouer cela sans diminuer aucunement le mérite 
de cet admirable com])ilateur (jni, malgré ses erreurs, est d'une .si gran- 
de utilité au.K chercheurs. 

*■■■* 
Revenons à Pierre Raimbault ]>our signaler un détail (pii lui fait 
honneur : à savoir que l'iinentaire de sc-s biens lors du décès de sa 
première femme ( jt nous révèle qu'il povsé.lait la plus forte collection 
de li\resdi.ut il s.)it fait inentidU dans ks actes du i7nk- et du début 
du iSme siècle (pie nous a\(ius parcourus jus(jn'à présent. .Sa bil)lio- 



—81 — 

thèqne comprenait 35 om-rages formant 47 volumes, divisés comme 
suit : 15 ouvrai^es relij^ieux, un ouvrage d'horticulture, 7 ouvrages de 
droit et 12 ouvrages classiques, la plupart en latin. 

Parmi les ouvrages de droit, il y a le St\le des notaires, la Juris- 
prudence du Digeste, 2 vol., la Conférance (?) des ordonnances, 2 vol., 
la Petite coutume de Paris, le Praticien de Lauge (?), le nouveau pra- 
ticien de Perrière et Corinis Juris Civilis. l,es ouvrages classiques 
sont les suivants : l'IUiade d'Homîre, 2 vol., un Lexicon grec, une 
grammaire grecque, la grammaire de Jean Doespautère, les œuvres 
d'Horace, de Cicéron, de Suétone. d'Ovide, de Qnintus Cartius, de 
Sénéqiie le tragique et de Jn vénal "cum annotationibus". 

PvVideninient, Raimbault était un lettré. 

I.'érudion de notre juge ne nuirait pas, toutefois, à .son sens prati- 
que, car il sut obtenir diverses fonctions rémunératrices et acquérir 
plu.sieurs inuneubles à Montréal et même deux seigneuries au sud-est de 
la Nouvelle- France. Ces dernières sont mentionnées dans les Titres et 
documents de la tenure seigneuriale. D'après Ctt ouvrage, il semble 
être devenu jirojiriétaire de la seigneurie de Lussaudière concédée en 
premier lieu à M. de Lussaudière, puis à M. de la Motte-Lucière. 
Plus tard, le 6 octobre 1736, ses services ou son influence lui valaient la 
concession d'une seigneurie de 4 lieues par 5 lier.es sur la rive du lac 
Chaniplain. Cette concession api)elée la Moinaudière était traversée 
par la petite riviire, la Moelle. 

Le fils de Pierre, Paul- François .semble avoir été anobli car un acte 
d'Hodiesiie (23 .sejîtembre 1757), il s'intitule majestueusement: "Raim- 
bault, seigneur de Saint Blin, de la Moelle et autres lieux." 

Dans l'acte d'Iiodiesne. il cède à son fils, prénommé, comme lui. 
Paul-François et alors commandant du fort de la Rivière-au-l>œuF, ]5rcs 
du fort de la Prescpi'île. an sud du lac lîrié, la seigneurie de la Minau- 
dière ou de la Moelle, sur le lac Cliamplain. 

L'autre fils de Pierre Raiml)ault. né en 1693, Joseph-Charles Ro- 
bert, succéda à son i)ère comme notaire en 1727 et, devenait, en même 
temps, greffier du tribunal, ])endant que le jjcre jiassait de la charge de 
l)rocureur du roi à celle de lieutenant ci\il et criminel. 

Dans sa demande d'installation le jeune Raimbault est désigné 
-Charles Raimbault de Piémont. Il signe Raim- 

ourte, car il décède à l'âge de 44 ans en 1737. 

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(1) 



Ouvrages publies par feu M. Alfred Pelland 



Le A'ouiraii OhlIh'c. Région du Tiiiiis<aiiiiiigiu\ Rissoiarcs ag> i- 
iolcs,/on'siu-)-cs, iiiiiiicics et sportii-ts. Tvp Diissaiilt & Proulx. Oué- 
hec — 1906. 

l'as/es Cliaiiips offerts à la co/oiiisatioii et à l' i}idiistn'e. Région de 
lionaventure {J^ivrinee de Ouebee). Québec — 1907. (Sans nom d'.iu- 
teur). 

La piovinee de Québec ; /es aivntages qu'elle offre à l' éii/ig;raiit j'raii- 
(ais-et belge. lîsquisse des rieliesses agricoles, industrielles, ele. Oucbec 
— igoS. " 

La colonisation dans la province de Québec. Esquisse des régions éi 
coloniser. Québ'-c — 190S. (Sans nom d'auteur). 

l'as/es champs off'eits à la colonisation et éi l' iiidiisti ie.La Mattarinie, 
ses ?-essources, ses prog'^iès et son avenir. Québec- 1908. 

La colonisation dans la province de Québec. Esquisse des /égions à 
coloniser. Québec — 1 9 1 o. 

Vastes cliamps offerts éi la colonisation et éi l' industrie. Le Téinisca- 
viinguc (^Nouveau-Québec), ses ressou/ces, ses progiès et son avenir. Qué- 
bec 1 9 1 o. 

Vastes cliamps ojjerls à la colonisation et à l'industrie. Le Téniis- 
couata, ses ressources, ses progrès et son (K-(:7//r.0uébec^-iy 10. 

Vastes champs offerts <> la colonisation et ii l' industrie. L,e Lac .S7- 
/ean, ses ressources, ses progrès et son avenn-. Québec — 191 1. 

Vastes champs offe/ts à la colonisation et à l' industrie. La région 
.Matane-.Uatapédia, ses lessources. .ses piogrès et son avenir. Québec— 
1912. 

/ 'astes champs offerts <> la colonisation et ii l'industiie. La (ia.ffésie. 
J-:squisse h/stoiique. .^.cs ressources, ses progrès et M>n avenir. Qnéliec— 

P. -G. R. 



-îi'\ .i^: IVJI VA\ 'i'jïU'}^- 



Brevet du Roi en faveur du sieur Poulin 
de Francheville 



Brevet qui permet au sienr Poiilin de Francheville d'ouvrir, fouiller et exploi= 
ter pendant vingt ans des mines de fer en Canada 



Aujourd'hui vingt-cinq mars mil sejit cent trente, le Roy estant à 
Versailles le S. François Poulin de Fnnicheville, négotiant de Mont- 
réal, dans la Nouvelle-France, pro])riétaire de la seigneurie de Saint- 
Maurice, au d. i)ays, a fait représenter à Sa Majesté qu'il se trouve 
dans le d. pays en la d. seigneurie de Saint-Maurice et aux environs 
des mines de fer qui j^araissent abondantes et dont l'exploitation jiro- 
curerait des avantages considérables à la d. colonie où il se consomme 
une grande quantité de fer tant pour la construction des' bâtiments de 
mei que pour d'autres ouvrages et qu'il désirerait faire ouvrir, fouiller 
et apjirofondir les d. mines à ses frais et despens s'il plaisait à Sa Ma- 
jesté luy en accorder le [irivilège et à ses successeurs ou axans cause à 
l'exclusion de tous autres pendant vingt années consécutives dans l'é- 
tendue des terrains qui sont de]>uis et conqjris la seigneurie de Yama- 
chiche jusques et compris la seigneurie du Cap de la Magdelaine en 
luy permettant de faire construire les forges, fournaises et autres ou- 
vrages qu'il coiu'iendra offrant de rembourser les ^propriétaires en ter- 
res cultivées et mises en \-aleur sur les(pielles il fouillera et ce à dire 
d'experts convenus à l'amiable ou nommés d'office et sans qu'il soitte- 
iiu à aucun dédommagement nv remboursement pour l'ouverture et 
exploitation des terres non cultivées comme aussy qu'il lu>- soit per- 
mis de faire les mises et retenues nécessaires à la dite entreprise dans 
les endroits les ])lus commodes aux olïies (ju'il fait de faire mu-rir les 
d. mines dans l'espace de deux années jinjcliaines I<"t .Sa Majesté estant 
pleinement informé de la connaissance et exiiérience du il. sieur l'ou- 

lin de l'raneheville " Suivent les conditions cpie le mi impose an 

sieur Poiilin de I'r:inclieville. ( Insluiialiou'; du Coiii,il Siipnicn, de l.i 
.\\uii,llc-l'iaii(,\ cahier no 6.) 






I. '.-■... .,1' 



)' 1 ; ti 'I 'ljr\ ! 



, )../i-.lio r-'- -. (:>.,, .:,:,m. 



-M- 



Les mariages raixtes, à Montréal, 

dans les temples protestants, au 18e siècle 



Comme il pourrait être intéressant, à divers points de vue, de sa- 
voir si beaucoup de personnes de langue française s'épousèrent hors de 
l'église cathclique, en ce pays, au X\'lIIe siècle, nous avons essavé 
d'en faire le relevé pour ce qui concerne le district de Montréal. 

Notre tableau ne conunence qu'en 1766, car ce ne fut qu'à cette 
date que les pasteurs protestants reçurent l'autorisation de tenir regis- 
tre à Montréal, en sorte qu'on ignore tout des mariages qui ont i)u être 
faits devant les ministres de l'église réformée pendant les cin(-i années 
qui sui»ent immédiatement la conquête. 

Les registres dans lesquels nous jiuisons nos renseignements sont 
ceux de la Christ Church, secte anglicane, (1766— 1800) et St-Gabriel 
Street Church, secte presbytérienne, (^1796-1800). 

Nombre 

total 

des 

mariages 

4 



Aimées 

1766 

1767 

1768 

.769 

r 

r 



Mariages dans 
le.squels l'un des 

conjoints porte 
un nom français 



Mariages dans 
lesquels les deux 
conjoints portent 
des noms français 






T. il 



■■-. d-j 






-85- 



ySi 



'3 « 

S « 

15 4 

9 « 

5 I 

6 3 
II I 

t I 

9 o 

II o 

ô o 

9 o 



35 ans 913 285 2!S 

Tl est impossible de dire, exactement, quelle proportion de hugue- 
nots et de catholiques il y a dans les mariages oîi figurent des noms 
français, mais il s'y trouve sûrement des personnes des deux croyances. 
Au suri)lus, on ne doit pas oublier que ju.squ'en 190S. un mariage 
entre catholique et iirotestant jjouvait être validement célébré i»r un 
ministre. 

Parmi les mariages avec noms français nous relevons linéiques 
noms bien connus, tels ; 

1766 — Pierre-Paul Soubeiran. et Catherine- Félicité Chaumont. 

1766 — Daniel McKelly et Catherine Hul)ert-Lacroix. 

1767 — Josei)h Ilertel et Marie I.eComte-Dui^ré. 

1770 - Jean Dunuudiu et Charlotte du Chouqnet. 

1770 — William C.rant et dame Marie-Anne Descliambault. 

1770— Moses Ila/.en et Charlotte de la .Saussée. 

1771— Pierre du Cahel et .M.i;ie Louise Jus><nie. 



1783 


42 


1784 


9^ 


1785 


SI 


1786 


36 


1787 


40 


1788 


3 S 


1789 


32 


1790 


40 


1791 


16 


1792 


16 


1793 


26 


•794 


28 


«795 


10 


1796 


19 


'797 


40 


1798 


28 


Ï799 


42 


1800 


35 



—80— 

1776— James McGill f fondateur de l'nnivensité) et Charlotte Ouille- 

min, veuve Desrivières. 
1776— François Dumoulin et Mariiuerite Bahv-Che'.ineville. 
177g — Joseph Frohisher et Charlotte Jobert. 
17S3 — John de Horse, Baron, et Catherine Dufresne. 
1786 — Thomas Coffin et Marguerite Godefroy de Toniiancourt 
1790— Rév. Léger J. B. Vessière (ex-religieux) et veuve Chrisliaiia 

Gotson. 
1790 — Lieutenant Rali)h-Hcnr\- Bruvère (?) et Jesse Dunhar. 
1794 - Lieutenant John Lennox tt Marguerite de la Corne de Saint-Luc. 
1S06— Paul-Aniable Dccarv et Mar\ Weldnn. 

E.-Z. MASSICOTTK 

QUi:STÏi)XS 

Où trotiverais-je des renseignements sur William Gregory. le pre- 
mier juge-en-chef du Canada ? A. 

— Pour quelles raisons lesabl.és Roh.-rt et Sa'nt-C.ermain furent-ils 
arrêtés par les Américains en 1776 ? 

A. B. 

— Comment se faisait la levée des miliciens "durant la guerre de 
sept ans. au Canada ? B. 

— Les habitants, sous l'administration française, étaient-ils satis- 
faits du régime des seigneurs ? Quelles étaient leur influence et leur 
popularité ? 

G. O. B. 

— La question de l'ortograiihe du nom de Dollard De.s(.irmeaux 
est-elle réglée et sait-on iiourquoi quelques historiens écri\-ent Daulac '' 

MONTREAL 
-^Peut-on se procurer une liste totale ou jiartielle des Anglais tiui 
quittèrent Québec, après la iiroclamation de Carleton, en 1775 ? 

A. 
— Où trouver tles ren>-eignements sur le P. Iluguet, jésinte. le P. 
CariKiitier, récollet, accusés de favoriser les Américains d\uant leur 
invasion fin Canatla I 

AXCII'.X 
— Combien de Canadiens furent détenus connue prisonnieis à l'ile- 
aux-Xuix s(nis Haldimand ? 

SORICL 

prisonniers à P)0>twii ^ ' XXX 

--Si,)U> le régime fr.inçais, qui f.ii-ait les n<iiiniiatiiiiis aux cures ^ 

PTRH. 



>i'r^ 



:r.' oU. 1.- 



Biographies canadiennes 

MATHIEU GAII-LARD— Il vint ici eu qualité de connuissairu 
du Roi' et de sulxlclégué de l'intendant. Il arriva à Québec le 9 octo- 
bre 16S6, dans le même vaisseau qui amenait l'uitendant Chami.isnx . 

Le marquis de Denonville écrivait au ministre le 10 novembre 
16S6 : 

••j'esix;re beaucoup de la bimne réputation de M. Gaillard, ^ com- 
missaue, que Monseigneur nous a envoyé. J'aurais fort souhaité qu il 
fut arrivé plus tôt pour pouvoir aller faire un tour à Cataracou>- voir 
la disposition de toutes choses, mais n'étant arrivé à Québec que le y 
octobre il ne peut pas arriver assez à temps pour pouvoir monter jus- 
ques à Cataracom- à cau.se des grands vents ordinaires eu celte saison 
qm sont suivis par les glaces, outre qu'on a besoin de lui ici pour quel- 
que tenii)S." (!) . , 

Le 16 novembre 16S6, l'intendant Champigny écrivait a .son tour 

au ministre : , , . , , t f ^,-t 

"M. Gaillard, commissaire, me parait tort honnête homme et tort 
appliqué au service du Roi. Mon.Meur le marquis de Denonville et 
moi lui avons donné toutes les instructions néce.-^.saires pour les affaires 
de Sa Majesté, du côté de Montréal. J'espère qu'il en aura très g 
soin." (2j 

M. Gaillard fit partie de l'expédition organisée en ifvs; par le 
marquis de Denonville pour aller écraser les Iroquois dans leur pays 
Le -,i juillet ibS;. il signe l'acte de prise de possession de Niagara 
M. de Denonville qui avait lui-même dicté cette pièce lui donne les ti 
très de "coinmi>'>aire pour le roi attaché à l'armée et subdélégue di 
M. de Chamingny, uiteiidaiU du Canada." i ;, J 

Pendant cette cxpé.litiou M. Gaillard eut une distraction <iu' lu 
conta un joli prix. lu. partant de l'ile au Chat, au-dessus du Long 
Sault, pour revenir à Montréal, il > "ul.lia sa cassette qui cont.nai 
'tous .ses papiers. Il ne s'aperçut de- .son oubli ([u' ■.me fois reii lu 



ami 



ùlAli- >iih:-::ngO![! 



— 8S— 

Montréal. II lui en coûta cent écus poiii l'envoNer chercher, (i) 

Dans les instructions envoyées au gouverneur de Frontenac pour 
son entreprise projetée contre Xew-York. mémoire daté du 7 juin 16.S9, 
Sa Majesté, lui ordonnait d'amener avec lui le commissaire Gaillard. 
Celui-ci devait dresser un inventaire exact des bestiau.K, des grains, 
des marchandises, des effets, etc., qui .seraient tro.ivés d^ns chacun des 
établi.ssements dont on s'emi)arerait en territoire ennemi.(2) 

Le 12 novembre 1690, le gouverneur de Frontenac écrivant au mi- 
nistre de Seignelay, faisait de nouveau l'éloge de M. Gaillard : 

,, Je ne saurais m'empêcher, Monseigneur, de vous témoigner le 
déplaisir que j'ai que vtu? ave/, rappelé 1^ sieur Gaiilarl, couunissaire. 
C'est une perte que nous faisons qu'il y aura de la p.-ine à réparer 
parce qu'il sera difficile de trouver un homme qui ait autant de zèle 
pour le service du Roi, et d'exactituAe pour les fonctions de sa charge. 

(3) 

Le 10 mai 1691, l'intendant Champigiiy rendait le témoignage sui- 
vant du zèle et du bon tra\ail de M. Gaillard ; 

., M. Gaillard a continué de faire son emploi durant l'hiver en ce 
pays avec la même attache et le même zèle qu'il a toujours eu. Il re- 
liasse pré.sentement en France, ne l'ayant pu faire l'automne deriuer. 
Il se charge de mes lettres {X)ur vous les rendre, étant dans le des.sein 
de .se rendre alqjrès de vous aussitôt qu'il sera débarqué. .. (4) 

Deu.K jours plus tard, le 12 mai 1691, M. de Chi.npig i.\- revenait à 
la charge et informait le ministre que M. Gaillard avait une connais- 
sance parfaite du pays. \'ous pouvez avoir en lui entière confiance, di- 
sait-il, car il est intègre et homme d'honneur. 

Dans un iiost-scriptum à sa lettre au ministre du 2u octobre 1691, 
le gouverneur Frontenac n'était pas moins flatteur i)onr .M. Gaillard ; 

,, J'avais écrit. .Monseigneur, à .M. le marquisde ScigneLi\-, par le 
sieur Giaillard ([ui servait ici de commissaire, et je lui mandais (pie c'é- 
tait un homme (lui aurait fait ici sa charge aNec beaucotiji de /èle et 
('.'exactitude, et que s'il vcjulait le que.■^tionner sur l'état et les alf.iires 
de ce i>ays, iiersoiiiie lie pouvait lui en rendre meilleur compte. Je 
crois devoir vous répéter la luème chosj, parce ([u'il en a une p.ufaite 



-89— 

connaissance, qu'il est foi t intelligent et capable de tous les emplois 
qu'on lui voudra donner. ( i ) 

M. Gaillard ne revint pas dans la Nouvelle-France. 

Nous ignorons qn'elle fut sa carrière à son retour là-bas. 

P.-G. R. 

PIERRE REV-GAILLARn— I-e 21 septembre 1692, l'intendant 
Chanipigny écrivait au ministre : 

M. Begon nous a envoyé le .sieur Gaillard pour servir de com- 
missaire d'artillerie, sans me mander sur quel pied il avait règle 
ses appointements. Le rapport avantageux que l'on m'en a fait, m'a 
donné lieu de le paj-er sur le iiied de douze cents francs de France jiar 
an, ayant vu un ordre de M. Bigon de lui faire payer 300 livres pour 
trois mois d'avance, mais il me parait souhaiter ([uelque chose de plus. 
Je; vous prie, Mgr, de régler ses appointements et d'en faire le fonds 
dans l'état du Roi. Il sera très nécessaire en ce pays pour exercer nos 
offijiers dans ce service. ( 2 ) 

Le 4 novembre 1693, MM. de Frontenac et Champigny écrivaient 
au ministre : 

En l'année 1692, M. Bégon, intendant, fit pa.sser ici le sieur 
Ga'llard pour faire les fonctions de commissaire d'artillerie dans ce 
pays et lui fit donner 300 livres pour trois mois d'avance des api)ointe- 
ments qu'il devait avoir ; M. de Champigny les lui a continué ju.squ'à 
la fin de l'année et celle-ci on a suivi l'ordre du Roi et l'on ne le paye 
que sur le jiied de 900 livres. Il demanderait que vous voulussiez le 
remettre, Mgr, sur le pied de 1200 livres, attendu qu'il prétend qu'on 
les lui avait promis et qu'il n'aurait pas de quoi subsister . " (3) 

Le 19 octobre 1697, MM. de Fnmtenac et Champigny écrivait au 
niini.stre: 

" L'ordre que le Roi donne au sieur de Frontenac de détacher 
un soldat par ccaniiagnie pour apprendre l'exercice du canon .sous le 
commandement de sieur Re\- Gaillard sera exécuté. Nous croyons 
que si Sa Majesté voulait lui accorder, comme nous l'en supplions, une 
comii'ission de commissaire ou de capitaine d'artillerie, cela lui donne- 
ra:! un titre pour ce commandeuient et l'engagerait (lavaiita;.;e non seu- 
lement à prendre soin de bien former ce détachement mai-- tncore à re- 



-.1 Uu] 



-■•'Uv 



— <)0— 

doubler hii-iiiênie ses applicaticjiis ixmr le bien de son service. 
Nous joignons ici son placet. "( i ) 

Le 15 octobre 169.S, MM. de Frontenac et Chanipign.v écrivaient 
au ministre : 

" Le sieur Rey-Gaillard remercie très humblement S. ^L de la 
commission de commis.saire d'artillerie qu'elle a eu la bonté de lui ac- 
corder. Il nous parait attaché au service, s'a])pliquant à instruire au 
maniement du canon le détachement de .soldats que le sieur de Fronte- 
nac lui a donné, duquel on tirera de bons services dans les occa- 
sions." (2) 

Sur les dernières années de sa vie, M. Re> -Gaillard \ int connue 
en enfance. C'est le sieur des Méloi/.es, lieutenant dans les troupes, 
qui exerçait ses fonctions i)endant sa maladie. Il était d'ailleurs l'é- 
lève de M. Rey-Gaillard. 

M. Rey-Gaillard mourut à yuébec le S juillet 1726. De son ma- 
riage avec Françoise Cailteau, veuve Denis Richard, il avait eu .sept 
enfants. 

Par les actes de fo_v et hommage (3) on voit qu'en 1733 Jean-Hap- 
tiste Pierre Rey-Gaillard, fils de l'ancien commissaire d'artillerie, étant 
absent de la colonie depuis plus de trente ans, sa soeur, Marie- FVan- 
çoise- Achille, entrait eu possession de l'hérédité du dit Pierre Rey- 
Gaillard pour les trois fiefs de Miramichi, Gobin de-Xipissiquit et d'I- 
berville-de-Ristigouche. 

P.-G. R. 

GUILLAUME GAILLARD. Il était originaire de Villeneu- 
ve, évêché de Xaintes. On le voit à Québec dès avant i6yo. 

Le 20 janvier 1710, Guillaume Gaillard, praticien, est nonuné 
temporairement membre du Conseil Souverain pour remplacer un con- 
seiller absent. 

Le 5 mai de la même aimée, C.uillaume Gaillard, ]t(>T comnu'ssion 
du Roi, est nommé conseiller au Conseil Souverain à la place de I-"ran- 
çois Hazeur, décédé. 

Deux années i)lus tard, le 20 mars 1712, M Gaillard devenait l'ac- 
quéreur de l'île et comté île Saint-Laurent nie d'Orléans) ]iour la 






.1 ,a;î. 



/3 



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—01 — 

somme de 24,000 francs, argent mona\é de France. L'île d'Orléans, 
propriété de François 3erthelot, conseiller au Parlement de Paris, de- 
puis avril 1675. avait été veiKhic le 25 février 1702, à Charlotte-p-ran- 
çoise Juchereau, épouse de Trançois de La Forest Mais M. Berthe- 
lot avait été ohlij;é de la reprendre, après bien des ]>rocès. Il ne voulut 
pas la conserver parce que les frais d'administration en absor- 
baient tous les revevenus. 

M. Gaillard s'amassa une jolie fortune dans le commerce. 

C'est M. Gaillard qui, le 28 octobre 171S, servit de ])rcte-nom à 
l'intendant Bégon pour acheter de Françoi.se Duqnet, veuve d'Olivier 
.\Iorel de la Durantaye, le fief Grandpré, dans l'ancienne seigneurie de 
Notre Dame des Dames. Cette iiropricté, par une confusion qui n'a 
guère été exjiliquée.est passée dans la légende sous le nom de Château 
Bigot. 

M. Guillaume Gaillard décéda à Québec le 13 novembre 1729. Il 
fut'le père de treize enfants. Le chanoine Joseph- AntoineGaillard, dé- 
cédé à Lanoraie le 2 avril 1771, était l'un de ses fils. M. l'abbé Lan- 
gevin, dans .ses .VoUs s//r le r/iapitie de Québec (p. 289) dit que le cha- 
noine Gaillard était le fils de Pierre Rey-Gaillard et de Françoise Cail- 
leteau. M. l'abbé Bois {L'île d' Orléans, p.32)le dit fils de Jean-Baptiste 
Gaillard Saint- Laurent. Tous deux .se trompent. Le chanoine Gail- 
lard était bien le fîls de Guillaume Gaillard et de Marie Xepveu. l'n 
autre des fils de Guillaume Gaillard, Jean-Baptiste Gaillard fut nom- 
mé le 27 mars 1736 membre du Con.seil Supérieur de la Nouvelle- Fran- 
ce. Il décéda à Oucbec le 7 février 1742. 

P. -G. R. 

FRUDERIC-GUILLALME OLIVA— Mgr Tanguay dit que Fré- 
déric-Guillaume Oliva était marchand et était né dans l'ancien électo- 
rat de Hesse — Ca.ssel [Allemagne] en 1749. 

Nous croyons que .M. Oliva n'avait jamais été marchand. Il dût 
venir au Canada en 1776 en ([ualité de chirurgien dans un des régi-- 
ments mercenaires allemands (pii étaient sous le commandement du ba- 
ron de Riedesel. A la paix, plusieurs des officiers et soldats de ces ré- 
giments s'établirent au Canada. 

Oliva ])rati(|Ua d'abord connue médecin à Saint-Thomas [Montma- 
gny]])uis vint s'établir à Québec. 

Le docteur Frédéric-Guillaume Oliva décéda à Québec le 31 juil- 
let i7<^6, et fut inhumé le lendemain dans la chai)elle Sainte-Anne de 



la cathcdralfc. Son acte de sépulture le dit âgé d'environ 47 ans 

Une note manuscrite retrouvée dans les iwpiers de sa famille dit 
qu'il avait épousé, le 30 janvier 1782, Catherine Couillaid des I.slets, 
veuve de Pierre Dambourgès. 

Cette note donne aussi les prénoms de ses enfants avec date de 
na'siance de chacun. 

10. Eniilie-Jacob[Emeline-Jac<)bine]née le 24 septembre r7S4. 
Mariée à Louis Chaperon, huguenot, originaire de Berne, Suisse. 

20 Frédéric-Godlip né le 10 janvier 17S6. Marié le 16 février iSiy 
à Angéline-Olympe Perreault, fille de Jo.seph-François Ferreault et de 
Uusule Catherine McCarthy. M. Oliva décéda l'année suivante et sa 
veuve se remaria au docteur François P^ortier. 

- 30. James [Jacques] né le 15 août 17S7. Marié à Montréal, le 20 
janvier 1818, à Marguerite-Charlotte DesRivières. Fut le i)ère de 
l'abbé Frédéric-Auguste Oliva, décédé curé de Saint- François de la Ri- 
vière-du-Sud le 4 janvier 1898. 

40, Thomas né le 2: décembre 17SS. 

50. Catherine née le 21 avril 1790. 

60. Luce née le 10 janvier 1793. 

70. Julie née le 2_ mai 1795. 

80. Marie-Louise née le 3 janvier 1797. 

Dans ses AA' 1/10/ /r s. M. Aut)ert de Gasjjé fait de grands éloges de 
la .science médicale du docteur Oliva. 

" La picote, dit M. de Gaspé, faisait autrefois des ravages affreux 
dans le Canada : on soignait à la ]3lus grande chaleur et avec force 
boisson, ceux qui étaient atteint de cette cruelle maladie. Le docteur 
Oliva est le premier qui ait introduit une méthode o]iposée. La 
vaccine n'était pas alors découverte ; et il avait soin d'inoculer, autant 
que possible la petite vérole, l'automne ou le printemp.s, prescri\ant aux 
]iatients de sortir tous les jours. Je fus inoculé par lui à l'âge de cinq 
ans, pendant le mois d'octobre, et je faisais journellement plus d'une 
lieue en voiture. C'est le même médecin qui disait, quand la picote 
fai.sait des ravages dans les campagnes: Quel bonlitur ) our ks malheu- 
reux attaqués de cette mabidie, s'ils tombaient malades dans les forêts, 
près d'un ruisseau, sous un abri de sa])in : (|uatre-\ingt-dix sur cent 
recouvreraient probablement la santé. Le docteur OIi\a mourut \ers 
l'année 1797 (31 juillet I7>.)'>), d'une attaipie d'apoplexie foudrovanle. 
Lorsque ce malheur arri\a, je jouais dans la rue avec le même enfant 



■; lijijv .- -->ii 



—93- 

qu'il avait sauvi d'une mariière si surprenante. Ce fut une perte irré- 
parable pour la ville de Québec, où les bons niédecius étaient bien rares 
à cette époque, pour ne jias dire davantage, (i) 

Dans ces mêmes Miiiiohes, M. de Gaspé raconte avec sa verve en- 
diablée couimeut le docteur OIi\a le sauva d'une attaque de l_\ i>hus 
dans son e.vtrêiue jeunesse. Le fr.vter qui soignait le jeune de (jas- 
pé avait fait fermer toutes les fenêtres delà chambre du malade et allu- 
mer un feu bien nourri. On était en novembre. Le docteur Oliva, en 
arrivant, fit ouvrir toutes les feriètres de la niai.son. 

"Le docteur Oliva me sauva la vie, dit M. de Gaspé. Le bruit se 
réjiaiidit bien vite dans la paroisse (Saint-Jean-Port-Joli), (jue le méde- 
cin de Québec m'avait as.sa.ssiné ; qu'où lieu de me réchautifer, comme 
avait fait .son confrère, il me soignait à la glace. Et ce ne fut qu'ajirès 
ma convalescence ((u'ils avouèrent que j'étais encore vivant ; tout eu 
faisant, néanmoins cette sage réflexion en branlant la tête : Le doc- 
teur a ])ourtant fait tout ce qu'il a ])u pour le tuer : il fallait que le pe- 
tit mariugouin eût l'âme chevillée dans le corps, et sept vies l'une au 
bout de l'autre. " 

Le docteur Oliva a\ait prescrit en cette occasion mais d'une façon 
moins énergique le traitement qu'il avait fait subir à .son propre fils. 

C'est encore \L de Gasjié qui parle ; 

"Mon père, dit-il, pendant une des fréquentes visites qu'il faisait au 
Dr Oliva, lorsqu'il demeurait au bourg de Saint-Thomas, a\ant d'aller 
résider à Québec, trouva toute la famille dans une grande affliction. 
Frederick, l'ainé des fils du docteur, était à la dernière extrémité. 

" — Mon enfant n'existera plus demain, dit le célèbre médecin à .son 
ami. 

" — \'ous n'avez donc, lui dit mon père, aucune ressource dans votre 
art, pour sauver la vie à un enfant si fort, si bien constitué ? 

'■ — Oui reprit le médecin, il m'en reste une, bien petite à la vérité, 
mais ma femme ne consentira jamais que je mette son enfant à une 
épreu\e si cruelle. Si l'enfant meurt sou.s l'efiet du traitement, on dira 
que je l'ai tué. et tout le monde m'accu.sera d'avoir été le bourreau tic 
mou fils. 

" — Ave/-vi)us annoncé à la mère l'étal désespéré de votre fiis, ré- 
]>liqua mon père. 

it M. ()li\a, (jne l'enfant sera nu)rt demain au ma- 

prit mon père, e>t une fenune (l'un e^p^it et 
l\lk- connait vutre luibileté, elle cun.sL-ntira 







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à tout. Avec rasseiitiineiit de la mère, vous devez mépriser les cancans 
des commères du village. 

" — Ils enlrèrent ensuite dans la chambre du lualadc, dans laciuelle 
était la mère, et quelques-unes de .ses amies, ainsi que des voi-ins du 
bourg de Saint-Tliomas. Le Docteur examina l'entant, et secoua la 
tête avec triste.sse. 

"C'en est donc fait, dit la pauvre mère. Tu es donc à bout de 
re.ssources, toi auquel j'ai vu faire des cures si nu r veilleuses ? 

"-Il m'en reste une. ma chère femme, fit 1 Docteur, mais tu ne 
consentiras jamais à ce traitement. 

" — Lequel, parle vite ? 

"---Faire entrer une cuve d'eau à la j^lace et ])louger l'enfant de- 
dans (c'était pen-iant l'hiver). 

"Ce fut un cri d'horreur ]>arnii les étrangères. Madame Oliva se 
leva a\-ec calme et leur dit : vSuivez-moi dans une autre chambre. La 
vie de ce cher enfai\test au.ssi ])récieuse à mou mari qu'à moi-même. 

"Moa père resta près du mala le avec son ami. L'enfant fut )-)lon- 
gé dans une cuve d'eau sortant de la rivière, et déposé ajirès ce bain 
glacial dans un lit, entouré de flanelles bien chaudes ; et à l'exiiiration 
d'une demie-heure environ, il s'en suivit une transpiration abondante 
qui lui sauva la vie." 

P.-G. R. 

L'ABBE JEAX-EDOI'ARD DARVEAU -Jean-Edouard Darveau 
originaire de Québec, avait été ordonné prêtre le 1 1 février 1S41. 11 
se dirigea presque aussitôt vers les missions de la Rivière- Rouge. 

Mgr Tanguay, dans sou Rcpo ioiu- du Clcrgc Caiiadioi, dit que 
l'abbé Darveau se noya dans la Rivière- Rouge le 4 juin 1S44. 

De son côté, le célèbre Père Petitot, dans \\w de ses ouvrages sur 
l'Ouest canadien, écrit que l'abbé Darveau ne se no>a pas mais fut tué 
l)ar :on guide sauvage. 

Oui a raison ? 

Le R. P. Morice, 0. M. I., au prenu'er volume de son Uialoirc de 
V église Ciithollquc dans r oiiLxf canadicu . ]i])..263 et .seq., a ]'.rou\é, hors 
de tout doute, l'a.ssassinat de l'abbé Darveau i>ar un sau\nge maské- 
uon, le 4 juin iS.j4. 

Dans l.is Chu/iis de Sni)il-/ioui/,ui\\\\r:\'\sr)\\ du 15 se] timbre u^n4, 
on publie le texte d'une entrevue eiUre\'ue de Sa Orandeur .Mgr Lan- 
gevin. archevêciue de Saiut-Iioniface. avec Na])akisit. chef sauteux île 
la réserve de la Rivière-aux-E])iuettes, à Cami)er\ilie. 

Ce chef affirma à Mgr I.angevin que l'assassin de l'ablié Darveau 
était le sauvage mu-kégon W'itchina et qu'il le tua d'\ui ei>np de fusil. 
L'assassin a\"oua son crime à sou lit de mort. 

On a ]>lanté vnie cniix le :o juin 1914. à l'endroit où le corps du 
missionnaire D;u\l.ui fut euse\e!i. 



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—95- 

LES OUVRAGES CANADIENS RECENTS 



R. P. Odoric-Marie Jouve, Lts/raiicisraiiis cl /c Canada. \"oUniie 
liremier. L'établissement de la foi, 1615-1619. Québec, couveiU de.s 
Stigmates — 19 15. 

Cet ouvrage est dédié à Son luninence le cardinal Bégin. Dans sa 
lettre à l'auteur, en date du 3 décembre 1914, Son Eminenee résume 
admirablement le livre du \' . Odoric-Marie Jouve: 

"Les Pèles Récollets, dit-il, furent nos premiers missionnaires ; et 
cet oii>rage, qui est connue un monument élevé en leur honneur, est k- 
récit de leurs travaux apostoliques au Canada, de 1615 à 1629. 

"Vous.nous montre/., tout d'abord, que l'illu-stre Chamiilain, après 
l'établi.s.sement de la colonie à Québec, n'e.st i)as content de son œuvre 
tant qu'il ne lui a pas assuré un des éléments les plus nécessaires à son 
développement : l'intime coo]>ératioii de l'Egli.se, dont \k\\ d'hommes 
ont compris aussi bien que lui l'influence .salutaiie. Nous voyons alors, 
dans vos pages, l'action de la Providence qui dirige le choix de Cham- 
plain sur des enfants de saint François, les Récollets. Ces digne.-5 fils 
du Patriarche d' Assi.se tout animés qu'ils sont du plus beau zèle apos 
tolique, ne veulent ceiiendant recevoir que de Rome, source de tout 
pouvoir religieux, la mission sainte de \enir établir la foi dans ce pays 
nouveau. Et l'on peut donc se réjxuir de voir notre Eglise Canadien- 
ne, dès .ses origines, s'attacher coumie ob.stinément au Pontificat ro- 
main. Ce fait si important et si consolant, et tout à la gloire de vos Pè- 
res, vous l'établis.sez dans votre histoire par des documents que l'on 
ignorait jusqu'ici. 

"Puis, vous e.squi.sse/., comme en une série de tableaux, l'arrivée, 
les premières impressions, les travaux inunenses de nos ]>remiers mi.'-- 
sionnaires. Nous y suivons jusque dans la région des Grands Lacs 
ces Rév-odets, véritables pionniers de la foi et de la civilisation, de 1615 
à 1629. Leurs noms, à tous, brillent dans i.os annales: car tous .se 
montrèrent di nés de la mission qui leur avait été confiée. 

"Votre livre m'est i)articulièrement agréable en ce qu'il rappelle les 
commencements de notre belle ICglise de Québec. Dans vos images, 
nous vo\-ons ar.iver ici les iiremiers jjrctres qui aient a]-)i)crté à notre 
peujile encore au beiceau les consolations de la religion, l'n sanctuai- 
re s'élève bientôt au i)ied <iu Cap Diamant. Le Dieu de l'Iùichari.stie \ 
établit sa demeure ; de l.'i, sous m-tre ciel canadien, les eau.x salutaires 
des .sacrements se rép:nulcnt. la lumière <k la foi >■ resplenilit, la voix 
de la vérité s'\ fait entendre : c'est l'Eglise de Québec, mère de toutes 
le> Ivglises de rAméri<|Ue du N'ord. (pii prend iiaivsance. se fditifie, se 
déveliippe et cominer.cc son icuviv de civilisation et de >aiut. 

"Ivn nou-^ rappelant ces débuts >i i)éiul>les, ce.s travaux si dur> de 



iï'i • ,..W:jJ '/:'■/'] B 



—w>— 

la première heure, vous acconi]ilissez iin acte de justice envers les fon- 
dateurs de notre Eglise canadienne. Personne n'a le droit, chez nous, 
d'ignorer ou d'oublier les luttes et les souffrances au prix des(|Uelles la 
foi a pris racine dans notre pa3S." 

L'ouvrage du Père Odoric-Marie Jouve coiniirendra plusieurs vo- 
lumes. 

R. P. Pierre Oranger, I\aiso)ii d'cspâcr. Le Rosaire, Saint-H\a- 
cinthe, P. Q. — 1915- 

C'e.st une conférence donnée à Ottawa le 10 décembre i9'4. 'I" 
profit des écoles bilingues d'Ontario. 

Le R. P. Granger a divisé son travail : I la barbarie allemande et 
ontarier.ne, et la civilisation : II la barbarie allemande et ontarienne, 
et l'opinion du monde civilisé : III la barbarie allemande et ontarien- 
ne, et les qualités de l'dnie française. 

Herbert-George Tndd, .U iinny and!.' lira ff es oj Canada : amiprisiiii^ 
tlic lincagc ot pi'otiiiiii'iit aiid pioncc) Canadians 7>'H/i descriptions and il- 
lustralious of t/ieir eoat ai nior, ordeis of Knighlhocid or oiher o'iirial insi- 
gnia. Herbert-George Todd, editor, 39 East 42nd .street, New- York — 

1915- 

L'auteur donne dans cet ouvrage les armes et des renseignements gé- 
néalogiques sur les familles sui\antes de la ]irovincede Québec: Baker, 
Brymner, Buchanan, Henderson, de Montréal, et Hamihon de Ham- 
wood, .Montizambert et Xeilson de XeiLsonville, de Québec. 

A la fin de son ouvrage, .\L Todd donne les armes de Antoine de 
Lamothe-Cadillac, fondateur de Détroit, du comte de Frontenac, de 
Jean-Ba])tiste Le Moine de Hienville, du nianjuis de Montcahn, du mar- 
quis Du Quesne, de Robert Cavelier de La Salle, du nianpiis de Vau- 
dreuil, du duc de \'entadonr et du général Wolfc. . 

L'abbé D. Gosselin, /hil/etin paroissial de Charlesboiirg pour l an- 
née IQI4. Dixième année. Imprimerie de V Evénement, 30, rue de la 
Fabrique, Quél>ec — 1914. 

On trouvera dans cet intéressant fascicule une juste a])préciatii>n 
<le la 1 »,/,■ .J/c/"'< /''■"^''" ■'""'''. publiée en France, enigiu, par un 
membre de sa famille, le vicomte de FoiUbriand. 

Trei\ienie rapport di la Commission de (,éo\:,iopliie dit Canada ion- 
tenant tonltslts déeisions jHSijn'au jr mars /•///. Ottawa-uji 5. 












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BULLKTIN 



RECHEEMES HiSTUFjpES 



VOL XXI BEAUCEVILLE=AVRIL 1915 No. iV 



La Verenderie avant ses voyages 
au Nord=Ouest 



Depuis que j'ai public (Ri-'nc Canadiotnc, l'Sjj) de copieuses no- 
tes concernant le découvreur du Xord -Ouest, il m'a été possible de re- 
cueillir de nouveaux renseignements sur sa jeunesse, aussi bien que sur 
cette partie de sa carrière qui va de son retour de France en 171 1 jus- 
qu'à sou départ pour le lac Xipigon, en 1727, une période restée obs- 
cure et qui ne manque pas d'intérêt, comme on va le voir. 

La date du 8 mars 1655 que Tanguay donne pour le baptême de 
Marie Boucher s'aj^j-lique à Pierre Pépin dit Laforce, dont la mère 
était Marie Boucher. Pierre Boucher, frère de cette dernière, fut le 
jiarrain de l'enfuit. L'erreur .se démontre par la confusion des noms. 

Il n'y a pas d'acte de baptême pour Marie Boucher. 

Au recensemei't de 1666, chez les Ursulines de Québec, on voit 
Marie-Ursule Boucher, âgée de 11 ans, pensionnaire. Au recen.sement 
de la même année, ville des Trois-Rivières, il y a : 

Pierre Boucher, escuier, de Grobois, 44 ans, gouverneur. Dlle 
Jeanne Crevier, sa femme, 30 ans. Enfants : Pierre, 13 ans, Marie 11, 
Lambert 10, Ignace 7, Madelaine 5, Marguerite 3, Phili])pe 3 mois. 

Les actes de baptême de Pierre, Marie, Madeleine manquent. Les 
âges de Lambert, Ignace, Marguerite, Philippe donnés par ce recense- 
ment s'accordent avec les actes de baptême. Il s'en suit que j'adopte 
Pierre comme étant né en 1653 et Marie en 1655. 

Au recensement de 168 1 cette dernière est portée à 30 ans ; elle 
avait tout au ])lus 26 ans. Son père s'était marié le 9 juillet 1652, et 
l'aîné des enfants, Pierre, était de 1653, d'après ce qui jirécède. 

N'ovons l'acte de mariage de cette fille : 



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" L'an de grâce mil six cents soixante-sept, le vingt-sixième jour 
de septembre, après la publication des trois bans, ne s'étant tiouvé au- 
cun empêchement, moi, Jean Frémont, prêtre, faisant les fonctions cu- 
riales en la paroisse des Trois- Rivières, ayant interrogé dans l'église 
René Goltier et Marie Boucher, tous deux de cette paroisse, et ayant 
reçu leur mutuel consentement, les ai mariés avec les cérémonies re- 
quises, en présence de M. Boucher gouverneur de ce lieu et de M. de 
Normanville, et leur ai aussi donné la bénédiction en la messe, selon le 
rite et la forme de notre mère la Sainte Eglise". 

L'acte ne dit pas quels sont les parents des mariés. Marie devait 
être âgée de douze ans tout au plus. L'époux avait ti ente-deux ans, 
d'après le recensement de i6Si qui lui donne 45 ans et l'acte de sépul- 
ture de 1689 qui met environ 55 ans. 

Le premier enfant, Louis, né de ce mariage, fut baptisé aux Trois- 
Rivières, le 7 septembre 1673, alors que la mère était âgée de dix-huit 
ans. Il était né le 30 août. Dans l'intervalle, il faut croire que l'on 
écrivit à Québec, puisque le parrain fut Louis de Buade, comte de 
Frontenac, " gouverneur et lieutenant général des armées du roi en 
toute la Nouvelle-France et Amérique Septentrionale ", représenté par 
"M Prévost, major de Québec " envoyé exprès. La marraine fut 
" Mlle Boucher, sa grande-mère." C'est Jeanne Crevier ci-dessus. 

Du mariage de René Gautier de Varennes avec Marie Boucher, il 
faut citer quatre garçons qui doivent servir à faire comprendre l'origi- 
ne du nom de la Vérendrie : — 

Louis né en 1673, Trois- Rivières. . , , 

Jacques- René né en 1677, " '" ■' 

Jean-Baptiste né en 1677, " 

Pierre né en 1685. " . ■ 

Voici tout de suite mes conclusions : 

Louis s'appela La \'érendrie, fut militaire, alla mourir en Europe 
vers 1709. Ne s'est pas marié. 

Jacques-René, devenu l'aîné, éi>ousa en 17 12, Jeainie Lenioine et 
continua la lignée qui existe encore. 

Jean-Baptiste devint prêtre. 

Pierre s'api)ela d'abord Boumois, fut militaire en Canada, servit 
en France, prit le nom de La \'érendrie à la mort de Louis, re\int au 
Canada, se maria en 17 12, avec Marie- Anne Damlonneau, découvrit le 
Nord-Ouest, mourut en 1749 et sa famille s'éteignit a\ant 17S0. 



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—99— 

Examinons les faits sur lesquels je base ce raisonnement : 

Un certain La Vcrendrie, de France, parent de René Gaultier de 
Varennes transigeait avec lui des affaires concernant le commerce des 
pelleteries. 

Le gouverneur des Trois-Rivières n'était pas mieux rénuméré que 
les autres fonctionnaires du Canada — il faisait la traite clandestine 
pour s'empêcher de mourir de faim. Son histoire est celle de tous ses 
confrères ou collègues. 

Au baptême de Louis Massé, le 25 mai 1676, aux Trois-Rivières, 
" M. de la Vérandrie " e.st parrain mais non présent —c'est Jean 
Godefroy de Linctot qui le représente. Il s'agit probablement de La 
Vérendrie qui vivait en France. 

Voici donc quatre enfants. Il nous en faut d'autres :- 

Comme on ne sait pas ce que devint Jean né en 168S, on peut croi- 
re qu'il décéda au berceau. 

Je dirai, pour compléter ces notes, que : 

Anne- Marguerite .se fit religieuse Ursuline. 

Madeleine épousa Charles Petit Le Villiers en 1694. 

Marie- Renée épousa Christophe Dufros de la Gemeraye en 1701. 

Marie-Marguerite épousa Louis Hingue de Puijibault en 1707. 

J'ai tenu à préciser ces ren.seignements pour éclaircir l'histoire de 
cette famille que le recensement de 16S1 embrouille complètement et 
pour exi)iiquer la disparition de Jean né en 1688, lequel ne paraît pas 
avoir vécu plus d'un an. 

Rien d'étonnant dans la pauvreté de M. de \'arennes. Toute la 
noblesse de la colonie crevait de faim. 

Sa .seigneurie de la Gabelle n'avait pas un seul habitant et ne rap- 
portait rien. 

Celle du Tremblay renfermait en 1681 trente âmes divisées entre 
quatre familles et deux colons non mariés. De plus 67 arpents de ter- 
re cultivée et trois bêtes à cornes. 

La seigneurie de Varennes avait quatorze ménages, dix colons non 
mariés, en tout soixante-onze âmes. De plus 2 iS arpents cultivés et 
57 bêtes à cornes. 

Le revenu de ces deux fiefs pouvait suffire à l'entretien d'un petit 
enfant, car les trente habitants à ])eine établis ne devaient guère four- 
nir de redevance dépassant une piastre chacun. 

Le 26 septembre 1667, Pierre Boucher est mentionné pour la der- 



—100— 

nière fois comme gouverneur des Trois-Rivicres. Le capitaine Arnonlt 
de Loubias, du régiment de Carignan, est cité avec le titre de comman- 
dant le 8 avril i66S, puis le lo juin, on voit René Gaultier de Varen- 
nes gouverneur. 

En lôji.M. de Varennes demanda la permission de passer en Fran- 
ce. Talon proposa de le nommer de nouveau gouverneur des Trois- 
Rivières, ce que le roi accorda le 6 juin 1673. La conunission fut re- 
nouvelée le 30 mars 1675 et par la suite puisque les fonctions se conti- 
nuèrent jusqu'à la mort du titulaire eu 16S9. 

On trouve dans les archives judiciaires du bailliage de Montréal, 
sous l'année 1683, une procédure au,ssi singulière que plai.sante et dont 
voici la substar.ce. MM. Le Ber de Saint-Paul, Lemoine de Longueuil 
et Lemoine de Maricourt, revenant de Québec, au fort de l'hiver, firent 
une halte aux Trois-Rivières pour saluer M. de A'^arennes, qui les re- 
tint à souper et à coucher. Ils voyageaient sur des traînes chargées de 
leurs vivres et tirées par des chiens ; au besoin ils se servaient de ra- 
quettes. Le lendemain de l'arrivée aux Trois-Rivières, leur domesti- 
que, nommé Jean, partit avant eux amenant traînes, vivres, raquettes, 
couvertures, mitaines, chaussures de voyage, etc, et pres.sa tellement 
sa marche qu'il ne purent le rejoindre qu'à Montréal, après avoir en- 
duré des fatigues excessives. Il y avait dans le bagage des lettres du 
gouverneur général qu'il fallut renvoyer à M. de Varennes par des 
messagers spéciaux. Jean donna pour réponse au bailli qu'il s'était te 
nu à distance parce que ces messieurs ne l'aimaient pas. Du reste il se 
disait prêt à demander pardon pour cette petite faute, comme il disait. 
On lui fît demander pardon en effet, il paya vingt francs de dommage 
et les frais de cour. 

Nous sommes arrivés à l'époque de la naissance du Découvreur. 
Je vois par les journaux, les brochures et les livres que l'on persiste à 
faire naître ce personnage sur le Platon des Trois-Rivières, dans le 
château qui a brûlé en 190S — sans tenir compte que les plans de 16S5, 
1704, 1721 nous montrent le Platon nu et que le dit château ne fut 
construit qu'en 1723 alors que La \'éreudrie était âgé de trente-huit 
ans. 

Cette erreur a été publiée vers iSdo par un honune que j'ai bien 
coiuiu. Il faisait de l'histoire conune tant d'autres : par supjtosition et 
avec des vues arrêtées. 

Lorsque je lui demandai où il avait rencontré cette découverte, il 





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—101- 

lue rit au nez. 

Je lui dis nettement que jamais homme instruit ne doit se mo:iuer 
de ceux qui lui demandent compte d'une assertion. Il i)eut refuser de 
réi)ondre, voilà tout. 

Ceci le piqua au vif. Pour me faire .sentir .sa supériorité, il procé- 
da par un interrogatoire : 

— Le père de La \'érendrye n'était-il pas le gouverneur des Trois- 
Rivières ? 

—Oui. 

— Alors l'enfant est né dans la maison des gouverneurs, sur le Pla- 
ton. 

— Vous trouvez cela concluant ? 
Il me rit au nez une seconde fois. 

A mon tour, je l'interrogeai, en prenant le tonde pitié qu'il avait 
adopté envers moi : 

— Depuis quand les gouverneurs habitent-ils sur le Platon ? 
— Ah ! dame, je ne .sais pas. 

— Je le sais, moi. 

Il rougit quelque peu, puis demanda : ■ ,. 

— Depuis quand donc ? 

— Depuis 1723, pas avant ! 

Il rougit tout à fait. 

— Eh bien ! dit-il, on .se trompe parfois. Est-ce vous, e.st-ce moi, 
qui 

— Vous n'avez rien iiour soutenir votre thèse, tandis que j'ai la 
preuve du contraire. Tenez, vo^ez ceci : 

Je lui montrai le plan des Trois- Rivières dressé par l'ingénieur 
Villeneuve durant l'été de 16S5, terminé et signé le 13 novembre de 
cette année. On y voit, à l'extrémité nord-est de la rue St-François 
Xavier, dominant le fleuve, une grande maison marquée : "M. de \'a- 
reunes gouverneur." Sur le Platon, il y a un petit corps-de-garde ou 
un humble magasin de traite. 

Quatre jours après la signature de ce plan avait lieu le baptême de 
La Vérendrye. 

Lecteur, vous me croirez si vous voulez : cet homme, i)1un tard, a 
mis son article en volume et n'\ a rien changé de sorte ((uc son erreur, 
qui méiite d'être (lualifiée i>lus .-.évèrement encore, est entrée dans la 
croyance populaire, et du diantre si nous pourrons l'en extirper ? 



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—102— 

11 avait intérêt-— vanité de famille — à ce que La Vérendrj-e ait 
vu son premier jour dans le château. 

Lorsque je vis pour la ])remière fois, vers 1S57, la grande maison 
en bois du bout de la rue Saint-François-X ivier, elle était en ruine ; et 
toute la ville ignorait ce qu'elle avait ttS. 

Vers ce temps-là M. Pierre-Louis Morin copiait, à Paris, le plan 
de 1685 mentionné ci-dessus. Plus tard monsieur Antoine Polette, ju- 
ge aux Trois-Rivières, en obtint un double, que je copiai à mon tour 
de sorte que, en 1857, je pouvais, carte en main, visiter derechef la 
vieille masure .• il n'y restait plus que le haut solage en pierre. 

Lisons l'acte de baptême du Découvreur : , 

. " Le dix-huitième jour de novembre de l'an mil six cent quatre- 
vingt-cinq, par moi F. G. de Brullon, curé de l'église ])aroissiale de 
Notre-Dame des Trois-Rivières, a été baptisé en la dite église, Pierre 
Gaultier, fils de niessire René Gaultier, escuier, sieur de Varennes et 
gouverneur pour Sa Majesté des Trois-Rivières, et demoiselle Marie 
Boucher sa femme. L'enfant est né du dix-sept du dit mois et an. Son 
pariain a été messire Pierre Boucher, son grand 'père, en la place du- 
quel Lambert Boucher, son fils, a tenu le dit enfant ; et la marraine a 
été Madeleine Gaultier dit du Tremblé, sa sœur, lesquels ont signé sui- 
vant l'ordonnance (signatures) Grand Pré. Madelaine de Varennes, F". 
G. de Brullon." Ce dernier est le curé de la paroisse. 

Le 17 novembre tombait le samedi. Le baptême eut lieu le di- 
manche. 

Un mot du parrain, qui n'était pas le premier venu. Il se nom- 
mait Pierre Boucher, seigneur de Grosbois, de Boucherville et autres 
lieux. Son histoire est partout dans les livres. 

Un jour, Charles Lenjoine le pria d'être parrain de son fils nais- 
sant — ce dernier devint Pierre d'Iberville. 

Ensuite il fut parrain de Pierre Pei^in dit Laforce, grand \ovageur 
au Mississipi et le même, si je ne me tromix', qui a laissé son nom au 
l.ic Pejnn, situé entre les ri\'icres Wisconsin et Chippewa, où l'on trou- 
\e aujourd'hui la ville de Pépin, .\prcs toutes ces courses, notre tri- 
fluvien s'étal)lit avec sa femme, Louise I.emire, à la Pointe-aii-Sable, 
près Nicolet, et y fit valoir un fief que le gouvernement lui avait accor- 
dé en cet endroit. Son fils et son petit-fils ont aussi leur noms dans 
l'histoire du pays. 

Pierre Boucher était non seulement grand-père de La Véren(lr\e 



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mais de plus son parrain, et il le nomma Pierre, comme il avait fait de 
Lfmoine d'Iberville et de Pépin. 

Je me représente l'ancien gouverneur des Trois-Rivières vers 1700, 
alors qu'il demeurait dans sa seigneurie de Bouclierville, songeant à 
cinq ou six de ses enfants qui étaient à la guerre et à ses filleuls, les 
trois Pierre, dont l'un Pépin plantait des postes de traite dans l'ouest, 
l'autre d'Iberville battait les Anglais à la baie d'Hudson et fondait la 
Louisiane, puis le troisième Gaultier combattait à Terreneuve. attendant 
le signal pour rejoindre en France le régiment de son frère aîné. 

Plus tard, en 17 15, Boucher toujours vivant, songeait à Laforce 
retiré sur son domaine vis-à-vis des Trois-Rivières ; à d'Iberville ense- 
veli dans la gloire de ses triomphes ; à La Vérendrye couvert de bles- 
sures et cité à l'ordre du jour de l'armée. 

Il ne véciit ])as assez longtemps pour voir ce dernier entreprendre 
et mener à bien la découverte du Nord-Ouest. 

Nous avons ici quatre Pierre sur lesquels on peut bâtir un édifice 
national. Le parrain et les filleuls sont dignes les uns des autres et re- 
présentent la colonisation, l'agriculture, les découvertes, le commerce, 
la fondation d'une colonie, la gloire militaire. 

Le 21 juin 16S9, à la séiiulture de Jean-Baptiste Pépin dit Laforce, 
âgé de deux jours, sont présents "Louis Gaultier sieur de La Vérende- 
rie, Jean Gaultier, sieur de la Véreiiderie, et Jean Gaultier, sieur du 
Tremblé." Les signatures suivent : 'La V'erenderie, Jan G. de \'a- 
rennes, F. G. de BruUon." 

Je pense qu'il faut comprendre : Louis né en 1673, Jean-Bapti.ste ' 
né en 1677, Jacques-René né en 1677 sieur du Tremblé. Ceux-ci 
étaient jumeaux. 

Le 20 septembre 16S6, au baptême de Marguerite Lefel)vre dit La- 
ciserée, le parrain et la marraine sont : "Louis Gaultier et Marie- Mar- 
guerite Gaultier, tous deux enfants de messire René Gaultier, e.scuier, 
sieur de Varennes, gouverneur des Trois-Rivières. La marraine a dé- 
claré ne savoir écrire. IClle n'avait pas huit ans. Les signatures sui- 
vent : "Louis de La \'érenderie, F. G. de Brullon." 

Au baptême de Louis Lemaitre le 6 janvier i6,S6, le parrain est 
"Louis Gaultier sieur de La \'érenderie", enseigne d'une compagnie 
des trou lies ([ui sont en Canada." La signature est "Laverenderie". 
C'est encore Louis, alors âgé de (piinze ans et demi. 

Le 15 novembre i6yo. le comte de l'ronteuac nomme le sieur Le Gar- 



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— 104— 

(leur, qui était enseigne réformé, à la place du sieur de Falaise lieute- 
nant en pied ; €t "le sieur de Varennes de la \'érenderie" (son filleul) 
est fait enseigne réformé à la ])lace de I.e Cardeur. Un officier réfor- 
mé conservait son garde mais ne servait pas avec les troupes. 

M. de Varennes avait de nouveau sollicité la permission de faire 
un voyage en France pour y vaquer à ses affaires. On lui refusa tout 
d'abord cette liiierté, puis, le 24 mai 1689, le roi signa l'autorisation, 
mais elle arriva après la mort de ce fonctionnaire. 

" Le quatrième jour de juin de l'an mil s'x cent quatre-vingt-neuf 
est décédé en la communion de Notre Sainte Mère l'Kglise, après avoir 
reçu les saints sacrements de pénitence, euchaiistie et extrême-onction, 
René Gaultier, chevalier, seigneur de Varennes et gouverneur des 
Trois-Rivières, âgé de cinquante-cinq ans ou environ, et a été inhume, 
le jour suivant, dans l'église de cette paroisse, en i)résencc de Jacques 
Labadie, de Lambert Boucher, Joseph Godefroy sieur de Vieuxpont et 
autres ])lusieurs témoins connus. (Signatures) Labadie, Grand Pré, 
F. G. de Brullon." 

Claude-Charles de Grès, chevalier, seigneur de Merville, capitaine 
d'une com])agnie des troupes entretenues en Canada, était en garnison 
au-c Trois-Rivières durant les années 16-17-1689. Le 23 juillet 16S9, au 
baptême d'un petit algonquin, il est qualifié de "commandant de ce 
lieu." 

D'après une lettre de l'intendant Chnmi)ign\-, en date du 16 no- 
vembre 16S9, le chevalier de Merville avait été nommé au poste intéri- 
maire de gouverneur des Trois-Rivières ])ar le gouverneur général mar- 
quis de Denonville, mais les appointements ne devaient être ])a\és que 
sur l'ordre du roi 

Devenue veuve, la première dame des Troi'^-Rivières se trouvait 
sans ressources et chargé d'un nombreuse famille. C'était le sort de 
tous les fonctioiniaires de la colonie. Les salaires étaient insignifiants ; 
ceux qui les recevaient ne cultivaient i)as 1 1 terre; survenant L décès, la 
misère se présentait à la jiorte. 

Dans un mémoire du mois de jan\ier i6i)o, Tint' ndant Champigny 
s'adres.se en ces termes au ministre des colonies : "Le sieur de Kanie- 
sa\ est ini bon officier. Il offre de donner mille'écus à la veuve et aux 
enfants du feu sieur de Varennis, gouxerneur des Trois-Rivières, si on 
lui accorde ce gouvernement. Il en était con\enu avec le dit \'aren- 
ues avent .sa mort, s'il en a\ait l'agrément. Le dit sieur de Rame.-ay 



—105— 

est dcsiré du ptuple et des ecclésiastiques et a toutes les qualités pour 
s'acquitter de cei eni])Ioi, et ce serait une grande cliarité qu'on ferait à 
ceae famille" (de Varennes). 

Un mémoire de la niciiie date, rédigé à Québec. ]iorte : "Le j;;ouver- 
nement des Trois-Rivicres étant vacant par la mort du sieur de Varen- 
nes, sa femme et huit enfants sont à la mendicité. Plusieurs .-^e présentent 
pour avoir ce gouvernement. Le sieur de Rame.say offre de donner 
mille écus .. S'il y avait lieu d'ajouter quelque petite "pension à cet- 
te pauvre famille ce serait une grande charité. C'est une bonne no- 
blesse." 

Champigny écrivait, le lo mai 1691 : " M. de Ramesay, gouver- 
neur des Trois- Rivières, a payé, en ma présence, à la veuve de ^L de 
Varennes les trois mille livres (francs) que vous avez ordonnées, qui 
ont été employées utilement pour être conservées aux enfants ainsi 
que vous me l'avez marqué. 

Singulier trafic de place. Le roi se dispensait de rémunérer les 
services de Varennes, mais Ramesay achetait la situation de gou\er- 
ntur i)ar un acte de charité. Son but était de faire la traite avec les 
Sauvages. 

Le mémoire cité plus haut mentionne huit enfants. Ce chiffre me 
paraît e.xact, mais ne vous fiez pas au dictionnaire de Tanguaj- pour le 
contrôler. 

L'auteur de ce livre a copié le recensement de 16S1 qui donne qua- 
tre enfants dont ni les âges ni les noms ne s'accordent avec les regis- 
tres de l'église, ni avec ce que nous savons d'ailleurs. Voici comment 
il cite : René 10 ans, Jeanne 8, Pierre 5, Jean 2. 

Voici ce que l'on trouve dans les registres : Louis 1673, ^Ladeleine 
1674, Jacques-René 1677, Jean-Baptiste 1677 aussi, ^L^rie- Marguerite 
16S0. Nous a\'ons l'histoire de chacun de ces cinq enfants, tandis que 
les quatre du recen.sement n'ont jias d'actes de nai.ssance ni n'apparais- 
.sent mille jiart par la suite. 

La veu\-e de René Gaultier de \'arenues alla se fixer à Houcher- 
\ille chez son père, où elle est mentionnée le 13 août 1690. Itlle y de- 
meura jusqu'à la fin de l'année 1695, cpoiiue où elle se rendit à Varen- 
nes. Sa résidence ordinaire était encore dans cette dernière seigneu- 
rie à la date du icr juillet 1707. 

A H(nicher\-ille, le 20 avril 1690, Nfadeleine de \' arennes est mar- 
raine a\x'c "s >n frère Louis de \'arennes, escuier, sieur de la \'cren- 



— lOG- 

drie." Même lieu, le 19 décembre 1691, "Madeleine Gaultier" est 
marraine avec "M. de la \'éraudrie son frère." Ce dernier signe : 
"Lavérandery." Après cette date on ne le retrouve plus en Canada. 

D'après M. Pierre Margry (voir " Revue Canadienne " 1872, p. 
362) Pierre (né en 16S5) était cadet dans les troupes en 1697 ^^ s'ap- 
pelait La Vérendrye. Ce ne peut pas être Pierre alo/s âgé de douze 
ans à peine, mais plutôt Louis né en 1673 et déjà en.seigne dans les 
troupes comme on l'a vu. 

De 1697 à 1702 la ])aix fut générale en Europe. Il n'est pas pro- 
bable que, durant ces années, on ait offert aux officiers canadiens de 
])rendre du service dans l'armée de France. En conséquence, Louis, 
aussi bien que Pierre, n'ont pas dû s'éloigner du Canada à cette épo- 
que. 

Si je ne me tromiie. Louis partit pour la France en 1701 au mo- 
ment où les difficultés de la succession au trône d'Espagne annonçaient 
la guerre prochaine. 

M. Margry fait entrer Pierre au régiment de Bretagne en 1706. 
mais il est évident qn'il s'agit encore de Louis puisque Pierre était à 
Varennes en 1707. 

" Pierre Gauthier de Varennes, écuier, sieur de Boumois ", figure 
au registre de Varennes en 1702,1704,1707. Pas de mention de grade 
militaire. Sa signature est "Boumois". C'est la première fois que 
nous le voyons après son baptême. M. Pierre Margry le place dans Us 
campagnes militaires du Ma.ssachu.setts en 1704 et de Terreneuve en 
1705, alors qu'il était âgé de dix-neuf ans. C'est possible. 

Le ler juillet 1707, par devant notaire, à Montréal, madame veuvc 
de Varennes (Marie Boucher) fait un partage de biens. 

Jacque.s-René reçoit la .seigneurie de Varennes. Celui-ci est le 
seul des garçons de René Gaultier dont la descendance existe de nos 
jours. 

Madame de \'arennes a une maist.n à Montréal. Elle se réser\'e 
"Une seigneurie dite de la Verrandcrie située dans la rivière dite des 
Trois-Rivières." C'e.st la Gabelle. 

On mentionne aussi un fief dans \'an.!uies (jui iiorte le nom de La 
\'érendr\ e. 

Pierre, ([ui n'est pas présnil à Tact 
rie du Tremblay contigue à celle île \'ai 
Boumois et de la \'crenderie." C'est I:i 



luestion, 


reçoit 1 


iseignell- 


. 11 est 


appelé 


"sieur de 


lière fois 


qu'on 


lui ai.pli- 



—107— 

que ce dernier nom à ma connaissance. 

Sa saur Marguerite est désignée comme "Gaultier de la Vérende- 
r;e." 

Louis n'est pas mentionné. 

Vers la fin de la pièc » on T.arle d'une somme d'argent due à "M. 
de la Vérenierie." Est-ce le parent de France, ou Louis, fils aîné ? 

A Varennes, le 2 septembre suivant, Pierre assi.ste au mariage de 
sa sœur Harie- Marguerite avec Louis Hingue de Puijibault. C'est la 
dernière fois que le registre de cette jiaroisse le mentionne. Le 29 oc- 
tobre suivant, il est à Montréal, ratifiant pour sa part, le partage du le 
juillet. On le nomme alors "Pierre Gautier, écuier, sieur de Boumois 
de la Véranderie." Il signe "Boumois." 

Quelques jours plus tard (9 novembre) il e.st à Québec, passant 
son contrat de fiançailles avec Marie-Anne Dandonneau. Il est dit 
dans cet acte que madame veuve de Varennes donne son con.sentement 
et que, si l'on avait le temps de lui écrire avant le départ des navires 
de Québec pour la France, elle répondrait dans ce sens. Cela n'indi- 
que-t-il pas que Pierre devait s'embarquer bientôt après avoir signé le 
contrat en question ? 

Qu'il ait pris part aux expéditions contre la Nouvelle-Angleterre 
et Terreneuve, en 1704 et 1705, en qualité de cadet dans les troupes, 
selon M. Margry, la chose est possible, mais, vi.siblement, il ne partit 
pour la France que l'automne de 1707. Son frère Louis avait bien pu 
s'en aller dès 1701 ou /702, à la déclaration de la guerre aite de la suc- 
ces.sion d'Espagne. 

Au mois d'avril 170S madame de Varennes "ancienne gouvernante 
de cette ville" était marraine aux Trois-Rivières avec M. de Cri.safy, 
gouverneur de la place. C'est la dernière mention d'elle que je con- 
naisse dans ce lieu. 

Marlborough et le ])rince Flugène portaient à Louis XIV des 
coujjs terribles en 1707. Plusieurs Canadiens entraient dans l'armée 
française, de même (pie nous avons vu en 1790, i,Si2, 1854, 1899 un 
bon nombre des nôtres prendre du service dans l'armée anglai.se, soit 
eu lùirope, aux Antilles, en Crimée ou au Transvaal. 

M. Margry parle du régiment de Bretagne où se trouvait Louis et 
que Pierre alla rejoindre, mais Louis fut dirigé vers la Savoie, quand ? 
Ivtai; il au régiment de Bretagne lorsque Pierre y arriva ? Ce (pii me 
parait certain c'est que Pierre servit dans le régiment de Bretagne et 



-108- 

que ce corps était à Malplaquet, au nord de la France, en 1799, tandis 
que Louis était dans l'armée d'Italie où il fut tué en 1709 ou 17 10. 

A la bataille de Malplaquet, où Marlborough fut vainqueur, le 11 
septembre 1709, Pierre reçut huit coups de sabre et une balle qui le tra- 
versa de jiart en part. Il fut laissé parmi les mourants. 

Le maréchal de Contades le cita dans son ordre du jour. Lorsque 
l'on s'aperçut qu'il pourrait survivre, il fut nonuné lieutenant d'infan- 
terie. 

La guerre finissait par l'épuisemerit de la France, dont le tré.sor 
était vide. On en vint à signer la paix. L'armée française fut rédui- 
te en nombre le plus po.ssible. Notre Canadien ne fut pas confirmé 
dans son nouveau grade — il perdit même celui de cadet qu'il avait 
gagné en Amérique. Enfin, il était renvoyé, comme tant d'autres. 

Madame de Vaudreuil, fennne du gouverneur du Canada, avait été 
nonunée gouvernante des enfants de France, en 170S. Elle parait s'être 
rendue à Versailles en 1710 seulement car le 12 septembre 1709, à Que 
bec, elle donnait le jour à sa dernière fille, Louise-Eli/abeth — c'était 
le lendemain de Malplaquet. 

Lors donc que madame de Vaudreuil arrive en France et se charge 
de l'éducation des enfants du duc de Berrj- (fils de Louis XIVj il y 
avait près d'un an que le blessé de Maljjlaquet était en voie de rétablir 
sa santé. Les préparations militaires étaient nulles ; on parlait résolu- 
ment de la paix, les préliminaires traînaient en langueur, elle ne fut si- 
gnée que le 11 avril 17 13. 

Je ne saurais dire à quelle date fut promulgué la décision qui en- 
levait les grades de tant d'officiers, mais madame de Vaudreuil veillait 
de près et elle parvint à arracher une commission d'enseigne dans les 
troupes du Canada. 

N'étant plus officier de l'armée du ro_\aume, Pierre retourna dans 
sa patrie emportant les cicatrices de ses blessures, les éloges du maré- 
chal de Contades, des certificats de la jiart de Grimaldi, niarcchal-dc- 
camp, et du colonel Berthelot conuuaiidant du rcginient. Je mettrais 
ce retour à l'été ou l'automne de 171 i. 

Louis était mort, Jac(iues-Renc dexx-nait l'aîné de la fauiilk-. Juan- 
Baptiste était iirêtre. l'ierre .se trou\c être le "chevalier" de la \'é- 
renderie, .selon la cotuunie des familles nobles <|ni iloiuient ce titre au 
l)remier cadet. Nous avt)ns eu de nombreux exemples de cette pratique 
en Canada. 



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—100— 

Le 15 février 1712 le "chevalier de Vérandrye" adresse au gouver- 
neur général, M. de Vandreuil, un état certifié de ses services eu Fran- 
ce. Si la pièce se décou\ re un jour nous saurons à quoi nous en tenir 
sur cette partie de la carrière de notre personnage. 

A Québec, le 29 octobre 17 12, eut lieu le mariage de "Pierre Gau- 
thier, écuier, sieur de la Vérandtrie, enseigne des troupes de ce pays'", 
avec Melle Dandoinieau, d'une famille importante de la paroisse de 
Chaniplain. Il signe : "De I.averendrye." 

A l'époque des fiançailles, l'automne de 1707, Louis Dandonneau, 
père de Marie-Anne, vivait encore. L'année du maiiage, 1712, c'est 
Louis-Adrien Dandonneau, frère de Marie- Anne, qui était le chef de 
la famille Dandonneau. 

Il est nccessa're de parltr de cette famille. 

Pierre Dandonneau dit le sieur Du Sablé qui était aux Trois-Ri- 
vières en 165 1, s'établit à Chaniplain et fut un habitant notable de cet- 
te paroisse naissante. Son fils Loui.sl né en 1654 à peu près, épousa 
Marguerite I.enoir. Conunent celui-ci devint co-seigneur de l'île Du- 
pas est facile à raconter. 

Pierre Dupas, officier du régiment de Carignan, était de ceu.K 
qui ne voyaient dans la jeune colonie qu'un territoire de chasse ' et de 
commerce de fcurrures. Eu 1669, il avait une cabane à cet effet sur la 
jilus grande île du lac Saint-Pierre et, en 1672, il se fit accorder l'île 
avec un domaine situé vis-à-vis, en terre ferme, le fief du Chicot. Dès 
1673, Dupas était aux prises avec la justice à causp de .son trafic illicite. 
Loin de faire fortune, il s'enfonça dans les dettes. Eu 1677, il épousa 
Charlotte Denys, d'une famille noble de Québec, et mourut (|uarante 
jours ajirès. 

La vente de ce que possédait Dujiasent lieu au ]>rofit de sou créan- 
cier, Charles Aubert de 11 Cl.enaye, jiar l'entremise d'Adhémar de 
Saint-Martin, en 1679. Il est ))rMl.)alile que La Chenaye se rendit ac- 
quéreur, ])uisque, le 11 novembre 1690, il vendait l'île Dupas, avec le 
fief du Chicot, pour la somme de 1,500 francs, à Jacfpies lîrisset et 



Louis Dandonneau du Sablé 


tous deux de Chami)Iain. 






De cette date ou un jieu 


l)Ius tard, cnmnience la en 


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le Dupas au nioven de culti\ 


ileurs fournis pir les '1 


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lités et: 


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fUt les "\ii\a.i;enrs", (pii 


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queutaient le lie Supérieur. 


Sur la carte de 17(19 de 1 


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—110- 

voyez Courchène, Dandonneau, Brisset, Diisablé, Bourjoly, Cotenoire, 
Duteau, Carignan, Bigiiy, dans la moitié d'en haut de l'île — tous des 
gens de la côte de Champlain. L'autre moitié de l'île, avec plus de 
largeur, est inoccupée. 

Louis Dandonneau mourut en 1709. Le 22 juillet 171 1, sa veuve 
passa ses droifs sur l'île Dupas et le fief du Chicot à leur fils, Louis- 
Adrien, né en 1691, à Champlain. 

Le 13 novembre 1713, Louis- Adrien et Joseph Dandonneau concè- 
dent à Pierre Gautier de la Verenderie .six arpents de large sur toute 
la profondeur de l'île. 

Les enfants de la Verenderie sont nés à l'île Dupas. Comme cul- 
tivateur, il pouvait soutenir sa famille. De plus il avait le trafic de U 
Gabelle et sa solde d'enseigne. A cette époque la moitié des officiers 
militaires demeuraient chez eux, car jusqu'à 1740 la paix régna sur la 
frontière et le pa\s n'en allait que mieux. La famille Boucher était 
prospère, les Dandonneau également, p.iis M. de Vaudreuil était s>-m- 
pathique à La Verenderie, de sorte que les années 17] 3- 1727 durent 
s'écouler sans trop de misère. 

Louis- Adrien Dandonneau, appelé le plus .souvent Du Sablé, .se. 
maria, en 1718, avec Marie-Josephte Drouet de Richerville et paraît 
avoir toujours demeuré à l'île Dupas. En 1727 il était .sous-enseigne ; 
en 1734 enseigne en pied ; de même en 1740, avec la note "bon offi- 
cier" : en 1746, lieutenant, il est au fort Saint- Frédéric sur le lac Cham- 
plain. Décédé en 1747. Avec la solde militaire et .sa seigneurie qui 
prospérait, il devait vivre à l'ai.se. En 1739 on lui avait accordé un 
agrandis.sement du fief du Chicot. Son fils, aussi Louis- Adrien, né en 
1726, marié en 1754 à Marguerite Sabrevois de Bleury, fut tué à la 
guerre l'année suivante. Il était enseigne. 

Le 7 mai 1714, à ^L1rly, on dresse un tableau d'avancement jiour 
les militaires de la colonie. Il y a cette mention : "De Varennes, Ca- 
nadien, lieutenant deiniis 17O1, deviendra bon otlicitr. ' Ce ne jieut 
être ([ue Pierre de la Vérentlrye puisque Loui 
au service du roi, Jaccpies-René était marié et 
rie de Varennes tout en fai.sant la traite d(. 

L'avancement de la \'érenderie au grade di 
que vers 1740, je crois. 

Kn 17 15, il obtint un reniMuellcment de pri 
Gabelle. 



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—111— 

L'année suivante (2S octobre) on voit par l'acte de baptême d'un 
Sauvage aux Trois-Rivièrc.'-, que le parrain fut "M. Beaumois, ensei- 
gne." Le nom de Bouniois ou Beaumois ne se retrouve plus dans la 
suite de mes notes. ^ 

En 1725, 1727, des congés sont accordés à Pierre pour traites des 
l)elleteries à la Gabelle. C'était la continuation de ce que nous avons 
vu. 

Les Sauvages, qui descendaient le Saint- Maurice avaient eu, de 
tout temps, des connnunications avec ceux de l'oue.-^t. C'est probable- 
ment à la Gabelle que le Découvreur .sentit s'éveiller en lui le dessein 
d'approfondir le mystère de ces régions éloignées ; et lorsque, en 1727, 
il arriva au fort Niingon, il devait savoir à peu près quelle serait la na- 
ture des lévélations qui résulteraient de son entrepri.se. 

M. de Beauharnois,succes.seur du marquis de Vaudreuil, était favo- 
rable aux projets de découvertes, mais la cour qui approuvait ces vues 
ne faisait rien ou presque rien pour les soutenir. L'intrépide chercheur 
y perdit sa mise de fonds, son temps et une bonne part des biens de ses 
associés. Il s'en suivit des récriminations qui se mêlèrent aux attaques 
de la jalousie, car on n'entre pas dans la gloire sans soulever des pas- 
sions et celles-ci sont d'autant plus vives que les entreprises or.t plus 
de grandeur. 

Une dernière note : 

Le 22 avril 17.7 le conseil de marine ou cabinet du roi. écrivant à 
^L de Beauliarnois, mentionne les dames de Varennes, Desjordx-, Port- 
neuf, \'ilkdoiniée. Le Gardeur et La Chanvignerie qui demandent dts 
jxiu.sions — mais on ne peut en accorder. On promet des gratifications 
lorsqu'il y en aura de \acantes. 

Il faut croire ([Ue la gratification arriva enfin puisque à la mort de 
madame de \'artnncs, eu i73o. i-'ette fa\eur dont elle jouissait passa à 
madame veuve de Lignvr\', d'après une dépêche du 20 a\ril :7.u. 

BENJAMIN SULTK 



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JEAN DE SA1NT=PERE 



EsHl (e premier notaire de Montréal ? 



I^ or que parurent, dans le Canada du 13 décembre 191 1, nos notes 
sur les actes de Jean de Saint- Fere, oà nous émettions l'.dée que ce 
tabellion était le premier notaire de Montréal. M. J. Edmond Ro>-, l'é- 
rudit auteur de l' Hisloirc du A'olariat, qui avait déjà donné le titie de 
])iemier no'aire à Lambert Closse, nous écri\ it aussitôt ]ionr nous re- 
nii ntrer i.ue notre conclusion était hâtive, qu'il avait basé son assertion 
s'ir Faillon, "que cet histo.ien était une autoiité considérable, <|u'en 
))lus, le jjremier greffe de Montréal avait été d'abord une ])ropriétc 
]iirticulière, t).is les pipiers d.i du gr..-fT- ne se trouvaient pis néces- 
sairement au palai.s de justice." , 

Ces remarques étant fort ].laui-ibles, nous publiâmes dar.s le Cai:a- 
da du iS décembre suivant, un articulet où il était dit que la question 
d'antériorité entre Saint- Fère et Closse restait ouverte jusqu'à ce que 
les fouilles dans les archives montré'daises fu'-sent plus avancée- 

A cette éjioque, M. J. C. O. Bertrand des archives féJéral.-s co:n 
niençait l'examen des papiers du Séaiinaire, et nous faisions de même au 
p liais di justice en tenant M. Uoy au courant. 

Quelques .semaines avant la mort de ce distin.ujuc écriv lin, 110. is 
avions exhumé un document qui réglait définitivement la question. 

Tusqu'en phi, on n'avait pour .se renseigner sur le ]ireinier greffe 
de M )ntréal qu'un inventaire informe dressé, en i6s^^, p ir l^asset que 
le ha arl faisait notaire à dix- huit ai;s, ]5arce que. suis doute, il était 
libre et écrivait bien, mais ipii uianquait, cel.i va sans dire, de connais- 
sances sur la tenue d'un greffe. 

Dans l'inventaire de 165S, il éruiiière les pièces qui lui .sont con 
fiées, sans aucun ordre, modifî::<nt les intitulés, omettant les dates, si 
bien que quelques anciennes i)ièces connues se trouvant au milieu ou à 
la fin de l'inventaire on poiuait croire que cellesqui ])récédaient étaient 
encore iilus anciennes. 

Par ailleurs, il était imi)ossible de xérifier vu que la plus grande 
pirtie des anciens actes étaient égarés dai.s diverses études et considé- 
rés jierdus. 

Heureusement, la classification de tons les vieux documents ))erniit 

, de reconstituer l'ancien greffe, de rétalilir les intitulés et d'ajouter les 

dates (pu manquaient dans l'iinciilaire puis, ] ie-(iu'iii mêiiie temiis. 

nous exliumâiiies le Registre des ir.inutfs du tabellioiuu'gi-, régulicre- 

ment dressé en i(>7-| et cette pièce a mis fin à tout doute. 






■ 'irj -^ .: 'U !■ -, ; j> 



■ . 1. ;; 
f-jyC 



lùr. -i:M 



— lis- 
En effet, dans ce registre bien "calligraphié" et bien conservé on 
trouve la série complète des actes faits par les notaires seigneuriaux 
ainsi que les pièces diverses et les actes sous seing privé qui furent dé- 
l)Osés au greffe de Montréal depuis l'origine. 

Ce registre, connnencé par Basset, a été, tour à tour, continué par 
Mangue, Cabazié, Bourgine et Adhéniar. 

Document indiscutable, il ]->rouve que le t abellionnage de Montréal 
n'existe que dejiuis le mois de janvier 164.S. 

Cependant, la première pièce c[u'on y a inscrit, est celle-ci : "1644 
"12 février, lui certificat de messire Charles Bédouin pre. et Vicaire 
" de Meilleran (i) pour Antoine Rouard." 

Ce certificat, de même que cette lettre : " 1651,4 septembre 
"Une missive de Mathurin Giraud à Antoine Ronault" , faisaient 
partie des ' 'effets' ' laissés par Antoine Roos, un pauvre vacher de 
Villemarie qui fut tué le 26 mai 1652. 

Connne le défunt Roos, d'origine flamande, n'avait pas d'héritier 
on vend ses biens à l'enchère, le 6 juillet 1652 et ses papiers, qui n'in- 
téressaient personnes, furent laissés au greffe. 

Bas.set, en classifiant le greffe a placé ces papiers à la date qu'ils 
portaient. 

Voilà pourquoi la première pièce inscrite date de 1644. 

Immédiatement à la suite, et portant le numéro I, vient le vérita- 
ble premier acte du greffe. C'est le contrat de concessions })ar M. de 
Maisonneu\'e à Pierre Gadois, avec acceptation par ce dernier, devant 
Jean Saint- Pèrt, le 4 janvier 1648. (2) 

Le second acte est une autre concession par M. de Maisonneuve 
sans intervention de notaire. 

Le troisième acte, date du 2 mai. C'est une quittance faite par 
M. de Saint-Père, dan.i laquelle M. Clos.se figure en qualité de témoin, 
etc., etc. 

*** 

Relisons, à pré.sent, ce que M. J. Edmond Roy a écrit dans son 
Hisloirc du HotiDiat, premier volume : " Le plus ancien acte pas.sé à 
" Montréal paraît avait été une quittance jiar M. Clausse notaire ro>al, 
" en 1648. Ainsi parle Hubert Larue (dit M. Roy) dans ses JA'- 
' ■ g; es historiques ci littci aires. ' ' 

Et, en note, M. Ro\-, qui n'avait évidennnent jins \u l'acte ajoute : 
" Larue, en écri\ant Clau.s.se, einplo\e l'orthograiihe donnée jiar le jour- 
" liai des Jésuite, p. 307." 

Puis, M. Roy continue : 

" Lambert Clo.s.se fut le premier qui exerça à Montréal l'oflice de 
' greffier, (Paillon, ï\l, p. 361), mais il n'était i>as notaire roxal. 11 



: tl m- 



:< -^h .V. 



—114— 

" est bien vrai que l'abbé Paillon au tome II, de son histoire, (p. 196), 
" donne Jean de Saint-Père comme le premier notaire de Villemarie. 
" mais au tome III, 361, il déclare qu'il fut le successeur de Lambert 
"Closse.. 

" C'est en 1651, que Raphaël Lambert Closse avait cédé à de Saint- 
" Père la plume de greffier de Villemarie pour suivre exclusivement la 
" carrière des armes où il s'est illustré." 



Faute, par M Roy d'avoir vu les documents lui-même, il conunet 
plusieurs inexactitudes dans les lignes ci-dessus : 

1. Le plus ancien acte notarié n'est pas du 2 mai 164S, il est du 4 
janvier 164S ; 

2. Dans l'acte du 2 mai, Closse n'est pas notaire, il n'est que té- 
moin ; 

3. Contre son habitude, M. Closse signe bien et Hsiljlement 
"Claiisse" dans cet acte ; 

4. M. Closse n'a fait aucun acte avant 1651. Il ■a pratiqué six 
mois, en cette aimée, puis il pa.sse la plume, non pas à Saint- Père, mais 
à Gastineau Uuplessis, et non pas pour "suivre exclusivement la car- 
rière des armes", car il redevient tabellion de 1653 à 1655 et même plus 
tard. 

C'est alors, seulement, en 1655, 1"^ ^I- f^e Saint-Père lui succède 
et reprend les fonctions qu'il lui avait abandonnées eu 1651 ! ! ! 
*** 
Examinons, maintenant ce que dit l'abbé Paillon : 

1. Au volume II. p. 196, de son Histoire de la Colonie, il écrit : 
" Jean de Saint- Père, premier notaire de Villemarie... remarquable par 
" la vivacité de son esprit"... etc. ; 

2. Au volume III, p. 361, même ouvrage : " A l'office de greffier 
" fut joint... celui de notaire. Lambert Closse, qui l'avait exercé le 
" jiremier se qualifiait j^our cela dans ses actes, commis au i^}('jfc et ta- 
" hti/ioniiai^c ainsi que Jean de Saint- Pèie qui lui succéda." 

Comment expliquer cette contradiction flagrante d'un auteur cons- 
ciencieux et minutieux ?. 

Si l'auteur avait voulu coirijer une assertion faite dans un volume 
précédent et dont il avait reconnu la fausseté, il l'aurait indicpié, com- 
me il fait à diver.ses reprises, dans ses ouvrages, notanunent à propos 
de Dollard (II, p. 3S9). 

C'est donc une faute de mémoire, une distraction, un lapsus ca/aiin 
rien de plus. 

Jean de Saint-Père a bien succédé à Closse connue imtaire, mais en 
1635, et, auparavant, c'était Closse, qui avait, en 1631, s\iccédé à Jean 
de Saint-Père, lequel était en fonction depuis 164S ! 

Voilà l'explication, appuyée sur l'inventaire du greffe en 163S, 
sur le registre du tabellionuage de 1674, enfin sur le fait ([ue les fouilles 



--Uo— 

dans tous les déiiôts d'archives n'ont démontré l'existence d'aucun ac- 
te notarié antérieur à 164S. 

Le toujours intéressant abbé Faillou fut un historien modèle sous 
plus d'un rap])ort ; il a su accumuler des masses r'e notes et il s'en est 
admirablement servi ; seulement, étant homme, il a, comme nous tous 
commis des erreurs involontaires par-ci par-là. 

Lorsqu il reçut la nouvelle de la trouvaille du rec:;istre du tabel- 
lionnage, M. J. lùlmond Roy était malade. Prévo.vait-il sa fin pro- 
chaine ? On le dirait presque à lire ce passage résigné et mélancolique 
qu'il nous écrivit alors: " Je ne me flatte pas d'avoir tout dit. dans 
" mon Histoire du tiolariaL Que de choses j'ai recueillies depuis! 
"J'ouvrais une voie nouvelle ; aux jeunes maintenant, de poursuivre 
' ' la route !" 

E. Z. MASSICOTTE. 



QUESTIONS 

Le baron <\v .]oaiiiiè>! qu'on voit figurer dans l'armée de 
Moutt-aliii aii.x derniers jours du régime français au (Janada 
était-il d'origine française ou canadienne? Que devint-il 
après la Con(|uète ? 8a famille s'est-elle perpétuée au Cana- 
da ? 

T.-RI. 
-'-Où est situé Ecoles Ilill ? Quel est le fait d'armes 
qin s'est livré en cet endroit le 25 mai 1870 ? 

SOLl). 
A-t-il été publié un livre ou une étude quelcon<|ue sur 
riiistoiredu service postale au Canada? 

POSTE. 

-Est-on fi.\é sur l'origine du nom de Cloridorme ap- 
})liqué à une paroisse de la l)aie des Chaleurs ? 11 me sem- 
ble que les versions qu'on a données juscpTici sur l'origine 
de ('(! nom sont tout uu^si fantaisistes les unes (pie les autres. 

E. B. 11. 



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—116- 

En marge de l'histoire de la Rivière=du=Sud 

Les seigneurs canadiens avaient l'habiluile de créer, en 
faveur de leurs enfants, des arrière-fitfs ; ceux (|ui les obte- 
naient prenaient d'ordinaire les noms de ces fieisf|ui étaient 
toujours chargés de la foi et hommage envers le seigneur 
principal. 

Dans la seigneurie de là Rivière-d>i-Sud, Louis ("ouii- 
lard créa plusieurs arrière-tiefs en faveui- de ses lils. 11 y 
eut entre auti'cs le iief des Prés et le fief Lespinay. 

'Le titre du premier se trouve dans l'ouvrage intitulé 
r Histoire des seigtieurs de la Rivière dti .Sud. Nous offrons en 
primeur aux lecteurs du Bulletin le titre de l'arrière-fief 
Lespinayet nous le fai-^ons suivre de l'acte d'inventaire des 
i)iens de Louis ('ouillard et de son épouse Geneviève De?- 
prés, à la mort du seigneur en 1678. 

Titre de 1 arrière-fief Lespinay, en la seigneurie de la 
Rivière du Sud. 

Du 4 août 1071. 

A Tous Louis Couilhird L^euyer Sieur de Lespinay Sei- 
gneur de la Rivière du Sutl demeurant ordinairement on la 
ville de Québec, Salut syavoir faisons que nous avons don- 
né et accordé et par ces notes donnons accordons à Louis 
Couillard escuyer Mon filz le nombre de quatre arpens de 
terre de frond en la d. Seigneurie de la Rivière du Sud a 
prendre sur le bord du tlcuve St-Laurens avec profondeur ' 
de quarante arpens le Tout complantéde haut l)ois et prai- 
ries borné d'un costé par .lean-Jjaptisle (Jouillard escuyer, 
Jean Busquet dit ganion, cfautre i;osté aux terres non concé- 
dées, d'un boust le Heuve St Laurens et dont tout s'aligne- 
ra qui sera la [irofondeur en la tlite concession. . ,1'our jouïr 
par le Sr ('ouillard ses hoirs ou ayans cause et à toujoui-s à 
l'atlvenir jiaisibk'ment et comme il verra bon estre, le Iief 
mouvant et relevant de la Scignrie de la rivière du Sud et à 
la charge lie la foy et hommage (lUe l(i dit Sr Louis ('ouil- 
lard ses hoirs et ayans seront tenus de porter au seigneur de 



'"• 'fil 



riCfii n; 






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,1 ;.l. 



—117— 

lu Rivière du Sud, nu manoir seignlle, d'icelle et de payer à 
chaque iiuUalion de possesseur pour tous droits de prupué- 
té. . . .la somme d'un denier. . . . 

(Signé) LOUIS COUILLARD 

Romain Becquet, notaire royal. 

INVENTAIRE DES BIENS DE LA COMMUNAUTÉ 

entre 

Loni- Oouillard de Lespnay, écuyer, Seigneur de la RiviC-re 

du Sud, et Damoiselle Geneviève Despréz. 

Du 24 septeuibre 1G78. 

. L'an mil six cent soixante et(lix luiict ce vingt qua- 
trième Jour d.' Septeinl)re avant midy A la requeste de 
Charlé-s Couiilard escuyer Sr de Btaumont au nom et euni- 
m.'Tut.-ur de Jean-Baptiste (jouillard àgè de vingt ans ou 
environ. Louis Couiilard aagé de vingt ans ou environ,Gene- 
viefve Couiilard aagée de dix-huiot ans ou environ EtJaeques 
Couiilard aagé de Treize ans ou environ, EnfVins mineurs de 
dett'unt Louis Couiilard escuver Sr de Lespinay et Damelle 
Géneviefve Despréz, sa veufve, Et en la présence de la ditte 
veufve et de Paul Dujniy Escuyer Seigneur en partie de l'is- 
leaux Oyes Tant en son nom comme ayant espouzé Damel- 
le Jeanne Couiilard Hlle du Sieur dett'unt et de la d. veufve 
que comme suhro-ié tuteur des dits mineurs Le dit .-leur Tu- 
teur et subrogé tuteur esleus par acte donné en la prévo^té 
de Québec le douzie juillet gbyc Soixante dix-sept, à la con- 
servation des droits et biens des dites veuve, mineurs, et 
tous autres qu'ils appartiendra. Bar Romain Becquet notai- 
re rovale en la nouvelle France Ré-idant à Québec soubsi- 
gné en la pré>euce des Tesmoins .^s suznommés. A esté taict 
bon et lovai Inventaire c»^ deserii)ti()n de tous et chacun les 
biens meubles Ustensiles, d'iioustis. linges, bardes, lietterics, 
Tiltres, oaoiers, et une seigneurie demeurée apns le dceds 
du dit delVunct .Meur (le Lespinay Trouve/, et estant eu la 
maison ou est deineuraiite la ditte N'eui've cpu e>t le manoir 
seigneurial de la seigneurie de la Rivière du Sud, montrez 
et Cn^eignéz et mis- eu Evidence par la D. veutve après ser- 












•t- 1 



-118- 

nient par elle fait es main du d. Nre en présence des susdits 
Témoins de tous les dits biens montrer et renseigner pour 
Estre Inventoriez au présentt Inventaire sans aucun ny ca- 
cher n}' détourner sous les peines de l'ordonnance a ce In- 
troduite qui luy a pstée exprimée et donnez à entendre par 
le d. ixotaire, les ds Biens meul)les priséez estiméez par Al- 
phonse Morin Br de Valcourt et Jean Prou habitant de la 
d. iSeisneurie du Sud et nommez et commis à cette cfiet par 
Monsieur Le Lieutenant Général Civil et Criminel de la <1. 
prévosté de Québec par son ordonnance du vingt unifsme 
de ce présent mois qui les ont prisés et estimez en leurs rons- 
ciences après serment par eux faict ez mains du d. notaire 
en la présence des susd. témoins. Eu Egard au Cours du 
Temps présent, aux sommes et deniers. 'Selon et ainsi qu'il 
en suit sans crié conformément a l'ordonnance de mil cens 
soixante et se})t et aux protestations que la ditte veutVe laiet 
qu'elle a renoncé à la Communauté qui estait entr'elle et le 
dict defïunct son Mary, Se tenant à se-^ Douaire, dot, préci- 
put, et autres Conventions matrimoniales que le dicL def- 
iunct son Mary lui a accordées par contrat de mariage. 

Premièrement dans la Cuisine de la ditte maison a esté 
trouué une Crémaillière, un gi-il, une pelle à' feu, et unti 
brosche, le tout eu fer, viel, estimé ensemble à la somme de 
neuf livres. 

Item une vieille poêle à frire, et un vieil poislun le tout 
estimé ensemble à la somme de cinquante-six livres. 

Item quatre vieilles cluuulières Telles qu'elles l'"stimées 
ensemble avec une ditte chaudière à boire à la somme de 
huict livres. 

Item un vieil plat en enivre, pesé, estimé à la somme 
de dix sols. 

Item deux vieilles mai-mitcs avec leur couver, le esti- 
mées à vingt sols. 

Item un |tetit ehadelicr en cuivre, et une i)etite lantci-- 
ne le tout vieil estimé ensemlile à la somme de cin(|uante- 
cinq sols. 

Item-vingt-deux livres de vieil ICstain gros estimé à la 
somme de ouinze sols la livre. 









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— 1J9— 

Item un vieil tlasoue à flasquer du linge e?timé à qiia' 
rante sois. 

Item une petite Tasse d'argent estimée à la somme de 
douze livres. 

Item une vieille Table de bois de pin estimée à la som- 
me de soixante soLs. 

Item un petit vieil banc, avec deux cliaises de pailles le 
tout estimé à la somme de quatre livres. 

Item un fusil et deux petites carabines le Tout Vieil 
Estimée ensemble à la somme dix-bi.ict livn^s. 

Item cinq vieil bâches estimées ensemble à la somme 
de onze livi-es. 

Item un petit vieil Trois pieds estimé à la somme de 
viiigt sols. 

Item une scie de Traverse avec-un petit Tarière le tout 
vieil estimé ensemble à la somme de Six livres. 

Dans une petite cbamln-e estant a costé de la ditte Cui- 
sine a esté Trouvé 

Une vieille i)aillasse, un lit de plurnes avec son Traver- 
sain, et une oreiller garnie de eoustil presque neuf, le tout 
estimé ensemble à la somme de cinquante livres. 

Item un autre lit de plumes avec son traversain le tout 
garny de vieil eoustil, estimé ensemble à la somme de qua- 
rante livres. 

item deux vieilles couvertes avec une petite vieille 
oreiller de jilumes le tout estimé ensemble à la somme de 
quatre livres. 

Item une petite Scie à main estimée à vingt sols. 

Item un grand vieil cotlVe .sans (dé ny serrure estimé à 
quatre livres. 

Item un autre vieil coffre sans serrure estimé à cinijuan 
te sols. 

Item un autre vieil colfre bout reniou fermant à clé es- 
timé à st)ixanie sols. 

Dans les dicts collVcs a c.-té trouvé 

Deux linceuls de toiles (K' elu'uvre blanc estimé ensem- 
ble à la somme de buict livres. 

Item deux autres petit- vieils Linceuls de Grosse Tt)ille 






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—120— 

estimé onsenil>le ù la soniaie de soixante sols. 

Item cin(| vieilles nappes de Toile grosse cstinK'z ensem- 
ble à Sent Sols.' 

Item sept serviettes Telles qu'elles avec quatre vieils 
Torchons de Toille le Tout estimé ensemble à soixante sols. 

Dans le ij;renier de la dite niaison a esté ti-oiivé. 

Deux vieilles filets à peselier du saumon esiiinés enseu)- 
ble à la somme de six livres. 

Item un van à vanner du irrain estimés à la .-omnie de 
cinquante sols. 

Item un lot de vieil ferraille estimé à la somme de dix 
1 i vrçs. 

Item de quatorze minots de petits pois blancs estimés à 
la sonmie de cinquante sols le minot qui est pour le tout 
celle de Trente-cinq livres. 

Item un cordage neuf pesant environ Trente à Trente 
cinq livres estimé à la somme de seize livres. 

Item un vieil demv minot estimé à la somme de vingt 
sols. 

Item une petite besche vieille est'inée à la somme de 
six livres. 

Item cinq vieilles posches à mettre du grain estimé-; 
ensemble à la somme de quarant<- sols. 

Dans une petite estable a esté trouvée. 

Dix biirriques vides estimées ensemide à la somme de 
quatorze livres. 

Dans la grange un tas de foin de la graine lais-éo pour 
la nourriture des bestiaux. 

En suit les grains qui sont sur les terres de dict manoir 
seigneurial. Deux pièces de bled français contenant cpiatre 
arpents ou Environ lesquels les dicts estimateurs ont Jugé 
et e-timés y avoir Soixante minots de bled à Soixante sols le 
minot, mettant en considération les travaux de la récolte et 
bottage des dicts soixante minots faisant la somme de cent 
quatre-vingt livres. 

Item une })etite pièce de pois estimée à trois minots à 
raison de trente sols le minot, pour les mcsmes considéra- 
tions ijn'eii l'article du bled ci-dessus, la somme de quatre 



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— ]21 — 

livre- dix sois. 

Item une petite |»ièeo de blé d'Inde estimée à dix mi- 
nois ù r;ii.-oii lie soixante sols le minot estimée à la somme 
de Trente livres. 

Dans la Conr du dit manoir seigneurial a esté trouvé 

Sept cochons tels qu'ils sont estimés ensemble à la som- 
de cinquante livres. 

Item deux bœufs allant sur trois ans dont l'un est in- 
commodé des deux Jambes naturellement estimés ensemble 
à la somme de (|uatre-vingt-dix livres. 

Item deux Toreau allant sur deux ans estinu's ensem- 
ble à la somme de dix livres. 

Lesquels bestiaux La Demoiselle Després veufve a dé- 
claré avoir a(;heté depuis le déced du dict teu Sr de Lespi- 
nay son Mary, et Iceuv payées dés deniers qui devront esté 
prestées par ieu Monsieur Bazire, et une barique d'eau de 
vie et une bari(iue devin. Ce qu'elle reconnaist estre encore 
<ieue au dict Sieur l^>aziie outre ce qui sera cy après déclaré 
Et IMus Avant n'a esté pr^eeddé au présent Inventaire pour 
iiy avoir aucun autre biens à Inventoriser, lesquels biens et 
le tout ce qui est Contenu a présent Inventaire a esté laissé 
à la garde Saisine et posession de la dicte veufve de l'advis 
et consentement des dicts Sieurs de Beaumont et Dupuy es 
les dicts nom-. Laijuelle demoiselle veufve S'en est Volon- 
tairement chargée et promis le tout représenter quand et à 
qui par Justice sera ortlonné, sur les paines eu cas aparte- 
nant. Et remis à Inventorier les Tiltres, }iapiers et ensei- 
gnement dépendant de la ditte succes.-ion. 

Faict et réglé au dict lieu <.t manoir Seigneurial de la 
Rivière du Sud après midy sur les sept heures du soir ayant 
toute la journée travaillé sans discontinuer les Joui' et an 
susdits. En pré-ence de .lean Maingard demeurant à la ditle 
Rivière du Sud. El de l'iedre Catelle demeurant au dic^t 
lieu, appedés pour les noms (pii (jut signé à la minute des 
présentes avec la ditte Demoiselle Despi-ès, Sieur de Beau- 
mont, Dupuy, \'alc()urt i^' notaip; i\: le dit Jean Pi'ou a. 
déclaré ne savoir es(i-ii-(» ny signer de ce Enquis sui\ant 
rordonnancc, 



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iri)])V)'ï 



-122- 

(Signé) Geneviefve Desprez, Charles Couilliart De]3eaumont 
Dnpuy, Alfonse niurin, maingart P>ecquet, not. royal. 

Et avenant le dix huicte jour d'octobre gbye soixante 
dix huict par devant le notaire Royal Soussigné et Tesmoin? 
cy bas nommés Est comparu en personne laditte Demoiselle 
veufve de feu Sr de Lespinay Susnommée Laquelle a dit 
et déclaré avoir faict recherche des papier-! tiltres d« la 
succession du defïunct Sr de Lespinay. lesquells na pu 
recouvrer ne sachant pas ou le diet dett'unct les a ou mettre, 
ne luy ayant jamois donné aucune connaissanci\ mais seu- 
lement le contract dr mariage d'Entre eux qu'EUe a Tou- 
jours eu en ses mains ofïrant de remetttre Touttefois et 
quante, dont du tout elle a requis acte au dict notaire et 
Tesm'oins qui luy ont octroyé Iceluy. 

Faict et passé à Québec estude du d- notaire les jour et 
an susdits en présence de Guillaume Roger, premier huissier 
au Consl Souverain de ce païs et Jean Maunay (Jlerc demeu- 
rant au dict Québec appelle pour Tesmoins qui ont signé 
avec la dte Demoiselle de Lespinay et notaire suivant l'or- 
donnance 

(Signé) genevief'^e despréz, J. iMaunay Roger. Becquet. 
A. COUILLARD DESPRES, PIRE 

LETTRE DE Mgr BRI AND 

Tout est îci en paix ; les Anglais me donnent des mar- 
ques d'estime et m'honorent, le gouvernement parait m 'ai- 
mer et avoir en moi une vraie confiance. Ce qui me sert 
beaucoup vis-à-vis des mauvais. J'ai lini la visite de mon 
diocèse J'ai érigé, 8 paroisses nouvelles, permis à .") ou 4 qui 
commencent, de bâtir des petites chapelles. La colonie de- 
l)uis la fin de la guerre se multif>lie considérablement. J'ai 
fait la visite aussi île mes sept communautés religieuses. Ma 
santé a été nn peu dérangée. Je suis mieux à présent de- 
puis environ lô jours. ( 'ctte année je ne sortirai pas, j'au- 
rai «Vautres occupations non moins essentielles ; plaise an 
Seignf>ur, de m'aider à bien l'aire ce «|ujil exige (!<• moi. Je 
vous firie, mesdames, de m'obtenir cette gràc/. 

(.Québec, li) octobre I TCS. J.OL. Év. i.k (^ki'.kc. 



,!■■ iM 



J/fJ. 



;: -ni -MI 



^M/;i'i. 












-.^ >î(] 






--123-- 

LES OUVRAGES CANADIENS RECENTS 



E.-Z. Massicott'i, Les prciiiicres coita-ssions de tcnc à Montréal, sous 
M. de Maisoniu'Hve, i6^S-ib6^. Ottawa, Iiupriinc ]ioiir la Société Ro\a- 
le du Canada — 1915. 

M. Massicotte a pu rassembler les actes de coucessious dressés par 
M. de Maisonueuve qui se trouvent dans les archives du palais de Jus- 
lice de Montréal. Il a également eu coniniunication des documents 
relatifs aux premières années de Montréal conservés au séminaire de 
Saint-Sulpice de Montréal. Ces deux souices précieuses ont permis à 
M. Massicotte de suivre dans le détail le développement de la colotii.sa- 
tion sur cette île favorisée qui est devenue la métropole commerciale du 
Canada. 

Depuis une dizaine d'années quelques chercheurs tenaces et habiles 
se sont donné pour tâche de non; faire connaître l'histoire des premiè- 
res années de Montréal. 

• M. Massicotte a été le plus heureux de ces chercheurs. ' Que 
de faits ignorés et pourtant bien im])ortants de l'histoire de Montréal il 
a mis au jour depuis quelques années ! 

L'abbé Benj. Deniers, Oiieiqiirs notes histotiqites sur les viissionnai- 
ics, curés, desservants et vicaiies de la paroisse de Saiiit-François de Sales 
de Neuville. Québec, Imiirimerie de L'Action Sociale Limitée — 1915. 

L'auteur n'a lias la iirctention de nous donner l'histoire comjilète 
de la Pointe-aux-Trembles dans ces vingt-quatre pages pourtant bien 
remplies. Le titre de la brochure nous dit d'ailleurs ce qu'elle contient. 

Ces quelques notes nous font espérer qu'on publiera avant long- 
temps une histoire complète de la belle paroisse de la Pointe-aux-Trem- 
bles. Que de choses intéres.santes .se sont déroulées dans ce coin du 
pays ! 

M. l'abbé Deniers nous fait connaître les missionnaires de Doni- 
bourg ou la Poinle-aux Trembles (MM. G. Morin, J. Basset et J. Pin- 
guet), et donne une substantielle biographie des onze curés de la pa- 
rois.se: MM. Jean Bas-et. 16S5 1716 ; Pierre Ha/,eur De Lornie, i;i<)- 
1725 ; Robert Dumont, 1723-1746 ; Ls.-Eustache Charticr de Lotbiniè- 
re, 1746-1777 ; Mgr Bailly de Messein. 1777-1794; Claude-Jos. Cres^é 
Poulinde Courval, 1794-1^46 ; Ls-lùl. Parent, i.S46-iS77: l'iric Rons- 
.seau, 1877 1.S90 ; Anselme Bouche:', 1890-1899; Jos- Benoit Souiard, 
1899-19 9: Ivl/.éar-]'^. Dionne. curé actuel. 

ICn .somme, biochure instructive et édifiante qui mérite d'être ré- 
pandue non seulement à la Pointe aux-Treiii'-les mais jiartnut où on 
aime l'histoire. 

L'aiibé J.-A. Kroment, llisloiie de Saint-Martin (Comté Laval, lie 
Jésus) et compte rendu des noces d'or de .v,v/ curé. J/. L abbé Maxime Le- 
blanc. Imp. ..-C.-A. Peirault, S, l'iace I.avaltrie, Ji.lie Ite— ly i s. 



û m^'r '.''?! 






n-ii^i:, 






—124— 

L'île Jésus, appelée originairement l'île Montmagnj-, fut colonisée 
de bonne heure. Dès 1637, le Père Lejeuue, Jésuite, y dit la messe. 
L'île Montniagny ou Jésus fut d'abord concédée à M. Berthelot, .secré- 
taire des comniandeuients de la Dauphine, qui, le 24 avril 1675, l'é- 
changea avec Mgr de Laval pour l'ile d'Orléans. EniôSi, l'évêque 
de Québec visita l'île Jésus et y trouva quatre famille résidentes. 

C'est en 1774, que la paroisse de Saint-Martin fut érigée canoni- 
quement. NL l'abbé Froment donne la biographie de tous les curés de 
Saint- Martin depuis cette date : M. Louis Fayette, 1774-1782 ; M. An- 
toine Lemaire, 178211802; M. Michal Brunet, i.Sji-iS;,,-, ; M. Romuald 
Mercier, 1835-1839 ; M. Arthur Caron, 1839-1847 ; M. Jean-Bapti.ste 
Bouras.sa, 1847-1851 ; M. Pierre-Célestin Dubé, 1851-1880 ; M. Urgel 
Archambeault, 1 880-1 88 1 ; M. Ma.xime Leblanc, curé actuel. 

On trouvera en outre dans le travail de M. l'abbé Froment une 
foule de renseignements intéressants sur l'histoire intime de Saint- Mar- 
tin. 

L'abbé Silvio Corbeil, La noniialienne en philosophie et aux sources 
de la pcdagos:ic. Chez les Sourds-Muets, Montréal 1914. 

M. l'abbé Corbeil, qui e.st principal de l'école normale de HuU, nt 
se contente pas de conduire ses iiorinalieiincs &n belles-lettres, mais il 
entend les faire remonter jusqu'aux sources vives de la pédagogie. 

C'est pourquoi il a cru bon, non seulement de leur donner un cours 
de psychologie, mais encore de les initier à la ])hilosophie générale. 

M. l'abbé Corbeil a divisé toute sa matière en cinq chapitres dont 
voici les titres : La logique, Notions d'ontologie. Notions de cosmolo- 
gie. Notions de théologie naturelle, Notions de p.sychologie. Ce der- 
nier chapitre se sous-divise en huit questions où l'auteur fait entrer la 
discussion des principaux problèmes de philosophie morale dont la so- 
lution importe le plus aux futurs instituteurs et institutrices. 

John McLeish, /.a pioductioii de charbon et de coke au Canada pc/i- 
da)il r aimée civile, /p/.?. Ottawa, Imprimerie du Gouvernement — 1914. 

D.-S. Dowling, Traits gcnéranx sur la géoi^raphie physique du Ca- 
nada, Ottawa — 1915. 

John McLeish, /,<; />;W/c("//(^« (i'« ciment, delà chaux, des produits 
d'otigiie, de la pierre, et d' autres inatc) taux de construction au Canada 
pendant r année civile IÇ12. Ottawa, Imprimerie du Gouvernement — 
1914. 

Le /;e ainiiversaire du "Jh-voir". Compte rendu de la grande ma- 
nifestation du i.fjanvie> /v/-,". .Uloculions et discou) s de .V.Ù . /.-X. Ca- 
iHuia. C,.-X. Ihulunmc. Armand Lairr^ne. le docteur /.-/;'." Prince cl 
Henri Bonrassa. Imprimé au "Devoir", 43, rue Saiut-\'incent, Mont- 
réal — 19 15. 

Henri Bournssa, The l-'oreign l'olicy of Gicat Ilrilain . Iui]irimerie 
du "Devoir", Montréal— 1915. 

Krnest Morand, Rapport du bibliothécaire de /a législature de Ouébec, 






itti .<■ 



—125— 

novembre içrj à décembre 1914. Québec, Imprimé par E.-E. Cinq- 
Mars, imprimeur du Roi — 1915. 

Mgr J.-M. Kmard, Le pi être-soldat. Valleyfield— 1915. 

Exposé théologique de l'immunité du prêtre en matière militaire. 
Après avoir réprouvé la loi sacrilège, Mgr Emard conclut : "Toutefois, 
en dépit des intentions méchantes de ceux qui l'avaient votée, et grâce 
à l'admirable attitude de> prêtres eux-mêmes, la loi aura tourné à bien 
dans une mesure assez large pour justifier une fois de plus la doctrine 
qui enseigne que Dieu gouverne tout en ce monde par sa Providence." 

R-G. McConnell, Rapport sut les terrains aurifères du KIondyke 
Ottawa, Imprimerie du Gouvernement — 1Q14. 

Mgr J.-M 'Em^ixà, Au Jendi-Saint Méditation .sacerdotale, Val- 
leyfield — 19 15. 

■ Règlements de l' Association professionnelle des employés de manufac- 
tures de Mont} éal. Montréal — 1 915. 

f.a Tenue des livres. Etude facile delà comptabilité classique, 
Montréal — 19 15. 

Claude Dupont, Un petit-Jils de Pierre Gagnait, drame social en 
deux actes. Imprimerie La Cie Le Bien Publie, Trois-Rivières — 1915. 

L'abbé Etienne Blanchard, Dictionnaire du bon langage. Paris, 
librairie Vie et Amat, 11, rue Ca.ssette — 1914. 

Dictionnaire de 320 pages, suivi d'exercises, ayant pour but de 
corriger les expressions vicieuses, de rendre le langage plus précis, 
d'enrichir le vocabulaire, de faire connaître et de répandre beaucoup 
d'élégants idiotismes, de combattre l'anglicisme par le gallicisme, etc. 

C'est le complément de En garde et En Fr-ançais du même auteur. 
Tout est par ordre alphabétique. On y trouve des modèles d'annonces 
bilingues et une grande quantité de termes commerciaux que l'auteur 
a recueillis en Europe. Eu classe, les élèves en retireront un bon pro- 
fit. Le commentaire en e.st facile et agréable- Aux journalistes et aux 
traducteurs, il sera d'un grand .service. A l'occasion il peut servir de 
dictionnaire de synonymes. Les termes français de la balle au camp, 
du gouret {Itoekev). de l'automobilisme, du canotage, de l'exercise mi- 
litaire etc., y sont insérés. 

David-W. Parker, A guide to tlie documents in tlie manuscript rvom 
at tlie /^ublic .hcliives of Canada. Vol. I, Ottawa, Government printing 
bureau— 1914. 

Prenuer volume d'un ouvrage ([ui sera très utile aux chercheurs. 
ITiie table des matières très bien faite permet de trouver d'un simple 
co.ip d'œil le renseignement ([u'on cherche. 



i 123 J 

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'fili-jir...-- B 



— 12(;— 
REPONSES 

LES CANADIHXS-FRANXWIS ET LA GUERRE DE CRIMÉE 
(XXI, I, p. 20.)-^Dans le Courrier des Etats-Unis, journal français 
publié à New- York, fin se]itenibre 1914, nous lisons : 

"On raconte que j^eiulant la guerre de Crimée, les soldats du s^" 
néial Pélissier, qui traversaient le camp de nos alliés, les Anglais, 
étaient tout surpris d'entendre des fantassins en tunique rouge s'entre- 
tenir en français. 

"Il y a donc des anglais qui jjarlent notre langue, se disaient-ils 
avec étpnnement, et cet étonnement n'était guère moins grand lors- 
qu'on leur exi^liquait que ces soldats de la reine d'Angleterre étaient 
en réalité des Français, les descendants des colons normands, bretons. 
poitevins, saintongeois, et établis au Canada depuis deux .siècles. Un 
certain nombre de Canadiens-Français, recrutés à Québec et à Mont- 
réal, figuraient en effet parmi les .soldats de lord Kaghin ". 

A-t-on conservé les noms de ces Canadiens-Français recrutés à 
Québec et à Montréal qui combattirent parmi les soldats de lord Ra- 
glan dans la guerre de Crimée ? 

La guerre de Crimée .souleva un grand enthousiasme dans tout le 
Canada. Canadiens-Français et Canadiens- Anglais étaient fiers de voir 
leur mère-]iatrie respective marcher en.semble dans cette guerre, elles 
qui avaient été ennemies si longtemps 

Le II mai 1854, Mgr. Turgeon, archevêque de Québec, publiait 
un mandement ordonnant des jirières ]mbliques pour api>eler les béné- 
dictions du ciel sur les armées de l'Angleterre et de la France. 

"Comme sujets de l'emjiire britanni(jue, di.sait le vénérable ar- 
chevêque de Québec, la loyauté nous fait un devoir de former des vœux 
pour que ses armées sortent victorieuses des combats qu'elles auriJUt à 
soutenir. Unis aux Français ])ar la communauté d'origine, de langage 
et de religion, connnent ne .souhaiterions-nous ]>as ipie la pairie de nos 
ancêtres triomjihe de ses ennemis du dehors, comme elle a triomphé des 
ennemis de l'ordre au-dcdans ? Comment u'appellerions-nous jias la 
victoire sur le drapeau ipii, tant de fuis conduisit nos pères au champ 
de l'honneur "? 

Dix mois plus tard, en mars 1755. (juand les alliés reprirent avec 
tant de vigueur le siège de .Sébastopol, Mgr lîaillargton, qui adminis- 



ti'iljif, ri ■ 
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-127- 

triit le siège de Québec pendiiit la maladie de Mgr Turgeon, prescrivit 
des prières spéciales dans toutes les é.^lises du diocèse de Quéoec pour 
les succès des années unies de l'Angleterre et de la France. 

Malgré tous les vœux que formaient les Canadiens- Français pour 
les alliés, nous croyons que bien peu de citoyens de (jucbec et de 
Montréal combattirent dans les rangs de l'armée anglaise en Crimée. 
L'Angleterre, pendant cette guerre, ne fit pas, d'ailleurs, ajipel aux 
volontaires canidiens. Son armée régulière lui suffisait. 

Pour notre ])art, nous ne connaissons qu'une cou]ile de Canadiens- 
Français de Quél)ec qui firent la guerre de Crimée. P. G. R. 

LZ COMBAT DELA "SURVEILLANTE" ET DE LA 
" gUEBEC ". (XXI.I p. 20.J— D.uii un journal de Québec, à la 
date du 15 septembre 1914, nous lisons : 

"La dernière liste des pertes françaises mentionne entre autres 
noms ceux du général Charles Roques, longtemps inspecteur gunér^l 
de l'aéronautique militaire et qui venait d'être promu au grade de gé- 
néral de division, et du capitaine Raoul du Conedic de Kergoualer. Ce 
dernier était le jietit-fils du général de .\Iontholon et l'arriére petit-fils 
du " Brave du Conedic ", le vaillant et célèbre marin breton qui com- 
mandait en 1799 la " Surveillance " àOuébec." 

Un journal de Montréal, le même jour, allait encore plus loin : 

" Le capitaine Raoul du Conedic de Kergoualer. di.>ait-il, était le 

petit-fils du général de Montholon, et un arrière petit-fils du brave Du- 

conedic, marin breton qui commandait la frégate, " La Siirveil/accn ", 

en 1790, lors du aiinbal navLxl livfc devant Oiitbec." 

C'est la première fois que nous entendons parler d'un combat na- 
nal devant Québec en 1799. Oîi est la vérité clans tout ce fatras ? 

Il y a ici confusion rulicule. Il est bien certain qu'en 1799 il n'y 
a pas eu de bataille navale devant Québec. Il est aussi a jieu près cer- 
tain que la Siirvei/ZaiiU- n'e.st jamais venu dans le port de QL'tbec. La 
Capricieuse qui vint à Québec en 1854 était le premier vais.seau de guer- 
re français qui remontait le Saint- Laurent depuis 1759. 
La vérité vraie,, la \ oici : 

Le 6 octobre 1779, la frégale française La Su)vcilla]iit\ commandée 
])ar le capitaine Du Conedic, .ie rencontrait dans les environs de la 
rtlanche avec la frégate anglaise Oucbcc, coinniandée par le capitaine 
Farmer 

Les deux vaisseaux étaient de même force en canons et en équipa- 
ges. On se battit pendant ciiui lieure.^ avec un acharnement épouvan- 
table. Farmer fut tué, et Du Conedic reçut plusieurs lilessures dont il 
mourut trois mois jilustard. La Surviillauli: rentra au p<;rt prescpic 
toute désemparée. La Oiu'i'n- lut détruite. 

Léon C.uérin a raconté a\ec force détails au volume \' de V I/istoi- 
r,- Marili)iic de Inaïuc k p.p. 60 et sefj. ) le duel entre la Snririlla>itc et 
la Oncb,c. P. (i. R. 



-128— 

Lettre de Mgr Briand, évêque de Québec, aux 
soeurs de Mgr de Pontbriant 

Mesdames, 

Depuis la mort du très; respectable et à jamais re- 
grettable évêque Monseif^neur de Poiit-Briand, votre illustre 
frère, je n'ai reçu aucune nouvelle de sa famille, quoique 
j'aie écrit Ti M. le Cte de Nevet, à M. l'abbé tle ïSt-.Méiian et 
à vous, ^Mesdames. 

La lettre tlont vous m'avez honoré cette année nj'a 
surpris, comblé de joie et renouvelé mon ancienne et tou- 
jours récente douleur. Je n'entrerai pas dan-* une plus lon- 
gue explication qui ne pourrait être qu'affligeante pour 
vous, mesdames, et pour moi. Quelle chute lun-rible ! après 
M. de Pont-Briand, me voici à Londres à poui suivre sa di- 
gnité. J'ai fui, j'ai résisté tant qu'il a été possible sans ex- 
poser la religion, (-'omme je lui avais promis rol)éissance 
dès le premier jour qu'il m'agréa pour travailler sous .-^es or 
dres, j'aime à me représenter qu'il continue du ciel, à me 
charger d'emplois répugnants, comme il faisait pendant sa 
vie, et cela par la trop grande bonté que ce digne prélat a 
toujours eus pour moi. 

Les affaires de la religion y ont été remises après la te- 
nue du parlement, je ne sais encore ()uand je passerai en 
France et même si on me permettra que j'y passe. 

On m'obligera peut-être d'aller dans les états (Ih la rti-. 
ne de Hongrie, car rn\ (;st ici extrêmement oppos.' à ce <|ue 
s Canadiens aient communication avec les Françai-^. C'est 
un sacrifice à ajoutera bien d'autres. Je vous supplie de 
m'accorder le sufli'age do vos saintes ft ferventes pii ivs. .Jt? 
crois les mériter par les bontés dont m'a honoré jusqu'à la 
fin et sans interruption ]\Igr voti'e frèie. 

J'ai riionneur d'être avec un profond respe(;t, 

Mesdames, votre très-liumblc et obéissant serviteur, 

r.lUAXT. 
Londres 12 février ITO-"). 






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BULLETIN 



RECHERCHES HiSTQRipES 

VOL. XXI BEAUCEVILIE-HAI 1915 No. V 



PIERRE ALLEMAND 



Voici un Allemand, mais comme c'est un Allemand qui vient de 
France il est le bienvenu parmi nous. D'ailleurs, nous croyons qu'il 
n'avait d'Allemand que le nom. 

11 était originaire de Saint-Sauveur, évêché de LaRochelle, et était 
le fils de Claud Allemand et de Marie Maudet. 

Il embrassa la carrière de marin et fit plusieurs voyages au Canada 
avant de s'y établir définitivement. 

Dans l'automne de i6Si, les nommés Chouart et Radisson, qui de- 
vaient jouer un certain rôle un ])eu plus tard, proposèrent à M. Char- 
les Aubert de la Chesnaye, riche marchand de Québec, une expédition 
à la baie d'Hud.son i^our y faire la traite avec les Sauvages. 

Les deux compères n'avaient pas d'argent. Ils mirent dans l'ex- 
pédition leur expérience de la mer, leur énergie et leur audace à toute 
épreuve. M. de la Chesna\e s'engagea à fournir deux petits navires, 
les provisions et agrès nécessaires. 

Les deux navifes ])artircnt de Percé le ii juillet 16S2. L'un des 
vais.seaux était commandé [xir Radisson et l'autre par Chouart. 

Pierre Allemand fit partie de l'expédition de même que Jean-Bap- 
tiste Godefroy, interiirète. Tous deux rendirent des services signalés. 

L'expédition rc]>artit de la baie d'Hudson le 27 juillet 16S3, et ar- 
riva à Québec à la fin d'octobre. Le voyage avait été très fructueux.( i ) 

Dans l'été de 16S4, les intéres.sés du connnerce de la baie d'Hud- 
son eus oyaient deux barques iiour hiverner dans la rivièie de Bourbon 
ou port de Nel.son, à la baie d'Hudson. L'intention des as.sociés était 

m X.-K- nionno, ClIUlAUr KP K.iDlSSUX, pp. 107 tl si^i. 



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— 130— 

de faire la traite a^'ec les Sauvages. Cette expédition était sous le com- 
mandement de M. Claude de Bennen de la Martinière, conseiller au 
Conseil Souverain. 

M. de la Martinière amena Pierre Allemand avec lui en qualité de 
pilote. 

Le 13 novembre 1686, le marquis de Denonville rendait compte au 
ministre du vojage de M. de la Martinière à la baie d'Hudsou. 

" Je vous dirai seulement, Monseigneur, à leur sujet (les iiucres- 
sés du commerce de la baie du Nord), écrivait-il, que les deux barques 
qu'ils envoyèrent l'été passé (l'été de 1684) pour hiverner dans la ri- 
vière de Bourbon ou port de Nelson sont arrivées, peu de jours avant 
le départ de l'intendant pour l'Acadie, comme j'étais à Montréal. 

"Elles ont hiverné dans uue petite rivière qui se décharge dans celle 
de Sainte- Thérèse tout vis-à-vis le poste que les Anglais occupent située 
dans une langue de terre qui est entre l'embouchure de la rivière de 
Sainte-Thérèse et celle de Bourbon. 

" Si le sieur de la Martinière qui commandait les deux barques 
avait été plus entreprenant avec ses hommes, il aurait pu enlever le 
poste de ces voleurs qui y ont plusieurs pièces de canon, mai-s il .se con- 
tenta de songer à s'établir dans cette petite rivière, oîi il a pas.sé l'hiver 
dernier. A la fin de mars, il alla prendre un poste trois lieues au-des- 
sus du po.ste des Anglais, dans une île où il entra sur les glaces laquel- 
le est au milieu de la rivière Sainte-Thérèse qui est justement l'endroit 
où le fripon de Radisson surprit Chouart, son neveu, et les autres 
Français qu'il tient avec lui avec tous les castors qu'ils avait traité pour 
nos intéressés. 

" Dans cette île, le dit sieur de la Martinière fit son magasin qu'il 
traita aux Sauvages qui y vinrent ajirès la fonte des glaces, et en quinze 
jours du mois de juin il fit pour dix mille écus de pelleteries. Les vi- 
vres leur manquant, le sieur de la Martinière fut obligé de quitter ces 
postes, et ne croyant pas y pouvoir laisser des hommes et marchandi.ses 
en sûreté fit embarquer tout sou monde et ses marchandises 
pour revenir. Sur la route nos deux barques en rencontrèrent une an- 
glaise qu'ils prirent, et, quel([ues jours ajuès, un vaisseau anglais, qui 
est celui qui porte Radisson. venant d'Angleterre, leur donna cha.sse et 
les contraignit de .se .sauver dans uue baie où le vaisseau anglais ne les 
jiouvant suivre mouilla devant elles et resta à l'ancre cinq jours du- 
rant ; après quoi il .se retira et nos barques avec leur prise se voyant en 
liberté s'en \inrent ici. 



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—131— 

Puis le marquis de Denonville parlait du pilote Allemand au minis- 
tre : ■ 1. A 

" Le sieur de la Martinière avait avec lui un jeune homme de ce 
pays nommé Allemav.d qui lui servait de pilote duquel j'espère tirer 
une carte cet hiver selon les mémoires qu'il a pu prendre des Sauvages 
avec lesquels il a fait presque toute la traite. Si ces mémoires sont jus- 
tes vous voirez (verrez), Monseigneur.que la plus grande partie de nos 
pelleteries qui viennent du côté du Lac Supérieur et surtout du lac des 
Assinibois passeront aux Anglais par cette rivière de Samte-Therese, 
si ou les laisse tranquilles dans leurs établissements. 

"Il n'y a Mon.seigneur, qu'un moyen pour remédiera cela qui 
est d'appuver notre Compagnie qui n'est pas en étal de faire la dépense 
c'e bâtiments propres pour soutenir les efforts de ceux des Anglais. Se- 
lon ce que j'apprends de cette rivière il faut des vaisseaux plats qui ne 
tirent pas plus de neuf pieds d'eau. Si Allemand n'avait pas ete in- 
commodé depuis son arrivée, j'aurais tâché de vous envoyer des cette 
année la carte que je projette de lui faire faire cet hiver, que j'aurai 
l'honneur de vous envoyer à la première occasion. 

"Je prendrai la liberté, Monseigneur, de vous dire encore une fois 
que nous pourrions trouver ici des jeunes gens très propres à faire de 
bons pilotes.si vous vouliez bien avoir la bonté d'en entretenir quelques 
uns ici Cela donnerait de l'émulation d'en faire d'autres dont un 
jour vous pourriez tirer du service. Celui-ci dont j'ai l'honneur de 
vous parler me parait un fort bon sujet." (i) 

Le 6 novembre 1687, MM. de Denonville et Champigny écrivaient 
au ministre : 

" Nous vous envovons un mémoire de Allemand qui s'offre de con- 
tinuer la carte de la navigation du golfe et du fleuve que le sieur Des 
Hâves avait commencé. Il .serait bien nécessaire, Monseigneur, que 
cet ouvrage se continuât ; il est a.s.sez joli garçon et entendu." (2) 
Le mémoire ou placet de Pierre Allemand se li.sait comme suit : ^ 
" Dit qu'il a une entière connaissance de toutes les côtes du Ca- 
nada par les fréquentes navigations qu'il a faites il offre si on veut lui 
donner le commandement d'une corvette àe 30 à 40 tonneaux et 1 en- 
tretenir de lever les plans de tous les ports et anses des dits cotes, re- 



1) Anliivos imbli.iiicsdu l'iinuilii, iiirr^ioiiM 
.') Archivas iml>!iiiui:sihi CiuiudH. Corrcspom 



—132— 

chercher les endroits propres tant pour établir des pesches que la traite 
avec les sauvages Esquimaux, de dresser des cartes justes de toutes les 
côtes. 

" D'enseigner la navigation à ceux du i)ays qui le voudront aji- 
prendre comme aussi les manœuvres, le canonnage et les constructions, 
en sorte que dans 2 ou 3 ans, la colonie se trouverait fournie de toutes 
sortes de gens propres à la navigation. Cela donnerait occasion aux 
marchands établis en Canada d'emplo>er des vaisseaux aux pêches de 
la morue, des saumons, harangs et autres poissons sont en grand nom- 
bre sur les côtes. Cela donnerait encore lieu de faire la traite avec les 
Sauvages que les Français ne connaissent pas, et qui vendent les jiflle- 
teries aux Anglais et Hollandais, qui en tirent des profits considéra- 
bles.^' 

Il n'appert pas que le placet de Pierre Allemand fit une grosse im- 
pression sur le ministre. 

L'année suivante, en 16S8, Pierre Allemand se rendait en France 
et présentait le mémoire suivant au ministre de Seignela)- : 

" Monseigneur, 

" Pierre Allemand ayant acquis une entière connais- 
sance de toutes les côtes du Canada par les fréquents voyages qu'il a 
faits tant allant et venant en France, à L'Acadie, et le long Mes côtes 
depuis Québec jusques dans la Baie d'Hudson, oîi il a commandé les 
vaisseaux de la compagnie de la dite Baie : à qui le Roi a accordé le 
commerce des pelleteries dans le dit pays représente très humblement à 
votre grandeur que le Canada étant entièrement dépourvu de pilotes et 
matelots, les côtes de Labrador, Terreneuve et du Golfe St-Laurent 
étant si peu connues que dans l'année i6S6, il s'est perdu trois navires, 
un dans le golfe, et deux dans le fleuve, il serait très nécessaire pour le 
liays et l'établissement du commerce que le Roi accordât un petit navi- 
re ou corvette de quarante à cinquante tonneaux, construit et entrete- 
nu dans le pa_\s à peu de frais, en envoyant les agrès de France, et si 
votre grandeur, sur le rapixirt que lui a pu faire Monsgr de St-Valliez 
(sic) de sa conduite et ca])acité dans la navigation le jugeait capable de 
monter le dit navire, il lèverait des plans de tous les jjorts et havres des 
dites côtes, rechercherait les endroits jiropres tant pour établir des pê- 
ches ; que la traite avec les Sauvages Lsquimaux, dre.sserait des cartes 
justes de toutes les côtes, enseignerait la navigation à ceux du pa\s c|ui 
la voudraient a])prendre, qui seraient en assez buii noml)re,ai)|>reU(lrait 



•ifi >:tj.;'?A'-'i"v 






—133- 



les manœuvres, le cannonnage et les constructions a ceux qu. se pré- 
senteraient, tellement que dans deux ou trois ans le pays se ^^^^^^^ 
founù de toutes sortes de gens propres à la navigation ce qui fera t que 
les marchands établis dans la colonie auraient des vaisseaux qu ils em- 
ploieraieut aux pêches de morues, saunions, harengs, lo"l- ^';"-;; 
marsoins, baleines, et autres poissons, qui sont eu grand nombre 
les côtes du pa^ s, et à la traite avec les sauvages qu'on n'a encore pon t 
vus venir commercer avec nous, au contraire, traitant avec es Anglais 
ou Hollandais qui en tirent des profits considérables et qui s établissent 
actuellement dans l'île de terreneuve et sur les costes du Labrador. 

' MM. de DeuonviUe et Chanipigny et Mr de St \ alliez savei.t a 
nécessité et le be.^oin qu'a le pays que le présent mémoire soit exécute 
et tout le pays continuera avec un grand z.èle ses prières pour 1 accom- 
nlissenient de vos glorieux dessehis." (O 

'Ta démarche personnelle de Piene Allemand n'eut pas plus de 
succès que la lettre du marquis de Deiionville. Le puissant m.ni.stre 
de Seignelav avait Hen d'autres chat, à fouetter que d'écouter les de- 
'-t:;;e Alî^^Sïl^pSiSurément à Québec le ., niai i6,i. 

11 avait épousé, à Québec, le 13 novembre .6S5, Louise-Margueri- 
te Douaire de Bondy. fille de Thomas Douaire de Bondy et de Margiie- 
rite de Chavignv. Une de .ses filles devint la femme de Jean-Baptiste 
Charets, de la famille des Charets. de la Pointe-Lév> ■ ba veuve se re- 
maria, en 169., à Nicolas Pineau. Pierre Allemand avait au.ssi un fi > 
,ui porta le !4me prénom que lui. mais ce Pierre Lallemand ne .semble 
pas avoir lai.ssé de postérité. p ç. ^ 

La "Bourse" de Montréal 

Kn 1717, un arrêt du roi iK.n-mettait aux marchaiuls de Québec et 
de Montréal de s'assembler tous les jours eu un lieu .qu'ils choisiraient 
pour V traiter de leurs affaires, comme aussi de se nommer un synd,., 
c'est-à-dire un représentant auprès des avrUmtes 

Nous avons peu de renseignements sur la /nw;^, cle ^uldcl. 
connaissons sa fondation. I! y a guère plus ^ M^.^icot- 

Dans le io,nuiun> . I »/.'</""'""' tle J— 'u-r ,u.,. M. 1.. A. Ma 
te publie un document qui prouve (i 



la /lofirsr de Montré; 



,ta suion jusqu'à la Conquête du moins peu d'années avant. 



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Une société Politique Secrète à Montréal 

Le Club Saint=Jean Baptiste 



Une des très rares sociétés politiques secrètes canadiennes-françai- 
ses qui aient existé à Montréal jwrta le nom de Club Saint-Jean-Baptis- 
te. 

Ostensiblement, c'était un cercle inoffensif où l'on pouvait jouer 
au billard, prendre une partie de cartes et déguster des lif^ueurs. 

Le gardien du local, M. Patenaude logeait sous les combles, les sal- 
les d'amusement se trouvaient au rex.-de-chaussée, et, dans le sous-sol, 
se tenaient les réunions secrètes. 

Les parrains du club n'avaient pas fait grande dépense d'imagina- 
tion pour le baptiser. 

Ils l'avaient appelé Saint-Jean-Baptiste, tout simplement parce 
qu'il occupait une maison de la rue Saint-Jean-Baptiste. 

La maison en question a une histoire assez longue que nous allons 
résumer en peu de mots. 

Avant d'être habité par le club, l'édifice avait une réputation sinis- 
tre et un ]>amphlètaire que nous allons citer de nouveau au cours de cet 
article (i) écrivait avec emphase, à ce sujet : "Ce que c'était que cette 
" maison... Je ne le dirais pas à une honnête femme... Les murs gar- 
" dent encore quelques traces de ces jours de dégradations. Il y a trois 
" ans, deux hommes s'y sont égorgés à coups de rasoir" .. 

Après avoir été abandonné par le club ce bâtiment devint usine et 
il semblait que l'oubli allait l'envelopiier pour toujours lorsque la fan- 
taisie d'un archéologue transforma cet ancien objet de réprobation po- 
pulaire en un lieu de vénération historiciue. 

En effet, peu après la publication du l'/f/ix Montrcal de Morin, un 
chercheur, bien intentionné du leste, s'apercevant que cette maison 
dont l'intérieur est remarquable, s'élevait sur le .site de la concession 
accordée au tailleur Nicolas Hubert-Lacroix, en 1655, décréta aussitôt 
ipie ce bâtiment datait dn 17e siècle, (pie c'était la jjIus ancienne cons- 
truction de Montréal. . et tout le inonde le crut, sans autres j^reaves. 



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— 135— 

Aujourd'hui, des architectes et des archéologues sérieux préten- 
dent que l'extérieur de cette maison date au plus du iSe siècle ; que ses 
sculptures intérieures sont, pour une bonne partie, de st\le ^ colonial, 
conséquemment du régime anglais, et peut-être de l'époque où le roi de 
la fourrure, M. Me Tavish. résida dans cet immeuble ! 

Mais pourquoi s'insurger ? Les guides, les gravures et la pliota- 
graphie ont si bien vulgarisé "la plus vieille maison de Montréal" qu'il 
n'est plus possible de détruire la légende. Passons donc du contenant 
au contenu. 

*** 
Fondé vers 1865, par Ludger Labelle, avooat, le club vSaint-Jean- 
Baptiste avait un but politique qu'on ne démile pas bien, à distance. 
Les deux adhérents septuagénaires qui nous ont fourni la plupart de 
ces notes (i) ne s'accordent pas sur ce point. L'un prétend que le 
club voulait orienter les Canadiens-français vers l'annexion ou l'indé- 
pendance, l'autre, qu'on ne cheichait qu'à empêcher de s'accomplir, la 
confédération canadienne, redoutée à l'égal des plus grands maux. 

Ces deux opinions se trouvent justifiées par le pamphlet anonyme 
(attribué à l'hon. J. A. Mousseau) Contre- Poison. La coyifédcration, 
c' est le salut du Bas- Canada . 

Dans cette l^rochure, on voit que le club "lutta contre la confédé- 
ration", qu'un des principaux membres avait "levé le drapeau de l'in- 
liendance" et s'était fait "le plus ardent avocat de l'annexion." 

Composé de jeunes gens ayant appartenu aux deux partis politi- 
ques, le club se niontra très actif dès sa naissance. Il prit part aux 
luttes municipales, fit élire l'épicier J. O- Mercier contre le tribun J. 
A. Chapleau.le fougueux Méderic Lanctôt contre le brave commerçant, 
Alexis Dubord et, enfin, aida Ludger Labelle qui avait déjà été élu 
conseiller. 

De plus, le club chercha, à l'in.star de l'Institut Canadien, à s- ré- 
pandre dans la province et l'on connaît jiar une brochure reproduisant 
la corresiiondance échangée entre l'abbé Laroque et le député Dufresiie 
qu'il existait une succursale de la société à Saint-Jean. 

Ouels étaient ks membres de ce club ? 






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-13(5- 

D'après le pamphlet déjà cité, "les rédacteurs du Pays, de /' Union 
Nationale (i) et de l'Ordie trônaient dans les assemblées", trois mem- 
bres du parlement .. les '^éputésde Bagot, Maurice Laframboise, de 
Richelieu, Jean-François Perrault et d'Iberville, Alexandre Dufresne, 
en faisaient aussi partie. 

Parmi les autres, les anciens nomment : Ludger Labelle, le fonda- 
teur, Edmond Augers, fabricant de chaussures, trésorier, O. Archam- 
bault, avocat, J. et C. Patenaude, El/.éar Labelle, avocat et poète, frè- 
re de Ludger, A. David, H. F. Rainville, Guillaume Lamothc, chef de 
police, Moore, photographe, ^L Nœgelé officier de ])olice, Jean de 
Beaufort, détective, Médard Mercier, huissier, etc., etc. 
*** 

Lors d'une admission, le candidat était rencontré sur le champ de 
Mars ; on lui bandait les yeux et on le menait à la salle du club par 
une voie détournée. (2) Rendu à la porte de la salle, le h\\.nr frire 
demandait à être introduit. Quelques objections lui étaient faites, 
pour la forme puis, s'il persistait, on le faisait entrer et on lui enlevait le 
bandeau. 

La scène qui s'offrait alors aux regards du profane n'avait rien de 
banal. 

Autour de lui, se trouvaient les initiés recouverts de cagoules som- 
bres qui ne laissaient apercevoir que les yeux. 

Au fond de la pièce, sur une estrade, planait le ])résident ou le 
Maître Devant ce dernier était une table tendue de noir, chargée à 
chaque bout d'une tête de mort ; derrière le niait re s'étalait un grand 
drapeau noir sur lequel on avait peint en blanc, une tête de mort au- 
dessus de deux tibias disposés en sautoir. 

Au.ssitôt, le maître de cérémonie, ou ]wrte- poignard, s'avançait 
vers le récipiendaire et, en lui apimyant l'arnic sur la poitrine, lui fai- 
sait prononcer "à haute et intelligible voix" un engagement d'honneur 
terrible dont M. Mousseau a dû voir le texte, car il en cite des bribes, 
dans sa brochure, pp. 65-66. 





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-137- 

Après cette lugubre cérémonie, les assistants enlevaient leurs ca- 
goules et souhaitaient la bienvenne à leur nouveau compagnon qui, la 
jîlupart du temps, reconnaissait presque tous ses amis et connaissances. 

Les mots de passe étaient alors dévoilés au "frère" ainsi que "la 
poignée de main." 

L'un des premiers était comme suit : "Quelles nouvelles dans le 
pays ?" ou "as-tu vu Marianne ? " 

A cela, on ré])ondait : "Marianne s'en vient." 

Quant à la poignée de main, elle se donnait en tenant l'annulaire 
replié. 

*** 

Suivant des membres vivants le club exista une couple d'années ; 
d'après M. Mousseau son existence n'aurait été que de quelques mois. 
Ce serait Sir Georges-Ktienne Cartier qui avait eu à subir les assauts du 
club qui en décida la suppression. 

Le juge Coursol et le greffier de la paix M. Schiller, après s'être 
procuré une liste des membres de cette société, ordonnèrent sa disso- 
lution et ils réussirent sans grande difficulté. 

*** 

Pour terminer, détachons de la sympathique étude biographique 
que l'hon L. O. David dans J/fs contemporains, (p 171, etc.) a consa- 
cré à Ludger Labelle, les notes suivantes, relatives au club Saiut-Jean- 
Baptiste : 

" Ludger Labelle fut le principal fondateur du club... qui fit beau- 
" coup de bruit avec peu de chose et finit par être considéré comme une 
" société secrète. 

" Les membres s'engageaient, sur l'honneur, à ne pas dévoiler les 
" secrets des délibérations 

" Le secret était facile à garder, car les membres du club passaient 
" leur temps à jouer au billard, aux dominos et un peu aux cartes ; 
" ajoutons que s'ils n'avaient pas de mauvaise intention, ils ne faisaient 
' ' rien de bon 

" Ce club... .servit de refuge, pendant un mois, à l'un des jeunes 
" gens qui, après avoir volé une bancpie à Saint- Albans, avaient fran- 
" chi la frontière et avaient été arrêtés et emprisomiés à Montréal 

" Ces jeunes gens n'eurent ]ias de peine à trouver des refuges au 
" milieu d'une ]io])ulation (]ui était pleine de sympathie pour eux. 



-138— 

" Le club Saint-Jean-Baptiste ne fut donc pas, sous ce rapport, 
" plus coupable que le reste de la population. Mais ses principaux 
" membres voulurent pousser les choses plus loin, lorsqu'ils discutèrent 
" le projet de délivrer les >aiders avant leur acquittement. 

" Le complot était pas mal avancé, lorsque l'un des conspirateurs 
" reçut une lettre l'avertissant ainsi que ses compagnons, qu'on les fe- 

" rait arrêter si on les croyait sérieux " 

*** 

Qui .sait ? Ce fut peut-être cette conspiration qui permit aux auto- 
rités de s'ingérer dans la société et d'en provoquer le débandenient. 

E. Z. MASSICOTTE 

QUESTIONS 

Feu M. F. -M. Derome, avocat, a publié en 1866 ou 1867 une étu- 
de sur le "moulin banal" de Kamoura.ska et vers le même temps un 
travail sur la descente des Anglais à KamourasKa en 1759. Où trouve- 
rais- je ces deux études ? J. L. 

—Quel est ce monument Price élevé dans la ville de Chicoutimi ? 

CHILO. 

—Est-il dit dans l'acte de mariage de Pierre Fournier de Belleval, 
à Québec, le 30 juillet 1673, qu'il était oiFicier au régiment de Cari- 
gnan ? CH. 

--Depuis quand la crémation est-elle introduite au Canada et aux 
Etats-Unis et dans quel pays d'Europe a-t-on construit les premiers 
fours crématoires? X.Y.Z. 

— Après le procès intenté au nom de Jeanne-Geneviève Picoté de 
Belestre contre Pierre LeMoyne d'Iberville en j68S et dont on trouve 
le détail dans le 3e volume des Jugcmoits et dclib. du Cous. So//:rra///, 
que devinrent la malheureuse demoiselle de Belestre et son enfant ? 

ROMANCIER. 

—Dans les éphcmcrides de VA/iiktiuu/i de QkcIhc pour 1.S46, on lit, 
à la date du 30 janvier : "Nicolas Denis, gouverneur du Canada, 
1654". Comment expliquer cette étonnante as;,ertiun ? 

SIRE E. 

--D'où vient l'expression "aller aux loges" ? 

CUR. 



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■13'J- 



Les commissions des gouverneurs de la 
Nouvelle=France 



Où troiive-t-on les commissions des gouverneurs de la Nouvelle- 
France ? 

Nous avons eu, sons le régime français, dix-huit gouverneurs. 
Nous ne comptons pas dans ce nombre les personnages qui ont admi- 
nistré la Nouvelle-France par intérim, si ce n'est M. de la Galissonière 
qui vint ici avec une commission spéciale et que tous les historiens ont 
considéré comme gouverneur. Ces administrateurs sont : Marc Antoine 
Bras-de-Fer de Châteaufort, 1 635-1 636 ; Charles de Lauzon-Charny, 
1656-1657 ; Louis d'Ailleboust de Coulonge, 1657-1658 ; Charles 
LeMoyne, premier baron de Longueuil, 1725-1726 ; Charles LeMoyne, 
deuxième baron de L'ongueil, 1752. 

Les gouverneurs de la Nouvelle-France furent donc : 

SAMUEL DE CHAMPLAIN.— Sa première commission de "com- 
mandant en la Nouvelle-France " lui fut donnée le 15 octobre 161 2 par 
Charles de Bourbon, comte de Soissons, lieutenant-général au pays de 
la Nouvelle-Franee. Champlain a publié cette commission dans ses 
Voyages (édition de 1632, p. 231). Fille a été reproduite dans les 
Etù'/s ei Ordoiniai/rcs, \-o\. lU, p. 11. Le 15 février 1625, Champlain 
recevait une autre commission de " commandant en la Nouvelle- 
France" de Henry de Lévy, duc de Ventadour, vice-roi et lieutenant- 
général au pays de la Nouvelle-France. Cette deuxième commission 
e.st également publiée dans -ses IWages {2e partie, p. Si). Elle est 
reproduite aussi dans Edits et Ordonnances, vol. IIL p. 13. 

CHARLES-JACQUES HUAULT DE MONTMAC.XV. La pre- 
mière commission de Montmagny est datée du 15 janvier 1636. 11 dût 
recevoir une deuxième commission en 1639, et une troisième en 1642. 
La quatrième commission de M. de Montmagny est du 6 juin 1645. Q*î\.- 
te dernière est publiée dans /;V/7^ f/ (^/f/cwwin/i/'.v, vol. HL P-i5- Los 
trois premières commissions de ^L de Montnuigny, croyons-nous, n'ont 
jamais été inibliées. Xoiis ignorons si elles existent encore. Un fait 
qui n'a guère été remarqué : ^L de Montmagny fut nommé gou- 






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verneur de la Nouvelle-France le 15 janvier 1636. Champlain était 
mort le 25 décembre 1635. On n'avait pu apprendre encora en France 
la mort de Champlain lors de la nomination de Montmagti}". Le roi 
rappelait donc le fondateur de la Nouvelle-France. 

LOUIS D'AILLEBOUST DE COULONGE.— C'est le 2 mars 
1648 que Louis XIV signa la commission de M. d'Ailleboust comme 
gouverneur de la Nouvelle-France. L'original de cette commission est 
conservé à l' Hôtel-Dieu de Québec. M. Ernest Gagnon a rei)roduit k- 
texte de la commission de M. d'Ailleboust dans ses Feuilles volantes et 
Pages d'histoire, p. 213. Il est dit dans cette commi.ssion : " Etant 
nécessaire pour le bien de notre service, de pourvoir d'un gouverneur 
notre lieutenant-général dans toute l'étendue du fleuve Saint-Laurent, 
au lieu et place du sieur chevalier de Montmagny, dont le temps qui 
ne doit être que de trois aus, ordonné ]»r nos Règlements i)our le dit 
pays, est expiré.." 

JEAN DE LAUZON. — Commission en date du 17 janvier 1651. 
Reproduite dans Edits et Oidonnanecs, vol. III, p. 16."... pour trois ans 
seulement qui commenceront du jour que le dit sieur de Lau/.on arrive- 
ra à Québec." M. de Lauzon arriva à Québec le 13 octobre 1651. Com- 
me il ne laissa la Nouvelle-France que danr l'été de 1656, il garda 
donc le gouvernement de la colonie pendant près de cinq ans, soit 
plus de vingt mois que ne le lui permettait sa commission. 

PIERRE DE VOYER, VICOMTE D'ARGENSON.— Commis- 
sion en date du 26 janvier 1657. Reproduite dans Edits et Ordo/i/taiiees, 
vol. III. p. 20. " Etant nécessaire pour le bien de notre service, dit 
sa commission, de pourvoir d'un gouverneur notre lieutenant-général 
dans toute l'étendue du fleuve Saint-Laurent, au lieu et place du sieur 
de Lauzon, dont le temps qui ne doit être que trois ans, ordonné par 
règlements pour le dit pays, est expiré " 

PIERRE DUBOIS, BARON lY AXAVCOUR. -Le /oiimal des 
yi'.w^/c-j- nous apprend (pie M. d'Avaugonr arriva à Québec le 31 août 
1661. Il faut croire que sa commission ne fut pas insinuée au registre 
du premier Conseil de Québec comme celles de ses ])rédécesseurs puis- 
qu'elle n'est pas publiée dans les /ùlits et (h-doiiiunues. On n'en pos- 
.scde pas de copies non plus aux .\rcliive-. publique d'Ottawa. Il sem- 
ble même que les Archives de la Marine, à Paris, n'ont pas coiiscr\é la 
commission de M. d'A\augour. Aucun catalogue ou inventaire ne la 



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...141— 

mertionne. 

AUGUSTIN DE SAFFRAY DE M ES Y— Commission en date du 
ler mai 1663. Insinuations du Conseil Supérieur de Québec, registre 
A, folio 2. Reproduite dans Edih et Ordonnances, vol. III, p. 21. II 
e.st dit dans la commission de M. de Més\' que le temps de trois ans, 
porté par la commission de M. d'Avaugour. ne devrait expirer qu'en 
1664, mais que le Roi " désire le rappeler présentement en France." 

DANIEL REMY DE COURCELLES.-Commi.ssion en date du 23 
mars 1665. Insinuations du Conseil Supérieur de Québec, registre A, 
folio 12. Reproduite dens /^(///.î ('/ Ordonnances, vol. III, j). 31. Il 
est dit dans sa commission : " Ayant résolu de retirer le sieur de 
Mésy de l'emploi de gouverneui et notre lieutenant-général de Canada 
et d'établir eu sa place, une personne en la suffisance 'et fidélité de 
laquelle nous nous pui,ssions reposer de la conduite de nos peuples du 

dit pays " M. de Mésy décéda à l' Hôtel-Dieu de Québec le 6 

mai 1664, avant d'apprendre qu'il était rappelé. 

LOUIS DE BUADE, COMTE DE FRONTENAC — Première 
commission en daie du 7 avril 1672. Insinuations du Con.seil Supé- 
rieur de Québec, registre A, folio 42. Rejiroduite dans Edits et Ordon- 
nances, vol. III, p. 40. Il est dit dans cette commission : " Aj-ant 
résolu de retirer le sieur de Courcelles de l'emploi de gouverneur et 

notre lieutenant-général de Canada " Seconde commission en date 

du 15 mai 1682. Insinuations du Conseil vSupérieur de Québec, regis- 
tre B, folio 82. Rt])roduite dans Edits et Ordonnances, vol. III, p. 52. 
Cette commission délnite ainsi : " Ayant résolu de rap])eler aujjrès de 
nous le sieur marquis de Denonville, gouverneur et notre lieutenant- 
général en Canada nous avons cru que nous ne pouxions faire choix 
d'une personne qui fût plus digue de remplir une charge de cette im- 
portance que notre cher et bien-aimé le comte de Frontenac " 

ANTOINl'-JOSl'PH LEFKBVRE DE LA BARRE. -Conunis- 
sion en date du ler mai i6,S2. Insinuations du Conseil Sui)érieur, 
registre A, folio 1)1. Reproduite dans Edits et Ordonnances, vol. III. 
p. 44. Débute ainsi ; "A>ant résolu tie retirer le sieur comte de l-"ron- 
tenac de l'emploi de gouxerneur et notre lieuten.uit-général de Canada. " 

JACQUi:S-Rh;XH !)1', BRISAY, MAROLIS Dlv I)i;X( (XVIl.Li:. 
Conunission en date du ler jan\-ier H'iN,S. Insinuations du Conseil Su- 



— 142— 

pirienr, registre B, folio 41. Reproduite dans Edits et Ordonnances ,\o\. 
III p, 48. Commence par la formule accoutumée: "Ayant résolu de reti- 
rer le sieur de la Barre du gouvernement de notre pays de la Nou- 
velle-France " 

LOUIS-HECTOR DE CALLIERES.— Commission en date du 20 
avril 1699. Insinuations du Conseil Supérieur, registre B, folio 125. 
Reproduite dans Edits et Oidonnances, vol III, p. 54. "La charge de 
gouverneur et notre lieutenant-général en Canada, Acadie, Isle de Ter- 
reneuve et autres pays de la Nouvelle-France en l'Amérique Septen- 
trionale, étant à présent vacante par la mort du sieur comte de Fron- 
tenac . . . . " 

PHILIPPE DE RIGAUD, MARQUIS DE VAUDREUIL.— Com- 
mission en date du ler août 1703. Insinuations du Conseil Supérieur, 
registre B, folio 162. Reproduite dans Edits et Ordonnances, vol. III, p. 
58. Débute comme suit : " La charge de gouverneur et notre lieute- 
nant-général au pays de la Nouvelle-France, étant à présent vacante 
par le décès du sieur de Callières " 

CHARLES, MARQUIS DE BEATIHARNOIS.— Commission en 
date du 11 janvier 1726. Insiiuiations du Conseil Supérieur, registre 
F, folio 57. Reproduite dans Edits et Ordonnances, vol. III, p. 67. 
" La charge de gouverneur et notre lieutenant-général au dit pays de 
la Nouvelle-France étant à présent vacante par le décès du sieur mar- 
quis de \'audreuil. ....." 

ROLAND-MICHEL BARRIN, COMTE DE LA GALISONNIERE. 
— Commission en date du 10 juin 1747. Il est nommé " commandant- 
général de la Nouvelle- France" pendant l'absence de M. de la Jon- 
quière. La commission de M. de la Galisonnière est au registre I, 
folio 43, des Insinuations du Conseil Supérieur de Québec. IvUe a été 
reproduite dans /Tf/Z/j-f/ Ordonnances, vol. III, ]). 73. 

JACQUES-PIERRE DE TAFFANEL, MARQUIS DK LA JON- 
QUIl'^RE.— Commission en date du 15 mars 1746. Insinuations du 
Conseil Supérieur, registre I, folio 66. Rei)roduite dans A"(//Vj- et ( V- 
donnonces, vol. III, 11. 71. •' ,\\-ant résolu de rani>eler auprès de nous 



le sieur marquis de 


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—143 - 

venir prendre son gouvernement. La France et l'Angleterre étaient 
alors en guerre. A la hauteur du cap Finistère, le 14 mai 1747. une 
flotte anglaise de dix-sept vaisseaux de guerre attaqua l'escadre fran- 
çaise comi)osée de six vaisseaux, sous le commandement de la Jonguière. 
Le Sérieux dût se rendre, et le gouverneur de la Nouvelle- France fut 
amené prisonnier en Angleterre. C'est en vertu de sa commission du 15 
mars 1746 que M. de la Jonqnière vint relever M. de la Galissonnière 
en 1749. 

ANGE, MARQUIS DUQUESNE-MENNEVILLE—Commission 
en date du ler mars 1752. Insinuations du Conseil Supérieur, registre 
I, folio 83. Reproduite dans /Ti/ZA- et Ordonnances, vol. III, p. 77. 
Débute ainsi : " Ayant jugé à propos de rappeler auprès de nous le 
sieur marquis de la Jonquicre " Comme M. de Mésy, le mar- 
quis de la Jonquière mourut .sans sa\oir qu'il était rappelé. Il décéda à 
Québec le 17 mars 1752. 

PIERRE RIGAUD, MARQUIS DE VAUDREUIL-CAVAGNAL. 
Commission en date du ler janvier 1755. Insinuations du Conseil 
Supérieur de Québec, registre K, folio 8. Reproduite dans EdUs cl 
Ordonnances, vol. III, p. 79. Il est dit dans la commis'^ion du mar- 
quis de Vaudreuil : " Etant nécessaire de pourvoir au gouvernement- 
général de la Nouvelle-France à la place du sieur marquis Duquesne 
auquel nous avons accordé la permission de revenir en France pour 
reprendre .son service dan.', la marine " P. G. R. 

L'assassinat du Père Buteux 

"Le loe jour de mav, lisons-nous dans le Joninal des Jésuites, de 
1652, le P. Jacques Buteu^'-. en com]),ignie d'un Français noinmé Fon- 
tarabie et d'un linrcju nommé Thomas Tsondoutanien, fut tué par une 
bande de 14 Iro(iuois. Les deux français demeurèrent morts sur la 
place ; le huron fut enunené prisonnier ; ce fut tlans les Trois- Rivières 
au troi.sièine porlav;e." 

Dans la A'ohvc//c-Fu, 
ticle de M. l'.rnesl Gagno 
Maurice. 



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—144— 

Les fondateurs de Montréal 



Combien de personnes accompagnaient M. de Maisonneuve lorsque 
celui-ci vint fonder Montréal, en 1642 ? 

Da-nsX&n Sovantcs de DicK au Canada par C. de Laroche-Héron, 
on trouve, à la page 35, la note suivante qui est du distingué archéolo- 
gue, Jacques Viger : 

"Le nombre des premiers colons de Ville- ^Larie a été diverse- 
ment rapporté dans les mémoires contemporains. Ainsi le P. Viniont 
])résent au débarquement et qui accompagna le ])remier convoi à Mont- 
réal... dit 40 /www/f^. Le P. Le Clerq dit également ^o /lomincs. Si 
ces deux Pères ne jiarlent pas de/riuiiics (et il y en avait assurément) 
M. de Belmont venant après ces Pères, dit : l'embarquement de 1641 
fut de 45 IioDiincs" , mais il y inclut peut-être les femmes .sans le préci- 
ser. M. Dollier de Casson et l'abbé de la Tour s'accordent tous deux 
à dire que M de Maisonneuve amena 25 hommes sur son vaisseau ; et 
Mlle Mance 12 hommes sur le sien. C'est donc 37 hommes et en y 
ajoutant ^L de Mai.sonneuve et Mlle Mance, etc.. nous aurons 43 ou 44 
colons. Il est certain que de plus il vint d'autres femmes qui avaient 
voulu suivre leurs maris (deux au moins 1, et sans doute autant ou plus 
d'enfants. Mais M. Dollier ajoute que M. de Maisonneuve perdit dans 
la traversée 3 ou 4 de ses hommes. Nous avons donc lieu de croire 
que rci)iba)qucmt:nt àç. 1641 fut bien de 45 liomincs, mais que le dtbar- 
ijuctnciit de 1642 Tut de 4^ /yosoinus, ce qui concilie, à peu près, les ap- 
parentes contradictions." 

L'abbé Paillon qui écrit cinq ans ]5lus tard et qui doit être mieu.K 
renseigné dit dans son Histoire de la Colonie, vol. L 41^' : "La recrue 
était partie sur trois navires ; dans l'un se trouvaient M. de Maison- 
neuve avec environ 25 hommes... dans l'autre Mlle Manco et 12 hom- 
mes... le reste, au iiombre de 10 honnnes. . ainsi que 3 femmes..." 

Cela forme un total de 50 hommes et fenniies et il n'e.'ït jias ques- 
tion des enfants. 

Dans notre étude sur les premiers colons de Montréal de 1642 à 
1667 {Meni. de la Soe. A'ov. I9i3\ nous fixons le nombre des ]irenners 
colons, à 4S, y compris M. de Maisonneuve, Mlle Mance et les 
enfants, plus 4 fcnuncs (dé<Iuction faite des 4 ijersoinies mortes durant 



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—145— 

la traversée). 

A ce nombre, il faudrait ajouter le P. Vimont, le P. Poncet, le 
gouverneur de Mortniagn>-, M. de Puiseaux, Mme de la Peltrie et sa 
demoiselle de compagnie, Charlotte Barré, ce qui formerait un total de 
58 personnes au moins (car il y en avait certainement d'autres j qui as- 
sistèrent à la fondation de Villemarie, il y a eu 273 ans cette année. 

E. Z. MASSICOTTE 



Lettre du Roi au Conseil Supérieur 
de Québec 



A nos amez et féaux, les gens tenans notre Conseil Supérieur de 
Québec. 

Nos amez et féaux ayant pris la résolution de gouverner par nous- 
mêmes notre royaume nous nous sommes proposé en même temps de 
suivre l'exemple du feu Roy notre bysayeul le plus exactement qu'il 
nous sera possible et nous avons jugé à propos en conséquence de su- 
primer le titre de principal ministre de nostre estât. Nous avons bien 
voulu vous en donner avis pour que vous vous conformiez à cette dis- 
position en ce qui vous concerne si ny faites fautte car tel est nostre 
plaisir. Donné à Versailles le cjuatorze Juin 1726. Signé Louis et 
plus bas Phelypeaux.(i) 



(i) Cette lettre que nous trouvons dans les Insinuations du Con- 
seil Supérieur était accompagnée de la lettre suivante de M. de Maure- 
pas, ministre et secrétaire d'état de la marine, datée du 14 juiu 1726 : 
"Messieurs, Je vous envoxe la lettre que le Roy vous écrit pour vous 
donner avis de la résolution qu'il a pris de gouverner son Royaume par 
lui même à l'exemple de fcii Roy et de la supression que Sa Majesté a 
fait du titre de principal ministre de l'Etat, Je ne doute point que vous 
ne vous conformiez aux intentions de sa Majesté et il ne me reste qu'à 
vous assurer que Je suis, Messieurs, votre très humble et très afTection- 
né serviteur, 

(.Signé) MAURIÎPAS. 



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—146- 

LES BRUNSWICKERS AU CANADA 



En 1776, l'Angleterre faisait avec le landgrave de Hesse-Cassel, le 
duc de Bruuswick-Luneburg et le prince de Hesse-Cassal, comte ré- 
gnant de Hanau, un arrangeraeni par lequel ces derniers s'engageaient 
à lui fournir un contingent de troupes allemandes qui devaient venir en 
Aniériq>ie pour aider à écraser la révolte des colonies américaines. 

Le contingent de Brunswick destiné pour l'Amérique était compo- 
sé des troupes suivantes : i un régiment de dragons à pied, sous le 
commandement du lieutenant-colonel Baum ; 2 le régiment d'infante- 
rie du prince Frédéric, sous le commandement du lieutenant-colonel 
Praetorius ; 3 le régiment d'infanterie de Rhet, sous le commandement 
du lieutenant-colonel Van EhrenKrook ; 4 le régiment d'infanterie de 
Riedesel, sous le commandement du lieutenant-colonel Van Specht : 5 
un bataillon de grenadiers, sous le commandement du lieutenant-colo- 
nel Brej'uiann ; 6 Un bataillon de f usiniers (\-âgers), sous le connnan- 
demeut du lieutenant-colonel Barner. 

Les troupes allemandes se rendirent par mer à Portsmouth d'oiî 
elles s'embarquèrent, le ^ avril 1776, sur une trentaine de transports, 
pour se rendre en Amérique. 

Le major-général baron Frederick- Adolph Von Riedesel avait reçu 
le commandement de tout le contingent qui comprenait 4,300 hommes. 

Les vaisseaux qui portaient les troupes allemandes arrivèrent de- 
vant Québec le ler juin 1776 et les jours suivants. 

Les Brunswickers ou troupes auxiliaires allemandes, comme on les 
appelait indifféremment, restèrent en Amérique jusqu'à l'été de 1783. 

On sait qu'elles subirent le même sort que les troupes anglaises de 
Burgoyne et qu'elles durent se rendre à Saratoga le 16 octobre 1777. 

Un bon nombre des officiers et soldats allemands qui vinrent en 
Amérique avec Riedesel en 1776 s'établirent aux Etats-Unis ou au Ca- 
nada. William-L. Stone prétend ((ue des 4,300 officiers et soldats de 
Riede.sel 2, Soo seulement retournèrent en Allemagt;e. La pln])art des 
Canadiens d'origine allemande de la prt)vince de y uébec descendent des 
soldats de Riedesel. 

Sur les Brunswickers ou trouiics auxiliaires allemandes on peut 
consulter : 



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—147— 

Mevwbs and Idters and journals of major General Rkdesel d.iriuff 
lus résidence in America, translatée! from Ihe original german of Max 
Von Eelking, bv William-L. Stone. Albany-i86S. 2 volumes. 

fetters and Memoi>s relatins; io the war of A,nerican Independence, 
and the eapiiue of the german troops at Saiatoga, by Madam de Riede- 
sel Translated from the original german. New-York-1827 

Journal of the Vovaç^e of the Brnnsunck Auxiliaries Jrom Woljenbut- 
iel to Québec, by F. V. Melsheimer. chaplain to the duke of Brun.swick s 

Dragoon Régiment. Ouébec-iSgi. ,„-,/./. ./,/,. Wolfen- 

loiirnal du voyai^c des troupes auxiliaires de Ihuns.cuk ,t dt n oljtn 
^«///r^W^^r, parF.V. Melsheiwer. Traduit de l'allemand. Mm-- 

'^^""rhVBrunswickers in Canada, dans The Canadiaa and Numismatie 

^'">™;ï' ;;?«.'.,. de stade à Ouébee, eu Amérique, par un offi- 
cier. Traduit de l' allemand. Francfort— 1776. ; ,^, ,, 
Lettres confidentielles de quelques officiers allemands dans le Canada 
,-n T-7-77 et i77f!. Gottingen — 1779- . .. ,.. 

dIus Xilliappo, ts sur les Aiehives du Canada, J^^x^ particuhere- 
nient dans les volumes consacrés à la Corection Haldmiand, on trouve- 
ra Tes som:nairesdes lettres ou communications échangées entre le ba^ 
ron de Riedesel, .ses principaux officiers et les gou^-erneurs Carleton et 
Haldimand et les officiels du Canada de l'époque. p q R 

Le droit, la médecine et le notariat dans la 
province de Québec 

Les trois principales profession^s de la province de Québec sont le 
droit, le notariat et la médecine. a ( .. w ^ Va 

Le notariat a eu son historien dans la personne de feu M. J.-l.ci- 
mond Roy. Il a publié une Histoire du notariat au Canada en six vo- 

■ ""' On peut consulter sur l'histoire du barreau dans^ la province de 
Québec les ouvrages suivants : Histoire du droit canadien, par B -A..- • 
Testard de Montiguy : Histoire du droit canadien ^n deux ver- 
nies), i>ar Edmond Lareau ; i: ancien ban eau du Canada, par j.-i.u- 

"""iuc°un ouvrage spécial n'a été publié encore sur l'histoire de la 
médecine au Caua.la et i^lus particulièrement dans la province de Que- 
bec Feu M le docteur Michael-A. Ahearn. -'e Québec, avait cepen- 
dant commencé la publication de «lotes importantes sur nos '"'^'ens 
médecins dans la Ke-eue Médiurle de Québec. On pourra consulter ks 
volumes de lyii et 1912 de cette revue. 



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—148— 

JACQUES VIGER ET SA FAMILLE 



Nous n'avons pas la prétention d'écrire une biogra]5hie de Jacques 
Viger, Ciir il en existe une, excellente, par l'abbé Camille R03-, dan.- le 
Bulletin du Parle} Français, vol. VIII, p. 42 ; nous ne voulons qu'ali- 
gner la cueillette de menues notes, les unes inédites les autres peu con- 
nues, que nous pos.sédons sur celui que l'on considère connue le plus 
ancien des archéologues et des chercheurs cauadiens- français. 

*** 
Ses parents, Jacques Vlger et Amaranthe Prévost, semblent avoir 
ardemment désiré un fils appelé Jacques, puisque notre archéologue est 
le troisième enfant issu de leur union à qui l'on donna ce prénom. 

Le premier né en 1775, le second en 1776 moururent en bas âge. 
Celui qui devait dépasser ses quatorze lustres fut baptisé le 7 mai 1787 
et il eut pour parrain, le notaire Joseph Papineau, père du tribun, et 
pour marraine, Marianne Cherrier. 

*** 
Jacques Viger n'avait que 21 ans lor.squ'il épousa à Notre-Dame 
i de Montréal, le 17 novembre 180S, Marie-Marguerite, fille du chevalier 

I de la Corne de Chapt de Saint-Luc, "colonel dans le département des 

i sauvages" et de Marie-Marguerite de Boucherville. 

' Mademoiselle delà Corne était née eu 1775, elle avait donc douze 

j ans de plus que M. Viger. Le 8 mars 1794, elle avait é])ousc, en pre- 

I mières noces, au Christ Church de Montréal, le lieutenant John Len- 

nox, du 6oe régiment, fils de Lord Alexander Lennox. Madame Len- 
I nox accompagna son mari en Angleterre puis aux Antilles où il 

mourut, en 1802, ayant le grade de major. 

Sa veuve restait avec cinq enfants, deu\ garçons et trois filles. Vu 
J des garçons ne vécut que quelques mois et l'autre, John Manners Kew 

Lennox, né à la Barbade en 1802, était avocat lorscpril décéda à Sain- 
! te-Marguerite de lîlairfindie, le 22 février 1832. Trois jours a{)rès il 

i était inhumé dans l'égli.se Notre-Dame de Montiéal. 

1 Quant aux demoiselles Lennox nous n'avons (pie ce détail : le 8 

1 octobre 1833, par trois actes différents dressés ]iar le notaire Joseph 

Papineau, jiarrain de Jacques, ce dernier ainsi (pie sa feninie transpor- 



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tent aux demoiselles Catherine-Elisabeth, Marie-Anne-Margiierite et 
Charlotte, toutes trois majeures, une somme de deux cents livres, cours 
de l'époque, à chacune, à être payée par Jules Quesnel. 

Dans son acte de mariage, Jacques Viger prend le titre de "Sei- 
gneur du fief Saint-Jean" et sont présents à la cérémonie : Charles De- 
séry, major de milice, Charles Larrivé, capitaine de milice et Charles 
Prévost notaire, les deux derniers sont cousins de l'époux. 
*** 

En 1813, au décès de Louis Charland qui était inspecteur de;-, che- 
mins de Montréal, M. Jacques Viger oinint cette position. 

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M. Barthe, dans ses Souirnii s d' an demi silrlc raconte qu'il visitait 
souvent notre archéologue et il est tout miel pour Madame Viger qui 
faisait "royalement les honneurs de sa maison", mais il est presque 
tout fiel pour l'époux. 

Selon lui, M. Viger était "très sarcastique", il visait à l'originali- 
té" "le spirituel et élégant inspiré de la Sabredache ne se gênait pas 
de donner des coups de canifs dans les flancs de l'histoire' ' , "B.baud 
jeune l'avait souvent pris en défaut", "son patriotisme ne fut pas tou- 
jours de bon aloi", etc. 

Evidemment, M. Viger ne fut pas prophète pour M. Barthe. 

*** 

Bien que l'on dise partout ciue M. \'iger est mort à Montréal on 
ne rencontre pas son acte de sépulture dans les registres de Notre-Da- 
me de Montréal, car c'est à Notre-Dame de Grâces, alors paroisse en 
pleine campagne, qu'il fut inhumé, le .5 décembre 1S5S ' âge de 71 
ans, 7 moi.s et 5 jours" ainsi qu'il est écrit, avec une exactitude qui a 
sans doute charmé les mânes du vieil archéologue. 

Dans cet acte on donne au décédé les titres de commandeur de 
l'Ordre de Saint- (.Grégoire et de lieutenant colonel de mince. 

Signent • Charles-Séraphin Rodier, avocat, maire de Montrcr.l, 
Charles Wilsuii ex-maire, membre du Con.seil législatif, plus tard sé- 
nateur, K A. yuesnel, P. J. O- Chauveau, surinteiulant de l'uislruc- 
tion publique, A. de Salabcrry, J. A. Bcaudry. W. l:. I.ogan, gclu.^uc 
fameux, F. Martin S. ].. V. Houdreau, R. liclk-mart-, u.nunc de le - 
très, Abbé H. A. Verreau. savant archeuh.gue, L. 1 iche et i al.i.e j. 
IJ- Saint-Germain. 

E. Z. MASSICOT!' h. 



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— 150— 

Ouvrages publiés par feu Jean=Chrysostonie Langelier 



Revision of the Caimdian Tarifî. Montréal : Gazette priuting 
House, corner St. -François-Xavier and Craig streets. 1872. 12 pp. in-8. 

Annuaire du commerce et de l'industrie de Québec pour 1S73. 
Contenant l'histoire et la statistique des établissements manufacturiers 
et du commerce de Quél^ec, un essai sur la Vallée de l'Outaouais, le 
commerce du Canada et beaucoup d'autres renseignements. Québec : 
publié par L. H. Huot, éditeur-propriétaire du "Canadien" — 
MDCCCLXXIII. 13S pp. in-i2. (Anonyme) 

'La nécessité et la possibilité d'un chemin de Québec au Lac St.- 
Jean. Québec : Imprimé par L. -H. Huot, jiropriétaire du "Cana- 
dien ", 2, rue Buade, vis-à-vis le bureau de ix)ste. — 1873. 30 pp. in-8. 

Etude sur les Territoires du Nord-Ouest du Canada. ^Montréal, 
Eusèbe Senécal, imprimeur, etc.^iS73. IV-69 jjp in-8. (i) 

The Québec and Lower St-Lavvrence Tourist's Guide. Québec, 
printed byA. Côté & Co. — 1S75. 177 pp. in-32. (Anonyme) 

Biographie de Frs. Vézina, caissier de la Banque Nationa- 
le. Québec, Typographie de C. Darveau, 82. rue de la Moutagne — 
1S76. 76 pp. in-8. (Anonyme). 

Manuel de tenue de livres à l'usage des écoles primaires. Quél)ec, 
typographie de C. Darveau — 1877. 83 pp. in-8. 

Chemin de Lévis et Kenebec, réfutation de la br<x;luire de M. C - 
A. Scott Québec — 1S77. 67 pp. in-8. 

Cours d'arithmétique à l'usage des écoles j-irimaires. Québec, J.- 
A. Langlais, libraire-éditeur, 177, rue St. Joseph, St-Roch— 187S. 232 
pp. in- 12. 

Le Nord ou Ivsquisse sur la partie de la province de Québec située 
au nord du fleuve Saint-Laurent, entre l'Outaouais et le Labrador. L- 
P. Déry, libraire-éditeur, 40, rue Saint- Pierre, Québec — 1882. 140 
pp. in-8. 

Esquisse sur la (îaspésie. Lévis, Mercier x Cie, iiro])riétaires du 
"Quotidien" — 1884. 105 pp. in-8. 

Esqui.s.se sur la Gaspésie. DLUxième étlition. Québec, t>])ogra- 
l^hie de C. Darveau — 1884. 176 \i]i. in-8. 



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—151— 

A Sketch ou Gaspesia. Québec : Joseph Dussault— 1S84 104 

pp. in-8. 

Notes on Gaspesia, 2e édition, printed by authority— 1SS5. 179 

pp. in-8. 

Elections de 1886. Situation politique et adniuiistrative de la pro- 
vince de Québec. Québec, typographie de C. Darveau, S2, rue de la 
Montagne-1886. 417 PP- i"-'S- (Anonyme), 

Esquisse sur la Ga.spésie. Troisième édition. Publiée sous les 
auspices du département de l'agriculture. Ottawa— 1SS6. 82 pp. in-8. 
Esquisse générale du Nord-Ouest du Canada ou Etendue, bois et 
forêts, richesses minérales et climatologie des quatre districts d'Assini- 
boia, Saskatchewan, Alberta et Athabaska. Publié .sous les auspices du 
département de l'agriculture. Trois- Rivières - 18S6. 91 pp. in-12. 
(Anonyme). 

Elections de 1S87. Aux électeurs du Canada. Québec, typogra- 
phie de C. Darveau, 82, rue de la Montagne— 1887. 72 pp. in-i6. 
(Anonvme). 

Le bassin méridional de la Baie d'Hud.son. Québec, Joseph Dus- 
.sault, éditeur— 1887. 104 pp. in-8. 

Manuel de tenue des livres à l'u.sage des écoles primaires. Ap- 
prouvé par le Conseil de l'In.struction Publique. Québec, N. S. Har- 
dv, libraire-éditeur- 1S87. 80 pp. in-S. 

La contrée du Lac Saint-Jean. Publié par autorité du Mnn.stre de 
l'Agriculture et de la Colonisation. Québec— 18S8. 42 pp. in-8. (Ano- 
nyme). 

Description des cantons arpentés et des territoires explorés de la 
proviu'.-e de Québec. Extrait des rapports officiels d'arpentages qui se 
trouvent au département des terres ainsi que de ceux de la conunission 
géologique du Canada et autres sources officielles. Publié par ordre de 
Ta Législature. Québec, imprimé par Charles-François Langlois, im- 
prime'iir de Sa Très Gracieuse Majesté la Reine— 1S89. LXXII— 955 
pp. in-S. (Anon\ine). 

Traité d'agriculture à l'usage des écoles et des j.raticiens. Québec, 
typographie de J. Dussault, i. Port Dauphin— 1 S90. :,i6 pp. in-S, 

Elections i.rovinciales, I s. )M. Le gonvernement Mercier. Trois 
années de progrès, de réhabilisalion et de revendication. Québec, im- 
prnnée par Hel'eau .\: Cie— i8qo. 354 l'P- >»-"'• (-Vuouywe). 

Liste des terrains concédés par la Couronne dans 1.. 1 lovince de 



^1 ■,{< Ikk. 

_■ US<.<-'-'. h 

..yjttoî.»'.; I 









• "":..? M 



—152- 

Québec de 1763 au 31 décembre 1S90. Imprimé par ordre de la Lé- 
gislature. Québec, Charles-Françoi.s Langlois, imprimeur de Sa Très 
Excellente Majesté la Reine— 1 89 1. i92rpp. in-S. (Anonyme). 

Guide pratique de l'ensilage à l'usage des praticiens. Québec, J. 
Dussault, imprimeur— 189 1. 89 pp. in-8. 

Elections provinciales de 1892. Politique provinciale ]iendant 17 
ans, 1874-1891. Québec : imprimerie Belleau & Cie — 1892. 179 pp. 
in-8. (Anonyme). 

Chemin de fer de Québec au lac Huron. Esquisse de l'entreprise. 
Québec — 1900. ...pp. in-8. 

Richesse forestière de la province de Québec. 1905. 58 pp. in-S. 

Les arbres de commerce de la province de Québec. Publié par le 
Département des Terres et Forêts de la province de Québec. Québec, 
typ. Dus.sault & Proulx — 1906. 108 pp. in-8. 

P. G. R. 



Ouvrages publiés par M. Philéas Gagnon 



(1) 



Essai de bibliographie ca7iadicnne. Inventaire d'une bibliothèque 
comprenant imprimés, manuscrits, estampes, etc., relatifs à l'histoire 
du Canada et des paj's adjacents avtc des notes bibliographiques. Qué- 
bec, imprimé pour l'auteur— 1895. 

Le pieiiiicr roman canadien de sujet parun auteur canadien et impri- 
mé au Canada. Ottawa— 1 900. 

Québec il y a cent ans. Québec--- 1909 

Essai de bibliog>-apltie canadienne. Tome II. Inventaire d'une bi- 
bliothèque comprenant imprimés, manuscrits, estampes, etc.. relatifs 
à l'histoire du Canada et des pays adjacents ajoutés à la Collection Ga- 
gnon, depuis 1895 à 1909 inclusivement, d'après les notes bibliograiihi- 
ques et le catalogue de l'auteur. Préface de l'échevin Victor Murin, 
L.L.D., conservateur honoraire de la bil)liothè(iue du Château de Ra- 
niezax-. Publié par la cité de Montréal, sous la direction de l-'rédéric 
\'illeneu\e, bibliothécaire en chef. Montréal--- 1913. (2) 



(i) Décédé à Québec le 25 mars 1915. 

(2) Le nom de M. Gagnon ajiparait à la première ligne du titre 
de ce second volume, mais on explique plus loin la part qu'il prit à sa 
compilation. 



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— 153 



BIOGRAPHIES CANADIENNES 



MATHIIRIN-FRANCOIS DE LIXO.-Le premier Martin de Lino 
qui passa dans la Nouvelle-France fut Mathurin-François Martin, sieur 
de Uno. Il était fils de Claude Martin et d'Antoinette Chalmette, de 
Saint-Ni/ier, évêché de Lyon. 

M. Martin de Lino vint s'établir dans la Noucelle- France en 1682, 
s'il faut en croire un Mémoire qu'il adressait au ministre de Pontcliar- 
train le 25 octobre 17 10. ^ . 

" Le plus grand mal, Monseigneur, disait-il dans ce Mémoire, que 

j'ai pu connaître depuis 28 années que je suis dans le pays . - " 

M. Martin de Lino possédait très bien l'anglais. Cette connaissan- 
.ce d'une langue si utile et si répandue de nos jours devait ce]->endant lui 
causer un tort considérable, comme nous le verrons un peu plus loin. 
Nous lisons dans Les Uisulinesde Québec (vol. L P- 460) : 
" Mgr de St. Vallier ayant été faire une visite épiscopale dans une 
mission sauvage, y vit une i^auvre petite captive nommée Abigail. 
qu'un missionnaire avait baptisée sous le nom de Marie-Catherine. Cet- 
te enfant, très jeune encore, n'avait pas eu le temps d'oublier sa langue 
maternelle, qui était l'anglais ; quoique très affectionnée aux sauvages, 
elle ne pouvait encore parler leur langue. Monseigneur ayant racheté 
Abigaïl, l'amena au pensionnat à son retour à sa ville épi.scopale. La 
lietite eut tant de chagrin de ne i^lus voir ses amis sauvages, qu'elle en 
tomba sérieusement malade, le changement d'air et de nourriture ayant 
aussi, sans doute, contribué à son indisposition. Monseigneur qui était 
très inquiet de l'état de sa petite fille adoptive, voulut à tout prix Un 
procurer la consolation d'entendre parler sa propre langue ; à cetteépo- 
que 1689 90, l'on n'avait jamais encore entendu un mot d'anglais au 
monastère. Nos Bonnes Mères, dé.solées du chagrin de cette enfant 
de cinq ans qui ne cessait de répéter eu pleurant : "I want my papa, 
I want mv mainma," prièrent Monseigneur de vouloir bien venir lui- 
même la consoler. Le charitable prélat amena alors avec lui le seul ci- 
toyen qui ]>arlât facilement l'anglais. M. de Linot, marclKuid de Qué- 
bec. Notre récit raconte ainsi ces .soins touchants donnés à la petite 
captive par ceux qui l'avaient adoptée au nom de Dieu. 

" La petite anglaise Aliigaïl. autrement Marie-Catherine, étant 
tombée grièvement malade, \Ionseigneur invita .\L de Linot, qui ]iarle 
bien l'anglais, à entrer au Monastère pour l'exhorter et la consoler, et 
au.ssi afiii de mieux connaître son mal. Le prélat lui fit la grâce de la 
visiter aussi lui-même, accompagné de M. de Linot et de M. Roussel, 
médecin du Monastère; auqiielil la recommanda très-particulièrement". 
"La petite étrangère i.renant M. de Linot pour un ancien ami. se 
laissa enfin consoler, .se rétablit, et finit par faire une bonne élève par- 



/:|. 






-.■iJiîl.'j 



—154— 

lant très bien notre langue. Plus tard, l'aimable enfant fut adoptée 
par une famille française, qui eut jtour elle tous les égards possibles et 
la traita comme si elle eut été une enfant de la maison." 

M. Martin de Lino étant le seul citoyen de Québec qui itarlait con- 
venablement l'anglais avait souvent l'occasion de .servir d'interprète. 
Le gouverneur et l'intendant étaient heureux de .se servir de lui lors- 
que l'occasion se présentait, et il était devenu ce qu'on pourrait appe- 
ler un inter])rète otïiciel, sans cependant retirer aucun .salaire. 

En i6gT, M. de \'iIlebou reçut l'ordre de s'emparer de Port-Ro\al 
au pouvoir des Anglais. Il fut a.ssez heureux de cha.sser les Anglais 
de l'Acadie et de capturer un de leurs vaisseaux dans les eaux delà 
Baie Française. Plusieurs Anglais de Boston qui se trouvaient à bord 
furent faits prisonniers. M. Nelson, riche marchand, le colonel Kiug 
et M. Alding furent envoyés à Québec. 

Nçlson, qui était un homme habile, fut traité par M. de Frontenac 
avec une bienveillance imprudente. Il fut reçu plusieurs fois à sa ta- 
ble. Lui-même donna des diners auxquels il convia les personnages 
importants de Québec. Le gouverneur, l'intendant et l'évèque furent 
ses hôtes. Nelson, profitant de la liberté qu'on lui laissait, recueillit 
des renseignements sur les fortifications de Québec, ses moyens de dé- 
fenses, etc., etc. Il envoya le fruit de ses observations aux autorités 
de la Nouvelle- Angleterre i)ar des soldats qu'il avait corrompus. 

Lorsqu'on se rendit comjite du travail fait par Nelson il fut empri- 
sonné et, dans l'automne de 1692, il fut envoyé en France. 

Pendant son séjour à Québec Nelson avait été en rapports conti- 
nuels avec M. Martin de Lino. Comme nous l'avons dit, celui-ci était 
le seul citoyen de Québec qui parlait convenablement l'anglais. Nelson, 
tout naturellement, recherchait la société d'un homme avec qui il pou- 
vait converser dans sa propre langue. 

M. Martin de Lino fut arrêté en même temps que Nelson et en- 
voyé en France par le même vaisseau. On le soupçonnait d'avoir aidé 
Nelson dans son es])ionnage. Peut-être, connue le fait remarquer M. 
Henri Lorin. en cette affaire où les premiers ofTiciers de la Nou\-ellc- 
France n'étaient pas sans rejiroches, n'était-on point fâché de trou\tr 
un responsable ob.scur pour dissimuler leur négligence. 

Un arrivant en France, M. Martin de Lino fut jeté à la Bastille où 
il pa.ssa quelques mois. M. de la Resnic, lieutenant de police, fît une 
enquête qui .-^e termina jiar .son acquittement. "M. Martin de Lino 
parle bien l'anglais, disait M. de La Re\nie, dans .son ra])iK)rt daté de 
février 1693, il a eu commerce avec Nelson et avec d'autres personnages 
anglais et c'est apiKirenunent ce qui l'a fait soui>Ç()inier." ( i ) 

Le 4 novembre 1693, l'intendant Clianiiiign> écrivait au ministre : 

" A l'égard du Sr lîe Lino nous a\iin> été très surpris de >a (létLii- 
tiim à la h.istille, ne nous paraissant rien dan.s .son accusation (pie de 



—155— 

très calomnieux et de très méchant, nous ayant toujours donné des 
marques de sa fidélité et d'un attachement particulier pour le service du 
Roi, particulièrement dans toutes les occasions où il a été nécessaire 
d'interpréter l'anglais, ce qu'il a fait avec tant de désintéressement que 
je suis obligé, Mgr, de vous supplier d'y avoir égard et au tort qu'il a 
souffert jiar sa ])rison." (i) 

En 1696, M. .Martin de Lino passa en France dans l'intérêt des 
anciens intéressés de la Compagnie du Xord. Cette Compagnie avait '< 

fait un traité de société avec Le Moyned'Iberville au sujet de ses entre- 
prises à la baie d'Hudson. Elle lui fournissait les fonds et avait une 
l)art dans les prises qu'il faisait. Le 26 mai 1696, le Conseil d'Etat 
rendait un arrêt qui ruinait pour ainsi dire la Compagnie du Nord. - 

C'est à ce sujet que ^L de Lino fut envoyé en France. 

Le 26 octobre 1696, M NL de Frontenac et Champigny écrivaient au | 

-ministre : | 

" Ils (les intéressés en la Cie du Nord) s'étaient disposés dès cette j 

année et avaient pris toutes les mesures nécessaires pour aller prendre : 

jiossession du susdit fort de Bourbon l'année prochaine conformément ' 

à l'arrêt de Sa .Majesté rendu en 1694, par lequel il était ordonné au 
sieur d'Iberville de leur remettre en 1697 ^^ dit fort et l'armement né- 
cessaire pour sa défense, mais la crainte qu'ils ont eu d'entrer en dis- 
cussion avec le sieur d'Iberville sur l'arrêt qu'il a obtenu sous de fau.N: i 
exposés cette année, qui lui en accorde la jouissance jusqu'en 1699, les 1 
oblige de différer leur armement jusqu'à ce temps auquel ils sont prêts i 
d'en aller prendre possession et si le dit sieur de Lino passe en France ' 
pour vous supjïlier, Monseigneur, de leur faire conserver l'intérêt qu'ils ' 
ont avec le sieur d'Iberville jusqu en la dite année 1699, d'autant qu'il t 
s'est servi pour la réussite de .son entreprise, et se sert actuellement de I 
leurs deniers, et nous espérons que vous connaîtrez comme nous qu il y ! 
a besoin de justice. | 

" Il vous repré.sentera aussi l'importance qu'il y a que ce commer- ' 

ce et les équi])pements se fassent en Canada, comme il s'y est toujours 
fait par le pa.ssé et nous pouvons vous assurer cjue cela a produit un ! 

grand bien dans le ]ia\'s en faisant subsister un nombre considérable de i 

familles. '■ 

" Nous joignons à cette clé])êclie un mémoire semblable à celui (pie . 

les intéressés ont chargé le dit sieur de Lino, ((u'U aura l'iionneur de 
vous i^résenter. Nous le connaissons pour nn homme sage et de ])robi- 
té qui a même rendu des services à la colonie dans les oc asions où nous 
l'avons em])loyé." (2) 

Le 19 octobre 1697, M.M. de Frontenac et de Champigny écrivaient 
au ministre : 

" Il est constant iiue le Sr de Lino a rendu d'assez bons services 



'.1^ t! 

.'.«il 



—156— 

dans l'interprétation de l'anglais en toutes les occasions qui se sont pré- 
sentées depuis plusieurs années, en sorte qu'il a bien mérité la gratifi- 
cation que vous lui avez accordée. Il était dans le vaisseau le Belli- 
queux, que nous croyons pris et mené à St-Jean en l'Isle de Terreneu- 
ve. S'il est passé en France, Mgr, et qu'il vous sujjplie de lui accor- 
der encore la cçnimission d'interprète anglais qu'il vous a demandée, 
cela lui donnera une satisfaction qui l'engagera à donner ses services 
sans aucune dépense pour le Roi, si vous ne le jugez \)as à propos. ( i) 

Le 8 mai 1702, M. Martin de Lino était nonnué con.seiller au Con- 
seil Souverain, en remplacement de M. Jean-Baptiste de Peiras, décédé. 

Le ler septembre 1719, ^L Martin de Linu était ]>romu premier 
conseiller au Conseil Souverain. ]1 remplaçait ^L Claude de Ik-rmen de 
la Martinière, décédé. 

Le. 19 février 1727, M. Martin de Lino était nommé garde des 
sceaux du Conseil Souverain, à la i)lace de ^L de Lotbinière qui avait 
embrassé l'état ecclé-siastique. 

Le 28 mars 1730, le roi, pour reconnaître le zèle et les .services de 
M. Martin de Lino, particulièrement pendant la vacance de l'intendan- 
ce, lui accordait une gratification extraordinaire de 600 livres. (2) 

M. Martin de Lino décéda à Québec le 7 décembre 1731. Il était 
âgé de 74 ans. 

De son mariage avec Catherine Nolan il avait eu une nombreu.'^e 
famille. Mgr Tanguay {Dictionnaire i^^cucaloi^ique, vol I, p. 416) nous 
donne les prénoms de ses dix-.sept enfants tous nés et bapti.sés à Qué- 
bec. De ses onze fils nous n'en comiai.ssons qu'un qui ait joué un cer- 
tain rôle : Jean-François. Les autres ou moururent jeunes ou restèrent 
dans l'obscurité. 

P. G. R. 

JEAN-FRANÇOIS MARTIN DE LINO — Jean-François Martin 
de Lino, fils de Mathurin-François Martin de Lino et de Catherine No- 
lan, naquit à Québec le 13 a\Til 16S6. 

Le 27 avril 1716, M. Martin de Lino était nommé pirocureur du 
Roi en la prévôté de Québec, à la place du sieur Couillard de Lespina\-, 
promu. 

L'année suivante, le 20 novembre 1717, Louis-Alexandre de Bour- 
bon, comte de Toulouse, amiral de France, donnait à M. Martin de 
Lino une conimi.ssion jionr remplir r(.tïice de iirocureur du Roi de l'A- 
mirauté de Québec. 

Cette commission fut confirmée par le Roi le iS janvier 171S. 

M. Martin de Lino décéda à Québec le 5 jaiu'ier i 72 i , dix ans 
avant son père. C'est c» (pii a fait confoiulre la carrière de ces deux 
homme.s par plusieurs de nos historiens. 






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-157- 

M. Martin de Lino avait épousé, le 3 novembre 17 12, Angélique 
Chartier de Lotbinière, fille de René-Louis Chartier de Lotbinièreet de 
Marie-Madeleine Lambert, et veuve de Nicolas- Marie Renaud d'Avène 
des Méloizes. 

Il eut quatre enfants, mais un seul a joué un rôle dans notre pa\s : 
Ignace-François- Pierre. 

P. G. R. 

IGNACE-FRANÇOIS-Pir.RRE MARTIN DE LINO - Fils de 
Jean-Frauçois Martin de Lino et de Angélique Chartier de Lotbinière. 
Né à Québec le 7 mai 1718. 

Le 27 .septembre 1752, l'intendant Bigot proposait au ministre d'ac- 
corder au sieur Martin de Lino la place de grand-voyer qui avait été 
donnée au sieur Louis- Fleury de la Gorgendière, "reconnu incapable." 

Le r.iinistre se rendit à la demande de l'intendant Bigot et NL ^Lar- 
tni de Lino fut nommé à cette charge importante quelques mois plus 
tard. 

" Dans les dernières aimées de la domination française, remarque 

Ignotus, les fonctions du grand-voyer furent as.sez ])eu onéreuses ; hi 

guerre de Sept-Ans, les ex]iéditions, les batailles, les levées en masse, 

l'invasion laissèrent peu de place aux paisibles travaux de la voierie." 

M. Martin de Lino fut le dernier grand-voyer de la Nouvelle- France. 

Après la capitulation de Montréal, M. Martin de Lino pa.ssa en 
P"rauce. En 1777, il résidait à Blois. ( i ) 

On ignore où et quand mourut M. Martin de Lino. 

Il avait épousé, en 1750. Mlle Renée Le Neuf de la Vallière. Il 
en eut quatre enfants. 

L'une d'elles, probablement Angébque-Renée née à Québec le 27 
août 1751, fît un mariage avantageux en France avec un Américain. 

Nous lisons dans une lettre datée du 30 avril 1769 qu'écri\-ait ma- 
dame de Repentigi.y, passée en France après la conquête, à .son frère 
M. de Léry : 

" Melle de Lino est à la veille d'éjiouser un Américain, riche de 
plu.s de cinquante mille écus, et <[ui compte sur une succession ])lus 
considérable encore. Nos Canadiennes sont très recherchées ici : on 
les trouve aimables. Si elles étaient fortunées en proportion, elles au- 
raient la préférence sur toutes les autres ; mais ici on fait attention à 
l'argent, et ce n est pas sans raison." 

L'n mois plus tard, le 29 mai, le che\alier de Repentignv écri\:int 
à son tour à son beau-frère, M. de Lér_\-, lui ajiprend (pie le mariage a 
eu lieu : 

" Ma fennne est ;illée au mariage de Melle de Lino : c'était i)rin- 
cier. Son père a fait les choses niagnifupienKnt : le trous'-cau et l.i 
garde-roiie de la mariée s'élevaient à mille ciuci cents francs. l'.is 



/-) /; ;•'■ 

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-ISS- 
moins de quatre-vingt personnes avaient été invitées à la noce. Pour 
moi, qui, moins que jamais, aime les fêtes brillantes, j'ai préféré rester 
ici, trouvant plus doux le plaisir de m'entretenir avec un vieil ami." 

P.-G. R. 

LES OUVRAGES CANADIENS RECENTS 



Mgr Amédée Gosselin, Le Rituel de Mjrr de Saint-Vulia . Ottawa, 
Imprimé ijour la Société Royale du Canada — 1915. 

Le A'/V/riVi/c Ç'wi'i^tv-, plus connu sous le titre de Rituct de Mgr de 
Saint- l'alier, a été en usage dans le diocèse de Québec de 1703 à 1836. 
Mgr Gosselin, dans cette petite étude, faii connaître les incidents qui 
accompagnèrent la publication du Rituel. 

Il y eut deux éditions du Rituel de Québee. Toutes deux portent 
la date de 1703 mais Mgr Gosselin prouve que la seconde édition fut 
imprimée ])lus tard. 

Mgr Gosselin nous doiuie les raisons de la disparition si rapide de 
la première édition du Rituel de (Juébee. 

Etude curieuse remplie de renseignements inédits. 

J.-L. Morison, J/odeni Britisli Poliey. The Jackson Press, Kings- 
ton — 191 5. 

R. P. Hugolin, Les Fmnciseaiiis et la eroisnde antialeoolique dans la 
provinee de Ouébee ( Gxiiada ). Aperçu sommaire de leurs travaux pré- 
paré pour le chapitre général de l'ordre des Frères Mineurs tenu à Ro- 
me au mois de mai 1915. Montréal— 1915. 

Dans la province de Québec, l'initiative de la croisade antialcooli- 
que est venue de l'Eglise. C'est elle qui la mène encore avec un suc- 
cès étonnant Les Pères Franciscains ont été les soldats les plus actifs 
de cette campagne. Mgr Bruchési leur en rend un témoignage non 
équivoque. 

" Voilà dix ans, écrit-il, que j'ai commencé une croisade de tem- 
pérance. Ce sont les Pères Franci.scains qui reçurent ]iarticulicrement 
la mission de la i^rccher. Ils s'acquittèrent de cette mission avec /.èle 
et prudence, et à la i)rédication ils ont joint la ]>ublication d'une revue 
qui, réiiandue dans toutes nos iiaruisses, a fait un bien considérable. 
Les résultats de notre campagne ont dépassé nos esi-iérances. Le cler- 
gé et les ligues antialcoolicpies ont contribué à les obtenir, mais ks 
l'Vanci.scans y ont leur large ])art. J'aime à leur en témoigner ma re- 
connaissance." 

R. P. Hugolin, /\vn les Ireiie Mcudis ou Piinanehes en f honneur de 
Saint-. Intoi'ie de /\idoue. Montréal— lyi 5. 

.Innuai.ie du Canada. Kyjj;. Publié par ordre de l'hun. Geo. \\. 
Foster, K C. ^L G., M P., ministre élu Commerce. Ottawa, I. de L. 
Taché, imprimeur de Sa Très E.xcelleute Majesté le Roi — 1915. 



i::j/r^i-..^Ji:. 



î -II.',-: i 
M- .'li. )• 



—150— 

Lettres de noblesse de Robert Giffard, 
seigneur de Beauport 



LOUIS PAR LA GRACK DK DIEU ROY DE FRANCE ET 
DE NAVARRE A TOUS P'XS ET A VENIR SALUT SCAUOIR 
faisons Oue nous estant bi^n informé des louables vertus Et mentes de 
N're très cher et bien aimé Robert Giffart seigneur de Beaupo.t habi- 
tant de laNOUUELLE FRANCE DICTE CANADAde libre condUion 
et nay en légitime mariage Et des bons et agréables seruices qu'il nous 
a faictz Et pour lesperance que nous avons que se vo>-ant honore du 
de-ré d'honneur et tiltre de noblesse aud pays de la nouuelle France II 
en'suiura les actions des personnes nobles Et que luy et les siens nous 
rendront les seruices que ceux de cette qualité nous doibuent. Pour 
ces causes et attendu qu'il a jusques a p'nt vescu comme il fa.ct encore 
noblemen et vertueusement Auons en inclinant a la supplication et re- 
queste qui nous a esté faicte en sa faveur par aucuns de no/, spéciaux 
seruiteurs Led' suppliant ses enffans et postérité soit masles ou femel- 
les na^■s et a naistre en loyal mariage Et chacun djceux annobly et 
annoblissons de n're grâce spéciale plaine puissance et anctonte ro>alle 
„ar ces p'ntes signées de n're main X'oulons qu'en tous leurs actes en 
u-einens et dhors ils soient tenus pour Nobles aud' paxs de la nouuel- 
le France Et puissent atteindre et recepuoir tous honneurs prérogatives 
et prééminences qu'ont accoustumé de recepvoir & dont jouissent et vsen 
crens nobles et extra.dt/ de noble lignée et comme teb. puissent acque- 
dr tenir cSc possedder aud' paxs de la nouuelle france tous fiefs terres 
possessions & héritage noble de quelle quallilé qu'ils soient <iuil. ont 
desia acquis et pourront cy après acquérir et qui leur sont ja eschen/, 
et pourront cv après eschoir compcter appartenir aud' pays de la nou- 
uelle france I-'t en jouir et vser ordonner et disp(»er tout ams.v que <ils 
estoien extrait/, de race entiennemen noble djceux partager noblement, 
Sans qu'a p'nt ou pour laduenir ils soient <ni puissent estre contraints 
a vuider leurs niams desd' i^ef/ possessions et héritages nobles ou par- 
tie djceux SIDONNONS EX MANDEMENT au Gouuverneur cl 
u're Lieutenant gênerai en la nouuelle france, lieutenant .V diacnn 
d'eux comme il appartiendra que de nre p'nt grâce' annobl,s>.n.cnt 
permission et -ctrov et de tout le contenu cvùe^sus Ils tacent ...ut.veu 
t^t laissen led GilT.irt .^ toute sa po^ténlé na, et a naistre en ln>al ma- 
riage Jouir et vs.r plainement. paisiblement et perpétuellement Le^ 



.1' iUVfîîJ 



-IGO- 

sant et faisant cesser tons troubles et enipeschemen au contraire, CAR 
TEL est n're plaisir Nonobstant quelzconques ordonnances Edicts 
Statuts Mandemens ou deffenses a ce contraire a quoy pour ce regard 
Et sans y préjudicier en au'e chose desroge et desrogeous par cesd. 
p'ntes et affin que ce soit chose ferme et stable a tousjours Nous y 
auons faict mettre' apposer n're scel Sauf en au'e chose n're droit et 
lautruj- en toutes Donne a paris au mois de Mars Lan de grâce MIL 
six cens cinquante huict & de n're règne le quinziesme. 

, LOUIS 

Sur le reply. 

sera la présente insinuée partout ou besoing sera Mandons etc ce 
ler Sept 1658. 

P. Dévoyer Dargcnson 

Nous Greffier de la Jurisdiction souueraine de Canada certifions a 
tous qu'il appartiendra en vertu de l'ordonnance c\ -dessus nous auons 
insinué en nostre Greffe les présentes lettres et huictiesme Septembre 
mil six cent cinquante hnict. 

Gillet. 
Parle Roy 
Phelypeau. 
Visa 
Seguier 

Pour seruir aux lettres dannoblissement de Robert Giffart dans la 
province de Canada 

A l'endos. 

Leu publié L'audience tenant par nous Louis Theandre Chartier 
escuN'er sieur de Lctbinière Lieutenant gênerai Ciuil et criminel en la 
Seiieschaussée delà nouuelle france Jurisdiction de Québec &. a enregis- 
tre au registre des Insinuations du Greffe de la d Jurisdiction Suiant 
notre ordonnance requérant Robert Giffart escuyer seigneur de Beauport 
qui miu-^ en a requis acte a lii\- octroyé pour seruir ce que de raison 
le vcndre.l\ sixicsme jour de Juin Mil six Cent cinquante neuf. 

L. T. CHARTIER 
PiaiVRET 

Greffier. 



•jiri-Mc-iKU 't. 



i)-"i v.(i 
Ul/ lur. 



,,j.>r I-i'J 



BULLKTIN 



RECHERCHES HISTORipES 



VOL. XXI BEAUCEVILLE==JIIN 1915 No. VI 



JEAN PERONNE DUMESNIL ET SES MEMOIRES 



C'est le 7 septembre 1660 que Jean Peronne DuMesiiil, avocat au 
Parlement de Paris, mit pied à Québec. 

\jn^ entrée a.\.\ Jounia! des Jésuites de septembre 1660, nous dit : 
"Le 7e arriva le 3e vaisseau où était M. DuMenil, etc." 
Les affaires de la Compagnie des Cent-Associés étant en assez mau- 
vais état, les directeurs envoyaient le sieur Peronne DuMesnil à Qué- 
bec en qualité de contrôleur général, d'intendant et de juge souverain. 
Dans son Cours d' histoiic du Canada (vol I, p. 500), M. l'abbé 
Ferland écrit : 

"Le gouverneur (d'Avaugour) et son conseil refusèrent de recon- 
naître les commissions du sieur DuMesnil, et l'empêchèrent d'exercer 
ses fonctions. Mais DuMesnil, ancien avocat au Parlement de Paris, 
était dispo.sé à disputer le terrain pied à pied. Il trouva le moyen 
d'obtenir les arrêtés de comi)tes des anciens receveurs de la connnu- 
nauté des habitants ; c'étaient les hommes les i)lus resjiectables de la 
colonie, et plusieurs d'entre eux étaient devenus membres du con.seil. 
Comme jusqu'alors on avait plutôt suivi les règles de l'honnêteté que 
les formes légales, l'feil perçant et exercé du praticien découvrit l'ab- 
sence de formalités auxcpielles les bons bourgeois n'avaient jamais soli- 
de. Aussi DuMesnil réclama bruxanunent, non-seulement contre les 
conunis et les receveurs, mais encore contre les conseillers, contre les 
gouverneurs, les Jésuites, les conununautés religieuses et l'évêque lui- 
même. Il voulait faire rendre compte de trois ou quatre millions de 
francs donnés autrefois par le cardinal Richelieu, la duchesse d'Ai- 
guillon, le counnandeur de Sillery et les fondateurs de Montréal". 



V:LA.l-liii 



yii.M 



■'!. ..W)' 



l'iiif. 



— 1G2-- 

Peronne Du^^esnil s'était servi de moyens plus ou moins honnêtes 
et légaux pour obtenir ses renseignements. 

Dès sa deuxième séance, le 20 septembre 1663, le Conseil Souve- 
rain eut à s'occuper de lui. 

"Sur ce qui a été remontré par le procureur-général de Sa Majes- 
té, lisons-nous dans le procès-verbal de cette séance, que le nommé du 
Mesnil Peronne a fait forcer la lenêtre de l'étude d'Audouart, cy-de- 
vaiit secrétaire du Conseil par im nommé Foucault et enlevé plusieurs 
papiers même ayant eu des registres du Conseil et papiers en a\ ant 
fait ce qu'il a voulu est à craindre qu'il n'ait sou.strait quelques pièces 
justificatives des comptes de quelquer. particuliers dont il a usé de plu- 
sieurs menaces et fait signer quelques procès-verbaux par violence tt 
retint plusieurs concessions de plusieurs particuliers. Le Con.seil a or- 
donné et ordonne qu'il sera informé des faits contenus en la dite re- 
montrance par le sieur de Villeray que le Conseil a commis à cet effet. 
Et attendu le fait pour sûreté des papiers qui peuvent concerner le.i 
afïaires de Sa Majesté et celles de la communauté que le dit sieur de 
Villeray fera iierquisition exacte en tous les endroits de la maison où 
le dit du Mesnil est demeurant et partout ailleurs oîi besoin sera, sé- 
questrera tous et cliacuns les papiers qui se trouveront en la dite mai- 
son et iceux enfermera en un coffre auquel il ap]josera le sceau du Roi 
qu'il remettra entre les mains d'un gardien qui s'en chargera par le 
procès- verbal qui pour ce sera dressé par le dit sieur commissaire. En 
outre sera sommé interpellé de vider la dite maison connue apjiarte- 
nante au Roi que le Conseil a destinée pour l'usage ]iublic, et à faute 
de ce faire dans trois jours sera procédé contre lui par les voies de 
droit, à quoi faire le dit sieur commissaire procédera incessamment no- 
nobstant opposition ou appellation quelconques avec lui appelé le pro- 
cureur-général de Sa Majesté". 

Dans son Mémoire présenté au roi, Peronne Du Mesnil raconte de 
quelle façon M. de Villeray s'\- prit pour exécuter l'ordre du Conseil 
Souverain. 

"Le vingtième du mois de septembre ( 1663), dit-il, deux jours 
après l'établissement du dit Conseil (Souverain), les dits Villeray, soi- 
disant connnissaire et conseiller; de Bourdon, iirocurenr-général, ac- 
compagnés de deux sergents, d'uu serrurier et de dix soldats du l'ort 
bien armés, vt)Ut en la maison du dit DuMesnil, intendant et contrô- 



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— I(i3— 

leur-général, et peu auparavant leur juge souverain, sur les 7 à 8 heu- 
res du soir, pour piller sa maison, ce qu'ils firent axant fait rompre la 
porte de son cabinet, ses armoires et un coffre pris et emporte ce qu ils 
ont trouvé dedans, et notanunent tous ses papiers dans lesquels étaient 
leurs procès faits et les preuves de leurs péculats, concussions et mal- 
versations, sans aucun inventaire ni forme de justice ctant^ le dit Du- 
Mesnil, lors des dites violences, tenu et arrête sur un siège et rude- 
ment traité par les dits soldats, jusques à l'empêcher d'appeler du se- 
cours et des témoins pour voir ce qui se passait en sa maison et comme 
il était lié et arrêté". 

Le 18 mars 1664, le Conseil Souverain procédait à l'ouverture du 
coffre du sieur Peronne DuMesnil "pour y fair. recherche des papiers 
concernant le public". 

Deux jours plus tard, le Conseil dressait l'inventaire des papiers 
contenus dans le fameux coffre. 

Peronne DuMesnil sentant que le terrain glissait sous ses pieds 
s'embarqua pour la France quelques jours plus tard. 

Dans son Mémoire il dit que le capitaine Gardot qui le reçut à son 
bord le fit à ses risques et périls." Et fut reçu, dit-il, par le capitaine 
Gardot dans son navire nonobstant les défenses qui lui en avaient ete 
faites par le dit nouveau Conseil, et que six pièces de canon de la plate- 
forme d'en bas chargés à balles fussent pointés contre son navire pour 
le faire obéir à leur ordonnance." 

On a ici une idée des exagérations et des mensonges du sieur Pe- 
ronne DuMesnil. 

Une fois rendu en France, Peronne DuMesnil se plaignit amère- 
ment au ministre Colbert des mauvais traitements .pi' il avait reçus a 
Québec. 

Colbert semble avoir tenu M. Gaudais-Dupont responsable de tout 
ce qui était arrivé à Peronne DuMesnil à Québec. Le H février 1664, 
Colbert écrivait à M. Terron, intendant de la marine à Larochelle : 

"Il (Gaudais-Diipoiit ) a spolié un agent de la Compagnie de Ca- 
nada de t<.us .ses papiers d'une manière fort violente et extraordinaire 
et ce procédé ne lai-se point à douter cpie dans ces papiers il n >^eut 
des cho.scs dont on a voulu absolument supprimer la connaissance." 












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— 1G4— 

Peromie DiiMesnil mourut avant 1667. En effet, le 14 mars 1667, 
Louis Rouer de V'illeray demandait au Conseil Souverain de lui remet- 
tre "di\-er.s papiers de conséi[Uence soustraits tant à lui que aux autres 
héritiers de défunt Me Charles Se\-estre, vivant lieutenant- particulier en 
la Sénéchaussée, à Québec, par dî-funt Jean Peronne sieur Du Mesnil". 

Aux Archives Pubjiques du Canada, à Ottawa, on conserve un 
Mémoire concernant les affaires du Canada non signé ni daté mais ce'- 
tainement rédigé par Peronne DuMesnil, une Requête présentée par le 
même. Peromie DuMesnil "au Roy et à nos seigneurs de son Conseil" , et 
un "Mi'moite du sieur Gaudais DnPont à Mgr Colbert pou> liiy rendre 
conipte de l'ajfaîie du s. £>uMes7iil et des moyens proposés par ce det nier 
pour faire revenir au Roi de grandes son/ mes de deniers qu'il prétend 
avoir été divertis." 

Dans son beau livre The Old icgime in Canada, Parkman a raconté 
au long le séjour de Peronne DuMesnil à Québec. Des accusations 
portées par cet exalté contre des personnages honorables, il dit : 

"As regards Duniesuil's charges, the truth seems to be, tliat the 
financial managers of the colon}-, being ignorant and unijractised, had 
kept imperfect and confused accounts, which they themselves could not 
ahvays unravel ; and that some, if not ail of them, had niade illicit pro- 
fits under cover of this confusion. That their stealings approached the 
euormous sum at which DuMesnil places them is i.ot to be believed." 

Louis I'eronne de M.\zé. — Louis Peronne de Mazé, fils de Jean 
Peronne DuMesnil, vint ici en qualité de secrétaire de M. d'Avaugour. 
Il arriva à Québec avec le nouveau gouverneur le dernier jour d'août 
1661. 

Dans le/cw/v/i?/ des fésuites, août 1661, nous lisons : 

"Le dernier août arriva le Sr Dubois Da\-augour, nouveau gou- 
N'erneur, avec le fils de Mous. DuMisnil son secrétaire, dont le frère 
fut enterré le même jour, tué d'un coup de pied par N." 

L'année même de son arrivée dans la Nouvelle-France, le 7 no- 
\eml)re 1661, M. Peronne de Ma/é se faisait concéder en fief et sei- 
gneurie, conjointement a\-ec Jactpies de Cailhault, sieur de la Tesserie, 
p;ir M. Charles de Lau/.on, quinze arpents de terre sur l'île d'Orléans, 
"les dits quinze arpents tenant d'un côté à la seigneurie de Heaulieu 
et d'autre côté aux terres non concédées." 






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— 1G5— 

C'est le fief de la Gro:isardière. 

Dans l'été de 1662, M. Peronne de Mazé fit un vo^-age en France. 
Il partit le 15 août dans le vaisseau de Reniond. Il revint dans l'été 
de 1663. 

En 1664, M Peronne de Mazé est qualifié de capitaine de la gar- 
nison de Québec et de gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi. 

Le 24 septembre 1664, M. de Mézy nommait M. Peronne de Mazé 
membre du Conseil Souverain. 

Au greffe du notaire Duquet, à la date du 14 mai 1665, on trouve 
l'acte suivant : 

"Pardevant Pierre Duquet, Nottaire Royal en la Nouvelle-France 
et tesmoins soussigné/, fut présent en sa personne M. Louis Perronne, 
Escuyer, sieur de Mazé, Gentilhomme ordinaire de la Chambre du 
Roy, Conseiller du Ro\- en son Conseil Souverain à Québec, lequel de 
son bon gré et volonté recognust et confessa avoir donné, cédé et 
transporté du tout dès maintenant et à tousjours en pur don irrévoca- 
ble faict entrevifs et en la meilleure forme que Donnation peut avoir 
lieu et sortir effect à M. Jacques de Cailhault, Escuyer, sieur de la Tes- 
serye. Conseiller du Roy en son Conseil Souverain à Québecq, à ce 
présent et acceptant pour luy ses hoirs et ayans cause à l' advenir, la 
nioictyé de quinze arpens de terres de frond scituez en l'Isle d'Orléans 
qui ont de ])rofondeur jusques à la ligne qui traver.sera la dicte Isle de 
poincte en poincte y compris les désertz qu'ils y ont faict faire ensem- 
bles, et autres qui y peuxent estre, sans aucuns en réserver ny retenir 
lesquels quinze arpents de terres ont esté concédez conjointement aux 
dits sieurs de la Tesserje et de Mazé en fief et seigneurye par M. Char- 
les de Lauzon, prebstre et officiai de Monseigneur l'Illustrissime et 
Révérendissime Evesque de Pétrée ; tenantz les ditz quinze arpens 
d'un costé à la Seigneurie de Beaulieu et d'autre costé aux terres non 
concédées. Ces présents don et transport faict par le dict sieur de 
Mazé au dict sieur de la Tes.serie à cause de la grande aiïection et ami- 
tié qu'ils .se sont tousjours portez respectivement l'un l'autre et i>or- 
tent encore à présent, mettant et subrogeant par le dict sieur de Mazé 
le dict sieur de \a Te>serie tlu tout en >ou lieu et droictz, noms, rai- 
sons et actions, jiour en faire par le dict sieur Doniiattairc ses ditz 
hoirs et a\ans cause et en disposer comme de chose à lu\- apiiarteiiaiitc ; 
car ainsN- est le désir et volonté du dict sieiir Donuatenr. I",t jtour fai- 









L.'Ij.Tl./lJ 






—1 66— 

re insinuer ces présentes dans quatre mois suivant l'ordonnance le dict 
sieur Donnateur a faict et constitué son Procureur le jwrteur des pré- 
sentes, auquel il donne pouvoir de ce faire et d'en requérir acte. Pro- 
mettant, Obligeant, Renonçant, faict et passé à Québecq tu la maison 
du sieur Amyot après-mid\ le quator/.iesme jour de May. mil six cent 
soixante-cinq, en présence de Monsieur Mathieu Damours, Escuyer, 
sieur Deschauffour, Conseiller du Roi en son Con.seil Souverain à Qué- 
becq, et Anicet Goumin M. Cliirurgien, tesmoings soussignés avec les 
partyes et le Nottaire, .Signe Peronne de Ma/.é, "Jacques de Cailhault 
Tesserye. "Damours Goumin et Duquet Notaire Royal avec paraphe, 
ainsy signé "Duquet' Notaire Royal avec paraphe." 

L'acte que nous venons de citer indique que M. Peronne de Ma/.é 
était à la veille de s'embarquer pour la France et qu'il n'avait pas 
l'intention de revenir. Il siégea, en efïet, pour la dernière fois au Con- 
seil Souverain le 6 juillet 1665. Il dût s'embarquer peu après. Il ne 
revint pas. 

Michel Peron.vr dk.ç Touche.s. — Michel Peronne des Touches 
était un autre fils de Jean Peronne DuMesnil. D'après ce que nous 
pouvons voir, il arriva à Québec en même temps que son père, c'est-à- 
dire le 7 septembre 1660. 

L,& Joui liai des IcsHiiirs \\o\\<. ajiprend qu'il fut tué d'un coup de 
pied, en aoiit 1661, par N. Il fut enterré le dernier d'août 1661, pré- 
cisément le jour de l'arrivée à Québec de son frère, Louis Peronne de 
Ma/.é. 

Dans son Mâiioiu- présenté au Roi, Peroinie DuMesnil dit que son 
fils "fut cruellement ma.ssacré et assassiné en pleine rue et en plein 
jour par les nommés de Repentigné (.RepentignyJ, de Be.scanccurt, 
Deviset Baudran, comptables." 

L'obligeance de M. le docteur A. -G. Doughty, archiviste du Ca- 
nada, nous permet d'offrir aux lecteurs du Bullctiii des Recherches His- 
toriques le Mémoire de Peronne DuMesnil, sa Requête présentée au Roi 
et le Mémoire du sieur Gaudais Dui^ont. Ces trois pièces, crosons- 
nous, n'ont jamais été publiées. 

P. G. R. 
Mkmoiki-: coxcKi^x.VNT T.i:s .\ri\\iKi:.s nu Canada 
A Lui monstrcr et faire voir que soubs prétexte de la gloire de 
Dieu et Instruction des Sauvages, de .servir le R()> , et de faire la nou- 



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velle colonie, Il a esté pris et diverty trois millions de livres on envi- 
ron. Lui mont.er encore quels moyens on doibt tenir ] our recouvrer 
une partie ded deniers divertis. Et que sy les ordres donnez pour le 
gouvernement du jiaws, et administration de la justice dyceluy ne sont 
changez, la colonie ne se fera jamais. 

L'Autheur de ce mémoire proteste navoir Intention doffenser iier- 
sonne, mais de dire .seulement la vérité toute nue et pure quoy quelle 
face des ennemis, dont il ne se peut disi)enser sans offenser sa conscien- 
ce et son honneur. 

Il commencera par dire et remonster qu'en l'année i56o, Il fut 
prié, sollicité, et convié, de prendre et accepter les charges et commis- 
sions de controlleur général, d'Intendant, et de Juge Souverain aud 
■pays de Canadas lesquelles luy furent délivrées par la compagnie de la 
Nouvelle- France en vertu du pouvoir quelle en avoit du Roy. 

Le dict Commi.ssionnaire qui se nomme Jean Peronne du Mesnil et 
qui est advocat au parlement de Paris, sestant transporté aud pays de 
la Nouvelle- France, fit publier, registrer,,et afficher ses dictes conunis- 
.sions, qui donnaient de l'estonnemen aux receveurs et ordonnateurs 
des finances, marchandises, et effets apparteuans à la communauté dud 
pays, pourquoy ils s'assemblèrent le Dix septe de seplembre 1661 et 
firent une ordonnance ]iorl:ant qu'on n'auroit aucun esgard aux com- 
missions dud du Mesnil, luy font deffence de les exécuter, cassent et 
annulent ce qu'il avoit ja faict laquelle ordonnance est dénoncée aud 
du Mesnil le 26 du mesme mois, lequel faict response que led Conseil 
estably par arrest du Conseil du Roy du 27 mars 1647 P^^ surprise, et 
quand II seroit dans les formes. 11 ne donne pouvoir aud conseil de la 
nouvelle France que de voir sur la qualité, bonté, et prix, des mar- 
chandises envoxées de France pour la traite des pelleteries et castors 
et pour la troque d'Ycelles avec les Sauvages et rien davantage, et de 
vouloir estendre ce i)etit pouvoir jusques à régler les droits des Sei- 
gneurs dud pays, cela estoit une entrepri.se Indeue et que les officiers 
desnonune/. en lad ordonnance estoient sans pouvoir pour estre leurs 
charges finies, et autres raisons contenues en ladte répon.se, dont lesd 
receveurs et ordonnateurs furent tellement irrites quils firent courir le 
bruit dans ledt pays que led Du Mesnil et son fils y estoient allez pour 
eslablir des maltostier.'quil falloit les traisiier dans la rivière et se dé- 
faire d'eux, ce qui fut exécuté en la personne du fils dud Du Mesnil 



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— ](3.S— 

qui fut cruellement massacré et assassiné en ])leine rue ; et en plein 
jour par les nommés de Repentigné de Bécancourt, Deniset Baudran 
comptables duquel assissinat led Du Mesuil ayant faict plainte au Juge 
ordinaire de Kebec Le Sieur Davodson comme gouverneur, et qui es- 
toient lors hors de charges par larrivéedans le paj-s du Sieur 
Davaugour Interd't le dit Jug ordinaire de li fonction de sa charge, 
ordonne que ce qu'il avoit escrijit seroit cassé et lacéré par son ordon- 
nance du 73 septembre en lan /661 ce C|uil faict exécuter envoyant des 
soldats au greffe prendre par force lesd pièces et procédures, quil a la- 
cérée dont y a acte. 

Et quant à la personne dud Du Mesnil (qui estoit lors malade ) 
Il est obligé de se tenir enfermé en sa mayson, et mander ()Uelques ha- 
bitans du pays pour leur faire counoistre quil nestoit point venu dans 
led pays pour leur faire aucun mal ny imposition ; mais seulement 
pour reconnoistre comme les affaires et deniers publiques du pays 
avoient été mesnagers ce qu'estoient devenus deux millions qtiahc cens 
tant de mil livres appartenant au public et procèdes de la vente des 
castors et pelleteries depuis l'année 1645 Icelles comprises, ce ques- 
toient devenus huid cens trente mil cent soixante quinze livres des de- 
niers anpruntes et quahc cens tant de mil livres donnez en ausmones 
pour faire la d colonie i)ar la Reyne mère, par Monsieur le Cardinal de 
Richelieu, par Madame la Duchesse Daiguillon, et plusieurs autres 
personnes pieuses ; ce qui contenta lead habitans et Incontinant après 
fut led Du Mesnil advertj- de se prendre garde des sauvages dud lien 
qui estoient atissy commis de lassassiner, avec lesquels il fit son acco- 
modeman par les prest et se croyant led Du Mesnil un jieu a couvert 
desd menaces. Il faict sommation aux receveurs comptables de luy re- 
lirésenter leurs comptes, (si aucuns ils avoient rendu) pour chercher 
linéiques fonds à payer quatre ou cinq cens mil livres ((ue la commu- 
nauté dud l'ays doibt aux Seigneurs d'icellu>-, desijuels il estoit inten- 
dant et envoyé exprès, I^t au reffus desd. comptables, les fit assigner 
]>ardevant les commissaires établis ])ar le Roy j^our les affaires dud pay.s 
de la nouvelle France et envoyé Les a.ssignalions pour >• comparoir. 

Sur la(|Uelle assignition lesd. com])tables, ordonnateurs, et rece- 
veurs desd deniers et effets puhlicqs, s'assemblent et jirient monsieur 
riCvcs(pie du Pétiée, et le ])ère Ragueueau Jésuite bien intéressé e-d 
affaires publiciues, de venir en France, cherclu-r des moyens d'arrester 



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—169— 

le (.-ours desd poursuites par devant lesd sieurs commissaires ce qu'ils 
croyent avoir faict en obtenant du Roy un arrest portant establissenient 
d'une chambre de conseil et justice souveraine aud Québec pour tout 
le pays de la nouvelle France, lequel conseil seroit composé de luiict 
juges scavoir du Sieur de Mcsy gouverneur dud sieur Evesque de Pé- 
trée, du sieur Robert (en la place duquel le sieur Dupont Gaudez j^a- 
rent et allié desd comptables, ordonnateur et receveur, a esté mis sans 
que ses lettres de substitution au lieu dud Sr Robert ayant paru) avec 
pouvoir ausJ trois conunis.saires de choisir et prendre cinq habitans du 
pays pour conseiller et juger avec eux et un procureur général. 

Lesd Sieurs de Mésy gouverneur, de Pétrée Evesque et Dupont 
Gaudez, arrivez aud Québec le 1 6 jour de septembre 1663 furent le 
- lendemain saluez et visitez jiar led Du Mesnil précèdent juge lequel 
par devoir et civilité leur dict par forme d'avis, que par des arrest du 
conseil du Roy, qu'il leur présenta en datte du 27 mars 1647 et 13 may 
1659 tous les commis et receveurs desd deniers publics estoient exclus 
de toutes charges publiques jusques à ce qu'ils eussent rendu et apuré 
leurs comptes, et le nommé Villeray chassé dud conseil de la traite 
pour y avoir entré par des vo3es et moyen? illicites, et ordonné qu'il 
viendroit en France pour se purger de ses crimes ce qu'il n'a poinct 
faict. Et pour nommer les autres commis receveurs, auxquels il avoit 
commencé à faire le procès pendant quil estoit juge. 

Nonobstant lesquels dires, avis, et arrest représentez, lesd. Sieurs 
de Mézy, Evesque de Petrée, et Dupont Gaudez, nom délaissé de pren- 
dre et admettre avec eux aud conseil Souverain lesd comptables, les- 
quels par ce mo>en se prétendent à couvert et exemptés de rendre le.sd. 
comptes led establissenient de ce conseil faict et arresté par lesd. com- 
missaires le 18 dud mois de septembre, deux jours après leur arrivée et 
pour procureur général prennent un nonuné Jean Bourdon boulanger 
et canonnier au fort, et aussy comjnable de huict à neuf cens mil li- 
vres, comme il sera montré et qu'il a preste son nom. 

Le vingtiesme dud mois de septembre, deux jours ajirès lestablis 
sèment dud conseil, lesd Villeray soy disant commissaire et conseiller 
de Bourdon procureur général accora]iagnez de deux sergens d'un ser- 
rurier et de dix soldats du fort bien armés ; vont en la maison dud Du 
Mesnil, Intendant et controllcur général, et peu aui)aravant leur Juge 
Souverain sur les 7 à 8 heures du soir, pour piller sa maison, ce qu'ils 



II f 



—170— 

firent aj-anr faict rompre la ])orte de son cabinet ses armoires et un 
cofEre pris et emporté ce qu'ils ont trouvé dedans, et notamment tous 
ses papiers dans lesquels estoient leurs procès ]iresque faicts et les 
preuves de leurs peculat, concussions et malversatious, sans aucun In- 
ventaire ny forme de justice estant led Du Mesnil lors desd violences 
tenu et arresté sur un siège et rudement traité par lesd. soldats, jus- 
quos à l'empescher d'appeller du secours et des temoings pour voir ce 
qui se passoit en sa maison et connue il estoit lié et arresté. 

Cette action violente ainsy faicte, et led Du Mesnil se vo\ant dé- 
livré du massacre de sa personne dont il estoit menacé et dcbtre assas- 
siné comme son fils s'en va trouver led sieur Dupont Gaudes' prenant 
qualité d'Intendant, pour luy en faire plainte, quil ne voulut entendre 
disant que cestoit de son ordonnance et dud conseil que lad action de 
prise de papiers avoit été faictes, à quoy led Du Mesnil repartit qu'il 
s'en plaindroit au Roy, et luy en demanderoit justice, ce qui obligea 
led Dupont Gaudais de dire aud Du Mesnil, quil donnast sa reqte ce 
qui fut fa-'ct et sur laquelle fut par led conseil ordonné le 22 dud mois 
de septembre deux jours après cette violence, que led Dupont seroit 
commissaire pour vérifier les faicts d'Icel'.es requeste, ce que poursui- 
vant led DuMesnil II eut ordre verbal dud Sr Gaudais de mettre au 
greffe ses causes et mo^'ens de récusation, de nullité de prise a partie 
et de demandes, ce que led DuMesnil fict comme appert par l'acte si- 
gné du greffier dud conseil du 28 dud mois de septembre, sur lesquels 
récusations prise a partie, et demander, led conseil n'a rien voulu or- 
donner, comme a])pert par autre acte dud greffier du 21 d'octobre 
et suivant jour ordonné pour l'embarquement et desparts des vaisseaux 
dud Québec pour retourner en France. 

Mais au lieu de statuer et ordonner sur les faicts, mo\-ens et con- ■ 
clusions dud Du Mesnil. led conseil, sans plainte, sans partie et .sans 
informations, a decresté emprisonnement de la i)ersonne dud Du Mes- 
nil celé et caché le décret sans le mettre au greffe, dans lintention de 
le faire paroi.stre et exécuter au mesnie temps que led Du Mesnil se 
voudroit embarquer pour rentrer en France, affin qu'il n'eusse jias le 
temps de donner avis des violences quon luy faisoit, de ([uoy adverty II 
s'einbartpie (pieUiues jours auparavant les autres et fut reçu i>ar le ca- 
liitaiiie ;.;,inl(it dans son navire, abandoinianl led Du Mesnil tout ce (pli 
lui resloit île bien dans le pa>s, pour sauver sa personne et fut receu 



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—171- 

par le capitaine gardot dans son navire nonobstant les deffenses qui luy 
en avoient esté faictes par k-d nouveau conseil, et que six jiitces de ca- 
non de la platte forme d'en bas charge/, a balle fussent poinctces contre 
son navire pour le faire obéjr à leur ordonnance. 

Tous ces massacres, assassina, et pillages de maison n'ont esté faic- 
tes aud Du Mesnil Intendant par le.sd comptables, ordonnateurs et re- 
ceveurs de bien publique et leurs parens et alliez en chambre de jus- 
tice sou\eraine sollicite/, que pour tascher accouvrir et s'exempter de 
comptes, payer et rendre ce qu'ils ont pillé scavoir. Par Pierre Le- 
gardeur Repantigné, si.x cent quarante quatre mil sept cens tant de 
livres dont il sest chargé jjour trois comptes qui sont au greffe dud con- 
seil de Québec signez de luy, non examinez clos ny arrestez et du reli- 
qua desquels com]>tes, \- a si.x ou sept cautions desnommez sur ie re- 
gistre dud conseil, qui craignant tant lappurement desd comptes pour 
lesquelles caustions est led. nemnié Robert Giffard avec le fils duquel 
led Sr Dupont Gaudois soy disant Intendant a marié sa nièce nommée 
Marie Nau. au mois d'octobre 1663. 

Par les héritiers de Noël Juchereau des Chastelest de trois cens et 
tant de mil livres, dont il s'e.st aussy chargé par un compte qui est aud 
greffe signé de Lu\- et du père Hierosme Lalleman Jésuite pour com- 
missaire quon prétend l'avoir arresté tout seul sans pièces tenues, sans 
apostiles sur les articles quun de Soool. qu'il pas.se à|prendre sur le nom- 
mé Labaleine marchand de la Rochelle qui a.ssista led Deschatelets à .sa 
mort en la ville d'Orléans après le décès duquel son corps fut enterré 
aux Jésuites dud Orléans et son coffre à papiers pris par lesd Jésuites 
led compte sans datte ]iar feuille et sans aucune formalité de Justice. 

Par Jean Paul Godefroy de cinq cens tant de mil livres dont il 
s'est aus.sy chargé en recepte ])ar un compte qu'il n'a ])oint signé et 
qu'on prétend arresté jiar le Sieur Daillebou.st Paul, quon vient faire 
passer pour gouverneur et (pii ne l'estoit plus lors, mais collègue dud 
Godefroy pour faire en.semble ces friponneries, ce qui .se voit sur les 
registres de Canadas. 

Par Jean Juchereau La ferté qui est beau frère du fils dud Sieur 
de Lauzon a\ant ép.ousé les deux s(Lurs, filles dud Rol)ert Tifftuit 
{Gi/farJ ?), de trois à quatre cens mil li\res (|n'il doiht comme se voit 
par les factures des castors et marchandises dont il est chargé à Québec 
et par jibisieurs ainprunts des deniers dont il dict avoir rendu coniiile. 



—172— 

qui ne s'est point trouvé au greffe lors de l'inventaire faict par led Du 
Mesnil commissaire député par le conseil, Et desquels emprunts led Du 
Mesnil a tiré extraict des notaires passant à la Rochelle. 

Par led Jean Bourdon de vingt huict mil huict cens tant de li\res 
de castors, suivar.t les factures et charges qui valloient lors douze 
francs la livre qui passent trois cens mil livres et ce en l'année 163 1 
Sans les emprunts qui a faicts le mesrae voiage qui se montent 20- 
4088 1. et ce par l'ordre du sieur de Lauzon et dud père Lalleman Jé- 
suite qui n'en pouvaient donner pour engager le pays. 

Par René Maheu aussy commis receveur en 1652 à 53 de deux cens 
tant de mil livres suivant factures et mémoires fournis dont il se pré- 
tend deschargé par le père Ragueneau Jésuite Seul, sans pièces, (mot 
illisible) apostiles, calculs ny forme de justice. 

Par Charles Sevestre beau père dud Villeray garde scel dud nou- 
veau conel et sa gestion des années 1653-54-55 et 56 qui passent six 
cens mil livres en receiites, dont les comptes et pièces ne se voyent 
point et qui sont diverties et retenues par led. Villeray lequel est con- 
damné par led arrest du conseil du Ro%- du 13 may 1659 et plusieurs 
ordonnances de Québec de les représenter et rapporter au greffe ce qu'- 
il n'a faict. 

Et pour l'année 1657 II s'e.st trouvé au greffe de Québec un comp- 
te rendu par led Sevestre pardevant le sieur de Charny de Lauzon qui 
se disoit gouverneur et juge et ne lestoit point, la recepte duquel est de 
ijuatre vingt dix neuf mil tant de livres, et le comptable reliquataire de 
dix sept mil tant de livres, nonobstant toutes les supposés despenses 
couchées aud compte, et notamment de 5000 1 pour avoir faict la guerre 
aux Iroquois, ce qui n'est point et qui n'est qu'un prétexte pour di- 
vertir les deniers publicqs, sans parler de Sooj 1 pris par led sieur de 
Lauzon pour gouverneur outre .ses appointements et de six mil livres 
aussy pris par les Jésuites outre leur pension et ce en une année sui- 
vant led compte, outre ce qui n'est ^loint in.scrit en iceluy. 

Par Jean Gloria commis en années i'i,S5-59 et 60 de ce qu'il a reçu 
et manié qui peut estre de trois cens mil livres, en la disiwsition de l'un 
desquels comptes est pas.sé la .sonune de trente un mil tant de livre> 
iHHir les feux de Joye du mariage du Roy, ou ne fust pas dépensé qua- 
rante francs. En un banejuet ou led Du Mesnil assista dans tous les 
autres articles de despense supposez et faux et obmi.ssion de receptes 






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—173— 

bien vériffiées par les pièces spoliées audit Du Mesnil, mcsme que le 
Sieur Dargenson gouverneur prenoit la solde d'un camp volant qui 
n'estoit point. 

Et par les Sieurs Rosé Guinet et Compagnie marchands de Rouen 
de six vingt mil livres quils doibvent pour deux années de la prime du 
quart des castors qui se payent au magasin dud Québec pour l'entretien 
des charges du pays qui sont réglées par les arrests du conseil a vingt 
un mil livres par an pour l'entretien des garnisons appointemens des 
gouverneurs et pensions des Jésuites, avec deffenses de divertir le sur- 
plus desd. deniers a peyne de rodation en leurs comptes et de répétition 
sur eulx. De laquelle sonune de six vingt mil livres jiour lesd années 
i66o et 1661 lesd fermiers prétendent s'estre faict descharger par trois 
comptes quils prétendent avoir rendus à Québec pardevant de supposés 
commissaires, qui n'avoient point de pouvoir n'y du Roy, ny du publi- 
que, et desquels commissaires estoit le chef led père Ragueneau Jésui- 
te qui est comme tous ses compères Jésuites exclus de toute Jurisdic- 
tiou et entrée aud conseil de Québec, par led arrest du conseil du Roy 
du 13 niay 1659. El ainssy nullité qui les oblige à recompter de nou- 
veau. Joint que ce ne sont comptes en forme mais de simples mémoi- 
res de marchands sans livres, sans pièces justificatives, sans cotte tan- 
née, sans chapitre de recepte, sans calculs et le tout en confusion hon- 
teuse, sans parler des suppositions et mauvais employé. 

Et le tout sans parler desd huict cens trente mil cens soixante et 
quinze livres empruntez à la grcsse advanture de 30 pour 100 par plu- 
sieurs particuliers de Canadas, soubs le nom desd habitans du pays, 
sans aucun pouvoir deulx, sans leur en avoir parlé, et contre les def- 
fences demprunts jugée par arrest du conseil du Roy du 5 mars 164S et 
desquels emprunts y a des adveu registre sur le registre de Québec, et 
neantmoins poursuite et payemens collusoire et desquels deniers connue 
de ceux provenan de la vente des pelleteries : ou prétend avoir faict 
quelque distribution à des créanciers Imaginaires et Sui>posez la plu- 
part par transactions des 24 juin 1650 et premier avril 1651 faictes avec 
personnes .sans pouvoir et au préjudice de deu.x arrests du conseil ren- 
dus au rapport de M. Lemoignon nuiistre des requeste portant que tous 
lesd créanciers mettroient leurs contrats et obligations jwrdevant luy.de 
la reiirésentation desquelles pièces et obligations, lesd prétendus créan- 
ciers sont décharge/, par lesd transactions ce (pii les rends bien susi)ects 
ayant fuy la face des juges. (à siiivn) 



■174- 



Les Piliers de la Basilique 
de Québec 



"Au premier coup d'œil, — lisons-nous q»el>iue part, — ces piliers 
étonnent, et l'on se demande comment on a pu leur donner de pareilles 
dimensions. Mais on comj)rend leur raison d'être dès qu'on se rappel- 
i le que la nef centrale (de la basilique actuelle) était toute l'église pri- 

j mitive, et que les deux nefs latérales ne sont que des bas-côtés cons- 

truits subséquemment. L'épaisseur des murs de l'église primitive, 
dans lesquels il a fallu pratiquer de grandes baies à cintre romain, a 
rendu inévitable la lourdeur des pili;rs." 

Pardon, mais l'auteur aurait dû consultei les archives de Notre-Da- 
me, au presbytère de la Haute- Ville. Les notes qui vont suivre en sont 
tirées, et avec les abréviations (-/(carton), n/s, (manu.'^crit), on pourra 
aisément y référer et même les collationner sur l'original. 

Remarquons d'abord que les piliers de la Ba.silique ne sont pas car- 
rés, c'est-à-dire à faces égales, mais plus longs que larges, et assez irré- 
guliers, leur largeur étant de 5 pieds ou à peu près, et leur longueur 
variant de 6 pieds 9 pouces à 7 pieds i pouce et une fraction. 

Qu'ils soient, au moins dans leur masse intérieure ou centrale, une 
partie des anciens murs, c'est assez vraisemblable, mais "il ne faut ju- 
rer de rien", ni de cela, ni de l'épaisseur de ces anciens murs qu'ils sont 
censés représenter. Certainement, nos ancêtres bâtissaient solide, épais, 
les matériaux, de leur tem]is, ne coûtant rien, pas plus que la main 
d'œiUTe. Je doute cependant ({u'ils soient allés à 5 jiieds, et nous ver- 
rons pourquoi tout à l'heure. 

Je doute encore ])lus que ces mêmes piliers aient eu primiti\'ement 
la même longueur (ju'aujourd'hui. Oui en 1744, Chau.ssegros de Léry, 
l'aîné, agrandit la Cathédrale en y ajoutant d.s bas-côtés, et il dut pour 
cela, connue on vient de nous le dire, "jiraticpier de grandes baies" à 
travers les anciens nuirs, mais il y a des preuves que M. de Léry était 
un honniie de gnût, un \Tai architecte, même un artiste, et je conclu- 
rais déjà, fût-ce A l'KioKi, qu'il n'a jias pu commettre les i.oitkdictks 



^V'-xh ci al! 



; .:-:t;7- 









—175— 

dont ou l'accuse, au moins iin])licitenient. D'ailleurs, nous n'en som- 
mes pas réduits avec lui aux simples conjectures, toutes gratuites, com- 
me en tourmillent tant de nos œuvres d'histoire, et il nous reste du 
même vénéré Chaussegros un admirable plan ou dessin de la Cathé- 
drale telle qu'il entendait la restaurer ou plutôt la reconstruire presque 
en entier, un \i\an additioinié d'une légende également de sa main où il 
dit qu'il "a mis à feuille vulante un dessin d'un portail, et dans une 
autre une élévation sur la longueur de la nef a\ec un ordre d'architec- 
ture". 

Quel était cet ordre d'architecture ? nous en avons, cro)-ons-nous, 
une partie, une idée, dans ce que nous voyons aujourd'hui, car il me 
liarait certain en effet que les restaurateurs modernes de la Cathédrale 
ont connu ce plan de M. de Léry. Regardez donc les pilastres et la 
corniche qui entourent le chœur actuel; aux piliers de la nef, considéra- 
blement réduits, adossez des pilastres semblables, let que la corniche ou 
l'entablement du chœur vienne s'y poser en se prolongeant des deux cô- 
tés jusqu'au fond de l'église, et vous aurez à peu près, c'est-à-dire sauf 
la différence de l'ionique au corinthien moins sévère, l'intérieur de la 
cathédrale tel que l'aimable homme et l'éminent artiste l'avait conçu. 
Cette architecture devait être sans défaut, au moins dans son genre, style 
grec, et c'était le grand genre partout en Europe au dix-huitième siècle, 
et vous comprendrez ce que nos pères d'après le siège ont perdu ou 
nous ont fait perdre à ne pas l'exécuter. 

Mais j'ai nommé le siège, et voici en effet "l'année terrible", et les 
boulets, et la mitraille digue des Allemands de 19 14, et les ruines, et 
après cela tant de gens qui s'en vont, les uns forcésde partir parce qu'- 
ils "ont tout perdu fors l'honneur", les autres décidément irréconcilia- 
bles avec le régime nouveau. Quelques aimées se pas.sent , niais si peu 
reviennent, et entretemps nos enfants meurent "dru comme mou- 
ches", et le grand mondt.- aussi, et la cathédrale a trop de ]:)Iaces vides, 
et les tribunes surtout, ces tribunes que M. de Léry a bâties en des 
temi)s meilleurs, sont de\-enues inutiles. 

lùi 176S, commence la restauration de l'édifice, jias plus tôt, lesmo\- 
ens a>ant manqué jusque là, et lentement, comme viennent les ressour- 
ces elles-mêmes, l'ceuvre progresse. Mais on a eu une singulière idée: 
celle de fermer les anciennes tribunes, très iirobablement pour la raist>ii 
qu'on \ient de dire. Ivncore ici, on ne pourra i)as se conlcnter iVuiie 



-170- 

simple cloison de planche ou de crépi sur lattis, mais il faudra une 
grosse maçonnerie fort lourde — tant il y a que nos pères ne faisaient 
rien à demi. 

C'est le moment de citer les textes: 

"20 mai 1770. L'assemblée a unanimement arrêté qu'il convenait 
de faire remplir en j^etit mur les tribunes de l'église et de faire faire en 
même temps les enduits de la nef depuis l'horison des grandes arcades 
jusqu'au plafond." (Ms. 16, p. 244). 

"5 juin 1770. On n'a pas fait marché pour les ouvrages ci-dessus 
parce qu'il leur serait revenu (aux marguilliers et coi.seillers) que les 
gros piliers ou les grandes arcades pourraient peut-être souffrir de la 
nou\'elle charge de murs proposés pour remplir les tribunes. (Ibid., 
p. 244). 

Ou consulte alors des exjTerts, et "Beaujour. Vallée, Baillairgé ne 
peuvent prévoir aucun risque à remplir les tribunes par un mur même 
de 15 pouces si on pratique dans chaque tribune un arc "double-haut", 
élevé par son milieu d'environ iS pouces." (Ibid. p. 245). 

De fait, le 17 juin, "cet ouvrage est donné à Charles Vallée Cj). 
246,) et à preuve qu'il fut, non seulement donné, mais exécuté, voici 
un toisage signé par Jean Baillairgé le 21 août 1770: "J'ai mesuré la 
maçonne des onze tribunes au-dessus des grandes arches, 15 pieds de 
longueur et 5 pieds de hauteur jusqu'à la naissance de l'arche, et ^yi 
de rayon." (CT. 4, no 81). Un autre papier compte pour cette même 
fermeture des tribunes 66 toises et 15 pieds de maçonne ^ Ms 9, p. 88). et 
sans recourir à d'autres textes, il doit être prouvé que ces tribunes delà 
basilique, celles-là mêmes que nous voyons ouvertes aujourd'hui comme 
elles l'étaient au tem))s des Français, furent positivement fermées en 1770. . 

Seulement, vous le comprenez, on n'avait pas couunencé jiar là. 
On dut commencer jiar se demander comment on tiendrait "en l'air", 
à 40 ou 50 pieds, cette charge de maçonnerie, et ici, en i)assant, je me 
rappelle un mot délicieux de Mgr Hriand qu'on avait prié c'était 
convenable^d'exi^rimer s?s vues sur la reconstruction de la cathédrale, 
mais citons plutôt toute la réponse, d'ailleurs très courte: 

"Messieurs, 

"\'otre zèle pour la bâtisse de la cathédrale est bien loua- 
ble. Je ne me suis jamas meslé de la manière dont on pourrait s'y 



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-177— 

prendre; je n'ai ouvert mon sentiment sur cet article qu'avec incerti- 
tude: ce n'est pas mon métier d'être architecte et je m'en rapporte bien 
volontiers à l'avis de tant de connaisseurs. 

" je suis avec bien de la considération et un tendre attache- 
ment etc. 

■'J- 01., év. «le Québec. 

"Montréal, le 26 juin 176S" (CT. 4, no 7). 

Vous voyez d'ici tous les "connaisseurs" du temps, nombreux sans 
doute comme ils sont encore partout aujourd'hui en pareille occasion, 
et voyez en môme temps la décision incroyable qu'ils firent prendre au 
Conseil de la Fabrique: 

"20 janvier 1770. Ouvrages à faire aux i)iliers : 

"Article I. Il sera fait un contre-mur de dix pouces d'épaisseur 
seulement (!) en dedans de chacun des piliers, lesquels contre-murs se 
joindront en forme de cintre le long des cintres des arcades. 

"Art. 2— Il ne sera empIo\é dans ces contre-murs que de la pierre 
de Beauport, choisie, posée en panneresse ou forme de coin. 

"Art. 3 — Il sera pratiqué de trois pieds en trois pieds des arrache- 
ments d'un pied carré au moins dans le corps et de chaque côté du pilier 
pour y placer des pierres de liaison", etc, etc. (CT. 4, no 45 et acte 
semblable dans Ms 16, p. 242). 

Et ce fut ainsi fait, et de même qu'on trouvait tout à l'heure 66 
toises et 15 pieds de maçoinierie pour les tribunes on en trouve mainte- 
nant pour les arcades inférieures et piliers 78'^ toises (Ms g, p. 88), 
pour lesquelles Maître Charles Vallée demande 940 livres ancien cours 
(Ct. 4, no. 12). 

Un antre papier donne pour le toisé de ces contre-nuirs 2S20 pieds 
(Ct. 4, no 17.S). Les anciens piliers, ceux d'avant le siège, mesurés à 
l'échelle, sur le plan de Chaussegros de Léry, devaient avoir 4 pieds de 
face environ, sur une épaisseur un peu moindre, et il est possible que, 
à l'exécution, on leur ait donné quelques pouces de plus, parce qu'on 
avait suiiiirimé, faute de ressources, les ])ilastres que l'artiste y avait 
engagés Ou vient de x'oir pourquoi et comment ils furent allongés 
d'an nioins 20 pouces en 1770, et je souiiçonne ipie inuir leur donni-r 
maintenant un ]ieu de proiiortion, on les aura élargis ou épaissis cjuel- 
(jne peu, sinon avec de la nia(;onnerie, comme k-s intrados, du moins 



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AU.! .-Av^.uj 



—178— 

avec ce que les gens du métier appellent "de la fourrure", une fourru- 
re quelconque. Ajoutez à cela quelques solides couches d'enduits, et 
vous aurez les mesures données ci-haut pour les dimensions actuelles 
de ces fameux piliers. 

Les murs qui fermaient les arcades supérieures ou les tribunes de 
la grande nef ont été démolis peu après iSoo, et vous voyez bien en 
effet qu'ils n'existent plus. Ceux du côté gauche durent l'être en 
iSoi ou 1802, et en tout cas avant ceux du côté droit, les travaux au- 
trefois .se réglant toujours sur les ressources actuelles. De fait, nous 
lisons dans un mémoire du 24 avril 1803 : "Faire ouvrir les arcades, 
côté Sainte-Famille ; faire au bas de cette chajjelle un jubé et lui esca- 
lier pour venir aux dites arcades. Les dites arcades feront place aux 
arcades dti côté Sainte- Anne". (Ms 17, p. 264J. 

S'il fallait une autre pièce, voici un marché passé le 6 mai 1803, 
"avec Pierre Emond et Louis Dufresnay jjour un jubé à faire dans la 
chapelle de la Sainte-Famille, avec un e.scalier, et un autre pour mon- 
ter de ce jubé aux arcades. Convenu 250 louis du cours, égal à 6000 
livres". (Ct 4, no 171) 

Mais alors, vous dites-vous sans doute, pourquoi conserver aux 
piliers ce revêtement qui est devenu absolument inutile, s'il ne l'a pas 
toujours été, et qui alourdit outre mesure, on dirait jusqu'au grotes- 
que, une architecture qu'on ]>ourrait si facilement améliorer et à si 
peu de frais ? C'est juste, mais ceci n'est plus de l'histoire, c'est de 
l'architecture, et veuillez, s'il vous plaît, consulter "tant de connais- 
seurs", sûrement infaillibles autant qu'innombrables ! 

P.-V. CHARLAXD, O. P. 



QUESTIONS 



LeChasseur, qui fut lieutenant-général aux Trois-Ri%ières, est-il 
le même LeChasseur qui fut secrétaire de Frontenac ? 

XXX 

— Est-il vrai que les ingénieurs qui ont fait le canal Welland se 
sont inspiré d'un plan ou projet préparé par Vauban dès 1699 ? 

A. B. 
^=A-t-il été i>ublié un ouxTage spécial sur le Frère François Char- 
ron et ses fondations ? 

Pr. B. 



>J" !> .iîlV '■.! 



:'.r.u: .-.nov i > 



-179- 

DEUX ORDONNANCES INEDITES ! 



Le hasard me fait trouver deux ordonnances de fonctionnaires de 
Montréal, qui me paraissent inédit s et qu'on aurait difficilement ima- 
giné allei chercher ovi elles sont. 

La première de ces ordonnances est du sieur Varin, commissaire 
et ordonnateur à Montréal et la seconde du baron de Longueuil, alors 
gouverneur de Montréal et "commandant général en Canada". 

Ces deux documents, datant de 1749 et de 1752. concernent les in- 
cendies de maisons et de forêts dans la seigneurie de Terrebonne- 
Elles ont été dépo.sées, le 25 mai 1770, dans l'étude du notaire 
Foucher, sous les numéros respectiis : 2403 et 2404, probable- 
ment par les propriétaires de la seigneurie. 
Voici le texte de ces pièces : 

Première Ordonnance 
Jean Victok Vakin Commissaire de la marine Ordonnateur à 
Montréal. 

Sur les représentations qui nous ont estée faite par M. De La Cor- 
ne Seigneur de terbonne que quelques habitans qui ont des mai.sons 
dans Le Village Le Bourg de Sad. Seigneurie mettent le feu à leurs 
cheminées Pour les netoNer au lieu de les ramoner, Ce qui met l'allar- 
me chez les autres habitans dud. Village ; Et les met en risque de faire 
Brûler leurs maisons ; Nous ayant Egard auxd. Représentations : l-.t 
pour procurer La Seureté dud Village, Deffeiidons aux habitans Dud 
Lieu de mettre ainsi le feu à leurs cheminées Sous Paine de Dix livres 
D'amande aplicable à la fabrique de La Paroisse Dud. terbonne. Leurs 
Enjoignons de faire au moins, une fois tous les mois Ramoner leurs 
cheminées, sous Peine de Lad. Amande de Dix Livres, Ain.sy aplical)le. 
Mandons au Sr Laforce Cap. de Milice aud Lieu ]• t En Son absen- 
ce à tous officiers de milice dud lieu de tenir La main à L'exécution de 
la présente Ordonnance qui sera leue et pul^liée issue de grande mt-^e 
paroissiale Dimanche .prochain, à ce que personne n'en ignore, fan J.n 
nôtre hôtel à Montréal, Le 7e mars 1749- 

VARIN 



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—180— 

Denxiciiic Ordonnance 

Charles Baron de Longueuil, chev. de l'Ordre Royal et Militaire de 
St-Louis, Gouverneur de Montréal, Commandant général en Canada. 

Etant venu à notre connaissance qu'il se commet des incendies 
dans les forêts et Prairies principalement dans la Seigneurie de Terre- 
bonne. 

Nous avons defïendu et deffandons à toutes personnes d'allumer 
du feu dans les forêts et prairies, même d'y allumer leurs Kalumets, 
sous peine de trois mois de cachot et leur procès leur être fait et i)ar- 
fait comme incendiaires, suivant les ordonnances Du Roy si le cas le 
requiert. 

Deffendons aussy à toutes personnes d'aller cueuillir du Gincin sur 
la ditte Seigneurie De Terre Bonne, sans une permission Expresse du 
Seigneur sous peine de confiscation. 

Mandons aux Capitaines des Milices de Terrebonne, de tenir la 
main à l'Exécution de la présente ordoiniance, afin que per.sonne n'en 
prétende cause d'ignorance. 

Sera la présente ordonnance lue, ]>ubliée et affichée, par tout où 
besoin sera, En foy de quo)- nous l'avons signée, à icelle fait apposer 
le cachet de nos armes, et contresigner par notre Secrétaire fait à 
Montréal le premier aoust 1752. 

Sceau aux armes des 
Lemoyne de Longueuil. 

Longueuil 

Par Monseigneur 

Saint Sau\eur 
Ces deux pièces présentent cet intérêt qu'elles sont deux des rares 
ordonnances de la fin du régime français, à Montréal, qu'elles i>nt leur 
])lace dans l'histoire de la seigneurie de Terrebonne et qu'on y consta- 
te que ce n'est pas d'hiet que les autorités s'occupent des nio\ens à 
prendre pour prévenir la destruction de nos forêts. 

E. Z. MASSICOTTE 



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—181 — 

LES OUVRAGES CANADIENS RECENTS 



L. A. Prud'homme, Deux oubliés de r Histoire : JeaJi-Baptistc Bru- 
ce— Jean-Louis Légale. Ottawa — 1915. 

Bruce était un modeste cultivateur de Saint- Boniface. Il avait pas- 
sé une partie de son existence à voyager dans le Nord-Ouest, au servi- 
ce de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Bruce fit partie d'une des 
expéditions qui se rendit dan-; l'extrême nord pour sauver le voyageur 
Franklin et ses compagnons. Jean-Louis Légaré n'a été qu'un modes- 
te traiteur des prairies, qui passa une partie notable de sa vie au milieu des 
tribus indiennes de l'Ouest. Il était originaire de Saint-Jacques de l'A- 
chigan. Légaré jouissait d' un très grand prestige au milieu des Sauvages. 
M. le juge Prud'homme a recueilli beaucoup de renseignements 
intéressants sur ces deux honnnes qui jouèrent un certain rôle dans 
l'Ouest et rendirent de grands services à la Couronne Britannique. 

Wilbur H. Siebert, The Lcyalist Seitleincnts on the Gaspé Penin- 
S2ila. Ottawa — 1915. 

Wilbur H. Siebert, Tlie Tenipoiary Seulement of Loralists at fl/a- 
chiche. Ottawa— 19 15. 

Archdeacon Raymond, Tlie first Governoi of New- Biunswiek and 
the Acadians of the River Saint-John. Ottawa — 1915. 

Ernest Bilodeau, Un Canadien Errant ; Lctti es parisiennes et cro- 
quis canadiens. Québec, L'Action Sociale Limitée — 1915. 

M. Ernest Bilodeau a réuni en uu cocjuet volume les attachantes 
lettres parisiennes qu'il envoxa à l'Action Sociale pendant son séjour à 
Paris. Il y a ajouté des chroniques d'une saveur bien canadien- 
ne. Une délicate préface écrite jiar M. l'abbé Thelliei de Ponchevil- 
le, le renommé prédicateur français, ouvre le livre de M. Bilodeau. 
George Gale, Québec Ti.'ixt old and neic. Québec : The Tclegraph 
Printing Co— 1915. 

Ouvrage consacré an vieux Québec. M. Gale y ]iarle des églises, 
des édifices publics, des 'jimetières, de la construction des \-aisseaux en 
bois, des grands incendies, de^ avalanches, des théâtres, des épidémies, 
des cimetières, des sociétés nationales, des associations sportives, dts 
régiments, des clubs de pèche et de chasse, des chemins de fer, etc. 
etc. Intéressant à parcourir. 



;.' mimi>> 






v/ ,1 , •,.,(■:,....') 



—182— 

REPONSES 



UN BUSTE DE GEORGE III A MONTREAL ( III, XII, p. 
192 ; VII, XII, p. 352 ; VIII, I, p. 21)— Ce fut sous George II d'An- 
gleterre que notre mère patrie actuelle étendit considérablement son 
domaine colonial en s'eniparant des possession françaises du Canada et 
des Indes, mais c'est sous Georges III, fils et successeur du précédent, 
que les éclatants succès des armées anglaises reçurent leur consécra- 
tion définitive et pratique. Cette consécration jiorte, dans l'histoire, 
le nom de Traité de Paris (1763), et elle ajouta à la couronne britanni- 
que quelques-uns de ses plus beaux joyaux. 

Georges III monta sur le trône en 1760, quelques mois après avoir 
atteint sa majorité et son règne débuta sous les plus heureux auspices. 

L'empire britannique était désormais fondé et viable ; ses soldats 
promenaient sur deux hémisphères, leurs armes victorieuses ; le nou- 
veau roi donnait les plus belles espérances et rien ne semblait devoir 
ternir la gloire d'un règne inauguré aussi brillanmient. 

Le Canada faisait partie de l'empire depuis plus d'une décade lors- 
qu'on songea à élever, à Montréal, un monument au souverain régnant 
tout comme on avait fait à New- York. Cette œuvre, dont on a dit 
qu'elle était réellement artistique, consistait en un buste en marbre de 
Georges III et on l'érigea sur la place d'armes, le 7 octobre 1773. 

La métropole canadieniie, par ainsi, compta son premier monu- 
ment et ce fait insolite fit éclore, à Montréal, la première poésie en 
langue française ! 

L'auteur avait "sans doute le dessein bien calculé de se distin- 
guer" car pour "donner une certaine allure originale" à son ouvrage, 
il "crut devoir adopter une manière toute nouvelle d'exprimer ses vers.. 
En voici le fac-similé : " 

Tout est grand dans le roi, l'aspect seul de son... bi<stc, 

Rend nos fiers (.■nnomis plus froids que des i;/nçoi/s, 

Enrichi jiar la mer et jxir l'or des .... ino/ssoiis. 

On voit tout succomber ^ous son liras si ... . lobiis/c. 

Qu'on ne nous vante plus les miracles d' ... .I/zi^'/a/c, 



--.y. 



n;o;;( d itmùi 






;•' ■ 'lin £.1 

t ;^- oj ;o j;ci'r; 



— ISS- 
Georges de bien régner lui ferait des. . . . leçons, 
Horace en vain l'égale aux Dieux dans ses... c/ninsous, 

Rien moins que mon héros il était sage et Ji/sfc, 

Modeste sans faiblesse et ferme sans orgucuil, 

Tandis qu'aux gens de bien il fait un doux. . . . accueil, 

Contre l'impiété ses loix serveut de digue, 

Et si d'un vaste état conduisant les resso)ts. 

Par le charme secret des grâces qu'il prodigue, 

Du prince et des sujets il forme les accords, (i) 

Ce buste, si poétiquement salué ne resta pas longtemps sur son so- 
cle ; il donna même lieu à des scènes disgracieuses et cocasses. 



Voici un extrait de ce qu'on lit dans V Hisloiie de Montréal, jiar M. 
Leblond de Brumath p. 257 : 

" Il se passa, dans la nuit du ler mai (i775'. "" événetnsnt d'as- 
" sez peu d'importance, mais qui nous dépeint bien l'état des esprits 
" dans ces conjonctures critiques pour l'Angleterre, car de la fidélité' 
" de ses sujets de fraîche date pouvait dépendre le .sort de la colonie ; 
" des inconnus insultèrent la statue du roi d'Angleterre... Ils la bar- 
" bouillèrent de noir et lui passèrent autour du cou un collier de pom- 
" mes de terre auquel était su-pendu une croix portant cette inscrip- 
" tiont : "Voilà le pape du Canada et le sot anglais." 

" De bonne heure, le matin, dit-on dans ime lettre d'alors, citée 
" par M. de Brumath, quand l'insulte fut découverte, le commandant 
" envoya deux sergents laver le buste et enlever le chapelet, la croix, 
" l'inscription, etc.." 

Le gouverneur Carleton offrit deux cents piastres pour l'arresta- 
tion des coupables, mais sans résultat. 

* ' * 

Par coïncidence, le monument du même roi élevé à New- York, 
fut également maltraité et l'un des premiers actes de la révolution fut 
le renversement de la statue de Georges III (en bronze celle-là) que 
l'on brisa et dont on lit des balles ou des canons. 
'^^r^^^.^ i..,r,H.rciiAN.-^oNs nisroi;i(iri:s. .imu. i.- foyku canalikn. voi, nr, ,., ■.;:, 



—184— 

Avant de poursuivre, essayons de régler la question du site de ce 
monument. Où était érigé le buste de Georges III ? 

Des auteurs et non des moindres, ont déclaré que c'était sur l'an- 
cienne place d'armes (aujourd'hui place royale) entre les fortifications 
et la rue Saint-Paul. On trouve cette assertion dans une des notes 
ajoutées au /ou nia/ de Thomas l'erc/ù'/es de Boiichcrville lequel a été 
publié dans le Canadian Aittiqicarian de 1901. L'auteur de ces notes 
n'est autre, semble-t-il, que l'honorable juge Baby, un de nos archéo- 
logues les mieux cotés et .sa note a été reproduite dans le Bulletin des 
Recherehes Historiques \-q\. VIII, pp. 21 et scq. 

Or cette as.sertion ne tient i)as lorsqu'on lit une autre note, celle-ci 
dans V Histoire de Moiitiéal, par M. Leblond de Brumath. V.n effet, an 
bas de la page 257, cet auteur cite un passage d'une lettre de M. P. 
Guy, de Montréal à l'honorable François Baby de Québec, et voici 
l'information qu'on y trouve : "I,a nuit dernière, il a été fait une in- 
" suite atroce à la statue du Roy tiui est érigée comme tu sais, sur la 
' ' plaee de la liante ville. . . " 

Rien n'est plus concluant ! C'est sur la relativement nouvelle 
place d'armes, entre l'église paroissiale et la rue Saint-Jacques que s'é- 
levait le monument de Georges III. 
*** 

Qu'advint-il du buste royale après l'outrage qu'il subit en 1775 ? 

La tradition veut que les Américains en pénétrant dans la métro- 
pole canadienne .se soient empressés de démolir l'image du .souverain 
abhorré et d'en dispenser les débris. 

Pendant plusieurs années, il n'est i)lus question du buste i)uis il y 
est fait allusion dans les archives judiciaires. En 1790, dans son rap- 
])ort à la Cour Criminelle, le grand Jury recommande "que la cons- 
truction qui existait sur la Place d'Asmes et qui servait autrefois à 
abriter le buste de Sa Majesté soit démolie." 

Le monUKient se trouvait donc dans une sorte de kiosque ! Ce 
devait être original, i)our le moins ! 

lùi tout cas, la suggestion du grantl jur\- fut agréée : tout vestige 
du i)ionnier de nos nionunients disi)arut... à i'e.xce])tion, ceiiendaut, de 
la tête ilu buste, retrouvée loiigtemiis après dans l'ancien puits cjui 
e.xista tout près de l'église- iniroissiale. 

Ce précieux iléliris fnt remis jdors, pour être conservé à la société 
d'histoire n;Uure!Ie ! i^ui le garde encore du reste. 

l'. Z. .MASSlCOTTlv 



.!r Jir. 



— 185- 

LES PATRIOTES EXECUTES EN 1838 ET 1839 (XXI, IV, p. 
64.) — 'L.es patrioles ou les rebelles (suivant le, point de vue) qui subi- 
rent la peine capitale pour avoir pris part à la rébellion de 1837-38, se 
divisent en deux groupes, ceux du Haut et ceux du Bas-Canada. 

Les premières exécutions eurent lieu dans le Haut Canada, où 20 à 
30 patriotes furent pendus ou fusillés entre le 29 mars et le 8 décembre 
1838. 

Dans le Bas-Canada, douze condamnés politiques en tout, montè- 
rent sur l'écliafaud et k-s exécutions se firent entre le 21 décembre 1838 
et le 15 février 1839. 

t-t 

A l'aide des ouvrages que nous avons pu consulter et que nous 
énumérons plus loin nous avons essayé de faire une liste complète des 
malheureuses victimes de la rébellion, mais si la chose est facile pour 
les patriotes du Bas-Canada, il n'en est pas de même pour les autres, 
car on dirait que les historiens d'Ontario se sont entendus pour ne lais- 
1er connaître que quelques noms. 

Au surplus, pouj- les nôtres, il e.st extraordinaire comme on diffère 
sur les âges. En certains cas, le chiffre varie suivant les auteurs. Nous 
avons adopté, de préférence, les âges donnés par M. Prieur, en indi- 
quant les divergences entre parenthèses, mais il serait à propos de fixer 
ce point une fois pour toutes, et les chercheurs devraient s'y employer. 
HAUT-CANADA 
Exécutés à Toron lo 

Samuel Eount, forgeron, arrêté le iS janvier, 1838, marié, 7 en- 
fants. 

Peter Matthews, bourgeois, arrêté le 14 décembre 1837, marié, 
15 enfants. 

Ils furent exécutés le 29 mars 1838, dit Taylor, et le 12 avril 1.S38, 
d'ajirès Robert.suu. 

JilSTRICT D}C XTAG.VK.V 

James Morrow, tanneur, arrêté le 27 juin 1838, exécuté le 30 juil" 
let 183S. 

- WINUSOK HT I.ONDON 

De.-; rebelles atlaipient Windsor et sont défaiis par le colonel Price 
le 4 décembre 1S3S. Sur les 30 prisonniers faits ])ar les louiiix le colo- 



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—186- 

nel Price ordonna d'en fusiller quatre sur le champ, sans procès. Onze 
autres subirent leur jirocès à London et furent exécutés. (Dent, II, 
268). 

KINGSTON 

Niles Gustav Schobtewiski Von Schoultz, noble polonais fut exé- 
cuté le 8 décembre 1S38 avec quelques autres. (Dent.) 
Hopkins dit "avec onze de ses partisans." 
Machar réduit le nombre des partisans à neuf, (p. 190). 

BAS-CANADA , • . , 

Toutes les exécutions se firent à Montréal. 

Exécutés le 21 décembre 1838 
Joseph-Narcisse Cardinal, 30 ans, notaire et député, marié. 5 en- 
fants. 

Joseph Duquette, 22 ans, étudiant en loi, célibataire (David, dit 
21 ans et Borthwick, 20 ans). 

Exécutés le 18 janvier 1S39 

Pierre-Théophile Decoigne, 27 ans, notaire, marié, 2 enfants, (Da- 
vid dit 29 ans et Borthwick, 24.) 

François- Xavier Hamelin, 23 ans, cultivateur, célibataire. (David 
dit 18 ans et Borthwick, 19 ans). 

Joseph-Jacques Robert, 54 ans, cultivateur, marié, 5 enfants. 

Ambroise Sanguinet, 38 ans, cultivateur, marié, 2 enfants. 

Charles Sanguinet, 38 ans, cultivateur, marié, 2 enfants. 
Exécutés le 15 février 1839 

Aimable Dauuais. 21 ans, cultivateur, célibataire. (Da\-idet Bor- 
tluvick disent 20 ans.) 

François-Marie-Thomas Che\alier de Loriniier, 30 ans, notaire, 
marié, 3 enfants. (Prieur dit 34 ans). 

Charles Hiudelang, 29 ans, Suisse français, célibataire. 

Pierre-Rémi Narbonnc, 3^1 ans, i>eintre et huissier, marié, 2 en- 
fants. (David dit 33 ans et 8 enfants). 

François Nicolas, 44 ans, instituteur, céliliataire. (I)a\id dit 41 
ans). 



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—187— 

Voici maintenant, la liste des ouvrages consultés. 

Dent, Upper Canadian Rébellion, 2 vols — Robertson, Land- 
marks of Toronto — Taylor, Cardinal Facts of Canadian History — 
Hopkins, Canada, an Encyclopaedia — Borthwick, History ofthe eiglit 
Montréal prisons — Machar, vStory of old Kingston — Prieur, Notes 
d'un condamné politique — David, Les ])atriotes — Liste officielle 
des personnes arrêtées dans le Bas-Canada, en 183S, produite à la 
Chambre des Communes de la Grande Bretagne (collect. du Château 
de Rame/.ay) — Hopkins, Histoire populaire du Canada, traduction 
vSulte. 

E.-Z. MASSICOTTE 

LE SCALPE CHEZ LES SAUVAGES (XX, II, p. 64). —Est-il 
vrai que des gouverneurs de la Nouvelle-Frauce ont enccuragé les 
Sauvages à pratiquer le scalpe sur les blancs de la Nouvelle- Angleterre 
et qu'ils s'engagèrent même à payer une prime pour chaque chevelure 
apportée à Québec ? On a dit que cette barbarie pratique dn scalpe 
avait été enseignée aux Sauvages par les blancs. Cette affirmation 
est-elle appuyée par l'histoire ? 

Il est malheureusement vrai que des gouverneurs de la Nouvelle- 
France ont encouragé les Sauvages à scaiper les cadavres de leurs en- 
nemis et qu'ils leur ont donné des primes pour les chevelures qu'ils le- 
vaient. La même chose se pratiquait d'ailleurs dans la Nouvelle- An- 
gleterre. 

Dans un Mémoire siti le Canada attribué à Gédéon de Catalogne 
on lit : 

"L'hj-ver de 91 (1691 ) il y eut uu party de Canadiens qui fut fai- 
re quelques prisonniers sur les costes de Baston, et Monsieur de Fron- 
tenac pour animer nos Sauvages alliez à ne point se reconcilier avec 
l'Angloîs leur promit dix escus pour chaque chevelure qu'ils a])porte- 
raient, ce qui faisait que nous avions toujours des ]iartis en camjiagne 
et souvent des chevelures de qui nous ne pouvions rien apprendre. 
Ainsy, dans la suite, on changea cet ordre, c'e.st-à-dire que les cheve- 
lures furent mises à bas prix, mais que pour chaque prisonnier on don- 
nait vingt cens, c'est-à-dire de ceux qui seraient pris autour de Baston 
ou d'Orange, et pour ceux de la campagne 10 écus, et tout cela afin de 
]iouvoir avoir des nouvelles certaines." (i) 

11) l'olIiTtirtiiile niiiiiUMTits vol. r. p. âT'J. 



— 188-- 

Le 21 septembre 1692, l'intendant Champigny écrivait au minis 
tre : 

"Nous sommes convenus, M. le comte de Frontenac et moi, de 
payer vingt écus blancs pour chaque prisonnier ennemi qui lui serait 
amené ; dix écus pour chaque prisonnière et pareille somme pour cha- 
que ennemi tué dont la chevelure serait apportée, ce qui a donné lieu 
à une augmentation de dépenses fort considérables." 

Le 4 novembre 1693, MM, de Frontenac et Champigny écrivaient 
au ministre : 

"Il nous parait que Sa Majesté désapprouve le règlement que nous 
avons fait de donner vingt écus pour chaque femme et pareille somme 
de dix écus pour chaque personne tuée ; et elle témoigne désirer que 
l'on réduise cette gratification à deux écus pour chaque homme, un 
écu pour chaque femme et autant pour chaque jjersonne tuée. Nous 
lui obéirous, si elle le souhaite, mais nous croyons être dans l'obliga- 
tion de la .supplier de con.sidérer que c'est la dépense la plus utile que 
nous puissions faire, étant le moyen le plus sûr pour la destruction des 
Sauvages Iroquois, et nous trouverions que le Roi aurait bientôt termi- 
né cette guerre s'il avait dépensé 30000 livres pour la défaite de mille 
hommes qu'ils sont et autant pour les femmes. Le moyen d'obliger 
nos sauvages pour un écu ou deux d'aller faire un prisonnier ou tuer 
un ennemi à 50 ou 100 lieues de la colonie. Cela ne peut pas leur être 
proposé au lieu que l'e.spérance de se procurer le moyen de secourir 
leurs familles, ils sont engagés pui.ssamment par ce motif à faire leurs 
efforts ppur défaire nos ennemis. Ainsi nous supplions Sa Majesté de 
permettre que nous continuions cette gratification tant que nous juge- 
rons qu'elle sera nécessaire vu que cela n'a pas été jusqu'ici à des 
sommes considérables et qu'il ne s'y commet ])oint d'abus par les certi- 
ficats qu'eti donnent les missionnaires ou les principau.x habitants. 
Nous n'avons pas lais.sé cette année de chercher les moyens d'en dimi- 
nuer encore les déjieuses en envoyant des hardes et des munitions dans 
les jiostes avancés pour leur donner en paiement et qu'on leur compte- 
ra à un haut prix". 

Pans un mémoire du roi au gouverneur de Frontenac, en date du 
14 juin 1695, il est dit : 

"Sa Majesté ne trouve i)oiiit à propos qu'ils (Frontenac et Cham- 
pigny) continuent de faire donner dix écus pour chaque Iro(iuoi> tué 






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—189— 

et pour chaque femme faite prisonnière, non plus que vingt écus pour 
chaque Iroquois fait prisonnier." (i) 

Le 21 août 1704, le gouverneur de la Nouvelle- Angleterre, M. 
Dudley, écrivait au gouverneur de Vaudreuil : 

"Je fus surpris en arrivant dans ce gouvernement lorsque j'appris 
que dans la dernière guerre la tête des Anglais était mise à prix aux 
Sauvages et bien pa3ée dans votre gouvernement, comme si les chré- 
tiens devaient être comptés pour des bêtes sauvages, et conformément 
destinés à la des'-ruction. Je ne crois pas qu'aucun prince chrétien en 
Europe veuille avouer avoir donné de pareils ordres à leurs serviteurs 
éloignés. Quoiqu'il en soit, si la guerre continue, cela m'obligera 
d'user d'une méthode avec votre peuple autre que celle que j'ai envie 
de prendre à présent". (2) 

Le 26 juillet 1747. le gouverneur de Beauharnois écrivait au gou- 
verneur Shirley, de la Nouvelle- Angleterre, et le félicitait d'avoir fait 
diminuer les actes d'humanités des Sauvages. Il ajoutait : 

"Mais je ne puis vous cacher que les prix fixés dans plusieurs 
gouvernements de la Nouvelle-Angleterre de 5 1. par chevelure, 20 li- 
vres par prisonnier, etc, ainsi que je l'ai vu dans des lettres anglaises 
qui me sont tombées entre les mains, sont des preuves évidentes que 
tout le monde ne pense pas apparemment aussi chrétiennement que 
vous là-dessus et j'espère que votre avis prévaudra pour abolir dans 
ces gouvernements de telles dispositions que tous les princes chrétiens 
et leurs sujets devraient, comme vous dites, avoir en horreur." (3) 

Est-il viai que c sont les Européens, Français ou Anglais, qui ont 
enseigné aux Sauvages la pratique du scalpe ? 

Non. 

Tous les Pères Jésuites qui ont parlé du scalpe prennent la peine 
de nous dire que c'était la coutume des Sauvages d'enle\er la chevelu- 
re de leurs ennemis morts en coupant en même temps la peau. Nous 
avons aussi le témoignage de Chamiilaiu. Parlant des Sauvages avec 
qui il alla en guerre en 1610 contre les Iroquois, il écrit : 

"Ces Sauvages escorchèrent les testes de ceu.x qui étaient morts, 
ainsi qu'ils ont accoustumc de faire pour troi)hce de leur victoire, et 
les emportent." (4) 
P. G. R. 

(1) Ci.lli'rtioii lie minuiMni^ vol, II. |>. IS:i, 



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ij ■: : ;r ■ . m-i-rvvr, m 



' .'3 



—190- 

JOANNES et CHACORN^CLE. (XXI, IX, p. 115.)— Dans 
j une liste énuméraiit la correspondance officielle entre Versailles et Qué- 

' bec, année 1695, il y a, le 6 mai, "Chacornacle promu." 

A la page 243 du tome II des Documents sur la Xouveli.e- 
Fraxcë, il y a : Jeanne, officer." Usez : "Joannès.,' Il est question 
d'un fort ou d'un poste de traite quelconque en Acadie, eu 1696. 

Chacornacle et Joannès étaient de la même famille et peut-être que 
tous deux ne faisaieut qu'un. 

En 1700, Chacornacle est impliqué dans un commerce illicite de 
fourrures à Cataracoui. (Conseil Supérieur IV. 499,500). 

C;est le même Chacornacle qui obtint un congé de neuf mois à 
compter du 18 mai 1701 et qui, aussitôt accompagna La;no;te Cadillac 
allant fonder le poste du Détroit. Société Royale 1S93 p. 26 ; HiST. 
i DES Can. F. V. 148). 

j Le 1er février 1702, à Versailles, on décide que le lieutenant Cha- 

î cornacle sera capitaine d'une compagnie d'infanterie en Acadie, succé- 

I dant à Villieu (Richard : Rapport sur les Archives, 1S99). 

j Cependant, l'année 1703, Chacornacle est encore au Détroit. HisT. 

I DES Can. F. V. 151). 

En 1708, au mois de juin, le roi ordonne (juc la compagni de Cha- 
cornacle sera donnée à Dougeac. C'est ma dernière mention de Cha- 
i cornacle. Il a dii mourir en 1707. 

j Voici un autre personnage. Le 1er janvier 1709, !•=• sieur Saint-O- 

j vide attaque le fort Saint-Jean de Terreneuve ayant sous ses ordres 

t d'Ailleboust, Duplessis et le baron de Joannès. (Charlevoix II. 332 ; 

j Garneau II. 36.) 



François- Augustin, dit le chevalier, baron dejoanr.ès était né en 
1684, à Paris, ou venait de cettt ville eu partant pour le Canada. C'é- 
tait un Chacornacle. ICn 17 13, aux Trois Rivières, il épousa Françoi- 
.se Fafard dit Laframboise, de l'une des jikis anciennes familles de l'en- 
droit. Ou le qualifie alors de lieutenant dans les troupes du Canada. 
Il a toujours, jiar la suite, vécu aux Truis-Rivières. Sur ses quatorze 
enfants, de 1715 à 173S. trois ont pu lui sur\i\re : I'"rauçois-Charles 
17^5, I.ouis-Jose])h 1735, Jacques 173S. Dix sont décédés au berceau. 
îiIarie-Annc, née en 1729 a peut-être vécu jusipi'à l'âge adulte et je 



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—191 — 

crois que c'est elle qui fut élève des ITrsulines des Trois-Rivières sous 
le nom de Marie-Suzanne. Un autre enfant au berceau, est inhumé 
sous le nom de Cliacorlaque. (Tanguay, V. 2). 

Au baptême d'un premier PVançois-Charles, en 1715, le père e^t 
dit baron de Joannès, chevalier, capitaine des troupes. En 1719, au 
baptême d'un enfant, la marraine est la baronne de Joannès. 

En 1734, à Versailles, on accorde un congé à Joannès Probable- 
ment que c'était à la fois une ])ermission d'aller en France. Les moin- 
dres détails du service canadien étaient réglés à Versailles, ce qui n'é- 
tait pas un idéal d'administration — c'est le genre Louis XIV. 

Au baptême de son fîls Jacques, en 1738, Joannès est encore cité 
comme capitaine, mais en 1739 on le dit chevalier et capitaine réformé, 
soit : sans compagnie, retiré du service actif, du moins pour le n.o- 
nient, la paix régnait depuis longtemps. (Daniel : Aperçu. ..page 57). 

En 1749, à l'expédition de Celoron de Blaiuville sur l'Ohio, il y 
avait les deu.x frères Chabert et Joucaire, Celoron fils, La .Saussax e, 
Courtemanche, Le Borgne, Villiers, Niverville et Joannès. Celui-ci 
devait être Charles-François, né en 1725. 

Dans ses listes militaires, en 1750, M. l'abbé Daniel (Officiers. . 
p. 73) met : "Pour être enseigne, Joannès (de) aine, cadet", ce qui 
veut dire : étant cadet aux troupes, deviendra enseigne. 

François- Augustin baron de Joannès, capitaine reformé, chevalier 
Chacornac, fut inhumé à Québec le 30 décembre 1754. Il est dit né en 
1684 (Tanguay II. 597)- 

La liste de l'abbé Daniel (Aperçu 51) porte, en 1732 : le che- 
valier Joannès, lieutenant, 51 ans-ce qui le ferait naître en 16S1. 

En 1756 à Carillon près du lac George il va "Joannès, aide-major 
du régiment de Languedoc". (Document sur i,.\ Nouvelle Franc;; 
IV. 25). lîst-ce François-Charles né en 1725 ? 

A la Mononguhéla, eu 1753, il y a le cadet des troupes Joannès. 
(Ferland IL 526). Ce doit être Louis-Joseph né eu 1733. 

Le major de Ouéhec, ai)pelé Joainiès, qui négocia avec le général 
Murrav la reddilimi de la place, en i-y;, et écrivit un mémoire sur 1l> 
é\-ènenients de cette année, Uic parait être i'Vançois-Charks né en 17J5. 



—192- 

II est tout probable qu'il partit, l'automne de 1760, avec les trou- 
pes qui retournaient en France. 

Dans sa liste du "départ des troupes, année 1760", M. l'abbé Da- 
niel met : "Joannès, enseigne, resté en Canada". Celui-ci devait être 
Louis- Joseph né en 1735. 

Quand à Jacques né en 1738 il m'échappe entièrement. 

Enfin, le 7 aoîit 1763 Françoise Fafard, veuve de François-Au- 
gustin baron de Joannès, fut inhumée aux Trois-Rivières. Avec elle 
disparaît du Canada le nom de Joannès, ce qui me fait croire que se.s 
fils se sont réfugiés en France. 

Benjamin Suite. 



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BULLETIN 



DES 



RECHEPXiïES HISTORIQUES 



VOL. XXI BEAUCEVILLE=JUILLET 1915 No. VII 



JEAN PERONNE BUMESNiL ET SES MEMOIRES 



(SUITE) 



Est à noter que pour la première desd trancactions. Il est porté 
quil reste a payer ausd créanci-.rs Siooo tant de livres pour le payénian 
de laquelle somme le nommé Godefroy prenant qualité de député de 
Canadas, vend ausd prétendus créanciers des castors huict livres la li- 
vre prix a Québec, qui furent délivrez a Jean Favoz marchand de la 
Rochelle porteur de procurations desd créanciers dont y a acquit patsé 
par Audouart notaire, qui est un papier spoliéi; aud Du Mesnil contre 
la vérité duquel acquis et par une noire malice et eu le faisant et sur- 
prenant Jean Bourdon commis et procureur prétendu de la communau- 
té desd habitans par procuration en blanc du 17 octobre 1650 donnée 
par le conseil de Québec, et non des habitants, ayant avec le père Hie- 
rolme Lallemant supérieur des Jésuites amené en France 2SS00 tant 
de livres de castors et ont seulement rendu ensenibleraent a Pocquelin 
marchand dix mil tant de livres a six livres dix sols la livre rendu en 
France pour payer encore une fois lesd prétendus créanciers qui 
avoient faict lachapt d'iceux castors huict livres la livre pris à Québec 
par lad première transaction Et qui avoient été livrez aud Garoz leur 
procureur Et quand au surplus desd castors embarquez a Québec le- 
quel surplus se trouve d'environ 15000 1. Il ne paroist point ce quil 
t-s: devenu ; Et ainsy.il se void que de mauvaises debtes dont ja paxces 
deux fois, Ivt ncantmoins les pauvres lml)itans de Canada persécutez 
pour les payer encore une trois.; fois iiourtiuoy se levé aud pay 1^^ '''>^ 
pour cent des marchandises qui y sont menées de France, ce qui faict 



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—194- 

endurer aux pauvres habitans beaucoup de faim, et de froid, donc i)lu- 
sieurs meurent. Et sans que jamais ]iersonne ay parlé pour eux quel- 
que beau semblant qu'on en fasse, de tout quoy la preuve est en pa- 
piers spoliez et pillez aud Du Mesnil. 

Et sans parler encore des 400.000 1 ausm^^;;s aud pays pour faire 
la colonie, par la Reyne mère, M. le Cardinal de Richelieu, Mme la 
Duchesse Desguillous, Madame la marquise de Sene.sey, M. le comman- 
deur de Sillery, M le Baron de Rantj- et autres, soubs le nom de la- 
quelle dame Reyne II fut pris lors de lad ])remiere transaction 25000 1 
par personne qui disoient avoir charge délie de retirer son argent au- 
mo.sne_, sans que cela paroisse en lad transaction sinon en ce que toute 
la Somme entière des deniers qui estoit a distribuer, et qui estoit den- 
viron deux cens quarante mil livres, ne paroisse distribuée et sans dire 
ce qu'est devenu le surplus ce qui se verra en faisant représenter par 
le marchand qui avoit ahcpeté les castors des acquits qu'il a retiré 
pour sa décharge. 

Pour cognoistre toutes ses mérites et plusieurs autres de grande 
importance pour le service du Roy, et le bien publique dud i)a>-s. Il 
est absolument nécessaire que les nommez de Repeutigny, Noël Juche- 
reau Deschatelets. Jean Juchereau de Maure. Jean Jucherean Laferté. 
son fils Jean Paul Godefroy, René Maheu. Jean Gloria, Charles Seves- 
tre Jean Bourdon qui ont exercé les charges de commis et receveurs 
du magazin de Québec et aux embarquemens de France les nommez 
Pierre Boucher. LapohrkeXtt Moyne et autres qui ont receu pareilles 
charges et commions aux magasins des trois rivières, et de Montréal et 
à Tadoussac ou qui ont preste leurs noms pour faire et exercer les/ dic- 
tes conuuissions et receptes leurs veufves, enfans, héritiers, cautions et 
bien tenants., rendent compte de leur administration et gestion. Et ce 
par devant tels Juges et commi.ssaires quil plaira au Ro\- nommez en 
Erance : suivant les assignations a eulx ja données, a cette fin inesme 
les nommez Rozé Guinet et compagnie fermiers du droit de ipiart des 
pelleteries ; Et ce nonobstant toutes les charges a eulx données sur 
feuilles volantes sans tenir le.sd comptes, et ce jwr des per.sonues des- 
quelles les uns navoient aucun pouvoir ny Juridiction connue les sieurs 
Dailleboust et de Charu>- qui se- sont dict gouverneurs et Juges, es 
compte dud Godefroy et Sevestre et ne les toient point ; les autres ont 
arresté quekiues comptes mais (pii ne voient avec eulx aucune 






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—195— 

et tous ordonnateurs et perceveurs a leur proffict Et lesd 
comptes en ce quil sen trouve d'autrts sont rendus sans aucunes pièces 
ny preuves de la recepte np de la despence, sans apostiles sur les arti- 
cles, sans partie pour contredire soit s'indique ou autres sans dattes la 
pluspart sa sans noms des comptables, sans dire lannée de laquelle il 
est compte Et en un mot sans aucune forme de Justice, soit quon ne 
lait pas sceues, ou quon lait faict pour faire confusion et obscurité, esd 
comptes qui se sont trouvés rendus, Et quand a ceux de Repentigny 
des trois Juchereaux, de René Mahé, de Jean Gloria pour 1651, et 
Jean Bourdon pour 1647, 4^i 49. 1650 et 51 quils seront par eulx ren- 
dus ou leurs veuves et héritiers Et a ce faire contrainte par toutes 
voyes mesmes par corps Et quil sera anjoint au sieur de Mezy gouver- 
neur du pays, de les envoj-er en France en sure garde, avec livres, re- 
gistres, pièces et papiers, bien et duement enfermez en coffres scellez ; 
pour obvier au divert'ssement des acquis, contre lettres, et autres pie- 
ces par le moyen desquelles sera veu et recognu qui a proffité desd de- 
niers publics. 

Comme aussy rendra et restitura led Sr de Mezy gouverneur, le 
.Sr Evesque de Pétrée et Dupont Gaudès Intendant et autres officiers 
du conseil de (Québec ou feront rendre par les nonmiez Villeroy et 
Bourdon, tous les registres, pièces et papiers, quils ont pris et faict 
prendre, la nuit, à main armée, en la maison dud Du Mesnil Peronne 
controlleur général Intendant et Juge sou\"erain aud pays avant lesta- 
blissement dud nouveau conseil, et ce en la ville de Paris et en telle 
maison que led Du Mesnil voudra nommer et eslire pour son domicile, 
Et desquels registres, pièces, et papiers led Du Mesnil sera cru de ser- 
ment décisif attendu lad spoliation faicte de nuit a main armée et sans 
Inventaire, comme il paroist par lacté de procès verbal de la prise et 
enlèvement d'Iceux du 20 septembre dernier 1663 a laquelle restitution 
seront lesd prétendus commissaires et ceux qui les ont commis con- 
traints par toutes voyes de justice mesme par corps. Et lesd commissai- 
res et commettants condamnés sollidairement a tous les dommages in- 
terestset despences dud Du Mesnil, lequel sera outre deschargé de la 
prise de corps et em]irisonnement de sa iiersonne ordonnée par led 
nouveau Conseil, au, pied du procès verbal de la i)rise de lesd papiers 
sans cause, sans plainte, et sans Informariou avec dommages interests 
et Despens. 



— 190— 

Pour corriger en quelque façon tous ces désordres et ])our en rom- 
pre le cours et la durée, Il est nécessaire de créer et destablir aud 
pays de la nouvelle France, un chancelier ou vicechancelier perpétuel, 
qui ait l'authorité entière de la Justice, pollicc, et finances qui pren- 
dra pour l'administration d'Icelles six habitans du pays qui luy seront 
nommez et présentez chacun an, par les habitans du pays et sans mo- 
nopolle et Intrigue a yssue de grande messe paroissiale au son de la 
cloche, sans que les gouverneurs, Evesques, et Jésuites, s'en puissent 
entremettre n'y s'}' Ingérés du tout avis seullement prendra led Sr 
Hvesque soing des affaires spirituelles et de leglise, les gouverneurs, 
des garnisons et soldats et faire effectivement et sans déguise comme a 
esté faict par le passé, la guerre aux Iroquois et autres ennemis du 
pays, Enquo}' ils trouveront assez d'emi)Ioy, s'ils y veuUeni applic- 
quer Ee ainsy se controUeront les uns les autres dont le Roy et le jiu- 
blique aurcmt satisfaction. 

Créer encore un office de procureur général du Roy en lad Justice 
qui exercera lad charge tant au i>ays de Canada qu'en France devant 
deux Commisres députés pour les affaires qui s'y trouveront renvoyée.s 
ou Européen dud paj-s contre les gouverneurs, receveurs et commis, 
marchands, créanciers et autres personnes qui ont négotié aud Cana- 
das directement ou indirectement de quelque qualité et condition quils" 
soient Ecclésiastiques ou seculiert, sans exception, lesquels .se sont re- 
tirez en France et quitté led pays de Canadas lequel procureur Gêné-' 
rai, sera aussy maire perpétuel et scindique dud pays. Et encore tu- 
teur auss}- perpétuel des sauvages a lexclusion de toutes autres person- 
nes auquel tuteur ceux qui ont exercé cette charge rendront compte 
de ce quils ont faict et géré par le pa.s.sé pour les s. d. Sauvages. 

Créer encore un office de grand prevost aud pays qui aura dix ar- 
chers pour l'exécution des ordonnances et mandemans de la justice, 
sans a ladvenir estre obligé demander le secours des gouverneurs qui 
s'en sont jusques a présent niocquez et ainsy la justice demeure sans 
effet manque de force. 

Les appoiutemens et gages desijuels chancelier, ou vice chancelier 
procureur général, et grand prevost, .seront réglez a seize mil livres 
sceavoir au chancelier Sooo i au procureur général 4000 \ et au grand 
prevost pour lu\- et .ses archers 4000, lesquelles sonunes se prendrt)nt 
sur la somme de cjuarante huict mil livres a hiiiuelle scpuune sont affcr- 



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—197— 

niez présentement les droits dn quart des Castors qui se jiaye au maga- 
sin de Québec pour lacquittemeut des charges du pa>s, et qui avoit 
accoutumé de safEermer 60000 [, Et sur laquelle somme de 48000 i n'j- 
a de charge suivant l'arrest du conseil du R03' du cinq mars 164S que 
de 21000 I sceavoir dix mil livres pour le gouverneur de Québec 3000 i 
pour celuj- des trois rivières et pareille somme de 3000 1 pour celu}- de 
Montréal, sur lesquelles sommes Ils payent leurs soldats, et 5000 i 
pour la pention des Jésuites qui navoient au temps dud arrest que lad 
pention, leur a esté adjugée les douze mil livres de rente et revenu an- 
nuel en domaines aud Canadas comme ils ont apresent, sans compren- 
dre leur traflîc et négoce, les pentions et ausmosnes qnils retirent de 
France qui exéedent vingt mil livres par an. 

Les gages desd officiers nouveaux et l'entretien des garnisons et 
"pensions des Jésuites (sy elle subsiste) ne montant que la somme de 
trente sept mil livres II i estera encore onze mil livres pour les affaires 
extraordinaires et Inopinées. Et sy cette somme ne suffisait le droit 
de dix Y>ouT cent qui .se le\-e aud pays sur les marchandises envoyées 
de France et qui en lannée dernière a vallu 22000 tant de livres pou- 
roit fournir au reste 

Et mojennant l'Erection de.sd nouveaux officiers et Jurisdiction, 
casse, révoque et annulle, celle establie par arrost du conseil du Rny 
du mars 1663 qui n'e.st composée que de personnes 

incapables de.sd charges, Et qui nont jamais exercé la Judicature, soit 
de lordinaire, police, ou finance Et cinq desquels qui composent le 
nombre de sept personnes avec led sieur de Mezy gouverneur et E\es- 
que du Pitrée, sont exclus de toutes charges publiques comme a\aut 
esté receveurs ou leurs héritiers et cautions qui n'ont jamais rendu 
compte ny faict d'aiipurement, suivant qu'il e.st porté par l'arrest du 
con.seil du Roy du 27 mars 1647 repré-senté par led Du Mesnil aux 
commi.ssaires avant l'establis.sement dud con.seil ; Et comme le nommé 
Louis Roux 'Villeray qui est le garde scel dud conseil nouveau, et (pii 
a pillé la mai.çon dud Du Mesnil et emporté tous ses papiers avoit ja 
été chassé de pareille charge par autre arrest du conseil du Ron- du 6 
niay 1659 : auss>- représenté, Ivt a lu\- enjoint de venir en France se 
purger de ses crimes, ce (pi' il n'a faict ; l'.t sans j^arlé a esté vallet du 
Sr de Lauzon gou\-erneur, qui le prit en prison de la Rochelle où il 
estoit détenu faute de l'iaxeinent tle la somme de 71 [ comme api)er pur 
le pallier de la geollu du 10 Juillet 1651. 



.'•X'Iil I , ~Ui 



— IDF— 

Quand a Bourdon procureur général en ce conseil nou\-eau, cest 
un pauvre boulanger, et canonnier au fort, qui preste son nom en tou- 
tes affaires. Et qui a requis et assisté au pillage de la maison dud Du 
Mesiiil, Et contre lesquels Villeray et Bourdon led Du Mesnil aura In- 
formé comme il a allégué, dict, escript, et signé, par ses mo\ens de ré- 
cusations & de prise à partie quil a mis a leur greffe de Québec le 2S 
septembre dernier 1663, ensemble contre les autres conseillers nou- 
veaux, dont il a copie signée du greffier, sur quoy Ils n'ont osé pro- 
noncer aucune chose comme appert par acte sigiié du grefîîer dud con- 
seil du 21 octobre dernier 1663 Et ains\- les dires dud Du Mesnil ne 
seront pas présumez nouveaux, n'y advancez en l'absence de ceux de 
qui il parle puisquils les ont a leur greft'e. ; 

Quand a Monsieur l'Evesque de Pétrée, 11 en sera parlé quand il 
plaira au Roy, et n'en sera ny faict autre mention, sinon que les Jésui- 
tes luy donnent 2500 \ en pension par an, pour sa subsistance au pays, 
et le logent avec eux, qu'il s'est emparé du conseil de la traitte et sans 
y appeller Mr Davaugour gouverneur qui y debvoit présider a seule- 
ment pris avec luy le Sr de Charn^' pour être son grand vicaire et offi- 
ciai, et !e père Ragueneau Jésuite qui ny devoit entrer ny assister sui- 
vant larrest du conseil du Roy ci dessus datte, Et ensemble ont le 7 
novembre 1661 cassé un bail du droit du quart de castors qui se paye 
pour l'entretien des charges du pays affermé pour quatre ans au Sr 
Guinet et Compagnie marchand de Rouen soixante mil livres par an ; 
dont restoit deux années à eschoir Et a faict un autre quil a adjugé a 
Nicolas Juchereau St Denis, beau père de son d grand vicaire a 45000 1 
par an qui sont 15000 de moings et de perte pour le publique, auquel 
dernier bail il s'est faict assassin. Il a excommunié tous les habitans 
generallement qui donneroient aux sauvages du vin et de leau de vie 
en trocque de leurs castors et peltr\es, a lexception néant moins de 
quelques jiarticuliers quil vouloit favoriser ou se servir deulx, connue 
se void par 25 ou 30 billets qui estoient es papiers spoliez aud Du 
Mesnil, faisoit frapper du baston dans leglise a issue du prosne jiar le 
père Lemercier Jésuite, le pourjioint bas et une torche a la main, ceux 
qui se confessoient d'avoir contrevenu a ses deffenses et censures ; ce 
cpii donna tant d'estonnement et de crainte aux habitans dud jiays 
quils n'osoient plus se hauter les uns les autres, crainte de lad censure 
qu'il se coninuuiii[Ueroient par fréciuentation, pour(iuo_\- ce négoce de 
breuvage avec les sau\ages fut d'nn comnuui consentement laissé et 



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• ■.;.. .: /■ , . -.1! .1 -vi. ■j:),,>.iJ JtS 



— 100— 

abandonné aud Sr Evesque lequel a l'Instant recognoissant la nullité 
et abus de sa censure et excommunication va aud conseil de traite et 
assisté de son grand vicaire et dud Ragueneau Jésuite, estably un bu- 
reau et ordonne un commis a 500 i de gages pour fai-e lad traite et 
rommerce des boissons avec les sauvages jiour avoir leurs castors, es- 
pérant en prendre luy seul tout le proffit, ce qui luy fut contesté par 
le Sieur Davaugour gouverneur, qui vouloit que le publique en ]iroffi- 
tast, de quoy led Sr Evesque Indigné renouvelle son excommunication 
qui faict exagérer et prescher par tous les Jésuites ; et au lieu de fra]5- 
l)er du baston et de faire faire lamande honorable aux pénitents (qui 
estoient tous convaincus sur le simple rapport d'un sauvage seul) led 
Sr Evesque condamne et impose sur les pau\Te.s pénitents une amande 
de vingt livres, qiiil faict ])rendre et recevoir par led Sr de Cliarny son 
grand vicaire. Et le premier qui a payé ce: te amande fut françois 
Blondeau lequel n'ayant d'argent fut contraint l'e badler un fusil (qui 
estoit tout ce qu'il avait d'armes; aud grand vi-'aire avant que d'a\oir 
absolution. 

Et pour les enterreiuens desd habitans il prend iSo [ pour ceux 
qui veullent être mis dans leglise. Et Soixante livres i)Our les autres 
qui sont enterrez dans le cimetière. Du JMesnil Perronne Intendant en a 
autant payé et pai ad\ance pour faire enterrer Fon pauvre fils cruelle- 
ment massacré et as-assiné par les rece\-eurs comptables par un com- 
plot et conspiration des autres, quil eust aisément vérifié devani le ju- 
ge, S}' led Sr Evesque ne lay eust refusé une querimonie. 

I esquels prix excessifs pour lesd eiiterremens a faict résoudre 
plusieurs habitans de se faire enterer dans leurs jardins. 

Le Sieur abbé de Oueluz grand \'icaire de Monsieur larchcvesque 
de Rouen au 1 pays de la Nouvelle France, avant larrivée dud Sieur 
Evesque de Pitrée, n'en usoil \k\s ainsy, car au lieu de prendre il don- 
noit aax pauvres, pourquoy il est re.gretté de tous les habitans, aii>>\ 
bien que les religieux RejollL't> que les Jesuistes ont auss_\- clla^se/. dud 
pays, auquel ils ont encur leur apparteineiis et concessioiiN (piils luibi- 
toieut doucement faisant les foncticm^ en\iables et Instruisaiis les sau- 
vages sans faire aucnn traflic cnmmc auUres finU, 

Cy finise ce cahier auquel en seront adjuuste/. deux autres, s'il ust 
besoin, l'un coucernaut les papiers spolie/, aud Du Mesiiil qui couvain 



'II'! V.;:. Ui: 






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..-200— 

qiient plusieurs dud Canada et de toutes conditions de peculat et de 
plusieurs autres crimes, duquel cahier M. de Tracy a copie, et des col- 
lusions desd Jesuistes avec le Sieur Gauday nouveau Intendant. 

Lautre des récusations et prise a partie faicte par led Du Mesnil 
des officiers dud nouveau conseil de Québec pour avoir pris et faict 
prendre les papiers, et faict monter sur le trosne d'une justice souve- 
raine, des comptables qui ne se debroient seoir que sur la scellette des 
criminels, dont Mond Sr de Trassy a aussi copie i)rise sur celle signée 
du greffier dud conseil de Qucbec. 

A^■ec un formulaire darrest sur toutes lesd matières, et pour re- 
couvrer les domaines de la seigneurie dud pays estant dépréciés en 
valleur. Et qui ont esté usurpés ; et les autres vendues sans pouvoir 
n'y nécessité, y compris les déshérances, espures & aubaynes. 
(La fin dans la prochaine livraison) 



Lettre des officiers du Conseil Supérieur de la Nouvel- 
Ie=France au roi de France, le 19 novembre 1/35 



Les officiers de vostre Conseil Supérieur de Québec prennent la li- 
berté de faire à Votre Majesté les très humbles remerciements qu'ils lui 
doivent du portrait de Sa ^Lajesté qu'elle a bien voulu leur accorder. 
Ils sont pénétrez, sire, de la plus vive reconnaissance d'une faveur aus- 
si singulière. Le portrait de Votre Majesté a été placé dans le lieu le 
plus éniincntde la salle où ils s'assemblent avec la solennité et les dé- 
monstrations de jo\e (jue ;>eut inspirer une aussi auguste représentation 
et afin que le souvenir ne s'en efface jamais il en a été dressé an acte 
(jui sera déposé dans le registre du Conseil. Nous sommes avec mi très 
profond respect, sire, de \'otre Majesté, les très huml)Ies, très obéis- 
sants et très fitlèles sujets. Les officiers de votre Conseil Supérieur. 
(.Signé) Hocquart et Daine, greffier en chef. 



: ll:j^mù î. 



^:.^ :;î'bJ 



iJi ,rAmi V 



-201 — 

La Famiile Jékimbert ou Kimber 



Lorsque parut le coin tnencement de son Hisloiic des 1 rois-Rivie- 
ic's, en 1870, M. Benjamin Suite reçut la lettre suivante : 

' 'René- Joseph Kiniber, le premier de ce nom eu Canada, était 
Hollandais, originaire d'Amsterdam. Son nom de famille était Van 
Ishemberg et il n'a ])ris celui de Kimber que pour dépister ses parents, 
comme vous allez voir. Il avait à peine dix-sept ans lorsqu'il résolut 
d'époiLser une jeune fille dont l'alliance ne convenait pas à sa famille 
et, son père, un riche marchand, dont le nom comporte une distinction 
de race, l'enferma dans sa propre chambre, au troisième étage de leur 
maison. La troisième nuit, le jeune homme se fit une corde avec ses 
drap,=, descendit par la fenêtre et gagna le port où un bâtiment en par- 
tance pour l'Amérique lui donna pa.s.sage quelques heures plus tard. 
Un Anglais du nom de Kimber qui était parmi les pas.sagers, l'autori- 
sa à prendre son nom pour se cacher. Ils arrivèrent à New-York au 
moment où Wa.shington venait de déclarer la guerre d'Indépendance 
et où il appelait tous les amis de la république à combattre avec lui. 
Sans res.sources aucunes, le fugitif n'avait d'autre parti que de s'enrô- 
ler comme soldat, d'autant plus que la cause américaine coïncidait 
avec ses idées. Il se battit pendant les quatre (?) célèbres années de 
cette guerre et eut même quelque avancement dans le service militai- 
re. A la paix il fit connaissance de quelques Messieurs Jé.suites à qui 
il raconta ses aventures et qui reconnaissant en lui une origine et une 
éducation distinguée lui persuadèrent d'aller à Québec avec des lettres 
pour la mai.son-mère de cette ville, où il fut reçu de suite et on lui 
donna comme em])loi la surintendance des immenses jardins que cette 
compagnie possédait à Québec. Il resta longtemps dans cette maison 
qui est aujourd'hui la première au bas de la côte de la Fabrique à 
droite en montant. Il -s'y maria et eut trois fils dont l'aîné fut le 
grand-vicaire Kimber, curé de Verclièrcs, le second Joseph Kimber, 
père du docteur Timothé Kimber, de Chambly, et le troisième René, 
magistrat aux Trois-ls.ivières .." 

M. Suite a publié cette lettre ]M.ur la première fois dans le 7r///u- 
rùn du 4 décembre 1906 et il ne l'a mis au jour que pour montrer 



liifîîbl rJ 



.■i-.n/i;'L , 



—202— 

comiuent ou fabrique des histoires qu'on fait eusuite passer pour de 
l'histoire. Car la lettre citée ici est inventée de toutes pièces. 

Le premi r Jékimbert ou Kimber venu ici, Joseph- Antoine Jckini- 
bert, était fils de Jacques Jékimbert et de Françoise Firchtinne, de 
Saint-Sébastien, ville de Stettin, diocèse de Aachen, en Allemagne. 
Le registre de Beauport, où est pris ce renseignement, dit "Saint-Sé- 
bastien, ville d'Etienne, diocè.se d'Aichtet", mais il est évident que 
ces deux mots ici sont orthographiés "à l'oreille". 

Il n'y a pas de ville de d'Etienne et il n'y a jamais eu de diocèse 
d'Aichtet en Allemagne. On a écrit Etinne pour Stettin et Aichtet 
pour Aachen. 

M. Suite dit que Joseph-Antoine Jékimbert était tout simplement 
un Kimbei ; qu'on a lu Jékimbert pour Jo. (Joseph) Kimbert. Pour- 
tant dans chacun des actes de naissance des enfants de Joseph-Antoine 
Jékimbert le nom est parfaitement orthographié Jékimbert. Ce n'est 
que douze ou quinze ans après son arrivée ici que Jékimbert mit de 
côté la particule allemande Je pour orthographier Kimbert ou Kim- 
ber qui sonnait mieux aux oreilles canadiennes-françaises. 

M. Suite dit encore que Jékimbert était jardinier. Oui. Mais 
nous croyons qu'il passa dan> la Nouvelle-France comme soldat dans 
une compagnie du détachement de la marine. Entre 1750 et 1757, en 
effet, nous avons constaté qu'un bon nombre d'Allemands s'engagè- 
rent dans les compaj;uies de la n)ariue pour venir dans la Nouvelle- 
France. D'un seul coup, à Montréal, le 13 septembre 1757, huit sol- 
dats allemands des troupes de la marine furent pendus pour crime de 
désertion. 

Josejih-Antoine Jékimbert épousa, à Beauiiort, le 27 août 1753, 
Marie-Geneviè\e Allard, fille de Jean Allard et de ]\Iarie-Gene\iève de 
Raiuville. 

De ce mariage naquirent six enfants : 

lo Marie-Geneviève née à Québec le 11 janvier 1755. Décédée 
au même endroit le 10 janvier 175S. 

20 Marie-Charlotte née à QnébL-c !e 2 juillet 1756. Dccédéc au 
même endroit le i 2 se])teinl)ie i73<'. 

30 Jean- Baptiste né à Quéliec le 13 juillet 1757. Décédé au mê- 
me endroit le :;;, juillet 1737. 



If. H 
I ■>'<■ 






— 2o;?— 

40 Thomas né à Québec le 2 septembre 175S. Ordonné prêtre 
le 2i. septembre 1781. Vicaire à Saiut-Ours. Curé de Contrecœur, 
de 1782 à 17S8. Curé d'Yaniachiche, de 17S8 à 1S02. Curé de Ver- 
chères, de 1802 à 1823. Décédé le 19 janvier 1832, et inhumé à Ver- 
chères. 

50 Joseph né à Beauport le 3 juin 1760. Marié, à Québec, le 27 
juin 1780, à Marie-Josephte Dabin, fille de feu Jean Dabin et de défun- 
te Marie-Josej)hte Nau dit Labrie Nous leur connaissons douze en- 
fants : A. Joseph-Augustin né à Québec le 15 août 1781. Décédé 
au même endroit le 3 septembre 1781. B. François-Xavier-Joseph 
né à Québec le 9 mars 1783. Décédé au même endroit le 13 janvier 
1784. C. Thomas né à Québec le 13 mars 17S6. Décédé au même 
endroit le 20 septembre 1787. (i) D. Anonyme né et décédé à Qué- 
bec le 24 mars 1787. E. Marie-Scholastique née à Québec le 28 
mars 178S. Décédée au même endroit le 11 août 1794. F. Olivier 
né à Québec le 24 septembre 1789. G. Anonyme né et décédé à 
Québec le 9 mars 1791. //. Jacques- Amable né à Québec le 25 juil- 
let 1792. Décédé au même endroit le 17 août 1794. /. Flavien né 
à Québec le 23 juillet 1793. /. Joseph-Charles né à Québec le 10 dé- 
cembre 1795. Décédé au même endroit le 16 février 1797. A'. Thi- 
niothé né à Québec le ii février 1797. Médecin. Résidait à Cham- 
bly en l'année 1837. L. Louis de Gonzague né à Québec le 18 juil- 
let 1798. Décédé au même endroit le 28 juillet 1798. 

60 René né à Québec le ler septembre 1762. C'est lui qui con- 
tinua la lignée. 

René Kimber 

Né à Québec le ler septembre 1762. 11 fut d'abord marchand à 
Québec. En I79'i, il transportait son commerce à Trois-Rivières. Il 
devint bientôt un des personnages importants de la cité trifluvienne. 
Il fut tour-à-tour inspecteur du feu, i)résident des syndics de la com- 
mune, marguillier, juge de paix, etc. etc. II décéda à Tn .is-Riviè- 
res le 13 novembre 1S41, ainsi qu'on le constate par l'acte de sépultu- 
re suivant qu'a bien voulu nous transmettre M. l'abbé lùigèiie-L. De- 
noncourt : 

(1) L'.u'lo .k- <|.nltnrc le ii..mmr .I.ivrli et lui dciiiiL' .loux m, s il .Itmi. Il ^'hk 1 '" " "•■ 



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—204— 

"Le dix-sept novembre- mil huit cent quarante et nu, Nous Sous- 
signé chapelain des Dames Ursulines avons inhumé dans le cimetière 
de cette paroisse le corps de René Kimber écuyer, marchand, décédé 
depuis cinq jours âgé de soixante dix neuf ans, veuf de Dame MiuIl-- 
Josephte Robitaille de cette paroisse. Furent présents à l'inhumation 
Jean et Pierre Desfossé et Valère Guillet écuyers qui ont signé. 

P. Desfossé Geo. L. Lemoine 

V. Guillet 

J. Desfossé B. Fortin "Pire 

Chapelain". 

M. Kimber avait épousé, à Québec. le 19 mai 17S5, Mane-Joseph- 
te Robitaille, fille de Pierre Robitaille et de Geneviève Parent. Elle 
lui donna dix-sept enfants : 

1. Joseph-Réné, celui qui continua la lignée. 

2. Pierre né à Québec le 25 octobre 1787. 

3. Marie-Euphrosine née à Québec le 7 février 17S9, Mariée 
au notaire N. -Benjamin Doucet. 

4. Siméon-Zéphirin né à Québec le iS février 1790 Décédé 
non marié. 

5. Joseph-Flavieu né à Québec le 14 mars 1791. 

6. Charlotte-Sophie née à Québec le 29 février 1792. 

7. Joseph-Louis né à Québec le 5 juillet 1793. Décédé au mê- 
me endroit le 23 sejjtembre 1793. 

8. Françoise-Adélaïde née à Québec le 10 octobre 1794. Décé- 
dée au même endroit le 8 septembre 1796. 

9. Abraham-Janvier né à Québec le 28 décembre 1795. Décédé 
non marié. 

10. Edouard-Louis né à Québec le 29 mars 1797. Marié à So- 
phie-Caroline Montour. 

11. Pierre-Flavien né à Québec le 2 septembre 1798. 

12. Mathias-Léandre né à Trois- Rivières le 24 février 1800. Dé- 
cédé au même endroit le 10 janvier iSio. 

13. Loui.s- Roger né à Trois- Rivières le 5 juillet 1801. 

14. Antoine-Télesphore né à Trois-Rivières le 15 mai 1803. Re- 
çu notaire le 28 octobre 1825- ' Décédé vers 1832. 

15. Benjamiu-Odilon né à Trois- Ri \ièr^'S le 2 janvier 1805. 



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—205- 

i5. Norbert-Alpho!i.se né à Trois-Rivières le 6 juin 1806. Décé- 
dé au même endroit le 27 juin 1806. 

17. Jeanne-Josephte-Clotilde née à Trois-Rivières le 27 mai iSro. 
Mariée en premières noces au notaire Antoine- Zépliirin LeBlanc, puis 
à Charles Langeviu, marchand, de Québec. Décédée à Québec le 13 
janvier 1S74. 

L' Honorable Joseph-René Kimber 

Né à Québec le 26 novembre 17S6. Médecin le 22 juillet 181 1. 
Député de Trois-Rivières de décembre 1832 à mars 183S ; député de 
Champlain de avril 1841 à septembre 1S43. Membre du Conseil légis- 
latif de la province du Canada du 4 septembre 1S43 à sa mort. Décé- 
dé à Trois Rivières le 22 septembre 1843. Il joua un rôle politique 
as.sez considérable. On trouvera une biographie de l'honorable M. 
Kimber dans Les Uisu/iiics des Trois-Riviljes, vol. IV, pp. 458 et seq. 
De son mariage avec Apolline Berthelot, l'honorable M. Kimber avait 
eu deux enfants : 

1. Marie-Harline. Mariée à Henr\- Judah, avocat, de Montréal. 

2. René, le continuateur de la liguée. 
René Kimber 

Admis à la pratique du droit le 8 février 1840. 

M. Kimber fut nommé, le 12 juillet 1S52, huissier de la Verge 
Noire de l'Assemblée législative de la province du Canada, puis, le 2 
novembre 1867, huissier de la \'erge Noire du sénat du Canada. Il 
prit sa retraite le 3 juin 1875. 

M Kimber décéda à Paris, où il résidait depuis plusieurs années, 
après 1901. 

Il s'était marié trois fois. D'abord à Louise Loiseau, puis, à 
Montréal, le 27 octobre 1842, à Suzanne-Ursule Perrault (décédée à 
Trois-Rivières le 29 juillet 1843) et, en troisième noces, à Québec, le 
10 septembre 1844, à Catherine-Sarah Burroughs. fille de Edward 
Burroughs, protonotaire, et de Catherine \'oyer. 
René-Edol-ard Ki.mbkr. 
Fils du précédent. 

Admis à la pratique du droit eu 1867. Le 4 juin 1875, il succé- 
dait à son père comm- huissier de la Verge Noire du Sénat du Canada. 

Décédé à sa maison de campagne, au lac Alice, comté de Lahelle, 
le 16 août 1901. Il était âgé do 56 ans. 



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—206— 

Louis Artus de Sailly 

Premier Juge Royal de Montréal 



Noble homme Médcric Bourcluceau, conseiller du roi et greffier des 
commissions extraordinaires en son conseil, à Paris, avait fait une so- 
ciété pour la vente ou l'échange de marchandises, à la Martinique, a\-ec 
l'abbé Gabriel Souart (i) vraisemblablement avant le départ de ce der- 
nier pour la Nouvelle- France oii il venait prendre charge de la cure de 
Montréal. 

Les associés ci-dessus nommés avaient, pour les représenter aux 
Antilles, Médéric Bourduceau, neveu du conseiller et époux de Gene- 
viève Butin, puis Louis Artus de Sailly, gendre du conseiller, ayant 
épousé Anne- Françoise Bourduceau, à Amiens (2) 

Les deux ménages étaient à la Martinique en 1657 (3), l'année 
même où M. de Maisonneuve revenait de France en compagnie de l'ab- 
bé Souart et de quelques autres Sulpiciens. 

* * 

Les affaires furent-elles florissantes dans les Iles ? On ne le dirait 
point à lire le règlement de comptes des représentants de la société (4). 
Quoiqu'il en soit, les ménages Bourduceau et de Sailly sont à Montréal 
au mois de septembre et, en commun, ils achètent du chirurgien Etien- 
ne Bouchard, sa terre et sa maison près de l'endroit où se trouve, au- 
jourd'hui, la place Jacques- Cartier. 

Mais l'union entre les deux familles ne duie pas. 

Le 31 juillet 1659 (5), M. de Sailly et sa femme cèdent à Méderic 
Bourduceau jeune, leur part de l'immeuble acquis de Bouchard. 

Quelques mois plus tard, le curé Gabriel Souart achète de Lambert 
Closse la moitié de son fief, soit 50 arpents et il en accorde la jouissiace 
à Monsieur et Madame de Sailly (.6). 

(11 Basset, 17 jimvier lil(iO' 

[2] Basset. H oclol)ro ICtW 

13) Basset, 17 janvier li'.i;0. 

(4) Basset, 17 janvier li-.hO. 

(5J Etndo de Basset. Rétrocession an ^icnr liounliiceftu. 

(li) Basset, 22 novembre ir..''9. 



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—207- 

Eu juillet 1660, le même abbé donne à Madame de Sailly les 50 ar- 
pents dont elle a déjà la jouissance, à condition qu'elle paye une rente 
aunuelle et qu'elle se construise une maison "à la défense" de celle que 
Lambert Closse fait ériger hors la ville, c'est-à-dira sur le site où s'élè- 
ve de nos jours l'hôpital général anglais (i) 

Cette même année, Médéric Bourdiiceau est élu syndic des habi- 
tants de Villemarie (2) et il semble vouloir s'établir sérieusement, car 
en plus de la terre qu'il possède, il loue, au mois de mars 1 661, une ter- 
re de Robert le Cavelier (3). 

*** 
■ Un événement quelconque a dû le faire changer d'idée ou nécessi- 
ter sa présence outre-Atlantique, puisque le 20 septembre 1661 (Basset), 
après avoir fait la veille un état de ses affaires, Médéric Bourduceau 
revend la terre et la maison de Bouchard à Madame de Sailly, sa cou- 
sine. 

Evidemment, il quitte le pays, réalise tous ses biens et a surtout 
besoin d'argent, et c'est pour lui en procurer que Madame de Sailly. le 
27 septembre 1661 (Basset) emprunte des Sulpicieus de Montréal la 
somme de 2500 livres pour laquelle elle s'oblige de payer une rente au- 
nuelle de 150 livres garantie par les meubles et les immeubles qu'elle 
possède. 



Puis, le silence se fait sur tout ce monde pour quelque temps. Au 
mois de janvier 1663, on constate que M. de Sailly est nommé caporal 
de la 14e escouade de la milice de Montréal, enfin, lors de l'établis- 
sement d'une sénéchaussée royale à Montréal, par le conseil souverain 
qui visait à enlever le Droit de Justice aux Seigneurs de l'île, M. de 
Saillj- se voyait confier la charge de Juge royal. 

11 semblerait que pour atténuer l'effet de la spoliation qu'on fai- 
sait subir aux Seigneurs, le Conseil Souverain imaginait de choisir les 
fonctionnaires du nou\eau tribunal parmi les ijersonnes bien vues du 
séminaire ou de la colonie montréalaise. 

[1] Bas>ct, 10 Juillet ir.r.O, 

[i\ r)oi'umoiitsJiiiii<iiurcs, IS juillet I61W. 
(;() Bnssct, '20 murs liliH. 



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—208— 

En effet, outre M. de Sailly dont les alliés étaient évidemment en 
bons termes avec les seigneurs, le procureur du roi était Charles Le 
Moj'ue, le plus ancien interprète et marchand de la localité ; quant au 
greffier et notaire, Bénigne Basset, il occupait déjà la même charge 
dans la justice seigneuriale, sous le titre plus modeste de "commis au 
greffe et tabellionnage." 

Malgré cette apparente attention dans le choix des fonctionnaires, 
les Seigneurs ne se laissèrent point priver de leur droit sans protester é- 
nergiquement. 

Durant le conflit, ils nommèrent Charles D'Ailleboust, sieur de 
ilusseaux, lieutenant de l.i garnison, à la charge de juge "de la ju- 
ridiction ordinaire des seigneurs" pour succéder à M. de Maisonneuve; 
puis M. Jean Baptiste Le Mignon (ne pas confondre avec Migeon de 
Branssat) fut élevé au poste de procureur fiscal de la seigneurie. 

M. de Sailly, de son côté, siégea jusqu'à la mi-septembre 1666, alors 
que l'intendant Talon rendit la justice au Séminaire Saint-Sulpice. Né- 
anmoins, M. de Sailly conserva ou ne voulut pas abandonner son titre. 

Les recensements officiels de 1666 et de 1667 le disent "Juge Roy- 
al" et, lorsqu'il décède, en 166S, à l'âge peu avancé de 43 ans, son acte 
de sépulture, dressé par un Sulpicien, le qualifie également de "juge 
royal", ce qui fait dire à l'abbé Paillon, d'ordinaire plus indulgent : 
"Dans l'acte de décès de M. de Sailly les prêtres du Séminaire lui 
,, donnent eux-mêmes le titre de juge royal de ce lieu. Pourtant, au 
mois de juillet 166S, Charles le Moyne, moins jaloux que les autres de 
"conserver ces titres honorifiques se qualifiait simplement : «'-i/d;'£7«/ 
"p>ocu)cur du roT' (i). 

Mgr Tanguay, dans son Dictionnaire, mentionne ^L de Sailly à la 
page 13, vol. I, au mot Artus et, à la page 185, à de Sailly. 

Il nomme sa i^wwwç^.Boiirdczcau, à la page 13 ainsi qu'à la page 7.S 
et il la fait inhumer à la même date que son mari, à Montréal. 

Sans aucun doute, il a repété par mégarde, sous le nom de Bourde- 
zcau, les dates mises d'abord sous le nom : Artns de Sailly. 

(1) Histoire île la folmiie, III. s.'. «. 

Dans la ri-iiu-le que k's Iniliitaiits ilc Villem irieailrc-^si-i'i LniiisXIV. i.'ii li;i;7, |>our io iii|.|rlier tl'ae- 
rorilLT ik-s lettre!" |.atL-mes, aux llosiiii.iliOre- 'le M.ailrviU, M. Charle!' l-o Mnyiie imeiul eiiiM-re le titn- 
(le procureur fin roi. 









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—209— 

Inutile d'ajouter que le registre paroissial ne renferme par l'acte 
de sépulture d' Anne-Françoise Bourduceau ainsi qu'elle signe toujours 
tout au long. 

Signalons, en même temps, qu'en mentionnant les enfants de Mc- 
déric Bourduceau, notre généalogiste dit que ces enfants furent bapti- 
sés à Québec alors que c'est Montréal qu'il faut lire. 

En résumé, Médéric Bourduceau et sa famille semblent avoir quit- 
té Montréal à l'autome de 1661 et, aprèb la sépulture de M. de Saillj-, 
en avril 1668, la veuve et les enfants de ce dernier ont dû également 
s'éloigner de nos rives, car ou ne rencontre plus leurs noms dans les do- 
cuments. 

E. Z. Massicotte 



Lettre du roi au gouverneur de Vaudreuil, en 1722 



Monsieur le marquis de Vaudreuil, je viens de recevoir une nou- 
velle marque de la protection de Dieu dans la maladie courte mais dan- 
gereuse dont la Divine Providence m'a tiré. J'ay senty dans cette oc- 
casion son pouvoir et sa bonté. L'un et l'autre m'engagent à luy té- 
moigner ma soumission et ma reconnaissance. C'est par d'humbles ac- 
tions de grâces que je dois m'acquitter des justes devoirs, et les tendres 
témoignages que j'ay reçue de l'amour de mes sujets m'assurant qu'ils 
seconderont avec zèle mes sentiments, je vous fais cette lettre de l'avis 
de mon oncle le duc d'Orléans, régent, pour vous dire que j'écris au 
sieur, évesque de Québec de faire chanter un Te Deuin dans l'églize 
cathédralle de cette ville. Mon intention est que vous y assistiez et que 
vous y fassiez assister le Conseil Supérieur, que vous fassiez allumer des 
feux de joye, tirer le canon et donner eu cette occasion les marques de 
réjouissances accoutumées, et la i)résente n'étant à autre fin, je prie 
Dieu qu'il vous ait, monsieur le mariiuis de Vaudreuil, en sa sanite gar. 
de. Signé, Louis, et i)lus bas Fleuriau. (Enregistré au Censcil Supé- 
rieur, le 5 octobre 17-2). 



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—210— 



Ouvrages publies par Sir François Langelier («) 



Ld.res sur les ajfai) es municipales de la cité de Québec. Québec — 
1868. 38 pp. in--8. 

Speech on tlte budget, 22 nd juiy 187c. Qiiébec-^iSyç. 29 pp. in-- 
8. 

Le Pacifique. Historique de la question — Plan de M. Macken/.ie, 
en 1874— Syndicat de St Paul— Syndicat cai\adien--PIan de l'opposi- 
tion. ' Conférence donnée au Club de Réforme, à Québec, le 4 février 
18S1. Québec, Imprimerie de "rElecteur" = i88i, 41 pp in--8. 

De la pleuve en matière civile et commerciale. Avec un index al- 
phabétique et analytique de tout l'ouvrage. Québec, C. Darveau, im- 
primeur-éditeur, 80-84, rue de la Montagne— 1864. 437 pp. in-S 

Cours de droit civil de la province de Québec. Tome premier. In- 
troductidn générale, précis d'histoire du droit canadien et explication 
des articles i à 313 du Code Civil. Montréal, Wil.son & Lafleur, édi- 
teurs, librairie de droit et de jurisprudence, 17 et 19, rue Saint-Jac- 
ques — 1905. 521 pp. in 8 

Coûts de droit civil de la province de Québec- Tome deuxième. Ex- 
plication des articles 314 a 753 du Code Civil, Montréal, Wil.son & La- 
fleur, éditeurs, librairie de droit et de jurisprudence, 17 et 19, rue 
Saint-Jacques-- 1906, 521 pp. in 8. 

Cours de droit civil de la province de Québec. Tome troisième. Ex- 
plication des articles 754 à 1078 du Code Civil, Montréal, W'ilson & 
Lafleur, éditeurs, librairie de droit et de jurisprudence, 17 et 19, rue 
Saint-Jacques-- 1907. 541 pp. in 8. 

Conrs de droit civil de la province de Québec. Tome quatrième. 
Explication des articles 1079 à 147 1 du Code Civil, Montréal, Wilson 
& Lafleur, éditeurs, librairie de droit et de jurisprudence, 17 et 19, rue 
Saint-Jacques— 1908. 496 pp. in S. 

1 De.cc.tO ÙCiiiulw U'8 f>'Vrierl'Jl.-.. .'•. .. 



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-211 — 

Cours de droit civil de la province de Québec. Tome cinquième. Ex- 
plication des articles 1472 à 1S29 du Code Civil. Montréal, Wilson & 
Lafleur, éditeurs, librairie de droit et de jurisprudence, 17 et 15, rue 
Saint-Jacques--- 1909. 441 pp. in S. 

Coûts de droit civil de la province de Québec. Tome sixième. Ex- 
plication des articles 1850 à 2277 du Code Civil. Montréal, Wilson & 
Lafleur, éditeurs, librairie de droit et juris]5rudence, 17 et 19, rue 
Saint-Jacques-- 191 1. 538 pp. in 8. 

P. G. R. 



QUESTIONS 



Peut-on me dire si le "dramatiste" Ernest Doin était canadien- 
français et combien de pièces il a publié ou fait jouer ? 

A. G. 

— Un écrivain français portant le nom de Paul Dupuy a rédigé la 
Semaine Religieuse de Montréal, il y a quelques années, et a publié au 
moins un volumes. Petites fleurs teligieuses de l'illcniarie, je crois. 
Quelqu'un me dit que "Paul Dupuy" n'est qu'un pseudonyme cachant 
un per.«;onnage de grande noblesse. =Est-le cas ? 

BiBLlO. 

— Dans un mémoire de l'intendant Champignj-, en date du 10 mai 
1691, il est dit : 

"Il y a proche de Québec un établissement de briqueterie considé- 
rable qui est fort utile pour toutes sortes de bâtiments". 
Où était cette briqueterie ? 

Québec 
=^M. Suite, dans .son étude Le Régiment de Carignan, dit que 
Jean-Baptiste .Morin dit Rochehelle a été conseiller au Conseil Souve- 
rain ou Supérieur de Québec. Est-il correct ? 

G. B. C. 
— Où siégeait le Conseil Souverain, à Québec, avant la reconstruc- 
tion de l'ancienne biasseiie de l'intendant Talon contuie dans l'histoire 
sous le nom de palais de l'intendance ? 

A. X. 



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—212- 

Le jeu de crosse nous vient=il des Sauvages ? 



Le jeu de crosse si en vogue aujourd'hui dans tout le Canada et 
qui est devenu le jeu national par excellence nous vient-il réellement 
des Sauvages ? Cartier et Chaniplain, dans leurs récits de vo>ages, et 
les Pères Jésuites, dans leurs touchâmes Jie/atioiis, parlent-ils de ce 
jeu et disent-ils comment les Sauvages le pratiquaient ? 

Cartier ne parle pas du jeu de crosse dans le récit de ses voyages 
au Canada. Champlain, pareillement, ne mentionne pas ce jeu des 
Sauvages dans ses différents ouvrages. Mais les Pères Jésuites, à dif- 
férentes pages des Rc/aiio7!s, parlent du jeu de crosse. 

Dès 1636, le Père Lejeune écrivait : 

"De trois sortes de jeux qui sont pari-jculièrenient en usage ]iarnii 
ces peuple.''-, savoir de crosse, de plat et de paille. Les deux premiers 
.sont tout à fait, disent-ils, souverains pour la santé. 

"Cela n'est-il pas digne de compassion ? Voilà un pauvre malade 
qui a le feu dans le corps, et l'âme sur le bout des lèvres, et un misé- 
rable sorcier lui ordonnera pour tout remède refrigératif un jeu de 
crosse ; ou le malade même aura songé, qu'il faut qu'il meure, ou que 
tout le pa^'s crosse pour sa santé et en même temps s'il a tant soit peu 
de crédit, vous verrez dans un Deau champ village contre village, à qui 
crossera le mieux et parient l'un contre l'autre, pour s'animer davan- 
tage, les robes de castor et les colliers de jKrcelaine. Quelquefois aus- 
si un de ces jongleurs dira que tout le pass est malade, et qu'il deman- 
de un jeu de cros.se pour sa guéri.son ; il ne faut pas en dire davantage, 
cela se publie incontinent iiartout et tous les capitaines de cha(pie \illa- 
ge donnent ordre que toute la jeun ;sse fa.sse son devoir en ce point, 
autrement quelque grand malheur accueillerait tout le pays." {A'c/a- 
tien i6j6). 

Le Père Jésuite Lafitau, dans les pages qu'il consacre aux jeux 
des Sauvages, décrit ainsi le jeu de cros.se : 

"La seconde espèce de sphéristiciue des Sauvages est le jeu de 
crosse. Les règles en .sont absolument les mêmes que celles de 1' f{[)is 
cyre, dont Pollux (IJvre XI, cliap. 7, seq. 104) fait cette description ; 



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—213— 

"Les joueurs se partagent selon leur nombre, et se distribuent eu deux 
bandes autant égales qu'il se peut. Ils tirent ensuite au milieu du 
terrain une ligne qu'on appelle o x u s q s, sur laquelle on met la balle. 
Ils tirent de la même manière derrière chacune des deux bandes, deux 
autres lignes éloignées pour servir de terme. Ceux que le sort a choi- 
si poussent les premiers la balle vers, le parti opposé, qui fait de son 
côté tous ses efforts pour la renvoyer d'où elle vient. La partie dure 
ainsi jusqu'à ce que les uns ou les autres aient conduit leurs adversai- 
res au terme, ou à la ligne qu'ils devaient défendre." 

"La seule différence qu'il peut y avoir entre le jeu de crosse et 
l'Episcyre, ou V Haipasiiaii, c'est qu'au premier pour pousser la balle, 
on se sert de bâtons recourbés, au bout desquels plusieurs Sauvages 
ont des manières de raquettes, au lieu qu'il ne parait pas qu'on se .ser- 
vit des uns ou des autres dans le second ; car, à l'exception des bras- 
sards dont on usait pour jouer au ballon, nous ne trouvons nulle trace 
d'aucun instrument que les anciens aient employé dans leur Sphéristi- 
que. Il semble néanmoins qu'on peut l'insérer, non seulement de 
l'antiquité du jeu de cro.sse, qu'il n'est pas possible que les anciens 
n'aient connu, puisqu'il est aujourd'hui aussi répandu dans l'Europe 
jusqu'aux extrémités de la Lapponie, qu'il l'e.st dans toute l'Améri- 
que depuis le Nord jusqu'au Chili : mai.^ on peut encore le conclure 
de la description qu'en fait PoUu.n, puisqu'elle porte qu'on y mettait 
la balle à terre sur le Scyros, ou la ligne du milieu, et de l'épithète de 
PoJidiriuv que Martial (livre 14, ep. 4S) donne à V Harpastuin toutes 
les fois qu'il en parle, aussi bien que de celle à'Arcnaria, qui se trouve 
dans S. Isidore de Seville (livre iS, chap 65), ce qui nous signifie que 
cette balle roulait toujours dans la pou.ssière. Les Mingreliens jouent 
ce jeu-là à cheval, et la description qu'en fait l'auteur italien de la Re- 
lation de la Colchide, e.st très jolie" {Mccurs des Sauvages A incri- 
<jnahis, tome II, p. 356). 

Dans sa vingt-deuxième lettre à la duchesse de Lesdiguières, da- 
tée de la Rivière Saint-Joseph le 16 août 1721, le Jésuite Charlevoix 
parle ainsi du jeu de cros.se chez les Sau\ages : 

"Les Miamis ont encore deux jeux, dont le premier se nomme le 
j,u de la crosse. On \- joue avec une balle et des bâtons, recourbés et 
terminés ])ar une esiicce de raciuette. Ou dresse deux poteaux, qui 
servent de 1h rn-j.s, et (jui .^ont éloignés l'un de l'autre, à proportion du 



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—214— 

nombre de joueurs. PaJ exemple s'ils sont quatre-vingt, il y a entre 
les poteaux une demie-lieue de distance. Les joueurs sont jiartagés 
en deux bandes, qui ont chacun leur poteau, et il s'agit de faire aller 
la baie, jusqu'à celui de la partie adverse, sans qu'elle tombe à terre, 
et sans qu'elle soit touchée avec la main ; car si l'un ou l'autre arrive, 
on perd la partie, à moins que celui, qui a fait la faute, ne la répare. 
en faisant aller la baie d'un seul trait au but, ce qui est .souvent im- 
possible. Ces Sauvages sont si adroits k prendre la baie arec leurs 
cro.sses, que quelquefois ces parties durent plusieurs jours de suite". 
{Journal d' un voyage dans V Amérique Scpicnti ionalc, vol. III, p. 319). 

P. G. R. 



^ ^ ^ ^ ^ 

La famille Piuze 



Dans le district de Kamouraska, on rencontre un bon nombre de 
familles Piuze. Ces Piuze sont-ils d'origine françai.se ou anglaise ? 

Les familles Piuze du district de Kamouraska sont toutes aujourd- 
hui de langue et d'aspirations canadienne.s-françaises. 

M. le docteur N. E. Dionne {^Sainte-Anne de la Pocattl're, p. 1^0) 
dit que le premier Piuze venu ici, le docteur Leverigt Piuze, était d'ori- 
gine polonaise. Le docteur Piuze ne serait-ils pas venu au Canada avec 
les troupes auxilières de Brunswick, en 1776 ? C'est à jîeu près vers 
cette date ou un peu après que son nom commence à être mentionné. 

Le docteur Piuze épou.sa une canadienne-française, (îeneviève Cou- 
turier, et eu eut plusieurs enfants. L'un d'eux, Rémi Piuze, admis à 
la pratique du notariat le 2<S septembre 1S08, s'établit à Sainte-.Annede 
la Pocatière et y praticjua sa profession pendant cinquante-neuf ans. Le 
liotaire Piuze décéda le 13 juillet 1S67, à l'âge de Sy ans. 



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—215- 



L'abréviation de "mil six cent" dans les documents 
du 17e siècle 



Ceux qui ont eu à déchiffrer des documents du 17e siècle ont dû, 
parfois, se demander comment il fallait transcrire les signes qui rem- 
placent "mil six cent" dans plusieurs documents et qui semblent se li- 
re comme suit : "g b i c " ? 

Faute de mieux certains copistes ont adopté les lettres ci-dessus et 
on les rencontre fréquemment dans les premiers volumes des Jugements 
et Délibérations du Conseil Souverain. 

Des chercheurs croyaient qu'il valait mieux écrire IVIc, parce 
que disait-on le premier signe est certainement un g ou un j pour un i, 
le second uu V et le troisième un i, soit une façon originale d'écrire 
16 cent en chiffres romains. 

Or, d'après des paléographerronées qui font autorité, ces deux in- 
terprétations sont 

M. A. de Bourmont, élève de l'Ecole des Chartes, dans son Ma- 
nuel de paléographie, en album (1S81) et composé de pièces photogra- 
phiées avec texte en regard, traduit (p. 13J les signes "g b i c " par 
M Vie; ailleurs, au chapitre des abréviations (p. 6), il met comme 
signification de l'abréviation qui nous occu]ie : MH six cent. Dans le 
Manuel de paléographie, latine et française de M. Maurice Prou, mem- 
bre de l'Institut et jirofesseur à l'école nationale des Chartes (édition 
1910, p 285), on lit ceci, à propos de l'abréviation de inH/c : 

"Pour 1000 on emploie plusieurs signes. ..et. enfin. M, qui est le 
signe le plus employé. Mais souvent M a la forme onciale et c'est de 
là, sans doute qu'est sorti ." (ici l'auteur met deux lettres - gamma, 
puis une sorte de P retourné) A la page 3S2 du même ouvrage, on 
trouve des photographies d'abréviation du mot latin i>ii//fsiiiio dans les- 
quelles la lettre M initiale a la forme d'un q ou d'un g précédé d'un 
trait qui .serait le premier jambage de la lettre M, alors que le dernier 
jambage descend audessous de la ligne et se prolonge en une courbe di- 
rigée vers la gauche. 



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"'■' -:■'. no 



.'jiICO'.'.'; •)! 

iL.T. ,-iO 









—210— 

Cette particularité est encore visible, même volume, même page, 
dans la lettre M finale de l'abréviation M I M pour miiiivius. 

11 semble donc que la première lettre de l'abréviation qui fait l'ob- 
jet de cette note est une M déformée et réduite finalement à un g. 
Quant à la seconde, c'est un V dont la branche gauche est exagérée. 

Ces déformations ne sauraient surprendre ceux qui ont vu com- 
ment nos anciens notaires écrivaient kd. (le dit) and. (au dit), les syl- 
labes ce, en, et, ainsi que bien d'autres. 



Notre explication est loin d'être parfaite et quelque confrère pour- 
■ ra probablement en fournir une meilleure, mais il doit rester acquis 
que lorsqu'on rencontre les signes g b i c dans les manuscrits il fau- 
drait, pour être correct, les transcrire par M V I c ainsi que nous l'in- 
diquent les auteurs que nous venons de signaler. 

E. Z. MASSICOTTE 



LES OUVRAGES CANADIENS RECENTS 



Henri Bourassa, La lain^uc fiani^ahe au Canada, ses dioils, sa né- 
cessité, ses avantages. Discours prononcé au Monument National, le 
19 mai 1915, sous les auspices du Comité régional de Montréal de l'A. 
C. J. C. Imprimerie du Dczo/r. 43, rtie Saint- Vincent, Montréal- 1915. 

AuHuaùedu Séminaire St-CIiaflcs-Don-oniée, Sliabrookc, affilié à 
l Univc) site Laval en iS-,S. Année académique 1914-1915- Numéro 40. 

Séminaire de Saint-HyacinVic. Année scolaiic 1914-1915. No 37- 

1915- 

Annnaire de F Université Laval penr l'année aeadémiqne 1915-1916. 
No 59. Québec, Imprimerie de V r.vénemenl--\c,\^. 

Palmai^s de l'Académie CommerelaU Calholl<jue deMonlnal. An- 
née académiiiue I9i4-i9'5- 



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-217— 



Biographies canadiennes 



FRANÇOIS LE MAIRE. — François Le Maire avait été nommé, 
le 25 avril 16S5, commissaire ordinaire de la marine subdélégué de 
l'intendant de la Nouvelle- France. Il s'embarqua à La Rochelle dans 
le vaisseau La Diligente. Il fit la traversée en même temps que le 
rquis de Denonville qui venait prendre le gouvernement de la Nou- 
velle-France. 

Il débarqua à Québec le ler août 16S5. La Diligente avait trop de 
passagers ywur sa capacité. La maladie se déclara à bord et plusieurs 
moururent. En arrivant à Québec, on fut obligé d'en transporter un 
bon nombre à l'Hôtel-Dieu. Malgré les bons soins des Dames Reli- 
gieuses plusieurs moururent à l'Hôpital. 

M. Le Maire lui-même n'exerça guère sa charge puisqu'il décéda 
le 2 décembre 1685, quatre mois après son arrivée. 

Le marquis de Denonville avait M. LeMaire en très haute estime. 
Le 3 décembre 1685, il écrivait au ministre : 

"Nous venons de perdre un homme que vous ne sauriez trop re- 
gretter. Il était tel qu'il vous le fallait en ce pays ; c'est le pauvre 
LeMaire qui mourut hier. Il était fidèle, désintéressé, homme de bien, 
aimant le service et son emploi. Outre cela il avait l'esprit aisé et vif, 
et incapable d'aucune rancune. Voilà, Monseigneur, des qualités qui 
.sont bien nécessaires au.K gens qui doivent avoir le maniement des af- 
aires de ce pays. 

"Je ne puis, Monseigneur, vous témoigner assez le regret que j'ai 
de la perte de ce bon sujet, sur lequel je comptais le j^rincipal arrange- 
ment de nos affaires. Je vous avoue que je me trouve à présent assez 
embarrassé car je remarque tant de manège chez la plupart des gens et 
tant d'intéressement que je ne sais qui croire encore moins à qui me 
fier." (I) 












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4-' 



—218— 

Un an plus tard, le 13 novembre 1686, il parlait encore de M. Le 
Maire ; 

"Si, Monseigneur, écrivait-il au ministre, vous jugez plus à propos 
d'envoj-er de France un commissaire en chef, permettez moi de vous 
dire avec tout le zèle que j'ai pour suivre votre esprit dans les intérêts 
du ser\-ice qu'il est bien à propos que vous vous fassiez informer si 
son intérêt particulier ne le gouverne pas plus que celui de son maître, 
car, de vérité, il n'3' a pas moNen de tenir avec les gens qui ont plus en 
tête de s'enrichir que de se bien acquitter de leur devoir, en ce pays 
surtout où on est accoutumé à tenter les gens. Je sais que si le pauvre 
feu LeMaire n'avait pas été véritablement homme de bien, à peine 
était-il arrivé, qu'il aurait succombé comme les autres." (i) 

François Le Maire était marié à Marie Chapp^lle. Le 30 août 
1686, devant la Prév'ôté de Québec, elle renonçait à la cummunauté 
qui avait existée entre elle et son défunt mari. Elle retourna en 
France peu après car nous ne la vbj'ons plus nulle part ensuite. 

ALEXANDRE-ROBERT DE SAINT-HILAIRE DE LA RO- 
CHETTE. = M. de la Rochette fut le dernier trésorier de la Marine de 
la Nouvelle-France. Son règne ne fut pas très long. Nommé pour 
.succédera M. Jacques Imbert en 1758, il agit comme tel jusqu'à la 
chute du pa)s. 

Avant de retourner en France, ^L de la Rochette épousa à Mont- 
réal, le 21 septembre 1763, Marie- Anne LeVasseur, fille de René-Ni- 
colas LeVasseur, chef des constructions des vaisseaux du roi, et de An- 
gélique Just. 

Nous voyons qu'en 1764 le roi de France chargeait INL de la Ro- 
chette de faire un relevé général de toutes les dépenses occasionnées 
en France par les prisonniers du Canada. 

Nous le perdons ensuite de vue. 

LOUIS TANTOUIN DE LA TOUCHE.— M. Tantouin de la 
Touche, la chose est certaine, n'avait aucun rapport de n:irenté avec 
nos Pezard de La Touche, ainsi qu'on l'a écrit plusieurs fois. Il était 
originaire de France mais nous ignorons en quelle année il passa ici. 

En i6S6, l'intendant de Champigny le nommait garde-magasin à 
Montréal. 

1 .Vrchivcs i.iil.li.iucs du CiiiniJ:!. C\irrc>iMiitiaiice Kiiicrak', vol. S. c. 11. 



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—219— 

Le lo novembre i6S6, M. de Denonvilie écrivait au ministre : 

"C'est une nécessité absolue que d'avoir un magasinier à Ville- 
Marie pour recevoir les munitions que l'on envoie et pour celles que 
l'on envoie à Cataracou}-. M. de Meules y en avait mis un. J'ai prié 
M. de Champigny d')' en établir un. Il a choisi le sieur de La Tou- 
che, qui est sous la conduite de M. Gaillard qui en prend soin", (i) 

Six jours plus tard, le 16 novembre 1686, M de Champigu)- écri- 
vait à son tour au ministre : 

"Nous avons établi au dit Montréal le sieur de La Touche garde- 
magasin, parce que nous envoyons d'ici tout ce qui est nécessaire pour 
la guerre. Je lui ai fait donner d'avance 2000 livres pour subsister. 
Vous aurez la bonté. Monseigneur, de lui régler ses appointements. "(2) 

En 1690, M. Mathieu Gaillard, commissaire ordinaire de la marine 
en la Nouvelle- France eisubdélégué de l'intendant à Montréal depuis 
quatre ans, était rappelé en France où on voulait lui donner une char- 
ge plus importante. 

M. Gaillard s'embarqua au printemps de 1691 et fut remplacé 
dans sa charge de commissaire de la marine et de subdélégué de l'in- 
tendant par M. de La Touche. 

En 1697, un différend assez sérieux s'éleva entre M. de Subercase, 
major des troupes, et M de La Touche. 

Tout ce différend est exposé au long dans une lettre écrite au mi- 
nistre par M. de La Touche, en 1699". (3) 

Le 19 octobre 1697, M^L de Frontenac et Champigny écrivaient 
au ministre : 

"Nous avons entendu le sieur de Subercase, major, et le sieur de 
La Touche, commissaire, sur les démêlés qui sont entre eux. Connue 
ils font réciproquement des plaintes l'un de l'autre et que le sieur de 
La Touche nous a présenté de nouveaux procès- verbaux contenant 
plusieurs faits dont le sieur de Subercase disconvient ab.soUuuent. et, 

(i) Archives publiques du Canada, correspondance générale, 
vol. S. 

(2) .archives publiques du Canada, corresi)ondannce générale, 
vol. S. 

(3) Archives publiques du Canada, correspondance générale, 
vol. 17. 



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lih . >. i>iî>"*fJ<| <"'r. il! 






-- 22(t— 

de sa part, nous ayant présenté un écrit contre le dit sieur de La Tou- 
che, nous estimons qu'il est à propos de connaître à fond la vérité pour 
pouvoir leur rendre la justice qui sera convenable, ce qui n'est pas pos- 
sible de faire avant le départ des vaisseaux." ( i ) 

Le 19 octobre 1697, le gouverneur de Frontenac et l'intendant de 
Champigny écrivaient encore au ministre : 

"Nous avons, suivant l'ordre de Sa Majesté, accommodé l'affaire 
qui était entre le sieur de Subercase et le sieur de La Touche, commis- 
saire. Ce dernier parait satisfait et ils se sont embrassés. Nous leur 
avons expliqué vos intentions Monseigneur, sur ce qu'ils devaient ob- 
server pour les revues, les extraits et les rôles, à quoi nous prendrons 
soin qu'ils se conforment." (2) 

Le 15 octobre 1698, M ^L de Frontenac et Champigny écrivaient 
au ministre : 

"Il nous paraît beaucoup d'exactitude de la part du sieur de La 
Touche, commissaire, dans les revues qu'il fait des compagnies, ne nous 
étant point aperçus qu'il passe les domestiques des capitaines, à moins 
qu'on n'entende parler de certains soldats, lesquels sachant travailler 
de différents métiers sont quelquefois employés à leur service en les 
payant." (3) 

Le 2 juin 1699, ^L Le Rov de la Poterie, contrôleur de la Marine, 
faisait connaître au ministre l'esprit de discorde qui régnait dans le 
pays. Ayrès avoir raconté les petites chicanes de pré.séances qui 
avaient eu lieu entre M>L de Callières et Vaudreuil, il ajoutait : 

M. de La Touche (commissaire de la marine) et moi ne nous amu- 
sons point à la bagatelle. Nous savons que les ordres de la marine 
disent que l'on portera l'ordre tons les jours aux commissaires et aux 
contrôleurs. On ne veut pas le faire. Pourquoi ? C'est que l'on ne 
veut point entendre parler de la marine. Tous ces honneurs, arrêts, 
ne sont que fumée, nous nous en consolons aisément". (4) 



fi) Archi\'es publiques du Canada, correspondance générale, 
vol. 15. 

(2) Archives publiques du Canada, correspondance générale, 
vol. 15. 

("i) Archives publiques du Canada, corresjiondance générale, 
vol. 16. 

(4) Archives puîijiqucs du Canada, correspondance, générale, 
vol. 17. 



-. j fl> ■'SIOV 



-221- 

Au printemps de 1701, M. de La Touche était transféré en la mê- 
me qualité à Rocliefort. C'éiait une belle promotion car Rochefort 
était un des ports les plus importants de la France. 

Nous perdons M. de La Touche de vue à partir de cette date. Il 
fut remplacé dans la Nouvelle-France par François Clairambault, sieur 
D' Aigrement. 

CHARLES-FREDERIC-CHRETIEN D'ADELSHEIM.— Dans 
les troupes allemandes venues au Canada en 1776, sous le com- 
mandement du baron de Riedesel, se trouvait l'enseigne Adelsheim. Il 
faisait partie du régiment du prince Frédéric. 

Ce Cari Friedrich Christian Adelsheim éjiousa une bonne cana- 
dienne-française de Québec, Marie- Louise Labadie, fille de Pierre La- 
badie et de Marie-Louise- Madeleine Paquet. Il en eut deux enfants : 

1. Pierre né à Berthier le 3 février 17S2. Décédé au même en- 
droit le 20 juillet 1782. 

2. Marie-Claire née à Berthier le 29 février 17S6. Décédée au 
même endroit le 26 mai 1857. 

Dans un document notarié de 1778 on nomme ainsi Adelsheim : 
"Charles-Frédéric Chrétien, baron de Adelsheim, fils de Charles, ba- 
ron de Adelsheim, major d'infanterie au service du landgrave de Hes- 
se-CasHel, seigneur de Wackback, Hacktel et autres lieux, et de Loui- 
se de Arnim." Sa famille demeurait à Wackback, en Franconie. 

Dans le récit de son expédition au Canada, le baron de Riedesel 
nous apprend que l'enseigne Adelsheim dé.serta son régiment en 17S0. 

Nous ignorons si le baron d'Adelshein est mort au Canada. 

Il n'appert pas qu'il ait laissé de descendants i>armi nous. 

P. S. Marie- Louise Labadie, qui devint baronne d'Adelshein, était 
la sœur de Louis Labadie, le "maitre d'école patriotique", dont Mgr 
Amédée Gosselin a esquissé la carrière dans les Mâiioiics de ta Socictc 

Royale du Canada, année 19 13. 

P. G. R. 



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REPONSES 



SIR GEORGESE. CARTIER DESCENDAIT-IL DE JAC- 
QUES CARTIER ? (XX, VIII, p. 258). La plupart des biographes 
de sir Georges-Etienne Cartier nous disent que le célèbre homme 
d'état descendait ou appartenait à la même famille que Jacques Car- 
tier, le découvreur du Canada. 

Tout d'abord, une chose est certaine, c'est que sir G-E. Cartier ne 
descendait pas de Jacques Cartier car nulle part on voit que le naviga- 
te ur malouin laissa des descendants. 

Sir Georges- Etienne Cartier appartenait-il à la même famille ? La 
chose a été dite et répétée bien des fois, mais jamais on a pu établir 
le fait. Jacques Cartier était breton et le premier ancêtre de sir Geor- 
ges Cartier venu au Canada était originaire de l'Anjou. 

Mgr Tanguay, dans son Dictionnaire généalogique (volume II, pp. 
570 et 571) établit ainsi la filiation de sir Georges-E- Cartier ; 

Jacques Cartier, charpentier, fils de Pierre Cartier et de Marie 
Beaumier, de Prulier, diocèse d'Angers, décède à Québec avant 177 1. 
Il avait épousé, à Beauport, le 6 juillet 1744, Marguerite Mongeon, 
qui lui donna, entr'autres enfants : 

Jacques Cartier II né à Québec le n avril 1750 et décédé à Saint- 
Antoine de Chambly en 1S13. Il avait épousé, dans cette paroisse, le 
27 septembre 1772. Cécile Gervaise, qui lui donna entr'autres enfants : 

Jacques Cartier III né à Montréal le 29 août 1774 et décédé à 
Saint- Antoine de Chambly, le 29 août 1841. Il avait épousé, à Saint- 
Antoine de Chambly, le 4 septembre 179S, Marguerite Paradis. De ce 
mariage naquit (entie' autres enfants) : 

Sir Georges-Etienne Cartier. 

Nous le répétons : rien n'établit qu'on peut rattacher la famille dé- 
sir Georges-Etienne Cartier à celle du découvreur malouin. 

LES "MEMOIRES" DE LATERRIERE (XX, II, p, 64)^Y a- 
t-il en deux éditions des ^réMoircs de Pierre de Sales Laterrière ? 



x.ri^/fs:? 






•^0 ftH'îQ 









Mo,-! ; ; 1 .l'î 



—223- 

Pierre de Sales Laterrière, natif d'Albi, passa au Canada en 1766. 
Après sept années d'aventures, de Laterrière s'unit à M. Pellissier pour 
exploiter les forges de Saint-Maurice. Un peu plus tard, il fut arrêté 
par les ordres de Haldimand, qui l'accusait de pratiques traîtresses, et 
incarcéré à Québec pendant trois ans. En 1786 ou 1787, il se fit rece- 
voir médecin et pratiqua successivement à la Baie-du-Fehvre, à Nicolet 
à Saint-Fran(;ois-du-Lac, aux Trois-Rivières et à Québec où il mourut 
le 8 juin 18 15. 

En quelle année fut publiée la première édition des Mémoùrs de 
M. Laterrière ? 

En 1S70, M. l'abbé Casgrain publiait sa monographie de la famille 
Laterrière et voici ce qu'il écrivait ; 

"Rentré dans ma chambre après la veillée, je feuillette le vieux- 
manuscrit du père de M. de Laterrière, et mes jeux tombent, par ha- 
sard, sur l'anecdote suivante " 

Donc, en 1S70, les Mémoiyfs de Laterrière n'étaient pas encore pu- 
bliés. Ce qui nous i:>ermet d'afTirmer que l'édition publiée à V Evnic- 
vient en 1S73 est la première et dernière puisqu'il n'y en a certaine- 
ment pas eu d'autres après cette année. 

Les Mémoires de Laterrière n'avaient été publiés qu'à cent exem- 
plaires, ce qui fait qu'ils sont si rares aujourd'hui. 

LES SEIGNEURS CANADIENS ONT-ILS EXERCE LA 
HAUTE JUSTICli ? (XX, II, p. 64)— Sous le régime français en 
Canada bon i;ombre de seigneuries furent données par le Roi avec hau- 
te, moyenne et basse justice, c'est-à-dire le droit d'avoir des tribu- 
naux. On sait que la plupart des seigneurs canadiens n'exercèrent 
pas ce droit. Us s'en remettaient d'ordinaire à la justice ro_\ale. 
Mais, dans les quelques seigneuries où les tribunau.x furent établis par 
les seigneurs, a-t-on vu la haute justice, c'est-à-dire la peine de mort, 
exercée ? 

Les Sulpiciens, seigneurs de Montréal, ont certainement exercé la 
haute justice. Il y eut à Montréal quelques condamnations à la peine 
capitale. 

M. T.-P. Bédard raconte (IhtUctin des Rcchcnhcs Historiquci; vol. 
VIII, p. 2h6j qu'en 1692 un censitaire de la .seigneurie de Chaui])lain, 
nonnné Joubert, ayant tué à coups de couteau, un nommé Desmarets, 
subit son procès aux Trois-Rivières et fut condannié à être pendu. 



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-224— 

Ayant appelé de cette sentence an Conseil Souverain, celui-ci or- 
donna que Joubert serait reconduit sous bonne escorte à Champlain, 
pour y subir de nouveau son procès devant le juge du lieu, à la pour- 
suite du procureur fiscal du seigneur. 

Nous ignorons ce qui en suivit. 

Masères {Papos on Québec) dit que la haute justice n'a été exer- 
cée par aucun seigneur canadien. 

D'ailleurs, à la Conquête, au dire de Carleton, il n'existait que 
trois justices seigneuriales dans tou'e la Nouvelle- France. 

PIERRE LE MOYNE D'IBERVILLE ET MLLE PICOTE DE 
BELE^TRE XXI, V, p. 1 38. — A l'époque du retentissant procès intenté 
par le tuteur de Mademoiselle Picoté de Belestre prénommée parfois 
Geneviève et plus souvent Jeanne, celle-ci fut sévèrement séquestrée 
ainsi qu'on le constate par les archives judiciaires. 

Pierre Le Moyne fut condamné, mais la mallieureu.se jeune fille ne 
fut pas réhabilitée pour cela, du moins vis-à-vis de sa famille. 

En effet, le 2 octobre 1693 (Adhéraar), six jours avant le mariage 
de Pierre Le Moyne, à Québec, les trois beaux-frères de Mlle de Beles- 
tre, Jacques Malleroy de la Mollerie, J. B. Celoron de Blainville et Al- 
phonse de Touty font une convention avec les Religieuses de l' Hôtel- 
Dieu par laquelle les dites Religieuses s'engagent à garder Mlle de Be- 
lestre en qualité de pensionnaire pour la vie, moyennant 3000 livres. 

Si la dite demoiselle ne peut supporter la règle de la maison, il lui 
.sera loisible de sortir au bout d'un an. Pareillement les Religieu.ses se- 
ront libres de la congédier 

Mlle de Belestre, apparemment, resta dans la communauté jusqu'à 
son décès. Elle fut inhumée à l'âge de 54 ans (l'acte dit 52 environ) 
le 2 juin 1721. 

Aucun parent ne .signe à l'acte ! 

C.^BKETTE 






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BULLETIN 



RECHERCIiES tiiSTORlQUES 

VÔlTxXI BEAUCEVILLE=A0UT 1915 No. Vlll 



JEAN PERONNE DUMESNIL ET SES MEMOIRES 



(Suite et fiu) 
AU ROY KT A NOS SEIGNEURS DE SON CONSEIL 



Sire, 
Jean Peronne Du Mesiiil advocat au parlement de Paris, renions- 
tre très humblement a votre Majesté qu'en lannée mil six cens soixan- 
te, il se seroit transporté de la province d'Anjou sa naissance et demeu- 
re, au pays de la nouvelle France dits Canadas pour y exercer les char- 
ges de controlleur gênerai d'Intendant, et de Juge Souverain, suivant 
les commissions a luy données par Messieurs les associez en la compa- 
gnie de lad Nouvelle France, suivant le pouvoir quils en avoient de 
vostre Majté Et pour ses appointemens et subsistance II luy auroit esté 
accordé par lad Compagnie cinq cens livres par chacun an, la Jouissan- 
ce d'une grande et belle maison qui safferme par an mil livres avec la 
moitié de toutes les successions vacantes par deshérance, des aubeynes, 
et Epaves, qui appartiennent aux Seigneurs haults Justiciers suivant 
la coustume de Paris, outre son passage et de cinq honnnes et quel- 
ques esquipages, pour lesquelles II a payé quatre cent trente livres, 
toutes lesquelles sonnnes composent pour trois aimées îles services quil 
a rendus, la somme de dix mil cent trente deux livres, sans k-s hérita- 
ges desd deshérauces destiuelles II a seullemenl faict estât des meubles. 
De laquelle sonune de dix mil cens trente deux livres II a faict deman- 
de a Mr Jean Bourdon receveur des droits et deniers de lad Cunipngnie 
qui estoit chargé par lesd Commissions deii faire le ])a>enicnt dont il 



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-526- 

se seroit excusé, disant n'avoir de fonds en sa recepte, pour luoy le 
suppliant lauroit faict convenir et assignez pardevant le Sr Du ois Dc- 
vaugour gouverneur et juge dud pays pour y estre condamné et con- 
trainct, attendu que led Bourdon receveur avoit entre mains trente 
sept mil cinq cens seize livres appartenant a lad compagnie suivant son 
compte rendu aud Suppliant comme Intendant le 30e doctobre 1662 nc- 
nobstant quoy led Sr Davaugour auroit renvoyé la caust et les parties 
pardevant lad compagnie de la Nouvelle France : De])uis quelque 
temps led Sr Davaugour s'estant retiré desond gouvernemen, avec un 
son lieu et place le Sr de Mezy estai )Iy, par votre Mté avec un conseil 
et chambre de Justice Souveraine aud pays ; 'ed Du Mesnil Suppant 
auroict encore fait sa demande de dix mil cens trente deux livres aud 
• Bourdon receveur pardevant les officiers de lad chambre souveraine 
par libellé et concluons mises au grefïe de lad chambre le 2S septembre 
dernier 1663 ; en exécution de lordonnance de lad chambre du 22 aud 
mois précèdent, laquelle chambre n'a rien voulu ordonner sur lesd de- 
mandes, et conclusions, comme appert par acte dellivré par le greffier 
ordinaire d'icelle en datte du 21 octobre suivant, jour destiné ])our le 
parlement des navires de Québec pour retourner en France, auquel na- 
viie le Suppant s'est embarqué ses commissions estant finies, pour les- 
quelles Il n'a touché que trois cens livres et a perdu son fils assassiné 
par les comptables dud pays qui nont voulu rendre compte aud Supp- 
ant Intendant et ont pillé sa maison ses meubles et papiers le 20 dud 
mois de Septembre dernier dont il a acte. 

A ces causes Siie vous plaise ordonner que les associez de lad com- 
pagnie de la Nouvelle France, payeront aud suppant leur Commission- 
re lad somme de dix mil cent trente deux livres a quoj- Ils sont tenus 
par leurs d commissions, si mieux n'axment qua lad somme soit prvse 
par led Suppant sur le remboursement quils espèrent de vostre Maté 
pour avoir remis entre les mains led pays de la Nouvelle- France, et en- 
core que led Suppant sera payé sur led remboursement de la moitié 
des autres deshérances en héritages suivant lestimaon qui en sera faite. 
Et cependant qu'il demeura tenu en souffrance et surséance des deniers 
dud remboursement la sonune de trente mil livres, jusqua ce que lesti- 
maon soit faicte de soixancte huict successions vacantes par deshéran- 
aud pays, suivant les états mémoires et pièces qui ont esté spoliées aud 
Dume.snil Suppant lors du ].lllage de sa maison, la restitution desquel.-, 
diapers lad Conijne de la Nouvelle France sera tenue ]ioursuivre contre 



'î >-;I.t)p 



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-227- 

les spoliateurs estant lad injure faite a leur officier en hayne de ses 
commissions et pour en empêcher leffet comme il offre veriffier. Et le 
Suppaut continuera a prier dieu pour la prospérité et santé de vostre 
majesté 

Peronne du Mesnil 



MÉMOIRE DU SIEUK GAUDAia DuPONT à MgR COLIÎERT 



Monseigneur de Collbert 
Monseigneur 

Si je ne vous ay Entretenu a mon retour de Canada ni de bouche 
ni par escript deds affaires qui concernent le Sr du Meny Cest questant 
une toute particulière Et qui ne regardait point celles du Ron- je ne 
lay pas jugée digne d'interrompre vos plus Importantes occupations 
destinées au service de S. Mté et de Testât. 

Mais puisgu'il vous plaist d'en estre Informé pour voua en esclair- 
cir plus facilement je les reduiray a deux points. 

Le premier qui touche ses prétendus moiens pour faire revenir a 
S. Mté des sommes Immences de deniers est aussi spécieux qu'en Sa 
Suite II se trouverra non seulement faux mais qu'il na aucune aproéxd 
du vray semblable. 

Le second a iiour object sa personne et les procédures faictes con- 
tre lu}- par ordre du Conel souverain establi a Québec suivant llnteu- 
tion de Sad Mté. 

Quant au premier vous aures sil vous plaist monseigneur agréable 
que je vous dize que deu.\ ou trois jours après mon arrivée a Québec 
Led Sr du Mesnil nie fist l'honeur de me venir voir Et nie proposa quil 
avoit des moiens pour faire revenir a Sad Mté une somma de Trois a 
quatre millions de livres sans me les expliquer fondés sur les divertis- 
sements faicts par ceux qui aurint manié ou administré les deniers pu- 
blics. 

Il fault advouer que d'abord j'ai trouvé sa proi^ositioii fort belle 
quant à la somme L't cjue si il la vous a\oit faicte semblalile (jue vous 
nion.seisrueur n'en auriés esté nioint touché que mov. 



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™2'28— 

Mais aiant faict reflexion sur limmensité de la Soe Le jieu d'apa- 
rence Je la recouvrer Le faux fondement pour la composer. Les Infail- 
libles nulités de ses moiens Jay esté facilement convaincu quil e.stoit 
non seulement Inutile de vous en parler mais tout a faict hors de pro- 

Deux o^ trois raisons, Monseigneur vous feront Cognoistre la vé- 
rité que je soutiens. 

La première vous dira que tout l'argent qui a passé de France en 
Canada procède ou des deniers envoyez par la compagnie qui en avait 
ci devant la concest-ion de kd Mté ou des charités qui ont esté faictes 
a l'instance des R P Jesuistes pour la construction des Eglises Esta- 
blissemt de l'hospital des R mères ursulines et de leurs édifices ou des 
emprunts qui ont esté faicts pour subvenir aux nécessités de la Com- 
munauté du pais. / 

Quant a ce qui procède des charités Et qui compose sa plus forte 
part des moiens dudt Sr du Mesnil II doibt estre distraict de ses préten- 
tions Elles nai>partiennent point a la conmiunauté de Canada ni a Sa 
Mté Et la disposition en a esté laissée à la probité de ceux qui les ont 
procurées Et a lesgard des sonnnes empruntées Elles ne regardent que 
la seule communauté de Canada et par ainsi doibvent estre di.straictes 
pareiilenient des mains dudt Sr du Mesnil. 

Reste donc a discuter ce que Ion se peult promettre des deniers 
transportés de France audt pais de Canada provenans des envois de 
ladt Compagnie sur les quels on peult fonder divertissements et resti- 
tuons. 

Un seul moien mon Seigneur suffira pour vous faire paroistre la 
faiblesse du fondement questablira Ledt Sr du Mesny pour compo.ser 
ceste sonnue immense. Cest le desdommagement que la Compagnie de 
Canada demande à S. Mté pour les dépenses pas elle faictes et lesta- 
blissement des colonies dudt pais dont il faudroit encore distraire les 
somme utillement employées de manière que le.sdt moiens dud Sr du 
Mesnil se reduiroient presque a rien. 

Je ne vous en diray pas d'advantage Monseigneur sur ce subject 
remetant à vos lumières lentière discution des proposition dudt Sr du 
Mesnil quelles ne jugeront pas moins esloignées de la vérité que de la 
facilité de les faire réussir. Tùut/. les hahitans de Canada ensemble ne 
possédant pas la (luatriesme partie de ses prétentions. 



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—229— 

Je viens donc à ce qui conceine sa personne et les poursuites faites 
contre îuy de lauthorité dudt Conseil de Québec. 

Vous scaurés sil vous plaist Monseigneur qu'au paravant lEstablis- 
semcnt faict en lannée dernière le greffier du conseil fit sa plainte con- 
tenant que ledt Sr du Mesnil avait suborné son commis et par son 
nioien soustrait plusieurs papiers dudt greffe et mesme rompu une fe- 
nestre dud greffe et Enlevé par ceste ouverture d'autres papiers dud 
greffe. Ladvis du changement du gouvernement suspendit la poursui- 
te de cette plainte. 

Quelques sept ou huit jours après lestablissement du Conel souve- 
rain En conséquence des lettres patentes de S. Mté Le procureur gnal 
dud Conel Jugeant quil estoit de .sa charge de reprendre les (illisible) 
de cette plainte pour ne pas laisser un tel atentat Impunis fit sa reqte 
verballe audt Conel tendante a ce quil Iuy fust décerné commission 
l)our Informé contre led Sr du Mesnil et que sy ledt Sr du Mesnil avoit 
admis de lad commission quil ne manqueroit pas de destourner lesdt 
papiers demandoit quil lu\- fust permis de saisir et séquestrer Iceux et 
aposer le sceau au coffre ou armoire en laquelle se trouveroient lesdt 
papiers et pour ce faire quil pleu.st audt Conel nommer tel commisre 
quil jugeroit a propos 

Ledt Conel entérinant la reqte dudt procureur gnal nomma ledt 
Sr de Villeray pour en la présence dudt procureur gnal et assistance de 
•son greffier vacquer a ladt Information saisie séquestration desdt pa- 
pier et aposition de sceau. Et d'autant que ledt Sr du Mesnil estoit 
estimé homme violent Et quil pourrait faire quelque boutade pour don- 
ner main forte à la justice Monsr le gouverneur fust prié par ledt Con- 
sel de faire Escorter led Sr Comnii-ssaire par quelque nombre de sol- 
dats. 

Ledt Sr de Villeray assi.sté comme dict est pour lexécution de sa 
commission se transporta au logis dudt Sr du Mesnil Idi.ssant a quar- 
tier lescorte de .soldats pour .sen servir en cas de be.-oin. 

Ledt Sr du Mesnil ne trompa pas l'opinion que Ion avait eue de .sa 
violence fit grand bruit cria aux voleurs voulant e.smouvoir son voisi- 
naige outrageant d'Injures Le.sdt Srs de Villeray et procureur Gnal 
avec grand mespris et lauthorité du Conel refu.sant mesme de le recog- 
noi.stre. 



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-230- 

Ce qui n'empescha pas ledt Sr de Villeray dexecuttr sa coniniis- 
sion de saisir les papiers dudt Sr du Mesnil et les faire mettre dans un 
coffre de bois en la présence dud Sr du Mesnil qui en donna la clef y 
aposer le sceau et iceluy sequestreres mains d'un voisin dudt Sr du 
Mesnil et de son consentement. 

Le Landemain ledt Sr de Villeras- raoorta sou procès verbal audt 
Conel atesté dudt procureur Rual et signé du greffier dudt Cunel Et 
sur les injures violences et irrévérences y contenues tant contre ded Sr. 
Commissre que lauthorité du Conel f ust décerné un décret c'e prise de; 
corps contre ledt Sr du Mesnil dont jempesché lexecution. 

Un jour ou deux après je partis pour mon voiage des trois rivières 
Et ^lontréal distant de Québec de soixante lieues ou jemploye seize a 
dix sept jours. 

A mon retour je trouvé les choses comme je les avais laissées El 
que Ion avoit point procédé a llnventaire des papiers dudt Sr du Mes- 
nil qui me mit en main sa reqte tendant a ce que les papiers luy fus- 
sent rendus au moins ceux qui le concernoient Et Lemploy quil avoit 
pour Ladt Compagnie Et que les Srs de Villeray deux ou trois autres 
conrs et procureur Gnal sabstiussent de la cognoissance de ses affres ce 
qui estoit récuser tant le Conel et par conséquent ne recognoistre au- 
l'uns juges. 

Sur le faict des récusations II fust ordonné que dans trois jours II 
douneroit ses causes Et moiens de récusation et quant a ses papiers que 
le coffre dans lequel ils estoient enfermés soubs le sceau aposé par ledt 
Sr Commissre seroit le lendemain matin représenté en la chambre dudt 
Conel par le séquestre pour en la présence dud Conel dudt Sr du Mes- 
nil le sceau apozé par ledt Coinniissre estre recognu et faicte ouverture 
dudt coffre ce qui fust faict le lendemain ied sceau recognu estre en son 
entier et ouverture faicte dudt Coffre Et Ledt Sr du Mesnil mis a mes- 
me de ses papiers pour voir ceux dont il pretendoit se servir. Mais 
comme l'heure pressoit quil estoit fort tard et que Ledt Sr ne jugeât 
pas avoir besoin pour lors de ses papiers II les remit roulez de sa maiu 
propre dans ledt coffre en présence dudt Conel Et ledt coffre refermé 
Et le sceau de rechef apo/.é II fust ordonné que Ledt coffre demeure- 
roit au greffe Et la clef diceluy mise es mains de Mr le Gouverneur Le 
tout du consentement dudt Sr du Mesnil pour les jours suivant.'; procé- 
der a, la description de.sdt Papiers. 



>\-rJ ■.;! ^•< j!.-»; (:,, Ki{ 









—231 — 

Ledt S" du Mesnil me mil en mains ses causes et moiens de recu- 
^tion contenant du moins une demy main de papier dont je ne peult 
faire mon raport la saison de nostre embarquement nien estant le moi- 
en si bien que je fus obligé de les luy mettre es mains avec d'autres pa- 
piers quil pretendoit servir à la vérification desd causes et moiéns de 
récusation. 

Quant a ce que Ledt Sr du Mesnil vous a dict que ledt Sr de Vilk- 
ray Comniissre et le Sr Bourdon j^rocureur Gnal sont ces parties Et 
que ce sont eux contre qui il ])retend de grandes restituons II e;5t vra>- 
Monseigneur que ledt Sr de Villeray est contable de quelques sommes 
non de son chef mais a caus de son beau père dont il prétend avoir les 
descliarges en bonne et deue forme. J'en puis dire de mesme du Sr 
Bourdon Contable de son chef L'un et Lautre m'ont voulu faire voir 
leurs comptes ce que le temps ne ma pas permis. 

Il est vraj- que contre un résultat faict entre Mr le gouverneur Mr 
Levesque de Pétrée et moy Lon a nommé plusieurs Coners qui ont ad- 
ministré les deniers publics mais après avoir jette les yeux sur plusieurs 
personnes pour com]X5ser led Con^l je n'en avoient point trouvé de 
plus capables Lon a esté nécessite de se servir et d'employer ceu.x qui 
le compo.sent. 

Si Monseigneur en lisant les observations que je vous ay données 
sur mes instructions vous avez pris garde à ce que j'en ay dit vous en 
aurez remarqué que toutz lesdt Conseiirs sont hommes sans lettres de 
peu dexperience et de pratique et presque toutz incapable de bien ré- 
soudre une affaire «le conséquence. 

Cest Monseigneur tout ce que je vous puis donner desclaircisse- 
ment sur les affaires dudt Sr du Mesnil dont .e ne me suis point char- 
gé ni des procédures faictes contre luy avec toutes les formalités re- 
quises en un faict duquel ilagis.-.ait lesquelles sont demeurées au greffe. 
Si j'avais cr ue que vous les u.ssiez dé.sirées je naurois pas manqué 
a les aportée non ]i!us que obéir ponctuellement a toutz les ordres et 
conunandementz qui me viendront de vostrc jXirt connue estant 
Moustigueur 
Votre très humble et très obéissant serviteur 

GaI'DAIS 1)1- POiVT. 



■.i).'i 



-232- 

MICEON DE BRANSSAT 



Avant de fournir quelques notes sur la carrière de M. Migeoii de 
Branssat, nous allons essayer de régler la question du nom de ce per- 
sonnage. 

*** 

Le 21 novembre 1662, un Jean-Baptiste Mignon (ne pas confondre 
avec Migeon), soldat de la garnison de Villemarie, fait, ainsi que la 
plupart des jeunes gens de la seigneurie, la promesse écrite (i) de défri- 
cher quatre arpents de terre. (2) 

Disons de suite, qu'il ne faut pas s'imaginer que les soldats de la 
garnison étaient tous de pauvres diables. Plusieurs paraissent avoir 
été fils des familles nobles ou bourgeoises qui s'engageaient par esprit 
d'aventure sinon pour d'autres causes. (3) 

Donc, un nommé J. B Mignon est soldat en 1662 11 est parrain, 
le 23 novembre 1663. Cette même année, une justice royale ayant été 
établie à Montréal, les Seigneurs qui ne voulaient pas se laisser dé- 
pouiller de leur droit de justice et qui .semblent cependant ne pouvoir 
continuer M. de Maisonneuve dans sa charge de juge, nomment M. 
Charles Dailleboust pour lui succéder et J. B. Mignon comme procu- 
reur fiscal. 

Ce dernier signe, d'une fort belle écriture : Le Mignon pio. fiscal, 
à l'élection d'Urbain Baudereau au poste de syndic de la comnunauté 
des habitants de Villemarie, le 21 décembre 1663. 

L'année suivante, le 6 mars 1664, le même colon signe encore 
Le Mignon, au procès verbal de ratification de l'élection de cinq juge'* 
de police. 

C'est la dernière fois que ce Mignon figure dans les documents. 
*** 

Arrive maintenant la complication. 

[l] Archives du Siminaire de MoiiJrcnl. 

[2) M. de Miii«onneiive veniiil .l'invikT, pur r.V'lemi'iit. les solitut». i.TipflK'irs l't dumi-tiiiues .lu 
lion, :\ di'fricher ou (iiire lii'lrielier un ccrliiin noinlire d'urpeLts, sur le domiiino M-iKiK-iiriul (lu sept 



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-233- 

Le 14 juillet 1665, Jean-Baptiste Migeon, marchand, est parrain 
et, le 2') novembre 1665, a lien le mariage de Jean Baptiste Migeon de 
Branss it avec Catherine Gauchet de Belleville. 

Le marié signe : Migeon de Branssat et son écriture est bien dif- 
férente de celle de Le Mignon. 

Au recensement de 1666, J. B. Migeon est commis de la Compa 
gnie des Indes. A celui de 1667, il est dit procureur fiscal. 

Voici donc qu'apparaissent successivement, dans la même charge, 
un Jean- Baptiste Mignon qui signe Le Mignon et un Jean-Baptiste Mi- 
geon qui signe Migeon de Bran.ssat ! Paillon a fait un seul et même 
ndividu de ce Mignon et de ce Migeon, mais a-t-il raison ? (i) 

Il est difficile de partager son opinion lorsqu'on compare les deux 
signatures ou l'orthographe des deux noms dans le texte des actes no- 
tariés et de l'état civil. 

*** 
Par ailleurs, il est à propos de noter que dans son acte de mariage, 
comme dans les autres documents, J. B Migeon signe toujours Mi- 
geon de Brans-at, jamais Branssac, ainsi que des historien.-^ l'ont écrit. 
Branssat est le nom d'une commune sise près de Saint- Pourçain, 
département de l'Allier. 

*** 
Après avoir été commis de la Compagnie des Indes et pendant 
qu'il fut procureur fiscal, puis juge seigneurial, ^L Migeon de Brans- 
sat parait s'occuper de culture et de traite ; cela ressort de nombreux 
actes d'engagements, de sociétés, de location, etc., que l'on trouve dans 
l'étude de Bas.set. 

En 1675, le 3 avril (Basset) MM. le curé et les marguilliers se 
plaignent que M. Migeon de Branssat a surjiris la "religion" du procu- 
reur général du conseil de Québec et lui a fait rendre un arrêt, en date 
du 4 mars précédent, par lequel le marguillier Anbuchon dit Lespé- 
rance est qualifié de "désobéi.ssant et rebelle aux ordres Je sa Majesté" 
et ce .sans raison, puisque les marguilliers ont cédé "le pas et le rang" 
aux officiers de justice depuis la déclaration de la volonté <Ui roi et du 
Con.seil, il y a vingt mois. 

Le 8 avril suivant, M. de Branssat et son sui)stitut Jehan Gervai- 






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—234— 

se recounaissenl qu'ils ont marché après le Coiimiandant (M. delà 
Nouguère), mais ils veulent avoir en plus, la préséance sur les niar- 
guilliers pour "le pain bénit, les questes, la paix, les cierget, les cen- 
dres et les rameaux", tel que cela avait été réglé par M Perrot, en 
1673, puis par M. de la Nouguère. 

L'initiative de cette plainte appartiendrait à M. le Bailli ou juge 
seigneurial, Charles Dailleboust des Musseaux, mais celui ci est, dans 
le moment, "absent à cause de son infirmité et maladie". 

Dans cette pièce, M. de Braussat prend le titre de "licencié eu 
lois et avocat en parlement". 

On .se montre favorable à la plainte des fonctionnaires et. le iS 
juin 1675, Basset rédige une déclaration par laquelle les curé , mar- 
guilliers et bedeai s'engagent à rendre aux officiers de justice les hon- 
neurs- qui leur so.it dus, en la manière édictée par le Souverain. 

Le 26 août 1677, M. Migeon de Braussat est nommé bai'.li, juge 
civil et criminel de la Seigneurie de Montréal, (i) M. Charles Dail- 
leboust qui perdait cette charge en appelle au Conseil Souverain par 
son fils, Louis Dailleboust. 

Celui-ci invoque que son père a été officier de justice dejiuis près 
de dix-huit ans (2) ce qui le 7 end deux fois vétéran : qu'il a été nommé 
par l'abbé Souart, en récomjiense de ses services, par provisions du 27 
septembre 1666 et assermenté par Z. Dupuis, alors commandant de 
Montréal, le 25 janvier suivant. 

Le Conseil, toutefois, pas.se outre et confirme la nomination de Vl. 
Migeon de Braussat. 

Le 30 septembre 1677. ce dernier prononce son discours d'instal- 
lation et l'événement est consigné dans le Registre du tabellionnage de 
Montréal. 

M. de Bran.ssat con.serva sa charge de juge ju-qu'à .sa mort, sur- 
venue au mois d'août 1693, c'est-à-dire j)endant ])rùs de .seize ans. 



—235— 

Jean-Baptiste Migeon de Branssat, fils de Jean Migeon et de Mar- 
guerite Desbordes, naquit à Saint-Pierre de Moulins en Bourbonnais, 
vers 1659. Neveu de l'abbé Souart, curé de Montréal, puis supérieur 
du Séminaire, il épousa à Montréal, le 26 novembre 1665, Catherine 
Gauchet de l'elleville, qui était cousine du même abbé. 

Mademoiselle C.auchet, originaire de Senlis, traversa en Amérique 
avec la recrue de 1659. Son père, noble homme Claude Gauchet. était 
lieutenant du roi au Havre eni66i (i). En venant à Villemarie, 
Catherine Gauchet avait l'idée de .se faire religieuse, mais elle aban- 
donna son projet pour .st; marier. 

Vingt ans après la mort de son mari, elle revint à ses premières 
intentions et, vers 171.^, âgée de 70 ans, dame veuve Migeon entra 
chez les Hospitalières de Montréal où elle décéda le 14 mars 1721. 
après avoir fait profession. (2) 

■ Un des fils de Migeon de Branssat, suivant la coutume du temps, 
ajouta le nom de sa mère au sien et devint Daniel Migeon de la Gau- 
chetière. Ce dernier nom est aujourd'hui portée par une rue du cen- 
tre de la ville. 

Une fille, Marie-Anne Migeon, née en 16S5, fut religieuse Ur.suli- 
ne ; une autre Den'se Thérèse é]JOusa en 1692, Charles Juchereau qui — 
.succéda à son beau-père dans sa charge de juge, en 1693. 

E. Z. MASSICOTTE 

QUESTIONS 

, Comment les Chavigny de la Chevrotière sont-ils venus en posses- 
.sion de la seigneurie de la Chevrotière ? _ P.B^ 

— M. Jacques X.in de Fossambaalt, qui a donné son nom à la sei- 
gneurie de Fossambault, est-il bien venu dans la Nouvelle- France ? 

GKO. A. 

— Pour étudier l'ancienne tenure seigneuriale au Canada quels 
sont lef ouvrages à consulter ? HIST. 

— Peut-on reconstituer la liste des livres, brochures, tracts, etc., 
publiés sur la célèbre affaire Guibord où il s'agi.ssait de l'inhumation 
d'un exconnnunié dans un cimetière catholique et qui fut portée jus- 
qu'au Conseil Privé de Sa Maje.sté par l'ancien In.stitut Canadien de 
Montréal ? BIBLIO 

Ou trouve-t-on la jireuve que Robert Giffard, premier .-^eigneur de 
Beaujiort, était médecin ? _ B F. 

Les Bes.serer, de la province de Québec sont-ils de descendance 
irlandaise, ainsi qu'on l'a écrit plusieurs fois ? ALB. H. 

—Quel e.st cet Adrien d'Abancour dont on signale la mort tragi<|Ue 
à la Pointe à la Caille en mai 1640 ? A.B. 

1. R.'K-istru ilol\t,U civil,: jiui. \M. 
'.> .Viiim:iiri; jo villiMU.irk', 11, p. 11. 



rv-<:i.JO 






—236 — 

La famille du légiste François=Joseph Cugnet au C.tik'da 

Avons-nous encore au Canada des memnres de la famille du légiste 
François-Joseph Cugnet ? 

Le premier Cugnet venu au Canada, François-Etienne Cugnet, 
passa ici vers 17 19, avec sa femme Louise-Madeleine DuSautoy. En 
1720, on voit qu'il est directeur de la ferme du Domaine d'Occident. 

François-Etieinie Cugnet joua ici un rôle assez brillant. On trou- 
vera une notice sur lui dans la Presse d'd 18 juin 189S. 

François-Etienne Cugnet décéda à Québec le 19 août 1751. 

Sa veuve, Louise- Madeleine DuSautoy, lui survécut trente-deux 
ans et décéda à Beauport le 24 août 17S3. 

De leur mariage étaient nés six enfants : 

1. François-Joseph Cugnet, le fameux jurisconsulte, celui qui 
C(«ntinua la lignée au Canada. 

2. Charles-Henri Cugnet né à Québec le 25 novembre 1722. 
Décédé au même endroit le 25 novembre 1722. 

3. Louis- Charlotte Cugnet née à 

le 1723. Mariée, à Québec, le iS juillet 

1747, à Louis Liénard Villemonde de Beaujeu, le frère du vainqueur 
de la Monongahéla. Madaine de Beaujeu décéda à Québec le 29 août 

1748, un peu plus d'un an après son mariage. M de Beaujeu se 
remaria avec Marie-Geneviève LeMo3-ne de Longue uil, et décéda à 
l'île aux Grues le 5 juin 1S03. • ' 

4. Jean-Baptiste Cugnet né-à Quél^ec le 26 mars 1726. Il est 
mentionné au recensement dt Québec en 1744 et on le dit âgé de 16 
ans. 

5. Thomas-Marie Cugnet né â Québec le 14 février 1728. Il fut 
conseiller au Conseil Supérieur de la Nouvelle-France. Après la 
conquête, il passa en France où il mourut au commencement du dîx- 
neuvième siècle. Il avait épousé, à Montréal, le 16 janvier 1756, 
Marguerite Charl\-, fille de Jacques Ch?rh- et de Thérèse Charets. Sur 
Thomas-Marie Cugnet, voir la Pusse du 25 juin 189.S. 

60 Gilles-Louis Ci-gnet né à Quel ec le 11 juin 1731. 
Ordonné prêtre le 14 juillet 1754. Il fut chanoine du cliapitre de 
Québec. Passé en Angleterre, par un vaisseau anglais, à l'automne de 
1759, il .se rendit en FVance où il décéda quelques années ]>lus tard. 



.b'!:0 aii î^fri-iuDîim 







^'r:' 








—237— 

François-Joseph Cugnet, le fils aîné de François-Etienne Cugnet, 
est celui qui a jeté le plus de splendeur sur le nom de Cugnet. Il na- 
quit à Québec le 26 juin 1720. 

Il décéda à Québec le 16 novembre 1789. 

On trouvera une belle esquisse de sa vie dans la Presse des 2 et 9 
juillet 1898. 

François-Juseph Cugnet avait épousé, à Québec, le 14 février 
1757, Marie-Josephie de la Fontaine de Belcour, fille de Jacques de la 
Fontaine, conseiller au Conseil Supérieur, et de d.'funte Charlotte Bis- 
sot. . . 

Madame Cugnet décédé à Québec le 25 juin im6. 
Nous leur connaissons cinq enfants : 

1. Jacques-François Cugnet né à Québec le 21 novembre i757- 
Il fut avocat et traducteur français du gouvernement. Il était loin 
d'avoir les talents de >on père. M. Cugnet décéda à Québec le 6 avril 
1797 II avait épousé, à Québec, le 23 mai 1791. Angélique LeComp- 
te Dupré, fille de l'honorable Jtan-Baptiste Le Compte Dupré et de 
Catherine Martel de Brouague. Madame Cugnet survécut 63 ans a 
son mari. Décédée à l'Hôpital-Géuéral de Québec le 28 octobre 1860, 
elle fut inhumée dans la chapelle du monastère des Ursulines de Que- 
bec Elle n'avait eu qu'un enfant mort au berceau 

2. Marie-Joseph Cugnet né à Québec le 16 août i759- Décède 
au même endroit le 11 décembre 1759- 

3. François-Etienne Cugnet né à Charlesbourg le 19 mars 1761. 
Probablement décédé en bas âge. ^ _ 

4. Jacques Cugnet né à Québec le iS décembre 1762. Decede a 
Québec le 21 .septembre 1769 

5 Antoine Cugnet né à Québec le 15 octobre 1766. Bourgeois. 
Décédé à Québec le 23 mai 1829. Inhumé dans l'église du faubourg 
Saint-Roch. 

I e nom de Cugnet s'est donc éteint au milieu de nous en 1860, a 
la mort de madame Jacques-François Cugnet. Il est po.ssible que le 
nom de Cugnet .se suit perpétué en France par le conseiller au Conseil 
Supérieur Thomas-Marie Cugnet qui lais.sa le Canada après la conqi e- 

te. 

P. S. Dans le Ihilhiin des Recherches Historiques, vol. I\', p. 209, 
M Philéas Gagnon nous fait connaître un Nicolas Cugnet ^\»\ en 



-238— 

i759> aurait trahi son pays en donnant des renseignements aux An- 
glais pour faire remonter leur flotte jusqu'à Québec. Ajjrès la con- 
quête, il fut récompensé par les nouveaux maîtres du pavs (|ui lui don- 
nèrent une place de messager au Conseil. Ce Thomas Cugnet ne nous 
semble pas appartenir à la fa.uille Cugnet dont nous venons de tracer 
la descendance. 

P. G K. 



Lettre de Louis XV, au marquis de Beauhar- 
- nois, gouverneur de la Nouvelle-France, 
4 septembre 1729 



Mens, le marquis de Beauliarnois, de toutes les grâces qu'il a plu 
à Dieu de répandre sur moy depuis mon avènement a la Couronne, 
celle qu'il m'accorde aujourd'huy par la naissance d'un fils dont la rei- 
ne très chère épouse et compagne vient d'être heureusement délivrée 
est la manque la plus sensible que j'aye encore reçue de sa protection. 
J'y suis d'autant plus sensible qu'en comblant mes vœux et ceux de 
mes peuples elle assure le bonheur de mon estât. C'est dans le senti- 
ment de la plus juste reconnaissance que j'ay vu un événement si avan- 
tageux que je crois ne pouvoir trop tost rendre à la divine ]5rovidence 
les actions de grâce qui luy en sont dues, j'ai donné ordre au S. éves- 
que de Québec de fairs chanter le Te Deum dans l'église catliédralle et 
autres de son diocèse et je vous escris en même temps cette lettre pour 
vous dire que mon intention est que vous y assistiez ainsy qu'à la i)rc- 
cession généralle qui sera faitte, que vous y fassiez assister les officiers 
du Conseil Supérieur, que vous fassiez allumer des feux, tirer le canon 
et donner en cette occasion les marques de réjouissance accoutumées 
sur ce je prie Dieu qu'il vous ait M. le marquis de ]3oauharnois en sa 
sainte garde. Escrit à Versailles le (|Uatre septembre mil sept cent 
vingt neuf, Signé Louis et plus bas Pliely peaux." 



ilq')y. ^ 



-230- 

Madame Boisberthrlot de Beaucours 



Sous le régiiiie français, les testaments olographes faits par des 
femmes ne sont certainement jias communs, car jusqu'à présent, je 
n'en ai trouve qu'un seul. Ce document vaut la peine d'être repro- 
duit tant à cause de sa rareté et de sa rédaction qui n'est pas ordinai- 
re, que parce qu'il émane de damoiselle Aubert de la Chesnaye, veuve 
de Boisberthelot de Beaucours, lequel a joué un rôle dans notre histoi- 
re. 



Gabrielle-Françoise, fille de Charles Aubert de la Chesnaye et de 
sa troisième femme, Marie- Angélique Denis, naquit à Québec au mois 
de mars 1687 (i). 

A 17 ans, elle épouse, ea premières noces, à Québec, le 3 févritr 
1704, Paul LeMoyLe, sieur de Maricourt, qui décède à Montréal et est 
inhumé le 21 mars 1704. 

Madame de Maricourt n'avait été mariée que six semaines et quel- 
ques jours ! Après neuf années de viduité et n'ayant que 26 ans, elle 
convole, à Québec, le 15 novembre 1713, avec M. Jean-Maurice Josué 
de Boisberthelot de Beaucours qui dépassait la cinquantaine. 

Arrivé au Canada en 1688, alors qu'il n'était qu'enseigne, M. de 

Beaucours guerroxa pendant longtemps, occupa diverses fonctions, fut 

nommé gouverneur de Montréal en 1733 puis mit à .sa retraite en 1748. 

Enfin, il décéda, à Montréal, le 9 mai 1750, à l'âge avancé de S8 ans. 

* * 

Madame de Beaucours continua d'habiter Montréal et c'est dans 
cette ville qu'elle rédige son testament au mois de juillet 1750. 

Les admirables sentiments dont se pa;e la testatrice, les renseigne- 
ments menus, mais intéressants qu'elle donne sur sa famille, la vive 
tendresse qu'elle témoigne à sa nièce, .son "aimable Catin", l'heureuse 
tournure de sa phr-i>e. ri>l je d'écrire elle-mcmc ses dernières volontés 
à une éiwque où l'on ne testait d'onliuaire que devant un tabellion, 
tout cela paraît indupier (pic Matlanie de Beaucours avait, à la fois, de 

0) Surirs.MllHJt ili'la ClK-Mnivi.'. v,,it IV C, lîuy, I.AIA.MIM.K .VCllKliT DK (I.VSl'K. 



^,!-.F!)i-->ti2ioîi'jmi>bhîi' 



-240— 

l'énergie, du dévouement, de la bonté et de l'instruction, bref, qu'elle 
devait être une femme d'élite pir le caractère comme par la naissance, 
digne en tous points de son cher époux dont les anciens documents 
louent l'honnêteté, l'urbanité et la bravoure. 

Voici ce qu'elle écrivait : 

JÉSUS Marie Joseph 

Au nom du père, du fils, et du saint Esprit, je gabrie'e françoise 
aubert veuve du boisberthelot de beauconrs étant par la grâce de dieu 
saine de corps et d'esprit : désirant Employer ce qui me reste de vie à 
me préparer à la mort ; et considérant que la disposition des biens qui 
sont aujourd'hui Entre mes mains. Est une des principales chose dont 
j-'aurai à rendre compte à dieu ; j'ai résolu de faire mon testament, 
et pour cet effet après m'être retirée dans ma chambre, et avoir de- 
mandé à dieu les lumières qui me sont nécessaires pour faire cette der- 
nière action de ma vie, comme j'aurois dû faire toutes les autres, c'est- 
à-dire, dans son ordre, et par la seule vue de lui plaire ; pour satisfaire 
aussi aux obligations de ma conscience, et de celle de tous ceux dont 
dieu a permis que j'aye recueilli les successions : j'ai fait et Ecrit mon 
testament comme il s'ensuit, sans induction ni suggession de personne 
et de ma franche et libre volonté : premierment, je recommande mon 
âme à Dieu, le suppliant d'en avoir pitié de ne ix)int entrer en juge- 
ment avec moy, de me pardonner mes péchez, de me faire la grâce 
d'employer ce qui me reste de vie à les Expier par la pénitence, et de 
mourir de la mort des justes, pour l'aimer à jamais dans le ciel c'est ce 
que je lui demanderai tous les jours de ma vie et ce que j'espère de sa 
miséricorde, par les mérites du sang de jesus christ mon sauveur, par 
lintercession de la très sainte vierge, et de tous les saints et saintes du 
paradis, et par la vertu des prières et mérites de tout ce qu'il y a de 
saintes âmes dans leglise catholique, apostolique et romaine, dans le 
sein de laquelle je veux mourir, comme Dieu ma fait la grâce d'y nai- 
tre et d'y vivre 

i. Je désire que mon corps soit inhumé à la paroisse de Montréal 
après trente heures de ma mort Expirées, auprès de mon cher Epoux 
Mous. Duboisberthelot de Beaucours et qu'il y soit porté .sans aucunes 
cérémonies, et je defens très expre.s.sément qu'il en soit fait aucune 
dans les services qu. se feront pour le repos de mon âme, s'entend 
poui le faste, ainsi point de distribution de cierges dans l'église, et 



—241 — 

l'ordonne qu'il n'v ait que trois cierges de chaque cÔté de mon corps 
le tout en cire jaune, point de respects humains dans cette occasion ; 
Et telle est ma volonté. 

3 J'ordonne qu'il soit dite trente trois messes le plus prompte- 
ment qu'il se pourra a la paroisse En l'honneur des années que notre 
Sei-neur a so.iiïert sur terre pour mon salut et dix sept aux Recolets 
avec p-omptitude et comme dans la disposition de mes biens je doit re- 
garder Jésus christ avans toutes choses, je me trouve obligée d'eu faire 
p.rt aux pauvres, Ton remettra à monr le curé cinquante francs pour 
donner aux plus nécessiteux, et pauvres honteux, que je veux que 
l'on distribue incontinent apics mou décès : j'ordonne aussy que 1 on 
donnera aux Religieuses hospitalires de montreal vingt six livres pour 
prier dieu pour le repos de mon âme : on leur remettra aussy cinq li- 
vres de cierges pour brûler devant le très saint sacrement En l'honneur 
des trois personnes de la très sainte trinité, pour le repos Et le soula- 
gement de l'ame de monsr de beaucours Et de la mienne : 4- 1'*^" 
fera dire vingt cinq messes pour le repos des âmes de ceux auxquels 
j'aurois pu faire quelque tort, dont je demande bien pardon a dieu ; 
=; mon desseins n'est point d'appeller ici aucuns de mes héritiers, qui 
consistent en ma chère sœur de la perrelleCO, et les Enfans de ma 
chère sœur dégoutin (2). qu'autant qu'il le faut pour faire valoir mon 
testament, qui est de donner à chacun d'eux un Ecu, ne me tai- 
sant aucun scrupule la dessus ayant eu soin des mères, Et d'une par- 
tie des Enfans, jusqu'à ce que je les aye pourvus Et mis à leur aise ; 
et je pense même leur avoir beaucoup plus donné, que je ne laisserai a 
ma chère Et toute aimable catin (3) qui m'assiste de ses bons soms 
avec toute la tendresse possible, et qu'il est juste qu.- je reconuoisse 
et que je veux reconnoitre c'est donc à cette chère Enfant Catherine 
françoise Eurrv de la perrelle (4) Epouse de monsr de Celoron, que e 
laisse et donne' tout mon bien meubles, conquets et actiuets, immeu- 
^TT^rançoise-Charlotte Aubert de la Chesnaye, née en 1697. 
M;-riée vers 1718 à François Eury. Sr de la Perelle. 

(2) Angélique Aubert de la Cl.esnaye. née en 1699 ; mariée eu 
I7!y à François-Marie Des Contins. Voir Roy, La famille Aubert d. 
(iaspé, pp. 65 et 6S. 

(3) Evidemment un nom d'amitié que la testatrice donnait a sa 
nièce, plus bas désignée par son nom véritable. 

(4) Fille de Frs F:nry de la Pérelle et Frse-Ch. Aubert, donc 
nièce de la testatrice. 



242 

blés, bijoux, sans aucune restriction pour qu'elle en puisse jouir sans 
que personne puisse l'inquiéter, ni nuire de quelque façon que se puis- 
se Etre Sa vie durante. Elle ne pourra cependant s'en défaire ni en- 
gager d'aucune partie; a plus forte raison le tout, souhaitant et désirant 
que ce qui en restera, quand dieu disposera d'elle, toit substitué à s>.s 
enfans ; et si elle juge à propos pour le leur conserver, le vendre Et 
s'en faire des Rentes pour en jouir, et après elle, les laisser à ses en- 
fans ; je l'en laisse la maitresse étant seure de toute sa tcndr<.ssi pt)nr 
eux ; qui me sont très chers venans d'elle, que j'aime et aimerai tonte 
ma vie de tout mon cœur. Enfin je veux et Entent que si ce présent 
testament ne peut valoir comme testament, pour quelque défaut de so- 
lennité, ou autrement, la présente disjiosition vaille comme codicille, 
tout ce qu'elle a eu de mo}-, ou que je lui donnerai de muu vivant 
est tout dans la même "ntention que ci dessus, telle est ma dernier vo- 
lonté ; je tacherai de fair aucunes dettes, si par hasar il s'en trou voit 
quelques uneo lo.'., de mon décès, je la prie de les acquitter sur ce que 
je lui laisserai 
fait à Montréal ce 5e juillet 
1750 

veuve aubert Duboisber- '''• 

thelot De Beaucours 

En outre, de mon plein gré Et volonté je done à monsieur feltz 
six franc pour les bon service qu'il m'a rendue Et que j'esi)ère qu'il 
voudra bien après ma mort Encore me rendre l'ayani choisie par testa- 
ment d'en Etie l'exécuteur et de tenir la mains ]iour que toutes ne.-. 
intentions soit exécutez article par article tel Est ma dernier volonté 
ce 30 may 1751 Veui-e aubert Duboisberthelot de Beaucours 

Je donne La liberté à ma servante Artemise en lui donnant mes 
bas, souliers, mes deux petits mantelets. Et la recommande à Mada- 
me de Celoron, que je suis persuadée qu'elle traitera bien. Aubert De 
Beaucours 

paraphé à Montréal le 14 mars 1759 

Guiton Monrepos 
Au dos, sans date : 

Et tout ce qui me viendra de France est à elle. 

Aubert De De Beaucours 

paraphé à Montréal le 14 mars 1759 

Guiton Monrepos. 

Madame de Beaucours ne survécut que neuf ans à son mari, b'ile 
quitta ce monde le 14 n;ais 1759, "à deux heures du matin", âgée de 
72 ans. 

Son testament qui ctaii enf'Tmé dans une enveloppe carrée, scel- 
lée avec soin, fut produit au tribunal le jour nicme du décès de la tes- 
tatrice. 

E.-Z. MAHsicuT-nc 



-243- 

Bro:kres publiées par M. Horace Têtu 



Histoiiqtic des Journaux de Québec. QUÉBEC, des presses à vapeur 
de Léger Brousseaii, 7, rue Buade-^1875. 

Journaux et revues de Québec, par ordre chronologique. QUÉBEC — 
1S81. 

Jonrntiux cl >evues de Monliéal,par ordre chronologique. QUÉBEC 
— 1881. 

Joutnaux et } crues àe Québec, par ordic chronologique. Troisième 
édition, québhc — 18^3. 

Histotiquc des /ournaux de Québec. Nouvelle édition revue, aug- 
mentée et annotée. QUÉBEC^lSSç. , - 

Journaux de Lévis. QUÉBEC- 1890. 

Journaux de Lévis, 2ème édition, revue et augmentée. ouÈbec 
-1894. 

Souvcniis inédits de l'abbé Painchaud, ancien curé de Ste-Anne de la 
Pocatiere Edition intime, québec — 1S94. 

Doyens du clergé canadien de la province civile de Québec. QU:îBEC, 
1896. 

Journaux de Lévis. 3me édition (revue et augmentée), québhc. 
1898. 

Noces de grâces à i IlAel-Dicu du Précieux-Sx'ig. quÉ3EC-i8;S. 

Résntiic histotiquc de V industrie et du commerce de Québec de JyjS à 

IQOO. QUÉBEC- 1899. 

Des missions. La Tribu des Hurons de 1626 à 1-62 inclusivement. 
QUÉBEC, 1902. 

Livre d' 01 du clergé canadien. QUÉBEC/ — 1903. 

Edijccs religieux érigés dans ta province de Québec sous la domina- 
tion Jrançaise. QUÉBEC- -1903. 

Oi^cau.v de cage. ouÉB!-;c-- 1906. 

Edijices leligieux érigés dans la piovinee de Québec sous la domina- 
tijn/iancaise' Nouvelle édition, quéhi-;c--- 1910. 

• , P. G. R. 



<oMldna '.^ :••'::•;(! 



...244- 

Biographies canadiennes 

André Grasset dk Saint-Sauveur.— M. de la Jonquière qui 
vint prendre possession du gouvernement de la Nouvelle- France au 
mois d'août 1749 avait amené avec lui son secrétaire, André Gra.-set 
de Saint- Sauveur. 

M. de la Jonquière n'était pas un lettré. Connue le dit son histo- 
rien, il aurait pu réjwndre à ceux qui ne lui trouvaient pas assez de 
lettres : "Entré dans la marine à douze ans. je n'ai pas appris les 
sciences, mais j'ai appris à combattre les ennemis ; mes combats et mes 
■blessures, voilà mes titres que j'ai achetés au prix de mon sang." 

Gra-sset de Saint-Sauveur, qui, quoiqu'en dise Montcalm, était un 
homme instruit et d'une habileté peu ordinaire, rendit de grands ser- 
vices au gouverneur pendant toute ^on administration. 

C'est sans doute pour reconnaître les services rendus par son .se- 
crétaire que dans son testament fait le 13 février 1752, un jitu plus 
d'un mois avant sa mort, M. de la Jonquière fit inscrire la clause sui- 
vante : 

"Veut que M. de Saint-Sauveur, son secrétaire, .soit nourri et logé 
au d. château (Saint-Louis) pendant trois mois, s'il le juge à propos (ij 

Après la mort de M. de la Jonquière arrivée à Québec le 17 mars 
1752, nous ignorons ce que devint M. Grasset de Saint-Sauveur. 
Peut-être servit-il M. Duquesne, successeur de M. de la Jonquière, en 
la même qualité ? 

Comme M. de la Jonquière, le dernier gouverneur de \'audreuil 
ne se piquait pas d'être un littérateur. Montcalm, qui le dcte.stait, 
dit dans une de ses lettres : "V^ous serez peut-être surj)ris que je lui 
jiarle (à Vaudreuil) du compositeur de ses lettres ; il convient qu'il 
n'en fait ni n'en dicte aucune". M. de Vaudreuil fut donc heureux, 
lorsqu'il i>rit le gou\-ernement du Canada, de retenir les services d'un 
secrétaire aussi accompli (?■> que Grasset de Snint-Sauveur, 

Le 4 octobre 1749, MM. de la Jonquière et Bigot informaient le 
ministre de la mort de MM. Taschereau et de Lotbinière, conseillers 
au Conseil Souverain, et suggéraient jwur les remplacer MM. Nouchet 

(i) Bulletin des Recherches Historiques, v(,)I. V, p, 271. 



'^\'[J-10 '■ 



.'-. :[, .. - \C 



—245— 

et de Saint-Sauveur. 

"Il vaque encore, écrivaient-ils, par la mort de Mrs Lotbinière et 
Taschereau deux plac-s de conseillers laïc. Elles ne sauroient estre 
mieux occupées que par le S. Nouchet qui est assesseur depuis deux 
ou trois ans et qui s'applique infiniment et par le Sr St Sauveur qui est 
un garçon de famille bien né et qui ayant fait ses études a esté reçu 
avocat Mr de la Jonquiîre l'a amené avec luy. Nous vous supplions 
de vouloir bien leur accorder ces deux places." ( i) 

Le 19 mai 1750, le président du Conseil de marine répondait à M. 
de la Jonquière qu'il approuvait le choix de MM. Nouchet et de Saint- 
Sauveur pour remplacer MM. Taschereau et Lotbinière. 

- M.VL Nouchet et Saint-Sauveur furent nommés le lermai 1750. 
M. Nouchet fut iu-tallé au Conseil Souverain le 12 octobre 1750. 
Mais il I, 'appert ] :.s que M. Saint-Sauveur ait jamais présenté ses 
lettres de pr .visions au Conseil. 

M. de Vaudreuil. le S novembre 1759. demandait au ministre la 
place d'inspecteur des mag.-isins pour M. de Saint-Sauveur. 

"Je me flatte, écrivait il, que dès l'année prochaine les dépenses de 
la Colonie diminueront considérablement, je me propose du moins de 
concourir en tout ce qui pourra dépendre de moi à la plus grande éco- 
nomie et si nous avons la paix connue elle est à désirer ou que mes oc- 
cupations soient moins grandes et moins urgentes quelles ne l'ont été 
jusqu'à présent : je prendrai les connaissances les plus exactes de l'ad- 
ministration des finances et des magazins du Roi. J'étois préoccupe 
de ces deux objets également intéressants lorsque j'eus l'honneur de 
vous demander la place d'inspecteur des magazins pour le Sr Saint- 
Sauveur mon secrétaire, je suis très sensible à la bonté avec laquelle 
vous avés bien voulu agréer cette proposition et à tout ce que vous 
m'avez fait l'honneur de me marquer à cette occasion par la Lettre que 
vous m'avés fait celui de m'écrire le 25 janvier. Cette place d'inspec- 
teur n'entrera vraissemblablement pas dans les éclairci.ss> ments que M. 
Bigot pourra vous doiuier du nombre des sujets de toutes espèces que 
chaque partie exige. Je conviens que le S. Saint -Sauveur sera le pre- 
mier sujet à qui Sa Majesté ait accordé un .semblable Brevet mais il est 

(I) Archives publi(iucs du Canada. Currespoiulance générale, 
vol. 93. 



—246— 

aussi vrai qu'il est très en état de s'en acquitter avec distinction et par 
les sentiniens que je lui connois et par les lumières et l'expérience qu'il 
s'est acquises depuis dix années qu'il a presqu'étc entièrement occupé 
des affaires du Gouvernement il seroit fort à désirer que vous voulus- 
siés régler ses fonctions de façon qu'elles ne puissent être susceptibles 
d'aucune difficulté ni contrariété quoiqu'il ait beaucoup de mérite et 
de zèle, je vous supplie Monseigneur de vouloir bien ne considérer que 
moi-même dans la demande que j'ai l'honneur de vous faire j'y serai 
extrêmement sensible j'ajoute que je suis si certain de la probité dudt 
S. Saint-Sauveur que je vous réponds de la fidélité de son administra- 
tion. Sa bonne conduite lui a aquis ma confiance et je pourrai m'en 
raporter aux comptes qu'il nie rendra de toutes choses et aux opéra- 
tions dont je le chargerai plus que je ne pourrois le faire à toute autre 
personne, se sera une grâce que vous m'accorderés et que je me ci ois 
fondé à vous demander en considération des anciens service^, dudt S. 
Saint-Sauveur et de ceux qu'il tst en état de rendre, il est fixé dans 
cette Colonie et tout l'engagera à s'y attacher s'il peut y être placé 
aussi convenablement que je le désire. ' ' ( i ) 

Mais la Nouvelle-France était déjà presque toute au pouvoir des 
Anglais et le ministre se contenta de répondre à M. de Vaudreuil, le 
26 janvier 1760, qu'il se souviendrait à l'occasion des bons témoigna- 
ges qu'il rendait au sieur de Saint-Sauveur. 

On sait qu'après la perte de la Nouvelle-France, les auteurs des 
"monopoles, abus, vexations et prévarications commis au Canada" fu- 
rent arrêtés et jetés à la Bastille. Une commission présidée par M. de 
Sartine et composée de vingt-sept juges au Châlelet, fut chargée de ju- 
ger les cinquante-cinq accusés. L'instruction dura quinze mois. 

Le jugement fut rendu le 10 décembre 1763. M. de Saint-Sau- 
veur avait cru plus prudent de ne pas retourner en France. La Cour 
décréta qu'il serait plus amplement informé contre lui. 

Lorsque M. de Saint-Sauveur vit que ceux qui avaient prévariepié 
s'en tiraient après tout à as.^^ez bon marché, il se décida à aller jouir de 
ses rentes eu France. Il parut à l'automne de 1764. Nous le voyous 
à Québec le 31 octobre 1764, préparant sou départ. Il dut s'embar- 
f|Uer dans les iiremiers jour.s de novembre 1764. 

70 Archives publicpies du Canada. Correspondance générale, 
vol. 104. 



-247— 

En a\Til 1765, avec ciiic[ autres des contuir.aces, IM. de Saint-Sau- 
veur se coa.-titua prisonnier. Il fi.t interné à la Bastille. Le Tribu- 
nal, après information, le mit hors de cour. il avait fait préparer par 
t.es avocats, pour convaincre les juges de son innocence, un factuni ou 
mémoirv; intitulé : Mcmoirc poKv le sicnr Andjé Grasset de Saint-San- 
veiir, ci-devaiit seeiélaire géuétal au goKZTrncincnt dit Canada, Nonvelle- 
Ftancc, ek. contre le prccureur-trcvéral delà Commission d7i Canada. 
Paris — 1765. 

On verra p;ir le petit détail s\ii\ant que M. de Saint-Sau\eur 
s'était amassé une jolie fortune ]>ei:dant ses quekjues années de séjour 
au Canada. Le 20 septembre 1767, le président du Con.seil de niarii.e 
priait ^L Fontanien d'examiner le mémoire de ^L de Saint-Sauveur, 
ci-devant .secrétrire de ?.L de Vaudieuil, qui demandait d'être pa\é 
sans réduction des 3i7,2<i2 livres de j.apiers du Canada dont il était 
porteu -. 

On lit dan-, un inér.ioire anonyme intitulé Mémoire du Canada : 

".\L de la Jonqiiière se fia tro]), ainsi qu'il s'en est expliqué lui- 
niénie, à un secrétaire m n;mé Saint- Sauveur. Car cet homme, sans 
honneur et sans sentiment, employait tous les moyens, licites ou non, 
pour faire fortune. Il demanda à son maître la permission exclufci\e 
de faire vendre de l'eau de \ie aux sauvages, ce qu'il obtint. l'es ce 
moment il s'attira la haine publique, ainsi que son maître, que l'on di- 
sait être de moitié dans ce trafic." 

Dans le même mémoire, lorsqu'il parle des fonctionnaires qui les- 
tèrent au Canada en 1760, l'auteur anonyme écrit : 

"Saint-Sauveur, secrétaire du gou\erneur, y resta aussi. ..J'ai eu 
le plai.sir d'ouïr dire de ce dernier, en niil-sept-centcinquante-rtuf. 
par M. Murra\-, gouverneur anglais, à (Québec, qu'il désirerait que Cet 
homme pût lui tonilier en main ; cpie si la France, ou jiour mieux dire 
le gouvernement français avait été indulgent, il avait toléré le vice en 
cet homme, il voudrait le'corriger ; que c'était itu traître à son maître, 
qu'il avait abusé de la confiance qu'il lui a\ait donnée, qu'on ne 
voyait en lui que friponr.erie, que ccnimen.e illiLite ; qu'il était yCnui 
lui-iuême de ra\eugki:icnl de ce général. On doute furt ipie cet h< 111 
me ose jamais passer en l'iance. II est constant (pi'il ji uit de plus de 
dou/e cent mille li\res 

Si nous n'avions (jue le témoignage de l'uuteur du Mt'mciit du 



-248— 

Canada, nous serions porté à pardonner beaucoup à M. de Sniiit-Sau- 
veur car cet auteur est ijlutôt porté à exagérer, mais Montcalni, l'hon- 
nête Montcalm, accuse aussi le secrétaire de M. de Vaudreuil. Dans 
son Journal, il écrit : 

"L'empirique M. Mercier, ri;j;norant et avide Saint-Sauveur, se- 
crétaire du général, gouverneront la machine. Il faut bien envoyer à 
la Belle-Rivière, puisque Saint-Sauveur et le chevalitr de Repentignj- 
ont acheté de moitié pour cent-cinquante milles de marchandises qui 
revendues sur les lieux pour le compte du roi, produiront un million". 

M- Grasset de Saint-Sauveur mourut en France, nous ignorons à 
quelle date. 

Il avait épousé, à Montréal, le 2 octobre 1752, Marie-Anne No- 
lan,- fille de Charles Nolan de la Marque et de Marie-Anne 1 e Gardeur 
de Saint-Pierre Elle décéda le t S octobre 1755, sans lui laisser d'en- 
fants. Le 3 juillet 1756, M. de Saint-Sauveur épousa en secondes no- 
ces Marie-Josephte-Quesnel Fonblanche, fille de Jacepies-François 
Quesnel-Fonblanche et de Marie-Anne Franquelin. De ce mariage na- 
quirent deux fils qui se distinguèrent mais à des titres différents. 
L'aîné fut un des romanciers à la mode du commencement du dix-neu- 
vième siècle, et le cadet, prêtre de Jésus-Christ, fut un des mart3's de 
la Commune. 

Jacques Grasset de Saint-Sauveur.— Né à Montréal le 6 avril 
1757, du mariage de André Grasset de Saint-Sauveur et de Marie-Jo- 
sephte Quesnel-Fonblanche. Il étudia au collège de Sainte-Barbe et 
embrassa la carrière diplomatique. Il fut pendant plusieurs année.^ 
vice-consul de F"rance en Hongrie et représenta aussi son j^ays dans le 
Levant. M. Grasset de Saint-Sauveur mourut en France le 3 mai 
iSiOj 

Grasset de Saint-Sauveur se livra avec ardeur à la littérature. Ses 
livres composés dans l'esprit de la période troublée pendant lariuelle il 
vécut eurent une certaine vogue. 

Nous donnons ici la liste des dix-neuf ouvrages publiés par Gras- 
set de Saint-Sauveur. Isidore Lebrjni ne lui donne que onze ouvrages, 
Bibaud lui en attribue trei/.e et Henry Morgan nous donne les titres de 
dix-neuf. Ivn cherchant bien on en trouverait peut-être encore ciuel- 
ques uns. 

Voici .• 



—249— 

1. Coslum s civils actuels de tous les peuples connus. Paris--- 1784, 

4 vols, in 4. 

2. Tableaux de la Fable rep>ésentés par figure, accompagnées d'ex- 
plications. Paris— 1785. I vol. iii-4. 

Tableau cosmograpique de P Europe, de V Asie, de V Afrique et dr- 
l' .Amérique, avec histoire généi aie ci détaillée des peuples sauvages. Pa- 
ris--- i;S;. I vol. in-4. 

4. L'Aniiqjie Rome, ou Description histoiique et pittoresque de tout 
ce qui concerne le pciMe lomaiu dans costumes civils, militai} es et religieux, 
dans les mœurs publiques et privées, depuis Romuhis jusqu' à Augustule. 
Paris— 1796. 2 vols. in-4. 

5. Encyclopédie des voyages, contenant l'abrégé historique des 
mœurs, usages, habitudes domestiques, religions, etc. Paris— 17^5-1796. 

5 vols. in-4. 

6. Les amours du fameux comte de Donncval, paeha à deux queues, 
connu sous le 7iom d' Osman, rédigé d' api es quelques mémoires particu- 
liers. Paris— 1796. I vol. iu-iS 

7. Le Sérail ou Histoire des intrigues secrètes et amoureuses du 
Grand Seigneut. Pari5--i796. 3 vols. iu-i8. 

8. Fastes du peuple français, ou Tableaux raisonnes de toutes les 
actions héroïques et civiques du soldat et du citoyen français. Paris-- 1796, 

1 vol. in— 4. 

9. Waiéjulio et Zclmire, histoire véritable traduite de l'anglais. 
Paris— 1796, I vol. in 12. 

10. Costumes des iep)ésentants, des inembres des deux conseils, du 
directoire exécutif, des ministres, des tribunaux. Paris- -1796. i vol. 
in-8. 

11. Les trois manuels, ouvrage moral écrit dans le goût d'Epictè- 
te : Manuel des infortunés ; Manuel des indigens ; Manuel de l'hom- 
me honnête. Paris--i796, ivol. in--i8. 

12. Les amouis d' .-Uexandre et de sultane .h'iazille Paris--- 1797. 

2 vols, in-- 18. 

13. Description des peuples de r Eu) ope. Paris, 1798. i vol, in-4. 

14. Description des p> incipaux peuples d'Asie, (ontcnant le détail de 
leurs maurs, coutumes, usages, etc. Paris, 1798, 7 vol. in--4, 

15 Esprit des Ana ou de tout un peu. Paris--- 1801 , 2 vols in- 1 2. 



—250- 

i6. Voyages pillorcsqiics dans les qiialre parties du monde. Paris, 
i8o6, I vol in--4. 

17. Les ai chives de V honneur, ou notes historiques S7tr les généraux, 
officiers et soldats qui ont fait la guenc de la Révolution. Paris-- 1806, 
4 vols in--8. 

18. Plantes usuelles indigènes et exotiques. Paris— 1807, 2 vols. 

in--4. 

19. Muséum de la Jeunesse, ou Tableau histot ique des scienees et des 
arts. Paris.— 1809- 181 1, i vol. in-4. Cet ouvrage a été public en 24 
livraisons. Les 6 premières l'ont été par Grasset de Saint-Sauveur ; 
et les 18 autres par Babié, après la mort de Grasset de Sain^Sauveur. 

André Grasset de Saint-Sauveur.— Né à Montréal le 3 avril 
' 175S, du mariage de André Grasset de Saint-Sauveur et f^e Marie-Jo- 
sephte Quesnel-Fonblanche. 

Passé en France avec son père en 1764, le jeune Grasset de Saint- 
Sauveur après un brillant cours d'études fut admis à la prêtrise. 

Lors de la Révolution, l'abbé de Sairt-Sauveur était chanoine de 
l'église métropolitaine de Sens. 

Enfermé au couvent des Carmes, de Paris, qui avait été converti 
en prison, il fut massacré en haine de la foi pour refus de prêter ser- 
ment à la Constitutian civile du clergé, le 2 septembre 1792. 

Le nom du chanoine Grasset de Saint-Sauveur figure sur les pla- 
ques de la crypte de l'église des Carmes, rue de Vaugirard, à Paris, 
avec le titre de "Quebecensis." On ignorait sans doute qu'il était ori- 
ginaire de Montréal. 

Dans la Seviaine Religieuse de Montiéal du S juillet 1901, sous le 
titre : "Un martyr montréalais, M. André Grasset de Saint-Sauveur," 
nous lisons : 

"Tous les Canadiens qui ont eu le bonheur de descendre dans la 
crypte de l'église des Carmes, rue de Vaugirard, à Paris, et d'y prier 
sur les ossements des martyrs de 1792, se rappelleront, avec une reli- 
gieuse émotion, le nom que vous venez d'écrire en tête de cet article. 

"Ils auront sans doute éprouvé une sorte d'étoi-nement mêlé de 
pieuse fierté, en lisant sur les plaques comme moratives du célèbre sanc- 
tuaire, parmi tant d'autres noms de prêtres, de religieux et d'évcques 
massacrés en haine de la foi, celui d'un compatriote : M. André Gras- 
set de Saint-Sauveur. 






doai 



lUVJ.'. -I 



—251- 

"Ce sera pour eux, comme pour nous tous d'ailleurs, une grande 
joie et même un sujet d'orgueil national, d'apprendre que l'ou va bien- 
tôt proposer aux honneurs de la canonisation ces centaines d'ecclésias- 
tiques. 

"Se rendant aux instances réitérées qui lui étaient adressées de- 
puis plusieurs années, et qui devenaient chaque jour plus nombreuses. 
Son Eminence le cardinal Richard, archevêque de Paris, par mande- 
ment eu date du 14 mars dernier, a ins itué le tribunal chargé d'ins- 
truire la cause de ces prêtres. Le prélat formait en même temps une 
commission spéciale, pour aider à recueillir tous les documents utiles, 
et aussi à procurer les ressources que pourront exiger les recherches à 
faire. 

"Avec la permission de Mgr l'archevêque de Montréal, c'est dans 
la lettre même que lui envoie à ce sujet le vénéré cardinal et dans les 
pièces que l'accompagnent, que nous puisons les renseignements don- 
nés ici. 

"Nous n'avons pas à refaire au long l'histoire de la persécution 
religieuse inaugurée en France par l'Assemblée Constituante en 1791, 
poursuivie l'année suivante par l'Assemblée Législative, et terminée 
dans le sang du clergé .séculier et régulier, cette même année au mois 
de septembre, par la Commune. Ce drame cruel et sanglant est trop 
connu ! 

"La Constituante avait décrété la Constitution civile du clergé 
français. De par cette loi, la France se trouvait séparée de l'Eglise et 
du Souverain Pontife. C'était le schisme. 

"Une protestation unanime se fit entendre d'une extrémité à 
l'autre du pays, partie tout à la fois de la bouche des évêques, des 
prêtres et des laïques. Le gouvernement tenta d'étouffer cette géné- 
reuse protestation, en portant un nouveau décret, qui obligeait les ec- 
clé.siastiques à prêter le serment à la Constitution civile du clergé, ou 
à perdre leurs bénéfices. 

•'Henri VIII, a-t-on écrit, n'avait trouvé que quatre évêques pour 
s'opposer à ses projets, et la prétendue Réforme avait triomphé en 
Angleterre. En France, sur plus de cent trente évêques, quatre seu- 
lement prêtèrent le serment imposé par les sectaires, et la fidélité cou- 
rageuse des autres fut imitée par la masse du clergé. 

"Mais les ennemis de l'Egli.se ne désarmèrent pas. L'héroïsme de 



-252— 

la résistance les fit entrer dans une rage barbare. Malgré la protesta- 
tion du pape Pie VI, l'Assemblée Législative déclara '"rtuspects" les 
prêtres insermentés, et les désigna ainsi aux coups d'une populace 
ivre de colère et de carnage. 

"Bientôt, la Commune, la hideuse Commune, entre en .scène, 
fille traqua comme des bêtes fauves tous les prêtres qui refusent de 
prêter le serment. 

"Par une première confes^lion de foi, ils ont perdu leurs béuL fi- 
ées ; une seconde confession les fait jeter en prison ; une troisième 
leur méritera la palme du martjre. 

"Le dimanche, 2 septembre 1792, raconte Mgr Péchenard, l'émi- 
hent recteur de l'Université catholique de Paris, tout était i)rét. Au 
signal convenu, les assassins s'élancent dans le jardin des Carnits, eu 
réclamant à grands cris l'archevêque d'Arles, frappé un des premiers, 
tandis que les autres tombent sou.-, les coups des balles et des piques. 
Bientôt le massacre se régularise et se poursuit méthodiquement ; . ■ 
Les prêtres sont repoussés dans l'église et amenés ensuite devant une 
espèce de tribunal, qui s'installe à deux pas des bourreaux... De là, ils 
sont conduits au.ssitôt au perron fatal pour y être massacrés et meu- 
rent en vrais martyrs. 

"Des scènes analogues .se passent, eu même temps, dirigées to.i- 
jours par les révolutionnaires, à rAbba3'e et à Saint-Firmin. 

"Quelques prêtres, ajoute Mgr Péchenard providentiellement 
échappés aux coups des bourreaux et témoins oculaires des massacres, 
les ont fait coiniaître dans des relations iileiues d'intérêt. Ils ont dit 
la sérénité de ces victimes, et l'étoiniement de ieurs bourreaux en les 
voyant marcher à la mort, selon l'expression d'un communard, "avec 
autant d'allégresse et de gaieté que s'ils étaient allés à la noce." 

"N'étnit-ce point là r"Ibant gaudentes" des Actes des Apôtres ? 
"Aussi, quand Pie VI fut informé de ce qui s'était pas.sé aux Car- 
mes, à l'Abbaye et à Saint-Firmin, se hâta-t-il de .saluer le premier, 
dans un acte ofiiciel, du beau nom de "martyrs", tous ces héros morts 
pour la défense de la foi et la liberté de l'église. 

"C'est la ratification exi>licite et st>leuneUe de cette parole pontifi- 
cale, qu'il s'agit maintenant d'oljtenir du Saint-Siège 

"Nous y travaillerons de toutes nos forces, en union avec nos 
frères de France, en pensant t|Ue la canonisation des "Mart\rs des Car- 
mes, des MartjTS de Sei)lenil)re" ])orterasur les autels un Canadien de 
Montréal, notre compatriote, M. André Grasset, de Saint-S.iu\-eur." 

P. G. R. 



•■\p■h^ f.I 

r;,iiJ 



—253— 

REPONSE 

L'ENGAGEMENT DE ECCLKS HlI.L (XXI, IV IIS)- OÙ est situé 

Ecclés Hill ? Quel est le fait d'armes qui s'est livré en cet endroit le 
25 mai 1870 ? 

Ecclés Hill est située dans Saint- Armand est, comté de Missisquoi, 
à quatre milles de Frelighsburg. sur le grand chemin conduisant à 
Franklin, dans le Vermont. A partir du grand chemin, Ecclés Hill 
s-élève,abruptement vers l'ouest et sétend le long du chemin vers le 
sudpresque jusqu'à la Hgne qui sépare le Canada des Etats. Ecclés 
'Hill est une excellente position stratégique pour résister à une attaque. 
Un chef habile a\ec quelques douzaines de soldats bons tireurs pourrait 
tenir en échec à Ecclés Hill plu.siours centaines d'hommes. 

Lors de la première invasion fénicnne de 1866, Ecclés Hill fut oc- 
cupée pendant plusieurs jours par les envahisseurs. Les peu scrupu- 
leux Féniens envoyaient de là des détachements piller les maisons et 
les magasins de Frelighsburg et des villages environnants. 

En 1866, le capitaine Carter commandait les volontaires dans cette 
partie du pays. A l'approche des Féniens il se retira avec sa petite 
troupe, laissant ses concitoxens exposés aux attaques et aux insultes 
des maraudeurs. 

Les habitants de Dunham et de Saint-Armand, aussitôt les Fé- 
niens retirés, résolurent de se protéger contre une seconde attaqne. Le 
capitaine Asa Westover organisa une compagnie dans laquelle entrè- 
rent tous ceux qui pouvaient se .servir d'une carabine. 

A la première alerte de la .seconde invasion fénienne de 1870, les 
soldats de Westover répondirent à l'appel de leur chef. Des patrouil- 
les furent organisées et de.-, postes d' observations placées aux meilleurs 
endroits. 

Dans la nuit du 24 au 23 mai 1870, les sentinelles avancées .signa- 
lèrent l'approche des Fénit-ns. Le., soldats de We.stover se réunirent 
à Ecclés Hill afin de leur barrer le pa.-..sage 

Nous trouvons la de.scription de l'engagement de ICcclés Hill dans 
le premier rapport de la A/issisijiu'/ coioity Hhtorkal Socuty : 

"On the moruing ot ^'ay 25th, 1870, Eecles Hill presented a lively 
scetie. Reports gathered 1 y thi: Canadian -coûts during the night 



A ri^ïHi 



-254- 

wereto the effect that a body of Fenians, estimated at four hundred, 
were at Hubbard's Coiiiers, in Franklin, Vt, only a mile away, and 
were evidently preparing to advauce across the line into Canada. As 
a natural conséquence, great excitement prevailed, crowds of citizens 
were hurrying in ail directions. Captain Westover's nien, wearing red 
scarfs, were posted at point.s about the hill quietly watching the move- 
ments across the Hue, were the Fenian pickets could be plainly seen in 
the distance. Colonel Brown Chamberlain had arrived with a few 
nien of the 60 th Rifles Impérial less than thirty in ail and was ma- 
king préparations to meet the enemy, Captain Bockus, with t.ie volun- 
teers, cccupied the left of the line, up to the crest of the hill. The 
Home Guards were posted to the right, from the crest of the hill along 
a line of rocks extending down towards the creek at the foot of the 
hill. Directly the Fenians came into view, marching down the road 
in good order, two companie.s being in advauce of the main body with 
fixed bayonets, kept steadily ou until within a few yards of the iron 
post, when they broke into the double and in a minute were upon Ca 
nadian soil. Along the Canadian line for a few minutes previous to 
this there had been utter silence, not a person raoved, not a word was 
spoken. AU were intently watching the enemy. Then from down 
the right of the Hue where were posted the Home Guards, there came 
a single shot, iustantly followed by a volley from the whole Hue. The 
silence was broken, the engagement had begun, and se rapid was the 
firing that one coutinuous volley called from Ecclés Hill and 
echœd over the surrounding couutry. At the first fire a Fenian fell 
dead, and several more were wounded. For a moment there was utter 
confusion in their ranks. They halted as the storm of lead struck 
them with such force. They returned the fire for a few minutes, then 
staggered, wheeled and fîed in ail directions for shelter behind the 
buildings and fences. The main body turned to the left and made for 
a wooded hill opposite the Canadian's position where they opened fire, 
but with little or no effect. For a tinie a fire was kept up by both si- 
des, and finally ceased with ouly occasional shots. A little later on 
the Canadians, haviug been reiuforced by cavalry, the Victoria Rifles, 
and the 52 nd Battaliou, of Brome, formed a skinui.sh Hue, and advan- 
ced down the boundary line, and drove out the Fenian iuvaders, who 
fled far out of re.^ch of the Canadian bullets. The battle was over, the 
day was won. aud the Canadian force returned and camped on the 



— 255 — 

hill, ready for action at a moments uotite, if required". 

C'est feu l'honorable M. Duffy qui proposa le premier l'érection 
d'un monument pour commémorer le fait d'armes de Ecclés Hill. La 
Société Historique de Missisquoi (Missisquoi County Historical Socie- 
ty) prit la chose en mains et obtint une somme suffisante d« gouverne- 
ment du Canada pour élever un monument convenable. 

C'est le ler juillet 1902 qu'eut lieu l'inauguration du monument 
de Ecclés Hill. La démonstration fut présidée par le docteur L.-C. 
Cotton, pré.sident de la Société Historique de Missisquoi. Les orateurs 
en cette occasion furent l'honorable Siduey Fisher, ministre de l'agri- 
■ culture du Canada, rejirésentaut le gouvernement fédéral, le colone 
Neilson, représentant le ministre de la milice, l'honorable juge Lyneh, 
l'honorable J. C. McCorkill, le Révérend M. Taylor, et le docteur N. 
A. Smith. 

Le monument de Ecclés Hill s'élève sur le haut de la montagne 
au pied de laquelle eut lieu la bataille. Il consiste en un large bloc de 
granit habilement travaillé. Sur la face principale on lit l'inscription 
suivante - 

The 
Canadian Volunteers ' ' ' ' 

and 
Home Guards ^ 

Hère repulsed 
The Faniau invaders , 

on the 25 th of May liSyo. 
Sur le dos, au-de.s.sous d'un castor et d'une feuille d'érable bien 
travaillées, on lit ; 

Erected in 1902, by 

the Dominion Government, 

under the Suiiervisicn of 

The ' .•' ' ;,^ 

Missi.squoi Kistorical 
Society. 



'Éii;;;,'-?! li .'.''•loi! •H'îH': 
. ., fis .qnq (. :> , •:.; 



1 'i :f.Kui ,iJtf{ 



..; uvil V. 



yy.'-'-l ■3b 






... 256 — 

LES OUVRAGES CANADIENS RECENTS 



Mgr L -A. Paquet, Discours et allocHiions. Québec, Imprimerie 
Franciscaine Missionnaire-1915. 

yigr h.-A.. Y2l(.\uq\., Droil public de réglisf. L'action ic/igicusc et 
ta toi civile. Québec, Imprimé par Laflamme & Proulx, 34, rue Gar- 
neau — 1915. 

Actes du Com^il's de l' Enseignement secondaire, tenu au Séminaire 
de Québec les 20-21 juin içi-f.. Québec, Imprimerie de l'Action Sociale 
Limitée — 1915. 

R P. Trudeau, O. P., Les syndicats socialistes et neutres. Brochu- 
re de l'Ecole Sociale Populaire. Montréal — 1915. 

L'abbé Edmour Hébert, L" Eglise et l'organisation ouvricre. Bro- 
chure de l'Ecole Sociale Populaire. Montréal — 1915. 

M. de la Seine, Edinonton et f .Alberta française. 1915. 

Séminaire Saint-Joseph, aux Trois- Rivières. Année Académique 
1914-15, troisième série, no 10. Les Trois-Rivières, Imp- La Compa- 
gnie "Le Bien Public", 3, rue Hart — 1915. 

Ninth séries of Historical Documents. Parti Lady Duthams 
Jontnal ; Part II Mémoires de M. le cliev. dejohnstone, published by The 
Lîterary and Historical Society of Québec. Québec, The Telegraph 
Printing €^1915. 

Raj'raond Du Bois Caball, The Sovereign Council of New France. 
A stndy in Canadian Constituiional Ilistory. New- York, Columbia 
University-^1915. 

W. W. Swanson, The Financial Pozcer of thc Empire. Kingston — 

Frank-D. Adams, The National Domain in Canada and ils pioper 
Conseï vation . Ottawa — 1 9 1 5 . 

E. H.Oliver, Tlie Canadian N'orth-West, ils early development and 
législative records — Minutes of the Councils of the Red River Colony and 
the Northern Detjartment of RuperC s land. (In two volumes). Vol. 
II. Ottawa, Government Printing Bureaii-1915. 

D. D. Cairnes, Rappott préliminaire sur les Dépôts Ilouillei s des 
Rivi'éres Leices et Nordenskiold, dans le Tenitoire du Yukon. Ottawa- 
1914. 



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BULLETIN 



RECMERCÏÏES HlSTORipES_ 

VOlTxXI BEAUCEVILLE=SEPTEMBRE 1915 No. IX 

Mémoire ds Qédéon de Catalogne sur les plans des 

seigneuries et habitations des gouvernements 

de Québec, les Trois-Rivières et Montréal ^^^ 



LETTRE AU MINISTRE 

7 gbre 17 12. .: 

Monseeigneur, ■ • 

J'avois prétendu en levant les plans des Seigneuries et habitations 
des gonverneuients de Quebek, les trois Rivières et de Montréal en Ca- 
nada, donner a Vostre grandeur une juste idée de lordre de son éta- 
blissement, je me suis aperçu que pour les rendre plus intelligibles, il 
en faloit détailler, seigneurie par seigneurie, les productions naturelles 
et accidentelles, la qualité et propriétté des terres, les noms et qualités 
des seigneurs, par quelle communauté les paroisses sont desservies, et 
achacune ses propriettes par ce mo\eiit sy le copiste des derniers plans 
a esté fidel, Vostre grandeur connoitia mieux le Canada que ceux qui 
l'ont fréquenté pendant plusieurs années. J'avois eu dessein de mar- 
quer sur les plans les étendues des terres reduitte a la culture par cha- 
que habitation, mais il mauroit falu un tems très considéralde, outre- 
que les déserts saugmentent tous les jours, Joze me flatter, Monsei- 
gneur, que Vostre grandeur sera satisfaite de mes a])lications et du 

(i) Ce mémoire est reproduit d'ajjrès la cojiie des Archives pu- 
bliques du Canada ( CorresiJondance générale, 1712, série F., vol. 33, 
l)p. 278 à 368). Nous en devons la communication à M. A.-O. 
Doughty, archiviste du Canada. On troinera une biographie de Gé- 
déou de Catalogne dan.s le IhdUliu, vol. XIII, p. 50. 



v:vrH.j:rïiï 






/' lOV 



['rr;-i_ 



—258 — 

profond respect avec lequel jay Ihonneur destre 

Vostre très humble, très obéissant et très soumis serviteur 

CATALONGNE 
A Québec, le ye novembre 17 12. 



Le Canada n'est a quelque chose prest qu'une forest confuse et 
mélangée de toutes sortes de bois et plantes, entreccignée de monta- 
gnes, lacs et rivières, en soite que ce qui y est habité ne peut servir 
que d'échantillon a tout ce vaste pays. 

Les Pins sans nombre se distinguent par leur grosseur et hauteur 
au dessus de tous les autres arbres propres à la construction et a pro- 
duire, résine, bray et goudron, il y en a quelques-uns qui jettent aux 
extremitez les plus hautes un espèce de champignon semblable a du 
tondre, que les habitans appellent guarigue, fort en usage parmi les 
sauvages pour les maux de poitrine et pour la discentrie. 

Il y a un second ordre appelé pin rouge beaucoup plus gommeux 
et plus macif que le précèdent, mais non pas si gros, les terroirs qui 
les produisent les uns et les autres sont la pluspart gravois sable et 
glisse médiocrement bonnes pour produire des grains. 

L'epinette blanche est un autre bois gommeux de moyenne gros 
seur mais de bonne qualité pour faire des mâtreaux et bois de char- 
pente. Les terres qui les produisent sont de qualité en la cultivant a 
produire toute sorte de grains et en abondance. Ces sortes d'arbres se 
trouvent en plusieurs endroits mélangez de chesnes blancs, cèdres, 
hormes, f resues, sapins et bois blancs. Les terroirs sont ordinairement 
humides et terres noirs qu'il faut fo.ssoj-er pour les asseicher. 

L'epinette rouge n'a aucune ressemblance a celle cy-dessus, cella 
conservant en hiver sa verdure, et celle cy la perdant, outre que son 
bois est fort macif quoique propre a la construction ou charpente. Les 
Terres qui les produisent sont mêlées d'argille et gravois peut propres 
pour la culture. 

La prusse quoique gommeuse ne jjroduit point de cette matière, il 
y en a de fort grosses, on a remarqué quelle dure longtemps en terre, 
pour servir de clôtures. Les taneurs se .servent de lécorce pour taner 
les cuirs et les sauvages en font de la tinture couleur tirant sur le tur- 



—259— 

quin pour faire leur broderie. Les terres qui les produisent sont la 
plupart argilleuses et peut propres a produire des grains. 

Les cèdres se trouvent par contrées, il y en a de fort gros et en 
quantité sa qualité de durer longtems en terre joint à sa légèreté, la 
fait mettre en grand usage, a clore les villes de Montréal, et des trois Ri- 
vières a palissader les terras.ses à Quebek et generallement a clore tous 
les forts du pays et la pluspart des clôtures des champs et jardins, C'est 
aussi le seul bois dont ont se sert a faire du bardeau Ces arbres pro- 
duisent une espèce de gomme en façon d'encens que l'on employé aux 
exercices de l'office divin, les terres qui les produisent comme jay déjà 
dit lorsquelles sont reduittes en culture sont les meilleures. 

Le sapin a le reugarder de loing ressemUe a l'épinette blanche, 
mais différend en ce que l'ecorce de celuy cy est unie et luisante, a la- 
quelle se forme de petites vessies de la grosseur d'un grain de fève d'a- 
ricot qui contiennent une espèce de beaume naturellement aussy clair 
que la turbantine, fort estimé pour la prompte guerisou des plaies de- 
puis quelques années. Contre le sentiment des chirurgiens on la mis 
en usage pour la purgation qui fait son effet sans causer ni douleur ny 
tranchée. Ceux qui s'en purgent par precausion, se peuvent dispen- 
ser de garder la chambre sans craindre de mauvaises suittes. 

Les chesnes sont les bois le moins commun dans les bois gouverne- 
men il y en a de deux sortes, scavoir, blancs et rouge. Les blancs 
comme jay desja dit .se trouvent dans les terres bas.ses et umides fertil- 
les en toutes .sortes de grains et légumes. 

Le chesne roiige ne diffère rien en gro.sseur a celuy la, mais pour 
la qualité les blancs .sont les plus estimez, celuj- cy ne vient que sur 
des coteaux, terres sablonneuses et seichent, l'un et l'autre produisent 
du gland. 

L'érable est icy fort commun et en quantité, jusques a preser.t en 
l'a point employé a dautre usage qua chauffer, il y en a de fort gros et 
propre a faire des meubles, outre cette qualité, il a celle de produire 
quantité deau sucrée que Ion employé a faire du sucre et du sirop, ]iour 
y parvenir, le Printemiw lorsque les dégels commencent, on fait une 
coupe a lecorce ju.sque au bois dure en coulis ]iar ou leau découle eu 
abondance dans des vases dispose/. ])our la recevoir, ajirc'-- quoy on la 
fait bouillir ju.sques a ce quelle .soit reduitte en .sirop ou eu sucre, il \ 



.-.2fîO— 

en a qui conservent de cette eau dans des vases pour lexposer aux cha 
leurs de lesté qui se convertit en vinaigre, le terroir qui produit ses 
bois est élevé et le meilleur pour les arbres fruitiers. 

La Plesne est appellée femelle de l'érable en ce quelle luy ressem 
ble et produit de leau sucrée comme l'érable, son bois est fort onde 
mais plus palle que celuy la. Le terroir qui la produit est umide 
fertille eu toutes sortes de grains et légumes. 

Le Merisier qui se trouve pelle mesle parmy l'érable et bois blanc 
est un très beau bois pour faire des meubles, il jette beaucoup plus 
deaii que l'érable, un peu amère propre a faire du sucre, luy restant 
néanmoins un peut d'amertume, Lécorce des racines est en usage 
parmi les sauvages pour guérire certaines maladies qui surviennent aux 
femmes. 

Il y a trois sortes de fresnes, seavoir, franc fresne, fresne metif et 
fresne bâtard, le premier vient parmis les érables propre pour la char- 
pente et pour faire des futailles a mestre des marchandises seiches. Le 
second a la mesme proprietté et ne vient comme le fresne bâtard que 
.sur les terres basses qui s'appellent fresnières dont les terres sont très 
fertilles en toutes sortes de grains lorsquelles sont déffrichées, terme 
dont Ion se sert icj- pour les terres redduittes a la culture. 

Il y a trois espèces de noyers seavoir, noyers dur, noyers a la fine 
ecorce et noyer tendre, le premier produit des noix fort petites, très 
bonnes mais difficiles a vuyder lamande, Son bois n'est a dautre usage 
qu'a chauffer. 

Le second produit beaucoup plus de noix que le premier égalles 
en gaos.'Jeur a celles cy devant, mais très ameres et tendres a casser. 
Cependant produisent de bonnes huisles par lessay Mrs du Séminaire 
en ont fait il y a quelques années, les sauvages en tirent aussy pour en 
mettre a leurs cheveux, il produit aussy de leau plus sucrée que l'éra- 
ble mais en petite quantité. 

Le noyer tendre produit des noix longues et auss\- grosses que 
celles d'Eurojx: et les coquilles très dures, les Cerneaux en sont excel- 
lans, les bois n'en sont pas si beaux en ouvrage que ceux de France, 
les deux derniers ne viennent que sur les meilleures terres, que lors- 
quelles sont déffrichées sont les plus fertilles i^our toutes sortes de 
grains et légumes, le bois de ce dernier est presque incorruptible dans 
a terre et dans l'eau et très difficile a consommer i)ar le feu. 



-261— 

Les hestres sont icy fort aboudants ils sont par contrées sur des 
costeaux sablonneux rapportant Ijeaucoup de fesnes desquelles il serait 
aisé de tirer de l'huile, les ours en font k'ir principalle nourriture ; 
les perdix les mangent aussy l'automne, le bois en est fort bon a faire 
des Rames pour les chaloupes. 

Le Bois blanc qui croit parmi les errables et merisiers est très abon- 
dant particulièrement ou se trouvent les meilleures terres. Ces bois sont 
fort gros et droits qui seroit propre a faire des planches et madriers, 
mesme pour des futailles a marchandises seiches, estant un bois très 
doux et aisé a mettre en ouvrage, les sauvages lèvent les ecorces pour 
couvrir leurs cabanes. 

Les ormes sont dans tout le pays fort communs et gros, il y en a 
de blanc et rouge, ce dernier est plus difficile a travailler que le ler 
estant un peu de rebour, mais il dure plus en ouvrage que l'autre. Les 
Iroquois en lèvent des écorces pour faire des canots duue seule pièce, 
quelques uns a contenir vingt-cinq hommes, ils sent trouvent de creux 
ou les ours et les chats sauvages prennent leur gist depuis le mois de 
novembre jusques au mois d'avril sans en sortir ny sans faire aucun 
amas pour vivre, Neantmoins ceux que Ion tue le printemps sont plus 
gras quen toute autre saison, les sauvages assurent quils sengressent en 
se léchant les pattes. 

Le bois de tremble vient le long des Rivières et mares, l'écorce est 
le principal alliement des castors. Ce qui paroient surprenant c'est que 
ces animaux en coupant avec leurs dents d'aussy gros que des barriques, 
et lorsqu'ils les ont mis à bas, ils les coupent par tronçons de huit à 
dix pieds de long, qu'ils roulleut pour servir à leurs digues pour arres- 
ter les eaux, on a vu qu'un seul castor dun petit ruisseau en a fait un 
grand étang et en peut de tems. 

Le Bouleau a l'écorce qui se lève par feuille sur laquelle on peut 
escrire comme sur du papier, les sauvages vont dans la profondeur des 
bois }• chercher les plus gros pour en lever les ecorces propres a faire 
des canots qui sont leurs voitures ordinaire et dans lesquels on porte 
des marchandi.ses dans les pays les plus éloignez. 

Cy après sont marquez les arbruisseaux et plantes qui portent du 
fruit. 

Il y a parmis les Bois, particulièrement ou ils sont les moins touf- 



U-r u fil. in y.t: 



—262— 

fus, grands nombre de Pruniers qui produisent une très grande quan- 
tité de prunes acres. 

Les vinaigriers est un arbrisseau très moelleux qui produit sou 
fruit fort aigre en grapes façon de flàme couleur de sang de bœuf, 
quelques uns en fout infuser dans de leau pour faire une esjjèce de vi- 
naigre. 

Le Pemina est un arbruis.seau qui vient le long des ruisseaux et 
des prairies qui porte son fruit par grapes d'un rouge très vif mais as- 
tringean. 

Il y a trois sortes de groseilles naturelles au pays, scavoir de i)i- 
quantes, de noires et a grappes, qui viennent le long des rivières, ruis- 
seaux et prairies. 

Le Bluest est icy comme en Europe par contrée, Ce fruit a esté 
trouvé merveilleux pour guérir en peut de teins de la di.ssentrie, les 
Sauvages en font seicher comme on fait en france des cerises. 

Latoca est un fruit a pépin de la grosseur des cerises la plante qui 
vient rampante dans les maraists produit son fruit dans l'eau qui est 
acre on s'en sert a faire des confitures. 

Les épines ou Ebeauitin se trouvent le long des Rivières produi- 
sant beaucoup de fruit a trois noyeau.x qui sert a la nourriture des bes- 
tes sauvages. 

Le cotonnier est une plante qui pousse conmie l'asperge une tige 
denviron trois pieds de haut au bord de laquelle vient plusieurs touffes 
de fleurs en forme de houpe et lorsquelle est bien fleurie le matin avant 
que la rosée soit tombée on les secouent en pressent dans un vase qui 
contient une quantité d'eau de laquelle tombe une espèce de miel qui en 
le faisant bouillir produit du sucre La grêne se forme dans une goûce 
qui contient une espèce de coton. 

Le soleil est une autre plante fort commune dans les champs des 
sauvages. Elle vient de la hauteur de sept à huit pieds, sa fleure fort 
grosse à la figure de celle du soucj- et sa graine est rangée de même. 
Les sauvages eu la fai.saut bouilli i en tirent de l'huile pour s'huiler les 
cheveux. 

Le Bled d'Inde est depuis très long-tems parmis les nations 
Iroquoiscs. G'est un grain qui fructifi lieaucoup, la Semence s'en fait 
au mois de May et se recueille au mois de .septembre, ils servent de 
rames aux fèves d'aricot que Ion sôuie paruiis, les français font aus.sy 



—263— 

semences de ses grains particulièrement sur les nouvelles terres ou il 
vient très beau, il rend ordinairement cinquante et soixante pour un. 

Presque tous les sauvages et mesraes les françois sèment un ordre 
de citrouille fort petite eu esgard à celle d'Europe, qui ont un goût 
fort sucrée, on eu fait cnire sous les cendres et dans des chaudières 
toutes entières que les plus délicats trouvent bonnes. 

Les melons françois et melons deau estoient aussj- dusage parmis 
les Sauvages, il s'en fait une quantité prodigieuse particulièrement 
dans le gouvernement de Montréal ou ils meurissent plus facilement 
qua Quebek. 

. Lherbe de Capilaire est fort commune dans tout ce pays Elle se 
cueuille dans les bois, les meilleures terres produisent le plus beau. 

Le Houblon pour faire la Bière vient naturellement dans tout ce 
pays pour peut que Ion apporte du soin a le cultiver. 

Je ne détail point un nombre infiny de plantes et simples dont les 
propriettez ne sont qu'asy connues qu'aux Sauvages qui par le moyent 
desquelles font de très belles cures. 

Noms des BestivS sauvages oui se trouvent dans les bois 
Ciouvernemeuts, Origneaux ou Eslans 
Ours noirs 
Castors 
Loups serviers 
Loups gris 
Carcajoux 

Renards argenté/. . ■ , 

Renards rouge peut de noir : s, ;-;,.,- , 

Peccans •■[,. 

Martres 
Loutres 
Rats nuisquez 
Porc épies 
Fouines 

Escureuils de quatre espèces 
Lièvres blancs en hiver 
Une infinité de perdri.x grises 
Gibiers depuis le i)rintemps à l'automne 



■j -■,'-3Kvï:,, 



1 -■ ri I ' 



—264— 

Signes 

Outardes 

Oyes 

Grues 

Canards de toutes espèces 

Oiseaux de Proyes de toutes espèces. 

Tourtres ou bi/ets en abondance 

Pluviers et allouettes en quantité 

Beccassines 

Etourneaux 

Grues 

et une infinité d'autres petits oiseaux. 

Poissons de rivièrks 
Saumons 
Bar 

Brochets et niasquinongez 

Esturgeons gros et petits 

Poissons dorez 

Achigand 

Carpes de plusieurs espèces 

Crapets 

Truittes ■ ■ ■' ' :''«i'/i 

Poissons blancs •. ',>'i' . 

Perches ' ' ■'■ ■ ": '•': 

Barbues ' , • ■ : ;■,.';;,• ; • 

Anguilles 

Bresmes .■ ' ■ \ '■ .t \- ::■. 

Aloses • ... 

Esplans 

Et plusieurs autres espèces de petits poissons. 

Fruitikks vknus d'Eukopk 
Pommiers de divers Espèces 
Poiriers 
Cerisiers 
Pruniers 

Pesches ' . , , • 

Couingacier 



Vignes 
Gadelles 



-265- 



Grains venus d'Europe 



Froment 

Seigle 

Orge 

Avoines 

Nantilles , , ' '•" ■ 

Chanvre et lin .-. , ■ 

Tabac 

et généralement toutes sortes de légumes le tout venant en abondance 

dans les Trois gouvernements en y apliquant le proverbe, tel veau 

IMiomnie, tel veaut la terre, Estant très vray que sy les terres nes- 

toient pas mieux cultivées en Euroye qu'en ce pays les trois quarts y 

niouroient de fin, et je conclus par la que c'est icj- le meilleur pays du 

monde pour le laboureur, puisqu'il ny en a pas un seui qui ne mange 

de bon pain de froment, preuve de cela on y trouve peut de mendians, 

a la vérité il y a certaines familles hors du commun de qui les aiîaires 

sont dérangées jiarticulièrement ceux qui ne se sont pas bien conduits 

dans le commerce eu qui ont donné de mau^■aises entreprises, mais cela 

ne regarde pas la fécondité des terres. 

Comme le gouvernement de Montréal est le premier de qui le plan 
a esté levé. Je le m'est a la teste. Il s'estant depuis le haut du Lac 
St-Pierrre en remontant au Sudouest jusques au lac des deux monta- 
gnes, ou est la teste des h;il)itations et ou se termine l'Isle de Montréal 
une des plus belles Seigneuries du pays. 

L'Isle de Montréul a])partient à Mrs du Séminaire de St Suljiice 
Lee premières habitations ont esté concédées en 1653 ; Elle est divisée 
en six parois.ses, sçavoir, Montréal, Lachine, haut de l'Isle, la pointe 
au Tremble, La rivière des Prairies, et la Mission du Saut au Recoltt 

La première est desservie par un des prestres dudit Séminaire de 
laquelle de])endent les habitans le long du fleuve, dejuiis \"t;rdun jus- 
ques à la Longue Pointe, en outre la moitié des Costes vSt Pierre et 
St Paul, les Costes de Nostre dame des Neiges, de Liesse, des \'ertues, 
St Laurent, Ste Catherine et St Michel et la Visitation la Scituation de 
la ville est fort agréable du costé du vSud, et sudouest est une très belle 
plaine qui se terniint a la Ri\iere Sj-Pierre et Coste St Paul, ou les 



iV y.r.i^-^:) 






— 2G6— 

terres sont très fertiles eu toutes sortes de grains et légumes, du costé 
de l'ouest les terres Seîèvent en emphitheatre jusques au pied de la 
montagne distante de la ville de trois quarts de lieue, ou Mr, Labbé de 
Belmont a fait construire nne belle maison et un fort à pierre et chaux 
un très beau verger la pluspart ensein de muraille qui donne annuelle- 
ment cent à cent vingt barriques de cidre, le reste des environs du fort 
sont de belles prairies et terres labourable, qui forme un très beau 
domaine, derrière et autour de lad, montagne sont les costes de Ste 
Catherine, nostre dame des neiges de Liesse et des vertues nouvellement 
establies, les terres y sont belles et de bonne qualité pour les arbres 
fruitiers et pour produire toutes sortes de grains et légumes. 

Du costé du nord-est de la ville sont les costes de St Marie, St 
Martin et St François qui se terminent a la longue pointe ou finy la 
Paroisse las terres y sont très belles et unies produisant toutes sortes 
de grains et légumes, quoique les arbres fruitiers ny viennent que par 
Contrée, toute cette paroisse en 16S4 iiestoit presque qu'une forest de 
toutes sortes darbres très gros prrticulierement des pins, érables, bois 
blancs, hormes, hestres et merisiers et cèdres, dans la ville et aux en- 
virons il y a plusieurs vergers produisant toutes sortes de fruicts en 
abondance. Les carrières de pierre a tailler et à chaux se trouvent 
aux environs de la dite Montagne. 

Le commerce de cette place estoit autre fois très avantageux par 
le grand nombre de sauvages qui y descendoient des pays d'en haut 
avec des canots chargez de pelleteries, mais depuis que les congez que 
Sa Ma té avoit accordez à la Colonie ont esté suprimez, presque toutes 
ces nations vont porter leurs pelleteries aux establissements Anglois, 
Soit à Orange ou a la Baye d'Hudson, ou ils y trouvent les marchan- 
dises de moitié meilleur marché qu'à Montréal. Cette supression sert 
aussy de prétexte a un grand désordre, En ce qu'il y avoit un grand 
nombre de voyageurs qui exploittoient ces congez, qui se trouvent 
sans occupation ne pouvant se captiver a cultiver les terres, au con- 
traire .se débandant annuellement par troupes et a la dérobée pour por- 
ter des marchandises dans ses pays la ou ils vivent en vagabonds et 
sans discipline. Cette année il en est encore party une vingtaine, et si 
les marchandises nestoient pas aussy rares quelles sont il y en auroit 
esté plu-; de cent, tant ce commerce est attirant, ou plustôt la lissance 
qu'ils sy donnent, en sorte que le commerce de cette ville est renfermé 



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-207- ■ 

avec nos sauvages domiciliez et a la quantité de farines et pois que Ion 
fait descendre a Quebek pour les envoyer a Plaisance et aux Isles. 

La Farcisse de la Chine est desservie par Mr de Villermola un des 
prestres du Séminaire de Montréal qui y a facilité et contribué un es- 
tablissenient aux Sœurs de la Congrégation pour l'Instruction des Jeu- 
nes Filles, la Scituation de la coste est très belle par son assiette et son 
exposition au midy et soleil couchant, les terres y sont très fertilles en 
toute sorte de grains et légumes et c'est dans cette partie que les se- 
mences et récoltes se font 15 jours plustôt qu'au reste des trois Gou- 
\ernements. Les arbres fruitiers y viennent assez mais non jias si bien 
qu'aux environs de la ville, les forests contiennent toutes sortes de 
bois mélange/., et nombre de carrières de pierre a chaux les habitans y 
estoient autre fois fort à leur aise par le commerce qu'ils faisoient avec 
les sauvages qui y abordoient en descendant a Montréal, mais depuis 
la désolation que les Iroquois y portèrent en 1689, qui brûlèrent les 
maisons et emmenèrent la pluspart des habitans cajUifs, Elle a dégéné- 
ré en tout, les terres en labour y sont devenues incultes pendant plu- 
sieurs années, et la crainte que Ion a de tomber en de pareils accidens 
porte une grande lenteur a ceux qui eu sont présentement en posses- 
sion, outre qu'il ne sy fait plus de conunerce, et que les habitans ont 
beaucoup de difficulté/, a transporter leurs denrées a Montréal par ra- 
port au Saut St Louis qui est un rapide impraticable, ou du moins très 
dangereux, ou il y a perj- un grand nombre de batteaux et canots a\ec 
les gens qui les conduisoient, il y a eu des années qu'il en coiUoit au 
Roy plus de deux cens pistolles, feu Mr. Dollier sui)erieur du .'■eminai- 
re en 1701 voulubt prévenir les suittes de ses accidens en faisant un ca- 
nal de communication de la Chine à Montréal pour éviter tous les rai)i- 
des, et sur lequel il vouloit taire construire nombre suffisant de toute 
sorte de moulin qui ne sont que trop ncct.ssa'res à la ville et a la cani- 
jiagne, les habitans estans très souvent obligez de manger des grains 
bouillis faute de vend pour faire tourner les moulins Sa mort qui ar- 
riva au mois d'octobre de la niesme année a em])esché de voir finn un 
ouvrage qui estoit au deux tiers fait, imisque leau a connnencé a \ 
passer et qu'il ne sagissuit ((Ue tle creuser truis |)ic(ls ])cndaut trois a 
quatre cens toi.ses pour y faire i)asser dus canots, Mrs Lt \'asscur et de 
Beaucour sy transportei launée suivante et estimèrent ([uavec une dé- 
pense de dix mil livres ou y feroit pa.s.ser de grands batteaux chargez, 
sans que ces raisons ayeut produit aucune émulation pour ache^ '.t nu 



. —268— 

ouvrage si utile, non seulement au peuple mais au Ro.v a qui il en coû- 
te tous les ans plus de deux cens escus pour transport de charrois, au 
lieu que les batteaux pourroient se charger dans la ville de Montréal 
sans courir les risques de faire nauffrage et amoy pour avoir donné le 
dessein et conduit ses ouvrages il men a coûté 3000I. par le prompt des- 
ceds de Mr Dollier. 

La Paroisse du haut de 1 Isle sous le tiître de St Louis est deservie 
par Mr de Breslay missionnaire des sauvages Nepissingues nation très 
belliqueuse establie a l'Isle aux Tourtres distante de demy lieue du 
haut de lad. Lsle. Cette paroisse en 16S9 suivit le mesme sort que cel- 
le de la Chine, les terres et les bois y sont de mesme qualité qua cette 
dernière, ses avenues y sont très avantageuses pour la chasse, la pèsche 
et le commerce des Sauvages. 

La Froisse de la Pointe au Tremble d'où dépend la coste St, Lion- 
nard est deservie par un des prestres du séminaire de Montréal, il y a 
un establissement des soeurs de la congregatiou, la Coste est très belle 
et le terrain uny, les habitans très laborieux y sont fort a leur aise, les 
terres y estant très fertilles en toute sorte de grains et légumes qu'ils 
portent vendre à la ville, les bois sont mélangez de toute espèce les ter- 
res qui sont en culture ayant esté la pluspart cedrieres et fresnieres 
sont innepuisables en grains, les pommiers par contrée y vienneut par- 
faitement bien. 

La paroisse de la Rivière des prairies est desservie par un des 
prestres de Montréal. Elle a environ trois lieues de front sur la Ri- 
vière. Les habitans ny sont pas bien riches quoique les terres y .soient 
très bonnes pour la production de t^ute sorte de grains, mesme pour 
nourrir nombre de bestiaux, mais les Iroquois pour avoir détruit la 
pluspart des habitans ont causez du retardement a son establls.sement. 
Il y a de toute sorte de bois quoique très peut de pins, les arbres fruic- 
tiers y viennent assez bien. 

La Mission du Saut au Recolet appellée nouvelle L'horette a esté 
tirée de la Montagne a trois quarts de lieue de Montréal, pour oster 
aux sauvages les occasions frec|uentes de s'en jurer, a quoy ces nations 
sont fort sujettes, les sCeurs de la congrégation >• ont un establissement 
pour l'instruction des jeunes filles sauvages, les terres quoique pierreu- 
ses sinit très bonnes, qui produisent quantité de bléd d'Inde, fèves da- 
ricot, citrouilles, uielons soleils qui sont les semences ordinaires de ses 



—269— 

o;ens la, les forests contiennent toutes sortes de bois, comme il y a 
nombre d'Errables ils font quantité de sucre qu'ils portent vendre a la 
ville, et lesté ils y portent Iherbe de capilaire quils vendent pareille- 
ment, il ny a presqu que les femmes qui fassent ce commerce. Les 
hommes ne s'occupant que la chasse, la pesche et la guerre. Cet arti- 
cle fait la définition de l'Isle de Montréal. 

L'Isle Jésus qui est au nord-ouest de l'IsIe d^ Montréal appartient 
au séminaire de Quebek, il n'j' a qu'une paroisse deservie par un pres- 
tre du dit Séminaire, les Seigneurs y ont un très beau domaine assorty 
de quatre nio}-ennes Isles ou ils eslevent grand nombre de bestiaux. 
Les terres y sont admirablement bonnes produisant abondamment 
toute sorte de grains et légumes, Comme les terres y sont basses et 
umides les arbres fruictiers ny viennent pas bien, la forest réservée 
pour le domaine ne contient point de bois gommeux, consistant en 
noyers de toute espèce, fresnes, érables, bois blancs, hestres et meri- 
siers, le reste de l'isle contient aussy .toute sorte de ses bois et eu outre 
nombre de gros pins, chesnes et cèdres, les habitans y ont esté détruit 
par les Iroquois aussy bien qu'a l'Isle de Montréal, ce qui a empesché 
que cette Isle ne soit pas mieux establie, a la vérité les terres ny .sont 
bennes et fertiles que par contrée. L'eloignemeut du commerce leur 
est aussy un grand obstacle, ont tient qu'il y a plusieurs endroits qui 
portent les signes des minereaux. Eu 1688, le nommé le Cire en 
creusant sa cave trouva quatre livres de mine d'argent qui fiist fondu 
a Quebek avec peu de déchet. Monsieur le Marquis de Denonville luy 
fist dire au raport de Mr. Volant curé audit lieu que sil, trouvoit la 
.souche de la mine que l'on le recompenseroit, mais cet homme peut 
de teniqs après fust tué par les Iroquois. 

(La suite dans la prochaine livraison) 

QUESTIONS 

Robert Gifïard, premier .seigneur de Beauport, a-t-il laissé des 
descendants de son nom ? 

B. T. 

Combien de .seigneuries furent accordées à Robert GifTard dans 
la Nouvelle-France ? 

B. T. 






ifi,} 



—270- 

LE CHIEN D'OR 



Timothée Roussel, chirurgien, homme notable de Québec, mourut 
daus cette ville, l'année 1700. Il y demeurait depuis plus de trente 
ans. Dès 1673 on lui avait concédé le terraiu de la rue Buade où il 
construisit, en 1688, la maison de pierre dite plus tard du Chien d'Or. 
Ceci est expliqué au long dans une brochure que mou-sieur P. B. Cas- 
grain, le chercheur bien connu a publiée ces années dernières. On y 
trouve l'histoire de cette maison, accompagnée de copieux détails, 
comprenant la vente à Nicolas Jaquin dit Philiber en 1734, vente faite 
par les héritiers de Roussel. Philiber augmenta l'édifice et, eu 1736, 
daus la pisrre angulaire de la nouvelle construction, il déposait une 
plaque de plomb constatant ce fait. Dans les nombreux pai)iers que 
M. Casgrain a étudiés à ce sujet il Tu'y a aucune trace du chien d'or. 
Reste donc à savoir si Roussel ou Philiber en sont les auteurs. 

En 1764, la maison passa à Nicolas Jaquin, fils aîné, lequel vendit 
à François Danibourgès en 1768 et toujours pas de mention du chien 
d'or. Charles Berthelot devint propriétaire de l'immeuble en 177 1. 
Miles Prenties l'acheta en 1777 et y tint une hôtellerie souvent men- 
tionnée dans l'histoire de la ville, puis, en 1787, sa veuve vendit à 
l'Ordre des Francs-Maçons, qui. à son tour, vendit à Andrew Cameron 
en 1790. Par décret de justice, en 1804, il y eut vente aux enchères 
et George Pozer entra en possession. E;nsuite, George Alford, léga- 
taire de Pozer, vendit à la Couronne, en 1853, et on y plaça le bureau 
de poste. Rien n'est dit dans tout cela au sujet du chien d'or. 

Knox, en 1759 et par la suite, se donna la peine de rechercher, par- 
mi les gens de la ville, l'explication de cette sorte d'enseigne .sculptée 
dans la pierre au dessus de la porte de la maison, mais il ne put rien ob- 
tenir. Pourtant, combien de personnes vivaient encore qui avaient connu 
Philiber! Sa veuve, sa famille pareillement, car celle-ci existait longtemiis 
après 1759. Roussel était mort depuis soixante ans il est \'rai, mais si 
le chien d'or avait jamais eu quelqu'iniportance du vivant du Ikhi 
chirurgien, Knox aurait rencontré des vieillards dans cette jictite ville 
qui se seraient souvenu de la signification du curieux emblème. Nnus 
savons que Knox était un chercheur tenace. Ccnnneut se fait-il qu'il 



afVfi 



1(1-. yi 



—271— 

n'ait rien trouvé, et à une date si proche de l'origine du mystère en 
question ? Les Roussel, les Philiber, les voisins, les personnes intelli- 
gentes de la ville, enfin cent témoins existaient pour dire qu'ils n'en 

savaient rien. Alors, il faut en conclure que jamais le chien d'or de 
Québec n'a eu la moindre valeur ni historique ni autrement. C'est ce 
que pen.se M. Casgrain et il ajoute que Roussel, pas plus que Philiber, 
n'avait aucun motif pour afficher ainsi des menaces en plein milieu de 
la façade de leur résidence. Nous n'y vo3-ons qu'un acte de fantaisie 
assez baroque. 

L'imagination des écrivains s'est exercé sur ce chien mystérieux 
— c'est-à-dire qu'ils ont gobé les contes en l'air que celui-ci ou celui-là 
est toujours prêt à inventer, par manière de supposition, sur n'impor- 
te qui ou n'importe quoi. M. Casgrain renvoyé le tout aux chiens et 
il a raison. 

Le lecteur va s'apercevoir que j'entre ici dans le chapitre deuxiè- 
me de cet article. 

Masers de Latude, dont la famille s'appelait Masers tout court, 
s'est rendu célèbre, sous le nom d'emprunt de Latude, par une série 
d'emprisonnements plus ou moins mérités, sous le règne de Louis XV. 
Il a même écrit ses mémoires, au temps de la révolution, ce qui n'a 
pas manqué de le rendre populaire, comme il le désirait. Le passage 
suivant nous intéresse. 

En 1765, notre aventurier comptait quarante ans d'âge et plusieui 
arrestations, internements, etc. Cette fois on l'enferme à Bicêtre,près 
Paris. Autant fou que vagabond, il était bien chez lui dans un ])areil 
asile. Il faut voir comment il envisage sa nouvelle capture : 

"Entrant à Bicêtre je pris le nom de Jedors, faisant allusion à ce- 
lui d'un chien placé au de.ssus de la citadelle d'une de nos vieilles vil- 
les, tenant entre ses pattes un os, avec ces mots : "Je me repose en 
rongeant mon os, en attendant le jour où je mordrai celui qui m'a 
mordu." 

"Ce nom (Jedors) me rappelait sans cesse ma situation et, chaque 
fois que je le ]irononçais, ou que je l'entendais prononcer, le grince- 
ment de mes dents, le serrement de mon àme m'apprenaient que je 
n'attendais que le jour et l'occasion qui me conduiraient à la vengean- 
ce." 

Le pauvre détraque nous donno à entendre que le chien d'or signi- 



27'i— 

fie le chien dort, d'où : "je dors" et "Jedors". Le mot "citadelle" 
est hors de propos : c'était une porte de jardin qui portait l'inscription 
et la forme du chien. Il y avait, en effet, dans ce dessin une manifes- 
tation de menace, un désir de vengeance que Latude pouvait s'assimi- 
ler, et, puisqu'il en parlait on pouvait croire à l'existence du chien. 

Je communiquai ce renseignement à V Intermédiaire des Cliere/uurs, 
de Pari.s^j et le résultat ne se fit pas attendre. Voyez IV, 575 ; VI, 
243, 340, 468 de cette publication. Je copie la réponse : 

"Une notice écrite par Poncet (historien) sur Pézenas, antérieure 
à 1733, raconte que, en revenant des Observants, à la descente qui va 
à la ville, on trouve une porte bâtie depuis la catastrophe du pont sur 
laquelle est un chien en relief sur la pierre, couché sur .'^es pattes qui 
tiennent un os qu'il ronge. On lit au bas : 1 561 et ces lettres capita- 
les A. Z. R., avec les vers suivants : 

Je suis un chien qui ronge l'os. ., . . 

En le rongeant je prends repos. 

Un temps viendra (jui n'est venu 

Où je mordrai qui m'a mordu. 
C'est évidemment l'inscription dont parle Latude et notons que ce 
fameux prisonnier était originaire de Montagnac près Pézenas, dépar- 
tement de l'Hérault aujourd'hui, sur les bords de la Méditerranée. 
Né vers 1725, il avait dû se familiariser avec cette antiquaille dès son 
enfance. 

Poncet a recueilli la légende qui .se rattachait au chien. Voici 
comment il s'exprime : "Le mur du jardin sur lequel est le chien est 
fort ancien, il existait en 1340. Par succession du temps, ce jardin 
passa à monsieur Delbousquet. Après .sa mort, il fut vendue à Antoi- 
ne Boyer, jardinier, puis il appartint à .son fils Pierre qui m'a explique 
cette inscription. 

"M. Delbousquet avait (vers 1650 ?) une métairie près de Saint- 
Simon. Il y avait là une superbe orangerie que M. le connétable dé- 
couvrait du château de Pézenas. La trouvant de son goût, il la de- 
manda à M. Delbousquet qui, par son silence, fit comiirendre à ce duc 
qu'il ne voulait pas s'en défaire. Pâché d'un tel refus, le duc la fit 
enlever pendant la nuit. Le lendemain matin, le gentilhomme (Del- 
bouquet ?) voyant les vestiges de ce désordre, comprit que c'était l'ef- 
fet d'un ordre du connétable. Ne iii>u\-ant se venger de ce sanglant 



— 27'?— 

affront, il fit sculpter un chien, avec l'inscription suivante : "Je suis 
un chien, etc." 

Il ne nous appartient pas de critiquer favorablement ou autrement 
ce récit, mais je dirai que Boyer le fils, Bojer le isère, puis Delbous- 
quet, en reculant de 1720, par exemple, peuvent nous amener à 1650 
qui serait la date de l'afi'aire de l'orangerie, ou même 1640, et ce serait 
aussi la date de la pose du chien sculpté. Le duc-connétable devait 
être un drôle envers qui la justice était impuissante mais puisqu'il se 
montrait aussi formidable, comment Delbousquet pouvait-il se permet- 
tia de le provoquer en affichant contre lui des menaces jermauentes 
Le duc ne pouvait-il pas faire briser la pierre du chien comme il avait 
subtilisé les orangers ? De nos jours, une semblable inscription ne se- 
rait pas soufferte. 

Celui qui l'a copiée pour Québec n'était pas fort en versification. 
Dans le second vers, le mot "mon" est de trcp. Troisième, "pas" est 
de trop. Quatrième, "morderai" est mis au lieu de "mordrai" et al- 
longe le vers ; ensuite, il y a "celui", tout à fait inutile et qui allonge 
encore le vers ; de plus, "m'aura" allonge à son tour, il faut "m'a". 
Ce quatrième vers a douze mesures, tandis qu'il n'en faut que huit. 
Les troisième et deuxième ont neuf mesures, c'est une de trop à cha- 
que fois. Bref, le premier vers est seul acceptable. L'inscription de 
Pézenas est parfaite sous ce rapport. 

Nous ne savons de quelle contrée de la France venait Philiber ; 
en tous cas, il ne semble point qu'il ait placé le chien d'or de Qucbec- 
c'est plutôt Rou.ssel qui aura eu cette idée. 

M. Casgrain, s'appuxaut sur le contrat de mariage (1667) de 
Rous.scl, dit que cet homme était né ( 1636 ?) dans la paroisse vSaint- 
Jacques, ville de Moyot (Mauguio), diocèse de Moutiiellier. Maugnio 
est en effet dans cette région. C'est le département de l'Hé'-ault, cou- 
pé dans son milieu, du nord au sud, par la rivière Hérault cjui se jttu- 
dans la Méditerranée. Pézenas où était le chien, et Montagnac, ber- 
ceau de Latude, .sont séparés .seulement par cette rixière. Quant à 
Mauguio c'est une localité située à quelques lieues au nord-est de ces 
deux endroits. 

Roussel ftciL S'il a voulu faire jaset les Canadiens, il triomplie 
sur toute la ligue. 

Br.NjAM I^■ .'^i i.iK 



il' ^)to iri-*tj-,,i 



274 



Les prouesses de Blondin 



Aucun acrobate, probablement, n'a joui d'une plus grande repu 
tation que Blondin, surnommé V Einpercur de V au . 

L'exploit qu'il accomplit, il y a plus de cinquante ans, en traver- 
sant au-dessus des chutes Niagara sur un câble raide, sembla si stupé- 
fiant et intéressa tellement le public avide d'émotions nouvelles que la 
presse mondiale dut tenir ses lecteurs au courant des faits et gestes de 
cet artiste funambule. 

La réclame exceptionnelle qui en résulta fit la fortune de Blondin. 
Partout on voulut le voir et, pendant des années, son passage dans une 
ville a tirait des foules. 

Or comme les principaux exploits de Blondin ont eu lieu en Amé- 
rique, en partie même sur la terre canadienne, il devient, en quelque 
sorte, un de nos personnages historiques. 
*** 

Blondin n'était pas le véritable nom de cet acrobaie.(i) Réelle- 
ment, il s'appelait Jean-François Gravelet et il avait vu le jour à Saînt- 
Omer, France, en 1S24. Le surnom de Blondin lui venait toutefois de 
son père qui en avait été gratifié durant son service militaire et qui le 
conserva toute sa vie. 

Le père Gravelet était un acrobate forain et, comme tel, parcou- 
rait la Franre avec sa famille. Le futur Napoléon des cquilibristes 
apprit tout jeune le métier paternel. Très souple et très intelligent, 
il conquit rapidement ses galons. A sa majorité, ii excellait dans^ous 
les genres d'acrobatie, sauf un, l'équestre, qu'il ne paraît pas avoir 
coinute. 

Vers ce temps, une famille ou une troupe nommée hs Ravel, com- 
posée d'excellents artistes, parcourait l'Amérique et donnait des repré- 
sentations dans les villes de quelque importance. 

Pour maintenir la réputation de cette troupe, son gérant recrutait 
voloiUiers des nouveaux venus. Dans ce but, il se rendait chaque an- 
née eu lùirope et en ramenait les talents qui perçaient. 

(i) Nouveau Larous.se. 



?:X 



—275- 

Bloiidin aj-ant été remarqué, il fut engagé en 1S55 et vint jouer 
à New- York, puis suivit les kavel dans leurs tournées. Les Montréa- 
lais l'applaudirent au Théâtre Royal vers 1857 ou 1S5S. 

*** 
Blondin, cependant, était tourmenté par le désir de faire quelque 
coup d'éclat. Voilà pourquoi il projeta, en 1858, de traverser la riviè- 
re Niagara au-dessus des chutes. Toute une année il rumina son pro- 
jet, visita fréquemment les lieux, et, au printemps de 1S59, annonça 
la nouvelle stupéfiante qu'il allait traverser le Niagara sur une corde 
tendue dans les airs, à deux cents pieds des eaux mugissantes. 

Une campagne de presse habilement conduite, savamment graduée 
à l'américaine, excita un intérêt intense, mit tout le monde en fièvre 
et, lorsque le 30 juin 1S59 arriva, 50,000 personnes étaient présentes 
sur les rives de la rivière pour voir un acrobate faire un a'jte d'extrê- 
me audace sinon de suprême folie. 

Le succès fut complet, foudroyant, dit le Afagasài Pittoresque. Un 
"instant le bruit des applaudissements couvrit le mugissement de la ca- 
"taracte ! Le lendemain, les principaux journaux des Etats- Llnis et 
"du Canada publiaient des dithyrambes en l'honneur du Français 
"Blondin Ce n'était plus un fou, c'était un héros... 

"Blondin n'était pas homme à s'endormir sur ses lauriers. De 
"plus fort e7i plus fort coin me chc~ Nlcolct, telle était sa devise. 

"En conséquence, le 4 juillet, il répéta son ascencion et fit le tra- 
"jet la tête recouverte d'un sac qui lui retombait jusqu'au u)ilieu du 
•'corps .. 

"Le i6 juillet, il franchit encore le Niagara ; cette fois, il poussait 
"une brouette devant lui. Le 5 août, nouvelle traversée agrémentée 
' de cabrioles et d'exercices gyuinastiques plus extraordinaire.s les 
"unes que les autres. 

"Le 19 août, il reconunença son périlleux voyage. Cette fois il 
"n'était pas seul. Un nommé Harr\- Calcourt son agent (manager) 
"avait eu assez de courage et assez de foi en lui pour lui permettre de 
"le jtrendre sur ses épaules." 

"Un journal de réi'oque rapporte d'ailleurs qu'à cette occasion, il 
"y eut une scène assez peu ordinaire entre l'acroliate et son iin>?iai;er 



riSU] h:. 






.-2-<0— 

"au milieu même du vide. Calcourt avait préalablement appris à se 
"maintenir en équilibre, pour permettre à Blondin de le descendre un 
"instant de ses épaules et de le poser sur le cable afin de reprendre ha- 
"leine : le vent était très violent et les pans du vêtement de Calcourt 
"commençant de s'agiter d'une façon inquiétante, notre homme prit 
"quelque peu peur, devint nerveux et, pour garder son équilibre, donna 
"maladroitement un mouvement de balancement au câble. Il fallait 
"absolument le calmer et, dans ce but, son compagnon ne trouva rien 
"de mieux que de le menacer de l'abandonner seul au milieu de la cor- 
"de, s'il ne reprenait pas son calme. Le moj-en réu.ssit "• Blondin re- 
"chargea son fardeau et toucha terre sans accident. 

■ "Le 17 août, Blondin avait franchi la cataracte sous les traits d'un 
"esclave fugitif ayant encore les fers aux pieds et aux mains. Le 2 sep- 
"tembre, il fit la traversée de nuit et, arrivé au milieu de la corde, il 
"se tint la tête en bas entourée d'une gerbe de feux d'artifice qu'il fai- 
"sait partir." 

Il répéta maintes fois ces /if;yb;';«a;/<v5, durant l'été de 1860, en 
les corsant chaque fois davantage. "Un jour, il emporta avec lui un 
"petit fourneau de cuisine et fit cuire une omelette sur la corde raide. 
"Il traversa aussi avec chaque pied dans un panier ; enfin il trouva 
"une dame qui voulut bien se faire porter par lui d'un bout à l'autre 
"du cable qui avait vu tant d'exploits successifs. 

La dernière représentation eut lieu un san.edi, le 15 septem- 
bre 1S60, en présence du prince de Galles (plus tard Edouard VII) 
qui faisait alors son tour d'Amérique. Ce jour-là, Blondin voulut se 
surpasser, et après avoir porté Calcourt sur son dos, il mit le comble 
à ses tours de force en effectuant la traversée sur des échasses. Quant 
tout fut fini, le prince de Galles poussa un soupir de soulagement.il fit 
venir Blondin et s'entretint longuement avec lui, en français, le félici- 
tant de son courage et de son adresse. 

Mais le futur roi d'Angleterre ne se borna pas à exprimer une sté- 
rile admiration. Le lendemain, le major-général Bruce, .secrétaire des 
commandements du prince, adressait au Itcivs du Niagara, avec une 
lettre des plus flatteu.ses, aui chèque pour la sonune de $400.00. (i) 



(0 Morgan, 'lour oj H. R. H . The Prince of Wak s, 1860, p. iSi 



-277- 

Blondin profita aussitôt de sa renommée pour faire le tour du 
monde et récolter des dollars. A Sj'dney, Australie, il fit sensation en 
traversant au-dessus d'une carrière de pierre profonde de 300 pieds. 
En 1S67, lors de l'exposition universelle, tenue en France, il exécuta 
ses exercices au-dessus de la Seine et sa performance lui valut tout 
un feuilleton de Théophile Gautier dans le Moniteur Universel, En 
1S73, il était à Vienne et remportait de nouveaux lauriers... Mais il est 
impossible de le suivre dans .ses pérégrinations, contentons-nous d'a- 
jouter que cet homme extraordinaire accomplit sa six mille et unième 
traversée aérienne au palais Alexandra de Londres en 1S85, c'est-à-dire 
à l'âge de 61 ans et vous aurez une idée de la carrière qu'il a fournie. 

"Toujours maître de lui, toujours dédaigneux du danger et inac- 
cessible au vertige", Blondin eut le rare bonheur de ne jamais être 
victime d'accident et de conserver .ses facultés jusqu'à ses derniers mo- 
ments. 

Ayant décidé de finir ses jours en Angleterrf , patrie de sa femme, 
dit-on, il acquit, dans un tranquille quartier de Londres, une jolie mai- 
sonnette entourée d'un grand jardin. Il nomma sa demeure "Niaga- 
ra villa", et y coula des jours heureux, dans une aisance confortable, 
s'occupant surtout d'oiseaux et de musique, ses deux grandes passions. 
Plus tard, il paraît s'être transporté à Ealing et c'est là qu'il s'éteignit 
e>n 1897, âgé de 73 ans. 

E.-Z. MASSICOTTE 

QUESTIONS 

Ovi et quand e.st mort M. Thomas-Xavier Tarieu de Lanaudière, 
officier an régiment de Carignan, premier seigneur de Sainte-Anne de 
la Pérade ? Les uns le font mourir en 1680, d'autres en 1694, d'au- 
tres encore en 1695. S.J. 

— La peinture de l'Immaculée Conception qu'on voit au-dessus du 
maître autel de la basilique de Québec et que certains connais.seurs 
prétendent être l'œuvre du fameux peintre français Lebrun, porte l'ins- 
cription suivante : ' Donné par Francis Lemaistre, Ecr., lient. -gou- 
verneur du districi de Gaspé. " A-t-on des renseignements biogra- 
phiques .sur LeMaistre ? Comme il était protestant, ce don à une église 
catholique d'uue peinture représentant la Vierge Immaculée est assez 
étrange, Connait-on la raison de ce don ? 









VIU 



-278- 

Ouvrages publiés par Mgr Henri Têtu (^^ 

Esquisse biogyaphiijuc. l\fonsci<^nciu de Laval, picim'fr cvcquc de 
Québec. Imprimerie de P. G. Delisle, i, rue Port-Dauphin— 1SS7. 
151 pp. in-i2. 

Mandemeiits, Lettres pasioi aies et cireulaires des évcques de Québec 
(2). Volume premier. Québec, imprimerie générale A. Côté et Cie 
— 1887. 588 pp. in-8. 

Mandements, Lett/es pastoja/es et cirailaires des évéques de Québec. 
Volume deuxième, yuébec, imprimerie générale A. Côté et~Cie — 
1888. 566 pp. in-8 

Mandements, Lettres pastorales et circulaires des évéques de Québec. 
Volume troisième. Québec, imprimerie générale A. Côté et' Cie^ 
1888. 635 pp. in-8. 

Mandements, Lettres pasto7 aies et circulaires des évéques de Québec. 
Volume qua*^rième. Québec, imprimerie générale A. Côté et Cie-- 
1888. 794 pp. in-8. 

Mandements, Lettres pastorales et ci) culait es des évcques de Québec. 
(Nouvelle série) Son Eminence le cardinal Taschereau. Volume pre- 
mier. Québec, imprimerie générale A. Côté et Cie^iSSg. 570 pp. 
in-8. 

Notices biographiques. Les évéques de Québec. Québec, Narcisse- 
S. Hardy, éditeur=i889. 692 pp. in-S. 

Mandements, Lettres pastorales cl ciiculaiies des évéques de Québec. 
(Nouvelle série) Son Eminence le cardinal Taschereau. Volume deu- 
xième. Québec, imprimerie géuérale A. Côté et Cie — 1890. 826 pp. 
in-8. 

Notice biographique. S. E. le cardinal Taschereau, archevêque de \ 

Québec. Québec, N. S. Hardy, libraire-éditeur 1891. 99 pp. in-i6. ' 

David Têtu et les raiders de Saint-Alhan. Elpisode de la guerre j 

américaine. 1S64-1865. Deuxième édition. Québec, X. S. Hardy, j 

libraire-éditeur — 1S91. 1S7 pp. in-i6. (3) ' j 

Mandements, L^ettra' pastorales et circulaires des évéques de Québec. ! 

(Nouvelle série). Son Eminence le cardinal Taschereau. \'oIuiue ■ i 

~ ! 

(i) Décédé à Québec le 15 juin 1915. } 

(2) En collaboration avec Mgr C. O. Gagnon. 1 

^^(3) En collaboration avec l'abbé H. R. Ca.s^rain. Le titre por- 1 

te "deuxième édition"; la première édition fut publiée dan.s Y Ohinton ■ 
Publique. 



'.'jl r\..-i -liïi^i i:,\l ^^'Iduq ^''-ï^S'yiiÔ 



-279- 

troisième. Québec, imprimerie générale A. Côté et Cie — 1892. 363 
-CCXXI-ii pp. in-8. 

Hisioiif dic palais épiscopal de Oucbcc. Québec, librairie Montmo- 
rency-Laval, Pruneau & Kirouac, libraires-éditeurs, 46, rue de la Fa- 
brique — 1S96. 304 pp. in-8. 

Mandements, Lettres pastorales et circulaires des évêques de Québec. 
(Nouvelle série). Son Eminence le cardinal Tascherc-au. Volume qua- 
trième. Québec, imprimerie A. Côté et Cie — 1897. 427-201-12 pp. 
in-8. 

Notice hiogiatyhiqiie. Le R. P. Bouchard, missionnaire apostolique. 
Québec, librairie Montmorency-Laval, Pruneau & Kirouac, libraires- 
éditeurs, 46, rue de la Fabrique — 1S97. 231 pp. in- 12. 

Notice biographique. L'abbé David-LLen) i Têtu, curé de Saiiit- 
Roch-des-Auinaies. Québec. Du.ssault & Proulx, imprimeurs — 189S. 
94 PP- in-8- 

Histoire des Familles Téiu, Bonenfant, Dionne et Perrault. Québec, 
Dussault & Proulx, imprimeurs — i8gS. 636 pp. in-8. 

Notice Biographique. S. E. le cardinal Taschereau; archevêque de 
Québec. Québec. N.-S. Hardy, libraire-éditeur,— 1S98. 117 pp. 

in-i6. (i). 

Noces d'or de la Sainte-Enfance à Québec. Québec, Compagnie 
d'imprimerie de Québec — 1901. 52 pp. in-i6. 

Journal d'un voyage en Europe par .Ugr Joseph- Octave P/cssis,évéque 
de Québec, 1S1Ç-1S20. Québec, librairie Montmorency-Laval, Pruneau 
& Kirouac, libraires-éditeurs, 34, rue de la Fabrique-^ 19031 469 pp. 
in-8. 

Journal des visites pastorales de 1815 et i8\6 par Monseigneur Jo- 
seph-Octave Plcssis. Québec, imprimerie Franciscaine Missionnaire — 
1903. 216-75 PP- in-8. 

Biographies de .Monseigneur de L^aval et de Monseigneur Plcssis, 
évêques de Québec. Montréal, Librairie Beauchemin Limitée, 79 rue 
St-Jacques — 1913. (2) 140 pp, in-12. 

P.-G. R. 



(i) C'est l'édition de 1891. La couverture seule porte le millé- 
sime 1S98. L'auteur a ajouté un ai>i>endice où il raconte la mort du 
cardinal Taschereau et où il donne une lettre du cardinal à sa mère en 
date du S mai 1S37. 

(2) La couverture porte ceiiendant 19 14. 



—'iso- 
la famille Regnard Duplessis 



GEORGES REGNARD DUPLESSIS 

En 1689, Georges Regnard, sieur Duplessis, originaire de la Cham- 
pagne, vint au Canada pour y exercer un emploi dans les bureaux du 
trésorier de la marine à Québec. 

Le 27 octobre 1698, l'intendant Champigny choisissait M. Duples- 
sis comme receveur de l'amirauté. 

L'année suivante, le 22 juin 1699, M. Jacques Petit de Verneuil 
trésorier de la marine à Québec, décédait, et M. Duplessis lui succé- 
dait dans sa charge. 

Enfin, le 11 septembre 1705, à ses fonctions de trésorier de la ma- 
rine et de receveur de l'amirauté, M. Duplessis joignait celle d'agen 
général et particulier de la Compagnie de la colonie conjointement avec 
M. de Lotbinière. 

Après vingt ans de services, le gouverneur de Vaudreuil rendait au 
ministre le témoignage suivant de M. Duplessis : 

"Le sieur Duplessis, trésorier, m'a prié de vous rendre compte de 
sa conduite. Je puis vous dire qu'il remplit ici ses devoirs d'une ma- 
nière à contenter tout le monde". 

Le 15 octobre 1696, M. Duplessis avait fait l'acquisition d'une 
étendue de terre considérable en Acadie. sur les bords de la baie et de 
la rivière de Cocagne. Il u'a])pert pas que M. Duples.sis ait jamais fait 
exploiter ce domaine de deux lieues de front sur six lieues de jtrofoii- 
deur. 

Trois années plus tard, le 14 octobre 1699, M. Dui)lessis achetait 
de Thomas Bertrand, la seigneurie de Lauzon, sur la rive droite du 
Saint-Laurent, en face de Québec. 

M. Duplessis décéda à Québec le 30 octobre 17 14. 

"Pendant ses vingt-cinq années de service, écrit M. J. -Edmond 
Roy, M. Duplessis avait eu à subir bien des déboires. La Providence 
lui réservait pour la fin de sa vie ses plus rudes épreuves. 

"Au mois de janvier 1713, un incendie dévorait le Palais de l'in- 
tendant. C'est là qu'étaient déposés tous les i)apiers du trésor dont 



^- ^r,^^\vr:'^ oIlimEi hJ 



- 281 — 

M. Duplessis avait la garde. Tout fut enveloppé dans le désastre. 
Cet accident fit une très grande brèche au bien de famille qu'il avait 
péniblement amassé. 

"En effet, les monnaies de carte, les bons sur le trésor, les valeurs 
en caisse, les pièces justificatives des dépenses, tout fut détruit, et le 
tré-orier dut en porter la responsabilité. Pour s'acquitter envers le 
roi, M. Duplessis se crut obligé de \endre la seigneurie de Lauzou. Le 
28 mars 1714, il se défaisait de cette propriété qu'il avait payé 5,500 
livres pour 3,000 livres en faveur d'Etienne Charest. Il ne toucha 
rien du prix de cette vente. La mort vint le frapper avant qu'il eût 
terminé la liquidation de ses afi'aires. Sa veuve qui avait toujours été 
sa caution pour toutes ses charges, dût rendre compte au roi d'une ad- 
ministration d'un quart de siècle. On la tint responsable pour une 
.somme de 1,200,000 livres. Tout fut pajé, sans compter 6000 livres 
qu'elle dût débouiser en ])lns." 

M. Dnplessis avait épousé, avant de vent s'établir dans la Nou- 
velle- F'rance, damoiselle Marie Le Ro}-, Ai Ch^vreuse, près de Paris. 
Elle décéda à l'Hôtel-Dieu de Québec au pruuenips de 1732. De leur 
mai iage naquirent huit enfants. Quatre mojfurent au berceau. Un 
mot de chacuu des enfants de M. Duplessis ; 

I. MARIE-ANDRE REGNARD DUPLESSIS 

Née à Paris le 28 mars 16S7, 

Elle fut élevée à Chevreuse par sa grand' mère, et ne passa dans la 
Nouvelle- France qu'en 1702. 

Elle entrait à l'Hôtel-Dieu de Québec le 2 juillet 1707 et, deux ans 
plus tard, le 8 janvier 1709, elle prononçait ses vœux sous le nom de 
Sainte-Hélène. 

La mère de Sainte- Hélène occupa les principales charges de sa 
communauté. Elle fut sujiérieure à trois reprises différentes. Elle 
décéda le 23 janvier 1760. 

Sur la mère Sainte Hélène on peut consulter ^L l'aljlié Casgrain, 
Histoire de r Hctvl-Dicu de Vin'Mr, pj). 345, 383, 425, 442, 452 et 487, 
la Ktvue Canadienne année 1N75, article de M. l'abbé \'erreault, pp. 
44, 105, 1S3, 2Sy, 384,45s, 529, 603., et J. -Edmond Roy, Leltrcs du 
P. F.-X. Duplessis, de la Compas: nie de/ésns. pp. X et se.i. 



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- 282 - 

2. MARIE- JOSEPH-GENEVTEVE REGXARD DUPLESSIS 

Née à Québec le 7 février 1692. 

A l'âge de vingt et un ans, elle suivit sa sœur à l'Hôtel-Dieu de 
Québec et y prononça ses derniers vœux le 5 juillet 1714. Elle prit 
en religion le nom de l'Enfant- Jésus. 

La mère de l'Enfant- Jésus fut pendant trente la dépositaire des 
pauvres. 

Elle décéda le 12 mai 1756. 

On peut consulter sur la mère de l'Enfant-Jésus M. l'abbé Cas- 
grain, Histoire de P Hôtcl-Dieii de Québec, pp. 404, 405, 425, 426 et 588; 
et la Revue Canadienne, année 1875, pp. 47 et seq. 

3. LOUIS REGNARD DUPLESSIS 

Né à Québec le 29 janvier 1693. 

Décédé au même endroit le 29 janvier 1693. 

4. FRANÇOIS-XAVIER REGNARD DUPLESSIS 

Né à Québec le 13 jan^■ier 1694. 

Le 21 octobre 17 16, il s'embarquait à Québec pour la France dans 
le dessein d'entrer dans la compagnie de Jésus. 

Le 7 janvier 1717, le jeune Duplessis faisait sou entrée au novi- 
ciat des Pères Jésuites à Paris. Il prononça ses premiers vœux le 2 
février 1719. Sous-diacre le 16 mars 1726, diacre le lendemain, il fut 
ordonné prêtre le 20 mars de la même année. 

Dès lors, le Jésuite Duplessis commença cette carrière de piédica- 
tion qui devait en faire un des missionnaires les plus appréciés de tou- 
te la France. Le Père Duplessis mourut près de Paris dans les pre- 
miers jours de décembre 1771, à l'âge de 77 ans. 

On trouvera une notice biographique du célèbre Père Duplessis eu 
tète des Lettres du P. F. X. Duplessis, de la Compagnie de Jésus, pu- 
bliées par M. J. -Edmond Roy, en 1S92. 

5. NICOLAS-JOSEPH REGNARD DUPLESSIS 

Né à Québec le 18 mars 1695. 

Décédé au même endroit le 18 avril 1695. 

6. JOSEPH Rl'lGNARD DUPLKSSIS 

Né à Québec le 7 avril 1697. 



— 283 — 

Il est mentionne au recensement de Québec en 17 16. II dût mou- 
rir en cette même année 17 16 ou peu après. 

7. ANTOINE- LOUIS REGNARD DU PLESSIS 

Né à Québec le 25 novembre 1699. 
Décédé au même endroit le 16 mars 1700. 

8. CHARLES-DENIS REGNARD DUPLESSIS DE MORAMPONT 

Né à Québec le 22 juin 1704. 

M. J. -Edmond R03- nous dit qu'il alla étudier à La Flèche de 1719 
à 1724 pui.s fit sa philosophie à Paris. 

De retour au Canada il embrassa la carrière des armes. Il servit 
d'abord à Cataracoui. 

En 1734, il obtenait une promotion. 

En 1742, il était aide-major des troupes. 

En 1744, M. Duplessis de Morampont était conmiandant pour le 
roi au poste de Kamanistigouja. 

Le ler mai 1749, M. Duplessis de Morampont était nonnnc prévôt 
des maréchaux du Canada, à la place de M. Denis de Saint-Simon, dé- 
cédé. Son frère, le Père Jésuite Duplessis, lui avait aidé à obtenir ce 
poste de confiance. 

M Duplessis de Morampont é]5ousa, à Québec, le 29 mai 1742, 
Geneviève-Elisabeth Guillemin. fille de feu Charles Guillemii,, conseil- 
ler au Conseil Supérieur, et de feue Françoise Lemaître de la Morille. 
Il en eut deux filles. L'une, Louise-Geneviève, mourut au berceau. 
L'autre, Marie-Jo.seph-Andrée, devint, à Montréal, le 30 .se]itenibrf 
1760. l'éixjuse de Pierre-Louis de Rastel de Rocheblave, fils du mar- 
quis de Rastel, orit:;inaire de Saint-Jacques île la Sa\ourua>-, diocèse dt 
Gai», déi>artement des MaïUes-Aliies. 

Après la conquête, Charles Denis Du]>lessis de Murampurt passa 
en France. A\ec lui, dis])arurcnt du Canada les noms de Re);nar(l Du- 
plessis et de Duplessis de Moramjiont. 

P. G. R. 



;v.i.l-.I 



— 284 — 

Biographies canadiennes 

JEAN LECHASSEUR.=C'est dans les premiers jours f^e septem- 
bre 1672 que le comte de Frontenac, nommé le 7 avril précédent gou- 
verneur-général de la Nouvelle-France, débarqua à Québec. 

"Quelle que fût la médiocrité de sa fortune, écrit M. Lorin {Le 
comte de Frontenac, p. 28), Frontenac voulut arriver au Canada comme 
uu gouverneur qui comprend la dignité de sa situation ; il avait reçu 
quelques libéralités du roi, 6ooo livres "pour se mettre en équipage", 
9000 environ pour former "une compagnie de vingt honunes de guerre 
à cheval, dits carabins", qui seraient sa garde du corps ; il avait char- 
gé un vaisseau de ses "ameublements et équipages", mais les Hollan- 
dais, auxquels Louis XIV venait de déclarer la guerre, s'en emparè- 
rent à la hauteur de l'île Dieu. A peine débarqué, il organise autour 
de lui toute la hiérarchie des "officiers, grands et petits, qui compo- 
sent la maison des gouverneurs de province, avec un si bel ordre que 
la sienne pouvait passer pour une académie réglée et un séminaire de 
vertu." 

M. Lorin ne le dit pas mais nous le savons par ailleurs ; le comte 
de Frontenac avait amené son secrétaire, le sieur Jean LeCha.sseur. 

Moins d'un an après son arrivée à Québec, LeChas.seur figura 
dans un procès assez curieux fait à un aide-cuisinier du comte de 
Frontenac, le sieur René Blanchard. Ce cuisinier peu gêné avait 
abandonné le service de son maître avant son terme d'engagement, en 
emportant une certaine somme appartenant à M de Frontenac et plu- 
sieurs vêtements appartenant à M. LeChas.seur. Il fut condamné, le 
5 juin 1673, à être appliqué au carcan, à la grande place de la basse- 
ville de Québec, avec un écriteau sur l'estomac : Domestique engage 
qui a délaissé le service de son î\/e sous un faux donné à entendre. 

Le Chasseur agit comme .secrétaire du comte de Frontenac pen- 
dant tout le temps de .sa première admini.stration, de 1672 à 1682, soit 
près de dix ans. 

Nous pouvons présiuner que M. LeChasseur rendit de bons .servi- 
ces au gouverneur car M. de Frontenac n'était pas homme à garder 
longtemps sous ses ordres un secrétaire qui aurait été médiocrement 
qualifie. 



'U.ti>J 



— 285 — 

Le comte de Frontenac partit de Québec pour retourner en Fran- 
ce au mois d'octobre 16S2, quelques jours après l'arrivée de son suc- 
cesseur, M. de La Barre. Sou secrétaire, M. LeChasseur, décida de 
rester au pays. 

Peut-être servit-il de secrétaire à ^L de La Barre pendant ses trois 
années de séjour dans la Nouvelle-France ? 

Le 20 avril 1683, la seigneurie de la Rivière-du-Loup (en haut) 
était accordée à M. LeChasseur. Cette seigneurie avait été donnée, 
le 3 novembre 1672, au sieur de Mannereuil. Celui-ci, pour une raison 
.ou pour une autre, fut obligé de renoncer à sa concession. M. Le 
Chasseur la reçut, le 20 avril 1683, avec une augmentation de deux 
lieues de profondeur. 

Le 22 juillet 1686, M. de Boyvinet, lieutenant-général des Trois- 
Rivières, revenant de France, se noyait devant Québec. 

Dès le lendeifiain, l'intendant de Meulles donnait à M. LeChasseur 
"sous le bon plaisir du Roi," l'office de lieutenant-général de la juri- 
diction ordinaire de Trois-Rivières. 

Le 19 août 1686, le Conseil Souverain ordonnait que, par provi- 
sion, et sous le bon plaisir de Sa Majesté, le sieur LeChasseur exerce- 
rait l'office de lieutenant-général au siège rcyal de Trois-Rivières et il 
l'admettait à prêter le serment requis. 

La nomination de M. LeChasseur fut confirmée par le Roi le 15 
mars 1687. Il fut installé en son office par le Conseil Souverain le 20 
octobre de la même année. 

M. LeChasseur exerça ses fonctions de lieutenant-général pendant 
plus d'un quart de siècle, à la satisfaction de tous les justiciables. Il 
décéda à Trois-Rivières le ler septembre 17 13. M. LeChasseur ne 
s'était pas marié. 

Il semble que sa seigneurie de la Rivière-du-Loup ne lui avait pas 
été d'un grand profit. Il l'avait vendue, en 1691, au célèbre Nicolas 
Perrot. Mais celui-ci, n'ayant pu faire les paiements promis, sept ans 
plus tard, M. LeCha.sseur avait été obligé de la rL-jjrendre. Il la re- 
vendit un peu plus tard à M. .Michel Trottier de Bcaubien. 

LE CAPITAINF, DK MACARY.— Lorsque le marquis de Denou- 

ville vint prendre possession de la Nouvelle-France dans l'été de 16S5, 

amena avec lui un certain nombre d'officiers. Connue il l'écrivait 



>a.: !■' 



— 286 — 

un peu plus tard au ministre, la plupart de ces officiers étaient de bons 
sujets, mais il y avait aussi parmi eux quelques caractères difficiles, peu 
dignes de rester dans le pays. 

Au nombre de ces derniers se trouvait M. de Macary, capitaine 
d'une compagnie. 

Moins d'un an après son arrivée dans la Nouvelle-Franee, M. de 
Denonville avait déjà à .se plaindre du capitaine de Macary. Le 8 mai 
i6S6, le gouverneur écrivait au ministre : 

"J'ai été sur le point d'interdire le sieur de Macary, un des capi- 
taines que j'ai amenés, pour avoir manqué de respect à M. de Callière, 
, et pour trop tarder à lui faire satisfaction, selon que je lui avais or- 
donné. 

"Cela me donne lieu, Monseigneur, de vous demander vos ordres 
sur ce que j'aurai à faire en pareil cas, le Roi s'étant réservé de casser 
et n'ayant donné à .ses officiers en chef que la permission d'interdire 
pour juger si la faute mérite qu'il soit cassé ou si Sa Majesté juge plus 
à propos de lever l'interdiction qui ne peut venir que par vos ordres. 
Sur cela. Monseigneur, je vous supplie très humblement de faire ré- 
flexion sur le temps qu'il faut pour avoir des nouvelles. Si lorsque je 
serai obligé d'interdire vous voulez que je vous envoie les officiers qui 
tomberont dans le cas pour se justifier eux-mêmes, ou s'il suffiia de 
vous rendre compte et de les laisser ici en attendant vos ordres pour 
lever l'interdiction, ne le pouvant faire de mon chef. Ce que je puis 
vous assurer. Monseigneur, e.st que je n'en viendrai point à cette ex- 
trémité qu'il n'y ait une désobéissance manifeste et un sujet qui méri- 
te un exemple tel que de casser un officier. Vous croyez bien. Mon- 
seigneur, que je n'entends point parler de ceux qui ont des ctabli.'-se- 
ments en ce pays." (i) 

Dans la même lettre, M. de Denonville ajoute : 

"Depuis ma lettre écrite, j'ai reçu une lettre du sieur de Macary 
qui se plaint que le .sieur de Saint-Bazile, son lieutenant, lui a fait un 
ajipel par deux fois et qu'il lui a demandé un rendez-vous pnur tirer 
l'épée contre lui ; comme je monte à Montréal, je saurai ce cfiic c'est 
que cette affaire, et si cela se trouve ainsi je sais ce que portent les or- 
donnances du Roi pour les affaires exécutées, mais. Monseigneur, com- 
me le châtiment e.st une longue i)rison suivie de la ca.sse, faites-moi sa- 

(1) .\rfliives publiiiiics du Canada. Correspoiidaïuo jrOnOraU', vol, S. 



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... 287 - 

voir vos ordres sur ce que je ferai de ces officiers qui tomberont dans 
ces fautes, n'ayant pas de prison sûre pour les empêcher de s'égorger' ' ( i ) 

A l'automne de la même année le marquis de Denonville se déci- 
dait à débarrasser la Xouvelle-France de la personne encombrante du 
sieur de Macary. Il écrivait au ministre le lo novembre 1686 : 

"Dans le nombre d'officiers que nous avons ici il y en a beaucoup 
d'honnêtes gens et capables. Je vous en renvoie quelques-uns qui, 
s'il vous plaît, serviront d'exemple aux autres pour les contenir dans 
une bonne discipline. Je vous renvoie le sieur de Macary, l'un des 
capitaines que j'ai amené ici étant un homme d'un caractère d'esprit 
si dangereux, brouillon, séditieux et si difficile à mener que j'ai cru ne 
pouvoir me dispeuî^er d'en faire un exemple. Je l'ai fait mettre en 
prison une fois pour avoir très maltraité un fort joli officier. Il a eu 
trente démêlés avec M. de Callières, et avec nos officiers et avec les 
peuples; je vous envoie quelques-unes de ses lettres qui vous seront un 
échantillon de son esprit ; je l'ai pris par tous endroits pour le réduire 
et le faire changer, y ayant perdu mon temps. Je vous le renvoie. 
Monseigneur, dans l'espérance que vous ne me le renverrez pas, n'en 
pouvant rien faire de bon pour le service. 

"Je vous envoie aussi les informations que j'ai fait faire (sur) 
tuie plainte qu'il m'a faite que son lieutenant lui avait fait un appel. 
Comme je n'ai point les règlements et ordonnances sur les duels, ne 
les ayant point trouvé en aucun greffe, je vous supplie très humble- 
ment qu'on les envoie an Conseil Souverain pour que nous les fassions 
exécuter sévèrement. Cependant, je n'ai pas laissé de châtier le sieur 
de Saint-Bazile, son lieutenant, qui d'ailleurs est honnête garçon, bon 
officier et de qualité, par quatre mois de prison, parct qu'il m'a paru 
avoir manqué à l'égard de son supérieur, quoique j'aie eu lieu de pen- 
ser qu'il y a eu de l'artifice de la part du sieur de Macary qui a cru le 
l)erdre infailliblement par cet endroit. Le dit sieur de Macary m'a 
présenté bien des requêtes et même à M l'intendant tendantes toutes 
à mettre nos officiers en combustion par des confrontations qu'il de- 
mandait que je n'ai pas cru devoir faire pour éviter les désordres que 
cela aurait pu mettre entre eux." 

P. G. R. 



— 288- 

REPONSE 

M. NAU DE FOSSAMBAULT ET LA NOUVELLE-FRANCE. 
(KXl, Vin, p. 235). -^ M. Jacques Nii de Fossaubault, 
qui a laissé son nom à la seigneurie de Fossanibaull, est-il bieu venu 
dans la Nouvelle- France ? 

Nous ne croxons pas que Jacques Nau de Fossanibault, conseiller 
du Roi, receveur ou trésorier des finances en Berry, soit jamais venu 
dans la Nouvelle-France. Ni \q Journal des Jcsnitês ni les Relations des 
Jésuites ne mentionnent son passage ici. 

Quelques-uns de nos historiens ont écrit que M. Nau de Fossani- 
bault avait vécu dans la Nouvelle-France. Ils ont probablement été 
induit en erreur par le nom de la seigueurie de Fc-stu.lsvlt et le 
fait que deux filles de M. Nau de Fossambault .se marièrent ici. 

V Histoire de V Hôiel-Dicu de Québec nous explique comment Ca- 
therine Nau, l'une d'elles, vint à Québec. 

"C'était, dit-elle, une demoiselle de Pau que la duche.sse d'Ai- 
guillon avait envoyé en 1655 aux religieuses de l' Hôtel-Dieu pour être 
religieuse chez elles.Elle avait beaucoup d'esprit et de piété, mais point 
de vocation." 

^ Dans une lettre du Père Lejeune à la mère de Saint- Bonaventu;e, 
datée le 10 mars 1656, nous lisons : 

"Je n'ay jamais cru que Madem. Nau devait être re'igieuse. Je 
vous assure qu'on a fortement poussé et i>ressé son envoy en Canada, 
Made. du Viger m'a dit qu'elle estait sa parente. Celui qui avait ar- 
resté la m. de Ste Agnes lui a enfin donné liberté." 

Catherine Nau ne resta pas longtemi)s à l'Hôtel-nieu de Québec 
puisqu'on la voit devenir, le 5 octobre 1655, l'épouse de Louis de Lan- 
zon, sieur de la Citière, fils du gouverneur de Lauzon. Elle lui appor- 
ta une dot de trois mille livres. 

En secondes noces, le 10 juillet 1659. Catherine Nau devint la 
femme de Jean-Baptiste Peuvret de Mesnu, qui fut greffier du Conseil 
Souverain. 

Le fils aîné de Catherine Nau, Alexandre Peuvret de Gaudarville, 
se fit concéder, par la gouverneur de Frontenac et l'intendant de 
Champigny, le 20 février 1693, "" fief auquel il donna le nom de Fos- 
sambault, en souvenir de son grand'père, Jacques Nau de Fossambault. 
On ignore en quelle année Michelle-Thérèse Nau vint rejoindre 
sa sœur Catherine dans la Nouvelle-France. Le 22 octol^re 1603, elle 
unissait sa destinée à celle de Joseph Giffard, sieur du Fargy, 'fils du 
premier seigneur de Beauport. 

Mgr Tanguay ne nous donne pas la date de la mort de madame 
Giffard de Fargy. Seulement, il est certain qu'elle mourut avant le 4 
novembre 1700 iniisque ce jour-là M. GifTard de Fargy convolait en 
secondes noces avec Denise de Peiras. 

P. G. R. 



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BULLETIN 



RECHERCiïES HlST@!^ipES 

VÔlTxxÏ BEAUCEVILLE==0CT0BRE 1915 NoTx 

Mémoire de Gédéon de Catalogne sur les plans des 
seigneuries et habitations des gouvernements 
de Québec, les Trois-Rivières et Montréal 



(Suite) .. M ..- - 

La seigneurie des Milles Isles scituée au uordouest de l'isle Jésus 
appartient au Sr Dupré marchand a Montréal, Ce nom de Mille-i Isles 
luy vient de la grande quantité presque innombrables qui la sépare de 
risle Jésus, la pluspart de ses Isles sont couvertes de sapinage fort 
touffues, quelques-unes de moyens chesnes qui produisent abondam- 
ment du gland, que les plus ménagers amassent pour les pourceaux ; 
Elles sont la pluspart fort pierreuses et peut propres a la culture, La 
terre ferme ou les habitans ont leurs déserts sont très bonnes produi- 
sant abondamment toute sorte de grains et légumes, particulièrement 
de bon tabac, chanvre et lin, Les forests contiennent toutes sortes de 
gros bois, la fertillité de ses terres fait que les habitans y sont fort ai- 
sez, quoiqu'ils soient éloignez du commerce de leurs denrées, La chas- 
se et la pesche y est abondante. 

La seigneurie de la Chesnaye appartient aux héritiers et créan- 
ciers du feu Sr. Martel Marchand, dont le Sr. de Bailleur Lieutenant 
des troupes a épou.sé la veuve. Cette Seigneurie fait paroisse avec celle 
da Repentignj-, St Suljnce et la Valterie, Llles sont desservies par un 
prestre du Séminaire de Montréal, .s}- les Iroquois n'avoient détruit 
uue i)artie des habitans et retardé la culture. des terres, chacune desdi- 



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tes paroisses auroit esté en estât dentrctenir uu curé, Les terres y es- 
tant très bonnes produisant abondamment toute sorte de grains et lé- 
gumes et pasturages pour nourrir quantité de bestiaux, La pcsche et 
la chasse très abondants, les bois par contrée y sont très beaux de tou- 
tes espèce et en abondance, Les arbres fruictier'^ ny viennent bien qu'- 
en quelques endroits. 

La Seigneurie de Repentigny appartient au Seigneur de ce nom, 
capne d'une compie du détachement de la marine en ce pays, la Coste 
est très belle unie et ornée de plusieurs Isles qui sont audevant produi- 
sant en abondance toutes sortes de grains et légumes. Les bois en terre 
ferme sont melangtz de toute espèce, les Iroquois en avoient détruit 
une partie des habitans et retardé pendant plusieurs années son esta- 
blissement, et se fut sur cette Seigneurie que Monsieur le Marquis de 
Vaudreuil en 1691 deffist entièrement un party de ces insulaires et 
qui détermina toutes les nations a demander la paix. 

La Seigneurie de St Sulpice appartient à Mrs du Séminaire de 
Montréal, La guerre des Iroquois est la cause quelle nest pas bien esta- 
blie, outre que les terres ny sont bonnes que par contrées qui cepen- 
dant produisent de bon grain et légumes, mais non pas si abondam- 
ment qu'a Repentigny, les profondeurs des bois y sont mêlées de tou- 
tes espèces entrecoupées de Savannes et pays marescageux ou il y 
avait autrefois des castors et orignaux en quantité 

Les Isl''s Bouchard qui sont au Sud de St Sulpice appartiennent a 
Mr Dejordis capne dans les troupes et aux héritiers du feu Sr. de Ver- 
cheres Lieutenant reformé des troupes, une de celle qui appartient au 
dit Sr. Dejordis est la plus grande, mais entrecoupée de marais pois- 
sonneux et avantageux pour la chasse au gibier jiassager, et prairies 
et quoique les terres y soient des meilleures du pays. Elles est si su- 
jette aux innondations qu'il y en a très peut de reduittes a la culture, 
celles qui sont cultivées produisent abondamment toutes sortes de 
grains et légumes, les habitans qui y sont establis y sont fort a leur ai- 
se. Il y a quantité de gros bois consistant en hormes, chesnes blancs, 
errables, meriziers. Plaines, fresnes et noyers qui la pluspart dans cer- 
taines années se trouvent couverts de raisins du pays qui fait du vin 
tort acre et noir comme de lencre. 

La Seigneurie de la Valterie appartient a la veuve de ce nom Le 
Seigneur avoit esté officier dans le régiment de Carignan et depuis 



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—2U] — 

Capne dans les troupes du détachement de la marine, Jay desja dit 
quelle fait paroisse avec celle de St Sulpice et Repentigny, Les terres 
y sont niediocrenieiit bonnes, Les guerres cependant ont contribuez au 
retardement de son tstablissement, Les lers habitans ayant esté dé- 
truits ou ruinés, et les terres y sont revenues en taillis, que Ion com- 
mence a deffricher. Celles qui y sont en culture produisent de bon 
grain et légumes, mais non pas abondamment, Les profondeurs soct 
entrecoupées de pignieres. C'est le terme des contrées des Pins et par 
dautres des Savannes et toute sorte de l:ois. 

La Seigneurie de la Noré appartient aux héritiers de ce nom et au 
Sr neveu, Marchand. Elle fait paroisse avec Berthier, l'Isle Dupas et 
Sorel, il y a très peut d'habitans tnnt parce que les Terres dans les 
profondeurs ny sont pas bonnes, que par la difficulté du commerce, des 
Moulins éloigné de la résidence du curé et du Seigneur, cependant les 
terres qui y sont en culture produisent de toute sorte de grains et légu- 
mes. Les bois y :;Out mélangez de toutes espèces. 

La seigneurie de Dautré quoique les terres y paroissent assez bel- 
les par les bois qui sont dessus, est entièrement abandonnée, le seigneur 
et les habitans ayant esté détruis par les Iroquois, les créanciers sont 
assez negligens pour ne la pas faire restablir. 

La Seigneurie iMntay appartient au fils de St. Romain marchand 
par les créances qu'il a'-ait sur icelle, il ny a que deux habitans resi- 
dans, le reste des terres sont négloigées quoique en apparence elles 
soient très bonnes, mais l'eloignement des commoditez nécessaires en 
empesche l'establissement, il y a des bois de toute espèce. 

La seigneurie de Berthier appartient au Sr. de Rigauville enseigne 
dans les troupes comme ayant espousé la veuve de ce nom. Les terres 
y sont très belles et unies examptes d'aucunes qualité de pierre, produi- 
sant abondamment toute sorte de grains et légumes, mais très sujettes 
a brumer, les terres estant renfermés par les bois de haute futaie et par 
les Lsles qui sont au devant qui la j^luspart servent cie commune aux 
habitans, le reste est concédé et establi, les grains y venant mieux 
quen terre ferme, Cette seigne^irie du costé du costé du nordouest du 
fleuve termine le bas du gouvernement de Montréal. 

L'Lsle Perrot qui est au haut dudit Gouvernement apjiartient au 
Sr. Desruis.seaux marchand par lacquisition quil en a faite des héritiers- 



™ 292 - 

du Sr. Letnoine, les terres y sont entrecoupées de carrières de grais et 
Moulanges, fresnieres et prairies, il ny a point dautres hans que le Sei- 
gneur, Cependant il y a fait la dépense d'un beau moulin et d'un re- 
tranchement contre l'insulte des ennemis, mais l'éloignement delà vil- 
le et les difficulté/, du Saut St Louis empeschent son establissement, 
les terres }• produisent de très bons grains, et la pesclie et la chasse en 
hiver et en esté y est très abondante. 

La seigneurie de Chateauguay et les Isles de la Paix qui sont au- 
devant appartiennent au Sr. de La Noue Lieutenant dans les troupes, 
par lacquisition quil en a faite des Srs. Lemoine, Elle n'a pas esté é- 
pargnée de l'invasion des Iroquois, ce qui est cause qu'il ny a guaire 
d'habitans residans, les terres par contrées v sont très bonnes et pro- 
duisent de toute sorte de grains et légumes, La chasse aux orignaux 
et castors et autres animaux autrefois y estoit fort commune, celle du 
gibier passager y est toujours abondante dans les saisons, la pesche a 
toute sorte de poissons et mesme Ihiver on tend des fîllets sous les gla- 
ces dans tout ce coutinent ou Ion prend grand nombre desturgeous, 
poissons dorez, brochets et carpes, que Ion transportent a Montréal, 
particulièrement le caresme, il y a aussy deux Rivières qui sentrecou- 
pent ou l'on prend grand nombre de saumons pendant lesté. Les pins 
par contrées y sont très gros et en abondance mesme toute sorte de 
bois, Le curé de la paroisse St Louis dessert aussy celle de Chateau- 
guay par raport au peut d'habitans. 

La mission du Saut StLouis sous le titre de StFrançois Xavier esta- 
blie au sud de la chine ou il y a un fort avec garnison françoise pour 
garder les sauvages des cinq nations IrDquoises qui y sont establis, Il 
y a trois P. Jesuittes qui les gouvernent. Ces nations sont extrême- 
ment fières. Elles ont des chef qui les conduisent. quo>- qu'ils sont ac- 
coutumez a suivre leurs caprisses, ny ayant parm.\- les sauvages aucune 
subordination. Les fenuues y sont devostes c'est dans cette mission 
qu'il s'est estably un pèlerinage a la dévotion de Catherine Thiatakoui- 
ta qui mourust en odeur de Steté en i6So ; dans l'estendue de toute 
cetse concession, il y a nombre de gros bois de toutes esjieces. Les sau- 
vages ont des déserts le long du fleuve ou ils sèment du bled d'Inde, fè- 
ves d'aricot, citrouilles, melons, et soleils, ils coniniercent a Montréal le 
surabondant de leur récolte, outre cela ils font quantité de sucre dera- 
ble et auias.sent l'herbe de capilaire qu'ils vendent aussy a la ville. Ce 



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- 293 -- 

sont ordinairement les femmes rjui sont occupées a lagriculture, loccu- 
pation des hommes estant la chasse, la pesche et la guerre, depuis quel- 
ques années ils se sont ouvert un commerce chez les anglois a Orange 
ou ils y portent du castor et en rapportent des étoffes et autres mar- 
chandises qu'ils conmiercent chez eux et a Montréal, Sans que la poli- 
ce les ait pii assujetir aux lois 

Les Seigneuries de la Prairie de la Magdelaine et de St Lambert 
appartiennent aux RR. PP. Jesuittes, La Paroisse est desservie par un 
des prestres du Séminaire de Montréal, la pluspart des terres qui \- 
sont en culture estoient des prairies que les habitans ont desseichées 
par des fos^ez ce qui les a rendues fenilles en toutes sortes de 
gïains et légumes, quoique sujettes a brumer, Les profondeur.s sont la 
plupart terres basses, sy elles estoient reduittes à la culture produi- 
roient abondamment toutes sortes de grains, les bois y sont mélangez 
de toutes espèce, la chasse at la pêche dans les saisons y est fort abon- 
dantes, il y a quelque petit continent ou les pommiers et autres fruic- 
tiers portent beaucoup de fruicts. 

La Seigneurie de Longueil appartient a Mr. le Baron de ce nom 
Lieutenant de Roj- de Montréal, La Paroi.sse est desservie par un pres- 
tre du Séminaire de Quebek ; les terres ny sont bonnes que par contrée 
y aj-ant quantité de pierres et le reste de Savannes et pays mouillez di- 
fhcicile a desseicher, Cela nempesche pas que le long du fleuve ne soit 
garny d' habitans fort a leur aise, mesme de Riche, par les grosses dé- 
penses que le Seigneur a faites pour les rendre meilleures en faisant 
des fossez et oster les pierres qu'il a employez a faire un fort et de très 
belles maisons, Il y avoit mesme commencé un chemin de quatre lieues 
et demy qui est fort avancé, de connnunication à Chanibly, mais com- 
me cela lengageoit a une trop gros.'^e dépense sans espérance d'en rien 
retirer, il l'a abandonné, malgré la nécessité qu'il y avait de le perfec- 
tionner afin de pouvoir secourir en peut de tenis le fort de Chambly 
sil estoit attaqué, au lieu que le secours a le conduire par eau doit fai 
re 36 lieues. Les terres qui y sont en culture produisent de bons 
grains et légumes, mais non pas si abondauunent que sur les seigneu- 
ries voisir.es, il se trouve sur lad. Seigneurie ([uantité de bois de cons- 
truction et en moyenne grosseur. 

L'Isle Ste Heleine qui est etitre le Montréal et lad. Seigneurie aj)- 
partient audit Sr. de Longueil, Sa belle exposition et la bonne qualité 



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... 294 ~ 

des terres pour les arbres fruictiers l'ont invité a y planter un très 
beau verger, de la manière qu'ils commencent a ra porter il y a lieu 
desperer que dans dix ans il y fera plus de trois cens barriques de cidre 
sans parler des fruits a noyau. La vigne de France a de la peine a 
porter son fruit en maturité, Il y avoit autrefois de très gros arbres qui 
la pluspart ont esté détruit pour servir de bois de chauffage a la ville, 
Ceux qui y viennent présentement sont taillez soigneusement par allez 
ou un troupeau de brebis trouvent leur paccage. 

La Seigneurie du Tremblay appartient aux héritiers de feu Sr. de 
Varenne cy devant gouverneur des trois Rivières, Cette Seigneurie fait 
paroisse avec celle de Longueil, Les terres y sont admirablement bon- 
, nés pour produirent toutes sortes de grains et légumes en abondance, 
les habitans y sont fort laborieux et aisez, toute la profondeur de lad. 
Seigneurie est de mesme qualité. Les bois y sont mélangez de toute 
espèce. Le terroir n'est pas propre pour les arbres fruictiers que par 
quelque petite contrée. 

Les Isles de Lamoureux qui sont audevant relèvent de lad. Seigrie 
Les terres y sont p^s fertilles en toute sorte de grains et légumes qu'en 
terre ferme,les habitaus qui les tiennent par concession a des rentes quoi- 
que fort hautes y sont presque tous riches, y ayant beaucoup de facilité 
a nourrir nombre de bestiaux, il leur reste très peut de bois pour leur 
chauffage quoiqu'ils out des ressources en terre ferme, Le terroir est 
assez bon pour les arbres fruictiers. 

La Seigneurie de Boucherville appartient a Mr Boucher un des 
premiers gouverneur des trois Rivières qui en fist sa démission en fa- 
veur de Mr. de Varenne son gendre. Basse justice exercée par le Sr. 
Labeaume juge et notaire. La paroisse e.st desservie par un des prestres 
du Séminaire de Montréal, la Coste pour ce quelles contient est une 
des plus belles et des plus unies de Canada les habitans y sont les plus 
aisez du Gouvernement, Les terres y estant très fertilles en toutes sor- 
tes de grains et légumes, Les arbres fruictiers ny viennent que ])ar pe- 
tits cantons, les bois y sont mêlez de toute espèce, Les Isles qui sont 
audevant ont le fond admirable pour produire toute sorte de grains et 
légumes Mais le seigneur en a donné la plus grande partie aux habi- 
taus pour leur .servir de commune, ou ils eslevent pendant lesté inie in- 
finité de bestiaux de toute espèce. 



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— 295 — 

La Seigneurie de Varenne appartient au Seigneur de ce nom Liev- 
teuant dans les troupes, La paroisse est desservie par un prestre du Se- 
mre de Quebek, Les terres ny sont pas directement si belles qu'a Bou- 
cherville estantes entrecoupées de petits costeaux et ravines, Cela u'em- 
pesche pas quelles iij- soient ehgallement bonnes pour produire toute 
sorte de grains et légumes, mesme pour les arbres fruictiers, Les habi- 
tans trouvèrent l'année dernière a 30 toises du fort sur la terre de Louis 
le Doux environ quatrevingt livres de mine de plomb, partie sur la ter- 
re et le reste a deux et trois pieds avant, Ce qui obligea Mr Daigre- 
mont a s'y transporter et ou il fist fouiller un trou, sans en avoir trou- 
vé que très peut, La profondeur de cette Seigneurie est presque toutes 
prairies et pays bas, ou il y a très peu de gros bois. 

L'Isle Ste Thérèse appartient a Mr. de Langloiscrie Lieutenant de 
Roy a Quebek, Elle fait paroisse avec la Seigneurie de Varenne et de 
la Trinité. Les terres y sont des bonnes du gouvernet pour produi- 
rent toute sorte de grains et légumes, auss}' tous les habitants y sont 
fort a leur aise, ils nont que très peu dt bois quils con.servent pour leur 
chauffage, Les Isles qui sont au haut de celle cy en sont moitié dépen- 
dantes et les autres au Seigneur de Varenne ou l'on coupe une très 
grande quantité de foin, La chasse au gibier passager et la pesche y 
.sont très abondants, de l'Isle Ste Thérèse dépendent encores quatre Is- 
les qui sont au-dessous qui ont le mesme avantage que celles du haut, 
sur l'une desquelles Mr de Langloiscrie a fait une belle mêterie. 

La Seigneurie de la Trinité appartient au Sr de St. Michel et aux 
héritiers du Sr. Martigny qui a esté tué en 1709, a la bayed'Hudson a 
lexpedition que Mr de Menteht avoit entrepris en ce pays, ladite Sei- 
gneurie fait paroisse avec celle de Varenne et la Seigneurie de Grand- 
maison, les terres y sont de mesme qualité qu'a Varenne et les profon- 
deurs de mesme, a trois cens cent toises du bord du fleuve il y a une 
source d'eau sallée. 

La Seigneurie de Granduiaison appartient aux héritiers du Sueur 
Il y a très peut de tems que les habitans y sont establis quoique les 
terres mesme les profondeurs soyent de mesme qualité qu'a la Trinité, 
outre qu'il y a une plus grande estendue de prairie très aisée a mettre 
la charue et avantageuse pour nourrir nombre de bestiaux, n.\- ayant 
presque point de bois sur sa devanture. 

La Seigneurie de Vercheres appartient aux héritiers de ce nom cj- 



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- 296 - 

devant enseigne dans le régiment de Carignan et Lieutenant reformé 
dans les troupes, Elle fait paroisse avec celle de Contrecœur et St Ours 
Les terres y sont très belle et unies qui produisent toute sorte de grains 
et légumes en abondance, les profondeurs pendant une lieue ne con- 
tiennent que des prairies ou il se trouve une grande quantité dun fruit 
que l'on appelle attoqua, il ny a presque plus de bois dans tout ce con- 
tinent, les Iroquois ont désolez toutes ces costes pendant un très long 
tems, et ce fust dans cet endroit que la fille dudit Seigneur repoussa 
les ennemis qui estoient prests d'entrer daus ce fort et même tira du 
canon sur eux. Son action a esté gratifiée de Sa Maté. 

Le fief de Chicouanne ne contient d'autres habitaiis que le propre 
laboureur, les terres dans la devanture sont très belles produisant tou- 
tes sortes de grains et légumes, les profondeurs contiennent des bois 
de toutes espèces et apparence que les terres y sont bonnes. Ces ter- 
roirs ne sont point propres f)our les arbres fruictiers. 

Le fief de Boisseau nayant d'autres tenanciers que le propriettaire 
laboureur, les terres y sont de niesme qualité qu'au fief de Chicouane. 

La Seigneurie de Contrecœur appartient au Sr. de la Corne Capne 
dans les troupes et de Contrecœur enseigne, leper pour avoir espousé 
la fille du seigneur et l'autre succédant aux droits de son père qui avoit 
esté capne dans le régiment de Carignan, et anobly par les belles ac 
tions qu'il avoit faittes pendant les guerres de Paris, la paroisse est 
desservie par un des prestres du Séminaire de Montréal, les terres y 
sont très belles produisant toutes sortes de grains et légumes, les pro- 
fondeurs qui contiennent des bois de toutes espèces sont entre-coupées 
de maraists et petits lacs qui ont esté faits par les castors ou l'on en 
tuent tous les ans, Cette coste n'a pas esté exempte des incursions des 
Iroquois ce qui a retardé un plus avancé establissement, les habitan? y i 

paroissent assez aisez. Les Isles qni sont audevaiit leurs sout fort | 

avantugeuses, ou ils élèvent grand nombre de bestiaux. j 

La Seigneurie de St Ours appartient au Seigneur de ce nom cy de- •<• 

vaut capne au régiment de Carignan et ensuitte dans les troupes du (, 

detachemt de la marine et a présent pensionnaire de Sa Maté cette Sei- | 

gneurie fait paroisse avec celle de Contrecœur, les terres dans les de- ? 

vantures nj- sont que médiocrement bonnes, et les habitans fort iiegli- '" < 

gens mesme entr'eux en mauvaise intelligence, a\'ant toujours quelque { 

chose a démêler, les profondeurs qui coupent la Rivière de Richelieu | 






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— 297 - 

sont plus belles, si on eu doit juger par la qualité des bois qui sont des- 
sus et les prairies qui les entrecoupent. 

La Seigneurie de Sorel est en décret depuis très longtemps sans 
que ladjudicalion s'en suive, la paroisse est desservie par un des pres- 
tres du Séminaire de Montréal, quoique la Seigneurie ait une grande 
esttndue et que les terres y soient ires belles il y a peut d'hans les Iro- 
quois en ayant détruits la plus grande partie, la scituation est très bel- 
le et la plus convenable et le seul entrepos entre le Montréal, les trois 
rivières et Chambly, il se trouve dans son estendue quantité de toute 
sorte de bois de construction et sa scituation pairoist si avantageuse 
que l'on y pourroit placer plus de trois cens habitans favorisez de la 
chasse et de la pesche qui s'j' peut faire en tout tems. La pluspart. 
des Isles de Richelieu dépendant de cette Seigneurie et partie servent 
de commune aux habitans ou ils pourroient nourrir grand nombre de 
bestiaux et les reste mettre en culture qui produisent toutes sortes de 
grains et légumes eu abondance. La pluspart des Bois qui sont des- 
sus, sont chesnes, ormes, errables, fresnes, noyers, bois blancs et trem- 
ble, avec une infinité de vignes sauvages. 

L'Isle Dupas appartient a Brisset, laboureur et a la Ve du Sablé 
qui fait paroisse avec Berthier et Sorel, Les terres y sont très belles 
dans toute l'estendue quoique la partie d'en bas environ un tier eït 
sujette aux inondations, ce qui empesche que Ion la puisse mettre en 
culture, mais le reste produit toute sorte de grains et légumes en abon- 
dance, les Bois 3' sont mêlez de toute espèce, excepté de gommers, la 
chasse ei la pesche y est abondante. 

La Seigneurie de Chambly appartient au Sr. Hertel Lieutenant 
reformé dans les troupes, par la donnation que feu Mr. de Chambly 
luy a faite, la paroisse est desservie par un Père Recolet niissionre de 
la garnison du fort qui y est bâty, je ne croit pas que le Sr Robert qui 
coppia les plans du gouvernement de Montréal en 170S }■ ave compris 
celuy de cette Seigneurie que je joindray a ce manuscrit, le frond d'i- 
celle est de trois lieues de chaque costc de la Rivière sur une lieue de 
profondeur, le Lac qui sy trouve devant en fait un bel ornement depuis 
le régiment de Carignan il y a toujours eu une garnison avec un fort 
de pieux, il y a esté construit un fort de i)ierre et chaux en 17 10 et 
171 1. Sur les plans (ju'en a faits Mr. le chevalier de Beaucour Capne 
dans les troupes, il est a remarquer que l'année dernière il y avoit un 






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— 298 — 

camp de 2 a trois mil hommes, noter que le camp des ennemis marqué 
cy contre estoit a moitié chemin d'orange a Chambly. Pour venir en- 
vahir le gouvernement de Montréal et lorsquils apprirent la perfection 
de ce fort par ou ils dévoient absolument passer, ils quittèrent leur en- 
treprise, la pluspart des terres de cette Seigneurie sont très pro]ircs 
pour produirent toutes sortes de grains et légumes, mais le peut d'at- 
tention que donne le seigneur a so.i establissement fait qu'il tiy a que 
très peut d'habitans, les bois de construction y sont plus beaux et 
abondans qu'au reste du gouvernement particulièrement des pins, la 
Rivière de Richelieu qui est bordée de très belles terres et de beaux 
bois est fort négligée les Seigneurs a qui elle a esté concédée ny don- 
nant aucune attention uei^endant ou ils pourroient placer plus de mil 
habitans estant la seule du gouvernement qui tombe dans le fleuve qui 
a l'avantage de portet les Barques. 
*** 

Le gouvernement des Trois Rivières comprend depuis les Isles de 
Richelieu jusques a Ste Anne des frondines ; Juridiction royalle 
exercée par le Sr. le Charles, procureur du Ro\- 'e Sr. de Tonnancour 
le Lac St Pierre et les Rivières qui y tombent font la teste du gouver- 
nement ou la pesche se fait en esté et en hiver, celle d'hiver se fait 
sous les glaces, ou Ion tend des fîllets par le moyeu des cordeaux que 
Ion passent de trou en trou avec des perches nonobstant l'épaisseur de 
trois a quatre pieds de glaces, la chasse au gibier passager le priutems 
et l'automne y est très abondante par le grand nombre de Ba\es et 
maraists qui s'y trouvent. 

La Seigneurie de Maskinongez est lapere du costé du nord en des- 
cendant qui appartient au vSr Bruneau cy devant marchand aux trois 
Rivières ou il a tombé en faillite. Il ny a point de paroisse fixée, le cu- 
ré des Trois Rivières la va desservir de mesme que celle de la Rivière 
du Loup et Yamachiche. les Terres quoique basses et sujettes a l'in- 
nondation y sont très bonnes ])roduisent abondàment toutes sortes de 
grains et légumes, les profondeurs sont entrecoupées de montagnes. 
Les sauvages avoient rapportez qu'il y avoit une mine d'argent qui na 
pas encore pu venir a la connoissance des françois, il y a toute sorte 
de bois mélange/, mesme pour la construction. 

Entre Maskinonge/ et la Rivière du Loup il y a un reste de terre 
en bois debout concédé aux dames ur.selines des Trois Rivières. 



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— 299 — 

La seigneurie de la Rivière du Loup appartient au Sr. Beaubien 
marchand par l'acquisition qu'il en a faite du Sr. le Chasseur Lieute- 
nant gênerai de la Jurisdictioii de 3 Rivières, les terres y sont fort bas- 
ses et unies fertilles en toute sorte de grains et légumes il y a de toute 
sorte de bois mélangez. 

La Seigneurie du petit Yamachiche appartient a la veuve du Sr 
Grand Pré cy devant major des trois Rivières, les terres y sont basses 
et unies. Sujettes aux grandes inondations, néantmoins produisent 
toutes sortes de grains et légumes, les bois y sont mélangez de toutes 
espèces. 

La seigneurie du grand Yamachiche appartient aux les Sieurs la- 
boureurs par lacquisition qu'ils en ont faite de Mr. Boucher cy devant | 
gouverneur des trois Rivières les ter-es et bois y sont assez conformes | 
a celles du petit Yamachiche. 

La Seigneurie eu descendant n'a aucuns habitans, Elle appartient 
au Sr. de Boucherville enseigne dans les troupes les terres et bois y 
sont de mesme qualité que celles cy devant. 

La Seigneurie de la pointe du Lac qui eu est le bout du costé du 
nord appartient au Sr. de Tonnancour procureur du Roy au 3 Rivières 
comme les terres ny sont bonnes que par contrées et quelles sont de 
difficiles abord pour les voitures, il ny a qu'un habitan, les bois sont 
mélangez de toute espèce. A la fin se trouve le domaine du Ro>- qui 
devoit estre implanté. 

La Seigneurie du Cap de la Magdelaine appartient aux Pères Je- 
■suittes, la paroisse est desservie par un prestre du Séminaire de Que- 
bek, les ter-es y sont fort sablonneuses ou se trouve des mines de fer 
mesme en abondance, les grains et légumes ny sont produits qu'a force 
de bien fumer et cultiver les terres, il ny a presque plus de bois, les ha- 
bitans sont contraints d'en aller chercher du costé du sud du fleuve. 

Le fief La Pierre appartient aux héritiers de ce nom laboureurs 
les terres y sont fort sablonneuses et Ba.sses, ou il se trouve des Mines 
de fer, il ny a point de terre en culture, les bois dans la profondeur 
sont mélangez de toutes espèces 

Le fief des Prairies Marsolet apiiartient a celu\- qui fait ce manus- 
crit par l'acciuisitiou (ju'il en a faite des h.eritiers, les habitans relèvent 
de la parois.se do Champlain, les terres y .sont fort unies entrecoupées 






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-300- 

de savannes et prairies, les terres reduittes a la culture produisent tou- 
tes sortes de grains et légumes, les bois dans les profondeurs sont mé- 
langez de toutes espèces. 

Le fief Hertel appartient au Seigneur de ce nom Seigneur de 
Chambly les habitans dépendent de la paroisse de Chaïujiiain, les ter- 
res et les bois y sont de mesme qualité qu'aux prairies Marsolet, il s'y 
trouve aussy des Mines de fer. 

La Seigneurie de Champlain appartient au fils aisné de ce nom et 
a Mr de Cabanac Capnedans les troupes comme ayant espousé une des 
filles du Seigneur, basse Justice exercée par le Sr.Dixy. la paroisse est 
desservie par un des pre.stres du Séminaire de Quebek, il y a un esta- 
blissement des filles de la Congrégation, les terres y sont belles et unies 
mais sablonneuses mélangées de mines de fer. Celles qui sont bien cul- 
tivées et fumées produisent de très bons grains et légumes, les habitans 
y sont très aisez ils ont fort peut de bois de chauffage estant contraints 
de brûler des bois gommeux ou en aller chercher du costé du sud du 
fleuve. 

La Seigneurie du Moine appartient aux héritiers de ce nom labou- 
reurs les habitans dépendent de la paroisse de Ste Aune, les terres y 
sont basses et unies fertilles en toutes sortes de grains et légumes, les 
bois y sont mélangez de toutes espèces. La seigneurie de Batiscan 
doit avoir icy sa plasse. 

La Seigneurie de Baptiscan obmis de mettre après celle de Cham- 
plain appartient aux Pères Jesuittes, basse Justice exercée par le Sr. 
la Rue. La paroisse est desservie par un prestre du Séminaire de 
Quebek, les terres y sont très belles et unies fertilles en toute sorte de 
grains et légumes. Les lieres concessions sont depourveues de bois ils 
sont obligez d'en aller chercher dans les profondeurs et du costé du 
Sud du fleuve. 

La Seigneurie de Ste Aune appartient au Sr. de la Pérade Lieute- 
nant réformé dans les troupes et à un des enfans de St Romain ])ar la 
que luy eu a faite le feu Sr. de Sucve conseigneur avec le dit 
Sr de la Pérade, la paroisse est desservie par lui prestre du Séminaire 
de Quebek, les terres y sont tre.s belles et unies par contrée, celles qui 
sont en cultures produisent abondanuneut toutes sortes de grains et lé- 
gumes, les bois y sont mélangez de toutes espèces. 



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—331 — 

La Seigneurie de Yamaska qui fait la teste du gou\-ernement des 
trois Rivière du costé du Sudest appartient au Sr. Petit cj' devant mar- 
chand aux 3. Rivières par lacquisition qu'il en a faite du feu Sr de la 
Chesiiaye. Elle fait paroisse avec celle de St François, les terres y sont 
basses et unies, celles qui sont en culture produisent abondamment tou- 
tes sortes de grains et légumes, la chasse et la pesche y sont fort abon- 
dants il y a de toutes sortes de bois mélangez mesme pour construc- 
tion. 

La Seigneurie de St François appartient aux héritiers du Sr Cre- 
vier. Elle est desservie par les Pères Jesuittes missionnaires des Sauva- 
ges Abenakis establis audit lieu, les terres y sont très belles et unies 
parliculièrenient les Isles fertilles en toutes sortes de grains et légumes 
les bois }- sont mélangez de toutes espèces, la chasse et la pesche abon- 
dants. 

La Seigneurie de Luçeaudiere n'a point d'habitans, les voisins 
n'en counoissent point le Seigneur, les terres y paroissent très belles 
ou il y a toutes sortes de bois particulièrement de gros pins. 

La seigneurie de St Antoine ou baye du febvre appartient au Sei- 
gneur de ce dernier nom, les habitants, ceux de Nicolet et Gotlefïroy 
dépendent de la paroisse des Trois Rivières, les Terres y sont assez bel- 
les un peut pierreuses produisant médiocrement toutes sortes de grains 
et légumes. La chasse et la pêche abondants, les bois mélangez de tou- 
tes espèces. 

La Seigneurie de Nicolet appartient au Sr Courval marchand aux 
Trois Rivières, les terres y sont assez belles mais entrecoupées de cos- 
teaux et de maraists, celles qui y sont en culture produisent toutes sor- 
tes de grains et légumes, mais non pas abondemment, il y a de toutes 
sortes de bois meslez, la chasse et la pesche y sont abondants particuli- 
èrement à languille et saumons. 

La Seigneurie de Godelïroy est divisée aux héritiers ainsy qu'il 
est marqué sur le plan, les Terres ny sont que médiocrement bonnes, 
les unes pierreuses et partie mouillées, celles qui ont esté mises en cul- 
ture produisent d'assez bons grains et légumes, il y a de toute-sortes de 
bois mêlez. 

La Seignerie de Becaucourt ou Rivière Puante appartient au Sr de 
Becancourt grand \03'er en ce pays, il y a sur cette seigneurie une mis- 



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-302— 

siou d'abeimkis estaliis qui font parroisse avec les habitant desservie 
par un Père Jesuitte, les Terres y sont très bonnes produisant toutes 
sortes de grains et légumes, il y a de gros bois de toutes sortes. Liiig- 
tot doit prendre icy sa plasse. Eutre celle de Becancourt et de Chani- 
bly. 

La Seignerie de Bequet appartient au Sr Leurard Me canonnier a 
Quebek. Elle n'est establie que depuis peut par la difficulté que pro- 
duit les Escores qui bordent le fleuve estant presque inaccessible quoi- 
que sur cette hauteur les terres y soyent très belles et unies entrecou- 
pées de ravines que font souvent des esboulements parla disposition des 
terres qui sont mélangées de glaise et sable produisant cependant tou- 
tes sortes de grains et légumes, mais non pas si abondamment que cel- 
les qui luy sont exposées du costé du nord, il y a de toutes sortes de 
bois mélangez. 

La Seigneurie de la Rivière du Che.sne appartient a Mr. de St. 
Ours qui termine le gouvernement des trois Rivière du Costé du Sud- 
est. Elle fait paroisse avec la seigneurie de Losbiniere, les terres y 
sont extrêmement hautes sur le bord du fleuve de mesme qua la Sei- 
gneurie de Bequet, mais unies par en haut, celles qui y .sont en cultures 
produisent passablement toutes sortes de grains et légumes il y a de 
toutes sortes de bois mélangez, la pesche a languille sy fait abondam- 
ment par le moyent de masses qu'ils tendent a la faveur de la marée. 

(La fin dans la prochaine livraison) 



Le prétendu drapeau de Carillon 

Une petite étude signée Pierre Sailly (feu M. Ernest Oagnon) pa- 
rue dans la livrai.son de octobre 1915 de la Rci'uc Canadifiiiu-, de Mon- 
tréal, détruit, .selon nous, la légende du drajieau de Carillon qui coure 
le pays depuis plus de trente ans. Pierre Saill>- a pris la peine de don- 
ner à son étude le titre "hcpu'Uiufu drapeau de Carillon. " 



'A'ji-nq 



r.i\ r.X) 



—303— 

Migeon de Branssat 



Depuis la publication de nos notes sur M. Migeoii de Branssat 
{^Bulletin, pages 232 et suivantes), nous avons recueilli de nouveaux 
renseignements qu) nous permettent de rectifier quelques assertions, et 
de préciser certains faits. 

* * 

Nous avons dit que M. de Branssat conserva sa charge de bailli ou 
juge seigneurial jusqu'à sa mort. Ceci est erroné. 

Au mois d'août 1690, prétextant que"la multiplicité de ses affaires 
l'eftipêche d^ se pouvoir donner à son emploi" de juge, M. Migeon de 
Branssat prie l'abbé Dollier de Cassen de lui trouver un successeur. 
Les seigneurs jettent alors les j-eux sur M. Fleury Deschambault qui 
prend possession de sa charge le 21 novembre 1690 en prononçant 
une allocution et en produisant, au greffe, un arrêt de M. Dollier de 
Casson nommant M. Deschambault et uu autre de M. Boebart de Cham- 
pigny confirmant cette nomination, à charge, par le titulai- 
re, de "se faire recevoir par le Conseil souverain avant d'entrer en 
exercice". (Archives judiciaires, 21 nov. 1690). 

M. Deschambault resta en fonction jusqu'à l'établissement de la 
seconde justice royale, en octobre 1693. 

L'on se rappelle que par un édit du 15 mars 1693, 'e roi prenait 
possession de la justice de Montréal que lui ab?ndoiniaient définitive- 
ment les seigneurs. 

Ceux-ci ne conservaient que la propriété du greffe, le droit de dé- 
signer les greffiers à l'approbation du juge, et la faculté de suggérer 
le nom du premier juge. 

Dans cet édit, le roi. de l'avis des .seigneurs, confiait le poste de 
juge à M. de Branssat, mai^ quand la copie de l'édit par\-int en la Nou- 
velle-France, ^L de Branssat était ou mourant ou mort (i) en sorte 
qu'il ne put prendre possession de sa charge. 

La situation des seigneurs fut alors embarrassante. 

Deux i)ersonnes pouvaient, à Montréal, devenir jugu ro\al : M. 
Fleury Deschambault qui ])résidait au tribunal de la Seigneurie depuis 

(1) Il fut inhumé le 21 août i''y3. ''■ ■' ' '' '-''■■ " ' ■ ■' ■ 



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—304— 

lôgi et M. Juchereau de Beaumarchais, gendre de M. de Branssat, 

Les seigneurs n'osèrent se prononcer. L'abbé Dollier de Cassen, 
le 2 septembre 1693, dépose au greffe une déclaration dans laquelle iî 
conclut que le Séminaire ne fera pas de suggestion et laisse l'autorité 
entièrement libre de choisir qui elle voudra. 

Le Conseil Souverain, un mois plus tard, nomma M. Juchereau 
juge et M. Deschambault procureur du roi. 

C'était une solution. 

*** 

A la page 235 du môme article, nous disons que Catherine Gau- 
chet, veuve Migeon, entra chez, les Hospitalières vers 17 13. 

M, Léandre Lamontagne nous signale que dans l'opus'jule : *' Trans, 
lation des corps des Sœurs défuntes de l'Hôtel-Dieu de Montréal" 
1861, il est dit quedaroe veuve Migeou décéda le 14 mars 1721, après. 
15 ans de vie religieu.se. 

Madame de Branssat faisait donc partie de la communauté dès. 
1706 et elle dut faire profession assez tôt, car dans un acte d'Adhemar 
du 23 mars 17 II, elle est désignée comme suit: ''Dame Catherine 
Gaucliet, une des Dames Religieuses de Lhostel Dieu... auparavant 
veuve de feu," etc. 

*** 

Dans le Manuel de piélê à l'usage des Congrêganisies de Villeviaric, 
édition de 1914, qui arrive de France où elle a été imprimée, ou lit 
que "l'honorable lieutenant général Migeon de Branssat" fut le troi- 
sième préfet de la congrégation de la sainte Vierge, à Villemarie, et 
que ce fut sous lui, "en 1696, que la congrégation fut agrégée à celle 
du Collège Romain". 

Il y a deux inexactitudes à relever dans cette a.ssertion. 

D'abord, M. Migeon ne fut pas lieutenant général. Il ne porta 
que le titre de "bailli, lieutenant civil et criminel" c'est-à-dire juge 
d'un bailliage. Les juges royaux seuls, en cette partie du pays, s'in- 
titulèrent "lieutenants généraux, civils et criminels". 

Quant à la date i6ç6, c'est une erreur typographique ou itn ana- 
chronisme, puiscpie M. de Branssat mourut en octobre 1693. 

K.-Z. MA.SSICOTTK 



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--305- 



Un régiment de volontaires canadiens= 
français, en 1764 



On sait qu'en 1764 le gouverneur Murray leva cinq compagnies de 
volontaires canadiens-français pour aider les troupes anglaises à mettre 
fin à ce qu'on a appelé la révolte ou la conspiration des Sauvages de 
l'Ouest sous le commandement du fameux Pontiac. Où trouve-t-on 
les renseignements sur la levée de ces volontaires, leur organisation, 
leurs faits de guerre, leur récompense, etc, etc ? 

Sur la révolte des Sauvages de l'Ouest dirigée par le fameux chef 
Pdntiac on peut lire l'ouvrage de Francis Parkman, The conspiracy 0/ 
Ponliac and ihe Indiaii Wa) afier ihc conqiiesi of Canada. Cependant 
M. Parkman ne dit pas un mot dans son ouvrage des cinq compagnies 
qui furent levées à Québec, Montréal et Trois-Rivières pour aider les 
troupes anglaises à venir à bout des Sauvages de l'Ouest. 

Dans son I/isfoire de la milice canadienne-française (p. 10), M. 
Benjamin Suite a publié la lettre-circulaire qui fut envo3-ée en 7nai 
1764 (nous croyons que cette lettre fut plutôt envoyée en mars 1764) 
par le gouverneur Murray à tous les capitaines de milice de la province 
de Québec. 

"Quoique.je vous aie déjà instruit de bouche, disait cette lettre, 
des soins que Sa Majesté se donne pour assurer le bonheur de ses su- 
jets, et de la ferme résolution qu'elle a prise de faire revenir à la rai- 
son quelques nations sauvages, dont la mauvaise volonté s'est manifes- 
tée par la trahison et la violence, et de les obliger à conclure une paix 
stable qui assure le retour d'un commerce avantageux et la tranquillité 
si nécessaire à ses peuples, j'ai cru devoir vous informer qu'à cet effet 
le Gouvernement s'est déterminé de joindre cinq compagnies de Cana- 
diens aux troupes qui doivent être employées à procurer ce but." 

Ces com]>agnies devaient être composées de soixante hommes cha- 
cune. Deux devaient être levées dans le gouvernement de Québec, 
deux dans celui de Montréal et une dans le gouvernement de Trois- 
Rivières. Klles devaient être commandées par des officiers canadiens- 
français. 



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— 30{i- 

On devait donner douze piastres en argent à chaque volontaire. 
On devait aussi leur fournir un capot, deux paires de souliers sauvages 
et une paire de mitaines. Le gouvernement s'engageait à les pourvoir 
d'armes, de munitions de guerre et de vivres durant tout le tenqis de 
la campagne. La solde affectée pour chaque hoiiinie devait être de six 
sous anglais par jour. 

La lettre-circulaire prenait la peine de déclarer qu'un prêtre ac- 
compagnerait les volontaires et que leur service finirait avec la campa- 
gne. 

M. Briand, qui n'était encore que vicaire-général du diocèse de 
Québec, entra parfaitement dans les vues du gouverneur Murray. Le 
X'mars 1764, il invitait les curés à favoriser le recrutement de ce corps 
de volontaires de toutes leurs forces. La belle lettre qu'il leur adressa 
à cette occasion est publiée à la page 17S du premier volume des Man- 
dr-»iciifs, lettres pastorales et citcuhires des évêqnes de Ouébee. 

Murraj' demandait trois cents hommes. M. Suite nous dit que six 
cents s'offrirent. 

Entr'autres documents sur ce contingent canadien- français levé 
moins d'un an après la cession du pays pour la défende du drapeau bri- 
tannique, on conserve, aux Archives publiques du Canada à Ottawa : 

Lettre de Murray à Halifax, 5 mars 1764. Le commandant en 
chef a fait une réquisition de 300 Canadiens pour le service pendant la 
prochaine campagne. Murray envoie copie de toutes les lettres qui 
ont été échangées à ce sujet. Il espère empêcher ses voisins, les lieu- 
tenants-gouverneurs des Trois-Rivières et de Montréal, de faire une 
levée : les honnnes devraient être levés comme volontaires et être ren- 
voyés de bonne heure à l'autonnie. 

A la lettre de Murray sont joints les documents suivants : 

1. Proclamation en français à l'effet de lever des troupes cana- 
diennes pour servir contre les Sauvages. 

2. Copie du .serment en français à être prêté par les volontaires. 

3. Lettre sur le sujet de Gage à Murra\-, datée de New- York, 12 
février 1764. 

4. Lettre de Murrav- à Gage, datée de Quéi:>eC5 mars 1764, dans 



—307— 

aquelle il donne ks raisons pour lesquelles on devra permettre aux Ca- 
nadiens de s'engager comme volontaires. 

5. Lettre de Burton à Murray sur le même sujet, datée de Mon- 
tréal le 2 mars 1764. 

6. Lettre de Murray à Burton, datée de Québec le 6 mars 1764. 

7. Lettre de Haklimand à Murray, datée de Trois-Rivières le 3 
mars 1764. Il verra a lever le corps voulu. 

8. Lettre de Murray à Haklimand, datée de Québec le 6 mars 
1764. Il lui envoie la proclamation qu'il a publiée et désire que tous 
soient levés aux conditions mentionnées dans cette proclamation. 

Lettre de Haklimand à Halifax (?), datée de Trois-Rivières le 18 
avril 1764. Il l'informe qu'il a levé les 60 hommes requis comme la 
quote-part de son gouvernement. Il parle de la difficulté qu'il a é- 
prouvé au sujet des engagements volontaires. Les Canadiens, accou- 
tumés à recevoir des ordres, craignaient qu'en s'engageant volontaire- 
ment et en acceptant la gratification, ils seraient enrôlés pour la vie. 
Ils se sont enfin laissés convaincre, et tous les hommes levés se sont en- 
gagés volontairement. 

Haldimand joint à sa lettre la lettre que Gage lui a adressée de 
Xew-York à la date du 12 février 1764 au sujet de cette levée de Cana- 
diens. 

Lettre de Murray à Halifax, datée de Québec le 24 avril 1764. 

"Le corps canadien est parti de Montréal pour Oswego le 6 avril 
1764. Les hommes ont été levés et équipés en quatorze jours." 

Tous ces documents sont mentionnés à la page 8 du Rapport sur 
les Archives du Canada pour iSço. 

P.-G. R. 



Le fort de Chambly 

Dans le Devoir, de Montréal, du 4 septeml)re 1915, nu 
anonyme fait l'hi.stoire du fort de Chambly. 
Cette étude e.st à lire. 



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— 308-- 

ANCEAU, BERRY, DES ESSARTS 

Cet article a pour but le rapprochement des trois noms qui lui ser- 
vent de titre. 

Benjamin Anceau, sieur de Berry et sieur des Essarts, lionnne ins- 
truit et actif, se maria aux Trois- Rivières, le 20 mai 1659, avec Louise 
Poisson, née en ce lieu vers 1645. 

Je pense que Poisson était en Canada dès 1639. Il est dit arque- 
busier. Il fut tué par les Iroquois aux Trois-Rivières en 1652. A 
part Louise, il laissait trois enfants : Jeanne-Françoise sœur de la 
Congrégation de Notre-Dame, Angélique sœur Saint-Jean l'Evangélis- 
te qui fut longtemps supérieure des Ursulines de Québec, François qui 
devint seigneur de Gentilly et continua la famille, laquelle existe en- 
core parmi nous. 

Jusqu'à 1663, Anceau est cité aux Trois-Rivières et alors il e.st 
établi au Cap de la Madeleine où il prend deux ou trois terres et même 
une autre dans Batiscan. Avec la culture, il pratiquait la traite des 
pelleteries et se trouva, par deux fois au moins, en compagnie d'autres 
accusés pour contre ventiou aux règlements qui régissaient cette mitiè- 
re. Au besoin, il rédigeait un acte à la façon des notaires. Il est 
appelé Berri et des Essarts. Sa signature est toujours Benjamin An- 
ceau. 

Après 1675 je ne retrouve ni lui, ni sa femme, ni leur fille Mar- 
guerite ; leur seul fils, François, mourut en 16S1. Restait Marie- An- 
ne, née le 5 septembre 1660, aînée de la famille qui, en 1681, était la 
sœur Sainte-Thérèse, communauté des ursulines de Québec. En 1712 
on l'envoya sujjérieure aux Trois-Rivières oii elle eut une belle adnii- 
ni.stration qui dura vingt ans, i>uis, en 1732, sa tante Saint-Jean l'E- 
vaugéliste étant décédée elle la remplaça comme supérieure à Québec. 

Le personnage nouveau dont je vais parler portait aussi les noms 
de Berey et des Essarts. Comme pour Anceau, nous ignorons de quel- 
le partie de la France il était originaire. 

Le ler septembre 1703, aux Trois-Rivières, baptême de Françoise- 
Véronique, fille de Michel Lefebvre dit Lacerisaie et de Catherine Trot- 
tier. Marraine Véronique \'éron. Parrain François de Berry sieur 
des Essarts. 

Aux Trois-Rivières, en 1709, François de Berry sieur des Essarts, 
enseigne et lieutenant des troupes, épouse Anne Lemaître. De ce ma- 
riage naquit à Montréal, le 10 juin 1720, Claude-Charles— et il y eut 
d'autres enfants. 

En 1734, à Montréal, on mentionne Berry, trésorier-payeur des 
troupes dont la demeure est consumée dans le grand incendie de cette 
date. En 1740, Berry e.st encore trésorier et enseigne en .second. En 
i74.<._ Claude-Charles est ordonné prêtre récollet sous le nom religieux 
de Félix — et voilà le Père Félix de Berrv, qui mourut lc2o mars iSoo. 

BENJAMIN SULTE 






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-B09- 



Zacharie Dupuis, major et commandant à Montréal, 
1658-1676 



Au nombre des têtes dirigeantes de Montréal dans ses débuts, on 
compte Zacharie Dupuis qui devait être noble, puisqu'on oublie ra- 
rement de lui donner le titre d'écuyer. 

Soldat valeureux, il entre dans notre histoire en 1656. Comman- 
dant alors le fort de Québec, on lui confie, au mois de juin, cinquante 
Français qui, avec des missionnaires, partaient pour l'ouest. 

Dupuis se rendit à Ouontagué et érigea un fort à cinq heures de 
la' bourgade iroquoise sur le bord d'un lac nommé Gannontaha (Pail- 
lon, II, 251, 2S8, et Dionne, C/ioiiari cf Radissoi). 

Près de deux ans plus tard, c'est-à-dire au mois d'avril 
1658, Dupuis arriva à Villemarie et s'y fixa. Aussitôt, il figure dans 
divers actes de Basset, de l'état civil ou de procédures judiciaires sous 
le titre de commandant et avant le .sergent-major Closse, cependant, 
il ne paraît pas supplanter ce dernier, quoiqu'en disent Paillon et Dion- 
ne, car après avoir été qualifié comme nous venons de le signaler, il 
est designé, dans un acte du 15 novembre 1659, comme aide-major et 
prend rang après Closse. Ce n'est qu'après la mort de ce dernier, eu 
février 1662, qu'on lui accorde le titre de major. 

Quelques mois plus tard, M. de Maisonneuve voulant aller en 
France, c'est "noble" Zacharie Dupuis qu'il nomme pour le rein,)lacer 
par une ordonnance du 10 septembre 1662. Mais M. de Maisonneuve ne 
put obtenir la permission de s'absenter, et force lui fut de revenir à 
Villemarie (i). 

Lors du congé donné à M. de Maisonneuve en 1665, M. Dupuis 
fut de nouveau chargé de prendre la place du gouverneur qui, cette 
fois, partait pour ne plus revenir. 

En 1668, et âgé de 60 ans (2) Zacharie Dupuis épouse, en secon- 
des noces, à Québec, Jeanne Groisard. D'après Mgr Tanguay, la pre- 



(i) Btilhlin dfs Rcchcr.Hist.,yil, 163. 

(2) Si l'on accepte l'âge inscrit dans .son acte de sépultun 
au recen.sement de 1667, il n'avoue que 57 ans 



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—310— 

niiêre femme de M. Dupuis s'appelait Jeanne Fournel. On ignore où 
son premier mariage fut célébré, mais il semble probable que Zacharie 
Dupuis était veuf lorsqu'il vint en la Nouvelle-France. 

Mgr Tauguay nomme Croisât la seconde femme de M. Dupuis et 
la fait naître en 164S. En fait, elle signe Grosard, Gro/.ard et Groi- 
sard dans les actes de Basset et de Mouchy (i). 

Déplus, elle était à Montréal dès 1665 et, au recensement de 1667, 
déclarait être âgée de 40 ans, ce qui reporte sa naissance à 1627 ou 
1628 et non 164S, comme on lit dans Tanguay. 

En 167 1, le 26 décembre (Basset) les seigneurs de Montréal re- 
connaissant les services rendus par l'excellent officier Zacharie Dupuis, 
lui concèdent, en fief noble, sans justice, 320 arpents de terre, dont S 
arpents le long du fleuve par 40 de profondeur, au lieu dit' le Saut 
Saint-Louis. Selon cet acte, M. Dupuis était déjà en possession de 
cette terre et il n'y a aucun doute que ce soit là le fief Verdun (2) 

Le 17 octobre 1672 (Faillon, III, 229, et J?ap/>cn/s Sr,\^„cnn-auv) 
on lui concède, en plus, l'île aux Hérons et autres îles fai.sant face aux 
huit arpents déjà reçus. 

Le 12 novembre 1673 (Basset), Zacharie Dupuis et sa femme Jean- 
ne Groisard "désirant se retirer des embarras du monde et se donner à 
Dieu", cèdent aux Filles de la Congrégation Notre-Dame tous leurs 
biens meubles et immeubles, sauf une maison et un lopin de terre sis 
"dans le lieu destiné pour la ville", à charge par les donataires de 
nourrir et entretenir les donateurs pendant leur vie en la maison de \ 

la Congrégation et de "faire prier Dieu pour le repos de leurs âmes". ) 

^ M. Dupuis mourut chez, les Sœurs de la Congrégation et fut inhu- ) 

me le ler juillet 1676. Quant à sa femme il est probable qu'elle dut l- 

quitter Montréal, car on n'en trouve plus mention. \ 

K.-Z. MASSICOTTE I 

(i) ^^^^^\conc, L,:^ Co/ons de- .Uonlrca/, Mcm. de' /a Sûr J^ or '' 

I9I3 P- 51- • , •' ,; 

(2) Voir, au sujet de ce ficf.le /^/t.'/r/n/ des R.rharlus hiUori.uu; \ 

1914, p. 4-^ article B. SuUe.ct p. 152, article IC.-Z. Massicotte.' ' ' '^x 



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.-311 — 

Biographies canadiennes 



FRANÇOIS DE CHAVIGNY DK BKRCHKREAU— Il était ori- 
ginaire de Créaiicey, daiib la Cliaiiipagiie, en France. Crcance\- fait au- 
jourd'hui j)artie du département de la ?Iaute-Marne 

Qui insp'ra à M. de Chavigny l'idée de passer dans la Nouvelle- 
France ? Rien ne nous le dit. En l'ab.sence de preuve écrite, nous jier- 
mettra-t-on deux hypothè.ses ? Les Jésuites publiaient leurs RELA- 
TIONS à peu près chaque année depuis 1612. Ces récits édifiants 
étaient répandus dans toutes les provinces de France. La lecture des 
pieuses RELATIONS n'aurait-elle pas engagé M. de Chavigny à ve- 
nir s'établir dans la Nouvelle- France ? Autre hypothèse. "S], de Cha- 
vigny, d'après certains auteurs, était parent de madame de 
la Peltrie, née Marie- Madeleine de Chauvigny (i), qui vint ici avec la 
Mère Marie de l'Incarnation en 1639 et mourut à Québec le iS novem- 
bre 167 1. Madame de la Peltrie n'aurait-elle pas attiré son parent dans 
la Nouvelle- France ? 

Quoiqu'il en soit, le 4 décembre 1640, la Compagnie de la Nouvel- 
le-France, qui avait son siège principal à Paris, faisait à François de 
Chavigny de Berchereau et à son épou.se, Eléonore de Grandmai.'^on, 
trois importantes concessions de terrain dans la Nouvelle- France. Elle 
leur donnait : 

1. "deux arpents de terre à prendre dans le lieu désigné pour la 
ville et banlieue de Québec si trouvant des places non encore concédées 
ou de proche en proche jwur y faire un logement avec jardinage où il 
puisse .se retirer avec sa famille." 

2. "trente arpents de terre à prendre hors la dite banlieue de la 
ville de Québec et de proche en proche icellc en lieux lujn encore con- 
cédés. ' ' 



(i) Cha\igny i)U Chau\ign\-, c'est le même nom. Uii indice 
qu'il >• avait ]iarentée mi du nunns relations étroites entre madame de 
la Peltrie et M. de Cha\ign>- c'est qu'elle fut marraine d'un de ses en- 
fants. 



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3- "une demie-lieue de terre en large à prendre le long du fleuve | 

Saint-Laurent au-dessus et(où ?)au-dessous de Québec à commencer de \ 

puis les TroisRivières seulement jusques à l'embouchure du dit fleuve sur ] 

trois lieues de profondeur en avant dans les terres soit du côté de Que- ! 

bec soit à l'autre rive du fleu%-e, ainsi que le dit sieur de Chavigny le | 

désirera." | 

Les deux arpents de terre dans la ville et banlieue de Québec et J 

les trente arpents proche et hors la dite banlieue étaient concédés en | 

pleine propriété, en roture, à la charge d'un denier de cens par an. La % 

demie-lieue de terre de front sur trois lieues de profondeur à choisir | 

sur la rive sud ou la rive nord du Saint-Laurent était concédée en tou- | 

te propriété, justice et seigneurie, à la réserve de la foi et hommage à | 

porter au château Saint-Louis de Québec. Le sieur de Chavigny de- | 

vait amener avec lui à la prochaine saison de navigation au moins qua- | 

tre hommes de travail pour commencer le défrichement de sa sei- 1 

gneurie. Les autres conditions étaient les mêmes que la Compagnie ■ 

de la Nouvelle- France posait ordinairement à ses concessionnaires de ! 

terrains. | 

M. et madame Chavignj^ s'embarquèrent pour la Nouvelle-France i 
au printemps ou à l'été de 164 1. 

Madame de Chavigny, née Eléonore de Grandmaison, était veuve 
de Antoine Boudier, sieur de Beauregard. Elle n'avait pas dû vivre 
longtemps avec son premier mari puisqu'elle comptait à peine dix-neuf 
ans à son arrivée an pays avec son deuxième mari en 1641. 

Nous n'avons pu fixer de façon certaine où M. de Chavigny choi- 
sit ses deux arpents de terre dans la ville et banlieue de Québec. Ce- i 
pendant, en 1667, Louis Théandre Chartier de Lotbiniere rendait foi \ 
et hommage pour un terrain de trois arpents et quarante-deux perches j 
sur la Grande-allée, à Québec, (i) Il déclarait alors qu'il avait acquis | 
ce terrain de M. de Chavigny et de sa femme Eléonore Grandmaison. j 
N'est-ce pas là la concession accordée à M. et Mme de Chavigny dans \ 
la ville et banlieue de Québec le 4 décembre 1640 ? Les trente arpents \ 
concédés hors la banlieue de Québec furent pris à Sillerj'. Quant à la 
seigneurie de demi-lieue de front sur trois lieues de profondeur elle fut 
concédée sur la rive nord du Saint-Laurent, à quinze lieues de Québec. 
Cette seigneurie qui porta d'abord le nom de Chavigny passa plus 

(i) Actes de /oy ci hommage, vol. i, 1ère partie, p. 238. 



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—313- 

tard entre les mains de M. Jacques- Alexis Fleury Deschambault, gen- 
dre de M. de Chavigny, qui lui donna son nom de Deschambault. 

Il ne semble pas que M. de Chavigny se soit d'abord beaucoup oc- 
cupé de sa seigneurie. Il s'établit sur ses terres de Sillery. 

M. Suite nous dit qu'il n'y avait pas alors d'habitations françaises 
entre Québec et Trois- Rivières, sauf celle de M. de Chavigny à Sillery. 
(i) Ceci est un beau témoignage en faveur de la bravoure de M. de 
Chavigny et de sa digne épouse, Eléonore de Grandmaison. Bien ra- 
res alors étaient ceu.x qui osaient s'établir en deliors de la baulieue ou 
des environs immédiats de Québec. Le danger des Iroquois était cons- 
tant. 

M. de Chavigny ne tarda pas à jouir d'une certaine influence dans 
la colonie de la Nouvelle- France. M. de Montmagnj-, entre autres, 
avait beaucoup de confiance eu lui. Il le fit entrer dans son Conseil et 
on le voit l'appeler à le remplacer comme son lieutenant ou chef de la 
colonie pendant ses absences de Québec. 

M. Suite remarque que M. de Chavigny était de la même province 
que M. de Maisonneuve, mademoiselle Mance et mademoiselle Bour- 
geois, et de plus leur ami personnel. Il était consulté par les fonda- 
teurs de Montréal tout autant que par ceux de Québec. {2) 

Dans les Relations des Jésuites et \^ Journal des Jésuites, il est ques- 
tion à différentes reprises de M. de Chavigny. 

Au mois d'octobre 1642, M. de Chavigny faillit se noyer dans le 
Saint-Laurent, en face de Sillery. La Relation de 1642- 1643 raconte 
ainsi cet accident dans lequel la Nouvelle-France perdit les précieux 
services de Jean Nicolet : 

"Monsieur Olivier, commis-général de Messieurs de la Compagnie, 
étant venu l'an passé en France, le dit sieur Nicolet descendit à Qué- 
bec en sa place, avec une joie et consolation sensible qu'il eut de se 
voir dans la paix et la dévotion de Québec, mais il n'en jouit pas long- 
temps ; car un mois ou deux après son arrivée, faisant un vo\age aux 
Trois-Rivières pour la délivrance d'un prisonnier sauvage, son /.èle lui 



(i) Pages d' Histoire du Canada, p. 63. 

(2) Histoire des Canadiens Jraneais, to.ne 11, p. So. 



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—314- 

coûta la vie qu'il perdit dans le naufrage. Il s'embarqua à Québec 
sur les sept heures du soir, dans la chaloupe de Monsieur de Chavigny. 
(i) qui tirait vers les Trois-Rivières. Ils n'étaient pas encore arrivés 
à Sillery qu'un coup de vent de nord-est, qui avait excité une horrible 
tempête sur la grande rivière, remplit la chaloupe d'eau et la coula à 
fond, après lui avoir fait faire deux ou trois tours dans l'eau. Ceux 
qui étaient dedans n'allèrent pas i.icontinent à fond ; ils s'attachèrent 
quelque temps à la chaloupe. Monsieur Nicolet eut loisir de dire à 
Monsieur de Chavigny : Monsieur, sauvez-vous, vous savez nager. 
Je ne le sais pas ; pour moi je m'en vais à Dieu. Je vous recommande 
ma femme et ma fille. Les vagues les arrachèrent tous les uns après 
les autres de la chaloupe qui flottait renversée contre une roche. Mon- 
.sieur de Chavigny seul se jeta à l'eau et nagea parmi des flots et les va- 
gues, qui re.ssemblaient à de petites montagnes. La chaloupe n'était pas 
bien loin du rivage, mais il était nuit toute noire et faisait un froid 
âpre, qui avait déjà glacé les bords de la rivière. Le dit sieur de Cha- 
vigny sentant le cœur et les forces qui lui manquaient, fit un vœu à 
Dieu, et peu après frappant du pied il .sent la terre et se tirant hors de 
l'eau, s'en vint en notre mai.son à Sillery, à demi mort. Il demeura 
assez longtemps sans pouvoir parler, puis enfin il nous raconta le fu- 
neste accident qui, outre la mort de Monsieur Nicolet, dommageable à 
tout le pays, Iji avait perdu trois de ses meilleurs hommes et une gran- 
de partie de son meuble et de ses provisions. Lui et mademoiselle sa 
femme ont porté cette perte signalée dans un pays barbare, avec une 
grande patience et résignation à la volonté de Dieu, et sans rien dimi- 
nuer de leur courage." (2) 

A la date du 25 octobre 1645. nous lisons dans le /ournal des Jé- 
suites : 

"Le 25, partit Mens, le gouverneur (M. de Montmagny) pour 
aller à l'île aux Oies, oii il faisait travailler à la terre et y avait sept 
ouvTiers : il laissa Mons de Chavigny pour son lieutenant " 

Quelques jours plus tard, le fotintal des Jésuites note un petit fait 
qui à première vue semble insignifiant mais qui tout de même nous 

Cl) La Relation porte Savigny mais il est facile de voir que c'est 
une faute d'impression. 

(2) The Jesuit Relations and allicd documents, vol. XXIII, p. 27H. 









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—315 -- 

apprend que Jès 1645 M. de Chavigny habitait son fief de Charigny : 
"Sur la fin du mois d'octobre, le P. Lejeune et le P. Buteux s'en 
retournant de Québec pour les Trois-Rivières et Montréal, marièrent 
en chemin un nommé Nopce avec la fille d'un nommé Picar qui étaient 
pour lors chez Mous, de Chavigny, et puis demeurèrent chez M. de la 
Poterie. Mons. de Chavigny se ressentit de ce changement et s'en 
prenait au P. Lejeune, mais il parut depuis que Mons. de Chavigny 
avait tort de se plaindre du P. Lejeune." 

ht Journal des Jésuites nous fait savoir qu'en janvier 1646 le Père de 
Quen alla faire gagner les indulgences à M. de Chavigny et à sa famille 
à son fief de Chavigny : 

"Le 25, dit-il, partit le P. de Quen pour aller chez M. de Chavi- 
gny à l'occasion de son serviteur malade et en outre pour leur faire ga- 
gner le jubilé et assister spirituellement la famille. Robert Hache ac- 
compagna le Père, et un chirurgien et deux autres soldats y allèrent 
aussi de compagnie." 

Au mois de mai 1646, nous trouvons encore un petit détail inté- 
ressant sur M. de Chavigny dans \q Journal des Jésuites : 

"Le 24, partit notre frère Ambroise et Mre Jacques pour les Trois 
Rivières dans une chaloupe où était M. de Chavigny qui emporta avec 
soi la chapelle de Beauport qui lui fut accordée pour jusques à la Tous- 
saint. J^e F. Vimont en même temps alla jusques chez M. de Chavi- 
gny pour conférer les cérémonies du baptême à sa fille." 

Kn février 1647, le Père de Quen se rend de nouveau chez M. de 
Chavigny: 

"Le 15, le P. de Quen alla chez M. de Chavigny avec M. de la 
Tour et cinq autres Français. On y devait baptiser une fille venue 
nouvellement au monde. Ils en retournèrent le 20." 

En 1646, M. de Chavigny s'était adressé à la Compagnie de la 
Nouvelle- France pour eu obtenir une augmentation de son fief de Cha- 
vigny. Dans sa demande à la Compagnie il alléguait qu'ayant disjiosé 
de la plus grande partie des terres de son fief à cens et renies il en 
avait besoin d'autres pour les'faire pareillement défricher. 

M. de Chavigny forçait un peu la note ici En 1646, il n'avait 
disposé que de quelques terres dans sa .seigneurie et encore l'étaient- 






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elles pas habitées. L-r recensement de 1666, faii viugt ans plus tard, 
ne nous donne aucun habitant pour la seigneurie de Chavigny. Il en 
est de même dans le recensement de 1667. 

La Compagnie de la Nouvelle- France, toutefois, le 16 avril 1647, 
concédait à M. de Chavigny une autre demi-lieue de terre de largeur 
sur trois lieues de profondeur voisins de si première concession. M. 
de Chavigny se trouva donc à avoir en tout "une lieue rangeant le fleu- 
ve Saint-Laurent sur trois lieues en avant dans les terres." 

Le 14 juin 1647, le gouverneur de Montmagny concédait à M. de 
Chavigny deux arpents de terre sur la route qui conduisait au Cap- 
' Rouge. Nous ignorons qu-'-l était le but de M de Chavigny en .se fai- 
sant donner ce terrain.(i) 

Le 5 mars 164S, le roi de France donnait son arrêt pour l'établis- 
sement d'un Conseil à Québec. Cet arrêt réglait qu'il 3- aurait un 
conseil composé du gouverneur, de l'évèque, et, en attendant, du su- 
périeur des Jésuites, du gouverneur sortant de charge pour trois ans, 
et de deux habitants du pa>s élus pour trois ans par les autres conseil- 
lers et les syndics de Montréal, Québec et Trois-Rivières à ce appelés. 
Les premiers habitants du pays appelés à l'honneur de siéger au Con- 
seil de la colonie furent MM. de Chavigny, Giffard et Godefroj-. Ils 
furent nommés par l'arrêt même qui instituait le Conseil. 

Dans l'éié ou l'automne de 1648, M. et madame de Chavigny et 
leur quatre enfants laissaient Lur fief de Chavigny pour venir habiter 
la pointe ouest de l'île d'Orléans. 

Pour quelles raisons M. de Chavigny, qui s'était bâti une maison 
et avait fait certains travaux de défrichement, abandonnait-il ainsi sa 
seigneurie pour se transporter à l'île d'Orléans ? 

Dans l'été de 164S, les Iroquois firent quelques attaques dans les 
environs de Trois-Rivières. M. de Chavigny dût s'établir à l'île d'Or- 
léans pour se mettre à l'abri des attaques des féroces Iroquois. (2) 



(i) La concession de M. de Monttnagn\- à M. de Cha\-ignv du 14 
juin 1647 avait été reçue par le notaire Bei-quet. Malheureusement, 
cet acte est disparu du greffe de Becquet déposé aux Archives Judi- 
ciaires de Québec. 

(2) M. L. P. Turcotte dans sou ///.vA;/;f </(■ l'Ile d'Orléans, dit 
que Eléonore de Graiulmaison fut la première femme à habit ;r l'île 
d'Orléans. 



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—317— 

Le 29 mars 1649, Olivier Le Tardif, agissant pour les seigneurs 
de l'île d'Orléans, concédait à ^L de Cliavign)- et à sa femme Eléonore 
de Grandmaison une seigneurie de quarante arpents de front sur toute 
la largeur de l'île, sur la pointe ouest de l'île d'Orléans. C'est le fîef 
ou seigneurie qui, quelques années plus tard, prit le nom de fîef Beau- 
lieu" 

M. Ferland, dans ses Ahiles su?- //s 7Lgistres de Noire-Dame de Ouc- 
^ec, dit que ^L de Chavign^-, forcé de rejjasser en France pour sa sauté, 
y mourut vers 1651. 

M. l'abbé Scott, s'appujant sur l'ouvrage The Jesini Relations and 
Allicd Documents (vol. XXVIT, p. 312), dit que M. de Chaviguy mou- 
rut en mer pendant un voyage qu'il faisait en France pour sa santé. 

P.-G. R. 

ANDRE ALLIEZ — Parisien de naissance, André Alliez était à 
Québec dès 1729. En janvier 1741, l'intendant nonnnait Alliez avec 
le négociant Lagroix, pour débiter les boissons à la Pointe-à-la-Caille. 
Le 14 octobre 1749, Alliez était nommé notaire dans la côte sud au- 
dessous de Québec et dans l'île d'Orléans. Son greffe déposé à Mont- 
magny ne comprend que dix pièces. Alliez occupa aussi la charge de 
juge bailli de la seigneurie de la Rivière-du-Sud de 1736 à 1760. Alliez 
laissa le Canada en 1763, après le traité de Versailles. Vide J. -Ed- 
mond Roy, Histoire du notariat au Canada, vol. 1er, p. 183. P. G. R. 



"Histoire de la seigneurie de Saint-Ours" 

Le bel ouvrage que vient de publier M. l'abbé A. Couillard-Des- 
prés est plus que l'histoire de la seigneurie de Saint-Ours : on y trouxe 
la généalogie et l'histoire de l'importante famille de Saint-Ours et des 
données inédites sur bon nombre des soldats du fameux régiment de 
Carignan. 

Le livre de M. l'abbé Couillard-Després devrait se trouver dans 
toutes les bibliothèques canadiennes. 



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REPONSE 

LA TENURE SEIGNEURIALE AU CANADA. (XXI, VIII, 
P- 235).=Pour étudier l'ancienne tenure seigneuriale au Canada quels 
sont les ouvrages à consulter ? 

Bon nombre de livres, brochures, rapports officiels, etc, ont été 
publiés sur notre ancienue tenure seigneuriale. La liste suivante en 
doane la plus grande partie : 

Rapport des covuiiissaires nommes pour s'oujnén? de l'état des lois et 
autres circonstances qui se rattachent à la tenuie seigneiuiale dans le Bas- 
Cafiada. Montréal — 1844. 

Rapport du comité spécial 7iommê pour s'enquérir des dépenses affé- 
rentes à la conunutation de la tenure. S. 1. u. d. (1846 ?). 

De l'abolition des droits féodaux et seigneuriaux au Canada, et sut 
le meilleur mode à employer pour accorder une juste indemnité aux sei- 
gneuis, par Clément Dumesuil. Montréal— > 1849. 

Some remarks upon the Frcncli Tenure of Franc alcu rotziricr and on 
ils relation to the feudal and othet tenures, by Robert Abraham. Mont- 
réal 1849. 

Troisième rapport et délibé) allons du comité spécial de l'Assemblée 
Législative auquel ont été renvoyées les résolutions adoptées le 16 jidn 1850, 
au sujet de la tetitoe seigneuriale. Québec— >i85i. 

Pièces et documents relatif s ci la tenure seigneuriale, demandés pa> 
une adresse de V Assemblée législative, 1851 Québec — 1852. 

Acte pour définir les Droits Seigneuriaux dans le Bas-Canada, et 
pour en faciliter le rachat. 1852. 

La questioîi de la tenure seigneuriale du Bas-Canada ramenée à une 
question de Crédit-Foncier, par A. Kiers-Kowski. Montréal — 1852. 

Tenure Seigneuriale. Edits, ordonnances, déclarations et arrêts re- 
latifs à la tenure seigneuriale. Québec — 1S52. 

Débats dans f Assemblée Législative sur la tenure seigneuriale. Qué- 
bec, Fréchette-1853. 

Réponse à îtnc adresse de l'Assemblée Législative, demandant copie 
de certains documents seigneuriaux. Québec — 1853. 

Correspondance entre le gouvcrnemott frani;ais cl les gouverneurs et 



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-319— 

iukndajiis du Canada, yelative à la tenure seigneuriale. Coirespotidauce 
entre le buieau colonial ci les gouveyneurs du Canada, relative à la tenure 
seigneuriale ci féodale, Québec — 1853. 

Address at the Bar of the Législative Assembly 0/ Canada, delivered 
on the iit/i and i^lli Match, /Sjj, on behalf of cet tain Prôprietors of Sei- 
gniories in Lower Canada against the second reading of the Bill, entitled 
"An Ad to define Seigniorial Rights in Lower Catiada atid tofacilitatc 
the Rédemption thereof, by C. Dunkin. Québec — 1853. 

La convention anti-seigneuriale de Montréal, au peuple. Montréal 
1854- 

Tenure seigneicriale. Etat actuel de ta question, par un membre de 
'Assemblée Législative du Haut-Canada (Francis Hincks) — Québec 
—1854- 

De la tenure seigneuriale en Canada et projet de commutatioti, par J.- 
C. Taché. Québec-1854. 

Seigniorial Act. Questions to be submitted to the décision of the fud- 
ges pursuant to the provisions of the Seigniorial Act of 18^4. S. 1. n. d. 
(1854). 

Acte seigneurial de 1834, avec table alphabétique et analytique, par 
un avocat. Montréal — 1855. 

Le bill seigneurial exposé sous son vrai jonr par le fouinai "la Pa- 
TRiJî". Réfutation victorieuse du rapport soutnis à la co?ivc7ition anti- 
seigneuriale (par A. X. Raimbau). Montréal — 1855. 

Mémoire contenant un résumé du Plaidoyei sur les questions soumises 
par l' honorable L. T. Drummond, Procureu) -Général de Sa Majesté, à la 
décision des Juges en vertu de l' Acte Seigneurial de iSj4, par C. S. Clier- 
rier. Montréal-iS55. 

Mémoiie composé de l(i plaidoiiie devant la Cour Seigneui iale, par 
T.-J.-J. Loranger. Montréal — 1855. 

Case of the Seigniors of Loicer Canada , submitted to tlic fudges oj 
the Court of Queen s Bench and of the Superior Court cf Lower Canada, 
by Christopher Dunkin. Montréal-1855. 

Case of the Seigniors of Lo-urr Canada , by R. MacKay. Mon- 
tréal— 1855. 

Tenure Seigneuriale. Paie, f>auvre Peuple, paie ! Par le Frère de 
Jean- Baptiste. Québec- 1S5 5. 















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—320- ■ : j 

! 

Tenure Seigneuriale. Quelque!, avis d' un cvHivaieur aux censitaires 
du Bas-Canada au sujet de la loi d' abolition de la tenure seit^neiiiiale. S. '• 

1. n. d. (1855). ' ! 

Seignorial Questions. A comtiilation containing the Seignioral Ad 
0/185^, the aniendnient ta the Seigyiiorial Act 0/1855, ^^^ Questions sue- j 

mitted by the Attorney General for Low'er Canada, etc. Québec — 1856. i 

Décisions des tribunaux du Canada (relatives à la tenure seigneu- | 

riale). Québec- 1856. Six vols. j 

Suite du Ménioite contenant la réplique de T.-J.-J. Lorangei devant \ 

la Cour Seig7icurialc. Montréal-1856. j 

De l'abolition du régime féodal en Canada, et de l'indemnité due aux j 

seigneurs pour la suppression des droits et devoi> s féodaux, étant U7ie com- 
pilaiio7i des procédés et plaidoiries qui ont eu lieu devant la Cour Spéciale, 
constituée en vertu des dispositions de l'Acte Seigneurial de 1854, et ouver- 
te à Québec le 4 sept. 1855, s. 1. n. d. (1856). 

Les Actes Seig/ieuriaux Toronto -1856. 

Statement of nioncy placed to the crédit of the spécial faid set apa> t ta 
aid the censitaires in the rédemption of Seigniorial dues, -with instructions 
to the Commissions. S. 1. n. d. (1857 ?)■ -, /.• ■ u 

Tlie seignorial amendment act of 1S5Ç. Toronto-1859. 

Cadastres abrégés des seigneuries du district de Québec. Québec, 
George Desbarats-1863. 2 vols. 

Cadastres abrégés des seigneuries du district de Montréal. Québec, 
Derbishire et Desbarats — 1863. 3 vols. 

Cadastres abr'égés des seigneuries des Trois- Rivièr-es Québec 

Derbishire et Desbarats— 1S63. 

Cadastres abrégés des seigneuries appartenant à la Couronne. . . . Qué- 
bec : George Desbarats — 1S63. 

Tlie Drvit de Banalité during the Freneh Régime in Canada, by \V. 
Bennett Munro — 1899. 

The Seigniorial System in Ca)uida. A Study in Trench Colonial 
Poliey. by William Bennett Munro. New- York 1907. j 

Documents relating to the Seig)ieurial Tenure in Canada, 1598-1854, | 

edîted by William- Bennett Munro, Toronto — 190S. I 

P. G. R. . i 



BULLETIN 



DES 



RECHERCHES HISTORipES_ 

mTxXI BEAUCEVILLE=NOYEMBRE 1915 No. XI 

M ai oire de Gédéon de Catalogne sur les plans des 
seigneîsries et habitations des gouvernements 
de Québec, les Troîs-Rivières et Montréal 

(Suite et fin) 



Le gouvernement de Quebek commence du corité du Nord en des- 
cendant aux Grondines, et du costé du sud de la Rivière du Chesne ou 
haut de Losbiniere. 

La Seigneurie des Grondines appartient au nommé Amelin labou- 
reur le nom de cette seigneurie vient du grand nombre de batlures de 
gros caillons qui se trouvent au devant, ce qui fait que lorsqu'il vente 
un gros vent les eaux y font un grand bruit et le passage des canots et 
batteaux très dangereux. Elle fait paroisse avec la Seigneurie de Ste 
Anne, les terres ny sont que médiocrement bonnes estant mélangées 
de carrières et gros cailloux et entrecoupées de costeaux, il y a des 
contrées qui produisent de bon grain et légumes, mais non pas abon- 
dance quoique les bois naturels y sont fort gros, il y en a de toutes es- 
pèces, on y pesche peut d'anguille, mais la chasse au gibier est abon- 
dante sur les Bâtures. 

La Seigneurie de la Chevrotiere appartient au Seigneur de ce nom 
emplojé à la Sous ferme de Tadoussac. Elle fait paroisse avec la Seig- 
rie de l'Eschambault et Portneuf, Les terres y sont médiocrement bon- 
nes sur la devanture, les profondeurs sont meilleures, on ny recueille 
I)as beaucoup de grain mais très bon, les bois y sont troj) gros et mé- 
langez de toutes espèces. 



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-322— 

La Seigneurie de L'Kschambault appartient au Seigneur de ce 
nom Lieutenant gênerai de la Jurisdictiou de Montréal, Les terres y 
sont fort basses et mouillées que l'on asseichent par le moyent des 
fossez ce qui les rend fertilles en toutes sortes de grains et légumes, la 
pesche a langnille y est très abondante. C'est audevant de cette Sei- 
gneurie qu'est le petit Richelieu, la mer estant basse le chenail y est 
fort étroit et rapide qui laisse a droit et a gauche une grande estendue 
de battures, Cette Seigneurie contient plus de bois de sapinage que 
d'autres. 

La Seigneurie de Port neuf errigée en baronie appartient a un des 
cadets de la famille de Becancourt, La parroisse est desservie par un 
prestre du Séminaire de Quebek, les terres ny sont bonnes qu'autant 
qu'elles y sont bien ctiltivees pour produiient des grains et légumes 
estant naturellement fort maigres et entrecoupées de costeaux fort 
hauts. Le seul avantage est la pesche a languille qui y est très abon- 
dante Les bois sont la pluspart sapinage. 

Le fîef près de la Rivière a Jacques Quartier nom d'un des pre- 
miers découvreurs de ce pays, appartient a Mr. Dauteuil cy devant pro- 
cureur gênerai au Conel Supérieur de Quebek, les terres y sont fort 
hautes sur le bord du fleuve et unies par en haut, et ny a qu'un seul 
habitant avec un peu de désert sa principalle occupation est a la pesche 
a languille quoique les terres y paroissent passablement bonnes, les 
bois sont la pluspart sapinage. 

La Seigneurie de la pointe aux Ecureuils appartient au nommé 
dusaut Md de barque faisant paroisse avec la pointe au tremble les ter- 
res y sont très hautes sur le bord du fleuve et unies dans les profon- 
deurs ou elles sont bonnes pour produirent toutes sortes de grains et 
légumes, la pe.sche et languille très abondante et les bois y sont mélan- 
gez de toutes espèces. 

La Seigneuries de la Pointe au Tremble ou Neuville apiiartient à 
Mr. Dupont Con er au Con el Supérieur, la parois.se est desservie par 
un prestre du Séminaire de Ouebck, les Terres y sont fort hautes et 
s'elevent en jihitheatre, environ demy lieues entrecoupées de Ravines, 
quoique les terres paroissent maigres et mélangées de roches, par le 
grand .soing des habitans elles produisent toutes sortes de grains et lé- 
gumes et c'est ordinairement sept a huit minots pour un de semé, il y 
a nombre de carrières de pierres a chau.K et pierres propres pour a 






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-323- 

taille, il ny a des bois que dans la profondeur mélangez de toutes espè- 
ces, la pesche a languille }• est abondante. 

La Seigneurie de Deinaure appartient au Seigneur de ce nom, re- 
ceveur des castors au bureau des fermes a Ouebek, la paroisse est des- 
servie par un prestre du Séminaire de Quebek, les terres sur le bord du 
fleuve, du moins la plus grande partie sont fort hautes et ensuittes très 
unies en penchant du coste du nordouest ou elles sont assez bonnes et 
produisent toutes sortes de grains et légumes les bois sont mélangez de 
toutes espèces mais plus gommeux que dautres, la pesche a languille 
s'y fai*: aussy. 

La Seigneurie de Godarville et Fossembault appartient aux héri- 
tiers du feu Sr. Peuvret greffier en chef au Con el supérieur. Elle fait 
paroisse avec l'ancienne l'horette, les terres sur le bord du fleuve y sont 
fort hautes et maigres de couleur rouge astres aussy Tapelle t on Le 
Cap rouge, et entirant dans la profondeur les terres se plongent du cos- 
té du Nordouest ou se forme un plaine qui s'eleve ensuitte en pente 
douce jusques aux montagnes environ quatre lieues dans la plaine, Les 
terres y sont très bonnes qui produisent abondamment toutes sortes de 
grains et légumes, la pesche a languille s'>- fait. Les bois y sont mé- 
langez de toutes espèces, plus de sapinage que d'autres. 

Le Seigueurie de Bonhomme appartient au Seigneur de ce nom 
laboureur qui est encores dans ses bois naturels mélangés de toutes es- 
pèces 

La Seigneurie de Sillery (i) appartient aux P. Jesuiltes et com- 
prend quatre paroi,sses scavoir St. François, Ste Foy, la vieille et nou- 
velle L'horette, les deux leres font frond sur le fleuve ou les terres 
sont extrêmemeut hautes. Cependant sur la hauteur sont unies et des- 
cendant eu pente donnent jusques a la Rivière St Charles, Elles sont 
desservies par les prestres du Séminaire de Quebek, les terres y sont 
médiocrement bonnes pour produireut toutes sortes de grains et légu- 
mes, il ny a presque plus de bois, le peut qu'il y en reste est sapinage, 
quelques errables parmis, on commence a y planter des iiommiers qui 
y viennent as.sez bien, il y a l'ivglise de Sillery bâtie sur le bord du 
fleuve que les Pères Jesuittes sont obligez dentretenir suivant l'inten- 
tion du douuataire, sur sou frond on fait la ])esche a languille. 

(1) Hii.sse jusliec ext-rcOo par le Sr. Kymn nt. 






j'j-j<_( 



—324— 

L'ancienne L'horette est desservie par un des prestres du Sémi- 
naire de Quebek, ou estoit autrefois la mission des hurons qui se sont 
transportez a la nouvelle L'horette ou la mission est desservie par le 
R. P. d'avaugour Jesuitte, les terres de ces deux paroisses s'elevent 
en pente douce du costé du nordouest ou elles j^ont très bonnes pour 
produirent toutes espèces de giaius et légumes et arbres fruictiers par 
lexposition avantageuse au soleil levant jusques au couchant, Le génie 
de ce missionnaire a obtenir de tous ces sauvages qu'ils ne boivent au- 
cune boisson en jurants, il seroit a souhaitter que toutes les autres na- 
tions voulussent les imiter, par la on couperoit la racine a tous les de- 
sordres que causent l'ivrognerie parmis les nations d'en haut, Les pro- 
fondeurs de cette Seigneurie be terminent sur de hautes montagnes ou 
se trouve des lacs ou l'on pesche beaucoup de Truittes particulière 
ment en hiver sous les glaces, les bois y sont mélangez de toutes espê 
ces. 

La seigneurie de St Bernard et St Antoine appartient aux dames 
Religieuses de l'hostel Dieu dépendant de la cathédrale et de Charles- 
bourg, Les terres sur le bord du fleuve sont un peu hautes qui ensuit- 
te forment une espèce de plaine qui produit une pente qui se perd a la 
Rivière St Charles et ensuitte se lève imperceptiblement jusques aux 
montagnes, Les terres }• sont très fertilles pour toutes sortes de grains 
et légumes et arbres fruictiers, il ny reste que des bois de sapinage. 

Quebek et son abanlieu dépend du domaine du Koy quoique les 
communautés tant dans la ville qu'au dehors en occupent la plus gran- 
de partie, Sa scituation sur le bord du fleuve excepté la basse ville est 
fort haute, la pluspart rochers peut de terre par dessus ou il seroit dif- 
ficile d'ouvrir la tranchée. Cependant on a trouvé le moyent dy pra- 
tiquer des jardins, tant en minant des rochers qu'en y transportant des 
terres, par ce mo}-ent les jardins rapportent toutes sortes de légumes 
et fruits mesme en abondance. Les environs de l'hospital gênerai sont 
terres basses fertiles en toutes sortes de grains, légumes et paccages. 
La chasse aa petit gibier y est très abondante. 

La seigneurie qui comprend Charlesbourg, (i) L'auvergne et 
Bourg ro>al appartient aux P. Jesuittes Le tout fait paroisse a Char- 
lesbourg desservie par un des i^restrts du Séminaire de Quebek, le res- 
te de la Seigrie dépend de la cathédrale et de la paroisse de Beauport 

(1) Basw justice cxcrcOu par le Sr Kyiimra. 






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—325— 

aiiisy que les couleurs le dessignent sur le plan, Suposé que le coppiste 
ayant esté exact a suivre les originaux, L'estendue de toute cette sei- 
gneurie comprend de très belles terres qui s'elevent en pente douce du 
costé du nordouest jusques aux montagnes, produisant abondamment 
toutes sortes de grains et légumes et fruits, il s'y trouve aussy des car- 
rières de pierre de taille et de pierre a chaux, il y a environ 21 ans que 
l'on découvrit une mine de charbon de terre sur le domaine que les 
Pères Jesuittes ont en ce lieu la, qu'ils n'ont pas jugez a propos de 
mettre au jour, c'est sur la grève de cette seigneurie que les anglois fi- 
rent leur descente en 17 10 et trois jours après fuient contraints de se 
rembarquer en abandonnant leurs canons et sans ôzer tenter le passa- 
ge de la petite Rivier;, il y a très peut de bois aj-ant esté détruit pour 
les usages ordinaire. 

La Seigneurie de Beauport appartient au Sr. Duchesnay de St De- 
nis par la cession que luyen a faite le marquis de Beauport, la paroi.sse 
est desservie par un des prestres du séminaire de Quebek. Les terres 
sont très belles qui s'elevent en pente douce au nord-ouest jusques aux 
montagnes. Elles produisent toutes sortes de grains et légumes il ny a 
presque plus de bois sur les devantures. 

La seigneurie de Beaupré (i) est séparée de Beauport par le saut 
de Montmorenc}- qui fait une chûtte d'environ quarante ou 60 pieds. 
Elle appartient à Mrs. du Séminaire de Quebek. Les terres sont très 
belles Elle comprend trois paroisses scavoir Lange gardien château 
Riche et Ste Anne toutes trois desservies par des prestres du Semin re 
toute la coste est bordée dun terrain fort élevé au bas de laquelle se 
trouve quelque espace de terre a niveau des marais qui par le moyen 
des fosses ont esté asséchées et rendues cres fertilles en toutes sortes de 
grains et légumes. Les terres eslevées ne sont pas si bonnes quoique 
les esgouts des montagnes qui en sont fort prest les humectent et les 
rendent propres a produirent toutes sortes de grains fruicts et légumes, 
mais non pas si abondamment que sur les terres bas.ses mais le grain 
en est meilleur, les habitans de cette coste passent et le sont effective- 
ment pour les i^lus riches de Canada, depuis très longtemps ils fabri- 
quent des toilles et droquets. Les montagnes quoique escarpées leur 
fournissent du bois tant de charpente que de chauffage. Je comi)rend 
les trois paroisses sons un niesnie titre, ma\ant jjarues esgales en val- 



.vils-! 



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— 32G- 

leur, les filles de la congrégation ont un establisseinent au Château 
Riche. 

Le cap Tourmente qui est une suitte de la Seigneurie de Beaupré 
est le principrl manoir du séminaire de Quebek, il est divisé en deux, 
scavoir la grosse et la petite ferme, lors des vacances les escoliers y 
vont prendre leur recréation, il y a de beaux batimens et tous ce qui 
est necessre pour une ménagerie ou ils ont toutes sortes danimaux do- 
mestiques, Les terres en culture qui approchent de près les montagnes 
et qui en sont bordées du costé du Nordouest y sont plus basses et 
unies, qui par le moj-ent des fossez ont esté asséchées et rendues très 
fertilles en toutes sortes dé grains et légumes mesme des fruits, Les 
montagnes contiennent des bois de toutes espèces. 

La Seigneurie de la Baye St Paul appartient audit séminaire ou ils 
ont un espèce de domaine plus estimé par les paccages que pour la pro- 
duction des grains, quoique les terres y soyent très bonnes, mais les 
montagnes les renferment dans un petit espace. Les habitants en sont 
aussy serrez de fort près, les plans coppiez en 1709 en dessiguoient les 
eslevations. Je ne scay si ceux de 17 10 ont esté coppiez de mesme, 
C'est devant ce domaine que se trouve le gouffre de l'Isle aux Coudres 
qui dans le fort de la marée perdant ce fait un torrent qui frape sur 
une pointe de rochers et forme un ressac en croissant qui fait le sujet 
de ce gouffre, dou les vaux ne scauroient sortir et sont fort exposez 
jusques a ce que la marée soit revenue a son flot. J^es montagnes en- 
trecoupées de petits valons contiennent de toutes sortes de bois parti- 
culièrement de gros pins et c'est dans ce seul endroit ou l'on fait le 
gaudron, quoiqu'il y en ait plu.sieurs autres on Ion ponrroit en faire, 
cette .'eigneurie fait la deffinition des plans du costé du nordouest. 

L'Isle d'Orléans ou de St Laurent ajipartient a Mr Berthelot Elle 
est divisée eu cinq paroisses trois du costé du sud et deux du costé du 
nordouest, toutes les cinq desservies par des prestres du Séminaire de 
Quebek, la pluspart des habitaus fabriquent des toilles et droguets, 
mesme audelade leur usage, de sorte qu'ils en vendent en quantité, (i) 

La paroisse St Pierre est lu moins nombreuse en paroissiens les 
Terres y sont fort e.sle\-ées ou er.gard du lleuvc, Cejîendant fort unies 
et inonillées que jiar le mo\ent des fosse/, sont asséchées et rendues 

{ï) Biis.M'. moyouae, basse jiisticv. Ll-Jui^i; eu est uiurt. EiJe esl e.\erci'o pnr prOinont, 



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— 327 — 

ties fertilles en toutes sortes de grains et légumes, Ce qui sépare les 
habitans du sud est d'avec ceux du costé du nordouest est une lisière 
de bois qui \-a du haut au bas, que les habitans conservent pour leur 
usage et chauffage. 

La parois'^e de la Ste Famille est plus nombreuse en paroissiens et 
qui passent ;onr les plus riches de l'Isle, les files de la congregon 3^ 
ont un un establissement. Les terres y sont très belles qui montent 
en pente douce jusques au milieu de l'Isle et ensuitte descendant de 
lautre costé, il y a des contrées ou ils se trouvent des roches mouvan- 
tes à la cliarue, reanmoins les terres y sont très fertilles en toutes sor- 
tes de grains et légumes. 

La paroisse de St François scituée au bas de l'Isle sur larrieie fief 
qui appartient au Sr. Perrot sous le nom d'Arg^ntenay par l'acquisi- 
tion qu'il en a faite des dames de L'hostel Dieu, Les terres sont entre- 
coupées par de petits costeaiix et valons particulièrement du costé du 
nordouest ou se trouve des roches mouvantes a la charue qui cepen- 
dani produisent abondamment toutes sortes de grains et légumes. 

La paroisse de St Jean est au sud-est de la Ste-Famille, les terres 
ny sont unies que par contrées estant entrecou])ées de colines et valons 
et ne sont pas si bonnes que du costé du nord-ouest i)our ])roduirent 
abondamment des grains, mais ils y sont meilleures en qualité. 

La Paroisse de St Laurent est celle qui a le plus d'estandue mais 
la moindre en paroissiens, les terres y sont plus hautes qu'en tout le 
reste de l'Lsle, entrecoupées des costeaux et ravines fort profondes dif- 
ficiles a mettre en culture, celles qui sont cultivées produisent abon- 
damment toutes sortes de grains et légumes, les bois de toute espèces 
y sont plus gros qu'en tout le reste de l'Isle. 

La Seigneurie de Lotbiuiere cpii reprend le haut du gou\ernemeut 
de Quebek du costé du sud-est, ajipartient aux héritiers de ce nom, La 
paroisse est desservie jiar un père Recolet, Les Terres ny sont que mé- 
diocrement bonnes dans la devanture, auss\- n'est elle guère nombreu- 
se en habitans cedanters, ,Sa ]">lus grande va'leur est la peschc a lan- 
guille et aux bois de chauffage et au bois (pi 'ils transpo'tent a la ville. 
Les terres en culture sont fort mouillées et entrfcouiié'-s de cjliues et 
ravines. La partie d'en lias est exiraordiuaireinent haute et fore es- 
cord. Le bled n>- vient (pie par petite contrée, Le terrain ne parroisl 



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— 32S— 

pas propre pour les arbres frui ;tierà, il y a de toute sorte de bois mé- 
langez. 

La seigneurie du platon Ste Croix appartient aux dames urselines 
di Quebek, la plus])art des terres y sont fort hautes, médiocrement 
bonnes, I<es terres en cultures y produisent de bon grain, mais non pas 
en abondances comme ailleurs. Les légumes y viennent miejx parti- 
culièrement les lin et chanvre, la pesche a languille y est plus abon- 
dante qua tout au. endroit, il y a toute sorte de bois mélangez, qu'ils 
commercent a la ville. 

La seigneurie de Choret appartient au seigneur de ce nom labou- 
reur, Les terres }• sont fort hautes en esgard au fleuve, mais assez 
unies, il ny a que très peut de terres en cultures qui produisent de très 
bon grain et légumes, Mais peu^: propres pour les arbres fruictiers qui 
ne viennent point sur les terres fortes er argilleuses, la pe.sche a lan- 
guille s'y fait mais non pas abondamment, il y a des Lois de toutes es- 
pèces qu'ils commercent a Quebek. 

La seigneurie de Marauda apjiartient aux héritiers de ce nom la- 
boureurs Les terres et les bois y sont de mesme qualité qu'a celle de 
Choret et ont le mesme commerce. 

La seigneurie de Villieu relevé de la ]iaroisse St Nicolas. Elle ap- 
partient a Mr Le Gardeur cap ne dans les troupes. Les terres y sont 
fort élevées neautmoins très unies ou il faut faire des fossez pour les 
asseicher par ce moyent elles produisent toutes sortes de grains et lé- 
gumes et paccages pour les bestiaux, la pesche a languille et au sau- 
mon s'y fait. Elle contient de toutes sortes de bois particulièrement de 
chauffage quils vendent a Quebek. 

La seigneurie de Lauzon ( i) appartient a Mr Duplessis commis de 
Mr. le Trésorier gênerai de la marine. Elle est divisée en deux parois- 
ses que le Saut de la Chaudière sépare. Elles sont desservies par des 
prestres du Séminaire de Quebek, la paroi.sse St Nicolas est celle d'en 
haut qui n'est pas si nombreuse eii habitans que celle tl'en bas, i^arce- 
que le long du fleuve se ne sont que rochers très haut et impraticables 
et beaucoup de terrez en arrière fief sous le peut de terre qui est en 
culture sont assez fertilles en toutes sortes de grains et légumes, dans 



(i) Haute, moyenne et basse justice exercée par le Sr Barbel no- 
taire ro>al. 



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—321)- 

les profondeurs les terres y paroissent assez unies et de beau bois de 
toutes espèces, la pesche a laup;uille et a toutes sortes de poissous sy 
fait. La piroisse St Joseph est la deuxième de cette seigneurie, les ter- 
res y sont fort hautes, et entrecoupées de costeaux, ravines et chesncs 
de rochers, les terres qui y sont enculture par l'applicatiou et soin des 
habitans produisent des grains, légumes et paccages, il sy fait quantité 
de chaux qui se transporte a la ville la proximité de laquelle fait que 
les habitants y sont fort aisez, la penche a languille et aux saumons y 
très abovidants, dans les profondeurs de la Seigneurie il }• a de toutes 
sortes de beaux bois et de bonnes terres ou le seigneur fait de grosses 
dépenses a faire des moulins et chemins pour s'en procurer lestablisse- 
nient. Les arbres fruictiers y viennent fort bien par contrées. 

La Seigneurie de Montapenne appartient aux héritiers Bissot 
marchands, elle deiiend de la parois.se de Beaumont, les terres y sont 
fort hautes sur la devanture entrecoupées de colines et ravines celles 
qui sont en culture y sent a.'^sez bonnes qui jirodui.sent de bons grnins et 
légumes, ou en lire quantité de bois de chauffage pour amener a Qué- 
bek. 

La seigneurie de Beaumont appartient au seigneur de ce nom la 
paroisse est desservie par un des jirestres du séminaire de Quebek Les 
terres y sont très belles et unies un peut hautes sur le bord du fleuve 
produizant de toutes sortes de grains et légumes, il y a de très beau.x 
bois de chauffage qu'ils commercent a Quebek. 

La seigneurie de La Durantaje fait paroisse avec celle de Beau- 
mont Elle appartient au seigneur de ce nom Con er au Con el supérieur. 
Les Terres y sont entrecoupées de costeaux et ravines la pluspart dans 
les devantures fort maigres et argilleu.ses. Celles pourtant qui sont en 
cultures produi.sent passablement des grains et légumes beaucoup de 
pacages, il y a des contrées ou les arbres fruictiers viennent très bien, 
il y a de toutes sortes de bois que les habitans commercent a Quebek. 

La .seigneurie de Bellechasse fait parois.se avec celle de la Duran- 
taye et Beaumont Elle appartient au Sr. de Rigauville enseigne 
dans les troupes, connue avant esi)OU.sé la veuve du Sr. \'illeuuir de 
Berthier Les terres y sont très belles et ur.ies il y a quelques contrées 
de roches mou\-antcs a la cliarue. celles qui sont en cultures a la faveur 
des fos.sez scMit très fcrtilles en toutes sortes de grains et légumes, h-s 
bois y sont mélangez de toutes esiieces, il y a des contrées ou les ar- 






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—330— 

bres fruictiers viendroient bien sy on y en plantoit. 

I.a seigneurie de la Pointe a la Caille et Rivière du Sud appartient 
aux Srs Co'uillard et de l'Espinay procureur du Roy a Quebek La pa- 
roisse est desservie par un prestre du Séminaire de Quebek les terres 
y sont très belles et unies mais très basses qui par le moyen des fossez 
produisent abondamment toutes sortes de grains légumes et pacages, 
Les bois de toute espèce y sont très beaux, les pays bas sont sapinières 
les arbres fruictiers y viennent comme a Quebek. 

La Seigneur de Bernier appartient au Seigneur de ce nom navi- 
gateur on ny a point encores desfnché les terres pour les mettre en 
culture quoiquelles y paroissent très propres pour cela y estant fort 
unies et bois de sapinage. 

La Seigneurie de Gagnier laboureur appartient aux héritiers de ce 
nom dépendant de la paroisse de Vincelet, Les terres y sont unies et 
fertilles en toutes sortes de grains et légumes et pacages mesme pro- 
pres pour les arbres fruictiers, les bois naturels y sont de toutes espè- 
ces. 

La seigneurie de Vincelot appartient au seigneur de ce nom mar- 
chand la paroisse est desservie par un des prestres du séminaire de 
Quebek et quelques fois par un père Recolet, Les terres en gênerai y 
sont très belles produisant abondanient toutes sortes de grains et légu- 
mes et pacages, les arbres fruictiers y viennent très bien les bois natu- 
rels y sont mélangez de toutes espèces, les habitans y sont fort aisez- 

La seigneurie de Bélanger appartient au seigneur de ce nom labou- 
reur dépendant de la paroisse de Vincelot, les terres y paroissent assez 
unies, mélangées par contrées de pierres mouvantes a la charue produi- 
sant médiocrement de toutes sortes de grains, légumes et pacages et ou 
les arbres fruictiers produisent abondanient des fruits, les bois naturels 
y sont mélangez de toutes espèces. 

La seigneurie Dutarte appartient a la veuve de ce nom dépendants 
de la paroisse de Vincelot, les terres y sont de mesme qualité qua la 
seigueurie de Bélanger qui se termine a la Rivière des trois Saumons. 
Depuis la rivière des trois Saumons jusques a la pointe tic la gran- 
de ance, il n'y a que deux habitans establis qui ont très peut de terres 
en culture, toute cette partie est entrecoupée de rochers colines et va 
lous peut habitable, appartenant aux héritiers de la Chenase et de Mr. 






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-331— 

Dauteuil, les bois naturels y sont mélangez de toutes espèces mais plus 
de sapinage que dautres. 

La Seigneurie de la grande Ance appartient a la veuve de St Denis 
faisant paroisse avec celle de la Rivière ouelle. Les terres sur le frond 
du fleuve y sont unies et fertilles en toutes sortes de grains et légumes 
et pacages, mais sujettes a la brume et a la gellée, les profondeurs sele- 
vent en costeaux et montagnes et entrecoupées de valons garnis de tou- 
tes sortes de bois plus gommeux quc dautres, cette Seigneurie fait la 
deffinition des plans nayant pas eu le tems de lever ceux de la Rivière 
ouelle Camouraska et la Rivière du Loup ou se termine les esta'lisse- 
mens des habitans. 

L'Isle aux oyes appartient au Sr Dupuy lieutenant particulier a la 
prevosté de Quebek et a la veuve du Sr de Grandville vivant Cap ne 
dans les troupes, la plus grande partie de cette Isie consiste en prairies 
ou se nourr3' grand nombre de bestiaux, Les terres qui y sont en cul- 
ture produisant abondament toutes sortes de grains et légumes, la 
hauteur contient toutes sortes de bois mélangez. 

L'Isle aux Grues appartient a la dite veuve de Grandville avec les 
Isles adjacentes, il ny a ]ioint dhabitans et tves peu de terre culture 
qui produisent toutes sortes de grains et légumes, les bois naturels y 
sont fort gros mélangez de toutes espèces ; c'est sur ses deux Isles et 
aux environs que la chasse au gibier passager est très abondante le 
printemps et l'automne. 

Il reste a lever les plans de la Rivier ouel, Comoraska et la pointe 
aux allouettes, ou estoient les Establissemens de la Pesclie aux mar- 
souins. Les Terres de la Rivière ouel et de Comoraska sont très belles 
ou les habitans sont assez aisez, ils le seroient encore davantage sils 
estoient apportée du Commerce de leurs denrées il y a dans le bois de 
la première une fontaine très abondante d'eau salée ou le sel se pour- 
roit faire comme il se fait en plusieur.= provinces de l'Europe. 

Les terres qui sont au haut du gouvernement de Montréal sur la 
route du fort frontenac sont des plu? belles du pays, ou la pe.sclie et la 
chasse ne manquent jamais, mais les rapides qui y sont très mauvais 
forment une difficulté a les establir, outre que les ouvriers sont trop 
rares dans ce pays. 

OUSKRVATiOXS SUR L'ETABLISSF.MJ'NT 

Que parraport a la grande estcuduc que l'on a donnée a l'K.stablis- 



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— 332 - 

sèment il uy a pas le quart de.s ouvriers qu'il faudroit pour l)ieii esten- 
dre et cultiver les terres. 

Que les laboureurs ne se donnent pas assez de soing ]iour cultiver 
les terres, estant certain que la Semence d'un minot de bled semé sur 
de la terre cultivée comme en France produira plus que deux autres 
comme on semé en Canada. 

Que comme les saisons sont trop courtes et souvent très mauvaises 
il seroit a souhaitter que l'Eglise permit les travaux indispensables que 
les festes d'esté obligent de chaumer, estant très vray que depuis le 
mois de may que les semences commencent jusiiues a la fin de septem- 
bre, il ny a pas quatrevingt dix journées de travail par rajjort aux fes- 
. tes et aux mauvais tems. C'est pourtant dans cet espace que roule la 
solidité de l'Establissement. 

^ Il faudroit assujetir les liabitans negligens a travailler a la culture 
des terres en les privans des voyages qui les dispensent de travailler et 
cela parcequ'un voyage de deux ou trois mois leur produit 30 ou 40 
escus en perdant la .saison du travail a la terre, qui les faits demeurer 
en friche. 

Les obliger a semer quantité de chanvre et lin qui vient en ce pays 
plus beau qu'en Europe, ils s'en relaschent parceque disent ils il y a 
trop de paine et de soin a le mettre en œuvre il est vray qu'il y a peut 
de gens qu'ils Sentendend qu'ils faut payer bien cher. 

Assujettir les habitans a élever et nourrir les bettes a cornes au 
lieu du grand nombre de chevaux qui ruinent les paccages et qui eu- 
trenuent les habitans a de grosses dépenses tant pour leurs équipages 
qui sont fort chers que par la grande quantité de fourrage et de grains 
quil faut pendant sept ou huit mois de l'année, estant très vray que 
lentretien dun cheval conte autant qu'a deux bœufs. 

Obliger les Seigneurs jjour facilité l'establissement de leurs sei- 
gneuries de donner suffi.samment des terres pour communes a un prix 
modique et a construire des moulins et les commodités puûliques, plu- 
sieurs consomment le tier de leur temps a aller faire faire leurs farines 
a 15 et 20 lieues, et que les seigneurs de qui les seigneuries ne sont pas 
establies concèdent des terres sans que les tenanciers .soyent obligez de 
payer des rentes quapres six années que les terres .seroient en valeur. 

Ordonner au grand voyer de donner son aiijjlication a faire esta- 



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— 333 — 

blir les chemins et ponts nécessaires au public qui est une nécessité fort 
essentielle. 

Obliger les habitans ou ceux qui sont eu estât de faire des greniers 
pour que chacun fut eu estât de conserver du graiu pour deux années 
Cela fait une fois l' abondance se trouvera toujours en Canada au lieu 
que la pluspart faute de cette commodité en manquent très souvent es- 
tant obligez de le vendre vil prix. 

Châtier sévèrement tous ceux qui seront convaincus de fraude 
mauvaise foy et d'imposture qui est un mal qui commence a estre bien 
araciné et qui indubitablement le privera de tout connnerce, les mar- 
chands des Isles et de Plaisance s'en estants desja plains. 

yue comme il ny a pas de Nores dans tous les lieux, que les mar- 
chez et couveutious faites en présence de deux témoins valideront pen- 
dant un temps fixé. 

Il seroit a souhaitter que Sa Ma té voulust establir dans chaque 
ville des consuls a juger sans frais sur le fait du commerce et des affai- 
res qui nentrent pas dans la coutume, Ces sortes de procédures aussy 
bien que les autres ne prenant aucune fin que lorsque les parties uou 
plus dargent pour plaider, qui est la ruine entière des familles. 

Engager un certain nombre de geus du pays a estudier le pilotage 
mesme les officiers des troupes particulièrement du fleuve St Laurent 
qui est très dangereux, la pluspart du tems ne se trouvant pas un seul 
pilotte en Canada et cependant on commence a donner dans la cons- 
truction le cap ne de port et Mr. Duplessis ayaut mis un vau de 3 à 400 
tonneaux sur les chantiers. 

Congédier de tems en tems des soldats en leur permettant de se 
marier après quils auront uu establissemeut. 

Il s'est estably une coutume dans ce pays autorisée par les magis- 
trats qui ne paroist pas naturelle, de laisser les bestiaux a labandon qui 
la pluspart gastent les grains et les prairies ny ayant presque point de 
terres closes, qui cau.sent des contestes et de la mésintelligence entre 
les voisins, pour obvier a cela il faudroit quil y eu^t des gardiens pour 
chaque nature d'animaux pour les mener dans les communes, car tel 
qui a un pouce de terre envoyé ses animaux ])aître sur les terres de son 
voisin en disant que labbadon est donné, Si vSa Ma té vouloit cou])cr 
laracine a uue pepiuiere de procez et de mésintelligence entre les Sei- 






;.' (fi ;■«:!> J a'. 






—334— 

gneurs et habitans, il seroit a souhaitter quelle voulust donner une or- 
donnance tendant a ce que les Seigneuries et autres concessions demeu- 
reroieni dans les limites quelles se trouvent a présent sans avoir esgard 
aux titres portez dans les contrats pour la quantité et pour les rumbs 
de vends qui y sont énoncez estant a remarquer que les anciens Sei- 
gneurs et habitans se sont establis de bonne foj% que les terres ont esté 
limittées par des arpenteurs peux intelligens et aujourdhuy que la chi- 
cane est en vogue chacun veut suivre les termes de t^on contract qui 
lendent la plus part a l'impossible, Monsieur Raudot a donné une ord- 
ce a ce sujet pour l'Isle de Montréal seulement. 

Comme la pluspart des rues de Quebek et Montréal sont souvent 
impraticables tant par les rochers que par les bourbiers, s'il plaisoit a 
Sa Ma té d'ordonner que les deniers qui proviennent des amandes et 
certaines confiscations seroient employez a les mettre en estât. 

Que la subordination du vassal a sou seigneur nest point observée. 
Cette erreur vient qu'il a esté accordé des .seig ries a des roturiers qui 
u'ont pas scus maintenir le droit que la raison leur donneit a lesgard 
de leurs sujets mesme les ofï ers de milice qui leurs sont dependans 
nout la pluspart aucun esgard pour leur supériorité et veulent dans les 
occasions passer pour independans. 

II seroit a souhaitter que Sa Ma té voulust envoyer en ce pays tou- 
tes sortes d'artisans particulièrement des ouvriers en cordages et filasse 
des potiers et un verrier et ils trouveroient a socuper si Sa Ma té vou- 
oit faire envoyer eu marchandises une partie des appointemeus de Mrs. 
les officiers cela radoucirait la dureté queux seuls trouvent dans le pays 
par la grande chereté des marchandises causé par le mauvais retour de 
la monuoye de carte qui fait acheter 3 et 4 cens par cent. 

Le copiste par megard a sauté 3 seigneuries qui se trouveront cy 
après. 

La première est le domaine du Roy aux trois Rivières son estendue 
de frond est depuis la Seigneurie de La pointe du Lac qui apartient au 
sieur de Tounaucour et le cap de la Magdelaine Les terres y sont très 
belles et unies fertilles en toute sorte de grains et légumes il ny a que 
trop peu de bois, la ville est située sur uue hauteur de sable (jui luy 
donne une veue très agréable il y a peu de cito>ens la jiaroi.ssc est des- 
servie par des pères recolets le Commerce y est très petit. 









; lit') I. 

,! .'l.'CJT 






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— 335 — 

La deuzieme Seigneurie qui a esté sautée est œlle de Jeantilly au 
mesme gouvernement sise entre celle de Lîngtot et celle du Bequet ap- 
partient aud. Jeantilly laboureur il y a peu d'habitans resideus La 
pluspart des concessionnaires estant de Champlaiu et Batiscan qui y out 
pris des terres pour en tirer des bois pour leur chaufage et d'ailleurs 
les terres pour produire des grains ny sont bonnes que par contrées il 
y a de toute sorte de ];.oi5 mélangez. 

La seigneurie de Lingtot doit estre plassée entre celle de Becan- 
court et celle de Jeantilly elle appartient aux héritiers de feu Sr. Ling- 
tot vivant major de« trois Rivières, les habitans font paroisse avec ceux 
.de becancour Les terres y sont basses mes très belles produisant toute 
sorte de grains et Itgumes il y a toute sorte de bois et c'est dans (:e 
continent que Ion trouve les plus beaux chesnes pour la construction 
les Sieurs Duplessy prat et Fournel qui font construire un vesseau de 
trois a quatre cents tonneaux y ont pris tout le bois nécessaire. 

Jay dit a larricle de la seigneurie de Chambly que je joingdrai icy 
le plan mais les continuelles occupations pour les fortifications m'en 
eut empeschc Jauray l'honneur de l'envoyer l'année prochaine avec 
celuy du Lac Chaaiplain. 

Quoiqu'il soit dans plusieurs endroits que les terres sont médio- 
crement bonnes ce n'est que parapport aux meilleures puis que les plus 
mauvaises quoy que mal cultivées produisent ordinairement six sept et 
hnit pour un a moins qu'il ne survienne des accidens les plus dange- 
reux sont destre exchandes cest adiré que lors quil survient des orages 
ou des brumes du matin sy le soleil vient a donner dessus avant que la 
Rosée soit desséchée le domage s'en ensuit il ny a que le froment qui 
est sujet a ses accidens les plus prudens y remédient en partie en se- 
couant la Rosée avec une ligne. 

vu : Vaudreuil 

CATALOGNIv 
vu : Begon ' ' • 



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—336- 

LA FAMILLE VIENNÂY=PACfiOT 



François Viennay-Pachot était originaire du bourg d'Oysan, pa- 
roisse Saint-Laurent du Lac, évêché de Grenoble. 

Pachot vint s'établir dans la Nouvelle-France un peu ayant 1679. 
Il ouvrit un magasin à la basse- ville de Québec et fit bientôt un com- 
merce assez étendu. 

Le 24 avril 1 681, Pachot présentait une requête au Conseil Sou- 
verain pour jouir des privilèges dont jouissaient les autres habitants 
du pays. "Comme il (Pa;hot) souhaite demeurer en ce pays, était-il 
dit dans cette requête, et qu'il a eu avis que par arrêt rendu en cette 
Cour il est fait très expresses inhibitions et défenses à tous marchands 
forains de traiter ni faire traiter directement ni indirectement avec les 
Sauvages et d'ouvrir leurs boutiques et magasins dans les villes des 
Trois- Rivières et Montréal depuis le 15 juin jusques au 15 août ensui- 
vant, qui est le temps ordinaire de la descente des Ottawas dans les di- 
tes villes, ni de vendre pendant le dit temps aucunes marchandises en 
gros ni en détail et de se servir d'aucune personne pour ce sujet soit 
habitants ou vagabonds, à peine de confiscation de leurs marchandises 
et de quinze cents livres d'amende, avec défense aussi à toute personne 
de prêter leurs noms, ni traiter ou faire traiter les marchandises des 
marchands forains pour leur p'-ofit, à peine de punition corporelle, de 
confiscation des dites marchandises et d'amende arbitraire, et à tous 
vagabonds et personnes non domiciliées ni mariées, ne tenant feu ni 
lieu, excepté les fils d'habitants de ce pays, de se trouver aux dits 
lieux des Trois-Rivières et Montréal ; même que les dites défenses ont 
été réitérées par ordonnances de Monsieur l'intendant qui ont été lues, 
publiées et affichées où besoin à été, il a recours à cette Cour à ce qu'- 
il lui plaise le faire jouir des privilèges dont jouissent les autres habi- 
tants de ce pays " 

Le Conseil Souverain, le même jour, ordonnait que François- 
Viennay-Pachot "jouirait des privilèges dont jouissaient les autres ha- 
bitants de ce pays". 

Le 7 janvier i6.Sq, le marquis de Denonville et l'intendant Cham- 
pigny concédaient à François Mennay-Pachot "la rivière Métis dans 



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—337- 

sa devanture sur le fleuve Saint- Laurent, jusqu'à une lieue de profon- 
deur, et une lieue de terre de front sur le fleuve, moitié au-dessus et 
l'autre moitié au-dessous de la dite rivière (Métis), sur semblable pro- 
fondeur d'une lieue pour y faire un establissement de j>êche de morues, 
baleines, loups-marins et autres établissements." 

La concession était faite à perpétuité à titre de fief, seigneurie et 
justice, avec droit de chasse et de traite avec les Sauvages dans toute 
son étendue, (i) 

Il n'appert pas que le sieur Pachot se soit beaucoup occupé de son 
fief. Sa veuve remariée à François de La Forest le vendit, le 25 août 
1703, à René I.epage, déjà propriétaire des seigneuries de la Baie du 
}ia ! Ha !, de Rimouski, de Saint- Barnabe, de l'Anse aux Coques et 
de Lessard. 

M. Viennay- Pachot décéda à Québec le 2 septembre 1698, et fut 
inhumé dans l'église paroissiale. 

Il avait épousé en premières noces Jeanne Avamy qui mourut 
avant son départ pour la Nouvelle- France. 

En secondes noces, à Beauport, le 17 décembre 1680, 11 épousait 
Charlotte-Françoise Juchereau de Saint-Denys, fille de Nicolas Juche- 
leau de Saint-Denj's, seigneur de Beauport, et de Marie-Thérèse Gif- 
fard. 

C'est la fameuse comtesse de Saint-Laurent dont les procès avec 
M. François Berthelot durèrent plusieurs années. (2) 

Madame veuv-e Viennaj'- Pachot se remaria, à Québec, le 1 1 no- 
vembre 1702, avec François de La'Forest, capitaine dans les troupes du 
détachement de la marine. 

Madame de La Forest, qui se fit appeler comtesse de Saint-Laurent 
jusqu'*à sa mort (parce qu'elle avait acheté le comté de Saint-Laurent) . 
décéda à Québec le 28 décembre 1732, et fut inhumée dans l'église pa- 
roissiale. 

La dame Pachot, ou si l'on aime mieux la comtesse de Saint-Lau- 
reut, n'était guère en odeur de sainteté auprès de l'intendant Raudot. 
Dans lui mémoire qu'il adressait au ministre de Pontchartrain vers 
1707 il traçait le portrait suivant de la comtesse de Saint-Laurent : 

(1) RCBistrc des Insinuations du Cousuil Souverain, cahier 2. 

(2) Sur ces procès on peut consulter une ctiiilo de Ignotus dnuK lu PUKSSEites 5 et V.> avril 1903. 



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-338- 

"Elle est hautaine, impérieuse ; elle a cru que de femme de mar- 
chand étant devenue comtesse, elle peut tout se permettre. Elle a 
trouvé cette qualité si éminente, qu'ayant épousé le sieur de La Forest 
elle n'a pas voulu la partas^er avec lui, ne se faisant pas appeler mada- 
me de La Forest, mais madame la comtesse de Saint- Laurent. Elle a 
bien voulu cependant, par une bizarrerie particulière, partager cette 
qualité avec les enfants qu'elle a eus du sieur Pachot, marchand, fai- 
sant appeler son fils aîné comte de Saint-Laurent. Elle a un frère et 
deux sœurs qui sont à peu près du même caractère, le sieur Duches- 
nay et les dames D'Auteuil et de Saint-Martin. Le sieur Duchesnay 
n'a pas voulu siéger au Conseil, probablement parce qu'il croit au- 
dessous de lui de ne pas y occuper la première place", (i) 

Du mariage de François Vienney- Pachot et de Charlotte-Françoi- 
se Juchereau de Saint- Denys naquirent seize enfants : 

1. Jacques-François Viennay-Pachot 
Né à Québec le 9 décembre i68i. 

Décédé au même endroit le 25 octobre 1687. Inhumé au cimetiè- 
re paroissial. 

2. Nicolas Viennay-Pachot 
Né à Québec le 22 décembre 1682. 
Décédé avant 1702. 

3. JOACHIM ViRXNAY-P.ACHOT ■^,, ,,, 

Né à Québec le 28 avril 16S4. 

Décédé au même endroit le 11 octobre 1685. Inhumé au cimetière 
paroissial. 

4. SuZANNE-jEANNE ViENNAY-PACHOT 

Née à Québec le 25 mai 16S5. 

Décédée au même endroit le 22 juin 1685. Inhumée au ciiiietière 
paroissial. 

5. Marie-Ch.vrlotte Viennay-P.achot 
Née à Québec le 25 mai 16S5. 

Décédée au même endroit le 26 mai 1685. Inhumée au cimetière 
paroissial. 

6. Marie-Fkaxcoise Viennay-Pachot 
Née à Québec le 10 juillet 1686. 

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—339— 

Mariée à Québec, le 4 octobre 1702, à Alexandre Berthier, sieur 
de Villemur, enseigne dans les troupes de la marine, fils de feuAlexan- 
dre Berthier, capitaine au régiment de Cariguan, et de Marie LeGar- 
deur de Tilly. 

Bien éphémère fut cette union. Le 11 janvier 1703, trois mois à 
peine après son mariage, Alexandre Berthier mourait à Québec, et 
était inhumé dans l'église paroissiale. 

La veuve Berthier n'avait que di.x-sept ans. Son beau-père lui fit 
don de Berthier-en-hant et de Berthier-en-bas " pour lui donner le 
moyen de vivre plus honorablement et plus commodément dans l'état 
de vie qu'il lui plairait de choisir." 

Madame Berthier resta veuve neuf ans. Le 4 avril 17 12, elle se 
remariait à Québec, à Nicolas-Biaise des Bergères de Rigauville, officier 
dans les troupes de la marine, fils de feu Raymond- Biaise des Bergères 
de Rigauville, major pour le roi de la ville de Trois- Rivières, et de 
feue Anne Richard. 

M, des Bergères de Rigauville mourut à Berthier-en-bas le 10 
juillet 1739, et fut inhumé daut le sanctuaire de l'église paroissiale. 

Sa veuve lui survécut un peu plus de six ans. Elle décéda à 
Québec le 8 décembre 1749, et fut inhumée dans le cimetière parois- 
sial. 

Elle avait eu neuf enfants de son second mariage. L'un d'eux fut 
officier dans les troupes de la marine et, sous le régime anglais, mem- 
bre du Conseil Législatif formé par Carleton ; un autre fut prêtre et 
chanoine du chapitre de Québec ; une de ses filles fut religieuse à 
r Hôtel-Dieu de Québec. 

7. Jacques-François Viennav-Pachot 
Né à Québec le 9 novembre 1687. 

Décédé au même endroit le 21 décembre 1702. Inhumé dans 
l'église paroissiale. Son acte de sépulture lui donne le titre de comte 
de Saint-Laurent. 

8. Ignace-Jean Vienn.w-Pachot 
Né à Québec le 18 janvier 16S9. 

Décédé au même endroit le 5 janvier 1689. Inhumé au cimetière 
paroissial. 

9. Francois-Ciiakles Vienn.vy-Pachot 
Né à Québec le 15 septembre 1690. 
Décédé à Bcauport le 7 mai 1692. 



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Inhunié dans le cimetière de cette paroisse. 

10. Louise- Madeleine Viennay-Pachot 
Née à Québec le 15 septembre 1690. 

Décédée au même endroit le 18 décembre 1690. Inhumée au cims- 
tiére paroissial. 

11. Michelle-Gabrielle Viennay-Pachot 
Née à Québec le 23 novembre 1691. 

Décédée au même endroit le 29 septembre 1694. Inhumée dans 
l'église de la basse- ville. 

12. Marie-Charlotte Viennay-Pachot 
Née à Québec le 6 mai 1693. 

Décédée au même endroit le 2 juin 17 II. Inhumée au cimetière 
paroissial. 

13. Madeleine Viennay-Pachot > -'■ 
Née à Québec le 6 mai 1693. 

Décédée au même endroit le 16 septembre 1714. luhumée au 
cimetière de l'Hôtel- Dieu. 

14. Jean-Daniel-Marie Viennay-Pachot 
Né à Québec le 30 juillet 1694. 

On signale sa présence au Détroit en 1707. Il fut bientôt em- 
ployé en cei endroit en qualité d' interprète en langue huronne. 

Il entra ensuite comme cadet dans les troupes du détachement de 
la marine. 

En 1715, un détachement des Sauvages du Sault Saint-Louis se 
joignit à un parti d' Illinois pour aller attaquer 70 cabanes de Maskou- 
tins et de Quikapous alliés des Renards. Ils réussirent parfaitement 
et tuèrent plus de 100 ennemis et firent 47 prisonniers sans compter 
es femmes et les enfants. 

400 Renards qui n'étaient pas très éloignés rejoignirent bientôt 
les vainqueurs. Ceux-ci n'étaient pas plus de 80 mais ils se défendi- 
rent avec tant de vigueur depuis la poitite du jour jusqu'à trois heures 
de l'après-midi, qu'ils forcèrent les Renards à se retirer, après une 
perte considérable. Cette action eut un excellent effet sur l'esprit des 
Sauvages. 

" Le sieur Pachot et le nommé Bisaillon, lisons-nous dans un rap- 
port officiel, sont les deux seufs français qui se sont trouvés dans ces 
actions ; ils y ont parfaitement bien fait leur devoir et principalement 



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le sieur Pachot qui s'est fort distingué. ( i) 

La Cour récompensa le jeune Pachot en lui accordant une promo- 
tion. Il fut fait enseigne. 

En 1722, M. Pachot. réclamait une balance due pour dépenses 
" lorsqu'il avait été aux Mianiis et aux Onyatonons avec des Sauvages 
du Détroit pour les conseiller ensemble et les détourner de l'alliance 
qu'ils voulaient faire avec les Anglais et les Iroquois et rompre la 
ligue faite par les M iamis avec les Outagomis, Kicaix^us et Mascou- 
tins." 

Le 6 juin 1724, le roi ordonnait à MM. de Vaudreuil et Robert de 
payer à M. Pachot 368 livres pour le voyage c^u'il avait fait aux Miamis 
et aux Onyatanons. 

En 1722, M. de Montigny, qui commandait au fort de la Baie, 
ayant demandé d'être relevé de .ses fonctions, le Conseil de Marine 
décida de le remplacer par le sieur Pachot, en.seigne " très au fait des 
habitudes des Sauvages des pays d'en haut. " 

Il faut croire que Pachot ne se rendit pas à la Baye puisqu'cn 
1722 on le voit servir à l'Ile Royale. 

Urt 1724, M. Pachot passait en France dans le but de lever de.s 
recrues pour les troupes du détachement de la marine servant au 
Canada. 

C'est au cours de ce voyage, en juin 1725, qu'il fut promu lieute- 
nant. Il obtint de servir au Ca-iada au lieu de retourner à l'Ile 
Royale. Il devait être leraplacé en ce dernier endroit par le chevalier 
de Cannes. 

Quelques jours plu."; tard, il prenait passage sur le Chayneau, vais- 
seau du roi, pour reveuir au pays. Ce vaisseau périt sur l'Ile Royale 
dans la nuit du 27 au 28 août 1725. Le corps du lieutenant Viennay- 
Pachot fut retrouvé et inhumé au Petit Lorenhec. 

15. M.\^RIK-JO.SKTTE VlENN.W-P.VCnOT 

Née à Québec le 25 décembre 1695. 

Elle entra à l'IIôtel-Dieu de Québec le 15 septembre 17 13 

La sœur Marie-Josette des Séraithins prononça ses derniers vœux 
sur son lit de mort. 

" Uue autre uovice, nommée Marie-Rosette Viennay-Pachot des 
Séraphiu.s, nous ajiprend la mère Juchereau, était malade de plus en 

(O Nouvelle- France, Documents Historiques. Corresiioiuiancc 
échangée entre les autorités frar.(;aises et les gcuverneurs et inten- 
dants, vol. ler, p. Il g. 



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... 342 — 

plus, depuis la rougeole qu'elle avait eue. Elle tomba dans un état 
qui l'assurait d'une mort prochaine, qu'elle voyait venir avec 
tranquillité. Tout ce qu'elle craignait, c'est qu'on ne lui p-rr- 
mt pas de faire ses vœux ; ma's la communauté ayant égard 
au grand désir qu'elle avait de se consacrer à Dieu, la reçut quoique 
malade jugeant bien que ce ne pouvait être pour longtemps. En effet, 
sou mal augmenta si fort, que Ton ne crut ne pouvoir pas attendre 
le terme de sa profession qui arrivait le 5 d'avril. Elle alla cependant 
plus loin ; ce jour-là, sa compagne avec qui elle avait pris l'habit, fit 
sa profession seule avec les cérémonies ordinaires. Les prêtre.s officiants 
entrèrent ensuite pour recevoir en forme les vœux de la mourante. Ses 
parents s'y trouvèrent selon la permission de M. l'évèque. Ils furent 
témoins de ses souffrances et de son courage. Dieu lui donna de nou- 
velles forces pour faire cette sainte action ; et n'aj'ant plus rien à sou- 
haiter en ce monde, elle ne pensa plus qu'à se disposer à mourir. Elle 
souffrit beaucoup jusqu'au ler de mai 17 15, qu'elle décéda âgée de 20 
ans. Elle était naturellement gaie, sincère et reconnaissante des avis 
qu'on lui donnait. Elle s'était toujours distinguée par sa modestie 
dans sa famille qui était un peu mondaine. Dieu l'ayant purifiée par 
de cuisantes douleurs qui accompagnèrent sa maladie, et qui ne l'em- 
pêchèrent pas de se procurer avec une singulière présence d'esprit tout 
ce qui pouvait .servir à former des actes de toutes les vertus." (i) 

16. Marie- Anne Viennay-Pachot 

Née à Québec le 27 juillet 1698. 

Elle entra en religion à l'Hôtel- Dieu de Québec le 21 novembre 
1718 sous le nom de sœur Sainte-Nathalie. 

Elle mourut le 24 juin T730. 



(i) Histoire de l'Hôtel-Dieu de Québec, p. 543. 






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— P,43— 

LE DOCTEUR BADELART 



Philippe-Louis-François Badelart était né en 1728, dans la ville de 
Coucy-Châteaii, diocèse de Laou, district de Soissons, province de 
Picardie. Son père se nommait Philippe-^Tarti^ Badelart ; il était 
alors, ou fut après 1728 échevin de Laonnois — on prononce La-on-nois, 
mais on dit Lan pour Laou. Sa mère s'appelait Marie Buret, d'après 
Tanguay, 11,99, cependant le contrat de 1758 copié ci-dessous, met Su- 
zanne-Esther Cruyer. 

Il parait être venu au Canada en 1757, comme chirurgien des 
'troupes. __ Voici son contrat de mariage en date du 23 mai 1758. Je le 
donne comme un modèle assez curieux des choses d'il y a cent cin- 
quante ans : 

"Par devant le notaire des seigneuries de Notre-Dame des Auges, 
Saint-Gabriel, Sillery, Bclair, Saint-Ignace, Saint-Joseph et Saint-Au- 
gustin, immatriculé en la prévôté de Québec, résidant en la seigneurie 
Saint-Gabriel, côte Saint-Martin, paroisse de Charlesbourg, soussigné, 
et témoins ici-bas nommés ; 

"Furent présents Monsieur Philippe-Louis-François Badelart na- 
tif de la ville Coucy-Château, évêclié de Lan, juridiction de Souasson, 
province de Picardie, fils majeur de trente ans de M. Philippe-Martin 
Badelart et de dame Suzanne-Ksther Cruyer, bourgeois de la dite ville 
de Coucj', chirurgien-major du régiment de Berry, étant de présent en 
garnison dans cette colonie et en quartier d'hiver à la coste de Beau- 
pré, ^à ce présent et de son consentement, pour lui et en son nom, 
d'une part ; 

"Et damoiselle Marie-Charlotte Guilleniin, veuve de Joseph Rive- 
rin (vivant colonel de milice du gouvernement de Québec) aussi à ce 
présent et de son consentement, pour elle et en son nom, d'autre part ; 

"Par lesquelles parties, de leur bon gré, pur, libre et de franche 
volonté, ont été faits les traités, accords et promesses de mariage qui 
suivent : 

"C'est à savoir ([Ue mon dit sieur Philippe-Louis-François Bade- 
lart et damoiselle Marie-Charlotte Guilleniin veuve Rivcrin, ont ih-(j- 
mis etipromettent se prendre l'un et l'autre par nom et loi de maria;.;e 



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—314— 

et icelui faire célébrer et solenniser eu face de notre mère sainte Eglise 
catholique, apostolique • et romaine, le plus tôt que faire se pourra, et 
qu'avisé et délibéré sera eutre eux ilits sieurs futurs époux, si Dieu 
et notre dite mère sainte Eglise y consent et accorde. 

"Pour être comme seront les dits futurs conjoints, du jour de 
leurs épousailles et bénédiction nuptiale, uns et communs en tous 
biens, meubles, conquests, immeubles, qu'ils auront et feront pendant 
et constant leur mariage, suivant la Coutume de Paris suivie en ce 
pays, sous laquelle leur dite communauté sera régie et gouvernée; 
sans être néanmoins tenue des dettes l'un de l'autre faites et crées 
avant leur mariage ; que si aucune il y a, elles seront payées et acquit- 
tées par celui ou celle de qui elles procéderont et sur son bien. 

"Se prennent les dits futurs époux avec tous les biens et droits à 
chacun d'eux appartenant, consistant, ceux du dit futur époux, eu ses 
propres et héritages qui pourront lui échoir et à venir par le décès de 
ses père et mère et autres généralement quelconques ; comme aussi 
en la somme de six mil soixante quinze (6,075) livres dont celle de 
cinq cent soixante-seize (576) livres en quatre louis d'or monno3-és de 
quarante-huit (48) livres pièce, et cinq mil quatre cent nonante-neuf 
livres en billets d'ordonnance moullées du Trésor, ayant cours dans 
cette colonie, ainsi que la dite daraoiselle veuve Riverin, future épou- 
se, l'a reconnu ; celle de quatre mille (4,000) livres au moins, formée 
sur les habits linges et hardes à lui appartenant, qui sont quatre habits 
complets, tant de drap d'écarlate que autres, doublées de velours et de 
soie, six douzaines de chemises garnies, et autres linges de table, des- 
quels l'on ne fait nulle estimation, quatre matelats,six paires de draps, 
armes à feu et autres ustensiles, — lesquelles deux sommes ensemble 
forment celle de six mille soixante-quinze livres, de laquelle dite som- 
me, ainsi que de tous droits, il en entrera le tiers dans la dite commu- 
nauté et les deux tiers sortiront nature des propres aux dits futurs 
époux ; 

"Et ceux de ladite dame future éjiouse, consistant en ses propres 
et héritages à celle à venir et échus en succession de feux sieurs ses 
père et mère ; et en tous biens et droits qui peuvent lui appartenir 
qu'elle a tout tous droits et lieu de répéter par droits de communauté 
a%-ec mon dit sieur défunt Joseph Riverin son premier mari ; le tout 
suivant les inventaires, compter et partages qui sont et seront faits des 



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dits lieux (biens ?), dont et du tout il en entrera pareillement le tiers 
dans la dite communauté et les deux tiers sortiront nature des propres 
à la dite dame future épouse ou aux sieurs d'état et ligne ; nonobs- 
tant toutes lois et coutumes à ce contraire, en quelles ils ont très ex- 
pressément dérogé et dérogent par les présentes pour cet article seule- 



ment. 



"En faveur duquel mariage et pour à icelui parvenir, la dite da- 
molselle future épouse veuve Riverin, voulant donner des marques et 
preuvds évidentes de l'amitié qu'elle a et porte au dit sieur futur 
époux pour lui aider à soutenir et supporter les peines et soins de la 
famill» issue de son mariage avec feu mon dit sieur Riverin,-a ces 
causes et considérations.-elle a fait de son bon gré et volonté, par ces 
mêmes présences, au dit sieur futur époux, ce acceptant pareil don et 
avantage que le moins prenant de ses enfants pourra avoir et percevoir 
en sa succession future, après son décès, selon l'édit des secondes no- 
ces et la disposition de la Coutume de Paris, suivie en ce pays, et ce, 
tant sans les biens meubles, ustensiles de ménage, culture des terres, 
bestiaux et bâtiments que dans les immeubles propres et héritages, etc. 
"En considération duquel ont les dits futurs époux, pré%'oyant 
que les lois ne permettent pas de faire un don mutuel et réciproque 
l'un à l'autre comme étant garçon majeur de trente ans, âge qui lui 
permet de gérer et disposer des biens à lui appartenant ; voulant d'ail- 
leurs correspondre à la donation de part d'enfant à lui tout présente- 
ment faite par la dite dame veuve Riverin future épouse, il lui a fait, 
par les présentes, donation entre vifs de tous biens et droits générale- 
ment quelconque qui pourront se trouver lui appartenir après son dé- 
cès, en quelques endroits qu'ils se trouvent sis et situés, pour en jouir 
eu toute propriété par la dite dame future épouse, ce acceptant, pour- 
vu toutefois qu'il n'y ait aucuu enfant procrée de leur mariage né ou 
à naître ; que si aucun il y a, la présente donation, quoiqu' entre vifs, 
sera et demeurera nulle. 

"Fait et passé à la seigneurie de Saint-Gabriel, paroisse de l'An- 
cienne Lorette, en la maison de la dite damoiselle veuve Riverin future 
épouse, l'an mil sept cent cinquante-huit, le 23 mai après-midi, en 
présence du messire François-Ignace Levasseur, prêtre curé de la dite 
paroisse de l'Ancienne Lorette ; Jacques-Paul GilUi/.eau huissier, et 
le sieur Ignace Plamoudou arpenteur royal et juré, témoius qui ont, 












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— 34G — 

avec les dits futurs époux, et nous notaire royal, signé. — Ainsi signé 
en la minute des présentes, avec paraphe : Guillemiu V. Riverin ; Le- 
vasseur prêtre ; J. P. Gaillaizeau avec paraphe ; J. Plamondon avec 
paraphe, et de nous dit notaire soussigné. 

Geneste, notaire". 

Badelart ne signe pas. 

Le 13 septembre 1759, durant la bataille des plaine* d'Abraham, 
Badelart fut capturé par le capitaine Fraser — et tous deux devinrent 
d'excellents amis par la suite. La légende veut que notre chirurgien 
ait soigné Moutcalm à son lit de mort, mais non pas ! il était prison- 
nier en ce moment. 

La guerre étant terminée pour lui, il y a apparence qu'il resta pri- 
sonnier sur parole et demeura à Lorette, où naquit sa fille, Louise- Phi- 
lippe, le II avril 1761, son unique enfant, à part un autre qui mou- 
rut au berceau. 

Durant une quarantaine d'années notre médecin eut continuelle- 
ment des occasions de pratiquer son art, mais vivant à Lorette, je crois 
qu'il menait principalement la vie d'un bon cultivateur. Notons ce 
que dit Laterrière : en 1767 Badelart "très bon opérateur" pratiquait 
à Québec. En 17S7, Badelart, Fisher et Longmore sont les examina- 
teurs du bureau des médecins. Laterrière, qui n'est pas complimen- 
teur, parle de notre personnage avec considération. 

Lorsque la maladie de la baie Saint-Paul commença à se répandre, 
vers 1774, sir Guy Carleton, gouverneur général, y envoya Badelart 
qui donna une description du mal aussi complète qu'il était possible de 
la désirer, mais l'invasion américaine empêcha de poursuivre cette af- 
faire et le fléau devint général ; il s'étendit sur les deux bords du fleu- 
ve jusqu'à Laprairie et Vaudreuil. Les médecins ne découvrirent rien 
qui ne fût déjà dans les explications de Badelart, néanmoins ils se di- 
visèrent avec ardeur au sujet du traitement à suivre et les controverses 
n'étaient pas closes eu i79oIorsque l'épidémie disparut de sa belle grâ- 
ce. 

Le 7 octobre 1779, Louise-Philippe épousa Jean-Antoine Panet, 

avocat et notaire, de dix ans plus âgé qu'elle. La première enfant de 

ce mariage devint la mère du cardinal Taschereau. Panct était frère 

e Bernard-Claude qui fut évoque de Québec. Les Panct (deux frè- 






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-347- 

res arrivés en Canada vers 1744) de Laon près Couc}--Château où !'ou 
sait que Badelart était ué. l'ean-Antoiue Panet qui se mariait à Loui- 
se-Philippe joua un beau rôle politique comme premier président de la 
Chambre d'Assemblée au cours de nombreuses atjnées. Par son iîls 
Philippe, né en 1791, il laissa une belle descendance très connue à pré- 
sent dans l'ordre militaire. 

Madame Badelart mourut en 1795 et le docteur, son mari, fut in- 
humé à l'Ancienne-Lorette le 9 février 1802, ayant nommé son gendre, 
Jean- Antoine Panet, exécuteur testamentaire. Par ses alliances avec 
les Guillemin, les Panet, les Taschereau, ses services dans l'armée, son 
rapport sur "le mal de la baie Saint- Paul," le sieur Badelart doit 
avoir sa place dans nos recherches historiques. 

BENJAMIN SULTE. 

LES OUV RAOES CANADIENS R ECENTS 

W. H. Collins, La géologie delà division minicre de Goinganda. 
Ottawa— 1 914. 

Wyatt Malcolm, Gisejnenis de pétrole et de gaz dans les provinces du 
Nord-Ouest du Canada. Ottawa - 1915. 

Wyatt Malcolm, Notes sur les minéraux contenayii du radium. Ot- 
tawa, Imprimerie du Gouvernement— .1914. 

Charles Camsell, Géologie et gisements minéraux de la région miniè- 
re d'Hcdiy, Colombie anglaise. Ottawa, Imprimerie du Gouvernement 
— 1914. 

Rs-W. Elis, Rapport sur la géologie d'une partie de l'est d' Ontario. 
Ottawa, Imprimerie du Gouvernement — 19 14. 

D. D. Cairnes, Rapport sur une partie des districts yniriiers de Conrad 
et Whitehorse, Yukon. Ottawa, Imprimerie du Gouvernement— v 191 5. 

Charles Camsell, Rapport préli?uinaire sur une partie du district de 
Similkamccn, Colombie Britannique. Ottawa, Imprimerie du Gouver- 
nement — 191 4 

Andrew C. Lawson, Géologie du lac Siecprock, Ontario ; Charles- 
B- Walcott, Notes sur les fossiles du Calcaire du lac Stecprock, Ontario. 
Ottawa — 19 15. 

Gisements de minci ais de fer de la mine Ih istol, comté de Pontiac, 
Québec. E. Lindemau, Levé niagnétomélriijue, etc ; Geo. C. MacKen- 
zie, Concentration magnétique de minerais. Ottawa — 19 15. 



ai 



r.JlO 



-348- 



La punition des faux monnayeurs sous le régime 
français 



Est-il vrai que, sous le régime français, on punissait de mort les 
faux monnaj-eurs ? 

Dans la Nouvelle-France on observait, évidemment, les lois cri- 
minelles de l'ancienne France. Or en France la fabrication de la faus- 
se monnaie était considérée comme un crime de lèse-majesté, ce qui 
entraînait la peine de mort. 

Eu France, le crime de lèse-majesté au premier chef c'est-à-dire 
l'attentat à la vie du roi, de la reine, de leurs enfants ou descendants, 
était puni de l'écartelement. 

On comptait également, en France, comme crimes de lèse-majesté 
1° conspirer contre le roi ou contre ses ministres; 2" connaître les 
conspirateurs et ne pas les dénoncer ; s'' faire des levées sans la per- 
mission du roi ; 4" s'armer contre l'autorité du roi ; 5° exciter les su- 
jets du roî à entrer dans des sociétés contraires à son autorité ; 6° en- 
tretenir des intelligences avec les ennemis de l'Etat ; -j" livrer une 
place aux ennemis du Roi ; S° faire tomber les troupes ro}-ales dans 
des embûches de l'ennemi ; 9° déserter le service, etc. 

Etaient aussi considérés comme crimes de lèse-majesté, mais à un 
moindre chef : i** attaquer l'honneur ou la dignité du roi par paroles 
ou écrits ; 2° la fabrication de la fausse momiaic ; 3° le péculat au dé- 
triment du roi ; 40 la concussion ; 5" le duel, etc., etc. 

A-t-on puni de mort pour fabrication de fausse-monnaie dans la 
Nouvelle-Fraiice ? ' 

Oui. 

Nous eu connaissons trois cas. Il peut y en avoir eu plusieurs 
autres. 

l^e Journal des fésuites, à la date du 28 juin 1667, nous dit : 
"Ou pend un faux monnayeur". 

Dans les /uî^ciuihIs du Conseil Souverain (volume I, jiagc 420) 
nous trouvons le nom de ce faux monnayeur. Il se nommait Paul 






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— 349 — 

Beaugendre dit Desrochers. Son complice, Pierre de Gencenay, avait 
été condamné à servir le Roi par force dans ses galères pendant trois 
ans. Le i6 juillet 1667, de Gencenay s'adressait au Conseil Souve- 
rain lui demandant de commuer "la peine et service qu'il ferait en 
France dans les galères pendant les dites trois années à rendre service 
à ses dépens en ce pays pendant quatre ans dans tel fort qu'il serait 
jugé à propos." Le Conseil se montra bon prince et commua la con- 
damnation portée contre de Gencenay. Celui-ci au lieu d'aller ramer 
dans les galères du roi fut condamné "à servir trois ans dans la tnis- 
sion que les Pères de la Compagnie de Jésus sont prêts d'aller établir 
dans les nations sauvages iroquoises dans toutes les œuvres où les dits 
Pères désireront l'employer pendant le dit temps." 

En 1741, Louis Mallet et sa femme étaient exécutés pour fabrica- 
tion de fausse monnaie de carte. Les pauvres misérables laissaient un 
jeune enfant. Le 27 octobre 174 1, l'intendant Hocquart demandait 
au ministre ce qu'il allait faire de cet enfant. {Rapport sur Archiirs 
pour i88y, p. CVI). Le 16 septembre 1741, M. Hocquart écrivait de 
nouveau au ministre qu'il faudrait placer l'enfant des Mallet dans un 
hôpital en France ; son aïeul, qui habitait la France, le réclamait 
(Idem, page CIX). 

En 1749, on pend des faussaires dans la Nouvelle-France. ^L 
Bigot écrit au ministre à ce sujet le 4 octobre 1749 (Rapport S2i) Ar- 
chives pont 18S/, page CXLIX). 

P. G. R. 



QUKSTIOXS 

— Peut-on me dire le nom de ce correspondant du A^eu'-Vork Dai- 
ly Express, qui, en 1S37, publiait des articles contre la religion et les 
prêtres de la province de Québec ? Il signait L. M. N. La Cazclti: de 
(2«('/!>fi: prétendait que L. M. N. était le secrétaire de Papineau. 

A. C D. 

— Où peut-on trouver les noms des officiers qui prirent part au 
conseil de guerre tenu à Québec le J5 .septembre 1759, et dans lequel il 
fut décidé qu'on rendrait Québec aux Anj^ials ? 

SOLl). 



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— 350 — 

REPONSE 

LU GOUVERNEUR HALDIMAND ETAIT-IL MARIE 'fXXI 
I, p 20).— Tous les historiens nous disent que le gouverneur ' Haldi- 
mand était célibataire. 

Dans sa biographie de Pierre de Sales Laterrière, feu M l'abbé 
H. R. Casgrain raconte une assez curieuse histoire au sujet d'une er 
trevue de son héros avec la /i//e du gouverneur Haldimand. 
Nous résumons l'histoire de M. l'abbé Casgrain. 
En 1779, Pierre de Sales Laterrière était arrêté aux Trois-Riviè- 
res par les ordres du gouverneur Haldimand et amené à la prison de 
Québec. Il était accusé d'avoir fabriqué des boulets aux forges Saint- 
Maurice pour permettre à Montgomery de faire le siège de Québec. 

Laterrière fut détenu trois ans et demie dans la prison de Qué- 
bec. Pour se distraire pendant sa captivité, il construisit, sur une pe- 
tite échelle, un /ar-«;;..7,^ des fortifications de Québec sur lesquelles 
étaient braquées soixante pièces de canon. Au moyen d'un cylindre 
•dont la rotation faisait mouvoir une armée de petits soldats automates' 
porteurs de mèches allumées, ces petits canons faisaient un feu d'enfer 
dans toutes les directions. Durant le tintamarre de ce siègs en minia- 
ture, la citadelle était occupée par deux souris apprivoisées. Dès que 
e feu cessait, elles apparaissaient, attelées sur un petit caresse propor- 
tionné a leurs forces, et faisaient ainsi, avec une docilité parfaite le 
tour des fortifications. 

Haldimand, continue M. l'abbé Casgrain, entendit parler de cette 
petite merveille, et voulut l'acheter. Il lui envoja son aide-de-camp 
accompagne de mademoiselle Haldimand, qui était curieuse de vok 
cette forteresse portative. 

Le prisonnier dit à mademoiselle Haldimand : 

^- Dites au général, monsieur votre père, qu'il me fasse faire mou 
procès et juger par les tribunaux ou qu'il me donne ma liberté Et 
vous, mademoiselle, à ce prix et avec ma reconnais.sance, faites empor- 
tel le travail d un innocent persécuté. 

Toute cette histoire est parfaitement agencée. Seulement, elle 
est batie sur un appui qui n'est pas solide et .,uand on le touche elle 
s écroule comme un cluU.au de cartes. Haldimand n'a jamais été ma- 



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... 351 — 

rié et, conséquemment, mademoiselle Haldimand n'a jamais existée 
que dans l'histoire de M. l'abbé Casgrain. 

M. l'abbé Casgrain avait puisé ses renseignements dans les Mé- 
moires alors inédits de Pierre de Sales Laterrière. Nous constatons 
que dans ses Mémoires Laterrière ne dit pas un mot de Xs. fille de Hal- 
dimand. Le bon abbé n'aurait-il pas placé mademoiselle Haldimand 
dans son histoire tout simplement |X)ur la rendre plus intéressante ou 
plus pimentée ? 

Voici d'ailleurs le passage même des Mémoires de Laterrière où il 
est question de la forteresse de Québec construite par lui-même : 
' , "Vers la fin du premier automne, voyant que tout espoir d'élar- 
gissement était évanoui, ne voulant tomber dans aucun des vices de 
l'inaction, comme j'avais vu travailler tout l'été les ouvriers artificiers, 
l'idée me \nnt de construire une machine qui représentât les fortifica- 
tions et batteries de la ville, ainsi que les forges de Saint- IkLiurice, en 
^>etit et le tout marchant i>ar le moyen de roues et de poids, ou d'un 
chat dans une grande roue. Pour cela j'avais besoin de bois, de plomb 
de cuivre, de fer, d'ivoire, d'outils et d'un tour ; avec de l'argent je 
me procurai toutes ces choses des artificiers ; elles me coûtèrent dix 
louis et quelques shillings. Je mis trois ans à faire ma maoliine à mon 
goût, et j'eus la satisfaction défaire partir dans l'espace de dix minu- 
tes, 76 pièces de canon, servies par des honmies qui allaient de l'une à 
l'autre mettre le feu à la lumière, par l'action de roues, d'échelles et 
de poids. Au-dessus, était la représentation des Forges, fourneaux, 
chaufferies et de la martellerie qui frappait sur l'enclume 60 fois par 
minute : il y avait jusqu'à un moulin à farine et un à scier, marchant 
très-bien. Je ne m'aperçus du mérite de mon ouvrage que quand il 
fut fini et que tout le monde l'admira ; je ne l'avais fait que pour m'a- 
muser sans grande espérance de réussir. Je puis dire qu'il eu fut parlé 
au Château même, au dur Haldimand, et que celui-ci ordonna au pré- 
vost Prentice de lui apporter la machine au premier lever. Un peu 
de joie, un peu de peine. Je vis partir le fruit de trois ans de travaux, 
sans savoir si je le reverrais jamais, et en effet je ne le revis plus. Ce 
despote se contenta de me faire demander combien je le voulais ven- 
dre. J'en fus très-chagrin, parce que j'étais attaché à toutes ces pe- 
tites choses qui m'avaient distrait et désennuyé ; consentir gracieuse- 
ment ou refuser, je n'avais pas d'autre alternative, et refuser pouvai 



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n II. -.•,■! '.nt-D 



-352--- 

produire des conséquences qu'un prisonnier de quatre ans n'aime pas 
à voir renaître. Mon aiui Ha_v et le prévost lui-même me firent entre- 
voir que je pourrais tirer de là ma liberté ; le dernier ajouta que le gé- 
néral, après avoir vu ma machine en mouvement, s'était écrié :-Quel 
dommage qu'un tel génie soit enfermé ! S'il était notre ami, il pour- 
rait être très utile. "-Tout considéré, je lui fis dire que les talents d'un 
gentilhomme n'étaient pas à vendre ; que j'avais travaillé à ma machi- 
ne pendant quatre ans pour mon plaisir, et que de ma libre volonté, 
bien que mon corps ne fut pas libre, j'offrais le fruit de mon travail à 
son excellence. Elle l'accepta et me fit demander si je n'avais quelque 
désir que je voulusse voir accomplir. Je répondis que je serais char- 
mé que mon procès se fît ou que ma liberté me fût rendue. Son aide- 
Je-camp Mathis m'apporta une lettre, qui m'accordait ma liberté, en 
quelque pays que je voulusse aller, jusqu'à la paix, et disait que son 
excellence ne pouvait pas me faire juger". P. -G. R. 



André Alliez ou Allié 



"Alliez laissa le Canada, en 1763, après le traité de Versailles," 
lit-on dans le Bulletin, vol. XXI, p. 317. 

Il y a là erreur. André Alliez épousa Marie Côté. Il était fils 
d'Esprit Alliez et de Françoise Venelle, et originaire de St-Eustache 
de Paris. Sa fille, Marie-Geneviève, épousa, le 25 août 1735, Jean- 
Baptiste Couillard, sieur de Lespinaj-, seigneur de la Rivière-du-Sud et 
du fief Lespinay. 

Le 15 janvier 1760, M. Alliez reçut une commission de juge la 
Côte du Sud. Il administra en outre les affaires de la seigneurie de la 
Rivière-du-Sud II demeura au manoir seigneurial où il mourut le 5 
décembre 177S. Sa veuve le suivit dans la tombe quatre ans plus tard. 

Ces notes sont tirées de F Histoire des Scig)icu}s de la Rivilrc-du- 
Sud. 

AZARTE COUILLARD DESPRES Ptre 






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BULLETIN 



RECIiEPXIiES HISTOR!^UES-__ 

VÔlTxXII BEAUCEVILLE=DECEMBRE 1915 . No. Xli 

Duels et coups d'épée à Montréal sous le 
régime français 



Il y a, dans le Bulletin des Recheiches Historiques, vol. XIII, p. 
129, une excellente étude sur le duel, en ce pays, sous la domination 
française et nous n'avons pas l'intention de disserter de nouveau sur un 
sujet si bien traite par M. Pierre-Georçes Roy ; nous ne voulons que 
signaler quelques cas de duels et de coups d'cpée, à Montréal, en plus 
de ceux que mentionne notre directeur. 

Le 19 mai 1677 (archives judiciaires de Montréal), Marie Roger 
Lepag' , épouse du sieur Lormeau, (i) enseigne de la compagnie de M. 
du Gué, déclare que le jour de la Pentecôte, après vêpres, Philippe de 
Carion, sieur de Fresnoy, lieutenant de la compagnie de M. de la Mot- 
te, aurait provoqué son mari, l'épée à la main, alors que le dit Lor- 
meau revenait paisiblement au logis Que sur le champ, M. Morel, 

enseigne de M. de la Motte, et un nommé Gilles, valet de M. de Carion, 
survinrent pour aider le provocateur. 

Tous trois, l'épée nue, se ruèrent sur le sieur de Lormeau .... lui 
plombèrent la tête à coups de pommeaux d'épée et le percèrent en 
trois endroits différents : au bras et à la main. 

Sans l'assistance de plusieurs personnes qui accoururent aux cris de- 
là suppliante, les assaillants auraient probablement tué son mari et la 
suppliante nomme, comme pouvant corroborer .sa plainte, M^L de 

(i) Tanguay, I, 383, écrit que Marie Rogère Leiiage, épouse de 
Roch Thoery de L'Ormeau, lieutenant au régiment de la reine, fait in- 
ventaire le 9 octobre 16S1, à Québec (Ktude Duquet). 






SttOt 



—354— 

Beleslre, LeMoyne, Baston, Basset, René Perrot, Jacques Micbelou, 
René Huguet dit le Tambour, Mademoiselle LeMoyue et Madame Le- 
ber. 

Par les noms des témoins, il est évident que la scène se passa près 
de l'Hôtel-Dieu, au coin des rues Saiut-Sulpice et Saint-Paul, enfin, 
d'après les témoignages on voit que M. de Carion rei^rocliait à M. de 
Lormeau He s'être attaqué précédemment à plus faible que lui 

Passons. 

Le cas suivant semble une page dctacliée de quelque roman de 
cape et d'épée. On le trouve consigné dans l'étude de Basset, à la 
date du 28 août 1676. 

Le sieur Claude Portier, marchand, déclare que le samedi, 23 
août, vers 4 heures de l'après-midi, il était dans une chambie de l'hô- 
tellerie d'Abraham Bouat, après boire une bouteille de vin avec les 
sieurs Bauval, Grignon et Patron, également marchands. Dans une 
autre pièce était réunie une partie de la jeunesse dorée du lieu, nom- 
mément : les deux fils du Sr de Bécancour, le fils du Sr Dailleboust, 
juge de Montréal, et le fils du Sr de Repentigny "avec un autre Noi- 
raux que le comparant ne connaît point." Ces jeunes gens "beuvaient 
avec grand bruit et tintamare". 

L'un d'eux, Bécancourt l'ainé, "poussé d'insolence, vint en la 
chambre des marchands avec sa compagnie et prenant un verre de vin" 
proposa la santé de saint Michel en disant : "1... f... celuy qui ne la 
boira pas et s'en alla avec sa compagnie. 

Plus tard, le comparant étant allé sur "la galerie de la dite mai- 
son", le fils aîné de Bécancourt" fut à luy et accusa Porlier d'avoir 
déjà dit quelque chose contre saint Michel ! A cela Porlier répondit 
que c'était fausse rumeur, qu'il s'était disculpé devant le gouverneur 
de Montréal et qu'ainsi il était inutile d'en parler davantage. 

Alors, "Bécancourt, en blasphémant le saint nom de Dieu, dit à 
Porlier qu'il en voulait aussi à son ami le Sr du Moustier et que s'ils 
voulaieut, ils pourraient vider leur différend deux contre deux, à l'é- 
cart, soit immédiatement, soit le lendemain matin, à la sortie ne l'é- 
glise. Porlier refusa, alléguant ([ue le "Roy et Mgr le Comte dé- 
fendaient expressément les duels et rendez-vous" mais que si le dit 
Bécancour avait ((uelque dessin contre lui il n'avait ([U'à l'attaquer 



'!■ ■ li ;. : nus 7i; 



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; — 35L- 

i 

I dans les nies où ils se rencontraient journellement. L'aiïaire parait 

I en rester là. 

: X 

* Le 27 juin 1678 (archives judiciaires), procès contre certains sol- 

I dats de la garnison accusés d'avoir blessé à coups d'épée Claude de 

! Saintes, débitant de vin à la pinte et au pot. 

l 27 juillet 16S0 (ibidj— André Hachim, sergent du bailliage, et De- 

1 nis Marceau, geôlier de la prison, racontent qu'en visitant les quartiers 

' de la ville, vers 10 heures du soir, pour faire observer les ordonnances 

I concernant la fermeture des débits de vins, ils entendirent du bruit 

"comme gens se querellant" dans le cabaret de Charles Testard de 
j Folleville. Etant entrés, ils virent à table, buvant, le chirurgien Mar- 

j tinet de Fonblanche, Lafontaine serviteur du gouverneur Perrot, et 

autres qu'en sortant de ce lieu ils furent poursuivis "avec des pier- 

j res, l'épée à la mairT (! ! !) dont le dit Marceau fut blessé aux deux 

! mains et au bras". 

Tant de plaintes de ce genre furent portées contre le cabaret de 
Folleville, tenu surtout par sa femme, une demoiselle de La Marque, 
que finalement le séminaire décida de faire supprimer ce lieu de dé- 
sordre. Ce ne fut pas facile, car Madame de Folleville, .se réclamait 
à la fois du gouverneur du pays et du gouverneur de Montréal. 

7 mars 1683. On dit dans un document que le sieur "Alexandre 
ï Turpin, premier maistre d'armes de ce pays du Canada", est à Mont- 

i réal. ■ . - 

\ Au mois de juin 1684 eut lieu le fameux duel entre le gouverneur^ 

Perrot et Lemoyne de Sainte-Hélène (Voir Bull, des R. H.,XIIL 131)- 

3 et 4 juillet 1687. Procès de Claude Perthuis. Lalonde, Quesnel, 
Garnier et autres accusés d'avoir battu et maltraité plusieurs sauvages 
à coups de fusils et plats d'épée à propos d'un chien dérobé à Perthuis. 
X 

Le S .septembre 1687, comparution de Jean Ilubou de Longchamps 
dit Tourville, âgé de ji ans, brigadier au .service de M. le marquis de 
Denonville. 

Ce militaire, fils de l'ancien procureur fiscal de Montréal, avait été 
arrêté sur l'ordre du marquis, voici pourquoi. 



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— 356 — 

Etant entré dans le cabaret de Jean Petit Boismorel, vers 7 heures 
du matin, avec La Charité, Lespine et J. B. Pâtissier dit St-Amands, 
habitant de Saurel, ces compères n'en sortirent qu'à 7 heures du soir, 
après avoir joué et bu force bouteilles. Ainsi que la chose se produit 
souvent entre amis surchauffes, on se prit de querelle et Pâtissier dit 
St-Amands reçut un coup d'épée. 

La culpabilité du brigadier Hubou de Longchamps devait être évi- 
dente, puisqu'un marchand de Montréal. Jean Malhiot. ne craignit pas 
d'acheter la réclamation en dommages du sieur Pati.ssier, par acte no- 
tarié du 13 septembre 1687 (Adhémar). ^ ^ 
Le 25 du même mois, en présence du même notaire, le frère ame 
-du spadassin, Mathieu Ilubou de Longchamps, règle l'affaire en recon- 
naissant devoir à Jean Malhiot, 294 livres, 5 sols, 4 deniers dont 200 
livres pour Pâtissier, 89 livres, 5 sols, 4 deniers à Malhiot pour frais 
divers et 5 livres pour salaire des témoins. De plus, le dit Hubou paie- 
ra la nourriture et le chirurgien de Pâtissier dit St-Amands tant que ce 
dernier sera malade. 

15 juillet 1689, duel entre François Lefebvre, écr, sr Duplessis, et 
Ravmond Biaise, écr, Sr des Bergères, tous deux capitaines. 

' Le lendemain, 16 juillet (archives judiciaires de Montréal), sur le 
rapport du inajor Bizard, l'intendant Bochart de Champigny, alors de 
passage, Dermet que le procès soit instruit à Montréal, devant le juge 
seigneurial, vu que le plus proche tribunal royal est aux Trois- Riviè- 
res, distance de 30 lieues. Au sujet de ce procès, voir en plus ,Bul. 
Rcc. His., Xin, 132, ^tjugiei dél. du C. S., III, 364- 

" Dans l'hiver de 1690-91, duel entre Pierre Payan de Noyan et 
Guillaume de Lorimier. (Voir B. des R. H., XIII, 132). 

Le 13 janvier 173S, l'Iriaudais Timothée Sullivan, qui se faisait 
appeler SUvain, "médecin pour le roi" présente au tribunal une requê- 
te dans laquelle il allègue que le 10 janvier sur les S ou 9 heures du 
soir, il aurait été attaqué dans sa maison, rue St-Sacrement, à la poin- 
te de l'épée, par "Monsieur de la Vérandrye père et le Sieur de \ areu- 
ues fils accompagné de la dame sa mère". 

Les a.ssaillants parurent "en habits galonnés d'argent" et lui en- 
levèrent sa femme, Marie- Renée Gautier de Varenues, vevve en pre- 
mières noces de Christophe Dufros de la Jemmerais ;ils le mirent monic 
à la porte disant "qu'il n'avait rien qui lui appartenait dans sa ma.- 
on." 



3t(-J/lHV 



...357— 

Quelle raison avait-on d'agir ainsi ? Un document du 20 janvier 
suivant nous renseigue. Dans cette pièce, dame Marie- Renée Gauthier 
de Varennes demande la séparation d'avec son mari pour injures et sé- 
vices graves et elle fait assigner quantité de témoins, entre autres des 
prêtres du séminaire qui établissent que le docteur Sullivan maltraitait 
sa femme et que même après la messe de minuit de la Noël passée, il 
l'avait rouée de coups 

Nous n'avons pas suivi le procès jusqu'à la fin parce que nous ne 
voulions pas sortir du cadre que nous nous sommes tracé. 

Terminons, pour le moment, par un extrait qui nous indique que 

dix ans plus tard on jouait toujours de l'épée à Montréal. Notre 

cueillette provient d'un article publié par l'honorable juge Baby sur 

' M. de Repentigny et le "chien d'or", dans le Canadian Anli quarian 

de 1897-98, pp. 120 et suiv. 

Au cours de son article l'auteur cite une lettre écrite par M. M. 
Havy et Lefebvre, négociants de Québec, à M. Pierre Guy, de Mont- 
réal, quelques jours "après l'événement tragique qui a inspiré la lé- 
gende du "Chien d'or" ; la lettre est datée du 27 janvier 1748 et l'on 
y lit, entre autres choses, ce passage : 

" Nous avons appris qu'à Montréal les épées ont joué aussi, pre- 
mièrement, entre Mrs de Penseuce et de Léry et, secondement, Mrs 
de Jumon ville et de LaBourdonuais. On dit qu'il y en a deux de bien 
malades à l'hôpital. Ces messieurs se feront de mauvaises affaires! 
Ils feraient bien mieux de reserver leur courage pour battre l'ennemy". 

E. Z. MASSICOTTE 

Calixa Lavailée et l'hymne national 

Dans le Devoir du 6 novembre 191 5, M. Arthur Letondal nous dit 
dans quelles circonstances Calixa La\allée écrivit léchant national 
qui l'a rendu célèbre. 

"Saluons avec respect, écrit M. Letondal, le nom d'un musicien 
\Taiment canadien. L'hymne qu'il a composé restera pour symboli- 
ser dans les âges futurs la nation canadienne. C'est à lui que nous de- 
vîins l'honneur de jrasséder un chant. lequel à l'origine, écrit pour le 
Canada français, est devenu, jiar le rayonnement même de sa beauté, 
le chant du Canada tout entier." 

Il y aura, l'an prochain, un ([uart de siècle que Lavailée est mort. 
M. Letondal suggère de coiniuémorer ce vingt-cinquième anniversaire 
par un hommage public à l'auteur trop oul)lié de notre hymne natio- 
nal. 






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—358— 

lin buste de Louis XIV à Québec 



Au mois de juillet i6y6, M. Bochart de Champiguy arrivait à Qué- 
bec pour remplacer M. de Meulles comme intendant de la Nouvelle- 
France. 

En bon courtisan M. de Champiguy avait apporté dans ses baga- 
ges un buste en bronze de Louis XIV qu'il avait l'intention d'installer 
sur uue place publique de Québec. Il n'ignorait pas que le grand roi 
était sensible à ce genre d'hommage. 

Le lo novembre i6S6, le marquis de Denonville écrivait au minis- 
tre 

" M. de Champîgny a apporté en ce pa\s un buste du Roi eu 
bronze qui fut mis mercredi 6 de ce mois dans la place de notre basse- 
ville avec le plus d'honneur et de cérémonie qu'il se pût ; il en a fait 
toute la dépense. Il commence de manière qu'il ne s'enrichira pas ici. 
Il a bien besoin que vous aviez la bonté de lui faire continuer tous les 
ans le fret de ses provisions et hardes " ( i ) . 

Les réjouissances qui eurent lieu à Québec à l'occasion de l'instal- 
lation du buste du Roi dépassèrent un peu la mesure puisque Henry 
Petit, marchand bourgeois, de Paris, qui était de passage dans la capi- 
tale, fut blessé mortellement par un coup de fusil tiré par Jean Gaul- 
tier dit Larouche, taillandier. Petit décéda treize jours après l'acci- 
dent et Gaultier dit Larouche subit un procès devant la Prévôté de 
Québec pour le meurtre qu'il avait commis. Le i8 décembre 1686, il 
était convaincu d'avoir tiré le coup de fusil dont Petit avait été blessé 
à mort, et condamné à faire amende honorable, à être banni à perpé- 
tuité de la ville et banlieue de Québec, etc., etc. (2) 

A quel endroit précis de la vieille capitale fut placé le buste de 
Louis XIV ? 

Nous ne croxons pas nous tromper en plaçant le bu>.te du Roi 



(i) Archives publiques du Canada, Correspondance générale, 
vol. S. 

(,2) Le 26 février KiS;, k- Conseil Souverain mettait ce, te senten- 
ce de côté et condaumait Larouche à pa\er trois cents livres à la veuve 
de Henry Petit. 



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n^M Jiio! 






- 359 - 

exactement où se trouve aujourd'hui la fontaine publique, en face de 
l'église Notre-Dame des Victoires, à la basse-ville 

Et voici nos preuves. 

Dans la carte de Franquelin Québec comme il se voit du côté de l'est 
en /6SS, il est dit que 1" 'effigie du Roi" se trouve sur la Place Royale, 
à la basse-ville. Cette Place Royale correspondait à la Place de la bas- 
se ville actuelle, en face de l'église Notre-Dame des Victoires. Ce 
nom de Place Royale, remarque M. Philéas Gaguon, fut bientôt rem- 
placé par celui de Place de la basse-ville. ( i ) 

Dans le plan de Québec par l'ingénieur Villeneuve, fait en 1690, 
la place de la basse ville est indiquée avec la légende "Place où M. de 
Champigny, intendant du pays a fait poser en 1686 l'effigie de Sa Ma- 
jesté." 

M. Gagnon dit encore que le buste du Roi disparut vers 1690. Il 
suppose même qu'il fut détruit lors du bombardement de Québec par 
Phips en octobre 1690. 

M. Gagnon fait erreur. 

Ce n'est qu'en 1699, peut-être même en 1700, que le buste du Roi 
fut enlevé de la place de la basse- ville. 

Quelques habitants s'étant plaint que le buste du Roi gênait la cir- 
culation sur la place de la basse-ville, déjà par trop exigiie, l'intendant 
de Champigny le fit déplacer. 

Le 15 octobre 1700, il écrivaii au ministre : 

" J'ay reçu les lettres que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire 
les 27 jauvier, 17, 19 et 28 février, 31 mars, 14 avril, 5 may et 16 
Juin de la pré.sente année ; le navire du Roy la Seine qui les a apor- 
tces, est arrivé icy le dernier du mois d'aoust et doit mètre à la voile 
dans 2 ou 3 jours pour son retour. 

" Sur les fréquentes représentations qui furent faites à M. de 
Frontenac et à moy par les habitans de Québec que la place de la basse 
ville avoit été rendue prescpi' inutile au public et à l'u.sage des charois 
par l'espace qui étoit ocupé du buste du Roy et de son enceinte, nous 
primes la resolution de le faire placer dans un autre endroit le plus 
convenable qui se pouroit trouver dans sa même place, qui porte ce 
nom de Place Royalle dejmis l'année 1^186, cpie je suis en ce pays uù 



(i) Le Glaneur, vol. I, p. 100. 



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— 3G0- 

j'apportaj' ce buste pour donner une idée du Roy à quantité de ses sU' 
jets qui étoient privez de le voir, nous crûmes qu'il n'j^ avoit point de 
lieu plus propre que le devant de la maison du Sr. Hazeur qui est la 
plus belle de la basse ville et an millieu de la place, faisant face au 
port, oij se font les débarquements et a la veue de l'Eglise et des rues 
qui rendent dans la même place ; et pour exécuter cette resolution, je 
crû qu'il étoit de mon devoir et de mon honneur de faire faire a mes 
dépens un ouvrage de pierres de taille avec des ornemens hors d'ceuvre 
si cependant il y avoit quelque chose en cela qui peut être désagréable 
a Sa Mate. Je vous suplie très humblemen, Monseigneur, de me le 
faire sçavoir, ayant autant a cœur qu'aucun homme du monde ce qui 
regarde là gloire et je trouveray toujours, quoy que je sois pas riche le 
moyen de faire une nouvelle dépense pour le remetre, si Sa Maté, le 
souhaitte, dans le mîllieu de cette place." (i) 

Le 31 mai 1701, le ministre accusait réception de la lettre de M. 
de Champigny dans les termes suivants : 

" J'ay receu les lettres que vous m'avez escrit les 22 juillet, 26 
aoust, 15, 16, et 17 octobre et S novembre de l'année dernière 1700 
avec les estât et Mémoires qui y estoient joints. 

" J'a}' veu ce que vous m'escrivez au sujet du Buste du Roy que 
vous avez fait oster de la place publique pour le mettre entre la maison 
du Sr. Hazeur ; on m'escrit de plusieurs endroits sur ce sujet ; on me 
marque qu'il n'incommodoit point les charrois qui passent par cette 
place et qu'il estoit bien plus convenable dans cet endroit que la ou 
vous l'avez fait mettre, et, en tout cas, vous n'auriez pas dû faire ce 
changement sans la iiarticijiation de M. le Chev. de Callieres ; mais 
puisque la chose est faite, il n'y a qu'a le laisser ou il est." (2) 

Le 31 octobre 1701, le gouverneur de Callièrcs écrivait à son tour 
au ministre : 

" M. de Champigny m'ayant fait part de ce que vous lui écri\ez 
au sujet du buste du Roi, car il me parait qu'on vous a e.xposé qu'il 
est placé C(mtre la i.naison du sieur Hazeur et que là dessus vous avez 

(i) Archives publiques du Canada, Correspondance générale, 
vol. uS 

(2) Archives i)ub!iques du Canada, Corresiiondance générale, 
vol. 19, p. 313. 






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-361- 

reglé qu'il 5^ resterait, parce que c'était une chose faite, mais comme 
cela n'est point ainsi, n'étant encore placé en aucun endroit, et que M. 
l'intendant me demande à le faire mettre dans une niche sur la 
porte de la maison du sieur Hazeur, je lui ai répondu qu'il fallait avoir 
une nouvelle explication de vous, puisque je suis persuadé que quand 
vous saurez les choses comme elles sont, vous jugerez qu'il est plus à 
propos de le placer dans un lieu convenable et que vous voudrez bien 
ne pas donner la chagrin à ce pays de l'avoir vu ôter d'une place pu- 
blique où il n'y incommodait point les charrois, pour le mettre sur la 
porte de la maison d'un marchand ; ainsi, Monseigneur, j'attendrai vos 
ordres là-dessus. " ( i ) 

Le 7 novembre 1701, M. de Champigny faisait part au ministre 
des difficultés que lui suscitait le gouverneur de Callière au sujet du 
buste du roi : 

" J'ay différé jusqu'à présent, écrivait-il, a vous faire sçavoir le 
refus que Mr de Callière m'a fait de laisser placer le buste du Roy dans 
le devant de la maison du sr Ha/.eur a la basse ville de Québec, quoy- 
que je lui aj-e fait voir ce que vous me faite l'honneur de me marquer 
a cet égard par vôtre lettre du 31e May dernier, dans l'espérance que 
j'avois qu'il y consentiroit a la fin, mais m'ayant encore foit hier le 
même refus, je suis dans l'obligation de vous en donner avis et de 
vous suplier très humblement, Monseigneur, de vouloir prendre la pei- 
ne de luy en écrire un mot l'année prochaine afin que je puisse avoir 
le ]ilaisir de faire placer honorablement ce buste avant mon départ de 
cepajs. Il est bon de vous dire qu'il est toujours resté dans une 
chambre du palais depuis qu'on l'a fait ôter de la place de la basse vil- 
le, a cause des contestations survenues à ce sujet, ce qui donne lieu 
Mr de Callière de dire que vous me mandez qu'on le laisse ou il est, 
connue s'il devoit toujours demeurer dans cette chambre, il m'a encore 
dit pour raison que plusieurs jiersonnes se plaignoient de ce qu'on l'a- 
voit ôté de cette place, mais je peux vous assurer. Monseigneur, que 
je n'ay jamais entendu parler de ces jjlaintes et que s'il y en a eu de 
faites, ce ne peut être que de la part de quelques gens turbuleus et mal 
intentionné/, étant certain ciu'il ne peut jamais être mieux placé (pie 



(i) Archives puliliques du Canada, Correspondance générale, 
l'ol. ig. 






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—362- 

dans l'endroit que l'ay fait faire." (i) 

Enfin, le 6 mai 1702, le ministre écrivait à M. de CalHères qu'il 
fallait remettre le buste du roi sur la place de la basse- ville : 

" Vous aurez vue, disait-il, par ce que je vous escrivis l'anuée 
dernière que j'avois cru que le buste du Roy, qui estoit cy devant esta- 
bly dans la place de Québec, avoit esté posé sur la porte de la maison 
du Sr de Hazeur, mais puisque cela n'a pas esté fait et qu'il vous pa- 
roist qu'on le verroit avec peine. Sa Maté, trouve bon que vous le fas- 
siez remettre dans la grande place, de sorte cependant au'il n'incom- 
mode point le public, mais comme cela pourroit faire quelque peine a 
M. de Champigny qui l'a donné a la Colonie, je crois qu'il est bon que 
vous attendiez qu'il soit party. " (2) 

C'est là la dernière mention connue du buste du Roi. 

En conclusion, le buste de Louis XIV installé sur la place de la 
basse- ville le 6 novembre 16S6 et qui y resta jusqu'en 1699 ou 1700 ne 
fut jamais placé sur le devant de la maison du sieur Hazeur, ainsi que 
la plupart de nos historiens l'ont écrit Après son déplacement, il fut 
déposé temporairement dans une chambre du palais de l'intendant. 

Que devint-il ensuite ? Un buste en* bronze ne disparait pas 
comme une feuille de papier. Deux h3-pothèses sont permises ici. 
Il se peut que l'intendant Champigu}-, froissé des misères qu'on lui 
créait, l'ait remporté lors de son départ du pays dans l'été de 1702. Il 
n'est pas impossible, non plus, que le buste de Louis XIV ait été dé- 
truit dans l'incendie du palais de l'intendant, le 5 janvier 1713. La 
célérité des flammes fut telle que le valet de l'intendant Bégon et deux 
des f>.mnies de chambre de madame Bégon périrent dans la conflagra- 
tion. Rieu ne fut sauvé. 

Dans un ouvrage intitulé £g/iscs el chapelles de Québec (vol. II, \). 
97), on trouve une gravure du buste de Louis XI V^ érigé à Québec en 
16S6. Cette gravure est ajiocryphe comme la plupart des portraits et 
vues donnés dans cet étrange ouvrage. J, 'auteur nous donne môme 
là-dedans une vue de la chapelle de Champlaiu ! 

P. Cx. R. 



(i) Archives publiques du Canada, Correspondance générale, 
vol. 19. 

(2) Archives publiques, du Canada, Correspondance générale, 
vol. 20. 



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—363— 

Cyr de Monnierqué, sieur Dubreuil, ancêtre 
des Montmarquette 

Dans r Histoire du notarial ])ar J. Kdmond Roj', vol. I, p. 205, on 
lit : 

" Le 17 février 1731, l'intendant avait donné des lettres de notai- 
re et d'huissier dans Champlain, Batiscau, Ste-Aune, Grondines, la 
Chevrotière, Deschambault, Seigneurie St-Pierre, les deux rivières du 
Chesne, Lotbinière, le Platon et Ste-Croix, à Cyr de Montniarqué avec 
instruction de se faire installer par le lieutenant général des Trois- Ri- 
vières (Reg. ord. int. vol. 19, p. 54) .. Montinarqué après avoir exer- 
cé quelque temps comme huissier à Trois-Rivières (août 1731, Reg. 
Ins. prev. Que.) pensa d'aller s'établir à Sorel, oti il croyait mieux 
faire subsister sa famille. Il demanda donc à l'intendant de lui accor- 
der une nouvelle commission de notaire et huissier — car les deux al- 
laient presque toujours ensemble — pour les seigneuries de St-P'ran- 
çois de Sorel, de l'île du Pads, de St-Ours, de Contrecœur et Verchè- 
res. Le 20 décembre 1732, l'intendant révoqua l'ancienne commission 
et en accorda une nouvelle telle que demandée, à la condition que le 
lieutenant général installerait Montmarqué. Il était aussi mis comme 
condition que cette commission serait enregistrée à Montréal (Loc. cit. 
voL 20, p. 146). 

" Nous ne connaissons rien de la vie ni de la carrière de Montmar- 
qué. Quant à son greffe, nous voyons par l'inventaire des archives de 
Montréal qui fut dressé en 1790 qu'il en existait encore alors une par- 
tie, mais que l'autre avait été incendiée. Il n'en reste plus rien main- 
tenant." 

X 

Les renseignements que nous avons recueillis dans les archives de 
Montréal joints aux notes que le généalogiste M. Léandre Lamoutagne 
a mis à notre disposition vont nous permettre d'ajouter plusieurs dé- 
tails à ce qu'écrivait le distingué historien du notariat. 
X 

En premier lieu, abordons la question du nom. 

M. J. Kdmond Roy écrit Monniar(iué. Il a évidemment puisé cet- 
te orthographe dans les anciens taljleaux de notaires ou dans les regis- 
tres qu'il cita. 



;n/i' jn •/ 



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-3G4— 

Notre personnage, cependant, a toujours signé Monmerquc. Dans 
ses derniers actes, ceux de 1765 qui ne sont pas de sou écriture, on lit 
dans l'en tête Cyr ou Cir de Montmarquet, néanmoins, le vieux prati- 
cien signe Monmerqué. 

Son fils, Michel-Charles, écrit également, Monmerqué. Nons igno- 
rons si son autre fils, Claude-François, a respecté l'orthographe paler- 
nelle. 

D'autre paît, il est certain que même du vivant du fondateur de 
cette famille le public avait une tendance à écrire Montmarqué et 
Montmarquet. 

Finalement cette ortliograjihe a triomphé et la déformation s'est 
aggravé au point que les descendants du sieur Dubreuil signent main- 
tenant Montmaïquette ! 

X 

C'est dan? les documents judiciaires de Montréal que nous trou- 
vons la première mention de Cyr de Monmerqué, écuj-er, sieur Du- 
breuil. 

A la date du 22 juin 1726, il est procureur d'un plaideur devant le 
tribunal royal de Montréal. 

Par la suite, il remplit cette fonction plusieurs fois. Comme il n'}- 
avait pas d'avocat, sous le régime français, on les remplaçait par des 
postulants qui agissaieut eu vertu d'une procuration. Ces procureurs 
étaient presque toujours des commis du greffe, des huissiers, des aspi- 
rants notaires ou des notaires. M. de Monmerqué, qui était fils du no- 
taire Jean-Baptiste Monmercmé et de Marie Anne Saint-Adam, de St- 
Eustache (de Paris ? ), devait avoir des connaissances légales et il fai- 
sait ses débuts, à Montréal, dans une carrière qui lui convenait. 

Il ne paraît avoir séjourné, alors, qu'une couple d'auuées, à 
Montréal. 

X 

Le 12 janvier 1729, il épouse, au Cap de la Madeleine, Anne Pi- 
card, veuve de Melchior Michelet. Ce mariage, célébré par le curé 
Vachon fut réhabilité aux Trois-Rivicres le 22 mars suivant (i) et ma- 
dame de Monmerqué mit au monde, cette même année, un couple de 
jumeaux. 

Le 26 mars 1736, le notaire Monmerqué fit baj)tiser Charles-Michel, 



(I) Tanguay, VL 7^. 



—36=^— 

à Québec. 

Deux autres enfants naquirent : Paul et Claude-François, mais 
nous ne savons où ils reçurent le baptême. 
X 
Cyr de Monmerqué fut un nomade. En 1726, il est à Montréal ; 
en 1729, au Capde la Madeleine ; en 1730, aux Trois-Rivières ; en 1731, 
à Québec. Plus tard il instrumente dans presque toutes les seigneu- 
ries à l'est de Montréal. Sur ses vieux jours il .semble résider à Con- 
trecœur, cependant, dans son dernier acte connu, 2 novembre 1765, il 
était au Ruis.seau du Point du jour, paroisse de St- Pierre du Portage, 
autrement dit à l'Assomption. 

M. de Monmerqué n'est pas .seulement remarquable par ses dépla- 
cements, il l'est au.s.si par son écriture. Passable dans les premières 
années, elle devient illisible à mesure que le notaire vieillit, au point 
que dans certains actes on ne distingue qu'une série d'ondulations inin- 
terrompues, de la gauche à la droite du papier. 

S'appuyant sur un document officiel que nous n'avons pas retrouvé, 
l'inventaire des archives de Montréal de 1790, M. J. Edmond Roy dit 
que le greffe de Cyr de Monmerqué fut détruit et qu'il n'en reste plus 
rien ! 

Cette a.ssertion est erronée, puisque les archives de Montréal pos- 
sèdent la série de ses actes de 1731 à 1765, mais il se pourrait qu'elle 
concerne son fils, Michel-Charles, car on voit dans un acte signalé plus 
loin, que ce dernier aurait été notaire, bien qu'on ne trouve aucun de 
ses actes. 

X 
Passons aux fils. 

Le contrat de mariage de Michel-Charles fut dressé par le notaire 
B. Jenvrin-Dufresne, à Dorvilliers, le iS octobre 1749. En voici la 
partie qui nous intéresse : " Michel-Charles Monmerqué, Ecuyer, fils 
" de Cyr de Monmer(iué, Ecuyer, Sr Dubreuil, habitant de Contrecœur 
" et Anne Piquard et Marguerite Piette (dit Trempe) fille de Bapte 
" Piette Sr de Courville, habitant du fief Dorvilliers et de marie anne 
" guibor*:. Pré.sence de Paul et Claude françois monmerqué, frères 
" du garçon..." 

Le futur'signe d'une façon superl e : Monmerqué Dubreiiil. 

X 
Michel-Charles décéda ^ Contrecœur, le S août 17S4. Son épou- 



•■H.if.iJS 



— 3GG — 

se fut inhuniée à St-Antoine de Richelieu, le 15 septembre 1798, âgée 
de 72 ans. C'est dans sou acte de scpnlture qu'on la dit "veuve de 
Michel Montmarquet, notaire (!), ei-devaut de Contrecœur." 
X 
Claude-François, l'autre fils de Cjt, épousa Catherine Picard, et 
Tanguay (VI, 76) note quelques actes à Repentîgny, concernant des 

enfants issus de ce mariage. 

Du mariage de Michel-Charles avec Marguerite Piette dit Trempe, 
nous ne connaissons qu'un rejeton du sexe masculin, Michel-Charles 
qui épouse à l'âge de 25 ans, à St-Antoine de Richelieu, le 27 octobre 
1777, Marie Félicité "fille de feu Antoine Bro et de Marguerite Doucet 
ses père et mère acadiens." 

La plupart des enfants de ce dernier nous paraissent avoir été bap- 
tisés à St-Antoine. 

E. Z, MASSICOTTE 

QESTIOXS 



Quel est ce Dufy. citoyen de Montréal, à qui, quatre ou cinq ans 
après la chute de Québec, le roi de France offrait la croix de Saint- 
Louis ? 

MONT. 

— Dans quel journal feu M. l'abbé Bois a-t-il j^ublié son Esquisse 
du service postal au Canada ? 

P. O. B. 

— Connait-on le site précis de la chapelle Saint- Roch construite 
par les Récollets vers la fin du dix-septièn.e siècle sur le territoire de 
la paroisse Saint-Roch, à Québec ? En quelle année cette chajielle fut- 
elle détruite ? Où en trouverais-je une gravure ou un dessin quelcon- 
que ? 

St-ROCH. 

— Ouel fut le premier caintaine de port à Québec sous le régime 
français? G. B. C. 

— On sait que les curés déposent un double de leurs registres de 
naissances, mariages et décès au chef-lieu du district judiciaire dans 
leipiel est situé leur jiaroisse. La même loi existait sous Je ré- 
gime ffançais. Par ([uelle ordonnance cette loi fut-elle promulguée 
dans la Nouvelle-France ? 

CURE. 



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— 3G7— 

LE CAPITAINE DE SAINT-CIRpE 

Voici, sur le personnage que nos histoires nomment géuéralement 
"M. de St-Cii'que", quelques notes peu ou point connues. 
*** 

Jean- Louis de Jadon, écuyer, sieur de Saint-Cirque (i), après 
avoir "servi daus les meilleurs régiments de France et avoir commandé 
un bataillon en Sicile" (2) vint au Canada en 16S5, avec le nouveau 
gouverneur général, M. le marquis de Denon ville 

Le 6 janvier 16S7, étant avec les troupes cantonnées à Montréal, 
'il assiste et signe au contrat de mariage entre Jacques Maleray, sieur 
de la Molerie, lieutenant, et Françoise Picoté de Belestre (^Basset). 
Au mois de juin suivant, il prend part à L'expédition contre les Iro- 
quois (B. R. H., VH, 156), puis revient résidera Montréal, car il fi- 
gure dans un acte d'Adliéniar de 1688. 

Le premier septembre 1689, M. Jadon de Saint-Cirque consent 
une obligation de 631 livres à Abraham Bouat, l'hôtelier à la mode de 
Montréal, à cette époque, pour sa dépense de bouche à lu}- et à sou 
vallet" (Adhémar). 

Cette même année, il parait avoir été à Niagara avec un parti. 

Au mois d'août 1691, lors de l'attaque de Laprairie par le major 
Schuyler, M. de Jadon de Saint-Cirque prit la direction de la dcfcnt.e 
du fort eu remplacement de ^L de Callières, gouverneur de Montréal 
qui était malade. 

L'infortuné capitaine fut blessé à la cuisse d'une balle qui lui cou- 
pa la veine cave et il mourut en rentrant au fort. 

Avec lui furent tués Dosta, capitaine réformé, Domergue, lieute- 
nant réformé et 14 autres soldats ou habitants (Tanguay, 1, 553). 

C'est certainement parmi ces "14 soldats ou habitants" malheu- 
reux qu'étaient les cinq montréalais que le registre de Villeniarie rap- 



(i) Dans un acte d' Adhémar, cité plu.- loin on lit GivDox 
lieu de Japon. 

(i) Note de I\L Suite. , ': : • 



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porte avoir été tués à Laprairie le 1 1 août 1691 et dont voici les noms : 

Nicolas Barbier, âgé de 33 ans, fils de Gilbert Barbier, l'un des 
pionniers de Montréal. Nicolas avait fait partie de ce groupe d'hom- 
mes qui tentèrent de fonder une communauté de Frères instituteurs 
à Montréal, en 1686 (i) 

Louis Ducharme, âgé de 31 ans, époux de Marie Anne Mallet. 

François Cibardin, âgé de 31 ans, époux de Louise de Guître. 
Cordonnier de métier, 11 avait acheté deux mois jilus tôt, en compagnie 
de Baillet, la tannerie de j\LM. Dcdieu et Mouchère, à Villemarie (Ad- 
hémar, 15 juin 1691). 

Jean-Vincent Le Ber Duchesne, âgé de 24 ans, fils de Jacques Le 
Ber, marchand. 

Pierre Pinguet de Montigny, âgé de 33 ans, époux de Catherine 
Testard de Folleville. 

Pierre Cabazié, âgé de 19 ans, fils du notaire et sergent royal, 
Pierre Cabazié. 

Trompé par la similitude des noms, Mgr Tanguaj-, vol. I, 97, a 
fait mourir le père en 1691, mais au vol. II, 513, l'auteur donne la 
vraie date du décès qui est 17 15. 



Il est probable que dans le registre de Laprairie de 1691 dont le 
double n'existe pas aux archis-cs de Montréal, on trouverait la liste 
des autres soldats ou habitants qui succombèrent dans ce combat. 
E. Z. MASSICOTTIv 



(:) Voir notre étude sur cette fondation dans le Canadian Ax- 
'IQUARIAX, 1913, pp. 3 et suiv. 

Les Bibliothèques sous le régime français 



Dans un discours récent prononcé à Montréal, sir Loincr Oonin a 
]>rouvé qu'il y avait un bon nombre de bibliothèques au Canatla, sous 
le régime français. 

Sir Lomer a aussi signalé l'existence d'une bibliothèque pulili<|UL' à 
t^uébec en 1764. 










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-369- 

LA FAMILLE FOUCAULT 



François Foucault 

En juin 1716, le roi de P'rance accordait à François Foucault l'em- 
ploi de garde-magasin à Québec, vacant par la retraite du sieur Des- 
noj'ers. 

Foucault était le fils de Eusèbe Foucault et de Catherine Catelau, 
du diocèse de Bayonne, en Gascogne. M. l'abbé Daniel (HISTOIRE 
DES GRANDES FAMILLES FRANÇAISES DU CANADA, p. 262) 
dit que M. Foucault était de l'illustre maison des comtes de Foucault, 
dont les origines remontent jusqu'aux Croisades. Il n'appuie sa pré- 
tention sur aucune preuve. Nous croyons que M. Foucault n'avait 
que le nom de commun avec l'illustre famille des comtes de Foucault. 

M. Foucault ne tarda guère à venir prendre son emploi puisque 
nous le voyons figurer au recensement de la paroisse de Québec fait 
pendant ce même été de 1716. On lui donne son titre de garde-maga- 
sin du Roi et on le dit habitant du quartier Saint-Nicolas ou du Palais. 
Il est âgé de 26 ans. 

Le 3 avril 1733, le gouverneur de Beauharnois et l'intendant Hoc- 
quart concédaient à M. Foucault "un terrain de deux lieues de front 
sur la rivière Chambly, les dites deux lieues de front à prendre depuis 
la borne de la seigneurie nouvellemeut concédée au sieur de Noyan, et 
sur la même ligne, en remontant le long de la rivière Chambly. sur la 
profondeur qui se trouvera jusqu'à la baie de MissisKouy (Missisquoi) 
le tout à titre de fief et seigneurie avec droit de haute, moyenne et 
basse justice, droits de pêche, de chasse et de traite avec les Sauvages 
tant au devant qu'au dedans du dit terrain." (i) 

Cette concession fut ratifiée par le roi le 6 avril 1734. (2) 

Le 18 avril 1733, M. Foucault était fait conseiller au Conseil Suj>é- 
rieur de Québec, en remplacement du sieur de Saint-Simon, décédé (3) 

Le 27 avril 1735, MM. de Beauharnois et Hocquart accordaient à 

(i) Insinuations du Conseil Supérieur de Québec, cahier 7. 

(2) Insinuations du Conseil Supérieur de Québec, cahier 7. 

(3) Insinuations du Conseil Supérieur de Québec, cahier 7. 



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-370- 

M. Foucault et à M. Boucault, lieuteuaut au siège de l'amirauté de 
Québec, une concession au Grand Saint-Modet, près la rivière des 
Français, à la côte du Labrador, pour y faire la pêche aux loups- ma- 
rins. 

Cette concession fut l'occasion d'un différend assez sérieux entre 
les deux a-'sociés et le sieur Constantin qui avait eu une concession au 
même lieu bien avant eux puisqu'elle datait du 31 mars 1716. Le dif- 
férend fut temporairement arrangé par un règlement de MM. de Beau- 
harnois et Hocquart, le iS avril 173S. (i) 

Quelques jours plus tard, le ler mai 1738, l'intendant Hocquart 
mettait fin pour toujours à la dispute en concédant pour dix ans à M 
M. Foucault et Boucault le lieu nommé Apétep)-, à la côte du Labra- 
dor, situé entre la concession du sieur de la Valterie et celle accordée 
au sieur de Brouage. I^'intention de MM. Foucault et Boucault était 
de faire en cet endroit la pêche au.K loups-marins, la chasse et la traite 
avec les Sauvages (2) 

A l'automne de 1740, AL Foucault qui exerçait son emploi de 
garde-magasin du Roi depuis près d'un quart de siècle, demandait à 
prendre sa retraite. Sa demande lui fut accordée au mois d'avril 1741. 
Il fut remplacé par le sieur Estèbe. 

Le président du Conseil de marine accorda à M. Foucault, en ré- 
compense de ses bons .services, le titre et la charge d'écrivain juincipal 
de la marine. Cette charge donnait 900 livres d'appointements. 

Le 10 mai 1741, le gouverneur de Beauharnois et l'intendant Hoc- 
quart déclaraient plusieurs concessionnaires des terres du lac Cham- 
plain déchus de tous droits et propriétés sur les dites terres parce qu'- 
ils ne s'étaieut pas conformés aux conditions de leurs concessions. M. 
F'oucault, qui ne s'était guère occupé de sa .seigneurie de Foucault, se 
trouva au nombre des dépos.sédés. 

Cependant, MM. de Beauharnois et Hocquart s'étaient réservés, 
sous le bon plaisir de Sa Majesté, de donner de nouve.nux titres de 
concession à ceux de* concessionnaires qui justifieraient, au bout d'un 
an, d'avoir sérieu.senient, par des dépenses et des travaux réels, mis en 
valeur partie notable de leurs anciennes terres. 

(i) On trouvera ce règleiueitl au volume 26, folio 90, des Ordon- 
iiances des intendants. 

t^2) Ordonnances des intendants, vol. 26, folio iO|. 



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— 371 - 

M. Foucault, qui voulait repreudre sa seigneurie, se mit en frais 
d'y attirer des colons. Au bout d'un an, il pouvait déclarer que six ha- 
bitants s'étaient établis dans sa seigneurie. C'étaient François La- 
porte dit Labonté, Christophe de Saint-Christophe dit Lajoie, Thomas 
Karet, Joseph Saintonge, Pierre Marinet et Michel Saint-Julien. 

MM. de Beauharnois et Hocquart, .satisfaits de la honu<'. volonté 
de M. Foucault et de ses . promesses, lui accordaient, le ler mai 1743. 
un nouveau titre de concession. Sa première concession n'avait que 
deux lieues de front. Celle-ci lui eu donnait trois, "la troisième à 
prendre au bout des dites deux lieaes en remontant ladite rivière 
Chambly." (i) 

Cette nouvelle concession fut ratifiée par le roi le 25 mars 1745 (2) 

Le ler novembre 1744, M. Foucault augmentait encore l'étendue 
de sa seigneurie en se faisant concéder par MM. de Beauharnois et 
Hocquart "une langue de terre ou presqu'île d'environ deux lieues de 
front, joignant sa seigneurie, en remontant la rivière Chambly, jusques 
à la pointe appelée Pointe du Détour". (3) 

Cette langue de terre avait été originairement concédée au sieur 
de risle qui l'avait abandonnée au.ssilôt à cause de la mauvaise qualité 
des terres. 

Foucault, cette fois, se mit .sérieusement à l'œuvre pour colouiser 
sa seigneurie. Il y conduisit plusieurs habitants et leur construisit un 
moulin à vent en pierre qui lui coûta près-de 4000 livres. Les progrès 
de la seigneurie de Foucault furent si rapides qu'en 1745 le roi y ap- 
prouvait la formation d'une iiaroisse. Le 12 mai 1745, le jjrésident du 
Conseil de marine écrivait à l'évêque de Québec de prendre 400 livres 
par année sur le fonds destiné aux curés usés pour l'entretien du mis- 
sionnaire qui devait desservir la paroisse qu'on était à la veille d'éta- 
blir dans la seigneurie de Foucault. 

Le 20 octobre 1750, l'intendant Bigot demandait au ministre que 
le sieur Foucault, écrivain principal de la marine, fut admis à sa re- 
traite, ainsi (pi' il le désirait. 

(i) Pièces et documents relatifs à la teiiun.- seigneuriale, p. 204. 
(.2) Kaiijiort sur les archives canadiennes pour 1905, vol. 1,1 . 37. 
(3J Pièces et documents relatifs à la tenurc .seigneuriale, p. 29^. 



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—372— 

Nous ignorons quelle fut la réponse du ministre. 
Le 3 juillet 1752, M. Foucault était créé premier conseiller au 
Conseil Supérieur de Québec, en remplacement de M. Cugnet, décédé. 
(0- 

L'intendant Bigot s'était toujours intéressé à l'avancement de M. 
Foucault. Le 5 juin 1754, en réponse à une demande de promotion pour 
M. Foucault, le président du Conseil de marine écrivait à M. Bigot : 
"Lorsque le sieur Foucault aura acquis de l'ancienneté au Conseil ou 
fera quelque chose pour lui." 

M. Foucault s'acquitta de ses devoirs de premier conseiller avec 
une ponctualité et une attention vraiment digues d'éloges. De 1752 à 
1760, il ne manqua pas une seule séance du Conseil Supérieur. C'est 
lui qui eut l'honneur de présider la dernière séance du Conseil Supé- 
rieur de la Nouvelle- France tenue à Montréal le 28 avril 1760. 

On a dit qu'après la Conquête M. Foucault s'en alla jouir de sa 
fortune en France. Tel n'est pas le cas. M. Foucault continua à ré- 
sider à Québec oii il décéda le 19 juillet 1766, à l'âge de 78 ans. 

M. Foucault avait épousé à Québec, le 3 juin 1718, Catherine 
Chaunière-Sabourin, fille de Denis Sabourin Chaunière et de Catheri- 
ne Nafrechoux. 

Madame Foucault décéda subitement à Québec le 11 avril 1731, à 
l'âge de 45 ans. Elle fut inhumée au cimetière paroissial le lende- 
main. 

Enfants de François Foucault et de Catherine Chaunière-Sabou- 
rin : 

lo Michelle-Elisabetii Foucault. "'" 

Née à Québec le 16 avril 17 19. 

Mariée à Québec, le 4 mars 1737, à Daniel-Hyacinthe Liénard, 
Ecuyer, sieur de Beaujeu, oiïicier dans les trou])es du détachement de 
la marine entretenu par le Roi en ce pays, fils de Louis Liénard, 
Ecuyer, sieur de Beaujeu, chevalier de l'Ordre militaire de Saint-Louis 
et major des dites troupes, et de dame Thérè.'ie Migeon. 

C'est le héros de la Monongahéla. 

On sait que M. de Beaujeu fut tué le 9 juillet 1755 en battant le 
général Braddock qui s'avançait contre le fort Duquesne à la tcte 
d'une armée dix fois plus forte que la sienne. C'est de cette bataille 

(i) Insinuations du Conseil Sui)crieur de Québec, cahier 9. 



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— 373 — 

que Washington, le futur fondateur des Etats-Unis, qui était un des 
officiers de Braddock, a écrit : "Nous avons été battus, et battus hon- 
teusement par une poignée de Français." 

M. de Beaujeu fut inhumé, le I2 juillet 1755, dans le cimetière 
du fort Duquesne. 

Sa veuve lui survécut trente-six ans. Décédée à Montréal le 8 
juillet 1791, elle fut inhumée dans la chai^elle Sainte- Anne de l'église 
Notre-Dame. 

De leur mariage étaient nés neuf enfants. D'après M. l'abbé Da- 
niel, sept des enfants du héros de la Monongahéla seraient morts eu 
bas âge. Les deux autres, un garçon et une fille (mariée à M. de 
Charly, puis à son oncle Denis-Nicolas Foucault) passèrent en France 
après la Conquête. 

2° Catherixe-Françoisk Foucault 

Née à Québec le 16 février 1720 

Décédée au même endroit le 12 mai 1728. Inhumée dans l'église 
paroissiale. 

3° Jean-François- EusÈBE Foucault 

Né à Québec le 21 novembre 1721. 

Décédé au même endroit le 4 mai 1738. Inhumé le leindemain 
dans l'église paroissiale, sous le banc de sa famille, du côté de la chai- 
re. , 

4° Denis-Nicolas Foucault 

Né à Québec le 13 janvier 1723. 

En 1738, le jeune Foucault entra dans les bureaux de la Marine 
de la Nouvelle- France. 

Quatre ans plus tard, eu 1742, il passa élève de la marine à Ro- 
chefort. 

Il fit sa première campagne sur la GIRONDE, à l'Ile Royale, en 
1745- 

En 1747, il devenait écrivain de la Marine, puis, en 1757, écrivain 
principal. 

En 1763, Foucault obtenait l'emploi de contrôleur de la Marine 
en Louisiane. 

Se« neuf campagnes sur mer lui avaient probablement aidé à ob- 
♦euir cette charge. 



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-374- 

Lorsque dou Antonio de Ulloa vînt prendre possession de la Loui- 
siane, au nom du roi d'Espagne, il se trouva bientôt en difiîcultés avec 
Foucault, et, au commencement de 1768, il lui enlevait sa charge. 

Foucault se vengea de l'irascible espagnol en prêtant la main pres- 
que ouvertement à la sédition qui le chassa de la Louisiane 

Dans une procuration donnée le 11 mars 1769, à Jacques Perrault, 
négociant à Québec, pour retirer ce qui lui était dû dans la succession 
de son père, M. Foucault s'intitule "Denis-Nicolas Foucault faisant 
fonction d'ordonnateur et de premier juge au Conseil Supérieur de la 
l)rovince de la Louisiane." 

En 1769, l'Espagne envoyait le comte O'Reill}- reprendre posses- 
sion 'de la Louisiane. 

Comme F'oucault était à l'emploi du roi de France, O'Reilly n'osa 
le faire arrêter. Mais il pria ^L Aubry, dernier gouverneur français 
de la Louisiane, qui était encore dans la colonie, de se charger de cette 
besogne. 

Foucault fut arrêté le 24 août 1769. Il se défendit très habile- 
ment. A toutes les questions que NL Aubry, sur la demande d'O'Reil- 
ly, lui posa, il se contenta de répondre qu'il n'était en rien justifiable 
des tribunau.x^ espagnols. 

O'Reilly n'osa aller plus loin et il le fît embarquer pour la France. 

A l'arrivée du navire à LaRochelle, il fut arrêté et incarcéré à la 
Bastille le 17 février 1770. L'ordre de détention jjurtait : "Sur la de- 
mande de Sa Majesté Catholique" 

On commença le procès de F'oucault, juiis la ju.^tice se décida à 
laisser à la diplomatie le soin de décider de son sort. 

Le iS juillet 1770, la dépêche suivante était envoyée à l'ambassa- 
deur de France à Madrid : "Le roi d'Espagne prononcera sur le sort 
de ce conuni.ssaire en le suppliant néanmoins de vouloir bien conseiller 
la clémence..." 

Le roi d'Ivspagne fit répondre : "L'intention de .Sa iNLijesté est de 
ne point se mêler de la décision du sort du sieur F'oucault qu'il laisse 
entièrement à l'arbitre du roi de France pour (jue, suivant les inspira- 
tions de sa clémence, il en disixise selon son bon jilaisir. Il demande 
seulement que h'oucault ne puisse jamais retourner eu Louisiane." 

Il est peut-être bon d'ajouter que Foucault avait adressé au roi 



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d'Espagne plusieurs suppliques pour implorer sa générosité. 

Foucault ne fut pas tout de même iuis en liberté sur le champ. Il 
Il fut oublié près d'un an à la Bastille. 

Le 22 juin 1771, il sortait enfin de prison. 

Le duc d'Aiguillon, qui s'était intéressé à son sort, écrivait à peu 
près vers cette époque : "Sa conduite à la Nouvelle-Orléans paraît ne 
lui avoir été inspiré que par un zèle excessif pour le service du roi". 

De son côté, le comte O'Reilly, qui avait été plus à môme de le 
connaître, faisait de lui un portrait peu flatteur : "C'est un personna- 
ge vain, borné, qui a dupé beaucoup de monde, ainsi qu'il est aisé 
d'en juger par l'état des dettes ( «is;, 000) qu'il laisse. Je suis per- 
•suadé que la crainte de ne pouvoir jamais les payer a été la principale 
cause de ses délits." 

Quoiqu'il en soit, le roi de France ne lui tint pas trop compte de 
sa conduite puisque, peu après sa sortie de la Bastille, il le nommait 
commissaire titulaire de la marine "pour prendre rang du ler avril 

1765-" 

En 1772, Foucault obtenait la charge d'ordonnateur à Pondiché- 
ry. 

Il passa en la même qualité, en 1776, à l'île de France. 

Foucault se retira du service le 2 août 1783, avec une pension de 
10,000 livres. 

Il mourut à Tours le 3 septembre 1S07. 

M. Foucault s'était marié, après .son retour en France, à Louise 
Liéuard de Beaujeu, veuve de Jtan-Baptiste-François Charly, cheva- 
lier de St-Loui.-; et major de l'île de Gorée. 

Elle décéda à Tours, en 1823, et lais.sa ses biens à Aniédée- Vin- 
cent Juchereau de Saint-Denys. 

5« TiiKRKSK-Loui.SK Foucault (i) 

Née à Qué'oec le 25 novembre 1723. 

Décédée à Charlesbourg le 23 février 1724, elle fut inhumée dan.^, 
la chapelle Saint-Joseph de l'église ds cette paroisse. 

6° Louis-Catiiickink Foucault 



(i) L'acte de sépulture lui donne les prénoms CTihcrine-Louist 
-Thérèse, mais elle lut baptisée >ous le> prénoms Tliér<'sc-l,uuise. 






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—376- 

Née à Québec le 26 avril 1725. 

Mariée, à Québec, le 8 février 1747, à Josepli-Etienne Nouchet, 
couseill^T du Roi, assesseur au Conseil Supérieur de Québec, fils de 
Joseph Nouchet, receveur des droits du domaine du Roi en ce pays, et 
de Geneviève Gatin. 

M. Nouchet, qui avait été nommé assesseur au Conseil Supérieur 
de Québec par MM. de Beauharnois et Hocquart le 3 décembre 1746, 
remplaça dans le même corps, le ler juin 1750, M. de Lotbinière décé- 
dé. 

M. Nouchet décéda à Québec le 3 février 1758, et fut inhumé 
dans l'église paroissiale. 

An mois de novembre 1759, madame veuve Nouchet entrait com- 
me dame pensionnaire chez les Sœurs Grises, à Montréal. Elle décé- 
da dans cette communauté le 26 juillet 1774. (i) 

De ses cinq enfants une seule lui survécut, Marie-Joseph-Elisabeth, 
qui devint l'épouse de Augustin Chaboillé, de Montréal. 

7° Marie-Claude-Geneviève Foucault 

Née à Québec le 12 avril 1726. 

Mariée à Québec, le 4 mai 1744, à Guillaume Guillimin, conseiller 
assesseur au Conseil Supérieur de Québec, fils de feu Mtre Charles 
Guillimin, conseiller du Roi au dit Conseil et de défunte dans Fran- 
çoise Le Maître. 

Après avoir été conseiller au Conseil Supérieur de Québec puis 
lieutenant-général de l'Amirauté sous le régime français, M. Guilli- 
min devint sous le régime anglais avocat puis juge de la Cour des Pré- 
rogatives. Il décéda à Québec le 30 juillet 1771. 

8° Marie-Thérîîse Foucault 

Née à Québec le 20 avril 1728. (2) 

Mariée à Québec, le 14 novembre 1747, à Jean André La Maletie, 
bourgeois, négociant à Québec, fils du sieur La Maletie, bourgeois, né- 
gociant à Bordeaux, et de danioiselle Marie-Aune Benêt, de la paroisse 
Saint-Michel, évèché de Bordeaux. 

Quelques mois après son mariage, M. La Maletie remplaçait M. 
.\ubin de l'Lsle connue greffier delà maréchaussée de Québec. 

{!) Annuaire de Ville- ^Llrie, vol. i , p. 85. 
(2) Baptisée le 22 août 1729. 



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—377- 

Après la conquête, M. La Maletie sa femme et ses enfants parti- 
rent pour la France. 

En 1768, M. La Maletie était établi comme négociant à Bordeaux. 

François Foucault ■ | 

Il ne faut pas confondre François Foucault, garde-magasin à | 

Québec, puis écrivain principal de la marine et conseiller au Conseil i 

Supérieur, avec François Foucault, marchand et exempt de la Mare- 1 

chaussée à Québec. i 

Ce dernier était né en 1661, à Vernenil, près de Loches, évêclié I 

de Tours, du mariage de François J'oucault et de Gabrielle Delaunaj-. i 

Tl passa dans la Nouvelle- France avant 1689 et s'établit comme i 

marchand à Québec. 

Le 24 mai 1689, le roi établissait au Canada la charge d'exempt } 

du prévôt des Maréchaux qu'il accorda à François Foucault, pour en : 

faire les fonctions sous le sieur de Saint-Simon, prévôt de la Maré- 
chaussée. 

François i*oucault exerça cette charge jusqu'à sa mort, arrivée à 
Québec le 7 juin 1734. Il était âgé de 73 ans. 

Il avait épousé, à Montréal, le 30 août 1691, Catherine Nafrechoux, 
veuve de Louis Chaunier, et fille d'Isaac Nafrechoux et de Catherine 
Leloup. I 

Elle décéda à Québec le 29 janvier 1735, un peu plus de six mois 
après son mari. 

De leur mariage étaient nés cinq enfants : • 

i'' Jean-Baptiste Foucault né à Québec le 23 février 1693. 

20 Catherine Foucault née à Québec le 2 mai 1696. Ce doit être 
elle que nous voyons entrer en religion à l' Hôpital-Général de Québec 
le 4 novembre 1713 sous le nom de Charlotte de la Croix. Ivlle fil 
profession le 23 avril 17 15 et décéda le 17 septembre 1741. 

3" Frauçoise-Gabrielle Foucault née à Québec le 3 mars 1698. 
Mariée à Québec, le 18 décembre 1724, à Louis Courval, fils de Jean- 
Baptiste Co.irval et de Louise Cressé, de Trois-Rivières. 

4° Pierre Foucault né à Québec le 3 mars 1699. ; 



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— 378 — 

.5° François Foucault né à Québec le 9 mars 1700. (i) 

L'aide-major Foucault 

Le 16 novembre 1704, le gouverneur de Vaudreuil écrivait au mi- 
nistre : 

"Il m'est revenu que l'on vous avait dit que j'avais uue quantité 
de parents du côté de mon épouse. Je vous assure qu'elle n'a au 
monde en ce pays que M. de Lotbinière. Il est vrai que j'ai beaucoup 
de considération pour lui, mais aussi. Mgr, il faut que le portrait que 
l'on vous en a fait lui soit bien avantageux pour que vous lui ayez 
fait l'honneur de le mettre à la tête du Conseil où il remplit parfaite- 
ment ses' devoirs et le sieur de Beauharnois en est très conteut. 

"Je n'ai de mon côté qu'un parent à qui le feu chevallier de Cal- 
Hères avait donné une petite enseigne dans ce pays. Je vous prie de 
vouloir bien lui accorder U!ie lieuteuance. Il fait la charge d'aide- 
major des troupes. Il est à Plaisance avec le détachement que vous 
m'avez ordonné d'envoyer au sieur de Suberca.se. C'est un gentil- 
homme en état de bien servir le roi. Il est cousin germain de M. de 
Polastfon, lieutenant-général et se nomme monsieur de Foucault". (2) 

Nojs croyons que ce M. de Foucault n'a pas séjourné longtemps 
dans la Nouvelle-France. Du moins, nous n'eu trouvons aucune 
mention après 1704. 

En 1880, un Français distingué, le comte de Foucault, visitait le 
Canada. M. le juge Routhier lui a dédié son récit de voyage au lac 
Saint-Jean, En canot. Le comte de Foucault était de la même famil- 
le que l'aide-major des troupes Foucault. 



(i) Mgr Tanguay {Dic!ionnai>t gâicalogiquc, vol. 1er, p. 237) 
lui fait épouser, à Québec, le 3 juin 17 iS, Catherine Chaunier. Il l'a 
confondu avec son homonyme, François Foucault, qui fut plus tard 
conseiller au Conseil Supérieur. 

(2) Correspondance générale, vol., 22. 



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- 379 - 

Nicolas Foucault 

Originaire du diocèse de Paris, il fut ordonné prêtre à Québec le 3 
décembre 1689. 

M. Foucault fut curé de Batiscan de 1690 à 1700. 

C'est au cours de cette année qu'il partit pour les missions de la 
Louisiane. 

M. de Brisacier écrivait de Paris à Mgr de Laval, le 17 juin 1701 : 

"Nous avons reçu vos trois lettres de 1700, Monseigneur, l'une du 
9 août, l'autre du 19 octobre et la 3e sans date. La i ère nous a été 
rendue par le Père Commi.ssaires des Récollets et elle est toute entière 
sur la mission du Mississipi et sur le présent que vous lui avez fait en 
y envoyant M. Foucault en qui vous avez trouvé toutes les bonnes 
qualités d'un missionnaire ])ropre à travailler avec succès. Il faut es- 
pérer avec vous, Mgr, qu'estant joint avec ses confrères et agissant de 
concert avec eux l'œuvre de Dieu s'avancera." 

M. Foucault fut massacré par des Sauvages infidèles au mois d'oc- 
tobre 1702. » . . 

M. l'abbé Tremblay écrivait de Paris à Mgr de Laval, le 15 juin 
1703 : 

"Vous apprendrez la triste mort de notre cher M. Foucault que 
des sauvages d'une nation au-dessous des Akansas nommés Coulois 
[M. Shea les nomme Koroas] qu'il avait pris pour le des endre aux 
Français avec trois autres Français malades qu'il avait ^ aux AKansas, 
ont massacré pour avoir sans doute leur butin ou poussés peut-être par 
les AKansas de dépit de ce qu'il les abandonnait." 

Un peu plus tard, M. Tremblay écrivait encore à Mgr de Laval : 
"M. Bergier me mande que quand M. Foucault a été tué il avait 
pour plus de 1000 écus d'effets avec lui. Quelle perte outre celle de la 
personne qui est inestimable !" 

Simon Foucault 

Le récollet Simon Foucault était né en France. Mgr Tanguav 
dit qu'il fut ordonné iirêtre à Québec le iS décembre 1723. Il fait 
erreur puisqu'on le voit desservir le Cap Saint-Ignace pendant quatre 
mois en 1722. 

Au mois d'octobre 1724, le Père Foucault revient au Cap Saint- 
Ignace. Cette fois son séjour y fut plus long qu'en 1722 
puisqu'on trouve sa signature dans les registres jusqu'à septembre 
1741. Pendant ces dix-sept ans il eut charge du Cap Saint-Ignace, de 
l'île aux Grues, do l'Islet et de Saint-Jean Port-Joli à différents inter- 
valles. 

îilgr Tanguav fait mourir le Père Foucault à Montréal le 6 juillet 
1744. M. rai)bé Sirois, dans .sa Mono;^,yaphic de Si-h-nacf du Cap Sl- 
Isiinu'c fixe sa mort au 9 octobre 1747. 

P.-G.-R. 



.1 u:j 'o , ■:o'.:h< 






... 380 — 



TTable des raeitieres 

DU VINGT-UNIEME VOLUME DU BULLETIN DES 
RECHERCHES HISTORIQUES 



Abréviation de "mil-six cent "...... 21; 

Adelsheini, Charles-Fredéric-Chrétien .... 221 

Alavoine, Charles ........ 

Allemand, Pierre . ....... 

Alliez, André , . . 

Auceâu .......... 

Badelart, Le docteur 

Baronies de la Nouvelle- France, Les ..... 

Basilique de Québec, Les piliers de la . . . . 

Beaucours, Madame Boisbertlielot de . . . . 

Beauharuois, Lettre du Roi au gouverneur de . . . 

Belestre et Pierre Le Moyue d'Iberville, Mlle Picoté de 
Belyédère à Québec, L'origine du nom .... 

Berry 

Berthier .......... 

Biographies canadiennes 22, 23, 29, 51, 87, 153, 217, 244, 
Blondin, Les prouesses de . . . . . . . 

Boucliers des Sauvages, Les ... . . 

"Bourse de Montréal", La ...... . 

Branssat, Migeon de ....... . 

Briand, Lettres de Mgr ...... 

Brouage ... 

Bruuswickers au Canada, Les ..... 

Buteux, L'assassinat du Pcre ..... 

Canadiens-Français et la guerre de Crimée, Les 
Capitulation de Montréal, La .... . 

Carillon, Le prétendu drapeau de . 

Cartier descendait-il de Jacques Cartier? Sir G.-E. 

Cartier, Les ouvrages publiés sur sir G.-E. 

Catalogne, Mémoire sur les seigneuries . . . 257, 289, 

Chacornacle et Joauucs . , . . . . 

Chambly, Le fort de 



23 

129 

7.352 

308 

343 

46 
17 
239 
238 
224 

65 
308 

45 
311 
274 

55 

133 

232. 303 

122, 128 



;S4, 



146 
143 
126 

27 
302 
222 

28 
321 
190 
307 



n H'.\: -UÎg'I 



■1/ ^.i-s ';;!.•:> J 



.Vi(,i,K, 



... 381 - 

Champlaiu, Les autographes de .... . 26 

Champredont, capitaine de I^aSarre ..... 49 

Chartier, L'abbé René alias Htieuue . . . . ." 51 

Châteauguaj-, Les combattants de .... . 27 

Chavigny de Berchereau, François de . . . . 3" 

Chien d'Or, Le 270 

Cloridorme, L'origine du mot ...... 115 

Club Saint- Jean- Baptiste, Le I34 

Commissions des gouverneurs de la Nouvelle-France, Les . 139 

Comtés de la Nouvelle-France, Les ..... 46 

Conseil Supérieur au Roi, Lettre du . . . . . 200 

" " , Lettres du Roi au .... 50, 145 

" " , Le port de l'épée devant le ... 63 

Contemplatifs de Montréal, Les ...... 20 

Couillard de Lespiiiay, Louis . . . . . . 116 

Crosse et les Sauvages, Le jeu de . . . . . 212 

Cugnet, La famille du légiste Frs-Jos. .... . 236 

Darveau, L'abbé Jean-Edouard 94 

Des Essarts , 30S 

Des Touches, Michel Peroune ...... 166 

Droit dans la province de Québec, Le . . . . 147 

Duels et coups d'épée à Montréal ..... 353 

Dumesnil, Jean Peronne . . . . . . . 161 

Qi sts fl/t-inoires 161, 193, 225 

Duplessis, La famille Regnard . . . . . . 2*0 

Dupuis, Zacharie ....... . 309 

Ecclés Hill, L'engagement de . . . . . . 115, 253 

Epée derant le Conseil Supérieur, Le port de . . . 63 
Evanturel, F-rançois . . . . . . . . 22, 61 

F-aux-raonnayeurs sous le régime français, Les . . . 34S 

F'ief Saint-Jean à Québec, Le ..... . 65 

Fondateurs de Montréal, Les ...... 144 

Fossambault et la Nouvelle France, M. Naud de . . . 2SS 

F'oucault, La famille . . ... . 369 

Gagnon, Ouvrages jiubliés \\\x Ihiléas ... . 152 

Gaillard, Guillaume 90 

" Mathieu ...... . . ^^7 

" Pierre Rey ........ S9 






"-•>)'■ ■ 


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■I . ii oV . ■ 1 ;i',dni;^'<;i''î 



382 



Gaudais-Dupoiit à Colbert, Mémoire de ... . 227 

George III à Montréal, Un buste de .... . 182 

Gifïard, Lettres de noblesse à Robert . . . . 159 

Gouverneurs de la Nouvelle-France, Commissions des . . 139 
Haldimand était-il marié ? Le gouverneur . . .... '-20,350 

Iberville, Mlle Picoté de Belestre, Le Moyne d' ... 224 

férôme, Le Trapjiiste ..... . . 17 

Joannès, Le baron de . . . . . . . 115, 190 

Jodoiu, Feu Alexandre ...... . 77 

Kimber, La famille ........ 201 

Langelier, Ouvrages publiés ])ar Sir F'ratiçois . . . 210 

" , Ouvrages publiés par Jean-Cbrysostôme . . 150 

La Patrie, Un Trappiste à .,,... . 17 

La Rochette, Alexandre- Robert de St-Hilaire de . . 218 

La Terrière, Les Méuioircs de 222 

La Touche, Louis Tantouin de . . . . . . 21S 

Lavallée et l'hymne national ..... , 357 

La Vcrenderie avant ses voyages au Nord-Ouest . . 97 

Le Chasseur, Jean ....... . 284 

Ledru, Pierre 64 

Le Maire, François ........ 217 

Lettres de noblesse de Robert Giffard . . . . 159 

Lino, Ignace- Frs- Pierre Mathieu de .... . 157 

" Jean-François Martin de ..... . 156 

" Mathurin-François Martin de .... . 153 

Lorimier, Chevalier de ..... . . 36 

' ' Guillaume de ..... . . 11 

" La famille de . . . . . . . ' 10, 33 

Louis XIV à Québec, Un buste de 35S 

Macarj-, Le capitaine de ..... . . 285 

Mariages mixtes à Montréal au i Se siècle .... 84 

Marquisats de la Nouvelle- b'rance ..... 46 

Ma/é, Louis Peronne de ...... . 164 

Médecine dans la province de Québec, La . . . . 147 

Migéon de Branssat ........ 232, 303 

Monmercpié, sieur DuI)rouil, ancêtre des Moutiuarquette . t,(it, 

Montréal, "La Bourse" «le ... . . . 133 

" La capitulation de .....' . 27 



ti-riv: ■• 
1 



— 383 



Montréal Le Club Saint-Jean- Baptiste à . . . 

" Les fondateurs Je .... . 

" Les rues et trottoirs à .... 

Un buste de George III à 
Narbonne-Lara, M. de . . . . 

Notariat dans la province de Québec, Le . . . 

Nouette de la SouITleterie ...... 

Oliva, Frédéric-Guillaume .... 

Ordonnances inédite.s, Deux ..... 

Ouvrages canadiens récents ;,o, 62, 95, 12,-^, 158, 181 
Ouvrages publiés par Philéas Gagnon 

" " " Sir François Langelier 

" " " Jeau-Chrysostôme Langelier 

" Alfred Pellaud 
" Mgr Têtu .... 

" " " Horace Têtu .... 
Patriotes exécutés eu 1S38 et 1S39, Les 
Pelland, Ouvrages publiés par Alfred 
Petitclair, Les œuvres de Pierre .... 
Plessis et la marquise de Villeray, Mgr 
Peronne Des Touches, Michel 

" DuMesnil, Jean ...... 

" de Ma/.é, Louis 

Piuze, La famille ...... 

Pouliu, de Francheville, Brevet du roi à 

Québec, Le fief Saint-Jean à 

" et la Siirvcinantc, Le combat de la 
" et le quartier Belvédère ..... 
" Les piliers de la basilique de ... . 

" en 1759, Le siège de ... . 

Questions . . 64, 86, 115, 138, 178, 211, 235, 269, 27 
Raimbault et sa famille, Le juge .... 
Régiment de Canadiens- Français eu 1764, Un 

Réponses . • 26. 55, 126, 18 

Rivièrê-du-Sud, lùi marge de l'histoire de la 
Rouville, René-Ovide llertcl de . . . . 

Sailly, Le juge royal Louis Artus de .... 

Saint-Circiue. Le capitaine de .... 



134 
144 

25 
182 

29 
147 

23 
20, 91 
179 
256, 347 
152 
210 

151 

82 

278 

243 

64, 185 

82 

61 

5 

166 

161 

161 

214 

83 

66 

20, 127 

65 

174 

48 

352, 366 

78 

305 

31S, 350 

116 

53 

206 

367 



jV. 



.: ,;:vUrT 



584 — 



Saint Ours, Histoire de la seigneurie de . . . 

Saint- Père est- il le premier notaire de Montréal ? 
Saint-Sauveur, André Grasset de . 

'■ " L'abbé André Grasset de . . . 

" " Jacques Grasset de ... . 

Salaberry, L'honorable L-J.-A. de ... . 

Salines de Kamouraska, Les ..... 

Sauvages canadiens. Les boucliers des 

Sauvages, Le jeu de crosse nous vient-il des 

Scalpe chez les Sauvages, Le .... . 

Seigneurs canadiens ont-ile exercé la haute justice, Les 
Signature royale, La ..... . 

Société publique secrète à Montréal, Une 
Trappiste à La Patrie, Un ... . 

Têtu, Brochures publiées par Horace 

" Ouvrages publiés par Mgr Henri 
Tenure seigneuriale au Canada, La ... . 

Vaudreuil, Lettre du roi au gouverneur . , 

Villeray, La marquise de ..... . 

" Augustin Rouer de ... . 

" Benjamin Rouer de ... . 

" René-Benjamin de .... . 

Vieunay-Pachot, La famille .... 

Viger et sa famille, Jacques . . , . . 



244 

250 

248 

3 

64 

55 

212 

1S7 

223 

75 

134 

17 

243 

278 

318 

16 

3 

7 

S 

S 

336 

148 









II.'LI J 






6840 1