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FOR THE PEOPLE 

FOR EDVCATION 

FOR SCIENCE 






LIBRARY 

OF 

THE AMERICAN MUSEUM 

OF 

NATURAL HISTORY 







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UEBER EINIGE 



PFLANZEN-VERSTEINERUNGEN 



AUS EINEM 



Sandsteine des Mosrovischen Gouvernements 



VON J. AUERBACH. 



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fAus d. Ballet, der Naturforsch. Gesellsch. in Moscau, Band. 46. 48»». ) 



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UEBER E1N1GE 

PFLANZEN-VERSTEINERUNGEN 



AUS EINEM 



Sandsteine des Moskovischen Gouvernements 

VON J. AUERBACH. 

Der fast gânzliche Mangel an Yersteinerunsen 
oder deutlicben Ueberlagerungen macbte bislier 
die geognostiscbe Bestiramung der Sandsteine misè- 
res Gouvernements zu einer liôclist schwierigen 
Aufgabe und ich glaube daher zu deren einstiger 
Losune einen nie ht unwilJkommenen Beitra^ zu 
liefern, indem ich eiuige Versteinerungen aus dem 
genannten Gesteine, die ich kennen zu lernen Ge- 
legenheit hatte, zu beschreiben versuche. 

Die erwâbnten Petrefacten sind in einem fein- 
kornigen , ziemlich festen Sandsteine enthalten , 
welclier sicli am nôrdlichen Abhange eines Hùgels 
ira Klin'scben Kreise des Moskovischen Gouver- 
nements (6 — 7 Werste NO vonRlin, etwa 3 Werste 
von dem Rircbdorfe Rlenowka ) in losen, zerstreu- 
ten Blocken von 2, 4 bis 6' Durchmesser, fast un- 



mittelbar unter der Dammerde, von thonigem San- 
de umgeben, vorfindet, Dièse Blôcke baben eine 
abgerundete, nierenfôrmige G estait , sind auf der 
Oberflâcbeund den Kluftflàchen bàufig von Eisen- 
oxydbydrat braun gefârbt , innen aber meislen- 
iheils von einer gleicbmâssigen, grauweissen Farbe 
und entbalten zuweilen ganze Lagen verkoblter 
Pflanzenreste, die zwar nieistens sehr zerstùckelt, 
und daber unkenntlicb sind, aber docb einzelne, 
deutlich erkennbare Abdrùcke liinterlassen liaben. 
Unter diesen deutlicberen Abdrùcken sind es 
vorziïglicb zwei , welcbe eine nàbere Bestini- 
niung zulassen ; sie scbeinen beide unzweifelbaft 
von Pflanzen aus der Familie der Farren berzu- 
staromen und zwar mocbte die eine Art ( Tab. IV. 
fig. 1, a, 4. Tab. Y. 7 ), wegen der mit der ganzen 
Basis an die Spindel angewaclisenen Fiedercbeu 
und der deutlicben Mittelnerven (fig. 7 ) der Gat- 
tung Pecopteris, Ad. Brogn. zuzurecbnen sein und 
etwa in der Nâhe des Pecopteris Oreopterldis Ad. 
Brogn. (*) Cyatheites Oreopterldis, Gôpp. (**) ihre 
Stellung finden, die andere ( Tab. IV. fig. 1, b 
et 2 ) aber der Gattung Scolopendrites , welcbe 
Gôppert gewiss mit dem grôssten Piecbte von der 
provisoriscben Gattung Fillettes, Ad. Brogn. ge- 
trennt bat, einzureihen sein. Sie abnelt dem Scolo- 



{' i Ad. Bkogn. Hist. des végét. foss. tom l. pag. 317, tab. 
C1V et CV. 

[**) II. R. Gôppf.rt, die fossileu Farrnkrauter, pag. 323. 



\ 



pendriles Jussieui, Gopp. (*) (Filicites scolopendrîoi- 

des Ad. Brogin. (**) ist aber (loch wesentlich von 

ihm verschieden, indeni bei der genannten Art die 

lànçlichen Fruchthanfen sich riach den Enden zu 

verschmâlern und mit dera Mittelnerven einen 

Winkel von etwa 30° machen, wàhrend bei un- 

serer Art die Fruchthaufen ihre grosste Hôhe 

und Breite unmittelbar an dera Mittelnerven errei- 

chen, auf dem sie fast ganz senkrecht stehen und 

auch ira ganzen Habitus eine bedeutende Abwei- 

chung Statt findet. Dièse VerscKiedenheit scbeint 

mir die Aufstellung einer eigenen Species hinlàng- 

licb zu recbtfertigen , fur welche ich, wegen der 

auf dem Mittelnerven senkrechten Stellung der pa- 

rallelen Fruclitbaufen, den Naine u Scolopendrites 

pectinalus vorsclilagen wùrde, und welche mithin 

durch folgende Kenuzeichen charakterisirt wàre: 

Scolopendrites pectinatus , fronde simplici, 

lineari, nervo medio crasso, capsularum acer- 

vls pinnatim dispositis , sese tangentibus, ob- 

longis, versus nervum mediutn, eut perpendi- 

çulares surit, incrassatis. 

Ausser diesen zwei Filiciten finden sich in 

deinselben Sandsteine noch ziemlich hâufig Ab- 

drùcke von stark gestreiflen, nicht riâher bestimin- 

baren Calamilen- Slengeln mit Scheidewândeu 



(*) Ibidem, pag. 276. 

(**) Ad. Brogn. Hist. vég. fos.s. tom. I. pag. 388, tab. 
CXXXVII, fig. ?. 3. . 



6 

( Tab. V, fig. 8 et 9 ) und einige andere noch un- 
deutlicbere Pflanzen-Versteinerungen ( Tab. IV. 
%. 3. ô. 6 ). 

Obgleich die Gesammtbeit dieser Petrefacten 
lebbaft an analoge Bildungen in dem bunten 
Sandsteine erinnert , so mocbte es doch zu ge- 
wagt sein, daraus Folgerungen ûber das relative 
Alter unseres Sandsteines macben zu wollen, um 
so mebr da die Lagerungsverbàltnisse desselben 
nocb gànzlich unbekannt sind und das unterlie- 
gende Gestein in der Umgegend nirgends zu Tage 
kommt ; dièse wicbtigsten Bestimmungen mùssen 
also einstweilen ferneren Untersucliungen und 
geùbteren Forscbern vorbehalten bleiben. 

Errlaerung der Tafeln. 



Scolopendrites pectinatus, m. 



Tab IV. fig. 1. a Pecopteris. 

fig. 1. h. 
fig. 2. 

fi g : s. j 

fig. S. \ Unbestimmbare Pflanzenreste. 

fig. 6. ) 

fig. 4. | 

Tab. V. r \ Pecoptens.... aus dem Klin'schen. 

fig. 7. r 



fig. 10 
fig. il, 
fig. 8. j 

fig. 9. ( 

Moskwa, 

d. 14 October 1843. 



; Pecopteris.... aus Tatarowo. 
Calamités .... 



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1841. 



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Tome XIX. 



ANNEE 1 8^6. 

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»E L'IMPRIMERIE D'ATJGUSTE SEMEN. 
1846. 



LETTR 

ADRESSÉE A LA SOCIÉTÉ IMPÉRIALE DES NATURALISTES DE MOSCOI 



PAR 



EOPOLD DE DUC H. 



Le */,. Mai 1846. 



Les Géologues doivent reconnaître avec la plus 
grande satisfaction et avec le plaisir que font tou- 
jours naître les grands pas qu'on voit faire à la 
science, que c'est principalement à la Société des 
Naturalistes de Moscou et à son activité réfléchie 
qu'on est redevable de la connaissance de cette 
formation jurassique, si curieuse et si instructive, 
dont la Capitale est entourée. Quelle différence, en 
comparant ce que nous savons maintenant , grâ- 
ces aux travaux des naturalistes de Moscou et aux 
belles collections dont ils ont honoré ceux , dont 
l'intérêt pour la science l'emporte sur leurs for- 
ces, quelle différence, dis-je, avec ce que nous sa- 
vions il y a six ans ! 

Espérons, que cette Société si utile et si active 
voudra elle même rassembler en un corps tout ce 
que Moscou nous apprend, et voudra bien nous don- 



245 

lier une Monographie raisonnée des environs de 
cette ville. Tout ce que les étrangers peuvent y 
ajouter ne restera que fragmentaire, et ne sera que 
le résultat et les conclusions souvent assez témé- 
raires, qu'un seul exemplaire fait naître. Et il n'y a 
qu'une expérience suivie, qui puisse nous donner 
des lumières sur ce qui, parmi des productions si 
variées, est réellement caractéristique pour la con- 
naissance des terrains. 

L'ancien monde nous présente trois terrains 
jurassiques séparés et d'un caractère particulier. 
L'«/i entoure le bassin de Paris et de Londres. 
Ce sont les couches jurassiques d'Angleterre , de 
Normandie, de Bourgogne, des Ardennes. Dans le 
Nord de l'Allemagne commence le second de ces 
terrains. Le Lias disparait, ainsi que les coraux, de 
la partie supérieure. C'est le terrain de Russie, déve- 
loppé à Moscou, et qui se poursuit jusque dans les 
steppes des Rhirgiz. Le troisième est le système 
méditerranéen du midi de la France, de la Lom- 
bardie, des Carpathes , de la Crimée. L ; 'Ammoni- 
tes tatricus, les grands Aptychus le caractérisent. 
Etudions donc le second de ces systèmes à Mos- 
cou, comme le premier en Franconie, dans le Glo- 
stershire ou aux environs de Caen ; et le troisiè- 
me : à Como, à Trente, en Crimée. 

Que la Société, faute de temps, car l'été presse, 
me permette quelques observations , jetées très à 
la hâte, sur ce qu'on a publié jusqu'ici sur le se- 



146 

cond de ces terrains et sur ce que les belles col- 
lections qu'on lui doit m'ont fait entrevoir. 

Il est vrai que le travail et les superbes figures 
de M. r d'Orbigny, à la suite du second volume du 
grand ouvrage sur la Russie de M. r Murchison , 
pourraient faire croire, que nous possédons une 
excellente Monographie de Moscou. Mais M. r d'Or- 
bigny n'a eu qu'une seule collection sous les yeux, 
souvent qu'un seul exemplaire et non des plus par- 
faits, de manière, qu'avec tout son grand mérite, 
le caractère de la formation jurassique de Moscou 
ne ressortirait que très imparfaitement de ce tra- 
vail, quoique fait de main de maitre. M. r d'Orbig- 
ny est certainement, de tous nos Paléontologistes, 
le plus savant, le plus exercé et celui qui com- 
bine plus que tous les autres naturalistes la con- 
naissance des pétrifications avec ce qu'une Zoo- 
logie profonde et comparée , suite d'un jugement 
admirable , peut nous apprendre. Mais occupé 
de tant de travaux divers , il se peut que le tra- 
vail sur la Piussie n'ait pas attiré toute son atten- 
tion, comme la nature développée dans ces régions 
le mérite. Il sera donc permis de faire quelques 
observations sur ses déterminations, que je prie la 
Société de vouloir bien accueillir avec indulgence, 
jusqu'à ce que je puisse lui présenter quelque 
chose de plus parfait. 

Ammonites catenulatus Fischer. Belle ammonite, 
toute particulière aux environs de Moscou, qui 
se place très naturellement à la suite des Ammo- 



247 

nites de la famille des Falcifères. Ses lobes à 
dents pendantes, non roid.es, à base large, le prou- 
vent assez. 







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-V 



JLa lace suturale ab oblique mais plane est 
tout à fait caractéristique pour les Falcifères , 
puis les stries qui sur une courte tige se 
tournent en courbe très prononcée vers le dos. 
Le dessin de M. r d'Orbigny les donne mal, comme 
n'ayant point de courbe. De là vient , qu'il nie 
que l'Ammonite puisse entrer dans cette famille , 
et la place dans une des Glypéiformes à moi in- 
connue. Le rapprochement avec VA. Discus ne 
saurait être soutenu. Celui-ci appartient aux Amal- 
thées à lobes très différents. 

Ammonites Lamberti. M. r d'Orbigny veut , que 
ce soit VA. Leachii de Sowerby et change ainsi 
d'un seul coup tout ce que tant de naturalistes 
ont coutume de regarder comme A. Lamberti. 11 
est dans l'erreur; j'ai comparé, examiné les pièces 
d'Angleterre, et les figures de Sowerby elles mê- 
mes font voir assez facilement que VA. Lamberti 
est constamment à côtés presque plans , tandis 
que VA. Leachii a les côtés bombes. Il n'est pas 



2*8 

bon de changer des noms si généralement admis 
et adoptés. 

Ammonites Tscliejfkini. C'est avec raison que 
M. r d'Orbigny sépare celte Ammonite , vraiment 
caractéristique du terrain, de VA. sublœvis , avec 
lequel je l'avais combinée comme variété, et décri- 
te fort au long Beytr. zur Geb. v. Russl. p. 31. 
\JA. sublœvis conserve un plan suturai constam- 
ment droit, taudis qu'il est plus ou moins bombé 
dans VA. Tschejfkini. L'ombilic de VA. sublœvis 
ressemble par cette disposition à un entonnoir où 
les tours se placent exactement les uns sur les 
autres. Dès que le plan suturai est bombé, cette 
disposition disparaît et les tours se reconnaissent 
aisément. Les lobes sont absolument ceux de VA. 
sublœvis , jusque dans les moindres détails : VA. 
Tscheffkini fait donc le passage entre VA. sublœ- 
vis et VA. omphaloides. Des Macrocépbales. 

Ammonites Pallasianus pi. 32. f. 1. Non en vé- 
rité. Cette Ammonite n'est nullement différente 
de VA. bifurcatus Schlolbeim, très fréquente dans 
les parties supérieures du Jura d'Allemagne. Le 
caractère essentiel, et fort marquant de cette es- 
pèce, est d'avoir Jes côtes très aiguës , bifurquées 
près du dos, de manière que l'intervalle entre les 
bras de la bifurcation reste beaucoup plus élevé 
que Tinlervalle entre les côtes mêmes. Elle est dé- 
crite Bucb, Jura in Deutscbland pag. 75. Des Pla- 
nulites. 

Ammonites Panderi pi. 33, f. 3. est certainement 



249 

A. mutabllis Sow. si fréquent et si grand à Me- 
zières. Comme VA. mutabllis a été envoyé de Ga- 
rachowo, des exemplaires , qui pour Ja forme et 
les lobes ne différent point de celui des Arden- 
nes, porteraient à croire que VA. Pandcri en gé- 
néral devrait être réuni à VA. mutabllis. Des Pla- 
nulites. 

Ammonites Kirghisensis est VA. apertus Buch, 
Russia 100, 103. C'est une variété on dépendan- 
ce de VA. Juson, dont les tours ne sont que peu 
enveloppés. Des Dentées. 

Ammonites subcorclatus pi. 24, f. 6, 7. Il est 
étonnant que M. r d'Orbigny n'ait pas conuu une 
Ammonite si fréquente et si caractéristique pour 
le Jura. M. r de Sclilotheim l'avait nommée A. va- 
rians, nom dont^. varlans de la craie s'est emparé. 
Je Tai donc changé en A. a Iternans et figuré Pétrif. 
remarq. pî. 7. fig. 4. Ziethen pi. 15, f. 7. Quenstedt 
Wurtemberg p. 399. Beaucoup d'exemplaires, 
dus à l'obligeance de la Société, ne laissent aucun 
doute sur l'identité de l'espèce. Des Amaltbées. 

Ammonites Brlghtii. C'est VA. hectlcus Reinecke 
très connue du Jura. Quenstedt "Wurtemberg pag. 
366, 386. Ziethen pi. 10, f. 11. Des Falcifères. ' 

On facilite infiniment les descriptions et la pein- 
ture générale de l'espèce qu'on décrit, en com- 
mençant par désigner la famille à laquelle l'espèce, 
dont on veut donner une idée, doit être subor- 
donnée. On évite par là de faire des rapproclie- 
mens inadmissibles de deux espèces peut être ap- 



250 

partenant à des familles très éloignées l'une de 
l'autre. M. r d'Orbigny , qui connaît si bien les 
Ammonites, donne rarement cette facilité à ses 
lecteurs. 

Que n'a-t-on beaucoup de descriptions , aussi 
parfaites que celle de la Terebratula aptycha Fi- 
scber, acuta ! ( Bullet. d. 1. Soc. de Moscou 1844, 
889.) Il est assez vraisemblable, qu'on trouve- 
rait des différences essentielles entre celle-ci et la 
T. acuta de Sowerby, mais sa description ne vaut 
pas celle de Moscou et sa figure, mal placée , ne 
donne pas assez de lumière , pour s'assurer de 
l'identité des espèces. Elle n'existe pas à Berlin. 
C'est une erreur, pag. 892,£que M. r de Buch ait 
dit qu'elle représente la T. varians, si commune 
en Allemagne. C'est la T. personata, qui s'empare 
de la place de la T. varians ; et celle-ci n'est cer- 
tainement pas rare en Russie ; elle se trouve de- 
puis Popilani jusqu'à Simbirsk et, n'en doutons , 
point, dans la vallée de l'Ileck. La figure grossie 
de M. r d'Orbigny n'en donne pas une idée très 
exacte. Il serait à désirer que nous vissions une 
description égale à celle de la T. aptycha de la 
belle Terebratula Fischer i des Moscovites , plus 
digne de porter ce nom, que la T. Fischeri d'Or- 
bigny, qui est trop voisine de la T. vicinalis 
Sclilo'th. pour pouvoir en être séparée comme es- 
pèce. 



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te ûhston. 



Tome XIX. 



ANNÉE 1M6. 



N° II. 



DE L1MPRÏMEEÏI! D'AUGUSTE SEMSUT. 



1846. 



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COUPE GÉOLOGIQUE DES ENVIRONS 

DE M O S C O II. 



Le travail que nous présentons n'a pour but que 
de servir d'explication à la seconde coupe que 
nous avons publiée Mr. Frears et moi ( Yoy. Bull, 
de Mosc. 1845 N° 4). Ce but explique pourquoi 
nos descriptions, .ne tendant qu'à déterminer les 
fossiles , ne sont que rigoureusement suffisantes 
et ne sont pas aussi complètes qu'elles pourraient 
l'être. Nous n'avons figuré que les pièces peu 
connues ; toutes les fois que nous avons connu 
une bonne figure, nous nous sommes contentés de 
la citer. Enfin nous désirons vivement que les fos- 
siles que nous avons signalés comme nouveaux ne 
le soient pas, car, dans ce cas, ils n'auraient qu'une 
valeur zoologique et ne pourraient servir à une 
comparaison géologique quelconque. Quiconque 
appréciera l'absence d'ouvrages souvent nécessai- 
res, le manque de collections complètes, sentira la 
difficulté de bien^ distinguer ce qui est réelle- 



415 

ment nouveau. Nous prendrons pour base tous 
les travaux publiés sur la géologie de notre gou- 
vernement, ain,si que nos propres recliercbes pu- 
bliées Tannée passée. Ces dernières sont : 

1. Discours sur les Animaux du gouvernement 
de Moscou, prononcé à la clôture du cours aca- 
démique de l'année scliolaire 1844—1845 (*). 

2. Excursions géologiques dans les environs de 
Moscou, dont les résultats ont été exposés dans 
la Gazette de Moscou (**•] 1845. N° 51. 

3. Excursions etc. Ibid. N° 92-93. (***). 

4. Nouvelles excursions etc. Ibid. N° 128 , 
133-134. (****> 

5. Premier essai d'une coupe géologique des 
environs de Moscou, par Mr. Frears et moi , an- 
nexée aux extraits de mon discours. 

Avant d'entrer dans la discussion des faits qui 
nous occuperont plus loin, faisons l'historique de 
la "géologie de notre gouvernement. Cette partie 
du travail comprendra : 

1. L'exposé rapide des trois époques que nous 
croyons pouvoir signaler dans l'histoire. L/ap- 



(* ; O /KHBOTHMXT. MoCKOBCKOH ly 6 . , ptqt, II pOH3HeCeHHa a B'b 

TopjKecTBeHHOMii CoôpaHiu MocKOBCKaro yHHBepcHTeTa, 16-ro 
Jkmh 1845. 

(**) O recMormjecKHXT. aKCKypciaxi Bt OKpecTHocrflXT» Mockbm. 

(***) Eoje 3KCKypcin no^T» Mockbok). 

(****) IIpoAo^îKeHie 3KCKypciS 11041) RIockboio. 



440 

prédation des faits spéciaux accompagnera l'ex- 
position de ces derniers ; 

2. Les coupes géologiques; 

3. Les cartes géologiques ; 

4. Les cartes topograpliiques ; 

5. Les cartes géographiques, et enfin 

6. Les collections géologiques provenant des en- 
virons de Moscou. 

PREMIÈRE PARTIE. 

A. 

Historique de la géologie de notre gouvernement. 

En jetant un coup d'oeil rétrospectif sur les re- 
cherches dont notre gouvernement a été l'objet, 
trois faits saillants nous montrent nos annales géo- 
logiques divisées en trois époques. Voici ces trois 
faits : 1° Le voyage du Docteur Macquart, 2° 
rOryctographie de M. Fischer de Waldheim, 3° le 
séjour de voyageurs étrangers dans notre gou- 
vernement. 

Première époque. 

( Docteur Macquart ) 

Les recherches géologiques dans notre gouverne- 
ment remontent à cinquante ans , et le premier 
ouvrage sur ce sujet a été publié par le Docteur 
Macquart. Ce savant, Docteur-régent de la Faculté de 
Paris, etc., fit un voyage dans le nord par ordre du 
gouvernement français, et fit paraître ensuite son 
ouvrage à Paris en 17 89, sous le titre : « Essais, ou 
recueil de mémoires sur plusieurs points de mi- 



447 

néralogie, avec Ja description des pièces déposées 
chez le roi, la figure et l'analyse chimique de cel- 
les qui sont les plus intéressantes, et la topogra- 
phie de Moscou. » Cet ouvrage est accompagné de 
sept planches gravées. La topographie de Moscou 
parut aussi en allemand (Topographie von Moscau, 
mit vielen interessanlen statislichen Bemerkun- 
gen. Francfurt-am-Main, 1790). 

M. de Buch fait mention ( * ) de l'ouvrage de 
Macquart comme faisant partie d'un grand Ouvra- 
ge ( Reise nach clem Nord en durch Fiebig, 1790), 
que nous ne connaissons pas. 

Le livre du Docteur Macquart a cela d'émi- 
nemment intéressant, qu^il contient déjà clairement 
formulés les principaux faits de la science actuelle. 
Nous allons passer ces faits en revue et prouver 
ce que nous avançons. Ainsi le Docteur Mac- 
quart dit : 

1. Que le terrain occupé par Moscou a été an- 
ciennement recouvert par une mer ; il établit ce 
fait sur la présence de fossiles marins ; 

2. Que ces fossiles sont clairement répartis en 
trois roches différentes , le calcaire , la roche 
noire de Kharochovo , et un sable désagrégé. 
Ces trois divisions concordent parfaitement avec 
celles que nous admettons aujourd'hui et que nous 
appelons calcaire de montagne, formation jurassique, 
et diluvium. 

( * ) Beitrœge etc, p. 69- 



448 

3. Que les fossiles du calcaire et de la roche 
noire se retrouvent aussi dans le sable désagrégé. 

4. 11 décrit plusieurs fossiles avec assez d'exa- 
titude pour qu'il nous soit facile de les recon- 
naître , et accompagne sa description de figures 
qui leur donnent un nouveau degré de clarté. C'est 
ainsi qu'on reconnait dans la description et la fi- 
gure le Ghoristites mosquensis , deux Productus, 
le Chœtetes radians, ainsi que FAmin. virgatus, 
l'Ara, validus, et la Terebratula acuta. 

5. 11 avait porté son attention non pas seule- 
ment sur la conformation extérieure et superficielle 
des fossiles, mais encore sur quelques points de 
leur structure intérieure ; ainsi il avait remarqué 
dans les Productus ce que nous appelons main- 
tenant les lobes hépatiques et attache des mus- 
cles , dans les Bélemnites il parle d'une pyrami- 
de, et dans les Ammonites d'un syphon. 

6. Il signale déjà dans le calcaire les différen- 
ces du test des mollusques, tantôt composé de la 
substance primitive, tantôt silicifié. 

7. C'est à lui qu'appartient le mérite d'avoir in- 
diqué Rhorochovo, qui est devenue localité clas- 
sique. 

8. Il avait déjà signalé, comme caractérisant cet- 
te localité, les pyrites et les deux formes sous les- 
quelles ces dernières se présentent, ainsi que le 
gypse ( syénite ) du second étage. 

9. La multitude de Bélemnites de cette localité 
ne lui a pas échappé. 



449 

10. 11 parle d'une antre localité qu'il dit in- 
téressante et qu'il appelle Oslrov, en la plaçant à 
28 versles de Moscou , sur la rivière de la Mosk- 
va. 11 signale dans cette dernière localité un fait 
très important que nous tenons à rapporter avec 
ses propres expressions. «J'ai fait une remarque as- 
sez singulière sur cette colline, c'est que si l'on 
frappe avec un bâton sur le sol sableux, il reten- 
tit sous les pieds avec un bruit absolument sem- 
blable à celui qui a lieu lorsque l'on frappe de la 
même manière la solfatare près de Naples. Cepen- 
dant je n'ai pu soupçonner de volcan , parcequ'à 
l'exception d'une pierre ou deux , qui auront pu, 
quoique siliciées, en présenter quelqu'indice, rien 
d'ailleurs ne m'a pu confirmer dans cette opinion. 
J'ai fait creuser un trou de vingt pieds de pro- 
fondeur , dans Fendroit où le bruit se faisait le 
mieux entendre, j'ai trouvé le même sable qu'à la 
surface du sol , et la même impression de bruit 
sourd s'est fait sentir.» 

Personne n'a parlé depuis de cette localité in- 
téressante. Cependant nous croyons que le Dr. 
Macquart voulait citer Ostrovttsi , premier relai 
de poste sur la route de Bronnitzi ; du moins 
avons-nous remarqué le même bruit profond et 
sourd à trois verstes derrière ce village, de l'autre 

côté de la rivière de xMoscou, au pied d'une élé- 

* 
vation. 

11. Enfin il décrit les différentes pierres à bâ- 
tir qu'on exploite aux environs de Moscou. 



450 

Ainsi non seulement la géologie commence, pour 
notre gouvernement, avec le Docteur Macquart, 
mais elle fait de prime abord avec lui un pas gi- 
gantesque. Si, dans l'ouvrage de Macquart, il n'y 
a pas encore de vues nettes sur la répartition 
des fossiles en différents étages caractérisés par 
eux, la faute n'en est pas au Docteur Macquart, 
mais bien à la science elle-même, qui ne soupçon- 
nait par alors le parti qu'on pouvait tirer des fos- 
siles pour établir l'âge respectif des couches. 

La direction purement descriptive que nous 
venons de signaler dans l'ouvrage du Docteur Mac- 
quart, et qui est le caractère de cette première 
époque géologique, se retrouve dans quelques no- 
tices dues au célèbre Pallas, et contenues dans le 
récit de son voyage. 

Seconde époque. 

( M. Fischer de Waldheim. ) 

M. Fischer, appelé en 1804 à occuper une chaire 
de zoologie à l'Université de Moscou , porte son 
attention sur les productions de notre vaste em- 
pire, et particulièrement sur les fossiles de notre 
gouvernement. C'est pour réaliser ses vues scien- 
tifiques que Son Excellence fonda la Société des 
Naturalistes de Moscou en 1805. De cette époque 
commence une nouvelle ère pour» la géologie de 
notre gouvernement. C'est alors que parurent dans 
le Bulletin de la Société ces notices nombreuses 



451 

où éclatent une sagacité hors de ligne et une per- 
sévérance infatigable. Les fruits des recherches in- 
nombrables de Son Excellence furent publiés dans 
le grand ouvrage de FOryctographie , qui remplit 
à lui seul cette seconde époque. 

Le fondateur de notre Société devint aussi le 
fondateur de la géologie rationnelle de notre gou- 
vernement. 11 ne se borne pas à la description , à 
la classification des fossiles, mais il les répartit en 
groupes , et tire de cette répartition des conclu- 
sions pour établir l'âge géologique des roches où 
ces groupes se présentent. Après une analyse la- 
borieuse la science arrive avec lui à une syn- 
thèse puissante, à une généralisation riche d'idées 
et de faits. Nous ne nous étendrons pas sur le 
mérite de ce grand ouvrage: nous nous bornerons- 
à reproduire ce qu'en dit un des plus grands géo- 
logues, un des plus savants paléontologues de no- 
tre temps, Léopold de Buch (*) « Le grand ouvra- 
ge de M. Fischer nous donne une idée très clai- 
re des formations dénudées aux environs de 
Moscou. » 

Pour apprécier comme il convient le mérite de 
cet ouvrage , n'oublions pas que M. de Fischer 
avait à défricher un sol que personne n'avait tou- 
ché avant lui ( il nous semble en effet que l'ou- 
vrage du Docteur Macquart lui était alors incon- 



(*) Beitrœge sur Bestimmung der Gebirgsformationen ira 
Russland. 1840. p. 67. 



452 

nu); il ne trouvait rien de fait, nuls précédents, 
aucune collaboration, et pas de collections. C'était 
donc pour lui une voie qu'il fallait se frayer seul, 
un édifice qu'il avait à élever sans trouver aucune 
aide autour de lui , et dont il devait rassembler 
les matériaux avec des moyens pécuniaires très in- 
suffisans. Aussi son ouvrage fut-il extrêmement 
goûté : on en publia plusieurs extraits dans diffé- 
rentes feuilles périodiques, le Journal des Mines, 
le Journal des Ingénieurs, la Gazette de notre ca- 
pitale et celle de notre gouvernement. L'impulsion 
que cet ouvrage imprima aux progrès de l'His- 
toire Naturelle fut éminente. Des officiers du corps 
des mines furent envoyés pour étudier notre 
gouvernement d'après les indications de l'Orycto- 
grapliie. L'attention de savants illustres fut atti- 
rée sur le sol de notre pays. L'effet de l'ouvrage 
fut tel, qu'il se forma une société de savants voya- 
geurs qui vinrent étudier notre sol. C'est donc 
encore à M. de Fischer que se rattache la troisiè- 
me époque. 

Troisième époque. 

C'est à cette troisième époque qu'apparaît la 
géologie de notre gouvernement comparée à celle 
de contrées déjà parfaitement connues et décri- 
tes. Quelques savants pour lesquels la géologie 
était depuis longtemps un objet constant d'étu- 
des dans leur pays , formèrent une société pour 
l'exploration de la Russie ; c'étaient MM. Murchi- 



453 

son, de Verneuil, Keyserling, Blasius, auxquels se 
joignit comme compagnon el comme guide Mr. 
le Baron de MeyendorfF. 

Ce projet de voyage reçut d'augustes encoura- 
gemens et des secours de tous genres. Sa Ma- 
jesté voulut bien mettre à la disposition de ces 
Messieurs toutes les Collections de l'Empire , et 
leur accorda même des secours pécuniaires ; 
on facilita leur voyage en leur donnant com- 
me interprète un officier supérieur des Mines. 
Toutes les découvertes antécédentes, tous les tra- 
vaux commencés furent mis sous leurs yeux. Ce 
voyage , entrepris sous des auspices si favorables, 
dura deux ans (l 840— 41). En 1844—45 parurent 
deux ouvrages , l'un de M. le Professeur Blasius, 
l'autre de MM. Murcliison, de Verneuil , et Key- 
serling; ce dernier présente un véritable intérêt 
géologique , tandis que le livre de M. Blasius ne 
fait qu'effleurer quelques points de géologie. Ar- 
rêtons-nous sur la partie de l'ouvrage de M. Mur- 
cliison qui traite de notre gouvernement , pour 
l'étude duquel M. Erears envoya en Angleterre 
les fossiles les plus importants , fruits de ses re- 
cherches de plusieurs années M. Auerbach et nous 
mêmes, nous nous sommes empressés de leur envo- 
yer des dessins de fossiles et les résultats de dé- 
couvertes faites après leur départ. Notons encore 
qu'à la composition de cet ouvrage ont pris part 
plus de seize savants, dont plusieurs occupent les 
premiers rangs dans la science : Murcliison , de 
N' IL 1846'. 129 



454 

Verneuil , Keyserling, d'Orbigny, Gôppert, Bron- 
gniart, Owen , Mantel, Agassiz, Landsdale, Lindley, 
et autres. L'ouvrage a été imprimé avec tout le 
luxe possible eu- Angleterre et en France. 

Nota. M. Murchison, dans une lettre adressée au Docteur 
Leonhard de Heidelberg Ç), annonça la publication de son 
ouvrage (**) pour le mois de Mai \ 845. Nous ignorons 
si cette publication eut réellement lieu à cette époque, 
mais il est parfaitement à la connaissance de la Société 
que l'ouvrage de M. Murcbison n'est parvenu à Moscou que 
vers les dernières semaines de l'année-, si donc il se trouve 
dans le discours prononcé par nous à la séance publique de 
l'Université le 16 Juin de la même année , quelques faits 
géologiques, quelques appréciations, quelques vues identiques 
avec celles de l'auteur anglais, nous croyons que personne 
ne pourra voir dans cette circonstance naturelle quelque 
chose qui ressemble à une compilation. 

Passons aux coupes et aux cartes qui ont trait 
à notre gouvernement. , ou du moins au bassin 
géologique dont il fait partie, et finissons par les 
collections. 

B. Coupes géologiques. 

1. Coupe locale a. de Grigorowo, b. de Vassili- 
ewskoë, c. de Kainardji, d. de Véreia. Voir l'Oryc- 
tograpbie, tab. F et P indiquant les terrains 
d'ail uvion et l'étage supérieur du carbonifère. 

2. Coupe idéale depuis Moscou jusqu'à Bélëw 



(*) Bronn's N. Jahrb 1845 Heft. 3. p. 30t. 
( ** ) The Geol. of Russia in Europe etc. 



455 

basée sur les observations de Murchison , de 
Verneuil, de Blasius et du Comte Keyserling, pu- 
bliée pour la première fois dans le Journal des 
Mines: 1842. N° 1. avec texte explicatif, et 
publiée en second lieu, avec une légère correction 
dans la coupe, mais avec le même texte , dans le 
1 er Num. du Bull, de Moscou, 1842. 

On trouve dans ce travail deux points qui doi- 
vent être rectifiés: 1. le Grès de Tatarowo et 
de Litkarino est indiqué comme tertiaire ; il a 
été reconnu depuis qu'il est jurassique, 1. Fétage 
à Productus gigas est superposé à Fétage à Cho- 
ristites mosquensis, tandis que Fordre est absolu- 
ment contraire. 

3. Coupe générale du Bassin de Moscou publiée 
par M. r Helmersen , en 1844 dans FAnnuaire du 
Journal des Mines de Russie pour l'année 1841. 

Elle embrasse tout l'espace compris entre S 1 . 
Pétersbourg et Orel. Elle est malheureusement 
trop peu détaillée, mais exacte. 

4. Plusieurs coupes ajoutées à la carte géogno- 
stique du lieutenant Olivieri, 1844. 

Ces coupes ont été faites sur les gouverne- 
ments de Moscou, Kalouga, Toula , Rézan et Nij- 
ni-Nowogorod. On ne doit les consulter qu'avec 
beaucoup de précautions, car elles ne donnent que 
les caractères lithologiques , et encore ces carac- 
tères sont-ils quelquefois contestables (*). 

(*J Une légère critique en a été publiée par Mr. Jazikow 

( M0CKBHTflHHH3> 1844 j\° 4). 

29* 



456 

5. Coupes locales publiées par le Professeur 
Blasius , dans son Voyage en Russie (*). 2 e vol. 
savoir : 

a. Rive droite de la Paklira près de Podolsk. 
(pag. 4.). 

b. Coupe de l'Oka près de Tarouza. ( pag. 11. ). 

c. Coupe de l'embouchure delaSvinika. (pag. 16.). 

d. Coupe de l'Oka près du village de Kaissagori 
et de la ville d'Aléxine. (pag- 18.). 

e. Coupe de l'Oupa près du bourg de Voskrés- 
senskoë (pag 37.). 

f. Coupe de l'Oka près de Kalouga ( pag. 58. ). 
Toutes ces coupes présentent les couches des 

environs de Moscou et quelquefois l'étage infé- 
rieur du carbonifère et le dévonien sur lequel 
il repose. 

6. Coupe de la rive droite de la Prikcha et des 
houllières du gouvernement de Novogorod, faisant 
partie de la Description de l'empire de Russie 
par Guedéonow et Pouchkareff 1845 (**). 

7. Premier essai d'une coupe géologique des 
environs de Moscou par MM. Frears et Rouillier, 
(***) jointe au Discours. 



(*) Reise im Europ. Russland. Brauuschweig 1844. Vol. I. II. 

( ** ) Pa3pt3i npauaro 6epera IIpiiKaiu ir MtcTopoJKaeHifl Ka- 
MeHnaro yr^a 01. Horioropo^cKon ryôepuiti. JlpH^oaceHi. kt. nep- 
Boiay BbinycKy : Onucanie PoccifiCKofi HiunepiH , H34aB. T. ITyui- 
KapeEtTMx u reAeoHOEBiMt.. 

( *** ) reo^orH'iecKifi pa3p E3b no»iBT. o6na;KeHHMXï> bi oicpecTHo- 

CTJlXt MOCKBM. 



457 

8. Coupe géologique des environs de Moscou 
par les mêmes, Bull, de Moscou 1845. N° 4. 

9. Ajoutez quelques coupes reproduites dans 
l'ouvrage de M. r Murchison. 

G. Cartes géologiques. 

1. Carte générale du gouvernement de Moscou 
cle rOryctographie 1830 — 37. 

2. Carte locale des environs de Tatarowa 
( Oryct. Tab. B ). Les couches tertiaires de Troi- 
tskoë ne sont point indiquées sur la carte, qui, ainsi 
que les trois suivantes, sont surtout géographiques. 

3. Carte des environs de Zvénigorod. (Ibid. 
Tab. C). On n'y trouve pas les calcaires lacustres 
sur la Mojjenka et Jernovka qui sont cependant 
indiqués dans l'ouvrage. 

4. Carte du village de Kaïnardji (Ibid. Tab. 
D ). On remarque au village de Bouschevoë un ter- 
rain crétacé qui n'a pas été signalé depuis cette 
publication. 

5. Carte des villages de Vassiliévskoë et de Gri- 
gorovo ( Ibid. Tab. E ). 

6. Carte de la Russie méridionale publiée par 
Léopold de Buch et jointe à ses Recherches sur 
les formations de la Russie 1840. (Tab. 4. )-(*). 



(*) Beitraege z. Bestimmung d. Gebirgsformationen in Russ- 
land. Aus Karsten's Archiv f. Minéralogie, Geognosie, Berg- 
bau und Hùtlenkunde. Tom. XV. Berlin 1840. 



458 

Quoique l'objet spécial de cette carie soit les 
formations de la Russie méridionale, elle indique 
cependant le gisement du jurassique dans le si- 
stème de l'Oka et sur la rive droite du Volga, 
ainsi que le terrain crétacé, dans un développement 
assez étendu dans les environs de Moscou même. 

7* Carte géologique de la Russie d'Europe dres- 
sée par le Baron Alexandre de Meyendorff. Cette 
carte n'a pas été publiée, mais nous sommes cer- 
tains qu'elle existe , puisqu'il en est fait mention 
par M. r de Meyendorff lui-même dans une lettre 
adressée à M. r Erman (*). Le Comte de Keyserling 
remarque qu'elle a été présentée à la Société géo- 
graphique de Berlin en Fév. 1841. 

Cette carte a été également communiquée à 
M. r Elie de Beaumont (**). 

Enfin le Professeur Blasius signale également 
l'existence de cette carte en ajoutant qu'elle a 
servi de base à la carte de M. r Erman (*) dont 
nous parlerons plus bas. 

8. Carte de la Russie d'Europe publiée en alle- 
mand par le Sous-lieutenant Helmersen : 1841. 
Le texte explicatif a été inséré dans le N° 4 du 
Journal des mines 1841. 



( * ) Erman's Archiv f. wisscnsch. Kunde von Russland. 1841. 
Ueft I. p. 68. 

(**) Bull. d. Mosc. 1841. p. 872. 



459 

Les confins du bassin de Moscou à l'est, ou 
plutôt la rive gauche du Volga, présentent sur 
cette carte, dans quelques localités, un terrain cré- 
tacé qui n'existe pas d'après M. r lazikow (**), 

9. Carte de la Russie d'Europe par M. r Ennan 

Cette carte est fondée sur les cartes et les tra- 
vaux précédemment publiés par d'autres. L'auteur 
divise la Russie d'Europe , sous le rapport géolo- 
gique, en quatre régions : a. région fîno-boréale ; 
b. région centrale ( Mittel-Region ) à laquelle 
appartient le bassin de Moscou, c. région Méridio- 
no-Caucasienne ; d. région Orientale, ou de l'Ou- 
ral Occidental (****). 

10. Seconde carte de la Russie d'Europe par 
M. r Helmersen , 1844, essentiellement corrigée: 
Annuaire du Journal des Mines de Russie pour 
l'année 1841. 

11. Carte géognostique de quelques parties des 
gouvernements de Moscou, Kalouga, Toula, Rézan 
et INijni-Novogorod, par le sous-lieutenant Olivi- 
eri. Cette carte, bien qu'elle ne soit pas exempte 
de toute incorrection géologique, peut cependant 



( * ) Reise etc. II. p. 368. 

(**) Bull. d. Mosc. 1843. p. 327. sq. Mockbiitiihhhx 1843. 

(*** ) Archiv. etc. 1841. Heft I. 

(**** ) Archiv. ibid. p. 71. 



460 

être utile à ceux qui parcourent ces gouverne- 
niens, parce qu'elle signale les localités intéres- 
santes que l'auteur n'a pas analysées lui-même. 

12. Carte annexée à l'ouvrage de M. r Murchi- 
son. Elle ajoute quelques détails concernant la re- 
partition du jurassique. 

1 3. M. r Boue a compris le gouvernement de 
Moscou dans son «Essai d'une Carte Géol. du glo- 
be terrestre. » 

D. Cartes topographiques. 

Nous possédons trois cartes topographiques du 
gouvernement de Moscou, dressées toutes les trois 
par ordre du gouvernement : 

1. Carte topographique des environs de Mos- 
cou, 1818, par les officiers du corps des Ingéni- 
eurs-Topographes et gravée en 1823 (*). Quatre 
feuilles. Elle s'étend sur un rayon de dix verstes 
partant du centre de la ville. 

2. Carte topographique des alentours de Mos- 
cou publiée en 18*25 par le Dépôt géographique 
(**). Elle s'étend sur environ quinze verstes, mais 



( * ) TonoaparfjauecKa/i n.apma OKpeciiiHOcmeà MocKSbi, CHaTaa 
otHuepasifi KiiapTiipMencTepcKOH qacTH is-l 18 1S ro4y, h rpaBH- 
pocaHHaa et> Bochhomi> Tonorpa<DimecKOMï. ^eao npn T^aBHOMi. 
IIlTaôu Ero H&in. Bejii'iecTHa, bt> 18*23. 

(**J TonozpcwfiiviccKa/i napma oupecinHOCinek Mocueu , H3A« 
Feorpa'MmecKnMx Aeno, bè 1825 rcy-y. 



461 

seulement sur la partie N O du gouvernement 
en suivant le cours de la rivière. 

Nous devons ajouter aux deux cartes précéden- 
tes: un plan topographique de la ville même et 
du cours de ses rivières. 

3. Plan de la ville de Moscou dressé en 1811, 
très-important en ce qu'il indique quelques riviè- 
res qui ont maintenant disparu et nous fait con- 
naître les modifications apportées au courant des 
rivières de la Moskva et de laousa. 

4. Plan de la ville de Moscou publié en 1843 
par M. r Khavski (*) à l'échelle de cent sagènes par 
pouce anglais. Il est remarquable en ce qu'il 
nous donne la répartition des terres labourables et 
marécageuses, des ruisseaux et des petites rivières. 
L'auteur s'occupe maintenant d'une nouvelle pu- 
blication de ce plan avec additions et corrections. 

Nous ne signalerons pas ici quelques plans 
dressés sur une échelle trop réduite pour nous 
être de quelque utililé. 

5. Tracé du cours de la Moskva depuis sa source 
jusqu'à son embouchure, à l'échelle de 8 ver- 
stes par pouce anglais. Ce travail est encore inédit, 
mais on peut le voir dans les bureaux des Topo- 
graphes de Moscou (**). 

6. Tracé du cours de la même rivière depuis 



(*) II^aHii ciojtiiJHaro ropo,4a Mockbm. H34. XaBCKiS. 
( ** ) Mea<eBan HaHucinpia. 



462 

Moscou jusqu'à sou embouchure (*), sur une 
échelle infiniment plus grande (100 saj.par 1 pou- 
ce). Ce beau travail nous donne non seulement le 
cours, mais encore la direction de tous ses afflu- 
ents, l'escarpement de ses rives, la nature des ter- 
rains, la largeur et la profondeur des eaux et jus- 
qu'aux îlots qu'elles forment. En vingt-deux gran- 
des feuilles, non imprimées, également dans les bu- 
reaux des Topographes de Moscou. Ce tracé est 
accompagné d'une explication , sous le point de 
vue économique , des productions naturelles des 
eaux et de l'emploi qu'en font les riverains. 

7. La partie du courant de la Iaouza qui tou- 
che la ville, annexée au travail de M. 1 Gastew (Ma- 
tériaux pour la statistique et la géographie de 
la ville de Moscou (**) ). Quoique ce tracé soit 
dressé sur une échelle très-petite, il est réellement 
important par suite des modifications continuel- 
les qu'éprouvent cette rivière, et qui en amèneront 
probablement la disparition absolue. Ce tracé a été 
relevé en 1794. 

E. Cartes géographiques. 

Parmi le grand nombre de cartes imprimées 
du gouvernement de Moscou, bien peu peuvent 
nous être de quelque utilité. La plus détaillée 

( * ) ÀT-JaCT. MOCKBBI pEKH. TaMt ÎKC 

( ** ) MaTepiJIJLI AJH IICMHOH CpaBHHTCibHOiî CTaTHCTHKH MoCK- 

Btj. l IacTb ncpBaa. MocKBa. 1841. CTp. 153, «lepTeaçt 8. 



463 

est celle qui fait partie de la grande collection des 
cartes de l'Empire connue sous le nom de : Car- 
tes de la Russie en (*) 100 feuilles. 

Il existe en revanche cinq caries non imprimées 
appartenant aux Bureaux des Topogra plies et qui 
peuvent être de la plus grande utilité sous le rap- 
port géologique. Ce sont: 

8. Carte de chaque Gouvernement, à Féchelle de 
8 verstes par pouce (**). 

9. Carte des Districts (***); 4 verst. par pouce. 

10. Atlas des Districts (****); 2 verst. par pouce. 

11. Plan général des Districts (*****); 1 verst. p. 
pouce. 

12. Plan spécial des villages (******), 100 sag. p. 
pouce. 

F. Collections géologiques. 

1. La plus importante des collections de Moscou 
est, sans contredit, celle de S. E. M. r Fischer de Wald- 
heim. Elle est d'une très- grande richesse et renferme 
la plus grande partie des originaux reproduits dans 
FOryctographie. Malheureusement une partie de 
ces objets ont disparu dans l'incendie de Moscou. 



( * ) CTo^HCTOBaa KapTa Pocc. H&inepin. 

( ** ) " Ty^epHCKaa KapTa. » 

( *** ) i KapTa yi3340BT. 6e3Ti oanaqeHia Aaib. » 

( **** ) « KTAac-h yE3AOBx. » 

(*****) ii reHepa.n>HMH n-iam. vus/iobi. • 

( ****** ) H Cneuia^tHtiH n.iaHii ,aam>. » 



464 

2. Collection de la Société provenant des dons 
de S. E. M. r Fischer et de ceux de MM. Frears, 
Olivieri , Auerbach, Fahrenkohl, Rouillier et quel- 
ques autres personnes. 

3. Collection de l'Université provenant princi- 
palement des dons de S. E. M. r Fischer et des piè- 
ces données par la Société. Elle est surtout riche 
en ossements de grands animaux. 

4. Collection de M. r Frears extrêmement riche 
en échantillons choisis du jurassique , malgré de 
nombreux envois faits en Angleterre. 

5. Collection de M r . Fahrenkohl remarquable 
surtout par la beauté des pièces provenant du 
troisième étage aux Ammonites carinés. M. r Fah- 
renkohl a fait plusieurs envois à Berlin. 

6. Collection de M. r Auerbach intéressante en 
ce qu'elle présente plusieurs pièces du 4 e étage 
jurassique ou à minerai pisiforme. 

7. Nous possédons nous-mêmes une collection 
assez riche en échantillons provenant en grande 
partie du carbonifère. 

NB. Des échantillons choisis de la collection de 
M. r Auerbach et de la nôtre ont été , d'après uo r 
tre désir , envoyés par la Société à M. 1 de Buch 
à Berlin. 

Ce savant naturaliste a reçu également de MM. de 
Fischer et Altmann plusieurs pièces provenant des 
terrains de Kharachovo. Les environs de Moscou ont 
fourni à M. r Pander des échantillons recueillis par 



465 

ce savant ; M. Jazikow s'est aussi occupé avec suc- 
cès de notre gouvernement. Le corps des Ingé- 
nieurs des mines est aussi possesseur de fossiles 
recueillis par ses officiers. 

Ces détails sur les cartes et les collections du 
gouvernement de Moscou paraîtront peut-être mi- 
nutieux ; nous prions nos lecteurs de vouloir bien 
nous les pardonner, nous avons cédé à la convic- 
tion qu'ils pourraient être utiles à quiconque 
voudra s'occuper d'un travail géologique et pa- 
léoutologique plus complet sur cette partie de 
l'Empire. 

Seconde Partie. 
Coup-d'oeil général sur le gouvernement (*). 

Quiconque étudie les accidents de la surfa- 
ce du sol dans notre gouvernement et examine les 
roches qui la composent , est frappé surtout par 
quatre genres de phénomènes très prononcés : 

1. Le sol s'élève fréquemment en monticules 
dont la hauteur audessus du niveau général du 
gouvernement est souvent considérable. 

2. Le sol est souvent creusé en vallées étroi- 
tes et sinueuses. 

3. Le diluvium qui recouvre tout le gouverne- 
ment se montre sous deux aspects parfaitement 



(*) Rouillicr: Gazette de Moscou 1845. N° 128 et 133. 



466 

distincts : c'est tantôt une argile tenace , tantôt 
un sable meuble. 

4. Les caractères physiques du sol changent 
à vue-d'oeil à l'époque historique. 

Ces quatre genres de phénomènes, qui appar- 
tiennent aussi bien au gouvernement de Moscou 
qu'à ceux qui l'avoisinent, exercent nécessairement 
une grande influence sur l'homme qui est venu 
habiter ce sol, et méritent notre attention, même 
sous le rapport historique. Enfin ces phénomènes 
sont souvent le résultat d"une même cause , et, 
par conséquent, se tiennent étroitement entr'eux, 

I. 

Les Monticules* 

La partie nord-ouest de notre gouvernement 
est, en général, plus élevée que les autres ; des 
monticules assez élevés longent notre rivière et 
ses nombreux affluents. Aussi les districts de no- 
tre gouvernement qui sont rapprochés de la partie 
supérieure du cours de la Moskva ont-ils un as- 
pect particulièrement pittoresque, et mériteraient 
la dénomination de Suisse Moscovite. Ceci a 
trait en général aux localités qui longent les 
routes de Pétersbourg et de Voskressensk , et sur- 
tout à celles de Zvenigorod et de Mojaïsk : car 
c'est entre ces deux dernières routes que se trou- 
ve le lit principal de la Moskva. 

L'origine de nos monticules et de nos plateaux 



467 

élevés ne doit pas être attribué au soulèvement 
des couches, parceque celles-ci sont toujours ho- 
rizontales comme partout ailleurs, dans notre gou- 
vernement. Elle vient de l'accumulation des roches 
sur certains points, et de leur dénudation , sur 
d'autres. 

La masse de ces hauteurs, ainsi que leurs pen- 
tes, consiste en argile diluvienne rouge, qui, à 
cause de l'emploi qu'on en fait , porte le nom 
d'Argile à briques : telles sont les rives escarpées 
de la Skhodnia, de la Moskva, les hauteurs de Ta- 
tarovo , de Vedensk ( Be/jeHCKia ropu ), les Mon- 
tagnes des Moineaux, qui, à ce que l'on prétend , 
présentent le point le plus élevé aux environs de 
notre capitale. Toutes les vallées , au contraire, 
les vallons, le lit de toutes les rivières, présentent 
un sable désaggrégé et jaunâtre. Ces deux roches, 
l'argile et le sable, appartenant Tune et l'autre 
au diluvium du nord, étaient certainement mélan- 
gées au moment où elles furent transportées. Mais 
comme notre gouvernement touche du côté du 
sud aux limites mêmes du courant du nord, ces 
deux roches , de données différentes , devaient 
prendre des positions différentes en raison même 
de leur densité et de leur ténacité. Comme ces 
roches n'avaient plus qu'une faible impulsion, 
l'argile, en raison de ses propriétés d'adhérer T 
devait rester sur les points où elle se déposait 
fortuitement ou s'attacher aux endroits élevés 
qu'elle rencontrait sur son passage; tandis que le 



468 

sable , en sa qualité de roche éminemment mobi- 
le , passait pardessus l'obstacle , qui arrêtait l'ar- 
gile , et pouvait même , après avoir été déjà 
déposé , être repris par quelque courant , pour 
être charrié dans les points les plus profonds du 
gouvernement. C'est un fait qui, tous les ans, se 
répète en petit lors de la crue des eaux. 

Il est également évident que quelques-unes de 
ces inégalités doivent leur naissance à l'enlève- 
ment des roches produit soit par l'action érosi- 
ve et énergique des eaux du grand courant du nord, 
soit par l'action plus lente des eaux printannières. 

]J est donc évident que ces monticules doivent 
la plupart du temps longer les rivières. Nous avons 
dit que dans notre gouvernement en général , et 
dans les hauteurs qui l'accidentent en particulier, 
les couches sont toujours horizontales. Pour prou- 
ver cette horizontalité dans une série de hau- 
teurs creusées par des vallées , il faudrait pou- 
voir déterminer avec précision l'élévation de ces 
couches audessus du niveau de la mer , et com- 
parer cette élévation dans les couches disconti- 
nues , travail, qui dans notre gouvernement n'a 
pas encore été abordé. C'est à peine si nous con- 
naissons le point le plus élevé dans la capitale 
même : on prétend généralement que ce point se 
trouve être la maison Biéloselski-Biélozerski, près 
la porte de Tver. 



II. 



Répartition respective de V Argile rouge et du 

Sable. 

Ce fait a une haute importance pour les cara- 
ctères physiques du sol , et pour l'emploi que 
l'homme fait de celui-ci. 

1. Les Briqueries se trouvent généralement sur 
les collines et les plateaux élevés, où la substance 
principale, la terre glaise, abonde. Il suffit donc 
d'indiquer les lieux élevés du gouvernement pour 
dire d'avance où les briqueries existent , et où il 
serait avantageux d'en établir ( ceteris paribus). 

2. Le sable diluvial, autre substance indispen- 
sable aux briqueries, se trouve dans les vallées, le 
lit des rivières, et les grèves applaties* Heureuses 
donc les briqueries qui se trouvent sur la pente des 
collines, qui, en s'applatissant jusqu'aux bords d'une 
rivière, reçoivent les sables que celle-ci charrie. 

3. Outre les briqueries, les chaussées encore 
existent exclusivement aux dépens des roches di- 
luviales ; leurs cailloux roulés , leurs blocs errati- 
ques, et leurs sables, voilà les matériaux indispen- 
sables aux routes. Il nous paraît que l'argile rou- 
ge est moins riche en roches solides que le sa- 
ble (ce qui est tout-à-fait conforme à leur ori- 
gine vraisemblable), et que les roches de ce der- 
nier sont plus variées que celles de l'argile , où 
domine surtout le quartzite et le silex. Au moins 

JV° //. 1S4G. 30 



470 

l'exploitation des roches solides et du gravier pré- 
senla-t-elle bien plus de facilité dans le sable que 
dans l'argile. On comprend par ce que nous ve- 
nons de dire pourquoi l'entretien des chaussées 
est moins onéreux dans les gouvernements à sol 
plat que dans les gouvernements accidentés par 
de nombreuses collines. 

4. Jetons un coup-d'oeil, sur les matériaux amon- 
celés le long des routes pour ferrer celles- ci ; 
nous y reconnaîtrons plusieurs variétés de gra- 
nité, de diorite, et autres roches primitives. De-là 
la couleur bigarrée, rougeâtre des chaussées. Sur 
la chaussée de Toula, au contraire, pour le fer- 
rement de laquelle on emploie les rognons siliceux 
recouverts d'une croûte calcaire, de la formation 
carbonifère, du district de Podolsk et de Serpou- 
khof, la couleur dominante est le blanc-grisâtre. 

5. Dans les districts de Bronnitzi , et de Kolo- 
mensk, où l'on ne trouve en quantité suffisante 
ni roches solides dans le sable, ni rognons siliceux 
dans le calcaire de montagne à cause de la pro- 
fondeur du gisement de celui-ci, il serait excessive- 
ment onéreux d'établir des chaussées macadami- 
sés. Dans ces districts on ne peut guère se servir 
que du calcaire carbonifère, même pour ferrer les 
routes défoncées par le passage continuel des trou- 
peaux que la Petite-Russie envoie aux Gouverne- 
ments septentrionaux. Des villes, comme Zaraisk et 
une partie de Kolomna, ne connaissent pas d'au- 
tres matériaux pour les chaussées. 



471 

6. L'entretien des chaussées dans îes districts 
montagneux, comme ceux de Bronuitzi, Kolomna, 
Podolsk, Serpoukhof, et autres , est eucore plus 
dispendieux à cause de la rareté du sable. 

7. Une autre cause de dégradation pour les 
chaussées, percées dans l'argile des districts mon- 
tagneux , c'est le séjour des eaux pluviales dans 
les endroits défoncés par les pieds des bestiaux 
qu'envoie la Russie Méridionale à la Russie du 
Nord. 

8. Enfin une dernière cause de dégradation dans 
les districts montagneux, c'est l'abondance des 
eaux printannières, leur accumulation dans les ra- 
vins qui les sillonnent, et la rapidité qu'elles ac- 
quièrent en raison de l'inégalité des lieux. 

9. Cette répartition des deux roches du di- 
luvium exerce aussi une influence notable sur 
l'a«riculture. 

Sur les plateaux mêmes qui consistent en Argi- 
le pure et simple , la végétation reste toujours 
très-maigre. Sur les pentes où le sol devient plus 
perméable, et où le vent a moins de prise, elle ac- 
quiert de la force. Elle se développe le plus dans 
les plaines où le Sable s'unit à l'Argile, et dispa- 
rait complètement sur les rives plates des cours 
d'eau, où le sable est trop mobile pour que les 
plantes puissent s'y fixer. Il n'y a guère qu'une 
espèce de salix ( Salix angustifolia ) qui, grâces à 
ses racines longues et traçantes, puisse s'y déve- 
lopper encore. C'est sur la culture de cette plan- 

30* 



472 

te que le Professeur Blasius a attiré raltention r 
eu l'indiquant comme propre à immobiliser les 
sables. 

10. Les sols cultivables du gouvernement de 
Moscou sont donc le Sable, l'Argile, et les mélan- 
ges en proportions diverses qui en résultent. Le 
calcaire marneux ( Marne , calcaire lacustre ) et 
la tourbe ne sont pas considérés comme sols cul- 
tivables, le premier à cause de sa rareté , le se- 
cond , à cause des dépenses que nécessiterait la 
culture. — Il serait du plus haut intérêt de dres- 
ser une carte de la répartition de ces roches di- 
luviales sur la surface du gouvernement de Mos- 
cou et de ses alentours pour guider l'agricul- 
teur. Une carte semblable est déjà dressée pour la 
province de Brandebourg, en Prusse. 

11. Dans les districts plats les rivières sortent 
de leur lit, lors de la fonte des neiges, inondent 
sans violence les plaines, et y laissent en se reti- 
rant un limon fertilisant. Les creux, les parties les 
plus basses gardent pour un temps assez long 
l'aspect de petits lacs. Ce sont ces plaines périodi- 
quement inondées qui fournissent le meilleur foin. 
Les plantes y sont plus vertes et plus serrées, 
lors même que le sol est aride par lui-même. 

12. Les districts et les localités montagneuses 
présentent plus de facilité pour l'établissement 
d'un étang ou d'un puits que les plaines, en tant 
que celles-ci ne sont point marécageuses , l'argile 
retenant mieux l'eau que le sable. 



473 

13. Enfin, la répartition des deux roches dilu- 
viales peut servir à l'évaluation approximative 
des hauteurs locales du sol : ce qui peut être de 
quelqu'intérêt pour un géologue voyageur qui 
n'a pas d'instruments et qui va trop lentement 
pour qu'il puisse évaluer à l'oeil les hauteurs res- 
pectives des lieux qu'il parcourt. Si , quittant un 
Sable meuble , il rencontre un sable auquel s'est 
mêlée de l'Argile, il peut être sûr que sa marche 
a été ascendante , et plus la proportion d'argile 
augmentera, plus aussi la hauteur de la localité 
sera-t-elle relativement élevée ; et vice versa. 

III 

Les vallées. 

Le sol de notre gouvernement est diversement 
découpé par de nombreuses vallées qui, d'après 
ce que nous avons exposé plus haut, ne doivent pas 
leur origine à des soulèvements ou à des déchirures 
de couches, produites par des soulèvements, mais 
bien aux deux mêmes causes que les collines et 
les plateaux élevés susmentionnés. Car en les étu- 
diant de près, on est frappé de plusieurs caractè- 
res qui leur sont communs : 

1. Leur direction est généralement assez sinu- 
euse, et l'intervalle entre les deux parois ne varie 
pas beaucoup. Les deux rives présentant la mê- 
me suite de roches sont peu escarpées et accusent 
l'action érosive des eaux : caractère qui se répète 
dans leur lit actuel. 



474 

2. La direction générale des vallées et des 
cours d'eau actuels est la même. Les unes et les 
autres vont du nord- ouest au sud-est. 

3. Ces vallées convergent ordinairement vers la 
source des rivières ou débouchent dans le lit des 
cours d'eau , la plupart du temps , du côté du 
nord, ce qui, pour la Moskva , revient à la rive 
gauche. 

4. Au fond de ces vallées coulent quelquefois 
encore des ruisseaux, qui se dessèchent l'été. 

5. Au fond et sur les pentes de ces vallées on 
trouve souvent des fossiles qui habitent encore 
maintenant nos eaux lluviatiles. Yoyez plus bas. 

Il ressort clairement de ce que nous venons de 
dire que nos vallées appartiennent au groupe des 
vallées d'érosion, qui sont formées par le courant 
des rivières, tant actuelles que disparues, par les 
pluies et la fonte des neiges. 

6. Enfin la direction générale des vallées est tou- 
jours perpendiculaire ou oblique aux fentes prin- 
cipales de nos roches dures, le grès de Tatarovo 
et le calcaire carbonifère. 11 va sans dire que les 
rivières sont dans le même cas le plus souvent. 

Nous nous contentons d'exposer le peu de ren- 
seignements que nous avons pu recueillir nous- 
mêmes sur place, personne n'ayant, à notre con- 
naissance, étudié les vallées de notre gouverne- 
ment. 



475 
IV 

Variations de la forme du sol. 

Les variations de ia surface de notre gouver- 
nement sont dues à différentes causes. Nous avons 
parlé dans notre Discours de celles qui provien- 
nent des progrès incessants de la culture et de la 
population ; nous y avons signalé la disparition 
graduelle des bois et des marais , la diminution 
continuelle des eaux et le nivellement progressif 
du sol, nous renvoyons donc nos lecteurs à ce 
discours, et à un travail étendu que nous comp- 
tons publier sur les variations historiques du 
climat de notre gouvernement. Nous allons arrêter 
l'attention de nos lecteurs sur les variations du 
sol produites par des causes géologiques propre- 
ment dites. 

Le fait naturel le plus saillant est certainement 
le recouvrement général de notre gouvernement 
par le diluvium. Les eaux printannières , entraî- 
nent dans leur cours ces roches meubles et désagré- 
gées, font disparaître peu-à-peu différents accidents 
du sol, emportent des monticules, comblent les val- 
lées, et tendent par conséquent à niveler peu-à-peu 
le terrain. Ce phénomène devient d'autant plus sen- 
sible que les eaux pluviales sont tombées plus abon- 
damment, et que les neiges se sont fondues plus 
rapidement. Cette action, quoique lente, mais repé- 
tée annuellement, produit des effets considérables. 



476 

Ainsi tin des affluents de FOlca, !a Panphirofka» 
à deux Ou trois verstes de Rézan, avait encore, ij 
y a une vingtaine d'années, à en croire les liabi- 
tans, une profondeur de trois ou quatre archines, 
et des bords escarpées et couverts de bois. Main-: 
tenant c'est à peine si Ton y trouve une demi- 
archine d'eau ; les bords sont presque plats et 
privés de toute végétation ; le lit est tout-à-fait 
encombré de sables : aussi n'est-ce qu'avec les plus 
grands efforts que nous avons pu retrouver la 
couche jurassique qui affleurait auparavant, et qui 
a fourni à M. Vosinski les beaux fossiles dont nous 
parlerons plus bas. 

Le lit des rivières actuelles nous présente cer- 
tainement les exemples les plus notables des vari- 
ations de ce genre. 

1 . Un phénomène , presque constant dans la 
Russie centrale , est la grande différence des 
deux rives de nos rivières. La rive droite très-ac- 
cidentée , est montagneuse, et couverte de bois; 
la rive gauche, au contraire, est basse et unie ; la 
première offre les plus importantes carrières de 
calcaire , et les plus fortes accumulations de 
pierres roulées, ainsi que les briqueries ; la secon- 
de, les meilleures terres arables, et les plus belles 
prairies. C'est un fait qui a été observé pour 
quelques rivières de la Sibérie du nord par M. de 
Wrangel, et dans la Sibérie méridionale par M. 
Tschihatcheff. Il a été reproduit , du reste, sur 
toutes les cartes géographiques de la Russie cen- 



477 

traie, et n'a pas échappé à la sagacité de M. de 
Budget de M. Blasius. La Russie centrale , an 
centre de laquelle se trouve Moscou , forme un 
vaste bassin dont la pente générale va du nord- 
ouest au sud-est, vers la mer Caspienne, qui au 
SE de la Russie occupe le point le plus pro- 
fond du continent ( ce qui prouve que c'est là 
un point excessivement déprimé, c'est que la mer 
Caspienne conserve encore ses eaux , malgré la 
disparition de la communication qui existait 
entre la mer Caspienne et la mer Noire )• Cette 
direction de la pente de notre bassin coincide avec 
celle qu'on attribue au grand courant diluvien du 
nord. 11 était donc naturel que les eaux couran- 
tes se portassent vers la même direction, et qu'en 
rencontrant un obstacle sous forme de colline ou 
de plateau élevé , elles contournassent l'obstacle, 
lorsque la diminution de leur force d'impulsion les 
empêchait de la vaincre , et qu'elles déviassent de 
plus en pins vers la mer Caspienne , en suivant 
une ligne diagonale. Celte hypothèse acquiert en- 
core plus de vraisemblance, si l'on prend en con- 
sidération la faiblesse de la pente générale de 
notre bassin , qui ne permet point aux eaux de 
forcer les obstacles solides qu'elles rencontrent, 
tels que le calcaire de montagne, quoiqu'en géné- 
ral elles coulent plus souvent dans des roches meu- 
bles. (La faible penle et la mobilité du terrain en 
général explique la sinuosité de nos cours d'eau. ) 
La rive méridionale , ( ce qui revient à la rive 



.478 

droite dans notre bassin ) doit donc être la rive 
la plus haute. Si les eaux coulaient du Sud-Ouest 
au Nord-Est, il est probable que ce serait la rive 
gauche des rivières qui serait la plus élevée. C'est 
ce qui arrive pour nos rivières, lorsque , sur une 
certaine étendue de leur cours , elles changent 
ainsi de direction. Ainsi à Protopopova, près de 
Kolorana , où FOka a pris la direction du Sud- 
Ouest au N. E. c'est la rive gauche qui présente 
l'élévation la plus grande (17 sajènes audessus 
du niveau de la rivière ), et où s'exploite le marbre 
qui orne la Cathédrale consacrée au Sauveur ; mais, 
à deux verstes en avant de Protopopova, près du 
monastère de Serge Goloukhvinski, l'Oka, après 
avoir réuni à ces eaux celles de la Moskva , re- 
prend la direction générale du bassin, et dès lors 
la rive droite, où se remarque la villa de M. Gou- 
berli, redevient la plus haute. Nous n'attachons à 
cette explication qu'une importance relative. 

2. Les coudes brusques de nos rivières sont pro- 
duits le plus souvent par les obstacles qu'elles 
rencontrent sur la rive droite. 

3. La profondeur la plus considérable se trou- 
ve toujours du côté de la rive droite (ce que, 
chacun pourrait énoncer en se rappelant le dic- 
ton : la profondeur est toujours près de l'escarpe- 
ment ). 

4. Comme, d'après ce que nous avons dit de la 
pente de notre bassin , c'est sur la rive droite 
que se fait sentir l'impulsion des eaux de nos 



479 

fleuves , c'est aussi sur cette rive que s'exerce le 
plus violemment leur action érosive. Les dégra- 
dations que cette rive éprouve continuellement 
augmentent surtout à l'époque de la crue pério- 
dique des eaux , lors de la fonte des neiges. A 
l'action des eaux vient s'ajouter alors celle des 
glaces qu'elles charrient ; et l'impulsion que les 
glaces acquièrent sous l'influene du vent. Aussi 
les propriétaires de la rive droite des fleuves per- 
dent-ils annuellement une certaine surface de ter- 
rain, et des villages autrefois éloignés des cours 
d'eau, se voient-ils menacés de plus en plus par le 
rapprochement des rivières. Des dégradations de 
ce genre ont un caractère menaçant sur la rive 
droite de la Moskva, près de la montagne des Moi- 
neaux. 

5. Mais, en revanche , les eaux , obéissant aux 
vents du printemps, exercent sur la rive gauche 
une action non moins violente. Après s'être lan- 
cées de toute leur force d'impulsion sur la rive 
droite, elles sont re poussées sous un angle égal, 
et se fraient très souvent un nouveau lit à tra- 
vers le terrain applati et meuble de la rive gau- 
che. Les habitans des campagnes connaissent très 
bien ces variations subites dans le cours des ri- 
vières et leur ont donné un nom. particulier : île- 
pepea, ce qui peut se traduire par le mot de per- 
cée. Il y a quelques années encore, la Moskva cou- 
lait au pied même du mur d'enceinte du Mona- 
stère de S 1 Nicolas ( MoHacTwpb Hmko^ili CTaparo ) ; 



480 

depuis , elle s'est dirigée vers le village de Kolo- 
mensk , en laissant le monastère à un quart de 
verste de sa rive droite. Maintenant les habi- 
tans appellent ce monastère IlepepBHHCKOH MOHa- 
cTBipL. Cette dénomination rappelle le brusque 
abandon du monastère par la rivière , et ne peut 
guère être traduite que par « le Monastère aban- 
donné. >> Nous avons eu occasion de constater un 
fait analogue, mais plus prononcé encore, à douze 
verstes environ de Rézan, sur l'Oka. La rivière cou- 
lait, il y une quinzaine d'années, entre le Monastère 
de Saint-Oleg, dont il baignait le mur d'enceinte, 
et une petite forêt de sapins garnissant sa rive 
gauche. Un beau jour , la rivière fit une percée 
derrière la forêt , et transforma celle-ci en un 
ilôt. Cette percée, peu considérable d'abord , s'a- 
grandit peu-à-peu, et fit diminuer le volume des 
eaux dans le lit primitif; il est probable même 
que dans un laps de temps assez court le lit an- 
cien se desséchera complètement et la forêt se trou- 
vera rejetée sur la rive droite du fleuve. 

6. Plusieurs cours d'eau, du nom desquels les, 
habitans se souviennent à peine , existaient dans 
la capitale , et dans ses alentours , il n'y a pas 
très- longtemps. Ainsi, dans la capitale même, 
nous pourrions citer les noms d'une dizaine de 
rivières, les unes, tout-à-fait comblées , les autres, 
coulant dans les égoûts de la ville. 

7. Des rivières, qui débitaient plus d'eau que 
n'en débite maintenant la Moskva elle-même, sont 



481 

presqu'entièrement desséchées. Voyez , par exem- 
ple, la Skhodnia, qui , après avoir longé la route 
Je Pétersbourg , vient se jeter dans la Moskva, 
près de Touchino. On n'a qu'à examiner la lar- 
geur de son lit, l'escarpement de ses rives, et les 
traces de l'action érosive des eaux qui y ont 
coulé . pour être convaincu que le volume des 
eaux qu'elle roulait a surpassé le volume actuel 
des eaux de la Moskva. 

9. Ce qui prouve que nos cours d'eau étaient 
jadis plus abondans et plus larges, c'est la dispa- 
rition des îles dont leur lit était semé. Des docu- 
ments historiques constatent l'existence d'îles dans 
la capitale même, de plusieurs qu'on ne retrou- 
ve plus maintenant. Ainsi , un plan de Moscou , 
qui date de 1811, indique dans le lit de la Ya- 
ousa , entre l'embouchure de deux petits ruis- 
seaux, un îlot de 120 mètres de longueur sur 80 
de largeur; à l'embouchure même de la Yaousa, 
celle-ci présentait plusieurs ilôts, sur l'un desquels 
était bâti un édifice servant de bain à la Maison 
des Orphelins. Une autre île plus considérable 
(350 mètres de longueur ) est signalée sur le mê- 
me plan, dans le lit de la Moskva, en face du Krem- 
lin, vers la première embouchure du canal d'éva- 
cuation de la rivière. 

10. Un fait notable encore, c'est le changement 
de composition chimique des eaux de notre gou- 
vernement. A une époque géologiquement récen- 



482 

te, ces eaux contenaient en dissolution tant de 
chaux ou perdaient si vite l'acide carbonique -qu'el- 
les déposaient la première dans leur lit. C'est 
là, du moins, la seule manière d'expliquer la for- 
mation des couclies de tuf calcaire que nous trou- 
vons dans le lit , et sur les bords de nos riviè- 
res (la Mojjenka , la Jernovka, la Moskva, etc.. 
( Voyez plus bas ). 

11. La présence de ce tuf calcaire peut, à ce 
qu'il nous semble, indiquer les lieux autrefois oc- 
cupés par nos eaux courantes ; il est certain, du 
moins, que la présence de ces couches n'a été si- 
gnalée que dans le lit et sur les bords des riviè- 
res, où dans les vallées d'érosion qui y débou- 
chent. Ainsi, d'après ces probabilités, nous croyons 
pouvoir dire que la Moskva a occupé autrefois, 
soit simultanément, soit à des époques différentes, 
tout l'espace compris entre les prairies appelées 
Loujniki, et le pied du gradin le plus élevé de la 
montagne même des Moineaux, La rivière a donc 
coulé plus lia ut que la place même qu'on avait 
choisie d'abord, pour asseoir les fondations du Tem- 
ple consacré au Sauveur: ce qui explique pour- 
quoi les architectes .n'ont pas trouvé le sol suf- 
fisamment solide pour l'ouvrage projeté. Ajoutez 
à cela ce que nous avons dit plus haut sur les dé- 
gradations exercées par les eaux sur la rive droi- 
te de nos fleuves, et l'on concevra parfaitement les 
raisons qui ont fait abandonner le projet primiti- 
vement adopté d'asseoir près de la montagne des 



483 

Moineaux cet édifice, dont les dimensions devaient 
répondre à la grandeur de sa destination. 

12. On peut donc établir , comme règle géné- 
rale, que les plateaux élevés de la rive droite ne 
présentent pas assez de sécurité pour l'établisse- 
ment d'édifices importants , à moins que le pied 
baigné de ces plateaux ne consiste en une roclie 
solide, telle que le calcaire de montagne. 

13. Les animaux habitant les cours d'eau de 
notre gouvernement ont subi autant de varia- 
tions que les eaux elles-mêmes. Il est certain, du 
moins, que la plupart de ceux qui les habitaient 
autrefois ne les habitent plus maintenant. Ainsi 
aucun des univalves que nous avons trouvés dans 
le calcaire qu'a déposé la rivière, pas plus que 
l'unique bivalve ( Cyclas cornea ) , n'habite plus 
les eaux fluviatiles de notre gouvernement , ou, 
du moins, ne s'y trouve que très rarement. Ces 
mollusques sont, au contraire, très-abondants dans 
les eaux stagnantes, qui manquent à leur tour des 
Unio et souvent des Anodonte, seules coquilles des 
eaux courantes actuelles. La présence des univalves 
est donc un caractère très-tranché des eaux sta«- 
nantes, et celle des Bivalves , un caractère appar- 
tenant presque exclusivement aux eaux courantes. 

14. Les eaux fluviatiles d'autrefois étaient plus 
chaudes que celles d'à-présent. 

En comparant les eaux stagnantes aux eaux couran- 
tes, nous remarquons que la température des pre- 
mières doit être plus élevée que celle des secondes. 



484 

En effet, comme les eaux stagnantes sont immobi- 
les , et sont, en raison même de leur immobilité, 
moins exposées à Faction évaporante de l'air contre 
Tinfluenee duquel elles sont protégées du reste , 
par leur position même, en général , elles conser- 
vent une température plus chaude. Le développe- 
ment de la vie végétale \ dans les eaux tranquil- 
les, et par suite, celui de la vie animale , la res- 
piration des êtres vivants qu'elles nourrissent, et 
la putréfaction de ceux qui périssent, contribuent 
à en empêcher le refroidissement. Outre cela, ces 
eaux sont toujours plus troubles et plus lentes 
que les autres, et par conséquent, tout en absorbant 
plus de chaleur solaire, elles en perdent moins par 
le rayonnement. Donc les animaux qui habitent 
les eaux stagnantes ont besoin d'une température 
plus élevée que les animaux de nos eaux couran- 
tes. Leur présence dans les eaux fluviatiles d'au- 
trefois accuse dans celles-ci une température sem- 
blable à celle de nos eaux stagnantes, et par con- 
séquent plus élevée que celle de nos rivières. Cet- 
te conclusion nous semble justifier par ce fait que 
le gouvernement de Moscou était autrefois couvert 
de bois qui a presque disparu maintenant , et 
qui protégeait les eaux contre l'action évapo- 
rante, et, par conséquent, refroidissante des vents. 
Enfin un dernier argument en faveur de la 
plus haute température des eaux à une époque 
plus reculée, c'est que les eaux étaient alors plus 
abondantes, et par conséquent plus profondes. Or, 



485 

jusqu'à une certaine limite les eaux profondes 
sont plus chaudes que les eaux très basses : ce qui 
ressort des lois de la repartition de la chaleur 
dans les eaux et les continents des zones tempé- 
rées. Les Français viennent de faire une application 
très-belle de ces mêmes lois dans la navigation. 
Comme, sur les bancs de sable, la mer, à une cer- 
taine -profondeur, est plus froide qu'à la profon- 
deur correspondante dans les endroits libres , ils 
ont imaginé d'adapter au vaisseau un thermomè- 
tre, où l'on pût voir les abaissements de tempéra- 
ture, et par là, le voisinage des bancs. 

(La suite au prochain N°. ) 



C. ROUILLIER. 



2V- //. 1846. 31 



SOS 

QUELQUES PASSAGES DE L'OUVRAGE 

DE MM. MlJRCHlSON, E. DE VeRNEDIL ET LE COMTE A. DE 

Keyserling : 
« GÉOLOGIE DE IA RUSSIE D'EUROPE ET DES MONTAGNES DE L'OURAL » 

PAR 
J. AuERBACH ET H. FfiEARS. 



Cet ouvrage important, qui a projeté de si vi- 
ves lumières sur plusieurs parties naguèrës enco- 
re obscures de la Géologie de la Russie , devant 
servir désormais de base à toute recherche ultérieu- 
re sur cet objet, il nous a paru nécessaire de relever 
les quelques erreurs qui s'y sont glissées, d'autant 
plus que nous y avons peut-être involontairement 
contribué nous-même, soit par des notices qui n'é- 
taient pas suffisamment détaillées, soit par des des- 
sins qui pouvaient induire en erreur, parce qu'ils 
avaient été faits sur des échantillons incomplets. 

La première objection que nous nous permet- 
tons de faire concerne le résumé par lequel Mr. 



487 

d'Orbigny termine son article sur les fossiles dit 
système jurassique en Russie (II, 487); il les 
classe en trois groupes différents, correspondant à 
autant de subdivisions de son étage oxford ien ou 
bien au Kellowayrock, Oxfordclay , Coral-rag et 
coralline oolite des Géologues anglais, mais des 
recherches soigneuses, suivies pendant plusieurs 
années et en beacoup de localités du Gouverne- 
ment de Moscou , nous mettent à même de pré- 
tendre qu\me telle parallélisation de nos terrains 
jurassiques avec les mêmes formations à l'étran- 
ger ne peut pas être rigoureusement poursuivie, 
mais qu'au contraire beaucoup de fossiles, que 
Mr. d'Orbigny cite comme appartenant à des éta- 
ges différents, se trouvent chez nous réunis en 
grand nombre dans une même couche, tandis que 
d'autres, rapprochés par Mr. d'Orbigny, ne se ren- 
contrent réellement chez nous que dans des cou- 
ches parfaitement distinctes l'une de l'autre. Ain- 
si par ex. le Belemn. absolutils Fisch., la Lyonsia 
Aldouini d'Orb., la Perna quadrata Sow. de l'éta- 
ge oxfordien inférieur, PAstarte Duboisina d'Orb., 
la Trigonia clavellata Park. de l'étage oxfordien 
moyen et enfin P Ammonites biplex Sow. et la 
Lima rudis id. de l'étage oxfordien supérieur se 
retrouvent dans une même couche ( notre N" 3, 
v. plus bas) soit à Khorochowo, soit à Mnevniki 
etc.; la Trigonia clavellata Park., le Pecten num- 
mularis PhiL, la Lima consobrina d'Orb. se trou- 
vent communément ensemble avec la Trigonia 

31* 



488 

costata Park. (T. elongata, Sow? du grès vert ? 
d'après d'Orbigny ) V Ammonites Kônigii Sow. le 
Pecten demissus Bean., la Terebratula oxyoptycha 
Fisch., Ter. omithocephala Sow. ( Ter. Royeriana 
d'Orb. ) dans la couche de K.horochowo, que nous 
désignons par le N° 4. D'un autre côte', jamais 
nous n'avons pu observer ensemble V Ammonites 
cordatus Sow. ou la Grypeaha dilatata id. avec 
la Trigoiiia clavellata Park. ou le Pecten num- 
mularis Philip ni des Ammonites carinés telles 
que A. Brightii Pratt., A. Lamberti Sow. ( A. 
Leachi d'Orb. ) A. Iason Zieten, avec V Ammoni- 
tes Kônigii Sow. y la Trigonia costata Park., les 
Pecten et les Térébratules déjà citées etc. — U Am- 
monites Kônigii Sow. cité par Mr. d'Orbigny pour 
les couches inférieures , n'a été réellement ren- 
contré chez nous que dans les couches supérieu- 
res (nos N° 4 et 5), tandis qu'au contraire V Am- 
monites biplex Sow. et la Lima rudis id., pla- 
cés par Mr. d'Orbigny dans son étage oxfordien 
supérieur, se trouvent chez nous constamment au 
dessous de VAmm. Kônigii dans notre couche Ef. 
3. — Enfin la présence, dans les environs de Mos- 
cou, des fossiles de tous les étages oxfordiens, ci- 
lés par Mr. d'Orbigny, paraît nous prouver que 
nos terrains jurassiques ne peuvent pas être li- 
mités seulement à l'étage oxfordien inférieur, 
comme semble vouloir le faire Mr. d'Orbigny 
dans la conclusion de son résumé. 

Si, en général, une distinction de nos terrains 



489 

jurassiques en plusieurs couches dfe différents âges 

est admissible , nous croyons pouvoir y distin- 
guer, pour le Gouvernement de Moscou, les cinq 
étages suivants , caractérisés d'une manière assez 
tranchée : 

1. Marne grise jaunâtre, endurcie , avec mine- 
rai de fer pisiforme, reposant, partout où la su- 
perposition a pu être observée, immédiatement 
sur le calcaire carbonifère et même se mélangeant 
avec lui dans ses couches les plus basses , de ma- 
nière à ne pas laisser apercevoir une limite bien 
tranchée, d'où il résulterait que cette couche ju- 
rassique s'est déposée sur l'endroit même et n'a 
subi aucun bouleversement postérieur. Parmi le 
petit nombre de fossiles que nous y avons ob- 
servé jusqu'à présent , on peut citer des frag- 
ments de Bélemnites et d'Ammonites , une petite 
Avicule à stries rayonnantes très lines, un Pecten 
à côtes crénelées, la Terebratula varians (? ) Schl. 

2. Marne feuilletée, grisâtre, à grains très lins, 
mélangée de beaucoup de mica , grasse au tou- 
cher, en général pauvre en fossiles ; elle est carac- 
térisée par les Ammonites carinés , tels que A. 
cordalus Sow., A. Jason Ziet., A. alternans v. 
Buch (A. subcordatus, d'Orb. ), A. Lamberti Sow., 
par le Bélemnites hastatus , l'Astarte Buchiana 
d'Orb., la Cucullaea continua v. Buch, la Gryphœa 
dilalata Sow. etc. 

3. Marne grossière, noirâtre, contenant souvent 
des rocnons de la même roche endurcie et des 



400 

concrétions de pyrite de fer ; c'est cette couche 
qui est la plus répandue dans notre Gouverne- 
ment et qui a fourni le plus grand nombre de 
fossiles différents, parmi lesquels nous citerons 
comme appartenant exclusivement à cet étage : 
Ammonites virgatus v. Bach, A. biplex Sow., A. 
Pallaslanus d'Orb., Lima proboscidea Sow., Lima 
ruais Sow., Venus ovoides v. Buj/i, Lucina lyrata 
v. Buch ( L. Fischeriana d'Qrb. ), Orbicula maeo- 
tis EicJnv. etc. 

4. Sable quarzeux, concretionné par un ciment 
calcaireux , avec beaucoup de grains de glauco- 
me; il n'a été trouvé dans un grand développe- 
ment qu'à K.horochowo, où il est caractérisé par 
une quantité innombrable de pétrifications , par- 
faitement conservées, mais appartenant à un nombre 
assez restreint d'espèces, comme Ammonites catenu- 
latus Fisch., A. Kônigii Sow., Terebratula aptycha 
Fisch. ( Ter. acuta Sow. ), T. digona Sow. ( T. 
Fischeriana d'Orb ) T. ornithocephala Sow. ( T. 
Royeriana d'Orb. ), T. oxyptycha Fisch., Cardium 
concinnum v. Buch et autres. U Avicula mosquen- 
sis v. Buch 1844 (*) (A. Fischeriana d'Orb. 1845), 
le Belemnites absolutus Fischer, Bel. Panderianus 
d'Orb., la Trigonia costata Park., et la Trig. cla- 
vellala Park. (T. signata Ag.) paraissent se trouver 
indistinctement dans cet étage et dans le précédent. 

(*) v. Leotihard u. Bronn, Jalnbuch f. Minéralogie etc. 
1844, Heft 5. 



491 

5. Grès quarzeux passant, par tous les degrés de 
dureté , à l'état de sable ; nulle part encore on 
n'en a observé le recouvrement par quelque autre 
couche du système jurassique. Les restes organi- 
ques que coutient ce grès semblent indiquer qu'il 
faut le rapporter à deux formations distinctes , 
quoique peut-être contemporaines, dont Tune est 
évidemment marine, tandis que l'autre ne contient 
que des restes d'une végétation insulaire. 

Les deux localités qui jusqu'à présent ont pres- 
que seules fourni des fossiles dans nos grès , sont 
celles de Widkrino et ses environs et de Rlenko- 
wo près de Rline, dont la dernière nous offre ex- 
clusivement des empreintes de plantes fossiles, tan- 
dis que dans l'autre on n'a observé, sauf quelques 
fragments de tiges de Calamité , que des moules 
appartenant à des coquilles marines, parmi lesquel- 
les nous croyons pouvoir distinguer les suivantes: 

Ammonites catenulatus Fischer, (PI. VI, fig. 4, 5.). 
Nous nous bornons à donner le dessin exact de 
ce fossile, qui s'accorde parfaitement avec les de- 
scriptions qu'en ont données MM. Fischer de Wald- 
heim Sri d'Orbigny. — La nature de la roche ne se 
prêtant que difficilement à reproduire les détails 
délicats des digitations des lobes , on ne peut re- 
connaître dans l'échantillon dessiné que leur for- 
me générale, qui parait être tout-à-fait identique 
avec celle de l'A. catenulatus. 

Ammonites Kônigii Sow. (PI. VI, fig. 1—3.). Il ne 
diffère du dessin qu'en donne Mr. d'Orbigny qu'en 



492 

ce que les côtes sont moins nombreuses ( nos 
échantillons n'en présentent que douze ) , et que 
le dos est un peu moins saillant, différences que 
nous avons aussi remarquées dans quelques exem- 
plaires trouvés à Khorochowo. 

Inoceramus lobatus nob. (PI. VII, fig. 1 — 3.). Coquil- 
le subéquivalve, inéquilatérale, comprimée, allongée 
transversalement, divisée en deux lobes inégaux 
par un sinus, qui forme un angle presque droit 
avec la ligne cardinale et qui , partant du som- 
met, se dirige en s'évasant vers le bord palléal, 
où il produit une légère échancrure ; la surface 
des deux valves est marquée d'ondulations concen- 
triques , larges , irrégulières , peu saillantes, • qui 
sont plus prononcées vers le pourtour du labre ; 
régions anale et buccale rétrécies ; la ligne cardi- 
nale porte au moins dix fossettes sériales , repré- 
sentées sur le moule par autant de pointes sail- 
lantes ; lunule cordiforme allongée , assez profon- 
de, marquée de deux côtes longitudinales ; bec 
pointu contourné vers le côté buccal. 

Dimensions : longueur 130 millimètres, largeur 
80, épaisseur 40, bord anal 32, bord buccal 21. 
Cucullœa sp. ind. ( PI. VIII, ng. 1—3. ). Coquille 
subtriangalaire, allongée, très renflée, inéquilatérale, 
côté buccal court, arrondi, côté anal tronqué ob- 
liquement, arrondi du côté palléal, anguleux vers 
le bord cardinal ; fossette ligamentaire peu profon- 
de, marquée de 6 lignes en losange ; charnière 
formée de dents nombreuses transversales au mi- 



493 

lieu et de trois dents longitudinales latérales , qui 
se recourbent par leur bout intérieur pour s'unir 
aux dents transversales ; empreinte musculaire 
anale très prononcée , buccale guère visible sur 
nos échantillons ; impression palléale bien marquée. 
Dimensions. Longueur 80 millimètres, largeur 
63, épaisseur d'une valve 26. 

Ne possédant pas jusqu'à présent des empreintes 
de l'extérieur de la coquille et ne pouvant donc 
pas la comparer aux espèces connues , nous nous 
bornons à en donner la description et la figure, 
faisant observer toutefois qu'elle a beaucoup de 
rapports avec VArca saratojensis d'Orb., dont 
elle difïère surtout par sa grandeur infiniment plus 
considérable. 

Natica sp. ind. (PI. VIII, fig. 4, 5.). L'espèce figu* 
rée a quelques rapports avec la N. turbinijormis 
Rœm. y du Portlandstone, elle en diffère cependant 
en ce que le labre, dont l'angle inférieur est plus 
arrondi, montre une dépression sensible vers la spire. 
Il nous paraît que la présence , dans ces grès, 
de V Ammonites catenulatus et Kônigii suffit pour 
les ranger au même horizon géologique que les 
sables concrétionnés de Rhorochowo , d'autant 
plus que nous croyons avoir trouvé dans cette 
dernière localité une espèce analogue à notre lno- 
ceramus lobatus ; malheureusement tous les échan- 
tillons que nous eu possédons, quoique suffisants 
pour en déterminer le genre , ne sont pas assez 
complets pour constater l'identité de l'espèce. 



494 

De l'autre côté cependant, Jes grès de Widrino, 
toujours sous le rapport de leurs fossiles , s'éloi- 
gnent considérablement des couches supérieures de 
Khorochowo par des caractères négatifs, telle que 
l'absence complète des Bélemnites , Térébratules, 
Cardium, Avicula etc., caractères qui d'ailleurs 
sont sujets à être anéantis par des recherches ul- 
térieures. 

Les plantes fossiles appartenant à la localité de 
Kline et décrites par l'un de nous en 1843 (Bull, 
d. 1. Soc. d. N. à M. vol. XVII, pag. 145. ) ont 
été soumises à un nouvel examen par Mr. le Pro- 
fesseur Goppert (vol. II p. 501 399. pi. 9. fig. 
3 — 7 ), d'après les dessins que nous avions com- 
muniqués à Mr. Murchison ; mais malheureusement 
ces dessins avaient dû être faits sur des échan- 
tillons assez imparfaits et ne rendaient pas suffi- 
samment tous les caractères , qu'un coup d'oeil 
sur les exemplaires originaux aurait sans doute 
fait apprécier à leur juste valeur ; c'est ainsi que 
Mr. Goppert a pu prendre pour une empreinte 
d'écorce, qu'il compare à celle des Conifères , ce 
qui n'était réellement que le dessin de la coupe 
d'une tige, voisine peut-être des Lycopodites ; c'est 
ainsi qu'il a pu douter de la présence des stries 
longitudinales très prononcées , mais irrégulières, 
et des dissipiments transversaux dans des tiges, 
que nous avions cru être celles d'un Calamité , 
c'est ainsi encore que, partant de la supposition, 



495 

que les nervures des folioles étaient parallèles, il 
attribua au genre Pterophyllum ( fam. des Gjca- 
dées ) des empreintes de feuilles, que nous avions 
provisoirement rapportées au genre Pecopteris 
( fam. des Fougères ) ; à présent des échantillons 
bien plus complets, trouvés pendant nos excur- 
sions de ré té passé, nous donnent le droit de re- 
venir à notre première opinion, vu que l'aspect 
général de la feuille et la disposition des nervu- 
res nous paraissent prouver avec évidence, que la 
plante en question appartient à la famille des 
Fougères et doit trouver sa place provisoire dans 
le genre Pecopteris Ad. Brongn. , jusqu'à ce que 
des échantillons plus distincts et portant des fruc- 
tifications permettent de lui assigner sa place 
définitive. La diagnose de l'espèce pourra être 
exprimée en ces termes : 

Pecopteris Murchisoniana, nob (PI. IX. fig. 1—3). 

P. fronde bipinnata , pinnis opposltis al-* 
ternisve, confertissimis, patentibus ; pinnulls 
lato-linearibus, apice rotundatis integris, ap- 
proximatis, subalternes , sulco rhachis inser- 
tis ; stipite sulcato ; rhachibus teretibus , su- 
perne sulcatis ; nervis secundariis numerosis, 
simplicibus, e nervo medio distincto angulo 
acuto egredientibus. 

L'échantillon de cette espèce dont nous repro- 
duisons une empreinte de la face supérieure , a, 
sur une longueur de la tige de 150 millimètres, 



496 

de 20 — 21 piimes de chaque côté, qui atteignent 
plus de 85 millimètres de long ; leurs rhachis 
sont tellement rapprochés les uns des autres, que 
les folioles se recouvriraient plus qu'aux trois- 
quarts, s'ils étaient déployés sur un même plan, 
mais sur presque tous les échantillons que nous 
avons pu examiner jusqu'à présent, les folioles 
forment entr'eux un angle d'à peu près 80°, po- 
sition qui paraît leur être naturelle vu qu'elle 
dépend de leur insertion sur le rhachis. ( * ) Ce 
dernier est marqué sur sa face supérieure d'un 
sillon assez profond, sur les parois duquel vien- 
nent s'implanter les folioles, qui de cette manière 
se touchent par leurs bnses et produisent dans 
l'empreinte les angles aigus mentionnés , sans lais- 
ser voir aucune trace du rhachis, tandis que ce- 
lui-ci se voit parfaitement sur la contre-emprein- 
te, où il laisse un canal assez large, dont la cou- 
pe perpendiculaire présente la forme d^un denii- 
cercle. (**) Très rarement la substance même du 



(*) Nous avons essayé de rendre cette disposition des fo- 
lioles évidente sur le dessin par des lignes anguleuses placées 
à côté des pinnes de la fig. 1 de notre planche et indiquant 
la direction des folioles, vue sur une coupe verticale. 

(**) Uue insertion des folioles toute pareille, quoique l'an- 
gle formé par eux soit plus obtus, nous porte à croire que 
l'espèce établie par Mr. le Prof. Gôppert sous le nom de Pte- 
rophyllum filicinum, sur le dessin d'une empreinte avec sa 
contre-empreinte, trouvées par Mr. le Prof. Rouillier dans les 



497 

rhachis est conservée, mais alors il est bien plus 
mince que l'empreinte qu'il forme et devient an- 
guleux par la dessiccation. — Des nervures nom- 
breuses partent des deux côtés d'un nerf moyen, 
très distinct surtout dans sa moitié inférieure, et 
se dirigent sans se diviser, en ligne oblique, vers 
le bord. La texture granuleuse de la rocbe ne 
permet pas de décider si les lignes irrégulières, 
qu'on peut distinguer à la loupe entre les nervu- 
res latérales, sont des impressions produites par les 
ramifications des nerfs ou bien si elles ne sont que 
les interstices entre les grains du grès. 

Qu'il nous soit permis de finir cet article par 
quelques remarques sur des localités, que des cir- 
constances plus favorables nous ont mis à même 
d'étudier plus en détail que n'ont pu le faire 
les savants voyageurs pendant leur passage rapide 
par notre métropole. 

Vol. I, pag. 239 39. il est dit, que le « grit » 
de Tatarowo passe aussi de l'autre côté de la ri- 
vière et recouvre les coucbes jurassiques de Kbo- 



grès de Tatarowo, n'est peut-être qu'une variété de la forme 
qui nous occupe, d'autant plus que le double sillon sur le 
rhachis, indiqué dans la reproduction de notre dessin qui se 
trouve sur la planche 9, Gg. 4, a, de l'ouvrage cité, ne peut 
être attribué qu'à une faute du dessinateur ou du graveur, aux 
quels il faut aussi reprocher des régularisations, qu'ils ont 
fait subir à la fig. 1 et qui ne s'accordent guère avec l'ori- 
ginal. 



498 

rochowo, mais jamais jusqu'à présent, malgré les 
recherches les plus soigneuses et les plus détail- 
lées, nous n'avons pu observer rien de sembla- 
ble ; des sables jurassiques , analogues à ceux de 
Tatarowo, s'y trouvent, il est vrai, mais point de 
« hard blocks of siliceous grits, in situ. » 

Vol. I, pag. 237. le nom « Inoceramus-grit» est 
appliqué aux grès ferrugineux « iron » shot-and- 
stones » des montagnes des moineaux ; il nous pa- 
raît que ce nom ne leur convient nullement, par^ 
ce que, le nombre des fossiles en question, main- 
tenant Avicula mosquensis v. Buch, est infiniment 
trop limité pour qu'on puisse les regarder comme 
caractéristiques pour la roche. 

Vol. I, 240 et Vol. Il , 500, les couches de 
Troitzkoïe sont représentées comme faisant partie 
et comme contemporaines du grès de Tatarowo; 
cependant ces couches reposent sur les sables 
blancs et jaunâtres jurassiques, qui recouvrent le 
grès de Tatarowo et elles sont immédiatement re- 
couvertes par le diluvium du Nord. La coupe 
représente, de haut en bas, les séries suivantes : 

Diluvium. 

Marne ligniteuse, rouge brunâtre, avec tiges de 
plantes encore flexibles , écailles, dents et vertè- 
bres de poissons. 

Marne verdâtre et bleuâtre. 

Concrétions irrégluières de sable blanc. 

Sable jaunâtre, plus rouge vers le bas. 

Grès ferrugineux. 



499 

Marne à concrétions ( notre étage jurassique 
N. 3). 

Marne feuilletée (notre étage jurassique N° 2). 

Des échantillons des roches et des fossiles, mal- 
heureusement perdus dans la suite, ont été com- 
muniqués par nous à Mr. le Comte de Reyserling, 
qui croyait devoir les rapporter provisoirement à 
une formation récente, mais vu que ces couches 
sont déposées entre les terrains jurassiques et le 
Diluvium, à un niveau élevé de 20' au dessus de 
la ligne des débordements de la rivière , il nous 
paraît évident que ce dépôt doit être rapporté à 
l'un des membres les plus jeunes de la formation 
tertiaire. 

17 Janvier 1846. 



EXPLICATION DES PLANCHES. 

PI. VI fig. 1. ammonites Kônigii Sow., grandeur naturelle. 

» ii n 2. Le même, coupe de la bouche. 

h » » 3. Le même, cloison de grandeur naturelle, des- 

sinée d'après un autre échantillon. 

» » » 4. Ammonites catenulatus Fisch., grandeur na- 

turelle. 

» » » 5. Le même, vu du côté de la bouche. 

PI. VII. fig. 1. Inoceramus lobatus nob. moule intérieur vu 
de côté, grandeur naturelle. 

» » d 2. Le même, vu sur les crochets. 

« » » 3. Jeune individu du même, vu de côté. 



500 

PI. VIII. fig. 1< Cucullaea, sp. ind. Moule intérieur vu de cô- 
té, grandeur naturelle. 

,, » 11 2. La même, vue du côté anal. 

» » » 3. Empreinte de la charnière de la même co- 

quille. 

» » « 4. Natica, sp. ind. moule intérieur vu du côté 

de la bouche, grand, nat. 

» h h 5. La même, vue du côté opposé. 

PI. IX. fig. 1. Pecopteris Murchisoniana nob. empreinte de 
la face supérieure, grandeur naturelle. 

h » » 2. Le même, partie d'une pinne avec des nerfs 

distincts , d'après un autre échantillon, 
gr. nat. 

» ■ m 3. Le même, foliole grossi, pour montrer la di- 
stribution des nervures. 



— nAf } i Q»| ^S» 



Foldout in Book! 




r: 



Bulletin /S46. 



Tab. VI 




2. 









3. 






^. 



5. 




Hullfitin /#46. 



7hô. nu. 




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4-. 



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HulZe/in/ 7844?. 




Butte/in 784JÎ. 




COUPE GÉOLOGIQUE 

DÉDIÉE à S. Excellence M. FISCHER DE WALDHEIJI, 



FORMATIONS Et ROCHES. 



CARACTÈRES l'ETROUHAl'llKJEES. 



LOCALITES. 



CARACTÈRES PALÊ0XT0L0G1QUES. 



Halls Irulicum; II. bidcnlala-, Succinca «mpbibia; Acba 



1.1 '/■,.'., ./.■«' »»/.r..)it.«: I! «'"" caualieulali 
4, Fossilei de la craie! Coeloplilycliiuiu 






,V„„ ., ul,,,.!.!.., Ai», muta ; Tcrcliralula nl>, I. 

,.,.„.,!, . T ili- T.. m :i|.lul:,,T iiulcnlala .l'eClen.Car.li 

o.ncin n.im 1» niluiiiv, cauali, .ul.,1 n Tri-onia coslala. T.siguala. 

Lima aiganlca Cidarlsspatulatus Anirl.. Le* moules sm.L formCs par li 



1. Coupes locales naturelle 

(Les cl.iuïes arabes indiquent lu peu de âivolop 
pemenl do 11 couelio correspondante, les 
.issanec plus for,.)- 

A.) A. „.. ,. ,a cas*».. 



14. 15. 17. RI. 20. Si 



, |nii'..|..l 1 ,r,.|„..:. 1 .|...!"l'..|i,ii.|iiiiilr.il 

'" ». Anipliidesma donacifonne. 0>l 



mdilusaurusFrcarsii I'imIi |. l,il,M„.i,in,s 2 sp. Aslacus sp. A 
rans A. Jasnn, A. Duncani , A. ornalus, A. cordalos.A 

lorli, A. «ublnovis. Hi Lui - laïus. IV.i.n II... lu™. I 

.,li.s Klipsl.l'.person, Il, vpli.ic.i dilatais. Aslarlccurdiformi. 

„,,!.,. Nucula rosirai .. I iuculljc.i rlunjala. C canccllala. Ro, 



{. Griga, 
XXIII. XXIV. 

2. SpaskvIS. 9. 14. 17. 

3. Powichiao. 7. 1G. XVII. 

4. Troitzskoe. VIL 11. 13. 

5. Slelunikine. 10. 17. 

G. Tatarawo, VI. 8. 9. 10. XL 12. 13. 
7. Kluroahoim. 9. M. 13. XIV. XV. 1G 
S. Kmmtimm. II. 1G, 

9. nu. {i. xx. xxi. 

10. MlUwnikL XV. 16. 17. 

11. ChclcpikliaAl. 15. 1G. 

12. Dragomiloms. 17. XX. XXI. 22. 

13. Il'arMewo (Montagnes des moincaui). 
!. IV. 9. 10. XL XIII. 15. 1G. 



14. Kahmmskoi. XIII. 15. 10. 17. 

15. Pcsseda. II. XII. 16. 
10. Eotdtmki. IL XII. 13. 
17. TWrjctio. IL XII. 13. 

1?. Lilkarino (Widkrino).9. 10. IG. XII. 1 3 

19. MiaUhikowe. 9. 10. 1 1. 12. 13. 17. IS 
19. 20. 23 XXIV. 

20. Xmuminki.K. 12. 

21. Sakino. G. 14. 15. 10. 17. XVIII. 22. 

22. Doabrowilsi. 6. XX. XXI. XXIV. 

23. Podalsk. XXII. 20. XXIV. 

24. Pr.Uf.wU (près de Kolomna.) G. 9 
14. 15. 17. XX. 22. 23. XXII'. XXV 



ici*. Ce dernier fui ri. 



: Waldbcimia innsqo, 



II. Il y a recouvrement gênerai des ailuvioos. 

III. La division dr drus conclus par une ligne 
'rpcndiculairc iudic|uc i|ue ces dernières 

ut ensemble par alternance. 

IV La position dis rm.clies est gtncralcncnl 
oriiunlalé, la slraiilicalion cnncordantci il n'y 

ulbulccs, et point .1.- soulevées. 

V Les rnclies sol. des, telles ijue le gris de T. 
„..«., et le clcirc de montagne, sont sillont, 
. T. ..us pjr.ilMI.s. dont la direction générale c 

.1., II0S au ELN. 

VI. Les vailles (toutes vallées d'érosion) cl I. 
mères se dirigcul Iransversalcmeul ans Icnl. 
es rnclies solides, c. à d. du gros de Talaro» 
l du calcaire do montagne. 

VI. Lcslossiles les plus fréquents du jura— B. 
cranta canaliculatus, B esccnlrlcus, et Avicnla 
naosuucnsis (Innceramos dubius) se répètent da 






I fol 

ire de montagne il y a allci 
suches calcaires cl de l'arg.l 
aUudc surloul eu fossiles. 






DE LA 



COUPE GÉOLOGIQUE DES ENVIRONS 



Moscou. 



(Suite (*)) 

(PL A - E ) 

Passons , après avoir fait l'exposition des géné- 
ralités, à l'étude de nos terrains, qui sont au nom- 
bre de cinq : 

I. Terrain comtemporaiii. 

II. — diluvial. 

III. — tertiaire. 

IV. — jurassique. 

V. — carbonifère. 

On a fort peu de renseignements sur les trois 
premiers terrains ; les deux autres ont été beau- 
coup plus étudiés, et surtout le terrain jurassique. 

Dans tout notre gouvernement on n'a pu par- 
venir au delà du système carbonifère. 

(*) Voy. Bull. 1846. N. II. p. 444-485. 







Wsj-n 




360 

On a parlé d'an sixième terrain , le crétacé. 

L'auteur de l'Oryctographie ( p. 50, 81, 93 
et 179), a cru avoir reconnu ce terrain près de 
Bouschevo'é , d'après la présence du Srphonia 
py ri for mis Goldf. et des rognons de silex , mais 
il a change depuis d'opinion. Ce système est 
encore indiqué sur la carte de M. r de Buch ( Bei- 
tràge , Taf. IV ) avec une étendue assez grande, 
probablement près de Podolsk, et une seconde fois 
dénudé près de Tatarowo et de Khoroschowo. Ce 
savant paléontologue cite la page 92 de l'Ory- 
ctographie et les dessins de la Terebratula dyphia 
(Essais, p. 539 et 573 pi. VII. f. 2.) et de Pec- 
ten quinquecostatus ( Ibid. p. 538 et 572 pi. 
VI. f. 5.J de l'ouvrage de Macquart, qui repré- 
sente ces fossiles comme provenant « de la pierre à 
bâtir de Moscou » ( Ibid p. 535 donc dans le calcaire 
de Miatschkovo ). La page citée ne donne aucune 
preuve décisive de la présence du système cré- 
tacé à Tatarowo ; à 'la suivante il est vrai Fauteur, 
comme nous l'avons déjà dit, présente, non sans 
hésiter, ce terrain à Bouschevoë. Mais on ne sau- 
rait expliquer comment Macquart , dont les 
observations sont si solides, a pu indiquer dans la 
«pierre à bâtir de Moscou» deux fossiles propres 
au terrain crétacé. 11 faut nécessairement suppo- 
ser que ces deux formes de fossiles sont nouvel- 
les pour le carbonifère et voisines des formes du 
terrain crétacé, d'autant plus que maintenant mê- 
me nous ne connaissons que très imparfaitement 



36 J 

les fossiles du calcaire de montagne dénudé aux. 
environs de notre capitale. M. r de Bucli à depuis 
supprimé ce terrain dans nos contrées. Le Profes- 
seur Rose croyait aussi ( Reise n. d. Ural. Altai u. 
d. Caspisch. Meere, Berlin 1837 I. p. 78) avoir 
reconnu dans nos couches les fossiles du terrain 
crétacé (les bélemnites) et ceux du calcaire de 
transition (les trilobites ). Mais M. r Blasius remar- 
que ( Reise II. p. 5 ) que le calcaire grenu, blanc 
et assez friable de Podolsk rempli d'épines d'our- 
sins et de restes d'encrinites et présentant souvent 
des rognons de silex, pouvait induire en erreur les 
voyageurs, qui ont admis le système crétacé dans 
nos environs. Pour un motif semblable, Falk avait 
appelé «pierre crétacée, Kreidestein» le calcaire 
de Miatschkovo, qu'il visita en 1769 (* ) M. 1 " Her- 
mann plaçait le terrain de Moscou au dessus de la 
craie (Bull. d. M. T. IV. p. 150, Fisch. Oryct. 
p. 80.)- 

I. 

TERRAIN CONTEMPORAIN. 

Nos terrains d'alluvion sont peu nombreux. 

1. Dépôts alluviens mécaniques. 

2. Dépôts chimiques. 

3. Dépôts organiques. 



(*) Beitràge z. topog. Kennt d. Russ. Reichs. 1785. Vol. 
1. p. 6, et 54. Vol. II. 56. 



302 

1. DÉPÔTS ALLUV1ENS MÉGANIQUES. 

a. Us sont produits par les eaux et la glace, qui 
acquièrent une force plus considérable pendant les 
crues prin tanières. Comme toutes nos eaux cou- 
rantes n'ont qu'une très faible pente et que les 
glaces se fondent assez lentement, nos roclies du- 
res n'en sont que rarement attaquées. 

Toute leur force érosive et mouvante s'exerce 
sur les marnes peu tenaces du jura , et beaucoup 
plus ou presque exclusivement sur les roclies 
meubles du diluvium, qui est creusé et sillonné 
dans les directions des courants , et transporté 
d'une place à l'autre, ce qui rend l'étude des al- 
luvions fort difficile. CTest surtout sur la rive 
gauche que les dépôts alluviens ont lieu, et qu'on 
rencontre souvent des bancs de sable diluvien 
jaune, extrêmement fin , qui obéit facilement à 
la force motrice. 

b. Les eaux fluviales déposent aussi un limon, 
produit de la vie organique qu'elles alimentent, et 
dont la force fertilisante s'exerce surtout sur les 
champs labourables, disposés sur la rive gauche 
de nos rivières. Avec ce limon sont souvent aussi 
transportés des restes non méconnaissables de co- 
quilles et de poissons fluviatiles. Quelquefois 
même on remarque, après la crue des eaux, des 
poissons iïuviatiles dans des eaux stagnantes res- 
tées dans le voisinage des rivières. 

Dans les eaux stagnantes les mêmes effets ont 
lieu mais avec de légers changements. Les dépôts 



363 

organiques y sont plus abondants, les sables allu- 
viens, qui y sont chariés par les eaux printanières, 
plus grossiers. Enfin les unes comme les autres 
tombent au fond des eaux et ne sont par trans- 
portés. 

2. Dépôts chimiques. 

JNous rangeons ici deux substances dont la se- 
conde est bien plus développée que la première. 

A. Mines des marais. 

Elle recouvre souvent, sous forme de pellicule 
irrisée nos eaux stagnantes ou du moins d'un fai- 
ble courant et forme au fond de celles-ci un dé- 
pôt brun — rougeâtre. 

Dans les eaux stagnantes des marais cette mi- 
ne est bien plus abondante , mais jamais assez 
pour donner lieu à quelque exploitation. 

Toutes nos eaux , tant des rivières que des 
sources et des puits , contiennent le fer en assez 
grande quantité ; nous avons même dans les en- 
virons de Moscou , ainsi que dans la capitale, des 
eaux minérales ferrugineuses. Gueldenstaedt lors 
de son séjour à Moscou en visita deux ; l'une jail- 
lit aux pieds des montagnes des moineaux ,, dans 
les terres du monastère Àndréew , et l'autre 
se trouve dans les terres de la campagne Paw- 
lowsk du comte Iagoujinsky, à 40 verstes de Mos- 
cou ( * ). L'auteur de l'Oryctographie a présenté 

(*) F. A. Gueldcnstœdt's Reisen in RusslancL Peterb. 17&~. 
Vol. I. p. 27. 



36 î 

( * ) un résumé des recherches faites sur les eaux 
fluviales, celles des sources et sur les eaux minérales 
ferrugineuses de Moscou. Depuis, M r Hermann a 
analysé une source ferrugineuse dans la capitale 
même ( ** ). 

A ces eaux ferrugineuses il faudra , à ce que 
nous croyons, ajouter des sources salines. Du moins 
les habitans de la ville de Kolomna, dont l'hori- 
zon géologique est occupé par le calcaire de mon- 
tagne, n'emploient-ils pour leur usage domestique 
que l'eau de la rivière, leurs sources et leurs puits 
ne présentant qu'une eau dont le goût de sel est 
très prononcé , ce qui est d'autant plus frappant 
que les sources qui jaillissent ordinairement du 
calcaire de montagne se distinguent surtout par la 
limpidité , la pureté de leurs eaux , et par une 
fraîcheur, qui les fait rechercher et préférer pen- 
dant Té té. 

Voyez de plus les pages de TOryctographie. 

B. Tuj calcaire (Calcaire lacustre , terrain d'eau 
douce Brongniart. ) 

1. L/auteur de FOryctographie a signalé (page 
97 ) des assises de calcaire remplies de débris or- 
ganiques fluviatiles et lacustres, près de Zvénigo- 



;*) Page 103- 107. 

(*• ) Bull. d. M. 1812. p. 181. sq. 



365 

rotl, à l'endroit où les deux petites rivières la Mo- 
genka et la Gernovka se jettent dans la Moskva. 
Comme nous ne connaissions pas encore ce terrain 
aux environs de notre capitale, nous sommes allés 
Tétudier pendant l'été de l'année 1844. 

Ce terrain , gisant immédiatement sous la terre 
végétale, présente un calcaire poreux, marneux dans 
ses parties supérieures et plus dur inférieurement. 
Il n'atteint pas cependant une ténacité suffisante 
pour le rendre propre à être employé soit com- 
me pierre de construction , soit pour la prépara- 
tion de la chaux. Il apparaît sur les deux rives 
escarpées de la Gernovka où il acquiert une puissan- 
ce de 9 pieds. Les vacuoles extrêmement fréquentes 
sont remplies quelquefois de débris de coquilles , 
de fer limoneux et d'empreintes de feuilles. Ses 
couches très nombreuses et faibles alternent avec 
une argile rougeâtre ; elles sont parfaitement 
horizontales, régulières, et ne contiennent aucun 
corps étranger. Il semble donc qu'elles ont été dé- 
posées sans grande agitation de l'eau, pendant une 
assez longue durée de temps et qu'elles n'ont pas 
été dérangées depuis. 

Nous avons recueilli dans ce calcaire plusieurs 
espèces de fossiles. 

a. Animaux : 

Lymnjeijs. 

Les trois espèces distinctes sont parfaitement 



366 

identiques avec celles qui habitent maintenant 
les eaux de Moscou. 

1. Lymnaeus auricularis Drap. (*) 

Lymnœus auricularis Drap. Rouill. Disc. p. 64. 
Lymnœus auricularis Drap. Rouill. Erman's Archiv. 1846 
p. 468. 

Un seul exemplaire. 

2. L. ovatus Pfeiff. 

Lymnœus ovatus Pfeiff. Rouill. Disc. p. 64. 
Lymnœus ovatus Pfeiff. Rouill. Erman 1. c. 

3. L. palustris Pfeiff. 

Lymnœus palustris Pfeiff. Rouill. Disc. p. 64. 
Lymnœus palustris Pfeiff. Rouill. Erman. 1. c. 

Deux espèces bien plus fréquentes. Une qua- 
trième espèce ( Lymnœus sp. Disc. p. 64. Erman. 
L c. ) de la taille de L. palustris est trop muti- 
lée pour admettre une définition. 

Ces trois espèces sont fréquentes dans la faune 
actuelle de nos contrées. 

4. SUCCINEA PUTRIS L. 

Succinea putris L. Rouill. Disc. p. 64. 

Succinea Rouill. Erman. 1. c. ( non Sucoines putris L. j. 

Le plus grand individu est parfaitement identi- 
que avec l'exemplaire du Succinea ( Gochlochydra 
Ferr. ) putris L. représenté par Ferrussac ( Hist. 

( * i Dans tout notre mémoire nous ne citerons que des tra- 
vaux qui ont trait à des fossiles provenant de notre bassin. 



367 

Nat. des moll. terr. et fluv. Tome II. (XI) fig. 7. 
var. a. 

Un plus petit est identique ayec la Succinea 
( Cochlodhydra ) putris L. chez Ferrusac Ibid. n. 
10, que l'auteur dit être fossile du tuf calcaire et 
qui lui a été communiquée par M. r le Baron de 
Schlotheim. 

On trouve cette espèce rarement vivante aux 
environs de Moscou , mais nous l'avons reçue en 
abondance du gouvernement de Voronèje. 

5. Achatina lubrica Drap. 

Achatina lubrica Drap. Rouill. Disc. p. 64. 

Achatina lubrica Drap. Rouill. Erman. 1. c. ( non A. baltica ). 

Un seul exemplaire. 

Nous la connaissons vivante aux environs de la 
capitale. 

Hélix. 

Ce genre est représenté au moins par trois es- 
pèces, qui appartiennent toutes aux Hélices umbi- 
licatœ non carinatœ , anfractibus lœvibus , deux 
d'entre elles aux groupes de Hélices peristomio 
inermi, et l'une aux H. peristomio armato. 

6. Hélix fruticum Midi. 

Hélix Moroguesii Brongn. Fischer Oryct. p. 179. pi. XVIII. 

f. 1. 2. 
Hélix fruticum Mûll. Rouill. Disc. p. 64. N. 337. 
Hélix fruticum MûlU Rouill. Erman. 1. c. (non H. fontium 

Mûll. ). 

Les individus de cette espèce surpassent en 



368 

quantité ceux de tous les autres fossiles. C'est 
certainement la H. Morogucsii Brong. que M. r de 
Fischer figure et décrit dans FOryctographie , 
du moins ne savons-nous pas indiquer de carac- 
tères distinetifs. 

M. r Brongniart, en établissant l'espèce de H. Mo- 
roguesii ( Annal, d. Musée XV. p. 379 pi. 23 f. 
7 ), lui assigne une forme presque orbiculaire et 
cinq tours de spire parfaitement lisses. La figu- 
re qu'il en donne ne la représente que vue per- 
pendiculairement à la spire. Desliayes ( Coq. ca- 
ract. Paris Vol. II. p. 54 - 55 pi. VI. f. 1, % 4. ) 
la caractérise ainsi « testa globosa , lœvigata , non 
angulata , spira subpmminula , sexies circum- 
voluta » puis il ajoute qu'elle a quelques rap- 
ports de formes avec la H. nemoralis L. Or 
tous les caractères de la définition cadrent par- 
faitement avec ceux de notre fossile ; quant 
aux rapports de forme, nous remarquerons que 
certainement notre coquille ressemble à H. ne- 
moralis , mais pas plus qu'à la H. hortensis 
L. ( Ferruss. 1. c. pi. 33 — 36 ). Cependant 
il est facile de la distinguer de la première es- 
pèce en ce qu'elle a , comme la H. Moroguesii, 
l'ombilic bien ouvert , ce qui n'est quelquefois le 
cas que pour de jeunes individus de H. nemoralis^ 
et que son bord droit n'est jamais replié, relevé. 

En revanche il y a, dans les dizaines d'exem- 
plaires que nous avons recueillis de cette espèce, 
des individus qui affectent parfaitement la forme 



369 

du Hclix jruticum L., déposée dans le Musée de 
l'Université et recueillie par M. r le Professeur Kry- 
nizsky dans la Russie Méridionale, par M r . Schmidt 
à Laibach, et par M. r Sacclii aux environs de Na- 
ples. Enfin nous avons trouvé cette même coquil- 
le vivante aven sa couleur naturelle et l'animal sur 
nos champs ; elle ressemble par sa forme autant à 
la figure de Deshayes ( * ) et de l'Oryctographie, 
que deux individus de la même espèce peuvent se 
ressembler. 

En France cette espèce a été trouvée dans Un 
calcaire lacustre grisâtre supérieur, qui termine 
le dépôt tertiaire du bassin de Paris, près d'Orléans, 
et que l'on observe particulièrement à Péthivier 
et à Pontournois, associé à des Lymnœus et à 
des Planorbis ( Brongniart , Deshayes). La Hélix 
globulosa Bentz, Zieten p. 38. pi. XXIX. f. 3. a. 
b. c. et la H. depressa Martens Ibid. f. 6. sont 
des formes très voisines. Quenstedt les rapporte 
à un dépôt récent de tuf calcaire ( ** ) 

7. Hélix bidentata Gmel. 

Hélix bidentata Gmel. Rouill. Disc. p. 64. 
H. bidentata Gmel. Rouil!. Erman. 1. c. 

Parfaitement identique avec des exemplaires de 



(*) La planche VI de l'ouvrage cité de cet auteur, dessi- 
née par Vauthier, est plus explicative que la suivante (pi. 6 ) T 
dessinée par Leloy. 

[*") Das Flœtzgeb. Wiirtemb. Tubingen. 1843. p. 550- 



370 

la faune vivante , envoyés par M. r Krynizsky de 
la Russie Méridionale, par M. r Sclimidt de Lai- 
bacb. et par M. r Sacchi de Naples. De pins elle a 
été rapportée par notre ami, M. r Fahrenkohl , au 
nombre des mollusques qu'il a receuillis sur les 
bords de la petite rivière Schana , dans le gouver- 
nement de Ralouga ( * ), au sud de Moscou. 

Nous ne l'avons pas trouvée vivante aux envi- 
rons de notre ville. La suivante y manque éga- 
lement. 

8. Hélix indentata Gmel. 

Hélix Desmarestina Brongn. Fischer Oryct. ibid. f. 3. 4. 
Hélix indentata Gmel. Rouill. Disc. p. 64. N. 338. 
H. indentata Gmel. Rouill. Erman. 1. c. 

Nous appelions ainsi une forme parfaitement 
identique avec H. Desmarestina de l'Oryctogra- 
pliie et avec des exemplaires rapportés par M. r 
Fahrenkolil de Kalouga. 

Elle a de grands rapports de forme avec la H. 
injlexa v. Martens, Zieten pag. 38. pi. 31. f. 1 a. b. 
c. qui n'est, suivant Quenstedt ( ** ), que le moule 
d'un fossile du calcaire d'eau douce. 

9. Hélix s p. 

Présente beaucoup de rapports avec la Hellx 
subangulosa Bentz , Zieten p. 38. pi. 31. f. 2, a 



(*) Bull. 1844 p. 779. 

(**) Das Floctzgebirge Wùrtembergs. Tùbingen, 1843. p. 551. 






/ 



371 



b, c. qui selon Quenstedt ( * ) est de la même 
origine que l'antécédente. 

Nota. A la page 98 de l'Oryctographie sont mentionnées 
deux espèces, la H. decipiens et la H. turriculata, comme 
provenant de ce calcaire, nui ne sont plus indiquées dans la 
description des fossiles de ce terrain. Nous ne les connais- 
sons pas. 

Planorbis. 
Les deux espèces déterminées se retrouvent 
fréquemment dans nos eaux stagnantes ainsi que 
dans la Russie méridionale ( M. r Krynizsky ) et 
même aux environs de Pétersbourg (M. r Kar- 
piuslcy ). 

Nota. Les espèces de ces trois localités ainsi que celles que 
nous devons aux envois de MM. r Schmidt , Sacchi et Fah- 
renkohl se laissent analiser ainsi : 



/ 



,Corina 



! latere dextro planiusculo \. PI. conipla- 
natus Drod. 
testa utrinque concava. . 2. P. carinatus 
Mull. 
: latere dextro convexo. . 3. jP. nîtidus 

\ Miil) - 

• ■ . ; latere dextro unico cancavo. H. P. vortex 

Mull. 

5. P. margi- 

natus Drap. 

testa costata. 



testa utrinque concava. 



dextra 



6. P. imbrica- 
tus Mull. 



Plauortis< 



latere dextro profunde umbilicato^ 
sinistro planiusculo 



Canna , J a t e re dextro 
nulla \planuisculo 
! sinistro con- 
|cava vel um- 
bilicata. 



testa. 



anffustissima 



lai; 



testa u trinque concava. 



7. PI. corneus. 
Drap. 

8.Pl.vortîculus 
Troschel. 
Anfracti- 

bus ad- 9. P. contortus 
pressis Mail. 

Anfracti- 

bus ro- AQ. P. albus. 

tundatis. Mull. 

M. Pl.spiror- 
bis Mull. 



(*) Ibid. 

N\ W. 1846. 



24 



372 
Nous avons trouvé dans le calcaire de Zvéni- 



gorod 



10. Planorbis vortbx Miill. 



Planorbis vortex. Miill. Rouill. Disc. p. 64. 
PL vortex. Mùll. Rouiïl. Erman. 1. c p. 469. 

11. Planorbis contortus Midi. 

Planorbis contorta Mùll. Rouill. Disc. p. 64. 
Planorbis contorta Mùll. Rouill. Erman. 1. c. 

En tout identique aves les espèces de la faune 
actuelle de Moscou. 

12. Planorbis sp. 

Planorbis hemistoma Sow. Rouill. Disc. p. 64. 
Planorbis hemistoma Sow. Rouill. Erman. 1. c. 

Présente beaucoup de rapports avec la PL hemis- 
toma Sow. Ziet pi. XX. p. 39. f. 10. IX. que 
Quenstedt dit (*) provenir d'un calcaire lacustre 
de Steinheim. Selon notre analyse elle appartient 
au groupe des PL carina nulla, testa utrinque con~ 
cava. Cependant elle diffère de la seule espèce qui 
lui appartient , la PL spirorbis Mùll. 

Nota. Le respectable auteur de l'Oryctographie cite une 
seule espèce la P. lens Brong. avec une variété P. impresset 
Fisch. Ces fossiles manquent à notre collection et nous ne les 
avons pu étudier que dans les écrits des auteurs qui en 
parlent. 

Remarquons d'abord que l'espèce de Fischer et- la P1-» 



(*) Das Flôtzg. etc. p. 550. 



373 



lens Brong. nous semblent former deux espèces parfaitement 
distinctes, car en comparant les figures qu'en donnent ces 
deux auteurs, on remarque des différences assez fortes. 



PI. lens Brong. 



(Annal du Mus. XV. p. 372- 

PL XXII. f. 8. Deshays Coq. 

de Paris II. p. 87. u. 9. PL 

IX. f. 11-13.). 

Bouche anguleuse, comprimée 
vers la périphérie du disque, 
cordiforme. Aussi Brongniart 
dit dans la caractéristique, qui 
indique à peine les traits les 
plus saillants: ce planorbe dif- 
fère beaucoup du Planorbis ca- 
rinatus , mais il a les plus 
grands rapports avec le Pl.com- 
planatus Draparnaud , dont la 
bouche, comme dans Pi. nitidus 
MûlL, est cordiforme, compri- 
mée des cotés (*). 

Tours de spire, au plus, qua- 
tre. 



(*) Voyez : Draparnaud. Hist. 
nat. des coq. terr. et fluv. de la 
France. Paris 1805. p. II. f. 
20—22. Pfeiffer : Naturg. Deut- 
scher Land-u-Suesswasser Mol- 
lusken.Weimar 1821. p. 83. Fof 
V f. 14. — Troschel de lim- 



Pl. lens de VOrycto- 



zr 



aphie. 



Pag. 180. Tab. 18. fig. 5. 6.) 



Bouche vers la périphérie 
du disque parfaitement arron- 
die , si toutefois la figure en 
est exacte ; quoiqu'il soit dit 
expressément: anfractibus qua- 
ternis ad peripheriam in me- 
dio subangulatis. 



Tours de spire cinq, h six 
et demie. L'auteur, il est vrai, 
n'en cite que quatre (anfrac- 
tibus quaternis), mais le des- 
sin en présente cinq. Cette 
différence vient de ce que l'au- 



neaceis gasteropodis pulme- 
natis, quae nostris in aquis vi- 
vun t. Berolini M DCCCXXXIV. 
p. 45. 

24* 



374 



teur compte les tours différem- 
ment de Brongniart; il est évi- 
dent que si on traçait une li- 
gne droite depuis la bouche 
du fossile à son sommet, elle 
découperait dans la PU lens 
Brong. 4 tours et dans la co- 
quille de l'Oryctographie 5. Du 
reste, il est vrai que le nom- 
bredes tours peut varier avec l'â- 
ge, et il serait de peu d'impor- 
tance, si Brongniart n'y avait 
ajouté le mot: « au plus.» 

Tours de spires peu séparés 
les uns des autres. 

Les tours de spire ne s'élar- 
gissent que très insensiblement; 
les quatre premiers apparais- 
sent au coté droit presque de 
la même largeur , le dernier 
tout au plus deux fois aussi 
large que l'antécédent. 



Tours de spire très séparés 
les uns des autres. 

Les tours croissent sensible- 
ment en large ; surtout le der- 
nier au moins deux fois et 
demie aussi large que l'anté- 
cédent. Dans le Pl.complanatus 
Drap, avec lequel il a , sui- 
vant Brong. les plus grands rap- 
ports, le dernier tour est aussi 
bien plus large que les autres 
(ultimus longe major quant re- 
liqui, Troschel). 

«Plutôt bombé et lenticulaire «Coquille discoïde, déprimée, 
qu'ombiliqué.» plane des deux cotés»» 

1. En résumé nous remarquerons que le fossile de l'Orycto- 
graphie îhdiqué sous le nom Pi. impressa Fisch. comme variété 
de PI lens , et caractérisé «tours de spire moindres, seu- 
lement au nombre de trois (*) et plus séparés les uns des au- 



{*) Ce qui équivaut à 4. tours, suivant la manière de Brongniart, 



375 

très, s'approche bien plus de l'exemplaire original de PL lens 
Brong. que le fossile de'crit sous ce nom dans l'Oryclographie. 

2. Que ce dernier est une espèce distincte , bien caracté- 
risée, peut-être nouvelle pour le terrain en question, et que nous 
appellerions PL Fischeri. 

3. Que le PL lens Brong. se distingue cependant de PL com- 
planatus Drap, avec lequel il a les plus grands rapports , 
en ce que dans le premier les deux cotés se ressemblent 
davantage «la coquille est presque bombée, lenticulaire» 
dans le PL complanatus au contraire : dextrum latus parum 
convexum, in medio vix paullo demissum , suturis distinctis ; 
sinistrum latus itidem parum convexum , ab ultimo anfractu 
fere totum occupatam , ut priores anfractus , qui demissi 
umbilicum efficiunt, vix» conspiciantur. 

13. Gyclas cornea Lam. (non Drap.) 

Cyclas comea. Lam. Rouill. Disc. p. 64. 
Cyclas comea Lam. Rouill. Erman. 1. c. 

Exemplaire qui a conservé son épiderme exté- 
rieur et présente les caractères spécifiques indi- 
qués chez Lamarck, excepté le dernier ( zona 
marginali lutescenti ). 

14. Cyclas rivicola. Lam (? C. comea Drap.) 

Cyclas rivicola. Lam. Rouill. Disc. p. 64. 
Cyclas rivicola. Lam. Rouill. Erman. 1. c. 

Nous rapportons à cette espèce le fragment 
d'un exemplaire de taille bien plus forte , plus 
épais et présentant des stries distinctes d'ac- 
croissement. 

Ces deux espèces n'offrent que des dents laté- 
rales lamelliformes. 



376 

Elles sont, surtout la première, communes dans 
nos eaux stagnantes. 

/?. Plantes. 

Le calcaire est rempli de fragments de feuilles 
et de branches, mais tellement mutilés qu'il ne 
nous a pas été possible d'en reconnaître les espè- 
ces. Voy. l'Oryctog. p. 179. (*) 

En comparant ces fossiles avec les coquilles 
actuelles de Moscou, nous remarquons que : 

1. Les coquilles de Zvénigorod appartiennent 
à six genres dont les représentants se trouvent dans 
nos contrées. 

2. Elles appartiennent , à l'exception de deux 
espèces la H. bidentata et la H. indentata, aux 
espèces actuellement vivantes dans nos contrées. 

3. Ces deux espèces sont fréquentes dans quel- 
ques gouvernements au sud de Moscou (Voronèje, 
Kalouga, Rharkow etc.}. 

4. Plusieurs espèces ( les Lymnaeus et les Pla- 
norbis ) se trouvent aussi au nord de notre gou- 
vernement jusqu'à Pétersbourg (M. Karpinsky ). 



(*) Les descriptions et les planches de cet ouvrage, qui 
traitent des plantes fossiles, ne semblent être qu'une réimpres- 
sion d'un article que nous n'avons pu nous procurer : Fischer 
de Waldheim : Notice sur les végétaux fossiles du gouv. de 
Moscou. Mosc. 1824; (Cité par E. R. Trautvetter, dans le Grund- 
riss ciuer Geschichte d. Botanik in Russland. p. 1&5.) 



377 

5. Il est surtout remarquable que les genres 
Paludina , Anadonta^ Unio, qui sont si aboudants 
eu individus dans la faune actuelle, manquent to- 
talement dans ce calcaire, comme aussi le Lymnaeus 
stagnalis et îe Planorbis corneus , qui sont cer- 
tainement les plus fréquents de leur genre. 

6. Tous les fossiles du tuf calcaire vivent actuel- 
lement dans nos eaux stagnantes , ou du moins 
de telles , dont les eaux ont un faible courant et 
qui sont renfermées par des digues. Voy. pag. 483. 

7. Les plus communes semblent avoir été la H. 
fruticum et le L. ovatus qui ne le sont plus de 
nos jours. 

8. Enfin les univalves semblent avoir été bien 
plus abondantes à l'époque de la déposition du tuf 
calcaire que de nos jours. 

Ce calcaire en définitive parait appartenir au 
groupe que Brongniart nomme terrain d'eau 
douce: il en a du moins tous les caractères distinc- 
tifs, tant minéralogiques que stratograpbiques et 
paléontologiques. 

Nota. Ces détails sur le tuf calcaire ont été présentés à la 
Société des Naturalistes de Moscou, à sa séance du 19 Octobre 
1844. (Voy. Bull. 1844. p. 923). Les faits principaux ont été 
signalés dans notre Discours p. 62 — 64. 

On connaît d'autres localités où affleure le même 
terrain. 

2. L'auteur de l'Oryctograpbie signale le même 
calcaire , quoique sans fossiles, sur la Nara près 
de Serpoukhow. 



378 

3. MM. Catala et Kiréew , qui ont bien voulu 
aider nos recherches géologiques dans notre 
gouvernement , ont trouvé au pied de Ja Mon- 
tagne des Moineaux , sur Ja rive droite de la ri- 
vière , à quelques pas derrière la fabrique de Ra- 
dimzow, le même calcaire. Ses caractères strato- 
graphiques , minéralogiqucs et paléontologiques 
sont les mêmes, à l'exception près qu'il ne contient 
presque point la Hélix fruticum , le Lymnaeus 
ovatus, et qu'il passe inférieurement en une mar- 
ne noire, riche de restes de plantes , parmi les 
quelles on reconnaît facilement les branches de 
notre bouleau actuel. On trouve dans celle-ci très 
fréquemment des tuyaux cylindriques formés par 
la roche endurcie , qui , on ne tarde pas à s'en 
convaincre , se sont déposés autour des branches 
de plantes et ne sont vides que depuis que 
celles-ci sont pourries. 

4. Nous avons encore retrouvé le tuf calcaire 
sur le même bord de la rivière, près du village 
de Worobiëvo , le long de la route qui conduit 
du pied de la montagne à l'extrémité nord- 
ouest du village. Le calcaire affleure ( ayant une 
archine de puissance ) avec les caractères de celui 
de Zvénigorod, et présente presque exclusivement 
la H. fruticum; mais en revanche il remonte très 
haut le long de l'escarpement des montagnes sur 
une étendue de 50 pieds. 

Nota. Il est juste de remarquer que M. r Frears connaissait 
déjà cette assise de tuf calcaire, mais il n'a pas indiqué son 



379 

caractère géologique c. à d. il n'a pas démontré qu'il était 
identique avec le calcaire de Zvénigorod, signalé dans l'Oryc- 
tographie et que les fossiles qu'on, y trouve font encore par- 
tie de la faune actuelle. Nous avons exposé nos idées en 
1845 dans la Gazette de Moscou N° 92 et dans le Disc, 
p. 63. 

5. M. r Frears a rencontré le même calcaire entre 
Petrovskoë et Petrovskoë-Rosournovskoë. 

6. Nous l'avons retrouvé sur la rive gauche de 
la Skhodnia, vis à vis le moulin Sokolowo (à 
18 verstes de Moscou). 

7. M. r Fahrenkohl a indiqué sur la rive gau- 
che de la Moskva, derrière le pont qui la traverse 
sur la route de Rolomenskoé , au pied du village 
de Rojoucovo, la même marne noire , dans la 
quelle il y a trouvé de plus une Clausilia et 
une Pupa. 

8. Nous avons reçu, de la part du Prince Wol- 
demar Lvoff, des échantillons du même calcaire 
passant à la marne noire avec les fossiles dis- 
tinctifs, que Ton a trouvés à 60 verstes de la capi- 
tale, à gauche de la route de Pétersbourg, district 
de Rlin, près du village Spaskoë-Teleschovo , sur 
la rive droite et marécageuse de la Boschaïka, qui 
tombe dans Flstra. 

9. M. r Alexis Martinow nous a communiqué 
des échantillons de ce tuf avec H. fruticum, qu'il 
a recueilli dans le gouvernement de Toula , dis- 
trict de Rachira, au pied du village Mokraia Kor 
(Rouill. Disc. p. 64. Not. 336). 



380 

1 0. M. r Falirenkolil Ta rapporté du gouvernement 
de Kalouga , du village Diatkovo sur la Schana 
(Bull. d. M. 1844. p. 776. Disc. p. 64). 

11. M. r Bicliovetz a présenté à la Société des 
échantillons du calcaire marneux , avec Lym- 
naeus ovatus , trouvé dans des terres du gou- 
vernement de Kalouga , district de Tarouza , à 
un quart de verste du village Sourinka et à deux 
de Pschelënki. 

12. MM. Catala et Kiréew ont retrouvé cette 
marne avec les même fossiles dans plusieurs endroits 
du bord gauche de la Pachra, ( p. e. en arrière de 
Sekerino) où ce terrain parait être assez fréquent. 

13. M. r Vosinsky , élève de notre Université , 
nous a indiqué ce terrain sur la rive droite de la 
Moskva, près le village Bouza'évo, premier relai de 
poste sur la route de Zvénigorod ; et sur la 
rive droite de Tlstra, deux verstes en arrière du 
Monastère de Voskressensk, près la route qui con- 
duit de ce bourg à Zvénigorod. 

14. Nous avons encore vu des échantillons du 
même tuf calcaire, qui ont été pris au gouverne- 
ment de Twer , district de Wichnivolodsk, dans 
la campagne Wassiliowo, appartenant au colon 
Gropesco, près du Moghilevskoi-Monastère. L'assi- 
se du tuf calcaire se trouve sur la rive droite de 
3a Gavriikovka , affluant de la Tzna , et est per- 
cée à son milieu par une source extrêmement 
froide et pure. 



381 

Ces données rendent évident que ce terrain d'eau 
douce est assez ordinaire dans le bassin de Moscou, 
et qu'il acquiert par là une importance géologique. 
Ne Tayant vu nulle part distinctement recouvert 
par le diluvium , nous l'avons rapporté à l'époque 
post-diluvienne. 

3. Dépôts organiques. 

La Tourbe des marais est abondante dans nos 
contrées surtout dans les localités signalées dans 
la Coupe, mais c'est à peine si on a commencé à 
l'exploiter , et il nous est impossible de donner 
des renseignements suffisants sur cette roche. 

"Voyez ce que l'auteur de FOryctographie en 
dit ( page 102 — 103 ). Ajoutez y encore ce que 
Gueldenstaedt dit sur la tourbière située au- 
delà de la Slobode Allemande , quartier de la ca- 
pitale. (*) 

IL 

TERRAIN D1LUYIAL. 

On n'a que fort peu étudié ce terrain. Les ren- 
seignements qu'on en a acquis peuvent se résumer 
ainsi: 



A. Caractères minéralogiques 

srrain contient sous forme de 
gravier, de cailloux roulés et de blocs erratiques 



* 
1. Ce terrain contient sous forme de sable , de 



(*) Gueldenstaedt Reisen etc. I. p. 27. 



382 

granité, siénite, gneiss, quarzite, lidite, jaspe, cor- 
naline, micaschiste etc. 

2. Ce terrain est représenté par deux roches, le 

a. Diluvium arénacé, 

composé principalement de sable et de gravier, 
et le 

b. Diluvium argilleux, 

dont la masse dominante est V Argile à briques. 
La quantité et la diversité des roches primitives 
sont moindres. 

B. Caractères strato graphiques. 

3. Le diluvium recouvre en général le sol de 
notre gouvernement , à l'exception du terrain 
contemporain. 

4. Le diluvium sableux recouvre les plaines, le 
fond des vallées et le lit des rivières. 

5. Le diluvium argileux occupe les sommités et 
les pentes des plateaux et des collines. 

Nota. 1. Pour compléter ces faits voyez a. Fischer: Oryctog. 
pag. 98 — 102 b. De Verneuil Bull. d. 1. Soc. Géolog. de France 
1843. c. Ce que nous avons dit dans la Gazette d. Mosc. 1845. 
N° 128 et répété Bull. d. Moscou 1846 page 469 — 475. d. 
Murchison etc. Geol. of. Russ. Tom. I. 

2. L'étude des blocs erratiques devient de jour en jour plus 
difficile, leur quantité diminuant à vue d'œil. C'est ainsi que les 
blocs erratiques du gouvernement de Vladimir, si communs au- 
trefois, ont été employés pour la chaussée macadamisée. 

Un entassement de grands cailloux semblable 
à celui que mentionne M. r de Fischer à Zvéni- 



383 

gorod ( Oryct. p. 99. ) a été retrouvé par M. r 
Yosinsky sur la rive droite de Tlstra, vis à-vis le 
couvent de Voskressensk. 

G. Caractères paléontologiques, 

6. Ce terrain renferme beaucoup de fossiles de 
deux groupes fort distincts. Les uns lui appar- 
tiennent exclusivement — ce sont les ossements 
des mammifères; les autres proviennent des ter- 
rains antérieurs. 

a. Fossiles exclusivement propres au diluvium. 
1. Equus fossilis Guv. 

Equus caballus primigenius v. Meyer, Fischer Bull. d. M. 

1838. p. 534. 
Equus fossilis Rouill. et Frears 2. Coup. Géol. 

Des dents machelières, identiques aves celles de 
l'espèce vivante , excepté une taille moins forte , 
sont communes dans nos sables. 

Nous n'avons pas vu de dent qu'on puisse 
rapporter au genre Hippotherium , auquel selon 
M. r Bronn (Letb. II. p. 1193). appartient YEquus 
caballus primigenius de Meyer. 

2. Elephas mammonteus Fischer. 

Elephas mammonteus, Fischer 1808. Programme sur l'Elasrao- 

therium p. 11. 
Elephas mammonteus Fischer ( 1814) Zoogn. tabul. synopt. 

ill. T. III. p. 319. 
Elephas mammonteus Fischer. Mém. d. 1. Soc. Imp. d. Na- 

tur. d. Mosc. 1829. p. 285. 



384 

Elephas mommonteus Fischer. Bull. d. Moscou 1829. p. 

267 — 278. 
Elephas mammonteus Fischer. Oryct. p. lll.pl.I. 1830 — 1837. 
Elephas mammonteus Fisch. Bibliographia Paleon. p. 146. 

( 1834 ). 
El. mammonteus Fisch. Bull. d. Mosc. 1838. p. 532. 
El. mammonteus Fisch. Frears et Rouill. 1845. l ve Coup. 

Géol. 
El. mammonteus. Fisch. Rouill. Disc. p. 58. N° 314. 
El. mammonteus. Fisch. Rouill. et Frears 2 e Coup, Géol. 
El. mammonteus Fisch. Rouill. Erman. 1. c. p. 466. 

Les maclielièrs et les défenses ainsi que divers 
ossements de cet animal sont très communs dans 
nos contrées. On en a trouvé au centre de la 
capitale , lorsqu'on posait les fondements de la 
cathédrale du Sauveur. Pour plus de détails voy. 
TOryctographie page 111 — 1 12. 

Nota. Nous voyons cette espèce citée ordinairement sous le 
nom de El. primigenius Blumenbach ou El. mammonteus Cuv. 
et tout au plus avec l'autorité de Cuvier et celle de M. r Fi- 
scher en second lieu. Or ceci est contraire au droit de l'anté- 
riorité, admis dans la nomenclature. M. r de Fischer dit devoir 
conserver le nom El. mammonteus comme étant le plus ancien 
Oryct. p. lit); il l'avait déjà porté sur la liste des animaux 
fossiles de la Russie en 1808 ( Programme sur l'Elasmotherium 
etc. p. 11. Bibliog. poleont. p. 146) 

M. r de Fischer avoit autrefois admis sur des dif- 
férences présentées par les molaires, les espèces 
suivantes: a. El. paniscus, h. El. proboletes,(N. Mém. 
XVII. 1.) c El. pygmaeus ( L. c. XVII. 2) d. 
El. campylotes, e. El. Kamenskiï (N. Mém. d. 



385 

M. 1829. p. 285-295; Bull. à. M. 1829. p. 
267-278; Bibliog. paleont. p. 146). 

L'Université de Moscou possède des ossements 
de Mammont provenant des gouvernements de Mos- 
cou , Yladimir, Twer , Ralouga , Toula, Riazan , 
Orel, Smolensk. N. Mém. 1829. p. 287 - 289: 
et le catalogue du Musée de l'Université.). 

L'analyse chimique d'une dent fossile fut don- 
née par le Prof. Iohn dans les Mém. d. Moscou. 
1812. Tom. 111. p. 217-220. 

Le squelette le plus complet provenant de notre 
bassin est celui que l'on a trouvé au gouverne- 
ment de Iaroslaw, district de Daniloff. Il a été men- 
tionné dans les Gazettes du même gouvernement, 
de plus par de Fisclier Bibliogr. paleont. p. 366 et 
mon Discours, p. 60. 

Nota. Ce que M. r de Fischer avait décrit comme étant la 
dent d'un crocodile (Oryct. p. 1 19. Grocodilus. Tab. IV. Ichthy- 
osaurus giganteus) n'est que le cône d'une défense désagrégée 
du mammont; nous avons devant nous des pièces justificatives. 
Çuvier l'avait déjà supposé ( Rech. oss. foss. VII. p- 474. ) et 
nous l'avons signalé Disc. p. 59. Note 523. 

3. Rhinocéros tichorhinus Fischer. 

Rhinocéros de Sibérie. Fischer. Prog. sur l'Elasmot. p. 13. 

(1808). 
Rhinocéros tichorhinus. Fisch. Zoognos. tab. syn. ill III. p. 

304. (1814). 
Rhinocéros sibiricus. Fisch. N. Mém. d. M. 1829 Tom. I. p. 

293. sy. al. XVIII. 1. 2. Mâchoire infér. et corne. 
Rhinocéros tichorhinus. Fisch. Bull. d. M. 1829. p. 68 t. pi. 3- 



386 

Rhinocéros tichorhinus. Fisch, Oryct. p. 114. Tab. II. III: 

(1830—1831). 
Sur le gryphus antiquitatis , des natural. allemands. Mosc. 

1836. Bull. 1831. p. 152 sy. pi. I. 
Rhinocéros tichorhinus. Fisch. Bull. d. Moscou 1838. p. 533. 
Rinoceros tichorhinus. Fisch. Frears et Rouill. l re Coup. Géol. 
Rhinocéros tichorhinus. Fisch. Rouill. Disc. p. 58. 
Rhinocéros tichorhinus. Fisch. Rouill. et Frears 2-' Coup. 

Géol. 
Rh. tichorhinus Fisch. Rouill. Erraan. 1. c. p. 466. 

4. Mastodon. 

Mastodon sp. Fischer. Bull. d. M. 1835. p. 394. 
pi. X. f. 6. 

Une jeune dent provenant de Riazan et trouvée 
par M. r Yosdvigensky. 

5. Hippopotamus maxim us Nesti et Cuv. 

Hippopotamus maximus Fisch. Oryct. 115 Tab. III. a, 
Hippopotamus maximus Cuv. Fisch. Bull. d. M. 1838 p. 533. 
Hipp. maximus^ Rouill. Disc. p. 58. N° 316. 
Hipp» maximus, Frears Rouill. l re Coup. Géol. 
Hipp. maximus, Rouill. et Frears. 2 e Coup. Géol. 
Hipp. maximus, Cuv. Rouill. Erman. 1. c. p. 466. 

Du district de Voloçolamsk. 

6. Elasmotherium sibiricum Fisch/ 

Elasmotherium de Sibérie Fisch. Programme contenant la 
notice d'un animal inconnu aux Naturalistes. Moscou. 1808 c. 
Tab. 11. Voyez encore Fischer; Bibliog. paleont p. 136. 

Llasm. de Sibérie Fisch. Mém. des Nat. d. Mosc. p. 255. 
sp. pi. 21. 22. C'est la répétition du travail antécédent avec 
les mêmes planches. 



387 

Elasmolhcrium sibiricum F. Bull, de Moscou 1843 p. 458. 
sp. On trouve ici la bibliographie entière de l'animal. 
El. Fischeri, Pictet Palcontol. I. p. 268. 
Elasm. sibiricum, Rouill. Disc. p. 58. N. 317. 
Elasm. sibiricum, Fisch. Rouill. Erman. 1. c. 466. 

Nous possédons une omoplate , provenant du 
gouvernement de Riazan. Elle présente beaucoup 
de rapport avec l'os correspondant de l'éléphant, du 
rhinocéros et du cheval , c'est pourquoi nous 
avons cru devoir la rapporter à ce genre. 

Nota. Il y a confusion de noms donnés aux deux espèces 
de ce genre. L'espèce dont la mâchoire a été décrite par M. r 
de Fischer , est appelée par ce savant Elemotherium de Sibé- 
rie (Programme etc. 1808) sans nom spécifique latin. Plus tard 
il cite (Bull. d. M. 1843. p. 458) cet animal comme décrit dans 
le programme sous le nom de EL sibiricum. Cependant on le 
trouve cité sous le nom de El. Fischeri chez Desmaret (*), Des- 
moulins (**), le. Fischer (***) H. de Meyer (****), Bronn (*****}, 
Geinitz (******), Une autre espèce a été indiquée par M. r de 
Keyserling ( Bronn's Jahrb. 1842 p. 95. Bull, d- M. 1843. p. 
454. pi. III. ) et appellée par M. r de Fischer El. Keyserlingii 
Fisch. Bull, d M. 1843. p. 461. (Geinitz 1. c.) oh M. r Fischer 
appelle encore sa première espèce Elasm Fischeri. 

7. Bos Pallàsii Dekay. 

Bos canaliculatus Fischer. Bull. d. M. 1830. p. 85. pi. III. 
Bos canaliculatus, var. mosquensis Fischer, Bull. d. M. 1834 

p. 437. 

(*) Mammologie 1820 p. 546 n. 850. 

(**) Diction, classiq. VI. p. 92. 

(***) Synopsis Mammal. 1829 p. 417. n. 116. 

(****) Palaeoiog 1832 p. 78. 147. 

(*****) Lethaea geog-. II. p. 1196. 

(******) Grundriss d. Versteinerungsk. p. 44. 

N° IF. 184G. 25 



388 

Bos canaliculatus Fisch. Oryct. p. 1 IG. pi. II I G. 
Bos Pallasii, Fisch. Bull. d. M. 1838. p. 534. 
Bos Pallasii, Rouill. Disc. p. 58. N. 318 
Bos Pallasii, Frears et Rouill. l re Coup. Géol. 845. 
Bos Pallassi, Rouill. et Frears. 2 e Coup. Géol. 
Bos Pallasii Dekay, Rouill. Ermau. 1. c. p. 466. 

On en a trouvé un crâne aux environs Je Mos- 
cou ( Schablovo, à 6 verstes de la capitale ). 

8. Bos priscus Bojan. 

Bos latifrons Fisch. Bail. d. M. 1830. p. 8 pi. II. 

Bos latifrons Harl. et Fisch. ( Cit. Geiuitz Gruadriss. d. 

Versteiaer. p. 56.). 
Bos latifrons, Rouill. et Frears 2 e Coup, 

Un crâne en a été trouvé dans le district de 
Kolomna. Nous l'avons déposé au Musée de l'Uni- 
versité. 

9. Alces Savinus Fisch. (sp.) 

Cervus .... Fisch. Bull. d. M. Tome VIL p. 439. 

Cervus [megalocerus) Savinus Fischer, Oryct. p. 117. 

Cervus megaloceros, Fischer N. Mém. d. M. 1834. Tom. III. 

p. 297. 
Cervus megaleceros, Fischer Ibid. Tab. III c. 

Cervus megaloceros, Fischer Bibliog. paleoot. p. 367. 1834). 
Cervus megalocerus, Fisch. Bull. d. M. 1838. p. 5. 34-35. 
Cerf approchant du Cervus euryceros s. megaloceros. Fi- 
scher Bull, d. M. 1834. p. 439. 

Cervus Savinus Fischer, Ibid. p. 441. justement (p. 117.). 
Alces Savinus, Rouill. Disc. p. 58. N. 319. 
Cervus alces, Eichwald Bull. 1845. p. 215. 
Alces Savinus, Ermau Archiv. 1846. p. 167. 

Crâne très bien conservé et décrit par M. r de 
Fischer, trouvé à 60 verstes de la capitale. 



389 

Nota. M. r de Fischer a déjà remarqué, dans l'Oryctographie 
et le Bull. d. M. 1834. p. 439 — 441, que ce crâne forme le 
type d'une espèce intermédiaire entre X Alces vivant et le C. 
megaloceros. Cependant dans des écrits postérieurs ( Bibliogr. 
1834 et Bull. d. M. 1838. ) il lui donne encore le nom de C. 
megaceros. Nous avons fait remarquer ( Disc. p. 58 Nota 319 ) 
que ce crâne n'appartenait pas au groupe des petits cerfs (renne) 
dans lesquels les os intermaxillaires touchent les nasales, et aux- 
quelsap partient leC. megaceros, mais bien au sousgenre des cerfs, 
Alces, qui ont les nasales éloignées des intermaxillaires et par 
conséquent l'ouverture nasale antérieure très allongée. C'est 
pour la même raison que nous avons préféré lui imposer le 
nom de Alces Savinus. Depuis, M. 1 Eichwald ( Bull. d. M. 
1845. p. Erman. 1846. p. 167 (*) a cru devoir rapporter ce 
crâne à l'élan ordinaire ( Cervus Alces ), opinion que nous ne 
pouvons partager. 

10. Alces resupinatus n. 

Alces resupinatus n. Rapport annuaire de l'Univers, de Mos- 
cou pour l'année 1842. 

Alces resupinatus n. Disc. p. 58 N° 320. 
Alces resupinatus n. Erman. 1. c. p. 466. 

Un crâne d'une conservation complète , trouve' 
par M. r INetschaew dans un lac appartenant à ses 
terres du gouvernement de Kostroma, district de 
Néreclita. 

11 diffère de l'espèce précédente et de l'élan vi- 
vant en ce que la partie antérieure du crâne est 
relevée et la postérieure déprimée, et sa base por- 



(*) Erman's Arhiv. 1846 p. 167 etc. réimprimé de notre 
Bulletin. 

25* 



300 

tée antérieurement. Il faut en conclure que cette 
espèce portait des bois d'une taille très forte, quoi- 
que les présents soient très jeunes , ce que la 
grandeur du crâne ( d'un tiers plus grand que le 
précédent ) confirme suffisamment. 

1 1 . Cervus elaphus L. 

Cervus elaphus L. Fischer Oryct. p. 118. PI. I. 6. f. 4. 
Cervus elaphus fossilis L. Rouill. Disc. p. 58. N. 321. 

Du même endroit que YAlces Savinus. 
12. Cervus euryceros Aldrov. 

Cervus megacerus , Jazikow Tableau des roches du Gouv. 
de Simbirsk. 

Cervus giganteus , Rouill. Séance d. 1. Soc. d. Natur. d. 
Mosc. 1843, 18 Mars. 

Cervus giganteus Cuv. Rouill. Disc. p. 58 N. 322. 

Cervus megaceros , Eichwald Bull. d. M. 1845. Erman's Àr- 
hiv 1846. p. 158 — 176. 

M. r Iazikow a trouvé le crâne et une perche de 
cet animal dans le gouvernement de Simbirsk. 
Nous avons présenté le moule de ce crâne et le 
dessin de la perche à la Soc. d. Naturalistes. Le 
plâtre est déposé au Musée de l'Université. Depuis, 
M. r Eichwald a décrit ce fossile dans le Bull, d 
Moscou. 

13. Castor fiber L. 

Castor fiber, Fischer Bull. d. M. 1834 Tora. VII p. 434* 
pi. XIV. 

Castor fiber, Fischer Oryct. p. 119. p. 1.6. f. 5. (1830-1837) 
Castor fiber, Fischer Bull. d. M. 1838 (T. XI) p. 535. 



391 

14. Canis. 

Crâne d'un loup fossile. Fischer Bull. 1834. p. 
435 — 437 pi. XV. Mr. Fischer a décrit sous le 
nom d'un loup fossile la partie postérieure d'un 
crâne trouvé dans les tourbières de Moscou. 

Aux environs de Zagorié. 

/3. Fossiles trouvés dans le dïluvium, mais prove- 
nant des terrains antérieurs. 

8. Ces fossiles appartiennent à deux terrains 
le carbonifère et le jurassique. C'est un fait qui 
n'a pas échappé à l'observation du Dr. Macquart. 

9. Un autre fait non moins important est celui, 
que l'on n'a rencontré dans notre diluvium que 
des fossiles antérieurs exclusivement propres aux 
deux époques mentionnées. Car le genre de poly- 
piers Coeloptychium n'a été trouvé dans le dilu- 
vium que sous des formes nouvelles , C. ver~ 
rucosum Fisch. C. confluens Fisch. C. variolosum 
Fisch. (Bull. d. M. 1843. p. 667-70 pi. XV. 
Rouill. Disc. p. 59. N. 324 — 326), qui peuvent ne 
pas appartenir à la craie. 

a. Fossiles carbonifères. 

Chaetetes radians, Harmodites paralellus, Sarci- 
nula inter stincta , Spirifer mosquensis , Productus 
striatus, etc. 



392 

b. Fossiles jurassiques. 

Belemnites canaliculatus, Ammonites bifurcatus etc. 

Il est probable que la cl eut du requin, décrite 
par M. r de Fischer (Bull. d. M. 1835 pi. VII. 
f. 5 ) et trouvée dans le diluvium de la laousa, ap- 
partient à ce système. Du moins avons-nous déjà 
ces animaux dans notre jura. Le même cas parait 
avoir lieu avec la petite dent d'un Ichthyosaure, 
du même endroit. Les deux pièces ont été trou- 
vées par M. r Zoubkofï ( Ibid. p. 242 ). 

Une dent de requin a aussi été trouvée dans le 
diluvium de la Panfirovka, gouv. de Riazan , par 
M. r Vosdvijensky ( Bull. d. M. 1835. p. 391. ). 

Il est probable que c'est clans le diluvium qu'il 
faudra ranger des rognons de quarz arrondis ( no- 
dules circulaires Brongn. ) affectant la forme d'ani- 
maux et surtout des Aplysies , dont fait mention 
M. r de Fisclier dans la description des terrains de 
Ragoul et de Kornéewo, à dix verstes de la capitale 
(Bull. d. M. 1834. p. 235; Bull. 1838 p. 542.). 

10. Tous ces fossiles, ainsi que les mammifères, se 
trouvent ordinairement dans le sable des rives et 
du lit des rivières. L'argile parait en contenir ra- 
rement, ou du moins l'extraction en est rare. 

11. Enfin, un fait de la plus baute importance, 
c'est la présence simultanée des restes de mam- 
moutb et de productions humaines à une grande 
profondeur, à la quelle l'homme n'atteint pas dans 



393 

ses travaux ordinaires. Devrait-on en conclure , 
que l'homme déjà en Europe vivait contemporaine- 
ment aux mammonts et autres géants disparus de 
nos jours, comme Roch et Lund viennent de le 
prouver pour l'Amérique ? Nous manquons de don- 
nées suffisantes, aussi tenons-nous à rappeler le fait 
en question dans Jes propres termes de l'Orycto- 
graphie (p. 119 ) «La branche gauche d'une mâ- 
choire inférieure de Castor a été trouvée dans les 
terres meubles à 20 pieds de profondeur, pendant 
les travaux du canal dans les environs de Zago- 
rié. C'est à M r . le Lieutenant de Rop que je dois 
cette mâchoire. Il m'a assuré qu'on y a aussi trou- 
vé des molaires de Mammont qui ont été envo- 
yées à St. Pétersbourg. Il m'a en outre remis quel- 
ques ustensiles, telles qu'une hache et une flèche 
en cuivre fondu et des pointes de lances en ob- 
sidienne et en picite , qui se sont trouvés au mê- 
me endroit. » 

ÏIÏ. 

TERRAIN TERTIAIRE. 

Une assise de ce terrain encore peu étudiée est 
connue sur la rive gauche de la Moskva, entre 
Tatarovo et Troitzkoë. Composé de strates très 
fins, ligniteux, il ne laisse aucun doute sur son ori- 
gine lacustre. Il est rempli de tiges , de feuil- 
les flexibles, d'écaillés, de dents et de vertèbres de 
poissons, et d'infusoires qui appartiennent à une 
époque assez récente. 



394 

Les plantes ne diffèrent pas de 1 époque actu- 
elle. 

Les poissons, peu étudiés, il est vrai, appartien- 
nent exclusivement aux Ctenoides et Cycloides. 

Les infusoires habitent encore actuellement nos 
eaux stagnantes : GallioneUa distans, (*) Navicula 
viridis (**), Nav. viridula (***), Synedra capitata 
(****) (selon Eichwald ). 

Ce terrain gisant sur les sables blancs et le grès 
ferrugineux de Worobievo , est recouvert par le 
diluvium du nord. Voyez pour cette localité la 
Coupe à Troitzko'é. Une autre coupe prise à quel- 
[ues pas plus bas que la nôtre a été donnée ré- 
animent par M. rs Auerbach et Frears. 

Nota. 1. M." Frears, Auerbach et moi, nous* avons découvert 
ce terrain tertiaire supérieur , à une de nos excursions en 
1843. Frappé de la bonne conservation et de la multitude de 
plantes lacustres, je ne doutais pas de découvrir dans ce mê- 
me terrain les restes d'infusoires , et en effet , calcinée et 
traitée par un faible acide muriatique , cette roche me donna 
un résidu grisâtre, qui consistait exclusivement en carapaces 
d'infusoires fossiles. Alors c'était un fait nouveau et intéres- 
sant pour la science. J'en fis part à la Société, dans sa Séance 
lu 16 Décembre 1843 (*****), où jai présente des restes d'infusoi- 



*) Bull. M. 1844 p. 529. 

**) Ibid. p. 533. 

***) Ibid. 

****) Ibid. p, 541. 

***** \ Voy. le Protocole de cette séance inserré au Bull. 1844 



395 

rcs, de poissons et de plantes que je passai à plusieurs membres. 
J'ai envoyé aussi un échantillon de cette roche à Ehrenberg, à 
Berlin , et fait part de la découverte à Murchison (*)• Des 
échantillons de la roche et des fossiles ont été communiqués 
par M. rs Frears et Auerbach à M. r le Comte de Keyserling, qui 
croyait devoir les rapporter à une formation récente (**). N'a- 
yant pu me procurer le grand ouvrage sur les infusoires, je 
n'ai distingué que les genres Gallionella, Navicula, Bacila- 
ria, Fragillaria et Cocconema. Un an plus tard, M. r Eichwald 
détermina les quatres espèces citées. Voyez pour l'histoire de 
cette découverte notre Discours p. 56, Note 312. 

Nota. 2. Rectifions quelques faits cités dans « Russia » etc. 
1. Les infusoires ont été trouvés dans la roche ligniteuse et 
non dans un grès. Vol. I. 240, Vol.,11. 500; 2. ). On n'a pas 
trouvé de moules de Bivalves , ni à Tatarowo ni à Troitzkoë. 
Ihid. 3. 11 n'y a pas à Troitzkoë de grès identique à celui de 
Tatarowo ( Ibid. ), erreur qui vient d'être relevée par M." Auer- 
bach et Frears (***)< La roche caractéristique de Troitzkoë n'est 
pas jurassique. 4. Enfin il est inexact d'attribuer la dé- 
couverte de ce terrain à M. r Frears seul ( Ibid. ). Nous l'avons 
signalé à la Société conjointement avec M. rs Frears et Auer- 
bach. 

IV. 

TERRAIN JURASSIQUE. 

Le terrain Jurassique est celui qui présente dans 
notre gouvernement le plus d'étendue, et le plus 

p. 214, et ma note: Naturh. Notiz iiber die Umgegend v. 
Moskau, Bull. 1844 p. 626 628. 

(* ) Russia etc. I. p. 241. 

( **) Bull. 1S46 p. 499. 

(***) Bull. M- 1846. p. 498. 



396 

de variété sous le double rapport des roches qui le 
composent et des fossiles qu'on y rencontre. Com- 
me ces roches sont le plus souvent à un état assez 
avancé de désagrégation elles offrent plus de faci- 
lités à être étudiées. 

Nous allons d'abord entrer dans les détails les 
plus intéressants, pour y saisir ensuite quelques 
généralités concluantes. 

On a reconnu après des recherches suivies 
que ce système est composé de quatre étages 
bien distincts, tant par les roches que par les 
fossiles, et surtout par ces derniers. Une justice à 
rendre à notre infatigable géologue de Moscou, M r . 
Frears , c'est que c'est à lui que nous devons le 
pressentiment et l'indication des trois premiers éta- 
ges. Nous avons développé cette idée dans notre 
Discours ( * ), sur la première Coupe géologique 
qui lui a été annexée , dans différents articles 
imprimés dans la Gazette de Moscou ( ** ) ; enfin, 
l'été passé , nous avons pu y ajouter uu qua- 
trième étage. 

Ces quatre étages sont caractérisés ainsi qu'il 
sui t : 

1. Premier étage, supérieur, ou étage à Ammo- 
nites catenulatus. 

2. Second étage , ou étage à Ammonites vir- 
galus. 

(*) Pag 40. ( 1845 ). 

(**) 1845 N 51 p 237 — 238, et dans les suivants. 



397 

3. Troisième étage , ou étage à Ammonites 
alternans, ou généralement à Ammonites carinés. 

4. Quatrième étage , étage inférieur , ou étage 
à Térébratula varians. 

M. r Auerbach et Frears -viennent de signaler (*) 
dans notre jura cinq étages ; tout en reproduisant 
les quatre consignés sur nos Coupes , ils en propo- 
sent un cinquième, qui leur est superposé, repré- 
senté par le grès quarzeux de Lidkarino (Widkri- 
no) et de la Klënovka (**) près de Kline. Nous ne 
pouvons partager l'opinion de ces géologues in- 
fatigables et admettre le cinquième étage, qui ne 
doit, ce nous semble , former qu'un membre de 
l'étage supérieur. En voici la raison: 

Ce nouvel étage comprendrait deux assises dif- 
férentes, le grès de Lidkarino , qui n'a offert, sui- 
vant les géologues , sauf quelques fragments de 
Calamité, que des moules de coquilles marines, et 
le grès de Kline, où l'on a trouvé des empreintes 
de plantes. Ces assises sont assez différentes pour 
que les auteurs pensent devoir « les rapporter à 
deux formations différentes , quoique peut être 
contemporaines, dont l'une est évidemment marine, 
tandis que l'autre ne contient que des restes d'une 

(*) Bull. d. M. 1846. p. 489-491. 

( ** ) Dans l'article cité le village est certainement par 
erreur typographique, Klenkowo. M. r Auerbach l'avait annoncé 
pour la première l'ois ( Bull. d. M. 1844. p. 145) Klenowka. 
Nous avons ainsi indiqué cette localité intéressante sur nos 
deux Coupes. 



398 

végétation insulaire.» (*) Or cette assise mari- 
ne n'a offert , toujours suivant Jes mêmes auteurs, 
que trois espèces qu'on puisse définir avec quel- 
que certitude, YAm. catenulatus , YAm. Koenigii 
et Ylnoceramus lobatus Auerb. et Frears. Les 
deux autres fossiles n'admettent pas de* défi- 
nition. Or les deux Ammonites sont justement les 
fossiles caractéristiques de l'étage à Am. catenu- 
latus ; ce sont les seuls fossiles qui ont démontré 
que le grés de Lisdkarino , dont l'âge a été si 
longtemps problématique , appartient au jura ; 
il faut donc le rapporter à l'étage qui est carac- 
térisé par eux, d'autant plus que l'Inoceramus 
lobatus a son représentant dans cet étage de 
Kliorocliovo. Pour la même raison , si le dépôt 
insulaire de Rline, suivant ces auteurs, appartient 
au même étage que celui de Lidkarino , il nous 
j)arait qu'il ne doit que faire un membre de Féta- 
geà Am. catenulatus de Rborocbowo. Si le grès de 
Kline est au contraire différent, rien ne prouve qu'il 
soit jurassique , les plantes que M. r Auerbach y a 
trouvées appartenant toutes à de nouvelles espèces, 
et comme ce géologue distingué Fa prouvé, à un 
tout autre genre que celui de Pterophyllum , qui 
suivant les auteurs anglais serait à lui seul suffi- 
sant pour indiquer l'âge jurassique du terrain (**). 



(*) Auerb. et Frears Ibid. 1846. p. 491. 
(**) Geolog. of Russ. II. p. 501. M. r Lindley dans une let- 
tre adressée à M. r Murchison. 



399 

Ajoutons encore qu'on a trouvé des fragments de 
Calamité, qu'on ne saurait distinguer spécifique- 
ment de celui de Lidkarino , de Tatarovo et 
celui de Kline, que Tatarovo a aussi fourni une 
Pecopteris, et enfin qu'à Lidkarino on a reconnu 
une plante tout autre que les calamités. Aussi les 
auteurs semblent -ils hésiter en proposant cet 
étage. O 

Premier Etage. 

Syn. Etage supérieur, étage à Amm. catenulatus. 

S'il est juste de dire en général que le terrain 
jurassique est varié par des roches et riche en 
fossiles, c'est pour le premier étage particulière- 
ment que cette remarque est vraie. Mais comme 
nous le verrons bientôt , il s'en faut de beaucoup 
qu'il soit le plus étendu. 

A. Caractères minéralogiques. 

Ici, comme partout ailleurs, les numéros auxquels 
nous renverrons sont les numéros correspondants 
de la Coupe. 

Quant aux caractères minéralogiques, on peut 
diviser cet étage en quatre groupes naturels : 

ÀA. Sable de Vorabiovo. 

BB. Grès de Tatarovo. 

CC. Grès de Vorabiovo. 

DD. Grès de Kharachovo. 



(*) Voy. au bas de la page 493 du même article. 



400 

AA. 

Sable de Vorabiovo. 

Syn. (*) Sable blanc; Sable micacé; Sable de la Montagne des 
Moineaux (ce qui correspond à BopoôbeBtia ropBi) ; Bujwh hjh 
BopoôbeBCKow necoici.. N° 11. de la Coupe. 

Comme cette roche ne diffère de la roche BB 
que sous le rapport de l'état d'agrégation , nous 
les réunirons toutes les deux dans l'exposé suivant. 

BB. 

Grès de Tatarovo. 

Syn. Grès de Litkarino, de Vitkarino (Fischer 1 !, grès quar- 
zeux blanc, pierre meulière, ^iikoh KaMeHb , ^Hicaph, M'B^bHiiq- 

HB1H HiH aCepHOEHBIH K3MeHb , TaTapHHCKiâ HJH ^UTRapiIHCKOH 

necqaHiiKT,. Moskauer Sandstein, de Keyserling. Bull. M. 1841. 
p. 897. Ferriginous sandsnone of Tatarovo, Russia. I. p. 240. 
N° 12 de la Coupe. 

Cette roche quarzeuse a été mentionnée et dé- 
crite par l'auteur de l'Oryctographie et par M. 
Olivieri. Elle est hlanche ou plutôt bleu -gri- 
sâtre , très finement grenue, laissant voir à peine 
à l'œil armé de la loupe des grains de quarz et 
des paillettes de mica argenté. Sa solidité et sa 



(*) Les auteurs antécédents n'ayant pas admis de division en 
étages dans notre jurassique , il est souvent très difficile de 
rapporter leurs dénominations techniques à une des couches 
connues actuellement, ce qui a surtout trait aux couches noi- 
râtres du second et du troisième étage. Il faut le plus souvent 
avoir égard aux fossiles mentionnés. 



401 

dureté varient de l'état de complète désagrégration 
(sable) jusqu'à n'être plus grenu mais bien com- 
pact. A l'état de désagrégration, elle est extrême- 
ment abondante à la montagne des moineaux ( de 
là son nom de Bopo6teBCKOH necoKT> ). On la trouve, 
à son plus haut degré de compacité dans les car- 
rières de Tatarovo. Elle offre là, dans quelques 
couches , une solidité et une dureté toutes parti- 
culières, une cassure subconchoïdale, un son pres- 
que métallique , et un grain tellement fin et tel- 
lement rapproché qu'au premier abord ou dirait 
une roche tout-à-fait compacte, ce qui la rend 
éminemment propre à servir de pierre meulière- 
La roche n'est jamais uniformément solide : le 
plus souvent elle passe insensiblement, par degrés, 
de l'état de grande compacité à l'état de roche dé- 
sagrégée d'autres fois, cependant les passages sont 
brusques , tellement qu'on rencontre dans la 
roche la plus compacte , des creux remplis de sa- 
ble, ('es creux se présentent le plus souvent sous 
forme de nids; quelquefois aussi ils forment des 
canaux cylindriques serpentant dans la roche, et 
remplis de sable comme si celle-ci était rongée par 
des vers ou des mollusques. Dans ce dernier cas, 
elle perd beaucoup de son utilité pratique ; car, 
lors même qu'au sortir de la carrière ces creux 
sont remplis d'une matière un peu tenace, celle-ci 
se désagrège bien vite sous rinlluence de l'air hu- 
mide, et surtout, lorsque l'eau, comme sur les trot- 
toirs, peut y séjourner. En revanche, lorsque cette 



402 

roche est à l'abri de l'humidité, exposée à l'in- 
fluence de l'air , elle acquiert de plus en plus 
de solidité : aussi la laisse-t-ou toujours pendant 
quelques mois d'été exposée à l'air , avant de 
l'employer. Quant aux matières que cette roche 
contient, nous nommerons des paillettes de mica, 
un minerai de fer, des animaux et des plantes fos- 
siles, et du charbon végétal. 

Les proportions variables de mica qu'elle con- 
tient sont intéressantes pour l'emploi dans les ver- 
reries et les fabriques de fayence. Le fer, qui s'y 
présente soit à l'état de phosphate, soit à Fétat de 
carbonate argileux, la colore en jaune, rouge, et brun. 
Ce fer se présente de deux façons, tantôt à l'inté- 
rieur, tantôt à l'extérieur. Dans le premier cas, il 
imprègne la roche en couches concentriques, dont 
le centre est souvent la mine pure; dans le second 
cas, il forme des dalles entre les couches de grès, et 
entre les blocs , et ne colore que les parvis exté- 
rieurs de ceux-ci. Du reste, nous en reparlerons 
encore avec plus de détails quand nous arriverons 
aux fossiles et au charbon végétal sus-mentionné. 

Ce grès se présente sous deux formes de gise- 
ment , tantôt en couches assez étendues, tantôt 
en blocs séparés, isolés au milieu des marais. C'est 
le premier mode de gisement, dont Tatarovo est 
le type, qu'on trouve le plus généralement. 11 a été 
bien saisi par M. Fischer et par M, Olivieri. 

Les carrières de Tatarovo intéressent vivement 
les naturalistes qui parcourent les environs de 



403 

Moscou, en leur présentant un grès blanc, très 
dur, de cassure subconchoïdale, dont l'âge respectif 
n'a pu pendant longtemps être déterminé avec quel- 
que vraisemblance, vu que ses rapports stratogra- 
phiques restèrent inconnus, et qu'on n'y trouva pas 
des restes organiques. Nous avons aussi fait plu- 
sieurs excursions sans avoir pu éclaircir la ques- 
tion, lorsque l'un de nous, Mr. Auerbach, reçut des 
environs de Rline plusieurs blocs d'un grès , qui, 
presque avec les mêmes caractères minéralogiques de 
Tatarowo, présenta, à notre grand contentement, 
les empreintes de trois espèces de plantes antédi- 
luviennes de Tordre des polypodiacées. Alors re- 
doublant de zèle dans nos recherches, nous les di- 
rigeâmes dans deux directions différentes , Mr. 
Auerbach partit pour étudier les grès de Kline, et 
moi je me réservai ceux de Tatarowo. Visi- 
tant plusieurs fois les élévations de ce village et 
celles des montagnes des Moineaux, nous avons été 
frappés de leur analogie stratographique et miné- 
ralogique. Dans ces deux endroits un alluvion de 
sables jaunes superposé à une terre à brique, 
dominent les points élevés ; puis viennent des 
couches alternatives de sable blanc et d'un grès 
très ferrugineux , qui présente constamment 
des rognons et des géodes remplis de fer oxy- 
dé, et dont les couches dessinent souvent les for- 
mes les plus variées , et assez régulières. La 
seule différence qu'on remarque au premier abord 
entre les deux lieux indiqués, c'est la cohésion du 
JS°. IV. 1846. 20 



404 

sable blanc et la position d'une couclie noire ooli- 
tique. Le sable blanc des montagnes des Moi- 
neaux est friable, même terreux , et son grès fer- 
rugineux repose immédiatement sur Foolite , ce 
qui n'a pas été observé à Tatarovo. Mais nous 
n'avons pas tardé à remarquer, 1 ) que le sable 
blanc et le grès blanc avaient plusieurs cara- 
ctères minéralogiques communs : le même grain, 
la même présence de paillettes de mica , de 
géodes et de rognons ferrugineux qui les divi- 
sent en coucbes assez régulières et ces dernières 
en nids et en blocs détacliés. 2 ) Le sable blanc 
offre des rognons de masse plus dure , aussi bien 
que le grès blanc des nids de sable terreux, qui 
minéralogiquement ne diffère en rien de celui qui 
est si réputé aux montagnes des Moineaux. Le sa- 
ble blanc et le grès blanc passent immédiatement 
à l'argile et au grès ferrugineux et alternent 
avec lui. 3) Dans le grès ferrugineux des mon- 
tagnes des Moineaux on voit des couclies fon- 
cées concentriques d'une mine de fer, tout aussi 
bien que dans le grès blanc de Tatarovo. 4 ) Aux 
pieds des collines de Tatarovo, à la rive droite 
de la rivière , immédiatement près du pont , on 
voit la couche noire oolitique avec le Belemnites 
canaliculatus, Ammonnites virgatus , et vis-à-vis, 
de l'autre coté de la rivière , en s'approcbant 
de Féglise de Khorocliovo, nous avons ren- 
contré audessus de la couclie noire oolitique si 
bien connue par son caractère typique , le même 



405 

grès ferrugineux , dont nous avons fait mention 
à Tatarovo et aux montagnes des Moineaux. Le 
grès ferrugineux gisant sous le sable blauc est 
encore à découvert, sur la même rive que les car- 
rières de Tatarovo , à une demi-verste de distan- 
ce d'elles, et à un quart de verste plus haut que 
Troïtzkoë. Sur ces données-là, nous étions portés à 
croire que les roches de ces deux points intéres- 
sants étaient isochromes, et nous ne désespérâ- 
mes pas de trouver enfin dans les carrières de 
Tatarovo des restes organiques , qui se seraient 
dérobés jusqu'ici à la vue des visiteurs habiles. 
De plus, ayant trouvé dans le grès ferrugineux 
de Vorobievo des restes indubitables d'animaux 
fossiles, c'est encore sur lui, qui entoure, comme 
nous venons de le dire, de tous les côtés le grès 
blanc, que nous avons porté de préférence no- 
tre attention à Tatarovo , et nous fûmes as- 
sez heureux pour mettre à découvert des emprein- 
tes de poly podium , qui nous parurent ressem- 
bler à un Pecopteris. Dans le grès de Lidkarino, 
Mr. Olivieri annonce avoir trouvé , quoique très 
rarement, des restes semblables à la Stigmaria fi- 
coides ( * ). Voilà donc trois localités où le grès 
blanc présente des restes de plantes et on s'expli- 
que facilement pourquoi on n'en avait pas trouvé 
dans le sable blanc désagrégé de Vorobievo, qui 



) TopiiBiH }KypHa.iT> 1844. N° 3. pag. 376. 

26' 



406 

lui est parfaitement isochrome. Il est plus difficile 
de se donner une explication de l'absence des mol- 
lusques dans le grès blanc, les quels ne sont pas 
très rares cependant dans le grès ferrugineux de 
Vorobievo. 

En résumé, tous ces faits nous semblaient indi- 
quer une déposition contemporaine du grès fer- 
rugineux, du grès blanc et du sable blanc. Enfin 
nous en acquîmes la conviction aune excursion que 
nous ayons faite avec Mr. Frears, en 1843. Sur la 
route de Bronitzi, à 30 verstes de Moscou et à 3 
verstes après la première station de poste Ostrovtsi 
( Ocrnpoeiijbi },. on traverse la rivière de Moscou 
sur un pont ( * ). Immédiatement après sur 
la rive droite de la rivière et à droite du pont 
s'élève une colline assez haute. Or , c'est un 
lieu très intéressant qui met à découvert les 
rapports stratographiques des quatre roches qu'on 
est souvent obligé d'étudier séparément dans 
notre gouvernement. La couche noire oolitique 
de Khorochovo ( 3 me étage ) occupe le niveau de 
la rivière , recouvre le calcaire de Miatschkovo 
qui, se continuant du village voisin, de même -nom, 
descend sous le lit de la rivière. Passez sur le 
flanc opposé de la colline le plus éloigné de l'eau,, 
et vous verrez trois nouvelles roches découpées 
dans un ravin qui longe la rive. Le grès ferru- 



( * ) BopOBCKOH ncpeno37i 



407 

gîneux de Vorobievo occupe le pied du monti- 
cule , dessus git une assise assez forte de sable 
blanc de Vorobievo ; on remarque qu'il entoure 
de toute part des blocs isolés de grès de Tataro- 
vo , qui se trouvent ainsi parfaitement enclavés. 
Le sommet de la colline est dominé par des alter- 
natives de couches de sables blancs et de grès 
ferrugineux , disposés souvent en dalles. Que l'on 
se rappelle que le grès ferrugineux repose sur 
Foolite de Khoroscbovo, ce dont on peut se con- 
vaincre aux pieds des montagnes de Yorobievo , 
à Kboroscbovo plus bas que l'église, vis-à-vis de 
Tscboukino entre Tatarowo et Troitskoë etc., et 
l'on obtiendra un nombre de coucbes, qui se sui- 
vent ainsi du bas en baut : 

Calcaire de Miatscbkovo. 

Oolite de Koroschovo. 

Grès ferrugineux de Vorobievo. 

Grès de Tatarovo. 

Coucbes alternantes de sable blanc de Voro- 
bievo et de grès ferrugineux du même endroit. 

Nous n'avons pas, il est vrai, trouvé de fossiles 
dans les grès et les sables, mais en général on ne 
sait que trop bien qu'ils y sont extrêmement rares, 
et puis nous y avons pu rester trop peu de temps. 
Du reste les caractères de ces coucbes appro- 
chent à un tel point de ceux des localités de dével- 
lopement typique, que Ton croit se trouver devant 
ces dernières. 

En résumé , que l'on ajoute à cette superposî- 



408 

tion de grès et de sables, tout ce que nous venons 
de dire sur leurs structure, et on se laissera néces- 
sairement aller à l'idée que les roches en ques- 
tion passent l'une dans l'autre, qu'elles sont évidem- 
ment d'une déposition contemporaine, et qu'elles 
n'affectent quelquefois de caractères différents 
qu'à la suite de l'influence des agens physiques 
fortuits , topiques ou momentanés. Le sable blanc 
de Vorobievo semble avoir été le moins changé , 
et être le plus près de l'état normal de déposition. 
11 ne contenait en fait de corps organisés que des 
plantes herbacées, qui n'ont pu être conservées 
dans une masse désagrégée , et n'ont laissé leurs 
traces que dans le grès de Tatarowo qui a subi 
l'effet d'un feu pénétrant , ce qui est prouvé à 
l'évidence par les nids de charbon mentionnés par 
Mr. Auerbach dans le grès provenant de Kline (*). 
Le grès ferrugineux récèle assez de mollusques qui 
cependant attaqués par l'effet corrosif des mines 
de fer, ne se sont le plus souvent que trop mal 
conservées pour admettre une détermination facile. 
Un second caractère différentiel de ces roches 
est encore offert par le degré de leur développe- 
ment respectif. A l'ordinaire c'est le grès de Ta- 
tarovo qui domine sur les autres, mais c'est aussi 
presque le seul qui manque tout-à-fait aux montag- 
nes des Moineaux qui se caractérisent surtout par 



(*) Bull. 1844 N° 1 pag. 146. 



409 

une presque égale puissance de grès ferrugineux 
et de sable blanc, qui en constituent presque à eux 
seuls toute la hauteur et ne laissent plus appa- 
raître le grès de Tatarovo ; enfin la localité in- 
diquée, derrière le pont d'Ostrowtsi offre un nou- 
vel intérêt ; de subordonné, comme il l'est or- 
dinairement, le grès ferrugineux devient prédomi- 
nant et enclôt les deux autres. 

Nous ne croyons donc pas déroger à l'état actuel 
de nos connaissances concernant les trois roches 
indiquées , en les appelant les représentantes d'un 
même terrain oolitique , superposé aux couches 
de Khorochowo , et dont le caractère principal 
paléontologique resterait encore à préciser. 

Mr. le Prof. Blasius et le Comte Keyserling dans une note 
inserrée dans notre Bulletin (1841 p 897.) identifient les grès de 
Moscou avec des grès qu'ils ont observés au sud de notre Gou- 
vernement, et les rapportent à l'époque tertiaire. (*) «Dans le 
Gouv. d'Orel près de Dmitrovsk, à l'ouest des Gouv. de Kursk et 
Kh.arls.ow, dans le Gouv. de Poltava, au sud de Tchernigow nous 
n'avons vu que des couches de sable et de grès, dont le dernier 
présente un aspect singulier. Il offre à la cassure des surfaces 
éclatantes, des grains quartzeux, réunis par un ciment siliceux, 
quelquefois par l'opale. Il est identique avec le grès de Moscou 
et fournit d'excellents matériaux pour les pierres meulières de 
cette contrée. Nous n'avons trouvé de fossiles dans le grès que 
des empreintes de feuilles d'arbres, qui approchent des formes 
actuelles et des restes de bois creusés par des coquilles litho- 



( '" ) C'était aussi l'opinion de Mr. Olivieri ( TopH. /K. 1844. 
p. 349. sq> Erman's Archiv 1845 p< 452. ), 



410 

phages. MM. Mu rebison et de Verneuil ont reconnu à Moscoîi 
sa superposition sur le Jura, et nous les vîmes très claire- 
ment superposé à la craie de Bielgorod; aussi pensons nous 
qu'il est suffisamment prouvé que ces grès sont tertiaires. Les 
argiles , qu'on trouve aux pieds des couches de sable et de 
grès à Kiew avec les noyaux d'un très grand Cerithium, d'un 
grand Isocardium et d'une Ostrea , voisine de Os. callifera , 
appartiennent vraisemblablement à la même formation , ou 
à une autre bien proclie. Dans une carte manuscrite Mr. 
Iazikow l'a indiqué sous ses rapports stratographiques dans 
le gouv. de Simbirsk, et le premier lui a assigné l'âge tertiaire. 
C'est, peut-être, la plus ancienne forme de terrain de cette pé- 
riode, connue en Russie etc.» 

Nous sommes trop convaincu du mérite réel des travaux 
des célèbres géologues , pour douter , qu'ils ne puissent 
donner à l'appui de leur opinion les arguments nécessaires ; 
mais désirant répondre à l'appel des auteurs ( Ibid- 899 ) 
de soumettre leurs observations à des révisions ultérieures, 
nous nous permettons de faire, avec tout le respect qui 
leur est dû , quelques remarques quant au grès de ïalarowo, 
que nous avons pu étudier. 

Sur quel fondement est basée l'identité des grès du gou- 
vernement de Moscou et de ceux de la Russie méridionale ? 
Y avait-il identité de superposition ? Les premiers gisent sur 
le jura, les seconds sur la craie ; les couches qui reposent sur 
les grès ne nous donnent aucune lumière sur leur âge. Y 
aurait-il identité de caractères paléontologiques ? On ne con- 
naissait pas encore de fossiles dans le grès de Moscou 
quant la note en question fut publique. Enfin y^ aurait-il 
identité de caractères minéralogiques ? Mais, en premier lieu, 
ils ne sont que d'une importance très secondaire lorsqu'il s'a- 
git de préciser l'âge respectif d'une roche , et puis ils sont 
différents dans les deux grès. On ne voit ni opale, ni 
ciments siliceux dans nos grès , du moins c'est le fait gêné- 



411 

rai ; au contraire ils sont d'une cassure homogène plus ou 
moins finement granuleuse , ne contiennent que des paillettes 
de mica argentées, et sont assez souvent colorés par le fer. Les 
couches de grès blanc alternent constamment avec un grès 
ferrugineux, dont les traces se conservent sur les blocs sépa- 
rés. Enfin, comme on L'a déjà remarqué , le caractère minéra- 
logique, ainsi que la physionomie générale, varie beaucoup dans 
les grès de Tatarovo, de Kline, de Lidkarino, de Dmitrovsk etc. 
Nous pensons donc qu'on avait devancé les faits connus en 
rapportant avec certitude le grès de Tatarovo au terrain ter- 
tiaire. 

Depuis la publication de l'Oryctographie du 
Gouv. de Moscou on a cité plusieurs endroits 
où les grès de Tatarovo sont à découvert ; voici 
toutes les localités reconnues importantes pour ce 
grès ; 

1. N. E. du village de Tatarovo, dans son 
territoire, localité à 6 — 7 verstes de Moscou, ré- 
putée pour l'ancienneté des carrières, et qui a don- 
né le nom à cette roche. Les carrières ont été 
décrites par Fauteur de l'Oryctographie, et men- 
tionnées bien antérieurement à cet ouvrage en 
1787 par l'auteur anonyme d'une superbe des- 
cription topographique de notre gouvernement (*) 
puis par Storch en 1796. ( ** ) 

Le grès est très blanc , en général moins teint 



(*) IIcTop. Tonor. onucaiiie ropo,40Bï> Mockobckoh TyôepHiu 
et nx% y-B34aMH M. 787. p. 100 — 101. 

(**) Materialien z. Kennt. d. russ. Reich. Vol. I. p. 142. La 
description de notre Gouvcrn. est la trad. d. l'ouv. précéd. 



412 

par le fer que celui de la localité suivante; aussi 
est-il maintenant exclusivement exploité pour la 
construction du grand palais Impérial à Moscou. 

Les ouvriers appelent boutasse non seulement 
les couches sablonneuses sur lesquelles repose le 
grès ( Oryct. p. 92 ) mais encore le grès ferrugi- 
neux passant au sable rouge , intercalé dans les 
couches du premier. 

Il a été reconnu, depuis que la roche exposée en 
blocs détachés à Pair pendant le printemps et 
l'été devient plus dure et résiste d'avantage aux 
agens extérieurs; au contraire employée immédia- 
tement après l'exploitation elle casse facilement. (*) 

On n'a trouvé que deux plantes dans les carrières 
de Tatarowo, ce sont: 

a. Pecopteris Auerbachiana Bull. M. 1844. pi. V. f. 10. 11. 

Pecopteris sp. Auerb. Bull. 1844. p. 148. 

Pecopteris sp. Rouillier Discours 1845. p. 43. 

Pterophyllum filicirium Gœppert. Russ. 11. p. 501. pi. G. f. 

4. ( inexacte ). 

Pecopteris Murchiniana var, Auerb. et Frears Bull, 1846. p. 

495. et 496. nota. 

Nota. 1. Nous avons de'couvert cette plante, le premier exem- 
plaire de fossiles à Tatarovo , en 1843, en présence de nos 
deux élèves, M. r Anninekow et Tschégléew , et présenté à la 
Société le 16 Sept. 1843. ( ** )• A la séance suivante nous lui 
en avons communicpué le dessin et la description ( *** ]. Plus 



(*) Topa. ac. 1843. N° 8. KaMeHOJOMHii Mockbbi p. 90. 
(**) Protocole de cette séance Bull. 1843. p. 808, 
(***) lbid. p. 817. 



413 

tard nous avons fait part de cette découverte à M. r Ehren- 
berg ( * ), en même temps nous avons passé un dessin de cet- 
te plante à M. r Frears pour le communiquer à M. r Mur- 
chison. Or, c'est la copie de ce dessin qui a paru dans Russia 
II. pi. G. f. 4 a, 6. C'est donc une erreur , lorsque l'auteur 
de la remarque insérée à la page 500, et 501. Russia II. dit 
que l'original est entre les mains de M. r Frears ; ce géologue 
zélé ne l'a pas trouvé et je possède l'échantillon mentionnée. 

Nota. 2. M. r Goeppert caractérisant le genre Pterophyllum : 
« Frondes pinnatœ, pinnis basi tota latitudine insertis, nervis 
parallelis, simplicibus, œqualibus (**)» il nous est impossible de 
partager l'opinion de ce botaniste distingué , qui rapporte 
notre exemplaire à ce groupe. La feuille présente très distinc- 
tement une nervure médiane , très forte, comme on peut le 
voir et sur l'original et sur la figure de notre Bulletin, plus 
exacte que celle de « Russia », qui du reste indique aussi une 
seule nervure au milieu. Le sillon distinctement limité, ou le 
sillon double [sur le rocbis n'existe pas en réalité. Sur l'em- 
preinte Bull. 1844. T. v. f. 10. le sillon est beaucoup plus 
large, que sur la contre-empreinte f. 11. Enfin cette espèce 
appartenant aux Fougères ne peut être appellée Jîlicina. Aussi 
lui avons-nous donné le nom de Pecopteris Auerbachiana, en 
l'honneur du géologue qui en avait déjà donné les délails (***) 
et qui avait rapporté notre exemplaire comme variété à sa 
Pecopteris Murchisoniana. Il nous semble que., contrairement 
à l'auteur de la remarque Russia I. p. 503. ces plantes ne 
pouvaient pas à elles seules indiquer l'âge de notre couche 
jurassique. 



(*) Bull. M. 1844. p. 630. Voyez pour l'histoire de ce fait 
notre Discours p. 43. 
(**) Russia II. p, 501. 
(***) Bull. M. 1846, P « 436. 



414 

b. Une empreinte mal conservée qui rappelle les 
roseaux où les Calamités, trouvés par M. r Frears. 

Nota. Les auteurs de « Russia » citent ( Vol. I. p. 240. ) 
une coquille bivalve , voisine de Lucina, trouvée dans le grès 
de Tatarovo. Nous ne la connaissons pas. 

2. Le terrain du village Lidkarino ( * ) apparte- 
nant au Comte Zotow , ainsi que le terrain voisin 
du Prince Galitsin. Ajoutez à la description de ces 
carrières inserrée à FOryctographie (p. 91.) ce 
qu'en a dit récemment le Lieutenant-Capitaine Oli- 
vieri, qui lésa visitées en 1843. (**). «Le grès occu- 
pe la position suivante : Dans le ravin appelle Alë- 
schina (A-iemima «Ma) exploité à une profondeur de 
dix sajènes sur 200 de longueur et autant de lar- 
geur, affleurent des sables jaunes et rouges super- 
posés à un grès de peu de dureté (ciaÔBin necqaH- 
hiik'b) à surface ondulante de deux archines d'é- 
paisseur ; enfin, dessous , vient un grès plus dur 
que le premier, siliceux, bleuâtre, divisé perpendi- 
culairement en blocs de trois archines carrées; les 



(*) L'auteur de l'Oryctographie du gouvernement de Moscou 
appelle ce lieu Vydrino. Dans les papiers officiels il est 
mentionné sous Litkarino { JI&iTKapHHO, Gazette du Gouv. de 
Moscou 1843. N° 17. p. 149 en russe) et quelquefois sous 
Vidkorino ( BBiTKopiiHo , l'Invalide russe 1844 N Q 17, en russe). 
M. r Olivieri écrit dans le Journal de Mines Vitkrinowo. 
Il est intéressant de noter ces changements sensibles que subit 
le nom propre d'une localité très bien connue. 

( ** ) Journ d. Mines 1844. p. 375. sq. en russe. Erman's 
Archïv. 1845 p. 449-452 



415 

lignes de division suivent quelquefois les diago- 
nales des couches. Dans les quatre autres ravins 
le nombre des couches et la puissance des grès et 
des sables varient, tantôt les uns prédominent 
tantôt les autres. L'inclinaison des couches est O, 
et on remarque que les grès y gagnent en du- 
reté, lors même que sur le flanc opposé gisent des 
grès friables et des sables. La direction N° 10.» 

Quant aux fossiles trouvés dans le grès , Litka- 
riuo est devenu un lieu éminemment intéressant. 
M. r Olivieri y avait déjà remarqué des plantes et M. r 
Frears le reste d'un calamité (*) M. r Frears et moi 
nous avions présenté à la Société en 1844 ( ** ) 
les empreintes de VAm. catenulatus et Am. Koe- 
nigii , qui ne laissèrent aucun doute sur l'âge 
respectif du grès. Enfin M. rs Auerbach et Frears 
viennent d'indiquer les fossiles suivants ( *** ). 

a. Ammonites catenulatus Fischer, Bull. M. 1846 p. 491. pi. 
V. f. 4. 5. 

Amm. catenulatus, Rouill. Disc. 1845. p. 44. 

b. Amm. Koenig-u Sow. Ibid. pi. VI. fV 1 — 3. Am. mutabilis, 
Rouill. Disc. 1845. p. 44. 

c. Inoceramus loïjatos n. sp. Ibid. p. 492, pi. VII. f. 1 — 3. 
Les fragments que nous avions devant les yeux en 1845, 
e'taient très mal conservés, et nous ne pouvions décider s'il ne 



(*) « On n'y a trouvé que très rarement des restes semblables 
à Stigmaria ficoides » ?? ( L. c. p. 376.) 
(**) Voyez notre Discr. 1845. p. 44. 
(***) Bull. M. 1846 p. 496 sq. avec 4 pi. 



416 

fallait pas les rapporter au Hippopodium angustatum Buch , 
eu à la Gervilia lata Phill. Voy. notre Disc. p. 44. 

d. Cucullaea sp. Ibid. pi. VII. f. 1. — 3. 

e. Natica sp. Ibid. p. 493. pi. VIII. f. 4. 5. 

3. District de Kline, à six verstes du chef lieu, 
et à 3 du village paroissiale Klenovka. Le grès 
compose des blocs détachés , arrondis sur les an- 
gles, gisant sous la terre végétale au milieu d'un 
sable argilleux ; c'est le seul lieu dans notre gou- 
vernement , où. le grès a un autre gisement que 
celui de Tatarovo. Cettç localité intéressante a été 
étudiée par M. r Auerbech ( * ), qui y a décrit les 
plantes suivantes : 

a. Reussia pectinata Gœpp. 

Scolopondrites pectinatus, Auerb. 1844. p. 147 . IV. fl 82. 
Rouill. Disc. 1845. p. 43. 

Reussia pectinata Geoppert , 1845. Russia I. p. 502. T. G. 
f. 6. b. (copie de l'antécédente). 

b. Pecoptei^is Murchisoniana Gœpp. (sp). 

Pecopteris sp. Auerb. 1. c. p. 148. T. IV. f. 1 à 4. 

Pecopteris sp. Rouillier Disc. 1845. p. 43. 

Pterophjllum Murchisonianum , Goeppert. 1. c p. 501. T. 
f. 3, 5, 6. b. (Copie de la précédente). 

Pecopteris Murchisoniana., Auerbach et Frears Bull. 1846- p.' 
495 — 497. T. IX. f. 1-3. (Superbe exemplaire). 

c. Restes de plantes indéterminées et entre autres 
des traces de roseau ou de Calamités. Voyez Au- 



(*) Bull. 1843. p. 816-817. Ibid. 145—148. 



417 

erbach Bull. 1844. pi. IV. f. 3, 5. PI. Y. f. 8, 9. 
et surtout Àuerbach et Fréars Bull. 1846. p. 494 
où ils élèveut quelques doutes sur le Mus cites- 
squamatus Brng. que Goeppert croyait avoir dis- 
tingué parmi ces restes. Russie I. p. 502. 

On voit les mêmes couches de grès, selon M. r 
Olivieri (Ibid. p. 378), se prolonger sur la rive 
droite de la rivière jusqu'au village paroissiale 
Diakovo , où elles sont à découvert dans le ravin 
dit Papovo ( HonoB'B 0Bpan> ) et Fauteur assure que 
l'exploitation de cette roche présenterait aux vil- 
lages Diakovo et Kolomensko'é, qui n'est éloigné 
de la capitale que de 7 verstes , un profit assez 
solide. 

ô. En longeant la rivière de Moscou, passé le 
village de Kolomensko'é entre Bessèdi ( Bect^w ) 
et Litkarino, on rencontre dans les terres appar- 
tenant au village Gremeschevo ( FpeiweqeBO ) à 
une verste de distance du bord gauche de la ri- 
vière, et une profondeur de 4 archines et demie, 
un grès siliceux dur , finement granuleux , blan- 
châtre, cassant régulièrement en blocs d'une */„ 
arch. d'épaisseur et de 6 à 7 arch. de longueur, 
et larges de s / 4 arch. On l'exploite dans des ra- 
vins pour la fortification de la rivière ( Olivieri 
L. c. p. 473). 

6. « Sur la Kliasma on trouve des lambeaux de 
grès , qui paraissent être des continuations des 
grès de Tatarovo » (Oryctog. p. 92). M. r Olivieri 



418 

confirme cette observation ( Jour. cl. Mines Ibicl. ). 
Cette localité a été mentionnée par plusieurs (*). 

7. Le grès du district de Dmitrowsk se distin- 
guait par une couleur très blanche, une transpa- 
rence très marquée , et l'absence totale de mica, 
ce qui le rendait éminemment propre pour la fa- 
brication de la fayence: aussi a-t-il été entière- 
ment exploité pour la fabrique de Auerbach et de 
Gardner , de sorte que l'histoire de ces carrières 
est perdue pour la science. On sait cependant que 
les couches de grès formaient des monticules assez 
élevés au milieu d'un marais. 

8. District de Moscou, sur la grande route de 
Bronitzi, trois Verstes après la première station 
de poste Ostrowtzi, immédiatement passé le pont, 
sur le bord droit de la rivière Moskva. Localité 
intéressante par les rapports stratographiques de 
grès de Tatarowo de celui de Worobiewo et des 
sables blancs du même endroit. 

9. District de Bronnitzi, près du village paroissiale 
Gjelsk , le sable est blanc, et contient en général 
très peu de fer. 

10. Près du chef-lieu du district de Kolomna 
il a été exploité un grès qui a fourni des matériaux 
pour la construction du pont de la ville de Kolom- 
na. Voyez encore Severginn (**). 

Ces deux dernières localités n'ont pas encore 

(*) Georgi 1798(Geog. phys. Besch. d. R. R. 11. 313. « an dcr 
Obern Kliasma »); Severginn iMhh. scM.ieon. Porcin. 1809p. 13 
(**) L c p. 13. 



410 

été étudiés, et nous ne les connaissons que d'après 
des échantillons que nous nous sommes procurés. 

11. A 15—18 verstes de la capitale, dans les ter- 
res appartenantes aux villages Pankl et Kotelniki , 
les deux rives de la Moskva mettent aussi à dé- 
couvert le même grès. Falk visita cette localité en 
1769 (*) et en donna la coupe suivante: 

1. Argile mêlée avec du sable, 3 pieds. 

2. Grès blanc mou avec géodes de fer oclireux, 

4 k 8 pieds ; 

3. Sable jaune, 4 à 6 p. 

4. Grès blanc dur, 2 à 5 p. 

5. Grès N° ± 

6. Grès N° 4. 

Séverginn mentionne aussi ces carrières ('** ) qu'on 
exploite encore maintenant et qui fournissent le 
grès nécessaire pour la construction de l'embarca- 
dère du chemin de fer à Moscou. 

12- Le même grès est encore exploité à Tou- 
raëvo , à 4 verstes de Lidkarino par les paysans de 
ce village, ainsi que de celui de Miatsckovo. Les 
deux couches de grès sont moins puissantes, et 
moins dures. 

Toutes ces localités, à l'exception des N° 9, 10, 
11, sont portées sur la carte géognostique publiée 
par Olivieri. 



(*) Beit. z. Topog. K. etc. I. p. 54. 
(**) Mhh. sem-ieon. Pocc. I\ 1809 p. 13. 

2V° IF. 1846. . 27 



4W 

13. On vient de trouver le même grès clans les 
ferres appartenant à la campagne Kousminki, à 
8 verstes de la capitale ; M. M. Roussinnow et 
Campioni en ont entrepris l'exploitation. 

ce. 

Grès de Vorobievo. 

Syn. Grès rouge, grès ferrugineux ; KpacHon iviu xeA-b3ncToïp 
necwaHHUKij ; N° 13 de la coupe. Iron-shut sandstones, Inocer- 
mus Grit, Grès et Inoceramus Mursch. Vern. Keys. ( Russ. L 
237 nota ) appelé inconvenahlement , comme l'ont déjà re- 
marqué Auerbach et Frears (Bull. 1M6 p. 496'.). 

Gisement. Cette roclie, quoiqu'elle ne se montre 
que dans quelques localités , a une assez grande 
puissance ; on ne peut pas en dire autant de l'éten- 
due qu'elle occupe. Cette puissance va souvent au- 
delà de 2 sagènes, ce qui, pour nos couches jurassi- 
ques, est assez considérable. Partout nous l'avons 
trouvée divisée en assises horizontales, partagées 
elles-mêmes en blocs et en dalles par des fentes. 
Nous ne pouvons par encore en préciser la direc- 
tion générale. Les fentes et les intervalles des 
assises sont remplis d'une marne grisâtre qui doit 
un brillant particulier à la forte proportion de 
mica qu'elle contient. Comme cette marne est peu 
tenace, on ne la trouve que dans les coupes très 
récentes : car elle est bien vite emportée par les 
eaux de l'atmosphère et des rivières. Citons main- 



421 

tenant quelques localités remarquables par le déve- 
loppement et la dénudation de cette roche. 

a. Les montagnes des Moineaux (Vorobievo) pré- 
sentent , au bord même de la rivière, derrière la ma- 
chine hydraulique, des couches très fortes et dou- 
blement intéressantes; d'abord parce que c'est là que 
la marne intercalée a un grand développement, et 
ensuite parce que Feau, en atteignant cette marne 
et en l'emportant lors des crues printannières, y a 
produit une inclinaison et un renversement de cou- 
ches; ce qui est rare dans notre gouvernement, 
sauf une autre localité où ce phénomène est 
reproduit, non plus cette fois pour du grès juras- 
sique , mais bien pour du calcaire de montagne. 
Ces assises sont recouvertes d'un sable blanc, et le 
passage entre les premières et le second est effec- 
tué par une décoloration graduelle du grès. La 
marne sableuse du second étage, N° 15, sert de lit 
à ces assises. Cette superposition est suffisante 
pour la détermination de l'âge respectif du grès 
rouge, où Ton n'a trouvé que quelques rares fos- 
siles, et encore, très mal conservés. 

b. Le village de Kolomenskoë , sur la Moskva, 
à sept verstes de Moscou. Le grès rouge n'y est 
recouvert que par l'argile diluviale, et repose sur 
le grès marneux du premier étage N° 1 4. 

c. Yis-à-vis je moulin abandonné, sur la Schod- 
nia, à 15 verstes à peu près de Moscou. La rocbe 
est recouverte par une marne noire récente, 

27* 



422 

N° 4 de la Coupe. Cette localité intéressante n'est 
pas mentionnée dans la Coupe. 

d. Le village de Taturintsovo , à 10 verstes de 
la ville de Bronnitsi. La roche y forme une élé- 
vation considérable ( Momina ropa ). 

e. Les hauteurs de Miatskkovo pi es du pont 
même. Yoyez plus haut. 

D'autres localités moins importantes sont indi- 
quées sur la Coupe. 

Caractères minéralogiques. Ce grès rouge pré- 
sente une agrégation de grains de sable quarzeux 
coloré en rouge par la mine de fer, et n'acquiert 
jamais une solidité et une compacité comparables 
à celles du grès de Talarovo ; les grains sont peu 
rapprochés les uns des autres, et si la roche pré- 
sente quelque solidité , elle la doit à la mine de 
fer qui l'imprègne. Dans ce dernier cas, de rou- 
ge-brune qu'elle est ordinairement , elle devient 
presque noire, les grains disparaissent, la masse de- 
vient plus uniforme, plus compacte, et acquiert 
un faible éclat métallique. Alors la pesanteur de- 
vient considérable et le son clair comme celui 
d'un métal. Ces caractères se développent à un 
haut degré surtout là où la roche forme des dal- 
les peu massives entre les autres couches , com- 
me à Vorabievo, à Miatckkovo. Le plus ordinaire- 
ment le fer domine surtout dans une série de cou- 
ches concentriques occupant le centre même des 
blocs, et formant par là leur noyau. 

On n'a pas fait jusqu'à présent une étude se- 



4n 

rieuse de cette roche sous le rapport chimique : 
aussi n'a-t-elle été jusqu'ici d'aucune utilité. Les 
habitans s'en servent quelquefois pour y asseoir 
leur chélives demeures. 

Fossiles. Cette roche est très pauvre en fossiles : 
ce qui doit être attribué à l'action corrosive du 
fer ; car dans les masses qui en sont imprégnées 
fortement on n'en trouve presque point , et les 
fossiles n'y sont représentés que par des moules, 
et jamais par leurs restes. On y trouve cependant 
un Cardlum , et plus souvent , une Plagiostoma 
( Lima consobrina d'Orb. ). M. Frears y a trouvé 
un moule d'Ammonite et de Bélemnite. 

DD. 

Grès de Khoroschovo. ( * ) 

Syu. Grès marneux glauconien ; N° 14 de la Coupe; Grès h 
Buchia, Buchiasandstein nob ; r^OKOHHTfiBBiH necqaHHHKi, Jazi- 
kow MocKBiiTaHHHT. 1845 N° 4 p. 48 « fVhitish. sandwilh green 
strice ( b ) » de la coupe N° 37 de Khoroschovo insérée à la 
page 237 du Vol. I. de « Russia. » 

Khoroschovo est celle des localités de notre 



(:*.) Cette localité classique fut visitée par Pallas en 1768 
(Voyages I. p. 21.). On la trouve encore mentionnée chez 
Falk. ( Beitr. topog. Kentn. d. R. R. I. p. 54), chez Gùelden- 
staedt (Reisen I. p. 28), chez Séverginn ( Mïmëp. 3eMj. Pocc. 
Toc. Vol. II. p. 14. etc. ). Mais les fossiles de cette localité 
furent décrits et figurés pour la première fois, comme nous 
l'avons déjà remarcpué, par Macquart. Du reste il paraîtra un 
article détaillé sur Khoroschovo. 



4%i 

gouvernement qui a attiré la première l'atten- 
tion du géologue. Elle acquiert de jour en jour 
plus d'importance par l'abondance et la variété des 
fossiles qu'elle présente : ce qui lui a valu, entre 
toutes, le titre de localité classique pour l'étude 
du jura. 

La roche la plus puissante de cette localité y 
(deux sagènes à peu près) et qui, du reste, n'acquiert 
nulle part un développement comparable à celui 
qu'elle a ici, est un grès marneux glanconien. Elle 
affleure presque l'eau, et se montre sur une éten- 
due d'un quart de verste. Tout-à-fait désagrégée 
dans les couches supérieures , il acquiert plus de 
densité dans les inférieures , sans jamais ce- 
pendant arriver à la solidité du grès de Tataro- 
vo, ni même à celle du grès de Vorabiovo. En 
haut il offre une couleur grisâtre ; plus bas, il de- 
vient brun rougeâtre. On y trouve mélangées quatre 
substances : a ) la glauconie, sous forme de grains 
qu^n ne distingue qu'à la loupe, et qui donne à la 
roche une teinte d'autant plus verte qu'elle y est 
plus abondante ; b. ) une chaux pulvérulente qui 
provient évidemment de la décomposition de tests 
de mollusques-, c. ) des paillettes de mica argenté 
qui s'y trouvent souvent eu forte proportion; d. ) 
une chaux, qui remplit quelquefois l'intérieur des 
coquilles bivalves sous forme cristalline. Jamais 
on n'y rencontre de trace de pyrite de fer , mi- 
nerais si abondant dans les second et troisième éta- 
ge. Ce grès se présente en couches horizontales et 



425 

irrégulières qui n'ont aucune division perpendicu- 
laire constante. Exposé à l'air sec il devient solide ; 
sons l'influence de l'humidité il se désagrège. 

Outre Khoroschovo , nous nommerons encore 
quelques localités où l'on peut étudier ce grès : 

a Kountsnvo, aux bords de la Moskva. b. Kolomens- 
koë, sur la même rivière, c. Chélépikha, près de Klio- 
rochovo. d. Koitsminki, sur la route de Kolometiskoë. 
e. Senkino , à cinquante verstes de Moscou sur 
la rive droite de la Pakhra , où elle a été indi- 
quée par M. Kiréew , comme présentant quel- 
ques modifications. Sa couleur y est gris-ver- 
dâtre, l'agrégation très faible, et la proportion de 
mica notable; ce qui rend très difficile l'extraction 
des fossiles qu'on y rencontre encore avec leur test 
brillant comme de l'or. ( * ) f . Enfin Varvarino, à 
deux ou trois cents pas en avant du moulin du 
village de ce nom, sur la rive droite delà Pakhra. 
Elle y est représentée par une roche presque 
sableuse , très micacée , d'abord rouge et passant 
ensuite au vert-clair , avec des débris très incon- 
naissables à" 1 Ammonites catenulatus. g. Sur la rive 
gauche de l'Istra, sur la pente escarpée du plateau 
occupé par Voskresensk, à une dizaine d'archines 
audessus du niveau de l'eau. Cette roche est sa- 
bleuse, colorée en vert, et recouverte par un sa- 
ble d'une couleur rouge intense. C'est à M. Ca- 
tala qu'on doit l'indication de ces deux dernières 
localités. 

( * ) Lettre de M. Kiréew. 



Nota. Dans l'Oryctographie et les travaux de M. r Fischer 
antérieurs à ce grand ouvrage , on trouve souvent Tatarovo 
{ Tatarobo ) cité comme offrant les fossiles de cet éta- 
ge ; mais depuis, le sol a tellement changé dans nos con- 
trées, que nous ne voyons à cet endroit qu'un fort petit lambeau 
du second étage. La même remarque s'applique encore à la 
Mogjinka (Moschinka ) près de Zvénigorod, dont les rives sont 
tellement recouvertes par le diluvium qu'on n'y voit que le tuf 
calcaire , et qu'on n'y rencontre plus les fossiles du calcaire 
de montagne souvent mentionnés par de Fischer. 

Fossiles. Cette roche est extrêmement rielie en fos- 
siles, et plus riche que toute autre du même étage. 
Ils y sont engagés en si grande quantité qui! n'y 
a pas un pouce cuhe qui n'en présente un ou plu- 
sieurs. 11 n'y a que le grès sableux du second 
étage qui puisse lui être comparé sous ce rapport, 
quoique la diversité des fossiles de ce dernier soit 
plus grande. Les fossiles s'y trouvent souvent avec 
leur test blanc un peu désagrégé à l'extérieur, 
mais plus souvent encore ils ne sont représentés 
que par leurs moules. Les plus abondants sont : 
VA mm. catenulatus , deux espèces de Bélemnites, 
le Pecten nummularis et la BucJiia mosquensis. 

Pour arriver à retirer ces fossiles intacts, il faut 
user de précautions. L'expérience nous a appris qu'il 
ne faut jamais procéder à cette opération sur des 
blocs humides. H vaut mieux laisser à un air sec le 
temps de dessécher la roche : alors elle cède 
mieux les fossiles, et le test ne se brise pas aussi 
facilement qu'avec des blocs humides. Pour faire 
encore mieux, il faut en poser des blocs encore 



427 

imbibés d'eau à l'action du froid. La congélation 
de l'eau qui occupe les interstices du grès, agran- 
dit ceux-ci , détache les fossiles de leurs points 
d'adhérence tellement, qu'une fois le bloc dessé- 
ché après cette opération , les fossiles tombent 
comme une amande d'un noyau ouvert. 

11 est difficile de saisir quelques caractères qui 
aient trait à l'aspect général des fossiles du premier 
étage. Cependant nous croyons ne pas déroger à 
la vérité, si nous remarquons que : 

a. Le caractère assez général de ces fossiles est 
de présenter un assez grand nombre d'espèces, une 
variété de formes du même genre, qu'on ne remar- 
que pas en pénétrant plus avant dans le terrain ju- 
rassique, notamment dans les Térébratules. La socia- 
bilité des individus est encore un caractère piquant. 

b. Cette remarque cependant ne doit pas em- 
brasser les Ammonites, qui ne sont représentés ici 
que par deux espèces , tandis que leur forme est 
bien plus variée dans les autres étages. 

c. Mais en revanche le petit nombre d'espèces 
du genre Ammonite est contrebalancé par l'abon- 
dance des individus, et ce dernier caractère ap- 
partient encore à presque tous les genres de co- 
quilles bivalves, quelques unes exceptées , comme 
les Lyrlodon, les Modiola. 

d. La grande abondance des individus est sur- 
tout frappante dans les Térébratules , dont il est 
presque impossible de trouver un individu isolé, 
la T. pcrovalis exceptée. 



428 

e. Les Térébratules présentent en général à peine 
quelques ondulations sur leur test , on n'y voit 
tout au plus un seul pli ; la T. loxiœ commence 
déjà à se strier; ce caractère acquiert plus de dé- 
veloppement dans le second étage , et parvient à 
son maximum dans le quatrième, dans la T. va- 
rians , qui respectivement à sa grandeur , offre 
plus de stries que toutes nos Térébratules juras- 
siques. 

f. Cet étage en comparaison des inférieurs est 
assez riche en univalves, dont le nombre, comme 
l'a déjà très bien remarqué l'auteur de l'Orycto- 
graphie , est généralement bien inférieur à celui 
des bivalves. Mais les univalves de cet étage sont 
extrêmement petits et difficiles à recueillir ; les 
plus grandes (de la liauteur d'un pouce) appartien- 
nent de préférence au second et au troisième étages. 

g. On n'a pu découvrir ici que des invertébrés 
et encore se rapportent-ils de préférence aux mol- 
lusques. Il n'y a qu'un seul échinoderme. 

h. Des empreintes de feuilles de plantes , des 
restes de végétaux carbonisés sont encore l'appa- 
uage exclusif de cet étage. Dans les deux suivants 
on découvre, il est vrai, facilement des végétaux, 
mais toujours en forme de troncs bien épais . ou 
pétrifiés ou passant à l'état de lignite. 

Passons à la revue spéciale des fossiles. 



429 

A. ANIMAUX. 

1. Ammonites catenulatus Fisch. 
Des Falcifercs. 

Am. catenulatus Fisch. Oryct. p 1G9. T. VIII. f. 4. 

— — de Buch Karst. Archiv 1842. p. 536. 

— — Fischer Bull. 1843 (non 1842 comme chez 

d'Orbigny Russia I. p. 435. ) p. 107. Tab. 
III. f. 1-3. 

— Iazikow, Mockbhtîihiihtj 1845. N" 4 p 48. 

— — Rouillier, 1845 Disc. p. 48- N° 200. 

— — Frears et Rouill. 1845. 1-re Coupe Géolog. 

— — Rouill. et Frears 2-e Coupe Géol. 1845. 

d'Orbigny 1846 Russia. I. p. 435. T. XXXIV. 
f. 8 — 12. (Superbe planche ). 
— Auerbach et Frears Bull. 1846. N° 2. p. 490. 

— — de Bucb, Bull. 1846. N° 3. p. 246-247. 

Nous n'avons rien à ajouter aux belles descri- 
ptions de Fischer, d'Orbigny et de Buch, si non que 
les jeunes individus ont le dos beaucoup plus ar- 
rondis que les vieux, dont les tours sont compri- 
més et le dos tranchant. Il serait intéressant de 
pouvoir comparer cette espèce à VA ni. lœviuscu- 
lus S., forme voisine, à l'exception des côtes un peu 
élevées. 

Loc. Tout particulièrement à Khoroschovo, puis 
à Kountzovo et à Senkino (Mr. Kiréew) à 50 ver- 
stes de Moscou. 

Cette Ammonite est si bien caractérisée qu'elle 
n'a été confondue avec aucune autre espèce. 



430 

2. Ammonites Koenigii S. 
Des Plan niés. 

Ammonites Koenigii S. de Buch 1840. Gebirgsf. p. 85 et 104. 

— — Phill. Rep. of. the Britisch. Assoc. etc. 

1841 p. 10. 

— — Iazikow. 1845 MocKPHTfiHHH'b N° 4 p. 48. 

— mutabilis S. Rouillier 1845. Disc. p. 49 N° 210. 

— mutabilis S. Frears et Rouillier. 1846. 1-re Coup. 

Géol. 
mutabilis S. Rouill. et Frears. 1845. 2-e Coup. 

Géol. 
Koenigii S. d'Orbigny Russia II. p. 436 437. pi. 

3 5 f. 1 6. 

Koenigii S. Aueibach et Frears. Bull. M. 1846. p. 

490 et 491 pi. VI. f. 1 3. 

Parfaitement décrit par de Buch (Jura in Deutsch- 
and ) et d'Orbigny. 

Loc. Abondant à Kboroschovo. 

Historique. Il est remarquable que cette forme, aus- 
si fréquente que l'antécédente, a longtemps échap- 
pée aux recherches ; on ne la peut du moins rap- 
porter à aucune Ammonite mentionnée dans l'Ory- 
ctographie, ni dans la Revue de fossiles de 1843 
du même auteur. ( * ) De Buch, il est vrai, croyait 
avoir reconnu ( ** ) cette forme dans YAm. corn- 
munis S. de POryct. p. 170 pi. V. f, 1. mais M. r Fi- 
scher lui même remarque ( *** ) que c'est sa nou- 
velle espèce, YAm. mosquensis, dont d'Orbigny a fait 



•J Bull. M. 1843. p. 103—115. 

k * I Gebirgsf. Russl. 1840. 

***) Bull. M. 1843. p. 110 pi 111. f. 4 7. 



, 



431 

un Am. Fi se he ri anus ( * ) et que de Keyserling a 
réduit (**) à l'espèce de Mr. de Fisclier. De plus 
de Fischer indique que la forme en question est 
fréquente (***) à Tatarovo et à Khoroschovo à 
Tétat pyriteux , ce qui n'arrive pas à un Ammo- 
nite du premier étage , le pyrite de fer n'ap- 
paraissant pour la première fois que dans le se- 
cond étage. Enfin la figure de l'Oryct. indique 
une Ammonite dont les tours ne font que se tou- 
cher, tandis que dans YAm. Kœnigii ils se recou- 
vrent à plus de la moitié. D'Orbigny, aussi, donne 
(****) pour YAm. Kœnigii la figure susmentionnée 
de l'Oryct. mais c'est évidemment une erreur, car 
il cite (*****) encore la même figure comme iden- 
tique avec YAm. Panderi Eichw. 

Terebratula Brug. 

Nous ne répéterons j>as ce qu'il a été dit (******) et 
ce que nous avons signalé (*******) nous-même con- 
cernant la repartition des fossiles de ce genre dans 
notre oolite. Arrêtons nous plutôt sur quelques 
points de structure de leur test. 

On a souvent remarqué que les térébratules du 
terrain crétacé présentent sur leur surface des points 

(*) Russia. II. 1846. p. 441. pi. 36. f. 4 — 8. 
(**) Wissenschaft. Beobach. 1846. p. 326. 
(***) Oryct. lbid. 

( ***'* ) Russia II. p. 437. Syn. de l'A. Koenigii. 
(*****) L. c. p. 430. Syn. de l'A. Panderi. 
(******) Bull. d. M. 1843. p. 117. sq. 
(******* j Bull. d. Mosc. 1844. p. 889. 



432 

bien distincts disposes régulièrement. Mr. de Buch, 
dans son travail classique sur ce genre, constitue 
même un petit groupe Tetcbratulœ cretaceœ, qui 
entre autres caractères, ont aussi ceci d'important, 
([ue leur test est orné des points en question. 
Cet auteur dit encore ( * ) que la valve inférieure 
de la T. ornithocephala présente le même phénomè- 
ne , quoique les pores des premières soient plus 
fins, plus élégans et plus régulièrement disposés. 
11 parait du reste que Sowerby est le premier 
qui ait remarqué ce caractère , du moins avait- 
il appelé une espèce — T. punctata. Le célèbre 
auteur de FOryctographie avait déjà ( 1809) re- 
marqué ce caractère intéressant sur son espèce 
T. scabra (**). Ces espèces appartiennent au grou- 
pe Lœves jugatœ. 

De Blainville a donné le nom de T. punctata à 
une espèce vivante pour la même raison. 

Le test poreux des térébratules à fait l'objet 
d'une étude spéciale en France ( Desbays et De- 
longcbamps, Russia II p. 17 ) et en Angleterre. 

Nous avons remarqué que le test de T. loxiœ 
(T. actJLtu S. ci-devant) et T. pentatoma (T. oxy- 
optyc/ia Fisch. ) se désagrège en filaments soyeux, 
asbestoïdes (***). 

(*) Ueber. Tetabrat. lri <à. Abliand. Bcrl;. Acad. 1833 p. 120. 

( ** ) Térébratules p. 23. T. chagrinée «à surface finement 
granulée. » 

( *** ) Sur 1rs coquilles dites Térébratules. 1809. Moscou 4. 
avec 3 pi. p 23, 



J ,, 



433 

Depuis, Mr. D'Orbigny a observé (*) des li- 
gnes de points sur la T. luna ( Fischeriana d'Orb. T. 
indentala S. et T. digona S. ci-devant) et sur 
la T. scabra T. Boyeriana, comprise ci-devant sous 
la T. ornithocephala ). 

Or ces observations gagnent de l'importance 
pour les Térébratules moscovites. Voici ce que 
nous pouvons avancer avec certitude ( ** ) ; 

1. L'apparition des filaments sur le test de nos 
térébratules tient à la présence des points. 

"2. Sur un test solide, où l'on n'a vu que des points? 
on voit des filaments lorsqu'il est plus désagrégé 
par la fossilisation. On voit même ce passage im- 
médiat sur différentes parties du même exemplai- 
re ( T. luna T. subobesa 7 T. scabra ). 

3. Ces points se trouvent sur toutes les parties du 
test, la valve supérieure aussi bien que l'inférieure. 

4. Ces lignes de points se trouvent non seule- 
ment sur la surface du test,, mais bien sur toutes 
les couches qui forment l'épaisseur des valves. 

5. La disposition de ces points est régulière, et 
constante. De Buch et d'Orbigny les décrivent 



(*) Géolog. of. Russ. IL p. 483, 484. 

( **. ) Le nombre des planches ayant augmenté contre notre 
volonté, nous avons remis à une prochaine occasion quelques- 
figures nécessaires , comme pour éclairer la structure du tesS 
des térébratules, les figures de plusieurs térébratules lisses, e8 
les figures pour les variations principales de la T. FisGhcr'a 
( nob. non d'Orb- ) et de Pleurotomaria Munsteri Roem. 



43 i 

disposés en quinconce, ce dernier les a vus sur la 
T. luna Fisch. ( T. Fischer iana d'Orb. ) en lignes 
qui se croisent obliquement. Nous avons vu ces 
points arrangés sur cette même térébratule , ainsi 
que sur la T. sabra de manière qu'ils forment 
constamment trois ordres de lignes. Les deux ran- 
gées bien régulières se croisent en traversant ob- 
liquement la valve en sautoir, la troisième est paral- 
lèle aux stries d'accroisement. Le point fait donc 
partie de trois lignes, selon qu'on poursuit la di- 
rection des rangées. 

6. Nous n'avons pas pu remarquer de différen- 
ces bien tranchées dans l'arrangement de ces points 
suivant l'espèce du fossile , ou les différentes par- 
ties des valves. 

7. Mais la grandeur de ces points varie. De Buch 
l'a déjà signalé comme différente dans les térébra- 
tules crétacées et la T. ornithocephala. Nous les 
avons observés de même calibre dans la T. scabra 
et dans la T. luna, mais plus petits dans la T. su- 
bobesa nob. 

8. Leur grandeur varie encore suivant les diffé- 
rentes couches du test, qui se laissent diviser sous 
ce rapport ainsi que sous d'autres en deux stra- 
tes. L'extérieur est moins épais que l'intérieur. 
Le premier nous a semblé ne consister qu'en une 
seule couche (sa coupe du moins est tellement min- 
ce qu'elle ne nous a pas permis de poursuivre sa 
structure). C'est une épiderme solide faiblement 
luisante d'un gris un peu bleuâtre, sur des exem- 



435 

plaires bien conservés ( T. luna , T. scabra, T. 
subobesa ). 

9. Cette couleur, du reste, nous semble être l'ef- 
fet (le la fossilisation, parce qu'elle est assez com- 
mune à tous nos fossiles , lorsque leur test n'est 
par coloré en jaune où en brun par le fer si abon- 
dant dans nos couches. Nous remarquons en général 
pour nos fossiles qu'ils présentent cette couleur 
gris-bleuâtre lorsque leur épiderme décolorée par 
la fossilisation n'est pas teinte en jaune-brunâtre, et 
en une couleur blanche un peu sale, lorsque I'épi- 
derme a disparu. Nous n'avons pas vu de lest qui 
ait conservé des traces de sa coloration primitive, 
naturelle ( * ). 

10. Les points sont plus petits, leurs interstices 
plus larges sur Fépiderme ou le strate extérieur. 
Leur disposition est la même que dans l'intérieur 
de la coquille. 

11. La densité de ce strate est telle , que sou- 
vent le fer n'a pu colorer que cette épiderme, et 
n'a pu pénétrer dans les couches sousposées. 

12. Le strate extérieur où l'épidémie enlevé, 
le strate intérieur apparaît d'une couleur blanc- 
de-ueige, avec un luisant un peu plus faible que 
celui de l'argent travaillé. Les points s'y dessinent 
en noir et sont plus grands et plus serrés. 



(*) La Lima gigantea S, qui aurait conservé sa couleur 
naturelle (Fahrenkohl Bull. 1844. p. 792.) n'est peut-être qup 
colorée en jaune brunâtre par le fer du grès glauconien. 

W IF. 1S46. 28 



436 

13. Le strate intérieur est composé d'une suite 
de couches extrêmement minces qui ne se laissent 
séparer que très difficilement. La disposition et 
la grandeur des points sur ces couches ne nous ont 
pas semblé varier. 

14. Chaque couche, ainsi que le strate extérieur, 
est composée de deux éléments : des filaments et 
des pores, qui sont les points noirs visibles , qui 
constituent les interstices entre ceux-ci. On peut 
donc très bien appeller chaque couche un réseau 
poreux. 

15. Les filaments sont disposés sur le milieu 
des valves dans le sens de leur longueur, mais en 
général ils suivent et longent leur contour, c. à. 
d. qu'ils sont parallèles aux stries d'accroissement. 
Cependant il y a en outre des filaments transver- 
saux et obliques que nous n'avons pu poursuivre. 

16. Lorsque le test commence à perdre sa compa- 
cité, ces filaments deviennent appareils et surtout 
les longitudinaux. Us sont blancs et très fins, res- 
semblent en un mot au faisceau de soies en verre 
dont on se sert pour les expériences électriques. 

17. Vus à la loupe, ils sont presque diaphanes, 
à côtés anguleux , sans trace d'organisation évi- 
dente ultérieure. 

18. Lorsque le test est dans un état de désa- 
grégation fort avancé, il commence à laisser sur 
les doigts qui le touchent une poussière blanchâ- 
tre, qui sous la loupe n'est qu'un amas de frag- 
ments soyeux asbestoides déjà mentionnés. 



437 

19. Les pores mentionnés ne sont pas creusés 
dans l'épaisseur des filaments, mais ils sont formés 
entre leurs parois, par l'arrangement de filaments 
longitudinaux et obliques. Chaque filament est 
tout à fait uni et à contours linéaires, droits. Les 
pores réguliers disparaissent entièrement , lorsque 
les filaments désagrégés se dérangent dans leur po- 
sition. 

20. Les pores sont des ouvertures ovales , à 
extrémités arrondies, dont le diamètre longitudinal 
est paralèlle à la direction des filaments. Ils lais- 
sent finalement passer la lumière à travers. 

20. Le bord de ces pores est épais et relevé 
à l'extérieur, aussi apparaissent-ils sous la loupe et 
le microscope bordés d'un anneau noir-opaque. 
Il parait même que les bords des ouvertures re- 
sortent souvent au dessus du niveau des filaments. 

21. Leur ouverture n'est pas horizontale ou 
parallèle à la valve mais un peu inclinée vers sa 
partie inférieure. On croirait qu'un instrument 
aigu les ait percés de l'intérieur de la valve, 
ayant le sommet dirigé un peu vers le front de 
la coquille. Sur la surface intérieure des couches les 
pores sont des ouvertures à bords concaves , et 
très fines. 

22. Nous n'avons pas pu distinguer ces pores régu- 
liers dans plusieurs espèces de nos térébratules, dont 
le test tombe cependant en filaments asbestoïde ( T. 
loxiœ, T. triplicata, T. Fischerl nob. non d'Orb.). Ii 
parait que leur test était très compacte, le réseau 

98* 



438 

très serré. Nous n'y avons vu que des pores diffor- 
mes et irréguliers. Les auteurs étrangers disent la 
même chose des Térébratules plissées. 

Voilà ce que nous avons pu observer con- 
cernant la répartition, l'organisation, la forme des 
filaments et des soi-disants points sur nos téré- 
bratules. Il est à désirer qu'on poursuive les dé- 
tails de cette organisation , comme la disposition 
respective des filaments et des pores de différen- 
tes couches , le développement de ce réseau po- 
reux etc. Peut être arriverions-nous à jeter quel- 
ques lumières sur l'organisation de la coquille en 
général. 

Nota. Pour compléter l'histoire des progrès de la science sur 
les térébratules, nous recommandons à nos lecteurs un travail 
sur ce genre, qui n'est que fort peu connu du public quoique 
il date de 1809. C'est « Sur les coquilles fossiles dites Téré- 
bratules » faisant le premier article des Notices nombreuses sur 
les fossiles du gouvernement de Moscou publié par Mr. de 
Fischer , article non inserré dans les travaux périodiques 
de la Société des Naturalistes. Le lecteur trouvera ici dé- 
crites et figurées plusieurs espèces, qui plus tard ont reçu de 
nouveaux noms par de Fischer lui-même et d'Orbigny ; on y 
trouvera encore l'exquisse d'une division des espèces de ce gen- 
re dans laquelle les groupes admis répondent assez bien à 
ceux qui ont été indiqués par de Buch , le célèbre auteur du 
travail classique sur les térébratules, Mr. de Fischer, admettait 
quatre subdivisions. 1) Tétébratules à bords lisses et non plissés 
(Non plicatse de Buch.); 2) Térébratules à bords plissés dont 
les plis sont toujours conformes ( Pugnaceœ de Buch ); 3 ) Té- 
rébratules trilobées, Trigonellœ Fisch. ( Alatae de Buch ) ; 4.) 
PJij-iichonellœ ( genre Rhynchonella Fisch. ), lobes intermé- 



/ , 



439 

diaires si allongés , qu'il en résulte la forme d'un bec. A ce 
groupe appartiennent la T. ringens, T. acuta et T. loxiœ qui 
se distinguent par le port total. 

L'incendie de 1812 a détruit les exemplaires de ce mémoire 
intéressant. Son texte est entré en grande partie dans l'Ory- 
ctographie ainsi que ses deux planches qui n'ont subi aucun 
changement. 

La pi. II du mémoire est la pi. XXIII. de l'Oryct. 

f. 1. 2. = f 6. a, b. 

f. 3. 4. = f. 7. a, b. 

f. 5, 6. == f. 8. a, b. 

f. 7. 8.9= f. a, b, c. 

f. 10. 11= f. 4. a, b. 

La pi. III. du mém. est la pi. XXII. de l'Or. Les chiffres des 
figures se correspondent. 

L;a f. 10. 11. de la 1-re pi. du mém. sont les fig. 1. 2, de la 
pi. XXIII. de l'Or. ( T. octoplicata Fisch. non Sow. ). 

A. Terebratulœ pugnaceœ. 

Ce groupe est plutôt propre au second étage , 
ainsi que les Plicatœ en général , tandis que les 
Cinctœ font l'appanage du premier. Les espèces 
jurassiques des Pugnaceœ peuvent être analy- 
sées ( * ) ainsi: 

A. Terebratulœ plicis dichotomis, saltem 
duplicis generis 

T. rimosa. 
T. fur dilata. 



(*) Arrangement fait d'après l'œuvre classique de Buch sur 
les Térébratules. 



440 

B. T. plicis aequalibus 

a. Plica in lobo mediano uni«_a 

T. acuta S. (non Schlot.). 

T ringeits Buch. 

b. Plicis pluribus (2 — 5) 

«. Area auriculata 

T. varians Schl. 

T. variabilis Schl. 

T. tetraëdra §. 

p. Area (*) inauriculata (**). 

T. triplicata Phill. 

(non Ziet). 

Les Pugnacées ne sont représentées dans l'éta- 
ge supérieur , que par une seule espèce , la T. 
loxiœ , qui occupe la place entre la T. acuta et 
la T. r in gens, ce que M. r de Fischer avait déjà 
exprimé ( Oryct. p. 47 ). Ces trois espèces enfin 
ont une physionomie tellement distincte de tou- 
tes les téréhratules , qu'il en avait fait ( 1809) 
son genre Rhjnchonella , qui passe par la T. bi- 
plicata Phill. et la T. triplicata Phill. aux autres 
espèces des Pugnacées. 



( * ) Nous l'appellerons area inerme lorsqu'elle ne présente 
pas sur son passage au dos de la valve dorsale de ligne éle- 
vée, aiguë, que nous indiquerons par arête aréale ( Arealkan- 
te, Linea, Costa arcalis). 

( ** ) Si l'on voulait compter la T. triloba Muenst. parmi les 
Pugnacées, elle appartiendrait à cette dernière section. 



441 

3. Terebratula loxi^ Fisch. 

lérébratule en forme de crêle de coq. Pallas 17G8. Voyag. 

I. p. 22. 
Poullette 1789. Macquart. 1. c. p. 514 Tab. VII. f. 5. 

Rhynchonella Loxice Fischer, 1809. Térébrat. p 35. Tab. 

IL f. 5. 6. 
Terebratula variabilis Sclil. Fischer 1837. Oryct. p. 147. 

p. 23. f. 8. 

Terebratula acuta Phill. Murchison et De Verneuil. Extrait 

d'un Rapport de la Soc. Brit. p. l'avanc. des sciences 1840 

et d'un Mérn. pre'senté à la Soc. Géolog. de Londres. 1841. 

p. 10. 
Terebratula acuta S., Buch 1842. Beitraege etc. Karsteus Ar- 

chiv 1842 p. 536. 
Terebratula acuta S., Fischer Bull. d. M. 1843. p. 117. 

Terebratula aptycha Fischer, Fischer. Ibid. p. 124 pi. VI. 

f. 7. 8. 9. (Jeune ). 
Terebratula acuta S., Rouillier Bull. d. M. 1844. p. 889 — 

894. pi. XXII. f. 1-10. 
Terebratula acuta, 1844. Frears et Rouillier 1-re Coup. Géol. 
Terebratula acuta, 1845. Rouillier et Frears 2-de Coup. 

Géol. 
Terebratula acuta S , Jazikow, Journal «Moscovite» 1845 p. 48. 
Tereb. acuta S., Russia I. p. 236. 

Terebratula aptycha Fisch. D'Orbigny Geol. of. Russ. II p. 
128. pi. 42. f. 22 — 26. ( Exemplaire d'une taille extra- 
ordinaire ). 
Terebratula aptycha Fischer, Auerbach et Frears Bull. d. 

M, 1846. p. 490. 
T. aptycha Fisch. Buch Bull. 1846. p. 250. 

Le grès glauconien de Klioroschovo est plein 
d'individus de cette espèce qui est bien caracté- 



44% 

ristique pour nos couches. Aussi le D. r Macquart 
(1789) l'a-t-il déjà remarqué et figuré d'après un 
exemplaire de taille plus forte que d'ordinaire, ce 
qui est arrivé aussi à d'Qrbigny. On l'a dans 
les derniers temps confondu avec la T. acuta S ; 
Murchison et de Verneuil l'indiquent (*) sous le 
nom de T. acuta avec l'autorité de Phillips, quoi- 
que la même espèce ait été décrite sous le même 
nom par Sowerby bien antérieurement à cet 
auteur. Lorsque nous avons publié notre étu- 
de sur cette espèce nous lui avions déjà remar- 
qué quelques différences avec la forme de l'auteur 
anglais (**), mais nous n'avons pas osé l'en séparer. 
M. r de Fischer tout en l'appellant encore T. acuta., 
décrit ( 1843 ) son jeune âge sous le nom de T. 
aptycha Fisch. ce que nous avons indiqué dans 
notre étude mentionnée. 

D'Orbigny admet cette espèce comme spécifi- 
quement distincte de la forme anglaise , et lui 
assigne le nom T. aptycha Fisch. , qui avait un 
sens bien plus restreint. Mais en admettant cette 
forme comme espèce nouvelle, il faut lui restituer le 
nom spécifique de T. loxiœ Fisch, bien antérieur 
(1809) à celui d. T. aptycha (1843) d'autant plus 



( * ) Voy. la synonimie. 

( f* ) C'est pourquoi nous avons donné à noire petit article 
le titre de : Les principales variations de la Terchratula acu- 
ta S. dans l'oolite de Moscou. Bull, d. M. 1814. p. 889 — 894 
avec pi. XXII. 



443 

que ce dernier nom n'avait trait qu'au jeune âge. 
11 est à remarquer que D'Orbigny en citant la 
T. variabilis de l'Oryctographie comme identique 
avec l'espèce en question lui impose cependant 
le nom de T. aptycha , quoiqu'il soit dit dans sa 
synonimie qu'elle a déjà été décrite sous celui de T. 
loxiœ. 

L'étude que nous avons publié sur ce fossile 
caractéristique de nos couches indique ses prin- 
cipaux caractères et ses nombreuses variétés. 

Les variétés (*) de cette espèce se laissent ré- 
duire à quelques formes principales. 

a. Varielates ex œtate. 

a. Junior. Déprimée, le sommet du bourrelet est 
sur le bord frontal, un seul plis sur le bord la- 
téral. T. aptycha Fiscb. Bull. M. 1843. p. 124. 



(*) Pour plus d'exactitude dans la description des varié- 
tés , nous les étudierons sur le même plan pour tous les 
fossiles. A. Varietates ex aetate sont ^représentées par trois 
formes a. Varietas junior est le fossile à sa plus petite taille 
connu; b. Var. juvenilis est le même lorsqu'il a acquis la moi- 
tié de sa taille normale ; c Var. adulta de taille ordinaire 
B. Varietas fortuit a — toute variété qui ne se laisse pas ex- 
pliquer par l'âge du fossile. On tachera d'indiquer ces chan- 
gements par des noms exprimant leur caractère. Par opposi- 
tiou aux variétés, l'original du premier fossile sera appelle 
forme normale, adulte, ce qui sera encore sous-entendu toutes 
les fois qu'on ne placera pas d'adjectif indiquant l'âge et la 
yariété. 



444 

pi. VI. f. 789. Rouillier Bull. M. 1844. f. 1. a. 
b. c. d. 

b. Var. juvenilis. Deux plis sur le bord latéral, 
le bourrelet commence à s'élever sur le milieu de 
la ventrale. Rouill. 1. c. f. 2. 

c. V. adulta ( normalis ). Deux ou trois plis 
sur les côtés, une écbancrure sur le bourrelet dont 
le sommet se trouve entre le bord frontal et le 
milieu de la valve ventrale : taille comme l'indi- 
quent 1. c. f. 4. 5. Il faudra ranger ici les figures 
de Fiscber : Térébratules 1809. pi. II. f, 5, 6. 
Gryct. pi. XXIII. f. 8. a. b. 

/3. Var. fortuites. 

d. Var. globosa. Les trois dimensions presque 
égales. Deux plis latéraux , le dos sans échancru- 
re. Le sommet du bourrelet entre le front et le 
milieu de la ventrale. Rouill. L. c. f. 6. 

e. Var. bisinuata Voisine de la précédente, mais 
avec deux échaucrures sur le dos tranebant. 
Rouill. L. c. f. 7. 

f. Var. resupinata. Trois plis latéraux, le som- 
met du bourrelet entre le milieu de la ventrale et 
le deltidium. Rouill. L. c. f. 8. 9. D'Orbig. Rus- 
sia. IL pi. 42. f. 24, 25, 25'. 

g. Var. reversa. Trois plis latéraux, le sommet 
du bourrelet audessus du deltidium, son dos arrondi, 
sans écbancrure. Vieil individu. Rouill. L. c. f, 10. 

b. Var. major. Les figures de d'Orbignj Russia. 
IL pi. 42. f, 24, 25, 25' 26 sont certainement 



445 

une variété assez rare , car nous ne l'avons pas 
trouvée de cette grandeur parmi les centaines 
d'exemplaires que nous possédons de l'espèce. Il 
faut encore ranger ici la figure de Macquart 1. c. 
p. VIL f. 5. 

Cette variété fait passage à la T. triplicata. 
lorsqu'elle n'a qu'un seul plis sur le bourelet ( ce 
que nous avons aussi remarqué) et à la T. acuta S. 

B. Terebratulœ inflatœ. 
4. Terebratula pentatoma Fisch. 

( Tab. B f. 14 a — m ). 

Terebratula pentatoma Fischer. Fisch, Térébral. ( 1809 ) p. 

34. n. 25. t. II. f. 10. 11. 
T. booealis Schl. Fischer Oryctog. p. 147. pi. XXIII. 4. 
T. décor ata dorso piano de Bach ( 1842 ) Beitrœge ( Karsl. 

Archiv. p. 534. ). 
T. oxyoptycha Fisch., Fischer Bull. d. M. 1843. p. 118.pl. 

IV. f. 10. 11. 
T. oxyoptycha Fisch. Rouill. ( 1845 ) Disc. p. 51. N° 228. 
T. oxyoptycha Fisch., Frears et Rouill. ( 1845 ) 1-re Coup. 

Géol. 
T. oxyoptycha Fisch., Rouill. et Frears ( 1845 ) 2-e Coup. 

Géol. 
T. oxyoptycha Fisch. D'Orbigny Geol. of. Russ. II. p. 4 19. 

pi. 42. f. 11 — 13. 
T. oxyoptycha Fisch. Auerbach et Frears ( 1846) Bull. d. 

M. p. 490. 

Ce fossile élégant , qui par ses plis nombreux 
et fins et son ouverture extrêmement petite , 
rappelle les Térébratules du terrain crétacé , est 



446 

clans les Concinneœ injlatœ ce que la T. triloba- 
ta Muenster esl parmi les Concinneœ alatœ. L'une 
et l'autre font le passage des Concinneœ aux Pug- 
naceœ , présentent même quelquefois des for- 
mes dans lesquelles le front est bien plus haut 
que le milieu, mais appartiennent encore d'avan- 
tage aux premières. Le plus souvent le milieu de 
la valve ventrale est plus haut que le front , et 
si même le contraire a lieu, il se forme sur le mi- 
lieu de la valve un coude évident et le sinus for- 
me avec le plan de la dorsale un angle très con- 
vexe, et non un régulier, ce qui, selon de Buch (*), 
est surtout important pour distinguer les Con-r 
cinneœ des Pugnaceœ. 

Après les descriptions de ce fossile données par 
de Fischer, de Buch et d'Qrbigny, nous n'avons 
rien à ajouter à la connaissance de la forme nor- 
male ( Tab. B. f. 14 a — d). Etudions ses variétés. 

ce. Varietates ex œtate. 

a. Var. junior (Tab. B. f. 14 i — m ). Coquil- 
le déprimée, la valve ventrale s'élève il est vrai 
brusquement sur la charnière ; mais à son premier 
tiers elle s'incline, devient horizontale et à son 
tiers inférieur tombe brusquement vers le front, 
qui forme une ligne presque horizontale à peine 
un peu relevée sur son milieu. Oreillette nulle. 

(*) Téiébrat. p. 71, à l'occasion de la T. trilobata Mun- 
ster. 



4il 

En général cette forme est tellement distincte de 
l'adulte et normale, qu'elle approche beaucoup plus 
des formes déjà connues; aussi ne la rapporterions- 
nous pas à Fespèce en question s'il n'y avait pas- 
sage à cette dernière par la variété suivante , et 
si nous ne les trouvions toutes les trois constam- 
ment ensemble, ce qui est d'autant plus décisif que 
l'espèce ne se trouve qu'en nids, absolument éloi- 
gnés des autres fossiles. 

b. Varietas juvéniles ( Tab. B. £ 14. e — h ). Les 
caractères de l'adulte commencent à percer : le 
bourrelet se détache du corps, le milieu du front 
est à la hauteur de la plus haute convexité de la 
ventrale etc. Notre exemplaire (que nous devons, 
ainsi que le précédent à l'obligeance de Mr. Ri- 
réew) présente de plus une variété un peu déran- 
gée dans la symétrie. 

j3. Var. fortuitœ. 

c. Var. pentatoma quadriplicata. Quatre plis sur 
le bourrelet et trois dans le sinus ; le milieu de 
la dorsale plus déprimé, caractère qui la rap- 
proche davantage de la vraie T. decorata. 

d. T. pentatoma producta. Le milieu du front 
s'allonge en avant des angles inférieurs et se pla- 
ce plus haut que le milieu de la ventrale. Le plan 
du sinus fait un angle convexe avec la dorsale. 
C'est cette variété qui est représentée par d'Or- 
bigny. 



448 

Le test est extrêmement délicat , quoique assez 
épais. On ne le trouve presque pas autrement que 
désagrégé en filament blancs, soyeux , asbestoïdes, 
entre lesquels on ne voit pas de pores réguliers, 
caractère qui lui est commun avec la T. loxiœ 
et la T. Fischeri nob. 

Historique. Cette forme a été décrite pour la 
première fois par de Fischer en 1809 sous le 
nom de T. pentatoma , qui fut changé plus tard 
( 1843 ) par le même auteur en T. oxyoptycha. 
Dans FOryctographie p. 247 elle est décrite et 
figurée comme T. borealis Schl. D'Orbigny en ci- 
tant cette dernière comme identique avec la T. 
oxyoptycha, n'a pas remarqué que l'auteur avait 
placé sa T. pentatoma pour synonime de la T 
borealis. La planche originale de la T. pentatoma 
étant passée sans changement dans FQryctograpliie, 
où elle est citée par tous les auteurs comme iden- 
tique avec la T. oxyoptycha , il faudra restituer 
le nom antérieur , d'autant plus qu'elle ne pro- 
vient pas du calcaire de Miatsckovo, mais bien de 
Tatarovo , comme l'a dit l'auteur lui-même ( Té- 
rébr. 1809 p. 34). 

Gis. et Loc. Khoroschovo où elle forme des 
nids parfaitement isolés. Une seule fois à Karami- 
schovo, près de Mnëvniki. 

C. Tcrebratulœ repandœ. 

11 y a des individus de térébratules qui ne se 
laissent que difïicilement rapporter à ce groupe, et 



449 

qui font passage aux T. cinctae. Ce groupe enfin 
est encore d'autant plus difficile à préciser, que 
ses espèces ne présentant que des caractères sou- 
vent peu tranchés, offrent cependant beaucoup de 
variations dans la forme. 

La T. ornithoceplialas en est un exemple frap- 
pant. De toutes les onze espèces admises par de 
Buch, celle-là étant la seule qui appartienne au ju- 
rassique, on croirait qu'il est toujours facile de la 
reconnaître; cependant il n'en est pas ainsi. 

Nous n'admettons pas les T. orblculata Roem. 
ni la T. tetragona Roem. (*) qui nous semblent 
être de fort jeunes individus d'une espèce peut- 
être connue ; à la vérité Bronn ( ** ) trouve fort 
difficile de distinguer les T. lœves dans leur jeune 
âge. Nous l'avons éprouvé sur nos térébratules 
moscovites; nous disons même qu'il n'est sou- 
vent presque pas possible de distinguer à cette 
condition les individus de ce groupe des indivi- 
dus des T. cinctae. 

Et cependant il nous semble encore que, même 
en ne tenant compte que des vieux individus, les 
auteurs comprennent sous la T. ornithocephala 
deux formes assez différentes pour en constituer 
deux variétés au "moins aussi précises et aussi éloig- 
nées dans leurs individus extrêmes , que bien des 



(*) Oolite p 52. pi. II. f. 6 et 13. 
(**) Lethœa I. p. 302. 



450 



térébratules admises comme spécifiquement différen- 
tes. Aussi, selon de Bucli, Sowerby à lui seul avait 
établi six espèces, qui toutes sont comprises par 
de Bucli eu une seule ( T. ornithocephala, T. lam- 
pas, T. bucculenta, T. obovata, T. obtusa, T. pun- 
ctala ) ; ajoutez y la T. ventricosa Hartmann et la 
T. lateralis Schl. et selon Bronn (*) une partie de 
la T. lagenalis Scbl. 

La ligure de Bucb Térébrat. tab. I. f. 9 est le 
type d'une forme extrême , la figure de Bronn 
Letliœa XVIII f. 9 sert de norme pour la seconde. 



Fi g. de Buch. 

Crochet très allongé grêle, 
fortement recourbé. 

Angle apical moins qu'un 
régulier , aigu, 85 —76 ( et de 
G7 selon d'Orbigny ). 
Coquille, vue sur le front, sub- 
pentagonale. 

Les valves se réunissent sur 
le front en courbe très pro- 
noncée entrant dans la valve 
abdominale ( ** ). 

La valve ventrale plus bom- 
bée. 



Fig. de Bronn. 

Crochet recourbé, fort. 



Angle apical d'un quart plus 
ouvert que la figure de Buch. 

Coquille , vue sur le front, 
obronde, ovale. 

Les valves se réunissent sur 
le front en courbe peu pronon- 
cée entrant dans la valve dor- 
sale ("*)-! 

La valve ventrale aussi con- 
vexe que la dorsale et même 
moins que celle-ci. 



(* ) Lethaîa I p. 302. 

( ** ) Caractère si important , qu'il est souvent le seul pour 
la distinguer de la T. biplicata S. ( Buch. ). 

(***) Caractère qui est plus développé t dans la T. bipli- 
cata S. 



451 

Certes voilà plus de différence qu'il n'y en a 
entre quelques espèces généralement admises. 

- Cependant les deux auteurs disent que ces for- 
mes ont l'ouverture extrêmement grande et à bord 
relevé. Broun, en décrivant cette espèce, cite com- 
me identique la description et la figure de Buch. 

Cette circonstance explique pourquoi les térébra- 
tules dont nous allons parler à l'instant ont été si 
longtemps citées comme T. ornithocephala S., et 
pourquoi, comme l'a remarqué Bronn , celle-ci a 
une grande étendue dans la répartition géologique. 
11 appartient à de Fischer et à d'Orbignj de les 
avoir distinguées et érigées en espèce distincte. 

5. T. SCABRA FlscJl. 

Tetebratul-a scabra Fischer ( 1809 ). Te'rébratules, p. 23. N" 

2. tab. II. f. 1. 2 
Terebratula striatula Mantel, Fischer ' 1837 ) Oryct, p 

148. pi. XXIII. f. 6, a. b 
Terebratula ornithocephala S., Fischer Bull. 1843. p. 124 

pi- IV. f. 1. 2 
Terebratula ornithocephala S., Rouillier Bull. d. M. 1844 

pag. 891 
Terebratula ornithocephala S., Rouillier Disc. p. 51. N° 237 
Terebratula ornithocephala S., Frears et Rouill. ( 1845 ) 1-re 

Coup. GéoL 
Terebratula ornithocephala S., Rouill. et Frears (1845) 2-e 

Coup. Géol. 
T. ornithocephala S., Russia. I. p. 236. 

Terebratula Royeriana d'Orbigny ( 1845 ) Geol. of. Russ. II 

p 484. pi, 42. f. 33. 34 

iY°. IV. 1846. 29 



452 

Terebratula ornithocephala S., Auerbach et Frears ( 1846) 

Bull. d. M. p. 490. 

Cette forme extrêmement fréquente dans nos 
couches n'a aucun des trois caractères signalés par 
de Bucli (*) comme principalement importants pour 
la T. ornithocephala et dont le premier se re- 
trouve dans toutes les figures rapportées à cette 
espèce, savoir : 

1. Une ouverture très grande à bord, relevé, 
et touchant souvent la valve ventrale. 

2. La ventrale plus bombée que la dorsale. 

3. Un bourrelet large applati sur la ventrale, et 
retourné inférieurement vers cette même valve. 

L'auteur du travail classique sur les Térébratu- 
les ne fait mention, certes par oubli, de points régu- 
liers que sur la valve ventrale. Dans notre espè- 
ce les deux valves sont également chagrinées d'un 
réseau de pores. 

Notre fossile présente plusieurs variétés mar- 
quées. 

a. Far. elongata. 

Longue de V V" sur &V 2 /y/ de largeur , aussi 
bombée sur le tiers antérieur que sur le milieu. 
Epaisseur 7 1 /„ // '« ( An T. lampas Sow. T. 101. 

f. 4. ) ? 



(*) L. c. p. 119 120. 



453 

a. Var. acuminata. 

Forme plus élargie au milieu, vers le front brus- 
quement rétrécie. Maximum d'épaisseur au tiers 
supérieur, G" 1 /,/" ; longueur l' 1 /^", largeur 9'" au 
tiers supérieur. 

b. Var. depressa. 

Maximum de largeur au milieu, subarrondie. 
Maximum d'épaisseur au tiers supérieur , depuis 
l'endroit où elle tombe brusquement vers le front. 

Longueur 10"'. 

Largeur 7"'. 

Epaisseur A'". 

c. Var. major. 

Régulièrement ovale , les valves également et 
fortement bombées. Longueur V â'/a'", largeur 
11"', épaisseur 10'/„. Ouverture très petite. Ap- 
proche de la T. bullata S, 

Nota. J. Sowerby avait déjà remarqué sur Tercbratula punc- 
tata ( que de Buch pense n'être qu'une variété de la T. ornitho- 
cephala, quoique l'auteur anglais rapporte la première au grès 
vert ) et les points et les filaments soyeux du test Min. Cou- 
chol. p. 32. 

D. TerEBRATULjE CINCTJS. 

Le grès glauconien de Klioroschovo nous pré- 
sente deux formes bien distinctes de ce petit 
groupe de Térébratules , facile à reconnaître à la 
parfaite concordance dans la position des régions 
convexes et concaves sur les deux valves. 

29* 



454 

Cette section de Térébratules n'a pas été ren- 
contrée dans les autres étages. 

Nota. Ce groupe embrasse, suivant M. r de Buch, douze ou 
treize formes principales , que l'on peut analyser ainsi : 

I. Les valves couvertes de côtes non symétriques. 

t. T. amphitoma Bronn. 

II. Les valves ornées de plis symétriques 

Les valves percées d'un trou au milieu 

2. T. dyphia Fabio Colona. 
Les valves non percées au milieu. 
Côtes aiguës, tranchantes 

Six côtes. 3. T. pectunculus Schloth. 

Quatre côtes. 4. T* trigonella Schloth. 

Côtes arrondies, peu détachées 

Quatre côtes. 5. T. quadrifida Lam. 

Deux côtes. 

Les trois dimensions des val- 
ves égales ; coquille 

ronde 6. T. sacculus Martin. 

Les trois dimensions inégales : 
L'épaisseur prédo- 
mine. 1 . T. bullata S. 
La longueur égale deux 

fois la largeur. 8. T. lagcnalis. Schloth. 
La longueur égale la 

largeur. 9. T. numismalis Lam. 

La longueur excède 
peu la largeur. 

a. forme d'un tri- 
angle régulier. 

Angle apical 

moins de 60°. 10. T. triangulus Lam. 

b. forme d'un tri- 
angle allongé 



455 

Angle apical 

de 76 à 82° Les 

bords latéraux 

ne convergent 

pas. il. T. digona S- 

c. Forme ovale, les 

bords latéraux 

convergent. 12. T. indentata S. 

b. Forme: un pen- 
tagone régulier, 

arrondi. 13. T. vicinalis Schloth. 

Les NN. 1, 2, 6, 10 n'appartiennent pas au terrain juras- 
sique. 

Les deux formes de nos couches font partie des Térébratu- 
les a deux côtes arrondies ayant le diamètre longitudinal 
plus long que l'épaisseur et un peu plus grand que le tran- 
sversal. 11 est donc surtout nécessaire de comparer nos exem- 
plaires à la T. digona, la T. indentata, et la T. vicinalis. 

6. Terebratula luna Flsch. 

Terebratula Luna Fischer, Fisch. Térébratules ( 1809 ) p. 

34. N° 25- Tab. IL f. 3. 4. 
Terebratula digona S. Fischer Oryct. p. 148. pi. 23. f. 7. 
Terebratula indentata S. Fischer BuM. d. M. 1843. p. 121. 

(*) pi. 4. f. 3. 4. 
T. nucleata Schl. Fischer L. c. p. 122. pi. IV. f 5. 6. 
T. indentata S. Rouillier Bull. d. M. 1844. p. 891. 
T. indentata S. Rouillier Disc. p. 51. N° 229. 
T. indentata S., Frears et Rouillier l re Coup. Géolog. 
T. indentata S. Rouill. et Frears 2 e Coup. Geolog. 



■(•'*) M. r d'Orbigny cite souvent cet article qu'il avait certai- 
nement en extrait, car la pagination n'est pas celle du Bullet. 



456 

T. digona S. Russia I. p. 236. 

T. Fischeriana d'Orbigny Geol. of Russ. II. p. 482. pi. 42. 

f. 27 — 30. 
T. vicinalis Schl. var. de Buch Bull. M. 1846. p. 250. 

Cette forme a la plus grande ressemblance, avec 
la T. digona à laquelle elle pourrait bien appar- 
tenir comme variété climatique. Elle fait en même 
temps passage à la T. indentata. 

La forme générale est subquadrangulaire , al- 
longée. Les bords supérieurs presque droits pas- 
sent insensiblement aux latéraux qui descendent 
dans une direction parallèle jusqu'aux angles in- 
férieurs. La plus grande largeur se trouve déjà à la 
limite inférieure du premier tiers. Le milieu aussi 
large que le front. Celui-ci tronqué , profondé- 
ment échancré. Les angles inférieurs obtus arron- 
dis. La valve ventrale remonte de l'area sous uu 
angle de 65°, acquiert le maximum de convexité 
au commencement du tiers moyen et la conserve 
invariable jusqu'au milieu du dernier tiers où elle 
tombe assez brusquement vers les angles inférieurs. 
Le sinus ventral commence du tiers inférieur et 
s'unit brusquement avec l'écliancrure du front 
Les côtés de la valve ventrale descendent perpen- 
diculairement et ne présentent avec les côtés de la 
valve dorsale qu'une seule surface plane. L'area 
occupe presque toute la longueur du bord cardi- 
nal ; elle est séparée des bords supérieurs par une 
arrête saillante et se relève un peu vers les extrémi- 
tés du deltidium, qui est deux fois aussi large que 



457 

haut, et porte à sa partie supérieure une échan- 
crure profonde , qui passe en une fissure perpen- 
diculaire. L'ouverture est petite , n'occupe que le 
tiers du deltidium et se divise par les arrêtes de 
l'area en deux parties de hauteur égale , dont la 
supérieure est arrondie et l'inférieure triangulaire; 
ses bords plans non relevés. Le crochet pointu 
élevé sur le bord cardinal tout au plus trois fois 
la hauteur du deltidium échancré, mais ordinai- 
rement deux fois. Il s'avance presque au niveau 
de la convexité abdominale du fossile. L'angle api- 
cal 187°. La valve dorsale arquée en cercle ac- 
quiert le maximum d'épaisseur (deux fois celle 
de la valve ventrale) juste au milieu, puis elle 
tombe un peu moins brusquement qu'elle n'a 
montée ; dès son milieu commence un sinus plus 
profond et plus long que le ventral. Le sinus 
aussi large que les côtes latérales très peu pronon- 
cées sur les deux valves. 

Vu à la loupe l'extérieur apparait recouvert 
de port disposés en lignes croisées et obliques sur 
les valves. 

Dimensions. Longueur 9'". Largeur 5 ! / 3 y// - Epais- 
seur 5V 9 '" 

M. r d'Orbigny indique sur la planche une taille 
deux fois plus petite que les formes ordinaires 
n'en présentent. 

Diffère de la T. digona 1 ) par Téchancrure 
frontale profonde, 2 ) le sinus dorsal plus profond 
et plus long 3 ) la valve dorsale plus arquée, 



458 

et 4 ) une plus forte épaisseur près du bord fron- 
tal. Par ce dernier caractère elle s'approche de la 
T. indentata de laquelle on la distingue en ce 
que cette dernière a les bords latéraux convexes 
et les sinus plus profonds. Existe-t-il un réseau 
apparent sur les valves de la T. digona et la T. 
indentata ? 

Jeune elle est respectivement moins longue et 
moins échancrée et alors difficile à discerner des 
formes suivantes. 

Gis. et Loc. Elle abonde dans le grès de Kho- 
roscliovo. 

Variété. Nous citerons comme légère variété ( 7. 
luna var. subindentata ) une forme qui rapproche 
cette espèce encore davantage de la T. indenta- 
ta. Elle acquiert sa plus grande largeur un peu 
avant le milieu et se rétrécit presque à Tins tant 
même vers le front aussi vite qu'elle s'est élargie. 
Les bords latéraux sont donc convexes, mais près 
des angles inférieurs ils se rétrécissent un peu , et 
jjrésentent ici une faible excavation ; par là ces 
derniers deviennent plus pointus. Le sinus dorsal est 
encore plus court; Ja valve dorsale moins bom- 
bée, son tiers inférieur retombe plus brusquement 
et forme avec le plan abdominal inférieur un an- 
gle de 66°. Longueur 9"', Largeur, ô 1 /,,'"? épaisseur 
h 1 /^". Bord frontale A'" \ largeur du sinus. l'/ 9 « 
Même localité. 



450 

7. Tetebkatula subobesa n. sp. 

Terebratula saçculus Montf. Fischer Bull. M. 1843. p. 123. 

( Jeune individu ). 
T. numismalis Lam. Rouill. Bull. M. 1844. p. 891. (Très 

jeune ). 

Une forme intermédiaire entre la T. obesa S., 
qui d'après Buch n'est qu'une variété de la T. 
bullata S., et la T. vicinalis. Elle approche de 
celle-ci par la forme de la valve ventrale, et de la 
première par une hauteur souvent égale à la lar- 
geur. Elle est encore voisine dans le jeune âge de 
T. digona et de T. indentata. 

Coquille subpentagonale irrégulière ayant qua- 
tre hords à peu près égaux, et l'inférieur, le frou- 
tal , plus court; les trois angles distincts et les 
deux latéraux arrondis. Les bords cardinaux con- 
vergent sous un angle un peu convexe ( plus que 
dans la forme précédente); à l'endroit de leur pas- 
sage aux bords latéraux la coquille présente le ma- 
ximum de largeur ; cette union s'opère quelque- 
fois sous un angle arrondi. Les bord latéraux éga- 
lent en longueur les bords cardinaux de la valve 
ventrale, et présentent par leur convergure à l'en- 
droit de leur union avec le frontal un angle très con- 
vexe de 118°. La valve ventrale s'élève rapide- 
ment du bord cardinal et présente la plus forte 
convexité déjà sur le premier tiers, puis elle des- 
cend vers sa circonférence et tombe perpendicu- 
lairement sur ses bords latéraux et frontal ; son 



460 

sinus inférieur très peu marqué. La valve dorsale 
très convexe, au moins deux fois plus profonde 
que la ventrale. Sur des vieux exemplaires sa sur- 
face est divisée en deux plans. Le supérieur le plus 
long est arrondi ou subpentagonai , représente la 
forme générale du fossile ; l'inférieur quadrangu- 
laire commence un peu plus bas que le milieu et 
forme avec le supérieur un angle convexe, arron- 
di (135°), c'est dans toute sa longueur qu'est cou- 
ché le sinus dorsal quelque fois peu prononcé, 
mais souvent limité par les côtés latéraux saillants 
et tranchants. Le front tronqué , échancré ; la 
ligne formée par l'union des deux valves est une 
courbe convexe vers le dos. L'angle formé sur 
le front même par le plan dorsal inférieur et 
l'abaissement de la valve ventrale de 90°. Les 
côtés des deux valves s'unissent encore sur deux 
plans perpendiculaires, mais ils sont formés prin- 
cipalement aux dépens des côtes de la surface dor- 
sale inférieure et convergent vers le dos de la co- 
quille. 

Le crochet plus grand et plus recourbé, ledelti- 
dium moins long , divisé suivant la longueur. Du 
reste l'ouverture et l'area comme dans l'espèce 
précédente. Cependant l'area est moins circonscri- 
te sur les extrémités latérales par une arête 
qui va se perdre sur le dos de la valve dorsale, et 
ne tombe pas vers la ventrale comme dans l'espèce 
sus- mentionnée. Longueur 18'" Largeur 1'" 
Epaisseur 5'". 



461 

Angle apical 88° bien plus ouvert que dans la 
précédente. 

Gis. Loc. Du même endroit où elle est tout aus- 
si fréquente la T. luna. 

Du reste la description peut faire ressortir tou- 
te la différence qu'il y a entre ces deux formes. 
Nous ajouterons encore qu'il nous a paru que le 
réseau de pores est bien plus serré dans cette for- 
me, au point que sous le même grossissement on 
distingue bien plus facilement le réseau de la T. 
luna. 

Jeune elle présente la même forme, sans échan- 
crure frontale cependant, et sans les plans infé- 
rieurs dorsal et ventral ; le front est simplement 
tronqué, les valves se touchent de près par leur 
tiers inférieur ; le sinus et les côtes peu distincts. 
L'angle apical présente déjà sa convexité. Ce 
sont des variétés de cette forme que j'ai citées (*) 
comme T. vicinalis et T. numismulis ; avec les 
quelles à la vérité elle présente une forte res- 
semblance. L'accroissement se fait bien moins 
en longueur et en largeur qu'en épaisseur , ce 
qui produit par la suite les deux plans inférieurs 
sus-mentionnés. Le front perd en largeur , en 
sorte que les bords latéraux sont moins convexes 
sur les jeunes individus. Ces formes iulerrnédiai- 



Bull. d. M. 1844. p. 891. 



462 

res sont très voisines de la T. vicinalis , pour la 
quelle on pourrait la prendre si Ton ne connais- 
sait leur état adulte. 

11 est en général plus difficile de distinguer cet- 
te forme de T. vicinalis et T. bullatu. Cependant 
les cinq plans , le sinus dorsal profond et la for- 
me générale peuvent encore nous guider , la T. 
vicinalis étant plus applatie et élargie, et la T. 
bullata plus ronde, plus uniformément bombée. 

Il nous parait que l'auteur de l'Oryctographie 
a déjà indiqué cette forme, du moins sa remarque 
(p. 148) que la T. digona de nos couches «pa- 
rait souvent latéralement plus bombée » cadre 
très bien avec notre fossile. 



té. TEREEUATULJS SINUAT-flE. 

8. Terf.bratula. perovalis Sow. 

Terebratula costata FLsch. 1809. Térébr. p. 23. 
T. vulgaris Schloth. Fischer Bull. M. 1843. p. 123 (jeune 

individu ). 
T vicinalis Schl. Rouill. Bull. M. 1844. p. 891 ( jeune in- 
dividu j. 
T. perovalis S. Rouill. Ibid 
T. perovalis S., Rouill. 1845 Disc. p. 51 N° 233. 

Coquille deux fois aussi longue que, large, 
ayant sa plus forte largeur au tiers du milieu. La 
dorsale à moitié supérieure plus bombée que la 



403 

ventrale ; d'ici jusqu'au bord frontal toutes les 
deux tombent mais la dorsale plus rapidement que 
la ventrale, ce qui rend la partie supérieure de 
la première fortement bombée , presque arquée, 
son bec , quoique court, est arrondi. L'ouverture 
extrêmement grande, ronde, oblique à la charniè- 
re. Le deltidium très peu apparent , trois fois 
aussi long que haut. L'area très distincte se per- 
dant en arrière insensiblement avec le dos sans 
former de ligne élevée ; une oreillette peu dépri- 
mée, mais distincte, occupant le tiers de la lon- 
gueur totale de l'area. La dorsale relevée à com- 
mencer du bec en carène, arrondie peu apparente, 
et dès son milieu disparaissant pour passer dans 
un sinus prononcé surtout sur le front , dont le 
milieu est un peu relevé vers la ventrale. Les deux 
côtes de la ventrale, applaties , arrondies, à peine 
distinctes ainsi que la trace du sinus , qu'on ne 
distingue qu'au tiers inférieur un peu avant le 
front relevé. Sur quelques exemplaires le front 
aussi large que le sinus dorsal. Les bords car- 
dinaux s'unissent insensiblement aux latéraux , 
qui sur le milieu de la longueur sont presque pa- 
rallèles. Le front faiblement détaché du reste par 
une dépression où un sinus à peine distinct des laté- 
raux. L'angle cardinal 75°. Les deux valves recou- 
vertes d'un réseau très régulier et très fin de trous 
disposés en quinconce. Le test quoique épais se 
laisse facilement comprimer ; aussi ne trouve-t-on 
que rarement de grands exemplaires bien conservés. 



464 



Dimensions : 
Longueur 2 6V S 
Largeur 1" 9"'. 



/// 



Epaisseur {" V 

Les auteurs citent plusieurs variétés de ce fossile. 

a. T. perovalis S. p. 456 - 457. pi. 436 f. 4. 
5. 6. Les deux valves également bombées, les bords 
latéraux très convexes, les oreillettes distinctes. 

b. T. perovalis S. Roemer Oolit. p. IL f. 3. a. 
b. Le dos de la dorsale plus bombée que la ven- 
trale arquée ; la ventrale bombée surtout à la par- 
tie inférieure ; le bec très prolongé le front plus 
pointu , le sinus dorsal apparent à la partie su- 
périeure. 

c. T. perovalis S., var. ce Pusch. Paleont. p. 22. 
pi. IV. f. 5. a. b. c. ressemble à la figure de So- 
werby, mais la ventrale est moins bombée, voisine 
de la T. ornithocephala. 

d. T. perovalis S., var. /3. Pusch. Paleont. p. 22. 
pi. IV. 1. 7. a. b. Plus large, le sinus dorsal très 
court. 

e. T. perovalis S., var. y. Pusch. Paleont. p. 
22. pi. IV. f. 8 obrd. Plus ovale et allongée, les 
échancrures latérales inférieures plus prononcées, 
le front allongé. Le sinus dorsal distinct, la carè- 
ne non apparente. 

Ces deux dernières formes sont voisines de la 
T. vicinalis v. Schl. aussi de Buch les attacbe-t-il à 
cette dernière espèce (Puscb. Paleont. p. 22 nota). 

f. Notre exemplaire se rapproche de la variété 



465 

figurée par Roemer , mais Je sinus dorsal est 
plus court , le bec moins allongé, le front moins 
pointu , la moitié inférieure des valves moins 
bombée, plus applatie. Ce dernier caractère rap- 
procbe cette espèce encore d'avantage de la T. 
vicinalis v. Schl. à laquelle nous la rappor- 
terions si la taille n'était aussi forte et les trous 
si grands. La T. Strogonovii d'Orb. Russ. I. p. 
483. pi. 42 p. 31. 32. Nôscbel et Helmersen 
Bull. Pétersb. T. V. p. 291. pi. I. f. 5-7 est en- 
core une forme voisine, mais elle diffère des vraies 
T. perovalis 1 ) en ce que l'oreillette manque 
totalement 2) que la jointure latérale des valves 
forme une ligne droite, tandis que c'est une courbe 
dans la nôtre. 3. ) Enfin d'Orbigny et Helmersen 
ne font pas mention du réseau poreux. Elle sem- 
ble encore provenir du troisième étage. 

g. Enfin nous avons à signaler une sixième variété, 
qui représente, assurément, un état assez jeune (lon- 
gue de 1 17 '") de l'espèce en question. Elle est pres- 
que ronde, du moins les latéraux ne forment-ils qu'un 
seul cercle régulier avec le frontal, non séparés de 
celui-ci; les cardinaux sont seuls un peu tirés vers 
le bec et s'unissent cependant en convexe régu- 
lière avec les latéraux. Aussi la valve ventrale 
est-elle presque ronde. L'area distincte , l'oreille 
peu déprimée mais marquée et séparée du dos de 
la dorsale par une ligne un peu relevée. La ventrale 
marquée de deux côtes, dont l'espace intermédiai- 
re est un peu déprimé ; le sinus dorsal marqué 



406 

à la moitié de la valve. La carène dorsale à peine 
prononcée. Le maximum d'épaisseur ( 5 //y ) se trou- 
ve à la moitié supérieure ; d'ici les valves s'ap- 
platissent. La coquille est en général très peu bom- 
bée , presque de la forme et de l'épaisseur de 
la T. numismalis S., pour laquelle nous la pren- 
drions si 1 ) le trou n'était beaucoup plus grand, 
le bec beaucoup plus ressortant que dans cette 
dernière. Nous l'avons appellée T. numismalis S , 
dans notre Discours p. 31. N° 232. 

S'il nous était permis cle nous prononcer sur 
les caractères et les variations de la T. perovalis, 
nous dirions : 

1. Que les caractères les plus constants de cet- 
te espèce sont la forme ovale, oblongue, applatie, 
aux bords arrondis , le trou très grand ( Bucb, 
Puscb ). Les oreillettes assez longues, comme dans 
la figure pi. 436 f. 6 de Sowerby et notre exem- 
plaire var. f., sont encore des caractères assez im- 
portants. 

2. Les côtes et les sinus des valves sont quel- 
quefois tellement oblitérés et peu apparents qu'on 
est porté à retirer cette espèce des Carinatœ si- 
nuatœ de Bucli, et à la ranger parmi les Cinctœ 
de Buch. 

3. A l'âge assez avancé , lorsque le fossile 
acquiert toute sa taille , on distingue deux 
types. L'un au bec plus allongé, l'angle cardinal 
plus petit , aux valves bombées dans le sens 
inverse, c. à 7 d. que la dorsale est plus bombée 



467 

à sa moitié supérieure , arquée , et tombe rapi- 
dement vers la moitié inférieure, où au contraire la 
ventrale gagne de convexité. L'autre type est re- 
présenté par les figures de Sowerby et notre exem- 
plaire, vu la plus grande épaisseur se trouve sur 
la moitié supérieure. Ici l'épaisseur de la coquil- 
le est la même à sa moitié supérieure qu'à l'in- 
férieure. Nous appellerions la première forme T. 
perovalis lespica et la seconde T. perovalis se- 
cundana. 

4. Les individus jeunes sont plus arrondis peu 
convexes ; l'arête areale , ainsi que les côtes du 
front plus marqués. Enfin notre variété g est le 
jeune âge du second type. 



( Cofitinuabitur. 



N° ÎV. 18 $6. 30 



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Mk.S!E«,l. A. an.l n aMo.co«.^-Koppolt iir.^ 



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litkî' Eioi, a« auiini>.M>i«L(i.ii>pjK.H. aip«.) 




litK.'i' Ecole de leSsiïCji.'Nloaccni^OoyyaVl ih-w^ 



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DE LA 



ocxété Jtnpmale 



IDE© W&WKAMSTŒi 



te Moscou. 
Tome XX. 



■j^SAKS'H'Si* 



AimÉE^f 8A7. 



N° II. 



IMPRIMERIE SEUEir. 

1847. 









SUR 

QUELQUES SAURIENS DE L'OOLITHE 

DU 

GOUVERNEMENT DE S1MBIRSK 

TAS 

G. Fischer de Waldheim. 



La formation oolithique de Moscou et de ses en- 
virons gagne beaucoup en intérêt par les découver- 
tes multipliées qu'on y a faites. Les recherches de 
MM. Rouillier, Frears, Auerbach, Vosinsky, Fahren- 
kohl ont démontré l'abondance de corps organiques 
fossiles nouveaux, ou plus ou moins connus, qui s'y 
trouvent. 

Les restes de Sauriens dans les couches méritent 
une attention particulière, Nous avons signalé quel- 
ques mis de ces restes, aux environs de Moscou. 
Maintenant M, Pierre Mikhailovitch Yazykov , connu 
par ses recherhes géologiques et sesriches collections 
paléontologiques apporte des restes de Sauriens de 
la formation oolithique du gouvernement de Sim- 
birsk, qui formeront l'objet de notre travail actuel. 



363 

Des vertèbres de différentes formes et des fragmens 
d'ossemens très grands ne laissent pas de doute sur 
le genre auquel ils ont appartenu. Les tubercules 
latéraux pour l'insertion des côtes, et la grandeur des 
ossemens isolés porteraient à les ranger sous le gen- 
re Ichtbyosaurus. 

Mais un crâne de forme conique, comme celui des 
En alio sauriens, des Crocodiles, parfaitement conservé, 
couvert même de son épidémie, rend, par cette 
conservation même, sa définition plus difficile, parce- 
cjue les os ne se laissent point distinguer les uns 
des autres, 

M. Yazykov prend ce crâne pour celui d'un Ple- 
siosauras, mais la forme des orbites, la place et la 
forme des narines et surtout la mâchoire inférieure 
dont F articulaire n'avance pas au delà du temporal 
le distingue des Enaliosauriens ainsi que des Croco- 
diles et me décide, à en former un genre parliculier 
sous le nom de 

RHINOSAURUS. 

Le museau obtus, les narines grandes, rondes et 
distantes forcent de croire que le sens de l'odorat 
de ranimai en question était organisé d'une manière 
peu commune. 

Mais il est bien convenu que cette dénomination 
pourra être changée si l'on vient à reconnaître des 
caractères plus apparens. 

Le crâne forme un cône obtus dont la largeur 
postérieure surpasse de deux tiers la longueur. 

L'épiderme ne permet pas de distinguer les . su- 



3(5 f 

Uires des os, mais on en peut du moins désigner îa 
place et les proportions. 

L'épiderme elle-même est plutôt chagrinée ou gra- 
nuleuse qu'écailleuse; les grains, presque réguliers 
sur les frontaux et les nasaux, prennent une forme 
alongée et presque rayonnante sur les pariétaux et 
les temporaux. 

L'occiput est large, court, tronqué en arrière et sé- 
paré des pariétaux par un pli, qui paraît indiquer 
la suture. 

Les orbites rondes, d'une circonférence considéra- 
ble, sont distantes et s'inclinent de côté. Une échan- 
crure subtrigonale eu avant indique la perte de l'os 
lacrymal. 

Les frontaux larges sont séparés par un pli des 
nasaux. Ceux-ci bombés, portant au milieu une ca- 
rène, sont doubles et présentent en avant et de côté 
deux narines rondes et grandes. 

Les pariétaux sont larges, alongés, mais ne se lais- 
sent point distinguer des frontaux. 

Une impression circulaire sur le pariétal gauche 
paraît rappeler le foramcn Homianum que le Rev. 
Lansdowne Guilding a trouvé dans VJguana et que 
Richard Owen a observé dans plusieurs genres de 
Sauriens, dans le Monitor, dans les Lézards propre- 
ment dits et même dans le Plésiosaurus. Mais cette 
impression ne se trouve point à la même place et ne 
peut pas être appelée trou, ne perçant point l'épi- 
derme. Il faut observer la même chose sur l'impres- 
sion ronde qui se trouve sur l'os temporal gauche. 
Les impressions paraissent accidentelles, mais la for- 



335 

me régulière , circulaire , rend assez difficile d'en 
deviner la cause. 

L'intermaxillaire est large r dilaté et arrondi au 
bout. 

L'os temporal est très grand, bombé, avançant 
en arrière, et séparé en haut de l'occipital par une 
large échancrure, comme dans les Crocodiles. 

L'état de la mâchoire inférieure ne permet point 
d'en distinguer les os particuliers, mais elle a ceci 
de particulier qu'elle est arrondie en arrière et n'a 
pas cette appendice articulaire propre aux Enalio- 
sauriens, aux Crocodiles et à plusieurs Lézards. Le 
complémentaire en fait, à la vérité, la partie la plus 
large, mais il n'est pas séparé, et forme une ligne 
contigiie oblique avec l'articulaire. La mâchoire est 
au reste forte , épaisse en bas. La symphyse est 
mince et les os réunis arrondis. 

La face dentaire est, dans les mâchoires, en une 
ligne presque droite. Les dents sont fines, un peu 
comprimées, distantes et très pointues. On peut 
en compter de chaque côté de la mâchoire supérieure 
24. Huit sont incisives ou placées dans l'intermaxil- 
laire, les autres appartiennent à la mâchoire propre- 
ment dite. Les dents de la mâchoire inférieure sont 
plus petites que celles de la mâchoire supérieure 
mais la matrice qui les couvre empêche d'en exami- 
ner la nature et le nombre. Les dents de devant de 
la mâchoire supérieure sont plus longues et diminuent 
de longueur en arrière, elles paraissent striées à la 
loupe. Il paraît qu'elles soient implantées dans des 
alvéoles. 



366 

J'ai désiré, pour honorer celui qui par ses recher- 
ches a fourni les matériaux à cet article, nommer 
l'espèce, si elle peut être conservée: 

RHINOSAURUS JASYKOY1I. 
PL V. 

Les dimensions de ce crâne sont les suivantes: 
Longueur du crâne depuis la carène de 

l'occiput jusqu'au bord antérieur de Vos 

intermaxillaire. . . . 2" 11"' 

Longueur depuis l'avancement de la caisse 

tympanique 3. 5. 

Largeur de l'occiput . . 2. 4. 

Largeur au milieu des yeux. . . . . . 1. 8. 

Largeur près des narines 1.1. 

Distance des orbites — 10. 

Distance des narines • — 4. 

Diamètre des orbites — 9. 

Diamètre des narines — 3| 

Hauteur du crâne avec la mâchoire inférieure. 1. 4. 

Longueur de celte mâchoire 3. 1. 

Hauteur postérieure de la mâchoire inférieure. — 7. 

Hauteur près de la symphyse. . . . . — 4. 

Les vertèbres attachées au crâne sont trop em- 
palées dans la matrice pour en indiquer la forme, 
et l'objet ne m'appartenant pas, ne me permet point 
d'y porter quelque changement. 

Le crâne a élé trouvé dans les couches supérieu- 
res du Jura de Simbirsk, avec les grandes vertèbres 
et les grands ossemens qui me restent à décrire. 



367 
ICHTHYOSAURUS PLATYODON Conyb. 

GlGANTKUS LEACH. 
(Pi. VI. f. 1, 2 moitié de grandeur naturelle.) 

Les vertèbres d'Icbtbyosaurus, ainsi qu'il est connu, 
ont un caractère très prononcé dans les tubercules 
latéraux et centraux pour l'articulation des côtes et 
dans la face articulaire concave. La compression an- 
téro-postérieure du corps dans les vertèbres est tout 
aussi sensibles que dans les autres espèces de l'Icb- 
thvosaurus. 

M. Yazykov les a déjà décrites en 1832, dans le 
journal des mines. 

Ofa OTKpHTM HCKOnaeMMXT. OCTaTKOBt iiXTiocaBpa 

G-MOi) ropo^a CiiMSnpcKa. 

TopHLifi afypHa^. 1832. I. p. 183—194. 

PyccKiMMHBa.tf W . 1832. N. 177. p. 706-708; et.N. 178. 

M. Eichwald en a donné une description dans le 
Bulletin des sciences de l'Académie de St. Péters- 
bourg en 1842. Il s'en trouve des vertèbres sem- 
blables dans le Jura de Moscou. 

La forme en est sub-hexangulaire, et la grandeur 
seule les fait rapporter à l'espèce nommée. 

M. Yazykov en possède quatre vertèbres, dont deux 
ne portent qu'un seul tubercule; les deux autres en 
ont deux dont le supérieur placé près de la nevrapo- 
pbyse est plus petit et rapprocbé du bord et celui 
du centre plus grand et plus élevé. 

Nous donnerons la mesure de deux, N°. 5 et 8. 

N. 5. N. 8. 
Diamètre anléro-postérieur. ... 4" 6'" 4" 4" d 



368 

transversal 4 5 4. 2. 

vertical près de la nevra- 

pophyse. . . . . . . 1. 4. 1. 7. 

ventral 1. 10. 1. 8. 

Deux vertèbres plus petites se trouvent en frag- 
mens enclavée dans la matrice, (N. 9.) avec l'impres- 
sion d'une grande Ammonite et d'une écaille d'Avi- 
cula. Ces vertèbres paraissent être caudales, mais la 
forme ne peut être indiquée. Les os isolés qui se 
sont trouvés dans la même couche, sont N. 1. un 
fragment de l'os du fémur, grand et sillonné longi- 
tudinalement à la surface , dilaté à la partie supé- 
rieure et arrondi vers l'inférieur. Les sillons d'en haut 
se dirigent, les uns vers le capitalum, les autres vers 
le trochanter. 

Tous les deux sont disparus par la cassure. 

Longueur. . . . . 7" 

Dilatation supérieure 4" 

Diamètre inférieur 2" 11"' 

N. 2. Un fragment de l'humérus, qui est très di- 
laté dans l'Iclithyosaurus. La partie supérieure est 
cassée. Le reste est très large et comprimé. La sur- 
face en est lisse. 

Longueur du fragment 4" 

Largeur de la partie comprimée. . . 4" 10'" 

Epaisseur 1.2. 

Largeur inférieure. . . . . . • • 3. 

Epaisseur 2. 10. 

R. 4. Fragment arrondi qui paraît appartenir au 
coracoïde. La largeur, mutilée d'un côté est de 3", 
7'", l'épaisseur 1" 1'". 



369 

N. 7. Fragment d'une côte, de 2" 10 /;/ de lon- 
gueur. Elle est comprimée avec un sillon des deux, 
côtés. La largeur donne 10"', l'épaisseur 5'". 

ICHTHYOSAURUS thyreospondylus Oiven. 
PI. VIT. 

DE GRANDEUR NATURELLE. 

Richard Owen , Report on British fossil Reptiles. 
V. Report of the ninth meeting of the British Association 
London. 1840. p. 124. 

Les vertèbres de cette espèce se distinguent par 
une forme subpentagulaire. 

Cinq vertèbres de cette espèce (n. 10 — 14) de gran- 
deur peu difïérente qui ont été trouvé par M. Yazykov 
dans les couches inférieures du Jura de Simbirsk, 
ont été soumis à mon examen. 

Trois se suivent et s'adaptent naturellement. V. la 
pi. VIL f. L 

Toutes se ressemblent, par un enfoncement pro- 
fondément concave à la surface articulaire, et les 
deux tubercules latéraux pour l'articulation des côtes. 

Les carènes des deux cotés de la neurapophyse 
sont élevées et rudes. Les deux tubercules sont 
rapprochés et l'inférieur se trouve au centre du 
corps de la vertèbre. 

Les trois vertèbres adaptées ensemble ont une 
longueur de trois pouces quatre lignes franc. 

Dimensions des vertèbres isolées. 
Diamètre n. 14. n. 11. n. 10. 

anléro-postérieur. . . 2" 3'" — 1" 4"'~ 2" 1\'" 



370 






% 3. 


% 3. 


3. 


1. 1. 


1. 3. 


1. 6. 


1. 1. 


1. 2. 


1. 5. 



transversal. 

ver lie al. 

antérieur. 

postérieur. 

Les mêmes formes de vertèbres ont été aussi ob- 
servées dans le Jura des environs de Moscou. 

Une dent subarquée (PL YI. f. 3.) dont la cou- 
ronne est sillonnée et la racine aussi longue que la 
couronne a été trouvée par M. Vosinsky, dans le 
Jura de Moscou. Elle appartient à une espèce dlch- 
thyosaurus inconnue. 

Longueur V 6'"; diamètre de la base où commen- 
ce la racine 3"'. La pointe de la couronne est cassée 



But/etw jS'+7. fil . 



Tnb. i: 




: î^"^.M& 




Rhinosaurus Jasikovii 



Sc?«yoWÏ' <*À 



BzUleewJ$4-7.P.l 



'MM 





ïçV— . 




JclithijosauruN platjjodon,C<yngb, 



ScAeao> r e-#rdcl. 



Bulletins. fêk7. P. / 



Ta A. M. 




% 




II 



Ichthyosaurus thjjreosponthjliiSj Owen. 



■Sc/zegoù&r- (f.e/-. 



ÉTUDES PROGRESSIVES 



SUR 



LA PALEONTOLOGIE DES ENVIRONS 
DE MOSCOU 

SECONDE ÉTUDE (*) 

(Présentée à la Société le 19 Septemb. 1846.) 
( Tab. F et suivantes. ) 

Les notions géologiques sur nos contrées s'accrois- 
sent si rapidement, comme l'a justement remarqué de 
Buch ( ** ) qu'il devient difficile d'en suivre l'his- 
toire. Grâce à une récolte extrêmement riche de 
l'été dernier, nous sommes à même de donner quel- 
ques détails intéressants sur plusieurs fossiles juras- 
siques. Nous ne toucherons que des points restés 
peu ou point connus jusqu'à présent. 



( * ) Le premier mémoire paléontologique sur notre contrée 
du Prof. Rouillier vient de paraitre dans l'ouvrage : Jubilœum 
Fischer. 

(**) Bronn's Jahrb. 1845 p. 179. Bull. d. M. 1846. N' 4 
p. 244. 



372 

ï. 

REPTILES. 

Les reptiles deviennent de jour en jour plus fré- 
quens dans notre jura. Nous venons de trouver des 
vertèbres et des fragments d'os dTchthyosaurus 
dans les couches inférieures de Khoroschovo , bai- 
gnées ordinairement par l'eau. L'été dernier la riviè- 
re se trouvait, à cause de la grande sécheresse, au 
dessous de son niveau ordinaire et a dénudé ainsi 
le troisième étage ( * ) qu'on n'avait pas encore indi- 
qué dans cette localité. Nous citerons encore des res- 
tes de vertèbres du même animal que nous avons 
rencontrés à Mnëvniki. 

II. 

POISSONS. 

1. Les dents d'une espèce de requin ( Squalus 
Phillipsii Rllr.) ainsi que l'un de nous les a figurées, 
(**) deviennent fréquentes dans nos collections. Nous 
reproduisons la forme d'une dent avec sa base ma- 
xiliane ( Fig. 1 . ). 

III. 

BRACHIOPODES. 

Terf.bra.tula triplicata Phill. 
L'étude que l'un de nous a faite (***) sur les prin- 

( * ) Nous y avons trouvé Y As tarte cordifornus Deshayes 
Rouillier, Bull. M. 1846. PI. D. f. 16 a — h, PI. E f. 1. a-e) 
caractéristique pour le troisième étage (a Ammonites carines), 
(**) Rouillier Bull. M. 1846. PI. B. f. 6. 
(!**) Rouillier. Bull. M. 1844 p. 889. sq. 



373 

cipales variations de la T. loxiœ Fisch. ayant été trouvé 
utile par deux paléontologues distingués, de Buch (*) et 
Bronn (**), nous nous empressons d'ajouter des détails 
sur les variations des térébratules du second étage, et no- 
tamment sur la T. triplicata Phill. et ses formes voisines. 

L'auteur anglais cite pour le jura du Jorkshire les 
trois formes : T. triplicata, T. bidens Phill. et la T. 
acuta Sow. Or nous croyons avoir trouvé toutes ces 
trois formes dans notre second étaçe. 

Il a été constaté par l'étude de la T. loxiœ que 
la vraie T. acuta S. du terrain anglais n'a pas en- 
core été indiquée aux environs de Moscou. 

La description et les planches de Sowerbv donnent 
si peu de détails , que nous ne pouvons dire au jus- 
te, si le seul exemplaire que nous avons sous les yeux 
est la vraie T. acuta ; il est néamoins très probable que 
c'est la forme identique avec la figure de Phillipps, qui 
elle même diffère sensiblement de celle de Sowerby. 

Remarquons toutefois, que s'il est vrai que la Ter. 
bidens~Phiïï. n'est qu'une variété de la T. triplicataPhlïï., 
il se pourrait très facilement que sa figure et noire 
exemplaire de la T. acuta n'en soient qu'une forme 
transitoire , du moins ces trois formes ont tout-à-fail 
le même aspect général; elles ne se distinguent que par 
le nombre de plis sur le bourrelet et le sinus , et 
sont évidemment unis par des passages intermédiaires. 

Ces trois fossiles ont une forme générale tri- 
angulaire , aux deux angles intérieurs un peu 
arrondis, ordinairement plus large que haute et lan- 

(*) Bull. d. Mosc. 1846. 1. p. 255. 
{** ) N. Jahrb. 1846. 

N° IL 1847. 25 



374 

ge; leur corps divisé en trois parties ne se distinguent 
donc que par la portion médiane. L'angle apical 
est droit. L'ouverture ronde et grande , louchant 
souvent jusqu'à la ventrale, cependant ordinairement 
le deltidium apparaissant, divisé ( sectum ), aussi lar- 
ge que liant , occupant les deux tiers inférieurs de 
l'ouverture. L'area déprimée en forme d'oreillette , 
peu ressortant cependant, occupant plus d'un tiers du 
coté latéral supérieur. Du haut de l'ouverture descen- 
dent des lignes élevées, qui forment la limite entre le 
dos de la valve dorsale et l'area , et se perdent in- 
sensiblement en s'inclinant en avant sur l'extrémité 
inférieure de son oreillette. Valve ventrale beaucoup 
plus bombée, remontant perpendiculairement sur la 
charnière, et acquérant le maximum de hauteur au- 
dessus du bord frontal. Elle se courbe vers celui-ci 
sur le premier tiers de sa longueur. Les ailes retom- 
bent sous un angle droit et même souvent aigu , et 
présentent deux ou trois plis distincts en avant et 
autant en arrière. Le bord latéral droit, le frontal 
arrondi. L'animal parait avoir été assez gros , aussi 
la coquille est- elle rarement bien fermée. Le test 
extrêmement épais , très grossièrement lamelleux , 
recouvert d'une pellicule très dense , dure, quoique 
mince, longitudinalement élégamment striée, ce qu'on 
aperçoit souvent sous la loupe; les couches souspo- 
sés, moins denses, plus blanchâtres, se desagrègent 
en filamens asbestaïdes longitudinaux, comme ceci a 
déjà été remarqué pour nos Térébratules plissées. Gran- 
deur totale assez forte. 

Gis. et Loc. Second étage à Khoraschovo. 



375 
2. Tf.rkbratula acuta Sou>. 
( % 2-3. ) 

Tereb* acuta Sow. . 

T. acula Sow. Phill. Jorksh* p. XIII. f. 25. 
T. triplicata Phill. variété à un pli sur le bourrelet. Rouill. 

1846 II p. 445. 

Pour distinguer cette forme (fig. 3.) nous remarque- 
rons qu'il n'y a qu'un seul pli dans son bourrelet* 
dont le sommet se trouve perpendiculairement au- 
dessus du bord frontal* Le bourrelet est tranchant, 
et nettement détaché de la valve ventrale* 

Longueur 7V*"'« 

Largeur 9 //y . 

Epaisseur 7V 2 /;/ . 

Les jeunes exemplaires (fig. 2.) se distinguent: 

1. Par moins de plis sur les ailes qui ne se dé- 
tachent pas distinctement du corps; 2. le bourrelet 
moins relevé, moins saillant et plus arrondi ; 3. en ce 
que le maximum de la hauteur se trouve sur le mi- 
lieu de la valve ventrale et non sur le bord frontal, 
ce qui les rapprocherait plus des Concinnœ que des 
Pugnaceœ. 

Les transformations apportées par l'âge se suivent 
dans le même ordre, que celui qui a été indiqué par 
l'un de nous pour la Terebratula loxiœ. 

Quoique voisine de cette dernière, notre espèce, la 
Ter. acuta , si toutefois il est vrai que notre exem- 
plaire appartient à cette espèce, s'en distingue suffi- 
samment; 

25* 



376 

1. Par une taille plus forte, au moins d'un double 
et souvent d'un triple ; 2. Par le bourrelet plus rai3- 
proché du bord frontal, moins rejeté en arrière ; 3 e 
par une largeur respective constamment plus grande 
que dans la forme voisine ; 4 e par les plis moins 
tranchants, et le test beaucoup plus épais, beaucoup 
plus grossièrement lamelleux, même dans les jeunes 
exemplaires ; 5 e enfin, par un gisement différent. 

Il a été déjà remarqué que les figures que donne 
d'Orbigny de la Tcrebratida loxiœ Fisch. (T. aptliy- 
cha Fisch. ) réprésentent des fossiles d'une taille beau- 
coup plus forte que n'en ont les individus ordi- 
naires , aussi se rapprochent-elles sous ce rapport 
beaucoup plus de la T. acuta en question , que de 
la vraie T. loxiœ (D'Orbigny Russ. T. II. pi. 42. f. 
24, 25, 26). 

Si l'on n'envisageait celte forme que comme une 
variété de la T. tripartita Phill., nous l'indiquerions 
par Ter. triplicata subacuta. 

3. Terebratula bidens Phill. 
(Fig. 4-6.) 

Tereb. bidens Phill. Jorksh. IL p. XIII- f. 24. 
T. triplicala Phill. var. bidens. Rouill. Bnll. 1846. II. pi. 

B. f. 17. 

Ajoutons aux caractères généraux, que le bourre- 
let présente deux plis saillants , entre lesquels la dé- 
pression fortement marquée acquiert tantôt , comme 
c'est le cas ordinaire, la moitié de la ventrale, quel- 
quefois cependant elle n'occupe que son quart inférieur, 



911 

et n'apparaît que sur le bord fronal. Le bourrelet 
clans cette dernière variété que nous indiquerons par 
Tercbratula bidens ( triplicata ) prlmaria (Fig. 4.) est 
moins relevé, moins détaché du corps, le bord frontal 
tout au plus une demi-ligne plus haut que le milieu 
de la ventrale, ou égale à celui-ci. Le contour général 
rapproche donc cette forme de la Ter. varians Schloth., 
vue de coté. C'est enfin la forme qui rapproche le 
T. bidens de la T. acuta ( T. triplicata subacuta ). 

Dans la Ter. bidens secundaria (Fig- 5. ), le bour- 
relet se détache et se relève davantage , la dépres- 
sion médiane ventrale est plus longue, les ailes plus 
hautes, moins tirées sur les côtés et en arrière , plus 
arrondies ; ce qui ferait de cette forme l'analogue de la 
Ter. loxiœ Bul. 1844 pi. 22, var. f. 6 a, b, c. cl. 
Dans les jeunes individus , où le bourrelet ressort 
très peu, le bord frontal forme une courbe ressor- 
tante, régulière, ou un segment d'un cercle régulier. 
Les ailes ne présentent quelquefois que deux plis au- 
lieu de trois. La T. bidens tertiana ( Fig. 6 — 7 ). Là le 
bourrelet très-fortement relevé, rejeté un peu en ar- 
rière du frontal , beaucoup plus haut que le milieu 
de la ventrale ; les ailes n'atteignent pas la moitié 
de la hauteur du bourrelet tiré sur les côtés. Le 
bord frontal présente un angle très aigu. La dimen- 
sion la plus saillante de la coquille , est sa hau- 
teur. C'est donc l'analogue de Ter. loxiœ Fisch. Bul. 
1844. p. 22. f. 8. 9. 

Comme dans la T. bidens , de même dans la T. 
acuta Sow. nous n'avons pas remarqué d'enfonce- 
ments sur le milieu du bourrelet , qui indique la 



378 

place ou ce dernier commence à se détacher du 
corps ( T. loxiœ ibidem , et d'Orbigny Russ. 
Vol. 11. pi. 42, f. 23, 24 ), et c'est là peut-être un 
caractère de plus pour distinguer la Ter. loxiœ de 
\a.T.acuta Sow. (T. triplicata subacuta nob.). Elle 
s'approche des Pugnaces plus que les variétés voisines. 

4. Terebratula triplicata Phill. ( non Zieten. ) 

( % 8- ) 

Tereb. triplicata Phill. Jorksh. II. pi. XIII. 22. 
T. triplicata Phill. Rouill. Bull. 1846. II. p. 445. 

Trois plis dans le bourrelet et deux dans le si- 
nus. Tous les trois sur la même hauteur, placés à la 
moitié plus haut que les ailes. Le bourrelet en gé- 
néral relevé, mais très peu rejeté en arrière du fron- 
tal , le maximum de sa hauteur sur le bord frontal, 
qui forme un angle à peine plus petit qu'un régulier. 

Les variétés les plus communes sont la T. bidens, 
souvent plus ou moins comprimée de coté. Nous ne 
possédons que deux exemplaires de la T. acuta, et 
un seul de T. triplicata sur une vingtaine de T. bidens. 

5. Terebratula furcillata TheodorL 
(Fig. 9-10.) 

De Buch Terebr. p. 63. 

Nous avons devant nous deux formes de Térébra- 
tules provenant du troisième étage , dont l'une est 
non plissée , et pourrait bien n'être qu'une jeune 
forme de la T. Strogonovii d'Orb., qui, a été trou- 
vée constamment avec des fossiles que nous connais- 



379 

sons aux environs de Moscou dans le troisième éta- 
ge. L'autre forme appartient aux plissées , et sans 
contredit à la forme remarquable décrite : T. furcil- 
lata Theodori. Notre fossile présente les trois carac- 
tères principaux indiqués par de Buch dans la des- 
cription de la forme mentionnée : 

I e . Elle présente des plis de deux genres diffé- 
rents : les plus lins, nettement limités , ne sont dis- 
tincts que sur les deux tiers supérieurs , et se per- 
dent sur le tiers inférieur, ou apparaissent d'autres 
plis bien plus larges, arrondis, dont chacun comprend 
trois à quatre des plis supérieurs. Les intervalles 
entre les inférieurs, à peine concaves , sont recou- 
verts d'autant de plis moins larges que le dos des 
plis inférieurs eux-mêmes. 

2 e . Ces deux genres de plis sont séparés réci- 
proquement sur un de nos exemplaires par une li- 
gne d'accroissement concentrique , de sorte que les 
plus fins se présentent presque exclusivement sur la 
plaque supérieure. Mais ceci, comme Fa déjà re- 
marqué de Bucli , n'est qu'un caractère accidentel : 
sur un autre individu , les plis passent insensible- 
ment les uns aux autres. 

3 e . Notre fossile est très applati , ce qui constitue 
un caractère essentiel de la T. furcillata Theodori. 

Quant aux autres caractères , les voici. Forme 
pentagonale ; bords cardinaux d'un quart plus longs 
que les trois autres, égaux entre eux ; angle cardinal 
presque droit, 81°, ouverture très-petite , ainsi que 
le deltidium à peine apparent ; ligne aréale presque 



380 

mille ; la petite oreillette passant à la dorsale sous 
une ligne arrondie. Du reste notre fossile un peu 
dérangé dans la forme , ne laisse pas distinctement 
apercevoir ces menus caractères. La ventrale se re- 
lève faiblement sur la charnière, et acquiert le maxi- 
mum de hauteur sur le tiers supérieur , d'où elle se 
continue presque sur une ligne horizontale jusqu'au 
front , d'où le bourrelet à peine ressortant présen- 
te cinq grands plis arroudis, ( de Buch en indique 
trois à quatre ) ; les côtés sont recouverts de quatre 
plis , dont le plus proche du front et le plus pro- 
noncé , est celui qui avoisine le bord cardinal le 
moins marqué. Valve dorsale un peu convexe à 
son tiers supérieur et s'abaissent pour passer au sinus, 
dont le fond est plat et présente quatre plis. 

]N otre fossile serait donc une très légère variété , 
marquée par le nombre de plis sur le bourrelet , 
( T. f urc Mata var. quinqueplicata n ); de Buch en a 
indiqué deux autres ( var. triplicata et qiiadriplicata ) 
Dimensions: 

a. jeune: Longueur 7V . (%• 9). 

Largeur 8"'. 

Epaisseur (maximum au tiers supérieur^ 1 /,/". 

b. adulte : Longueur W/J". (fig. 10). 

Largeur W/^"." 

Epaisseur (de notre exemplaire comprimé) 4"'. 
Ce fossile intéressant par sa structure , l'est 
d'autant plus qu'il est , suivant l'autorité très impo- 
sante de Buch , l'appanage exclusif du Lias supé- 
rieur. 

Gis. et Local. Troisième étage à Galiovo , avec 



881 

YAstarte co'rdiformis^ les Ammonites carinés, les élé- 
gantes univalves, la Grypha&a dilatata et aulres. 

La T. rimosa de Bucli et la T. furcillata Tlieodo- 
ri, comme Fa déjà remarqué avec sa sagacité ordinai- 
re Tanteur classique sur les Térébratules, présentent 
par leur lest un aspect tellement frappant et singu- 
lier, que dès le premier abord il est impossible de 
les confondre avec des formes voisines. 

Aussi sommes-nous portés à former de ces deux 
fossiles un petit groupe séparé, sous le nom de Te- 
rabratulœ duplicatœ , d'autant plus, que les PUcosœ, 
sous lesquelles les a placés de Bucb , sont déjà très 
nombreuses en elles-mêmes. Ainsi les Térébratules plis- 
sées de Fischer, ou plicatœ de Buch, comprendraient 
trois groupes : PUcosœ de Buch, Dichotomœ de Buch, 
et un groupe intermédiaire entre eux, Duplicatœ il. 
Cette petite tribu, qui ne compte actuellement que deux 
espèces, présenterait les caractères suivants : 

I e . Test recouvert de deux genres de plis diffé- 
rents. Les supérieurs les moins larges et le plus net- 
tement limités, augmentent du crochet au milieu de 
la valve , plutôt par intercalation que par subdivi- 
sion. Ils augmentent tous très sensiblement en lar- 
geur en s'éloignant du crochet, et ce qui est enco- 
re remarquable, à deux ou trois plis égaux viennent 
s'en adosser un on deux n'ayant que la moitié de lar- 
geur des précédents. Nous appellerions les pre- 
miers plis supérieurs principaux, et les seconds — plis 
supérieurs accessoires. Les inférieurs moins nettement 
limités, plus largement espacés, arrondis, embrassent 
deux ( T. rimosa ) à quatre et cinq plis ( T. fur cil- 



382 

lata) , et disparaissent à peu près sur le milieu du 
fossile. 

2 e . Le test est composé de filaments asbestoides, 
et ne présente pas de réseaux poreux, ordinaire dans 
les Térébratules non plissés. Ce groupe appartient 
donc aux Rhynchonelf.es ( Voy. plus bas. ). 

3 e . Ce groupe est l'apanage exclusif du Lias, qui 
présente un aspect de faunes singuliers par plus 
d'un caractère tranché. 

4 e . Les Duplicata? forment un passage naturel des 
Pficosœ au Dichotomœ. Leur forme générale les a 
fait placer par de Buch dans les Pugnaceœ , mais 
elles se rapprochent encore des Dichotomœ, par la 
dichotomie de leurs plis supérieurs, par leurs plis ar- 
rondis. La T. triplicata Pliill., unit par ces stries 
faibles sur les grands plis ( comme nous l'avons in- 
diqués plus haut) les Duplicatœ aux Plicosœ. 

5 e . Cependant il est facile de distinguer les Dupli- 
catœ des Dichotomœ , en ce que ces dernier» ont 
un deltidium sectens , et que leurs plis ne s'élargis- 
sent presque point en s'approchant du front, ce qui 
a lieu à un degré très marqué dans les Duplicatœ, 
dont le deltidium de plus est embrassant (deltidium 
amplectens ) ; les plis augmentant en nombre plutôt 
par intercalation que par dichotomie. Sur le front des 
Duplicatœ on compte moins de plis que sur le mi- 
lieu, les supérieurs étant entièrement disparus ; dans 
les Dichotomœ au contraire le bord frontal présente 
plus de plis que le milieu. 

Enfin passons à la charnière des Térébratules, que 
nous avons pu étudier sur une masse d'exemplaires. 



383 

De Bue h dans son travail classique sur les Téré- 
bratules ( * ) a déjà signalé le fait, que ces coquilles 
avaient la charnière très solide, et ne se trouvaient 
par celte raison que rarement en valves dépareillées. 
En effet leur charnière est plus compliquée que celle 
de toutes autres bivalves, et souvent tellement épaisse 
et solide, que dans les valves dépareillées et désa- 
grégées par la fossilisation , la charnière se conserve 
encore ainsi que la portion du test qui lui est atta- 
chée; ce qui donne lieu à des formes bizarres, qu'on 
serait quelquefois porté à attribuer à tout autre corps 
(p. ex. à des Trilobites) qu'aux fossiles bivalves. 

M r . de Blainville (**,), Chemnitz ( *** ), Sowerby 
(****), Fischer de Waldheiin (*****), p L1S ch. (******), p ïi 
(*******) ont étudié les charnières de différentes espèces. 
M r . Owen a complété ces renseignements par l'anatomie 
complète de quelques espèces de Térébratules (********) 
auxquelles viennent ajouter de précieux détails de Ver- 
neuil et Ring. (*********). 



( * ) Abhand. d. Acad. zu Berlin aus den J. 1833. 

(**) Malacol pi. 51. f. 1. a. 

(***) Conchjl. B. VIII. t. 6. 78. f. 711. 

(****) Gênera of Schells. Minerai Conchyl. 

(*****) Notice sur la charpente osseuse des térébratules etc. 
Oryctogr. p. 137. 

(******) Polens Palaeontol. 

(*******) Testacea utriusque Sicilae V. II. p. XVI. 

(********) Transact. of the Zolool. Soc. Vol. 1. partie II. An- 
nal, d. Se. Nat. 1835. T. III. p. 52. sq. 

!**•*<■***••) Russia etc. 11 Térébratules 



38 4 

Terebratula scabra Fisch. 
Rouill. Bull. d. JVI. 1849. f. IL p. 451. 

A. Valve dorsale. 

(Fig. 11. A,). 

On distingue dans la charnière de cette valve les 
parties suivantes : 

a. Deux dents marginales. Elles commencent de 
l'ouverture même et se prolongent , en se rétrécis- 
sant, sur le bord de F are a , où elles se terminent 
un peu avant la dent cardinale supérieure. Elles 
entrent dans un sinus correspondant de la valve ven- 
trale. 

b. Deux dents dorsales supérieures. Ce sont deux 
petites apophyses , qui remontent de la surface 
intérieure de l'oreillette de l'aréa , et se dirigent 
en haut et en dedans parallèlement au bord de cel- 
le-ci. Leur bord libre est recouvert de petites lamel- 
les parallèles à la longueur du test, qui entrant dans 
une cavité correspondante de la ventrale , rendent la 
charnière plus solide. 

c. Deux dents dorsales inférieures. Elles com- 
mencent aux pieds des précédentes , et se diri- 
gent obliquement vers l'intérieur, où, formant une 
élévation arrondie elles se replient brusquement vers 
l'extérieur, et passent insensiblement à la substance 
de la valve. 

d. Dans l'angle formé par le coude de la dent in- 
férieure est situé une dépression profonde , fossette 
cardinale inférieure ( fossa cardinalis inferior. 

e. Deux fossettes articulaires supérieures, (cavitates 



385 

supra cardinalis ) , creusées à la base de la partie 
supérieure de la dent supérieure, et destinées à loger 
la dent supérieure de la ventrale. 

f. Fossette cardinale inférieure (cavitas infracardina- 
lis, deux dépressions moins prononcées sur la limi- 
te de la dent supérieure et inférieure. 

g. Impression inférieure ( impressio infra-cardinalis ), 
impression irrégulière, au dessous et à l'extérieur des 
dents inférieures. On en voit de moins prononcés 
an dessus des dents cardinales ( impressio supra car-- 
dinalis). 

Tous ces organes sont paires, placés par mi de 
chaque côté. 

h. Une arête dorsale , septnm dorsal qui sépa- 
rant vraisemblablement les deux animaux réunis 
sous le même test ( de Bucb ) , fait qui est prou- 
vé par la structure du test même, que le long de 
l'arête se disjoint souvent de lui même en deux 
parties parfaitement symétriques, de sorte qu'à par- 
ler strictement chaque Térébratule est composée de 
quatre valves, deux dorsales, et deux ventrales. Tous 
les caractères se laissent encore distinguer sur le 
moule intérieur des Térébratules. 

B. Valve ventrale. 

(Kg- 11- B.) 

C'est surtout la charnière de cette valve avec son 
arête médiane faisant saillie sur le morceau des val- 
ves désagrégées , qui rappelle la partie céphalique 
des Trilobites. 



386 

On y distingue: 

a. Un sternum, élévation en forme de disque sub- 
quaclrangulaire, commençant du sommet de la valve 
et servant de base à toutes les autres parties de la 
charnière. Dans cette partie la valve a le plus d'é- 
paisseur, trois ou quatre fois plus que la valve seule. 

b. Canal marginal ( sulcus marginalis), logé sur la 
partie supérieure et latérale du sternum, et recevant 
la dent marginale de la valve perforée. 

c. Fossette sunra-sternalc, fossa supra stemalis, im- 
pression légère mais constante, impaire, au commen- 
cement du sternum , entre les deux canaux margi- 
naux. Son intérêt physiologique nous est inconnu. 

d. Cavité articulaire supérieure (cavitas articularis 
superior) , fossette triangulaire, commençant à l'ex- 
trémité inférieure du canal marginal, et bordée à l'ex- 
térieur par le bord cardinal , et à l'intérieur par la 
dent ventrale supérieure. Elle est creusée de sillons 
transversaux qui reçoivent les lamelles de la dent 
dorsale supérieure. 

e. Deux dents ventrales supérieures (dentés ventra- 
les superiores ) deux protubérances allongées et obtu- 
ses sur le sternum, à l'intérieur de la cavité susmen- 
tionnée. Elles entrent dans la fossette articulaire su- 
périeure de la dorsale. 

f. Deux dents ventrales inférieures (dentés ventra- 
les inferiores), deux protubérances obtuses à la partie 
latérale du sternum, et à l'intérieur et l'inférieur des 
dents précédentes. Elles entrent dans la fossette arti- 
culaire inférieure de la dorsale. 



387 

g. Fossette articulaire inférieure (fossa articularis 
inferior ) elle commence entre les deux dents de cha- 
que côté , et se loge surtout en arrière de la dent 
inférieure. 

h. Pli dentaire (plica dentalis). Commençant à la 
base de la dent supérieure, il se dirige en s'altérant 
vers le bord cardinal où il se perd. 

i. Arête longitudinale ( crista longitudinalis ). Elle 
commence au dessous de la fossette supra-sternale 
et se dirige sur le milieu du sternum , où sur son 
milieu, elle s'unit perpendiculairement. 

k. Arête transversale, qui unit les deux dents infé- 
rieures. 

/. Fossette sternale (fossa sternalis) une de chaque 
côté de l'arête longitudinale. 

m. Protubérance sternale (tuberculus sternalis ) , 
à la partie inférieure du sternum , entre les deux 
dents inférieures , et séparée de ces trois organes 
par un sinus circulaire, irrégulier ainsi que de : 

n. la cloison ventrale ou apophyse médiane Owen 
( setum ventrale ). Tous ces organes à l'œil nu sont 
paires , à l'exception de la fossette sternale , de 
l'arête sternale longitudinale de la protubérance 
sternale et de l'arête ventrale, qui dans l'origine 
s'est formées par la réunion de deux éléments symmé- 
triques. 

Les éléments analomiques se dessinent souvent 
sur le moule. 



388 
7.) Terebratula luna Fischer. 

Rouill. Bull. d. M 1846. f. 11. p. 455. 

A. Value dorsale. 
(Kg. 12. A.) 

On y distingue : 

a. Deux dents marginales très faibles. 

b. Deux dents dorsales qui commencent du milieu 
de l'aréa et, convergeant à l'intérieur, limitent avec 
le bord du crocliet un espace quadrangulaire. Leur 
caractère est celui d'être composé par deux dents 
réunies en une seule. 

c. Un autre caractère non moins saillant consiste 
dans la présence de deux cloisons divergentes , qui 
commencent au dessous des dents cardinales, faisant 
quelquefois corps avec elles, et descendent au bord 
frontal. Nous avons des exemplaires sur lesquels 
ces cloisons atteignent jusqu'à la moitié de la co- 
quille. Nous ne savons pas si elles descendent plus 
bas. Cette disposition donne au moule un caractère 
particulier et rappelle un arrangement parfaitement 
analogue dans le Spirifer Mosquensis indiqué dans 
rOryctograpbie, et relevé surtout par de Verneuil. (*) 

d. Impressions irrégulières à l'extérieur des cloi- 
sons divergentes. 

B. Valve ventrale. 
(Fig. 12 B.) 

Le caractère le plus saillant est : 

[*) Russia etc. T. II. p. 162. 



389 

a. La réunion de deux dents de chaque côté en 
une seule, ce qui nécessite une seule facette articu- 
laire , dont la division est cependant fortement in- 
diquée. Les dents sont plus fortes et plus épaisses 
que dans l'espèce précédente. 

b. Arête sternale. 

c. Tubercule sternal. 

d. Cloison ventrale plus épaisse. 

e. Facette marginale peu prononcée. 

f. Facette épisternale. 

g*. Facettes sternales plus profondes et moins ré- 
gulières. 

8.) Terebratula bullata Sow. (*) 

On voit sur de jeunes exemplaires dont la valve 
ventrale est plus bombée que la dorsale: 

A. Valve dorsale, 
(Fig. 12. A.) 

a. Une seule dent de chaque côté, formée par un 
repli du test même, qui entre par l'ouverture du 
crochet. Le repli est triangulaire et coupé brusque- 
ment à sa partie inférieure, qui atteint jusqu'à la 
moitié de l'aréa. Le bord du repli forme les deux 
dents droites à l'extérieur desquelles on remarque un 
petit canal pour la position du deltidium. 

Aucun des caractères mentionnés dans les espèces 
précédentes. 



(*) Notre grand exemplaire est dessiné sur un individu trou- 
vé par le Prof. Tschouroffsky. 

N° IL 1847. 26 



300 

B. Valve ventrale. 
(Fig. 12 B.). 

a. Sternum hexagonal , évasé à l'extrémité ba- 
sale ainsi qu'aux deux Lords inférieurs, qui sont les 
plus courts des six bords. Les trois restants droits. 

b. Fossette articulaire profonde et limitée intérieu- 
rement par les bords latéraux-supérieurs du sternum. 

c. Une échancrure sternale entre ces bords latéro- 
mférieurs et la fossette articulaire. 

d. L'arête sternale faible. 

e. Des fossettes sternal.es profondes, occupent tou- 
te la surface du sternum, qui apparait concave. 

f. Une cloison ventrale, en forme d'apophyse, qui 
commence à la partie postérieure du sternum où se 
trouve l'arête, et descend jusqu'à la moitié du test. 

Sur quelques exemplaires l'arête sternale descend 
dans la même direction et forme une épine sternale. 

g. De même on remarque un prolongement à l'an- 
gle inférieur, qui est indiqué sur le sternum par une 
ligne élevée. 

9.) Terebràtula perovalis S. 

Rouill. Bail. 1846 p. 462. 

Nous n'en connaissons que la : 
A. Valve ventrale 

(Fig. 13 A, B.) 

Dont la charnière est formée par un repli du lest, 
qui entre par dessus le bord cardinal de la valve. 

a. Fossette marginale profonde, pour loger le bord 
de l'oreillette de l'aréa. 



391 

b. Le sternum respectivement petit, arrondi. 

c. Fossette episternale, Fossette sternale et arête 
sternale oblitérées. 

d. Mais le caractère essentiel consiste certaine- 
ment dans les fossettes articulaires, qui égalent deux 
fois la longueur du sternum, et sont surtout creusées 
au dessous de lui, dans le repli cardinal. 

e. Une échancrure triangulaire entre les bords in- 
térieurs de ces fossettes , qui forment deux dents 
assez fortes. 

f. La cloison ventrale ( septum ventrale ) détacbée 
du sternum, peu apparente. 

10.) Terebratula Fischeri Rouill. (non (TOrb.) 

(Fig- 14-) 

Terebratula Fischeri Rouill. 1843. (*) 

Terebratula Fischeri Rouill. 1843. Bull. d. M. 1843. p. 808. 
Terebratula Fischeri des Moscovites, de Buch. Bull. d. M. 
184G. N° III. p. 250. 

Terebratula Fischeri Rllr. Bull. 1846. pi. B. f. 15. 

Charnière parfaitement distinguée par la valve ven- 
trale. 1.1 suffit du reste de jeter un coup d'oeil sur 
les figures grossies que nous ajoutons. 

Le même type se répète avec quelques change- 
ments dans la : 

11. Terebratula pentatoma Fisch. 

Rouill. Bull. 1846. p. 445. pi. B. f. 14. 

Nous n'avons que la 

(*) C'est sous ce uom que nous avons communiqué à M r . 
de Buch la figure de notre espèce dans un envoi de fossiles 
que la Société a fait à ce savant. 

c 26 + 



392 

A. Valve ventrale. 
( Kg. 15. ) 

a. Canal marginal faiblement accusé. 

/;. Fossettes articulaires, échancrure sternale, cloi- 
son ventrale, comme dans l'antécédente, à l'exception 
du sternum qui est nul. 

c. Deux surfaces marquées de stries transversales 
à l'extérieur de réchancrure sternale. 

En jetant un coup d'oeil rétrospectif sur les dé- 
tails que nous venons de donner, et en y ajoutant 
quelques autres , puisés chez les auteurs classiques, 
on arrive à plusieurs conclusions générales concer- 
nant la charnière des térébratules : 

1. La charpente osseuse , appelée charnière est, 
sinon toujours du moins souvent, composée par un 
repliement du test même, qui entre dans l'intérieur 
de la coquille par le bord cardinal. 

2. Les charnières varient très sensiblement sui- 
vant deux types distincts, qui vont se prononçant 
surtout sur la valve ventrale. 

Premier type. 
A. Valve dorsale. 

A la partie intérieure de Faréa s'attachent deux 
dents très-fortes , souvent lamelleuses à leurs extré- 
mités, qui sont soutenues par des lames verticales à 
la valve dorsale. 

B. Valve ventrale. 

Un disque élargi s'attache à la partie cardinale mé- 
diane de la valve ventrale et supporte les deux 



393 

dents cardinales , ainsi que quelques parties du 
système apophysaire, c. à. d. les apophyses du dis- 
que sternal appartenant à la charnière et ayant le 
but de soutenir la charpente osseuse du système 
apophysaire. Voyez pour ces détails la superbe plan- 
che de Buch. Térebr. Tb. I. f. 13. 14. 

3. Les lames de soutien des dents de la valve dor- 
sale descendent quelquefois perpendiculairement à la 
valve dorsale, c'est alors que les auteurs disent que 
les térébratules n'ont que deux dents. 

4. G es lames de support, au lieu de descendre ver- 
ticalement, peuvent aller obliquement en diagonale à 
la valve ventrale et affecter de nouveaux caractères. 

5. Leurs parties inférieures sont assez prononcées 
pour continuer en convergeant vers le sept médian 
dorsale et se diriger depuis en divergeant. Cet ar- 
rangement a beaucoup de rapport avec l'organisation 
interne du genre Pentamcrus et du Choristites Mos- 
quensis. Aussi la valve dorsale en a-t-elle été compa- 
rée aux coquilles de ce genre par de Verneuil (*) Selon 
ce même auteur, M. r King, directeur du Muséum de 
Neucastle, propose d'en faire un genre Camerophoria 
(**), qu'il a étudié sur la T. Schlotheimii de Buch. 

6. ïl n'y a que deux dents cardinales dorsales et 
deux cardinales ventrales, car les deux ventrales res- 
tantes sont fausses c. à. d. n'entrent pas dans des 
facettes correspondantes de la dorsale. 

7. La dorsale peut avoir deux dents, ses lames 
de soutien présentent deux dents inférieures et qua- 

(*) Russ. II. p. 102. 
(**) Ibid. 



394 

tre facettes articulaires pour loger les dents ventrales. 
Le type de cet arrangement est la T. scabra Fisch. 

Second type. 

A. Valve dorsale. 

Deux dents attachées à l'aréa et fortement res sor- 
tantes, munies souvent à leurs extrémités de créne- 
lures sériales. 

Les supports dentaires sont perpendiculaires à la 
dorsale et ne présentent aucun caractère distinct. 

B. Valve ventrale. 

Deux facettes articulaires et deux dents cardinales ; 
deux apophyses en cuilleron ; absence du disque 
sternal remplacé par une échancrure sternale. Systè- 
me cardinal détaché du système apophysaire. 

9. En consécnience si nous voulions résumer les 
faits énoncés , nous aurions le tableau suivant des 
groupes des térébratules , rangées d'après leur ca- 
ractères essentiels: 

Type premier. Type second. 

Terebratula Rllr. Rhynchonella Fisch. Pdlr. 

Valve à deux ou quatre Valve dorsale, dans ce grou- 

dents cardinales, souvent rem- pe comme dans l'autre, à deux 
place'es par deux dents cardi- dents aréales fortement pro- 
nales réelles, et deux inférieu- noncées. Valve ventrale à deux 
res non engrenantes. dents et deux facettes articu- 

laires. Le cuilleron de celle- 
ci, posé au dessus de la facette 
articulaire, destiné à loger des 
parties internes de l'animal. 
Disque sternal de la valve Disque sternal remplacé par 

ventrale prononcé. une échancrure sternale. 



39 



.) 



Coquille non plissée c. à. d. Coquille à plis longitudi- 

lisse ou portant des plis Ion- naux, à bord plissé (Fischer) 
gitudinaux non aigus. Le bord Plicatœ de Buch. 
des valves non plissé ^Fischer). 
Non plicatœ de Buch. 

Système cardinal faisant par Système cardinal détaché du 

ces apophyses inférieures corps système apophysaire. 
avec le système apophysaire. 

Test composé de filaments Test composé de filaments 

longitudinaux et obliques, en- longitudinaux ou obliques non 

tre lesquels les espaces forment espacés par des pores régu- 

des pores réguliers (test poreux liers. 
des auteurs). 

Coquille appartenant enco- Coquille exclusivement fos- 

re à la faune actuelle. sile. 

Coquille appartenant aux Coquille appartenant sur- 
périodes : carbonifère, dévoni- tout au silurien, au lias et à 
enne, jurassique supérieure et l'oolite inférieur et moyen, 
tertiaire. 

Le genre Terebratula embrasse au moins trois di- 
visions : 

I. Térébratules proprement dites. Il faudra ranger ici: 

a. T. bullata S. 

b. T. truncata. 

Buch. Térébrat. pi. I. f. 13. 14. 

c. T. vitrea. Ibid. f. 23. 

II. Seconde division Nous rapportons à ce groupe la 
a. T. scabra Fisch. Faudra-t-il placer ici la T. 

elongata Schloth. qui a le même caractère à la val- 
ve ventrale? Yoy. de Yerneuil Russ. 11 p. 66. 61. 
III Camerophoria de King. On rangera ici : 

a. T. luna Fisch. 

b. T, Schlotheimu de Buch. 



396 

Voyez de Vemeuil. Russ. II. p. 101. pi. V11I. f. 4. 

c. T. superstes de Vemeuil. 
Ibid. p. 104. pi. VIII. f. 5. 

Ce tableau met en évidence que les Térébratules 
sont distinguées des Rhynchonnelles : I e par le habi- 
tas général , 2 e par la structure du test , 3 e par le 
système cardinal, 4, par le système apophysaire, et 5 e 
par le rapport aux périodes de la vie animale sut" la 
terre. Ces caractères sont suffisants pour maintenir des 
groupes génériques admis dans beaucoup de bivalves. 

Nota 1. Nous ne sentons que trop bien que la subdivision 
que nous admettons dans les Térébratules Brug. Lara, est 
loin d'être aussi naturelle qu'on le pourrait désirer ( * )• Mais 
c'est là un inconvénient de tous les genres des Brachiopodes ; 
qu'on lise le travail classique de Vemeuil inséré au second vo- 
lume de Russia, et on s'en convaincra. Ce savant naturaliste 
en discutant la valeur des diverses classifications des Brachi- 
opodes, dit (**) « Diviser toutes les coquilles térébraluliformes 
en quatre ou cinq genres, c'est à la fois trop ou trop peu ; 
c'est trop si l'on veut n'avoir que des genres nettement circons- 
crits et limités, c'est trop peu si l'on a pour but d'établir des 
coupes naturelles qui correspondent aux principales modifica- 
tions que présente cette classe d'animaux , mais offrant des 
passages les uns aux autres. » Aussi de Vemeuil divise-t-il les 
Brachiopodes en dix genres. Nous dirons presque la même 
chose des Térébratules qui, même après l'élémination des genres 
Strygocephalus, Pentamerus, et Syphonotreta, contiennent en- 
core 1 80 espèces. (***) Cette circonstance à elle seule suffit pour 
justifier le démembrement des Térébratules. Agassiz dit, en trai- 

C) Ainsi la T. grandis ( Broun Leth. pi. 39. f. 19 ) fait 
par la charnière passage entre ces subdivisions. 
(") L. c. p. 41. 
[**") De Verneuil 1 c p. 48. 



3J7 

tant du genre Venus (*): Je ferai seulement remarquer que, 
même après la séparation des Cytherées de Venus, ce genre 
compte encore un nombre si considérable d'espèces, que l'on est 
naturellement porté à accueillir toute subdivision basée sur quel- 
que caractère constant, alors même que ce caractère ne rélève- 
rait pas de partiesessentielles.» Cette subdivision en deux gen- 
res est toutefois si naturelle, qu'elle a été faite par plusieurs 
auteurs , et entre autres par de Fischer ( 1809), de Bucli et 
de Verneuil. Que Ton place à la vérité devant les yeux la 
T. perovalis, la T. Fischeri, ou la T. trilobata. Il reste donc 
seulement k savoir si l'on peut élever ces groupes à des genres 
distincts, c'est ce que des recherches ultérieures décideront. 

Nota 2. Nous donnons aux Rhynchonelles un sens bien plus 
vaste que l'auteur, M. r de Fischer, n'y attachait lui-même. Ce- 
pendant nous nous faisons un devoir de rétablir ce nom comme 
étant le plus ancien , et comme le correspondant de notre 
groupe. En 1809 M. r de Fischer disait.» Les térébratules à lo- 
bes intermédiaires si allongés, qu'il en résulte la forme d'un 
bec, sont des Rhynchanelles. La pointe du bec est avec le trou du 
sommet dans le même plan. 11 n'y a point de doute que ces 
coquilles forment un genre distinct parles caractères suivants: 

« Coquille bivalve, régulière, h valves inégales se fixant par un 
ligament ou un tube court, la plus petite valve perforée a son 
sommet peu proéminent non recourbée; charnière a. . . . dents. , 

M. r de Fischer rapportait à ce genre 1) la Terebratula loxice* 
2) la Rhynchonelle canard, Encyclopédie T. 255, fig. 6. a b. 
c. 3) Rhynchonelle aigle, Encycl. T. 246. f. 1. a. b. 

11 est évident qu'en rétablissant ce genre, nous lui donnons 
un sens plus vaste et des limites plus précises. C'est un tri- 
but d'estime, que nous nous empressons de rendre aux récher- 
ches suivies de nôtre vénérable précepteur. L'un de nous a 



(* ) Iconog. des coq. tert. réputées identiques avec les espèces 
vivantes etc. N. IMém. d. 1. Soc. Hclvct. d. Nat. 1845. p. 28. 



398 

présenté ce genre à la Société , lors de la Séance du 19 Sep- 
tembre 1846. 

Nota 3. Nous avons appris par le N° 659 (19 Août, 1846) de 
Y Institut, qui nous est parvenu dans les dernières semaines de 
la même année, que le docteur Morrhis a communiqué à la So- 
ciété Géologique de Londres, lors de sa séance du 22 Avril, un 
travail sur la subdivision du genre Terebratula. Après avoir 
examiné les subdivisions de ce genre établies par Lamarck, de 
Blainville, Phillips et de Buch , après avoir mentionné ensui- 
te les recherches du D r . Carpenter sur la structure des co- 
quilles, l'auteur adoptant la manière de voir de ce dernier sur 
l'importance de la ponctuation de la surface de ces coquilles, 
établit qu'en séparant les deux formes générales qui existent 
parmi les Térébratules, celles à têt plissé et celles à têt lisse 
on trouvera que la majorité des dernières ont un bec tronqué 
et la coquille ponctuée, et que d'un autre coté le nombre plus 
considérable d'espèces plissées ont un bec aigu et la structure 
non ponctuée. L'auteur applique à chacune de ces divisions 
les noms Epithyrïdœ et Hypotliyridce, expressions suggérées 
par M. r Phillips. 

IV. 

GASTÉROPODES. 

Le second étage est devenu de nos jours assez 
riche en univalves de forte taille, du moins plus ri- 
che que les deux autres. Ces coquilles appartiennent 
de préférence à deux genres, Turbo et Pleur olomar la. 

M. cTOrbigny en a décrit un bon nombre ; en 
traitant des mêmes espèces, nous n'indiquerons que 
les caractères non mentionnés par cet auteur, ou ceux 
qui sont un peu modifiés sur nos exemplaires. 

( * ) Bull. d. M. 1846. 



399 

12. Turbo Iazikovianus cVOrb. 

Turbo Iasikofianus d'Orb. Russia II. pag. 451. pi. 37. f. 19-20. 

C'est l'espèce la plus commune ( Rouillier Bull. 
1846. pi. G. f. 23. grossie (*). 

13. Turbo Meyendorfh d'Orb. 

Turbo Meyendorfii d'Orb. Russ. II. p. 450. pi. 37. f. 17—18. 

Commune clans le second étage à Khoroschovo. 
Dans les exemplaires bien conservés les tours con- 
vexes sont carinés de 4 lignes élevées, qui présentent 
des tubercules très prononcés surtout sur la côte infé- 
rieure. Entre celle-ci etlatrosième s'en intercale une 
accessoire plus faiblement marquée que les trois au- 
tres. Elle ne parait qu'intercalée entre la première et 
la troisième dont l'espace est plus large qu'entre les 
restantes. Aussi cette côte disparait-elle avec l'âge, 
ou sur les exemplaires mal , conservés, de sorte que 
chaque tour ne présente plus que trois côtes , et 
cette espèce est alors tellement voisine de l'an- 
técédente qu'il n'y a que l'absence de tubercules 
sur la côle supérieure , qui puisse distinguer celte 
dernière ; encore ce caractère n'a-t-il qu'une valeur 
très secondaire, car nous avons des Turbo Iazikovi- 
anus, qui présentent des tubercules faiblement indi- 
qués sur la dernière côte. Ces tubercules en géné- 
ral sont formés dans cette espèce, comme dans tous 
nos Turbo, par la réunion de deux , rarement de 
trois côtes linéaires, longitudinales; plus souvent en- 
core la troisième vient aboutir entre deux tubercu- 

(**) Il est à remarquer que plusieurs univalves du travail 
cité ont été renversées par le lithograpbe. 



400 

les. Chaque tubercule a, dans la direction de la côte 
tranversale, plus de deux fois le diamètre de l'espace 
qu'il occupe dans la direction de la longueur du fos- 
sile. Pour la même raison les côtes inférieures ont 
des tubercules plus prononcés que les supérieurs, ou 
plutôt les premiers sont plus distinctement interrom- 
pus, incisés. Les côtes longitudinales, sont ordinaire- 
ment plus saillantes et par conséquent les tours plus 
anguleux, que ne le présente la figure d'Orbigny. 

L'angle spiral comme l'indique cet auteur , est 
presque le même dans ces deux formes voisines. 
Appelons cette variété de fossile — T. Meyendorfii 
var, secundaria (Fig. 16). 

14.) Turbo Puschtanus d'Orb. 

Turbo Puschianus d'Orb. Rus si a. II. p. 450. pi. 
37. f. 15-16. 

Forme très distincte même au premier abord par 
les tours plus arrondis, plus nettement limités, les 
côtes longitudinales plus élevées et plus nombreuses, 
et l'angle spiral plus ouvert, caractères déjà indiqués 
par M. d'Orbigny. 

Nous avons devant nous une variété ( T. Pu- 
schianus var. secundaria Fig. 17 ). à six côtes lon- 
gitudinales au lieu de cinq, comme l'indique l'au- 
teur de la Paléontologie Frainçaise; les deux côtes in- 
férieures présentent des tubercules distincts ; dans 
les autres ils sont confluents ; les lignes transversales 
sont disposées de même que dans les espèces précé- 
dentes.] Serait-ce une raison suffisante pour séparer 
celte forme comme une espèce particulière? 



401 

Enfin i ous croyons devoir ajouter une nouvelle 
forme du même étage et de la même localité: 

15.) Turbo Panderiakus n. 
(Kg. 18.) 

Coquille imperforée, à peine plus haute que large, 
spire formée d'un angle régulier, composée de (4 sur 
nos exemplaires ) tours à peine convexes, ornés 
de 4 côtes dont les deux inférieures sont distincte- 
ment tuberculeuses; le dernier en offre treize; bou- 
che obronde. 

Voisine des formes antécédentes quant à l'ornement 
du test, celte espèce s'en distingue et surtout du 
Turbo Iazikovianus et du T. Meyendorfii, par les tours 
bien moins convexes et l'angle spiral bien plus ouvert. 

Nous aurions en conséquence dans le second éta- 
ge 6 formes de Turbo voisines, qui dans certains 
cas ne se laissent distinguer que par une côte de 
plus ou de moins, caractère certainement très minime, 
auquel vient en aide l'ouverture de l'angle spiral, 
qui est toujours constante, et par conséquent très im- 
portante dans l'accroissement des coquilles univalves, 
comme l'ont démontré par des recherches exactes 
Neumann de Freyberg, Elie de Beaumonl, d'Orbigny. 

Côtes longitudinales 
trois, 

angle spiral 53° — 1. T. Meyendorjli var. se- 

cundaria. 
n » 55° — 2. T. Jazikovianus. 

quatre, 

angle spiral 53° — 3. T. Meyendorjii. 
n n 62° — 4, T. Panderianus, 



402 

cinq, 

angle spiral 60° — 5. T. Puschianus. 
six. Angle spiral 60° 6. T. Puschianus var. se- 

cundaria. 
Nota. Le T. bipartitusRouill. (Bull. M. 1846. pi. C. f. 15.) 
appartient au premier étage, et le T. Eichwaldianus Rouill. 
(Ibid. f. 14) au troisième. 

16.) Buccinum INCERTTJTM d'Orb. 

(Fig. 19.) 

Buccinum incertain d'Orb. Russia. II. p. 453. pi. 38. f. 6. 8. 

Nous ne connaissons que le inouïe mutilé de cette 
espèce, très distincte de toutes nos autres univalves 
jurassiques. 

Coquille épaisse; les tours très convexes, augmen- 
tant peu en longueur, recouverts de côtes élevées 
transversales largement espacées. L'ombilic marqué, 
un peu perforé. Bouche ovoïde. Distinct de tous les 
univales du second étage par les côtes transversa- 
les, notre espèce diffère encore du Buccinum incertum 
d'Orbigny du troisième étage en ce que les tours 
de ce dernier s'élargissent moins rapidement. 

Gis. et hoc. Second étage à Mnëvniki. 

17.) Pleurotomaria Orbigniana n. sp. 
(Kg. 20.) 

Coquille presque aussi large que longue; spire for- 
mée d'un angle régulier; tours convexes, recouverts 
d'un réseau très mince et régulier formé par le croi- 
sement un peu oblique de lignes transversales et longi- 



403 

tudinales. Chaque tour présentant de plus : 1. une 
rangée de tubercules ridés, transversaux, qui bordent 
les contours du tour précédent et y forment un gra- 
din; 2. une carène élevée sur le milieu du tour, lais- 
sant distinguer trois lignes longitudinales plus forte- 
ment prononcés que les autres. La partie inférieure 
de cbaque tour est déprimée sous un angle presque 
droit au plan extérieur, et présentant le même des- 
sin de lignes croisées, dont les longitudinales cepen- 
dant sont les plus fortes. Ouverture buccale subqua- 
drangulaire , déprimée . 

Ouverture de l'angle spiral 85°. 

Longueur du dernier tour 8 y// . 

18.) Trochus monilitectus PhilL 
(Kg- 21.) 

Trochus monilitectus Phill. York. II. pi. 9. f. 33. 

Coquille à peine plus longue que large, conique. 
Spire formant un angle régulier, composé de (7) 
tours non convexes , ornés en long de 5 côtes 
tuberculeuses, dont la dernière descend vers le 
tour suivant en gradin. Entre les cinq côtes prin- 
cipales en apparaissent cinq plus minces, tuberculeu- 
ses et ondulées, comme les précédentes. Les tu- 
bercules et leurs ondulations se correspondent exac- 
tement, et par leur réunion générale il se forme de 
petites côtes transversales, qui traversent les tours. Le 
dernier tour est recouvert en dessus de 15 à 17 
sillons, assez irréguliers. L'ombilic non marqué. Bou- 
che quadrangulaire. 



404 

Ouverture de l'angle spiral 57°. 
Longueur totale 5 1 / „'". 
Longueur du dernier tour ^}/^". 
Largeur 4'". 

Gis. et Local. Troisième étage à Galiovo (Povschi- 
no idem). 

Nota. Nous avons trouvé à Galiovo le Buccinum Keyserlin- 
gianum Rouill. (Bull. 1846. pi. C. f 5) d'une taille très forte. 
Longueur S 1 /J". Nous ajoutons le dessin de son test fortement 
grossi (Fig. 22.) 

19.) R.OSTELLARIA TRIFIDA PllUl. 

Rostellaria trifida Phill. Rouil. Bull. 1846. IL pi. C. f. 7. 

On a déjà remarqué que notre espèce ne peut 
être rapportée au fossile décrit par Phillips qu'avec 
beaucoup de doute, la description et la figure de ce 
dernier étant fort incomplètes. Elle est encore voi- 
sine de Chenopus Phillppi (Koch et Dimcker, Bei- 
troege r. d. Nord. Oolit. Braunschweig 1837 p. 34. 
T. 2. f. 13.), de laquelle on ne saurait la distinguer 
que par le manque d'un troisième prolongement di- 
gitiforme au labre droit. On devra peut être rap- 
porter notre espèce au genre Chenopus établi par 
Philippi (Fauna Molluscorum regni utriusque Sicilia?, 
Hallœ Saxonun 1844. p. 184 ). Coquille tourri- 
forme ; les tours fortement carinés , longitudinale- 
ment très distinctement striés ; ces stries apparais- 
sent surtout vers les bords du prolongement, qui sont 
même un peu rélevés. Le dernier tour j>résente 
deux carènes, dont chacune passant au labre droit 
se prolonge en épine digitiforme , recourbée vers le 



405 

sommet de la coquille. Le canal de l'ouverture for- 
me un prolongement recourbé vers le labre gauche, 
et c'est là le seul caractère qui distingue notre exem- 
plaire de celui décrit dans le Bulletin. L'ouverture de 
notre exemplaire est recouverte par la roche. 

Gis. et Loc. Troisième étage à Galiovo (Povschino 
idem), et entre Mnèvniki et Chélépikha. 

20. Murex Pcschianus ii. sp. 
(Fig- 23.) 

Testa oblonga, subturrita, triangulata , subventri- 
cosa, varicibus tribus cardinalibus, laevibus et nudis, 
varice interstitiali unica, subaparente; longitudinaliter 
multiplicata; columella et labio paulum undatis, rec- 
tis, plicis obsoletis ; labro paulum producto, inflato , 
introrsum reverso; apertura oblonga; canali ultimum 
anfractum longitudine adaequante , longiori , recto, 
nudo, simplici. 

Cette coquille élégante, fracturée, appartient au 
genre Murex, limité par Pusch ( Polen's Paleont. p. 
133 — 134), à la subdivision des Murices nudi canali 
longiori (Brouta Monf. ex parte). 

Longueur du dernier tour 2'". 
Largeur ibid. l x /'". 

Gis. et Loc. Trosième étage à Galiovo. 

UJcteon cincta (Rouill. Bull. 1846. pi. C. f. 17), 
YÀcteon elongata (Ibid. f. 16) sont du premier étage. 
Du troisième sont: la Turitella Fahrenkohlii ( Ibid, 
f. 4), la Turitella Kiréieviana (Ibid. f. 8), la Turitella 

7Y° IL 1847. 27 



406 

Jazikoviana ( Ibid. f.l. ), le Cerlthium asperum (Ibid. 
f. 2.) el le Buccinum laevc (Ibid. f. 6). 

V. 

ACEPHALES. 

21. 22.) Panopaea peregrina d'Orb. 

P. peregrina d'Orb. Russia II. p. 468 pi. XL. f. 10 — 12. 

Coquille très élégante, caractérisée surtout par des 
points élevés, disposés en lignes rayonnantes, et dé- 
crite par d'Orbigny. Nous ne remarquons pas cepen- 
dant sur notre exemplaire, que la valve gauche soit 
plus élevée que l'autre, comme le dit cet auteur, au 
contraire elle ferme très justement en avant des cro- 
chets. Le bâillement, assez faible, ne commence qu'en 
arrière de ceux-ci , le bord palléal est fermé jus- 
qu'à l'extrémité anale. Ajoutons encore, que la co- 
quille est sensiblement déprimée sur le milieu des 
crochets, ce qui est marqué par une évasion sur la 
région p allé aie. 

La structure du test présente un caractère re- 
marquable. Sur la couche extérieure aussi bien que 
sur les internes, on voit des enfoncements prononcés, 
tantôt obronds et isolés, tantôt réunis sous forme 
de sulcatures , qu'on ne saurait mieux comparer 
qu'aux sillons tortueux que l'eau forme sur le li- 
mon des rivières, lacs etc: Ce caractère cependant 
n'intéresse pas toute la surface des valves, mais se 
trouve irrégulièrement limité au milieu de leur sur- 
face lisse. 

Les enfoncements sont encore augmentés par les 
points fracturées, des lignes rayonnantes qui présen- 



407 

tent alors des points concaves, disposés en lignes 
droites, rayonnantes. Les points élevés des lignes 
sont en conséquence creux à leur intérieur. 

Nous distinguons dans nos exemplaires de Pano- 
paea plusieurs qui présentent de légères modifications: 
l mo , Taille plus forte: longueur 2" 2'", épaisseur \" 
X 1 ' 4 , largeur 1" 3^'". 2 do , Crochet respectivement 
plus ressortant, évasion palléale nulle, bord palléal 
plus convexe, extrémité anale plus brusquement tron- 
quée ; 3 e , mais le caractère le plus saillant consiste 
dans l'ornement du test. On y voit de même les en- 
foncements tortueux, mais pas la moindre trace de 
points élevés, rayonnants, qu'on devrait encore dis- 
tinguer lors même qu'il seraient brisés par le frot- 
tement. Au contraire le test présente des lignes peu 
apparentes, élevées , rayonnantes, onduleuses, qui 
recouvrent toute la valve; les intervalles sont à pei- 
ne plus larges que les lignes. On ne saurait mieux 
comparer ces ornements qu'avec les traces que le 
doigt laisse sur un corps mou. Serait-ce une variété 
d'âge ( P. peregrina var. adulta 1 ) ou bien une es- 
pèce distincte (P, Orbigniana n. Fig. 24) ? 

23.) Opis lunulata Sow. 

( Kg. 25. ) 

Opis lunulata Sow (sp.) pag. 279. pi. 332. f. 1 — 5. (Cardita) 
? Opis (Cardita) similis Sow. Ibid. f. 6—8. 

C'est la première espèce de ce genre distincte-r 
ment connue dans notre jura. 

Coquille pyriforme, très fortement bombée. L'ex- 
térieur des valves divisé en deux plans par une li- 

27* 



408 

gne, qui du haut des crochets passe à l'angle posté- 
ro-inférieur de la coquille. Le plan antérieur, per- 
pendiculaire au postérieur, passe à la surface anté- 
rieure ou au bord buccal sous un angle arrondi et 
se déprime sensiblement pour former la facette an- 
térieure, cordiforme, large et très courte. La plus 
forte largeur des crochets fortement involvées et di- 
rigés en avant, se trouve sur le plan antérieur, et ne 
se relève un peu que pour former la circonférence 
arrondie de la facette postérieure, moins large et 
cordiforme, plus longe et plus ovale que l'antérieure. 
Tous les contours des deux facettes passent au reste 
de la coquille par des surfaces arrondies. La char- 
nière reste inconnue; il se pourrait donc que l'espèce 
appartint à un genre voisin. La plus forte épais- 
seur se trouve au milieu de la coquille, un peu au 
dessus de l'extrémité inférieure de la facette anale, 
relevée en angle, postéro-supérieur On distingue en- 
core deux autres angles, le posléro-inférieur, qui est 
presque droit, et l'antéro-inférieur qui est arrondi 
et posé immédiatement sous l'extrémité des crochets. 
Les jeunes individus, comme ceux du Bulletin, ont le 
crochet moins prolongé, la facette anale prolongée 
jusqu'à la cinquième partie inférieure , tandis que 
dans les plus âgés elle n'en atteint que la moitié; le 
prolongement du plan postérieur, pour former la 
circonférence de la facette anale, moins prononcée; 
l'angle postérieur enfin plus arrondi. Le bord in- 
térieur distinctement crénelé. 

Gis. hoc. Second étage à Khorochovo, où elle est 
cependant très rare, et ne forme que des nids. 



400 

Remarque. Sowerby rapporte cette espèce au gen- 
re Cardita; depuis Defrauce rangea ce fossile dans 
le groupe Astartidœ et en fit un genre distinct, Opis, 
Malheureusement nous n'avons pu distinguer sur nos 
exemplaires ni les traces du troisième muscle, ni les 
dents cardinales. Sowerby décrit une forme très 
voisine, C. similis, si toutefois son exemplaire n'est 
pas le jeune âge du premier fossile. Roemer figure 
(Oolit pi. XIX. f. 5) une forme qu'il appelle dans 
la table explicative des figures p. 59 : Opis lunulata 
Roemer ; mais elle a une forme très différente du 
type de l'espèce décrite par l'auteur anglais. Aussi 
Roemer lui donne-t-il dans le texte (Nacht. z. Oolit 
p. 36) le nom de Opis excavata Roem. L'un de nous 
a figuré (* ) le moule d'un fossile qu'il faudra peut 
être rapporter au même genre quoique vraisemblable- 
ment à une espèce distincte puisqu'il provient du 
premier étage. An Cardita similis Sow. ? 

CHARNIÈRES. 

En décrivant la charnière nous nous servons des 
termes proposés par Agassiz (*). Toute la surface in- 
terne de la charnière sur laquelle on voit les dents, 
forme la région cardinale. Elle est limitée supérieu- 
rement par le bord cardinal extérieur , qui porte la 
lunule et le corselet , et intérieurement par le bord 



(*) Rouill. Bull. 1846. III. pag. pi. B. f. 12. 
(*) Iconogr. d. coq. tertiaires etc. N. Mém. d. 1. Soc. Hel- 
vét. 1845. p. 12- 13. 



410 

cardinal intérieur. Souvent elle forme un coude assez 
brusque sous la dent ligamentaire, et alors elle est di- 
visée en deux plans, un antérieur et un postérieur. Les 
dents par leur taille, leur forme, leur sommet et leur 
hase, l'angle plus ou moins ouvert sous lequel elles 
convergent etc. présentent encore un caractère im- 
portant. 

Passons en revue les charnières de plusieurs co- 
quilles bivalves. 

24. ASTARTE OVATA PllUl. 
Jstarte ovata Phill. Rouil. Bull. 1846. 11. pi. 13. f. 13. 

A. Valve droite. 

( Fig. 26. A. ) 

a. Ligament sémiexterne , à peine visible lorsque 
les valves sont closes , occupe un corselet, et atteint 
presque le bord cardinal inférieur , où celui-ci pré- 
sente un sillon pour loger la dent latérale postérieu- 
re de la valve gauche. Nymphes peu accusées. 

b. Dent cardinale très forte , perpendiculaire au 
bord cardinal inférieur , se trouvant immédiatement 
sous le sommet du crochet. 

c. Fossette cardinale aussi large que la dent pré- 
cédente. 

d. Dent ligamentaire très mince à peine détachée 
des nymphes. 

c. Fossette lunulaire lui cédant à peine en lar- 
gueur, et bordée antéro-inférieurement par une dent 
lunulaire de la moitié de la longueur de la cardinale, 



41 i 

et large d'un tiers de celle-ci , se perd insensible- 
ment avant d'avoir atteint le bord cardinal inférieur. 
f. Sillon marginal , occupant la moitié de la lon- 
gueur inférieure du bord lunulaire destiné à loger la 
dent marginale antérieure, formée par la moitié in- 
férieure du bord lunulaire de la valve gauche. 

B. Valve gauche. 
(Fig. 26. B.)- 

a. Sillon ligamentaire. 

b. — marginal. 

c. Dent marginale. 

cl. Nymphes très faibles. 

e. Fossette ligamentaire peu profonde et peu large. 

f. Dent cardinale très forte en largeur. 

g. Fossette cardinale. 

h. Dent lunulaire formée par un processus du bord 
lunulaire interne. 

i. Dent marginale antérieure, formée par la partie 
inférieure du bord lunulaire. 

Les dents cardinales et lunulaires évasées à leur 
sommet, de sorte que le bord lunulaire interne gau- 
che présente une échancrure prononcée, comme nous 
l'avons vu aussi dans VAstarte cordiformis. 

Toutes les dents des deux valves tronquées à leur 
base obliquement sur le bord cardinal intérieur. 

La région cardinale en général courbée sous un 
angle ouvert sur la limite postérieure des nymphes ; 
son plan antérieur formant un triangle rectangle, dont 
l'angle droit touche le sommet du crochet. Ce 



4V2 

plan antérieur se trouve sur le tiers antérieur de la 
coquille et surtout sa dent cardinale. 

^ 25. Astarte ovoïdes Buch (sp.). 

( % 27. ) 

Venus ovoides Buch. Bronn's Jahrb. 1845. p. 181. 
Astarte Duboisiana D'Orb. Russ. II. p. 455. pi. 38. f. 14— 17. 

La charnière, en général , formée comme dans 
l'espèce précédente, à cela près que la région car-- 
dinale n'est pas si brusquement courbée eu arrière 
de la dent cardinale ; le canal ligamentaire plus long; 
le plan cardinal postérieur plus large, la dent cardi- 
nale juste au milieu de la valve etc. 

a. Fossette liminaire. (Valve droite). 

b. Dent ligamentaire respectivement plus forte que 
dans l'espèce précédente, et dans quelques individus 
presque aussi épaisse que la cardinale. 

c. Fossette cardinale. 

d. Dent cardinale tronquée à son sommet et à sa 
base comme la lunulaire, mais toutes les deux n'at- 
teignent par le bord cardinal intérieur , contraire- 
ment à l'espèce précédente. 

e. Fossette ligamentaire , un peu plus étroite que 
la dent précédente. Sa partie supérieure termine un 
pli allongé, qui commence du sommet de la lunule 
et passe au dessus de la dent cardinale , caractère 
constant dans tous les individus. 

f. Nymphes très fortes, épaisses, occupant les trois 
quarts de la longueur du corselet ; sur leur bord in- 
térieur la dent ligamentaire disparait parfaitement. 



413 

26. Astarte Panderi Rllr. 

(Fig. 28.) 

Astarte Panderi Rouill. Bull. II. pi. E. f. 7. 

Charnière moins solide, région cardinale moins lar- 
ge, presque droite, dents en général faibles, et dans 
la valve gauche une seule dent bien prononcée, rap- 
pelant sous ce rapport la charnière des Lucines. 
Les dents tournées par leur sommet réciproquement 
sous un angle beaucoup plus ouvert. 

A. Valve droite. 

a. Dent lunulaire à peine indiquée se trouvant sur 
le bord même intérieur de la lunule. 

b. Sillon marginal extrêmement étroit pour loger 
le bord lunulaire de la valve opposée. 

c. Fossette lunulaire large, passant antérieurement 
en une fossette marginale, qui au dessus de la dent 
lunulaire présente une dent accessoire , nouveau 
caractère de rapprochement avec les Lucines. 

d. Dent cardinale non tronquée à sa base. 

e. Fossette cardinale plus large que la dent. 

f. Bord interne des nymphes sans trace de dents 
ligamentaires. 

g. Sillon ligamentaire externe occupant presque la 
moitié du corselet et à peine visible lorsque les val- 
ves sont closes. 

h. Dent accessoire antérieure sur le bord cardinal. 

i. Sillon pour la dent marginale postérieure gauche. 

Cette espèce, qui réunit les genres Astarte, Lucina 
et Cyprina , est très voisine de la Cyprina Syssolae 
Keyserling. Elle s'en distingue 1) par la lunule précisé- 



4\4 

ment marquée, déprimée, 2) par le corselet excavé, 
du moins davantage que dans cette dernière. Des exem- 
plaires bien conservés montrent ces caraclères à l'é- 
vidence; c'est même la raison pour laquelle nous 
avons substitué un nouveau dessin à celui que nous 
avions donné antérieurement (Bull. 1846. pi. E. f. 7. b.) 

27.) ASTARTE RETROTRACTA M. SjJ. 

(Fig. 29.) 

Coquille intéressante en ce qu'elle réunit les gen- 
res Àstartc et Lucina: l'impression musculaire an- 
térieure simple, non allongée en bandelette éloigne 
ce fossile des secondes et le rapproche des premières, 
taudis que des dents accessoires assez fortes, le 
ligament semiexterne rappelent les Lucines. Nous n'a- 
vons pas pu distinguer l'insertion du trosième muscle. 

Coquille fortement bombée, subglobuliforme, min- 
ce, fragile, recouverte de lignes concentriques, éle- 
vées rapprochées et régulières. Facette antérieure 
ovale, faiblement déprimée, aux limites précises , un 
peu plus large que la postérieure. Celle-ci plus al- 
longée parcourue presque dans toute sa longueur 
par un canal semiexterne pour la position du liga- 
ment. Le bord crénelé, les deux impressions mus- 
culaires ovoides. Mais un caractère qui laisse distin- 
guer facilement notre fossile est la forme inverse 
des crochets et des dents cardinales. Les premiers se 
trouvent sur la moitié postérieure des valves, ce qui 
les rend inéquilalérales., et cependant ils se dirigent 
distinctement en avant. La valve droite porte deux 



41.3 

fossettes et deux dénis coiiigues dirigées par leur 
sommet non en avant , comme à l'ordinaire, mais 
en arrière, de sorte qu'on serait porté à placer la 
valve sur le coté gauche si la position respective 
de la lunule et du corselet permettait quelque doute 
sur ce point. Dents accessoires fortes, l'antérieure 
transversalement crénelée. Toutes les deux se trou- 
vent placées immédiatement au dessus des impres- 
sions musculaires. 

Longueur 3 //y . 

Largeur 2V 2 y// . 

Epaisseur 2"'. 

Gis. et Loc. Troisième étage à Galiovo. Très rare. 



Résumé. Le genre Astarte, comme l'a déjà suffi- 
samment démontré Pusch (*), présente un groupe très 
artificiel, dont tous les caractères génériques varient 
beaucoup. Nous ne répéterons pas ce qu'en a dit le 
célèbre paléontologue ; cependant signalons les faits 
importants, que nous pouvons étudier sur nos espèces. 

1. L'impression palléale n'est pas toujours entière- 
ment convexe ou simple. Dans quelques espèces, 
YAstarte Panderi et surtout YÀslarte ovoïdes, elle pré- 
sente une évasion assez prononcée pour qu'on soit 
porté à les ranger parmi les Venus. N'est-ce pas pour 
cette raison que de Buch avait porté dans ce genre 
YAstarte ovoides ? 

2. La charnière, contrairement à ce que disent les 
auteurs des Astarle, peut présenter trois dents dans 

(*) Poleu's Paléontologie pag, 71—74. 



416 

chaque valve ( Astarte ovata ), dont la ligamentaire 
peut souvent manquer. 

3 La plus forte dent de la valve droite est tou- 
jours la cardinale sans cependant que la lunulaire 
manque nécessairement. C'est alors que les auteurs 
disent que la valve gauche des Astarte porte deux dents. 

4. Souvent cependant, comme suivant F. Roemer, 
la dent lunulaire est oblitérée ainsi que la ligamen- 
taire, comme c'est le cas pour les espèces tertiaires 
et vivantes. C'est pourquoi dans une Monographie 
récente du genre Astarte, F. Roemer n'assigne à ce 
groupe qu'une seule dent droite. 

5. Les dents accessoires sont marginales, linéaires; 
l'antérieure présente cependant quelquefois ( Astarte 
Pandcri , A. retrotracta, ) une protubérance dentaire 
qui le rapproche des Lucina. 

6. La dent marginale antérieure est formée par le 
bord lunulaire de la valve gauche, la dent marginale 
postérieure au contraire formée par le bord du cor- 
selet de la valve droite. Ces dents peuvent se trou- 
ver sur la valve droite (A. retrotracta). 

7. Cependant quelquefois il y a une dent margi- 
nale postérieure et un sillon de même nom sur cha- 
que valve ( Astarte ovata ). 

8. La dent marginale antérieure de la valve gau- 
che peut être quelquefois double ( Astarte Pandcri }•, 

9. La dent lunulaire est formée par un prolonge- 
ment du sommet du bord lunulaire droit, ordinaire- 
ment tronquée à sa partie supérieure {Astarte cordifor- 
mis, As. ovata), où. le bord lunulaire présente une exci- 
sion marquée. 



417 

10. Les dénis principales sonl ordinairement ob- 
longues et la cardinale surtout perpendiculaire au 
bord cardinal intérieur. 

11. Ces dents sont souvent tronquées à leur som- 
met, et encore plus souvent à leur base , de sorte, 
que leur milieu ressort en angle saillant ( surtout 
dans VAstarte ovoïdes). 

12. Cependant quelquefois les dents sont mamello- 
nées, coniques , attachées par leur base à la région 
cardinale , et entrant par leur sommet arrondi dans 
une fossette correspondante ( Astarte cordlformis 
Rouill. Bull. 1846. pi. D. f. 15. E. f. 1.) 

13. Différents individus de la même espèce pré- 
sentent des variations sensibles dans la forme clés 
dents, ce qui arrive souvent dans VAstarte ovoïdes et 
surtout dans VAst. cordlformis , dont la dent cardi- 
nale de la valve droite se détache par segments pa- 
rallèles à la base. 

14. On remarque dans quelques esoèces ( A. ovo- 
ïdes ) un replis ou une dent accessoire , qui, sortant 
du bord lunulaire droit, se perd dans la fossette li- 
gamentaire. 

15. Enfin la région cardinale est quelquefois pres- 
que droite, souvent brusquement courbée ; les dents 
principales se trouvent sur le plan antérieur. 

NB. Quoique Pictet eût fait pour les bivalves in- 
tégropaléales, la famille des Astartides , caractérisée 
par la présence de trois muscles, ce caractère peut 
cependant se retrouver, suivant Pusch et ï\ Roemer, 
dans quelques Venus, Cjtherea etc. qui sont d'autant 
plus difficiles à classifier que les Astarte elles me- 



418 

mes , nous venons de le voir , présentent quelque- 
fois les traces d'un sinus paliéal. 

27.) Puschia Planât a Sow. (sp.) 

(Fi s . 30.) 

? Jstarte planât a S. pi. 257. pag. 299. 

Puschia. planata Piouillier Bull. pi. E. f. 4 a-e. 

L'un de nous a figuré dans noire Bulletin et pré- 
senté à la Société ce fossile intéressant, sous le 
nom de Oreada. Or ce fossile, dont on a dû chan- 
ger depuis le nom, puisque de Blainville avait déjà 
employé ce dernier , appartient aux Astartides 
par la charnière et les trois muscles, et se caractéri- 
se suffisamment a) par son accroissement surtout en lon- 
gueur, tandisque les Jstarte sont ordinairement obron- 
des (VA. porrecta de Bucli s'en approche déjà); b') par 
Fapplatissement sur le milieu des valves, qui commen- 
ce des crochets et se prolonge jusqu'au bord paliéal 
où il est marqué par une légère évasion; c) par l' arran- 
gement du test de deux couches très distinctes , 
dont les directions se croissent perpendiculairement. 

A. Valve gauche. 

(Fig. 30. A.) 

a. Fossette lunulaire. 

b. Dent lunulaire. 

c. Dent cardinale. 

d. Fossette ligamentaire, 
c. Sillon ligamentaire. 

f, Nymphes. 

rr. Fossette marginale postérieure. 

li. Mais le muscle antérieur assez prolongé rappelle 



410 

le genre Luc in a l'impression profonde d'une lame an- 
térieure, el la languette 

i. de l'impression palléale , ainsi que le test com- 
posé de deux couches : 

Une couche lamelleuse et l'autre 

Formée par la réunion de filaments perpendicu- 
laires à la coquille et occupant surtout les côtés, 
indiquent suffisamment combien l'organisation de l'a- 
nimal différait de celui des vraies Astartes. 

B. Yalve droite. 
(Kg. 30. B.) 

a. Fossette hmulaire. 

b. Dent liminaire. 

c. Fossette cardinale. 

cl. Deux dents cardinales. 

e. Fosette ligamentaire. 

f. Sillon ligamentaire. 

28. LlJCINA LYRATA PkUL 

(Fig. 31.) 

Lucina lyrata Phill., selon de Buch (non Lucina. Fi s chéri an a 
d'Orb. Russ. II. p 458. pi. 38. f. 31, 42). 

Ce n'est pas sans hésiter que nous décrivons la 
charnière de cette coquille assez ordinaire dans no- 
tre second étage, reconnue pour la première fois 
par de Buch, et rapportée par lui ainsi que par 
d'Orbigiry au genre Lucina. Le prolongement très 
prononcé de l'impression musculaire antérieure la 
place certainement dans ce genre; mais, l'absence 



420 

du limbe ponctué, la présence d'un ligament exté- 
rieur, des nymphes fortement prononcées, et surtout 
la charnière l'en éloignent. 

A. Valve droite. 
(f. 31. A. ) 

a. Fossette marginale antérieure. 

b. Dent lunulaire distincte à la manière de plu- 
sieurs Astarte. 

c. Fossette lunulaire de la largeur de la dent 
cardinale. 

d. Dent cardinale perpendiculaire au Lord cardinal 
intérieur, et touchant précisément le sommet du crochet. 

e. Fossette cardinale très large. 

f. Nymphes assez prononcées. 

g. Sillon ligamentaire. 

B. Valve, gauche. 
( Kg. 31. B. ) 

Elle a deux dents très distinctes, la cardinale sur- 
tout très large. 

Il est donc évident, que le ligament et la char- 
nière de cette coquille la placent parmi les Astartes 
à deux dents dans la valve droite, desquelles elle dif- 
fère par Timpression du muscle antérieur, l'absence 
du troisième muscle, si toutefois il manque dans 
notre fossile, ce dont nous n'avons pu nous convain- 
cre. Si l'on tenait à ranger cette espèce parmi les 
Lucina, il faudrait la rapporter au sous-genre Ungui- 
cula Defr, caractérisé par la présence du ligament 



421 

semiexlerne, encore clans notre espèce est-il par- 
faitement externe , soutenu de nymphes assez pro- 
noncées, et les dents accessoires, si significatives pour le 
genre Lucina, manquent- elle s à l'espèce en question. 
C'est du moins ce que nous croyons voir dans 
nos exemplaires un peu défectueux, salvo meliori. 
N'oublions pas cependant que les dents s'oblitèrent 
quelquefois dans ce genre ('*),. 

LUCINA HETEROCLITA cTOrb. 
Lucina heteroclila d'Orb. Russ. II. p. 460. pi. 39. f. 9. 18. 

Le caractère le plus saillant dans la charnière 
est son peu de largeur , sa fragilité et sa simplicité. 
Aussi ne possédons-nous encore aucun exemplaire 
assez distinct pour l'étudier dans toutes ces parties. 

29. 30.) Gyprina kharaschovénsis n. sp. 

( Fig. 32-33. ) 

II serait facile de confondre cette espèce avec la C. 
Cancriniana d'Orb. ou plutôt avec l'individu que l'un 
de nous a décrit sous ce nom, si l'on ne voulait re- 
marquer que notre fossile a l'extérieur bien plus fine- 
ment et plus élégamment strié surtout vers les cro- 
chets, qui sont si souvent imis dans l'autre. Ces cro- 
chets s'élèvent bien moins au dessus du bord cardi- 
nal. Enfin la différence ap parait surtout dans la 
charnière. 



(*) Agassiz; Iconog. d. coq. tert: N. Me in. de 1. Sol. Helv. 
1845. 

A° IL 1847. 28 



422 



C YPRINA C ANCRÏNIANA . 

(1% 34). 

( Exemplaire Rouill. Bull. 
1846. pi. E. f. 8.) 

L'élévation des crochets au- 
dessus du bord cardinal ex- 
térieur égale la moitié de 
la largeur totale de la région 
cardinale ( * )• 

Dent accessoire antérieure 
épaisse et large, non crénelée 
à son sommet, et formant avec 
la lunulaire un coude brusque. 

Dent ligamentaire de la val- 
ve gauche se prolongeant de 
son sommet en avant en une arê- 
te non repliée vers l'inférieur 
•ur elle même. 

Bord cardinal intérieur pro- 
fondément échancré dessous 
la fossette ligamentaire de la 
valve gauche. 

Il parait donc que la 
respectivement plus large 
vensis. 



C YPRINA liHARASCHOVENSIS. 

(Fig. 32-33.) 



Cette élévation égale tout au 
plus le tiers de la largeur de 
la région cardinale. 



La même crénelée, allongée 
moins brusquement séparée de 
la ligamentaire. 

Le même prolongement re- 
plié vers l'inférieur. 



Bord cardinal au même en- 
droit faiblement échancré. 



Cyprina Cancriniana était 
que la Cyprina kharascho- 



(*) Kardinal-Flàhe F. Roemer (Bronns Jahr. 1843. p. 61). 
Lame ou cloison cardinale Deshayes et Agassiz : Nouv. Mém. 
d. 1. Soc. Helvétique des Se. Natur. 1845. Vol. VIL p. 13. 
Pour les dents et les fossettes de cette coquille nous emplo- 
yons les termes proposés par ce dernier auteur dans le même 
travail. 



423 

Explication de la charnière. ( Les mêmes lettres 
clans les deux espèces indiquent les mêmes parties). 

a. Dent accessoire antérieure, plus large et plus 
épaisse dans la Cyprina Cancriniana* 

b. Dent lunulaire formée par un prolongement de 
la cardinale. 

c. Fossette lunulaire, plus spacieuse dans la C. KJio- 
roschovensis. 

d. Dent cardinale. 

e. Sillon ligamentaire limité intérieurement par des 
nymphes assez prononcées. 

f. Fossette cardinale. 

g. Dent ligamentaire. 

h. Fossette ligamentaire très étroite. 

Un caractère saillant de nos deux espèces est 
donc la présence de trois dents distinctes et la réu- 
nion de la cardinale avec la lunulaire dans la valve 
gauche, contrairement à l'interprétation de la char- 
nière des Cyprines donnée par Agassiz (*), ce qui 
laisse croire que les Cyprines admettent comme les 
Aslartés des variations sensibles dans la charnière. 

32. Cl'CULLEA ELEGANS Fischer (sp). 

(Fig. 35. ) 

Pectunculus elegans Fischer Bull, de la Soc. d. Nat. de 
Moscou. 1843. p. 126. pi. 5. f 5. 

Coquille épaisse, bombée, subarroudie, équivalve, 
subéquilatérale. L'extérieur marqué de stries d'ac- 

(■*) Iconog. d. coq. tertiaires etc. N. Méui. d. 1. Soc. ttelvét. 
1845 p. 48. 

28* 



424 

croissement, concentriques, et de lignes rayonnan- 
tes. Le bord buccal arrondi, faiblement déprimé , 
moins resortant vers sa partie inférieure qu'à la su- 
périeure; bord paléal droit, presque parallèle à la 
charnière. Le bord anal arrondi, tant inférieure- 
ment que vers son angle supérieur. Le crochet as- 
sez prolongé, fortement involvé. La facette ligamen- 
tale très courte, occupe tout au pins la moitié du 
bord cardinal, présente une forme rhomboïdale, et 
recouverte de 8 lignes relevées, disposées en sau- 
toir. La plus forte épaisseur se trouve sur le mi- 
lieu. La charnière présentant 5 à 6 dents transver- 
sales médianes, est surtout formée par des dents longi- 
tudinales, dont 4 atteignent jusqu'au bord buccal ; la 
partie anale de la charnière brusquement recourbée 
forme avec le bord cardinal un angle de 122°, occu- 
pant ainsi presque les deux tiers du bord anal, et 
composé de 5 ou 6 dents longitudinales très cour- 
tes. Impression musculaire inconnue. 
Longueur 9" 1V 2 '". 



Largeur 1 1 

Epaisseur 9 



/// 
/// 



Gis: et hoc. Second étage à Khoroschovo. 

Cette coquille présente les plus grands rapports 
avec X Arca Saralovensis d'Orbigny, de laquelle elle 
est cependant suffisamment distinguée: 1, par la forme 
généralement plus arrondie, le manque total des 
bords anguleux; 2, la facette courte; 3, le crochet 
fortement involvé; 4, par la forme des dents cardi- 
nales longitudinales. 

A l'état jeune l'espèce est plus équilatérale, com- 



425 

me on le voit sur la figure donnée par M. Fischer,, 
la partie anale ne s'allongeanl qu'avec l'âge. 

33. Cucullaea conciisna de Buch (non PJiillips). 

(1%36.) 

Arca coneinna de Buch, s*lon d"Oi b. Russ. II. 462. pi'. 39". 
f. 17. 18. 

Cette coquille est suffis animent décrite par M. 
d'Orbigny, seulement pour la distinguer des espèces 
suivantes nous croyons qu'il est bon de remarquer que: 
1. Les plis rayonnants sont plus épais et bien moins 
élégants que dans l'espèce suivante ; 2. les crochets, 
comme l'indique la planche de Fauteur, se touchent 
réciproquement ; 3. l'épaisseur est moins forte qae 
dans les suivantes. Aussi faudra-t-il avoir égard à ht 
forme de la coquille, vue de son côté buccal. 
Dimensions: 

1) jeune individu. (Fig. 36. A.). 
Longueur S 1 /»"'. 

Largeur 4V„ /// r 
Epaisseur 4*/ <i /// . 

2) vieux individu. 
Longueur 1" 5'". 
Largeur Ç> l /J". 
Epaisseur 7 //y . 

Gis. et Loc. Seond étage à Rhoroschovo. 

34.) CUCULLAEA ELONGATA SoW. 
Cucullaea elongata Sow. Rouil. Bull. 1846. pi. D. f. 12 a— d. 

Nous n'avons rien à ajouter à la description de 
cette coquille. 



426 
Longueur totale quelquefois 2". 

Gis. et Loc. Troisième étage à Galiovo, Mnëvniki, 
Paufirovka. 

35.) CuCULLAEA PRODUCTA Tl. Sp. 

( Kg. 37. ) 

Conf. Koch. II. 14. Arca carinata. 

Coquille élégante , très fortement bombée , très 
peu large, très allongée, plus inéquilatérale qu'aucu- 
ne espèce jurassique. Le bord buccal ressortant, 
plus pointu à son angle supérieur que dans les au- 
tres espèces , sa partie inférieure étant fortement 
rétrécie. Le bord anal arrondi, comprimé vers son 
angle inférieur ; sa partie supérieure non écbancrée, 
ne formant qu'une aile peu séparée du corps. Le bord 
inférieur parallèle au bord cardinal; l'angle inféro- 
postérieur ne se prolongeant pas dans la diagonale 
de la coquille, comme dans les deux espèces précé- 
dentes. Sur le bord palléal un peu en arrière du 
crochet se trouve une dépression qui se prononce 
par une échancrure comme dans les deux espèces 
précédentes. Crochet remontant perpendiculairement 
sur la charnière; leurs extrémités à peine contournées, 
très éloignées réciproquement, à plus de la moitié de 
la coquille. Coquille fortement bombée sur son quart 
antérieur où elle est aussi épaisse que large. En ar- 
rière des crochets elle se comprime plus sensiblement 
que dans l'espèce précédente. Facette ligamentale 
occupant les trois quarts de la longueur totale et 
recouverte de lignes en sautoir, formant un angle 



427 

très ouvert. L'extérieur des valves comme dans l'es- 
pèce précédente. 

Dimensions 1) d'un jeune individu (Fig- 37. À.) 
Longueur 11 1 //". 
Largeur 4 y// . 
Epaisseur S 1 /J' / . 

2) d'un individu âgé (Fig. 37. B.) 
Longueur 1" 4'". 
Largeur 5 1 / '". 
Epaisseur 6V 2 /V '. 

On distingue cette espèce de la précédente : 1. par 
sa forme plus allongée; 2, son angle inféro-anal non 
prolongé; 3, le bord de l'aile postérieure non échan- 
cré ; 4, enfin le bord palléal parallèle au cardinal. 

Gis. et Loc. Second étage à Khorochovo. 

35.) CuCULLAEA COMPRESSIUSCULA M. Sp. 

(Fig. 38.) 

Conf. Cucullaea pectinata Phill. York. II. pi. 3. f. 32. 

Cette coquille appartient aux espèces de ce genre 
dont la longueur excède de beaucoup la largeur, 
présentant des stries concentriques d'accroissement et 
des lignes rayonnantes. Cependant on ne pourra pas 
confondre notre fossile avec la C. elongata , la 
C. concinna et la C. producta , dont elle se des- 
tingue 1° par une épaisseur beaucoup moindre, 2° 
une largeur plus forte; 3° l'angle antérieur plus large, 
plus arrondi, le bord supérieur de l'angle postérieur 



428 

plus déprimé; 4° la facette ligamentaire plus courte, 
n'occupant pas même la moitié de la longueur totale; 
5° les stries concentriques et surtout les rayonnantes 
moins marquées, la coquille plus mince etc. 

Longueur 12" 5%"'. 

Largeur 8V 2 " y . 

Epaisseur (S'". 

Gis. et Loc. Second étage à Kboroschovo. 

11 faut ranger parmi les fossiles du troisième étage 
la C. cancellata S. (Rouill. Bull. 1846. pi. D. f. 11. 
a-e), la C. gracilis (Rouill. Ibid. f. 14.). Au second 
étage appartiennent la C. ruda ( Ibid. f. 10, a-d ) et 
la C. signata ( Ibid. f. 9. a-d ); au premier étage 
appartient l'espèce figurée Ibid. f. 16. a-c. 

36.) CuCULLAEA SCHOUROVSKII U. Sp. 

(Kg. 39.) 

Coquille lisse, allongée , subquadrangulaire. Bord 
buccal anguleux, rétréci inférieurement; bord anal in- 
férieurement pointu, subarrondi , rétréci vers l'angle 
supérieur, non écliancré, qui forme un angle distincte- 
ment détacbé du corps. Crocbets placés sur le tiers 
antérieur, ne présentant point d'impression médiane; 
leurs extrémités faiblement involvées sont réciproque- 
ment séparées à un tiers de l'épaisseur de la coquille. 
Facette ligamenlale longue, occupant toute la longueur 
du bord cardinal et recouverte de lignes en sautoir. 

Les individus plus âgés ont les angles moins res- 
sortants et la forme généralement plus arrondie. 



4 29 

Dimensions: a) d'an jeune individu (Fig 39. A.) 
Longueur 9'". 
Largeur 5"'. 
Epaisseur Ô 1 /»"'- 

b) d'un individu âgé (Fig. 39. B.). 
Longueur 11 1 /,/". 
Largeur 6V Q . 
Epaisseur (S'". 

37.) Pinna Hartmanni Zlet. 

(Fig. .40) 

Le genre Pinna, représenté dans chacun de nos 
étages, a élé trouvé dans des échantillons si mal con- 
servés, que les espèces indiquées dans les catalogues 
des fossiles moscovites ne sont pas suffisamment pré- 
cisées. Ce genre a plus que tout autre besoin de 
révision. 

11 nous est d'autant plus agréable de pouvoir pré- 
senter quelques détails sur une espèce dont les ca- 
ractères sont assez bien conservés sur un moule 
provenant du second étage de Khoroschovo. 

Bord cardinal droit, bord p allé al à peine un peu 
évasé vers l'extrémité buccale. Coquille allongée, s'é- 
largissant très peu de manière que l'extrémité buc- 
cale forme un angle très aigu de 20 degrés, sur notre 
échantillon , qui a 2" 6"' de longueur) l'extrémité 
du fragment dirigée vers le côté anal, n'a qu'un 
pouce de largeur. Mais le caractère principal est 
la forme et l'ornement extérieur des valves. Celles- 
ci sont élevées juste sur leur milieu en une carène Ion- 



430 

gituclinale , qui les divise en deux plans conve- 
xes. Le supérieur ou la région cardinale , porte 
des lignes élevées très prononcées droites, rayonnan- 
tes, au nombre de dix, dont les espaces assez égaux 
ont sur l'extrémité fracturée buccale une ligne de 
largeur. Le plan inférieur ou la région paléale est 
recouvert de stries concentriques, qui, en dépassant 
les lignes rayonnantes se perdent insensiblement. Une 
ou deux côtes rayonnantes dépassent même la carène 
sur le plan inférieur. 

La coupe transversale sur le côté buccal forme 
un quadr angle sur lequel s'élève la coquille en py- 
ramide quadr angulaire. 

Notre coquille approche le plus de Pinna lïart- 
manni Ziet. 

De Pinna Buchii Koch et Dunker pag. 33. pi. 2. 
f. 17. elle diffère par une forme moins élargie vers 
le coté buccal, par plus de rayons etc. 

38.) Pecten lens Sow. 

(Kg- 41.) 

Pecten lens S. d'Orb. Russ. il. p. 476. pi. 42. f. 1. 2. 

Nous ajouterons concernant cette espèce, décrite 
ordinairement comme ayant les valves égales et les 
oreillettes très-inégales, les points suivants: 1° la co- 
quille est inéquivalve, la dorsale équilatérale ou du 
moins bien plus symétrique que la ventrale ; 2° les 
oreillettes de la dorsale ordinairement égales ; dans 
quelques exemplaires l'oreillette buccale une ligne 
plus longue que l'anale; 3° les stries concentriques 



. 431 

sont formés par des lames doubles très rapprochées, 
et s'élevant au dessus de la coquille d'autant plus qu'el- 
les s'approchent davantage dn bord paléal, où elles 
forment même une crête double, qui lorsqu'elles se 
cassent laissent apercevoir les deux lames divisées 
par un faible espace ; 4° l'oreillette buccale et la 
valve ventrale présentant une excision beaucoup plus 
prononcée pour le passage du byssus que dans l'o- 
reillette correspondante de la valve dorsale , où ce 
caractère manque quelquefois totalement; 5° la valve 
dorsale fortement bombée du bord même de l'angle 
apical et acquérant le maximum de hauteur à son tiers 
supérieur; 6° La valve inférieure très peu bombée, 
beaucoup moins que la dorsale. 

La description de d'Orbigny a donc trait princi- 
palement à la valve ventrale. 

Gis. et Loc. Second étage à Kharoschovo. 

Cette espèce est extrêmement voisine de Pecteni Bull. 
1846 pi. G. f. 13) qui appartient au troisième étage. 

39.) Pecten spathulatus Roemer. 

(Kg. 42.) 

Pecten spathulatus Roemer. Rouil!. Bull. d. 1. Soc. 1846. 
pi. C. f- 30. 

Coquille extrêmement mince, papyracée, équilaté- 
rale, les valves égales en grandeur, mais diversement 
bombées. Les oreillettes égales, très petites surtout 
dans la valve dorsale, occupant tout-au-plus le tiers 
de la largeur totale. La valve droite faiblement 
bombée dès le commencement de l'angle apical, ou 
le test est plus haut que les oreillettes; la ventrale 



432 

plane, ou même un peu déprimée dans la dorsale. 
Les ligues directrices de l'angle apical se perdent 
insensiblement avec les bords latéraux de la dorsale, 
et n'atteignent qu'un peu moins de la moitié de la 
longueur totale ; au contraire les directrices de la 
ventrale forment des lignes droites distinctement li- 
mitées du bord latéral. L'intérieur de la limite, en- 
tre l'angle apical et les oreillettes de la dorsale, 
forme une ligne élevée, arrondie, qui entre dans 
une sillon correspondant de l'intérieur de l'angle 
apical de la ventrale. Le test dorsal plus long et 
respectivement moins large que le ventral. Tous 
les deux parfaitement unis laissant à peine aper- 
cevoir les stries d'accroissement, et recouverts d'une 
pellicule luisante. 

Longueur 6V " y . 

Largeur S 1 ^,,,. 

Gis. et Loc. Troisième étage à Galiovo, ou l'espèce 
est très commune. 

OSTREA LAM. 

Nous sommes lieureux de pouvoir donner quel- 
ques détails sur les espèces de ce genre si difficiles 
à caractériser. Dans les individus assez fréquents 
nous sommes maintenant à même de préciser trois 
espèces bien distinctes. 

40.) ÛSTREA KHOROCHOVENSIS RoiÛll. 

(Kg. 43.) 

Ostrea khorochovensis Rouill. Bull. 1846 II. pi. E. f. 10, 

Cette belle espèce a déjà été figurée et nous 
n'avons que peu de chose à ajouter. Sa forme générale 



433 

^st un oval oblong, oblus au bord inférieur, et plus 
pointu vers la charnière. La partie cardinale de la val- 
ve inférieure est rejelée en dehors; la partie correspon- 
dante de la valve supérieure est un peu contournée 
en dedans, et imite assez bien la pointe du bec d'un 
oiseau aquatique (par ex. de Cancroma cochlearia). 
Sur le bord inférieur, qui jusqu'à présent est resté 
inconnu, se présente le prolongement du sillon et de 
la carène des valves, qui sont divisées par eux en deux 
parties perpendiculaires, presque égales. L'intérieur 
■des valves, excepté la carène rentrante de la ventrale 
et le sillon profond de la dorsale, est uni. L'insertion 
musculaire assez grande, oblongue dans le sens du 
plus grand diamètre de la coquille, occupe le milieu 
de la valve sur son plan antérieur. L'extérieur des 
valves ne présente que des rides très faibles, qui 
n'influent presque pas sur la forme du test entier 
et de son bord. Le test épais, distinctement lamel- 
leux, très peu bombé. Les couches tombent en fila- 
ments argentés, asbestoïdes. La charnière et la carène 
comme dans le Bull, de la Soc. des Nat. de Moscou 
1846. pi. E. f. 10. Celle-ci ne passe pas toujours 
par le milieu des valves, qui peuvent être plus lar- 
ges que les figures données. 

Longueur 2" 3 //y . 

Largeur l" 4"'. 

Epaisseur 11'". 

Mr. Goubaux possède un fragment de la valve 
dorsale d'une taille peu ordinaire (largeur de la val- 
ve 2" 10'"). 

Gis. et jLoc. Second élage à Khorochovo. 



434 

41.) OsTREA PRODUCTA 77. Sf). 

(Kg. 44.) 

Celte jolie espèce est suffisamment caractérisée 
par sa forme et surtout par l'extérieur des valves. Elle 
est équilatérale, subéquivalve, subpyriforrae, laissant 
distinguer un sextangle assez régulier. Les deux an- 
gles supérieurs, un peu arrondis, sont formés par 
le bord cardinal, qui est la partie la plus rétrécie 
de la coquille; les deux angles latéraux, l'antérieur 
et le postérieur, se trouvent sur la limite du tiers 
inférieur, et divisent ainsi les bords latéraux en 
deux parties, le bord antéro-supérieur et postéro- 
supérieur du bord antéro-inferieur et postéro-infé- 
rieur. Enfin des angles se trouvent sur les extrémi- 
tés du bord inférieur. Les angles cardinaux sont ar- 
rondis, les latéraux un peu plus grands qu'un ré- 
gulier, enfin les inférieurs sont les plus ouverts. Le 
bord cardinal arrondi et plus court que son opposé; 
l'inférieur, qui lui même cède un peu en longueur 
aux inféro-antérieur et infero-portérieur; les antéro- 
supérieur et postéro-supérieur sont enfin les plus 
longs, et excèdent le précédent d'une moitié. Le 
test presque plane, à peine concave, distinctement 
lamelleux; le bord inférieur dans toute sa longueur 
déprimé dans la valve ventrale, la partie voisine de 
la charnière convexe, et la charnière en forme de 
bec prolongé, faiblement contourné sur la ventrale. 
Mais ce qui dislingue netlement cette espèce, c'est 
l'extérieur de son test. 1° L'extérieur de toutes les la- 
melles est chagriné de petits points déprimés, coin- 



435 

me cela est assez fréquent dans les Ostracés; 2° des 
rides concentriques, faiblement prononcées, indiquent 
que le test avait antérieurement une forme plus oblon- 
gue, moins élargie vers son tiers inférieur, et surtout 
non anguleux; 3° des plis élevés, rayonnants, minces, 
presque linéaires , couvrent l'extérieur des jeunes 
valves et disparaissent sur le bord de la coquille 
formée par la couche inférieure la plus épaisse, et la 
moins âgée ; 4° en revanche le bord inférieur des 
dernières couches se relève quelquefois sous forme 
de prolongement, qui, en se détachant de la coquille, 
acquiert l'aspect d'une épine conique, creuse, et ou- 
verte du côté de la valve. L'extrémité de ces épines, 
qui se trouve indistinctement sur les deux valves, 
se dirige vers leur intérieur, et n'excède pas le bord 
inférieur. L'impression musculaire arrondie, très dis- 
tincte , est placée un peu au dessus de la moitié de 
la coquille , plus rapprochée du bord buccal que 
de l'anal. La charnière, mutilée dans notre exem- 
plaire, parait avoir été très faible, et rapproche no- 
tre fossile du genre Plicatula. 

Longueur 1" V". 

Largeur 10 //y . 

La plus grande dimension correspond à la posi- 
tion des angles latéraux. 

Gis. et Loc. Second étage à Khorochovo. 

NB. On trouve assez souvent dans l'étage men- 
tionné une grande Ostrea, dont la taille est plus for- 
te que celle de Lima proboscidea; mais les exemplai- 
res sont tellement mutilés, qu'il nous a été impossi- 
ble d'en préciser l'espèce; cependant nous la croyons 



436 

être voisine de VOstrea proboscidca, vu que ces 
empreintes présentent souvent des épines mamel- 
loneuses qu'on croirait être formées dans l'intérieur 
creux des épines de VOstrea en question. 

42.) OsTREA DURIUSCULA Phill. 

( Fig. 45. ) 

Ostvea duriuscula Phill. Yorksh. II. pi. IV. f 1. Valve gauche. 

Ostrca multiformis Koch et Dunker. Rouill. et Frears 2 d<? 
Coupe. Géol. 

Ostrea duriuscula Phill. RouilL Explic. Bull. 184G. N° IV. 
pi. E. Fig. 9. Valve droite. 

Coquille obronde, subéquilatérale, très inéquivalve, 
variant de forme: tantôt un peu plus oblongue, tantôt 
un peu moins symétrique ; c'est ordinairement le 
côté droit qui est alors le plus large, et vers lequel 
est tournée la charnière en forme de bec triangulai- 
re, souvent très nettement détaché du reste de la 
valve dorsale. Le bec est limité de la coquille tant 
sur la circonférence, que par son plus de convexité. 
La valve droite assez concave montrant à peine des 
rides concentriques et ravonnantes vers le bord infé- 
rieur; la valve gauche, irrégulièrement et peu con- 
cave. Le plus souvent elle se distingue encore en ce 
qu'elle présente sur la moitié inférieure trois rides 
larges concentriques réunies par des rides moins larges 
rayonnantes. La circonférence de Tune et de l'autre 
non ou à peine relevée. La charnière petite, trian- 
gulaire, plus grande sur la valve droite que sur la 
gauche, où on la remarque à peine. La première a une 
dépression très prononcée qui manque à la charnière 
supérieure. L'impression musculaire très faible, assez 



437 

grande, ira peu oblique, louchant par son extrémité 
inférieure à la moitié de la longueur du test, beaucoup 
plus rapprochée du bord anal; son extrémité pointue 
est tournée en haut et en arrière. L'intérieur de la 
coquille parfaitement uni, l'extérieur, sous des li- 
gnes d'accroissement, ne présente ni lignes transversa- 
les, ni longitudinales. Ce ne sont que quelques 
exemplaires exceptionnels , qui présentent des par- 
ties convexes, irrégulières. Coquille très mince et 
fragile, et tellement dense, qu'on y distingue à pei- 
ne les lamelles à l'oeil nu. 

La variété oblongue de notre Ostrea est très voisi- 
ne de YOstrea excavata Roemer Oolit p. 60. T. 3. 
f. 8.) de laquelle on la distingue par le test mince et 
fragile, les bords non relevés et non épaissis , la 
forme et la position de l'impression musculaire. 

Gis. et Local. Second étage à Khorochovo. 

43.) Gryphaea signât a n. sp. 
(Kg. 46.) 

Coquille épaisse, ovoïde allongée, inéquilatérale, 
très inéquivalve. Valve dorsale plus grande, forte- 
ment bombée sur le crochet, allongée, un peu in- 
volvée, tournée en arrière ou à droite, épaissie. Le 
sommet du crochet tronqué indique la place par la- 
quelle le fossile tenait aux corps marins. Le bord 
buccal de la valve dorsale plus long que l'anal ; le 
palléal arrondi, relevé un peu vers l'anal. La ven- 
trale plus petite, un peu déprimée, exactement de 
la forme de la dorsale, tout le bec très petit. Les 
deux présentant des stries d'accroissement con- 

N' IL 1847. 29 



438 

centriqites, lamelleuses, et la dorsale surtout recou- 
verte de stries menues, élégantes, rapprochées, parlant 
du crochet au pourtour, et interrompu par les stries 
concentriques. Impression musculaire inconnue. 

Longueur 1'". 

Largeur 57 2 '". 

Epaisseur 3'". , 

Gis. et Loc. Troisième étage à Galiovo ( Pov- 
schino idem.) 

YI. 

ÉCHINODERMES. 

Les restes des Oursins marins n'ont pas encore 
été étudiés dans notre terrain jurassique, quoique 
leur présence fût attesté depuis longtemps. M r . Auer- 
hach décrivit un piquant sous le nom de Cidarites 
spathulatus. L'un de nous a figuré (Bull. 1846. pi. G. 
f. 20, 21 22, 25) récemment des corps échinoder- 
mes. La récolte de cette année nous a permis d'en- 
trer dans quelques détails sur cette classe. 

Nous avons trouvé plusieurs piquants de différentes 
formes dont deux appartiennent au troisième étage, 
une au premier et les autres au second. Nous savons 
bien que le genre Cidaris présente souvent sur le 
même corps des piquants assez variables; cependant 
ne connaissant pas le corps de nos individus, nous 
décrirons leurs piquants, séparément, comme autant 
de formes différentes, et nous leur imposerons des 
noms, puisque chaque forme doit porter son nom. 

A. Cidarites muricati ( piquant chagrinés ) non 
spinigeri sont ceux, qui ne sont recouverts que de 



439 

petites granules et ne présentent point d'épines. 
Us n'ont été trouvés que dans le troisième étage, où 
Ton ne connaissait pas encore ce genre. 

44.) ClDARITES ELEGANS 11. Sp. 

(Fig. 47.) 

Aculei majores teretes, cylindrici, tenuissime ob- 
solète longiludinaliter sulcati, granulis elevatis, acu- 
lioribus, lineis sedecim dispositis et apicem versus 
inclinatis, obtecti. Petioli brevissimi, tenuissime lon- 
giludinaliter sulcati, versus verrucae limbum vix lalio- 
res, ab aculeo stricte distincti; verrucae limbus linea- 
ris, glaber, orbicularis. Circulus glenoidalis subcre- 
natus, medio profonde, late concavus. 

Longitudo aculei fracti \" y// 5. 

Crassilies linearum duarum. 

Aculei minores (Fig- 48) subcompressi longiludi- 
naliter et transversim tenuissime sulcati, verrucis gle- 
noidalibus nullis. 

Nous rapportons ces deux formes, que nous avons 
trouvées dans la même couche à Galiovo, à la même 
espèce. 

45.) ClDARITES SUBELEGANS. 

(Fig. 48.) 

Nous appelons ainsi des fragments de piquants qui 
ressemblent beaucoup à l'espèce précédente, sinon 
qu'ils sont striés, anguleux, les lignes granulées étant 
plus rares (10) et occupant les angles du polygone. 

Le gisement et la localité sont les mêmes que 
pour l'espèce précédente. 

29* 



440 

B. Cidarites spinigeri (piquants épineux). 

a.) Mûrie ati. 

47.) Cidarites spathulatus Auerb. Var: a. Nob. 

Cidaris spathulatus Auerb. Bull, de la Soc. des Nat de Mos. 
1844. p. 632. 

Cidaris spathulatus Auerb. Abhandl. Peterb. Mineralog. 
Gesells. 1846. 

Cidaris spathulatus Auerb. Rouill. Bull. 1846. pi. C. f. 19. 

Cette espèce du premier étage a déjà été signalée 
par M. Auerbach, et nous n'allons qu'ajouter quel- 
ques caractères. Le pétiole ainsi que la partie in- 
férieure du piquant est rond; vers le milieu et l'ex- 
trémité libre il s'applatit, et porte même sur l'un 
des côtés dans les individus d'un âge avancé , un 
sinus longitudinal, profond, aux bords arrondis , sur 
lesquels le piquant semble se replier. Les épines sont 
disposées en deux rangées sur les bords opposés, ne 
descendent pas dans le sinus , mais s'implantent 
quelquefois sur l'autre côté convexe du piquant. 
Le premier tiers inférieur est chagriné de points , 
disposés le plus souvent assez régulièrement en 
lignes longitudinales. Les jeunes exemplaires sont 
respectivement plus larges et plus comprimés que les 
vieux; les épines sont plus fréquentes et recouvrent 
plus irrégulièrement la surface ; ce n'est qu'à la fin 
du développement du piquant qu'apparait sa partie 
inférieure , arrondie . 

(Kg. 49.) 
var. j3. 

Les piquants fréquents de cette forme se distin- 
guent de la précédente , en ce qu'ils sont arron- 



441 

dis, et non comprimés. Les épines ne suivent pas si 
strictement les deux bords opposés enfin les granules 
apparaissent disposés plus irrégulièrement. Cette For- 
me fait ainsi le passage naturel aux piquants de 
l'espèce suivante. 

Gis. et Loc. Second étage à Khorochovo, et entre 
Mnévniki et Chélépekha. 

Il se pourrait bien, que Tune de ces dernières formes, 
appartienne au corps du Cidarites figuré par l'un de nous 
(Bull, de la Soc. des Nat. de Mosc. 1846. pi. G. f. 2 4 2. 

48.) Cidarites muricatus Roem. 

(Kg. 50.) 

Verst. d. Nord. Oolit. Han. 1836. p. 26. T. 1. f. 22. 

Nous croyons pouvoir rapporter à cette espèce des in- 
dividus, qui présentent tous les caractères mentionnés 
par Roemer : Cidarites aculeis cylindraceo-subulatis , 
muricatis , subtilissime granulosis , petiolis brevibus, 
laevigatis. 

Elle diffère de la forme précédente en ce que les 
épines sont irrégulièrement disposées sur toute la face 
du piquant, que les granules sont plus fortes , plus 
denses, et ne suivent pas la disposition linéaire. 

Gis. et Loc. Second étage à Khorochovo. Moins 
fréquent que la précédente. 

b. Non muricati. 

49.) Cidarites anceps n. sp. 

Var. a. 
(F%.51.)_ 
Belle espèce , facile à distinguer par des ca- 
ractères saillants : 1° les piquants subulés tout à fait 



442 

comprimés par l'insertion des aculei; les pétioles très 
courts, très arrondis; 2° les épines très régulièrement 
disposées sur les deux bords, ordinairement l'une vis- 
à-vis F autre, rarement elles sont alternantes avec une 
tendance manifeste à devenir opposées; 3° les épines 
très aiguës, nettement distinguées à leur base du pi- 
quant, où il se trouve quelquefois comme dans la var: 
b. une ligne un peu déprimée, l'épine entière imitant 
ainsi le museau du poisson serre. La pointe du pi- 
quant est applalie, et présente les mêmes caractères; 
4° un caractère non moins saillant est rinclinaison des 
épines vers Fun de ces côtés, sur lequel une can- 
nelure longitudinale se fait remarquer. Dans la va- 
riété, J3. cependant les épines sont droites, dirigées par 
leur sommet dans des côtés diamétralement opposés. 
Gis. et Loc. Second étage à Khorochovo. 

50.) ClDARITES SPINIGER M. Sp. 

Far. ce. 
(Kg. 52.) 
Cette forme fréquente est lisse, ou à peine lon- 
gitudinalement striée, aux piquants arrondis, et porte 
des épines assez fortes, irrégulièrement disposées sur 
toutes les faces, laissant cependant remarquer des 
directions plus constantes sur les faces opposées; l'é- 
pine vers la partie supérieure commence à devenir 
ovale. L'extrémité glénoidale nous est inconnue. 

Far. /?. 
(Fig. 53.) 
Parfaitement semblable à la précédente, excepté 
une forme distinctement comprimée. 



443 

Gis. et Loc. Second étage à Khorochovo. 

VII. 

POLYPIERS. 

51.) ArsTHOPHYLLUM Goldf. (non Schweiger.) 
(Kg. 54.) 

Les polypiers en général sont si rares dans notre 
jura, que jusqu'à présent on n'en connaît aucune 
espèce avec précision. Le genre Cossinopora Goldf. 
a été indiqué par Fauteur de FOryctograpbie comme 
étant le premier polypier connu de notre jura (Cos~ 
sinopora macroptera Goldf. Oryct. p. 176. pi. 51. 
f. 4); une Aulopora vient d'être trouvé par F un de 
nous. Enfin (*) nous présentons une troisième forme, 
peut être un Anthophyllum excavatum R.oem. ( Oolit 
p. 20. Tab. I. f. 8.) Les deux exemplaires, sont trop 
obfusqués pour décider de l'espèce. C'est un corps 
scyathifornie, de deux pouces de longueur, ayant à 
la base élargie, assez profondément concave, un pou- 
ce et un quart de largeur. La base est circulaire. 
Les cotés du cône sont recouverts de côtes longitudi- 
nales, parallèles, régulières, au dos arrondi, partant 
du sommet du cône et dépassant le rebord de la 
base, pour former vraisemblablement dans sa surface 
circulaire 'une étoile de lamelles rayonnantes, ce qui 
dans nos exemplaires n'est pas visible. 

Gis. et Loc. Second étage à Kboroscbovo et 
Mnévniki. 

(*) Le moule que nous ayons présenté Jubilaeum Fischeri pi. 
2. f. 6. appartient peut être aux polypiers. 



444 

VIII. 

PLANTES. 

52.) Pecopteris Auerbachiàisa Rllr. 
(Kg- 55.) 

Pecopteris Auerbachiana Rouill. Bull. d. M. 1846. p. 412. 
L'échantillon d'empreinte de la face inférieure, 
qui a été trouvé, ainsi que l'espèce suivante, non 
plus dans les interstrates de grès ferrugineux mais bien 
dans la masse même du grès blanc, à Tatarovo, ajou- 
tent les faits suivants à la connaissance de l'espèce: 

1. La fronde est pinnée. 

2. Les pennes sont opposées. 

3. Les pennes pouvaient atteindre une longueur 
de 3" 3'", sur la quelle se disposaient environ 35 
pinnules. 

4. Les pennes largement, irrégulièrement espacées. 
L'intervalle entre les pinnules inférieures d'une pen- 
ne et les supérieures d'une penne suivante pouvait 
égaler la largeur totale d'une penne ou seulement la 
moitié. 

5. L'insertion des pennes sur la tige s'effectuait sous 
un angle de 77°. Cependant tous les rachis n'étaient 
pas parallèles entre eux, les pennes divergeant un 
peu par leur extrémité, ce qui sur notre empreinte 
ne parait pas être l'effet du dérangement, vu que : 

6. Les rachis étaient épais, à la base des pennes 
presque de la moitié de la largeur des pinnules. 
Face inférieure des rachis arrondie, convexe. 

7. La première pinnnle, la plus proche de la ti- 
ge, se détachait des autres et s'appliquait plutôt sur 



445 

celle-ci que sur les pinnules suivantes. Aussi la forme 
de la première foliole était-elle l'inverse de celle des 
folioles ordinaires. 

8. Les pinnules un peu élargies à la base, ad- 
hérentes au rachis sur toute leur largeur. Leur for- 
me change un peu selon qu'on les regarde de la 
face supérieure ou inférieure. Leur sommet appa- 
rait plus obtus lorsque la pinnule est plus courbée 
sur la pierre. 

9. La nervure moyenne fortement marquée sor- 
tant obliquement du rachis, légèrement tournée en 
avant en arc, visible jusqu'au delà du milieu de 
la foliole. 

10. Les pinnules couchées sur le même plan, 
ayant les extrémités un peu courbées vers la face 
inférieure. Nous ne pouvons distinguer , ni sur 
cette empreinte, ni sur celle de la face supérieure 
que nous avons donnée ailleurs (la seule qui soit con- 
nue jusqu'à présent), l'angle que deux pinnules op- 
posées forment par leur implantation sur le rachis. 

11. Le rachis de la fronde très large (trois fois 
la largeur du rachis, égalant les trois tiers de la lon- 
geur des pennes) faiblement convexe, et à ce qu'il 
nous parait, parcouru inférieurement par un sil- 
lon profond. 

Nous formulons en conséquence la diagnose de 
l'espèce ainsi: 

P. fronde bipinnata; stipite inferne rotundato, sul- 
cato, pinnis oppositis, remotioribus , extremitatibus 
paululum divergentibus, sub angulo in sertis; rachi- 
bus inferne rotundato, convexis dimidiam fere latitu- 



446. 

dînera foliolorum adaequantibus ; pînnulîs oblongo- 
ovatis, obtusîs, basî pariera dîlatatîs, integerrimis, ap- 
proximatis, subîmbrîcato-contîguis , patentîssîmis; ner- 
vo medîo reliquis distinction, rachi oblique ascenden- 
te, antrorsura incurvato, ultra dimidiura foliolura 
conspicuo; nervuHs ? 

A ce litre noire espèce se distingue suffisamment 
de la Pecopteris Murchisoniana. 

53.) Gycadites Brongniarti Roeraer. 
(Fig- 46.) 

? Cycadites Brongniarti Roem. Oolit. f. 10—11. pi. XVII. 
f. 1. 6. 

C. foliis pinnatis, sublinearibus , pinnis numerosis 
linearibus approxiraatis, apice obtusiusculis raedio 
costatis, basî subdilatatis ("Roemer). 

Fronde puînée, rachis très fort, très convexe in- 
férieurement, rétréci un peu vers la base inférieu- 
re des pinnules; pinnules linéaires, irrégulièrement 
rapprochées intègres, élargies à la base. Bords des 
pinnules très saillants et recourbés vers la surface 
inférieure. 

Serait-ce un Polypodium ? 



Ajoutons quelques indications sur le gisement dans 
notre jura de plusieurs fossiles décrits par d'Orbigny 
(Russia etc). Au troisième étage appartiennent : 

54. Acteon Frearsiana d'Orb., retrouvé chez nous 
enlre Mnëvniki et Chélépicha. Ne le confondez pas 
avec Y Acteon cincta Rouillier ( Bull. 1846. pi. C. 



447 

f. 7.) et YActeon elongata Rllr. Ibid. f. 16. qui sont 
du premier étage. 

55. Acteon Perovskiana d'Orb. 

56. Corbula borealis. 

57. Cerithium russiense d'Orb. , 

58. Pholas IValdheimil d'Orb. La même espèce 
ou plutôt une forme voisine se retrouve aussi dans 
le second étage et même dans la couclie de Tâlitzi 
( Rouillier: Jubilaeum Fischeri 1847 p. 20.) 



Conclusion générale. Nous présentons dans cet étu- 
de 15 formes entièrement nouvelles, 19 nouvelles 
pour Moscou, et des détails sur la charnière de 11 
formes déjà connues dans notre jura; en conséquen- 
ce des renseignemens sur 58 fossiles. 

Nota. Les figures des fossiles appartenant à cet étude, pa- 
raîtront dans le N° prochain du Bulletin. 

Ch. Rouillier 

et 

Al. Vossinsky. 



HulleLin IB41 Tali. B 




Bulletin lH'iî Tab.6. 




BuMiii i»4i ia.G. 




BuMethi ia« 'lab. H 




BttIMhi ira lah.H 




Ê 



ÉTUDES PROGRESSIVES 

SUR 

XaA ©ÈOL.OGIB 

DE MOSCOU. 
EXPLICATION DES PLANCHES (*). 

a* 

Nota. Ne pouvant à cause de l'accroissement rapide 
des matériaux, imprimer la fin de notre Explication 
de la Coupe géologique des environs de Moscou (Bull. 
1846), nous donnons la légende des cinq planches atta- 
chées au text paru. 

Tab. A. 

(Bull. 1846. N° IL). 

Fig, 4 . a. Ammonites cordatus S. var. pinguis, vu de 
coté. 

b. Id., vu du coté du dos. 

c. Id., vu du coté de la bouche. 
Riazan. 



(*) Toutes les fois que nous n'indiquerons pas précisément la mesure 
nous enlendon* la grandeur naturelle. 



•264 

Fig. 2. a. Amm. Lamberti S. xar.flexicostatus Phill. (?) 
jeune individu, grossi deux fois, vu de colé. 
b. Id., vu du coté de la bouche. 
Riazan. 

Fig. 3. a- Amm, alternans de Buch. var. ovalis Quents., 
grossi deux fois, vu de coté, 
b. Bouche du même. 
Tr. étage. 

Fig, 4. a. Amm. alternans de Buch , var. compressus, 
grossi deux fois, vu de coté, 
b. Id., vu du colé de la bouche. 
Tr, étage. 

Fig. 5. a. Amm. Lamberti Sow. var. jîexicostatus Phill. 
Q)(Cf.A. cordatus et quadratus S.)j adulte, 
vu du coté de la bouche, de gr. nat. 
b. Id., vu de coté, de gr. nat. 
Riazan. 

Fig. 6. a. Amm. cordatus S, var. pinguis, jeune, vu de 
colé. 

b. Id., vu du colé de la bouche. 
Riazan. 

Fig. 7. a Amm. Hcnleyi Sow. (?), grossi deux fois, vu de 
coté. 
b Id., vu du coté de la bouche. 

c. Sinuosités d'une cloison 
Simbirsk. 

Fig. S. a. Amm. sp-, grossi deux fois , vu du colé de la 
bouche, 
b. Id., vu de colé. 
Simbirsk. 

Fig. 9. a Amm. Brodiei S. (?), grossi deux fois, vu du 
coté de la bouche. 



265 

b. Id., vu de coté. 
Riazan. 
Fig. 40. a. Amm. TVilliamsoni Phill., vu de coté. 
Riazan, 

Tab. B. 

(Pull. 1846 NO IL). 

Fig. 4 . a. ammonites Tscheffkini d'Orb., vu de coté, 
b. Id., vu du coté de la bouche. 
Riazan. 
2. a. Amm. Hcrvcyi S., vu du coté de la bouche. 

b. Id., vu de coté. 

c. Sinuosités d'une cloison pour montrer les lobes 

et les selles. 

d. Jeune individu, vu du coté de la bouche. 

e. Id., vu de coté. 
Riazan. 

Fig. 3. a. Amm. Lamberti S. var. pinguis Quents., vu 
de colé. 
b. Id., vu du coté de la bouche. 
Simbirsk. 
Fig. 4, a. Amm. polymorphus mixtus Quents.. vu du coté 
de la bouche. 
b. Id., vu de coté 
Simbirsk. 
Fig. 5. a. Amm. macrocepalus Schl. junior, vu du colé 
de la bouche. 
b. Id., vu de colé. 
Simbirsk. 
Fig. 6. a. Lamna Phillipsii n. (Lamna longidens Ag?) 
vu de colé. (Bull. 1847 p. 372.) 
b. Id., vu du colé de la face extérieure. 



166 

c. Id., coupe transversale, la face extérieure en bas 
Sec. étage. 
Fig. 7. a. Thracia laevigata Phill. (sp.) rue du colé des 
crochets, 
b. Id,j vue de coté de la valve droite. 
Pr. étage. 
Fig. 8, a. Amm. biplex S. var. laevis, vu de colé de La 
bouche, 
b. Id., vu de coté. 
Sec. étage. 
Fig. 9. a. Cyprina laevis n., vue du coté des crochets, 
grossie deux fois. 

b. Id., vue du colé de la valve droite, gr. deux 

fois. 

c. Même individu, de gr. nat., vu du coté de 1. 

v. dr. 

d. Même individu, de gr. nat., vu du coté du bord 

buccal. 

e. Jeune individu, vu du colé de la valve gauche. 

f. Id., vu du coté des crochets. 

g. Id., vu du coté du bord buccal. 

h. Moule de l'individu c, d, vu du coté d. 1. v. dr. 
Pr. élage. 
Fig. -fO. a. Pholadomia canaliculata Roem., vue du coté 
des crochets, 
b. Id., vue du coté de la valve droite. 

Fig. 4i. a. Cardium concinnum de Buch, moule, vu du 
coté du bord anal, 
b, Id., vu du coté de la valve gauche. 
Pr. étage. 

Fig. 4% a. Cardita sp.j moule, vu du coté du bord anal. 
b. Il, vu du coté de la valve droite. 
Pr. étage. 



267 

Fig. 43. a. Astarte ouata Phill., vue du coté des crochets. 

b. Id., vue du coté du bord buccal. 

c. Td., vue du coté de la valve droite. 

Sec. étage. 

Fig. 44. a. Terebralula ( Rhynchonclla Fisch. Rouil. 
Hypothyris Phill., Morrhis, King.) pentatoma 
Fischer (T. oxyopthycha Fisch.), vue du coté 
de la valve ventrale (Bull. d. M. -1846 N° II 
pag. 455 ) 

b. Id., vue du coté du bord latéral. 

c. Id., vue du coté du bord frontal. 

d. Id., vue du coté des crochets. 

e. Individu plus jeune (var. juvenilis L. c.) un 

peu dérangé dans la valve ventrale. 

f. Id., vu du coté du bord latéral. 

g. Id., vu du coté du bord frontal, 
h. Id., vu du coté des crochets. 

i. Individu très jeune ( var. junior L. c.) vu du 

coté de la valve ventrale, 
k. ïd., vu du coté du bord latéral. 
1. Id., vu du coté du bord frontal, 
m. Id., vu du coté des crochets. 
Pr. étage. 

Fig. 45. a Tcrebratula ( Rhynchonella Fisch. Rouill 
Hypothyris Phill. Morrhis, King Bull. 1847 
pag. 394 sq.) Fischeri Rouill. (non d'Orb.), 
vue du coté de la valve ventrale. 

b. Id., retenue dans la position propre à laisser 

voir la valve dorsale presque entière. 

c. Id., couchée sur la valve ventrale. 

d. Id., du coté du bord latéral. 

e. Id., du coté des crochets. 
Sec. étage. 



268 

Fig. 16. a. Sanguinolaria elegans Phill. (?), vue du colé 
de la valve gauche, grossie deux fois, 
b. Id., de gr. nat. 
Tr. étage. 
Fig. 17. a. Terebratula (PJiynchonelld) bidens Phill. 
(Bull. 1847 p. 376.), vue du coié de la valve 
ventrale. 

b. Id., vue du coté du bord latéral. 

c. Id., vue du coté du bord frontal. 

d. Id , retenue dans la position propre à laisser 

voir toute la longueur. 
Sec. étage. 
Fig. 1S. a. Terebratula (Rhynchonella) Fischeri var. vue 
du coté de la valve ventrale. 

b. Id., vue du colé du bord frontal. 

c. Id., vue du colé de la valve dorsale. 

d. Id., vue de coté du bord latéral. 
Sec. élage. 

Tab. G. (*). 

(Bull. 184G N° II.) 

Fig. 1. a. Turitdla Iazikoviana Rllr , grossie deux fois, 

vue du colé de la bouche (Bull. 1847 p 406). 

b. Id., de gr. nat. 

Simbirsk. 

Fig. 2. a. Cerithium asperum Rllr., grossie trois fois, vu 

du coté de la bouche (Bull. 1847 pag. 406). 



(*) Il est à remarquer que les univalves de celte planche out été 
reuversécs par une erreur du lithographe et qne les lettres correspon- 
dantes n'ont pas toujours été placées. 



2G9 

b. Id., surface extérieure d'un contour pour mon- 
trer la disposition des lignes élevées, grossie. 
Tr. étage. 

Fig. 3. Turitella Kirceviana Rllr., vue du coté de la 
Louche (Bull. 1847 pag. 405). 
Simbirsk. 

Fig. 4. Turitella Fahrenkohlii Rllr., vue du colé de la 
bouche, grossie deux fois (Bull 1847 p. 405). 
Tr. étage. 

Eig. 5. Buccinum Key serlingianum Rllr. , grossi, 
trois fois, vu du coté de la bouche. (Bull. 
1847 pag. 404). 
Tr. étage. 

Fig. 0. Buccinum lacve Rllr., grossi, vu du coté de la 
bouche. (Bull. 1847 pag. 406). 
Tr. étage. 

Fig. 7. JRostellaria trifida Phill., vue du colé de la 
bouche. (Bull. 1847 pag. 404). 
b. Id., vue du coté de la face extérieure. 
Tr. étage. 

Fig. S. a. dpiocrïnitcs rotundatus Park. var. 

b. Id., Coupe transversale à l'extrémité supérieure, 
c Id., à l'extrémité inférieure. 
Tr. étage 

Fig. 9. Pentacrinites hasalliformis Mill. . 

Fig. 10. Id. 

Fig. H. là. 

Fig. 4% Id. 

Tr. élage. 

Fig. 43. a. Pectenlens S., var., valve ventrale, vue en dessus 
b. Id., valve dorsale, vue en dessus. 



270 

c. Portion de la même, grossie. 

d. Valve ventrale, vue de coté. 

e. Valve dorsale, vue de coté. 
Tr. élage. 

Fig. 44. a. (*) Pecten Dechcni Roemer, vu en dessus, 
grossi, 
b. Id. de gr. nal. 
Tr. étage. 
Fig. 44. Turbo Eichwaldianus Rllr., vu du coté de la 
bouche, grossi. 
Tr. étage. (Bull. 1847 p. 402). 

Fig. 45. T. bipartitus Rllr. (L. c. p. 402.), vu du coté 
de la bouche, grossi. 
Pr. étage. 

Fig. 46. a. Actcon elongata Piouill., grossie, vue delà face 
extérieure (Bnll. 1847 pag. 405). 
b. Id., vu du coté de la bouche. 
Pr. étage. 

Fig. 41 '. a. Actcon cincta Rouill. grossie, vue de la face 
extérieure (Bull. 1847 pag. 405). 
b. Id., vu du coté de la bouche- 
Pr. étage. 

Fig. 48. Actcon lacvigata Rllr., grossie, vue du coté do 
la bouche. 
Tr. étage 

Fig. 19. a. Cidaritcs spathulatus . Aaerb. (Bull. 1847 
pag. 440J 
b. Id., partie articulaire. 
Pr. élage. 



(*) A gauche de la précédente. 



271 

Fig. 20. a. Spatangites carinatus Leske, vu du coté de 
la face supérieure. 

b. Id., vu du coté de la face inférieure. 

c. vu de coté. 

d. Pores du même grossis. 
Tr. étage. 

Fig. 24. z. Cidarites Agassizii Roem., vu du coté de la 
face supérieure. 

b. Id., vu de coté. 

c. Id., vu du coté de la face inférieure. 

Sec. étage. 
Fig. 22. a. Cidarites JlorigemmaFhill., (?), mouleexlérieur, 
grossie. 
b. Id., moule extérieur, de gr. nat. 
c Courbure du moule intérieur, vu de coté. 
Sec. étage. 

Fig. 23. a. Turbo Jazikovianus d'Orb., grossi, vu du coté 
de la bouche. (Renversé.) 
Sec. étage. 

Fig. 24. T. Puschianus d'Orb., grossi , vu du coté de la 
bouche. (Renversé.) 
Sec. étage- 

Fig. 25. a. Macquartia dubia n. 

b Excroissances patelliformes de la même, grossies. 
Sec. élaç;e. 

Fig. 26. Anom\a jurensis Roem. 
Sec. étage. 

Fig 27. (*) a. dvicula Sp. valve droite, vue en dessus. 



(*) Au lieu du chiffre 27 ou a placé par erreur 25; on a encori 
oublié de placer les deux chiffres 28, 29. 



272 

b. ld., vue en dedans. 
Tr. élage. 
Fig. 28. Àvicvla signata n., valve gauche, vue en dessus 

Tr. élage. 
Fig. 29. a. Pecten spathulatus Roein valve dorsale, 
b. Id., valve venlrale. 
Tr. étage. 

Tab. D. 

(Bull. 1846 N° II). 

Fig. ■/. a. Buchia {*) [Aucclla de Keyserl. \846)mosquen- 
sis Fiscli. (sp.) (**) , grossie , vue du colé 
de la valve ventrale, 
b. Id., vue du coté du bord buccal. 
Fig. 2. a. Id., valve venlrale, vue en dedans, grossie. 

b. Id., valve venlrale, grossie, vue du colé de la 
charnière. 
Pr. étage. 
Fig. 3. a. Buchia Pallasii de Keyserl. (sp). var. valve 
dorsale, de gr. nat., vue en dessus. 

b. Id., vue du colé du bord buccal. 

c. Id., vue en dedans. 

d Charnière de la même. 
Sec. élase. 



(*) J'ai établi ce genre en I-8.W, d'après une analyse présentée à la 
Société, comme on peut le voir signalé dans le protocole inserré au Bull. 
-38^5 p. 285, et une seconde fois dans mon Discours -ISN5 p. 52 nota 251. 

(**) Ce fossile reçut le nom spécifique mosc/uensis de deux auteurs: 
Mr de Fischer la nommé ainsi eu 4809 (Térebratules etc. pag. 56 pi. f 
f. 8, 9.) et Mr. de Bucli en 18H5. 



273 

Fig, 4. a. Bachia Bronnii nob. vue du coté de la valve 
venlrale, grossie deux fois-, 
b- Id., vue du coté du bord anal. 
c. Portion du test, grossie. 
Tr. étage. 
Fig. 5. a. Avicula ovalis Phill. ?, vue du coté de la valve 
dorsale, grossie deux fois. 
Tr. étage. 
Fig. 6. a. Lima Phillipsii d'Orb., valve gauche, vue en 
dessus. 

b. Id., vue du coté de la charnière. 

c. Portion du lest, grossie. 
Sec. étage. 

Fig. T. a. Lima, rigida S.?, valve droite vue en dessus, 
b. Id. portion du lest, grossie. 
Sec. étage. 
Fig~. 8. a. Lima sp., portion du test grossie. 

Sec. étage. 
Fig. 9. a. Cucullaca (Arca) signata Rllr. (C. acmula 
Phill.?) valve droite, vue en dessus (Bull. 1847 
p. 428). 

b. Id. vue de dedans, 

c. Id., jeune, individu vu du coté de la charnière. 

d. Id., portiou du lest, grossie. 

Sec. étage. 
Fig 10. a„ Cucullaca (Arca) ruais Rllr., valve droite, 
vue en dessus. (Bull. 1847 p. 428). 
b. Id., vue du coté de la charnière. 

d. Id., portion de la facette du ligament, grossie. 

e. Id., vue en dedans. 
Sec. étage. 

Fig. 44 . a. Cucullaea (Arca) cancellata Sow. var.(C. tcxta, 
Roem.?) valve gauche, vue en dedans, grossie 
deux fois (Bull. 1847 p. 428). 
N. I. 1848. 18 



Tj4 

h. Id., vue en dessus. 
c. Id., vue du colé de la charnière, 
e. Td., portion de la facette du ligament, grossie. 
Tr. étage. 

Fig. 42. a. Cucullaea (Arca) elongata S.-, valve gauche, 
vue en dessus. 

b. Id., vue en dedans. 

c. Portion du lest, grossie. 

d. Valve gauche vue du colé de la charnière. 
Tr. étage. 

Fig. 43. a. Nu-cuia lavryma S., valve ar. gauche vue en 
dessus, grossie deux fois. 

b. Coquille vue du colé de la charnière» , 

c. Portion du lest, grossie. 
Tr. étage. 

Fig'. 44. Cucullaea (Arca) gracilh Rllr. (C. imperialis 
Roem .?), valve droite vue en dessus (Bull. 1847 
p. 428). 
Tr. élage. 

Fig. 45. a. A&tarte cordiformis Desh., val*e gauche, 
grossie, vue en dedans» 

b. Coquille vue du coté de la charnière. 

c. Largeur de la coquille. 

d. Coquille vue du coté du bord buccal , grossie. 

e. Denis de la valve gauche vues perpendiculaire- 

ment à la charnière, grossies. 

f. Epaisseur de la coquille. 

g. Valve droite vue en dessus, grossie, 
h. Longueur de la même. 

Tr. étage. 

Fig. /6. a. Cucullaea (Arca) oblonga Mill.? valve droite, 
vue en dessus, de demi gr. nal. 



275 

b. Id., vue du coté du bord buccal. 

c. Id., vue du colé de la charnière. 
Pr. étage. 



Tab. E- 

v Bull. 1846 N. II). 

Fig. 4 . a. Astarte cordiformls Desh., valve gauche, vue 
en dedans, de gr. n. 
b. Id., valve droite, vue en dedans, d.'gr. nat. 

d. Dent cardinale de la valve droite vue perpendicu- 

lairement à la charnière, grossie. 

e. Charnière de la valve vue en dedans, grossie. 

Les dents tronquées (Bull. 1847 p. 417). 
Tr. étage. 

Fig. 2. Astarte minima Phill., valve droite, vue en dessus. 

b. Id., vue en dedans. 

c. Id., grossie deux fois, vue en dessus. 

d. Id., vue en dedans, grossie deux fois. 

e. Coquille entière, grossie deux fois, vue du colé 

de la charnière. 
Tr. étage. 

Fig 3 Lucina lineata S. Jeune individu, vu du colé de la 
valve gauche, grossi deux fois, 
b. Id., vu du colé de la charnière. 
Tr. étage. 

Fig. 4 . a. Puschia (Astarte) planata Sow. (sp.)?, vue du 
colé de la valve gauche (Bull. 1 847 p. 418). 

b. Id., vue du coté de la charnière. 

c. Id. ; vue du colé du bord buccal. 

18* 



27G 

<l. I. Moule intérieur, vu du coté de la valve gauche, 
e. Id , vu du coté de la charnière. 
Sec. étage. 
Fig 5. a. Lucina Frearsiana Rllr. sp., vue du coté de la 
valve gauche. 
b Id , vue du coté de la charnière. 

c. Id., jeune individu. 

d. Id. jeune individu, vu du coté de la valve gauche. 
Tr. étage. 

Fig. 6. Lucina lyrata Phill. var. pinguis, vue du coté 
de la valve gauche. 

b. Id., vue du colé de la charnière. 

c. Id., moule intérieur vu du colé de la valve 

gauche. 

d. Id., vu du coté de la charnière. 
Sec. étage. 

Fig. 7. Astartc Panderi n , vue du coté de.la valve gauche, 
b. Id., vue du coté de la charnière. Figure inexacte, 

qui doit être remplacée par une autre (Tab. G. 

fig. 28 c, d). 
C. Id.. moule intérieur vu du coté de la charnière. 

d. Id., vu du colé de la valve gauche. 

e. Id., jeune individu. 

Sec. étage (Bull. -1847 p. 413). 

Fig. S. a. Cyprina Cancriniana d'Orb., vue du coté de la 
valve droite. 

b. Id., vue du colé de la charnière. Cette figure 

inexacte en ce qu'elle a été faite sur un exem- 
plaire donl les nymphes n'étaient pas appa- 
rentes, doit être remplacée par une autre (Tab. 
H. fig, 33. B). 

c. Id., moule d'un jeune individu, vu du coté de la 

valve d roi le. 



277 

d. Id., moule de l'individu a, b, vu du colé de la 

valve droite. 

e. Id. vu du colé de la charnière. 
Sec. étage [Bull, i 847 p. 422). 

Fig. 9. a. Ostrea duriuscula Phill , valve ventrale vue en 
dessus. 

b. Id., vue en dedans. 

c. Id., charnière de la môme, grossie. 
Sec. étage. (Bull. 1847 p. 436). 

Fig. 10. Ostrea KharascJiovensis nob., vue du coté de la 
valve ventrale. 

b. Id., vue du colé de la valve dorsale. 

c. Id , vue du coté du bord anal. 

d. Id., vue du colé de la charnière, grossie. 

e. Jd., coupe transversale à l'extrémité inférieure 

brisée, la valve dorsale en-bas. 
Sec. étage (Bull. 1847 p. 432). 

Rllr. 



UIL 



Nota. Les planches suivantes appartiennent aux Etudes 
progressives sur la Paléontologie des environs de Moscou 
(Bull. 1847. N° II. pag. 371-448;. 

Tab. F. 

(Bull. 1847 pag. 371-398). 

Fig. 1 . a, Lamna Phillipsii n. (Lamna longidens Ag.?) 
avec sa partie basilaire vue de la face exté- 
rieure (Bull. 1847 p. 372). 



278 

b. Id.j vue de coté. 

Sec. étage. 

Les figures \ —8 sont destinées à représenter 
les variations principales (Bull. 1847 p. 372 — 
398). de la Terebratula (Rhynchonella) tinpli- 
cata Phill. Les lettres indiquent les positions 
suivantes: 

a. Vue du coté de la valve ventrale, la térebratule 

couchée sur la dorsale. 

b. Vue du coté de la valve dorsale , la térebratule 

couchée sur la ventrale. 
b y . Deltidiurn grossi. 

c. Vue du coté du bord frontal 

d. Vue du coté de la charnière. 

e. Vue du coté du bord latéral. 

f. Vue du coté de la dorsale retenue dans la 

position propre à laisser voir toute la longueur 
du fossile. 

g. Position opposée, c. à. d. vue du coté de la 

dorsale, le fossile retenu dans la position à 
laisser voir toute sa longueur. 

Les figures représentent les variétés suivantes: 

Fig. 2. Terebratula (Rhynchonella) acuta Sow.? ou plutôt 
Tereb. tripllcata Phill. var. subacuta nob. (L. 
c. pag. 375). 

Moule intérieur d'un jeune individu. 

Fig. 3. Id., individu adulte. 

Fig. 4. Ter. (Rhynch.) bidcns (triplicata) Phill. var. 
primaria n. (L. c. pag. 377). 

Fig 5. Id., var secundaria n. (L. c.) 



279 

Fig. 6—7. Id., var. terCiana n. (L c.) 

Fig 8. Ter. ("Rhynch.) triplicata Phill. typica (L. g. 
pag. 376). 
Toutes du sec. étage. 

Fîg. 9. a. Tereb. fur dilata Theodori,. individu assez jeuue 
(L c. pag. 378). An nov. sp.? [T. Zeuschneri 
nob.) 

b. Id-, vue du coté du bord latéral. 
Tr. étage. 

Fig. 10. a. Tcrebratula furcillata Theodori, exemplaire 
adulte, grossi deux fois, vu du coté de la ven- 
trale (L, c.) 
1>. Id , vu du coté dé la dorsale. 

c. Id., vu du coté du bord frontal. 

d. Id., vu du coté du bord latéral. 

Fig. fi. A. Ter. scabra Fisch. (L. a. pag. 384),.valve dorsale 
vue en dedans. 
A'. Id., vue du coté de la charnière. 
B. Id.., valve ventrale vue en dedans, grossie (L. c). 

Fig 12. A, Ter. luna Fisch. (L. c. p. 388), valve dorsale 
vue en dedans. 
B. Id., valve ventrale vue en dedans, grossie. 

Fig* 42* k. Ter. bullata Sow.,. valve dorsale vue en dedans, 
grossie (L. c. pag. 389). 

B. Id.., vue du coté de la charnière. 

C. Coquille entière, vue- du coté du bord latéral» 
D- Id., vu du coté de la ventrale* 

La dorsale nous manque. 
Sec. étage-. 

Fig, 13. A. Ter perovulis Sow., valve ventrale vue en 
dedans. La charnière est fracturée à sa partie 
inférieure (L. c. pag. 390). 



280 

B. Id., vue du coté tle la charnière. 
Sec. élage. 

Fig.44.X. Ter. (Rhynch.) Fischeri Rouill. (non d'Orb.) 
(L. c. pag. 391). Valve dorsale vue en dedans. 

B. Id., grossie. 

C. Valve ventrale vue en dedans. 

D. Id., grossie. 

E. Valve dorsale vue du coté dn bord latéral. 

F. Moitié des deux valves opposées réunies- 

Celle dernière figrure et toutes les antëcé- 
dénies de la même espèce sont destinées à 
représenter la position des parties respectives 
de la charnière. 
Sec. étage, 

Fig, 45. A. Ter. pentatoma Fisch. (L. c. pag. 391), valve 
ventrale vue en dedans, grossie deux fois. 
B. Id., vue du coté de la charnière. 
Pr. élage. 



Tab G. 
(Bail. 1847 pag. 399-415). 



Fig. 46. a. Turbo Meyendor fii d'Orb. var. secundaria 
n. (L. c. p. 400), vue du coté de la bouche, 
b. Portion du tesl, grossie. 
Sec. étage. 

Fig. 47. a. Turbo Pu.se/iianits. d'Orb. var. secundaria n. 
(L. c. pa£. 400), vu du coié de la bouche. 



'281 

b. Portion du lest grossie . 
Sec. étage. 

Fig. iS. Turbo Panderianus n. (L. c pag. 441), vu du 
coté de la bouche. 
Sec. étage. 

Fig. 49. Buccinum incertain d'Orb. (L. c. pag. 402), 
moule avec reste du lest, du coté de la bouche. 

Sec. étage. 

Fig, 20. a. Pleur oto m aria Orbigniana nob. (L. c. pag 
402), vue du coté de la bouche. 

b. Id., vue du coté du sommet. 

c. Id., vue du coté de l'ombilic. 

d. Tort ion du test, grossie. 
Sec. étage. 

Fig. 24. Trochus monilitcctus Phill. (L. c. pag. 403), vu 
dû coté de la Louche, grossie 
Tr. étage. 

Fig. 22. Buccinum Keyserlingiannm Rouilk (L. c pag. 
404). Portion du lest fortement grossie. 

Coquille entière (Bull. 1846. B. C. f. 5.). 
Tr. étage. 

Fig. 23. a. Murex Puschianus n. (L. c. pag. 405.), vue 
du coté de la bouche, 
b. Id., vue du coté de la face extérieure, grossie 
deux fois. 
Tr. étage- 

Fig. 24 '. a. Panopaea Orbigniana nob. {Pholadomya 
dilata de Keyserl.?) vue du coté de la valve 
gauche (Bull. 1847 pag. 407). 
b. Portion du lest, grossie. 



282 

e, Id., vue du coté de la charnière, 
p. Id., fortement grossie, pour laisser voir la char- 
nière. 

Sec. étage, 

Fig.Vô.z. Opis lunulata S. (sp.) (Bull. -1817. p. 407), 
vue du coté de la valve gauche, grossie deu\ 
fois. 

b. Id., vue du coté du bord anal. 

c. Id., vue du coté du bord buccal. 

d. Id., valve droite, vue en dedans, d. gr. itat., 

les dents usées. 

e. Id., moule intérieur, vu du bord anal. 

f. Id., vu du coté du bord buccal. 

g. Id., vu du colé de la valve gauche. 

Sec. étage. 

Fig..26.A. Jsiarte ovata Phill. (Bull. 1847 pag. 41G). 
Charnière de la valve droite, vue en dedans, 
grossie deux fois. 

a. Sillon ligamentaire. En dessous les aymphes el 

la fossette ligamentaire. 

b. Dent ligamentaire. 

c. Fossette cardinale. 

d. Dent cardinale. 

e. Fossette lunulaire. 

f. Dent lunulaire. 

g. Sillon marginal antérieur, 
h. Sillon marginal postérieur. 

i. Comencement du bord bticcaî. 

B. Charnière de la valve gauche grossie deux foi*. 

a. Sillon ligamentaire. En dessous les nymphes, la 

fossette ligamentaire el la dent ligamentaire. 

b. Fossette lunulaire. 



283 

c. Dent cardinale. 

d. Fossette cardinale. 

e. Dent marginale antérieure. 

f. Dent lunulaire. 

h. Dent marginale postérieure. 

C. Id., valve droite, vu du coté du bord anal. 

D. Id., coquille entière vue du coté du bord buccal. 
Sec. étage. 

Fig. 91 . Astarte ovoïdes de Buch (sp.). Charnière de la 
valve droite (L. c. p. 412). 

a. Fossette lunulaire. 

b. Dent lunulaire (*). 

c. Fossette cardinale. 

d. Dent cardinale. 

é. Fossette ligamentaire. 
f. Nymphes. 
Sec. étage. 

Fig. 28. A. Astarte PanpLéri Rllr,. (Bull. 1847. pag. 413). 
Charnière de la valve droite, grossie. 

a. Dent lunulaire. 

b. Sillon marginal antérieur. 

c. Fossette lunulaire. 

d. Dent cardinale. 

e. Fossette cardinale. 

f. Nymphes. 

g. Sillon ligamentaire. 

h. Dent accessoire antérieure. 



(*) Au lieu de « b Dent ligamentaire » { Bull.. 18^7 p*o. JH2), lisez; 
Dent lunulaire." 



284 

i. Sillon marginal postérieur. 

B. Id., coquille vue du coté de la valve droite. 

C. Id., vue du coté de la charnière. 

D. Id., grossie deux fois. 
Sec. étage. 

Fig. 29. a. Astarteretrotracta n. {A. obtusa'de Keyserl.?}, 
valve gauche, de gr.nal. (L. c. p. 414). 

b. Id., grossie deux fois. 

c. Id., coquille, vue du cote de la charnière. 

d. Id., grossie. 

e. id., valve gauche vue en dedans, grossie. 

f. Ip., vue du coté de la charnière, grossie. 

Tr. étage. 



Tab. H. 

(Bull. 1847 pag. 418 — 436.) 

Fig. 30. A. Puschia planata S. (sp.)P Valve gauche vue 
en dedans (L. c. pag. 418). 

a. Fossette lunulaire. 

b. Dent lunulaire. 

c. Fossette cardinale. 

d. Dent cardinale. 

e. Fossette ligamentaire. 

f. Sillon ligamentaire. 

g. Lame marginale, 
h. Sillon marginal. 

B. Charnière de la valve droite {L. c) 

a. Fossette lunulaire. 

b. Dent lunulaire. 



285 

c. Fosselte cardinale. 

d. Dent cardinale. 

e. Fossette ligamentaire. 

f. Sillon ligamentaire. 

C. Coupe de la coquille dans la direction de sa 

longueur pour montrer la structure du lest, 
k. Couches concentriques. 
1. Strale composé de filaments perpendiculaires. 

Tr. étage. 

Fig. 31 . A. Lucina lyrata Phill. (L. c. p. 419). Valve 
droite vue en dedans. 

B. Coquille vue du coté de la charnière. 

Sec. étage. 

Fig. 32. A. Cyprina kharoschovensis nob. (L. c. p. 421 — 
421). Jeune individu vu du coté de la valve 
droite. 
B. Individu plus âgé. 
Sec. étage. 

Fig. 33. A. Cyprina kharoschovensis n. (L. c). Individu 
adulte, vu du coté de la valve gauche. 

B. Id., vu du coté de la charnière. 

C. Charnière de la valve gauche. 

a. Dent accessoire antérieure. 

b. Dent lunulaire. 

c. Fossette lunulaire. 

d. Dent cardinale. 

e. Fossette ligamentaire 

f. Fossette cardinale. 

g. Dent ligamentaire. 



286 

Fig, 34. A. Cyprina Cancriniana d'Orb. (L. c. p. 422), 

vue du colé de la valve droite. Jeune individu. 

B. Valve gauche de la même, vue en dedans, deux 

fois grossie, 
a. Dent accessoire antérieure- 
h. Dent lunulaire. 

c. Fossette lunulaire. 

d. Dent cardinale. 

e. Fossette ligamentaire. 

f. Fossette cardinale. 

g. Dent ligamentaire. 
Sec. étage. 

Fig. 35. A. Cucullaca elegans Fischer (sp.) (L. c. p. 423). 
Jeune individu vu du coté de la valve droite. 

B. Id., vu du colé de la charnière. 

C. Id., vue du colé de la valve gauche. 

D. Id , vue du coté de la charnière. 

E. Id., valve droite vue en dedans, grossie deux 

fois. 
Sec. étage. 

Fig. 36. A. Cucullaca concinna de Buch [non Phillips) 
(Bull. 1 847. p. 425.) Jeune individu vu du 
coté de la valve droite. 
B. Id., vue du coté de la charnière. 
G. Id., individu adulte, vu du coté de la valve 

droite. 
D. Td., vu du colé de la charnière. 
Sec. étage. 

Fig. 37. A. Cucullaca producta n. Moule d'un jeune indi- 
vidu vu du coté de la valve gauche (L. c. 
pag. 426). 
B. Id , vu du colé de la charnière. 



'287 

C. Id., individu adulle vu du coté de la valve 

gauche. 

D. Id., vu du colé de la charnière. 
Sec élage. 

Fig. 3S. Cucullaea comprcssiuscula nob. (L. c. p. 427), 
vue du coté de la valve gauche. 
B. Id., vu du colé de la charnière. 
Sec. étage. 

Fig. 39. A Cuc. Schourovskii nob., vue (L. c. p. 428.) 
du colé de la valve droite. 
B. Id., vue du colé de la charnière. 
Sec. élage. 
Fig 40. Pinna Hartmanni Ziet. Fragment. 
(L. c. pag. 429). 
B. Coupe transversale. 
Src. étage. 

Fig. 44. Paraîtra avec la planche 3. 

Fig. 42. A. Pecten spathulatus Roem., valve ventrale 
vue en dessus. 
B. Ll., vue en dedans. (L. c. p. 431J. 
Tr. étage. 

Fig. 43. Ostrca KharoscJwvensis Rllr. Valve venlrale vue 
en dedans. Le sillon disparait quelquefois sur 
la surface interne de la valve. 
B. Id-, valve dorsale vue en dessus. 
G. Id., vue du colé du bord anale. 
Sec. étage (L. c. p. 432). 

Fig. 44. Ostrea (Plicatula) producta nob. (L. c. p. 434). 
Vue du coté de la valve dorsale, grossie deux 
fois. 
B. Valve venlrale de la même, vue en dedans. 

/ -à 



288 

C. La même vue du coté du bord anal. 
Tr. étage. 

Fig. 45. \. Ostrea duriuscula Phill.?, vue du coté de la 
valve ventrale. Exemplaire de taille moyenne. 
B. Id., vue du coté de la valve dorsale. 
Sec. étage (L. c. p. 436). 



HOUILLIER ET VoSSINSKV. 



Ht LLETIN 



DE LA 



r f 



SOCIETE IMPERIALE 



DES NATURALISTES 



je: »]t«»Si«c:*>«J. 



Tome XXII. 



ANNÉE 18^9. 



N° I. 



MOSCOU, 

IMPRIMERIE W. GAUTIER. 

1849. 



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cl tT>mt> , *iTo6ti do OTne^aTaniii Dpe^cTaBjeHO ôWo ex 
l^encypHLiîi KoMHTeTi> y3aKOHeHnoe hhcao ^-3ewn./[flpoBT.. 
MocKEa ; 4eKa6pii 40-ro a\ui, 4 849 ro^a. 

Hencopz u KaeaAepu M. C/iezupees. 



IB TW IDE © 

PROGRESSIVES SUR LA GEOLOGIE 

DE MOSCOU. 



— ■ <>•©"■©*- 



TROISIÈME ÉTUDE. 



Variations de la Rhynchonella Fischeri. 

Table J. (*)'. 

Genre Rhynchonella. Fischer, Rllr. 

Le genre Rhynchonella établi par de Fischer en 
1809, et plus spécialement précisé par nous en 1847, 
a été assez généralement admis récemment sous le nom 
de Hypothyris ; cependant la première dénomination 
devra garder incontestablement la priorité , d'autant 
plus, que M r . de Fischer connaissait déjà en 1809 le 



(*) Ces figures ont été faites sur des exemplaires prove- 
nant des précieuses collections de M r Fahrenkohl et de M r 
Vosinsky. 

2V° I. 1849. 1 



4 

réseau qui caractérise ]e test , et le bec des vraies 
térébratules, comme d'Orbigny vien* de Padmetire. 

Rhynchonella Fischer. Térébratules, 1809. 
Rhynchonella Fisch. Rouillier: Bull. d. M. 1847, p. 39-1. 

sq. Diagnose du- genre. 
Rhjnchonella Rouill. Bull. 1848, p. 267. 
Hypothyris Phillips, Morris: Institut 1846, 19 Août. 
Hypothyris King. 

Hypothyris King. Leonh. et Bronn. Jahrb. 1847. 
Rhynchonella Fischer, d'Orbigny: Terr. cretac. pi. 492. 

49). etc. 
Rhynchonella Fischer, d'Orb. Arm. d. se. nat. 1847, Octo- 
bre et Novembre. 
Terebratula auct. 

Nous avons décrit ailleurs les principales varia- 
lions de deux Rhyncbonelles, la Eh. loxiœ Fiscb. (*) 
et la Eh. triplicata Pbill. (sp.) (**); étudions le dé- 
veloppement de la 

Rhtjnchonella Fischeri Ellr. 

Rouillier: Tcrebratula Fischeri. 1843. Bull. 1843 Rllr. p. 

808. 

Rouillier: Bull. d. M. 1844*. p. 633. « Eine der schônsten 
und grdssten Terebrateln, ein Mittelding zwischen T. 

concinna und T. tetraëdra, 

Bronn: Terebratula tetraëdra. Paleont. Collectan. 1843. 

p. 108. 



(•) Bull. 1844. p. 889. sq. 

(") Rllr. et Vosiusky Bull. 1847. p. 373. sq. 



F-ahrenkohl: Terebralula intermedia Lan). Bull. d. M 
1844, IV, u. 789. et 809. No 86. 

De Buch: Terebratula Fischeri des Moscovites, Bull. 1846, 

III. p. 250. 

Rouillier: Terebratula Fischeri, Bull. 1846. Tb. 13. f. 15. 

âgé, f. 18. var, planata. 
Rouillier: Terebratula Fischeri Rllr. (non d'Orb). L. c. 

1847. p. 391. Histoire. 

Rouillier et Vosinsky: Rhynchonella Fischeri Rllr. L. c. 

394.-394, p. Caractères du genre. 

Rouillier et Vosinsky: Rhynchonella Fischeri Rllr. Bull. 

1848. p. 280. Tab. F. f. 14. Analyse de la charnière. 

a. Varietates ex œtate. 

Avant d'entrer clans des détails, remarquons toute- 
fois, qu'il faut distinguer sur le test de ce genre trois 
espèces de lignes longitudinales marquées : 

a. Des plis inférieurs ou frontaux ( Bull. 1847 N. 
II. p. 381. ) qui apparaissent sur le bord frontal. 

b. Des plis supérieurs ou cardinaux ( lbid. ) qui 
recouvrent la partie supérieure des valves dans le 
groupe des Dichotomœ de Buch et des Duplicatas 
nob., (*) et naissent ou de la divisions des inférieurs, 
ou par incalations. 

c. Des stries élémentaires dues à la structure du 
test, qui apparaissent surtout lorsque celui-ci com- 
mence à se désagréger et tombent même en fila— 



(*) Bull M. 1847. p 381-382. 



6 

ments asbestoides, comme nous l'avons remarqué pour 
la Rhynchonella loxiœ Fisch. (*), la Rh. oxyoptycha 
(**) et la Rh. triplicata Phill. (***). 

Or revenons à notre espèce. i 

1. Var. Pulla. La plus petite taille que nous connais- 
sons à ce fossile est figurée Tab. J. fig. 57. Il ne 
présente aucun caractère de l'espèce, pas même 
celui de la tribu , de sorte que si nous ne l'avions 
trouvée attachée à un individu plus âgé ( Fig. 59 ), 
nous serions disposés à la rapporter à une espèce 
toute différente, p. e. à la Rh. oxyoptycha. Forme 
ovoide , ayant la plus grande largeur sur son tiers 
inférieur, l'oreillette déjà prononcée. 

2. Mais ce qui la fait surtout remarquer, est le ca- 
ractère d'être recouverte de plis différents de ceux 
qui recouvrent le restant de la coquille qui se dé- 
veloppe avec l'âge. Le nombre des premiers est plus 
grands que celui des seconds. Les plis supérieurs 
moins larges sont arrondis , tandis que les inférieurs 
ont le dos très aigu. Par cette duplicité de plis 
cette espèce se rapproche des Dichotomœ et des 
Duplicatœ nob. (****). 



(*) Bull. M. 1844. p. 889. sq. 

(**) Nous avons prouvé ailleurs ( Bull. 1846 p. 448 ) qu'il 
faudrait restituer à cette térébratule son nom primitif T. pen- 
taioma Fisch.; mais comme depuis Konninck a apellé ainsi 
tin fossile du calcaire de montagne , nous accepterons pour 
noire espèce la nouvelle dénomination de M. Fischer. 

(*'**) Bull. d. M. 1847 p. 362 — 378. 

(****) Bull. 1847. p. 381-382. 



3. Ce rapprochement est encore d'autant plus mar- 
qué, que la coquille très jeune se détache quelque- 
fois (Fig. 59.) sur l'individu plus âgé, de sorte que 
les plis inférieurs apparaissent alors nettement limi- 
tés des plis supérieurs. Du reste ce caractère incon- 
stant dans les deux tribus citées, l'est encore moins 
dans notre espèce ; nous ne l'avons même vu que 
sur un seul individu sur une centaine d'exemplaire , 
mais alors même que la plaque qui porte les plis 
supérieurs n'est pas détachée il y a encore différence 
dans les plis. 

4. La réunion de deux ou trois plis supérieurs en 
un seul inférieur a lieu lorsque le fossile a environ 
6 mm. de longueur sur 7 mm. de largeur. 

5. A partir de ce moment la ventrale se relève 
de plus en plus de sorte que dans l'âge avancé toute 
la partie qui porte les plis supérieurs se trouve 
perpendiculairement placée sur la charnière et la dor- 
sale. La surface de plis inférieurs tombe vers le 
front. 

6. L'accroissement en épaisseur se fait surtout au 
dépens de la ventrale, comme ceci a assez généra- 
lement lieu dans les espèces de celte tribu. La dor- 
sale n'est arquée que sur la partie des plis supé- 
rieurs , le restant se développe à peu près sur un 
plan droit. 

7. La plus forte épaisseur du fossile se trouve sur 
le bord frontal, de sorte que vu de côté il présente 
l'aspect des Pugnaceœ. Ce caractère est constant 



8 

jusqu'à un certain âge; alors le bord froulal , rejeté 
en arrière de plus en plus par le renflement de la 
ventrale , occupe encore la plus forte épaisseur de 
la coquille, mais il vient se placer sur la limite du 
second tiers et du tiers inférieur. Ce passage de la 
forme des Concinneœ par les Pugnaceœ a déjà été 
signalé dans l'histoire de la Rh. loxiœ. Serait-ce une 
régie constante dans le développement des Conçin- 
neœl 

8. Du reste notre espèce est une Continuée : car 
alors même qu'elle garde encore le profil des Pug* 
nacece, elle présente , vue perpendiculairement à la 
ventrale, trois parties nettement détachées : le corps 
et deux ailes latérales, 

9. Celte séparation n'a pas encore lieu sur des 
individus de 12 mm. longueur et 14 mm. de lar- 
geur (Fig. 58) , mais elle est déjà indiquée sur des 
individus ayant 18 mm. de longueur et 20 mm. de 
largeur (Fig. 59). Appelons cette première forme, 
qui est encore caractérisée par l'apparition de plis 
inférieurs aigus Far. junior, et indiquons par var. ju- 
venilis les individus (Fig. 60) où le détachement des 
trois parties est nettement marqué. Ces dénomina- 
tions indiqueront autant de phases dans le dévelop- 
pement de celle belle espèce. 

10. Le fossile est constamment plus long que haut 
ou épais, cependant la longueur augmente bien moins 
rapidement que la hauteur. Pans la car. pulla lon- 
gueur 100, hauteur 50; dans la var. jiunior longueur 



100, hauteur 83; dans la var. juvéniles longueur 100, 
hauteur; et dans les individus complètement dévelop- 
pés (Bull. 1846 Tab. B. fig. 15) la hauteur n'est 
que près de 0,85 de la largueur. 

11. Le diamètre qui varie le plus et qui acquiert 
aussi le plus d'étendue, est la largueur. Egale à la 
longueur dans la var. pulla ( Fig. 57 ) la largeur la 
surpasse déjà dans la var. junior d'un septième et 
dans la var, juvenilis d'un cinquième. 

12. Dans la var. adulta (Fig. 64) la hauteur sur- 
passe déjà la longueur, mais cède en beaucoup à la 
largeur. Longueur 100, hauteur 104, largeur 160. 

13. Le lobe médian accroit surtout en hauteur et 
ne s'avance presque pas en devant du bord frontal, 
ce qui distingue l'espèce de la fih. ( Terebratula ) 
trilobata Muenst. 

14. Cet accroissement en épaisseur est dans l'âge 
avancé tel, que les deux valves se louchent sur les 
côtés sous une ligne perpendiculaire ( Var. senior 
Bull. 1846. pi. B.'f. 15.)- 

En résumé notre espèce présente cinq phases mar- 
quées, indiquant autant de dégrés de développement 
« progressif, dont les caractères peuvent être analysés 
ainsi qu'il suit: 



10 



Variétés d'âge. 




Division en 


Rapport des di- 


Tab. J. 


Plis. 






Bull. 1849. 




corps et ailes. 


mensions. 


V. pulla. 


Plis supérieurs 


Non divisé en 


Longueur égale à 


(Fig. 57.}. 


sans inférieurs. 


corps et ailes. 


la largeur, et plus 
forte que la hau- 
teur. 


V . junior. 


Plis supérieurs 


Idem. 


Longueur dépas- 


(Fig. 58.). 


et inférieurs. 




sant la largeur 
et la hauteur. 


V. juvenilis. 


Idem. 


Division mar- 


Idem. 


(Fig. 60.). 




quée. 




V. aclalta. 


Idem. 


Idem. 


Longueur infé- 


(Fig: 64.). 






rieure à la hau- 
teur et à la lar- 
geur. 


V. senior. 


Idem. 


Idem. 


Valves réunies 


Bull. 1846. 






sur les côtés sous 


(Tab. B. f. 15). 






un plan perpen- 
diculaire. 



/?. Varietatcs fortuitœ. 

Les variations accidentelles intéressent A.) la for- 
me générale, B.) le nombre des plis inférieurs, G.) 
la forme du bec et l'angle cardinal, D.) la symétrie et 
enfin E. ) la séparation des plis supérieurs des in- 
férieurs. 

A. Variations de forme générale. 

Les mieux marquées sont: 



11 

1. Far. globosa (Tab. J. fig. 61). La différence 
des trois dimensions est moindre que ne l'apporte l'âge 
dans le développement progressif, - la dorsale plus 
bombée , non applatie sur sou milieu , mais faisant 
une courbe ressortanle, régulière. Le maximum de 
hauteur non sur le bord frontal , mais presque sur 
le milieu de la ventrale. 

2. Far. explanata. La hauteur moins forte et les 
trois parties du fossile moins nettement indiquées 
que ne les nécessiterait l'âge ( Tab. J. f. 62, 63. ) 
La ventrale moins bombée sur son tiers supérieur. 

3. Far. planata (Tab. B. f. 18). Hauteur moindre, 
corps et ailes faiblement indiqués. Diffère surtout de 
la var. globosa en ce que la dorsale est moins bom- 
bée et la largeur est plus grande , ce qui rend la 
forme moins globuleuse et la rapproche des Rh. 
( Terebratula ) quatuor plicata Z. et Rh. quinquepli- 
cata Z. sp. 

B. Fariétés produites par le nombre de plis inférieurs 
ou frontaux. 

Le nombre des plis sur le bourrelet varie de 
2-4: 

1. Far. quatuorplicata , la plus commune , donc 
celle que l'on pourrait nommer la normale (Tab. B. 
f. 15 et 18; Tab. J. f. 62, 65. 

2. Far. triplicata (Tab. J. f. 61, 64.). 

3. Far. biplicata (Tab. J. f. 58, 63.). Cette der- 



12 

nière est surtout intéressante, eu ce que les plis 
dans l'âge adulte deviennent très largement espacés 
(Tab. J. f. 63.)- 

Les ailes portent ordinairement trois plis saillants 
avec un ou deux moins bien marqués. 

C. Variétés du bec et de l'angle cardinal. 

Ordinairement l'angle cardinal est plus petit qu'un 
droit, c'est du moins la norme pour les exemplaires 
qui n'ont pas acquis le maximum de grandeur pos- 
sible. Dans ces derniers l'angle cardinal est presque 
droit et même plus ouvert que celui-ci (Tab. B. f. 
15.). Dans les premiers les bords cardinaux forment 
des courbes rentrantes, dans les seconds ils sont rec- 
tilignes. 

L/ angle cardinal varie de 115° à 97°. 
Les exemplaires au bec très ressortant, effilé (Tab. 
J. f. 62.) Far. rostrata, ne sont pas rares. 

D. Variétés produites par le dérangement de simétrie. 

Comme toutes les Concinneœ , notre espèce pré- 
sente souvent des exemplaires dont la symétrie est 
dérangée. Cette dislocation intéresse ou le lobe 
médian (Tab. J. f. 61) ou les ailes (Fig. 64); les 
parties sont portées de côté plutôt que dérangées 
dans le sens vertical : nous n'avons pas vu d'indivi- 
du dont un côté soit relevé tandis que l'autre s'abais- 
se comme dans la T. inconstans. 



13 



E. Variétés produites par l'arrangement mutuel des 

plis. 

Nous n'avons pas besoin de revenir sur ce point ; 
remarquons toutefois que le cas le plus rare est 
présenté par les exemplaires sur les quels la co- 
quille très jeune se détache en forme de plaque 
( var. disjuncta Tab. J. f. 69.). 

Résumons nous : 

1. L'histoire du développement progressif de notre 
espèce présente un passage et une transformation 
des Pugnaceœ aux Concinneœ , ce que nous avons 
déjà remarqué à l'occasion de la Rhynchonella loxiœ 
Fisch. Notre espèce appartient à cette dernière 
tribu. 

2. L'âge amène aussi la transformation des Injla- 
tœ en Alatœ. 

3. Les variations accidentelles indiquent combien 
le passage des Concinneœ injlatae aux Concinneae 
Alatae est facile. Cependant le plus souvent il y a di- 
vision en corps et ailes. 

4. Les Dichotomae de Buch et les Duplicatae nob. 
ne sont pas les seules dont le test est recouvert de 
deux genres de plis : ceci peut avoir lieu à certain 
degré dans d'autres Rhynchonelles , et spécialement 
dans la Rh. Fischeri Rllr. Nous aurons prochaine- 
ment occasion d'étudier un autre exemple de ce phé- 
nomène. 

5. Notre espèce vient se placer entre la Rh tri- 



14 

lobata Mûnst. sp. eliaRh. tetraidra S. sp. surtout ses 
variétés Rh. quadriplicata Z. sp. etRh. quinqueplicata 
Z. sp. Une autre forme voisine est la Rh. intermedia 
Lam. sp. (Encycl. inéth. pi. 243. f. 3. a. b.). Cepen- 
dent l'accroissement plus en largeur, les deux genres 
de plis disparaissant presque vers la charnière, l'o- 
reillette aréale très grande, portant à sa partie supé- 
rieure une autre dent arrondie assez prononcée, et 
logée, ainsi que la partie correspondante de la ven- 
trale, dans une profonde dépression ; enfin et sur- 
tout, l'histoire du développement progressif, suffiront 
pour distinguer notre espèce de toute forme voi- 
sine. 

6. La Rhynchonella Fischeri, la plus belle espèce 
de térébratules du second étage, comme la Rh. oxy- 
optycha Fisch. l'est du premier, présente cinq pha- 
ses tranchées de développement progressif et plus de 
dix variations accidentelles, donc en général plus de 
15 variétés. Un caractère constant, qui se répète dans 
toutes les variétés, est la grandeur et la profondeur 
de l'oreillette et de Varea. Il serait intéressant de com- 
parer ces variétés à celles de la Rh. quadriplicata 
Z. sp. et la Rh. quinqueplicata Z. sp. dans le ju- 
ra du Wurtemberg, qui, selon Quenstœdt , sont très 
fréquentes. 



15 

EXPLICATION DES FIGURES. (*) 

Tab. J. 

I. 

Figures appartenantes a l'étude précédente 
( 2 d0 Étude, Bull. 1847 ). 

Fig. 46. Gryphœa signata n. sp. ( L. c. p. 437. ). 

a Vue du côté de la valve dorsale, grossie. 

b. Vue du côté du bord postérieur. 

c. « « de la valve ventrale. 

Fig. 47. Cidarites elegans n. sp. ( L. c. p. 439 ). 

a. Aculeus major, grossi deux fois. 

b. Pointe du même, grossi deux fois. 

c. Deux séries linéaires de tubercules fortement grossis» 

d. Plusieurs séries, à un grossissement moindre. 

e. Aculeus minor, gr. nat. 

f. Idem, du côté de la face articulaire, grossi. 

g. Idem, fortement grossi. 

h. Fragment d'un autre exemplaire, 
i. Idem fortement grossi. 

Fig. 48. Cidarites subelegans n. sp. ( L. c. p. 439). 

a. Fragment trois fois grossi. 

b. Idem, fortemant grossi. 

Fig. 49. (}, Paraîtra avec la planche suivante. 
Fig. 50. De même, 

Fig. 51. Cidarites anceps n. sp. (L. c. p. 441.) grossi deux 
fois Var. u . 



(*) Les figures sont de grandeur naturelle toutes les fois que l'on n'a 
pas marqué expressément le contraire. 



16 

a Fragment avec la coupe transversale à son extrémité 
inférieure. 

b. Autre fragment avec son pétiole et deux coupes trans- 
versales aux deux extrémités. 

Fig. 52. Cidarites spiniger n. sp. Far. «. ( L. c. p. 442 ), 
avec les deux coupes transversales. 

Fig t 53. Far. fi. de la même espèce ( L. c. p. 442). 

a. b. Deux fragments avec les deux coupes transversales. 

Fig. 54. Paraîtra avec la planche suivante. 

Fig. 55. Pecopteris Auerbachiana Rllr. (L. c. p. 444. ) Em- 
preinte de la face inférieure. 

Fig: 56. Cicadites Brongniarti Roem. (L. c. p. 446. ) Empreinte 
de la fronde du côté de la face inférieure. 

a. Portion de la fronde gr. ri. 

b. Coupe du rachis. 

c. Portion d'une penne, fortement' grossie. 

11. 

Figures appartenantes a la Troisième étude. 

Les figures 57 — 65 indiquent autant de variétés marquées 
de la Rhynehonella Fischeri Rouill. Les mêmes let- 
tres indiquent toujours les mêmes parties et les mê- 
mes positions. 

a. Térébratulc vue sur la valve ventrale, 
a". Deltidium grossi. 

a'. Vue sur la ventrale, retenue dans une position propre à 
laisser voir toute la longueur de la coquille» 

b. Vue du côté de l'a valve dorsale, couchée sur la ven- 
trale. 

b'. Vue du côté de la dorsale, retenue dans la position 
propre à laisser voir la valve dorsale presque entière. 



17 

c. Vue du côté du bord latéral. 

d. Vue du côté du bord frontal. 

e. Vue du côté des crochets. 

Nous avons figuré les variétés suivantes: 

Fi g. 57. Far. pulla. 

58. — junior, biplicata. 

59. — disjuncta. 

60. — juvenilis, 4-plicala. 

6t. — globosa, juvenilis, non simetrica. 

62. — explanata, 4-plicata, rostrata. 

63. — explanata, adulta, biplicata- 

64. — adulta, triplicata, reversa, non simetrica. 

65. — adulta, quadriplicata ( typica ). 

Pour compléter cette série de formes, ajoutons deux exem- 
plaires que nous avons figurés ailleurs: 

1) Far. planata Bull. M. 1846. Tab. B. f. 18. a-d. 

2) Far, senior ( typus ). lbid. f. 15. a — e. 

C. RODILLTER. 



Le 8 Avril 1848. 



A r ° /. 1849. 2 



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Bullet.lMb9ïkb.J. 




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Bullet.l8%91kb.J. 




T.oheinlew.dcl. 



Rouilller di 



BULLETIN 



DE LA 



r -T 



SOCIETE IMPERIALE 



DES NATURALISTES 



M9K3 ]»K«»S5«=:«3ftVL7.. 



Tome XXII. 



ANNÉE 18^-9. 



N° II. 



MOSCOU, 

Imprimerib W. Gautier. 

1849. 



nEIATATB JL03B0AXBTCO. 



et tëwb , HTo6bi no OTnenaTaHiH npe^cTaBJieHO 6wjio b% 
IÇeHcypHbiîi KoMHTeTt y3aKOHeHHoe hhcao ^meMniapon-h, 
MocKea , MapTa 8-ro ahh, 4 849 roaa. 

Ifencopn u Kaecuiepz H. Cnezupeen. 






El* W® E© 

PROGRESSIVES SUR LA GÉOLOGIE 
DE MOSCOU. 



QUATRIÈME ÉTUDE. 

(Tab. K. f. 66—84.) 

60. 

NUMMULINA ANTTQUIOR nob. (*) 

(Fig. 66-78.) 

Description. Nurnmuline lenticulaire, ovale, aux an- 
gles obronds, faiblement accusés et irréguliers. Dos 
comprimé , sub-aigu. Face supérieure obrondo- 
conique , beaucoup plus convexe que la face infé- 
rieure, qui est presque plane à son milieu. Par- 



(*) Présentée à la Société le 16 Décembre 1848. Bull. 1848, N" 
II. p. 365. 

m IL 1849. 22 



338 

faitement lisse, sans traces de mamellon ombilical ni 
de tubercules rapprochés vers l'ombilic ou parsemés 
sur les faces. Tours de spire parfaitement embras- 
sants à tous les âges. Feuillets du test très épaissis, 
surtout vers les deux faces de l'ombilic, sur le dos 
près du pourtour amincis , laissant entre deux 
feuillets un espace vide. Cette structure des feuillets 
est certainement la cause de ce que la Nnmmuline 
se fend très aisément , sans aucune précaution , en 
deux moitiés inégal emment convexes , dans la direc- 
tion du plan horizontal (*). Alors on peut séparer 
plusieurs feuillets ayant la forme d'un verre de mon- 
tre ( surtout le feuillet inférieur ) et posés l'un dans 
l'autre. 

Coupe horizontale passant par le milieu du dos 
comprimé , présentant le pourtour divisé en loges 
parfaites, inégales, irrégulières, à cloisons extérieure- 
ment convexes. Loges d'un pourtour ne faisant pas 
ligne continue avec une des cloisons du tour juxtapo- 
sé. Deux cloisons appartenant à deux tours super- 
posées, n'observant dans leur position ni alternance y 
ni concordance. 

Première loge beaucoup plus grande que les 
autres , ronde , ou à peu près telle , ce qui 
donne à la coquille du jeune âge une forme très 
différente, les applatissements périphériques ne cora- 



(*) Le Comte Keyserling explique ce fendillement des nummuli- 
nes par le mode de communication des loges. Verhandlungen der Kai- 
ser!. Minerai. Gesells. zu St. Petersb. 1847 p. 18. 



330 

mençant à apparaître qu'avec Facroissemeut du se- 
cond lour. 

Le feuillet supérieur présente des caractères diffé- 
rents de ceux de l'inférieur. La face extérieure des 
deux feuillets est, comme nous Pavons déjà remar- 
qué, parfaitement lisse, et cependant si l'on enlève 
un feuillet supérieur ( c. à. d. un de ceux qui sont 
les plus convexes et tournés du côté de l'ombilic su- 
périeur ), on le voit récouvert de lignes régulières, 
continues, élevées, rayonnantes de l'ombilic vers le 
pourtour et passant immédiatement, sans interruption 
ni déviation, aux cloisons des loges, ce qui se laisse 
facilement expliquer par le mode d'accroissement. 
A mesure que les feuillets supérieurs s'enroulent , il 
apparait vers le pourtour extérieur une cloison , qui 
traversant l'espace vide périphérique entre deux 
tours , vient s'appliquer sur le dos du tour antécé- 
dent, et laissant vers la face inférieure du test ou les 
feuillets inférieurs un espace vide, se dirige en en- 
tier vers l'ombilic supérieur , entre les deux faces 
opposées de deux feuillets supérieurs. Ces cloisons 
naissent de la face intérieure du dos , et il arrive 
quelquefois qu'elles ne touchent pas dans toute leur 
continuité le feuillet sus-posé, comme ceci est géné- 
ral pour le genre Fusulina. Il est évident que les 
loges communiquent réciproquemment par le vide 
des cloisons, qui reste au pieds de leur application 
au dos du tour précédent. De plus, les cloisons dis- 
paraissent assez brusquement sur l'intérieur du feuil- 
let inférieur, près de sa périphérie , ce qui donne 
aux deux faces opposées de la Nummuline, lorsque 



340 

les deux feuillets ont été enlevés , un aspect cliffé-? 
rent. 

Nous n'avons pu découvrir d'ouvertures sur les 
cloisons, comme il est permis de le voir quelquefois sur 
les vraies Nummulines ; néanmoins les loges commu- 
niquent par le vide restant au pied des cloisons , 
comme l'a signalé récemment M r . G. A. Mantell 
dans des exemplaires fossiles de Nummulines conser- 
vées dans de la craie et des pyromaches (.*). 

Variations. 1. La principale est, comme nous l'a- 
vons déjà rémarqué , le changement de forme de la 
première loge et du test en général , apporté par 
l'âge. La coquille à une cellule est presque ronde , 
les plus jeunes sont respectivement plus convexes sur 
leur face supérieure que les plus développées. 

2. Une variété accidentelle est produite par le dé- 
rangement de régularité , par un rétrécissement de 
tours en général très rapprochés. 

3. Nous avons devant les yeux un échantillon qui 
parait appartenir , si non à une espèce différente, 
du moins à une variété assez bien marquée par 



(*) On the Fossil Remains of the soht parts of Foraminifera dis^ 
covered in the Chai : and Flint of the Southeast of England (Ame- 
rec. Journ. of Se and arts , by Sillimann and Dana. Sec. Ser. N° 
13. February 1848 p. 70 — 74). Mantell appelé ce fossile Rotalia 
(Mantell 1. c. p. 72 f. 2 ); à juger d'après la coupe donné, Je fo- 
rarainifére appartient plutôt au genre Rotalia Montf. c. à. d. à 
Nummulina d'Orb., cpi'à Rotalia Lam. ou Rotalina et Gjroidi- 
na d'Orb. 



341 

un plus petit nombre de grandes loges, des cloisons 
plus régulières et largement espacées. 

Rapports et différences. Ce n'est pas sans hésiter 
que nous avons rangé notre fossile dans le genre 
Nummuline. A. la vérité noire coquille présente 
les caractères assignés à ce genre par d'Orbigny 
dans son dernier ouvrage (*) : « Coquille libre, équi- 
latérale, orbiculaire ou discoïdale, épaisse, encroûtée, 
sans appendices à son pourtour , formée d'une spire 
embrassante , à tours très rapprochés et nombreux ; 
le dernier , toujours marqué dans le jeune âge, est 
souvent impossible à retrouver dans Page adulte. Lo- 
ges petites, courtes, rapprochées, très nombreuses, la 
dernière faisant saillie dans le jeune âge , mais peu 
distincte dans les vieux individus , percée d'une ou- 
verture transversale linéaire contre le retour de la 
spire, souvent masquée dans Vâge adulte. » 

Quant aux traits différentiels entre les Nummuli- 
nes et les Nonionines, d'Orbigny signale surtout com- 
me apanage du premier genre une forme plus lenti- 
culaire, plus anguleuse , le lest plus épaissi , et le 
dernier tour si étroit chez les adultes , qu'il cesse 
d'être visible. Pour le second genre, d'Orbigny relè- 
ve surtout la forme moins comprimée , à dos arron- 
di, quelquefois bulloïde , d'une contexture quelque- 
fois vitreuse , composée de loges arquées , se rejoi- 
gnant toujours aux retours de la spire et au centre 
ombilical. 

(*). Foraminifères fossiles du bassin de Vienne etc. Paris t846. 
p, 113 — 114. 



342 

IJ parait donc, qu'il faudra ranger noire fossile , 
comme espèce ou même comme sous-genre, entre les 
Nonionines et les Nummulines , plus rapproché de 
ces dernières , desquelles du reste il diffère : par 
la première loge parfaitement ronde , les cloisons 
extérieurement arquées , ce qui est contraire aux 
meilleures figures que nous avons pu consulter. 

Notre Nummuline présente clairement la spirale, 
que Schafhâutl (*) avait niée dans ce genre, et sur 
laquelle le Comte Reyserling a tout récemment diri- 
gé l'attention (**). D'après ce même savant, le nom- 
bre assez grand d'espèces de ce genre , que d'Or- 
bigny trouvait fort confus en 1826 (***) et que Bronn 
avouait ne pouvoir encore distinguer en 1838 (****) > 
compose deux grouppes assez distincts : 

a. Spire simple, comme dans la Nummulina lœvi- 
gata. 

b. Spire multiple, comme dans une espèce pro- 
venant de Mokattam près de Kahiro , dont la spire 
présente plusieurs lignes involvées sur le même plan, 
de manière que si l'on en poursuit une , jusqu'à 
la fin du tour, on se verra éloigné du point de dé- 
part par plusieurs lignes intercalées de loges. Notre 
espèce en conséquence appartient au groupe à 
spire simple Keys. 



(*) Bronn und Leonch. Jahrb. 1846 p. 406. sq. 

H L. c. p. 19. 

(***) Ann. d. Se. Nat. 1826. 

(****) Leth. geog. II. p. 1131. 



343 

Le Comte Keyserling d'après une élude faite au 
inusée de Vienne sur les Nummulines de son bassin, 
pense (*), que les cloisons de ce genre ne sont que 
périphériques , que le plus souvent elles ne conti- 
nuent pas sur la convexité des feuillets concentriques 
sur lesquels ou ne voit que des tubercules ( des 
pores remplis, disposés en rayon ), et que d'Orbigny 
en représentant sur les Nummulines des cloisons en- 
tières , comme à peu près dans les Nautiles , sup- 
pléait théoréthiquement à la nature. Si toutefois no- 
tre espèce est une Nummuline , on ne pourrait pas 
lui appliquer l'opinion de Mr. Keyserling : notre fos- 
sile laisse voir des lignes rayonnantes , élevées , ré- 
gulières , passant insensiblement aux cloisons péri- 
phériques. Il se pourrait donc que, sous le rapport 
des cloisons comme sous celui de la spirale, on doit 
diviser les Nummulines en deux grouppes. En y 
ajoutant la forme , la grandeur et le nombre de lo- 
ges, la direction respective des cloisons, la forme de 
la première loge, les caractères extérieurs du fossile 
etc. on aura un nombre suffisant de caractères pour 
distinguer au moins les principales espèces de Num- 
mulines, et l'on conviendra avec d'Orbigny et de 
Keyserling, que les espèces de ce genre se laissent 
clairement préciser : les foraminifères d'après le pre- 
mier savant peuvent dans tout les cas servir à dé- 
terminer l'âge d'un terrain géologique. 

Dimensions. Hauteur 3 mm., largeur 5 mm., pour 
de jeunes exemplaires. Cependant le fossile pou- 

(*) L. c. p. 19. 



344 

vait atteindre une taille assez forte qui est un carac- 
tère assez exclusif des Nummulines. Un fragment 
périphérique des feuillets inférieurs ( fig. 73 ) a 9 mm. 
de largeur et 12 mm. de longueur. 

Gisement. Nos exemplaires ( une quinzaine ) sont 
empâtés dans du calcaire de montagne exploité à 
Miatschkovo. D'Orbigny donne l'aperçu suivant de la 
répartition géologique des foraminifères , d'après les 
données positives qui lui ont été connues, lors de la 
publication de sou dernier ouvrage (*): 

Terrain carbonifère 1 genre 1 espèce 

— jurassique 5 genres 20 espèces 

— crétacé 34 genres 280 espèces 

— tertiaire 56 genres 450 espèces 
Epoque actuelle : 68 genres 1000 espèces. 

L'auteur d'une analyse de cet ouvrage classique, 
insérée dans un journal américain (**), rapporte exacte- 
ment les mêmes chiffres, d'où l'on pourrait conclu- 
re que les terrains du Nouveau Monde n'ont pas 
donné d'autres résultats. D'Orbigny insiste surtout 
sur le fait très important, que les Nummulines n'ont 
été trouvées que dans les terrains tertiaires, et qu'elles 
manquent même dans la craie supérieure, comme sur 
la montagne de St. Pierre à Màestrieh. 

Depuis la publication des Foraminifères de Vienne, 



(*) L. c. p. XXXIII. 

(**) Americ. Journ. of Se. and arts, by SUlimaim and Dana, 1847 
Sec. Ser. JN° 12. Novemb. p. 453. 



345 

la question de leur répartition géologique a un peu 
changé. Relevons les faits suivants : 

1. L'un de nous avait sigualé en 1845 , dans un 
discours prononcé à l'Université (p. 23 nota 30), que 
la Fusulina depressa Fisch. n'est que la coupe trans- 
versale de la Fusulina cylindrica, et qu'ainsi les deux 
espèces de ce genre devaient être réduites à une seu- 
le, ce que depuis d'Orbigny a confirmé (*). 

2. Il est à remarquer, que d'Orbigny, qui en trai- 
tant de la Fusulina , cite les pages 126 — 127 de 
VOrycto graphie, ne tient pas compte de deux espè- 
ces de foraminifères du genre Spirolina , décrites 
et figurées sur la même page ( Sp. sulcata p. 127 
pi. XII. 3 a, b, c. ; Sp. denticulata p. 127 pi. XII. 
f. 4 ) par Mr. de Fischer, comme provenant du cal- 
caire de Miatschkovo. Mr. d'Orbigny n'en parle 
nulle part, que nous sachions. Il faudra donc por- 
ter le nombre des foraminifères repartis dans le cal- 
caire de montagne à deux genres déjà connus, et y 
ajouter un troisième, la Nummuline que nous venons 
de décrire. Ces trois genres comptent trois espèces 
bien précises avec deux formes de moins marquées. 

Ces genres appartiennent à l'ordre des Hélicostè- 
gues, à la famille des JSautiloides, qui est donc la plus, 
ancienne sur le globe. 

3. Moscou et son calcaire découvert dans plusieurs 



(*) Murchison, de Verneuil, de Keyserling: Russia , II. p. 16. 
pi, I. f. 1 a — f. Foraminifères de Vienne p. 112, pi. XXI. f. 
15—17. 



34G 

gonvernemeiis ont jusqu'à présent présenté seuls ces 
trois genres. Ajoutons aux localités connues pour le gise- 
ment cle la Fusulina une nouvelle, que l'un de nous a si- 
gnalée à la Société lors de sa séance du (*) 16 Décembre. 
On voit à Amirovo , sur la rive gauche de la Klias- 
raa, à 25 verstes à peu près de la capitale, des couches 
entières de Fusulina intercalées dans le calcaire de 
montagne, caractérisées par plusieurs traits particuliers, 
et surtout par l'absence du Spirifer mosquensis. Nous 
reviendrons bientôt sur cette localité intéressante. 

4. Le professeur Zeuschner vient de signaler la 
présence des Nummulines dans des couches recou- 
vertes par le grès vert (**) , superposées immédiate- 
ment au lias, et faisant partie de la formation créta- 
cée inférieure (Néocomien) dans les Carpathes. Le 
genre / Nummuline parait donc avoir existé à quatre 
époques géologiques différentes ( époque de la dé- 
position du calcaire de montagne , celles du crétacé 
inférieure et du tertiaire, et époque contemporaine ). 

61, 

Trigonia Falcki 71. sp. 

(Fig. 79.). 

Coquille sub-quadrangulaire , très inéquilalérale, 
épaisse. Bord cardinal droit, portant des traces bien 



) Rouillier : Bull. 1849. 

*) Verhandl. d. Miner. Gcscll. zu Petcrb. 1847. p. 75, 90. etc. 



347 

marquées de dents. Bord buccal convexe, passant in- 
sensiblement sous un angle obtus, très arrondi , au 
bord paléal convexe , évasé un peu en avant de 
l'impression musculaire postérieure. Bord postérieur 
presque droit. Les quatre bords se dirigent dans 
deux sens différents : le cardinal et le paléal vont 
en arrière en se rapprochant de buccal, et Fanal se 
rapproche du côté du bord cardinal. Delà la plus pe- 
tite hauteur de la coquille vers le bord anal, la plus 
grande un peu en arrière du bord buccal , sur la 
limite du premier tiers de la longueur. Les quatre 
angles arrondis, le buccal supérieur d'avantage que 
les deux postérieurs, et le buccal inférieur parfaite- 
ment rond. Grochets peu ressortant ( nous ne con- 
naissons que l'empreinte du fossile ) , placé sur la 
limite du premier et du second tiers de la longueur 
totale du test. La plus forte épaisseur sur le milieu, 
ou un peu en avant de lui ; elle diminue rapide- 
ment en arrière. Test divisé à l'extérieur en trois 
plans, dont le premier, le moins large, est recouvert 
de côtes concentriques ( nous en distinguons sept ), 
du moins sur sa partie supérieure. Le plan médian, 
le plus large , est marqué de cinq côtes fortement 
prononcés, rayonnant de la partie postéro-supérieur 
des crochets. Une sixième côte droite , la plus lon- 
gue de toutes, les quelles en général sont d'autant plus 
courtes qu'elles sont plus rapprochés du bord paléal, 
est juste en avant de l'impression musculaire postérieu- 
re, et limite le plan médian du plan anal. Impression 
paléale rapprochée du bord paléal. Impressions mus- 
culaire très fortes ; la postérieure grande, arrondie, 



348 

placée clans l'angle postéro-inférieur du fossile ; l'im- 
pression antérieure, placée dans l'angle buccal infé- 
rieur, se dirige en forme de bandelette , fortement 
marquée sur nos deux exemplaires , le long de la 
partie antérieure du bard paléal , rappelant ainsi les 
Lutines. 

11 faudra peut-être former de cette espèce un grou- 
pe de Trigonies différant des espèces connues, d'au- 
tant plus que nous avons retrouvé cette même im- 
pression musculaire en forme de bandelette sur l'es- 
pèce suivante. 



Dimensions. 



Longueur 66 mm. 



Hauteur 49 mm. 

Epaisseur 42 mm. 

Gisement et localité. Formation wealdienne, à Kà- 
telniki ( à sept verstes de Litkarino ) , nouvelle 
localité que l'un de nous a décrite ( * ), intéressante 
par la puissance des carrières ouvertes, et bien d'a- 
vantage encore par la grande quantité de fossiles as^ 
sez variés. Sons ce dernier rapport , si important 
pour la paléontologie, Katelniki occupe la priorité sur 
Tatarovo, les environs de Klin et Litkarino, ou l'on 
avait déjà connu les fossiles (**) wealdiens ( ci-devant 



(*) Rouillier : Gazette de Moscou ( en russe ) 1847, le 26 Juin. 

(**) Un des fossiles les plus communs de Katelniki est une espè- 
ce particulière du genre Inoceramus, que MM. Auerbach et Frears 
avaient décrite de Lidkarino sous le nom de Inoceramus lobatus n. 



349 

grès quartzeux blanc du jura supérieur cle Moscou. 
Voyez N° 11 et 12 des couches de noire coupe géologi- 
que insérée au Bull. 1846 ). Nous avons nommé notre 
espèce en l'honneur du voyageur Falck de l'Académie 
de Saint-Pétersbourg, qui en 1769 a le premier don- 
né une coupe géologique du grès blanc , exploité à 
Panki, à une verste à peu-près de Kotelniki. 

62. 

Trigonia Jomoi n. sp. 

(Kg. 80.) 

Coquille de la forme de la précédente, à l'excep- 
tion près de deux angles supérieurs, qui sont moins 
arrondis , plus reclilignes. Impressions musculaires 
moins fortes ; la postérieure disparaissant sur l'em- 
preinte : l'antérieure en forme de bandelette appa- 
rait dans l'angle inféro-anlérieur. Nous ne distinguons 



sp. (Bull. d. M. 1846 p. 492 pi. VII. f. 1 — 3. Voyez aussi: 
Rouillier Bull. 1846 p. 412 ) et que Mr. Eichwald semble avoir tiré 
au genre Panopœa ( Géognosie 1846 p. 515). Comme cet auteur 
indique le nom seul , nous ne savons au juste son opinion sur ce 
fossile. Les auteurs cités ont démontré, que le fossile appartient au gen- 
re Inoceramus, comme nous le voyons aussi sur nos exemplaires ; 
dès lors il faudra changer son nom spécifique , puisqu'il existait 
déjà un Inoceramus lobatus Miinster ( Goldf. pag. 113. pi. 110. 
f. 3 a, b. ) caractéristique pour le grès vert en Allemagne. Nous 
proposons en conséquence à l'espèce wealdienne le nom de Inoc. 
Brachowi, pour conserver à l'histoire de la géologie de Moscou le 
nom de Mr. Brachow. ( Rllr. ). 



350 

cette bandelette que sur l'un de deux exemplaires 
que nous avons devant nous. Test divisé ( au moins 
sur l'empreinte ) en deux plans , dont l'antérieur est 
recouvert de six côtes obliques, qui de la ligne éle- 
vée, limite de deux plans , se dirigent en courbe un 
peu ressortant en arrière, en avant , vers le bord 
paléal. La côte marquée de neuf tubercules , ar- 
rondis. 

Dimensions. 

Longueur 75 mm. 
Largeur 61 mm. 
Epaisseur 39 mm. 

Gisement et localité. Formation \vealdienne à Ka- 
telniki. 

Nous nommons cette espèce en l'honneur de Mr. 
Jonio, amateur et collecteur zélé d'objets d'histoire 
naturelle , qui nous a communiqué cordialement ce 
fossile. 

63. 

Pecten subtextorius Miinst. 
( Fig. 81 a, b, c. ). 

Goldfuss. Petrefact. p. 48. pi. 90 f. IL a, b. 

Nous ne connaissons qu'un fragment de ce beau 
Peigne, de sorte, que nous ne pouvons ni le décrire, 
ni le comparer suffisamment à l'espèce décrite par 
Goldfuss, à laquelle nous le lirons provisoirement. 

Test très mince, fragile, recouvert de côtes rayon- 



351 

nnntes, largemment mais irrégulièrement espacés, iné- 
gales , à dos pointu , marqué de denticuïes squa- 
meuses, formés par l'épaississement de stries concen- 
triques, très faibles dans les interstices. L'espèce de 
Munster , à en juger d'après la figure de Goldfuss , 
a les côtes à peu près également espacées. 

Gisement et localité. Etage à Ammonites alternons, à 
Galiovo, avec Gryphœa dilatatà, Pecten Decheni, As- 
tarte cordiformis et autres. Les exemplaires de Muns- 
ter viennent du calcaire corallien ( Corallenkalk ) , 
près d'Amberg, de Mugendorf et de INattlieim. 

6JL 

ExOGYRA COSTULATA 71. Sp. 

(Fig. 82 a, b, c. ). 

Nous ne connaissons qu'un fragment de la valve 
inférieure, qui est marqué à l'intérieur de côtes ra- 
yonnantes très faibles, à peine visibles, mais relevées 
en tubercules allongés le long du bord palléal , et 
assez éloignés de lui. Le plan occupé par les côtes, 
est déprimé vers l'intérieur du fossile. Extérieur de 
la valve marqué de stries d'accroissement et de très 
faibles, rayonnantes, disjointes par les premières. 

Dimensions. Largeur de la valve 9 mm. Longueur 
du fragment 7 mm. 

Gisement et localité. Etage à Ammonites alternans, 
à Galiovo. 

N" IL 1849. 23 



352 
65. 

Pholadomya decorata n. sp. 
(Fig. 83.) 

Lyssianassa Munst. 
Goniomya Agass. 

Un seul fragment du moule près des crochets. La 
direction des plis en forme de V vers la ligne mé- 
diane, indique suffisamment qu'il faut ranger ce fos- 
sile dans le petit groupe de Pholadomyes (ou Myaci- 
tes aut. ) , auquel appartiennent la Mya V-scripta 
S., la Mya litterata S. et la Mya angulifera S., dont 
Munster fit le genre Lyssianassa et Àgassiz le genre 
Goniomya. 

L'espèce moscovite se distingue surtout par les plis 
arrondis, peu larges et élégants, qui, en sortant des 
côtés du crochet, se dirigent sous un angle très aigu 
vers la ligne médiane, mais qui, avant de l'atteindre, 
se rencontrent en deux lignes droites , parallèles à 
la charnière. Nous comptons quatorze plis , dont les 
lignes droites, en s'éloignant du crochet , diminuent 
respectivement en longueur, jusq'à ce qu'enfin le quin- 
zième pli vienne à toucher la ligne médiane sous un 
angle aigu. 

Gisement et localité. Etage à Ammonites virgatus, à 
Kharachovo. 



353 

66. 

Natica sp. 

( Kg- 84. ) 

Un seul moule intérieur, qui ne présente que les 
caractères du genre. C'est la seule trace de ce genre 
trouvée dans notre jura. 

Ne la confondez pas avec Natica sp. ( Auerb. et 
Frears Bull. 1846 p. 493 pi. VIII. f. 4, 5. Rouil- 
lier : Pleurotomaria binotata, Gazette de Mosc. 1847, 
26 Juin ) prévenant de la formation wealdienne ( ci- 
devant grès blanc de Litkariuo ) , ni avec les trois 
espèces jurassiques à'Jcteon, dont Tune a été décrite 
par d'Orbigny ( Russia II. p. 449. pi. 39. f. 8-11) 
et les deux autres par l'un de nous ( Rouillier. Bull. 
1846, pi. C. f. 16 et 17 ). 

Gisement et localité. Étage à grès de Bucliia ( Bu- 
chia-Sandstein, Rouillier : Bull. 1846, II p. 423 ), ou 
à Ammonites catcnulatus , à Kliaracliovo ; dans la 
couche supérieure ferrugineuse. 



EXPLICATION DES FIGURES. 

Tab. K. 

I. 

Figures appartenant à une Etude précédente ( 2 Je 
Étude, Bull. 1847). 

Fig. 41. Pecten lens S. Pour faire voir les oreillettes (Bull. 1847 
p. 430). Voy. l'Etude suivante. 

23* 



354 

Fig, 49. Cldaritcs spathulatus Auerb. 

Far. p. nob. Bull. 1847 p. 440. 
Fig. 54. Anthophyllum Goldf. sp. L. c. p. 443. 

II. 

Figures appartenant à la Quatrième Etude ( Bull. 
1849, p. 337-352 ). 

Fig. GG. Nummulina anliquior nob., vue de côté, de grandeur natu- 
relle. 

Fig. 67. Idem, vue sur la face supérieure , une grande partie du 
feuillet extérieur enlevé. Fortement grossie. 

Fig, G8. Face intérieure d'un feuillet supérieur, grossie. 

Fig, G9. Individu fortement grossi, vu de côté ; le feuillet extérieur 
en partie enlevé. 

Fig. 70 Portion périphérique d'un feuillet inférieur, vu du côté de 
la face interne. 

Fig. 71. Communication des loges d'une Nummuline, figure emprun- 
tée à Mantell ( vid. p. 339 ) . Le fossile conservé dans un 
pyromache a été traité par un acide pour enlever le cal- 
caire et faire apparaître le vide des cloisons rempli par le 
silex. Une coupe horizontale très mince, humectée de bal- 
same de Canada, a été posée sous le microscope (*). 

Fig. 72. Passage d'une cloison de la face supérieure à l'inférieure, 
pour laisser voir le vide restant entre la face extérieure du 
feuillet inférieur et la face interne du feuillet inférieur 
suivant. 



(*) Après l'impression de cette Etude nous eûmes occasion de voir, dans 
la Bib. Un. fie Genève IN" 25, 48U7, p. 269, le même l'ail concernant la 
communication des loges, signalé par Joly et Leymerie. 



355 

Fig. 73. Coupe suivant le plan horizontal, et fragment d'une moitié 
inférieure de grandeur naturelle. 

Fig. 74. Moitié inférieure coupée dans le sens du plan horizontal, 
fortement grossie. 

Fig. 75. La même, de grandeur naturelle, en contours extérieurs. 

Fig. 76. Moitié inférieure coupée dans le sens du plan horizontal, 
d'une variété accidentelle, à tours et loges très irrégulières. 

Fig. 77. Coupe perpendiculaire, fortement grossie. 

Fig* 78. a. Variété à loges très distantes du même (?) fossile, for- 
tement grossi. 

b. Le même individu de grandeur naturelle. 

Fig. 79. Trigonia Falcki nob. 

Fig. 80. — Jonioî nob. 

Fig. 81. Pecten? subtextorius Mùnst. 

a. Fragment fortement grossi. 

b. Largeur du fragment. 

Fig. 82. Exogyra costulata nob. 

a. Fragment de la valve inférieure, vu en dessus, grossi. 

b. Le même, vu en dedans, grossi. 

c. Gr. nat. 

Fig. 83 Pholadomya decorata nob. 

a. Fragment du crochet grossi. 

b. Gr. nat. 
Fig- 84. Natica sp. 

RoUILLIER ET VoSINSRY. 
Août 1848. 



356 
CINQUIÈME ÉTUDE (*) 

(Tab. K, L, M, N.) 

Fossiles jurassiques. 
I. 

Céphalopodes. 
1. Ammonites planulati B. 

67. Amm. cigas Z. 
(Tab. K. f. 85. Tab. L. f. 86.). 

Amm. gigas Zieten p. 17 tab. 13. f. 1. a, b. 

» » » Quenst. Petref. 167 tab. 13. f. 6. 

Nous ne connaissons que le moule de plusieurs 
individus. 

Coquille discoïdale , comprimée , arrondie à son 
pourtour, sans trace de carène ou d'applatissement, 
ornée en travers, par tour, de 11 — 13 côtes partant 
de la ligne suturale, qui s'efïacent vers la moitié de 
la hauteur et donnent naissance, en se bifurquant 
surtout en arrière, à 4 — 5 branches dirigées légèrement 
en avant , où elles traversent le dos daus la même 
direction. Entre ces faisceaux de côtes s'intercalent 
du pourtour du dos 4 — 5 côtes accessoires, qui éga- 
lent en longueur les branches terminales des tiges 

{*) Voir pour la Quatrième Étude Bull. 1849. 



357 

principales. Spire composée de tours plu» hauts que 
larges, recouverts sur la moitié Je leur hauteur, ap- 
parents (Lins l'ombilic. Le dernier tour a les 32 cen- 
tièmes du diamètre entier. Bouche subarondie, légè- 
rement comprimée , peu échancrée par le retour de 
la spire ; ses côtés tombent a pente très douce ( fa- 
ce suturale ) vers l'ombilic. Cloisons remarquables 
par la simplicité, la base large des selles et les dents 
courtes. Lobe dorsal plus long et plus large que les 
autres. Lobe latéral supérieur à peu près aussi long 
que large et plus fort que les trois inférieurs. Lobe 
latéral inférieur égale en longueur et largeur au ven- 
tral. Deux petits lobes auxiliaires dirigés un peu obli- 
quement en arrière. Selle dorsale supérieure plus 
large que longue, bilobée. Trois suivantes diminuant 
en longueur et en largeur. Première selle laléro-ven- 
trale moins large, mais plus longue. La ligne du 
rayon central en partant de l'extrémité du lobe dor- 
sal touche à peine le lobe latéral supérieur , passe 
sous les autres, mais laisse en arrière le premier lo- 
be latéro-ventral et le ventral. Face supérieure de 
la cloison marquée de six lobes , un dorsal , deux 
latéraux, deux auxilliaires et un ventral. 

Dimensions. Diamètre 42 mm. Hauteur du dernier 
tour 18 mm. largeur 14 mm. 

Variations. Le développement progressif apporte 
deux formes : 

1. Far. adulta, telle que nous l'avons décrite ; et 

2. Var. junior, caractérisée par les tours respecti- 
vement plus comprimés, le manque total de noeuds en 
forme de côtes saillantes au pourtour de l'ombilic. Ces 



358 

noeuds ne commencent à paraître que lorsque le tour 
a acquis 14 mm. de hauteur. 

Rapports et différences. L'arrangement des côtes 
distingue cette espèce des autres Planulati. Lorsque 
les lobes ne sont pas accusés, on pourrait confondre 
cette espèce avec YAm. Koenigii, d'autant plus faci- 
lement, qu'elles appartiennent au même étage et aux 
mêmes localités. Cependant les jeunes de cette der- 
nière espèce ont les tours plus recouverts, au delà 
de leur moitié, les côtes plus fortement marquées et 
autrement reparties, la bouche plus échancrée ; les 
exemplaires adultes se distinguent plus facilement 
encore par leur tours bien moins hauts et moins 
recouverts, etc. Des exemplaires plus avancés que 
les nôtres ont été étudiées par Quenstedt ( qui les 
rapporte comme variété à YAm. convohitus Schl. ) 
et les plus âgés par Zieten, de sorte que 4 phases 
(*) du développement sont assez bien connus. Les 
jeunes , lorsque le dessin des lobes n'est pas appa- 
rent, ce qui est ordinaire à cause de la roche aré- 
nacée, peu tenace, se distinguent de YAm. lunula, 
pour lesquels ils ont été pris , par le manque total 



(*) Nous userons, pour indiquer les variétés de l'âge, de la métho- 
de que nous avons suivie dans l'étude des Térébratules : nous les in- 
diquerons par var. pulla («), var. junior (/î), var. juvenilis 
(y), var. adulta [S) et var. senior («), ce qui, nous le savons, 
ne laisse pas que de présenter quelques inconveniens. Par rapport à 
l'ammonite en question, Quenstedt a figuré une forme approchant de 
la var. à ou junior et Zieten la var. a ou senior. Nous donnons deux 
chainons intermédiaires. 



359 

de la carène dorsale , par les côtes très fines , les 
côtes saillantes au pourtour de l'ombilic apparais- 
sent bien plus lard. Ces mêmes caractères suffisent 
pour ne pas confondre l'espèce avec les jeunes de 
YAm. Brlgthii ( d'Orb. Russia H. p. 431. pi. 33. f. 
9 — 13 ) que d'Orbigny cite comme provenant de 
Rbaraebovo , et que , notons-le en passant , nous ne 
connaissons pas de cette localité. 

Gis. et loc. Dans un grès ferrugineux , à grains 
grossiers , très peu tenaces , avec deux fossiles du 
premier étage ( YAm. Koenigii et la R. oxyoptycha ) 
au dessus de celui-ci , entre un moulin et Mnèvniki, 
localité voisine de Kharachovo, et si intéressante 
par les nombreux ammonites pyrilisées du troisième 
et les beaux exemplaires de la R. Fischeri du se- 
cond étage. La faible assise du premier étage de 
cette localité à pente très escarpée , est ordinaire- 
ment recouverte par le diluvium arenacé et n'a été 
reconnue que ce printemps , à l'une des premières 
excursions en Avril, lors du séjour de Mr. Seemann 
à Moscou. Les eaux prinlaniaires avaient fait écrou- 
ler quelques blocs de l'assise supérieure au bas de 
la Moskva (*). 

68. Ammonites Qcenstedti nob. __. 

( Tab. L. Fig. 87. ). 

Forme générale des Planulatl et rappelant les 
Falciferi par le dessin des cloisons. 

(*) Nous croyons, sans pouvoir l'affirmer, que la même espèce se 
retrouve aussi dans le second claire à Kharachovo. 



360 

Coquille comprimée arrondie ou très faiblement 
applatie à son pourtour, lisse, ornée en travers, par- 
tours de 8 — 9 sillons ou d'étranglements dirigés lé- 
gèrement en avant, d'autant plus profonds , mieux 
marqués et plus largement espacés, qu'ils s'avancent. 
Entre chaque deux étranglements 9 — 11 côtes rap- 
prochées, peu accusées sur le moule , dont plusieurs 
se subdivisent, au pourtour de l'ombilic, en deux 
branches ; la postérieure , avant d'atteindre la li- 
mite du tiers inférieur , donne quelquefois en avant 
une nouvelle branche. Une côte simple peut alterner 
avec des côtes dichotomes. Les côtes suivent trois 
courbes : l'une, en arrière , formée par le faisceau 
des deux côtes réunies , est la plus courte ; la sui- 
vante, en avant , est plus longue ; la troisième com- 
mençant sur le milieu de la largeur du tour, se diri- 
ge en avant et passe dans cette direction sur le dos. 
Spire composée de tours plus hauts que larges, re- 
couverts un peu moins que sur la moitié de leur 
hauteur, appareils dans l'ombilic sur plus de la moi- 
tié de la hauteur ; le dernier a les 43 centièmes du 
diamètre entier. 

Bouche allongée, déprimée, obtuse et arrondie en 
avant, fortement échancrée et plus large en arrière, 
ses côtes coupées très peu obliquement vers l'ombi- 
lic. Face suturale plane , presque perpendiculaire , 
moins inclinée que dans les vrais Falcifères. Cloisons 
à lobes peu digités, ayant la base large et les dents 
courtes , pendantes. Les deux selles latéralles plus 
longues que larges , leurs bords parallèles, delà leur 
forme carrée. Selle dorsale très courte portant une 



361 

digitalion médiane. Des selles auxilliaires, il n'en appa- 
raît qu'une seule, qui est arrondie , plus courte et 
plus large que la latérale inférieure , et moins large 
que la supérieure. Lobe latéral supérieur, le plus 
long , et plus large que le latéral inférieur et plus 
large que le dorsal. La ligne du rayon central , en 
partant de l'extrémité du lobe dorsal, coupe le lobe 
latéral supérieur et passe bien au dessous de tous 
les autres. 

Dimensions. Diamètre 65 mm. , largeur du dernier 
tour 19 mm., hauteur 26 mm. 

Différences et rapports. Elle a été jusqu'à présent 
confondue avec les jeunes de YAm. virgatus , des- 
quels elle se distingue suffisamment par le dessin des 
côtes , qui se subdivisent déjà en six faisceaux et 
plus sur des exemplaires (YA. virgatus de taille 
égale à celle de notre espèce ; par l'absence d'é- 
tranglements rapprochés à cet âge etc. Par ses lobes 
à dents pendantes , à base large, par sa surface su- 
turale un peu oblique, par ses stries sur une courte 
tige dirigées en avant, l'espèce appartient aux Falci- 
fères , dont on la distingue par le dos sub-arron- 
die (*), les étranglements etc. Du reste à juger par 



(*) La division des Ammonites en groupes fondés principalement sur 
la forme du dos, comme l'a proposé d'Orbigny, facilite certainement 
souvent à reconnaître le groupe, mais ne laisse pas aussi que d'éloigner 
réciproquement des formes qui, par l'ensemble des caractères, sont 
très voisines , et appartiennent même quelquefois à une même es- 
pèce. 



362 

les étranglements, notre ammonite parait être d'un 
Age peu avancé. 

11 fait passage, par VA. virgatus des Planulati, aux 
Falciferi. 

Gis. et loc. Second étage, à Kharachovo. Rare. 

2. Amalthei B. 

69. Ammonites alternans B. 

( Tab. L. f. 88, 109. ) 

Ajoutons aux deux variétés déjà signalées de cette 
espèce : VAm. alternans var. ovalis et la var. com- 
pressas Quenst. (Mr. Bull. 1846, pi. A,f. 3, Bull. 1848, 
p. 264 et Mr. Ibid. f. 4, 1848, p. 264 ) si intéressan- 
tes, et si caractéristiques pour nos localités , les va- 
riétés suivantes : 

3. Far. Am. alternans quadratus , Quenstedt Pe- 
tref. p. 96, tab. 5, f. 8. Nos exemplaires se font 
remarquer surtout par les côtes nombreuses, plus 
rapprochées que dans les autres variétés ; par les 
côtes qui se dirigent, en avant vers le dos, en courbe 
légèrement arrondie, non anguleuse. Bouche ovale , 
côtes non interrompues. Plus comprimé que l'original 
de Quenstedt. Diamètre 35 mm., hauteur du dernier 
tour 11 mm., largeur 9 mm. 

4. Var. Am. alternans pinguis nob. ( Fig. 109. ) 
Remarquons un caractère qui se répète sur la plu- 
part de nos exemplaires. La côte en partant du 
pourtour de l'ombilic, se dirige un peu en avant et 
fait une forte saillie anguleuse, puis elle disparait en- 



863 

tièrement sur le moule, pour apparaître une seconde 
fois vers le pourtour du dos en forme de saillie aus- 
si anguleuse. Mais comme souvent entre deux côtes il 
s'intercale une intermédiaire très petite en qui part du 
dos et n'égale en longueur que la saillie dorsale des 
côtes principales, il arrive souvent que la branche in- 
férieure de celles-ci semble aboutir à deux saillies an- 
guleuses dorsales. Ce caractère, évident même sur les 
moules, parait indiquer que la coquille portait le long 
d'une côte un renflement anguleux , comme cela 
est prouvé pour YAm. cordatus var. pînguis nob. (Rllr 
PJ. A. f. 1 a.-c. D'Orb. Russia II. pi. 34. f. 3.4). 
En général ce caractère est plus marqué sur des jeu- 
nes individus qui n'ont pas plus de diamètre que notre 
varietas pinguis ; cependant il apparait aussi sur de 
plus âgés dont le dernier tour a 21 mm. de hauteur. 
On le distingue encore dans la var. compressas Rllr. 
PI. A. f. 4. a, b, et il disparait le plus dans Am. al- 
ternans quadratus, qui correspond d'avantage à VAm. 
cordatus Jlexico status Rllr. PI. A. f. 2. a, b, 5. a, b. 
L'âge produit trois changements : 1 ) la longueur 
respective des deux moitiés d'une même bran- 
che change , l'accroissement de la côte se fait 
presque exclusivement aux dépens de la moitié in- 
férieure, de sorte que dans les jeunes (comme l'e- 
xemplaire de notre var. pinguis ) la ligne de démar- 
cation des deux moitiés, où la côte disparait entière- 
ment , se trouve juste au milieu de la hauteur du 
tour ; plus tard elle avance vers le pourtour du dos, 
et lorsque l'ammonite a acquis 10 mm. de hauteur 
par tour, elle se trouve placée sur la limite du tiers 



364 

dorsal. 2 ). La ligne de démarcation disparait insen- 
siblement, c. à. d. la saillie inférieure s'applatit , la 
côte commence à apparaître non discontinue sur 
tonte la hauteur da liane, tandis que la saillie supé- 
rieure reste encore bien accusée. 3). Sur de très 
jeunes individus de YAm. alternans pinguis (de 6 mm., 
de diamètre, pullus) la côte est indiquée sur le moule 
surtout par la saillie inférieure et le flanc est presque lis- 
se sur la moitié supérieure. Alors l'ammonite approche 
de la forme figurée sur la PI. A. f. 8. a, b. (Amm. Zie- 
teninob. Yoy. ci-dessous N° 72). Sur plus d'un exem- 
plaire cependant les deux saillies sont déjà accusées. 

5. Var. dorso planato. (Fig. 88) Cette forme, bien 
caractérisée, se distingue sur les moules par deux ca- 
ractères : 1 ) la distance entre la carène dorsale et la 
saillie supérieure de la côte respectivement plus gran- 
de, et surtout 2) la carène dorsale moins saillante, non 
limitée de l'extrémité supérieure de la côte par un 
sillon profond. Le dos tombe en plan uni de la ca- 
rène vers les côtés. Dans les autres variétés il y 
a entre la carène et les cotés un sillon profond , et 
cet intervalle est bien moins large. Cependant il y a 
des formes intermédiaires. 

Rapports et différences. Des exemplaires de 11 
mm. de diamètre de cette espèce et des variétés cor- 
respondantes de YAm. cordatus flexicostatus , pré- 
sentent des caractères tellement rapprochés, qu'il est 
d'autant plus difficile de les distinguer que le dessin 
des lobes n'apparait que fort rarement et que ces 
deux espèces se rencontrent dans le même étage et 
les mêmes localités. L'affinité est telle, que d'Orbi- 



365 

gny a fait de VA. altrnans une espèce, qu'il appelle 
A subcordatus. Cependant la seconde espèce accroît 
plus vite en hauteur , les côtes ne sont pas discon- 
tinues. Plus tard la distinction est facile, lors même 
que le dessin de la cloison n'apparaîtrait pas : ou- 
tre l'arrangement différent des côtes YAm. alternans 
se distingue dans les moules par le manque du sillon 
dorsal ou par le sillon dorsal que les côtes ne dé- 
passent pas , ce qui est assez caractéristique pour 
l'autre espèce, par les dentelures de la carène beau- 
coup plus fréquentes que les côtes. 

Gis. et loc. Troisième étage, à Tsclioukino, à Muëv- 
niki , où on la rencontre pyritisée, et à GaHovo, où 
elle est le plus souvent moulée sur la roche, qui ne 
garde que la nacre intérieure du fossile. 

70. Amm. cordatus S. 
Nous en connaissons les variétés suivantes : 

a. Var. cordatus pinguis nob. 
( % 89. ). 

Rouill. Bull. 1846 pi. A. f. 1, 6. 
Bull. 1848 pag. 262, 263. 

Un seul individu, très jeune. C'est le premier que 
nous avons vu de Moscou. 

(3. Far. quadratus S. p. 52. pi. 17 f. 3. 

Amm. radians, Fisch. Oryct. 169 t. 6, f. 3. 

A. cordatus S. Fahrenk. Bull. 1844 pag. 779, 808. 

C'est la variélé la plus anciennement connue de 
celte espèce. 



366 

L'exemplaire à tours comprimés, à carène détachée, 
présente trois espèces de côtes : Les principales, arri- 
vées à la moitié de la hauteur du tour, donnent en 
arrière une branche; d'autres, de la longueur de cette 
branche adventive, s'intercalent à partir du dos en 
arrière de celle-ci et d'une branche qui traverse tou- 
te la côté, mais reste simple. La position respective 
de ces côtes peut varier. Sur un fragment long de 
43 mm. on compte vers le dos 15 côtes fortement 
infléchies vers la bouche. Hauteur du dernier tour 
25 mm. Largeur 18 mm. 

Gis. et loc. Troisième étage à Galiovo, où elle est 
très rare. 

y. Var. Jlexicostatus Phill. 

Cette forme, que nous avons figurée (Bull. 1846 PI A. 
f. 2. 5.) n'a été signalée, jusqu'à présent, qu'à Riazan. 
Nos jeunes exemplaires se distinguent de la forme 
précédente par plus d'une côte intercalée entre une 
dicholome et une simple, par la bouche moins hau- 
te, plus élargie vers l'ombilic , tandis que dans la 
forme sns-mentionnée elle a les côtés presque para- 
lèlles. Diamètre 10 mm. Hauteur du dernier tour 
4 mm., largeur 3 mm. 

Gis. et loc. Troisième étage à Mnè'vniki et à Galio- 
vo. Rare. 

71. À MM, RaZOUMOVSKYI liob . 

( Fig. 90. ) 

Coquille faiblement déprimée, présentant l'aspect 
général des drictes de Buch. Tours de spire ornés en 



307 

travers de côtes prononcées largement espacées, qui 
du pourtour intérieur s'élèvent à la hauteur du mi- 
lieu des lianes, où elles finissent assez brusquement, 
après avoir acquis leur maximum de saillie. Sur le 
fragment du tour que nous avons sous les yeux, équi- 
valant à une moitié, on compte 9 côles. A partir de 
l'extrémité extérieure de ces côtes l'ammonite tombe 
brusquement vers le dos , sur la limite duquel on 
remarque des pointes costales , qui correspondent à 
autant de côtes secondaires. Ordinairement deux cô- 
tes secondaires aboutissent à une primaire ; il s'en 
intercale une et plus , qui n'ont pas de côtes pri- 
maires correspondantes. Dos aplati , même con- 
cave , à carène précisément limitée , présentant plus 
de crénelur.e que de côtes secondaires , qui passent 
sur le dos et se dirigent en avançant vers la carène. 
Bouche pentagonale des Arieles, présentant deux ex- 
cisious , la dorsale et la ventrale, qui indiquent com- 
bien le recouvrement des tours est faible. Dessin des 
lobes inconnu. 

Dimensions. Diamètre 22 mm., hauteur du dernier 
tour 8 mm., largeur II mm. 

Rapports et différences. Ne connaissant pas le des- 
sin des lobes , il nous est impossible de décider au 
juste la famille de cet ammonite. 11 parait, qu'il por- 
tait sur les côtes inférieures des épines. En géné- 
ral, c^est un chaînon intermédiaire entre les Amalthées 
et les Arietes : d'un côté il tient àeVAmm. cordatus 
pinguis (Rllr, Bull. 1846, pi. A. f. 1. a-c.) auquel peut- 
être il faudra le rapporter comme variété remarquable, 
et de l'autre, il rappelle les krietes par la dépression 
A //. 1849. 24 



3G8 

du dos, la carène médiane très précisément limitée , 
1û bouche pentagonale etc. Du reste l'absence de 
deux carènes latérales suffit déjà pour distinguer 
notre espèce des vrais Arietes , qui appartiennent 
aux couches beaucoup plus inférieures que les no- 
ires , au lias , où ils ont une répartition géologique 
très précise. Notre espèce vient se placer naturelle- 
ment à côté de Y Amm. spinatus Brug. ( D'Orb. Terr. 
jur. pi. 52) auquel il ressemble beaucoup par la 
forme générale , le dos , la bouche , mais duquel 
il diffère suffisamment par l'arrangement des cô- 
tes. L'espèce de Brugière ( des Amalthés ) appartient 
au lias. 

Gis. et Loc. Etage à Amm. carinés. Galiovo. Très- 
rare. 

Nous Favons nommé en mémoire du comte Ra- 
zouinoffsky, président de notre société lors de sa fou- 
dation , qui le premier organisa un comité scien- 
tifique pour la description de notre gouverne- 
ment. 



72. Amm. Zieteni Rllr. 
(Bull. 1846. Tab. A. f. 8. a, b. ) 

Ammonites sp. Rllr. Bull. 1848 p. 264, grossi deux fois. 

Forme intéressante, qui lie Y Amm. cordatus pinguis 
à Y Amm. altcrnans pinguis, et les Amallhées en gé- 
néral aux Coronaires. 

Nous n'en connaissons que de très jeunes exem- 



369 

plaires qui, suivant le développement progressif, pré- 
sentent des variations marquées: 

a. Diamètre total 11 mm., hauteur du dernier tour 
4 mm. , largeur 5 mm. 

Coquille composée de tours aussi et moins hauts que 
larges, recouverts jusqu'à leur moitié, et marquées eu 
travers, par tour, de 20 — 22 côtes noueuses, anguleu- 
ses , dirigées en arrière , n'apparaissant que sur la 
moitié interne (ombilicale) du flanc. Dos lisse, comprimé 
de côté, portant l'indice d'une carène prochaine. 

8. ( Fig. citée.) Diamètre total 14 1 /,, mm., hauteur 
du dernier tour 5 mm., largeur ô 1 /» mm. 

La carène perce d'avantage et commence à deve- 
nir granulée. 

Des fragments d'un âge plus avancé semblent indi- 
quer que plus tard apparaît une seconde raugée de 
tubercules dorsales. 

Gis. et loc. Etage à Amm. altemans, à Tschouki- 
no et à Mnèvniki. Pyritisée. Assez rare. Simbirsk. 

3. Am. Coronarii B. 

73. Amm. Hcmphresiands S. 

( Fig. 92 et 93. ) 

Nous avons devant nous deux formes d'ammoni- 
tes qui font le passage des Planulatl aux Coronarii, 
comme YAm. Quenstedti faisait celui des Planulati aux 
Falciferi. D'Orbigny et Quenstedt dans leur étude 
classique du genre qui nous occupe, ont déjà sig- 

24* 



370 

nalé le fait intéressant du premier passage. Ce 
dernier auteur dit même ( Petref. ) que souvent 
réloignemenl de forme de Y A m. Humphresianus des 
vrais Coronaires est tel , que l'on croirait avoir af- 
faire à un Planulé. En effet, forme générale; arrange- 
ment des côtes, et même dessin des cloisons , tout 
change à tel point et si insensiblement, que le pa- 
léontologue allemand, qui cependant pour les autres 
espèces s'est fait un objet spécial d'étudier leurs va- 
riations, pense même inutile de signaler toutes les va- 
riétés de l'espèce en question. On remarque dans les 
figures données par les auteurs les variétés suivantes: 

a. Variations de forme. 

1. Variété dont le recouvrement des tours est si 
petit, la bouche tellement obronde, qu'elle ressemble 
beaucoup aux Am. communis, Am. annulatus du lias. 
D'Orb. pi. 133. 

2. Variété ayant la bouche plus comprimée de cô- 
té, les tours réciproquement plus recouverts ; forme 
d'un Planulé à bouche un peu tirée en large. Quenst. 
pi. 14. f. 7. 

3. Type normal des Coronaires. D'Orb. pi. 135; 
Am. linguiferus d'Orb. , pi. 136. 

• 

/?. Arrangement des côtes. 

Quenstedt signale deux variétés : 4) à tige costales 
noueuses ou tuberculeuses, et 5) à côtes non tuber- 
culeuses. D'Orbigny figure trois variations : 6) à cô- 



. 371 

les tuberculeuses, aux branches secondaires large- 
ment espacées , d'Orb. pli 135 ; 7) aux branches 
rapprochées et plus nombreuses, Ibid. pi. 136. 

y. Variations du dessin des cloisons. 

Ce caractère, quoique très important pour l'espè- 
ce, change sensiblement dans des individus d'un âge 
( ou développement respectif ) égal : 

a. Dans la variété typique ( var. 3 ) tous les lo- 
bes se trouvent en avant de la ligne du rayon cen- 
tral. D'après d'Orbigny ( Fig. c. p. 135 ) le lobe 
latéral la dépasse seul un peu ; selon Bucb, Bronn. 
(Letb. I. 448) et Quensledt ( L. c. pi. 14. f. 10) 
il ne la touche que tout justement , ou même il est 
un peu moins long que le dorsal. Le dernier lobe 
auxiliaire et le ventral ne louchent pas le rayon 
central. 

b. Dans la var. 1 à forme de Y Ara annufatus, 
1° la selle dorsale est plus longue et plus large ; 
2° les lobes en général beaucoup moins digités , 
moins composés , les drgitations moins profondes ; 
3° La selle latérale supérieure beaucoup moins poin- 
tue et plus large que la selle latérale inférieure , 
tandis que dans la forme typique ces deux selles 
sont égales en largeur tant d'après d'Orbiguy , que 
d'après Quenstedt. 4° Enfin, et c'est un point diffé- 
rentiel important, effet de la différence du recouvre- 
ment respectif des tours , le lobe auxiliaire inférieur 
et le lobe ventral passent en arrière du rayon cen- 
tral. 



372 

c. S'il fallait, selon l'autorité imposante de Quen- 
sledt (L. c. p. 180), rapporter à l'espèce en ques- 
tion Y dm. linguiferus cVOrb. pi. 136 , les varia- 
tions des cloisons seraient encore beaucoup plus 
marquées. En effet , le lobe latéral est respective- 
ment beaucoup plus large , le lobe latéral inférieur 
et l'auxiliaire s'avancent d'un demi-pouce sur le 
rayon central, et ce qui est important, ils sont non 
seulement parallèles entre eux, mais encore au lobe 
latéral supérieur, tandis que dans la forme typique, 
ils sont obliques et le latéral inférieure presque per- 
pendiculaire au supérieur. 

Nous avons devant nous deux formes qui rentrent 
toutes deux par leur aspect général dans la var. 2, 
et, par rapport à l'arrangement des côtes , dans la 
var. 5. Décrivons-les. 

a. Var. a. 
(Fig. 92. ) 

Coquille arrondie , un peu comprimée. Spire com- 
posée de tours plus larges que hauts, recouverts 
un peu moins que sur la moitié de leur hauteur , 
apparents dans l'ombilic sur plus de la moitié. 
Le dernier tour a les 0,33 du diamètre entier. 
Tours marqués en travers de cotes saillantes , 
qui, un peu avant la moitié de la hauteur ( donc 
avant le recouvrement par le tour suivant), se subdi- 
visent en deux ( rarement en trois ) branches à pei- 
ne plus faibles. Leur direction générale est assez 
constamment nn peu en arrière. 

Bouche élargie , comprimée, plus large que haute. 



373 

Dos convexe, arrondi. Flancs à la limite de la selle 
latérale inférieure un peu déprimés. Ligne suturale 
peu marquée. Face suturale oblique. Cloisons à lo- 
bes peu digités , se trouvant tous en avant de la li- 
qne du rayon central, ayant en général l'aspect des 
Coronaires. Face supérieure de la cloison présentant 
une selle dorsale, quatre latérales ( dont deux au 
dessus de la ligne suturale ), une ventrale bien mar- 
quée et quatre auxiliaires appliquées sur le pour- 
tour extérieur du tour antécédent. 

Dimensions. Diamètre 39 mm., hauteur de la bou- 
che 11 mm., largeur 21 mm. 

Gis. et Loc. A Kharachovo dans la même assise, 
qui nous a fourni YAm. gigas Z. ( donc le quatriè- 
me ammonite de l'étage supérieur, où Fou n'en con- 
naissait que deux espèces ). Ce gisement est parfai- 
tement en accord avec la forme ordinaire des Pla- 
nulés, repartis en général dans le jura moyen. Cette 
espèce a été rencontrée par le Capitaine Grant 
( Quenst. p. 186 ) à l'île Culsch, associée à la Tri- 
konia costata et an Belemnites canaliculatus. Chez nous 
c'est juste le même cas, ou plutôt elle se trouve immé- 
diatement au dessus de ces deux fossiles. En Europe 
elle est l'appauage des couches jurassiques moyennes. 

b. Var. /3. 

( Fig- 93. ) 
Peu différente de l'antécédente. 

Tours un peu moins embrassants ; bouche plus dé- 
primée ; côtes moins saillantes sur le dos plus applati. 



374 

Deux étranglements indiquent l'âge peu avancé de 
la coquille. 

Dimensions. Diamètre 26 mm., hauteur du dernier 
tour 8 mm., hauteur de la bouche 7 mm., largeur 
12 mm. 

Gis et loc. Comme l'on devait l'attendre à la forme 
moins embrassante des tours, rappelant plus celle des 
Planulés llassiques [Ara. communis, A. annulatus), 
notre fossile git bien au-dessous de l'antécédent ; il 
en est même séparé par un étage entier, et se ren- 
contre , pyritisé , dans l'étage à Ain. alternans. 
Tschoukino et Galiovo. 

14. Ammonites coronatus Brug. 
(Kg. 91. ) 

Var. junior. 

Jeune exemplaire ayant 13 mm. de diamètre , 
marqué de quelques caractères qui paraissent être 
l'appanage du développement progressif, tels que : 

1, Le tour orné (sur le moule) de trois étran- 
glements ou sillons profonds, ce qui arrive assez sou- 
vent dans le jeune âge des ammonites , comme l'a 
démontré d'Orbigny, et comme nous aurons prochai- 
nement occasion de le signaler dans l'étude sur les 
variations d'une de nos plus belles espèces. 

2. Entre deux étranglements huit à neuf côtes sail- 
lantes , qui, partant du pourtour de l'ombilic , arri- 
vent à l'angle du tour ou à la ligne suturale et y 
donnent naissance à deux ou à trois branches se- 



375 

condaires, plus faibles, qui, en s'inclinant un peu en 
avant , passent par le dos à peine visibles. Il parait 
que ce n'est qu'avec l'âge que ces tiges costales for- 
ment des noeuds. 

3. Le dessin des lobes moins digité, plus simple, 
et le lobe latéral moins porté en arrière de la ligne 
du 133011 central. En général cependant le dessin 
de la cloison correspond ( à l'exception près , qui 
est l'effet de l'âge ) au dessin exact que donne 
Quenstedt ( Petref. Tab. 14, 1" ). Celui de d'Or- 
bigny (MYK. Russia II. pi. 36. f. 3. ) , qui, se- 
lon Quenstedt, n'est pas toujours assez exact sous 
ce rapport , diffère davantage de nos exemplaires. 
Par les autres caractères ils repondent parfaitement 
aux descriptions et aux figures de d'Orbigny , de 
Reiserling ( Beobacht. pi. 20. f. 11 — 12) et de Quen- 
stedt. 

Dimensions. Diamètre 12 mm., hauteur du dernier 
tout 4 mm., largeur 8 mm. 

Rapports et différences. Nos exemplaires appar- 
tiennent à la variété que Quenstedt ligure et appelle 
var. à ombilic rétréci (engnabelig), du moins le tour 
recouvert à la moitié c. à. d. juste un peu au delà 
des tiges costales. La var. pulla de la var. anceps 
( Am. anceps Reinecke ) que Q. figure à bouche ob- 
roude et ligne sulurale non marquée, indiquent que 
nos exemplaires n'appartiennent point à cette variété. 
Cependant de Keyserling figure des individus d'un âge 
un peu plus avancé, où ce caractère saute aux yeux. 
Gis. et loc. Etage à Am. alternans, à JVlnëvniki et 
à Tschoukino. Pyritisée. 



37(5 

75. Amm. Williamsoni Pàill. 

Phillips- Yorksh. 1. p. 1G8 tab. 4 fig. 19. 
Buch: Amm. JVilliamsoni, Karst. Arcli. 1845. T. XVI. 
Rouillier : Amm. Wllliamsoni Phill. Discours 1845 p. 49. Bull. 
1846. tab. A. f. 10. Bull. 1848. p. 265. 

De Bach la mentionne de Makariew sur l'Oka ; 
nous l'avons signalée de Riazan; enfin nous avous un 
exemplaire provenant de Tschoukino ( étage à Am. 
alternans ). Il correspond complètement à la descrip- 
tion donnée par de Buch. 

4. Ammonites Armati B. 

76. Ammonites perarmatus S. 
(Bull. 1846. Tab. A. f. 7. a-c ). 

Ammonites Henleyi S. (?,) Rllr. Bull. 1848. p. 264. 

Les nouvelles livraisons des Paléontologies de d'Or- 
bigny et de Quenstedt nous ont convaincu que cet- 
te espèce doit être tirée à Y Amm. perarmatus qui 
est ainsi la première de la famille des Armati, trou- 
vée dans des couches parallèles aux nôtres. 

Gis. et loc. Depuis la publication de notre figure 
nous avons reçu des échantillons provenant de Ria- 
zan, de Winew ( Gouv. de Toula) où ils gisent en- 
semble avec VAm. Jason , V Am. cordatus , YAm. 
Lamberti, etc. 



'Ml 
II. 

Gastéropodes. 

77. Fusus minutus Rœmer. 
( % 94. ) 

Fusus minutus Rœmer p. 140. pi. XI. f. 32. 

« T. testa ovato-oblonga; subventricosa; angulo spi- 
rali 54°; spira convexa; anfractibus (7) convexis gra- 
datis, longitudinaliter tenuissime striatls, transversim 
costatis; costis obliquis supcrne fortioribus obtuso-an- 
gulatis ; apertura ovoidea, superne latiori', canali pro- 
duction. » 

Dimensions. Ouverture de l'angle spiral 54°; lon- 
gueur 13 millim., hauteur du dernier tour 8 mm., 
largeur 7 mm. 

Différences. Differt du Buccinum incertum d'Orb. 
par l'angle spiral moins ouvert, les côtes plus angu- 
leuses, les lignes longitudinales moins prononcées, et 
l'ouverture plus rétrécie inférieurement, plus longue- 
ment canaliculée. 

Gis. et hoc. Troisième étage. GaKovo. 

78. Turritella Fahkenrohli Pd/r. 

Turritella Fahrenkohli Rllr. Bull. 1846 pi. C. f. 4. Ibid. 

1848 p. 269. 

Nous avons devant nous des exemplaires peu 



378 

communs , de forte taille , ayant près de la bouche 
7 mm. de largeur* 

79. TuRRITELLA KrANTZI liob. 

( Fi S - 95. ) 

T. testa elongata, spira angulo regulari 15°; anfrac- 
tibus convexis , longitidinaliter 4-costatis , per paria 
remotis; costa tertia fortiori; transversim arcte reticula- 
tis ; apcrtura subrotunda, columella lœvigata. 

Sur quelques tours on distingue une côte longitu- 
dinale accessoire intercalée entre la seconde et la 
troisième, et une sixième sur la partie inférieure du 
tour nou recouverte par le suivant. 

Différences et rapports. Voisine de T. Fahrenkoh- 
li Rllr. (Bull. 1846, pi. C f. 4 Bull. 1848, pag. 269) 
notre espèce s'en distingue par le nombre moindre 
de côtes longitudinales , par leur disposition par pai- 
res, par les côtes transversales plus fortes et plus 
espacées, par l'ouverture plus arrondie. 

Dimensions. Ouverture de l'angle spiral 15°; lon- 
gueur 16 millim., hauteur du dernier tour 3V 2 mm. 

Gis. et Loc. Troisième étage. Galiovo. 
80. Cerithium Renardi nob. 

( Kg. 96. ) 

C. testa elongata, spira angulo regulari 12°,' anfra- 
ctibus complanatis, longitudinaliter 4-costatis, transver- 



sim 20—23 costatis, inferne G — 7 simpliciter costa- 
tis ; apertura subquadrata ; columella lœvigata ; ca- 
nal i brevi. 

Coquille allongée , mince , élégante. Spire formée 
d'un angle régulier à peine un peu convexe , com- 
posée de tours non convexes, ornées en travers par 
révolution spirale de 20—23 côtes linéaires , traver- 
sées par cinq lignes élevées longitudinales, laissant à 
leur point de jonction une saillie un peu allongée 
dans le sens de la longueur de la coquille. La partie 
inférieure du dernier tour marqué de six lignes éle- 
vées. Bouche subquadranguîaire. Columelle lisse à 
canal peu prononcé. 

Dimensions. Ouverture de l'angle spiral 12°; lon- 
gueur 8 millim. , hauteur du dernier tour par rapport 
à l'ensemble 0,21. 

Rapports et différence. On dislingue notre espèce 
de Turritella muricata S., dessineechezPhillipsI.pl. 
IV. f. 8. par plus de tubercules sur les côtes longitu- 
dinales, par l'absence de la face inférieure perpendicu- 
laire du tour et la bouche canaliculée. Phillips, il est 
vrai, la représente avec le caractère du genre Ceri- 
thium, mais elle estime vraie Turritella, à bouche en- 
tière, ronde comme la figure Sowerby pi. 499. et 
comme l'ont remarqué Bronn (Leth. 1. p. 395.), Koch 
et Dunker. De Buch (Jura p. 103) cependant pense 
que c'est un Cerithium. 

Gis. et Loc. Troisième étage. Galiovo. 

Nous nommons cette espèce en l'honneur de notre 
collègue , Mr. le Dr. Renard sous la rédaction du- 
quel apparait notre Bulletin. 



81. Cerithium asperum El/r. 

Cerithiam asperum Rllr. Bull. 1846 pi. Cf. 2. Bull. 1848 

p. 268. 

Un exemplaire de taille peu ordinaire a 10 mm. 
de largeur au dernier tour. 

82. Cerithium Strangwaysi nob. 
( % 97. ) 

Cerithium testa turriculata incrassata, angulo spi- 
rali regulari 17° anfractibus (sex et ultra) planis, co- 
stulis linearibus, longitudinalibus notatis tribus, échi- 
nât is ; transvcrsalibus undecim. Apertura rotundata, 
caniculata. Columella lœvigata. 

Les noeuds formés par le croissement de deux 
genres de côtes se disposent sur des mêmes lignes 
parallèles. 

Dimensions. Ouverture de l'angle spiral 17°; lon- 
gueur totale 9 mm , hauteur du dernier tour par rap- 
port à l'ensemble 0,35. 

Rapports et différences. Ayant l'aspect général de 
la Turritella echinata de Buch , notre espèce s'en 
dislingue par une côte longitudinale de plus, et sur- 
tout par le caractère du genre. Il est nécessaire de 
la confronter avec le Cerithium de Munster, 76, Bronn 
Jahrb. 1833, p. 325. 

Gis. et Loc. Eta«e à Arum, carinés. Galiovo. 

Nous la dédious à la mémoire de Strangways, qui 
le premier a donné des détails curieux sur le «dis- 
trict central calcaire », où se trouve notre capitale. 



;j8i 

83. ACTEON LiEVIGATA Rllr. 
Rlir. Bull. 18 1G pi. C. f. 18. L. c. 1848 p. 270. 

Un exemplaire de forte taille a 9 mm. de lon- 
gueur et 5 mm. de largeur au dernier tour. 

III. 

T E R È B R A T V h E S . 

". Injlalœ de Buch. 
84. R.HYNCHONELLA CONCINNA S. Sp. 

(Kg. 98.) 

Dans les Térébralules, plutôt que dans beaucoup 
d'autres genres , on remplirait une vaste lacune par 
Fétude de nombreuses variétés, tant de celles qui sont 
apportées par le développement progressif, que de beau- 
coup d'autres , qui ne se laissent pas expliquer par 
l'âge. Mais il serait nécessaire que ces études fus- 
sent poursuivies sur des nombreux exemplaires pro- 
venant d'une même localité. Nous avons tâcbé de 
le faire concernant plusieurs Rhynchonelles de Mos- 
cou, les espèces de ce genre étant plus sujettes à va- 
rier que celle des vraies Térébratules. 

Faute d'exemplaires suffisants provenant de loca- 
lités étrangères clas&iqaes , qui nous serviraient de 
terme de comparaison, nous restons indécis si nous 
devons rapporter nos individus à la T. continua S., 
ou à la T. lacunosa Schl. Il est vrai que d'après les 
figures du travail classique de Buch , la distinction 



m 

de ces espèces serait facile, la première appartenant 
aux Injlatœ et la seconde aux Alatœ. Dans la pre- 
mière le bord frontal du bourrelet fait une seule 
courbe continue avec les bords frontaux des parties 
latérales, la coquille ne présentant point de division 
en lobe médian et ailes latérales , pas même par le 
changement de la grandeur des plis. L'angle cardi- 
nal est constamment plus petit qu'un droit. L'area a 
une oreillette très prononcée. Selon le même auteur 
la T. lacunosa se distingue par l'angle cardinal droit, 
l'absence de l'oreillette, la division fréquente de quel- 
ques plis inférieurs en deux plus petits, dirigés vers 
la charnière, par moins de plis , par le lobe médian 
détaché des ailes. 

Cependant ces distinctions sont loin d'être admises 
par les auteurs classiques. Sowerby, qui a figuré le 
premier l'original de la T. continua (Tab. 83. f. 6.) 
donne un exemplaire sur lequel le lobe médian est 
très nettement détaché des ailes. Le même caractère 
saute aux yeux dans les figures de la même espèce 
données par Bronn ( Lethea pi. XVI11 f. 3 ) et par 
Zeuschner ( Paleontologia Polska 1845 pi. IV f. 
11 — 15). Déplus cet auteur admet et dessine deux 
variétés , de formes et de dimensions très variables 
( forme normale, qui approche davantage , à l'excep- 
tion du lobe médian, du type de Buch., et forme 
globuleuse). De Buch cite des variétés qui n'ont que 
15—20 plis au lieu 24—36 ordinaires. Bronn fait 
surtout ressortir pour caractères distinclifs de la T. 
lacunosa la hauteur de la valve ventrale , qui ac- 
quiert tout son maximum presque sur le tiers supé- 



383 

rieur de la longueur , des plis aussi larges que leur 
intervalle, les plis du bourrelet ne devenant visibles que 
vers le bord ; l'absence de la côte aréale et de l'oreil- 
lelle. De Bucb cite la T. elata Cat. comme variété de 
la T. concinna, et la T. média S. comme variété de 
la T. tetraëclra; Pusch au contraire n'en fait qu'une T. 
concinna, etc. 

11 nous est dès lors difficile de préciser l'espèce des 
exemplaires que nous avons sous les yeux. Par l'angle 
cardinal ouvert, la division de quelques plis ces fossiles 
rappellent à la T. lacunosa, par d'autres caractères plus 
nombreux, par l'aspect général , ils tiennent d'avantage 
de la T. concinna , à laquelle nous nous décidons à 
rapporter nos exemplaires. 

Nous distinguons deux variétés : 

ce.) L'une a la plus grande ressemblance avec la fi- 
gure donnée de cette espèce et appellée par Zeuscbner 
forme normale ( Paleont. polska pi. IV f. Il — 15), 
circonstance d'autant plus importante , que selon la re- 
marque de Pusch (Paleont. p. 27 ), les exemplaires que 
Zeuscbner a recueillis dans Yoolite inférieur de Sanka, 
Ostrowiec, Brodla et Baczyn près de Gracovie, ont été 
définis par de Bucb lui-môme. 

Longueur de la ventrale 19 mm., largeur 21 mm. Epais- 
seur de la coquille 12 mm. La valve ventrale, ayant acquis 
toute sa hauteur sur son tiers supérieur (selon Bronn-carac- 
tère de la T. lacunosa) se dirige sans monter sensible- 
ment jusqu'à la limite du tiers inférieur, et tombe d'ici 
vers le bord frontal. Lobe médian détaché des ailes par 
un flanc de pli plus élargi ( contrairement à la figure de 

N° 11. 1849. 25 



384 

Buch ). Sept plis sur le bourrelet, et 6 — 7 sur les ai- 
les, dont les trois premiers sont les plus prononcés, 
les 3 — 4 suivants sont applatis , moins larges et dispa- 
raissent insensiblement vers la charnière. De plus le 
troisième pli inférieur latéral de l'aile de la ventrale 
( sur le côté droit d'un exemplaire ) présente une di- 
vision très nette en deux plus petits divisés vers la 
charnière ( selon de Buch, — appanage distinctif de la 
T. lacunosa ). Oreillette peu haute, mais longue. 

Notre forme approche, en second lieu , de la figure 
donnée par Bronn plus que de toute autre. Elle est 
beaucoup moins haute que l'original de Sowerby. En- 
fin elle diffère de toutes les figures avec lesquelles nous 
l'avons pu comparer par moins de plis, caractère qui , 
suivant de Buch, varie beaucoup. 

/3.) Forme dérangée dans la symétrie. Varietas di- 
midiata ( Fig. 98. ). Gomme dans plusieurs Con- 
clnnœ , il arrive souvent à la T. continua, d'avoir 
un côté abaissé et l'autre relevé parallèlement 
aux variétés de la T. lacunosa ( T. dimidiata , 
dissimilis, obliqua, inœquilatera ), Notre exemplaire 
repond exactement à la figure que donne Zeuschner 
(L. c. p. pi. IV. f. 6 — 10 Ksztalt pogity ) à cela près, 
que dans notre exemplaire le côté gauche est abaissé 
et le droit relevé, que l'oreillette aréale est plus haute, 
et que la ligne aréale est très saillante, aiguë, caractères 
qui distinguent surtout la T. continua. 

Gis. et loc. Ces deux variétés sont assez rares dans 
le second étage. Kharachovo. 



385 

fi. Duplicata; nob. 

85. R.HYNCHONELLA DUPLICATA /?//r. 

( Fig. 99. ) 

Nous avons établi ailleurs (*) un groupe particulier de 
Rhynchonelles, Duplicata?, dans lequel se rangent la T. 
rimosa de Buch et la T. furcillata Theodori. Nous 
avons ajouté plus tard une troisième forme, la Pi. Zeusch- 
neri nob. que nous avons cru d'abord n'être qu'une 
variété de la T. furcillata. Depuis nous consultâmes la 
figure de cette dernière ( Roëmer Oolit X1IÏ, 2 a, b, 
c. ) ainsi que quelques exemplaires envoyés de l'Allema- 
gne, et nous trouvâmes que notre espèce s'en distingue 
par une taille plus forte, la forme plus arrondie, le bec 
moins allongé, par des plis inférieurs plus nombreux, 
dont chacun comprend 3 — 4 supérieurs , non compté 
plusieurs d'intercalés. 

Dans notre Troisième Etude (**) nous avons signalé 
le fait- remarquable, que la R. Fischeri nob., avait aussi 
la tendance à se couvrir de plis dichotomes vers le bec 
ou la charnière , caractère qui rapproche cette espèce 
des vraies Duplicata?. Du reste la portion de la ventrale à 
plis subdivisés vers la charnière, rentre de plus en plus 
au dessous du bec par l'accroissement rapide de la 
ventrale en hauteur : alors on n'appercoit les plis doubles 
que vers le bec sur la dorsale. 



(*) Rllr. et Vsky. Bull. 1847 p. 381 sq. 
(**) Bull. 1849 N° 1- 

25* 



380 

Enfin nous venons de remarquer une dichotomie de 
plis vers le bec dans la R. continua ( p. 384 ) , et 
nous ne doutons pas que la dichotomie, ou en général 
l'accroissement de plis en nombre vers la charnière, de- 
viendra un fait beaucoup plus ordinaire, lorsqu'on aura 
porté l'attention sur ce point. 

Ce rapprochement des Duplicatas et des Concinnœ 
doit nous étonner d'autant moins que ce dernier grou- 
pe présente aussi "quelques espèces ( la T. lacunosa et 
surtout la T. plicalella S. de l'oolite ) qui par la di- 
chotomie de plis vers le bord frontal se placent natu- 
rellement à côté des Dichotomœ de Buch. 

Nous avons devant nous une térébratule , qui doit, 
ce nous semble, former une nouvelle espèce dans notre 
groupe des Dupllcatœ. 

Nous l'appelions Rhyn. duplicata. Forme générale 
de la T. rostrata S. de l'oolite , telle que la donne 
Pusch (*). Triangulaire. Les bords cardinaux sont droits 
et les plus longs. Les latéraux arrondis , inclinés vers 
le frontal , plus courts que celui-ci, formant une cour- 
be très peu ressortante. Le bec allongé, relevé au des- 
sus de la charnière. L'ouverture assez grande. L'area 
longue à côte aréale aiguë, ayant l'oreillette haute d'un 
quart, de la longueur totale. Les deux valves peu bom- 
bées, la dorsale encore moins que la ventrale. Celle-ci 
monte d'abord assez rapidement, acquiert toute sa hau- 
teur sur le milieu , et tombe très peu vers le bord 



{ ) 



Paleont. Tab. III, f. 7, a. b, c, 



387 

frontal , sur lequel le bourrelet cl le sinus sont à pei- 
ne indiqués. La ventrale tombe très légèrement vers les 
côtés. La dorsale est régulièrement convexe jusqu'à son 
milieu , d'où le sinus commence à se faire remarquer 
par une dépression plus rapide. Le bord frontal con- 
tinue du bourrelet sur les côtés presque insensiblement. 
On compte sur le bord frontal de la ventrale 10 plis 
égaux, à dos tranchant, et 2 — 3 de chaque côté, voi- 
sins de l'area , applatis, bien plus faiblement marqués. 
Mais le fait remarquable est, que ces plis inférieurs ne 
sont pas les seuls qui partent de la charnière ; bien au 
contraire, on voit sortir d'ici plusieurs plis ( 24 — 26 ), 
dont quelqu'uns ayant atteint la moitié de la longueur 
totale passent dans un seul pli large , de manière que 
celui-ci semble devenir dichotome en se dirigeant vers 
la charnière ; d'autres fois une côte supérieure arrive sans 
discontinuer, au bord frontal , où elle se laisse distin- 
guer par une largeur et une hauteur bien moindres. 
Les plis supérieurs latéraux voisins de l'area, ne dis- 
continuent pas jusqu'au bord latéral. Ceux de la partie 
médiane cependant sont différents sur les deux moitiés, 
la cardinale et la frontale et d'autant, mieux limités que 
les supérieurs sont imprimés sur une plaque , qui en 
plus d'un point se détache de la coquille. On distin- 
gue le même arrangement des plis sur le moule de la 
dorsale, qui manque dans notre exemplaire. 

Dimensions. Longueur 10 mm. Largeur 20 mm. 
hauteur 10 mm. 

Rapports et différences. Notre espèce correspond si 
bien à la description et à la figure de la T. rostratra S. 



388 

données par Puscb, que, certes, nous l'aurions rappor- 
tée à cette dernière, si les plis, caractère si important 
dans les térébratules , ne l'en éloignaient. De la T. 
continua , on la distingue par la forme beaucoup plus 
déprimée , le bec plus effilé, l'angle spiral beaucoup 
moins ouvert. Si Ton admettait ces caractères comme 
indiquant une variété , certes, notre forme se rangerait 
sous la T. concinna. 

Gis. et loc, Second étage, à Kbarachovo, où elle est 
très rare. 

86. Rhynchonella lacunosa Sch. 

(Fig. 100.) 

Var. biplicata junior nob. 

Qu'il nous soit permis de rapporter provisoirement 
à cette espèce un moule que nous ne saurions ranger 
mieux sous un autre type. 

Notre exemplaire a la forme de la T. concinna , 
que Zeuscbner appelle forme normale, à laquelle nous 
le rapporterions, si les plis n'étaient beaucoup trop peu 
nombreux, trop aigus et trop larges. Deux plis sur le 
bourrelet et cinq sur les ailes. Les plis ne commen- 
cent, ( sur le moule ) qu'a la moitié inférieure des val- 
ves. L'oreillette est bien accusée. 

Gis. et loc. Etage à Am. virgatus. Kharachovo. Très 
rare. 



389 

87. R.HYNCHONELUÀ PORRECTA liob. 

(Fig. 101.) 

Coquille allongée, triangulaire, aux angles intérieurs 
arrondis, déprimée. Valve dorsale très peu convexe, au 
bec un peu effilé, recourbé, s'élevant beaucoup au des- 
sus de la charnière ; de là le deltidium très apparent, 
plus haut que large. L'area très prononcée , haute ; 
l'oreillette peu indiquée. La ventrale, s'élevant très peu 
au dessus de la charnière, est assez régulièrement con- 
vexe, et acquiert toute sa hauteur à son milieu. La 
division en corps et ailes à peine indiquée ; de là le 
bourrelet peu apparent sur le front ; le sinus Test da- 
vantage à commencer du milieu de la dorsale. Neuf plis 
larges, aigus , commençant de la charnière, recouvrent 
le test : trois sur le bourrelet et trois sur les ailes. 
11 pourrait avoir existé quelques autres de moins mar- 
qués vers la partie supérieure des ailes. Notre exemplai- 
re ne laisse pas décider des plis supérieurs du fron- 
taux, d'autant moins que le test désagrégé est recouvert 
de filament asbestoïdes. 

Longueur 20 mm.; largeur 17 mm.; hauteur 8 mm. 
Hauteur de Farea 3 mm. Ouverture de l'angle 116°. 

Rapports et différences. Par sa forme allongée, par 
la hauteur de l'area, le petit nombre des plis etc., fa- 
cile à distinguer de toute autre Rhynchoneîle. 

Gis. et loc. Etage kJm. virgatus Kharachovo. Très 
rare. 



390 

iv. *: 

Acéphales. 

88. ÀSTARTE OVATA P/lUl. 

Astarte ovata Phill. Rllr. Bull. 1846, pi. B. f. 13. RUr. et 
Vsky. Ibid. 1847, p. pi. G, f. 26 Ibid. 1848 p. 282. 

Une "valve gauche bien conservée laisse apercevoir les 
caractères suivants non mentionnés dans notre descrip- 
tion. Test extrêmement épais , dont les stries d'ac- 
croissement ont presque entièrement disparu. Bord 
palléal recouvert de crènulures très fortes disposées 
en côtes un peu moins larges que leur intervalle, oc- 
cupant toute l'épaisseur du test, et ayant une ligne à 
peu près de longueur. On en compte 41 sur une valve, 
22 mm. longue et haute. Impression palléale, à une de 
distance du bord, sans la moindre trace d'exision. Im- 
pression musculaire anale grande, obronde , parfaite- 
ment limitée par la dépression. Impression musculaire 
buccale inférieure plus grande et plus profonde surtout 
supérieurement où le lest fait une forte saillie en for- 
me de dent obtuse. A la partie supérieure et interne 
de celle-ci, bien au dessous de la dent lunulaire, se place 
1 impression musculaire buccale supérieure , petite , 
mais bien marquée. L'intérieur du test n'indique pas 
la division en trois lobes, comme ceci est assez évident 
dans plusieurs espèces du genre. 

Le test présente les deux couches différentes que 
nous avons signalées dans VA. pianota S. ( Bull. 1847 
p. 110. ). 



391 
89. Astahte Buchiana d'Orb. 

MYK. Russia II, p. 456, pi. 33, f. 23—25. 

Nous n'avons rien à ajouter à la description de cette 
petite espèce , établie par d'Orbigny , et fort peu de 
chose sur ses rapports et son gisement. 

Bapports et différences. D'Orbigny en traitant de 
celle espèce la compare avec l'Ast. minima Phill. (qui, 
ce nous semble, se trouve aussi chez nous ), et pense 
même que de Buch , avait pris peut-être pour cette 
dernière Y Asti Buchiana. Nous n'avons pas d'originaux 
anglais de la première espèce ; ce que nous possédons 
de nos couches ( Rllr. Bull. 1846, pi. E. f. 2 Ibid. 
1848, p. 275 ) ne cadre pas parfaitement avec les fi- 
gures de Phillips, aussi nous abstenons-nous encore de 
définir l'espèce problématique. Cependant YAst. minima 
Phillips parait être beaucoup moins épaisse, moins bombée, 
et plus longue etc. On pourrait encore confondre Y A. Bu- 
chiana avec les jeunes de Y A. cordiformis Desh. (Roui 11. 
Bull. 1846 pi. D. f. 15 a-g pi. E. f. 1 a-e Bull. 
1848 p 274 ), mais alors la lunule et le corselet de 
cette dernière ne laisseraient aucun doute sur l'espèce. 
11 est fâcheux qu'avant l'espèce de d'Orbigny , il exis- 
tât déjà une A st. Buchii Roem. ( A star t. p. 40 f . 4 ) 
du néocomien. 

Gis,, et loc. Etage à Am. carinés avec Y A. cordifor- 
mis, à Galiovo, où elle est beaucoup moins commune, 



392 

90. ASTARTE CORDIFORMIS Desh. 

Kllr. As. cordiformis Dsh. BulJ. 1848. p. 417, Bull. 1846 D. 

f, 15, a — g, pi. E. f. 1. a — e. Figures. 

Bronn : A* gryphœoides Fahxenk. Bronn 1848 (Nomeuclat. p. 

115). Synonime à rejeter. 

Un exemplaire, le plus grand que nous ayons vu, a 
11 mm. de longueur. 11 mm. de hauteur et 9 mm. 
d'épaisseur. Coquille presque équilatérale. 

ïif-- 91. AsTARTE FaLKI îiob. 




( Fig- 102. ) 

Coquille quadrangulaire, fortement épaissie , surtout 
vers la charnière et les crochets , recouverte de stries 
élégantes, régulières d'accroissement, fortement bombée. 
Bord buccal un peu évasé près de la lunule } presque 
droit et perpendiculaire sur le palléal qui est de mê- 
me droit et auquel il passe sous un angle arrondi. Bord 
anal parfaitement arrondi a ses deux extrémités. L'anal, 
égal en longueur à la plus forte épaisseur du fossile, est 
le plus court; le cardinal, un peu convexe, plus court 
que le palléal , de sorte que la coquille est un peu 
moins large en arrière qu'en avant. Les deux bords 
correspondants parallèles, delà une forme quadrangu- 
laire presque équilatérale, régulière. Les crochets, as- 
sez larges, dans l'angle antéro-supérieur. Lunule un peu 
plus longue que large, profonde, mais non précisément 
limitée. Corselet presque de la longueur du bord car- 
dinal, de la moitié de la largeur de la lunule. Nym- 



393 

plies peu accusées, longues à peine au de là d'un tiers 
de la facette postérieure. Région cardinale large, épais- 
sie. Ligne cardinale intérieure recourbée au dessous de 
la dent ligamentaire sous un angle obtus, dont les deux 
lignes directrices sont égales en longueur. 

L'espèce appartient à celles qui ont deux dents dans 
chaque valve. 

Valve gauche. Sillon marginal antérieur peu pro- 
fond, ainsi que la fossette lunule. Dent cardinale très 
large, tronquée obliquement à sa base. Fossette cardinale 
de la même largeur. Dent ligamentaire peu saillante 
mais large. L'arrière partie de la région cardinale lisse 
limitée supérieurement par le sillon ligamentaire sub- 
interne , court , et postérieurement par le sillon mar- 
ginal postérieur de longueur un peu moindre que la 
moitié du bord cardinal. 

La valve droite ne se distingue que par une dent 
lunulaire très faible , par une fossette ligamentaire , et 
par la dent marginale postérieure. 

Impressions musculaires très profondes, un peu allon- 
gées ; l'antérieure juste à l'extrémité inférieure de la 
lunule, est perpendiculaire à la ligne directrice antérieure 
de l'angle cardinal intérieur ; l'impression musculaire 
postérieure tombe de même en vertical sur la ligne 
directrice postérieure. L'attache du troisième muscle 
est indiquée par une dépression de la grandeur d'une 
tète d'épingle , très profonde , en dedans de la ligne 
cardinale intérieure, à 2 mm. au dessus de l'impres- 
sion musculaire antérieure. 



394 

Impression palléale entière à 3 mm. de distance du 
bord palléal qui est recouvert intérieurement de cré- 
nelures élégantes, régulières , mais peu larges et peu 
hautes. 

Test composé de deux couches, dont l'intérieure for- 
mée de filamens parallèles, verticales a. la couche exté- 
rieure, a le plus d'épaisseur immédiatement au dessous 
de la charnière , et s'amincit vers l'impression pal- 
léale, où elle disparait presque complètement. C'est un 
caractère que l'espèce partage avec VAstarte planata 
S., comme nous l'avons signalé ailleurs (*), et que nous 
rapportons au groupe des Puschia. Serait-ce un effet de 
la fossilisation? 

Dimensions. Longueur 28 mm., largeur 32 mm., 
épaisseur 23 mm. 

Rapports et différences. Du premier abord l'espèce 
rappelle VA. planata , de laquelle on la distingue ce- 
pendant par une longueur moindre , une largeur res- 
pective plus forte , une plus forte épaisseur , en 
général donc par les trois dimensions plus égales ; 
par une épaisseur des valves plus forte , par les dents 
plus larges etc. 

Cette espèce diffère aussi suffisamment de la Lucina 
Frearsiana Rllr. (Bull. 1846 pi. E f . 5, a — d Bull. 
1848 p. 276 ) par le crochet placé au dessus de l'an- 
gle antéro-inférieur , par l'absence de l'évasion profon- 
de à l'angle anléro-supérieur ; par la lunule plus cor- 



(*) Rllr. et Vsky. Bull. 1847 p. 418 — 419. 



395 

di forme, plus profonde, plus marquée , par le corselet 
beaucoup moins large etc. 

Gis. et loc. Ce superbe exemplaire a été trouvé dans 
l'étage à Am. alternons, à Galiovo , où X Ast. planata 
manque totalement. En mémoire de l'Académicien Falk, 
qui le premier a fait un forage dans le terrain jurassi- 
que à Miatschkovo , qui est l'étage môme , auquel ap- 
partient notre fossile. 

Remarque. Selon la description de Sowerby son A. planata ( A 
obliqua Lk. Desh. Bronn. Noinenc. p. 117 ) diffère de nos exem- 
plaires que nous rangeons sous cette espèce , par plus de largeur 
( comme dans l'espèce qui vient d'être décrite ) par le test moins 
régulièrement rerouvert de stries d'accroissement. Nos exemplaires 
approchent par la forme générale de Y A. porrecta de Bucli ( Ge- 
birgsf. p. 94. pi. III. f. 3 — 5) de Simhirsk. Mais la position des 
crochets et la lunule l'eu distinguent, comme nous le voyons sur des 
exemplaires envoyés par Mr. Jazikov. 

92. AsTARTE IioEMERI liob. 

(Fig, 103.) 

Coquille allongée, peu épaisse, très inéquilatéraîe, re- 
couverte de stries d'accroissement concentriques , qui à 
la partie supérieure s'élèvent même en côtes régulières 
bien marquées et disparaissent insensiblement vers le 
bord palléal. Le bord buccal et l'anal arrondis un peu 
très inférieurement , étroits. Le palléal régulièrement 
arrondi. Le cardinal presque droit. Les crochets peu 
marqués, placés sur la limite du premier tiers. Lunule 
lisse, peu marquée et peu large, de même que le cor- 
selet. Nymphes non apparaotes. Du reste nos exemplai- 
res défectueux ne montrent pas assez nettement ces der- 



396 

nièrcs parties. On distingue deux dents sur un fragment 
de la valve gauche. 

Dimensions. Longueur 19 mm., largeur 30 mm., 
épaisseur 11 mm. 

Rapports et différences. On distingue facilement cet- 
te espèce de tous nos fossiles par sa forme extérieure. 
Un fait intéressant est, que l'intérieur du fossile est le 
plus souvent pyritisé , ce qu'il partage exclusivement 
avec VA. lineata, et qui est un fait exclusif pour nos 
bivalves de Moscou, qui ne sont jamais pyritisées. 

Gis. et loc. Étage à Am. virgatus, à Kharachovo. 
Nous l'avons nommé en l'honneur de Iloëmer, qui a 
donné une excellente monographie du genre entier. 

93. Opis lunulata. 

Opis lunulata, Rllr. et Vsky Bull. 1847 p. 407, Bull. 1848 p. 

289, tab. 9, f. 25, a g. 

Ce fossile du second étage , a été retrouvé, quoique 
très rarement, dans l'étage à Am. catenulatus. 

Nous remarquerons la même chose concernant le 

94. CaRDIUM CONCINNUM B. 

Qui, en général, ne laisse pas que d'être très caracté- 
ristique pour l'étage à Am. catenulatus et qui cepen- 
dant, par exception, a été remarqué au second. Il y a 
même au troisième étage ( à Am. alternans ) une for- 
me très voisine , sinon identique , mais que nous ne 
connaissons pas suffisamment encore à cause de sa pe- 
tite taille , sa rareté et sa mauvaise conservation. 



397 

95. Arca Àlana nob. 

(Fig. 105.) 

Coquille oblongue, un peu carrée , presque lisse, c. 
à. d. marquée de faibles stries d'accroissement et de 
lignes rayonnantes sur le tiers buccal. Les valves très 
épaissies. Côté buccal plus court que l'anal , parfaite- 
ment arrondi vers l'angle inférieur, et anguleux vers la 
facette ligamentaire. Côté buccal presque droit, un peu 
convexe , sub-arrondi inférieurement et formant un an- 
gle obtus avec le bord cardinal , parfaitement droit. 
Bord palléal formant un cercle assez régulier avec le 
buccal, et ne rentrant un peu que vers l'angle anal in- 
férieur, de sorte que la plus forte largeur de la co- 
quille se trouve un peu en avant de la limite antérieu- 
re du tiers postérieur. Crochets très involvés, s'élevant 
sensiblement au dessus du bord cardinal , dirigés en 
avant et placés en avant du milieu de la coquille iné- 
quilatérale. Facette ligamentaire faiblement accusée, peu 
ronde , marquée de quelques lignes en sautoir et oc- 
cupant presque en entier le bord cardinal qui égale en 
longueur le bord anal. 

Intérieur des valves inconnu. 

Dimensions. Longueur 46 mm. Largeur 36 mm. , 
épaisseur 32 mm.; longueur du bord anal 27 mm.; 
longueur de la facette ligamentaire 23 mm. 

Rapports et différences. Voisine de Ydrcu sarato- 
fensis d'Orb ( Russia II p. 461, pi. 39 f. 11-13) 
notre espèce s'en distingue par la forme plus allongée, 



398 

I«i présence de lignes rayonnantes , la facétie ligamen- 
taire par rapport à la longueur totale beaucoup plus 
courte, etc. 

Gis. et loc. Etage à Amm. virgatus, à Kharachovo. 
Très rare. 

96. A RCA OBLONGA MM. 

(Fig. 106.) 

Sowevby : Cuccullaea oblonga Mill 

Rouillier: Cuc. oblonga Mill.? Bull. 184G, pi. D. f. 16 Ibicï. 

1848 p. 274. 

Coquille aux valves fortement épaissies , équilatérale, 
quadrangulaire. Lisse ou marquée de stries d'accrois- 
sement forts irréguliers, et un peu rugueux. Bord car- 
dinal un peu convexe, parallèle ou palléal, qui est pres- 
que droit, aux deux angles inférieurs arrondis, surtout 
le buccal. Le buccal supérieur anguleux, un peu évasé, 
un peu plus ouvert qu'un droit ; l'anal supérieur de la 
môme forme. Bord cardinal par rapport au palléal beau- 
coup plus long que dans l'espèce précédente, occupé 
entièrement par la facette ligamentaire. Crochets juste 
sur le milieu de la longueur, larges, s "élevant fortement, 
et très éloignés l'un de l'autre. Coquille aussi épaisse 
ou même plus épaisse que haute , et un peu plus lon- 
gue, donc presque cubique. 

Dimensions. Longueur 77 mm.; hauteur 68 mm.; 
épaisseur 71 mm.; longueur du bord anal 42 mm.; 
longueur du bord cardinal 56 mm. 



393 

Rapports et différences. Elle diffère de toutes nos 
espèces par sa taille , ses crochets très rassortants , le 
test très épais et rude, etc. 

Gis. et loc. Etage à Amm. catcnulatus. Nous en 
avons vu des exemplaires , provenant de Kislovodsk, 
au Caucase. 



La fin au prochain NV) 



N n 77. 1849. 2G 



IÎiiIIH. !«',<> T;iUv 




v. Dohlen lith. 



howllier ei Vosidskv. 



(tni'i'-J yxoq\Cj\iïi.>. 



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Tschejolew del 



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X. Martinoff Iitk 



RouillicT et FahrenkoM. 



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Bullet. 1S49. Tab.L. 










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9) 



Bullet. 1849. Tat.M. 






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N. Martinoff lith. 



Rouillier et Falirenkohl . 



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Bullet. 1849. Tab.M. 




scheg-olew âel. 



N. M»rtino£f lith. 



Bullet.1849.TabN. 




N.Martinofï Iith. 



Rouillier et Fahrenkolil. 



\dUa2ji& yu>a\o.\i>wt'h. 



Bullet. 1849. Tab. Ni 




N.Martinoff Iith. 



(*L S'^,2 



LES GRÈS 



DES 



ENVIRONS DE MOSCOU 

ONT-ILS ÉTÉ SOUMIS A INACTION DU FEU ON NON ? 



( Ëxtiait du îîullet- de la Soc Imper, des Natural. :1e Moscou, 
î'uiue XX. Wl7. ) 



; 'N 



DES 



ONT-ILS ÉTÉ SOUMIS A i/ ACTION DU FEU OU NON? 



Certainement l'idée de discuter cette question , 
dont la solution négative est depuis longtemps regar- 
dée comme un fait incontestable acquis à la science, 
ne me serait jamais venue , si une opinion contraire 
n'avait été émise par Mr. le Prof. RouilKer et si, en 
citant, pour la prouver « à Vévidence, » un fait rap- 
porté par moi, il ne m'eut forcé de faire tout ce qui 
dépend de moi pour contribuer à l'éclaircissement 
d'une question aussi importante et pour éloigner en 
même temps de moi toute responsabilité d'une hy- 
potbèse qui, pour le moins, devra paraître extrême- 
ment hasardée. 

Citons d'abord le passage en question ( Bullet. 
1846, N° IV, pag. 403): «Le sable blanc de Voro- 
<( bievo semble avoir été le moins changé et être le 
plus près de l'état normal de déposition. Il ne con- 
« tenait en fait de corps organisés que des plantes 
« herbacées , qui n'ont pu être conservées dans une 



« masse désagrégée , et n'ont laissé leurs traces que 
« dans le grès de Tatarowa qui a subi l'effet d'un 
« feu pénétrant, ce qui est prouvé à l 'évidence par les 
« nids de charbon mentionnés par Mr. Auerbach dans 
«le grès provenant de Kline. » 

Sans doute Mr. Rouillier, en parlant du feu péné- 
trant qui aurait agi sur le grès de Tatarowa, n'en- 
tend pas par là un feu accidentel, produit par quel- 
que incendie de foret, par de la tourbe ou du char- 
bon brûlant, car ceux-là n'auraient jamais pu étendre 
leur action ni à des profondeurs considérables , 
ni sur un aréal aussi étendu que semble le leur accor- 
der l'auteur distingué, en déduisant d'une même cau- 
se les qualités analogues des grès de Kline et de 
Tatarowa (localités distantes de 70 werstes l'une de 
l'autre ); c'est donc probablement d'un contact avec 
des roches d'origine ignée qu'il est question dans le 
passage cité ; mais un tel contact est-il imaginable 
sans altération sensible de la stratification des roches, 
sans soulèvement ? Et cependant jamais rien de sem- 
blable n'a été observé dans notre Gouvernement. — 
D'ailleurs nous croyons que, sans vouloir approfon- 
dir l'origine de ce feu hypothétique, il ne serait pas 
difficile de prouver « à l'évidence » que jamais nos 
grès n'ont pu avoir subi l'action d'un feu quelconque. 
En voici les raisons : 

1. Le seul fait cité par Mr. Rouillier à l'appui de 
son opinion est, que \W grès de Kline contient sou- 
vent des nids de charbon ; mais c'est justement ce 
fait-là qui pourrait le mieux servir à prouver le con- 
traire, parce que, à côté des fragmens de charbon et 



mélangés avec eux , on trouve des débris de végé- 
taux, qui n'ont subi d'autre altération que d'avoir élé 
imprégnés d'une matière siliceuse, donc , le feu de- 
vant a«ir uniformément sur toutes les substances con- 
tenues dans le grès, il est évident , que ce charbon 
ou bien a été empâté comme tel par la masse du 
grès pendant son dépôt ( ce qui est le plus proba- 
ble ), ou bien que son origine est due à une cause toute 
autre que l'action du feu, car sans doute Mr. le Pro- 
fesseur lui-même ne pense pas , quoique l'on soit 
tenté de le croire d'après sa conclusion citée , que 
toute carbonisation doive être attribuée au feu. 

2. Comment parviendrait-on à expliquer la pré- 
sence de couches de sable désagrégé entre les bancs 
de grès, en admettant que tous les deux, chimique- 
ment identiques, aient été également exposés au feu? 
Pourquoi les uns n'auraient-ils pas subi les mêmes 
changements que les autres ? Et cependant dans pres- 
que toutes les carrières de notre Gouvernement où 
le grès est exploité , on voit se répéter cette alter- 
nance de couches de grès et de sable. 

3. Enfin rien que la coloration de nos grès suffi- 
rait peut être pour éloigner toute idée d'une altéra- 
tion par le feu, parce que c'est toujours l'oxide de fer 
hydraté qui produit leurs teintes jaunes et brunes, 
et jamais l'oxide de fer anhydre, qui cependant au- 
rait dû se former par une calcination et leur com- 
muniquer sa couleur d'un rouge de cerise plus ou 
moins foncé. 

On serait presque tenté de faire ses excuses pour 
avoir sérieusement combattu une hypothèse si peu 



6 

vraisemblable , aussi lie suis-je entré dans quelque» 
détails que pour engager Mr. Rouillier à soutenir son 
opinion par quelques preuves plus valables, persua- 
dé qu'il n'aurait pas manifesté son opinion, contrai- 
re à celle des Géologues les plus célèbres , s'il n'a- 
vait en réserve des faits plus convaincants que ceux 
qu'il a fournis jusqu'à ce jour. 

J. Auerbach. 



tt> 



tJBER 



EINE NEUE CIDARITEN-ART 



AUS DEM 

und 
ÛBER EINIGE 



NEUE KRYSTALLFORMEN URALISCHER MINERALIEN 



von 

M9r. Jt. JLuerbach* 



(Aus den Verhandl. der Minerai. Gesellschaft zu St. Petersburg, 
fur die Jahre 1845 — 46 ; besonders abgedruckt). 



Ht* Petersburg, 

g e d r u c k t b e i C a r l K r a y. 
1846. 



u'ù 



ZUM DRUGK ERLAUBT. 

"•JîjB... a%S* «*€%» 

St. Petersburg, den 10. Mai 1846. A. Freigang. 



ÛBER EINE NEUE 

CIDARITEN-ART, 

au0 btm 3Ho0kauer 3ura, 



von 
Dr. J. Auerliacli. 



I 

Dièse Art, die einzige in den petrefaktenreichen Schichten 
der Moskauer Jura gefundene, ist zwar bisher nur aus einem 
nicht ganz vollstândigen Stachel(*) bekannt, dieser ist aber so 
eigenthùmlich und von allen bisher beschriebenen so abweichend, 
dass er gewiss die Aufstellung einer neuen Art, fur welohe ich, 
nach Analogie des in der Botanik gebrâuchlichen Ausdrucks, 
den Namen C. spathulatus vorschlage, hinlânglich gerechtfertigt. 

Cidarites spathulatus 

Cidarites aculeis apicem versus com- 

pressis, granulatis, margine spinulosis, versus basin 

laevigatis, utrinque spinosis; petiolis terelibus, glaber- 

rimis ; brevibus. 
Der Stachel ist mindestens 3 Zoll lang, dûnn, an der Basis 
stielrund, nach der Spitze zu aber sich alhnàhlig abplattend und 
an Breite zunehmend. Die Oberflâche ist mit zahlreichen, nach 
oben gerichteten Dornen besetzt ; welche zunàchst der Basis 
unregelmàssig auf der ganzen Oberflâche des Sfachels vertheilt 



Nat. Gr., der Theil von a bis b ist nur im Àbdruck erhalten. 

1 



_ 4 — 

sind, aber vou der Stelle an, wo seine Abplattung beginnt, 
sich an den Kanten in zwei Reihen ordnen, zwischen denen 
die Oberflâche durch sehr feine, nach der Spitze zu dichter und 
grôsser werdende Wàrzchen ein gekôrntes Ansehen erhâlt. Die 
Oberflâche des unteren Theiles des Stachels zwischen den Dor- 
nen und jene des Stiels sind durchaus glatt und sehr glânzend. 
Der ganze Stachel ist ; me bei Cidariten gewôhnlich, in Kalk- 
spath verwandelt, nach dessen Spaltungsrichtungen er von Sprûn- 
gen durchzogen ist. 

Dieser Cidarit, vielleicht mit jenem ; dessen L. Agassiz (*) in 
seiner Monographie der Echinodermen envàhnt, identisch, scheint 
eine dem C. maximus Munster (**) verwandte Art zu bilden, 
was um so wahrscheinlicher ist, als der Hr. Prof. Rouillier in 
unserra Oolith den Abdruck zweier ïnterambulacralschilder gefun- 
den hat ; welche vermuthlich unserer Art angehôren und sich 
demselben C. maximus sehr nâhern ; sowohl durch ihre elliptische 
Gestalt und ihre gekerbten ; durchbohrten Stachelwarzen ; als auch 
durch ihre strahlige Streifung nach dem Fûhlergange zu; sie 
unterscheiden sich jedoch von ihnen durch das nàhere Beisam- 
menstehen der Stachelwarzen ; die an unserem Exemplare seitlich 
nur durch eine schmale Leiste getrennt werden ; wâhrend beim 
C. maximus mehrere Reihen feiner Wàrzchen den Rand eines 
jeden Schildes umgeben. 



+) Monographie du genre Salenia, pag. 4. „les piquans, dont on a fait 
le C. Schmidelii, paraissent aussi se rapporter à un genre particulier. Il en est 
de même d'une espèce inédite de l'oolite inférieur dont les piquans se terminent 
en larges lames spatuliformes." 

*0 Goldfuss, petref. Germaniae, \, 116; lab. XXXIX, fig. 1. 



CBER einige 

NEUE COMBINATIONEN VON KRYSTALLFORMEN, 



AN 

uralterijm 3Hmtralim kobactytct 

von 
Dr. J. Aiierbacli. 

Eine umfassende Arbeit unseres unermûdlichen Forschers, 
des Herrn R. Hermann, ûber die uralischen Epidote und Vesuviane, 
welche hôchst intéressante, nàchstens zu verôffentlichende Re- 
sultate ûber die chemische Constitution dieser Mineralien und 
durch dieselbe bedingte nothwendige Aussonderung zvveier neuer 
Arten geliefert hat ; gab mir Veranlassung dieselben, imAuftrage 
des Hrn. Hermann, auch in ktystallographischer Beziehung nàher 
zu prûfen. Hierbei stellte sich heraus, dass die von Hrn. Her- 
mann aus chemischen Grûnden von den Gattungen Epidot und 
Vesuvian getrennten Arten, Achmatit und Heteromerit ; zwarkry- 
stallographisch mit denselben durchaus isomorph sind, aber doch 
ungewôhnliche und bisher nicht beschriebene Combinationen z. 



— 6 — 



Th. selten vorkommender Flàchen darstellen. Im Folgenden habe 
ich versucht sowohl sie als auch ein Paar andere intéressante 
Krystallformen uralischer Mineralien zu beschreiben. 
Achmatit, Hermann (Epidot ; Auctorum) von Achmatowsh. 




ïŒSî|t 



Fig. 3. 





M 



T/ 



sut* 



H. 
Fig. 4 




Die Krystalle zeichnen sich im Allgemeinen durch ihre 
tafelformige Gestalt, (in Folge der Ausdehnung der Querflâche 
M) und durch das Vorherrschen der Flàchen e des 2fach stumpfe- 
ren 2- und lgliedrigen Oktaëders aus. Ausser diesen Flàchen 
erscheinen an ihnen mehr untergeordnet die Oktaëderflâchen z 



und n ; die hinterc 2fach stumpferc Oktaëderflâche u ; diegerade 
Endflâche 1, die vorderen Schiefendflâchen s und r, die hintere 
T und das vordere schiefe Prisma q. Die Krystalle haben meist eine 
Lange von 2 — 4 Linien bei einer Breite von etwa 1 */ % — 2 Li- 
nien, doch erreichen einzelne unter ihnen auch bedeutend grôs- 
sere Dimensionen, \y^ — 2 Zoll in der Lange und 1 — ly£ Zoll 
in der Breite; dièse grossen Krystalle sind auch durch Mattheit 
und geringe Mannigfaltigkeit der Flâchen, von denen fast nur 
M, 1, T, und e vorkommen, unterschieden (fig. 4}. 
Bezeichnung der Flâchen nach Werlhe der Winkel mit dem 
Mohs u G. Rose (s. Hartmanns Reflections-Goniometer gemes- 
Mineralogie 1843, II ; 47) 
z=z(Y : b : o) r —(a : a b: c) 
n=(a:b:o) T=(a': ab: c) 
u=z(a':2b:c) s=(a:ctb:2c) 
e~(a:2b:c) M=(a:ab:ac) 
q=(aa:b:c) 1 =(aa:ab:c) M : r = 116<> 12' 

T : r = 128<> 26' 
T : M zz 115« 20' 





sen. 


n 


: r — 125o 15> 


e 


r — 144o 10' 


z : 


T zr 125o 


u : 


T m 144o 20' 



— 8 



Puschkinit (Epidot) von Neiwinsko-Rudjansk . 




Fie. 5. 




Die losen, ausgezeichnet dichromatischen Krystalle dièses 
Minerais, deren Mittheilung ich der Gûte des Hrn. Professor's 
Stschurowsky verdanke, sind fast sàmmtlich Zwillinge (Von 1" 
Lange und \yi — 2'" Dicke), von denen die deutlichsten von 
der Querflàche M, den vorderen und hinteren Schiefendflâchen r 
und T ; der Lângsflâche P (a a: b: a c) ; der vorderen Okta- 
ederflàche n ; der hinteren 2fach stumpferen u und der 2fach 
stumpferen rhombischen Saule h (su 2b: a c) begrànzt werden. 
Die Kanten zwischen T und r sind hâufig durch die gerade 
Endflàche 1 stark abgestumpft, wodurch die Sàulen annâhernd 
dreiseitig erscheinen. Die Messungen ergaben fur die Werthe 
der Winkel von M: M'.== 129° 10', von h: M 140° 30', von 
n: T=118°15',von u: T=144°22' ; mithin ist die ; schon vom 
Herrn Obrist Lieutenant von Osersky ausgesprochene Identitât 
des Puschkinit's mit dem Epidot (Yerhandl. der kaiserlich-russi- 
schen minerai. Gesells. zu St. Petersburg 1842, pag. 66) aucli 
in krystallographischer Beziehung vollkommen festgestellt. 



— 9 



Ileteromerit, IJermann (Vesuvian auctorum). 




-4L Fig. 6. ^ 




Der Heteromerit ist mit dem Vesuvian in seiner Krystall- 
form durchaus isomorph, jedoch erhalten die Krystalle durch die 
gànzliche Abwesenheit der geraden Endllàche und durch das 
Herrschendwerden des Dioktàeders s, das mit dem Hauptok- 
taeder c im Gleichgewicht auftritt, ein fremdartiges Ansehen; 
ausser diesen Flàchen sind nur noch die der isten und 2ten 
quadratischen Saule und ; ganz untergeordnet, die des 3fach 
schàrferen Oktaeders t beobachtet worden. Die Krystalle haben 
eine Lange von etwa 3 Linien auf 1'" Durchmesser. 



Bezeichnung der Flâchen. 



Werthe der Winkel. 



c zz a: 


a: c 


c: c Endkantenwinkel 


zz 129° 27' 


t — a: 


a: 3 c 


Seitenkantenwinkel 


zz 74° 21' 


s zz a: 


yi a: c 


t: t Seitenkantenwinkel 


zz 132° 30' 


Mzz a: 


a a: a c 


s: s Endkantenwinkel 


zzfl34° 45' 


d zz a: 


a: a c 




(148° 23' 

2 



— 10 — 



Vesuvian von der Schischimskaja Gora. 



Fig. 7. 






**Cy' "P. 


^^^r. 


A^^- 


"■-'" VW 


\è\ 




il * / 






:i: ^>^ x ~\ c 





Dièse Krystalle, welche mir auch durch die Liberalitàt des Hrn. 
Profess. Stschurowsky zugekommen, sind durch den fast gânzlichen 
Mangel derSâulenflâchen, welche nur als ganz schmale Abstumpf- 
ungen der Seitenkanten der Oktaëder erscheinen, und durch starke 
Entwickelung der Oktaederflàchen c und o und der geraden Endflâche 
P ausgezeichnet. Ganz untergeordnet treten noch die beiden Diok- 
taëder a und s hinzu ; so wie die Flâchen des 3fach schârferen Okta- 
eders t. Dièse Krystalle, welche immer mit einer der Sâulen- 
flâchen aufgewachsen und zu Drusen gruppirt sind, môchten viel- 
leicht dieselben sein ; deren G. Rose (in seiner Reise nach dem 
Ural etc. II ; 128) ; jedoch ohne detaillirtere Beschreibung, er- 
wâhnt und die schon mehrmals vom Ural unter dem Namen 
„ grimer Sphen" versandt worden. Gewôhnlich messen die 
Krystalle ly£ — 2 Linien in der làngsten Dimension, jedoch 
erreichen manche bis zu */ % Zoll Lange. Die Flâchen M ; d, o 
und o sind glànzend und leicht mit dem Reflections-Goniometer 



— 11 — 

messbar, die Flâchen s und a hingegen matt und gekrûmmt 
und nur durch den Kantenparallelismus bestimmbar. Fitr den 
Werth des Endkantenwinkels des Oktaèders o ergab die Mes- 
sung 141—. Mithin finden sich an diesen Krystallen ausser den, 
schon bei fîg. 6 erwàhnten Flâchen, noch P zz (a a: a a: c,) 
o zz (a: a a: c) und a zz (a: yi a: )/ % c.) 






SUR 



m FOSSILES DU GOEVEMHEK 



DE MOSCOU 



G. Fischer de Walmieim. 



Hg>3 G^Tr- 



Lorsqne j'ai eu l'honneur de présenter à la So- 
ciété une notice sur le Spondylosaurus de Moscou, 
(Bulletin de la Société 1845. Tome 18. Vol. 1. 
p. 343 ) je n'avais à ma disposition que quelques 
vertèbres cervicales trouvées par M. Frears dans 
rOolithe de Moscou. Aujourd'hui que , dans la 
même localité, M. Fahrenkohl a trouvé des vertè- 
bres dorsales et M. Vossinskj un fragment de 
mâchoire, de nouvelles recherches m'ont été im- 
posées. La première question qui se présente est 
telle, ces objets ont-ils appartenu à un seul et 
même animal ? Je dois y répondre négativement, 
comme on le verra plus tard. 

M. Frears, empressé de communiquer tout ce qui 
peut éclaircir les formations de nos contrées à M. 



9i 

de MurcTiison , lui avait envoyé ces échantillons, 
sans lui faire connaître l'opinion portée a, la So- 
ciété sur ces vertèbres. M. Murchison (Geology of 
Russia in Europe. Yol. I. p. 417. note.) deman- 
dant l'opinion de M. Owen, recevait la déclaration 
claire et nette: « the Moscon vertébrée belong to 
the Plesiosaurus brachyspondylus. The are— mid- 
dle cervicals, equailing in Size our ordinary Eng- 
lish spécimens from the Kimmeridge and Oxford 
clays. » M. Owen en caractérisant le Plesiosaurus 
brachyspondylus (Report of the English Associa- 
tion. 1743. p. 7 8.) assure lui-même que ces ver- 
tèbres semblent indiquer une nouvelle espèce ou 
un nouveau sousgenre des Enalosauriens. Je ne me 
suis donc pas beaucoup écarté de la vérité en dé- 
clarant le Spondylosaurus Frearsii , comme un 
genre d'Enalosauriens intermédiaire entre le Ple- 
siosaurus et lTchthyosaurus. 

Le Baron Georges de Guvier, mon maître, était 
très heureux dans la restitution de plusieurs gen- 
res d'animaux fossiles ; il devait ce bonheur non 
seulement à sa sagacité , mais aussi à une riche 
collection de squelettes d'animaux vivans. Les sau- 
riens qui nous occupent ici de préférence n'é- 
taient de son tems connus que par quelques gen- 
res k la vérité très remarquables. 

M. Richard Owen Esq. célèbre anatomiste an- 
glais, notre Membre, jouit du double avantage de 
la possession de squelettes nombreux d'animaux 
vivans et de la richesse de Sauriens fossiles que 



02 

le terrain de l'Angleterre récèle dans une quan- 
tité prodigieuse. Non content de ces richesses M. 
Owen a entrepris un voyage en Allemagne, pour 
étudier les espèces de Boll en Wurtemberg et pour 
en connaître les opinions des Naturalistes alle- 
mands. On ne saurait donc faire un pas dans les 
recherches sur les sauriens fossiJes sans consulter 
les obervations de M. Owen. Sans négliger les dé- 
couvertes de Herraan de Meyer, de Kaup, de Jae- 
ger, un résumé des idées de M. Owen, réduites en 
système, peut aider à porter un jugement plus sûr 
sur les objets qui nous occupent. 

M. Owen a déposé ses recherches sur les sau- 
riens fossiles dans les Actes de la Société géolo- 
gique de Londres (Seconde Série Vol. Y. p. 511. N°. 
XXX Yl. ) dans les rapports de FAssociation bri- 
tannique ( Ninth Meeting 1839. Lond. 1840. p. 
43 — 126) et dans son précieux ouvrage sur l'a- 
natomie comparée des dents. ( Odonlography. Lon- 
don. 1840 - 1845 in-8° maj. avec 250 planches). , 

Les Sauriens fossiles peuvent être considérés 
comme marins ou Enaliosauriens ( d'svahioç , sur 
ou dans la mer ) ou comme aquatiques et ma- 
rins. Les derniers ont des nageoires comme les 
Cheloniens ou comme les Crocodiles. 

Les Enaliosauriens étaient destinés , par leur 
structure, à vivre dans la mer. La position et la 
structure des canaux nasaux et le mécanisme os- 
seux de la cavité thorachico-abdominale prouvent 
qu'ils devaient respirer l'air atmosphérique; les 



93 

caractères particuliers consistent clans l'articulation 
unie des vertèbres, (,în the absence of the bail 
and socket articulations of the bodies of the ver- 
tébrée ) ; clans la position des narines sur ou près 
du sommet de la tête, daus les hœmatophyses sé- 
pare'es des vertèbres ; dans les osselets courts, nom- 
breux , plans et digitiformes des deux extrémités, 
couvertes sans cloute d'une enveloppe simple et 
non divisée présentant une ressemblance avec l'ap- 
parence extérieure des nageoires des Cétacés. 

11 y a deux modifications principales d'Enalio- 
sauriens dont le Plesiosaurus et l'Iebthyosaurus 
forment les types. 

Leurs vertèbres offrent le plus souvent le meil- 
leur caractère pour distinguer les espèces et mê- 
me les genres. 

M. Owen ayant adopté des dénominations par- 
ticulières pour désigner les parties d'une vertèbre 
a présenté un diagramme ( Geol. Trans, Y. p. 
518. PL 44. f. 1.) pour rendre sa nomenclature 
plus intelligible. 

Les parties des vertèbres peuvent être divisées, 
suivant Owen, en autogènes et exogènes. Les auto- 
gènes sont développées indépendamment en carti- 
lages séparés ; les exogènes ne forment point une 
continuation de ces élérnens indépendans. 

Les parties autogènes sont : 

1 . Le centre ou le corps d'une vertèbre qui , 
dans les mammifères , suivant Cuvier est compli- 
qué par deux épiphyses. 



01 

2. Les deux lamelles supérieures développées 
pour protéger le cordon nerveux qui repose sur 
la surface supérieure ou centre. M. Owen les a 
appelé par cette raison neurapophyses , (élémens 
périaux ou périvertébraux de M. Geoffroy St. Hi- 
laire ). 

3. Deux élémens inférieurs généralement déve- 
loppés pour protéger les grands vaisseaux sanguins 
placés à la surface inférieure ou au centre des ver- 
tèbres ; c'est pourquoi le nom de hœmapophyses ; 
( chevron bones de Gonybeare ; élémens paraaux, ou 
paravertébraux de M. Geoffroy St. Hilaire. ). 

4. Les procès supérieurs qui , généralement 
joints par anchylose aux extrémités distantes des 
neurapophyses, forment l'arc supérieur de la ver- 
tèbre; (élémens épiaux ou épivertébraux de M. 
Geoffroy St. Hilaire ). 

5. Un processus inférieur épineux , joint com- 
munément par anchylose aux extrémités distantes 
des hsemapophyses, formant avec elles des osselets 
en forme de Y. 

Les côtes appartiennent aux élémens autogè- 
nes, dans les vertèbres cervicales, dorsales et cau- 
dales du Plesiosaurus ; on les a décrit vulgaire- 
ment comme des processus transversaux, quoiqu'- 
elles formassent des os séparés. 

Les processus transversaux sont toujours exo- 
gènes ou un simple prolongement du centre ou des 
neurapophyses. Us sont d'une importance secon- 
daire. Il y en a deux diflférens, les uns supérieurs, 



05 

les autres inférieurs; tous les deux se présentent 
dans les vertèbres cervicales de la plupart des 
classes d'animaux vertébrés; les procès inférieurs 
ne sont développés que dans les poissons. 

Les processus articulaires ou obliques sont 
également exogènes et peuvent être développés 
par suite d'un prolongement , soit des neurapo- 
physes soit des épines supérieures des vertèbres. 

Le centre est le plus constant des élémens ver- 
tébraux ; et par rapport à l'ossification les neura- 
pophyses sont constamment soudées au centre de 
la vertèbre. 

Caractères du Plésioraurus. Le caractère le plus 
remarquable de la colonne vertébrale consiste dans 
la longueur extraordinaire de la région cervicale 
qui est composée de 20 à 40 vertèbres ; la sur- 
face articulaire du corps des vertèbres est plutôt 
plane ou légèrement concave ou plus fréquemment 
convexe dans le centre et concave à la périphérie. 

Les vertèbres, suivant l'observation de Cuvier, 
se reconnaissent aisément par deux petites fosset- 
tes ovales sur la surface inférieure qui caractéri- 
sent toutes les vertèbres du Plésiosaurus, les cervi- 
cales comme toutes les autres. M. Owen nie la 
constance de ces fossettes ; il la trouve marquée 
dans quelques espèces que dans quelques autres ; 
il a même observé des vertèbres indubitablement 
cervicales, où il n'y en avait aucune trace. 

Dans les vertèbres cervicales qui se rapprochent 



96 

des dorsales la partie inférieure de l'articulation 
costale devient plus étroite. 

Les neurapophyses sont communément séparées 
( nou-anchylosées ) du centre de la vertèbre dans 
chaque partie de l'épine. Cette circonstance dans 
les élémens vertébraux supérieurs ne se rencontre 
que rarement dans les animaux vertébrés à sang- 
froid, et jamais dans les classes à sang chaud. 

Les hœmatophyses coexistent avec les côtes ou 
élémens paravertébraux dans la région caudale de 
répiiie, mais elles restent pendant toute la vie sé- 
parées soit du centre soit d'une autre* apophyse 
inférieure ; l'épine ici n'est donc pas développée 
et conséquemment il n'existe pas d'os de chevron 
dans le Plésiosaurus. 

Les corps des vertèbres de plusieurs espèces du 
Plésiosaurus est traversé verticalement par deux 
canaux vasculaires qui conduisent du canal mé- 
dullaire ou spinal à la surface inférieure du cen- 
tre où ils se terminent par deux orifices. Ces ori- 
fices ne présentent pas au reste un caractère con- 
stant du genre Plésiosaurus, ni exclusif, étant 
aussi présent dans les vertèbres des Cétacés, aussi 
bien que dans d'autres Sauriens. 

La gueule du Plésiosaurus est relativement plus 
courte que celle de l'ichthyosaurus. 

Les détails anatomiques de tout le squelette 
peuvent être étudiés dans les Observations de M. 
Ovven. lia décrit 16 espèces de Plésiosaurus dont 
deux sont établies par Conybeare, une par Guvier 



97 

et treize par lui-même. J'ai essayé d'exprimer les 
descriptions très détaillées des espèces par une 
phrase latine, mais il faut attendre un endroit 
plus convenable et vaincre encore quelques diffi- 
cultés avant de les produire. En attendant , une 
énumération nominale des espèces , ne peut être 
sans intérêt. Leurs descriptions se trouvent dans 
le Rapport de l'Association Britannique de 1839 
cité plus haut. 

1. Pies. Hawkinsii Owen. p. 57. Triatarsostinus 
Hawkins C'est l'espèce dont le plus grand nombre 
de squelettes, complets ou presque complets, exi- 
stent dans le Musée Britannique et dans d'autres 
collections. 

2. PI. dolichodeirus Conybeare; O. p. 60- 

3. PI. macrocephalus Conybeare ; Owen. p. 62. 

4. PI. brachycephalus O. p. 69. 

5. PI. macromus O. p. 72. 

6. PI. achyomus O. p. 74. 

7. PI. arcuatns O. p. 75. 

8. PI. subtrigonus O. p. 77. 

9. PI. trigonus Cuvier. O. p. 78. 

10. PI. brachyspondylus O. p. 78. 
IL PI. costatus O. p. 80. 

['2. PI. deedicomus O. p. 81. 

(doidvZ,, cochlear ; cojmoô humérus. ) 
.13. PI. rugosus O. p. 82. 

14. PI. grandis O. p. 83. 

15. PI. tiochanterius O. p. 85. 

16. PI. affinis O. p. 86. 

iV° /// 1S4G. 7 



98 

L'ICHTYOSAURUS. 

11 se distingue du Plésiosaurus par la brièveté du 
cou et par la largeur égale de l'occiput et du 
thorax qui, ordinairement, paraît immédiatement 
attaché à la tête : ce qui, par l'absence totale des 
vertèbres du cou, donne à l'observateur l'idée que 
cet animal a dû ressembler à un Cétacé ou à un 
poisson. 

Les nageoires de plusieurs espèces d'Ichthyosau- 
rus ressemblent plus à celles des Cétacés et sous 
quelque rapport plus particulièrement à celles des 
poissons qu'à celles d'aucun autre reptile. Le nom- 
bre des osselets des doigts surpasse le nombre ty- 
pique de cinq et les doigts mêmes ressemblent 
dans leurs nombreuses et petites phalanges aux 
rayons réunis qui soutiennent la membrane nata- 
toire des nageoires pectorales et ventrales des vrais 
poissons. 

Chaque vertèbre présente une grande concavité 
à la surface antérieure et à la postérieure. Les ver- 
tèbres de la queue sont plus nombreuses que dans 
le Plésiosaurus. Elles diminuent graduellement 
vers le bout de la queue et prennent une forme 
déprimée. La queue au lieu d'être courte et large 
comme dans les poissons est longue comme clans 
les Crocodiles. 

La présence fréquente d'une fracture de la queue, 
à un quart de son extrémité , fait supposer à M. 
Owen qu'il y avait une nageoire tégumentaire dont 



99 

la forme déprimée du bout confirme l'existence 
et la direction. 

Les dents du Plésiosaurus logent, comme celles 
des Crocodiles^ dans un alvéole distinct ; dans les 
Sauriens-Lacertins elles sont ancliylosées avec le 
processus alvéolaire de la mâchoire , comme celle 
de la plupart des poissons ; dans l'Ichthyosaurus 
les plaques extérieures et intérieures de la fossette 
alvéolaire existent , mais la base des dents est li- 
bre et non enchâssée dans l'alvéole. Cette base est 
couverte d'une couche de ciment vraiment osseuse, 
qui rend l'anchylose avec la mâchoire facilement 
possible. 

Quant à la forme des vertèbres, Cuvier les com- 
pare à des dames à jouer, c. à d. que le diamètre 
est plus grand que Taxe. Elles ont toutes les 
deux faces de leur corps concaves , comme celles 
des poissons. 

On observe le centre, les neurapophyses avec 
leurs épines , les haematophyses et les élémens 
costaux. 

Le caractère distinctif du corps de ces vertè- 
bres, suivant Owen, consiste dans la compression 
antéro-spostérieure et dans la concavité des faces 
articulaires. 

Un processus oblique réunit ensemble les neu- 
rapophyses. Les hœmatophyses sont propres aux 
vertèbres abdominales et caudales. Elles ne sont 
pas ancliylosées avec le centre et non réunies vers 
la pointe par une épine. 

7* 



100 

Les côtes de i Ichthyosaurus commencent avec 
l'axis ou la seconde vertèbre cervicale et conti- 
nuent antérieurement jusqu'aux deux tiers de 
la région caudale. Le tubercule inférieur qui sert 
à Tattache des côtes, ne quitte jamais entièrement 
le centre du corps. Ce tubercule révèle à M. 
Owen un résultat intéressant : « quelque vertè- 
bre qu'on puisse découvrir détachée, » «dit-il, » 
qui naît point ce tubercule latéral ou de la fa- 
ce articulaire pour les côtes, de quelque forme que 
soit la surface articulaire antérieure et posté- 
rieure, on peut hardiment conclure quelle n'a pas 
appartenu à un vrai Ichthyosaurus. » 

Il y a souvent deux de ces tubercules : l'un pla- 
cé près des neuvrapopbyses , l'autre plus près du 
centre. 

Outre ces tubercules, les centres des vertèbres de 
richthyosaurus diffèrent généralement de ceux 
du Piésiosaurus en ce qu'ils ont un contour plus 
angulaire, qui forme souvent uu vrai hexaèdre. 

Les détails anatomiques et comparatifs que M. 
Owen donne du squelette entier de ces animaux 
sont dignes d'être étudiés, mais nous éloigneraient 
trop de notre but. 11 me reste à nommer les es- 
pèces d'Ichthyosaurus que M. Owen adopte : 

1. Ichth. communis Conybeare, O. p. 108. 

2. I. iulermedius Conyb. 0. p. LlO. 

3. 1. piatyodon Conyb. O. p. 112. 

4. I. lonchiodon O. p. 116. 

(de Aoy^r), hasta ) 



101 

5 I. tenuirostris Gonyb. O. p. 117. 
graudipes Sbarpe. 
cbirostrongylostinus Hawkins. 

6. 1. acutirostris, O. p. 121. 

7. I. latifrons Konig, Icon scelet. pi. XIX. O. 

p. 122. 

8. I. latimanus O. p. 123. 

9. 1. tbyreospondylus O. p. 124, 

10. I. trigonus O. p. 124. 

Ces observations appliquées aux restes de Sau- 
riens fossiles trouvés aux environs de Moscou, je 
dois laisser à la décision de M. Owen si le Spon- 
dylosaurus Frearsii doit rester sous la dénomina- 
tion de Plésiosaurus bracbyspondylus, ou s'il forme 
réellement un sous-genre différent de son Pléo- 
saurus. 

Les vertèbres trouvées à Dorogomilow et à 
Cbélèpikba paraissent appartenir à l'Iclitbyosau- 
rus et comme je suppose à 

l'Ichthyosaurtjs IxNtermedius Conybeare. 

PI. V. 

Il est certainement très difficile d'assigner avec 
certitude l'espèce à laquelle une vertèbre peut 
avoir appartenu. Mais ces vertèbres sont indubita- 
blement d'un Ichlbyosaurus, par trois raisons : 

1. Par la concavité des faces antérieures et po- 
stérieures. 



102 

2. Par la dépression antéro-postérieure ; et sur- 
tout 

3. Par les deux tubercules caractéristiques très 
distinctement exprimés. 

Uinter médius est l'espèce la plus commune ; 
elle est moins grande que les autres et porte plus 
distinctement les tubercules latéraux. Ces caractè- 
res cadrent tous avec nos vertèbres. J'en possède 
deux écliantillons , l'un blanc sortant du calcaire 
jurassique de Dorogomilofï , l'autre brun saupou- 
dré d'oxide de fer, que M. Fahrenkohl a trouvé 
sur la rive gauche de la Moskwa près de Mnëw- 
niki. 

Cette vertèbre est très évasée à la surface anté- 
rieure et postérieure. Le diamètre dorsal est un 
peu plus grand que le ventral. Le canal pour 
recevoir le cordon médullaire est très large (OVg"') 
et très uni. La racine des neurapophyses est sub- 
triaugulaire ; sur elle s'appuyent les tubercules 
latéraux supérieurs arrondis , de la largeur du 
corps et très élevés. Les seconds apparaissent un 
peu plus bas, presqu'au centre, mais plus rappro- 
chés de la surface articulaire antérieure. Ils ont 
pour ainsi dire un pétiole ou un support cylin- 
drique, creusé à sa surface. 

Cette circonstance ferait soupçonner que les 
côtes étaient bifnrquées à leur insertion, soupçon 
que M. Owen a élevé à la certitude par l'observa- 
tion de la nature elle-même. 

La vertèbre blanche mesurée présente : 



103 

Un diamètre antéro-postérieur de 1" 9'". 

transveral — — !2. 
Diamètre vertical 

dorsal - - - 10'". 

ventral — — — 6 //y . 

L'échantillon du Jura ferrugineux, quoique frag- 
ment, présente les mêmes proportions. 

Une vertèbre assez grande que M. Fahrenkohl 
a trouvée dans la même localité mérite une men- 
tion particulière. Je lui conserverai le nom de 
Spondylosaurus jusqu'à ce que des recherches 
ultérieures confirment ou rejettent cette opinion. 

Spondylosaurus Fahrenkohlii. 
PI. VI. 

Des vertèbres qui présentent une concavité beau- 
coup plus grande que celle de l'Ichthyosaurus, 
sans montrer aucune trace des tubercules latéraux, 
sont censées appartenir à un genre particulier, dif- 
férant également de l'Iclithyosaurus comme du 
Plésiosaurus. 

Le centre présente un corps presque parfaite- 
ment rond. Les faces articulaires antérieures et 
postérieures sont très évasées ; l'arc annulaire min- 
ce et raboteux. Les côtés sont parfaitement lisses. 
Sans aucun tubercule; un peu amincies vers le 
milieu. Les neurapophyses sont à leur base aussi 
larges que le corps avec lequel elles sont parfaite- 
ment soudées. En montant elles s'amincissent et 



10 i 

prennent une forme presque arrondie et se divi- 
sent en deux branches. La pointe de la branche 
principale est tellement enclavée dans la pierre 
qu'on n'en peut découvrir la forme. Sur les côtés 
même de ces apophyses on ne voit aucune trace 
d'une facette articulaire pour les côtes. 

Il faut donc présumer que cette vertèbre ap- 
partient aux cervicales d'un animal à, grande tê- 
te, dont les ligamens de ces grandes neurapophy- 
ses soutenaient le poids. 

Le diamètre antéro-postérieur en est de 3" ô'". 
r— transversal — — 4. 1. 

— vertical — — 3. 5. 

La hauteur des apophyses — — 2. 6. 

La distance des pointes supérieures 3. 8. 

Pour caractériser le fragment fossile de la mâ- 
choire, citée plus haut, il suffit de rappeller un 
genre de Sauriens que M. Owen a appelé 

Pliosaurus. 

Odontography I. p. 282. Saurien de la forma- 
tion du Kimmeridge-Clay, remarquable par sa gran- 
deur gigantesque et la forme de ses dents. 

Les dents sont grandes, simples, coniques por- 
tant à la base, comme celles du Plésiosaurus, des 
raies élevées ou des cannelures. Elles s'en distin- 
guent par leur grosseur relative, par leur lon- 
gueur et par la forme subtrièdre de leur cou- 
ronne. La face extérieure est légèrement convexe, 
quelquefois même plane et séparée des autres 






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105 

par une carène. Ces carènes sont souvent très 
arrondies , de sorte que la dent en reçoit Ja for- 
me d'un demi-cone et ressemble alors à celle du 
Mosasaurus, dont la grandeur est la même. 

Dans la collection du Prof. Buckland, à Oxford, 
il existe une grande portion de la mâchoire supé- 
rieure et inférieure du Pliosaurus brachydeirus. 
On y découvre 26 alvéoles dans la mâchoire su- 
périeure , mais la série n'est pas complète posté- 
rieurement. L'extension de cette portion est près 
de trois pieds. 

Dans le fragment de la mâchoire inférieure, Ja 
série dentaire postérieure est complète mais non 
pas l'antérieure. H y a 35 dents de chaque côté. 
M. Owen croit pouvoir en adopter 38 qui, après 
la quinzième, diminuent de grandeur. 

Les vertèbres cervicales paraissent placer cet 
animal entre le Plésiosaurus et l'Ichthyosaurus. 

Je ne crois pas me tromper si je rapporte notre 
fragment au genre Pliosaurus, parce que la jeune 
dent cadre parfaitement avec la description de M. 
Owen. Mais je la considère comme une espèce di- 
stincte et je l'appelle, en l'honneur du jeune mé- 
decin qui l'a découverte , 

Pliosaurus Wosinskii. 

PI. 111 et IV. 

Le fragment en question appartient à la mâchoi- 
re inférieure; 1. parce que les dents vont en dimi- 



106 

n uant de grandeur de devant en arrière, comme 
dans le Plésiosaurus et le Pliosaurus où les dents 
antérieures d'en bas et les postérieures d'en haut 
sont plus grosses et plus longues ; 2. parcequ'on y 
trouve le canal inframaxillaire (PI. IV. f. 1. b. ) 
qui est assez large. 

La longueur du fragment , ne contenant que 
trois dents, est de six pouces et plusieurs lignes. 
Ces dents sont grosses, longues, coniques , arquées. 
Elles sont creuses et enchâssées dans des alvéoles. 
La longueur de la plus grande dent , incomplète 
cependant, est de trois pouces neuf lignes. Le dia- 
mètre longitudinale de l'alvéole mesure un pou- 
ce sept lignes. Le noyau , formé de marne grise et 
parfaitement rond, de 9 lignes à la hase. L'émail- 
le est très épaisse et la racine en est cannelée. 

La jeune dent, ( PI. IV. f. 2.) tirée de l'alvéole 
situé en dehors de la troisième dent visible ( PL IV. 
f. 1 a.) cadre parfaitement avec la description 
que M. Owen a donnée des dents du Pliosaurus 
en général. Elle est subtriangulaire, a des carènes 
qui séparent la face plane des autres un peu ar- 
rondies. Elle est également canaliculée à la base. 
PI. IV. f. 2. 

La masse qui enveloppe la mâchoire est une mar- 
ne noire, très dure, qui n'est pas attaquée par 
les acides. Le noyau est une marne grisâtre, fai- 
sant effervescence avec l'acide sulfurique. 

Localité. L'oolithe sur la rive droite de la Mo- 
skva au dessus de Troitzkoë. 



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Bn/te/in /S4J. P. 1/ 



Tab. 17 




SpondylosauTns TahrenkoMii. 



• : 



107 



EXPLICATION DES PLANCHES. 

PI. III. Fragment de la mâchoire du Pliosaurus Wosinskii, de 

grandeur naturelle. 
PI. IV. 1. la même vue du côté inférieur. 

2. Jeune dent tirée de l'alvéole ( b. ). 
PI. V. Vertèbre de l'Ichthyosauru.s iutermedius Conybeare. 

1. Vue de côté. 

2. Vue de la face dorsale. 

3. Vue de la face articulaire antérieure. 

4. Vertèbre semblable d'une autre localité. 

PI. VI. Vertèbre du Spondylosaurus Fahreukohlii, de grandeur 
naturelle. 



MICROSCOPIQTIES SrR LES PARTIES MOLLES DU MAMMOUTH 

(Elephas primigenius Blumenbach, Mammonteus Fischer jj 

par 

M. r le Prof. Gleboff. 

Avec trois planches. 



11 n'y a point de doute , que la nouvelle dé- 
couverte d'un squelette entier de Mammouth avec 
les parties molles , dernièrement faite en Sibérie, 
n'appartienne au nombre des faits les plus remar- 
quables, les plus rares et les plus importants pour 
l'Histoire naturelle en général et pour la Géolo- 
gie en particulier. (*) Mais il est à regretter, que 
les parties molles , qui présentent le plus grand 
intérêt pour la science, n'aient pu être envoyées 
à la Société, que séparées du squelette. Et quoi- 
que il en reste une masse considérable , elles ont 
toutes plus ou moins souffert du temps, de sorte 
que leur aspect extérieur se trouve bien changé. 

(*) Le fait antérieur d'un Mammouth couvert de sa peau, 
trouvé sur la Lena par Adams est connu. 



109 

Il est vrai qu'il y en a quelques unes d'entre elles, 
qu'on peut reconnaître à la première vue, c'est-à- 
dire qu'on peut déterminer d'abord à quel tissu du 
corps animal appartient telle ou telle partie de ces 
restes de Mammouth : ainsi on peut distinguer po- 
sitivement le muscle, parce qu'il a conservé par- 
faitement bien ses caractères anatomiques et il n'y 
a point d'autre tissu de toutes les parties molles 
qui se soit conservé au même point d'intégrité que 
celui du muscle ; le tissu adipeux, le tissu cellulaire 
et les poils se déterminent aussi sans aucune diffi- 
culté d'après leur aspect extérieur, mais la déter- 
mination de la plupart, il faut l'avouer, présente 
bien des difficultés, et se trouve bien souvent dou- 
teuse. Dans ce dernier cas on se sert avec grand 
avantage de leur situation, si elles restent encore 
attachées au squelette, soit extérieurement, soit 
intérieurement. De cette manière on peut déter- 
miner bien sûrement le cerveau, puisqu'il se trou- 
ve jusqu'à présent dans la cavité du crâne ,• parce 
moyen on peut indiquer avec précision les parties 
tendineuses des muscles , car il y en a quelques 
unes qui sont restées attachées aux os du sque- 
lette , comme les parties tendineuses des mus- 
cles supraspinati et infraspinati, masseteris, etc., 
aussi on peut préciser la moelle des os, atten- 
du qu'elle est restée jusqu'à ce moment ren- 
fermée dans les creux des os longs. Ainsi toutes 
ces parties, quant à la certitude de la détermina- 
tion de leur nature anatomique, ne laissent, à ce 



110 

qu'il me semble , aucun doute. Mais il me paraît 
impossible de montrer , d'après les restes conser- 
vés, à quelles régions du corps appartient chacun 
des dits tissus , puisque toutes ces parties sont 
communiquées à la Société en petites pièces ré- 
duites à présenter l'aspect d'une substance plus 
ou moins homogène. C'est pour cela qu'il est 
difficile de se prononcer définitivement sur plu- 
sieures masses molles, non seulement eu égard aux 
régions du corps où elles se trouvaient, mais même 
relativement au tissu de l'organisme, en général , 
dont elles faisaient partie. Pour ce dernier but il 
faut avoir recours au microscope qui sert dans 
ces recherches d'un bien meillenr guide que l'oeil 
nu. A l'aide du microscope on détermine très bien 
les fibres du muscle, du tissu cellulaire et de ses 
modifications^ comme des tendons, du périoste, les 
cellules du tissu adipeux, de l'epithelium, les glo- 
bules du sang , la substance corticale et médul- 
laire des poils, les filaments nerveux du cerveau 
etc. etc. On ne se lasse point de s'étonner que les 
formes anatomiques élémentaires des tissus de tou- 
tes les parties molles de Mammouth, sans même ex- 
cepter le cerveau , se soient conservées à un 
tel degré d'intégrité, qu'on ne saurait les distin- 
guer des mêmes formes des tissus frais du corps 
des animaux vivants. Les fibres et les cellules des 
tissus de Mammouth offrent pour la plupart les 
mêmes caractères anatomiques les plus minutieux 
que les corps vivants. 



111 

Pour vérifier ces idées générales et les rendre 
plus exactes et plus détaillées j'exposerai mes re- 
cherches microscopiques sur chaque tissu anato- 
mique à part ; et Ton verra avec admiration, 
qu'un temps si prolongé, qui ruine les objets les 
plus durables et détruit les choses les plus so- 
lides comme le métal , le granit etc. a ména- 
gé les tissus de l'organisme animal si tendres , si 
délicats et par leur nature si passagers, comme les 
fibres du cerveau, les cellules de répithelium, etc. 

Du Cerveau. 

Dans l'intérieur du crâne de Mammouth on 
trouve quelques pièces de diverse grosseur d'une 
substance sèche et très fragile. Il est très vraisem- 
blable que cette substance n'est que le reste de 
l'encéphale puisqu'elle remplit la plus grande par- 
tie des cavités du crâne en forme de masses ho- 
mogènes, dont le volume surpasse plusieurs fois 
la circonférence de la plus grande ouverture du 
crâne, c'est-à-dire du trou occipital, et dont la plu- 
part sont jusqu'à ce moment dans le crâne (cet 
arrangement me paraissait nécessaire afin de conser- 
ver le fait Je plus intéressant pour la science et 
de garder en réserve le moyen de vérifier les re- 
cherches actuelles ). Ces masses ne présentent 
pourtant par leur extérieur presque rien de sem- 
blable au cerveau: elles consistent principalement 
en deux grands morceaux, qui , à ce qu'on voit, 
ne composaient autrefois qu'une masse unique , 



112 

divisée ensuite par une force mécanique en deux, 
grosses pièces el plusieurs petites. Conséquerament, 
les différentes parties de l'encéphale, soit par l'ac- 
tion de l'eau, soit par l'effet de tout autre cause, 
se sont d'abord confondues en une masse, et 
puis, après s'être desséchées, se sont divisées de 
nouveau. Aussi est-il à regretter que, de ces res- 
tes du cerveau nous ne puissions pas tirer une 
idée nette ni de la forme extérieure de l'encép- 
hale entier et de ses parties , ni de la disposition 
et de la structure de ces dernières, ni de la con- 
formation de ses cavités ou ses ventricules. 

A juger d'après la considérable grosseur de ces 
masses, on est porté à penser qu'elles constituaient 
principalement les parties des hémisphères du cer- 
veau ; ce qu'on doit aussi conclure, en se fondant 
sur leur situation .• elles occupent principalement 
les régions antérieures et moyennes de la cavité 
du crâne, et leur partie la plus considérable est 
placée bien loin du trou occipital, dans le voisinage 
duquel, dans l'intérieur du crâne, on voit claire- 
ment un vide qui témoigne le manque de la par- 
tie du viscère qui y était renfermé. Voilà pour- 
quoi il faut introduire la main assez profondément 
dans la cavité du crâne pour toucher et examiner 
les restes de l'encéphale avec une exactitude plus 
ou moins détaillée. 

Ces masses ont en général une couleur blanche 
tirant sur le jaune, et en quelques lieux sur le 
brun; elles sont très cassantes et fragiles; leur 



113 

cassure offre un aspect granuleux ; sous une légè- 
re pression elles se brisent en poudre grossière et 
eu partie se réduisent même en poussière menue 
et fine. Sur leur face externe, qui regarde la sur- 
face interne du crâne, elles présentent une croû- 
te épaisse de x ){" — l /J u et plus. Immédiatement 
sous cette croûte se trouve la masse qui ne pré- 
sente aucune structure anatomique déterminée, 
mais qui paraît être toute composée d'une sub- 
stance compacte et homogène. 

La considération superficielle de ces masses por- 
te donc à croire, que la croûte externe n'est que 
lé reste des enveloppes, et la masse interne, les dé- 
bris du cerveau même. 

Maintenant nous allons examiner particulière- 
ment la croûte externe puis la substance interne. 

Croûte externe. La croûte externe , vue à l'œil 
nu, paraît être formée de fibres* qui se réunissent 
en lamelles superposées; elle offre dans ses parties 
une épaisseur différente et se laisse diviser en cou- 
ches. Le nombre de Ces couches est indéterminé ; 
on en peut détacher un nombre arbitraire. Ainsi, 
quoiqu'on puisse croire à la première vue que ce 
sont des enveloppes du cerveau , on n'y saurait 
distinguer les membranes qui couvrent ordinaire- 
ment l'encéphale. 

En examinant cette croûte au moyen du micro- 
scope , on voit bien qu'elle se composé non de 
fibres, mais d'une substance granuleuse. Les gra- 
nules qui la constituent, sont de grosseur et de 

JV° III. 1846. 8 



114 

forme différentes. Dans cette substance granuleu- 
se on rencontre cependant parfois les fibres , mais 
en très petit nombre. Ces libres ne se séparent 
presque jamais de la matière granuleuse, mais pour 
la plupart elles en sont recouvertes. Il semble, 
que sur les bords de la masse granuleuse on par- 
vienne à distinguer des filaments courts, mais ils 
se perdent le plus souvent, quand on brise la mas- 
se entière. 11 arrive cependant parfois qu'ils s'iso- 
lent, et alors ils offrent toutes les propriétés des 
fibres du tissu cellulaire, c'est-à-dire ils sont fins, 
tortueux et diaphanes. Il est très probable que 
ce tissu cellulaire appartient aux enveloppes de 
l'encéphale. On y rencontre aussi des cellules po- 
lygones de Fépithelium À. a. et avec un noyau 
A. b.; on y trouve quelquefois les cellules de Fé- 
pithelium avec de petits appendices A. c. r qui 
caractérisent celles de la pie-mère et de ses plexus 
choroïdes. 

Bien que les fibres ne s'observent dans la croû- 
te, que très rarement, il faut cependant croire que 
la dure-mère y est aussi comprise , mais elle s'y 
trouve presque totalement détruite, et il est fort 
probable qu'elle s'est métamorphosée en cette 
masse granuleuse, dont se compose en grande par- 
tie la croûte. Il est d'autant plus vraisemblable 
que la dure-mère y est contenue, que dans l'in- 
térieur du crâne on n'en trouve aucune trace, 
même à la base du crâne, où la dure-mère s'ât- 



115 

tache ordinairement plus fermement qu'au cerveau, 
il n'en reste nuls vestiges. 

Il n'y a point de doute que l'arachnoïde n'y soit 
aussi contenue 

Au reste il faut dire que , quoique les formes 
analomiques élémentaires de ces trois membranes 
se soient conservées,' comme 1° les cellules de Vé- 
pithelium qui tapissent à l'ordinaire la face inter- 
ne de la dure-mère, les deux faces de l'arachnoï- 
de, la face externe de la pie-mère et ses plexus,— 
2° les fibres du tissu cellulaire , dont se forment 
communément la dure-mère, ^arachnoïde et la 
pie-mère, mais leur conformation, comme celle des 
enveloppes du cerveau s'est détruite , s'est effacée 
absolument. 

Voici la structure interne de la croûte de la 
substance cérébrale de Mammouth. 
'■'Substance interne. Quant à la substance jaunâ- 
tre et blanchâtre, ■ située sous la croûte décrite, 
elle ne présente à l'œil nu qu'une masse granuleu- 
se; mê'me examinée au microscope elle ne présente 
rien' qu'une foule de grains de forme et de grosseur 
diverses. Du reste il faut remarquer que, même 
dans le cerveau frais* avec quelque grande précau- 
tion qu'on en mette une partie sur le verre du 
microscope , on n'y voit le plus fréquemment 
qu'une masse granuleuse , et ce n'est que rare- 
ment qu'on parvient à distinguer un filameut 
nerveux, le plus souvent d'une forme variqueuse. 

En examinant cependant la même substance 

8* 



1.16 

avec plus (l'attention et plus de persistance on y 
distingue clairement les formes constantes ejui 
suivent : 

1. Masses plus ou moins arrondies qui se pré- 
sentent d'abord à la vue. Ces masses sont évidem- 
ment granuleuses; n'ayant ni contours , ni gros- 
seur déterminées ; parfois d'une forme anguleuse 
ou oblongue C *, et pour la plupart réunies en 
groupes, mais quelquefois on les apperçoit isolées 
D. a. ; et c'est alors qu'on voit manifestement , 
qu'elles sont d'une grosseur différente et d'une 
structure granuleuse D. b. puisqu'elles se décom- 
posent cà et là sous les yeuis en petits grains IX 
e On s'assure alors facilement que les masses ar- 
rondies, quoiqu'elles paraissent être des corps in- 
dépendants lorsqu'elles sont observés en gro lip- 
pes, n'ont point de cellules, et ne sont qu'une ag,- 
grégation accidentelle de la substance granuleuse. 

2. Grains qui composent les masses arrondie*, 
ayant une grosseur différente E. Les uns représen- 
tent une jorme moléculaire ( grossissement de 
150 fois ) E. a., dans les autres on peut aisément 
distinguer des contours opaques et un milieu 
transparent — E. b.; la forme de ces derniers est 
pour la plupart oblongue, et souvent parfaite- 
ment ronde. 

3. De cette même substance granulée se sépa- 
rent des corps isolés d'une forme parfaitement 
ronde F., d'une grosseur bien moindre que les 
masses arrondies ; mais outre la grosseur ces corps 



117 

ronds se distinguent encore par leurs contours très 
précis et réguliers, qui nous portent à les recon- 
naître de suite pour des cpIIuIcs. Elles sont rem- 
plies d'une matière granuleuse d'une couleur jau- 
nâtre. Leur grosseur est très variable. F, a. b. c. 

4. Nous observons encore des globules G. d'une 
grosseur considérable, dont le volume égale celui 
des masses arrondies. Ces globules offrent un con- 
tour prononcé G» a. dans l'intérieur duquel on en 
distingue un autre moins précis G. b ; au centre 
de l'un et de l'autre se trouve un noyau G. c. 
à point opaque dans son milieu. Ainsi on voit 
évidemment que le globule de ce genre par son or- 
ganisation diffère entièrement des masses arrondies ; 
en outre on n'observe point de substance granu- 
leuse dans son intérieur , au contraire il présente 
un corps transparent, de sorte qu'en l'appercevant 
au milieu des masses arrondies , on l'y prendrait 
pour une cavité et Ton ne peut distinguer com- 
plètement sa véritable organisation qu'après l'avoir 
isolé. 

5. Outre tout ce que je viens d'exposer, on y 
remarque encore des corps diaphanes à contours 
à peine visibles, mais réguliers H.; il est fort pro- 
bable que ce sont des cellules adipeuses. Elles pré- 
sentent tantôt un noyau unique 11. b., tantôt deux 
H. a., quelquefois elles se rangent les unes près des 
autres daus la direction d'une ligne H. c. et of- 
frent chacune un noyau plus ou moins précis. 
Parfois elles apparaissent déchirées, mais non pas 



118 

ratatinées M. d., phénomène bien étrange, si elles 
sont vraiment des cellules adipeuses. Il y a en 
outre d'autres cellules , d'une forme oblongue ; 
mais ces dernières sont d'une couleur jaunâtre et 
renferment une substance granuleuse H, e.; les 
unes et les autres ressemblent beaucoup aux cel- 
lules qui se trouvent dans la graisse de Mam- 
mouth. 

(). Parmi toutes ces formes on découvre , avec 
un grossissement de 290 fois les filaments avec 
des caractères de tubules nerveux F., savoir, avec 
des dilatations variqueuses à leur prolongement 
F. a. et avec une masse grumeleuse à leurs bouts 
J. b. Ces dilatations sont souvent asse? réguliè- 
res, alors le tubule entier prend un. aspect nioni- 
liforme K.. L'examen le plus attentif et le plus 
persistant décèle que , dans la substance granu- 
leuse renfermée au. dedans du crâne , les tubules 
nerveux L. se trouvent en quantité beaucoup 
plus grande que les autres formes. Ces tubules 
s'arrangent ou d'une manière très différente et 
irrégulière L. a , ou d'une façon plus ou moins dé- 
terminée et notamment en forme de rayons di- 
vergents h- b. Cette dernière disposition des tu- 
bules nerveux se montre dans le cerveau , après 
l'avoir trempé dans de l'huile d'amandes douces 
et comprimé au moyen du compressorium de Pur- 
quinie. C'est à cette dernière cause que j'attribue 
la disposition des filaments en rayons. 11 arrive 
quelquefois que ces filaments s'unissent l'un à 



119 

l'autre L. c. et nagent dans le liquide en petits 
morceaux. 

7. Enfin dans la niasse de la substance céré- 
brale on touve des vaisseaux sanguins qui se distin- 
guent évidemment des filaments nerveux par leur 
couleur rouge et leur contour plus grand , M. 
quelquefois même par leurs ramifications. 

Muscles. 

J'ai déjà dit que toutes les parties molles ont 
été envoyées à la Société séparées du squelette 
et dans un état si confus qu'il est difficile d'y 
reconnaître à la première vue le tissu musculaire. 
Cependant en les examinant de plus près , on y 
peut au moins distinguer les pièces de ce tissu et 
déterminer sa nature musculaire , non seulement 
à l'aide du microscope , mais à l'oeil nu. Une des 
pièces sur lesquelles j'ai fait mes recherches , 
présente très clairement un tissu musculaire pur. 
On ne saurait dire seulement à quel muscle du 
corps elle appartenait. Mais en tout cas il faut 
s'étonner à quel point d'intégrité elle a conservé 
les caractères anatomiques du tissu musculaire : 
ce morceau de muscle a l'aspect d'un muscle 
tout frais , mais desséché ; et il a conservé une 
couleur rouge-brun , demi-transparente ; il est 
évidemment constitué de faisceaux, qui se laissent 
facilement séparer l'un de l'autre. Ces faisceaux 



1-20 

sont si bien conservés , que pour les rompre il 
fallut user du même effort que pour un mus- 
cle fraîchement desséché. Ces faisceaux se divi- 
sent facilement en faisceaux secondaires, tertiaires, 
etc. et ces derniers en filaments les plus menus. 
La partie musculaire , que j'ai examinée, répand 
une odeur faible, désagréable, ammoniacale, même 
dans l'état sec ; elle est d'une saveur saline à peine 
remarquable. Un faisceau de ce muscle, mouillé dans 
de l'eau, change sa couleur rouge-brun en rouge- 
jaunâtre; humecté dans le vinaigre i] devient 
blanc-jaunâtre , presque diaphane ; — trempé dans 
l'esprit de vin il prend une couleur jaune foncée 
de succin. 

Le muscle examiné sous le microscope, apparaît 
distinctement constitué de filamens d'une couleur 
jaunâtre, qui s'unissent en faisceaux N. ainsi qu'on 
l'observe ordinairement dans les muscles; les fais- 
ceaux s'arrangent régulièrement et courent paral- 
lèlement l'un près de l'autre ; ils sont plus ou 
moins égaux dans toute leur longueur O. a. On 
y remarque nettement des lignes longitudinales 
sombres qui indiquent leur composition fibreuse 
O. b. Dans la plupart des faisceaux on observe 
une disposition de libres en forme de zigzags 
réguliers P. qui caractérisent particulièrement les 
faisceaux musculaires et les distinguent de tous 
les autres tissus fibreux. Les faisceaux, même les 
plus fins , séparés des autres , gardent cette éga- 
le et constante flexion en forme de zigzags Q. 



121 

Mais il est à remarquer qu'ils sont privés d'un autre 
caractère non moins distinctif, savoir qu'ils n'offrent 
pas de traits transversaux. Et leurs fibres élémen- 
taires isolées par hasard, ne présentent nulle part 
cet aspect monjliforme qui distingue la fibre 
musculaire fraîche de celle de tous les autres 
tissus du corps animal R. b, N. b. Le long des 
faisceaux on observe des noyaux de différente 
forme , ronds K. ovales et oblongs , souvent à 
extrémités pointues. Ces noyaux sortent toujours 
plus ou moins de la surface des fibres ; ils se pré- 
sentent quelquefois sous l'aspect de corps étran- 
gers à la fibre ou au faisceau , ainsi qu'on 
l'observe fréquemment sur les fibres musculaires; il 
est donc vraisemblable qu'ils appartiennent à la 
gaine des fascicules et des fibres charnues, composée 
de tissu cellulaire, et non pas à la fibre musculai- 
re ; c'est pourquoi probablement on trouve ces 
noyaux plus souvent sur les faisceaux que sur 
les fibres. 

On distingue ces uoyaux plus clairement sur 
les faisceaux des muscles trempés dans du vinaigre; 
quant à la fibre on l'observe plus facilement , 
si le muscle est trempé dans l'esprit-de vin fort; 
mais il est désavantageux d'examiner la fibre et 
les noyaux du muscle , lorsqu'il a été préalable- 
ment trempé dans de l'eau, puisque dans ce cas 
ils deviennent tous les deux également trans- 
parents. 

Ainsi , on voit que le muscle de Mammouth a 



122 

conservé non seulement son extérieur , mais la 
structure anatomique interne, et probablement sa 
composition chimique clans son intégrité, puisque 
les réactifs que j'ai employés afin de préparer les 
faisceaux et les fibres élémentaires du muscle pour 
les recherches microscopiques , c'est-à-dire l'eau, 
l'acide acélique et Tesprit-de-vin agirent sur lui de 
la même manière que sur une fibre musculaire 
fraîchement desséchée. 

On voit même sur quelques faisceaux , bien 
que rarement, les stries obscures, qui provien- 
nent cependant, à ce qu'il me semble , des 
courbures de fascicules plutôt que des fibres, car 
elles sont plus larges que d'ordinaire S. 

Tendons. 

A cause de Tendomageraent dont j'ai déjà par- 
lé, des parties molles, il est encore plus difficile de 
trouver et de déterminer les tendons et les aponé- 
vroses, que le muscle même, ce tissu ayant beau- 
coup de ressemblance par son extérieur et par sa 
structure microscopique avec plusieurs autres 
tissus qui sont des modifications du tissu cellu- 
laire. Il est vrai qu'il y a assez de muscles , qui 
ont bien conservé leur organisation musculaire , 
mais il n'y a pas une seule qui ait complètement 
retenu sa forme et qui ait gardé ses tendons, ses 
aponévroses ou ses intersections aponévrotiques 
d'une manière évidente. Ainsi il est impossible de 



1-23 

reconnaître positivement aucune de ces parties pour 
tendons, ni d'après l'examen superficiel, ni d'après 
les recherches microscopiques les plus minutieu- 
ses. C'est ce qui m'a obligé d'avoir recours à une 
méthode particulière de déterminer les tendons , 
qui dans ce cas-ci me paraît préférable au mi- 
croscope. — Cette méthode consiste dans l'examen 
des os du Mammouth et dans la recherche des par- 
ties molles aux endroits qui correspondent préci- 
sément aux points d'insertion des muscles. En 
effet j'ai heureusement trouvé les restes de quelques 
muscles ; ainsi j'ai distingué sur le bord supérieur 
de l'omoplate ceux des muscles supraspinatl et in- 
fraspinati , sur l'arcade zjgomatique ceux des 
muscles massélères en bas, et d'aponévrose tempo- 
rale superficielle en haut. Il est déjà bien évident, 
à l'oeil nu, que ces restes des parties molles con- 
stituent un tissu fibreux et en même temps il est 
manifeste que ce tissu diffère du tissu musculaire; 
le microscope l'a confirmé encore plus positivement. 
Une portion de ce tissu, après avoir été mouillée 
dans l'eau et mise sous le microscope , a paru 
être entièrement constituée défibres T; il n'y avait 
même que très peu de substance granuleuse , la- 
quelle couvre ordinairement les parties molles et les 
pénètre partout. Ces fibres sont pâles , presque 
diaphanes , disposées en forme de faisceaux com- 
pactes U. Ordinairement ces faisceaux se dirigent 
parallèlement les uns aux autres et forment des 
masses plus ou moins épaisses T. Ils se disposent 



1*24 

pour la plupart bien près l'un à côté de l'autre. 
Daus quelques endroits il s'insinue cependant entre 
eux du tissu cellulaire flasque, qui les écarte, les 
force à se fléchir et leur fait prendre une position 
superposée. Il arrive aussi qu'un ou plusieurs 
filaments isolés se disposent obliquement par rap- 
port aux faisceaux T. a. a. Peut-être que cela se 
fait artificiellement pendant la préparation. D'ail- 
leurs ils retiennent toujours, même après la divi- 
sion artificielle des faisceaux en filaments, leur direc- 
tion plus ou moins droite et parallèle , sauf de 
très rares exceptions W.; ils ne se disposent ja- 
mais irrégulièrement, ainsi qu'on le trouve géné- 
ralement dans le tissu cellulaire, ce qui prouve 
leur élasticité considérable et les distingue des fi- 
bres du tissu cellulaire , quoique ils n'en soient 
qu'une modification. Par la préparation les faisceaux 
et les filaments se courbent quelquefois, mais ces 
courbures prennent plutôt la forme d'un arc que 
celle d'un angle W. a. a. Le filament de ce tissu 
isolé est plus épais, plus fort, même plus opaque que 
celui du tissu cellulaire W. b. Entre ces filaments, 
surtout lorsqu'ils ont été trempés dans le viuai- 
gre, qui les rend transparents, on observe des sé- 
ries de grains opaques V. tantôt ronds V. a. tan- 
tôt ovales V. b. qui gardent leur opacité même 
après une longue macération dans l'acide acéti- 
que ; c'est par là qu'on les distingue très facile- 
ment des filaments essentiels du tendon. Parfois 
ils forment des filaments épais , courbes, comme 



1-25 

rompus et dispersés d'une façon indéterminée re- 
lativement aux faisceaux Y. a. a. a. Quelquefois 
ces grains s'allongent dans une même direction, 
se touchent mutuellement et forment ainsi des 
filaments dans les tendons X a. auxquels M. Hen- 
le a donné le nom de filaments granuleux ( Keru- 
fasern ) ; ils constituent un caractère distinctif de 
cette modification du tissu cellulaire. Ces fila- 
ments s'anastomosent réciproquement X. b et se 
ramifient en forme de fourchette X. c. Cepen- 
dant les séries de grains se rencontrent ici bien 
plus souvent que les filaments complets. En géné- 
ral ces filaments n'atteignent pas une longueur 
considérable et offrent dans leur étendue un dia- 
mètre inégal. 

Périoste. 

Pour déterminer sûrement le périoste je me suis 
servi de la même méthode que j'ai employée dans 
les recherches des tendons, c'est-à-dire que j'ai re- 
connu sur le squelette une membrane fibreuse dont 
j'ai pris la couche interne, immédiatement appli- 
quée à l'os, pour mes recherches microscopiques. 
Or, la partie que j'ai examinée est sans doute le 
périoste. 

L'examen microscopique du périoste indique 
que l'élément anatomique de cette membrane est 
la fibre avec tous les caractères de celle du tissu 
cellulaire Z. Les fibres s'arrangent ici assez régu- 
lièrement j presque parrallèlement les unes aux 



V26 

autres et forment des faisceaux plus ou moins 
épais X. et bien résistants. Dans ces faisceaux les 
fibres s'unissent bien solidement, de sorte qu'il 
faut user d'assez de force pour les réduire à leurs 
principes anatomiques, et même après cela on ne 
réussit pas souvent à convertir le faisceau en des 
fibres isolées. Mais si on y réussit , les fibres y 
prennent une direction plus tortueuse que dans le 
faisceau même, ce qui désigne leur nature éla- 
stique Z. 

Sur ces fibres on remarque clairement, surtout 
si elles restent encore réunies eu faisceaux ou 
lames , des noyaux ovales X. a. a. semblables à 
ceux des fibres du tissu cellulaire. Ces noyaux 
deviennent encore plus évidents, quand, on trem- 
pe un faisceau ou une lame entière du périoste 
dans de l'acide acétique /?.: alors ils apparaissent 
comme des corps sombres, opaques , et disposés 
pour la plupart dans la direction d'une ligne /8. 
a. Leur volume et leur forme sont bien différents: 
tantôt on les apperçoit comme extrêmement pe- 
tits, dont les uns sont parfaitement opaques /3. b. 
et les autres ne le sont qu'à leur contour, et pré- 
sentent un point transparent au milieu /i. c, 
tantôt comme des corps ovales (3. e. ou oblongs 
/3. f. à contour opaque avec un point diaphane 
dans le centre /?. d., quelques uns de ces corps 
sont pointus à leurs deux extrémités /■?. g. ou bien 
ils ne sont allongés qu'à l'un de leurs bouts j3. 
h. S'il reste des fibres élémentaires apercevables, 



127 

alors on voit clairement, que les noyaux s'arran- 
gent le long ou à côté de ces fibres /?. c. i. En 
se rapprochant mutuellement, ils forment une li- 
gne opaque, qui cependant, après un examen atten- 
tif, apparaît interrompue continuellement, et évi- 
demment composée de noyaux oblongs, rappro- 
chés l'un de l'autre ,6, b. c. d. ; même quand ils 
se confondent parfaitement et forment ainsi un 
vrai filament opaque; on voit encore bien que ce 
dernier change de diamètre en plusieurs points, 
parceque les extrémités de ces noyaux, quand ils 
s'étendent en corps prolongés , deviennent pins 
ou moins pointues. 

Tissu adipeux. 

Parmi les parties molles il s'est conservé une 
masse considérable de tissu adipeux, qui offre au 
premier abord tous ses caractères anatomiques. 
Cependant, à juger d'après le tact et la vue , il 
ressemble plutôt au savon sec, qu'à un tissu na- 
turel du corps animal. Il est d'une couleur blanc- 
jaunâtre sur la surface , jaune-foncé à l'inté- 
rieur et parfois même ronge. 11 nage sur l'eau. 
A une température élevée il tache le papier 
comme la graisse ordinaire. 

L'examen microscopique prouve que cette mas- 
se adipeuse se compose principalement d'une in- 
finité de cellules, remplies d'une substance granu- 
leuse jaunâtre. La forme de ces cellules est bien 



1-28 

différente y: ronde, sphérique ou comprimée, ova- 
le, oblongue, anguleuse, etc. Leur volume est aus- 
si différent que leur forme. Examinées eii masse 
on ne distingue pas clairement lefurs contours, 
mais on s'aperçoit que leurs intervalles sont plus 
diaphanes que les cellules mêmes , qui paraissent 
être des tâches obscures d. a. a. En exerçant une 
certaine pression sur cette masse sèche oii humec- 
tée , à l'aide du compressorium de M. Purquinié, 
il devient évident, qu'elle se compose presqu'en- 
tièrement de cellules distinctes, déterminées, rem- 
plies d'une substance granuleuse y. Eu employant 
une compression encore pins forte, quelques cel- 
lules se séparent de la masse et s'isolent ; en ce 
cas-là, il semble que la substance granuleuse* qui 
remplit les cellules, se dépouille de son enveloppe, 
car son contour apparaît alors aussi granuleux que 
son centre Ë. a. et ses granules retiennent leur con- 
nexion mutuelle, probablement ait moyen d'une sub- 
stance amorphe qui se trouve ordinairement dans 
l'intérieur des cellules de tous les tissus organiques, 
et qui s'appelle substance intër-globulaire ou in- 
ter-cellulaire) puisqu'elle sert souvent à combiner 
les cellules entre elles, Parmi ces cellules il se 
trouve beaucoup de substance granuleuse en mas- 
ses grandes ou petites, dont les granules sont de 
différentes forme et grosseur, et il est* très pro- 
bable que cette substance est de la même natu- 
re que celle des cellules. Ces cellules trempées 
dans de l'éther présentent une forme rayonnée /*. 



129 

En outre de la même masse el en même temps 
se séparent des cellules d'un autre genre, parfaite- 
ment différentes des premières, savoir : des cellu- 
les transparentes, plus ou moins rondes, à con- 
tours égaux, à peine visibles 'Ç. A, avec un noyau y. 
c. quelquefois deux 'Q. d. ou trois noyaux, au cen- 
tre 'Q. a, ou près des parois %. b. Dans les cellules 
de ce dernier genre l'enveloppe s'est conservée, 
et il est clair que le contenu n'y est pas d'une 
nature granuleuse. Cependant il y en a quelques 
unes qui renferment dans leur milieu de la sub- 
stance granuleuse , quoique toujours en petite 
quantité, de sorte qu'il reste constamment un in- 
tervalle transparent considérable entre cette sub- 
stance et ses contours ou parois. Ces cellules se 
rencontrent parfois rompues par leur milieu rj ; 
quelquefois il ne s'en présente qu'un quart ou les 
trois quarts de cellule ; maintes fois une moitié de 
cellule apparait comme brisée, et l'autre y reste tou- 
te entière; dans quelques cas on observe sur la cellu- 
le des fêlures, et sa forme s'est conservée néanmoins 
entière. &. 11 suit de tout ce qui a été dit. 1, que le 
contenu de ces cellules est d'une nature solide, quoi- 
que transparente ; 2, que les cellules même ont une 
forme de sphère, mais non pas celle d'un disque, 
comme les cellules de l'epithélium, ou les globu- 
les de sang. On s'aperçoit facilement de cette sphé- 
ricité des cellules, quand on les rencontre brisées 
par le milieu. 

On rencontre encore comme partie constituante 
A° ///. 1846. <J 



130 

du tissu adipeux , outre les cellules précédentes, 
des filaments, qui ne diffèrent en rien de ceux du 
tissu cellulaire <5. h. /n. a. a. Il est très remar- 
quable que dans ce dernier il se trouve une quan- 
tité de filaments granuleux ( Kernfasern ) et sur- 
tout de noyaux, qui ne se sont pas encore chan- 
gés en filaments , telle que je n'en ai jamais ap- 
perçu dans aucun tissu , même dans le tissu adi- 
peux des animaux frais. Ces noyaux ont une for- 
me ovale X. b. ou oblongues X. c. avec des extré- 
mités pointues X. d. et ils se disposent bien joli- 
ment dans la direction d'une ligne droite X. e. e. 
?j. c. ou courbée d. c. X. f. mais pour la plupart 

régulièrement. On voit très clairement ces no- 

o 

yaux , si l'on trempe le tissu adipeux dans de 
l'huile d'amandes douces. 



EX.PLICA.T10N DES PLANCHES. 
Planche VII. 

Cerveau. 

A. Cellules d'épithelium : a. cellules polyèdres ; b. leur no- 
yau; c. cellules à appendices. 

B. Substance corticale avec des fibres du tissu cellulaire : 
3a . substance cérébrale granuleuse; b. fibres du tissu cellulai- 
re ; c. noyaux du tissu cellulaire. 



131 

C. Substance cérébrale sous la forme d'agglomération de 
masses granuleuses rondes et de grandeur différente. 

D. Les niasses précédentes représentées séparément : a. de 
grandeur considérable ; b. de petite dimension ; c. divisées en 
grains. 

E. Molécules granuleuses dont se composent les masses men- 
tionnées. 

F. Cellules jaunâtres de grandeur différente, parfaitement 
et constamment rondes, remplies d'une substance granuleuse : 
a. les plus grandes ; b. les moyennes, c. les plus petites. 

G. Globule de la substance corticale : a. contour extérieur 
plus précis que b. l'intérieur; c. noyau central relativement aux 
deux contours ; d. point opaque au centre du noyau. 

H. Cellules semblables à celles qui se trouvent dans la 
graisse de Mammouth : entièrement transparentes , a. cellule 
à deux grains sur les parois, b. cellule à un grain , c. suite 
de pareilles cellules , dont chacune a un grain , d. cellule 
déchirée du même genre ; e. cellules oblongues , opaques, de 
couleur jaunâtre et composées d'une masse granuleuse. 

I. Filament ou tubule nerveux, présentant les varicosités et 
la masse qu'il contient; a. tubule, b. masse qui en est sortie. 

K. Le même tubule encore plus variqueux. 

L. Amas de tubules ou filaments nerveux qu'on observe dans 
l'intérieur de la masse granuleuse dont se compose en grande 
partie la substance cérébrale : a. tubules disposés irrégulière- 
ment, b. en forme plus ou moins ra^onnée, tels qu'ils se pré- 
sentent dans le cerveau humecté. 

M. Vaisseaux sanguins de la substance cérébrale qui dif- 
fèrent d'une manière très prononcée du reste de la masse 
par leur couleur rouge, et des Glaments nerveux par leur dia- 
mètre considérable et leurs ramifications : a. vaisseaux san- 
guins ; b. filaments nerveux; c. substance granuleuse. 

9* 



132 

Planche VITI. 

Muscle. 

N. Faisceau musculaire : a. faisceau, b. deux filamens élé- 
mentaires occasionellement séparés par un bout et recourbés 
latéralement , c. extrémités des filaments élémentaires qui se 
présentent sur un bout de faisceau. 

O. Faisceaux d'un muscle disposés plus ou moins parallè- 
lement : a. faisceaux, b. filaments. 

P. Faisceaux, présentant une disposition régulière des fi- 
bres en forme de zigzag. 

Q. Petit faisceau isolé , présentant des courbures en zigzag. 

R. Faisceau musculaire à fibres élémentaires isolées, et avec 
un novau rond : a. faisceau, b. filaments, c. noyau rond. 

S. Faisceau musculaire à traits transversaux : a. faisceau, b. 
traits transversaux, c. filaments élémentaires. 

Tendon. 

T. Assemblage de faisceaux disposés parallèlement; a a. quel- 
ques filaments , en s'isolant des faisceaux, suivent une direc- 
tion inclinée relativement à ces derniers. 

U. Faisceaux qui s'écartent les uns des autres et se divisent 
par ci par là en filaments élémentaires. 

W. Fibres artificiellement séparées entre elles; a a. leur 
courbures forment des arcs, jamais des angles; b b. fibres 
plus denses et plus foncées que celles du tissu cellulaire. 

V. Grains que l'on observe dans le tissu tendineux, surtout 
lorsqu'il a été trempé dans de l'acide acétique , ce qui fait 
disparaître les fibres et rend les grains plus évidens ; a. grains 
ronds, b. grains ovales. 

Y. Fibres granuleuses a a. courtes, grosses et recourbées, qui 
paraissent être les restes d'une fibre unique, déchirée et dis- 
persée dans la masse du tendon trempé longtemps dans du 
vinaigre. 



133 

X. Fibres granuleuses parfaites d'un tendon trempé dans du 
vinaigre : a. fibre, b. son anastomose avec une autre fibre, c. 
ramification en forme de fourche. 

Planche IX. 
Périoste. 

Z Fibres disposées d'une manière plus ou moins parallèle 
a a. s'écartant davantage de la direction droite que les fibres 
de tendon, b. leurs sinuosités formant plutôt des angles que 
des arcs. 

«. Faisceaux dont les fibres ont conservé leur position na- 
turelle et présentent une disposition régulière et parallèle, a a. 
noyaux ovales qu'on y trouve. 

j5. Ces noyaux deviennent encore plus évidents dans une la- 
melle de périoste trempé dans du vinaigre ; a. noyaux dispo- 
sés en série, b. sous la forme de petits corpuscules parfaite- 
ment opaques, c. à contour foncé avec un point clair au mi- 
lieu, d en forme de grains à contour foncé et large milieu 
claire ; e. noyau ovale, f. oblong, g. pointu par les deux bouts, 
b. pointu par un bout, i. noyaux disposés à côté d'une fibre, 
b c d. grains disposés en série sur une ligne droite et pre- 
nant la forme d'une fibre composée ou moniliforme. 

Tissu adipeux. 

y. Cellules, qui se trouvent dans la graisse, de couleur jau- 
nâtre, remplies d'une substance granuleuse de forme et de 
grandeur différentes. 

J. Masses de graisse avec les cellules et avec des fibres du 
tissu cellulaire: a a. taches obscures désignant les cellules, b. 
fibres du tissu cellulaire, c noyaux dont se forment les fila- 
ments granuleux ( Kernfasern de Henle ). 

t. Substance granuleuse qui remplit les cellules de graisse:, 
dont quelques unes ont été brisées par une forte pression «iu 



134 



moyen de compressorium de Purquinie : a. grains de cellule 
qui restent agglomérés, b. grains distinctement séparés. 

<•. Cellules de graisse transparentes et à noyaux ; a. cellule 
avec un noyau central, b. c. avec un noyau près des parois, 
d. Cellule à deux noyaux.. 

t] Cellule transparente de graisse déchirée en deux moitiés. 

&. Cellule transparente de graisse avec une déchirure, mais 
dont les parties conservent leur liaison et leur forme. 

<?. *. Fibres du tissu cellulaire qui se trouvent dans le tissu 
adipeux, à. h. x. a a. X a. 

X Noyaux qu'on observe dans la graisse b. ovales , c. ob- 
longs, d. pointus par le bout, e. disposés en ligne droite f- 
en courbe. 

f*. Cellule jaunâtre de graisse qui après avoir été trempée 
dans de l'éther acétique se présente sous une forme rayonnée» 



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DE LA 



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SOCIETE IMPERIALE 



IS NATURALISTES 



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Tome XXI. 



ANNÉE Î8^§. 



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MOSCOU, 

IMPRIMERIE GAUTIER ET MONIGHETTI. 

1848. 



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SUR LES 



RESTES DES CRUSTACÉS FOSSILES DU JURA 
DE MOSCOU. 



-«S»^<5s- 



Les restes des crustacés fossiles sont très rares 
dans noire terrain jurassique, et ce ne fut que M. le 
prof. Rouillier, qui, dans son Discours, fit mention 
d'un Astacus, appartenant au second étage, sans en 
donner une description détaillée. Explorant dans 
les derniers temps les couches de Khorochovo, j'ai été 
assez heureux pour y trouver des restes de crustacés, 
qui, quoique en petit nombre, auront cependant leur 
intérêt, comme provenant de ces couches. 

Ces restes consistent en deux moitiés de carapaces 
assez bien conservées, deux à demi brisées, une 
pince, et des morceaux de doigts. Ils sont tous em- 
pâtés dans la marne, qui remplit notre étage moyen. 
Le test est assez bien conservé; dans les carapaces, 
iJ est très mince, luisant, noirâtre, dans la pince brun 



495 

clair et très épais. Comme toutes ces parties sont 
disjointes, il m'a été impossible de définir si elles 
appartiennent à une espèce ou à plusieurs. La dé- 
termination que j'en donne est basée sur l'examen 
des carapaces, et je crois qu'elles appartiennent à la 

Glyphaea Bronnii (*). 
PL IX. f. 1. 

Carapace presque deux fois plus longue que 
haute, divisée en trois régions par les sillons,, con- 
cave. Bord postérieur rebordé, marqué dans sa moi- 
tié supérieure d'une excision semi-lunaire pour l'arti- 
culation avec l'abdomen; la moitié inférieure de ce 
bord peu courbée, se confondant avec le bord infé- 
rieur sous un angle presque droit. Bord inférieur 
semi-elliptique, tranchant, continu jusqu'à la région 
antérieure. Bord supérieur ou plutôt la ligne média- 
ne, droite, presque parallèle avec le bord inférieur. 
Les sillons transversaux sont ou principaux ou acces- 
soires. Les deux sillons transversaux principaux divi- 
sent le céphalothorax en trois parties. Ils sont très 
marqués, profonds d'une demi ligne, larges d'une 
ligne. Le sillon principal transverse antérieur ou sto- 



( * ) Lu figure donnée par Roeraer étant incomplète et la 
courte description donnée par cet auteur , laissent beaucoup 
à désirer, je n'ai point la prétention que mon rapprochement 
soit exact* 



596 

maeaîe commence sur le premier tiers du bord in- 
férieur, se dirige supérieurement et se confond avec 
le bord supérieur de la carapace sous un angle pres- 
que droit: le sillon principal transversal postérieur 
ou branchial suit une ligne assez sinueuse.. Coim- 
mençant sur le bord inférieur de la carapace, il se 
dirige supérieurement,, décrit deux courbes pour li- 
miter la région hépatique, puis sur le milieu du cé- 
phalothorax, il se dirige brusquement en arrière , et 
suivant une ligne droite, il se confond avec le bord 
supérieur, sous un angle antérieur très aigu; c'est 
ce qui caractérise la Glyphaea, et notamment notre 
espèce. D'ailleurs, cette position du sillon est la 
cause que nous n'avons, à proprement parler, au- 
cune région postérieure , mais plutôt une région 
postéro-inférieure. Toute la carapace est couverte 
de granulations de différente grandeur, entre lesquel- 
les on remarque des pores à peine visibles sous 
la loupe. 

La région antérieure ou gastrocéphalique est li- 
mitée postérieurement par le sillon transversal an- 
térieur. Elle est d'une forme triangulaire, ayant la 
base deux fois plus large que son sommet (rostre): 
sa surface externe est garnie de quatre côtes longi- 
tudinales, assez élevés , espacés; chaque côte est 
garnie d'une rangée de tubercules assez grands, coni- 
ques, aigus, dirigés obliquement et en avant; l'espace 
libre entre ces côtes est lisse, luisant, et percé de 
très petits pores. Le bord inférieur de la région 
antérieure > et justement la partie où il se confond 
avec le rostre, présente une excision semi-lunaire, 



107 

lisse, longée extérieurement d'un sillon, et qui ser- 
vait pour constituer l'orbite. Le rostre étant le pro- 
longement de la région antérieure, est placé dans 
la direction générale du corps. 11 est assez long, 
multangulaire, creusé en gouttière, garni sur les faces 
externe et interne de côtes tuberculeuses sur les 
angles, et marqué en avant d'uu petit sillon trans- 
versal. Son sommet est brisé. 

L'espace compris entre les sillons antérieur et 
postérieur principaux constitue la région médiane. 
Elle a une forme de deux pyramides rapprochées l'une 
de l'autre; la base de la première pyramide sera sur 
le tiers antérieur du bord inférieur de la carapace, 
le sommet touchera presqu'au bord supérieur (pyra- 
mide verticale); la seconde pyramide aura sa base 
reposant sur le côté de la première, et le sommet 
porté très en arrière (pyramide gisante). Plusieurs 
sillons accessoires, qui correspondaient aux parties 
internes, divisent la région médiane. La partie in- 
férieure de la pyramide verticale est occupée par la 
région hépatique: un petit sillon horizontal (sillon 
hépatique), commençant sur la moitié sinueuse du 
sillon branchial et procédant antérieurement où il se 
confond avec la base du sillon antérieur principal, 
limite cette partie supérieurement, son bord inférieur 
se confond avec le bord inférieur de la carapace. 
Elle est d'une forme réniforme avec la concavité 
tournée en bas; sa surface est couverte de granula- 
tions plus petites que sur les autres parties et irré- 
gulièrement disséminées. Relativement aux autres par- 
lies, la portion hépatique occupe l'angle antéro-infé» 



498 

rieur de la carapace. Le milieu de la pyramide 
verticale, est occupé par une élévation assez marquée, 
ovale, couverte de granulations. Le sillon hépatique 
la sépare de la portion hépatique; un autre sillon la 
divise du sommet de la pyramide. Tous ces sillons 
sont assez larges, mais peu profonds; leur surface est 
très finement poreuse. Le sommet de cette pyramide 
est marqué par une élévation plus petite, disjointe, 
par le sillon déjà mentionné, de la partie sous-jacente; 
cette élévation se confond insensiblement avec la base 
de la pyramide gisante. La pyramide gisante occupe 
le reste de la région médiane, c'est-à-dire l'espace 
compris entre le bord supérieur du céphalothorax et 
le sillon branchial. Un sillon parallèle avec le sillon 
branchial, divise cette partie en deux moitiés inégales, 
dont la supérieure présente une forme véritablement 
triangulaire, et est couverte de granulations irréguliè- 
rement disposées; l'inférieure, n'offre qu'une éléva- 
tion oblongue, peu et également large, et est cou- 
verte sur le sommet d'une rangée de tubercules. 

La région branchiale occupe le reste et presque 
les */ 5 de toute la carapace, sa forme est d'un pen- 
tagone irrégulier; sa surface est partout couverte de 
granulations coniques, assez aiguës, dirigées oblique- 
ment et en avant; une petite dépression se fait re- 
marquer devant chaque tubercule. 



599 



Tableau comparatif des espèces qui s'approchent le 
plus de la nôtre. 

Paîinurus Suerrii 
Glyphaea Bronnil{\). Glyphaea rostrata{1) Mey. (3). 



Carapace deux fois 
plus longue que hau- 
te. 

I/excisure postéri- 
eure rebordée , peu 
profonde. 

Région antérieure 
non divisée par des 
sillons transversaux 
accessoires. 

Région antérieure 
marquée de côtes lon- 
gitudinales, couver- 
tes d'une rangée de 
tubercules. 

Région antérieure 
disjointe de la médi- 
ane par un profond 
sillon. 

Le sillon branchi- 
al dans sa partie su- 
périeure droit, et se 
portant très en ar- 
rière. 



De même. 



L'excisure postéri- 
eure profonde. 



De même. 



De même. 



Carapace compara- 
tivement plus ample. 

L'excisure profon- 
de, couverte sur le 
rebord d'une rangée 
de tubercules. 

Région antérieure 
divisée par des sil- 
lons transversaux. 



Région antérieure 
présentant des éléva- 
tions ovales, circons- 
crites par les sillons 
transversaux. 
De même, mais le Comme dans la 
sillon transversal est Glyphaea Bronnii. 
longé sur la région 
antérieure d'une ran- 
gée de tubercules. 

Le sillon un peu Le sillon droit ne 
sinueux. se portant pas tant 

en arrière. 



(1) Roemer. Die Versteinerungen des Norddeutschen Oolith- 

gebildes. Ein Nachtrag. Hannover 1839. pag. 
31 Tab. XX. fig. 33. 

(2) Bronn. Lethaea geognostica. 1. B Stuttgard. 1837. pag: 

479. Tab. XXVII. f. 3. Desmarest. Crustacés fos- 
siles, pag, 132 Tab. XI. fig. 3. 

(3) Acla Academiœ Leopoldino-Carolinae. Vratislaviœ et Bon- 

nœ, 1833. T. XVI Pars II. pag. 517. Tab. XXXVIII. 
fig. I. 2. 



500 

Glyphœa Bronnii. Glyphœa rostrata. Palinurus Suerrii. 



La région médiane 
divisée en plusieurs 
3 — 4 parties. Le sil- 
lon, qui va parallèle- 
ment avec le sillon 
branchial, limite une 
élévation plus large 
en bas et rétrécie en 
haut. 



La région médiane 
divisée en plusieurs 
parties.— Le sillon li- 
miteuneélévation ob- 
longue, plus étroite 
inférieurement et qui 
se rétrécit supérieu- 
rement. 



Rémarque. Les différences entre la Glyphœa Bron- 
nii, la Glyphœa rostrata Bronnii , et même la Gly- 
phœa Regleyana, sont si peu marquées, qu'on pour- 
rait même les considérer comme appartenant à une 
même espèce, d'autant plus, qu'elles appartiennent 
tous aux étages moyens du Jura. Cependant n'ayant 
à ma disposition ni des exemplaires pour com- 
parer, ni les livres nécessaires pour faire une étude 
monographique , je laisse cette question au jugement 
des autres. 



INous sommes en 'possession des autres parties 
disjointes de la carapace, qui nous laissent en doute 
si elles doivent être rapportées à l'espèce sus-men- 
tionnée, ou non. Or, nous en faisons une étude à 
paît. 

1. La main. fig. 2 et 2\ Elle est composée de la main 
proprement dite, du procès digiliforme et du doigt 
mohiJe. La main proprement dite est d'une forme 
quadrangulaire, avec les angles droits et égaux. Sa 
surface supérieure est arquée, un peu déprimée vers 
les hords, couverte de granulations assez pointues, 



501 

dirigées en avant, plus grandes vers les bords, plus 
petites au milieu; devant chaque granule on re- 
marque une petite impression. La surface inférieure 
est concave, munie de deux sillons longitudinaux, 
parallèles avec les bords; elle est couverte de granu- 
lations plus petites que sur la surface supérieure. 
La face articulaire supérieure , servant pour l'articu- 
lation avec l' avant-bras, est presque perpendiculaire 
à des surfaces déjà décrites, avec une légère incli- 
nation vers l'inférieure. Sa forme est d'un oval re- 
bordé, circonscrit d'une ceinture lisse, sans granula- 
tions. A l'intérieur de celte surface on remarque 
une élévation arrondie, reste peut-être d'une épine 
brisée, comme on en voit de pareilles sur la main de 
l'Astacus marinus (Goldfuss). L'autre surface articu- 
laire sert à la jonction du doigt mobile avec la main. Elle 
est oblique, c'est-à-dire, son axe rencontre l'axe de 
la main entière sous un angle aigu (*), marquée exté- 
rieurement par un sillon assez profond, auquel cor- 
respond sur la surface supérieure une élévation ob- 
longue, très inégale, raboteuse et lisse. Bord interne 
de la main arrondi, plus large vers la partie supérieu- 
re, rétrécissant vers le procès digitiforme, couvert 
de granulations. Bord externe rétréci. Le procès 
digitiforme et le doigt mobile commencent presque 
sur le même plan. La base du premier est aplatie, 
couverte de granulations ; elle égale en largeur la 
moitié de la main. La base du doigt est un peu 



(*) Dans l'Astacus fluviati lis et marinus ces deux axes for« 
ment un angle droit. 



502 

plus mince, plus aplatie, anguleuse, munie sur sou 
bord externe d'un sillon longitudinal, et ornée sur 
ces surfaces de fossettes arrondies (*) et de peu de 
granulation. 

1. Doigt. La fig. 3. parait être le procès digitiforme 
de la main gauche, brisé, ayant peut-être la moitié 
de sa longueur totale. La base est deux fois plus 
large que le morceau détaché (brisé), la surface est 
luisante, lisse, couverte, de trois côtes longitudinales 
plus prononcées sur la surface inférieure f. 3. b. et 
que l'on voit encore mieux dans la fig. 4. b; l'es- 
pace entre ces côtes est occupé par des creux 
disposés sur une ligne droite. Le bord interne de ce 
doigt garni d'une rangée d'épines au nombre de neuf; 
la troisième et la dernière sont plus grandes, les au- 
tres paraissent avoir une grandeur égale. Chaque 
épine est formée de trois couches ( strates ) s'en- 
caissant l'une dans l'autre. A leur base, ces épi- 
nes sont à peine espacées entre elles, mais elles 
s'amincissaient vers le sommet, laissant ainsi des in- 
terstices libres, dans lesquelles passaient les épines 
du doigt opposé, présentant ainsi une sorte de scie. 
Une disposition pareille se remarque aussi dans la 
main du Klytia Leachii (Reuss: Die Versteinerungen 
des Bohmischen Kreidegebirges T. I. Taf. VI f. 5.) 



(*) Les fossettes que l'on remarque ici , sont peut-être le 
résultat de la destruction de la couche superficielle du test, 
ou elles ont pris places de granules. C'est ce qui m'est inspire" par 
la remarque d'Agassiz ( Bronn Lethasa T. I. p. 478). 



503 

La pince figurée dans les Beitrage sur Kenntniss 
des Norddeutschen Oolitbgebildes, Koch et Dunker, 
Braunsclrweig, 1837 pag. 35 T. II. f. 15. présente le 
doigt mobile muni d'épines, l'autre en est dépourvu. 
La fig. 4 pourrait bien n'être que le sommet du 
doigt. On y remarque les mêmes singularités; sa sur- 
face est munie de creux disposés sur une ligne droite; 
son bord interne est garni d'épines, ayant la même 
forme et la même disposition que dans la fig. 3*. 



EXPLICATION DES FIGURES. 
Tab. IX. 

Carapace. 

Fig. 1. a. Sillon transverse antérieur. 

b. Sillon transverse branchial. 

c. Région antérieure, 
d. moyenne. 

e. ■ postérieure. 

f. Portion hépatique. 

g. Sillon hépatique. 

h. Excision semi-lunaire. 
i. Rostre brisé. 
Fig. 2. 2 a La main. 

a Surface supérieure. 

b. — — inférieure. 

c. l'Articulation avec l'avant-bras. 

d. — du doigt mobile. 

e. Tubercules de la surface supérieure grossis. 

f. Creux de la surface supérieure du doigt. 

g. Profil du procès digitiforme. 
h. — du doigt mobile. 



504 

Fig. 3. Procès digitiforme. 

a. Surface supérieure. 

b. — -- inférieure. 
3 a Procès grossi, 

c. épines. 

d. épïne plus grande. 

3 b Morceau de grandeur naturelle , vu par la face in- 
terne. 
Fig. 4. Extrémité du procès digitiforme. 

a. Surface supérieure. 

b. — — inférieure. 

Fig. 5. Morceau du céphalothorax. 



A. VOSINSKY. 



Bulletin AV4S P I 



Tab. IX 








3." 



L__-a? 



M 




(ilyphaea Bronnii Roeni. 

y. ^aretpa^e cote ffa-u/Jtc. 3. a Procès digititormr grossi 

2. Jfâeùn,, face- inférieure. 3P » „ ivi par la face interne. 
Zf 1 JKaÎT/f face supérieure. 4. JSjctremite du procès diaïtifbrnte. 

3. Prr?cé& digitiforme. £. JWoretéiauer du eep/taJotJioraJC. 



BTTLLETIH 



DE LA 



u 



ETE IMPERIAL 



IDE© MAWI1AMOT] 



DE MOSCOU. 



ANNÉE 18A& 



Tome XIX. 

Seconde partie. 

( Avec 49 planchos, ) 

SOUS LA DIRECTION DU DûCTEUR RemARD. 



DE L'IMPRIMERIE D'AUGUSTE SEMEN, 



1846. 



D'UNE NOUVELLE VARIÉTÉ 

D'AMMONITE DU TERRAIN JURASSIQUE 

de Moscou. 

Ammonites Zieteni Rllr. var. Âng'iouri&s nob. (T. VIT.). 

^^Qsgseî*— — 

Jmmoniles sp. Rouillier. Bull. 1846. pi. A. f. 8. 1838. p. 264. 
Amm. Zieteni Rouillier. Bull. 1849. p. 368. pi. A. f. 8. a. b. 

En parcourant les environs de Moscou cette an- 
née-ci, il m'est arrivé de trouver un ammonite avoi- 
sinaut VA. coronatus et Vanceps. Dans les livres de 
Paléontologie que j'ai pu me procurer, je n'en ai pu 
trouver la définition que dans les travaux de Mr. le Pro- 
fesseur Rouillier, et ceci m'a décidé d'en présenter la 
description aujourd'hui à la Société Impériale des Na- 
turalistes de Moscou, qui peut-être voudra bien rece- 
voir ce petit travail d'un jeune adepte. 

Cet Ammonite, qu'il me soit permis d'appeler. 
Ammonites Zieteni Rllr. var. Angiolinus , se trouve 
dans l'oxford-clay des environs de Moscou ; je l'ai 
trouvé à Mnëvniki, non loin de Kharachovo. 



617 

Mr. Rouillier a reçu l'espèce de Sinabirsk. 

En voici la description: Testa inilata, anfraclibus de- 
pressis, latis, intus angulatis, 18 tuberculis acutis nolalis, 
quorum quilibet umbilicurn versus costara simplicem, 
dorsum versus costam bifurcatara, raox e van esc ente m, 
emiltet ; dorso carinato, convexo, in medio promiuu- 
lo ,* apertura depressa , externe truncata ; seplis Jate- 
ribus trilobis. 

Coquille renflée, carénée , ornée par tours près 
de l'ombilic de 18 tubercules pointus placés sur l'an- 
gle extérieur des tours. Chaque tubercule donne 
naissance en dehors à deux côtes, qui se perdent 
non loin de leur origine, en se dirigeant du côté de 
la bouche sous un angle aigu, en dedans il en sort 
une seule côte bien plus distincte. Leur nombre ne 
dépasse jamais celui des tubercules. La carène peu 
saillante est marquée de petits nodules. Les dimen- 
sions de la spire avoisinent celles de VA. coronatus 
( à peu près deux fois plus large que haute ) les 
tours sont tronqués sur les côtes et descendent 
vers l'ombilic sous un angle de 90° à peu près , où 
en s'appliquant sur l'angle saillant du tour précé- 
dent , ils forment un entonnoir à gradins. Dos ca- 
réné , bien large et proéminent au milieu. Bouche 
déprimée et convexe en dehors, tronquée sur les 
côtes. 

Cloisons symétriques, découpées de chaque côté 
en trois lobes et autant de selles, formées de par- 
ties impaires. Lobe dorsal un peu plus court et plus 
large que le lobe latéral supérieur, muni de deux 
branches. Selle dorsale un peu plus large que le lo-< 



618 

be latéral supérieur, très peu découpée et tronquée. 
Lobe latéral irrégulier divisé en deux branches. Sel- 
le latérale de la moitié moins large que le lobe la- 
téral supérieur, assez régulièrement divisée en trois 
parties. Lobe latéral inférieur très petit et oblique. 
Le lobe auxiliaire indistinct. La ligne des tubercu- 
les correspond comme dans VA. coronatus au milieu 
de la selle latérale. 

Dimensions, d'après la méthode de Quenstcdt: Hau- 

leur de la bouche ( Mundhôbe ) 2 ^ = 2,27. Progres- 
sion de chaque tour (Windungszunahme) 375 = 1,87. 
Rapport entre le diamètre de tout l'ammonite et celui 
de ses tours (Scheibenzunahme) £ 7 = 3,5. Epaisseur 
( Dicke ) ou mieux encore rapport entre l'épaisseur 
et la hauteur ^ ^= 0,45. 

Rapports. Cette espèce se rapproche, vu la dépres- 
sion des tours , de VA. coronatus et de Vanceps, en 
s'en distinguant pourtant par la carène du dos et 
les côtes moins nombreuses , qui ne passent jamais 
sur le dos, ainsi que par la bouche proéminente au 
milieu. Nos exemplaires appartiennent comme varié- 
lé à l'espèce Amm. Zieteni RUr. 

Gisement. Elle se trouve jusqu'à présent unique- 
ment dans la division inférieure de l'étage Oxfordien 
à Mnëvniki et à Kharachovo, en même temps que 
VA. coronatus, VA. alternans, VAstarte Buchiana. 

Développement des caractères saillants avec Vdge. 
Ce qu'il y a de plus jeuue en fait d'Ammoni- 
te de cette espèce, ne présente de remarquable 



619 

qu'une petite carène et un entonnoir presque régu- 
lier; on n'y remarque ni côtes, ni tubercules, les 
contours des lobes ne parviennent pas à être dis- 
tingués , même à l'aide du microscope, les dimen- 
sions sont minimes. Une fois que le diamètre atteint 
7 millimètres à peu près, les côtes se dessinent dis- 
tinctement; mais toujours encore, absence complète 
de tubercules, contour vague des lobes. Ce n'est 
que lorsque l'Ammonite atteint un diamètre de 9 m 
que tous les caractères se dessinent nettement et 
se laissent décrire. Les trois pbases du dévellopement 
progressif ont déjà été indiquées par Mr. le Profes- 
seur Rouillier. Le diamètre du plus grand ammo- 
nite de cette espèce , qu'on ait rencontré jus- 
qu'à présent, ne dépasse pas 22 millimètres. On l'a 
toujours trouvé pyritisé , comme le remarque aussi 
l'auteur cité. 



Emcric Comte de Hutten Czavski. 



Moscou 
15 Décembre. 

1848. 



BuIiaùt,f#Mf?I. 



r«M7/ 







3 





4 













Ammonites Antfiolixius n sp. 



BULLETIN 



DELA 



a u 



0C1ETE aMPEffilAl 



BEi lifflâMiW^ 



DE MOSCOU. 



ANNÉE 18*7. 



Tome XX. 



Première Partie. 



( Avec 7 planches. ) 



S O Ù S I. A DIRECTION DU DoCTECR R E N A B D. 



jftttttfcotf 



IMPRIMERIE SEMEN. 

1847. 






TffEB® B. 



DEN 

JURAKALR YON CIECHOCINEK 

VON 

Louis Zeuschner. 



Die Saline Giechocinek am linken Ufer cler Weich- 
sel im Kônigreicbe Polen, 3 Meilen von Thorn enl- 
fernt, ist merkwùrdig durcb den Jurakalk, den eine 
machtige Ablagerung von aufgesclrwemmtem Gebirge 
bedeckt, das im Sùden am Elusse Wieprz bei seiner 
Einmùndung in die Weicbsel anfaiigt , und sicb be- 
stàndig bis zum Baltiscben Meere erstreckt. An ein- 
zelnen Punclen ragt aus ibm tertiairer Sandstein , 
Tbon und Gips empor. 

Um Steinsalz zu finden balle nian bis Ciecbocinek, 
in der Nabe der Salzquellen ein 1409' ( polniscbes 
Maas ) liefes Bobrlocb gemacbt. Scbon bei 93' erreieb- 
te man Jurakalk , und dieser dauerle so . weit das 
Bobrlocb berab ging. Dass Steinsalz im Jura nicbt 
gefunden wurde , ist natùrlich ; demi nirgends aller 
Wabrselieiiilicbkeit nacb enlbalt dieser Absatz Salz. 



589 

Die Salzquellen von Ciechocinek, und aile audereu cler 
Uingebung, und tleren sind mir 38 bekaimt, nehmen 
im tertiaireu Gebirge ibren Ursprung , cler eine 
Verlàngerung cler Karpatbiscben Ablagerung aus- 
macbt. Wenn cler Bohrversucb zu keinem practischen 
Resultate fùbrte , so erbielt die Wissenscliaft einen 
hiteressaiiten Durcliscbnitt des Jura, mit einer eigen- 
tbiïmlicben localen Entwiekelung. Ich hatte Gelegenheit 
im vorigen Jabre ara Orte selbst aile die Gebirgsarten 
zu untersuchen, die aus clem Bohrloche aus verschie- 
denen Tiefeu berausgefôrdert wurden, uncl vyo je de 
in besondern Scbacbteln aufbewahrt sind ; clann nahm 
icb die Bobrregisler zur Hùlfe , und babe folgenden 
Durcbscbnilt entworfen. 

Das aufgesclrwemmte Gebirge, bestebend aus Sand 
und grauem Tbon, bildel eine Scliichl von 70' ; daim 
folgt Topfertbon mit Scbichten von weissem Mergel 
bis 93'. Dem Aeussern nacb bat dieser graue Thon 
die grôsste Aehnlichkeit mit dem von Razionzek, eine 
balbe Meile weiter nacb Westen gelegenem Orte. Ob 
dieser Tbon terliar ist, muss dabingestellt sein, demi 
die mideutlicben Pflanzen Abdrùcke entscbeiden we- 
nig. Von 93' fangt die Juraformation an , die in 
zwei Ablbeilungen zerfallt : in weissen Jura bis J.0'41' 
uncl in weingelben Dolomit bis 1409'. Die obère Ab- 
tbeilung bestebt aus weissem, derben Jurakalke, und 
feinkôrnigem Oolite, cler clurcb Beimengimg von Tbon 
bellgrau wircl. Beide Gesteine wecbsellagern miter 
einander ; im AUgemeinen ist cler Oolit mebr enl- 
wickelt und entbalt viele Yersteinerungen, die stellen- 
weise ausserordentlicb angebauft sind. Es sind clies 



590 

ailes gut bekaimle Species des Coralrag von Franken 
miel Wurtemberg, die ùber die Stellung dîeser Scbicbt 
keinen Zweifel zulassen. Folgende Species babe icli 
bestimnit : Geriopora clavata Gold.; Cnemidium ri- 
mulosum Gold.; Pentaerinites ciugulatus Gold., Ci- 
darites coronarius Blumenbachii , Terebratula sub- 
striata , loricata, pectunculus, Pecten culoides , orni- 
tbocepbala. Die einzelnen Sehicbten folgen auf einan- 
der in folgender Ordnung : 

93' — 112'. Weisser derber Kalkslein, ganz aelmlich 
dem von Rrakau oder Arach, mit Knollen von schwar- 
zem Feuerstein. 

134'. Mergliger, weisser K.alkstein mil Stacbeln von 
Cid. coronarius. 

318'. Gelblicb weisser Oolit : die Oolite sind gewôbn- 
licb kleiner wie Mohnkorner und sind durcb nierg- 
ligen Ralkstein locker verbunden. Einzelne Scbicbten 
entbalten viele Yersteinerungen , unter denen Sta- 
cbeln vorwalten von Cid. coronarius ; seltener sind 
die von Cid. Blumenbachii ; daim finden sich Pen- 
tacrinites angulatus, T. substriata, loricata, pectuncu- 
lus, pectunculoides. 

324'. Weisser JurakalL 

377'. Oolit mit Avicula clavata, Cid. coronarius, T. 
orniihocephala , pectencuioid.es , Exogyna sp. u. d. 

390'. Weisser mergliger Ralkstein. 

400'. Oolit mit Cid. coronarius, P. cingulatus. 

406'. Weisser Mergel; 423'. Ralkstein; 442'. Oolit; 
490'. Ralkstein,; 506 v . Oolit; 515' weisser Ralkstein,- 
549'. Oolit; 553' helJgrauer Mergel; 556' grauer TJion ; 
602' arauer Oolit; 605' weisser Kalkstein; 608' Oolit;618'. 



591 

Mergliger Kalkstein; 627'. Oolit; 62,)' grauer Thon; 6 16' 
grauer Oolil; 652' weisser Ralkstein; 664' grauer Oolit; 
067' weisser Kalkstein; 715' grauer Oolit; 718' weis- 
ser Kalkstein ; 735' grauer Oolit; 754' weisser Kalk- 
stein ; 757' weisser Oolit; 759' weisser Kalkstein ; 764' 
grauer Oolit ; 800' Kalkstein ; 805' Oolit ; 812' Ralk- 
stein ; 817' Oolit ; 895' Kalkstein ; 905' Oolit ; 916' 
Kalksteiu ; 961' Oolit ; 970' Kalkstein ; 1041' Oolit. 

Die aiigeliâuften Versteinerungeu im Oolit haben 
einen eigenthùmlichen Charakter in der Grosse. Die 
Stacheln des G. coronarius sind gewôlmlich sehr 
gross, dagegen aile Terebratelu in eiuem zwergliaften 
Zustaude. 

Eine einzige Ausnahme fand ieli nur an euiem 
Exe mpl are der T. biplicata , die ein Zoil lang war. 
Nâkeres ùber die Tiefe ilires Vorkommen's war uicbt 
angemerkt. 

Wenn die Angefùbrten genau diesen Kalkstein als 
Coralrag caracterisiren , so ist er von gleiebem ïvalk- 
steine von Krakau und der schwabischen Alpen dadurch 
unterscbieden, dass in den lezt genannten Puncten kein 
Oolit, mit derbem Kalksieine wechseliagert. In der Ge- 
gend von Malogoszez, Korytnica bildet reiner Oolit 
das obère Glied. Bei Giecliocinek sind entweder beide 
Glieder verkniipft oder es ist ein Mitlelglied der bei- 
den, carakterisirt durch den Mangel an Ammouiten. 

Das dolomitiscbe Glied fangt erst in der Tiefe von 
1041' an ; es ist ausgezeiclmet feinkorniger Dolomit, 
von heller, weingelber Farbe ; in ihren unteren Theilen 
wird er dunkelbraun oder grau , was hauptsâchlich 
von einer Beiniengung von Thon herrùhrt, der sich 



592 

auch in schmalen Lagern ausscheidet. Zwischen dem 
festen kôrnigen Gesteine finden sicli loose Lager, clie 
ans feinen angehâuften Kornern von Dolomit be- 
stelien , und grosse Aehnlichkeit mit dem Quarzsan- 
de haben , wofiir sie anch genommen und Kur- 
zawka benaimt wurden. Die einzelnen Schichten die- 
ser Abtheilnng rulien auf einander in folgender Ord- 
nung: Zwischen 1041 — 1347 wechsellagert weingelber 
fester kôrniger Dolomit , mit der loosen sandàhnli- 
chen Yariëtat. Zwischen 1347 — 1360 hat sich abgela- 
gert grauer Thon mit erbsengrossen Kornern von 
Schwefelkiés, grimera, erdigen Ghlorit und Bruchstuc- 
ken von Ammoniten mit deutlichen Loben. Zwischen 
1360 — 1366 findet sich eine Bank von Sand. Bis 1406 
folgt brauner Mergel , in dem sich Dolomit in dim- 
nen Lagen ausscheidet. Tiefer findet sich gewôhnli- 
cher Quarzsand, der mit Sauren etwas aufbrausst. 

Ob der Dolomit von Ciechocinek dem Coralrag an- 
gehort dazu sind keine Beweise vorbanden ; die einge- 
schlossenen Petrefacten sind nicht so erhalten , dass 
man zu gegrùndeten Schlussen berechtigtet ware. 

In die geognostische Karte von Deutschland, Frank- 
reich u. s. w. von Dechen ist ein Fehler einge- 
schlichen ; bei Ciechocinek ist namlich eine klei- 
ne Kreide-Insel angegeben ; es ist aber der eben 
beschriebene Jurakalk. Dièse Angabe wiederholt 
Murchison auf seiner Karte vom europaïschen Russ- 
land. Zwar wird der Jura bis Ciechocinek angege- 
ben ; die Kreide-lnsel aber auf das rechte Ufer ver- 
legt , von der keine Spur in der Gegend sich be- 
findet. 



593 

Schliesslich will ich Einiges bemerken ùber die Zu- 
nabme des Salzgehalles der Quelle im Bohrloche von 
Ciecliocinek, und liber das Steigen seiner Tempera- 
tur in der Tiefe. Die Salzquellen von Ciechocinek 
enthalten gewobnlicb 3 f / a Procent von Kochsalz. In 
der Tiefe vergrôsserte sich der Salzgehalt, und stieg 
in folgendem Yerbaltnisse ; bei 489' balle das Was- 
ser 4 pr. beiliiung 100' tiefer , bei 580' war er 5 
pr.; weiter vergrôsserte er sicb und verminderte bis 
968', wo er 7 pr. entbielt ; jedocb tiefer fiel er wie- 
der auf 5 und 5 1 /,, pr. imd blieb so constant bis 
zur grôssten Tiefe. Als man einige Tage bindurcb in 
meiner Gegenwart aus der Quelle gescbôpft bat, blieb 
der zulezt angegebene Salzgebalt nnverandert. 

Die Teraperatur des Wassers wahrend der Arbeit 
des Bobrlocbes wurde sorgfâltig geniessen , mit ei- 
nera gut eingericbteten Thermometer von Herrn 
Bocbuert , bis zur Tiefe von 896'. Die Teraperatur 
erbôlite sicb in folgender Weise. In der Tiefe von 
68' war sie + 7 5 / 4 ° R. 229' + 108 V 8 °; 290 11V 4 ; 
410 + 13V 8 °; 890 + 127 2 °. 

Als icb die Quelle untersuchte , nacbdera von ibr 
einige Tage gescbôpft wurde, zeigte sie + 13 4 / s ° R 
oder + 17,05 G. Die Ursache des Vennindern 1 s des 
Salzgebaltes, so wie auch der Teraperatur rùbrt vom 
Zudrang der oberirdisclien Gewasser. 



— ^aKgX^a»— 



Riy; n; k; 



LETTRE DE M. FIESLRE BE ÎASIKOW A MR. LE DR. 
RENARD, SECOND SECRETAIRE DE LA SOCIETE. J'ai 

reçu le N. T. du Bullelin 1847 cl le Diplôme de M. 
Uraow, que je viens de lui remettre. Veuillez avoir la com- 
plaisance d'exprimer ses remercimens les plus sincères 
à la Société en lui communiquant que M. Umow , s'oc- 
cupant spécialement des Lépidoptères du Gouvernement de 
Simbirsk et possédant déjà une grande collection, est prêt à 
offrir une partie de ses doubles, en casque la Société désire 
être au courant des découvertes récentes, ou veuille com- 
pléter ses collections de Lépidoptères pour ceux du bord du 
Volga. 

Pendant mon séjour à Moscou nous sommes convenus avec 
son Excellence M. Fischer de Waldheim qu'il décrirait 
les ossemens de Sauriens que je lui ai remis (*) et que je 
fournirais une notice géologique sur leur découverte et leurs 
gissemens 5 mais comme depuis mon retour à Simbirsk j'ai 
été élu Président du Comité de la Bibliothèque Karamsinien- 
ne, fondée dans notre ville, et comme son établissement con- 
somme tout mon temps, au point que jusqu'à présent je n'aj 

f * ) V. Notice sur quelques snuriens de l'Oolitlie du gou- 
vernement de Simbirsk p. 3G2 — 370. 



595 

pu rédiger l'article, et ne pouvant pas même préciser la fin 
de ces occupations tout à fait inattendues, je ne voudrais pas 
arrêter l'impression de l'article de M. de Fischer, je vous 
prie de lui communiquer les renseignemens suivans sur la 
découverte et les gissemens des ossemens de Sauriens de 
notre Jura, afin de rendre l'article complet. 

Les N° 1 et 2 sont les premiers ossemens de Sauriens 
que j'ai découverts en 1829 sur la rive droite du Volga à 6 
verstes de Simbirsk, en remontant le fleuve, passé la Novaïa 
Palivna le long de la grande dénudation des couches juras- 
siques identiques avec le Jura de Moscou. 

Les N° 3. 5. 8 et 9, Vertèbres de l'Ichthyosaurus pla- 
lyodon de Gonyb. furent trouvés en 4830, 4842 et 1845 
plus près du ravin de Palivna sur l'effleurement de la couche 
calcaire compacte jurassique. 

Le N° 4, 6 et 7 une partie de l'omoplate, de la côte et 
les vertèbres caudales enclavées dans le calcaire furent trou- 
vées en 4 838 et 4 842 le long de la grande dénudation des 
roches jurassiques. 

Le N° 40, vertèbre d'ïchthyosaurus thyreospondylus Owen, 
a été découvert en 4 845 au bord du Volga tout près de 
Simbirsk. Les N° 4 4, 42, 43, 44 et 45 idem, furent trou- 
vés en 1845 après avoir passé la grande dénudation des 
couches, pas loin de Staraia Palivna dans l'argile de Besso- 
novka ( argile d'Oxford ) qui forme l'étage supérieur du Jura 
de Simbirsk et parait ne pas exister dans le bassin juras- 
sique de Moscou. 

Le K° 4 6. Crâne du Rhinosaurus lazikovii Fisch. quoique 
découvert dans le gouvernement de Simbirsk, est sans in- 
dication précise de localité. Le calcaire qui le remplit, com- 
paré au calcaire compacte de Palivna, présente une identi- 
té parfaite, alors il est juste de présumer que le crâne a été 
extrait d'un gissement jurassique du gouvernement de Sim- 
birsk appartenant à l'étage moyen, semblable au Jura de 



596 

Moscou. En cas que mes occupations le permettent je ta- 
cherai de donner une notice sur le gissement des ossemens de 
Sauriens en comparant le Jura de notre bassin à celui de 
Moscou. 

Pierre de Iasikow. 
le 27 Juin 1847 

Simbirsk. 

LETTRE DE ME. I.E SîâJOR WANG-ENHEIM DE 

orALEH. — So eben komme ich von einer Excursion 
làngst der am westlichen Uralrande auf Devonian abgela- 
gerten, ùberall slark nach Osten emporgehobenen , innern 
Linie des Bergkalks zurûck und liabe die Elire die Kaiserl. 
Naturforschende Gesellschaft zu benachriclitigen, dass ich so 
glùcklich war, in dieser alten Gebirgsarl, den fossilen Hau- 
zahn und mehrere Knochen eines vorweltlichen Riesen- 
thicrs zu enldecken. 

Im Kaiser. Muséum des Bergkorps , so wie aucli in der 
Mineralogischen Gesellscbaft in Petersburg befinden sich als 
Minerai- Substanz , Handstùcke eines schwarzlichen Feuer- 
sleinarligen Kalksteins von Siçan am westlichen Uralrande , 
der von Murchison als die innere, nâber dem Ural zu liegen- 
de Linie des Berkalks erkannt wurde. Obgleicb nun dieser 
sclïwarze Bergkalk iiberall hochst arm an fossilen Thier- 
resten erscheint — im Gegensalze mit dem wcissen Berg- 
kalke der àussern Linie bei Slerlitamak , der damit iïber- 
fiillt ist — so habe ich doch nach Ta^e lançrem Suchen mit 
meinen Leulen mehrere sehr bezeichnende Leilmuscheln des 
Bergkalks entdeckl ; unter diesen zeichnet sich besonders 
eine wohl erhallene Céphalopode aus, welche ich anfàng- 
lich fiir Belorophon hiulcus hielt , in der ich aber bei 
genauerer Unlersuchung Goniatites Diadcma Goldf. zu 
erkennen glaube, wenigslens hat sie mit der von Verneuil 
im Bergkalke des Urals enldecklen die tâuschendsle Aehn- 
lichkeil, (Géologie de la Russie. Tab. XXVII. fig. \. c. ) 



597 

so dass — da sowohl èer Hauzahn aïs auch die Leilmuscheln, 
sich im Gesteine des Berskalks Lefinden — die Gleichzeitie- 
keit beider organischen Ueberresle, selbst fiir denjenigen, der 
die Gebirgsart nicht kennt, als erwiesene Thalsache dasteht. 

Der Hauzahn mag von der Wurzel bis zur Spilze unge- 
fàhr S bis 9 Werschock Lange gehabt haben, seiches aber 
nicbl so genau zu beslimmen ist , da die Spilze des Zahns 
beim Herausarbeiten aus der sproden Gebirgsart in Trùm- 
mern zersplillerle , auch aus der Mitte ein ungefàhr Wer- 
scbock langes Sliick unter dem Ha m mer zerbrdckelle. Die 
beiden Fragmente aber, weîche noch vorbanden sind, bezeich- 
nen deroohngeachtet sebr deutlicb die ganze Form des 
Zabns. Die Làm?e betragl iïber 6 Werschock, der Unifan? in 
der Rùndung am unlern Ende des Zahns, ebenfalls bis 6, 
an der abgebrochenen Spitze aher kaum 4*/ 2 Werschock. 
Der Zàhn ist vollig rund, die Oberflâche glalt und mit einer 
bautartigen Membran von grauer Farbe bedeckt. Das Innere 
des Zahns aber ist in die schwarze Gebirgsart des Bergkalks 
iibergegangen, doch kann man sebr deutlich einen von der àus- 
sern Masse, "wie mit einem Radius umsebenen inneren Kern 
erkennen, auch ist der Zahn nach Oben zu gekrùmmt, ganz 
so wie allé dièse Erscheinungen auch an den kleinen Hau- 
zàhnen der Saurier aus dem Westuralschen Kupfersandslei- 
ne beobachtet werden. Ausser diesem Hauzabne ist beson- 
ders noch ein fossiler Knochen, als ein solcher sebr deutlich 
zu erkennen, doch wage ich es nicht zu beslimmen, welchem 
Theile des Thieres er angehôrle. 

Neben diesen beiden Gegenslànden aber, die jeden Zweifel 
an eine elwaïge Tàuschung zuriïckweiseu , finden sich im 
Bergkalke noch eine Menge anderer organischer Ueberreste, 
deren Grosse und eigenlhiïmliche Formeu mich in Erstaunen 
selzen. Mit einem Blicke auf den. so deutlich bezeich 
neten Hauzahn und fossilcn Knochen bin ich vielleicht 
zu sebr geneigt, aile dièse Ueberreste — wenigslens viele 



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derselben — fur die fossilen Ueberresle eines vorweltlichers 
Riesenlbiers zu hallen, mil denen einige dieser Knochenar- 
ligen Substanzen auch die grossie Aehnlichkeit zu haben 
scheinen. So z. B. fand icb hier das abgebrochene 4 Wer- 
schock lange Fragment eines riesigen Hauzahn's , wie es 
scheinl , von ungefahr 3 / 4 Arschin im Umfange ! — Die 
Riindung dièses monstrôsen Hauzahns isl wohl erhallen, die 
glalle Oberflache da, wo sie niclit abgebrockeîl, isl mit einer 
grauen hautarligen Membran iiberzogen, wahrend das Innere 
des Zahns vôllig in die Gebirgsart des schwarzen Bergkalks 
ùbergegangen isl. Das untere Ende ist dicker wie das obère 
und uni endlich die Wahrscheinlichkeit, hier einen Zahn vor 
sieh zu haben, noch mehr zu erhôhen, so Sind auch Spuren 
eines innern Kerns sehr deullich zu erkennen. Unler vielen 
andern Sliicken fand ich ferner noch das Fragment eines 
spilzigen Zahns, wie wir sie in den Ueberresten Krokodil- 
arliger Thiere finden , wenigslens hat es mit einem solchen 
die làuschendste Aehnlichkeit , nur von einer so gewalti- 
gen Grosse, dass nach Proportion der vorhandenen Fragmen- 
te, dieser Zahn , wenn es wircklich als ein solcher erkannt 
wird, von der Wurzel bis zur Spilze wohl fast eine halbe 
Arschin Lange gehabt haben mag. Viele andere Knochen ahn- 
liche Korper von einer enormen Grosse lasse ich bis zur 
nàheren Untersuchung ohne Deutung , da wie gesagt , ihre 
Formen von so eigenlhùmlicher Art und so sehr von der 
Gebirgsmasse durchsetzt sind , dass sie immerwàhrend wie- 
der den Zweifel erregen , nicht fossile Thierresle , sondern 
andern organischen Ursprungs zu sein. 

Ungliicklicherweise ist die Gebirgsart so sprôde wie 
Glas — bricht ofl bei den leiseslen Hammerschîàgen in llhom- 
benformigen Splillern , und nur dem glucklichsten Zufalle 
habe ich die Erhallung des Hauzahns zu verdanken , wozu 
auch wohl vicies , die allen Saurier Ziihnon des westural- 



599 

schcn Kupfersandsleins, eigenthùmliche Hârte untl "lasurar- 
tige Bedeckung milbeigetragen haben mag. 

So oft auch Saurier Reste in vereinzelten Fragmenten im 
Kupfersandsleine gefunden worden sind, so wenig sind doch 
bis jezt , nicht die geringslen Spuren dieser Thierreste im 
Bergkalke Russlands erschienen, wohl aber sind naeh Bronn 
( Lethaea geognostica, Tom. 1. pag. \ 5. ) im Bergkalke bei 
Edinburg, Zahne, Knocben und Koprolithen von Reptilien 
enldeckt, docli ist so vie! mir bekannt geworden, dieser Ent- 
deckung nicht weiter erwàhnt, — isl demnacb dièse Sache viel- 
leicht problemalisch geblieben, so leidet sie jezt keinen Zwei- 
fel mehr und trilt in die Reihe geologischer Thalsachen. 

Sobald ich meine Reise am wesllichen Ural beendigt, und 
ailes vorhandene Material geordnet habe , werde ich nicht 
ermangeln, nach einer palaonlologischen Bestinimung , in so 
weil sie anders moglich ist , auch die Beschreibung dieser 
organischen Ueberresle, Fundort und Ablagerungs-Verhàlt- 
nisse nebst genauen Zeichnungen, an die Kaiserl. Nalurfor- 
schende Gesellschaft in Moscau zu iibersenden, mit der ge- 
horsamsten Bitte, dieselben durch das Bulletin der Oeffenl- 
lichkeil zu iibergeben. 

Sterlitamak am westlichen Ural-Abhan^e des Orenburgi- 
schen Gouvernements den 26 ten Juli \ 847. 



Mr. Wangenheim de Qualen nous prie de rectifier une faute 
d'impression qui s'est glissée dans son dernier article inse'ré 
dans N° 1 du Bulletin 1847. On doit remplacer les lignes 9 et 
7 d'en bas à la page 90 par : " warum sie niemals in den vie- 
len tausend Kupjererzgruben des Orenburgischen Gouverne- 
ments , wohl aber hàujig in der Nàhe derselben etc. etc. zu 
Tage stelit. » et mettre à la page 88, première ligne d'eu haut au 
lieu de: « Ràsansche Gouvernement» Kasansche Gouvernement, 

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