(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "[Gallikn syngrapheis Hellnikoi]. Extraits des auteurs grecs concernant la géographie et l'histoire des Gaules;"

v^ 



/Ι' Λ 



^f'W 



•Λ(' 



'ν*// ^î-V 



•^. 



•1^ 



.^!*^. "* 



WiJi 






Digitized by the Internet Archive 

in 2009 with funding from 

Univers ity of Ottawa 



http://www.archive.org/details/galliknsyngraphe02couguoft 



EXTRAITS 



DES 



AUTEURS GRECS 



IMPRIMERIE GOUVERNEUR, G. DAUPELEY 



A NOGENT-LE-ROTROU. 



CS545« 



ΓΑΛΛΙΚΩΝ 

ΣΥΓΓΡΑΦΕΙΣ ΕΛΛΗΝΙΚΟΙ 



EXTRAITS 

DES AUTEURS GRECS 

CONCERNANT 

LA GÉOGRAPHIE ET L'HISTOIRE 

DES GAULES 

TEXTE ET TRADUCTION NOUVELLE 

PUDLIÉS POUR LA SOCIÉTÉ DE l'hISTOIRE DE FRANCE 

PAR Edm. GOUGNY 

DOCTEUR ES-LETTRES, INSPECTEUR DE L ACADEMIE DE PARIS 



TOME SECOND. 



5^ 



À PARIS 

LIBRAIRIE RENOUARD 

HENRI LOONES, SUCCESSEUR 

LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DE l'hISTOIRE DE FRANCE 
RUE DE TOURNON, N^ Γ) 

M DCCC LXXIX. 
194 






"••'^ 



EXTRAIT DU REGLEMENT. 

Art. 44. — Le Conseil désigne les ouvrages à publier, et 
choisit les personnes les plus capables d'en préparer et d'en 
suivre la publication. 

Il nomme, pour chaque ouvrage à publier, un Commissaire 
responsable, chargé d'en surveiller l'exécution. 

Le nom de l'éditeur sera placé à la tête de chaque volume. 

Aucun volume ne pourra paraître sous le nom de la Société 
sans l'autorisation du Conseil, et s'il n'est accompagné d'une 
déclaration du Commissaire responsable, portant que le travail 
lui a paru mériter d'être publié. 



Le Commissaire responsable soussigné déclare que Védition 
des Extraits des Auteurs Grecs concernant la ge'ographie et 
l'histoire des Gaules, préparée par M. E. Cougny, lui a paru 
digne d'être publiée par la Société' de l'Histoire de France. 

Fait à Paris ^ le 30 septembre 4879. 

Signé EGGER. 

Certifié, 
Le Secrétaire de la Société de rHistoire de France, 
J. DESNOYERS. 



PREFACE. 



Ce deuxième volume contient la moitié des Historiens, 
depuis les plus anciens jusqu'à ceux du siècle d'Auguste 
inclusivement. Il s'ouvre par sept ou huit pages d'Hérodote 
et se clôt sur quelques fragments de Memnon d'Hèraclée 
conservés par Phôtius. Nous donnons plus de cinquante 
pages de textes absolument omis par les Bénédictins ou 
découverts depuis eux S et ces textes sont pour la plupart 
d'un grand intérêt. 

Dans l'avertissement placé en tête du tome premier, nous 
avions cru marquer nettement, et une fois pour toutes, le 
caractère de la publication que nous a confiée la Société de 
l'Histoire de France. Ce que nous en disions ne paraît pas 
avoir été bien compris. Nous devons donc tâcher de nous 
mieux expliquer. L'œuvre que nous avons entreprise est 
un simple recueil de textes avec traduction française. A 
l'exemple de Dom Bouquet , nous y joignons quelques notes 
succinctes, un peu plus nombreuses pourtant et plus 
étendues que les siennes, dates, rapprochements utiles, 
quelques variantes choisies , spécialement celles qui portent 
sur les noms propres. Nous n'avons pas à discuter les 



1. Extraits de Polybe, de Diodore, de Denys d'Halicarnasse publios 
par Ang. Mai. 



ij PRÉFACE. 

diverses leçons*, encore moins les points controversés de nos 
origines nationales : ce serait changer entièrement la nature 
de Toeuvre et méconnaître les intentions de la Société; ce 
serait d'ailleurs donner à cette publication de trop larges 
proportions. Ce que nous avons à faire, ce que nous croyons 
avoir fait aussi bien que cela a été en notre pouvoir, ce que 
nous nous proposons de faire jusqu'au bout, c'est de réunir 
et de préparer « avec tout le soin possible des matériaux 
pour les études historiques , » c'est de former en quelques 
volumes, si le mot n'est pas trop ambitieux, une sorte de 
Bibliothèque grecque de la Gaule. 

Le principal mérite d'un pareil ouvrage est d'être exact 
et complet. N'omettre aucun des textes connus, quelles 
qu'en soient la source et la valeur , les donner tous dans 
l'ordre chronologique, tels qu'ils ont été établis par les plus 
récents et les meilleurs travaux de la critique ; y joindre une 
version d'une fidélité scrupuleuse , tel est le programme que 
nous avons dû nous tracer. Nous essayons de nous y 
conformer de tout point. Nos efforts, naturellement, s'appli- 
quent surtout à la traduction. Le caractère spécial de ce 
recueil exige qu'on en écarte tout ce qui ne serait qu'élégance 
arbitraire , tout ce qui en un mot ne vise qu'à rendre une 
lecture agréable et facile. Il faut que cette traduction tienne 
lieu du texte à ceux qui ne le peuvent consulter, qu'elle 
dispense même le plus souvent d'un commentaire : elle doit 
donc être un calque rigoureusement exact de chaque 
original, mieux que cela encore, car elle en doit reproduire 
la physionomie, le style. 

Cette exactitude, nous croyons devoir l'observer au moins 



1. Nous proposons seulement quelques conjectures pour corriger 
des passages dont l'altération est évidente. 



PRÉFACE. iij 

autant dans la transcription des noms propres que dans tous 
les autres détails. Il nous semble que, en traduisant un texte 
grec, appeler Carthage la ville que tous les Grecs ont 
nommée Garchèdôn, c'est commettre tout ensemble une 
infidélité et une erreur historique, c'est faire parfois un 
véritable anachronisme ; c'est enfin tromper le lecteur fran- 
çais, qui peut se figurer que toute l'antiquité a désigné par 
la même dénomination la grande rivale de Rome. 

Ce que nous disons des noms de villes est également vrai 
de tous les noms géographiques, et nous n'avons hésité pour 
aucun d'eux. Cependant cette transcription littérale, cette 
simple copie a paru singulière; de bons esprits l'ont blâmée. 
Mais quand nous leur avons demandé ce qu'il fallait faire , 
ils n'ont pu nous donner une réponse satisfaisante. Car 
l'usage vulgaire ne peut plus contenter les vrais savants : 
il ne saurait être question d'y revenir. Jamais, en effet, on 
n'a mieux compris qu'aujourd'hui la valeur de ces détails , 
leur importance historique. Aussi n'a-t-on pu nous donner 
une règle, nous marquer des limites. C'est qu'en vérité il 
n'y en a guère d'autres que celles que nous avons posées : 
en dehors de la copie exacte, tout est caprice et préjugé. 

Ce qu on nous a proposé de mieux , c'est de laisser à ces 
noms grecs leur forme originale , en mettant à côté l'équi- 
valent moderne. Ce procédé a été suivi pour les noms latins, 
et pour ceux-ci, M. Ernest Desjardins, dans sa Géographie 
historique et administrative de la Gaule, l'a adopté sans 
hésitation et partout. Mais si l'on peut, ainsi que l'a fait 
l'auteur de ce savant ouvrage, introduire sans trop de 
difficulté dans une phrase française les Menapii, les 
Morini, les Meldi, etc., comment y faire figurer les 
Καρχηδόνιοι, les Βυζάντιοι, les Έλουεττιοι et cent autres noms 
du même genre ? Aurait-on le droit de les affubler d'une 



iv PREFACE. 

terminaison latine ? Ce serait le plus souvent créer des 
barbarismes. Si Ton trouve, en effet, Carchedonius dans 
Plaute {Pœnul. Prolog. 53), c'est une exception unique 
qui ne justifierait pas suffisamment la transcription Car- 
chedonii. Nous avons donc cru et nous croyons encore 
que ce qu'il y a de mieux à faire, c'est de suivre l'analogie, 
et, comme on dit les Vénétes de Ούένετοι, Veneti, les 
Arvernes d"Apo6£pvot, Arverni, les Sècoanes de Σηκοανοί, 
etc., de dire de même les Osismies, d'OaiV^toi, Osismii, les 
Carchèdonies , etc., malgré l'apparente étrangeté de ces 
terminaisons ordinairement féminines. 
. Sans doute ces formes nouvelles ou plutôt anciennes 
peuvent quelquefois sembler extraordinaires et surprendre 
un instant. Mais d'abord au-dessous de chaque nom ainsi 
transcrit , nous avons soin de placer en note le nom connu , 
depuis longtemps usité. D'ailleurs, l'accoutumance rend 
bientôt familiers de pareils changements qui sont tout exté- 
rieurs. Ils sont conformes à la vérité et la vérité s'impose 
toujours à l'esprit le plus prévenu. Il y a quelques années à 
peine que pour les Eduens, les Bgïens, etc., on s'est mis à 
dire plus exactement les Edues , les Boïes , etc. , y voit-on 
aujourd'hui rien de bizarre ou de téméraire? Qui ne souri- 
rait, au contraire, si, à l'exemple de Bellanger, le traduc- 
teur de Denys d'Halicarnasse , après avoir rendu Κελτοί par 
les Celtes, on se croyait obligé d'ajouter en italique ou 
« Gaulois » . Nous nous sommes donc contenté , ici comme 
partout , de ce que donnent les textes , laissant à d'autres le 
soin d'examiner ces noms et de discuter les formes diverses 
sous lesquelles ils se présentent. Il y a dans ces variétés 
d'orthographe des indices précieux pour la philologie, la 
géographie et l'histoire. SilesSamnites, Σαμνΐται, de Diodore 
et des historiens latins deviennent des Saunites, Σαυνιται, 



PRÉFACE. V 

dans les autres écrivains grecs, nous ne négligeons pas cette 
diversité de formes que Pline, III, xvii, 12, avait déjà 
remarquée et dont la grammaire comparée peut faire son 
profit pour expliquer certains faits de prononciation. On 
voit dans ce volume même , aux chapitres xvii , xxxii et 
xxxrv du livre II de Polybe, un exemple du parti qu'on 
peut tirer des formes diverses, même corrompues, sous 
lesquelles se présentent les noms propres. 

Ce qui parfois pourrait nous arrêter, c'est la crainte de 
jeter dans l'esprit du lecteur quelque confusion , en disant , 
par exemple, pour les peuples de la Gaule, comme pour 
ceux de l'Asie, les Gala tes, et non les Galls ou Gauloise 
Mais si nous avions adopté cette dernière forme , comment 
aurions- nous rendu cette phrase de Strabon, IV, iv, 2 : 
To δε σύμπαν φΰλον, ο νυν Γαλλαόν τε και Γαλατικον καλοΰσιν, 
« Toute la race appelée aujourd'hui Gallique ou Gala- 
tique, » où l'on voit que le nom de Galli pour les Gaulois 
commençait à se répandre, probablement sous l'influence 
des Romains , comme l'indique le mot de César (Guerre des 
Gaul. I, 1) : ipsorum lingua Celtae, nostra Galli appel- 
lantur? Et puis, ne serait-ce pas trancher un peu légèrement 
la question , encore aujourd'hui pendante , de l'identité des 
Galates et des Celtes? N'est-il pas intéressant aussi de voir 
que les Gaulois, en passant en Asie, en s'y établissant, ne 
prirent pas, ne se laissèrent pas imposer un nom de fantaisie, 
mais qu'avant comme après le passage de l'Hellespont, on 
les appelait les Galates, Γαλάται? (Strab. XII, v, 1, et la 
Chrestom. XII, 52; Memnon, XIII et XIY, xix). 



1. M. Lentheric, dans une savante étude sur la ville disparue de 
Tauroentum, Tarento, n'a pas plus que nous redouté cette confu- 
sion : il a rendu la Κελτογαλατία de Ptolémée par Celtogalatie et non 
par Gaule Celtique (v. Revue des Deux-Mondes, l"'' mars 1871), p. 162). 



Vj PRÉFACE. 

Si cependant on était retenu par le scrupule que nous 
indiquions tout à l'heure, il y a telle page, comme celle de 
Memnon à laquelle nous venons de renvoyer, où il faudrait 
traduire Γαλάται tour à tour par Gaulois et par Gala tes. 
Ajoutons que cette similitude de noms pour des peuples 
divers, ayant peut-être une commune origiue, n'est pas un 
fait isolé, et qu'on ne s'en est jamais inquiété : il y avait en 
Europe et en Asie des Mèdes, ΜαΤδοι, Μήδοι, des Ibères, des 
Albaniens, des Vénétes, des Bébryces, etc., et l'on n'a 
jamais jugé nécessaire de les distinguer en donnant à leurs 
noms des terminaisons différentes. Enfin que deviendraient, 
en dehors de notre méthode , certaines questions d'origines 
dont les anciens se sont montrés si fort préoccupés et qu'ils 
ont résolues à leur manière? Comment dire que les Gaulois, 
ou même si l'on veut les Galls, avaient pour ancêtre Galatès, 
Γαλάτης, fils d'Hercule? (Diod. Y, xxiv, ci-après p. 372- 
375; Timag. dans Amm. Marcellin, XV, 9, ci-après 
p. 326-327). 

Yoilà pourquoi nous nous sommes astreint à une trans- 
cription pure et simple des noms propres : ce qui se trouve 
dans le texte se retrouve dans la traduction : il faut qu'en 
lisant l'une ou l'autre, on voie sans peine que les Grecs 
croyaient avec Artémidore (Etienne de Byz. s. v.) que les 
Sècoanes, Σηκοανοί, Sequani, tiraient leur nom du Sècoanos 
ou Sècoanas, Σηκοανός, Σηκοάνας, Sequana; disons de la 
Seine, que devient l'étymologie? Il en est de même du nom 
de la Sicélie que Denys d'Halicarnasse , I, xxn, d'après 
Philiste, dérive de celui du héros éponyme Sicélos : écrivons 
la Sicile y l'assertion de ces deux historiens n'a plus de sens. 
Nous en dirons autant de Narbonne et de la Narbonaise. 
Le nom de la ville et celui de la province se présentent sous 
des formes sensiblement difîerentes aux difîerents âges de 



PRÉFACE. Vlj 

l'histoire. Il nous a paru intéressant de conserver religieu- 
sement ces formes diverses, en partant des Narbées ou 
mieux des Narbsees, Ναρβαΐοι, d'Hécatée de Milet, pour 
aboutir à la Narbonensis , notre Narhonaise; de la 
Narbôn, Νάρβων, Narho des anciens textes, pour arriver à 
la Narbona de la décadence latine d'où est venu le français 
Narbonney et en passant par les dénominations grecques 
Ναρβωνησία, Narbonèsie, et Ναρβο)νΐτ'.ς, Narbônitide. Cette 
dernière n'est pas, comme on pourrait le croire, une inven- 
tion de Strabon, qui l'aurait forgée par analogie avec les 
noms de presque toutes les provinces de son pajs : on disait, 
pour les habitants de Narbôn, les Narbônites, ΝαρβωνΤται, 
et par conséquent pour la province, la Narbônitide (Etienne 
Byz. V. Νάρβων). 

En résumé, ce qu'on nous oppose, c'est l'usage, 

Quem pênes arbitrium est et jus et norma loquendi, 

Mais l'usage incessamment varie selon les temps et les lieux 
et n'est souvent que la routine. Pour nous, c'est au nom de 
la science que, tout en enregistrant avec nos auteurs les 
changements de l'usage, nous essayons, pour tout ce qui 
dépend de nous dans ce travail, de nous soustraire à ses 
contradictions, et d'éviter une confusion de noms bien 
autrement grave que celle qui nous est reprochée. 

Nous croyons avoir suffisamment justifié notre méthode. 
Nous dirons même qu'après tant d'autorités dont nous 
aurions pu nous prévaloir, nous n'aurions jamais cru 
nécessaire de produire un tel appareil de preuves. Il ne nous 
semblait pas qu'il y eût matière à procès. Mais nous avons 
déjà cause gagnée dans l'opinion de juges des plus compé- 
tents, et nous ne saurions mieux finir qu'en citant quelques 
lignes de l'un d'eux, le savant secrétaire de la Société de 



viij PRÉFACE. 

l'Histoire de France, M. Jules Desnoyers: « Cette singularité 
apparente, dit-il, est grandement rachetée par la représen- 
tation plus originale, plus vraie des appellations, telles 
qu'elles apparaissaient aux géographes et aux historiens de 
l'antiquité ^ » 

On ne pouvait mieux dire, et un pareil suffrage est le 
meilleur des encouragements. 

E. G. 

Versailles, août 1879. 



1. Kapport sur les travaux de la Société. Annuaire-Bulletin, t. XV, 
1878, p. 97. 



BIBLIOGRAPHIE. 



Tome I. — (Dans cette table, nous reproduisons, en les com- 
plétant, les indications bibliographiques placées en note à la 
première page de chaque auteur.) 

Ί. Les Petits Géographes. -i^Geograph. vet. Scriptt. minores, 
édit. Hudson, 4698-Ί7Ί2. 4 vol. in-8°. — C'est l'édition dont 
s'est servi D. Bouquet. — 2° Geographi Grseci minores e codi- 
cibus recognovit Car. Millier, 2 vol. Bibl. gr. A. F. Didot. 

IL >l° Strabonis Geographica ; édit. de Gasaubon, Paris, \ 620, 
in-fol. •, — celle dont s'est servi D. Bouquet, et dont nous avons 
donné la pagination. — 2° Strabonis Geographica, edente Car. 
MûUero, 2 vol. Bibl. gr. A. F. Didot. 

(V. dans le 2® vol., en tête de V Index variœ lectionis, la liste 
des mss. et des éditt. consultés par l'éditeur.) 

III. Ptolémée. 4«Édit. de Leyde, ^ 6^8, in-fol., texte reproduit 
par D. Bouquet avec les variantes de quelques mss. — 2° Édit. 
de Leipsig, 4843, 3 vol. in-4 8. Collection Tauchnitz. — 3« Géo- 
graphie de Ptolémée, reproduction photographique du ms. grec 
du monastère de Vatopédi au mont Athos , par Pierre Sewas- 
tianoff , avec introduction historique , etc. , par Vict. Langlois , 
Paris, F. Didot, 4867, in-f°. — 4° Fragment attribué à Ptolémée, 
publié à Oxford, 1742, in-8o, texte reproduit par D. Bouquet. 

IV. Etienne de Byzance. — Outre l'édition de D. Bouquet qui 
résume les précédentes, nous avons eu sous les yeux celle d'Aug. 
Meineke, Berlin, 4849, in-8", Γ' vol. — C'est le texte que nous 
avons adopté. 



χ BIBLIOGRAPHIE. 

V. Chrestomathies de Strabon, édit. Cari. MûUer dans les 
Geogr. grœc. minores de la Bibl. gr. A. F. Didot, d'après le ms. 
unique d'Heidelberg et les fragments qui se trouvent dans un 
ms. de la Bibliothèque nationale de Paris. 

VI. Lexici Geographici Fragmenta, publiés par Fr. Lenor- 
mant, Philolog., t. XXV, p. 447 et suiv"^ ann. Î867, λ et 44. 



Tome IL — I. Hérodote. Le texte que nous donnons est à 
peu de chose près celui de l'édition de Leipsig, Collect. Tauch- 
nitz, 3 vol. in-48; nous nous sommes servi également de 
rédition de Gail, 2 vol. in-8% et de l'édit. Guill. Dindorf, Bibl. 
gr. A. F. Didot. 

IL Thucydide, texte d'Ambr. Firm. Didot, 2« édit. , et l'édition 
de la Biblioth. grecque. 

m. Xénophon. Texte de la Bibliothèque grecque Didot. 

IV. Éphore. Texte de l'édit. C. Miiller dans les Historicorum 
Grœcorum Fragmenta de la Bibl. gr. Didot. 

V et VI. Aristoxène de Tarente et Antigone de Caryste; textes 
de la même collection. 

VIL Apollodore. Bibliothèque: 4° Édit. Commelin, 4599^ 
2° Édit. Heyne, avec les var. de plusieurs mss. 2 vol. in-48, 
Gœtting. 4 782•, 3o Édit. de Leipsig, Collect. Teubner. 

VIIL Polybe. 4** Édit. Gasaubon, — celle dont s'est servi 
D. Bouquet ; nous en donnons la pagination. — 2» Édit. Schweig- 
hœuser, 4 789-4 795, 8 vol. in-8«, avec les var. de plusieurs mss. : 
Codex Bavar. Catal. impr. CXCVII5 Augustanus•, Regius (Bibl. 
nat.deParis) A,n°4648,B(recentiss.),n°4649,C, n°4796;Vati- 
canus, n° 4 24 ; Florentinus (il y en a deux, l'un qui appartient à 
la bibhoth. des Bénédictins de Sainte-Marie de Florence, l'autre 
qui est une copie du premier : de là chez Schweigh. une dési- 
gnation unique pour les deux mss. de Florence) •, Codex Urbinas 



BIBLIOGRAPHIE. xj 

à la Vaticane, n« >I02. — 3° Édit. L. Dindorf, Bibl. Didot. — 
40 Édit. L. Dindorf, collection Teubner. C'est d'après ces deux 
dernières éditions que nous donnons les fragments, y compris 
ceux qui ont été découverts par Ang. Mai, Rome, Î828 et ann. 



suiv., m-4*'. 



IX. Posidonius. i° Texte de la Bibl. gr. Didot : Hisioric. 
Grœc. Fragmenta, éd. Cari. Millier. — 2° Éditt. d'Athénée. 

X. Timagène ap. Amm. Marcellin. -I^Édit. d'Henri de Valois, 
Paris, J. Camusat, Ί636, in-4% d'après un ms. de la Bibl. du 
Roi (Nationale), un autre du Vatican (anciennement du monastère 
de Fulde) et toutes les éditt. antérieures. — 2° Ammiani Mar- 
cellini rerum gestarum libr. quae supersunt Fr. Eyssenhardt 
recensuit. Berolini, Ί874 , in-8°. — 3« Amm. Marcellini, etc., 
recensuit notisque selectis instruxit V. Gardthausen. Lips. 4 874, 
Ί2. — Gardthausen s'appuie surtout sur l'autorité du Vaticanus. 
(V. Conjectanea Ammianea, codice adhibito Vaticano, scripsit 
V. Gardthausen, Phil. dr. Kilise ^869.) 

XI. Diodore de Sicile. V Édition de Rhodomannus, Hanov., 
^604, 2 vol. in-fol., celle qu'a suivie D. Bouquet; nous en 
donnons comme lui la pagination. — 2'' Édit. L. Dindorf, 
Leipsig, Ί828, in-8% avec les variantes. — 3" Édit. L•. Dindorf 
etc. MuUer, Bibl. Didot. — 4° Édit. L. Dindorf, Collect. Teubner, 
4866->l867, in-8°. 

Manuscrits dont s'est servi Dindorf: A. Goislinianus CXLIX, 
Liv. I-V; XI-XV; B. Mutinensis, Liv. I-V: C. Vaticanus CXXX, 
xii^ siècle; D. Vindobonensis I, LXXIX, Liv. Ï-V, xi^ siècle; E. 
Pari sinus Regius (Bibl. nat.) , Liv. I-V; F. Claromontanus I, 
Liv. I-V (fin du xii^ siècle) ; G. Claromontanus 11, Liv. I-V (ces 
deux derniers ont servi à Henr. Estienne pour son édition de 
Paris Ί559); M. Venetus, Liv. I-V; N. Vindobonensis II, 
LXXXl, commencement du L. I et L. V; UV. Leçons d'Orsini ; 
Q. Lee. et marg. d'H. Estienne. — Extraits de Fulv. Orsini , 
tirés du Recueil des Ambassades, Anvers, 1583. — Extraits 
publiés par David Hœschel, 1603, August. Vindelicorum. — 
Extraits de Valois, du Recueil des Vertus et des Vices de 



Xlj BIBLIOGRAPHIE. 

Constantin Porphyrogénète , publiés d'après un ms. de Peiresc. 
— Extraits du Vatican , publiés par Ang. Mai , Rome , 4 828 et 
ann. suiv., ίη-Λ". 

XII. Denys d'Halicarnasse. -loÉdit. d'Hudson, Oxford, 4704, 
2 vol. in-fol. — 2° Archœologiae Roraanœ pars hactenus desi- 
derata, ab Angelo Maio restituta, Grœce, Francofurti, 48Ί7. — 
3" K. L. Struve. Notes sur les fragments publiés par Ang. Mai, 
Kônigsberg, Ί820, in-8''. — 4« Notre texte est à peu près celui 
d'Adolph. Kiessling, édit. Teubner, Leipsig, Ί867. 

XIII. Nicolas de Damas. Texte des Historié. Grœc. Frag- 
menta de Garl. Millier, édit. Didot. Pour les extraits du Reeueil 
des Coutumes extraordinaires dans Stobée, édit. de Meineke, 
Leipsig, ^855, GoUect. Teubner. 

XIV. Parthénius de Nicée. Ί° Texte de Hirschig dans les 
Erotici Script or es de la Bibl. A. F. Didot. — 2•^ Variantes et 
Correct, de L. Legrand, dans l'édit. donnée par Heyne, Gœtting., 
4798. 

XV. Memnon d'Héraclée. Texte de C. Muller dans les Frag^ 
ment a Histor. Grœc. de la Bibl. Didot. — Nous avons eu égale- 
ment sous les yeux diverses éditions de Photius, notamment 
celle d'Hœschel et celle dont s'est servi D. Bouquet, Rouen, 
4653. 



DEUXIÈME PARTIE 

LES HISTORIENS 



ΗΡΟΔΟΤΟΥ AAIKAPNA22EÛ2 

'Ιστοριών 

ΒΙΒΛ. Α, ΚΕΦ. ΡΞΓ-ΡΞΖ, P^Ç. 

CLXIII. Οι δέ Φωκαιέες ο^τοι ναυτιλιησι [χακρησι 
πρώτοι 'Ελλήνων iγJ^'/ισ(x^fτo • καΐ τόν τε Άδρ{ην καΐ 
τήν Τυρσηνίην^ και τήν Ίβηρίην και τον Ταρτησσάν 
oLtoî εισι οι καταδέξαντες. Έναυτίλλοντο δέ ού στρογγύ- 
λησι νηυσι, άλλα τιεντηκοντέροισι. Άπικ($[Λενοι δέ ες τον 
Ταρτησσον^, προσφιλέες ί-^ίνο^/το τω βασιλέϊ τών Ταρτησ- 
σίων, τω ουνο[Λα [χέν ην Άργανθώνιος • έτυράννευσε δέ 
Ταρτησσου ογδωκοντα ετεα, έβ(ωσε δέ τα πάντα είκοσι 
καΐ έκατ($ν. Τούτω δή τω άνδρΐ προσφιλέες οι Φωκαιέες 
ούτω δή τι έγένοντο, ώς τα ρ,έν πρώτα σφεας έκλιπ^ντας 
Ίων{ην, έκέλευε της έωϋτου χ(6ρης οικήσαι δ'κου ^ού\ον- 
ται • μετά δέ, ώς τούτο οΟκ έπειθε τους Φωκαιέας, ό δέ 
πυθ^μενος τον Μήδον παρ' αυτών ώς αιίξοιτο, έδ(δου σφι 
χρήματα τείχος περιβαλέσθαι τήν πάλιν • έδ(δου δέ άφει- 
δέως • και γαρ και ή περίοδος του τείχεος ούκ ολίγοι 
στάδιο^ εισι * τούτο δέ παν λίθων μεγάλων και ευ συναρ- 
μοσμένων. 



1. Vulg. Τυρρηνία. — Τυρσηνος est cependant très ancien. Hom. 
Hymn. à Bacch. 8, Hésiod. Théog. 1016, etc. 

2. Ταρτησσος OU Ταρτησός. — V. notre t. 1, p. 16, 20, 22, etc. — 
Strabon, III, m, 14, cite Hérodote sur Arganthônios, roi des Tar- 
tessies. 



HÉRODOTE D'HALICARNASSE». 

Histoires, 

LIVRE I, CHAPITRES 163-167, 196. 

CLXIII. Ces Phôcœens (d'Ionie) sont les premiers 
des Hellènes qui aient pratiqué la navigation de long 
cours ; et l'Adrias et la Tyrsènie et Tlbèrie et Tartessos, 
ce sont eux aussi qui en ont montré le chemin. Or ils 
naviguaient, non sur des vaisseaux ronds, mais sur 
des navires à cinquante rames. Arrivés à Tartessos, 
ils devinrent les amis du roi des Tartessies, dont le 
nom était Arganthônios : ce prince régna à Tartessos 
quatre-vingts ans, et en vécut en tout cent vingt. Les 
Phôcseens devinrent si fort ses amis que d'abord il les 
invitait à quitter Flônie, pour habiter dans son pays, 
en tel lieu qu'ils voudraient; et qu'ensuite, n'ayant pu 
les y décider, mais ayant appris que le Mède s'agrandis- 
sait à leurs dépens, il leur donna de l'argent pour entou- 
rer leur ville d'un mur; et il leur en donna sans l'épar- 
gner, car l'enceinte de ce mur ne comprend pas peu de 
stades, et il est tout en grandes pierres bien jointes. 



1. Hérodote d'Halicarnasse, 484-406 av. J.-C; Histoires, IX livres. 
— Le texte d'Hérodote est depuis longtemps assez bien établi; il 
n'y a guère à cet égard entre les diverses éditions, comme entre les 
divers manuscrits, d'autres différences que celles qui résultent du 
plus ou moins d'attention à conserver les formes du dialecte ionique. 



4 ΗΡΟΔΟΤΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΒΙΒΛ. Α. 

CLXIV. TÔ μ.έν δή τέίγος τοΧσι Φωκαιευσι τρ^πο) 
τοιφδε έξεποιήθη. Ό δέ "Αρπαγος ως έττήλασε τήν 
στρατιήν, έπολιόρκεε αυτούς, προϊσχ^μενος επεα, ώς οΐ 
καταχρ^ί, εΐ βούλονται Φωκαιέες προ{Λαχεώνα ένα μουνον 
του τε(χεος έρείψαι και οϊκη[Λα εν κατιρώσαι. 01 δέ 
Φωκαιέες , 7υεριη[Λεκτέοντες τη δουλοσύνη , εφασαν θέλειν 
βουλεύσασθαι ήμ,έρην (/.(αν και έπειτα^ ύποκρινέεσθαι • εν 
φ δέ βουλεύονται αύτοι, άπαγαγεΐν εκείνον έκέλευον τήν 
στρατιήν άτζο του τε(χεος. Ό δέ "Αρπαγος εφη είδέναι 
μέν ευ τα εκείνοι (Λελλοιεν ποιέειν, όμως δέ σφι παριέναι 
βουλεύσασθαι. Έν φ ων ό "Αρπαγος άπο του τε(χεος 
απήγαγε τήν στρατιήν , οι Φωκαιέες έν τούτω κατασπά- 
σαντες τας πεντηκοντέρους, έσθέμενοι τέκνα και γυναίκας 
και έπιπλα πάντα , προς δέ και τα αγάλματα τα έκ των 
ίρών και τα άλλα αναθήματα, χωρίς ο τι χαλκός ή λίθος 
ή γραφή ην, τα δέ άλλα πάντα έσθέντες και αύτοι έσβάν- 
τες επλεον έπι Χίου. Τήν δέ Φωκαιην^ έρημωθεΐσαν 
ανδρών έσχον οι Πέρσαι. 



CLXV. Οι δέ Φωκαιέες, έπεί τέ σφι Χιοι τάς νήσους 
Οινούσσας καλεομένας ουκ ί^ούΧοντο ώνεομένοισι^ πωλέειν, 
δειμαίνοντες , μή αί μέν έμπ(5ριον γένωνται, ή δέ αυτών 
νήσος άποκληϊσθή τούτου εινεκα, προς ταύτα οι Φωκαιέες 
έστέλλοντο ες Κύρνον^ • έν γαρ τή Κύρνω είκοσι ετεσι πρό- 



1. Édit. Did. ^πειτεν. 

2. Did. Φώκαιαν, tOUS les autres Φωκαίην. 

3. Did. ώvευμεvo^σc. 

4. V. ce récit arrangé par Am. Thierry, Hist. des Gaulois, liv. IV, 
ch. I. On ne s'explique pas pourquoi, donnant les raisons du refus 
des Ghiotes, il ne mentionne pas celle que leur attribue Hérodote. 



HERODOTE, LIV. I. LES PHOCEENS. 5 

CLXIV. C'est par ce moyen que les Phôcseens firent 
leur mur. Quand Harpagos eut mené contre eux son 
armée, il les assiégea tout en leur faisant dire qu'il se 
tiendrait pour satisfait si les Phôcseens voulaient abattre 
un seul des créneaux de leur mur, et consacrer une 
maison au roi'. Les Phôcœens qui répugnaient à la 
servitude , dirent qu'ils désiraient avoir un jour pour 
délibérer, et qu'ensuite ils répondraient; mais ils lui 
demandèrent d'éloigner, pendant qu'ils délibéreraient, 
son armée de leur mur. Harpagos leur dit qu'il savait 
bien ce qu'ils allaient faire, que cependant il leur per- 
mettait de délibérer. Pendant donc que Harpagos éloi- 
gnait son armée du mur, les Phôcaeens ayant mis à la 
mer leurs vaisseaux à cinquante rames, après y avoir 
embarqué leurs enfants, leurs femmes, tous leurs 
meubles et en outre les statues tirées des temples et 
les autres offrandes, hormis ce qui était airain, pierre 
ou peinture murale: ayant donc placé dans leurs vais- 
seaux tous les autres objets et y étant montés eux- 
mêmes, ils firent voile vers Ghios. Ainsi Phôcsea était 
déserte quand elle fut occupée par les Perses. 

CLXV. Les Phôcaeens, comme ceux de Ghios ne vou- 
laient pas leur vendre à prix d'argent les îles appelées 
QEnusses ^, dans la crainte qu'elles ne devinssent un mar- 
ché, et que leur île ne fût ainsi fermée au commerce; 
par cette raison les Phôcseens partirent pour Gyrnos% 



1. Une maison qui dans leur ville serait appelée le logis du Roi 
et serait comme la marque de sa souveraineté sur le pays. 

2. Hécatée ap. Etienne de Byzance s. v., ne fait des OEnusses 
qu'une île : ΟΊνοΟσαι, νήσος τίι Χίω προσεχής, leçon évidemment fausse 

pour νήσοι προσεχείς. Cf. Thucydide, Vlll, 24 : Οίνουσσών των πρό 

Χίου νήσων. — Œwwssc, dans Pline, V, xxxviii, 31. 

3. La Corse. 



6 ΗΡΟΔΟΤΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΒΙΒΛ. Α. 

τερον τούτων έκ θεοιτροπίου άνεστήσαντο ιτόλιν, τη ουνο[Λα 
ήν Άλαλ(η^ Άργανθώνιος δέ τηνικαυτα ήδη τετελευ- 
τήκεε. 2τελλόμ.ενοι δέ im τήν Κύρνον, πρώτα καταπλεύ- 
σαντες^ ίς τήν Φωκα(ην^ κατεφ($νευσαν των Περσέων τήν 
φυλακήν, ή έφρούρεε παραδεξα[Λένη τταρά Άρπάγου τήν 
τζόλιν. Μετά δέ, ώς τουτά σφι έξέργαστο, έποιήσαντο 
ισχυράς κατάρας τω ύπολειποΐΛένφ έωυτών του στόλου. 
Ilpèç δέ ταύτησι καΐ μύδρον σιδήρεον κατεττόντωσαν , και 
ώ|Λοσαν, μή Tcpiv ές Φωκαιην ήξειν πριν ή τον [χύδρον 
τούτον άναφήναι. 2τελλθ(α.ένων δέ αυτών έπΙ τήν Κύρνον, 
υπέρ ή[Λ{σεας τών αστών έΤιαβε πόθος τε καΐ ο?κτος της 
πόλίος και τών ήθέων της χώρης, ψευδόρκιοι δέ γενόμενοι 
άπέπλεον^ οπίσω ές τήν Φωκα(ην * οι δέ αυτών το δ'ρκιον 
έφύλασσον, άερθέντες εκ τών Οίνουσσέων επλεον. 



CLXVI. Έπει τε δέ ές τήν Κύρνον άπικοντο, οΐ'κεον 
κοινή μετά τών πρότερον άπικομένων έπ' έτεα πέντε, και 
ιρα ένιδρύσαντο. Και ήγον γαρ δή και εφερον τους περιοί- 
κους απαντάς * στρατεύονται ων έπ' αυτούς κοινώ λόγφ 
χρησάμενοι Τυρσηνοι και Καρχηδόνιοι, νηυσι έκάτεροι 
έξήκοντα. Οι δέ Φωκαιέες πληρώσαντες καΐ αύτοι τα 
πλοία, έόντα αριθμόν έξήκοντα, άντίαζον ές το 2αρδόνιον^ 
καλεόμενον πέλαγος. 2υμμισγόντων δέ τή ναυμαχίη Καδ- 



1. Άλερία (?) dans Ptolémée, Π, ιι, 5, Άλερία Κολωνία. — Cf. Diod. 
Sic. V, XIII ; au lieu ά'Άλαλία ou Άλερία, il nomme Κάλαρις. 

2. Did. : καταπλώσαντες. 

3. Didot ici et partout : Φώκαιαν, sauf même livre, GLXVII, où on 
lit Φωκαίης. 

4. Did. : άπέπλωον, et infr. 'έπλωον. 

5. Ou Σαρδώνιον, Strab. 11, iv, 2 et v, 19, et ailleurs, ou Σαρδωον, 
id. V, II, 1, etc. 



HÉRODOTE, LIV. Ι. LES PHOCÉENS A CYRNOS. 7 

car vingt ans auparavant , ils avaient , sur la foi d'un 
oracle, bâti à Cyrnos une ville qui eut nom Alalie\ 
Or, à cette époque, Arganthônios était déjà mort. 
Partant donc pour Cyrnos, ils voguèrent d'abord vers 
Phôcsea où ils massacrèrent la garnison des Perses 
qui gardait la ville qu'elle avait reçue d'Harpagos. 
Et ensuite , après ce coup de main , ils firent de vio- 
lentes imprécations contre quiconque déserterait leur 
flotte ; en outre, ils jetèrent dans la mer une masse de 
fer et jurèrent qu'ils ne reviendraient pas à Phôcaîa 
avant que cette masse ne reparût sur Veau. Or, tandis 
qu'ils partaient pour Cyrnos, plus de la moitié des 
citoyens furent pris de regret et de tendre affection 
pour leur ville et pour leurs habitudes au pays : faus- 
sant leur serment, ils firent volte-face et revinrent à 
Phôcaea. Les autres gardèrent leur serment, et levant 
l'ancre aux (Enusses, voguèrent en avant. 

CLXVI. Quand ils furent arrivés à Cyrnos, ils habi- 
tèrent en commun avec ceux qui y étaient arrivés les 
premiers, durant cinq années, et s'y construisirent 
des temples. Et déjà ils pillaient et rançonnaient tous 
les habitants d'alentour, lorsque, mettant en œuvre 
une pensée commune, marchèrent contre eux les 
Tyrsènes^ et les Carchèdonies^, les uns et les autres 
avec soixante navires. Les Phôcseens eux-mêmes ayant 
équipé aussi des vaisseaux au nombre de soixante, 
allèrent à leur rencontre sur la mer appelée Sardonie. 
Alors s'engagea une bataille navale où une victoire 



1. Plus tard, Alérie (?), à l'embouchure du Tavignano, rebâtie par 
Sylla, auj. ruinée. — V. Plin. III, xii, 6; Flor. II, 2, 16. 

2. Les mômes que les Tyrrhènes, ancêtres des Étrusques; V. sup, 
p. 2, note 1. — 3. Les Carthaginois. 



*» * 



8 ΗΡΟΔΟΤΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΒΙΒΛ. Α. 

μείη τις νίκη τοίσι Φωκαιευσι έγένετο * αΐ (jilv γαρ τεσσε- 
ράκοντά σφι νήες διεφθάρησαν, αΐ δέ εΐ'κοσι αϊ περιεουσαι 
ήσαν άχρηστοι * άπεστράφατο γαρ τους έ[Λβ(5λους. Κατα- 
πλώσαντες δέ ές τήν Άλαλίην, άνέλαβον τα τέκνα καΐ 
τάς γυναίκας, καΐ τήν άλλην κτήσιν δσην οϊα(τε έγένοντο 
αϊ νήές σφι άγειν • καΐ έπειτα αφέντες τήν Κύρνον, επλεον^ 
ές Ρήγιον. 

CLXV1I. Των δέ διαφθαρεισέων νεών τους άνδρας οι τε 
Καρχηδ(^νιοι και οί Τυρσηνοι^, ελαχ($ν τε αύτέων πολλφ 
πλειους^, και τούτους έξαγαγ^ντες κατέλευσαν. Μετά δέ 
Άγυλλαίοισι πάντα τα παρΐ($ντα τον χώρον εν τφ οι 
Φωκαιέες καταλευσθέντες έκέατο , έγένετο διάστροφα καΐ 
ε[Λπηρα και άπόπληκτα, ομοίως πρόβατα και υποζύγια και 
άνθρωποι. Οί δέ Άγυλλαιοι ές Δελφούς επε^χπον, βουλ($- 
μ,ενοι άκέσασθαι τήν ά(Λαρτάδα. Ή δέ Πυθίη σφέας έκέ- 
λευσε ποιέειν τα και νυν οι Άγυλλαιοι ετι έπιτελέουσι. Και 
γαρ έναγίζουσί σφι μεγάλως, και αγώνα γυ[Λνικον και 
ίππικον έπιστασι. Και ούτοι μ,έν των Φωκαιέων τοιούτω 
μόρω διεχρήσαντο, οι δέ αυτών ές το Ρήγιον καταφυ- 
γ<$ντες, ένθευτεν όρ[Λεώ[Λενοι , έκτήσαντο π6λιν γης της 
02νωτρ(ης ταύτην ήτις νυν Ύέλη καλέεται^. "Εκτισαν δέ 
ταύτην προς ανδρός Ποσειδωνιήτεω μαθ6ντες , ώς τον 
Κύρνον σφι ή Πυθιη έχρησε κτίσαι ήρων έόντα, αλλ' où 
τήν νήσον..,..^ 



1. Did. έπλωον. 

2. Οπ croit ce passage corrompu. G. Dindorf (édit. Didot) écrit 
ol Τυρσηνο\ *** 'έλαχαν τε Peut-être suffirait-il de lire 'έλαβον. 

3. Did. πλευνας. 

4. Gf*Antiochos de Syracuse ap. Strab. VI, i, 1, dans notre t. I, 
p. 206. 

5. Miot croyait ce passage altéré ; v. la note 49 de sa traduction, 
t. I, p. 204. L'expression κτιζειν ήρωα, établir le culte d'un héros, est 
regardée comme parfaitement correcte. V. le Thésaurus. 



HÉRODOTE, LIV. I. LES PHOCÉENS, HYÉLÈ. 9 

Cadmée^ échut aux Phôcœens, car quarante de leurs 
vaisseaux y périrent, et les vingt restants étaient hors 
de service; car ils avaient eu leurs éperons faussés. 
Revenus à Alalie, ils reprirent leurs enfants, leurs 
femmes et de leurs autres biens autant que leurs vais- 
seaux en purent emporter; puis ayant quitté Gyrnos, 
ils firent voile pour Règium. 

CLXVII. Des hommes qui montaient les vaisseaux 
perdus les Garchèdonies et les Tyrsènes en prirent la 
meilleure part, et les ayant menés à terre, ils les 
lapidèrent. Dès lors les Agyllsees^ virent tout ce qui 
passait par le lieu où étaient tombés les Phôcœens 
lapidés, devenir estropié, mutilé, hébété, tout pareil- 
lement, hommes, troupeaux ^ bêtes de somme ^ Les 
Agyllaees envoyèrent donc à Delphes, voulant réparer 
leur faute. La Pythie leur ordonna de faire ce qu'ils font 
encore aujourd'hui ; et, en effet, les Agylleees pratiquent 
en l'honneur de ces morts de grandes expiations et 
célèbrent pour eux des jeux gymniques et équestres. 
Tel fut le destin qu'éprouvèrent ceux-là d'entre les 
Phôcœens; quant aux autres qui s'étaient réfugiés à 
Règium, ils partirent de là et bâtirent sur la terre 
d'CEnôtrie la ville qui aujourd'hui s'appelle Hyélè^; ils 
la bâtirent quand ils eurent appris d'un homme de 
Posidônie^ que Gyrnos, dans l'oracle de la Pythie, était 
un héros à qui il fallait élever un monument, et non 
l'île qu'il fallait habiter. 

1. Victoire onéreuse à celui qui la remporte. V. le Thésaurus, s. 
V. Καδμείος, et Érasme, Chiliad. Il, cent, viii, 34. 

2. Les Gérites. 

3. Ppt. menu bétail, tel que moutons, chèvres, etc. 

4. Υποζύγια, bêtes de travail, proprement qui se mettent sous le 
joug. — 5. Vélia, en Lucanie. — 6. Pœstum. 



1 ο ΗΡΟΔΟΤΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΒΙΒΛ. Α. 

CXCVI. Ν(ί(λθΐ δέ αύτοΐσι^ ώδε κατεστέαται^, δ μεν 
σοφώτατος δ'δε κατά γνώμ,ην τήν ήμετέρην, τω καΐ 'Ιλλυ- 
ριών 'Ενετούς πυνθάνομαι χρησθαι^. Κατά κώμας έκάστ^χς 
άπαξ του ετεος εκάστου έποιέετο τάδε * ώς αν αϊ παρθένοι 
γινοίατο γάμων ώραΐαι, ταύτας οκως συναγάγοιεν πάσας, 
ές έν χωρ(ον έσάγεσκον αλέας, πέριξ δέ αύτας Ι'στατο 
δ'μιλος ανδρών * άνιστάς δέ κατά μ{αν έκάστην κήρυξ 
πωλέεσκε, πρώτα μέν τήν εύειδεστάτην έκ πασέων • μετά 
δέ, δκως αυτή ευροΰσα πολλδν χρυσίον πρηθε(η, άλλην 
άνεκήρυσσε, ή μετ' έκεένην εσκε εύειδεστάτη. Έπωλέοντο 
δέ έπΙ συνοικήσει^. "Οσοι μέν δή εσκον εύδα(μονες τών 
Βαβυλωνίων έπίγαμοι, υπερβάλλοντες αλλήλους έξωνέοντο 
τάς καλλιστευούσας • όσοι δέ του δήμου εσκον έπ{γαμοι, 
οδτοι δέ εΐ'δεος μέν ουδέν ίζίοντο χρηστού, οι δ' αν χρή- 
ματα τε και cdG^/J.O'^aç παρθένους έλάμβανον. Ώς γαρ δή 
διεξέλθοι δ κήρυξ πωλέων τάς εύειδεστάτας τών παρθένων, 
άνοστα άν τήν άμορφεστάτην ή ει τις αύτέων εμπηρος ην, 
και ταύτην άνεκήρυσσε, δστις θέλοι ελάχιστον χρυσιον 
λαβών συνοικέειν αύτη, ες δ τφ τδ ελάχιστον ύπισταμένφ 
προσεκέετο. Το δέ άν χρυσίον έγίνετο άπδ τών εύειδέων 
παρθένων, και ούτω αι εύμορφοι τάς άμδρφους και έμπή- 
ρους έξεδέδοσαν ^ 



1. Τοις Άσσυρίοις. 

2. Did. κατεστεασι. 

3. Sic vulgo; Did. : χρέεσθαι. 

4. Did. : συνοικήσι, faute à corriger. 

5. Cet usage ne nous est guère connu d'ailleurs; il y a seulement, 
que je sache, quatre lignes de Strabon sur ce sujet; elles contien- 
nent, il est vrai, un renseignement intéressant XVI, i, 20 : Τδλλα 
μέν οδν 'έοικε τοις Περσικοίς (παρά τοις Άσσυρίοις) ι'διον δέ τ^ καθεστάναι τρεις 
άνδρας σώφρονας έκαστης άρχοντας φυλής, οίτας επιγάμους κδρας προσάγοντες 
εις τό πλήθος άποκηρύττουσι τοις νυμφίοις άε\ τάς έντιμοτέρας πρώτας • οΰτω 
μέν αΐ συζυγίαι τελούνται 



HÉRODOTE, LIV. I. LOI DES VÉNÈTES. 11 

CXCVI. Les lois chez eux (les Assyriens) sont ainsi 
faites : la plus sage à mon avis est celle-ci , en usage 
aussi, à ce que j'apprends, chez les Énétes de riUyrie. 
Dans chaque canton, une fois chaque année, voici ce 
qui se faisait : à mesure que les jeunes filles devenaient 
mûres pour le mariage, on les réunissait toutes, puis 
on les conduisait en masse dans un même lieu, et 
autour d'elles se tenaient une foule d'hommes. Alors 
un crieur public les faisait lever pour les mettre en 
vente, l'une après l'autre, premièrement la plus belle 
de toutes, et ensuite, quand celle-ci ayant trouvé une 
grosse somme d'or, était livrée à ce prix, il en criait 
une autre qui était la plus belle après la première. 
Elles étaient vendues ainsi pour cohabiter avec Γ acqué- 
reur. Tout ce qu'il y avait parmi les Babylônies^ de 
riches à marier, se surpassaient les uns les autres 
pour acheter les plus belles. Quant aux gens du peuple 
qui étaient à marier, ceux-là ne demandaient pas les 
avantages de la figure, mais avec de l'argent ils pre- 
naient les plus laides. Car le crieur, après avoir achevé 
de vendre les plus belles de ces jeunes filles , faisait 
lever les plus mal faites, ou celles qui avaient quelque 
déÏaui physique, et il criait chacune à son tour, deman- 
dant qui la voulait prendre, avec le moins d'argent, 
pour cohabiter avec elle, jusqu'à ce qu'elle eût été 
adjugée à qui avait accepté la moindre somme. On 
faisait de l'argent avec les jeunes filles d'une belle 
figure, et ainsi c'était grâce aux mieux faites que 
s'établissaient celles qui étaient laides ou qui avaient 
quelque défaut. 

1. Babyloniens, Βαβυλώνιοι. 



12! ΗΡΟΔΟΤΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΒΙΒΛ. Β, Δ, Ε. 



ΒΙΒΛΙΟΝ Β. ΚΕΦ. ΛΓ. 



XXXIII "Ιστρος τε γαρ ποταμ,ος άρξάμενος έκ 

Κελτών και Πυρήνης πόλιος, ρέει μιέσην σχίζων τήν 
Εύρώπην * οι δε Κελτο{ είσι εξω Ηρακλείων^ 2τηλέων • 

δμουρέουσι δε Κυνησίοισι^, οι έσχατοι προς δυσμέων 
οικέουσι των εν τη Ευρώπη κατοικη{Λένων 



ΒΙΒΛΙΟΝ Δ, ΚΕΦ. ΜΘ. 

XLIX Έκ δε της κατύπερθε χώρης Ό[Λβρικων, 

Κάρπις ποτα^χος, και άλλος "Αλπις ποτα|χος, προς βορέην^ 
ρέοντες άνε(Λον, και οδτοι έκδιδουσι ες αυτόν. Ρέει γαρ δή 
δια πάσης της Ευρώπης δ "Ιστρος, άρξά[Λενος έκ Κελτών, 
οι έσχατοι προς ήλιου δυσ(Λέων μετά Κύνητας οικέουσι 
τών εν τη Ευρώπη. 



ΒΙΒΛΙΟΝ Ε, ΚΕΦ. Θ. 

IX 

(Δύναμαι πυθέσθαι) κατήκειν δε τουτέων. (τών 2ιγυν- 

νών) τους ουρους άγχου 'Ενετών^ τών εν Άδρ(η • είναι δε 
Μήδων σφέας άποικους λέγουσι * οκως δέ οδτοι Μήδων 

1. Vulg. Ήρακληΐων, Did. : Ήρακλέων (?). 

2. Ailleurs, IV, 49, Hérodote les appelle Cynètes. V. ci-dessus. 
— Cf. Justin. XLIV, iv. 

3. Vulg. βορην. 

4. Quelques-uns Ενετών. V. Strabon dans notre tome I, p. 172 et 
ailleurs. 



HÉRODOTE, LIV. II, IV, V. LES CELTES, ETC. 13 



LIVRE II, CHAP. XXXIII. 

XXXIII L'Ister part du pays des Celtes et de la 

ville de Pyrènè ; il coule à travers l'Europe qu'il coupe 
par le milieu : or les Celtes sont en dehors des Colonnes 
d'Héraclès^ et limitrophes des Cynèsies, qui sont à 
l'Occident le dernier des peuples habitant en Europe 



LIVRE IV, CHAP. XLIX. 

XLIX Sortis du pays qui est au-dessus des Om- 

briques, le fleuve Carpis et un autre, le fleuve Alpis, 
coulent vers le vent de Borée ^ et se jettent l'un et 
l'autre dans l'Ister. Car l'Ister coule à travers toute 
l'Europe, après avoir pris sa source chez les Celtes 
qui, avec les Cynètes, sont à l'Occident, les derniers 
des peuples habitant en Europe 



LIVRE V, CHAP. IX. 

IX 

(J'ai pu apprendre) que les hmites de ce peuple 

(les Sigynnes) vont jusqu'au pays des Énétes de 
l'Adrias : ils se disent une colonie des Mèdes; mais 
comment peuvent-ils être une colonie des Mèdes, c'est 



1. Hercule. 

2. Vers le Nord. 



1 4 ΗΡΟΔΟΤΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΒΙΒΛ. Ζ. 

oL'KOiY.oi γεγ($νασι, έγώ [χέν ούκ έ'χω έπιφράσασθαι * 'γένοιτο 
δ' αν παν εν τω (χακρω χρ6νω. 2ιγύννας δ' ών καλέουσι^ 
Λίγυες οι άνω υπέρ Μασσαλ(ης οικέοντες, τους καπήλους * 
Κύπριοι δε τα δόρατα. 



ΒΙΒΛΙΟΝ Ζ, ΚΕΦ. ΟΒ, ΡΞΕ. 

LXXII Λ(γυες δέ και Ματιηνοι και Μαριανδυνοί 

τε και 2ύροι τήν αυτήν έχοντες Παφλαγ($σι εστρατεύοντο. 

CLXV έξελαθεις εξ *Ι|Λέρης Τήριλλος δ Κριν(ππου, 

τύραννος έών Ί[Λέρης, επήγε υπ' αυτόν τον χρ6νον τούτον 
Φοινίκων καΐ Λιβύων και 'Ιβήρων και Λιγύων και Έλισύ- 
κων και 2αρδον(ων καΐ Κυρνέων τριήκοντα (χυριάδας καΐ 
στρατηγον αυτών 'Α[Λ{λκαν τον "Αννωνος, Καρχηδονίων 
iowoL βασιλέα 



1. uid. καλεΰσι. 



HÉRODOTE, LIV. YII. LES LIGYES. 15 

ce que je ne puis comprendre : cependant tout peut 
arriver avec le temps. D'autre part les Ligyes habitant 
les hauteurs au-dessus de Massalie, appellent Sigynnes 
les petits marchands ; ce nom chez les Cypriotes veut 
dire pique \ 



LIVRE VII, CHAP. LXXII. 

LXXII Les Ligyes, les Matiènes, les Maryan- 

dynes et les Syres servaient dans l'armée (de Xerxès) 
suivant le même ordre que les Paphlagons. 

CLXV chassé d'Himére, Tèrille, filsdeCrinippe, 

qui était tyran d'Himére, introduisit dans le pays, vers 
le même temps % une armée de Phœnices, de Libyes, 
d'Ibères, de Ligyes, d'Elisyces, de Sardonies et de 
Cyrnies — trente myriades d'hommes, — avec leur 
général, Amilcas, fils d'Annon, alors roi des Garchè- 
donies. 



1. Σι'γυνον dans Aristote, Poét. XXI (V. notre édition et la note), 
où ce mot est également donné comme cypriote. Les formes en 
sont assez variées, σίγγυνοι, Hésych., σιγύνη, Oppien, Gynég. I, 152. 

2. La seconde guerre médique. 



ΘΟΥΚΥΔΙΔΟΥ 2ΥΓΓΡΑΦΗ2^ 

ΒΙΒΛΙΟΝ Α, ΚΕΦ. ΙΓ. 

Φωκαεις τε Μασσαλ(αν οίκ(ζοντες, Καρχηδονίους έν(κων 
ναυμαχουντες^. 



2χ<$λιον. 

Φωκαεις τε Μασσαλίαν οικίζοντες] "Ιωνες οντες οι 

ΦωκαεΪς και πολε[Λθύ(Λενοι υπό Περσών, αφέντες τήν 

Ίωνίαν, έπλευσαν έπι τήν Άφρικήν τήν πάλαι Καρχηδόνα 
κολου[Λένην • άεΐ δε ταις οικιζουμέναις αί πλησίον εναν- 
τιοΰνται. Ή δε Μασσαλία πΛις έστι της 'Αφρικής. 



ΒΙΒΛΙΟΝ ς, ΚΕΦ. Β. 

2ικανο1 δέ (Λετ' αυτούς (Κύκλωπας καΐ ΛαιστρυγΛας). 

1. Περ\ του Πελοποννησιακού πολέμου βιβλία οκτώ. 

2. Comp. Hérodot. supr. p. 6-9 et plus bas Aristoxène de 
Tarente, et dans notre t. I, Scymnos de Ghios, v. 209 et suiv., qui 
cite Timée; Eustathe, même vol. p. 4, qui est d'accord avec 
Hérodote; Strabon, p. 70 et suiv. et Antiochos de Syracuse cité par 
Strabon, VI, r, 1, p. 206. — V. aussi t. 111, l'extrait de ÏArchidamos 
d'isocrate. Thucydide, comme Isocrate, semble admettre implici- 
tement que la fondation de Massalie par les Pliôcseens eut lieu vers 
l'époque de Gyros, qui leur fit la guerre pour conquérir l'Asie- 
Mineure. 



HISTOIRE DE THUCYDIDE^ 

LIVRE I, CHAPITRE XIII. 

Les Phôcseens, quand ils fondaient Massalie, vain- 
quirent les Carchèdonies^ dans une bataille navale ^ 

Scholie, 

Les Phôcseens, quand ils fondaient Massalie] 

Les Phôcseens qui étaient Ions, étant attaqués par les 
Perses, quittèrent l'Iônie et firent voile vers l'Afrique, 
vers la partie appelée jadis Garchèdon^ Mais les villes 
qui se fondent trouvent toujours des adversaires dans 
leurs voisines. Or Massalie est une ville de l'Afrique. 

LIVRE VI, CH. II. 

Les Sicanes après eux (les Cyclôpes et les Lsestrigons) 



1. 471-391 av. J.-G. Hist. de la Guerre du Péloponnèse on huit livres. 

2. Carthaginois. 

3. « Les Phôcœens d'Jônie, qui, dans leurs voyages aventureux 
à l'Ouest, établirent la colonie de Massalie (dès l'an GOO av. J.-C. — 
Ailleurs, ibid. p. 124, Grote dit 597, Olymp. 45), ne purent accomplir 
cette œuvre qu'en remportant une victoire sur les Carthaginois. » 
Grote, Hist. de la Grèce, t. V, p. 63 et s. de la trad. de M. de Sadous. 

4. Carthage. 

Π % 



1 8 ΘΟΥΚΥΔΙΔΟΥ ΣΥΓΓΡΑΦΗΣ ΒΙΒΛ. ς. 

πρώτοι φαίνονται ένοικισά[Λενοι , ώς μ,έν αύτο( φασι, καΐ 
πρότεροι, Stà τό αυτόχθονες είναι • ώς δέ ή αλήθεια ευ- 
ρίσκεται, "Ιβηρες οντες, καΐ άπο του Ιικανου ποτα(Λθϋ του 
εν Ίβηρίς): ύπο Λιγύων άναστάντες ^ 



1. Suivant Etienne de Byzance, il y avait en Ibèrie une ville des 
Ligyes, appelée Ligystinè : Λιγυστινή, πόλις Λιγυων τής δυστικής 'Ιβη- 
ρίας εγγύς καΐ της Ταρτησσου πλησίον. 



THUCYDIDE, LIV. VI. LES LIGYES. 19 

paraissent s'y être fixés les premiers (en Sicile) ; c'est 
du moins ce qu'ils disent ; ils prétendent même y avoir 
devancé tous les autres, parce qu'ils sont autochthones : 
mais la vérité est que ce sont des Ibères et qu'ils 
furent chassés par les Ligyes des bords du fleuve 
Sicane qui est en Ibèrie'. 

1. Les Ligyes sont originaires de l'Espagne (Ibèrie). Cf. Ephore 
ap. Strabon, liv. VI, ir, 4; Philiste et Timée ap. Diod. SicuL V, vi, 
1; Servius adjEneid.yU, 795, VIII, 328, XI, 317; Fest. Avien. V. 132 
et suiv. 



ΕΦΟΡΟΥ 12TOPIÎ2N 

ΒΙΒΛΙΟΝ Δ, ΕΥΡΩΠΗ». 

Tèv μ,έν γαρ προς άττηλιώτην και τάν εγγύς ανατολών 
τόπον ΊνδοΙ κατοικουσι • τον 2έ προς ν(^τον καΐ ριεση[Λ- 
βρ(αν Αίθ(οπες νέ(Λονται • τον δέ άπα ζέφυρου και δυσμών 
ΚελτοΙ κατέχουσι * τόν δέ κατά βορραν καΐ τούς^ άρκτους 
2κύθαι κατοικουσιν. "Εστί [χέν ουν ούκ Ισον εκαστον των 
μερών • άλλα το (χεν τών 2κυθών καΐ τών Αιθιόπων [Λειζον, 
το δέ τών 'Ινδών και τών Κελτών έΤ,αττον • και παρα- 
πλήσιον έκατέρων^ άλλήλοις έχει του τόπου τό μέγεθος. 
Οι μεν γαρ [Ίνδοι] εισι μεταξύ θερινών καΐ χειμερινών 
ανατολών. Κελτοι δέ τήν υπο θερινών μέχρι χειμερινών 
δυσμών χοίραν κατέχουσι , καΐ τουτο'^ μέν ίσον έστιν 
έκεινω^ τω διαστήματι% και μάλιστα πως άντικείμενον. 
Ή δέ τών 2κυθών κατοίκησις του ήλ(ου της περιφοράς 
τάν διαλείποντα κατέχει τόπον * αντίκειται δέ προς το τών 
Αιθιόπων έθνος, δ δοκεΐ παρατείνειν άπο ανατολών χειμη- 
ρινών μέχρι δυσμών τών βραχυτάτων'. 



1. Cité par Gosmas, Topogr. chreL, p. 148, t. 11 de la Nouvelle 
collection des Pères deMontfaucon. Pour les autres citations d'Éphore, 
V. les tables du t. 1 et celles des vol. suivants. 

2. Le ms. τάς, la marge τους. 

3. Sic la marge, le ms. έκάτερον. 

4. Ms. τούτω. 

5. Ms. εκείνο. 

6. Ms. διάστημα. 

7. Strabon, l, rr, 28, résume tout ce passage d'Éphore : dans la 
dernière phrase il omet τών βραχυτάτων. 



EPHORE^ 

HISTOIRES, LIYRE IV, l'eUROPE. 

Les lieux situés vers Tapèliôte (vent d'est) et ceux 
qui sont près du levant sont habités par les Indes 
(Indiens) ; dans ceux qui sont vers le notos et le midi 
sont les demeures des ^thiopes. Du côté du zéphyr et 
du couchant le pays est possédé par les Celtes ; vers 
borée et les ours^ habitent les Scythes. Chacune de ces 
parties n'est point égale aux autres : celle des Scythes 
et celle des ^thiopes sont plus grandes; celles des 
Indes et des Celtes sont moindres : de ces régions les 
premières comme les secondes sont entre elles à peu 
près de pareille étendue. Car les Indes sont entre le 
levant d'été et le levant d'hiver; les Celtes occupent 
le pays à partir du couchant d'été jusqu'au couchant 
d'hiver, et cet intervalle-ci est égal à celui-là et à peu 
près à l'opposite. La contrée habitée par les Scythes 
occupe l'espace compris dans le cours du soleil; elle 
fait face au peuple des iEthiopes lequel paraît s'étendre 
depuis le levant d'hiver jusqu'aux lieux où le coucher 
du soleil prend le moins de temps ^. 

1. Éphore de Cume, av. J.-G. 363; Olymp. 104, 2. — Histoires, 
XXX livres, dont le dernier fut fait par son fils Démophile. Le 
IV' est intitulé Europe. — 2. Sic, au lieu des Ourses. 

3. Ce que dit Éphore de la position des ^Ethiopiens n'est guère 
que le développement des vers d'Homère si souvent cités et com- 
mentés, Odyss. I, 22-25. 



AP12T0SEN0Y ΤΟΥ ΤΑΡΑΝΤΙΝΟΥ. 



Φ' καΐ tS' ετη εγγιστα άττο των Τρωικών ιστορείται 
[Λέχρι Ξενοφάνους του φυσικού και των 'Ανακρέοντος τε 
και Πολυκράτους χρ(5νων γ,οά της υπό Άρπάγου του Μήδου 
'Ιώνων πολιορκίας και αναστάσεως, ην Φωκαεις φυγοντες 
Μασσαλίαν ωκησαν^ * πασι γαρ τούτοις δμ^χρονος 6 
Πυθαγόρας. 



1. V. plus haut Extraits d'Hérodote, liv. I, ch. 163 et supr. p. 3 et 
s. — Comp. le l" extrait de Thucydide et la note, supr. p. 16 et. s. 
Ce passage d'Aristoxène permet de concilier à peu près les témoi- 
gnages des deux grands historiens en les complétant l'un par l'autre. 
Reste l'opinion de Timée, citée par Scymnos de Ghios, et adoptée 
par Grote. 



ARISTOXÈNE DE TARENTE». 



Cinq cent quatorze ans environ se comptent depuis 
les événements de Troie jusqu'à Xénophane le physi- 
cien, aux temps d'Anacréon et de Polycrate, à l'époque 
où les villes d'Iônie étant assiégées et détruites par le 
Mède Harpagos, les Phôcseens qui avaient fui devant 
ces désastres, fondèrent Massalie. Pythagore fut con- 
temporain de tous ces événements. 



1. Disciple d'Aiistote, né vers 350 avant J.-C. — Citation de l'au- 
teur anonyme de la Théologie arithmétique, p. 40, édit. Ast; ce pas- 
sage appartient à l'ouvrage intitulé Βίοι ανδρών et particulièrement 
à la Vie de Pythagore. 



ΑΝΤΙΓΟΝΟΥ ΚΑΡΥ2ΤΙ0Υ 

1στορ{αι παραδ(ίξοι. 

ΒΙΒΛΙΟΝ ΚΑ, ΚΕΦ. ΡΠΘ. 



ηΡ). 



Τους δέ ττερι τον Άδρίαν ένοικουντας Ενετούς, θεό- 
τζοι^τζο^ φάσκειν, κατά τον σπόρου καφον τοις κολοιοΐς 
άποστέλλειν δώρα * ταύτα δ' είναι ψαιστά και [Λάζας * 
Ίτροσθέντας δέ τους ταύτα κο[Λΐζοντας άποχωρειν * των δέ 
δρνέων τό μέν πλήθος έπι τοΤς δρίοις (/.ένειν της χώρας 
συνηθροισρ,ένον • δύο δ' ή τρεις προσπτάντας και κατα- 
(χαθόντας άφίπτασθαι πάλιν, καθαπερεέ τινας πρέσβεις ή 
κατασκόπους. 'Εάν [χέν ουν το πλή[θος των κολοιών 
γεύσωνται των δώρων, ούχ ύπερβαινουσιν έπΙ τήν ^copav 
αυτών, και οΓδασιν οι 'Ενετοί, ότι έσονται εν ειρήνη * εάν 
δέ [Λή γεύσωνται, ώσει πολερ,ίων ί(^οζθ')/ αύτοϊς γινο|Λένην 
ούτω προσδοκώσι]^ 



1. Supplément de Bentlei, d'après les Récits merveilleux d'Aristote, 
c. 129. — iElien, Nat. des Anim. XVII, 16, rapporte aussi d'après 
Thèopompe ce bizarre usage, mais avec plus de détails : il fait à 
ce sujet quelques emprunts à Lycos de Bègium qui avait écrit des 
Histoires siciliennes, qu'Antigone de Garyste a mises souvent à con- 
tribution. — Nous donnerons dans les Extraits des auteurs divers 
les chap. d'Aristote et d'^lien. 



ANTIGONE DE CARYSTE^ 

Histoires incroyables. 

LIVRE XXI, CHAP. CLXXXIX. 

Les Hénétes qui habitent dans les environs de 
TAdrias, au rapport de Théopompe, envoient, vers le 
temps des semailles, des présents aux geais ; ces pré- 
sents sont des gâteaux et des galettes. Ceux qui les 
apportent se retirent après les avoir déposés. Or, ces 
oiseaux demeurent rassemblés en foule sur les limites 
du pays. Deux ou trois d'entre eux volent vers cette 
proie, et l'ayant reconnue, reprennent leur vol pour 
s'en retourner comme feraient des envoyés ou des 
éclaireurs. Si la foule [des geais goûtent à ces pré- 
sents, ces oiseaux n'entrent pas dans le pays des 
Hénétes, et ceux-ci savent qu'ils auront la paix; si 
ces oiseaux n'y goûtent pas, c'est, dans leur opinion, 
comme si des ennemis faisaient invasion sur leur 
territoire] . 



l. Vers la fin du règne de Ptolémée Philadelphe, 260 av. J.-G. 
Outre son ouvrage intitulé Histoires incroyables ou Recueil d'Hist. 
incioyables, 'Ιστοριών παραδόξων συναγωγή, il avait écrit des Vies de 
Philosophes, un traité du Style, περ\ Λέξεως, et un livre des Animmix, 
περ\ Ζώων. 



ΑΠΟΛΛΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛΙ0ΘΗΚΗ2 

ΒΙΒΛΙΟΝ Α, ΚΕΦ. Θ. 

24. Τοις δέ Άργοναύταις τον 'HptSavov ποταμον ήδη 
παραπλέουσι [χηνισας Ζευς υπέρ του φονευθέντος Άψύρτου 



εές 



τήν Αύσον(αν, τον Άψύρτου φ^νον καθαρθώσιν υπό Κ(ρκης. 
ΟΕ δέ Ίταραπλεύσαντες τα Λιγύων^ καΐ Κελτών έθνη, και 

δια του 2αρδονίου πελάγους κο[Αΐσθέντες , παραμειψά|Λενοι 
Τυρρηνέαν, ήλθον εις Αιαίαν'*. 



1. Codd. et Lycophr. schol. ν. 175, Συρτίδας. 

2. Palat. et al. περιπλεόντων; Hier. Gommelin. et tndeHeyne παραπλ. 

3. Vulg. Λίβυων, correct, de Heyne. — Ane. editt. Σαρδωνίου. 

4. Pal., Dorv., Vesuntin. Αί'ην, Reg. 3, αί-ην, Vat. αΊαιήνην. Déjà dans 
l'édit. Commel. ΑΊαίαν. 



APOLLODORE». 

BIBLIOTHÈQUE, LIVRE I, CH. IX. 

24. Les Argonautes passaient déjà devant le fleuve 
Éridan, lorsque Zeus, irrité du meurtre d'Apsyrte, 
leur envoie une violente tempête et les égare. Et 
tandis qu'ils passent devant les îles Apsyrtides, le 
navire parle, il leur dit que la colère de Zeus ne 
cessera pas , qu'ils ne soient allés en Ausonie , pour 
être purifiés par Gircè du meurtre d'Apsyrte. Et eux 
ayant passé devant les pays des Ligyes et des Celtes, 
et traversé la mer de Sardone, ils longent les bords de 
la Tyrrhènie et arrivent à Mddu. 



1. Apollodore d'Athènes florissait entre les Olympiades 150 et 160; 
avant J.-C., 180-140; il est contemporain de PoÎybe. 



ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΜΕΓΑΛΟΠΟΛΙΤΟΥ» 

ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΠΡΩΤΗ. 

VI. (Éd. Cas., p. 5). "Ετος μ.έν ουν ένειστήκει (χετά 
τήν έν Α^γος τζοτα,ΐί,οις ναυ(Λαχ(αν έννεαχαιδέκατον , προ 
δέ της εν Λεύκτροις (Jl.άχης έκκαιδέκατον * έν φ Αακεδαι- 
[jL($vtot [Λεν τήν έπΙ Άνταλκ{δου λεγο(Λένην^ εφήνην τυράς 
βασιλέα των Περσών έκύρωσαν, και δ πρεσβύτερος Διονύ- 
σιος, τη περί τον Έλλέπορον ποτα[ΛΟν [^άχη νενικηκώς 
τους κατά τήν Ίταλέαν "Ελληνας, έπολιόρκει Ρήγιον. * 
Γαλάται δε κατά κράτος ελοντες αυτήν τήν Ρώ|Λην 
κατεΐχον πλην του Καπετωλίου. Προς οος ποιησάμενοι 
Ρω[Λαΐοι σπονδας και διαλύσεις εύδοκου [Λένας Γαλάταις , 
και γεν($[Λενοι πάλιν άνελπίστως της πατρίδος εγκρατείς, 
και λαβ^ντες οίον αρχήν της συναυξήσεως, έπολέ[Λουν έν 
τοις έξης χρ($νοις προς τους άστυγεέτονας. Γεν($[Λενοι δέ 
εγκρατείς απάντων των Αατίνων, διά τε τήν άνδριαν, και 
τήν έν [Λάχαις έπιτυχέαν , [Λετα ταύτα έπολέ[Λουν Τυρρη- 
νοις, έπειτα Κελτοις, έξης δέ 2αυνίταις τοις π^ός τε τάς 



ι. Polybe de Mégalopolis, av. J.-G. 205-145. — Histoire générale de 
la République romaine en 40 livres, dont il ne reste que les cinq 
premiers en totalité, avec des débris plus ou moins considérables 
des autres. Tous les autres ouvrages de Polybe sont perdus : 
{"Histoire de Philopœmen, 3 livres ; 2° Histoire de la Guerre de Numance; 
3- Commentaires sur la tactique; 4° Traité de l'habitation sous Véqua- 
teur. 

2. VvXg. γενομένην. 



POLYBE DE MÉGALOPOLIS. 

fflSTOlRES. LIVRE PREMIER. 

VI. C'était la dix-neuvième année après la bataille 
navale d'^Egos-Potames , la seizième avant la bataille 
de Leuctres, celle où les Lacédsemoniens conclurent 
avec le roi des Perses la paix dite d'Antalcidas et où 
Dionysios (Denys) l'ancien ayant vaincu, dans la 
bataille livrée près du fleuve Ellépore\ les Hellènes 
d'Italie, assiégeait Règium. Les Galates^ occupaient, 
après l'avoir prise de vive force, Rome entière à 
l'exception du Gapitole. Les Romains ayant fait avec 
eux un traité, un marché tout au gré des Galates^ 
redevenus ainsi contre tout espoir maîtres de leur 
patrie , prirent de là , en quelque sorte , le point de 
départ de leur agrandissement, et dans les temps qui 
suivirent firent la guerre à leurs voisins. Devenus les 
maîtres de tous les Latins grâce à leur courage et à 
leur bonheur dans les combats, ils firent après cela la 
guerre aux Tyrrhènes, puis aux Celtes, ensuite aux 
Saunites^ qui du côté du levant et du côté des ourses 



1. Polyaen., V, m, 2, Έλέπορον; Diod. Sicul. XIV, civ, 1, Έλωρον. 
— Gasaubon dans sa trad. lat., Elorum, dans le texte, Έλλέπορον. 

2. Gaulois. 

3. Comp. le récit tout différent de Titc-Live, V, 49. 

4. Samnitcs. 



30 ΠΟΛΥΒΙΟΝ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Α. 

ανατολάς και τάς άρκτους συντερ[Λονοΰσι τη των Λατίνων 
χώρα. Μετά δέ τίνα χρόνον, Ταραντ(νων δια τήν εις τους 
πρεσβευτας των Ρωμιαιων άσέλγειαν, καΐ τον δια ταΰτα 
φ($βον, έπισπασαμένων Πύρρον, τφ πρ($τερον ετει της των 
Γαλατών έφί^δου, των τε περί Δελφούς φθαρέντων\ καΐ 
των περαιωθέντων εις τήν Άσίαν * Ρω|Λαΐοι, Τυρρηνούς 
μεν καΐ 2αυνίτας ύφ' αυτούς πεποιημένοι, τους δέ κατά 
τήν Ιταλίαν Κελτούς πολλαΐς μάχαις ήδη νενικηκ^τες, 
τότε πρώτον έπΙ τα λοιπά μέρη της 'Ιταλίας ώρμησαν, 
ούχ ως υπέρ οθνείων, έπι δέ το πλείον ως υπέρ ίδιων ήδη 
και καθηκόντων σφ(σι, πολεμήσοντες, άθληταΐ γεγονότες 
αληθινοί τών κατά τον πόλεμον έργων , εκ τών προς τους 
2αυν(τας καΐ Κελτούς αγώνων. Ύποστάντες δέ γενναίως 
τον πόλεμον τούτον, και το τελευταιον τάς τε δυνάμεις και 
Πύρρον έκβαλόντες εκ της 'Ιταλίας, αύθις έπολέμουν κ/χι 
κατεστρέφοντο τους κοινωνήσαντας Πύρρω τών πραγμά- 
των. Γενόμενοι δέ παραδόξως απάντων εγκρατείς, και 
ποιησάμενοι τους τήν Ίταλίαν κατοικουντας .ύφ' αυτούς, 
πλήν^ Κελτών, μετά ταύτα πολιορκεϊν ένεχείρησαν τους 
τότε κατέχοντας το Ρήγιον Ρωμαίους. 



XIII. Λέγειν ώρα περί τών προκειμένων, έπι βραχύ 

και κεφαλαιωδώς προεκθεμένους τάς εν τη Προκατασκευή 

πράξεις. 'Ών είσι πρώται κατά τήν τάξιν, αϊ γενόμεναι 



1. An de Rome 473, av. J.-G. 281. 

2. D. B. τών Κ. 



POLYBE, LIV. I. ROMAINS ET GAULOIS. 31 

confinent au pays des Latins. Quelque temps après les 
Tarantins\ à cause de leur insolence envers des am- 
bassadeurs de Rome, et de la crainte qui était la 
conséquence de leur conduite, attirèrent Pyrrhos, 
Tannée d'avant Tinvasion des Galates qui furent défaits 
près de Delphes^ et qui passèrent en Asie, Les 
Romains, qui avaient soumis les Tyrrhènes et les 
Saunites; qui avaient vaincu déjà dans plusieurs 
batailles les Celtes de l'Italie, se portèrent alors pour 
la première fois vers les autres parties de l'Italie; et 
c'était comme s'il s'agissait pour eux non de terres 
étrangères , mais en grande partie de domaines 
à eux propres et déjà leur appartenant , qu'ils allaient 
y faire la guerre. Ils étaient devenus de véritables 
athlètes dans les choses de la guerre par suite de 
leurs luttes contre les Saunites et les Celtes. Ayant 
donc bravement soutenu cette guerre, et finalement 
rejeté Pyrrhos et ses troupes hors de l'Italie, ils 
recommencèrent la guerre et soumirent les peuples qui 
avaient pris fait et cause pour Pyrrhos. Après s'être, 
contre toute attente, rendus maîtres de tous ces peuples, 
et avoir soumis ceux qui habitaient l'Italie, à l'excep- 
tion des Celtes, ils entreprirent après cela d'assiéger 
ceux des Romains qui alors occupaient Règium. 

XIII Il est temps de traiter notre sujet après 

avoir exposé en bref et d'une façon sommaire les faits 
appartenant au Préambule. De ces faits les premiers 
dans l'ordre des temps sont ceux qui se rapportent 



1. Du nom de Taras ou Tarante, héros éponyme de la ville que 
les Romains appelèrent Tarentum. 

2. Ce n'est pas l'année de leur invasion en Grèce, mais l'année 
suivante que les Gaulois attaquèrent Delphes. D. B. 



32! ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Α. 

Ρω[Λα{οις και Καρχηδον(οις έν τω περί Σικελίας πολέ(Λω. 
Ταύταις συνεχής δ λιβυκός π6λε(Λος * φ συνάπτει τα κατά 
τήν Ίβηρ(αν Ά(Λ{λκα, [χετα δε τούτον, Άσδρούβα πρα- 
χθέντα και Καρχηδονιοις. Έν οίς^ έγένετο κατά τάν αύτον 
καιρόν ή πρώτη Ρω[Λαίων διάβασις εις τήν Ίλλυρίδα και 
ταύτα τα μ,έρη της Ευρώπης * έπι δε τοις προειρη(Λένοις, 
οι προς τους έν Ίταλέα Κελτούς αγώνες. Τούτοις δε κατά 
τον αύτον καιρόν, παρά τοις "Ελλησιν ο Κλεο [/.ενικός 

καλούμιενος ένηργεΐτο π6λε[Λος 

XVII. (Cas., ρ. 16) Οι δε Καρχηδόνιοι, θεωρουν- 

τες τάν (χεν 'Ιέρωνα πολέ[Λΐον αύτοις γεγονότα, τους δέ 
Ρω{χα{ους όλοσχερέστερον έρ.πλεκο{χένους εις τα κατά τήν 
2ικελιαν, ύπέλαβον βαρυτέρας προσδεισθαι παρασκευής, 
δι' ης άντοφθαλ[Λεΐν δυνήσονται τοις πολεριίοις, και συνέ- 
χειν τα κατά τήν 2ικελ(αν. Διο και ξενολογήσαντες -έκ 
της αντίπερα^ Χ^^ρας, ποΧλους [/.έν Λιγυστ(νους και Κελ- 
τούς, ετι δέ πλεέους τούτων 'Ίβηρας, απαντάς εις τήν 
2ικελίαν απέστειλαν 

LXXVII. (Cas., p. 77.) Ό δέ Μάθως αυτός ^ν έπι 

της των Ιππακριτών^ πολιορκίας έπέ[λενε * τοις δέ περί 
τον Αύτάριτον^ τον των Γαλατών ήγε[ΛΟνα, και 2πένδιον^, 
εχεσθαι τών ύπεναντ(ων συνεβούλευε * τα [/.έν πεδία φεύ- 
γοντας , δια τh πλήθος τών παρά τοις ύπεναντίοις ιππέων 
και θηρίων, ταις δέ ύπωρείαις άντιπαράγοντας καΐ συνε- 
πιτιθε[/.ένους κατά τάς ύποπιπτούσας άει δυσχερείας. "Αμα 



1. Édit. L. Dindorf. Leips. retranche εν d'après l'avis de Schweig- 
hœuser. 

2. Sic éditt. Schweig., Did.; D. B, άντιπέραν, Dindorf. άντιπέρας. 

3. Diodore : *ΙππακρΪνοι. 

4. Le nom de ce chef de mercenaires gaulois ne se trouve nulle 
part ailleurs; Schweighseuser y voit une corruption de Lutarius. 

5. Diod. l'appelle Σπόνδιος. 



y 



POLYBE, LIV. I. ROME, CARTHAGE, LES GAULOIS. 33 

aux Romains et aux Carçhèdonies^ durant la guerre 
de Sicélie ; ils se continuent par la guerre libyque , à 
laquelle se rattache ce qui a été fait en Ibèrie par 
Amilcas et ensuite par Asdrubas et les Carchèdonies. 
C'est en ces temps qu'eut lieu le premier passage des 
Romains en Illyride et dans ces régions de l'Europe. 
Aux événements susdits s'ajoutent les combats contre 
les Celtes en Italie. Dans le même temps se faisait chez 
les Hellènes la guerre appelée guerre de Cléoméne. 

XVll Les Carchèdonies qui voyaient Hiéron 

devenu leur ennemi, et les Romains engagés plus 
complètement dans leurs affaires de la Sicélie^, 
jugèrent qu'ils avaient besoin de préparatifs plus 
importants pour pouvoir faire face à leurs ennemis 
et garder ce qu'ils avaient dans la Sicélie. Ayant 
donc enrôlé dans les pays d'outre-mer un bon nombre 
d'étrangers, des Ligystins^ des Celtes, et plus encore 
d'Ibères, ils les envoyèrent tous en Sicélie. 

LXXVn Mathôs était occupé en personne au 

siège des Hippacrites" ; il conseillait à Autarite, le chef 
des Galates, et à Spendios de se tenir près des Car- 
chèdonies , en évitant toutefois les plaines à cause de 
la multitude de cavaliers et de bêtes % dont disposaient 
leurs adversaires, en menant du même pas qu'eux leurs 
troupes par le bas des montagnes, et en les attaquant 
dans toutes les difficultés qui surgiraient devant eux. 



1. Carthaginois. 

2. Sicile. 

3. Ligures. — Eustathe (V. notre t. I, p. 6) remarque que Lyco- 
phron appelle Ligystins les Ligyes ou Ligures. 

4. Habitants d'flippone-Diarrliyte. 

5. G.-à-d. d'éléphants. 

η 3 



91 :^'η-ΐ7ΐ;•ίΓ ΠΟΛΥΒΙΟΤ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Α. "' ΤΓ 

δέ ταϊς έττινοίαις ταύταις, καΐ προς τους Νθ(Λάδας καΐ 
τους Λίβυας έξέπεμιπε , δε(5[Λενος βοηθείν σφίσι, και [χή 
ΐ^αταπροΐεσθαι τους υπέρ της ελευθερίας καιρούς. Ό δέ 
2πένδιος, προσλαβών εκ του Τύνητος αφ' εκάστου των 
γενών τους πάντας εΙς έξακισχιλ(ους , προήγε , τοις ύπω- 
ρειαις άντιπαράγων τοις Καρχηδον(οις • έχων , άμα τοις 
προειρημένοις, καΐ τους μετ' Αύταρίτου Γαλατάς^ οντάς 
εις δισχιλίους. Το γαρ λοιπόν μέρος αυτών του κατ' αρχάς 
συστήματος ηύτομολήκει προς τους Ρωμαίους έν ταις περί 
τον "Ερυκα στρατοπεδείαις. Του δ' Άμίλκου παρεμβεβλη- 
ϋότος εν τινι πεδιω πανταχ(5θεν ορεσι περιεχομένω, συνέβη 
τάς παρά τών Νομάδων καΐ Λιβύων βοηθείας εις τόν και- 
ρόν τούτον συνάψαι τοις περΊ τον 2πένδιον. Γενομένης δέ 
τοις Καρχηδονίοις της μέν τών Λιβύων έπιστρατοπεδείας 
αιφνιδίου και κατά πρ($σωπον , της δέ τών Νομάδων άπ' 
θύρας, της δέ περί τον 2πένδιον εκ πλαγίου, μεγάλην 
αύτοις άπορίαν συνέβη περιστήναι, και δυσέκφευκτον. 



LXXVIII. (Cas., ρ. 78.) Κατά δέ τόν καιρόν τούτον 

Ναραύας, δς^ ην μέν Νομας τών ενδοξότατων εΙς, ην δέ 
και πλήρης ορμής πολεμικής • ούτος άει μέν οικείως διέ- 
κειτο προς τους Καρχηδονίους, πατρικήν έχων σύστασιν • 
τότε δέ μάλλον παρωρμήθη, δια τήν Άμίλκου του στρα- 
τηγού καταξίωσιν Γενομένων δέ τών ομολογιών, ό 

μέν Ναραύας ^ ήκε, τους ύφ' αύτον τεταγμένους έχων 
Νομάδας, οντάς εις δισχιλίους. Ό δ' Άμίλκας, προσγε- 

t. Diodore (Extr. du liv. XXV, ii) mentionne aussi parmi les 
mercenaires de Çarthage les Gaulois, mais sous le nom de Celtes, 
Κελτοί; il y joint les Ligures, qu'il appelle Λιγυστινοι, Ligystins; il 
s'accorde sur ce point avec Polybe. V. supr. p. 32-33, xvii. 

2. Gasaub. d'après les mss. Ναραύασος, ην correct, de Schweigh. 

qui voudrait supprimer ος. — ■ 3. Id. d'après les mêmes mss. Να- 
ραύασος, corrigé par Schweigliaeuser. 



POLYBE, LIV. Ι. CARTHAGE, MERCENAIRES GAULOIS. 3o 

Avec ces idées-là il envoie vers les Nomades^ et les 
Libyes^; il les prie de fournir des secours, de ne pas 
laisser échapper l'occasion de recouvrer leur liberté. 
Spendios ayant pris à Tynète^ des hommes de chacune 
des nations qui s'y trouvaient, environ six mille en tout, 
alla en avant, les menant par le bas des monts, et 
du même pas que les Garchèdonies ; il avait, outre les 
troupes susdites, les Galates d'Autarite qui pouvaient 
faire deux mille hommes; car le reste de ce corps, 
ainsi composé à l'origine, avait passé aux Romains pen- 
dant qu'ils étaient campés sur l'Eryx. Amilcas s'étant 
jeté dans une plaine de toutes parts entourée de mon- 
tagnes, il arriva que les renforts des Nomades et des 
Libyes firent juste à ce moment-là leur jonction avec 
Spendios. Ainsi les Garchèdonies ayant tout d'un coup 
en face le camp des Libyes, celui des Nomades en 
queue, et celui de Spendios en flanc, il arriva qu'ils 
se trouvèrent dans un grand embarras dont il leur 
était bien difficile de sortir. 

LXXVIII. Au même moment, Naravas^ un Nomade 
des plus considérés, était rempli d'une ardeur guer- 
rière. Il avait toujours été dans des dispositions ami- 
cales à l'égard des Garchèdonies, ayant avec eux les 
mêmes relations que son père ; mais alors il était plus 
que jamais porté vers eux, à cause du mérite d'Amil- 

cas, leur général Des conventions ayant été faites, 

Naravas revint ; il avait avec lui les Nomades sous ses 
ordres, au nombre de près de deux mille. Amilcas, 



1. Les Numides. 

2. Les Africains. — 3. Tunis. 

4. Personnage inconnu d'ailleurs; peut-être faudrait-il lire Νααρ- 
ουας, OU Ναάρ^ας. 



36 ΠΟΛΥΒΙΟΤ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Α. 

νο(/.ένης αύτφ της χεφάς ταύτης, παρετάξατο τοΙς πολε- 
^ίοις. Οι δε περί τόν 2πένδιον, συνάψαντες έπΙ ταύτό τοις 
Λίβυσι, καΐ καταβάντες εις το πεδ(ον, συνέβαλον τοις 
Καρχηδονιοις. Γενο(Λένης δέ [i.άχης ?σχυρας, ένέκων οι 
περί τον Ά[Λ(λκαν, κακώς μ.έν των θηρ(ων άγωνισα^χένων, 
επιφανέστατη ν δέ του Ναραύα^ παρασχο[Λένου χρε(αν. (Cas. , 
ρ. 79.) Ό [Λεν ουν Αύτάριτος και 2πένδιος διέφυγον * 
των δέ λοιπών επεσον [χέν εις ριυρίους, έάλωσαν δέ ε^ς 
τετρακισχιλίους. Έπιτελεσθέντος δέ του κατορθί6[Λατος , 
Ά[Λ(λκας τοις [χέν βουλομένοις τών αιχι^αλώτων (χεθ' 
εαυτού συστρατεύειν έξουσίαν έδωκε, και καθώπλιζε τοις 
άπα τών πολε(Λίων σκύλοις • τους δέ μή ^ουλοΐ).^ους 
άθρο(σας παρεκάλει, φάσκων, εως [χέν του νυν συγγνώ[Λην 
αύτοΐς εχειν τών ή[Λαρτηρι.ένων • διο και συγχωρεΐν τρέ- 
πεσθαι κατά τας ίδιας όρ(Λάς , οδ ποτ' αν έκαστος αυτών 
προαιρήται ^ iiitoo'- 

LXXIX Μάθως δέ και 2πένδιος, αμα δέ τούτοις 

Αύτάριτος δ Γαλάτης, ύπιδ^μιενοι τήν Άρ.(λκου φιλανθρω- 
π(αν εις τους αιχ(Λαλώτους , καΐ φοβηθέντες, [χή τοιούτω 
τρόπω ψυχαγωγηθέντες δρμήσωσι προς τήν ύποδεικνυ[Λέ- 
νην άσφάλειαν οι τε Λίβυες και τό τών μ.ισθοφ(5ρων πλή- 
θος , ίβουλεύοντο , πώς αν , καινοτο[Λήσαντές τι τών προς 
άσέβειαν, εις τέλος άποθηριώσαιεν τα πλήθη προς τους 
Καρχηδονίους. (Cas. , ρ. 80.) "Εδοξεν ουν αύτοις συναθροίσαι 
τους πολλοίς • γενο[Λένου δέ τούτου, γρα(Λ|χατοφ($ρον είσή- 
γαγον, ώς άπεσταλμένον υπό τών έκ της 2αρδ($νος αίρε- 
ι. Id. Ναραυάσου. — 2. Polybe ajoute qu'il leur enjoignit avec 
menace de ne plus porter les armes contre son pays; autrement 
le coupable, s'il tombait entre ses mains, aurait à subir un châti- 
ment exemplaire. Diodore de Sicile (XXV, 3) observe que ce fut 
la cruauté des mercenaires qui força àmilcas de renoncer au 
système d'humanité dont il usait envers ses prisonniers. 



POLYBE, LIV. I. CARTHAGE, MERCENAIRES GAULOIS. 37 

quand cette troupe se fut jointe à lui, fit avec les siens 
face à rennemi. De son côté Spendios, s'étant réuni 
aux Libyes, descendit dans la plaine et en vint aux 
mains avec les Carchèdonies. Grande fut la bataille, 
et Amilcas fut vainqueur , les bêtes ayant bien lutté , 
et Naravas ayant donné une preuve éclatante du ser- 
vice qu'il pouvait faire. Autarite et Spendios s'échap- 
pèrent ; des autres il y en eut environ dix mille par 
terre et quatre mille faits prisonniers. Cet exploit 
achevé, Amilcas permit à ceux des prisonniers qui le 
voudraient, de faire la guerre avec lui et il les arma 
avec les dépouilles enlevées à l'ennemi. Quant à ceux 
qui ne voulurent pas, il les réunit, et leur fit ses 
recommandations ; il leur dit que leurs torts jusqu'à 
ce moment leur étaient pardonnes, qu'il leur était 
permis en conséquence de s'en aller chacun selon son 

désir et ses préférences 

LXXIX Cependant Mathôs, Spendios et avec 

eux le Galate Autarite, tenant pour suspecte l'humanité 
d' Amilcas envers ses prisonniers, et craignant que, 
séduits par ces façons d'agir, les Libyes et la foule 
des mercenaires ne se portassent là où on leur faisait 
entrevoir toute sûreté pour eux, délibérèrent comment, 
par l'invention de quelqu'un de ces forfaits d'un carac- 
tère impie , ils viendraient à bout de faire de ces 
multitudes des bandes de bêtes féroces envers les 
Carchèdonies. Ils s'arrêtèrent à l'idée de rassembler 
la foule de leurs soldats, et quand ce fut fait, ils intro- 
duisirent dans cette réunion un messager censé envoyé 
de Sardone' par ceux de leur parti. La lettre déclarait 

1 . La Sardaigne. 



38 ΠΟΛΤΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Α. 

τιστών. Ή δ' επιστολή διεσάφει, τόν τε Γέσκωνα και 

τους μετ' αύτου πάντας, ους -παρεσπόνδησαν εν τφ 

Τύνητι, φυλάττειν έπΐ[Λελώς • ώς πραττ(^ντων τινών 

εκ του στρατοπέδου τοις Καρχηδον(οις υπέρ της τούτων 
σωτήριας. Λαβ($(Λενος δέ της άφορ(Λης ταύτης δ Ιπένδιος, 
πρώτον [χέν παρεκάλει, [χή πιστεύειν τη υπό του στρατη- 
γού του τών Καρχηδονίων γεγενη[Λένη φιλανθρωπία προς 
τους αιχ[Λαλώτους. Ού γαρ σώσαι προαιρούριενον αύτον 
ταύτα βεβουλευσθαι περί τών άλ(5ντων, άλλα δια της 
εκείνων αφέσεως ήμών^ εγκρατή γενέσθαι σπουδάζοντα * 
πράς το, μ-ή τινας, άλλα πάντας ή[Λας a[jt.a τΐ[Λωρήσασθαι, 
πιστεύσαντας αύτώ. Προς δέ τούτοις, φυλάττεσθαιπαρήνει, 
[χή, προέ[Λενοι τους περί τόν Γέσκωνα, καταφρονηθώσι 
[λεν ύπο τών εχθρών, [χεγάλα δέ βλάψωσι τας ιδίας πρά- 
ξεις, άνδρα τοιούτον και στρατηγόν άγαθον εάσαντες 
διαφυγεΐν, δν εικός έχθρον αύτοις εσεσθαι φοβερώτατον. 
"Ετι δέ ταύτα 'λί'^οντος αύτου, παρήν άλλος γρα(Χ[Λατο- 
φ(^ρος, ώς άπα τών εκ του Τύνητος απεσταλμένος, παρα- 
πλήσια τοις εκ της 2αρδ6νος διασαφών. 



ii LXXX. Έφ' οίς Αύτάριτος ό Γαλάτης έπιβαλών, μ.ίαν, 

εφη, σωτηρίαν είναι τοις εαυτών πράγ[Λασι, τα πάσας 
άπογνώναι τάς έν Καρχηδονίοις ελπίδας. Έως δ' άν 
άντέχεταί τις τής εκείνων φιλανθρωπίας, ού δυνατόν 
αύτοϊς άληθινον γενέσθαι τον τοιούτον σύ(Λ(Λαχον. Δκ^περ 
ήξίου τούτοις πιστεύειν, τούτους άκούειν, τοις τοιούτοις 
προσέχειν τον νουν, οιτινες άν^ άεί τι τών απεχθέστατων 
και πικροτάτων εισαγγέλωσι^ κατά Καρχηδονίων * τους 



1. Sic, toutes les édit., Did. υμών. 

2. αν addil. de L. Dindorf. 

3. Le même propose de lire είσαγγέλλουσι. 



POLYBE, LIY. I. CARTHAGE, MERCENAIRES GAULOIS. 39 

qu'ils eussent à garder avec soin Gescon^ et tous ceux 
de sa suite, envers qui ils avaient, àTynète,.... violé 
les traités ; qu'il y avait dans le camp des gens qui agis- 
saient avec les Carchèdonies pour les sauver. Prenant 
ces révélations pour point de départ, Spendios engagea 
d'abord cette foule à ne pas se fier à l'humanité 
qu'avait montrée le général des Carchèdonies envers 
les prisonniers. Ce n'était pas dans l'intention de les 
sauver qu'il avait pris cette détermination au sujet des 
captifs : « en les renvoyant, il cherche à se rendre maître 
de nous, car il veut se venger non pas sur quelques- 
uns, mais sur nous tous qui nous serons fiés à lui. » 
En outre, il leur conseillait de prendre garde qu'en 
rendant la liberté à Gescon, ils ne devinssent un objet 
de mépris pour leurs ennemis, qu'ils ne fissent grand 
tort à leurs propres affaires en laissant échapper un 
pareil homme, un bon général qui naturellement serait 
pour eux un ennemi redoutable. Il en était encore là 
de son discours lorsqu'il arriva un autre messager 
censé envoyé par ceux de Tynète, donnant des avis 
semblables à ceux de la Sardone. 

LXXX. Sur ce point, le Galate Autarite intervenant 
dit qu'il n'y avait pour eux qu'un moyen de salut, 
c'était de renoncer à tout espoir dans les Carchè- 
donies : du moment que quelqu'un comptait sur leur 
humanité, il n'était pas possible d'avoir en un pareil 
homme un aUié véritable. Aussi les priait-il de se fier, 
de prêter l'oreille, d'accorder leur attention à ceux-là 
seuls qui leur auraient toujours fait entendre quelque 
parole des plus haineuses, des plus amères contre les 
Carchèdonies. Ceux qui tenaient un langage contraire, 

1. Vulg. Giscon. 



40 iÙJlï^,» iî&fMOAYBIOY ΙΣΤΟΡΙΩΝ Α. . fU ^^ 

δ' εναντία τούτοκ λέγοντας, •προδ($τας καΐ πολε[Α(ους 
ήγεϊσθαι παρήνει. Ταύτα δ' ειπών [παρήνει καΙ]\ συνε- 
βούλευε τ6ν τε Γέσκωνα και τους μετ' αυτού συλληφθέν- 
τας, και τους ύστερον γενομένους αιχ|/.αλώτους των Καρ- 
χηδονίων, αίκισαριένόυς άποκτεΐναι. Πρακτικώτατος δ' ην 
ο^τος έν ταΐς συ[Λβουλίαις δια το τζοΧλους τήν φωνή ν 
αύτου συνιέναι * πάλαι γαρ στρατευ(^[Λενος ήδει διαλέγεσθαι 
φοινικιστί • ταύτη (Cas., ρ. 81 .) δέ πως οι πλείστοι συνε- 
σαίνοντο τη διαλέκτω δια το ρήκος της προγεγενη(Λένης 
στρατείας. Δκ^περ έπαινέσαντος αύτον ©(Λοθυμαδον του 
πλήθους, ούτος [χέν ευδόκιμων άνεχώρησε . 



LXXXIV. (Cas., ρ. 85.) Τέλος δ' έπιστρατοπεδεύ- 

σας αύτοΐς (δ Άμίλκας) άνυπονοήτως έν τάποις άφυέσι μεν 
προς τήν εκείνων (των βαρβάρων) χρείαν, ευφυέσι δέ προς 
τήν εαυτού δύναμιν, εις τοΰτ' ήγαγε περιστάσεως ώστε 
■μήτε διακινδυνεύειν τολμώντας μήτ' άποδραναι δυναμέ- 
νους δια το τάφρω και χάρακι περιειλήφθαι πανταχόθεν, 
τέλος υπό του λιμού συναγομένους, έσθίειν αλλήλων 
άναγκασθήναι * του δαιμονίου τήν οικείαν άμοιβήν αύτοις 
έπιφέροντος, τή προς τους πέλας άσεβεία και παρανομία^. 
Προς μεν γαρ τον κίνδυνον ούκ έτ($λμων έξιέναι, προδήλου 
της ήττης και της τιμωρίας τοις άλισκομένοις ύπαρ- 
χούσης^ • περί δε διαλύσεως ούδ' ύπενο.ουν ποιεϊσθαι μνή- 
μην, συνειδ(^τες σφίσι τα πεπραγμένα. Προσανέχοντες δ' 
άει ταΐς εκ του Τυνήτος βοηθείαις, δια τάς των ηγουμένων 
επαγγελίας, παν ύπέμενον ποιεΐν κατά σφών αυτών. 

1. L. Dindorf supprime absolument ces deux mots comme inutiles. 
Παρήνει semble en effet une répétition maladroite du dernier mot 
de la phrase précédente. — 2. Diod. Sicul. Extr. Vatic. p. 55 : Τογαρ 

δαιμόνιον, ως εοικε, ταύτην άμοιβήν των άσεβημάτων αυτοίς εδικαίωσεν. 
3. Cas., ούσης. 



POLYBE, LIV. I. GARTHAGE, MERGENAIRES GAULOIS. 41 

il conseillait de les regarder comme des traîtres , des 
ennemis. Ayant ainsi parlé, il les engageait, il leur 
conseillait relativement à Gescon, à ceux qui avaient 
été pris avec lui, aux Garchèdonies qui depuis avaient 
été faits prisonniers, de les faire mourir dans les 
supplices. Cet homme exerçait une très -grande 
action dans les conseils, parce que sa parole était 
comprise du grand nombre. Vivant depuis longtemps 
dans les camps, il savait parler le phénicien, et la 
plupart des soldats étaient familiarisés avec cette 
langue, grâce à la durée de la guerre précédente. 
Aussi, accompagné des éloges unanimes de cette multi- 
tude, Autarite se retira-t-il couvert de gloire. 

LXXXIV Enfin ayant inopinément établi son 

camp dans un lieu aussi désavantageux pour eux (les 
Barbares) qu'il présentait d'avantages pour son armée, 
Amilcas les réduisit à une situation telle que, n'osant 
courir le risque d'une bataille, et ne pouvant fuir, 
cernés de toutes parts comme ils l'étaient par le fossé 
et les retranchements, poussés par la famine, ils 
finirent par être forcés de se manger les uns les 
autres. La fortune leur infligeait cette légitime com- 
pensation pour leur impiété et leur méconnaissance 
de toute loi à l'égard d'autrui. — Sortir pour aller 
au-devant du danger, ils ne l'osaient pas, voyant 
clairement d'avance et leur défaite et les châtiments 
réservés aux prisonniers. Quant à un accommodement, 
il ne leur vint pas même à l'esprit d'en parler, parce 
qu'ils avaient la conscience de leurs actes. Toujours 
dans l'attente des secours de Tynète, que leur pro- 
mettaient leurs chefs, ils avaient du courage pour tout 
faire contre eux-mêmes. 



42 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Α. 

LXXXV. ΈπεΙ δέ κατεχρήσαντο μεν ασεβώς τους 
αιχ[Λαλώτους , τροφή ταύτη χρώ[Λενοι, κατεχρήσαντο δέ 
τα δουλικά των σωμάτων, έβοήθει δ' έκ του Τύνητος 
ουδείς, (Cas., ρ. 86.) τότε προδήλου της αικίας δια την 
περικάκησιν έκ των πολλών τοις ήγε[Λ($σιν ύπαρχούσης, 
έκριναν οι περί τον Αύτάριτον και Ζάρζαν και 2πένδιον 
έγχειρΓζειν εαυτούς τοις πολεμίοις, και διαλαλεΐν περί 
διαλύσεως Άρ.(λκα. Πέμψαντες ούν κήρυκα, και λαβόντες 
συγχώρησα περί πρεσβείας, ήκον οντες δέκα* προς τους 
Καρχηδονίους. Προς ους Άμίλκας ομολογίας έποιήσατο 
τοιαύτας • έξειναι Καρχηδον(οις έκλέξασθαι^ τών πολεμίων 
ους αν αύτοι βούλωνται δέκα • τους δέ λοιπούς άφιέναι 
μετά χιτώνος. Γενομένων δέ τούτων, ευθέως Άμίλκας 
εφη τους παρ^ντας εκλέγεσθαι^ κατά τάς ομολογίας. Τών 
μεν ούν περί τον Αύτάριτον και 2πένδιον και τών άλλων 
τών επιφανέστατων ηγεμόνων τούτον τον τρόπον έκυρίευ- 
σαν οι Καρχηδόνιοι 



' LXXXVI ^Ηκον έπι τον Τύνητα (Άμίλκας και 

'Αννίβας μετά Ναραύα) και πολιορκειν ένεχείρησαν τους 
περί τον Μάθω. Κατά μέν ούν τήν άπο Καρχηδόνος 
πλευράν προσεστρατοπέδευσεν 'Αννίβας, κατά δέ τήν 
απέναντι ταύτης Άμίλκας. Μετά δέ ταύτα προσαγαγί^ντες 
προς τα τείχη τους περί τον 2πένδιον αιχμαλώτους έσταύ- 
ρωσαν έπιφανώς ^ 

1. Gasaub. ήκοντες δέ κάΙ; correction très simple et très juste de 
Schweighœuser, d'après la suite du récit. 

2. Et non εκδέξασθαι, mauv. leçon déjà abandonnée par Gasaubon. 

3. L. Dindorf, édit. Teubner, έκλέξεσθαι. 

4. Diod. Sic. Extr. Yatic. p. 55, 56 : δτι τόν Σπόνδιον άνεσταυρωσεν 
Άμίλκας. 



POLYBE, LIY. I. CARTHAGE, MERCENAIRES GAULOIS. 43 

LXXXV. Quand ils eurent avec cette impiété épuisé 
les prisonniers qu'ils employaient à leur nourriture, 
épuisé aussi les corps de leurs esclaves, comme il 
ne leur venait de Tynète aucun secours, alors il devint 
évident pour les chefs que la multitude sous le poids 
de ses maux allait se porter à des excès envers eux, 
et Autarite, Zarzas et Spendios décidèrent de se 
mettre entre les mains des ennemis et d'entrer en 
pourparler avec Amilcas au sujet d'un accommode- 
ment. Ils lui dépêchèrent donc un héraut, et ayant 
reçu la permission d'envoyer une députation, ils 
vinrent au nombre de dix vers les Carchèdonies. 
Amilcas leur fit les conditions que voici : Il est permis 
aux Carchèdonies de choisir parmi les rebelles ceux 
qu'ils voudront au nombre de dix, et de renvoyer les 
autres avec une seule tunique. Ces mesures prises, 
Amilcas déclare aussitôt qu'il choisit les députés pré- 
sents aux termes des conventions. Autarite, Spendios 
et les autres chefs les plus illustres tombèrent de cette 
manière entre les mains des Carchèdonies ^ 

LXXXVI Alors marchèrent sur Tynète (Amilcas 

et Annibas avec Naravas), et ils entreprirent d'y 
assiéger Mathôs. Annibas campa du côté de Carchè- 
done, Amilcas du côté opposé. Ensuite ayant amené 
sous les murs Spendios et les autres prisonniers, ils 
les crucifièrent de façon qu'on les pût bien voir 



1. L. Maigret : l'ambassade s'en vint, auec laquelle Amilcas 

appointa que les Carthaginois pourront eslire dix telz que bon leur 
semblera de toute l'armée , et que le reste se pourra retirer en 
chemise sans autre mal. Ce que quand ils urent conclu, Amilcas 
dist qu'il choisissoit selon leurs couuenances ceus qui estoient en 
sa présence 



ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ 



ΔΕΥΤΕΡΑ. 



, V. (Cas., ρ. 93.) Οι δε (οι Ιλλυριοί) έξαποσταλέντες 
τήν [Λεν ττρώτην έπιβολήν εσχον έπΙ την Ήλείαν και τήν 
Μεσσην(αν • ταύτας γαρ άεΙ τας χ(6ρας Ιλλυριοί πορθουν- 
τες διετέλουν. Δια γαρ το [χήκος της παράλιας και δια το 
μεσογείους είναι τάς δυναστευούσας εν αύταΐς πόλεις, 
[Λακραι και βραδειαι λίαν έγιγνοντο τοις προειρηι^ένοις αι 
παραβοήθειαι^ προς τάς αποβάσεις των 'Ιλλυριών • όθεν 
άδεώς έπέτρεχον και κατέσυρον άει ταύτας τάς χώρας. 
Ου μεν άλλα τότε^ γεν(5[Λενοι της 'Ηπείρου κατά Φοινικην 
πρ^σεσχον επισιτισμού χάριν. 2υμμίξαντες δε των Γαλα- 
τών τισιν, οι μισθοφορουντες παρά τοις Ήπειρώταις διέ- 
τριβον εν τη Φοινίκη, το πλήθος οντες εις οκτακοσίους * 
και κοινολογηθέντες τούτοις περί προδοσίας της πόλεως 
έξέβησαν, συγκαταθεμένων σφίσι τών προειρη μένων, και 
της πόλεως έξ εφόδου και τών έν αυτή κύριοι κατέστησαν, 
συνεργησάντων εσωθεν αύτοΐς τών Γαλατών 



VII. (Cas., ρ. 95.) Πρώτον γαρ τίς ουκ άν τήν 

κοινήν περί Γαλατών φήμην ύπιδόμενος εύλαβήθη^ τούτοις 
έγχειρίσαι πόλιν εύδα(μονα και πολλάς άφορμάς εχουσαν 
•εις παρασπόνδησιν ; δεύτερον τίς ουκ άν έφυλάξατο τήν 
αύτου του^ συστήματος εκείνου προαίρεσιν, οι γε τήν μεν 



1. Cas., παρ' αυτών βοήθειαι. 

2. Id., κα\ τότε. 

3. Editt. anc. et Didot, εύλαβηθείη. 

4. Cas., την του αύτοΰ. 



POLYBE. HISTOIRES. 45 



LIVRE II. 

V. Ceux (les Illyries^) qui furent envoyés (par la 
reine Teuta) dirigèrent leur preinière attaque contre 
TÈlie* et la Messènie. Ces contrées, en effet, ne ces- 
saient jamais d'être ravagées par les Illyries ; car , en 
raison de la longueur des côtes et de la situation des 
principales villes au milieu des terres, les peuples 
susdits n'avaient que des secours lointains et trop 
tardifs à opposer aux descentes de ces Illyries qui 
ainsi parcouraient sans crainte ces contrées et y fai- 
saient de continuels ravages. Se trouvant alors près 
de Phœnicè en Èpire, ils y abordèrent pour y prendre 
des vivres. Ils se mirent en rapport avec quelques- 
uns des Calâtes à la solde des Èpirôtes, lesquels, au 
nombre d'environ huit cents, tenaient garnison dans 
Phœnicè; étant entrés en pourparler pour la livrai- 
son de la ville, ils débarquèrent quand les choses 
susdites eurent été arrangées entre eux, et se ren- 
dirent d'emblée maîtres de la ville et de ses habitants, 
grâce aux Calâtes qui du dedans agirent de concert 
avec eux 

VII Qui donc, tenant en suspicion les Calâtes 

d'après leur commune renommée, n'aurait pris ses 
mesures pour ne pas leur mettre entre les mains une 
ville opulente avec les mille occasions qu'on y trouve 
de violer sa foi? En second lieu, qui ne se serait mis 
en garde contre les desseins d'un corps de troupes 

1. Les Illyriens. — 2. L'Élide. 



46 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

αρχήν έξέπεσον έκ της 2ο{ας, συνδραμ^ντων έπ αυτούς 
των δ[Λοεθνών, δια το παρασπονδήσαι τους αυτών οικείους 
καΐ συγγενείς * ύποδεξα[Λένων γε [χήν αυτούς Καρχηδο- 
νίων δια το κατεπείγεσΟαι ιιολέ(Λω, το μ,έν ττρώτον, γενο- 
μένης τιν^ς αντιρρήσεως τοις στρατιώταις προς τους 
στρατηγούς υπέρ δψωνίων, εξ αυτής έπεβάλοντο* διαρπά- 
ζειν τήν των Άκραγαντίνων π^λιν , φυλακής χάριν 
εισαχθέντες εις αυτήν, οντες τδτε πλείους των τρισχι- 
λ(ων • [Λετά δε ταύτα παρεισαγαγ(5ντων^ αυτούς πάλιν εις 
"Ερυκα τής αυτής χρείας ένεκεν, πολιορκούντων τήν πδλιν 
Ρω(Λα(ων , επεχείρησαν [Λεν και τήν πδλιν και τους συ[Λ- 
πολιορκου[Λένους προδουναι * τής δε πράξεως ταύτης απο- 
τυχόντες ηύτομιόλησαν προς τους πολε(/.ίους * παρ' οίς 
πιστευθέντες πάλιν έσύλησαν το τής 'Αφροδίτης τής 
Έρυκίνης ίερδν. Διό^ σαφώς έπεγνωκδτες Ρω[Λαΐοι τήν 
άσέβειαν αυτών , α[Λα τω διαλύσασθαι τον προς Καρχη- 
δονίους π($λε[Λον ουδέν έποιήσαντο προυργιαίτερον του 
παροπλίσαντας (Cas., ρ. 96.) αυτούς έ[ΛβαλεΪν εις πλοία 
και τής 'Ιταλίας πάσης έξορίστους καταστήσαι. 0ός 
Ήπειρώται τής δη[Λοκρατίας και τών νό(Λων φύλακας 
ποιησάμενοι, και τήν εύδαΐ|Λονεστάτην π(ίλιν έγχειρίσαν- 
τες, πώς ουκ αν εικ^τως φανείησαν αύτοι τών συ[Λπτω- 
[χάτων αύτοις αίτιοι γεγον($τες. 



XIII. (Cas., ρ. 101.) Αύτδθεν ρ,έν ουν έπιτάτ- 

τειν ή πολε[Λειν ουκ έτ6λ{Λων (οι Ρωμαίοι) τοις Καρχη- 
δονίοις δια το τον άπδ τών Κελτών φδβον έπικρέμ,ασθαι 
τοις σφετέροις πράγμασι και μ,δνον ού καθ' έκάστην ήμέ- 



1. Id. ύπεβάλοντο; corrigé par Schweighseuser. 

2. Id. παpεcσαγόvτωv. 

3. Schweigh. δώ κα\ σαφώς. 



POLYBE, LIV. II. PERFIDIE DES GAULOIS. 47 

comme celui-là? Des gens qui, dans le principe, 
avaient été chassés de leur propre pays par leurs 
compatriotes unis contre eux, pour manquement à 
leur foi à l'égard de leurs proches et de leurs parents ! 
AccueilHs par les Carchèdonies que pressait la guerre, 
une première fois quand une dispute s'éleva entre les 
soldats et les généraux au sujet des vivres, ils étaient 
partis de là pour piller la ville des Acragantins, où ils 
avaient été introduits, étant alors plus de trois mille, 
afin de la défendre. Après cela, conduits dans Éryx 
pour y faire le même service pendant le siège de cette 
ville par les Romains, ils avaient entrepris de la livrer, 
elle et ceux qui y étaient assiégés avec eux. Ayant 
échoué dans cette affaire, ils avaient passé à l'ennemi. 
Là, abusant de la confiance qu'on avait en eux, ils 
avaient encore pillé le temple d'Aphrodite Érycine^ 
Aussi ayant reconnu clairement leur impiété, les 
Romains, la guerre avec les Carchèdonies terminée, 
n'avaient rien eu de plus pressé que de les désarmer, 
de les jeter sur des navires et de les mettre hors des 
frontières de toute l'Italie. Et voilà les hommes que 
les Èpirôtes avaient pris pour gardiens de leur démo- 
cratie et de leurs lois, à qui ils avaient confié leur 
plus opulente ville ! Gomment n'aurait-on pas raison 
de voir en eux les auteurs de leurs propres malheurs? 

XIII Faire des sommations ou déclarer la 

guerre aux Carchèdonies, les Romains ne l'osaient à 
cause de la terreur que les Celtes tenaient suspendue 
sur eux-mêmes, et des attaques auxquelles presque 
chaque jour ils s'attendaient de leur part. Ils réso- 

1 . Ce temple célèbre était le plus riche de tout le pays : on en attri- 
buait la fondation àÉnée. Virg. ^Enéid. V, 759 et s.— Cf. Thucyd. VI, 2. 



48 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

ραν προσδοκαν τήν Î(foSo^ αυτών. Καταψησαντες δε καΐ 
πραόναντες τόν Άσδρούβαν ούτως έκριναν έγχειρειν τοις 
Κελτοις και διακινδυνεύειν προς αυτούς, ου^ποτ άν ύπο- 
λαι^βάνοντες ούχ οίον δυναστεϋσαι των κατά τήν Ίταλίαν, 
αλλ' ούδ' ασφαλώς οικήσαι τήν εαυτών πατρίδα τούτους 
έχοντες έφεδρους τους άνδρας. Δκ^περ άμα τω διαπρεσ- 
βευσά(Λενοι προς τον Άσδρούβαν ποιήσασθαι συνθήκας, εν 
αϊς τήν μεν άλλη ν Ίβηρίαν παρεσιώπων, τον δε καλού- 
[Λενον Ίβηρα ποταμον ουκ έδει Καρχηδονίους έπι πολεμώ 
διαβαινειν, ευθέως έξήνεγκαν (Cas., ρ. 102.) τον προς 
τους κατά τήν Ίταλίαν Κελτούς πόλεμον. 

XIV. 'Τπέρ ών δοκει μοι χρήσιμον είναι κεφαλαιώδη 
μέν ποιήσασθαι τήν έξήγησιν, ίνα τό της Προκατασκευής 
οικεΐον συσσώσωμεν^ κατά τήν εξ αρχής πρόθεσιν, άνα- 
δραμεϊν δε τοις χρ($νοις έπι τήν αρχήν, έξ ότου κατέσχον 
οι προειρημένοι τήν χω ραν • ηγούμαι γαρ τήν περί αυτών 
ίστορίαν ου μόνου άξίαν είναι γνώσεως και μνήμης, άλλα 
και τελέως άναγκαίαν, χάριν του μαθεΐν τίσι μετά ταύτα 
πιστεύσας άνδράσι και τόποις 'Αννίβας έπεβάλετο καταλύειν 
τήν Ρωμαίων δυναστείαν. Πρώτον δέ περί της χώρας 
ρητέον, ποία τίς έστι και πώς κείται προς τήν άλλην 
Ίταλίαν. Ούτω γαρ έ'σται και τα περί τάς πράξεις διαφέ- 
ροντα κατανοεΐν βελτίονα% ύπογραφέντων τών περί τε 
τους τόπους και τήν χώραν βιωμάτων. 



Της δή συμπάσΤ|ς Ιταλίας τφ σχήματι τριγωνοειδους 

1. Schweigh. : συνενώσωμεν; il déclare en note préférer avecErnesti 

συσσώσωμεν. 

2. Omn. κατά το νοείν. Correct, de Schweigh. d'après le sens de 
Casaubon et de Reiske. Didot, βέλτιον. 



POLYBE, LIV. II. LA CELTIQUE d'iTALIE. 49 

lurent donc de flatter d'abord, de caresser Asdrubas 
pour tourner leurs efforts contre les Celtes et se jeter 
en ces hasards, ne croyant pas pouvoir jamais, je ne 
dis pas être les maîtres en Italie, mais habiter sans 
danger leur propre patrie, avec ces hommes-là établis 
auprès d'eux. En même temps donc qu'une ambas- 
sade envoyée par eux fit avec Asdrubas un traité 
dans lequel, le reste de l'Ibèrie étant passé sous silence, 
il était interdit aux Carchèdonies de traverser en 
armes le fleuve appelé Ibère, ils portèrent directe- 
ment la guerre chez les Celtes de l'Italie. 

XIV. De ces peuples il me paraît utile de faire une 
description qui sera toute sommaire , pour conserver 
à cet Avant- propos son propre caractère suivant le 
plan indiqué dès le principe, et de remonter dans le 
temps à l'époque où les peuples susdits commencèrent 
de posséder cette contrée. Je pense que cette histoire 
non seulement mérite d'être connue et retenue, mais 
qu'elle est tout à fait nécessaire à qui désire savoir 
en quels hommes, en quels pays Annibas avait mis 
sa confiance pour entreprendre de détruire l'empire 
des Romains. Mais il faut d'abord parler de ces con- 
trées, en décrire la nature et la situation par rapport 
au reste de l'Italie. Ainsi l'on se mettra mieux dans 
l'esprit les principaux détails des faits, quand on aura 
une description exacte des lieux, de tout le pays, de 
ce qu'ils ont de particulier ^ 

L'Italie, dans son ensemble, est de forme triangu- 



1. Comp. la description de Polybe avec celle de Strabon, V, i, 

dans notre tome I, p. 170 et suiv. La première n'a pas été inutile 
au savant géographe, auteur de la seconde. 

H 4 



5è ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

ύπαρχοΰσης, τήν [Λεν [χίαν δρίζει πλευράν αυτής την προς 
à^diokkç κεκλιμιένην ο τ' Ί($νιος π^ρος καΐ κατά τh 
συνεχές 6 κατά τον Άδρ(αν κ(^λπος, τήν δέ τυρός [Λεσε[Λ- 
βρίαν καΐ δυσ[Λάς τετρα[Λριένην το 2ικελικον και Τυρρηνι- 
κον πέλαγος. Αδται δ' αϊ ττλευραΐ αυι^πίπτουσαι προς 
άλλήλας κορυφήν ποιουσι του τριγώνου, τα προκε{[Λενον 
άκρωτήριον τής Ίταλ(ας εις τήν [Λεση[Λβρ(αν, δ προσαγο- 
ρεύεται (/.εν Κ^κυνθος^ διαφεϊ δέ τόν l^vtov πφον και το 
2ικελικον πέλαγος. Τήν δέ λοιπήν τήν παρά τε τάς 
"Αρκτους καΐ τήν [χεσόγειαν παρατείνουσαν όρ(ζει κατά το 
συνεχές ή των "Αλπεων παρώρεια, λα[Λβάνουσα τήν μέν 
αρχήν άπο Μασσαλίας και των υπέρ το 2αρδωον πέλαγος 
τ($πων, παρήκουσα δέ συνεχώς [/.έχρι προς τον του παντός 
Άδρίου [Αυχ($ν , πλην βραχέος , δ προκαταλήγουσα λείπει 
του μή συνάπτειν αύτω. Παρά δέ τήν προειρη(Λένην παρώ- 
ρειαν, ην δει νοειν ως αν ει βάσιν του τριγώνου, παρά 
ταύτην από (Λεση[Λβρ(ας υπόκειται πεδία τής συ(Λπάσης 
'Ιταλίας τελευταία προς τάς "Αρκτους , υπέρ ών ο νυν δή 
λόγος, αρετή και [χεγέθει διαφέροντα των κατά τήν Εύ- 
ρώπην, οσα πέπτωκεν υπό τήν ήμετέραν ιστορίαν. "Εστί 
δέ τό [χέν δλον είδος καΐ τής ταύτα τα πεδία περιγραφού- 
σης γρα(Λ[Λής τριγωνοειδές. Τούτου δέ του σχή[Λατος τήν 
[Λέν κορυφήν ή τε των Άπεννίνων κάλου [χένων ορών καΐ 
τών Άλπίνων σύ[Λπτωσις , ου μακράν από του 2αρδωου^ 
πελάγους υπέρ Μασσαλίας, αποτελεί; Τών δέ πλευρών 
παρά μέν (Cas., ρ. 1 03.) τήν από τών "Αρκτων, ως επάνω 
προεΐπον , τάς "Αλπεις αύτας ^ επί δισχιλίους και διακο- 
σίους σταδίους παρήκειν συμβαίνει, παρά δέ τήν άπό 



1. Cas. Κδκινθος. Cf. Plin. III, vi, 5, Gocinthos, etIII,xv, 10, Cocin- 
thum. Tous les anc. mss. : Κόκυνθος. — 2. 5ic Schweigh.; Cas. et les 
autres édit. d'apr. le ms. Bav. Σαρδονόου. — 3. Cas. αυτών; id. tous 
les autres. — Correct, de Reiske et de Schweigti. 



POLYBE, LIV. II. l'iTALIE. 51 

laire. Un des côtés, — celui qui est incliné au levant, 
— est déterminé par le pertuis ionien et, à la suite, 
par le golfe de l'Adrias; celui qui est tourné vers le 
midi et le couchant, par les mers sicélique^ et tyrrhè- 
nique*. Ces côtés en se rencontrant forment le sommet 
du triangle, — la pointe de l'Italie qui se projette au 
midi, qui est appelée Gocynthos et sépare le pertuis 
ionien et la mer Sicélique. Le côté restant, qui s'étend 
en face des Ourses^ et de l'intérieur des terres, est 
déterminé sans interruption par la chaîne des Alpes , 
laquelle, prenant naissance à Massalie et aux lieux situés 
au-dessus de la mer de Sardô% va sans interruption 
jusqu'au fond de l'Adrias, à l'exception d'un court 
espace où elle cesse avant de l'atteindre. Le long de la 
chaîne susdite qu'il faut considérer comme la base du 
triangle, — le long de cette ligne, du côté du midi, sont 
situées les plaines qui marquent la fin de toute l'Italie 
vers les Ourses, — plaines dont il est ici question, et 
qui par leur fécondité et leur étendue l'emportent sur 
toutes celles de l'Europe qui sont venues à notre 
connaissance. La forme générale de la ligne qui les 
circonscrit est aussi celle d'un triangle. De cette figure 
le sommet est marqué par la rencontre des monts dits 
Apennins et Alpes, non loin de la mer de Sardô, 
au-dessus de Massalie. De ses côtés celui qui est vers 
les Ourses, comme je l'ai dit ci-dessus, se trouve 
bordé par les Alpes sur une longueur de deux mille 



1. De Sicile. 

2. De Toscane. 

3. Du Nord. 

4. De Sardaigne. 



52 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

[Λεση|Λβρ(ας τον Άπεννινον έπι τρισχιλίους έξακοσίους. 
Βάσεως γε (χήν τάξιν λα|Λβάνει του παντός σχή(Λατος ή 
παραλία του κατά τον Άδριαν κ(5λπου • το δέ μ,έγεθος 
της βάσεως έστιν από πόλεως 2ήνης ώς έπι τον (/.υχόν 
υπέρ τους δισχιλίους σταδίους καΐ πεντακόσιους, ώστε τήν 
πασαν περίρ,ετρον των προεφη[Λένων πεδίων [χή πολύ λεί- 
πειν των (χυρίων σταδίων ^ 

XV. Περί γε [χήν της αρετής ούδ' ειπείν ράδιον. 2ίτου 
τε γαρ τοσαύτην άφθονίαν ύπάρχειν συ(χβαίνει κατά τους 
τ($πους, ώστ' έν τοις καθ' ή|χας καφοΐς πολλάκις τεττάρων 
οβολώ^ είναι των πυρών τον 2ικελικον ρ,έδιρινον , των δέ 
κριθών δυοιν, του δ' οίνου τον μετρητή ν ?σ(^κριθον. Έλύ- 
μου γε μήν και κέγχρου τελέως υπερβάλλουσα δαψίλεια 
γίγνεται παρ' αύτοΐς. Το δέ τών βαλάνων πλήθος το 
γιγνόμενον εκ τών κατά διάστημα δρυμών έν τοις πεδίοις 
εκ τούτων αν τις μάλιστα τεκμήραιτο * πλείστων γαρ 
ύϊκών ίερείων κοπτομένων έν Ίταλίςί, διά τε τάς εις τους 
ιδίους βίους και τάς εις τα στρατόπεδα παραθέσεις, τήν 
δλοσχερεστάτην χορηγίαν εκ τούτων συμβαίνει τών πεδίων 
αύτοϊς ύπάρχειν^. Περί δέ τής κατά μέρος εύωνίας και 
δαψιλείας τών προς τήν τροφήν άνηκ($ντων ούτως αν τις 
ακριβέστατα κατανοήσειε • ποιούνται γαρ τας καταλύσεις 
οι διοδεύοντες τήν χώραν έν τοις πανδοκείοις, où συμφω- 
νούντες περί τών κατά μέρος επιτηδείων, αλλ' ερωτώντες 
πόσου τον άνδρα δέχεται. Ώς μέν ούν έπι το πολύ παρίενται 
τους καταλύτας οι πανδοκεις, ώς ικανά πάντ' εχειν τα 



1. Comp. avec cette description de l'Italie celles de Strabon, V, 1, 
2 et 3; Denys d'Halicarn. Antiq. rom. I, 37; Pomp. Mêla II, 4; Plin. 
III, VI, 5 et suiv., XXXVII, lxxvii, etc. 

2. Cf. Strabon, ibid. 4, p. 174 et 12, p. 194 et s. de notre tome I. 



POLYBE, LIY. II. l'iTALIE DU NORD. 53 

deux cents stades, et le côté du midi par l'Apennin 
qui en a environ trois mille six cents. Pour la base de 
la figure entière , ce qui en tient lieu , c'est le littoral 
du golfe de l'Adrias. La longueur de cette base, de la 
ville de Sènè jusqu'au fond du golfe, dépasse deux 
mille cinq cents stades, de façon que tout le périmètre 
des plaines susdites n'est guère moindre de dix mille 
stades. 

XV. Quant à leur fécondité, il n'est pas facile d'en 
donner une idée. L'abondance du blé y est telle par- 
fois que de notre temps le médimne sicélique de 
froment a souvent valu quatre oboles, celui d'orge 
deux, et que le métrète de vin a été du même prix 
que l'orge. Les récoltes de panic et de millet y attei- 
gnent des proportions que rien n'égale. La quantité de 
glands donnée par les chênaies espacées dans ces 
plaines, on peut se la figurer par ce fait : on immole 
en Italie un très grand nombre de porcs soit pour la 
subsistance des particuliers, soit pour l'approvisionne- 
ment des camps, et c'est à ces plaines qu'appartient 
la presque totalité de cette fourniture \ Quant au bon 
marché et à l'abondance des denrées alimentaires en 
particulier, voici qui peut en donner une idée très 
exacte : ceux qui traversent cette contrée règlent 
leur séjour dans les auberges non à des conditions 
particulières pour chacune des choses à leur usage, 
mais en demandant à quel prix on y reçoit le voya- 
geur. Or, le plus souvent les aubergistes lui donnent 
l'hospitalité en s'engageant à fournir à tous ses besoins 

1. Strabon dit simplement : « Les forêts y donnent une telle 
quantité de glands qu'on y élève assez de porcs pour nourrir en 
grande partie la ville de Rome. » 



54 ΠΟΛΥΒΙΟΤ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

προς τήν χρε(αν, ήμιιασσαρέου • τούτο δ' εστί τέταρτον 
μέρος άβολου * σπανίως δε τουθ' υπερβαίνουσι. Ύό γε μήν 
πλήθος των ανδρών, καΐ το μέγεθος καΐ κάλλος των 
σωμάτων, ετι δέ τήν εν τοις τζολέικοις τόλμαν, εξ αυτών 
των πράξεων σαφώς εσται καταμαθεϊν. 

Των δ' "Αλπεων έκατέρας τής πλευράς, της έπΙ τον 
ίοδανόν ποταμον καΐ τής έπΙ τα προεφημένα πεδία 
νευούσης, τους βουνώδείς και γεώδεις^ τόπους κατοικουσι, 
τους μέν έπΙ τον Ροδανον καΐ τας "Αρκτους έστραμμένους 
Γαλάται Τρανσαλπινοι προσαγορευόμενοι , τους δ' έπΙ τα 
πεδία Ταυρίσκοι καΐ "Αγώνες^ και πλείω γένη βαρβάρων 
έτερα. Τρανσάλπινοί γε μήν ου δια τήν του γένους, άλλα 
δια τήν του τόπου διαφοράν (Cas., ρ. 104.) προσαγο- 
ρεύονται, το γαρ τρανς έξερμηνευόμενόν έστι πέραν * διο 
τους έπέκεινα τών "Αλπεων Τρανσαλπίνους καλουσι. Τα 
δ' άκρα διά τε τήν τραχύτητα καΐ το πλήθος τής έπιμε- 
νούσης άει χιόνος άοίκητα τελέως^ έστι. 

XVL Τόν δ' Άπεννΐνον από μέν τής αρχής τής υπέρ 
Μασσαλίαν και τής προς τάς "Αλπεις συμπτώσεως Λιγυσ- 
τΐνοι κατοικουσι, και τήν έπΙ το Τυρρηνικον πέλαγος 
αύτοΰ πλευραν κεκλιμένην και τήν έπι τα πεδία, παρά 
θάλατταν μέν μέχρι πόλεως Πίσης^, ή πρώτη κείται τής 
Τυρρηνίας ως προς τάς δυσμάς, κατά δέ τήν μεσόγειαν 
εως τής Άρρητίνων χώρας. Έξης δέ Τυρρηνοί • τούτοις 
δέ συνεχείς έκάτερον το κλίμα νέμονται τών προειρη μένων 



1. Casaub., Schweigh., Didot : γαιώδεις; — γεώδεις mss. Flor., Aug., 
Reg. A. G. 

2. Sic omn. vett. libri; editt. 'Αγώνες. Gonject. de Schweigh. : Εύ'γανες 
ou Εύγανεΐς. 

3. Conj. de Reiske. — Casaub. : τέως, conservé par Schweigh. 

4. Casaub., Πίσσης, mauv. leçon, qui vient du ms. de Bavière. — 
On lit cependant aussi dans les mss. de Lycophron, v. 1359, Πίσσης. 



POLYBE, LIV. II. ALPES ET APENNINS. 55 

pour un sémisse (c'est le quart d'une obole) , et rare- 
ment ils dépassent ce prix. La population du pays, 
la grandeur et la beauté physique des habitants , leur 
audace à la guerre se feront assez connaître par leurs 
actes mêmes. 

De chaque côté des Alpes, du côté qui penche vers 
le Rhodan et du côté des plaines ci-devant décrites, 
les régions des collines et celles des vallées sont 
habitées, sur le versant du Rhodan et des Ourses, par 
les Galates, nommés Transalpins; sur le versant des 
plaines, par les Taurisques et les Agôns et plusieurs 
autres nations barbares. Les Transalpins sont ainsi 
nommés à cause d'une différence , non de race , mais 
de lieu, car le mot trans se traduit par au delà, et 
c'est pour cela que les peuples delà les Alpes s'appel- 
lent Transalpins. Les sommets, en raison de l'âpreté 
du sol et de la quantité des neiges qui y séjournent 
sans cesse, sont tout à fait inhabités. 

XVL L'Apennin, dès sa naissance au-dessus de 
Massahe et sa rencontre avec les Alpes, est habité 
par les Ligystins du côté qui incline vers la mer 
Tyrrhènique comme du côté des plaines, le long du 
rivage, d'une part, jusqu'à la ville dePise, la première 
qui est située en Tyrrhènie au couchant, et dans l'in- 
térieur des terres, d'autre part, jusqu'au pays des 
Arrètins. A la suite viennent les Tyrrhènes; puis, 
attenant à ces peuples et occupant l'un et l'autre ver- 
sant des montagnes susdites, les Ombres ^ Du reste, 

1. Plin. III, XIX, 14 : Umbrorum gens antiquissima Italiie existi- 
matur, ut quos Ombrios a Grœcis putent dictos, quod inundatione 
terrarum imbribus superfuissent. — Cf. Strab. V, i, 10; ibid. ii, 10, 
dans notre tome I, p. 190-1; 202-3; Lycophr. v. 1359 et s. 



5θ ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

Ορών "0[Λβροι\ Aotiiàv δ μεν ΆπεννΪνος, απέχων της κατά 
τάν Άδρ(αν θαλάττης σταδίους ως αν εΐ πεντακόσιους, 
απολείπει τα πεδία , δεξιός άπονεύων , και δια [χέσης της 
λοιπής 'Ιταλίας διήκων εΙς το 2ικελικον κατατείνει πέλα- 
γος. Τα δ' απολείπε μιενον μέρος πεδινον της πλευράς έπΙ 
θάλατταν και π($λιν καθήκει 2ήνην^. *0 δε Πάδος ποτα- 
μ(5ς, υπό δέ των ποιητών 'Ηριδανός θρυλούμενος , έχει 
μεν τάς πηγας άπο τών "Αλπεων ως προς την κορυφήν 
μάλλον του προειρημένου σχήματος, καταφέρεται δ' εΙς 
τα πεδία, ποιούμενος τήν ρύσιν ως έπι μεσημβρίαν. Άφι- 
κ(5μενος δ' εις τους επιπέδους τόπους, έκκλίνας τω ρεύματι 
προς εω φέρεται δι' αυτών • ποιείται^ δέ τήν εκβολήν δυσι 
στ^μασιν εις τους κατά τον Άδρίαν κόλπους • το δέ πλειον 
άποτέμνεται μέρος τής πεδιάδος χώρας ε?ς τάς "Αλπεις 
και τον Άδριατικον μυχ6ν^ "Αγει δέ πλήθος' ύδατος 
ούδενος έΤ,αττον τών κατά τήν Ίταλίαν ποταμών, δια το 
τας ρύσεις τάς έπι τα πεδία νευούσας άτζό τε τών "Αλπεων 
και τών Άπεννίνων ορών εις τούτον έμπίπτειν άπάσας 
και πανταχόθεν. Μεγίστω δέ και καλλίστω -ρεύματι φέρε- 
ται περί Κυνός επιτολήν, αυξημένος ύπο του πλήθους τών 
άνατηκομένων χΐ(5νων εν τοις προειρημένοις ορεσιν. Άνα- 
πλειται δ' εκ θαλάττης κατά τό στ^μα το καλούμενο ν 
"Ολανα σχεδόν έπι δισχιλίους σταδίους. Τήν μέν γαρ 
πρώτην εκ τών πηγών έχει ρύσιν άπλήν , σχίζεται δ' εις 



ι. Quelques-uns, Ίσομβροι. Les Isombres semblent avoir été, 
comme les Olombres et les Vilombres, une fraction des Ombres, 
après leur établissement en Italie. — Ptolém. III, i, 33, 53-54., 

2. Casaub., Σήναν, d'après les mss. ici seulement. 

3. Casaub. : ποιεϊ δέ. 

4. Άδριατικός, forme rare chez les Grecs; plus commune chez les 
Latins. V. Catulle, IV, 6; Tite-Live, X, 2; Pline, III, vi, 5; plus loin, 
III, XX, 16, il dit que c'est du port des Tusques appelé Atria que 
cette mer fut nommée d'ahord Atriatique, et plus tard {nunc) Adria- 
tique. 



POLYBE, LIV. II. LE PÔ. 57 

TApennin, à la distance d'environ cinq cents stades 
de la mer de l'Adrias, abandonne les plaines en incli- 
nant à droite, et courant au travers du reste de l'Italie, 
il aboutit à la mer Sicélique. La partie des plaines 
que laisse de ce coté cette chaîne va jusqu'à la mer 
et à la ville de Sènè. Le fleuve du Pade, célébré par 
les poètes sous le nom d'Èridan, a ses sources dans les 
Alpes , vers la figure ci-devant décrite , plus près du 
sommet. Il se précipite vers les plaines, dirigeant son 
cours vers le midi. Mais, arrivé vers ces régions des 
plaines, il court au travers après un détour à l'est, et 
se décharge par deux bouches dans les golfes de 
l'Adrias. Des deux parties de la région des plaines 
que coupe le fleuve, la plus considérable est du côté 
des Alpes et du fond de l'Adriatique ^ Le Pade, par 
la masse d'eau qu'il roule, ne le cède à aucun des 
fleuves de l'Italie ; car les courants qui des Alpes et des 
Apennins descendent dans les plaines, tombent tous 
et de toutes parts dans son lit. Mais son cours a toute 
sa largeur et toute sa beauté vers le lever du Chien ^, 
alors qu'il est grossi par la masse des neiges qui 
fondent dans les montagnes dont nous avons parlé \ 
On le remonte depuis la mer par l'embouchure appelée 
Holana à peu près jusqu'à deux mille stades. A partir 
de ses sources son cours est simple d'abord; mais 



1. Άδριατικός μυχός. Selon Strabon, Vil, V, 9; le nom (Ι'Άδρίας, qui 
ne se donnait d'abord qu'à la partie supérieure du golfe, s'est 
étendu de son temps à la mer Adriatique tout entière (ό δ'Άδρίας 
της Ιντος μέχρι του μυχού, νυν\ δέ και της συμπάσης (θαλάττης). 

2. La Canicule. 

3. Pline, 111, χχ, 16 : NuUi amnium claritate inferior : Gra3cis 
dictus Eridanus, ac pœna Phaetontis illustratus; augetur ad Canis 
ortus liquatis nivibus 



58 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

δύο μ,έρη κατά τους προσαγορευομιένους Τριγαβολους * 
τούτων δέ το (Jiàv έτερον στ($|Λα ιτροσονομάζεται Παδ($α^, 
το δ' έτερον 'Όλανα. Κείται δ' έπΙ τούτφ λΐ[Λήν, ουδενάς 
των κατά τον Άδρίαν ήττω παρέχω [/.ενός άσφάλειαν τοις 
έν αύτφ καθop(Jltζo[J^.έvotς. (Cas., ρ. 105.) Παρά γε [χήν 
τοις έγχωρίοις δ ποταμός προσαγορεύεται Βόδεγκος*. 
Τάλλα δε τα περί τον ποτα[^.ον τούτον ίστορούμενα παρά 
τοις 'Έλλησι, λέγω δή τα περί Φαέθοντα και τήν εκείνου 
πτώσιν, ετι δε τα δάκρυα των αιγε(ρων και τους [Λελανε(- 
μονας τους περί τον ποταμόν οικουντας, ους φασι τας 
έσθήτας εισέτι νυν φορεΐν τοιαύτας από του κατά Φαέθοντα 
πένθους, και πασαν δή τήν τραγικήν και ταύτη προσεοι- 
κυϊαν υλην, έπι μεν του παρόντος ύπερθησόμεθα , δια το 
μή λίαν καθήκειν τφ της Προκατασκευής γένει τήν περί 
των τοιούτων άκριβολογ(αν. Μεταλαβόντες δε καιρόν 
άρμόττοντα ποιησόμεθα τήν καθήκουσαν μνήμην, και 
μάλιστα δια τήν Τιμαίου περί τους προειρημένους τόπους 
άγνοιαν. 

XVII. Πλην ταΰτά γε τα πεδία τα παλαιον ενίΐί.οντο 
Τυρρηνοί, καθ' ους χρόνους και τα Φλεγραΐά ποτέ καλού- 
μενα τα περί Καπύην και Νώλην * α δή και^, δια το 
πολλοίς έμποδών είναι και γνωρίζεσθαι, μεγάλην έπ' 



1. 11 faut peut-être lire Πάδοσα (Gluwer) ou ΠαδοΟσα, en latin 
Padusa; Plin. ibid. 

2. Pline, 111, xx, 16,Bodincus. Selon Métrodore de Scepsis, cité par 
Pline, ibid., ce nom est celui que les Ligures donnaient à ce fleuve 
et il veut dire sans fond; quant à celui de Pade , Padus , ce serait 
un mot gaulois signifiant sapin, qui serait devenu le nom du fleuve 
à cause de la multitude d'arbres de cette espèce qui entouraient 
sa source (quoniam circa fontem arbor multa sit picea, quales 
gallice vocantur Padi). 

3. Les mss. Νωληνάδην. — Cas. corrigeait : Νώλην πεδία et de plus 
il indiquait une lacune : il a suffi d'une légère correction, α δή 
κα\, pour le tout. 



POLYBE, LIV. II. LE PÔ; LES TYRRHÈNES. 59 

chez les peuples nommés Trigaboles, il se divise en 
deux parties avec des embouchures distinctes appe- 
lées, l'une Padoa, l'autre Holana*. Sur cette dernière 
est situé un port qui ne le cède à aucun de ceux de 
l'Adrias pour la sûreté qu'on trouve en son mouillage. 
Pour les gens du pays ce fleuve se nomme Bodencos. 
Quant aux autres histoires que font les Hellènes au 
sujet de ce fleuve^, je veux dire Phaëton et sa chute, 
les larmes des peupliers, les noirs vêtements des rive- 
rains qui, dit-on, portent encore aujourd'hui sous des 
habits de ce genre le deuil de Phaëton, quant à toute 
cette matière tragique et à tout ce qui y ressemble, 
pour le moment nous passerons par-dessus ; un exposé 
exact de pareils détails ne convient pas beaucoup au 
caractère de cet Avant-propos. Saisissant par la suite 
le moment propice, nous en ferons mention comme il 
convient, surtout à cause de l'ignorance de Timée à 
l'égard des heux dont nous avons parlé ^. 

XVII. Cependant les Tyrrhènes occupaient ces 
plaines anciennement, dans les temps où ils possé- 
daient celles qu'on appelle Phlégrœes, aux alentours 
de Gapyè et de Nôlè^ lesquelles, pour être à proximité 
de plusieurs peuples qui les font connaître, ont acquis 



1. Pline, ibid. : Volane, quod (ostium) ante Olane vocabatur. 

2. V. notre tome I, p. 2-3; 8-9, et 186-187 où Strabon dit à peu 
près la même chose que Polybe. 

3. Le passage où Polybe revenait sur cette question ne s'est pas 
conservé. Eschyle, Euripide, d'autres encore avaient mis sur la 
scène tragique l'histoire de Phaëton; il reste quelques vers des 
Hèliades du premier, et des fragments assez considérables du 
Phaëton du second. — Cf. Pline XXXVll, 2 : Phaethontis fulmine 

ictas sorores fletu mutatas in arbores populos plurimi poetas 

dixere, primique, ut arbitrer, i^schylus, Philoxenus, Nicander, 
Euripides, Satyrus, etc. -- 4. Capoue et Noie. 



60 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

άρετη δ(5ξαν ειληφε^ Διό καΐ τους ιστορουντας τάς Τυρ- 
ρηνών δυναστείας où χρή ττοιεϊσθαι την άναφοραν έπΙ την 
νυν κατεχο(Λένην υπ αυτών χώραν, αλλ* έπΙ τα προειρη- 
[Λένα πεδία καΐ τάς έκ τούτων των τόπων άφορριάς. Οίς 
έπΐ[Λΐγνύ[Λενοι κατά τήν παράθεσιν Κελτοί και περί τα 
κάλλος της χώρας οφθαλμιάσαντες, έκ μικρας προφάσεως 
[χεγάλη στρατιά παραδόξως έπελθόντες έξέβαλον έκ της 
περί τον Πάδον χώρας Τυρρηνούς^ και κατέσχον αύτοι τα. 
πεδία. Τα [χέν οΰν πρώτα και περί τοις ανατολάς του Πάδου 
κείμενα Λάοι και Λεβέκιοι, [χετά δε τούτους "Ινσοβρες^ 
κατφκησαν, δ [χέγιστον έθνος ην αυτών • έξης δε τούτοις 
παρά τον ποτα[Λον Γονο|Λάνοι^. Τα δε προς τόν Άδρίαν ήδη 
προσήκοντα γένος άλλο πάνυ παλαών διακατέσχε • προσ- 
αγορεύονται δε Ούένετοι, τοις μ.εν εθεσι και τω κόσυιω 
βραχύ ^ διαφέροντες Κελτών, γλο^ττη δ' άλλοία χρώ{Λενοι. 
Περί ών οι τραγωδιογράφοι πολύν τίνα πεποίηνται λόγον 
και πολλήν διατέθεινται^ τερατείαν. Τα δε πέραν του 
Πάδου τα περί τον Άπεννινον πρώτοι [Λεν "Ανανες"', (/.ετα 
δε τούτους Βοιοι κατφκησαν * έξης δέ τούτων ως πράς τον 
Άδρίαν Αίγγωνες^, τα δε τελευταία προς θαλάττη (Cas., 
ρ.Ί06.) 2ήνωνες. Τα [Λεν ούν επιφανέστατα τών κατασ- 

1. Sic, Schweigh. et Reiske; Casaubon, είληφέναι, d'après les mss. 

2. Id. Τυρρηνάς. 

3. Id. Ίσομβρες, corrigé d'après Etienne de Byz. V. n. t. I, p. 366- 
7. — Strab. ibid., p. 176 et aill., Ίνσούβροι (mss. Συμβροι, p. 188 et 
aill.). — Ptolém. ibid., p. 285 : Ίνσούβρων. — Plut. Marcell. III, "Iv- 
σομβρες. 

4. Mot corrompu pour Κενομάνοι, restitution adoptée par Casau- 
bon.— Cf. dans notre tome I, Strab. p. 188-189; Diodor. Sic. XXIX, 
14; Ptolém. p. 284-285. 

5. Sic, toutes les éditt.; quelques mss. βραχεί. 

6. Omn. διατίθενται. 

7. Nom douteux : l'Augustanus donne "Ανωνες, leRegius B. Άνίανες; 
probablement le même peuple nommé plus loin Άνάμαρες et Άνδρες. 

8. Gasaub. ΑΓγωνες d'après les mss. — Correct, de Gluwer, adoptée 
par Schweigh. d'après les mss. Reg. B. G. 



POLYBE, LIV. II. TYRRHÈNES ET CELTES. 61 

une grande renommée de fertilité. Aussi ceux qui font 
l'histoire des états souverains desTyrrhènes ne doivent- 
ils pas faire attention (seulement) au pays aujourd'hui 
possédé par eux, mais aux plaines que nous avons 
dites, et aux ressources qu'ils tiraient de ces lieux. En 
rapport avec ces peuples près desquels ils demeuraient, 
les yeux attirés par la beauté du pays, les Celtes, sur 
un léger prétexte, y firent invasion à l'improviste 
avec une grande armée , chassèrent les Tyrrhènes 
des contrées circumpadanes et occupèrent eux-mêmes 
ces plaines. Les premières donc, celles qui sont situées 
aux environs des lieux d'où sort le Pade, furent 
habitées par les Laës et les Lébécies, et derrière eux, 
par les lnsobres\ le plus grand de ces peuples; tout 
de suite après, le long du fleuve, venaient les Gono- 
mans^ Les contrées qui se rapprochent de l'Adrias 
étaient occupées par une autre nation tout à fait 
ancienne, les Vénétes, comme on les nomme, différant 
peu des Celtes par les coutumes et le vêtement, mais 
parlant une autre langue. Les faiseurs de tragédies ont 
fait sur ces peuples maints récits avec maints détails 
merveilleux. Les contrées transpadanes , celles qui 
avoisinent l'Apennin, eurent d'abord pour habitants les 
Ananes , et puis les Boïes , à la suite desquels et près 
de l'Adrias viennent les Lingons, et enfin, près de la 
mer, les Sènons. Les plus illustres des peuples qui 

1. Forme latine unique : Insuber, Insubris. Gic. In Pis. frag. ap. 
Ascon.; Pro Balb. XIV (gén. plur. Insubrium); T. Liv. XXX, 18, etc.; 
Plin. m, ΧΧΓ, 17, etc.; Anth. lat. t. Il, Jiv. iv, Ep. xxxi. — 2. Am. 
Thierry écrit partout les Génomans. — L. Maigret, dans sa traduc- 
tion qui date de 1558, avait déjà fait de même. — On avait corrigé 
d'après Caton, cité par Pline (111, xxiii, 19) : Auctor est Cato Ceno- 
manos juxtaMassiliam habitasse in Volcis, et les auteurs cités dans 
la note 4 ci-contre. 



62 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

χ^ντων τους προειρη[Λένους τόπους εθνών ταυθ' ύπήρχεν. 
"Ωκουν δε κατά κώ(Λας ατείχιστους, της λοιπής κατασ- 
κευής άΐί,οιροι καθεστώτες. Δια γαρ τό στιβαδοκοιτειν και 
κρεωφαγειν^ ετι δέ [χηδέν άλλο πλην τα κατά γεωργίαν 
άσκεΐν, απλούς τους β(ους, ουτ' έπιστή(Λης άλλης ούτε 
τέχνης παρ' αύτοϊς τό παράπαν γιγνωσκορι.ένηζ. "Υπαρξης 
γε {Λην έκάστοις ην θρέ[Λ[Λατα καΐ χρυσός δια τό^ (jt.(5va 
ταύτα κατά τάς περιστάσεις ρςίδ(ως δύνασθαι πανταχή 
περιάγειν και (χεθιστάναι κατά τας αυτών προαιρέσεις. 
Περί δέ τάς εταιρείας μεγίστην σπουδήν έποιουντο δια το 
και φοβερ(6τατον είναι παρ' αυτοΐς τούτον, δς άν πλείστους 
εχειν • δοκή ^ τους θεραπεύοντας και συ[Λπεριφερο[Αένους 
αύτφ. 

XVIII. Τας μιέν ουν αρχάς où |jl($vov τής χώρας έπεκρά- 

τουν, άλλα και τών σύνεγγυς πολλούς ύπηκ<$ους έπεπο(ηντο, 
τή τ6λ[Λη καταπεπληγ[Λένοι. Μετά δέ τίνα χρ6νον [Jt.άχη 
νικήσαντες Ρω[Λα{ους καΐ τους [χετά τούτων παραταξαμέ- 
νους, επόμενοι τοις φεύγουσι, τρισι τής μάχης ήμέραις 
ύστερον κατέσχον αυτήν τήν Ρώμην πλην του Καπετω- 
λίου^. Γενομένου δ' άντισπάσματος , και τών Ουενέτων 
έμβαλ(^ντων εις τήν χώραν αυτών, τότε μέν ποιησάμενοι 
συνθήκας προς Ρωμαίους καΐ τήν πόλιν άποδόντες, έπα- 
νήλθον εις τήν οικείαν. Μετά δέ ταύτα τοις έμφυλίοις 
συνείχοντο πολέμοις, ενιοι δέ και τών τάς "Αλπεις κατοι- 
κούντων ορμάς έποιουντο, και συνηθροίζοντο πολλάκις έπ' 
αυτούς, θεωρουντες έκ παραθέσεως τήν παραγεγενημένην 



1. Οηιη. χρεωφαγειν, L. Dindorf.— Mss. Vrb., Vat. κρεαφαγεΐν, forme 
qui ne se trouve nulle part. 

2. Gasaubon χρ. τφ μόνα. 

3. Gasaub. δοκεΐ. 

4. Id. et Didot : Καπιτωλίου; mss. Flor., Aug., Reg. A. Καπετ. 



POLYBE, LIV. II. LES GAULOIS A ROME. 63 

occupèrent les lieux susdits sont ceux-là. Ils habitaient 
des bourgades isolées, sans murailles, dans un état 
dépourvu de toute autre commodité. Couchant sur un 
lit (de foin ou de paille), mangeant de la chair, 
n'exerçant d'autre métier que la guerre et l'agricul- 
ture, toute autre science, tout autre art leur était 
inconnu. L'avoir de chacun consistait en bétail et en 
or, parce que ce sont les seules choses qu'ils pou- 
vaient, suivant les circonstances, emmener partout et 
déplacer à leur volonté. Ils donnaient la plus grande 
attention à leurs compagnies, parce que chez eux 
celui-là est le plus redoutable et le plus puissant qui 
passe pour avoir le plus d'hommes empressés à le 
servir et à lui faire cortège ^ 

XVIII. Dans les commencements, non seulement ils 
furent maîtres du pays, mais ils soumirent plusieurs 
peuples de leur voisinage, effrayés de leur audace. 
Quelque temps après , ayant vaincu dans une bataille 
les Romains et ceux qui s'étaient mis avec eux, ils 
poursuivirent les fuyards, et trois jours après la 
bataille, ils s'emparèrent de Rome elle-même, à 
l'exception du Gapitole. Mais une diversion eut lieu; 
les Vénétes s'étaient jetés sur leur pays; ils firent 
alors un accommodement avec les Romains, et leur 
ayant rendu leur ville, ils retournèrent dans leurs 
foyers. Après cela, ils se trouvèrent engagés dans des 
guerres civiles, et quelques-uns des peuples habitant 
les Alpes se coaUsèrent souvent pour les attaquer, en 
considérant par comparaison l'opulence qui régnait 

1. On peut voir ici quelque usage analogue au patronage et à la 
clientèle germaniques, dont Tacite (Germ. 13, 14) parle à peu près 
dans les mômes termes que le fait PoJybe de ces hétairies celtiques. 



64 ΠΟΛΤΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

αύτοις εύδαιμονίαν. Έν φ καιρώ Ρω{ΛαΪοι την τε σφετέραν 
δύνα[Λΐν à.v€kci£o^ καΐ τα κατά τους Λατίνους αύθις ιτράγ- 
ματα συνεστήσαντο. Παραγενομιένων δέ πάλιν των Κελ- 
τών εις "Αλβαν στρατεύ|Λατι μεγάλω μετά τήν της ττ^λεως 
κατάληψιν ετει τριακοστφ, τ($τε μέν ούκ έτ(^λ[Λησαν 
άντεξαγαγεΐν Ρω[Λαϊοι τα στρατόπεδα, δια το, παραδ(^ξου^ 
γενο[Λένης της εφόδου, προκαταληφθήναι και [λή κατατα- 
χήσαι τας των συ[Λ(ϋί.άχων άθρο(σαντες δυνάμεις. ΑυΟις 
δ' εξ επιβολής ετέρας ετει δωδεκάτφ μετά μεγάλης (Cas., 
ρ. 107.) στρατιάς^ έπιπορευομένων , προαισθ(5μενοι και 
συναγειραντες τους συμμάχους, μετά πολλής προθυμίας 
άπήντων, σπεύδοντες συμβαλεϊν και διακινδυνευσαι περί 
των όλων. Οι δέ Γαλάται καταπλαγέντες τήν Ϊ(!^οΖοί 
αυτών και διαστασιάσαντες προς σφας, νυκτός επιγενό- 
μενης, φυγή παραπλησιαν έποιήσαντο τήν άποχώρησιν εις 
τήν οίκείαν. 'Από δέ zo{)1o\j του φόβου τριακαίδεκα^ μεν 
ετη τήν ήσυχ(αν έ'σχον, μετά δέ ταύτα συνορώντες αύξα- 
νομένην τήν Ρωμαίων δύναμιν, είρήνην έποιήσαντο και 
συνθήκας. 

XIX. Έν αίς ετη τριάκοντα μείναντες έμπεδώς, αύθις 
γενομένου κινήματος εκ τών Τρανσαλπίνων, δείσαντες μή 
πόλεμος αύτοΐς έγερθή βαρύς, από μέν αυτών έτρεψαν τάς 
ορμάς τών έξανισταμένων , δωροφορουντες'* και προτιθέ- 
μενοι τήν συγγένειαν, έπΙ δέ Ρωμαίους παρώξυναν και 
μετέσχον αύτοϊς της στρατείας. Έν ή τήν ^οΖοί ποιησά- 
μενοι δια Τυρρηνίας, δμου συστρατευσαμένων σφίσι Τυρ- 
ρηνών, και περιβαλόμενοι λείας πλήθος, εκ μέν της Ρω- 
μαίων επαρχίας ασφαλώς έπανήλθον • εις δέ τήν οίκείαν 



1. Gasaub., παραδοξον. — 2. Quelques mss. στρατείας. — 3. Les éditt. 
d'après le Bavaricus, τρισκαίδεκα ; COnject. de Schweigh., τρία κα\ εΓκοσι. 
— 4. Tous les mss., δορυφοροΟντες. — Correct. d'Hervag. introduite dans 
le texte par Gasaub. 



POLYBE, LIV. Π. GAULOIS ET ROMAINS. 65 

chez eux. A cette époque les Romains recouvrèrent 
leur puissance et réglèrent de nouveau leurs rapports 
avec les Latins. Les Celtes s'étant derechef avancés 
jusqu'à Albe avec une grande armée ^, trente ans après 
la prise de la ville, les Romains n'osèrent pas envoyer 
des troupes à leur rencontre, parce qu'ils avaient été 
surpris par cette invasion faite à l'improviste et 
n'avaient pu réunir et mettre en ligne les forces de 
leurs aUiés. Mais douze ans après ^ cette seconde irrup- 
tion, ces peuples étant revenus avec une grande armée, 
les Romains, prévenus, réunirent leurs alliés et mar- 
chèrent à leur rencontre tout pleins d'ardeur, pressés 
d'en venir aux mains et de risquer le tout pour le 
tout. Les Galates, effrayés de ce mouvement en avant 
et divisés entre eux, firent, la nuit venue, une retraite 
assez semblable à une fuite et rentrèrent chez eux. 
Par suite de cette crainte, ils restèrent treize ans en 
repos; puis, voyant grandir la puissance des Romains, 
ils firent avec eux la paix et des traités. 

XIX. Ils les observèrent fidèlement durant trente 
années, mais un nouveau mouvement des Transalpins 
leur fit craindre qu'une guerre, lourde pour eux, 
n'éclatât; ils détournèrent donc l'irruption de ces 
peuples qui déjà se levaient, en leur offrant des pré- 
sents et en mettant en avant leur parenté ; bien plus, 
ils les excitèrent contre les Romains et prirent part 
à leur expédition. Ils firent leur invasion par la Tyr- 
rhènie, ayant dans cette expédition les Tyrrhènes avec 
eux, et, chargés d'un riche butin, ils sortirent, sans 
avoir été inquiétés, des domaines de Rome. Revenus 
dans leur pays, leur convoitise au sujet des dépouilles 

1. An de R. 393, av. J.-C 361. — 2. An de R. 404, av. J.-G. 350. 
II 5 



66 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

άφικ($[χενοι, και στασιάσαντες περί τήν των είλη(Λ[Λένων 
πλεονεξιαν, της τε λείας καΐ της αυτών δυνά(Λεως το 
πλείστον μέρος διέφθεφαν. Τούτο δέ σύνηθες έστι Γαλά- 
ταις πράττειν, έπειδάν σφετερ(σωντα( τι των πέλας, καΐ 
μάλιστα δια τάς άλογους οίνοφλυγίας και πλησμονάς. 

Μετά δέ ταύτα πάλιν ετει τετάρτφ συρ,φρονήσαντες άμα 
2αυνΪται καΐ Γαλάται παρετάξαντο Ρωμαίοις εν τη Καμερ- 
τ(ων χώρα και πολλούς αυτών εν τω κινδύνω διέφθειραν. 
Έν φ καιρώ προσφιλονεικήσαντες^ tîç^oç τό γεγονός ελάτ- 
τωμα αύτοϊς Ρωμαίοι μετ' δλ(γας ημέρας έξήλθον, καΐ 
συμβαλ^ντες πασι τοις στρατοπέδοις έν τη τών 2εντινατών 
χώρα πράς τους προειρη μένους τους μεν πλείστους άπέκ- 
τειναν, τους δέ λοιπούς ήνάγκασαν προτροπάδην εκάστους 
εις τήν οικείαν διαφυγεϊν^. Διαγενομένων δέ πάλιν ετών 
δέκα, παρεγένοντο Γαλάται μετά μεγάλης στρατιάς, 
πολιορκήσοντες τήν Άρρητίνων πΛιν. Ρωμαίοι δέ παρα- 
βοηθήσαντες, και συμβαλ(^ντες προ της πόλεως, ήττήθη- 
σαν. Έν δέ τη μάχη ταύτη Λευκίου του στρατηγού (Cas., 
ρ. 108.) τελευτήσαντος , Μάνιον έπικατέστησαν τον 
Κ(5ριον. Οδ πρεσβευτάς έκπέμψαντος εις Γαλατίαν υπέρ 
τών αιχμαλώτων, παρασπονδήσαντες έπανείλοντο τους 
πρέσβεις. Τών δέ Ρωμαίων υπό τών θυμών ^ έκ /ειρός 
έπιστρατευσαμένων, άπαντήσαντες συνέβαλον οι Ιήνωνες'' 



1. Casaub. et L. Dindorf, προσφιλονικήσαντες. 

2. An de Rome 458, av. J.-C. 294. Cf. Tite-Liv. X, xxxi, et Frontin. 
I, VIII, 3. 

3. Mss. et Schweigh., ύπό τον θυμον; L. Dindorf : ύπο τών θυμών; 
Casaubon avait déjà corrigé ύπο τοο θυμ,οΟ, d'après les mss. du Roi 
B. G. 

4. Σένονες, dans Strabon, V, i, 6 et ailleurs. V. notre t. I, p. 178, 
etc.j Σέμνονες dans Ptolémée. V. ib. p. 282 et 288. 



POLYBE, LIV. II. CELTES ET ROMAINS. 67 

engendra des séditions, au milieu desquelles se perdit 
la plus grande partie de leur butin et de leurs forces. 
D'ailleurs les Galates ont accoutumé d'en user ainsi 
après s'être approprié le bien d'autrui, surtout quand 
ils ont perdu la raison dans les fumées du vin dont 
ils se sont gorgés. 

Quatre ans après ils recommencèrent : Saunites^ et 
Galates conjurés livrèrent bataille aux Romains sur le 
territoire des Camerties% et dans ce hardi coup de 
main ils en firent un grand carnage. Mais à l'heure 
même, les Romains, d'autant plus animés à la lutte 
qu'ils avaient eu le dessous, se mirent en campagne 
quelques jours après, et ayant avec toutes leurs troupes 
engagé le combat sur le territoire des Sentinates^ contre 
les ennemis en question , ils en tuèrent le plus grand 
nombre, et forcèrent les autres à s'enfuir en déroute 
chacun dans son pays. Après un nouvel intervalle de 
dix ans, les Galates vinrent avec une grande armée 
pour assiéger la ville des Arrètins. Les Romains, 
venus à son secours, engagèrent la bataille sous ses 
murs et furent défaits. Leucius, leur général, étant 
mort dans ce combat, ils mirent à sa place Manius 
Corius, lequel envoya en Galatie au sujet des prison- 
niers de guerre des députés qui, contre le droit des 
gens, y furent mis à mort. Les Romains en colère'' 
marchent contre eux sans désemparer; les Galates 



\. Samnites. 

2. Habitants de Camerte, plus tard Clusium. 

3. Habitants de Sentinum en Ombrie, auj. Sasso-Ferrato. 

4. Suivant l'Épitomé de Tite-Livc, liv. XII, les ambassadeurs 
romains auraient été tués par les Gaulois avant la mort de Lucius 
Caecilius, dont le consulat, selon Sigonius, se rapporte à l'annéo 
469 de Rome, av. J.-C. 285. D. B. 



6S ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

καλούμ,ενοι Γαλάται. Ρωριαιοι δ' έκ παρατάξεως κρατή- 
σαντες αυτών τους {χέν πλείστους άπέκτειναν, τους δέ 
λοιπούς έξέβαλον, της δέ χώρας ί^ίνοΊτο πάσης εγκρατείς. 
Εις ην και πρώτην της Γαλατίας άποικίαν έστειλαν τήν 
2ήνην προσαγορευο[;.ένην π($λιν, δ{Λώνυμον ουσαν τοις 
πρότερον αυτήν κατοικουσι Γαλάταις, υπέρ ής άρτ(ως 
διεσαφήσα(Λεν, φάσκοντες αυτήν παρά τον Άδρ(αν έπΙ τφ 
πέρατι κεισθαι των περί Πάδον πεδίων ^ 



XX. Οι δέ Βοΐοι, θεωρουντες έκπεπτωκ^τας τους Ζή- 
νωνας, και δείσαντες περί σφών καΐ της χώρας, μή 
πάθωσι τό παραπλήσιον, έξεστράτευσαν πανδημ,ει παρα- 
καλέσαντες Τυρρηνούς. ΆθροισΟέντες δέ περί τήν Όάδ- 
μονα^ προσαγορευο[Λένην λίρινην παρετάξαντο Ρω[Λα(οις. 
Έν δέ τη [λάχη ταύτη Τυρρηνών [χέν οι πλείστοι κατεκ6- 
πησαν, των δέ Βο(ων τελέως ολίγοι διέφυγον. Ού μήν 
άλλα τω κατά π<^δας ένιαυτφ συ(Λφρονήσαντες αύθις οι 
προειρηι^ένοι και τους άρτι των νέων ήβώντας καθοπλ(σαν- 
τες παρετάξαντο προς Ρω[Λαίους. Ήττηθέντες δ' ολοσχε- 
ρώς τη μάχη \κ6\ις ειξαν ταΐς ψυχαϊς^, και διαπρεσβευ- 
σάμενοι περί σπονδών και διαλύσεων, συνθήκας εθεντο 
προς Ρωμαίους. Ταύτα δέ συνέβαινε γίγνεσθαι τω τρίτφ 
πρ^τερον ετει της Πύρρου διαβάσεως εις τήν Ίταλίαν, 



1. ν. supr, XVI, ρ. 56-57. — Cf. Sil. Ital. XV, ν. 556. 

2. Vulg. Vadimonis, auj. lac de Bagnaccio ou de Naviso. Tit.-Liv• 
IX, 39: Lacus Vadimonis; Senec. Q. N. III, xxv, etPlin. II, xcvi, 95: 
In Vadimonis lacu; Florus, I, xiii : ad lacum Vadimonis; Pline le 
Jeune, VIII, xx : lacus nomine Vadimonis. La forme Όάδμων, que 
donne Polybe, ne se trouve pas ailleurs. 

3. Litt. animis suis, i. e. vitSB sues servandse cessera. 



POLYBE, LIV. II. SÈNA, COLONIE ROMAINE. 69 

appelés Sènôns viennent à leur rencontre et engagent 
le combat : les Romains, vainqueurs en bataille rangée, 
en tuèrent le plus grand nombre , chassèrent le reste 
et se rendirent maîtres de tout le pays. C'est là qu'ils 
envoyèrent leur première colonie en Galatie, dans la 
ville appelée Sènè, dont le nom est le même que celui 
des Galates qui l'avaient précédemment habitée ^ Nous 
avons donné au sujet de cette ville un renseignement 
clair et précis, en disant qu'elle est située près de 
l'Adrias, à l'extrémité des plaines que traverse le Pade. 
XX. Les Boïes, à la vue de l'échec subi par les 
Sènôns, craignant pour eux et leur pays un sort sem- 
blable, se mirent en campagne tous en masse, après 
avoir appelé à leur aide les Tyrrhènes. S' étant réunis 
près du lac appelé Oadmon, ils se rangèrent en face 
des Romains. Dans ce combat, la plupart des Tyr- 
rhènes furent taillés en pièces et bien peu des Boies 
échappèrent^. Cependant, l'année suivante, les peuples 
susdits s' étant concertés de nouveau et ayant armé 
leurs jeunes gens, même ceux qui venaient d'atteindre 
la puberté, ils se rangèrent encore en face des 
Romains. Complètement défaits dans ce combat, ils 
cédèrent à grand'peine à l'amour de la vie^, et ayant 
envoyé des ambassadeurs pour faire un traité et un 
accommodement, ils conclurent un pacte avec les 
Romains. Ces événements s'accomplirent trois ans 
avant l'arrivée de Pyrrhos en l'Italie^ et cinq ans après 

1. Cf. Tite-Live, Épitomé, XI : Colonise deductae sunt, Gastrum, 
Sena, Adria; Sil. Italie. XV, 556 et s. — La fondation de cette colonie 
est de l'an de Rome 470, av. J.-G. 284. 

2. An 471 de Rome, 283 av. J.-G. 

3. L. Maigret : « Parquoy leur orgueil s'abbaissa. » 

4. 11 n'y avait pas trois ans entiers : les Boïes firent la paix en 



Wl^ ,>->.•/.<>!θί' ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

πέμπτο) δέ της Γαλατών περί Δελφούς διαφθοράς. Έν γαρ 
τούτοις ή τύχη τοις καφοίς ως αν ει λοιμικήν τίνα πολέ- 
μου διάθεσιν επέστησε πασι Γαλάταις. Έκ δέ των προει- 
ρημένων αγώνων δύο τα κάλλιστα συνεκύρησε Ρωμαιοις * 
του γαρ κατακ($πτεσθαι συνήθειαν έσχηκ^τες υπό Γαλατών 
ουδέν ήδύναντο δεινότερον ιδεΐν ούδε προσδοκήσαι των 
αύτοις ήδη πεπραγμένων * έξ ών πρ6ς τε Πύρρον άθληταΐ 
τέλειοι γεγον(5τες τών κατά πόλεμο ν έργων συγκατέστησαν 
την τε Γαλατών τ^λμαν έν καιρφ καταπληξάμενοι λοιπόν 
άπερισπάστο)ς τό μεν πρώτον προς Πύρρον περί της Ιταλίας 
έπολέμουν, μετά δέ ταύτα (Cas., ρ. 109.), προς Καρχη- 
δονίους υπέρ της τών Σικελιωτών αρχής διηγωνίζοντο^ 

XXI. Γαλάται δ' έκ τών προειρημένων ελαττωμάτων 

Ιτη μέν πέντε και τετταράκοντα τήν ήσυχίαν εσχον, 
ε^ρήνην άγοντες προς Ρωμαίους. Έπει δ' οι μέν αύτοπται 
γεγον^τες τών δεινών έκ του ζήν έξεχώρησαν δια τον 
χρί^νον, έπεγένοντο δέ νέοι, θυμού μέν άλογίστου πλήρεις, 
άπειροι δέ και αόρατοι παντός κάκου καΐ πάσης περιστά- 
σεως, αύθις ήρξαντο τα καθεστώτα κινειν, δ φύσιν έχει 
γίγνεσθαι, και τραχύνεσθαι μέν έκ τών τυχόντων προς 
Ρωμαίους, έπισπασθαι δέ τους έκ τών "Αλπεων Γαλατάς. 
TÔ μέν οΰν πρώτον χωρίς του πλήθους δι' αυτών τών 
ηγουμένων έν άπορρήτοις έπράττετο τα προειρημένα. Διό 
και παραγενομένων τών Τρανσαλπίνων εως Άριμίνου^ 



1. Comp. Flor. Ι, χιιι : Hic sive invidia deum, sive fato, rapidis- 
simus procurrentis imperii cursus parumper Gallorum Senonum 
incursione supprimitur. Quod populo Rom. nescio utrum clade 
funestius fuerit, an virtutum experimentis speciosius. Ea certe 
fuit vis calamitatis, ut in experimentum illatam putem divinitus 
scire volentibus immortalibus dus , an Romana virtus imperium 
orbis mereretur. 

2. Plus. mss. Άριμένου ici et après. 



POLYBE, LIV. II. LES TRANSALPINS EN ITALIE. 71 

le désastre des Galates à Delphes. Car la fortune, en ces 
temps-là, avait répandu, comme un mal pestilentiel, je 
ne sais quelle humeur guerrière chez tous les Galates. 
— Des luttes que nous avons dites il resta aux Romains 
deux précieux avantages : ayant été d'habitude battus 
par les Galates, ils ne pouvaient rien voir ni rien attendre 
de plus terrible que ce qui leur avait été déjà fait. Mais, 
par suite de ces épreuves, étant devenus des athlètes con- 
sommés dans les œuvres de la guerre, ils tinrent tête à 
Pyrrhos, et après avoir abattu à temps l'audace des Ga- 
lates, d'abord ils achevèrent, sans en être distraits, la 
guerre contre Pyrrhos pour l'Italie, et ensuite ils luttè- 
rent contre les Garchèdonies pour l'empire de la Sicélie. 
XXI. Les Galates, par suite des pertes que nous 
avons dites, restèrent en repos pendant quarante-cinq 
ans et gardèrent la paix avec les Romains. Mais après 
que ceux qui avaient été les témoins de ces calamités 
furent, avec le temps, sortis de la vie, et que des 
jeunes gens furent venus qui étaient pleins d'une 
ardeur inconsidérée, et n'avaient ni éprouvé ni vu 
aucun de ces malheurs , aucune de ces vicissitudes , 
ils recommencèrent d'ébranler l'ordre établi — ce qui 
arrive naturellement, — de s'exaspérer sur les premiers 
prétextes venus contre les Romains et d'attirer à eux 
les Galates des Alpes \ D'abord ce fut en dehors de la 
multitude et par les chefs eux-mêmes que se faisaient 
dans le secret les menées en question. Aussi, quand 
les Transalpins furent arrivés à Ariminum avec une 



471 (283), et Pyrrhos passa en Italie au commencement de l'année 
473 (281). Le désastre des Gaulois à Delphes est de l'année 474 (280). 
D. B. D'autres cependant le mettent à l'an 47G (278). 
1. An de Rome 516-518, av. J.-G. 238-236. 



72i ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

[Λετά δυνάμεως , διαπιστήσαντα τα πλήθη των Βοιών καΐ 

στασιάσαντα πρ^ς τε τους εαυτών τυροεστώτας και προς 
τους ιταραγεγον^τας , άνειλον μεν τους ίδ(ους βασιλείς 
"Ατιν^ και Γάλατον, κατέκοψαν δ' αλλήλους, συμβαλοντες 
έκ παρατάξεως. "Οτε δή και Ρωμαίοι κατάφοβοι γενόμενοι 
την i<fo8ov, έξήλθον μετά στρατοπέδου * συνέντες δε την 
αΟθαίρετον καταφθοράν των Γαλατών, αύθις άνεχώρησαν 
εις τήν οίκειαν. Μετά δε τούτον τόν φόβον ετει πέμπτφ, 
Μάρκου Λεπιδου στρατηγοΰντος , κατεκληρούχησαν έν 
Γαλατία Ρωμαίοι τήν Πικεντινην προσαγορευομένην χω- 
ράν, εξ ής νικήσαντες έξέβαλον τους Ζήνωνας προσαγορευο- 
μένους Γαλατάς, Γαιου Φλαμινιου ταύτην τήν δημαγωγ{αν 
εισηγησαμένου και πολιτε(αν, ην δή και Ρωμαίοις ώς έπος 
ειπείν φατέον αρχηγό ν μεν γενέσθαι της έπι το χείρον του 
δήμου διαστροφής, αιτ(αν δε και του μετά ταύτα τζολί^ι,ου 
συστάντος αύτοΐς προς τους προειρημένους. Πολλοί μεν 
γαρ τών Γαλατών ύπεδύοντο τήν πραξιν, μάλιστα δ' οι 
Βοΐοι, δια το συντερμονεΐν τη τών Ρωμαίων χώροί, νομ{- 
σαντες ούχ υπέρ ηγεμονίας ετι και δυναστείας Ρωμαίους 
τον προς αυτούς ποιήσασθαι πόλεμον , αλλ' υπέρ ολοσχε- 
ρούς έξαναστάσεως και καταφθορας. 



XXII. Διόπερ ευθέως τα μέγιστα τών εθνών, το τε τών 
Ίνσόμβρων^ και Βοίων, συμφρονήσαντα διεπέμποντο προς 
τους κατά τάς "Αλπεις και περί τον Ροδανον ποταμον 
κατοικουντας Γαλατάς, προσαγορευομένους δέ δια το 

1. Gasaubon : Άτην, qui ne se trouve pas dans les mss. — M. Am. 
Thierry garde cette forme qu'il rend par Atès dans une note et par 
At dans le texte. — L. Maigret : Etas et Gallus. — Le Bavaricus : 

Ατυν. 

2. Gasaub., Scbweigh. : Ίσόμβρων. 



POLYBE, LIV. II. CISALPINE, BOÏES ET ROMAINS. 73 

armée, les multitudes chez les Boies, en défiance 
d'abord, puis en pleine sédition contre leurs chefs et 
contre les nouveaux venus, tuèrent leurs propres 
rois Atis et Galatos et se taillèrent en pièces les unes 
les autres dans une bataille en règle. Alors les Romains, 
ayant pris peur de cette invasion , entrèrent en cam- 
pagne avec une armée; mais, informés de la défaite 
que les Galates s'étaient infligée à eux-mêmes, ils se 
retirèrent dans leurs foyers. Cinq ans après cette 
alerte, sous le consulat de M. Lépidus, les Romains 
partagèrent en lots dans la Galatie le pays appelé 
Picentin , d'où , après leur victoire , ils avaient chassé 
les Galates appelés Sènôns. Ce fut Gaius Flaminius qui 
introduisit ce procédé démagogique, et ce régime 
politique qui, il faut bien le dire, fut pour les 
Romains en quelque sorte le premier principe de la 
dépravation des mœurs publiques et la cause de la 
guerre acharnée qu'ils eurent ensuite avec les nations 
dont nous parlons. Plusieurs de ces peuples galates 
entrèrent dans la querelle, — principalement les Boïes 
parce qu'ils se trouvaient sur les limites des Romains, 
— à la pensée que les Romains ne leur faisaient plus 
la guerre pour V hégémonie et la domination, mais 
pour la ruine et la destruction totale de leur race^ 

XXII. Aussi, sans tarder, les plus grands de ces 
peuples, les Insombres et les Boies, s' étant concertés, 
envoyèrent-ils chez les Galates habitant le long des 
Alpes et du Rhodan et appelés, parce qu'ils faisaient 



1. Bossuet, Disc. s. l'Hist. univ. I part, viii : « La guerre entre les 
Romains et les Gaulois se fit avec fureur de part et d'autre : les 
Transalpins se joignirent aux Cisalpins : tous furent battus » 



74 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

[χισθου στρατεύεχν Γαισάτους • (Cas., ρ. 110.) ή γαρ 
λέξις αυτή τούτο σηρί-αίνει κυρ(ως^ 'Ών τοις βασιλευσι 
Κογκολιτάνφ και Άνηροέστω^ τταραυτικα {jt,èv χρυσίου 
προτείναντες πλήθος , εΙς το ρ,έλλον δε ύποδεικνύντες τα 
[χέγεθος της Ρωρ,αέων εύδαιριονέας καΐ το πλήθος τα>ν 
ύπαρξε ντων αύτοις αγαθών, εάν κρατήσωσι, προετρέποντο 
και παρώξυνον προς τήν έπι Ρω[Λα(ους στράτευαν. Ρίΐΐδίως 
δ' έπεισαν, άμα τοις προειρημιένοις διδ($ντες [Λεν τα πιστά 
περί τής αυτών συμ|Λαχ(ας, άνα[;.ΐ(Λνήσκοντες δε τής τών 
ίδιων προγζ^νων πράξεως αυτούς * εν ή εκείνοι στρατεύ- 
σαντες ου (jl6vov έν(κησαν {Λαχό(Λενοι Ρω|Λα{ους, άλλα και 
[χετα τήν ρι.άχην εξ εφόδου κατέσχον αυτήν τήν Ρω μην • 
γεν(5μενοι δε και τών ύπαρχ($ντων απάντων εγκρατείς, και 
τής πόλεως αυτής επτά μήνας κυριεύσαντες , τέλος έθε- 
λοντι και μετά χάριτος παραδόντες τήν πόλιν , άθραυστοι 
και άσινεις έχοντες τήν ώφέλειαν εις τήν οίκείαν έπανήλθον. 
Ών άκούοντες οι περί αυτούς ηγεμόνες^ ούτω παρωρ- 
μήθησαν έπι τήν στρατείαν, ώστε μηδέποτε μήτε πλείους 
μήτ' ενδοξότερους μήτε μαχιμωτέρους άνδρας έξελθειν 
εκ τούτων τών τόπων τής Γαλατίας. Κατά δε τους και- 
ρούς τούτους Ρωμαίοι τα μεν άκούοντες, τα δε καταμαν- 
τευόμενοι το μέλλον, εις φόβους ένέπιπτον συνέχεις και 
ταραχάς έπι τοσουτο^^, ώστε ποτέ μεν στρατόπεδα κατα- 



1. Étymol. Magn. : Γαιζήταο, οΐ Γαλάται, παρά το γην ζητειν Ευ- 

φορίων εν Πολυχάρει • Γαιζήται περ\ δείρεα χρυσοφοροΟντες. — Pour 
Etienne de Byzance, V. notre t. I, p. 262-3, où χρυσοφοροΟν serait 
mieux rendu par « qui porte de l'or. » C'est évidemment le sens 
de χρυσοφορουντες dans le vers d'Euphorion. — Plutarque, Marcell. 
m, tout en écrivant Γεσσάται, dit τους μισθού στρατευόμενους. Mais telle 
pouvait bien être l'habitude des Gaesates; l'étymologie sera venue 
après coup et comme une conséquence naturelle du nom. 
. 2. Ariovistus, dans Florus, II, iv, 4. 

3. Peut-être τους ηγεμόνας, qui circum duces stabant, ou simplement 
duces ipsi. 



POLYBE, LIV. II. LES G.î:SATES. 75 

la guerre pour un salaire, Gœsates : — c'est le sens 
propre du mot^ A leurs rois Goncolitan et Anèroëste 
on offrit tout de suite beaucoup d'or, et on leur montra 
dans l'avenir la grande opulence de Rome, l'abon- 
dance des biens qui seraient leur partage, s'ils étaient 
vainqueurs, pour les engager, pour les exciter ainsi 
à faire la guerre aux Romains. On les persuada aisé- 
ment en leur donnant, outre ce qui a été dit, l'assu- 
rance qu'on serait avec eux dans les combats , et en 
leur rappelant la conduite de leurs propres ancêtres. 
Ces braves guerriers non seulement avaient combattu, 
vaincu les Romains, mais après le combat, ils avaient 
de prime abord occupé Rome elle-même. Devenus 
maîtres de tout ce qui s'y trouvait, ayant eu en leur 
pouvoir six mois durant la ville elle-même, à la fin 
ils l'avaient rendue volontairement et de bonne grâce, 
et, sans avoir éprouvé ni perte ni dommage, ils étaient 
revenus avec leur gain dans leur patrie. 

En les entendant, les chefs qui les entouraient furent 
pris d'une si belle passion pour cette guerre que jamais 
hommes plus nombreux , plus illustres ni plus belli- 
queux ne sortirent de ces cantons de la Galatie. Vers ces 
temps-là les Romains, et par ce qu'ils entendaient dire 
et par ce qu'ils devinaient de l'avenir, étaient jetés en 
des craintes, en des alarmes perpétuelles; et c'était 
au point que tantôt on enrôlait des soldats, on faisait 



1. Polybe tire ce nom du mot persan Gaza, trésor, de bonne 
heure grécisé. Am. Thierry, Hist. des Gaul. liv. III, ch. i, démontre 
la fausseté de cette étymologie généralement admise dans l'anti- 
quité; du reste, Gxsatx. avait été changé en Gazitœ. V. Étymol. 
Magn. et Etienne Byz. citant Euphorion (s. v. Γάζα). Dom Bouquet 

avait déjà relevé cette erreur. — Gros. IV, 13 : Gœsatorum, quoil 

nomen non gentis, sed mercenariorum Gailorum est. 



76 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

γράφειν και σίτου καΐ των επιτηδείων ποιεισθαι παρασκευάς, 
ΤΓοτέ δέ καΐ τάς δυνάμεις έξάγειν έπΙ τους δρους, ως ήδη 
παρ(5ντων εις τήν χώραν των πολε[Λ(ων , ούδέπω κεκινη- 
κ($των εκ της οικείας των Κελτών. Ούκ ελάχιστα δέ 

συνήργησε και Καρχηδονέοις τούτο τα κ{νη|/.α προς το 
κατασκευάσασθαι τα κατά τήν Ίβηρίαν ασφαλώς. Ρωμαίοι 

γάρ, ώς και πρ6σθεν ή[ΛΪν ειρηται, κρίνοντες αναγκαιότερα 
ταύτα δια το προς ταϊς πλευραις αυτών ύπάρχειν, παροραν 
ήναγκάζοντο τα κατά τήν Ίβηρίαν, σπουδάζοντες πρ($τερον 
εν καλώ θέσθαι τα κατά τους Κελτούς. Διόπερ άσφαλισά- 
ρ,ενοι τα προς τους Καρχηδονίους δια τών προς τόν 
Άσδρούβαν δριολογιών , (Cas., ρ. 111.) υπέρ ών άρτι 
δεδηλώκα[Λεν , ένεχείρησαν δ[Λθθυμαδον εν τούτοις τοις 
καιροις πρδς τους κατ' αυτούς πολε(Λ(ους^, νο(χ(ζοντες 
συμφέρειν σφίσι το διακριθήναι προς τούτους. 



ΧΧΙΙΙ. Οι δέ Γαισάται Γαλάται συστησά(Λενοι δύνα[Λΐν 
πολυτελή και βαρεΐαν, ήκον, ύπεράραντες τάς 'Άλπεις, εις 
τον Πάδον ποταμον^, ετει (χετα τήν της χώρας διάδοσιν 
δγδ6ω. Το [χέν ουν τών Ίνσ(5[Λβρων^ και Βοίων γένος 
ε[Λεινε γενναίως εν ταϊς έξ αρχής έπιβολαις, οι δέ Ούένετοι 
και Γονο(Λάνοι^, διαπρεσβευσαμένων Ρωμαίων, τούτοις 
ειλοντο συμμαχεΐν. Διο και μέρος τι τής δυνάμεως κατα- 
λιπεΐν ήναγκάσθησαν οι βασιλείς τών Κελτών φυλακής 



1. Ms. Vat. προς τους κατά τους πολεμίους, Casaub. et Did., προς τα 
κατά τους πολ. — Correct, de L. Dindorf. 

2. Tous les mss. portent ποταμον • Γαλάται δέ ϊτει μ. — Schweigh. 
a retranché Γαλ. 8ï, 

3. Ίσόμβρων, Gasaub. et Didot. Cf. supr. XVIJ, Ίνσοβρες, et les 
notes. 

4. Gasaubon ici, comme partout, Κενομάνο•., malgré l'autorité des 
mss. 



POLYBE, LIV. II. COALITION DES GAULOIS. 77 

des magasins de blé et de toutes les provisions 
nécessaires; tantôt on conduisait les troupes aux 
frontières, comme si les ennemis étaient déjà dans le 
pays, alors que les Celtes n'avaient pas encore bougé 
de leurs foyers. Ces mouvements n'aidèrent pas peu 
les Carchèdonies à arranger tranquillement leurs 
affaires en Ibèrie. Les Romains, comme il a été dit 
ci-devant, jugeant plus pressantes ces nécessités qui 
les tenaient aux flancs, étaient bien forcés de négliger 
les affaires de Tlbèrie, occupés qu'ils étaient à mettre 
auparavant en bon état leurs affaires chez les Celtes. 
Aussi, après avoir assuré leur situation du côté des 
Carchèdonies par leurs conventions avec Asdrubas, 
desquelles nous avons fait mention tout à l'heure \ 
travaillaient-ils en ce moment-là d'un commun accord 
à faire face à leurs ennemis, dans la pensée qu'il 
leur importait d'en finir une bonne fois avec eux. 

XXIII. Les Calâtes Gsesates, ayant à grands frais 
mis sur pied une grosse armée, passèrent les Alpes 
et arrivèrent au Pade, huit ans après le partage du 
pays*. La nation des Insombres et celle des Boïes s'en 
tinrent bravement au projet formé tout d'abord^; mais 
les Vénétes et les Gonomans, à qui les Romains avaient 
envoyé une ambassade, préférèrent leur alliance. En 
conséquence, les rois des Celtes furent forcés de laisser 
une partie de leurs forces à la garde du pays, à cause 



1. V. plus haut, p. 48-49. 

2. Entre les colons romains; v. pi. haut, c. xxi. 

3. Selon Diodore de Sicile, XXV, xiii, les forces réunies des Gau- 
lois Cisalpins et des Gsesates, leurs alliés, formaient un total do 
deux cent mille hommes : Κελτο\ 81 μετά Γαλατών χατα Ρωμαίων 
πόλεμον άΟροίσαντες, συνήξαν λαον μυριάδας είκοσι, κ. τ. λ. 



78 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

χάριν της χώρας προς τόν άτζο τούτων φ^βον. ΑύτοΙ δ* 
έξάραντες παντι τω στρατεύ(Λατι κατατεθαρρηκ^τως ώρ[Λη- 
σαν, TzoïoùiJ.ivoi τήν πορε(αν ως ίπΐ Τυρρην(ας, έχοντες 
πεζούς [χέν ε^ς πεντακισ[Λυρ(ους , ιππείς δέ καΐ συνωριδας 
ε^ς δισ[Λυρ(ους. Ρωμαίοι δ' ως θαττον ήκουσαν τους Κελ- 
τούς υπερβεβληκέναι τάς "Αλπεις, Λεύκιον μέν Αιμίλιον 
υπατον μετά δυνάμεως έξαπέστειλαν ως έπ' Άριμινου, 
τηρήσοντα ταύτη των εναντίων τήν e(^oSov , ε να δέ των 
έξαπελέκεων* εις Τυρρηνίαν. Ό μεν γαρ έτερος των 
υπάτων Γάιος Άτίλιος προεξεληλυθώς ετυχεν εις 2αρ- 
δ(5να^ μετά των στρατοπέδων • οι δ' εν τη Ρώμη πάντες 
περιδεεις ήσαν, μέγαν και φοβερον αύτοΐς ύπολαμβάνοντες 
έπιφέρεσθαι κίνδυνον. "Επασχον δέ τουτ' εικότως, ετι περί 
Γαλατών έγκαθημένου ταις ψυχαις αυτών του παλαιού 
φ^βου. Δια και προς ταύτη ν αναφερόντες τήν εννοιαν τα 
μεν συνήθροιζον, τα δέ κατέγραφον στρατόπεδα, τοις δ' 
έτοίμοις ε?ναι παρήγγελλον τών συμμάχων. Καθ($λου δέ 
τοις ύποτεταγμένοις άναφέρειν έπέταξαν άπογραφάς τών 
εν ταις ήλικίαις, σπουδάζοντες εέδέναι τό σύμπαν πλήθος 
τής ύπαρχούσης αύτοις δυνάμεως. Μετά μέν δή τών 
υπάτων έξεληλυθέναι το πλείστον έσπούδαζον και άριστον 
τής δυνάμεως^. 2(του δέ και βελών και τής άλλης έπιτη- 
δεΐ($τητος προς π6λεμον τηλικαύτην έποιήσαντο παρασ- 
κευήν^ ήλ(κην ουδείς πω μνημονεύει πρότερον. Ιυνηργειτο 

1. Mss. Vat., Flor., Aug., Reg. πελέκεων, COrrupt. de έξαπελ. — 
Schweigh., qui fait cette remarque, a pourtant imprimé πελεκυφόρων. 

2. Vat. Σαρδώνα, toutes les édit. Σαρδόνα, accus. de Σαρδών; c'est 
la forme dont se sert habituellement Polybe : on trouve aussi chez 
lui Σαρδώ, gén. Σαρδοΰς. 1, II, 6 et Lxxix, 6. 

3. L. Dindorf (Préf. de Tédit. Teubner, 1866) regarde cette phrase, 
qui ne se trouve plus aujourd'hui que dans le ms. de Munich (le 
Bavaricus de Schweighaeuser), comme interpolée; il blâme έξελη- 
λυθέναι pour εξελθεΐν. 

4. Vatic. τοσαύτην επ. κατασκευήν, deux fautes depuis longtemps 
corrigées. 



POLYBE, LIV. II. CONSTERNATION DES ROMAINS. 79 

des craintes qui leur venaient de ce côté. Puis eux- 
mêmes, avec le gros de l'armée, ils partirent pleins 
de confiance, faisant route vers la Tyrrhènie, et ayant 
environ cinquante mille hommes de pied, dix mille 
pour la cavalerie et les chars. 

Les Romains n'eurent pas plus tôt appris que les 
Celtes avaient passé les Alpes, qu'ils envoyèrent le 
consul Leucius iEmilius avec une armée à Ariminum, 
pour observer de ce côté la marche des ennemis, et 
un des magistrats à six haches^ en Tyrrhènie. Car 
l'autre consul Gaïus Atilius se trouvait déjà parti pour 
Sardone avec ses légions. A Rome, tous étaient dans 
la consternation, en pensant qu'un grand et effroyable 
danger approchait. Et ce sentiment était bien naturel, 
car sur leurs esprits pesait encore la vieille frayeur 
que leur avaient causée les Galates. Aussi, rapportant 
tout à cette idée, ils rassemblaient des soldats, enrô- 
laient des légions; à ceux qui étaient de leurs alliés* 
ils enjoignaient d'être prêts ; à tous les peuples soumis, 
en général, ils ordonnaient de dresser des rôles de 
leurs hommes d'après les âges : ils avaient hâte de 
connaître le total des forces dont ils pouvaient disposer. 
On s'empressait de mettre en campagne avec les con- 
suls la plus grande et la meilleure partie de ces forces ; 
de vivres, de traits, et des autres munitions nécessaires 
à la guerre, on fit une telle provision que personne ne 



1. Un préteur.— Cette manière de désigner le préteur ne se ren- 
contre jamais chez les Latins, et elle est assez rare chez les Grecs. 
On n'en trouve quelques exemples que dansPolybe, dans Thémis- 
tius, etc. Au texte ci-dessus et à celui de la page suivante il faut 
ajouter celui qui se lit plus loin, 111, xl : τήν έξαπέλεκυν (αρχήν). — 
V. Juste-Lipse, De Magistr. Pop. Rom. cap. χ : lictores cum fascibus 
Sex habuere prœtores. ~ 2. Τοις δέ των συμμάχων. 



\ 



80 ΠΟΛΥΒΙΟΤ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β.' 

δ' αύτοίς πάντα καΐ πανταχόθεν έτο{[Λως. Καταπεπληγ- 
μένοι yàtp οι τήν Ίταλ(αν οικουντες τήν των Γαλατών 
icfoSov^ (Cas., p. 112.) ουκέτι Pω(Jιαίoις τι-^ου-^το συ[Λ[Λα- 
χείν ουδέ περί της τούτων ήγε[Λονίας γίγνεσθαι τόν π6λε- 
μον, άλλα περί σφών έν($[Λΐζον έκαστοι καΐ της 2δίας 
πόλεως καΐ χώρας έπιφέρεσθαι τάν κ(νδυνον. Διόπερ 
έτο((Λως τοις παραγγελλομένοις ύπήκουον. 

XXIV. Ίνα δε συμ,φανές έπ' αυτών γένηται τών έργων 
ήλίκοις 'Αννίβας έτόλμ,ησε πράγ(Λασιν έπιθέσθαι μετά 
ταύτα και πράς ήλ{κην δυναστειαν παραβόλως άντοφθαλ- 
[Λησας έπι τοσοι^τον καθέκετο της προθέσεως^ ώστε τοις 
ρ.εγ(στοις συμπτώμασι περιβάλλειν^ Ρωμαίους, ρητέον άν 
ειη τήν παρασκευήν καΐ τό πλήθος τής ύπαρχούσης αύτοις 
τότε δυνάμεως. Μετά μεν δή τών υπάτων έξεληλύθει 
τέτταρα στρατόπεδα Ρωμαϊκά, πεντάκις μεν χιλ(ους και 
διακόσιους πεζούς, ιππείς δε τριακόσιους έχον εκαστον. 
2ύμμαχοι δε μεθ' έκατέρων ήσαν οι συνάμφω πεζοί μεν 
τρισμύριοι, δισχίλιοι δ' ιππείς. Τών δ' εκ του καιρού 
προσβοηθησάντων εις τήν Ρα)μην 2αβ(νων και Τυρρηνών 
ιππείς μεν ήσαν εις τετρακισχιλ(ους, πεζοί δε πλείους τών 
πεντακισμυρίων. Τούτους μεν άθροίσαντες ως έπι Τυρρη- 
νίαςπροεκάθισαν, έξαπέλεκυν αύτοίς ηγεμόνα συστήσαντες. 
Οι δε τον Άπεννινον κατοικουντες "Ομβροι και 2αρσινάτοι 
συνήχθησαν εΙς δισμυρίους, μετά δέ τούτων Ούένετοι και 
Γονομάνοι δισμύριοι. Τούτους δ' έταξαν έπι τών ορών τής 
Γαλατίας, ιν'^ έμβαλόντες εις τήν τών Βο(ων χώραν 
άντιπερισπώσι τους έξεληλυθότας. Τα μέν ουν προκαθή- 

1. Vatic. επιβολής. 

2. Vatic. περιβάλλει, corrigé par Casaubon et tous les éditeurs à la 
suite. 

3. Gasaub., etc. ώς αν — άντιπερισπώσι; le Vatic. donne seulement 

αν — άντιπ. 



POLYBE, LIV. II. PRÉPARATIFS DES ROMAINS. 81 

se souvenait d'en avoir autant vu. Les Romains étaient 
secondés en tout et de toutes parts et avec zèle. Car les 
habitants de l'Italie, frappés de terreur par l'invasion 
des Galates, ne se disaient plus qu'ils combattaient 
pour Rome, ni que cette guerre avait son empire pour 
objet, mais chacun d'eux pensait que c'étaient eux- 
mêmes, leur propre ville et leur pays que menaçait 
le danger. Aussi obéissaient-ils avec zèle aux ordres 
qu'on leur donnait. 

XXIV. Afin de montrer clairement par les faits eux- 
mêmes à quel état de choses Annibas osa s'attaquer 
après ces événements , sur quelle puissance levant un 
œil téméraire, il alla assez loin dans l'exécution de 
son projet pour jeter les Romains dans les plus grands 
hasards, il faudrait dire quels furent leurs armements 
et l'importance des forces qu'ils avaient alors. Avec 
les consuls étaient entrées en campagne quatre légions 
romaines ayant chacune cinq mille deux cents fantas- 
sins et trois cents cavaliers. Les alliés qui étaient avec 
l'un et l'autre faisaient ensemble trente mille fantas- 
sins et deux mille cavaliers. Des Sabins et des Tyr- 
rhènes qui en cette occasion vinrent au secours de 
Rome, il y avait environ quatre mille cavaliers et plus 
de cinquante mille fantassins. Ces dernières troupes 
réunies furent postées en avant du côté de la 
Tyrrhènie, et l'on mit à leur tête un (commandant) à 
six haches. Les Ombres et les Sarsinates, qui habitent 
l'Apennin, se rassemblèrent au nombre d'environ 
vingt mille, et avec eux des Vénètes et des Gonomans 
vingt mille aussi. On les plaça sur les limites de la 
Galatie afin que, se jetant sur le pays des Boïes, ils 
forçassent de revenir ceux qui en étaient sortis. 
π 6 



821 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

(Λένα στρατί^πεδα της χώρας ταύτα ην. Έν δέ τη Ρο^μη 

διέτριβον ήτοΐ[Λασ[Λένοι χάριν των συ(Λβαιν($ντων έν τοις 
πολέ{λθΐς, εφεδρείας έχοντες τάξιν, Ρω|Λα(ων μζν αυτών 
πεζοί δισ[Λύριοι, μετά δέ τούτων ιππείς χίλιοι και πεντα- 
κόσιοι, των δέ συμμάχων πεζοί μέν τρισμύριοι, δισχίλιοι 
δ' ιππείς. Καταγραφαι δέ άνηνέχθησαν Λατίνων μέν 
δκτακισμύριοι πεζοί, πεντακισχίλιοι δ' ιππείς, 2αυνιτών 
δέ πεζοί μέν έπτακισμύριοι, μετά δέ τούτων ιππείς έπτα- 
κισχίλιοι, καΐ μήν Ίαπύγων και Μεσσαπίων συνάμφω 
πεζών μέν πέντε μυριάδες, ιππείς δέ μύριοι συν έξακισ- 
χιλίοις, Λευκανών δέ πεζοί (Cas., ρ. 113.) μέν τρισμύ- 
ριοι, τρισχίλιοι δ' ιππείς, Μαρσών δέ καΐ Μαρρουκίνων και 
Φρεντανών^ , ετι δέ Ουεστίνων , πεζοί μέν δισμύριοι , 
τετρακισχίλιοι δ' ιππείς. "Ετι γε μήν και έν 2ικελία και 
Τάραντι στρατόπεδα δύο παρεφήδρευεν , ών έκάτερον ην 
ανά τετρακισχιλίους και διακοσίους πεζούς, ιππείς δέ 
διακοσίους. Ρωμαίων δέ και Καμπάνων ή πληθύς πεζών 
μέν εις είκοσι και πέντε κατελέχθησαν μυριάδες, ιππέων 
δέ έπι ταΐς δύο μυριάσιν έπησαν ετι τρεις χιλιάδες. "Ωστ* 
είναι τό κεφάλαιον τών μέν προκαθημένων της Ρώμης 
δυνάμεων πεζοί μέν υπέρ πεντεκαίδεκα μυριάδες, ιππείς 
δέ προς έξακισχιλίους , το δέ σύμπαν πλήθος τών δυνα- 
μένων δπλα βαστάζειν, αυτών τε Ρωμαίων καΐ τών συμ- 
μάχων, πεζών μέν υπέρ τας έβδομήκοντα μυριάδας, 
ιππέων δέ εις επτά μυριάδες^. Έφ' ους 'Αννίβας έλάττους 
έχων δισμυρίων έπέβαλεν εις τήν Ίταλίαν 



1. Ici tous les mss.: Φερεντάνων. 

2. Tite-Live, Epitom. XX : Eo beJIo populus Romanus sui latini 
que nominis trecenta millia armatorum habuisse dicitur.— Eutrop. 
III, 2 : Pro Romanis tota Italia consensit, traditum que est a Fabio 
historico, qui ei bello interfuit, DGGG millia hominum parata ad 
bellum fuisse. — Paul. Gros. IV, 13 : Permoti consules totius Italiae 
ad praesidium imperii contraxere vires. Que facto, in utriusque 



POLYBE, LIV. II. CISALPINE; CELTES ET ROMAINS. 83 

Telles étaient les troupes qui furent placées en avant 
du pays. Dans Rome demeuraient toujours prêts pour 
toutes les éventualités de la guerre et organisés en 
corps de réserve : Romains proprement dits, vingt 
mille fantassins et avec eux mille cinq cents cavaliers ; 
alliés, trente mille fantassins et deux mille cavaliers. 
Les rôles dressés présentaient, pour les Latins, quatre- 
vingt mille fantassins et cinq mille cavaliers ; pour les 
Saunites\ soixante-dix mille fantassins et avec eux 
sept mille cavaliers; pour les Japyges^ et les Messa- 
pies^ ensemble, fantassins, cinq myriades, cavaliers, 
seize mille; pour les Leucanes'*, fantassins, trente 
mille, cavaliers, trois mille; pour les Marses et les 
Marrucins, lesFrentans et aussi les Vestins, fantassins, 
vingt mille, cavaliers, trois mille. Il y eut en outre 
dans la Sicile et à Tarante deux légions de réserve, 
comptant chacune plus de quatre mille deux cents fan- 
tassins et deux cents cavaliers. La population des 
Romains et des Gampanes^ figura sur les rôles pour 
vingt-cinq myriades environ de fantassins, et en plus 
de deux myriades de cavaliers il y en eut encore trois 
chiliades^. Ainsi, en somme, les forces postées en 
avant pour la défense de Rome se montaient à plus 
de quinze myriades de fantassins et à seize mille 
cavaliers environ. Le total des hommes — Romains 
et alliés — en état de porter les armes dépassait 
soixante-dix myriades de fantassins et environ sept 
myriades de cavaliers. Et voilà les peuples qu'Annibal, 
avec moins de vingt mille soldats, alla attaquer jusqu'en 
Italie 

t. Samnites. —2. Apuliens.— 3. Apulie et Calabre.~4. Lucanicns. 
— 5. Campaniens. — 6. 23,000. 



84 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

XXV. Οι δέ Κελτοι κατάραντες εις τήν Τυρρηνίαν 

έπεπορεύοντο τήν χώραν, πορθουντες άδεώς • ούδενός δ' 
αύτοϊς άντιταττο[Λένου , τέλος έπ' αυτήν ώρ[Λησαν τήν 
Ρώμην. "Ηδη δ* αυτών περί π^λιν όντων ή καλείται (jtlv 
Κλούσιον^, απέχει δ' ήμερων τριών δδόν από της Ρώ(Λης, 
ττροσαγγέλλεται δι6τι κατόπιν αύτοΐς έπονται και συνάπ- 
τουσιν αι προκαθή[Λεναι τών Ρωρια(ων έν τη Τυρρηνια 
δυνά[Λεις. Οι δ' άκούσαντες έξ υποστροφής άπήντων, 
σπεύδοντες τούτοις συ(ΛβαλεΪν. Έγγίσαντες δ' άλλήλοις 
ήδη περί δυσιχάς ήλιου, τότε [χέν έν συ(JL{i.έτpω διαστή[Λατι 
καταστρατοπεδεύσαντες ηύλ(σθησαν ά[Λφ6τεροι. Της δέ 
νυκτός έπιγενο|Λένης πυρά άνακαύσαντες οι Κελτοί τους 
μεν ιππείς άπέλιπον, σύνταξα ντες άμα τω φωτι συμφανεΐς 
γενομένους τοις πολεμ(οις ύποχωρεΐν κατά τον αυτόν 
στίβον. Αύτοι δέ λαθραιαν ποιησάμενοι τήν άποχώρησιν 
ως έπΙ πόλιν Φαισ($λαν% αύτου παρενέβαλον, πρόθεσιν 
έχοντες άμα μέν έκδέχεσθαι τους εαυτών ίππεΐς , άμα δέ 
παραδόξως ένοχλήσαι τήν τών ύπεναντιων ί(^ο^ον. Οι δέ 
Ρωμαίοι της ημέρας επιγενόμενης συνιδόντες τους ιππείς 
αυτούς, και νομισαντες τους Κελτούς άποδεδρακέναι, κατά 
σπουδήν ήκολούθουν τοις ίππεΰσι κατά τήν εκείνων άπο- 
χώρησιν. (Cas., ρ. 114.) "Αμα δέ τω συνεγγίζειν τοις 
πολεμίοις διαναστάντων τών Κελτών, και συμπεσόντων 
αύτοϊς, ην άγων τάς αρχάς εξ άμφοϊν βίαιος. Τέλος δέ 
καθυπερεχόντων τών Κελτών τη τόλμη και τψ πλήθει, 



consulis exercitu octingenta millia armatorum fuisse referuntur, 
sicut Fabius historicus, qui ei bello interfuit, scripsit. Ex quibus 
Romanorum et Gampanorum fuerunt peditum trecenta quadra- 
ginta octo millia ducenti, equitum vero viginti sex millia sexcenti; 
cetera multitudo sociorum fuit. 

1 . Tous les mss. Καλούσιον. 

2. Gasaub., Schweigh. Φαισόλα, plur. — Le dernier observe que 
Polybe écrit ailleurs Φαισόλαν (III, 82, 1). 



POLYBE, LIV. II. CISALPINE; CELTES ET ROMAINS. 85 

XXV. Les Celtes^ arrivés en Tyrrhènie parcoururent 
Je pays et le ravagèrent tout à leur aise. Gomme per- 
sonne ne leur opposait de résistance, finalement ils 
marchèrent sur Rome même. Ils étaient déjà près 
d'une ville qu'on appelle Clusium et qui est à trois 
journées de Rome, quand on leur annonce que der- 
rière eux viennent et vont les atteindre les troupes 
postées en avant par les Romains dans la Tyrrhènie. 
A cette nouvelle, ils font volte-face et marchent à leur 
rencontre, empressés d'en venir aux mains. Vers le 
coucher du soleil, les deux armées, se trouvant rap- 
prochées, s'établirent à une distance convenable l'une 
de l'autre pour bivaquer. La nuit venue , les Celtes, 
ayant allumé des feux, laissent leur cavalerie, avec 
ordre de se montrer à l'ennemi dès le point du jour 
et de battre en retraite par le même chemin. Pour 
eux, ayant fait retraite dans l'ombre jusqu'à la ville 
de FaesoleS ils s'y postent avec le dessein d'y attendre 
leur cavalerie, et de retarder par des embarras imprévus 
la marche offensive de leurs adversaires. Les Romains, 
le jour venu, voyant la cavalerie seule, et pensant que 
les Celtes s'étaient enfuis, se mettent avec ardeur à 
suivre ces cavaliers dans leur retraite. Mais au moment 
où ils approchent des ennemis, les Celtes se montrent 
et tombent sur eux. La lutte fut d'abord violente des 
deux parts. Enfin les Celtes ayant l'avantage de l'au- 



1. Dans tout ce récit il faut remarquer que Polybe désigne les 
envahisseurs tour à tour par les noms de Galates et de Celtes. — 
Le premier semble s'appliquer plus spécialement aux Transalpins 
que les Boïes et les Insubres de la Cisalpine avaient appelés à leur 
aide. Cf. Diod. Sic. XXV, 13, où le général vainqueur est représenté 
comme ravageant le territoire des Galates et des Celtes, κατέδραμε 
την χώραν των Γαλατών κα\ Κελτών. — 2. Fésules. 



86 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

συνέβη διαφθαρήναι [λέν των Ρω[/.α(ων ούκ έλάττους 
έξακισχιλιων , τους δέ "λοιπούς φεύγειν * ών οι πλεέους 
ΐΓρ($ς τίνα τόπον έρυ[Λνον αποχωρήσαντες ε|Λενον. Ους τ6 
μέν πρώτον οΐ Κελτοι πολιορκεϊν έπεβάλοντο • κακώς δ* 
άπαλλάττοντες εκ της πpoγεγεvη(JLέvης εν τη νυκτΐ πορείας 
και κακοπαθε(ας και ταλαιπωρίας, ώρμησαν προς άνάπαυ- 
σιν και θεραπείαν, φυλακήν άπολιπ(ίντες τών ιδίων ιππέων 
περί τον λί^φον, πρ($θεσιν έχοντες κατά τήν έπιουσαν 
πολιορκεΐν τους συμπεφευγότας , έάν (χή παραδώσιν εαυ- 
τούς εκουσίως. 



XXVI . Κατά δέ τον καιρόν τουτοΊ Λεύκιος Αιμίλιος ό 
προκαθήμενος έπι τών κατά τον Άδρίαν τόπων, άκουσας 
τους Κελτούς δια Τυρρηνίας έμβεβληκότας συνεγγίζειν 
τη Ρώμη, παρήν βοηθών και κατά σπουδήν ευτυχώς εις 
δέοντα καιρόν. Καταστρατοπεδεύσαντος δ' αύτου σύνεγγυς 
τών πολεμίων , κατιδόντες τα πυρά και νοήσαντες το 
^ε-^ο^^οζ οι συμπεφευγότες έπι τον λόφον, ταχέως άναθαρ- 
ρήσαντες έξαπέστειλαν αυτών τινας της νυκτός άνόπλους 
δια της ύλης άναγγελουντας τφ στρατηγώ το συμβεβηκός^ 
*0 διακούσας, και θεωρών ουδέ διαβούλιον αύτω καταλει- 
πόμενον υπέρ τών ενεστώτων, τοις μέν χιλιάρχοις άμα 
τφ φωτΐ παρήγγειλε τους πεζούς έξάγειν, αύτος δέ τους 
ίππεΐς άναλαβών καθηγεΐτο της δυνάμεως, ποιούμενος 
τήν πορείαν έπι τόν προειρημένον βουνόν. Οι δέ τών 



1. « Α la vue des feux allumés dans le camp du consul, le pré- 
teur devina bien ce que la fortune lui envoyait et reprit courage. 
Il parvint même à communiquer par le moyen d'une forêt qui 
longeait le pied de la colline, et dont la cavalerie gauloise inter- 
ceptait mal l'approche. Le consul promit au préteur de le déblo- 
quer dès le point du jour » Am. Thierry. 



POLYBE, LIV. Π. CISALPINE; CELTES ET ROMAINS. 87 

dace et du nombre, il arriva que les Romains n'eurent 
pas moins de six mille hommes de tués, et que le 
reste s'enfuit. Mais ceux-ci, s'étant pour la plupart 
retirés en un lieu bien défendu, y demeurèrent. 
D'abord, les Celtes se mirent en tète de les y assiéger. 
Mais, mal remis de la marche qu'ils avaient faite 
la nuit d'avant, des souffrances et des misères qu'ils 
avaient endurées, leur désir était de se reposer et de 
se refaire : ils laissèrent donc autour de la colline, 
pour la garder, une partie de leur cavalerie, ayant 
l'intention d'y assiéger le lendemain ceux qui s'y 
étaient réfugiés, au cas où ils ne se rendraient pas 
eux-mêmes. 

XXVI. Pendant ce temps Leucius ^Emilius, qui avait 
été posté en avant sur les bords de l'Adrias, ayant 
appris que les Celtes s'étaient jetés à travers la Tyr- 
rhènie et qu'ils approchaient de Rome , avait volé au 
secours des siens, et il était arrivé heureusement et 
juste au moment qu'il fallait. Comme il établit son 
camp tout près des ennemis, les réfugiés de la colline 
virent ses feux et comprirent ce qui était arrivé. 
Ayant donc vite repris courage, ils envoyèrent cette 
nuit même quelques-uns d'entre eux sans armes, à 
travers une forêt, annoncer au général ce qui s'était 
passé. A cette nouvelle, L. iEmilius, considérant que 
les circonstances ne lui laissaient pas le temps de 
déUbérer, ordonna aux chiliarques^ de faire sortir 
l'infanterie dès le point du jour, et lui-même, ayant 
pris avec lui la cavalerie, se mit à la tète de l'armée 
et s'achemina vers le tertre dont nous avons parlé. 

1. G.-à-d. au consul. — 2. Aux tribuns. 



88 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

Γαλατών ήγε{Λ(5νες, άφορώντες τα πυρά της νυκτός καΐ 
συλλογιζ^μενοι τήν παρουσέαν των πολε[λ(ων συνήδρευον. 
Οίς Άνηροέστης^ δ βασιλεύς γνώρ,ην εισέφερε λέγων οτι 
δει τοσαύτης λείας εγκρατείς γεγον(^τας, — ην γάρ, ως 
εοικε, καΐ τ6 των σω[Λάτων και θρε(Χ[χάτων πλήθος, ετι δε 
της αποσκευής ης ειχον, ά[Λύθητον • δΐ(5περ εφη δειν (/.ή 
κινδυνεύειν ετι μηδέ παραβάλλεσθαι τοις ολοις, αλλ' εις 
τήν οικείαν άδεώς επανάγειν • ταύτα δ' άποσκευασα[λένους 
και γενομένους εύζώνους αύθις έγχειρεΐν ολοσχερώς, εάν 
δοκή, τοις Ρωμαίων πράγμασι. Δόξαντος δε σφισι κατά 
τήν Άνηροέστου^ γνώμην χρήσασθαι τοις παρουσιν, οδτοι 
μεν τής νυκτός ταύτα βουλευσάμενοι, προ φωτός άναζεύ- 
ξαντες^ προήγον παρά θάλατταν δια τής Τυρρηνών χούρας. 
*0 δε Λεύκιος, άναλαβών εκ του ^ουνοΰ το διασωζ($μενον 
του στρατοπέδου μέρος άμα ταΐς ιδί'αις δυνάμεσι , το μεν 
διακινδυνεύειν έκ παρατάξεως ουδαμώς έκρινε συμφέρειν, 
έπιτηρειν δε μάλλον καιρούς και τόπους ευφυείς, έπ(5μενος, 
εάν πού τι βλάψαι τους πολεμίους ή τής λείας άποσπάσαι 
δυνηθή. 



XXVII. Κατά δε τους καιρούς τούτους έκ 2αρδ(5νος 
μετά τών στρατοπέδων Γάιος Άτίλιος ύπατος εις Πίσας^ 
καταπεπλευκώς προήγε^ μετά τής δυνάμε(ύς εις Ρώμην , 
έναντίαν ποιούμενος τοις πολεμίοις τήν πορείαν/ "Ηδη δέ 



1. Gonject. de Schweigh., Άνηροέστος; Vatic, Άροέστης. 

2. Mss. Flor. Bav. Reg. A, Vatic, Άροέστου; Urb., Άορέστου. 

3. Les éditt., d'après le Bavaricus, άνέζευξαν, κα\. 

4. D'après le même ms., les éditt., Πίσσας. 

5. Tous les mss., προσηγε; correct. de Gasaubon. 



POLYBE, LIV. II. CISALPINE; CELTES ET ROxMAINS. 89 

De leur côté, les chefs des Galates, voyant les feux 
dans la nuit, et conjecturant que les ennemis étaient 
proche, tenaient conseil. Le roi Anèroëste leur exposa 
son avis; il dit que, possesseurs d'un pareil butin, 
— et en effet, tels étaient, à ce qu'il paraît, le 
nombre des prisonniers, des bestiaux, la quantité des 
bagages qu'ils avaient, qu'on ne le saurait dire — il 
ne fallait plus s'exposer aux dangers, ni mettre au jeu 
tout leur avoir, mais s'en retourner tranquillement 
dans leurs foyers; puis, une fois débarrassés de leurs 
bagages, et ainsi plus à l'aise, attaquer de nouveau, 
si bon leur semblait, et avec toutes leurs forces la 
puissance des Romains. Gomme il leur parut bon de 
se conduire dans les circonstances présentes d'après 
l'avis d'Anèroëste, après avoir pris cette résolution 
dans la nuit, ils décampèrent avant le jour et tirèrent 
le long de la mer par le pays des Tyrrhènes. Or Leucius 
ayant pris sur le tertre la partie de la légion ainsi 
sauvée, et l'ayant jointe à ses propres troupes, jugea 
que son intérêt n'était pas de courir les hasards d'une 
bataille rangée, mais plutôt de suivre les ennemis en 
observant les moments et les lieux propices où il 
pourrait les incommoder ou leur arracher leur butin. 
XXVIl. Vers le même temps ^, le consul Gains 
Atilius, qui, ramenant de Sardone ses légions, avait 
débarqué à Pise, tira avec son armée vers Rome, 
faisant route à l'inverse des ennemis. Déjà les Geltes 



1. An de Rome 529, av. J.-C. 225. — Polybe est le seul écrivain 
de l'aotiquité de qui il nous reste des détails sur ces luttes des 
Gaulois et des Romains dans la Cisalpine. Ceux qu'on trouve en 
plus dans les histoires modernes sont des commentaires ajoutés 
par leurs auteurs. 



90 Ι10ΛΥΒΙ0Υ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

περί Τελαμώνα της Τυρρηνίας των Κελτών ύπαργ($ντων, 
οΐ προνομεύοντες έξ αυτών έρ-πεσόντες εις τους παρά του 
Γαίου 'π;ροπορευο[Λένους^ έάλωσαν • και τά τε προγεγον($τα 
διεσάφουν άvακpιv(ί[Jt.εvot τω στρατηγώ καΐ τήν παρουσίαν 
ά[Λφοτέρων τών στρατοπέδων άνήγγελλον, σημαίνοντες 
8ι6τι τελέως σύνεγγυς είσιν οι ΚελτοΙ καΐ τούτων κατόπιν 
οι περί τον Λεύκιον^ Ό δέ τα μεν ξενισθείς έπΙ τοις 
προσπίπτουσι , τα δ' ευελπις γεν(5μενος έπι τω δοκειν 
μέσους κατά πορε(αν^ άπειληφέναι τους Κελτούς, τοις μέν 
χιλιάρχοις παρήγγειλε τάττειν τα στρατόπεδα, και βάδην 
εΐζ τουμπροσθεν προάγειν , καθ* 6σο>/ αν οΐ τόποι προσδέ- 
χωνται τήν μετωπηδον i(foSov. Αυτός δέ συνθεωρήσας 
εύκαίρως λόφον κείμενον υπέρ τήν δδόν, ύφ' δν έδει παρα- 
πορευθήναι τους Κελτούς, άναλαβών τους ιππείς, ώρμησε• 
σπεύδων προκαταλαβέσθαι τήν άκρολοφίαν και πρώτος 
κατάρξαι του κινδύνου, πεπεισμένος της επιγραφής τών 
έκβαινόντων πλείστον ούτω κληρονομήσειν. Οι δέ Κελτοι 
τό μέν πρώτον τήν παρουσίαν τών περί τον Άτιλιον 
άγνοουντες, εκ δέ του συμβαίνοντος υπολαμβάνοντες τους 
περί τον Α^μίλιον περιπεπορευσθαι'* τήν νύκτα τοις ίππεΰσι 
καΐ προκαταλαμβάνεσθαι τους τόπους, ευθέως έξαπέστελ- 
λον τους παρ' αυτών ιππείς κα( τινας τών ευζώνων, άντι- 
ποιησομένους τών κατά τον βουνον τόπων. Ταχύ δέ 
συνέντες τήν του Γαίου παρουσίαν εκ τίνος τών άχθέντων 
αιχμαλώτων, σπουδή παρενέβαλλον τους πεζούς, ποιού- 
μενοι τήν έκταξιν άμα προς έκατέραν τήν έπιφάνειαν, καΐ 
τήν απ' ούρας και τήν κατά πρόσωπον • οος μέν γαρ 



1. Vatic. Προπορευσαμένους, conservé par Schweigh., Didot.—Bavar. 

προπορευόμενους, d'OÙ les éditt. 

2. Vatic. Λούκιον. 

3. Id. κατ' άπορίαν. 

4. Flor., Aug. Reg. A. περιπορεύεσθα^ 



POLYBE, LIV. II. CISALPINE; CELTES ET ROMAINS. 91 

se trouvaient aux environs de Télamon en Tyrrhènie, 
lorsque leurs fourrageurs tombèrent dans l'avant- 
garde de Gains et furent pris : en réponse aux ques- 
tions du général, ils déclarèrent ce qui s'était passé, 
et firent connaître la présence des deux armées, mar- 
quant bien que les Celtes étaient tout à fait proche et 
que Leucius venait derrière eux. Le consul, tout ébahi 
de ces incidents, mais ayant bon espoir parce qu'il 
croyait avoir surpris les Celtes au milieu de leur 
route, donna ordre aux chiliarques^ de ranger les 
légions et de pousser en avant au pas ordinaire, par 
une marche de front aussi étendue que le permettrait 
le terrain. Lui-même ayant remarqué une colline qui 
fort à propos dominait la route, et sous laquelle devait 
passer les Celtes, il prit avec lui sa cavalerie et partit 
en toute hâte pour en occuper le sommet, et être le 
premier à engager la lutte, persuadé qu'il aurait ainsi 
le meilleur lot dans l'inscription relative à ces événe- 
ments. Les Celtes, ignorant d'abord la présence d'Ati- 
lius, mais supposant, d'après ce qui arrivait, que iEmi- 
lius avait avec sa cavalerie exploré les positions pendant 
la nuit, pour les occuper avant eux, dépéchèrent tout 
de suite leur cavalerie et quelques hommes armés à la 
légère, avec ordre de s'emparer des positions du mon- 
ticule. Mais, promptement instruits de la présence de 
Gains par un des prisonniers qu'on avait amenés, ils se 
hâtent de mettre en bataille leur infanterie, en dispo- 
sant leurs hgnes de manière à faire front des deux côtés 
à la fois, en queue et en tête : car s'ils savaient qu'ils 

1. Tribuns. — Nous leur laissons le nom grec que leur donne 
Polybe; cet écrivain exact a sans doute voulu marquer ainsi qu'ils 
avaient mille hommes sous leurs ordres. 



92 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

ήδεσαν επόμενους αύτοΐς, οος δέ κατά το στ^μα προσεδ($- 
κων άπαντησειν, εκ τε τών προσαγγελλο[Λένων τεκριαφο- 
[Λενοί καΐ τών κατ' αύτον τον καφον συ [/.βαινόντων. 

ΧΧνίΠ. Οι δε περί τον Αιμ(λιον άκηκο^τες [χέν (Cas., 
ρ. 116.) τόν εις τας Πίσας κατάπλουν τών στρατοπέδων, 
ουπω δε προσδοκώντες αυτά συνεγγέζειν, τ^τε σαφώς έκ 
του περί τον λ^φον αγώνος έγνωσαν δκ^τι τελέως εγγύς 
είναι συ[Λβαίνει τας οικείας αυτών δυνά[Λεις. Aie και τους 
μέν ιππείς παραυτ(κα βοηθήσοντας έξαπέστελλον τοις εν 
τω λ^φω διαγωνιζομένοις , αύτοι δε κατά τας ειθισμένας 
τάξεις διακοσμήσαντες τους πεζούς προήγον έπι τους 
ύπεναντίους. Οι δέ Κελτοι τους μεν έκ τών "Αλπεων 
Γαισάτους προσαγορευομένους έταξαν προς την άπ' ούρας• 
έπιφάνειαν, ή προσεδ(^κων τους περί τον Αίμίλιον, έπι δέ 
τούτοις τους "Ινσομβρας^ • προς δέ τήν κατά πρόσωπον 
τους Ταυρίσκους και τους έπι τάδε του Πάδου κατοικουντας 
Βοίους παρενέβαλον, τήν έναντ(αν μέν στάσιν έχοντας τοις 
προειρημένοις , βλέποντας δέ προς τήν τών του Γα'ίου 
στρατοπέδων i(foSov, Τάς δ' άμαξας και συνωρίδας έκτος 
έκατέρου του κέρατος παρέστησαν, τήν δέ λείαν εις τι 
τών παρακειμένων ορών φυλακήν περιστήσαντες ήθροιζον. 
Γενομένης δ' αμφίστομου της τών Κελτών δυνάμεως, ού 
μόνον καταπληκτικήν, άλλα και πρακτικήν είναι συνέ- 
βαινε τήν τάξιν. Οι μέν ου ν "Ινσομβρες και Βοΐο ι τας 
άναξυρίδας έχοντες και τους εύπετεΐς τών σάγων περί 
αυτούς έξέταξαν^ * Οι δέ Γαισάται διά τε τήν φιλοδοξ(αν 



1. Ici toutes les éditt. Ίσ6μβρους, comme plus bas, Ίσόμβροι. Sur 
les formes diverses de ce nom, V. L. Uindorf, Préf. de l'édit. Teub- 
ner, p. xxxix. 

2. Conject. de Schweigh. pour Ιξέταζον, leç. des mss. changée par 
Gasaubon, d'après Suidas, en εξήταζον. 



POLYBE, LIV. II. CISALPINE; CELTES ET ROMAINS. 93 

étaient suivis, ils s'attendaient bien aussi à ce qu'on 
viendrait à leur rencontre ; ils faisaient cette conjec- 
ture d'après les renseignements qui leur étaient 
donnés, et d'après ce qui se passait à l'instant même. 
XX VIII. Or iEmilius, qui avait bien appris le débar- 
quement des légions à Pise , mais qui ne s'attendait 
pas à ce qu'elles fussent déjà si proche, reconnut alors 
clairement, d'après le combat engagé autour de la 
colline, ce qui se passait, c'est-à-dire que ces troupes 
amies étaient très rapprochées de lui. Aussi envoya- 
t-il sur l'heure sa cavalerie au secours des hommes 
engagés dans l'affaire de la colline. Quant à lui, ayant 
rangé son infanterie dans l'ordre habituel, il s'avance 
vers ceux qui lui étaient opposés. Les Celtes, de leur 
côté, rangent les Gœsates des Alpes, comme ils les 
appellent, en face de la ligne de queue, là où ils 
attendaient iEmilius, et derrière eux, les Insombres. 
En face de la ligne de front ils jettent les Taurisques 
et les Boies de la Gispadane , qui sont ainsi postés à 
l'inverse des précédents et regardent du côté par où 
doivent s'avancer les légions de Gains ^ Les chars et 
les attelages de guerre sont postés en dehors de 
chaque aile, et le butin, entouré d'une garde, est 
rassemblé sur une des montagnes adjacentes. L'armée 
des Geltes, avec sa double face, se trouvait offrir 
un ordre de bataille non seulement redoutable, mais 
propre à l'action. Les Insombres et les Boies se mirent 
en bataille ayant sur eux leurs braies et des saies 
d'un usage facile ; mais les Geesates, par point d'hon- 

1 . Nous conservons fidèlement les formes données par Polybe aux 
noms propres romains : on y peut trouver des renseignements utiles 
sur la prononciation de ces noms : ainsi il n'aurait pas écrit Poplios, 
s'il eût entendu prononcer Poublious, etc. 



94 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

καΐ το θάρσος ταΰτ' άπορρ(ψαντες γυ[χνοΊ [χετ' αυτών των 
δπλων πρώτοι της δυvά[Jt.εως κατέστησαν, ύπολαβίίντες 
ούτως εσεσθαι πρακτικώτατοι , δια τά τινας τών τόπων 
βατώδεις οντάς έ{Λπλέκεσθαι τοις έφά(Λ[/.ασι και παραπο- 
δίζειν τήν τών δπλων y^ptioLV. Tè μέν ουν πρώτον αύτος 
δ κατά τδν λ6φον ένειστήκει κ(νδυνος, άπασιν ών σύνοπτος, 
ώς άν ά[Λα τοσούτου πλήθους ιππέων άφ' εκάστου τών 
στρατοπέδων άναρ,ιξ άλλήλοις συμιπεπτωκ(5τος. Έν δέ 
τούτω τφ καιρώ συνέβη Γάιον [/.εν τον υπατον παραβ(^λως 
άγωνιζόμενον έν χειρών ν(>[χω τελευτήσαι τον β(ον, τήν 
δέ κεφαλήν αύτου προς τους βασιλέας έπανενεχθήναι* τών 
Κελτών • τους δέ τών Ρω(Λαέων ιππείς, κινδυνεύσαντας 
έρρωι^ένως τέλος έπικρατήσαι του τόπου και τών ύπεναν- 
τ(ων. (Cas., ρ. 117.) Μετά δέ ταΰτα τών πεζών στρα- 
τοπέδων ήδη σύνεγγυς όντων άλλήλοις, ίδιον ην και 
θαυ[Λαστδν τδ συρ,βαινον ού [χδνον τοις έν αύτω τω καιρώ 
τδτε παρουσιν, άλλα και τοις ποτέ [χετά ταύτα δυνάμενο ις 
υπδ τήν δ'ψιν λα^^βάνειν έκ τών λεγο(Λένων τδ γεγονδς. 



XXIX. Πρώτον [άν γαρ έκ τριών στρατοπέδων της 
μάχης συνισταμένης, δήλον ώς ξένην και παρηλλαγμένην 

εικδς και τήν έπιφάνειαν καΐ τήν χρείαν φα{νεσθαι του 
συντεταγμένου. Δεύτερον δέ πώς ούκ άν άπορήσαι τις, καΐ 
νυν, καΐ τδτε παρ' αύτδν ών τδν καιρδν, πδτερον οι ΚελτοΙ 
τήν έπισφαλεστάτην ειχον χώραν, εξ άμφοιν τοΐν μεροΐν 
(5ίμα τών πολέμιων έπαγδντων αύτοΐς, ή τουναντίον τήν 
έπιτευκτικωτάτην , άμα μέν αγωνιζόμενοι πρδς αμφότε- 
ρους, άμα δέ τήν άφ' έκατέρων^ άσφάλειαν έκ τών όπισθεν 
αΟτοις παρασκευάζοντες , τδ δέ μέγιστον άποκεκλειμένης 

1. Mss. Bav. Aug. fteg. A : επαναχΟήναι. 

2. Vulg. έφ' έκατέρων. 



POLYBE, LIV. Π. CISALPINE; CELTES ET ROMAINS. 95 

neur et par bravoure, ayant mis bas tout cela, se pla- 
cèrent aux premiers rangs, tout nus, avec leurs seules 
armes. Ils se figuraient qu'ils seraient ainsi fort à Taise 
pour agir, parce que, en certains endroits, il y avait des 
buissons qui s'attachaient aux habits et empêchaient 
l'usage des armes. D'abord le combat s'engagea seu- 
lement sur la coUine, visible pour tous en raison de 
la multitude si grande des cavaliers qui, détachés de 
chacune des armées, s'étaient rencontrés en cette 
mêlée. A ce moment il arriva que le consul Gaïus, trop 
téméraire en ce combat, trouva la fin de sa vie dans cet 
échange de coups, et que sa tête fut portée aux rois 
des Celtes. Mais la cavalerie des Romains, ayant vigou- 
reusement mené l'affaire, finit par rester maîtresse 
du terrain et victorieuse des ennemis. Après cela, les 
troupes d'infanterie se trouvant rapprochées les unes 
des autres, il arriva quelque chose de singulier, 
d'étonnant non seulement pour ceux qui en furent 
témoins, mais aussi pour ceux qui depuis peuvent 
par ce qu'on en dit se remettre le fait sous les yeux. 
XXIX. Car d'abord en ce combat où trois armées 
étaient engagées, évidemment devaient sembler 
étranges, extraordinaires, l'aspect et les manœuvres 
de cette ordonnance. En second lieu, comment n'être 
pas embarrassé maintenant comme alors, en présence 
des faits, pour dire si les Celtes étaient dans une posi- 
tion dangereuse, tandis que des deux parts à la fois les 
ennemis marchaient sur eux, ou si cette position n'était 
pas la meilleure pour réussir, puisqu'ils combattaient 
en même temps des deux côtés, que de part et d'autre 
aussi ils trouvaient leur sûreté dans les troupes qu'ils 
avaient à dos, et, ce qu'il y a de plus important, parce 



96 ' ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

πάσης της ζΐς τουπισθεν^ αναχωρήσεως καΐ της έν τω 
λείπεσθαί σωτήριας; ή γαρ της ά[Λφιστ($μου τάξεως 
^ΐ(5της τοιαύτην έχει τήν χρείαν. Τους γε μ.ήν Ρωριαίους 
τα [Λεν ευθαρσείς έπο(ει τό [χέσους και πάντοθεν περιειλη- 
φέναι τους πολείΛίους , τα δε πάλιν δ κ(;σ[Λος αυτούς και 
θί^ρυβος έξέπληττε της των Κελτών δυνάμεως. Άνα- 
ρίθμητον μεν γαρ ην το των βυκανητών^ και σαλπικτών 
πλήθος • οίς άμα του παντός στρατοπέδου συμπαιανίζοντος 
τηλικαύτην και τοιαύτην συνέβαινε γίγνεσθαι κραυγή ν 
ώστε μή μ(^νον τάς σάλπιγγας καΐ τας δυνάμεις, άλλα 
και τους παρακειμένους τόπους συνηχοΰντας έξ αυτών 
δοκειν προίεσθαι φωνή ν. 'Εκπληκτική δ' ην και τών. 
γυμνών προεστώτων ανδρών ή τε επιφάνεια και κίνησις , 
ώς αν διαφερ(^ντων ταΐς άκμαις καΐ τοις εϊδεσι. Πάντες 
δ' οι τας πρώτας κατέχοντες σπε(ρας χρυσοΐς μανιάκαις^ 
και περιχε{ροις ήσαν κατακεκοσμημένοι. Προς α βλέπον- 
τες οι Ρωμαίοι τα μεν έξεπλήττοντο , τα δ' υπό της του 
λυσιτελούς ελπίδος αγόμενοι διπλασίως παρωξύνοντο προς 
τον κινδυνον. 



XXX. πλην άμα τω τους άκοντιστάς προελθ(5ντας εκ 
τών ρωμαϊκών στρατοπέδων κατά τον έθισμον εισακον- 
τίζειν ένεργοΐς και πυκνοϊς τοις βέλεσι , τοις μέν δπίσω 



1. Correct, de Schweig. pour εις τούμπροσθεν, qui, à la rigueur, peut 
s'expliquer si on lui donne un sens peu général, tel que celui du 
latin receptus ex pugna. V. la note 1 de la trad. 

2. Mss. βυχανιτών, βυχανητών, έβυκανητών. Casaubon écrit βυχανιτών. 
La correction est de Schweighaeuser qui propose aussi βυκανιστών 
de βυκάνη; cf. le lat. bucina. 

3. Éditt. μανιάκοις d'après le Bavaricus; Schweighaeuser et tous les 
autres depuis, μανιάχαις. 



POLYBE, LIV. II. CISALPINE; CELTES ET ROMAINS. 97 

qu'ils se voyaient fermée toute retraite, s'ils recu- 
laient, et toute voie de salut, s'ils lâchaient pied'? Le 
caractère propre de cet ordre à double face est de pré- 
senter un pareil avantage. Certes, les Romains aussi 
gagnaient une grande confiance à voir leurs ennemis 
cernés, enveloppés de toutes parts, mais en revanche, 
ils étaient frappés de crainte par l'arrangement et les 
bruits confus de l'armée des Celtes; innombrable, en 
effet, y était la foule des sonneurs de cors et de trom- 
pettes ; et en même temps, toute l'armée entonnant son 
chant de guerre , il en résultait une si grande , une si 
formidable clameur, que non seulement les trompettes 
et les troupes, mais encore les lieux voisins résonnant 
de concert, semblaient eux-mêmes pousser des cris. 
Et puis, c'était encore quelque chose d'effrayant que 
l'aspect et les mouvements de ces hommes nus placés 
en avant, et si remarquables par leur vigoureuse 
jeunesse et la beauté de leurs traits. Tous ceux qui 
formaient les premières lignes^ étaient parés de 
colliers et de bracelets d'or. A cette vue les Romains 
étaient étonnés, mais, poussés ensuite par l'espoir du 
gain, ils étaient doublement excités à courir au danger. 
XXX. Mais dès que les soldats armés du javelot 
sortant, selon la coutume, des légions romaines % lan- 
cèrent leurs traits sûrs et pressés, braies et saies per- 



1. Louis Maigret : « Et que dauantage ils ne pouuoient passer 
outre par le deuant, ni espérer la fuite en derrière. » 

2. Dans Polybe σπείρα signifie tantôt cohorte, tantôt manipule, 
une des trente compagnies de la légion et le quart d'une cohorte; 
c'est ce dernier sens qu'il a ici; nous n'avons pas traduit par 
manipules parce qu'il s'agit de troupes gauloises. 

3.^ Polybe écrit ρωμαϊκών, rômatques, adjectif régulièrement tiré 
de Ρωμαίος, Rômée, forme grecque du nom des Romains. 
II 7 



% : ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

των Κελτών πολλήν ευχρηστιαν οι σάγοι μετά των άνα- 
ξυρίδων παρεΐχον • τοις (Cas., ρ. 118.) δέ γυμ,νοΐς 
προεστώσι παρά τήν προσδοκ(αν του πράγ[Λατος συ(Λβα{- 
-^οντος τάναντία πολλήν άποριαν καΐ δυσχρηστ(αν παρείχε 
τα γιγνό[Λενον. Ου γαρ δυνα(/.ένου του γαλατικου θυρεού 
τον άνδρα περισκέπειν, οσω γυ[/.νά καΐ [Λε(ζω τα σ(6[Λατα 
ην, τοσούτω συνέβαινε μάλλον τα βέλη πιπτειν έ'νδον. 
Τέλος δ' ου δυνάμενοι μέν άμύνασθαι τους εισακοντΓζοντας 
δια τήν άπ^στασιν και το πλήθος των πιπτ(^ντων βελών , 
περικακουντες δέ και δύσχρηστου με νο ι τοις παρουσιν, οΐ 
μέν εΐζ τους πολέμιους ύπο του θυμού και της άλογιστ(ας 
εική προπίπτοντες και δίδοντες σφας αυτούς έκουσ(ως 
άπέθνησκον οι δ' εις τους φέλους άναχωροΰντες έπι πόδα 
και προδήλως άποδειλιώντες διέστρεφον τους κατόπιν. 16 
μέν ουν τών Γαισατών φρ($νημα παρά τοις άκοντισταΐς^ 
τούτφ τω τρόπφ κατελύθη. Το δέ τών Ίνσ(5μβρων καΐ 
Βοίων, ετι δέ Ταυρ(σκων πλήθος άμα τω τους Ρωμα(ους 
δεξαμένους τους εαυτών άκοντιστάς προσβάλλειν σφ(σι τάς 
σπείρας, συμπεσον τοις πολεμίοις έκ χειρός έποίει μάχην 
ισχυράν. Διακοπτόμενοι γαρ έ'μενον έπ' ι'σον^ ταΐς ψυχαις, 
αύτω τούτω και καθόλου και κατ' άνδρα λειπ($μενοι, ταϊς 
τών οπλών κατασκευαϊς. Οι μέν ουν θυρεοί προς άσφά- 
λειαν, αϊ δέ μάχαιρα ι προς πράξιν μεγάλην.διαφοράν έχειν, 

τήν δέ γαλατικήν καταφοράν εχειν μ6νον^. ΈπεΙ 

δ' έξ ύπερδεξιου και κατά κέρας οι τών Ρωμαίων ιππείς 
έμβαλόντες , άπο του λ(^φου προσέφερον τάς χείρας έρρω- 
μένως, τ6θ' οι μέν πεζοί τών Κελτών έν αύτω τφ της 



1. Sic tous les mss. excepté le Regius G qui donne π, τών ακοντισ- 
τών, adopté par Gasaubon. — 2. Sic omnes. Schweigh. voit ici une 
corruption des mots iià ποσόν, quelque temps. — 3. Phrase évidem- 
ment mutilée : Gasaubon indique une lacune après les mots 
διαφοραν Ιχειν; Schweighseuser la place entre ces deux mots. 



POLYBE, LIV. II. CISALPINE; CELTES ET ROMAINS. 99 

mettaient à ceux des Celtes qui étaient par derrière 
d'agir tout à leur aise; mais, au contraire, pour ceux 
qui se tenaient en avant tout nus, l'affaire allant au 
rebours de leur attente, ce qui arrivait leur créait un 
grand embarras, une complète impuissance d'agir. 
Car le bouclier galatique ne pouvant assez couvrir son 
homme, plus ces corps nus étaient grands, plus, 
conséquemment, il tombait sur eux de traits. A la 
fin, ne pouvant se défendre à cause de la distance et 
de la multitude des traits qui tombaient sur eux, dans 
l'excès de leurs maux, dans leur impuissance de sortir 
de cette situation, les uns par colère et sans raison, 
tombant au hasard sur les ennemis et se livrant eux- 
mêmes, mouraient volontairement ; les autres se reti- 
rant à reculons vers leurs amis, et montrant bien qu'ils 
avaient peur, rompaient les rangs derrière eux. Ainsi la 
fierté des Gsesates s'évanouit cette fois devant les gens 
de trait. Mais la multitude des Insombres, des Boïes 
et des Taurisques, au moment où les Romains, ayant 
recueilli leurs gens de trait, lançaient sur eux leurs 
manipules, tombant sur les ennemis, commença corps 
à corps une rude bataille. Bien que couverts de bles- 
sures, ils n'en restaient pas moins fermes de cœur; 
inférieurs, tous en général et chaque homme en parti- 
culier, sur un seul point, la nature de leurs armes. Les 
boucliers des Romains [étaient en effet excellents] pour 
les garantir, et leurs épées, dans l'action, pour les 

coups d'estoc le sabre des Galates n'était propre 

qu'à frapper de taille. Or, quand la cavalerie des 
Romains, se jetant des hauteurs sur une de leurs ailes, 
quitta la colline pour en venir aux mains à grande 
force, alors l'infanterie des Celtes se fît hacher au lieu 



1 00 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

παρατάξεως τ($π(ρ κατεκ^πησαν, οι δ' Ιππείς προς φυγήν 
ώρμησαν. 

XXXI. Άπέθανον [χέν ουν των Κελτών εις τετρακισ- 
μυρίους, έάλωσαν δ' ουκ έλάττους (/.υρίων, εν οίς και των 
βασιλέων Κογκολιτάνος. *0 δ' έτερος αυτών Άνηρ($εστος 
εις τίνα τάιζοΊ συμφυγών \ίΛ.τ ολί'^ων προσήνεγκε τάς 
χείρας αυτφ και τοις άναγκα(οις. Ό δε στρατηγός τών 
Ρωμ,αίων τα ptèv σκύλα συναθροίσας εις τήν Ρώμην 
απέστειλε, τήν δέ λεέαν άπέδωκε τοις προσήκουσιν. Αύτος 
δ' άναλαβών τα στρατ($πεδα και διελθών παρ' αυτήν τήν 
Λιγυστικήν εις τήν τών Βοίων ένέβαλε χώραν. Πληρώσας 
δέ τας ορμάς τών στρατοπέδων της ωφελείας , εν δλίγαις 
ήμέραις ήκε μετά τών δυνάμεων εις τήν Ρώμην. (Cas., 
ρ. 119.) Και τ6 μέν Καπετώλιον έκ^σμησε ταις τε 
σημαίαις και τοις μανιάκαις • τούτο δ' εστί χρυσουν 
ψέλιον, δ φορουσι περί τον τράχηλον οι Γαλάται^ * τοις δέ 
λοιποις σκύλοις καΐ τοις αιχμαλώτοις προς τήν ει'σοδον 
έχρήσατο τήν εαυτού και προς τήν του θριάμβου διακ($σ- 
μησιν. 

f Ή μέν ούν βαρύτατη τών Κελτών ϊ(^ο8θζ ούτω και* 
τούτω τω τρ(5πω διεφθάρη, πασι μέν Ίταλιώταις, μάλιστα 
δέ Ρωμα(οις, μέγαν και φοβερον έπικρεμάσασα κίνδυνον. 
'Από δέ του κατορθώματος τούτου κατελπισαντες Ρωμαίοι 
δυνήσεσθαι τους Κελτούς εκ τών τ6πων τών περί τον 
Πάδον ολοσχερώς έκβαλειν, τους τε μετά ταύτα καταστα- 
θέντας υπάτους Κ6ϊντον Φουλούϊον και Τ(τον Μάλλιον 
αμφότερους και τάς δυνάμεις μετά παρασκευής μεγάλης 



1. Glose évidente. Polybe s'est déjà servi du mot μανιάκαις (supr, 
XXiX) sans avoir cru nécessaire de l'expliquer. — Du reste les mots 
τάς χείρας κα\ après περί ne se trouvent que dans le Bavaricus. 

2. Les mots οΰτω κα\ manquent généralement. 



POLYBE, LIV. II. CISALPINE; CELTES ET ROMAINS. 101 

même où elle avait été rangée, mais la cavalerie prit 
le galop pour s'enfuir. 

XXXI. Du côté des Celtes il y eut environ quarante 
mille hommes tués et pas moins de dix mille prison- 
niers : de ce nombre était Concolitan, un de leurs rois. 
L'autre, Anèroëste, s'étant réfugié en un certain lieu 
avec quelques-uns de ses hommes, se donna la mort 
après l'avoir donnée à ses fidèles. Le général des 
Romains, ayant ramassé les dépouilles, les envoya à 
Rome, et rendit le butin aux ayants droit. Pour lui, il 
prit avec lui les deux armées et se jeta, en passant le 
long de la Ligystique même, sur le territoire des Boies. 
Puis, ayant rassasié de profits les appétits de ses 
soldats, il revint en quelques jours à Rome avec ses 
troupes. Il orna le Capitole des enseignes et des 
maniaques pris à l'ennemi ; — les maniaques^ sont les 
torsades d'or que portent au cou les Galates. — Quant 
au reste des dépouilles et des prisonniers de guerre, 
il s'en servit pour son entrée à Rome et pour l'orne- 
ment de son triomphe. 

C'est ainsi, c'est de cette façon que fut mise à néant 
cette puissante invasion des Celtes, qui avait suspendu 
sur tous les Italiôtes et principalement sur les Romains 
un grand et terrible danger. Après ce succès, les 
Romains, espérant pouvoir chasser totalement les 
Celtes des contrées qui avoisinent le Pade, réunirent 
les deux consuls créés ensuite, Quintus Fulvius et 
Titus Mallius, et leurs armées avec un grand appareil 

1. Le maniaque celtique est probablement le torques ou torquis 
romain. C'était un ornement de forme circulaire fait d'un certain 
nombre de fils d'argent ou d'or roulés en spirale, et qui se portait 
comme un collier. V. Scheffer, De Antiquorum torquibus, etc.; Hamb., 
1707, in-8% p. 22-24. 



1 0% ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

έξαπέστειλαν ίτλ τους Κελτούς. Οδτοι δε τους (λεν Βοίους 
εξ έφ($δου καταπληξάμενοι συνηνάγκασαν εις τήν Ρω(Λα{ων 
εαυτούς δούναι πίστιν, τον δε λοιπόν χρ6νον της στρα- 
τείας, επιγενομένων ομβρων έξαισ{ων, ετι δέ λοιμικής 
διαθέσεως έμπεσούσης αύτοις, ύς τέλος άπρακτον εΪχον\ 



XXXII. Μετά δέ τούτους κατασταθέντες Π(5πλιος 
Φούριος και Γάιος Φλαμιινιος αύθις Ινί^οίΧοΊ εις τήν 
Κελτικήν δια της των Άναμάρων^ γω^ας, οίς συμβαίνει 

μή μακράν από Μασσαλίας^ εχε^ν '^ή"^ οικησιν. Ους εις 
τήν φιλίαν προσαγαγ(5μενοι διέβησαν εις τήν των Ίνσ($μ- 
βρων γήν κατά τάς συρροίας του τε Άδ(^α και Πάδου 
ποταμού. Ααβόγζες δέ πληγάς περ{ τε τήν διάβασιν και 
περί τήν στρατοπεδειαν , παραυτικα μέν έμειναν, μετά δέ 
ταύτα σπεισάμενοι καθ' δμολογίαν ανέλυσαν έκ των τ(^πων. 
Περιελθ($ντες δέ πλείους ημέρας, και διελθ^ντες τον 
Κλούσιον ποταμών, ήλθον εΙς τήν των Γονομάνων χώραν, 
και προσλαβ($ντες τούτους, οντάς συμμάχους, ένέβαλον 
πάλιν άπο των κατά τάς "Αλπεις τόπων εις τα των 
Ίνσόμβρων πεδ(α και τήν τε γήν έδήουν και τάς κατοικίας 
αυτών έξεπ($ρθουν. Οι δέ των Ίνσόμβρων προεστώτες, 
θεωρού ντες άμετάθετον ουσαν τήν έπιβολήν των Ρωμαίων, 
έκριναν της τύχης λαβείν πεϊραν και διακινδυνευσαι προς 
αύτους ολοσχερώς. 2υναθροίσαντες ουν άπάσας^ έπι ταύτόν, 

1. ηγον, conject. inutile de Schweigh.; il faut entendre reliquum 
expeditionis tempus usque ad finem sine effectu liabuere. 

2. Άνά«ων, Άναμάνων, conject. de SchweighaBuser; Am. Thierry 
adopte la dernière qui semble peu probable. — Cf. supr, XVll. 

3. On s'accorde à croire qu'il faut lire Πλακεντίας, conject. de 
Gluwer; il ne faut pas oublier toutefois que, selon Gaton (v. supr, 
p. 61), les Génomans, ces fidèles compagnons des Andes, demeu- 
rèrent près de Massalie. — 4. Scbweigh. pense avec F. Orsini qu'il 
faudrait ajouter ici τάς δυνάμεις. 



POLYBE, LIV. II. CISALPINE; CELTES ET ROMAINS. 103 

de guerre, et les envoyèrent contre les Celtes ^ Dès 
leur arrivée, les Boies, effrayés, furent forcés de s'en 
remettre à la discrétion des Romains. Mais durant le 
reste de la campagne, des pluies énormes étant sur- 
venues, une maladie pestilentielle étant tombée sur 
les Romains, les consuls arrivèrent au terme sans 
avoir rien fait. 

XXXII. Ceux qui furent créés après ceux-là ^ Poplius 
Furius et Gaïus Flaminius, se jetèrent de nouveau sur 
la Celtique par le pays des Anamares% lesquels se 
trouvent avoir leurs demeures non loin de Massalie. 
Les ayant attirés dans leur amitié, ils passèrent sur le 
territoire des Insombres, vers le confluent de l'Adoas 
et du Pade. Maltraités dans la traversée [du fleuve] et 
jusque dans leurs campements, ils restèrent là pour le 
moment, mais ensuite, ayant fait un traité, ils purent, 
aux termes de la convention, sortir de cette contrée. 
Puis, après des allées et venues de plusieurs jours, ils 
passèrent le fleuve Clusium et entrèrent dans le pays 
des Gonomans. Les ayant pris avec eux parce qu'ils 
étaient leurs alliés, ils se jetèrent de nouveau des régions 
subalpines dans les plaines des Insombres , brûlèrent 
le pays et ravagèrent les habitations. Les chefs des 
Insombres, voyant bien que les intentions des Romains 
ne changeaient pas, décidèrent de tenter la fortune et 
de risquer le tout pour le tout. Ayant donc rassemblé 
en un même endroit toutes leurs enseignes, même les 
enseignes d'or , dites les Immobiles , qu'ils enlevèrent 

1. An de Rome 530, av. J.-G. 224. - 2. An de Rome 531, av. J.-G. 
223. — 3. Dans la Transalpine, les Andes ou Andégaves sont, comme, 
dans la Cisalpine, \esAndres, Ananes, Anamares, voisins des Gono- 
mans; on pourrait donc lire ici et au ch. XXXIX : Άνδων ou Άνδε- 
χαουων; au ch. XVII : Άνδες OU Άνδεκάουοι. 



] 04 ΠΟΛΤΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β, 

και τάς χρυσας σημιαίας τάς ακίνητους λεγο(χένας χ,αθε- 
λ($ντες^ έκ του της 'Αθηνάς Ιερου, και τάλλα (Cas. , ρ. 1 2ΐΟ.) 
παρασκευασά[Λενοι δεόντως, [Αετα ταύτα τεΟαρρηκ($τως 
και καταπληκτικός άντεστρατοπέδευσαν τοις πολειι,ίοιζ, 
οντες το πλήθος εις πέντε [χυριάδας. Οι δε Ρω[ΛαΪοι, τα 
[χέν δρώντες σφας έλάττους οντάς παρά πολύ των εναντίων, 
έβούλοντο συγχρήσθαι ταις των συ(Λ|χαχούντων αύτοις 
Κελτών δυνά[Λεσι * τα δε συλλογισά[Λενοι την τε Γαλα- 
τικήν άθεσίαν και διότι προς δ|χοφύλους των προσλα[χβα- 
νο(/.ένων μέλλουσι ποιεισθαι τον κίνδυνον, εύλαβουντο 
τοιούτοις άνδράσι τοιούτου καιρού και πράγ[χατος κοινω- 
νειν. Τέλος δ' ουν αύτοι (χέν ύπέ[Λειναν εντός του ποτα[Λου, 
τους δε των Κελτών σφ{σι συν($ντας διαβιβάσαντες εις το_ 
πέραν, άνέσπασαν τας έπι του ρείθρου γέφυρας, ά(χα μεν 
άσφαλιζ6|Λενοι τα προς εκείνους, ά(χα δέ μίαν έαυτοις 
άπολείποντες ελπίδα της σωτηρίας την εν τω νικαν , δια 
το κατόπιν αύτοις άβατον οντά παρακεισθαι τον προειρη- 
μένον ποταμών. Πράξαντες δέ ταύτα προς τώ^ διακινδυ- 
νεύει ν ήσαν. 

XXXIII. Δοκοΰσι δ' έμφρόνως κεχρήσθαι τη μάχη 
ταύτη Ρωμαίοι, τών χιλιάρχων ύποδειξάντων ώς δει 
ποιεισθαι τον αγώνα κοινή και κατ' ιδίαν εκάστους. 
2υνεωρακ6τες γαρ έκ τών προγεγονότων κινδύνων δ'τι τοις 
τε θυμοϊς κατά τήν πρώτην i(foiov , εως âv άκέραιον ή , 
φοβερώτατ($ν έστι παν το Γαλατικον φΰλον, αι τε μάχαιραι 
ταις κατασκευαις, καθάπερ εϊρηται πρ($τερον, μίαν εχουσι 
τήν πρώτην καταφοράν καιρίαν, από δέ ταύτης ευθέως 
άποξυστρουνται, καμπτ(^μεναι κατά μήκος καΐ κατά πλά- 
ι. Vulg. κατέχοντες, correct. de Schweighseuser. 
2. Sic le Vatic. et le Florent. — Casaub., Schweigh., Didot, etc. 
Προς το δ. 



POLYBE, LIV. II. CISALPINE; CELTES ET ROMAINS. 105 

du temple d'Athèna ; ayant fait tous les autres prépa- 
ratifs nécessaires, ils vinrent après cela, hardis et 
terribles, camper en face de leurs ennemis, au nombre 
d'environ cinq myriades. Alors les Romains, d'un côté 
se voyant de beaucoup inférieurs en nombre, voulaient 
se servir des troupes des Celtes qui étaient leurs alliés ; 
de l'autre, réfléchissant à l'inconstance des Galates et 
à cette particularité, qu'ils allaient entrer en lutte avec 
des peuples de la même race que leurs auxiliaires, ils 
n'avaient garde d'agir en commun avec de pareils 
hommes dans un pareil moment, dans une affaire de 
cette importance. Finalement, ils demeurèrent eux- 
mêmes sur la rive citérieure , et ayant fait passer de 
l'autre côté les Celtes de leur parti, ils retirèrent les 
ponts qui étaient sur la rivière , se mettant tout à la 
fois en garde contre leurs alliés, et ne se laissant à 
eux-mêmes qu'une espérance de salut, la victoire. Car 
derrière eux s'étendait le fleuve dont nous avons 
parlé et qui n'était pas guéable. Cela fait, ils étaient 
prêts à commencer la lutte. 

XXXIII. On estime qu'en ce combat les Romains 
firent preuve de bon sens, grâce aux chiliarques qui 
leur montrèrent comment devaient manœuvrer les 
troupes en général et chaque homme en particulier. 
Ayant bien vu, d'après les précédentes batailles, que 
c'était par sa fougue dans la première attaque et avant 
d'avoir souffert que la race des Galates était redou- 
table ; que leurs épées, comme il a été dit auparavant, 
en raison de leur fabrication, ne portaient qu'un seul 
bon coup de taille, après lequel elles étaient émoussécs, 
courbées comme des strigiles, dans le sens de la lon- 
gueur et de la largeur, au point que si l'on ne donnait 



i 06 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

τος έπΙ τοϋουτοΊ ώστ* έάν [Λή δω τις άναστροφήν τοις 
χ ρω[Λένοις , έρε(σαντας προς τήν γήν άττευθυναι τω πόδι, 
τελέως άπρακτον ε?ναι τήν δευτέραν πληγήν αυτών • 
άναδ(5ντες ουν οι χιλ(αρχοι τα των τριαριών δ($ρατα των 
κατόπιν έφεστώτων ταις πρώταις σπε{ραις, καΐ παραγγεί- 
λαντες έκ [χεταλήψεως τοις ξ(φεσι χρήσθαι, συνέβαλον έκ 
παρατάξεως κατά πρόσωπον τοις Κελτοΐς. "Α[Λα δε τφ, 
προς τα δ(5ρατα ταις πρώταις καταφοραΐς χρω(Λένων των 
Γαλατών, άχρειωθηναι τάς μαχαίρας, συνδρα[Λ6ντες^ ε^ς 
τάς χείρας, τους μιέν Κελτούς άπρακτους εποίησαν, άφε- 
λ(5|Λενοι τήν έκ διάρσεως αυτών [λάχην (Cas., ρ. \%\ .) , 
δπερ Ι'δΐ($ν έστι Γαλατικής χρείας, δια το [Ληδα[Λώς κέντημα 
το ξίφος εχειν * αύτοΙ δ' ουκ έκ καταφοράς, αλλ' έκ διαλή-. 
ψεως δρθαις χρώμ,ενοι ταις μαχαίραις, πρακτικού του κεν- 
τήματος περί αύτας υπάρχοντος, τύπτοντες εις τα στέρνα 
καΐ τα πρόσωπα ^ και πληγήν έπΙ πληγή φέροντες, διέφθει- 
ραν τους πλείστους τών παραταξαμένων δια τήν τών 
χιλιάρχων πρ^νοιαν. *0 μέν γαρ στρατηγός Φλαμίνιος 
ούκ ορθώς δοκει κεχρήσθαι τω προειρημένω κινδύνφ. Παρ' 
αυτήν γαρ τήν οφρυν του ποταμού ποιησάμενος τήν εκταξιν 
διέφθειρε το της Ρωμαϊκής μάχης ι'διον, ούχ ύπολιπ^ μένος 
τ^πον προς τήν έπι π6δα ταΐς σπείραις άναχώρησιν. Έλ 
γαρ συνέβη βραχύ μίνον πιεσθήναι τή χώρίΐΐ τους άνδρας 
κατά τήν μάχη ν, ρίπτειν άν εις τον ποταμό ν αυτούς έδει 
δια τήν άστοχίαν του προεστώτος. Ού μήν άλλα γε πολύ 
νικήσαντες ταις σφετέραις άρεταϊς, καθάπερ ειπον, καΐ 



1. Bavar. συνδιαλαβόντες, leçon approuvée par Reiske et Ernesti. 

2. C'était la pratique habituelle des Romains Non caesim, sed 

punctim ferire discebant (tirones). Nam caesim pugnantes non 
solum facile vicere, sed etiam derisere Romani. Caesa enim quovis 
impetu veniat, non fréquenter interflcit; at contra puncta, duas 
uncias adacta, mortalis est, etc. Ideoque ad dimicandum hoc prœ- 
cipue génère usos esse constat Romanos Veget. De re mil. l, 12. 



POLYBE, LIV. II. LES ROMAINS DANS LA CISALPINE. 1 07 

pas à ceux qui s'en servaient le loisir de les redresser 
avec le pied contre la terre, un second coup de ces 
sabres était absolument sans effet, les chiliarques 
firent distribuer aux premiers manipules les piques 
des triaires qui sont placés derrière eux, en com- 
mandant à ceux-ci de prendre à la place leurs épées, 
et ils coururent sus aux Celtes en bon ordre et de 
front. Mais au moment que les Galates, portant leurs 
premiers coups de taille contre les piques, eurent mis 
leurs sabres hors de service, les Romains, engageant 
la lutte de plus près, réduisirent les Celtes à l'inaction : 
ils leur ôtaient en effet le moyen de combattre en 
levant leur arme, ce qui est pour les Galates la propre 
façon de manier des épées entièrement dépourvues 
de pointe. Eux, au contraire, n'usant pas de la taille, 
mais de l'estoc, et dans le maniement de leurs sabres, 
tenant droit devant eux la pointe par où ces armes 
ont leur effet, frappant à la poitrine et au visage, et 
portant coup sur coup, tuèrent la plus grande partie 
de leurs adversaires, et cela, grâce à la prévoyance 
de leurs chiliarques. Car Flaminius, leur général, ne 
paraît pas, dans l'engagement ci-devant raconté, s'être 
conduit selon les règles. Et en effet, en développant 
ses lignes sur la berge d'une rivière, il altérait, en ce 
qui lui est propre, la façon de combattre des Romains, 
n'ayant point laissé d'espace aux cohortes pour se 
replier pas à pas. Or, s'il fût arrivé à ses hommes 
d'être seulement un peu refoulés sur leur terrain 
durant le combat, il leur aurait fallu se jeter dans la 
rivière, à cause de la maladresse de leur chef. Cepen- 
dant, ayant, comme je l'ai dit, remporté, grâce à leurs 
propres qualités, une grande victoire, et s'étant rendus 



108 r- ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

Ίταμπληθοΰς μ.έν λείας, ούκ ολίγων δέ σκύλων κρατή- 
σαντες, έπανήλθον εΙς τήν Ρώριην. 

XXXIV. Τω δ' έξης ετει, διαπρεσβευσα(Λένων των 
Κελτών υπέρ ειρήνης καΐ Tcav τΐοιήσειν υπ ισχνού [Λενων, 

έσπευσαν οι κατασταθέντες ύπατοι Μάρκος Κλαύδιος και 
Γνάιος Κορνήλιος του μ,ή συγχωρηθήναι τήν ειρήνην 
αύτοϊς. Οι δ' αποτυχόντες, και κρίναντες έξελέγξαι τάς 
τελευταίας ελπίδας, αύθις ώρ[Λησαν έπι το [Λίσθουσθαι 
των περί τον Ροδανον Γαισατών Γαλατών εις τρισ(Λυρίους • 
ους παραλαβ^ντες ειχον εν έτοίμω και προσεδ^κων τήν 
των πολε(χίων ί(^οζο>/. Οι δέ τών Ρωμαίων στρατηγοί, της 
ώρας έπιγενο(Λένης , άναλαβοντες τάς δυvά|Jt.εις ήγον εις 
τήν τών Ίνσ(^(Λβρων χώραν. Παpαγεv6(i.εvoι δέ και στρα- 
τοπεδεύσαντες περί π(^λιν Άχέρρας^, ή [χεταξύ κείται του 
Πάδου καΐ τών Άλπίνων ορών, έπολι6ρκουν ταύτην. Οι 
δ' Ίνσο(Λβρες ^ , βοηθειν [Λέν ου δυνά[Λενοι , δια τό προκα- 
ταληφθήναι τους ευφυείς τόπους, σπεύδοντες δέ λυσαι τήν 
πολιορκίαν τών Άχερρών, [Jlέpoς τι της δυνά[Λεως διαβι- 
βάσαντες τόνΠάδον εις τήν τών "Ανδρών^ Χ^Ρ^'^» Ιπολκ^ρ- 
κουν το προσαγορευ6[Λενον Κλαστίδιον. Προσπεσ^ντος δέ 
του συμβαίνοντος τοις στρατηγοις, άναλαβών τους ίππεις 
Μάρκος Κλαύδιος και τών πεζικών'' ήπείγετο, σπεύδων 
βοηθήσαι τοις πολιορκουμένοις. Οι δέ Κελτοί, πυθ($μενοι 
τήν παρουσίαν τών ύπεναντίων, λύσαντες τήν πολιορκίαν 
ύπήντων και παρετάξαντο. (Cas., ρ. 122.) Τών δέ Ρω- 

t. Les mss. Άχέρας; Strab. V, iv, 8, Άχερρών; Appian. VllI, 63: 
Άχερράνων, Plut. Marcell. VI, Άκέρρας. Plin. III, xix, 14, Acerrad 
Vatriœ^ auj. Gherra ou Géra. 

2. Mêmes var. dans les mss. *Ισομ,βρες, Ίσ6μβροι. 

3. "Ανδρών, OU 'Ανδρών dans quelques mss. On croit ce mot altéré 
pour Άναμάρων (v. supr. p. 102-103) ou Άναμανών; nous pensons 
qu'il faut lire simplement Άνδων ou Άνδεχαούων. 

4. Schweighaeuser pense qu'un mot est tombé, μέρος τι ou τους 
εύζώνους. 



POLYBE, LIV. II. DÉFAITE DES INSUBRES. 109 

maîtres d'un très riche butin et de dépouilles qui 
n'étaient pas minces, ils s'en revinrent à Rome. 

XXXIV. L'année d'après, les Celtes, ayant envoyé 
des ambassadeurs au sujet de la paix, s'engageaient 
à tout faire pour l'obtenir : les consuls élus, M. Glaudius 
et Gn. Cornélius, mirent tous leurs soins à empêcher 
que cette paix ne leur fût accordée. Après cet échec, 
les Celtes, décidés à mettre à l'épreuve leurs dernières 
espérances, se hâtèrent de prendre à leur solde chez 
les Galates Gsesates des bords du Rhodan environ trente 
mille hommes. Ayant reçu ces troupes, ils les tinrent 
prêtes et attendirent l'arrivée des ennemis. Les géné- 
raux des Romains, la belle saison venue, ayant repris 
leurs troupes, les menèrent dans le pays des Insombres. 
Arrivés près de la ville d'Acherres qui est située entre 
le Pade et les monts Alpins, ils dressent là leur camp 
et en font le siège. Les Insombres, ne pouvant la 
secourir, parce que l'ennemi avait occupé les bonnes 
positions, mais désirant en faire lever le siège, jettent 
au delà du Pade une partie de leur armée, entrent dans 
le pays des Andres et assiègent la ville appelée Clasti- 
dium\ Le fait arrive aux oreilles des généraux, et 
M. Glaudius, prenant avec lui la cavalerie et quelque 
infanterie, s'empresse et vole au secours des assiégés. 
Les Celtes, informés de la présence de leurs adversaires, 
lèvent le siège, courent au-devant d'eux et se mettent 
en bataille. Les Romains avec leur seule cavalerie 



1. Les anciennes éditt. de Plutarque. Marcell. VI, donnaient Κα- 
πίδιον, faute depuis longtemps corrigée. — Tite-Live, XXXII, xxix, 
place en Ligurie cette ville des Andes, ce qui n'implique pas 
contradiction, les limites de ces diverses contrées ayant toujours 
été assez incertaines, et les Andes ayant complètement disparu, 
comme la plupart de ces anciens peuples celtes, après la soumis- 



110 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

[Λαιων αύτοίς τοις ίπιτευσιν έξ εφόδου τολμ,ηρώς σφ(σι 
προσπεσ(5ντων, τάς [λέν αρχάς άντειχον * (χετά δέ ταΰτα 
ΐΓεριιστα{Λένων καΐ κατά νώτου και κατά κέρας, δύσχρησ- 
του [χενοι τη (^.άχη, τέλος έτράπησαν υπ' αυτών των Ιππέων. 
ΚαΙ πολλοί (Jiàv εις τον ποτα(ΛΟν έμπεσόντες υπό του ρεύ- 
[Λατος διεφθάρησαν, οι δέ πλε(ους ύπο των πολε[Α(ων κατε- 
κ^πησαν. "Ελαβον δε και τάς Άχέρρας οι Ρω|χαιοι σ(του 
γε[Λθύσας, έκχωρησάντων είςτοΜεδι6λανον^ των Γαλατών, 
δσπερ εστί κυριώτατος τόπος της τών Ίνσ6[Λβρων χώρας. ΟΪς 
έκ ποδός επακολουθήσαντος του Γναΐου, και προσβαλόντος 
άφνω προς το Μεδι^λανον, το [/.εν πρώτον ήσυχ^αν έ'σχον • 
άπολυοριένου δ' αύτου πάλιν εις τάς Άχέρρας, έπεξελθ(5ν- 
τες και της ούραγέας άψάμενοι θρασέως, ΊίοΧΚους [χέν νεκ- 
ρούς εποίησαν, [χέρος δέ τι και φυγείν αυτών rf^a^y.oLGCx.Vj 
εως ό Γνάιος άνακαλεσά[/.ενος τους έκ της πρωτοπορε(ας 
παρώρι^ησε στήναι και συ[ΛβαλεΪν τοις πολε[Λ(οις. Οι μέν 
ουν Ρω(Λαΐοι , πειθαρχήσαντες τφ στρατηγώ , διε(χάχοντο 
προς τους έπικεΐ[Λένους εύρώστως. Οι δέ Κελτοί, δια τα 
παρόν εύτύχη(/.α μ,είναντες επι ποσόν ευθαρσώς, (χετ' ού 
πολύ τραπέντες εφευγον εις τάς παρωρείας. Ό δέ Γνάιος 
έπακολουθήσας την τε χώραν έπ^ρθει και τό Μεδιόλανον^ 
είλε κατά κράτος. 05 συι^βαένοντος , οι προεστώτες τών 
Ίνσόριβρων, άπογν^ντες τάς της σωτηρίας ελπίδας, πάντα 
τα καθ' αυτούς επέτρεψαν τοις Ρωμαίοις. . 



XXXV. Ό [Λέν ουν προς τους Κελτούς π6λε(Λος τοιούτον 
εσχε τό τέλος , κατά μέν τήν άπόνοιαν και τ^λμαν τών 



1. ici et plus bas tous les mss. sic, même le Vaticanus. 

2. Vatic. Μεδιολάνιον. — Cf. Strab. V, i, 6; Ptolém. IIJ, p. 284 de 
notre t. 1; Plin. III, xxi, 17. Vulg. Mediolanum, Milan. 



POLYBE, LIV. II. PRISE DE MÉDIOLANUM. 111 

tombent sur eux hardiment dès leur arrivée ; ils tien- 
nent bon d'abord; mais ensuite environnés, pris à dos 
et en flanc, mal à Taise pour combattre, ils sont fina- 
lement mis en fuite par la cavalerie. Beaucoup d'entre 
eux, étant tombés dans le fleuve, périrent entraînés 
par le courant ; le plus grand nombre fut massacré par 
les ennemis. Les Romains prirent aussi Acherres, qu'ils 
trouvèrent remplie de vivres, lesGalates s'étant repliés 
sur Médiolanum, le chef-lieu du pays des Insombres. 
Gnaeus les ayant suivis de près et d'un mouvement 
soudain s'étant rapproché de Médiolanum, d'abord ils 
se tinrent cois; mais, le consul étant reparti pour 
Acherres , ils marchèrent sur lui , attaquèrent hardi- 
ment son arrière-garde, lui tuèrent beaucoup de 
monde et forcèrent une partie de son armée à s'enfuir, 
jusqu'à ce que Gnœus, rappelant ceux qui marchaient 
en avant, les engagea à tenir ferme et à se mesurer 
avec les ennemis. Les Romains donc, obéissant au 
commandement de leur général, combattirent avec 
vigueur les assaillants. Mais les Celtes qui, animés par 
leur présent succès, avaient quelque temps résisté 
bravement, peu à peu tournèrent le dos et s'enfuirent 
dans la montagne. Gnseus, s'étant mis à leur poursuite, 
ravagea le pays et prit Médiolanum de vive force. 
Dans cette situation , les chefs des Insombres, renon- 
çant à leurs espérances de salut, livrèrent aux Romains 
tout ce qui leur appartenait. 

XXXV. Telle fut la fin de la guerre contre les 
Celtes : à voir la démence et l'audace des hommes 
engagés dans la lutte, et aussi les combats, la multi- 

sion de la Cisalpine. Clastidium se trouvait dans la Cispadane, à 1Έ. 
de Placentia et au S. de Médiolanum. 



1 1 2 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

άγωνιζθ{Λένων ανδρών, έτι δέ κατά τάς (Jt.a^aç καΐ τα 
πλήθος των έν αύταΐς άπολλυριένων, ούδενός καταδεέστερος 
τών ιστορη{Λένων • κατά δέ τάς έπιβολας και τήν άκρισίαν 
του κατά [λέρος χειρισμι,ου, τελέως ευκαταφρόνητος, δια το 
μή το πλεΐον, άλλα συλλήβδην άπαν το γιγν6|χενον υπό 
τών Γαλατών θυ[Λώ [χαλλον ή λογισ[Λώ βραβεύεσθαι. Περί 
ών ή[ΛεΪς συνθεωρήσαντες [Λετ' ολίγον χρ6νον αυτούς έκ 
τών περί τον Πάδον πεδίων έξωσθέντας, πλην ολίγων 
τ<$πων τών υπ' αύτας τάς 'Άλπεις κειμ.ένων\ ουκ ωήθη[Λεν 
δειν οιίτε τήν έξ αρχής ïcfoèov αυτών ά|Λνη[Λ6νευτον παρα- 
λιπειν ούτε τάς [Λετα ταύτα πράξεις (Cas., ρ. 123.) ούτε 
τήν τελευταίαν έξανάστασιν, ύπολα|Λβάνοντες οικειον ιστο- 
ρίας ύπάρχειν τα τοιαύτα επεισόδια τής τύχης εις μνήι^ην 
άγειν και παράδοσιν τοις έπιγενοριένοις, ι να (χή τελέως οι 
μεθ' ή[Λας άνεννόητοι τούτων υπάρχοντες έκπλήττωνται 
τάς αιφνίδιους και παραλόγους τών βαρβάρων εφόδους • άλλ* 
έπΙ ποσόν έν νώ λα(Λβάνοντες ^ ως ολιγοχρόνιόν έστι και λίαν 
εύφθαρτον το φύλον αυτών, ύπο(Λένωσι, καΐ πάσας έξελέγ- 
χωσΓ^ τας σφετέρας ελπίδας πρότερον ή παραχωρήσαί 
τίνος τών αναγκαίων. Και γαρ τους τήν Περσών εφοοον 
έπι τήν Ελλάδα και Γαλατών έπι Δελφούς εις (Λνή[Λην 
καΐ παράδοσιν ή[ΛΪν άγαγόντας ού μικρά, μεγάλα δ' οιομαι 
συμβεβλήσθαι προς τους υπέρ τής κοινής τών 'Ελλήνων 
ελευθερίας αγώνας. Ούτε γαρ χορηγιών ούθ' οπλών ούτ' 
ανδρών πλήθος καταπλαγεις αν τις άποσταίη τής τελευ- 
ταίας ελπίδος, του διαγωνίζεσθαι περί τής σφετέρας χώρας 

1. Les peuplades Alpines ne furent complètement soumises que 
par Auguste. Elles sont énumérées dans « l'inscription du trophée 
des Alpes » qui nous a été conservée par Pline (III, xxiv, 20) et qui 
ne comprend, dit-il, ni les douze cités Gottiennes, ni Celles dont 
la loi Pompée faisait des municipes. 

2. Tous les mss. et toutes les édit. λαβόντες, correct, de L. Dindorf. 

3. Mss. et éditt. : ύπομένουσι et έξελέγχουσι ; L. Dindorf a introduit 
dans le texte les conjectures de Schweighœuser. 



POLYBE, LIV. II. CONQUETE DE LA CISALPINE. 113 

tude des morts, elle ne le cède à aucune de celles que 
mentionne l'histoire; mais, à en voir les entreprises, 
l'absence de jugement dans les particularités de sa 
conduite, elle est tout à fait méprisable, parce que, je 
ne dis pas le plus souvent, mais, en somme, toujours, 
ce qui arrivait y était, chez les Galates, plutôt réglé 
par la passion que par le raisonnement. — Au sujet 
de ces peuples, en considérant combien peu de temps 
il a fallu pour les chasser des plaines du Pade, à l'ex- 
ception de quelques endroits situés au pied même des 
Alpes, nous n'avons pas cru devoir laisser de côté, 
sans les mentionner, leur arrivée d'abord, puis leurs 
faits et gestes et enfin leur expulsion. Nous croyons, 
en effet, que le propre de l'histoire est d'offrir aux 
nouvelles générations de tels épisodes de la fortune, 
pour qu'elles en gardent la mémoire et les transmettent 
à leur tour. Il ne faut pas qu'après nous, faute d'avoir 
aucune idée de ces faits, on s'effraie de ces attaques 
des barbares, soudaines, impossibles à prévoir. Il faut 
qu'en comprenant jusqu'à un certain point combien 
est peu durable et facile à anéantir cette espèce 
d'hommes, on leur résiste et qu'on mette à l'épreuve 
toutes ses espérances avant de céder sur aucun point 
essentiel. Et, en effet, ceux qui ont perpétué jusqu'à 
nous le souvenir et la tradition de l'invasion des Perses 
dans l'Hellade, et de celle des Galates à Delphes, n'ont 
pas peu, à mon sens, mais ont grandement contribué 
aux luttes des Hellènes pour leur commune hberté. 
Car on ne sera point effrayé par la grandeur des res- 
sources , par la multitude des armes et des hommes ; 
on ne renoncera point à sa dernière espérance , à la 
lutte pour son pays et sa patrie , en se mettant sous 
π 8 



1 1 4 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Β. 

και πατρίδος, λα[Λβάνων lïpè οφθαλ[χών το παράδοξον των 
τ^τε γενο[χένων, καΐ ρινη[Λονεύων δσας μ,υριάδας καΐ τίνας 
τ6λ(Λας και τητιλικας παρασκευας ή των συν νω και (χετα 
λογισμού κινδυνευ^ντων αιρεσις και δύνα[Λΐς καθεϊλεν. Ό 
δέ άπο Γαλατών φ($βος ου (jl^^vov το παλακ^ν, άλλα και 
καθ' ή(χας ήδη πλεονάκις εξέπληξε τους "Ελληνας. Διο 
και [χαλλον εγωγε τιαρωρ[Λήθην έπι το κεφαλαιώδη [/.έν , 
ανέκαθεν δέ ποιήσασθαι τήν υπέρ τούτων έξήγησιν. 



XXXVI. (Cas., ρ. 123.) Άσδρούβας δ' ό των Καρχη- 
δονίων στρατηγός , έτη χειρίσας οκτώ τα κατά τήν 

Ίβηριαν, έτελεύτησε, δολοφονηθείς εν τοις εαυτού κατα- 
λύ[Λασι νυκτός υπό τίνος Κελτου τό γένος , ιδίων ένεκα 
άδικημ,άτων ^ 

LXV. (Cas., ρ. 150.) Άναλαβών τήν στρατιάν 

'Αντίγονος προήγε ριετά των συ[Λμ.άχων εις τήν Λακωνι- 
κήν • έχων Μακεδόνας [χέν τους εις τήν φάλαγγα μυρίους, 
πελταστάς δέ τρισχιλίους, ιππείς δέ τριακοσίους, Άγριανας 
δέ συν τούτοις χιλίους, και Γαλατάς άλλους τοσούτους , 
μισθοφόρους 

LXVI. (Cas., ρ. 151.) Αύτος δέ τους μισθοφό- 
ρους έχων και τους Μακεδόνας κατά τον "Ολυμπον προς 
τους περί τον Κλεομένη διέγνω ποιεΐσθαι τήν μάχην. 
Προτάξας ουν τους μισθοφόρους επέστησε διφαλαγγίαν 
έπάλληλον των Μακεδόνων 

LXIX. (Cas., ρ. 153.) Οι δέ βασιλείς κατά τόν 

"Ολυμπον το μέν πρώτον εποιοΰντο δια τών ευζώνων καΐ 
μισθοφόρων τήν συμπλοκήν^, παρ' έκατέροις σχεδόν 



1. Comp. le récit un peu différent d'Appien, Ibériq. 8. 

2. Olymp. CXXXIX, 3, an de R. 532, av. J.-G. 222. 



POLYBE, LIV. II. MERCENAIRES GAULOIS. 115 

les yeux ce qu'il y a d'incroyable dans les événe- 
ments d'alors; en se rappelant combien de myriades 
d'hommes, quelles audaces, quels immenses prépa- 
ratifs furent anéantis par la résolution et la vaillance 
des peuples qui, avec intelligence et calcul, affron- 
tèrent ces hasards. Or, les Galates ont déjà bien des 
fois, non seulement dans les temps anciens, mais de 
nos jours, frappé de terreur les Hellènes. C'est ce qui 
m'a davantage excité à faire sommairement, mais en 
remontant un peu haut, un exposé de leur histoire. 

XXXVI. Asdrubas, le général des Garchèdonies,.... 
après avoir gouverné huit ans l'Ibèrie, mourut assas- 
siné dans son propre logis; il fut frappé pendant la 
nuit par un Celte qui avait contre lui des griefs per- 
sonnels. 

LXV Ayant reformé son armée, Antigone 

s'avança avec ses alliés dans la Laconique ; il avait une 
phalange de dix mille Macédones, trois mille peltastes\ 
trois cents cavaliers et en outre mille Agriânes et 
autant de Galates : c'étaient des mercenaires 

LXVI Ayant avec lui ses mercenaires et les 

Macédones, il résolut de livrer bataille à Cléomène le 
long de l'Olympe. Ayant donc mis en ligne ses mer- 
cenaires, il rangea derrière la phalange des Macédones, 
en deux corps pressés l'un contre l'autre 

LXIX Les rois (Cléomène et Antigone) enga- 
gèrent la bataille le long de l'Olympe d'abord avec 
leurs troupes légères et leurs mercenaires, lesquels 
faisaient de chaque côté à peu près cinq mille hommes. 

1. Peltastes, soldats armés de iapelie, bouclier léger, court, sans 
rebord, en peau de chèvre ou de truie, que Iphicrate, selon Dio- 



\ \ 6 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

ύπαργ^ντων τούτων εις πεντακισχιλίους. 'Ών ποτέ (Jièv 
κατά [/.έρη, ποτέ δ' ολοσχερώς συμπιπτί^ντων, διαφέρουσαν 
συνέβαινε γίγνεσθαι τήν εξ άμφοίν χρείαν, δ[χου των τε 
βασιλέων και των στρατοπέδων εν συν(^ψει ποιου[Λένων τήν 
[χάχην. Ή(/.ιλλώντο δε προς εαυτούς και κατ' άνδρα και 
κατά τάγμα ταΐς εύψυχ(αις 

ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΤΡΙΤΗ. 

II. (Cas., ρ. 158.) 'Υποδε(ξο(Λεν^ οτι μέγιστα 

συνεβάλετο αύτοις (τοις Ρωμα(οις) ή του πολιτεύματος 
ίδιοτης προς το μή μ($νον άνακτήσασθαι τήν Ίταλιωτών 
και Ιικελιωτών δυνάστευαν, έτι δέ τήν 'Ιβήρων προσλαβεΐν 
και Κελτών αρχήν, άλλα τό τελευταΐον και πρός^ τ<^ 
κρατήσαντας τω πολέμω Καρχηδονίων έννοιαν σχειν^ της 
τών δλων επιβολής 

III. (Cas., ρ. 159.) Ρωμαίοι καταλύσαντες τήν 

Γαλατών υβριν άδήριτον μέν σφίσι, παρεσκεύασαν τήν της 
'Ασίας αρχήν, απέλυσαν δέ τους έπι τάδε του Ταύρου 
κατοικοϋντας βαρβαρικών φόβων και της Γαλατών παρα- 
νομίας. Μετά δέ ταύτα θέντες ύπο τήν όψιν τάς Αιτωλών 
και Κεφαλλήνων^ ατυχίας έπιβαλουμεν τους Ευ μένει 
συστάντας προς τε Προυσίαν και Γαλατάς πολέμους, 
οΐι,οίως δέ και τον μετ' Άριαράθου προς Φαρνάκην^ 



1. Tous les anc. mss. sic, Casaub. d'après le ms. du Roi B, υπο- 
δείξω μεν. 

2. Sic mss. Vat., Flor., Aug., Reg. A. — Schweigh. άλλα κα\ το τελ. 
προς 

3. Bav. sic; les autres 'έχειν. 

4. Mss. Aug., Reg. A, Κεφαληνών. 

5. Vulg. Φάρνακα; Vat. et Flor. Φάρνακαν. 



POLYBE, LIV. m. PLAN DE l'AUTEUR. 117 

Tombant les uns sur les autres, tantôt par parties, 
tantôt en masse, il arriva que des deux côtés on se 
distingua dans raction. C'est qu'on se battait tous 
ensemble sous les regards des deux rois et des deux 
armées, et la lutte homme contre homme, rang contrç 
rang, se faisait de bon cœur \ 

LIVRE ni, 

II Nous montrerons ensuite qu'ils (les Romains) 

tirèrent les plus grands avantages de la nature propre 
de leur gouvernement, non seulement pour recon- 
quérir leur domination sur les Italiôtes et les Sicéliôtes, 
mais encore pour établir en outre leur empire sur les 
Ibères et les Celtes, et finalement, une fois les maîtres 
dans leur guerre contre les Carchèdonies, pour avoir 
l'idée de s'annexer^ l'univers 

III (Nous dirons en troisième lieu comment) 

les Romains, ayant abattu l'insolence des Calâtes, 
s'acheminèrent sans conteste à l'empire de l'Asie, 
affranchirent les populations en deçà du Tauros des 
craintes que leur inspiraient les Barbares et de l'ini- 
quité des Calâtes. Après cela, ayant mis sous les yeux 
les infortunes des ^Etôles et des Céphallènes, nous 
ajouterons les guerres incessantes que Eumène eut 
avec Prusias et les Calâtes, et pareillement celle qu'il 
fit avec Ariarathe contre Pharnacès 

dore, XV, 44, substitua au bouclier long, difficile à manier, en 
usage chez les Grecs. — 1. Nous avons donné les deux derniers 
extraits parce que, comme on l'a vu plus haut, parmi les merce- 
naires d'Antigone , il y avait des Gaulois. — 2. Nous prenons ici 
επιβολή dans le sens d'addition, adjonction, adjectio. On pourrait 
l'entendre aussi dans le sens d'invasion, d'èuiêaXXetv, se jeter sur. 



1 1 8 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

XVI. (Cas., ρ. 171 .) Συνέβαινε γαρ κατ' εκείνους 

τους καιρούς (των τυερι της Ζακανθα(ων πόλεως) Δηριήτριον 
τον Φάριον, έιιιλελησ(Λένον μεν των προγεγονότων εΙς αύτον 
ευεργέτη [Λάτων ύπο Ρωμαίων, καταπεφρονηκοτα δε πρότε- 
ρον [Λεν Stà τον άπο Γαλατών, τ($τε δε δια τον από Καρ- 
χηδονίων φόβον τυεριεστώτα Ρωμαίους^ πάσας δ' έχοντα 
τας ελπίδας εν τη Μακεδ($νων οικίί>: δια το συμπεπολεμη- 
κέναι και μετεσχηκέναι των πράς Κλεομένη κινδύνων 
Άντιγόνω, πορθειν μεν και καταστρέφεσθαι τας κατά τήν 
Ίλλυρίδα πόλεις τας ύπο Ρο^μαίους ταττομένας, πεπλευ- 
κέναι δ' εξω του Λίσσου παρά τάς συνθήκας πεντήκοντα 
λέμβοις και πεπορθηκέναι πολλάς των Κυκλάδων νήσων 



XXXIII. (Cas., ρ. 188.) Έπι δέ της 'Ιβηρίας 

άπέλιπεν (Αννίβας) Άσδρούβςι τάδελφω Λιγυστινούς 

τριακόσιους 

XXXIV. 'Αννίβας δέ πάντα προνοηθείς περί της ασφα- 
λείας των τε κατά Λιβύην πραγμάτων και των εν 'Ιβηρία 
λοιπόν έκαραδ^κει και προσεδέχετο τους παρά των Κελτών 
προς αυτόν αποστελλόμενους • σαφώς γαρ έξητάκει και 
τήν αρετή ν της ύπο τάς "Αλπεις και περί τον Πάδον 
ποταμον χώρας και το πλήθος τών κατοικούντων αυτήν, 
έτι δέ τήν προς τους πολίΐί.ους τών ανδρών τ6λμαν, και το 
μέγιστον, τήν ύπάρχουσαν δυσμένειαν αύτοις εκ του προγε- 
^ονότος πολίΐί.οΌ προο Ρωμαίους, υπέρ ού διήλθομεν ήμεις 
έν τή προ ταύτης βίβλω, χάριν του συμπεριφέρεσθαι τους 
έντυγχάνοντας τοις νυν μέλλουσι λέγεσθαι. Διόπερ είγετο 
ταύτης της (Cas., ρ. 189.) ελπίδος, και παν ύπισχνειτο, 
διαπεμπ($μενος επιμελώς προς τους δυνάστας τών Κελτών 

1. Sic. Vatic. et Flor. — Les autres mss. et Schweigh. Ρωμαίοις. 



POLYBE, LIV. m. ANNIBAL ET LES GAULOIS. 119 

XVI Il arriva vers ces temps-là (les temps 

des affaires des Zacanthœes^) que Dèmètrios de Pharos, 
oubliant les bienfaits passés des Romains, par lui 
méprisés même d'abord en raison de la crainte que 
leur avaient inspirée les Galates, et, à cette heure, 
pour celle que leur causaient les Garchèdonies , avait 
mis toutes ses espérances dans la maison [royale] des 
Macédones, parce qu'il avait fait la guerre avec eux, 
et qu'il avait pris part à la lutte d'Antigone contre 
Cléomène : il ravageait en conséquence et subjuguait 
les villes de l'Illyride qui étaient sous l'obéissance des 
Romains ; il avait, contrairement aux traités, navigué 
au delà du Lissos avec cinquante brigantins et ravagé 
plusieurs des îles Gyclades 

XXXIII En Ibèrie, il (Annibas) laissa à son 

frère Asdrubas trois cents Ligystins 

XXXIV. Annibas avait pris toutes les mesures 
pour la sécurité de la Libye et de Γ Ibèrie ; dès lors , 
l'œil au guet, il attendait les courriers qui lui étaient 
envoyés de chez les Celtes. Il avait demandé des ren- 
seignements certains sur la fertilité du pays situé au 
pied des Alpes et le long du Pade, sur le nombre des 
habitants, sur les dispositions des hommes par rapport 
à la guerre, principalement sur l'animosité qui leur 
restait de la dernière guerre contre les Romains, 
guerre dont nous avons parlé dans le livre précé- 
dent pour préparer les lecteurs à ce qui va être dit. 
Aussi Annibas s'attachait-il à cette espérance et faisait- 
il toutes sortes de promesses dans les messages qu'il 

l. Les Sagontins. — Sagonte, en grec Ζακάνθα. — 01. CXL, 2, An 
de Rome 535, av. J.-C. 219. 



1 20 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

και τους έπΙ τάδε καΐ τους εν αύταις ταΐς "Αλπεσιν ένοικουν- 
τας, [Λονως άν^ υπολα[Λβάνων έν 'Ιταλία συστήσασθαι τον 
προς Ρωμαίους πόλεμον , ει δυνηθείη διαπεράσας τάς προ 
του δυσχωρίας εις τους προειρημένους άφικέσθαι τόπους 
και συνεργοΐς και συμμάχοις χρήσασθαι Κελτοις εις τήν 
προκειμένην επιβολή ν. Άφικο μένων δε των αγγέλων, και 
τήν τε των Κελτών βούλησιν και προσδοκίαν άπαγγει- 
λάντων, τήν τε των Άλπίνων^ ορών ύπερβολήν έπιπονον 
μέν και δυσχερή λίαν, où μήν αδύνατον ε?ναι φασκ($ντων, 
συνήγε τάς δυνάμεις εκ της παραχειμασίας ύπα τήν έαρι- 
νήν ώραν. Προσπεπτωκ6των δε προσφάτως αύτω και τών 
εκ της Καρχηδόνος, έπαρθεις τω θυμώ και πιστεύων τη 
τών πολιτών ευνοία, παρεκάλει τάς δυνάμεις φανερώς ήδη 
προς τον κατά Ρωμαίων π6λεμον, έμφανίζων μεν δν τρόπον 
Ϊγ.8οτον αύτον έγχειρήσαιεν αίτεισθαι Ρωμαίοι και πάντας 
τους του στρατοπέδου προεστώτας, υποδεικνύων δε τήν 
της χώρας άρετήν, εις ην άφίξονται, και τήν τών Κελτών 
εύνοιαν και συμμαχίαν. Εύθύμως δε τών όχλων αύτφ^ 
συνεξισταμένων, έπαινέσας και παραγγείλας τακτήν ήμέ- 
ραν, έν ή τήν i'i.oL•^ ποιήσεται, τότε μέν διέλυσε τήν 
έκκλησίαν. 



XXXV. Έπιτελέσας δε τα προειρημένα παραγενο- 

μένης της ταχθείσης ημέρας, προήγε, πεζών μέν έχων εις 
εννέα μυριάδας, ιππείς δε περί μυρίους και δισχιλίους, 
(^^ΧΡ^ '^ής προσαγορευομένης Πυρήνης. 



1. Casaub. ajoute ούτως. 

2. SiCy les mss. et les édit. ant. à Gronovius; Schweigh., Didot 
Άλπεινών. 

3. Va tic, Flor. αυτών. — Schweigh. conject. d'après Gronov., 
συνεξανισταμένων. 



POLYBE, LIV. m. ANNIBAL ET LES GAULOIS. 121 

avait bien soin d'adresser aux chefs des Celtes habi- 
tant en deçà des Alpes et dans les Alpes mêmes : il 
estimait ne pouvoir soutenir la guerre en Italie contre 
les Romains que si, ayant traversé les lieux difficiles 
qu'il trouverait d'abord, il pouvait arriver dans les 
pays mentionnés plus haut et voir les Celtes coopérer 
comme alliés à l'entreprise qu'il projetait. Les messa- 
gers arrivés, il est informé du bon vouloir des Celtes 
qui l'attendent ; on lui dit que sans doute le passage des 
monts alpins est fatigant, très difficile, mais n'est pas 
impossible. Tirant donc ses troupes de leurs quartiers 
d'hiver, il les rassemble aux approches du printemps. 
Puis, à des nouvelles qui venaient de lui arriver aussi 
de Carchèdone, le cœur exalté, confiant dans la bien- 
veillance de ses concitoyens, il exhorte dès lors ouver- 
tement ses troupes à la guerre contre les Romains ; il 
leur représente de quelle façon les Romains avaient osé 
demander qu'on le leur livrât lui-même, et avec lui tous 
les chefs de l'armée; il leur vante la fertilité du pays où ils 
vont aller, la bienveillance et l'alliance des Celtes. Toute 
la foule de soldats se levant de bon cœur pour marcher 
avec lui, Annibas leur donne des éloges, annonce le jour 
fixé pour le départ, et congédie l'assemblée. 

XXXV. Après avoir terminé les préparatifs susdits 

Annibas, quand fut arrivé le jour fixé, marcha en 

avant, ayant avec lui environ neuf myriades de fantas- 
sins et près de douze mille cavaliers', jusqu'à la 

montagne dite Pyrènè. 



1. Tite-Live, XXI, 23 : prsemissis, qui Gallorum animos, qua 

traducendus exercitus erat, donis conciliarunt, Alpiumquc tran- 
situs specularentur, nonaginta miUia peditum, duodecim millia 
equitum Iberum traduxit. 



1 2!2ί ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

(Cas., ρ. 190.) Τήν δέ λοιπήν στρατιαν άναλα- 

βών εύζωνον, πεζούς μεν 'πεντακισ[λυρίους, ίιτπεΐς δε προς 
ένακισχιλ(ους, ήγε δια των Πυρηνα(ων λεγομένων ορών 
έπΙ τήν του Ροδανου καλουμένου ποταμού διάβασιν, έχων 
ούχ ούτω πολλή ν δύναμιν ώς χρησίμην καΐ γεγυμνασμέ- 
νην διαφερ^ντως εκ της συνέχειας των κατά τήν Ίβηρ(αν 
αγώνων. 

XXXVI. "Ινα δέ μή των τ^πων αγνοουμένων παντά- 
πασιν ασαφή γίγνεσθαι συμβαίνη τήν διήγησιν, ρητέον 
αν ειη πόθεν δρμήσας 'Αννίβας και τ(νας και πόσους 
διελθών τόπους εις ποια μέρη κατήρε της Ίταλ(ας 

XXXVII. (Cas., ρ. 191.) Ή δ'Εύρο^πη ταύταις 

άμφοτέραις (Άσ(α τε και Λιβύη) ώς προς τάς "Αρκτους 
άντιπαράκειται, κατά το συνεχές άπο των ανατολών παρή- 
κουσα μέν άχρι προς τας δύσεις, κείται δ' αυτής το μέν 
όλοσχερέστερον και βαθύτερον μέρος υπ' αύτας τας "Αρκτους 
μεταξύ του τε Τανάιδος ποταμού και του Νάρβωνος, δς où 
πολύν απέχει τόπον ώς προς δύσεις άπο Μασσαλίας και τών 
του Ροδανου στομάτων, δι' ών εις το 2αρδονιον^ πέλαγος 
έξίησιν δ προειρη μένος ποταμός. Άπο δέ του Νάρβωνος καΐ 
τα περί τούτον Κελτοι νέμονται μέχρι τών προσαγορευομέ- 
νων Πυρηνα(ων ορών, α διατεινει κατά το συνεχές άπο τής 
καθ' ήμας θαλάττης εως εις τήν εκτός. Το δέ λοιπόν μέρος 
τής Ευρώπης άπο τών προειρη μένων ορών το συνάπτον 
προς τε τάς δύσεις και προς Ηρακλείους 2τήλας^ περιέχεται 
μέν υπό τε τής καθ' ήμας και τής εξω θαλάττης, καλείται 
δέ το μέν παρά τήν καθ' ήμας παρήκον εως Ηρακλείων 
2τηλών Ιβηρία, το δέ παρά τήν έξω και μεγάλην προσα- 

1. Bav. Σαρδώνων. — 2. Chez les Latins Herculis Columnse, les 
Colonnes d'Hercule. 



POLYBE, LIV. III. DÉTAILS GÉOGRAPHIQUES. 1^3 

Ayant ensuite repris ce qu'il gardait de son 

armée — les troupes légères, cinquante mille hommes 
d'infanterie et près de neuf mille de cavalerie, — il 
les mena à travers les monts dits Pyrènsees, au passage 
du fleuve appelé Rhodan. Ces forces n'étaient pas aussi 
nombreuses que propres au service, supérieurement 
exercées comme elles l'avaient été, par une suite non 
interrompue de combats en Ibèrie. 

XXXVI. Pour éviter que, par suite de l'ignorance 
des lieux , il ne règne dans notre récit une complète 
obscurité, il faut dire d'où partit Annibas, quels 
lieux, combien de lieux il traversa et dans quelles 
parties de l'Italie il descendit 

XXXVII L'Europe s'étend vers les Ourses, en 

face de ces deux contrées (l'Asie et la Libye) ; elle va 
d'un seul tenant du levant jusqu'au couchant. La masse 
principale et la plus compacte de ce continent se trouve 
au-dessous des Ourses mêmes, entre le fleuve Tanaïs 
et le Narbôn\ — ce dernier à l'ouest et à peu de 
distance de Massalie et des bouches du Rhodan, par 
où ce fleuve se jette dans la mer de Sardone. Depuis 
le Narbôn et dans les pays d'alentour habitent les 
Celtes, jusqu'aux monts appelés Pyrènsees, lesquels 
forment une chaîne continue de notre mer à la mer 
extérieure. Le reste de l'Europe qui, partant des 
montagnes susdites, va rejoindre au couchant les 
Colonnes Hèraclées , est entouré par notre mer et la 
mer extérieure et est appelé — la partie du moins 
qui court le long de notre mer jusqu'aux Colonnes 
Hèraclées — Ibèrie. L'autre partie — le long de la 

l. Polybe est le seul auteur ancien qui mentionne un fleuve de 



i 24 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

γορευομ,ένην, κοινήν μέν ονο{Λασ(αν ουκ έχει δια τό προσ- 
φάτως κατωπτευσθαι , κατοικείται δέ παν ύπο βαρβάρων 
εθνών και (Cas., ρ. 192.) πολυάνθρωπων, υπέρ ών ή[Λεϊς 
[χετα ταύτα τον κατά [χέρος λ^γον άποδώσομεν. 

XXXVIII. Καθάπερ δε και της Άσ{ας και της Λιβύης, 
καθο συνάπτουσιν άλλήλαις περί τήν Αίθιοπέαν, ουδείς 
έχει λέγειν άτρεκώς εως των καθ' ή{Λας καιρών, π(5τερον 

ήπειρί^ς έστι κατά το συνεχές τα προς τήν μεση[Λβρ{αν, ή 
θαλάττη περιέχεται, τον αυτόν τρόπον το μεταξύ Τανάιδος 
και Νάρβωνος εις τάς "Αρκτους άνήχον άγνωστον ή(ΛΪν εως 
του νυν έστιν, έάν μ,ή τι μετά ταύτα πολυπραγμονουντες 
ίστορήσωμεν. Τους δέ λέγοντας τι περί τούτων άλλως ^ 
ή γράφοντας άγνοειν και μύθους διατίθεσθαι^ νομιστέον. 



XXXIX., Καρχηδόνιοι γαρ εν τούτοις τοιςκαιροις 

της μέν Λιβύης έκυριευον πάντων τών έπι τήν εσω θάλατ- 
ταν νευ(5ντων μερών από τών Φιλαινου^ βωμών, οι κείνται 
κατά τήν μεγάλην 2ύρτιν, έως έφ' 'Ηρακλείους 2τήλας. 
Τούτο δέ το μήκος έστι της παράλιου υπέρ τους έξακισχι- 
λ(ους και μυρ(ους σταδίους. Διαβάντες δέ τον καθ' Ηρα- 
κλείους^ 2τήλας π6ρον b^uoitùç έκεκρατήκεσαν και της 
'Ιβηρίας άπάσης εως της poLyjcnç , δ πέρας έστι προς τή 
καθ' ήμας θαλάττη τών Πυρηναίων ορών, α διορίζει τους 
"Ιβηρας και Κελτούς. 'Απέχει δέ του καθ' 'Ηρακλείους 

1. Ce mot manque généralement; il a été ajouté par Schweigh. 
d'après le Vaticanus, le Florentinus, et les mss. du Roi B. G. 

2. Vulg. διατιθέναι; correction indiquée par Reiske et Schweigh. 

3. Généralement Φιλαίνων. Strab. III, Sallust. Jugurth. LXXIX, Mêla 
I, 7, Val. Max. V, 6, Ext. 4. — Ptolém. IV, 3, et Scylax, Péripl, ont 
Φιλαίνου. — 4. Vatic. Ηρακλέους. 



POLYBE, LIV. m. DÉTAILS GÉOGRAPfflQUES. 125 

mer extérieure, dite aussi grande mer — n'a point de 
dénomination commune, pour avoir été récemment 
explorée, et elle est habitée par des populations 
barbares, nombreuses, dont nous donnerons ci-après 
une description détaillée \ 

XXXVIII. De l'Asie et de la Libye, en tant qu'elles 
se rattachent l'une à l'autre du côté de l'^Ethiopie, 
personne ne peut dire exactement jusqu'à cette heure 
si leurs parties au midi forment un prolongement de 
la terre, un vrai continent, ou si elles sont entourées 
par la mer. De même l'espace qui, entre le Tanaïs et 
le Narbôn, remonte vers les Ourses nous est jusqu'à 
ce jour [et nous sera] inconnu, à moins que par la suite 
d'activés recherches ne nous le découvrent. Ceux qui 
au hasard parlent ou écrivent sur ces contrées, il faut 
les regarder comme des ignorants ou des faiseurs de 
contes. 

XXXIX Les Garchèdonies , en ces temps-là, 

possédaient en Libye toutes les contrées inclinant vers 
la mer intérieure, à partir des Autels de Philsene situés 
vers la grande Syrte, jusqu'aux Colonnes Hèraclées : 
c'est un littoral d'une longueur qui dépasse seize mille 
stades. Ayant traversé le passage des Colonnes Hèra- 
clées, ils s'étaient pareillement rendus maîtres de 
toute l'Ibèrie jusqu'au récif où aboutissent du côté de 
notre mer les monts Pyrènaîes qui séparent les Ibères 
et les Celtes. La distance de la bouche qui s'ouvre 
entre les Colonnes Hèraclées à ce lieu-ci est d'environ 

ce nom. Il veut probablement parler de l'Atax. V. Strab. dans notre 
t. I, p. 80-81. — 1. Dans le livre XXXIV, dont il ne reste plus que 
des fragments, notamment chez Athénée, VllI, 4, p. 332 : « Polybe, 
dans le 34• livre de ses Histoires, dit que depuis la Pyrènè jusqu'au 
fleuve Narbôn, il y a une plaine, etc. » 



1 26 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

2τήλας στ($ματος οίτος^ ο τόπος ιτερί οκτακισχιλ(ους 
σταδίους. ΈπΙ μ.έν γαρ Καινή ν πόλιν άπο 2τηλών εϊναι 
συ(Λβα{νει τρισχιλίους, δ'θεν έποιείτο τήν όρ[Λήν Άνν(βας 
την εις Ίταλ(αν * τήν δέ Καινήν ττ^λιν ενιοι Νέαν Καρχη- 
δόνα καλοΰσιν^ • άπο δέ ταύτης είσΐν ίτά [χέν τόν 'Ίβηρα 
ΊΓοταμιον έξακ(^σιοι στάδιοι προς δισχιλίοις, από δέ τούτου 
πάλιν εις Έμπί^ριον^ χίλιοι συν έξακοσιοις. Καΐ μήν 
εντεύθεν έπι τήν του Ροδανου διάβασιν περί χιλ(ους έξακο- 
σίους * (Cas., ρ. 193.) ταύτα γαρ νυν βεβη[Λάτισται και 
σεση[Λε{ωται κατά σταδ(ους οκτώ δια Ρω[Λα{ων έπΐ[Λελώς * 
άπο δέ της διαβάσεως του Ροδανου πορευοριένοις παρ' αυτόν 
τον ποτα(ΛΟν ώς έπι τας πηγας εως προς τήν αναβολή ν των 
"Αλπεων τήν εις Ίταλίαν χίλιοι τετρακόσιοι. Λοιπαι δ' αι 
των "Αλπεων ύπερβολαί, περί χιλίους διακοσίους • ας ύπερ- 
βαλών εμελλεν ήξειν εΙς τα περί τον Πάδον πεδία της 'Ιτα- 
λίας. 'Ώ,στ' είναι τους πάντας εκ KaiVYJc πόλεως σταδίους 
περί ένακισχιλίους , ους έδει διελθειν αυτόν. Τούτων δή 
των τόπων κατά μέν το μήκος ήδη σχεδόν τους ήμίσεις 
διεληλύθει, κατά δέ τήν δυσχέρειαν το πλέον αύτω μέρος 
άπελείπετο της πορείας. 

XL. 'Αννίβας μέν ουν ενεχείρει ταις διεκβολαις των 
Πυρηναίων ορών, κατάφοβος ων τους Κελτούς δια τάς 
όχυρότητας των τόπων. Ρωμαίοι δέ κατά τους αυτούς 
καιρούς διακούσαντες μέν των έξαποσταλέντων εις Καρχη- 
δόνα πρεσβευτών τα δεδογμένα και τους ρηθέντας λόγους, 



1. Correct. d'Orsini approuvée par Schweigh. au lieu de αυτός 6 

τόπος. 

2. Cette phrase est regardée comme une glose interpolée. 

3. Sur Emporium, Έμπόριον, V. dans notre tome I, Scymn., p. 24- 
25; Strab., p. 58-59; Scylax, p. 310-311; Etienne de Byz. p. 364-365. 



POLYBE, LIV. m. DÉTAILS GÉOGRAPHIQUES. 1 2i7 

huit mille stades. Car on en compte trois mille des 
Colonnes à la Ville-Neuve d'où Annibas partit pour 
ritalie. Or, la Ville-Neuve est appelée par quelques- 
uns Néa-Carchèdone^ De cette ville à l'Ibère^ il y a six 
cents stades en plus de deux mille, et de ce fleuve à 
Emporium encore mille avec six cents. De là à la 
traversée du Rhodan, environ mille six cents. Ces 
routes à présent ont été mesurées pas à pas et pour- 
vues de bornes-indices de huit en huit stades^ : c'est 
un ouvrage des Romains. Depuis la traversée du 
Rhodan, en marchant le long du fleuve vers ses 
sources, jusqu'à l'endroit des Alpes par où l'on monte 
vers l'Italie, mifle quatre cents stades. Restent pour 
les passages des Alpes environ mille deux cents stades. 
Ce passage effectué, Annibas devait arriver dans les 
plaines de l'Italie qui avoisinent le Pade. Ainsi depuis 
la Ville-Neuve, il y a en tout neuf mille stades^ pour 
le chemin qu'il avait à parcourir. A n'en considérer 
que la longueur, il en avait bien parcouru près de la 
moitié; mais, eu égard aux difficultés, il lui en restait 
à faire la plus grande partie. 

XL. Annibas donc s'occupait déjà de la traversée 
des monts Pyrènœes : mais il redoutait les Celtes et 
leurs pays si bien fortifiés. Les Romains vers le même 
temps apprirent, par les ambassadeurs envoyés à 
Carchèdone , et les décisions qui avaient été prises et 
les discours qu'on avait tenus. La nouvelle leur vint 

1. Carthage-la-Neuve, Garthagène. — 2. L'Ebre. — 3. Huit stades 
font juste la mesure du mille romain. — 4. Le total des distances 
évaluées en stades par Polybe est de 8,400 et non de 9,000. A-t-il 
voulu donner un nombre rond? Y a-t-il erreur, comme on le croit? 
V. la note de Schweighaeuser, Polyb., t. V. — Strab., II, iv, 4, a 
relevé l'erreur de Polybe. V. notre t. 1, p. 44-45. 



1 28 ΠΟΛΤΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

τιροσπεσ^ντος δε θαττον ή 7ΐροσεδ($κων Άννίβαν διαβεβη- 
κέναι τον "Ιβηρα ποταμ,ον (χετά της δυνά(Λεως, προεχεφι- 
σαντο πέμπε tv μ,ετα στρατοπέδων Π^πλιον μεν Κορνήλιον 
εις Ίβηρίαν, Τιβέριον δε 2εμπρώνιον εις Λιβύην. Έν δσω 
δ' οδτοι περί τάς καταγραφάς έγέγνοντο των στρατοπέδων 
και την άλλην παρασκευήν, έσπευσαν έπι τέλος άγαγειν 
τα κατά τάς αποικίας, ας ήδη^ πρότερον ήσαν εις Γαλατίαν 
άποστέλλειν προκεχειρισμένοι. Τας μεν ουν πόλεις ενεργώς 
έτε(χιζον, τους δ' οικήτορας έν ήμέραις τριάκοντα παρήγ- 
γειλαν έπι τους τόπους παραγίγνεσθαι^, τον αριθμόν οντάς 
εις έκατέραν την πόλιν εις έξακισχιλίους • ών τήν μέν 
μίαν εκτιζον έπι τάδε του Πάδου ποταμού, προσαγορεύ- 
σαντες Πλακεντ(αν, τήν δ' άλλην έπι θάτερα, κατονομά- 
σαντες Κρεμώνην. "Ηδη δε τούτων συνωκισμένων , οι 
Βοΐοι καλούμενοι Γαλάται, πάλαι μέν οίον λοχώντες τήν 
προς Ρωμαίους φιλιαν, ούκ έχοντες δε τότε καιρόν, 
μετεωριζόμενοι και πιστεύοντες έκ των διαπεμπομένων 
τη παρουσία των Καρχηδονίων, άπέστησαν άπο Ρωμαίων, 
έγκαταλιπόντες τους ομήρους, ους εδοσαν έκβαίνοντες έκ 
του TzokiikOO του προγεγονότος , υπέρ ο5 τήν έξήγ*/]σιν 
ήμεις έν τή πρότερα βίβλω ταύτης έποιησάμεθα. (Cas., 
ρ. 194.) Παρακαλέσαντες δε τους 'Ίνσομβρας^, και συμ- 
φρονήσαντες κατά τήν προγεγενημένην'' οργήν, κατέσυραν 
τήν κατακεκληρουχημένην χώραν ύπο Ρωμαίων, και τoύc 
φεύγοντας συνδιώξαντες εις Μοτίνην, άποικίαν ύπάρχουσαν 
Ρωμαίων, έπολιόρκουν. Έν οϊς και τρεις άνδρας των 



1. Mss. Reg. Β. sic; Schweigh. et les autres plus anc. οΐ δή. 

2. VatiC. έπΙ τόπους ytYveaOat. 

3. Ici le Vatic "Ινσοβρας, le Florent. Ίνσόμβρους, l'Augustanus et le 
ms. du Roi Α., Ίνσοβρας. 

4. Conject. de tleiske : προσγεγενημένην. — Schweighaeuser pense 
que les mots καΐ συμφρονήσαντες devaient peut-être se placer après 

οργήν. 



POLYBE, LIV. m. RÉVOLTE DE LA CISALPINE. 129 

aussi, plus vite qu'ils ne s'y attendaient, qu'Annibal 
avait passé Tibère avec une armée : ils résolurent 
donc d'envoyer avec des troupes Poplius Cornélius en 
Ibèrie et Tibérius Sempronius en Libye. Pendant que 
ces généraux s'occupent de leurs enrôlements et des 
autres préparatifs nécessaires, ils s'empressent aussi 
de mener à bonne fin les affaires des colonies dont 
l'envoi en Galatie avait été auparavant résolu. On 
travaille activement aux murailles des villes; ordre 
de se trouver sur les lieux dans un délai de trente 
jours est donné aux [nouveaux] habitants, dont le 
nombre allait à six mille pour chacune des deux villes 
qiie bâtissaient les Romains, la première en deçà du 
Pade, appelée par eux Placentia, l'autre, de l'autre 
côté, nommée Crémone \ Ces colonies étaient déjà 
établies , quand les Galates appelés Boies , qui depuis 
longtemps se faisaient de leur amitié avec les Romains 
comme une embuscade contre eux, sans avoir encore 
trouvé une bonne occasion , se montant la tête , et , 
d'après les messages qu'ils recevaient, croyant à la 
prochaine arrivée des Carchèdonies, se séparèrent des 
Romains; ils abandonnaient les otages qu'ils avaient 
livrés au sortir de la dernière guerre dont nous 
avons fait le récit dans le livre qui précède. Ils firent 
appel aux Insombres, et, s'étant concertés avec eux, 
grâce à leurs vieilles rancunes, ils dévastèrent le terri- 
toire dont les Romains avaient fait des lots, mirent en 
fuite les habitants et, les ayant poursuivis jusqu'à 
Motinè% firent le siège de cette colonie romaine : avec 



1. Tite-Live, Epit. libr. XX : Goloniœ deducto in agro de Gallis 
capto, Placentia et Cremona. — Cf. id. XXI, xxv. — 2. Modène. 

II 9 



130 Π0ΛΤΒ10Υ 12T0PIÛN Γ. 

επιφανών^ συνέκλεισαν τους ίπΐ τήν διαιρεσιν της χώρας 
άπεσταλ{Jt.έvoυς • ών εΙς [Λεν ην Γάιος Λουτάτιος δ τήν 
υπατον αρχήν είληφώς, οΐ δε δύο τήν έξαπέλεκυν. Οιο[Λέ- 
νων δε δει ν τούτων εις λ(5γους σφίσι συνελθεΐν, ύπηκουσαν 
οι Boîot. Των δ' ανδρών εξελθόντων, παρασπονδήσαντες 
συνέλαβον αυτούς, έλπέσαντες δια τούτων κο[/.ιεΪσθαι τους 
αυτών δ[Λήρους. Λεύκιος δε Μάλλιος έξαπέλεκυς υπάρχων, 
καΐ ΊτροκαθήΐΛενος έπι τών τόπων μ,ετά δυνά(Λεως, άκουσας 
τα γεγονός, έβοήθει κατά σπουδήν. Οι δέ Βοΐοι συνέντες 
αύτου τήν παρουσίαν, εν τισι δρυ[Λ0Ϊς έτοΐ[Λάσαντες ενέ- 
δρας, α(χα τω παρελθεϊν εις τους ύλώδεις τόπους, παν- 
ταχόθεν αρ,α προσπεσ^ντες , izoKkobç άπέκτειναν τών 
Ρω[Λαίων. Οι δέ λοιποί τας (χέν αρχάς ώρι^ησαν πρδς 
φυγην • έπει δέ τών υψηλών ήψαντο χωρίων, έπι τζοσον 
συνέστησαν ούτως ώστε [Λ^λις εύσχή[Λονα^ ποιήσασθαι τήν 
άποχ(6ρησιν^. Οι δέ Βοΐοι κατακολουθήσαντες συνέκλεισαν 
και τούτοις εις τήν Τάννητος^ καλουμένην κώ(Λην. Τοις 
δ' έν τη Ρώ[Λη προσπεσίντος οτι το τέταρτον στρατ^πεδον 
περιειλη(Λ{/.ένον υπό τών Βο(ων πολιορκείται κατά κράτος, 
τα (Λέν τφ Ποπλΐ(ρ προκεχεφισ[Λένα στρατόπεδα κατά 
σπουδήν έξαπέστελλον έπι τήν τούτων βοήθειαν, ηγεμόνα 
συστήσαντες έξαπέλεκυν, άλλα δέ συνάγειν και καταγρά- 
φειν εκ τών συμμάχων αύτφ παρήγγειλαν. 



1. Florent, επιφανέστατων. 

2. Εύσχήμονα άποχώρησιν. C'est l'ordre et la régularité des mouve- 
ments dans la retraite, tout le contraire de la déroute et de la 
fuite, que les Romains rendaient par les deux mots fusus fugatus 
que ordinairement rapprochés. Ευσχήμων devait être un terme 
technique. Polybe, V, 110, le dit encore d'une retraite; dans le 
même livre, c. 75, il le dit du repos, άνάπαυσις, et c'est là VoUum 
cum dignitate des Romains. — Cf. liv. XXI, 8. 

3. Bavar. et les éditt. av. Schweigh. άναχώρησον. 

4. Les mêmes Τάνητος. 



POLYBE, LIV. ΠΙ. RÉVOLTE DE LA CISALPINE. 131 

les colons ils y enfermèrent trois personnages illustres, 
les commissaires chargés de la répartition des terres. 
L'un d'eux, Gaïus Lutatius, avait été consul, et les deux 
autres, magistrats à six haches. Ils crurent nécessaire 
d'avoir une conférence avec les assiégeants, et les 
Boïes y consentirent. Mais à peine ces personnages 
furent-ils sortis de la ville, qu'au mépris de la foi 
jurée, ils se saisirent d'eux, espérant que ce serait un 
moyen de ravoir leurs otages \ Leucius Mallius, 
magistrat à six haches^, placé en observation dans 
ces contrées avec une armée, apprend ce qui était 
arrivé, et vient en toute hâte au secours des prison- 
niers. Mais les Boïes, ayant su qu'il approchait, dres- 
sèrent des embûches dans certaines forêts, et aussitôt 
que les Romains eurent passé sur ces terrains boisés, 
tombant sur eux de tous les côtés à la fois, ils en 
tuèrent un bon nombre. Les autres d'abord prirent 
la fuite; mais quand ils eurent atteint les hauteurs, 
ils s'y tinrent quelque temps et s'y rallièrent de façon 
à faire, non sans peine, une retraite en bon ordre. Les 
Boïes, qui les avaient suivis de près, les enfermèrent 
aussi dans la bourgade appelée Tannète^. Quand la 
nouvelle fut arrivée à Rome que la quatrième légion, 
ainsi enveloppée, était assiégée par les Boïes avec de 
grandes forces, les troupes qui étaient destinées à 
Poplius furent à la hâte envoyées à son secours, sous 
le commandement d'un général à six haches; et 
Poplius reçut l'ordre d'en réunir et d'en enrôler 
d'autres pour lui chez les alliés. 

1. An de R. 534, av. J.-C 218. - Cf. Tite-Live, XXI, xxv. 

2. Tite-Liv. ib. : Lucius Manlius prxtor, etc. 

3. Tite-Liv. ib. Tanetum. 



\ 32 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

XLI. Τα [χέν οΰν κατά Κελτούς, άπο της αρχής εως 
εις τήν Άνν(βου τταρουσίαν , εν τούτοις ην , καΐ τοιαύτην 
ειλήφει διέξοδον, οιαν εν τε τοις πρό του και νυν διελη- 
λύθαμεν. Ot δε στρατηγοί των Ρω(Λα(ων έτοΐ(Λασά[Λενοι 
τα προς τάς ίδιας έπιβολάς, έξέπλεον υπό τήν ώραέαν^ 
έπι τάς προκεΐ|Λένας πράξεις, Π6πλιος μέν ουν εις Ίβηριαν 
έξήκοντα ναυσΐ , Τιβέριος δέ 2ε[Λ7Γρώνιος εις Λιβύην ίκατον 
έξήκοντα σκάφεσι πεντηρικοΐς. Οίς οΰτω καταπληκτικώς 
έπεβάλετο πολε|Λεΐν και τοιαύτας έποιειτο παρασκευας εν 
τω Λιλυβαιω, πάντας^ και πανταχόθεν άθρο(ζων, ως 
ευθέως εκ κατάπλου πολιορκήσων αυτήν τήν Καρχηδόνα. 
ΤΙόπΚιοζ δέ κο(Λΐσθεις παρά τήν Λιγυστ(νην^ ήκε πεμπταϊος 
άπο Πισών'* εις τους κατά Μασσαλίαν τόπους, και καθορ- 
[Λίσθεις προς τ6 πρώτον στ(^[Λα του Ροδανοΰ , το Μασσα- 
λιωτικον προσαγορευόμενον , άπεβ^βαζε τάς δυνάμεις , 
άκούων μεν ύπερβάλλειν ήδη τα Πυρηναία τον Άννιβαν 
ορη, πεπεισμένος δ' έ'τι μακράν άπέχειν αύτον διά τε τάς 
δυσχωρίας των τζ$πων 'καΐ δια το πλήθος των μεταξύ 
κειμένων Κελτών. 'Αννίβας δέ παραδόξως, τους μέν χρή- 
μασι πε(σας τών Κελτών , τους δέ βιασάμενος , ήκε μετά 
τών δυνάμεων, δεξιον έχων τό 2αρδόνιον πέλαγος, έπι τήν 
του Ροδανου διάβασιν. Ό δέ Ποπλιος, διασαφηθέντος αύτω 
παρειναι τους ύπεναντιους, τα μέν άπιστων δια το τάχος 
της παρουσίας, τα δέ βουλό μένος είδέναι τήν άκρίβειαν, 
αύτος μέν ανελάμβανε τάς δυνάμεις εκ του πλου, και 



1. Vulg. έπ\ τήν ώρ. — Correct, de Schweigh. d'après Reiske. 

2. Schweigh. d'après Gronov. πάντα. 

3. Le même Λιγυστικήν; la leçon que nous donnons est celle de 
presque tous les mss., notamment du Vaticanus. 

4. Correction heureuse de Schweigh. indiquée par Casaub., à la 

place d'άπoπεσώv, qui pourtant peut se défendre : « il arriva, 

en tombant à IHmproviste (?), — dans les parages, etc. » 



POLYBE, LIV. m. ANNIBAL EN GAULE. 133 

XLI. Voilà dans quel état étaient les affaires chez 
les Celtes depuis le commencement jusqu'à l'arrivée 
d'Annibas, et le cours qu'elles avaient pris était tel 
que nous l'avons décrit auparavant et tout à l'heure. 
Les généraux des Romains, ayant fait leurs préparatifs 
chacun en vue de ses propres desseins , se rendirent 
par mer, à l'approche de la belle saison, aux lieux où 
les appelaient les opérations projetées, Poplius en Ibè- 
rie, avec soixante navires, Tibérius Sempronius en 
Libye, avec cent soixante vaisseaux quinquérèmes ; et 
ce dernier se portait à cette guerre d'un air si terrible, 
il faisait à Libybseum de tels préparatifs, ramassant de 
toutes parts tous les hommes, qu'on eût dit qu'il allait 
tout de suite en abordant assiéger Carchèdone. Poplius, 
longeant les côtes de la Ligystine, en cinq jours arriva 
de Pises dans les parages de Massalie. Ayant mouillé 
dans la première bouche du Rhodan, — celle qui est 
appelée Massaliôtique , — il débarqua ses troupes. Il 
avait bien ouï dire qu'Annibas franchissait déjà les 
monts Pyrènsees, mais il était persuadé que son 
ennemi était encore loin, — arrêté par les difficultés 
des lieux et la multitude des Celtes qui se trouvaient 
entre eux. Or, Annibas, ayant gagné les uns avec de 
l'argent et forcé les autres, parvint inopinément avec 
son armée, — ayant à sa droite la mer de Sardone, 
— au bord du Rhodan qu'il devait passer. Poplius, 
informé de l'arrivée des ennemis, mais n'y croyant 
pas à cause de la rapidité d'une pareille marche, 
voulait pourtant savoir au juste [ce qu'il en était]. 
Aussi, tout en faisant reposer ses troupes fatiguées de 
la mer, et tout en discutant avec les chiUarques^ les 

1. Tribuns. 



I\ 34 ΠΟΛΤΒΙΟΤ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

διενοειτο μετά των χιλιάρχων^ ποίοις χρηστέον των τόπων 

και συ[Λμικτέον τοις ύπεναντιοις • τριακοστούς δέ των 
ιππέων έξαπέστειλε τους άνδρωδεστάτους , συστήσας {/.ετ' 
άύτών καθηγε[Λ(5νας άμα και συναγωνιστάς Κελτούς, οι 
παρά τοις Μασσαλκοταις έτύγχανον μισθοφορουντες. 

XL1I. 'Αννίβας δέ προσμέξας τοις περί τόν ποταμον 
τ(5ποις, ευθέως ένεχε{ρει ποιεϊσθαι τήν διάβασιν κατά τήν 
άπλήν ρύσιν, σχεδόν ήμερων τεττάρων δδον απέχων στρα- 
τόπεδο) της θαλάττης. Και φιλοποιησάμενος παντι τρόπω 
τους παροικοΰντας^ τ6ν ποταμον έξηγόρασε παρ* αυτών τά 
τε μονόξυλα πλοία πάντα και τους λέμβους, οντάς ικανούς 
τω πλήθει δια το ταϊς εκ της θαλάττης έμποριαις^ πολ- 
λούς χρήσθαι των παροικούντων τον Ροδανόν. *Έτι δέ τήν 
άρμ(5ζουσαν ξυλειαν εξέλαβε^ προς τήν κατασκευήν των 
μονοξύλων * Έξ ών εν δυσιν ήμέραις πλήθος άναρίθμητον 
έγένετο πορθμείων, εκάστου σπεύδοντος μή προσδεϊσθαι 
του πέλας, εν αύτω δ' εχειν τάς της διαβάσεως ελπίδας. 
Κατά δε τον καιρόν τούτον εν τω πέραν πλήθος ήθροισθη 
βαρβάρων χάριν του κωλύειν τήν των Καρχηδονίων 
διάβασιν. Εις οΟς αποβλέπων 'Αννίβας και συλλογιζί^ μένος 
εκ των παρόντων ως ούτε διαβαίνειν μετά βίας δυνατόν 
εϊη τοσούτων πολεμίων έφεστώτων, ούτ' έπιμένειν, μή 
πανταχόθεν προσδέξηται τους ύπεναντίους, επιγενόμενης 
της τρίτης νυκτός έξαποστέλλει μέρος τι ' της δυνάμεως , 
συστήσας καθηγεμόνας έγχωρίους, έπι δέ πάντων "Αννωνα 
τον Βομίλκου του βασιλέως. Οι ποιησάμενοι τήν πορείαν 



1. Mss. Bav., Aug., Reg. Α. et Vatican. κα\ δια τών χιλιάρχων ύπετί- 
θετο, leçon condamnée par L. Dindorf. 

2. -Sic le Vatic; Schweigh., etc. κατοικοΟντας. 

3. Éditt. d'après le Bav., Ιμπορείαις. 

4. L. Dindorf, édit. Teubner, εξέβαλε, faute évidente. 



POLYBE, LIV. III. ANNIBAL PASSE LE RHÔNE. 135 

positions à prendre et les manières d'en venir aux 
mains avec les ennemis, il envoya trois cents cavaliers 
des plus braves, auxquels il avait adjoint comme guides 
et comme auxiliaires des Celtes qui se trouvaient alors 
chez les Massaliôtes en qualité de mercenaires ^ 

XLII. Annibas, ayant atteint les lieux voisins du 
Rhodan, s'occupa tout de suite d'en opérer le passage 
là où le fleuve n'avait qu'un lit : il avait son camp 
environ à quatre jours de marche de la mer. Après 
avoir mis tout en œuvre auprès des riverains pour 
s'en faire des amis, il acheta tout ce qu'ils avaient de 
barques d'une seule pièce et leurs brigantins, dont il 
y avait un assez bon nombre, beaucoup des riverains 
du Rhodan faisant le trafic des marchandises qui 
viennent par mer. Annibas reçut d'eux en outre des 
bois appropriés à la construction de ces bateaux d'une 
seule pièce ; et en deux jours on eut de ces bacs une 
multitude innombrable, chacun s'arrangeant de façon 
à n'avoir pas besoin des autres et à ne compter que 
sur soi pour son passage. Mais, en ce moment, sur 
l'autre rive s'étaient rassemblés une foule de Barbares 
pour empêcher les Carchèdonies de passer le fleuve. A 
cette vue, Annibas jugea bien, d'après l'état des choses, 
qu'il ne lui était possible ni de passer de force, ayant 
tant d'ennemis devant lui, ni de rester en place, de 
peur d'avoir à faire tête de tous les côtés à la fois ; la 
troisième nuit venue, il envoya donc une partie de son 
armée, avec des gens du pays pour guides, le tout sous 
le commandement d'Annon, fils du roi Bomilcas. Ces 

l. Tite-Live, ibid. XXVI, distingue les guides Massaliôtes et les 
Gaulois auxiliaires {ducibus MassUiensibus et auxiliaribus Gallis). Pour 
le reste, il semble traduire Polybe. 



i 36 ΙΙΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

άντίοι τφ ρεύ(Λατι παρά τον ποταμον επί διακόσια στάδια, 
παραγεν^ΐΛενοι iÎpc$ç τίνα τ^τιον, εν φ συνέβαινε περί τι 
χωρ(ον νησ(ζον περισχιζεσθαι τον ποτα(Λ6ν, ενταύθα κατέ- 
Ι^ειναν. Έκ δέ της παρακείμενης ύλης τα (j.èv συμ- 
πηγνύντες των ξύλων, τα δέ συνδεσμεύοντες , εν ολίγφ 
χρ($νω πολλάς ήρ(Λοσαν σχεδίας , άρκούσας τη χρεία προς 
το παρ($ν * εφ' αϊς διεκο(Λίσθησαν ασφαλώς ούδενος 
κωλύοντος. Καταλαβζ$ρ.ενοι δέ τ($πον έχυρόν^ έκείνην (χέν 
τήν ήι^έραν ε[Λειναν^ άναπαύοντες σφας έκ της προγεγε- 
νη[/.ένης κακοπαθείας, a(i.a δέ παρασκευαζ(5[Λενοι προς τήν 
έπιουσαν χρείαν κατά το συντεταγ[Λένον. Και μήν 'Αννίβας 
το παραπλήσιον έποίει περί τάς (χεΟ' εαυτού καταλειφθείσας 
δυνά[Λεις. Μάλιστα δ' αύτφ παρείχε δυσχρηστίαν ή των 
ελεφάντων διάβασις * οδτοι δ' ήσαν επτά και τριάκοντα 
τόν άριθ{/.($ν. 



XL1II. Ού (Λήν άλλ* έπιγενο(Λένης της πέ[χπτης νυκτός 
οι (χέν προδιαβάντες έκ του πέραν υπό τήν έωθινήν προή- 
γον παρ' αυτόν τον ποτα[Λον έπι τους άντιπέρας βαρβάρους, 
δ δ' 'Αννίβας ίτοίΐί,ους έχων τους στρατιώτας έπεϊχε τη 
διαβάσει, τους [χέν λέ[Λβους πεπληρωκώς των πελτοφόρων 
ιππέων, τα δέ [Λονόξυλα των εύκινητοτάτων^ πεζών. Ειχον 
δέ τήν ρ,έν έξ ύπερδεξίου και παρά το ρευρ,α τάξιν οι 
λέ{Λβοι, τήν δ' υπό τούτους τα λεπτά τών πορθ(Λείων, ινα 
το πολύ της του ρεύρ,ατος βίας ύποδεχο(Λένων^ τών 

1. Sic le Vatic. et le Florent., Schweigh. oxupbv. 

2. Leçon de presque tous les mss. Schweigh. διέμειναν. 

3. Correct, de Casaub. d'après le ms. Β du Roi, pour εΰκινητάτων 
donné par les éditt. et les mss. Bav., Aug. etBeg. A. —Le Florent., 
ευκίνητων. — 4. Schweigh. άποδεχ. — Le Vatic. donne ύποδεχ. qui est 

écrit au-dessus de l'autre leçon dans le Bavaricus. 



POLYBE, LIV. III. ANNIBAL PASSE LE RHÔNE. 137 

troupes, ayant fait route le long du fleuve, en amont, 
Tespace de deux cents stades, arrivèrent dans un 
endroit où, autour d'un terrain en forme d'île, se 
partageait le fleuve; là elles firent halte. De la forêt 
voisine elles tirèrent des pièces de bois , et soit en les 
assemblant, soit en les liant les unes aux autres, 
en peu de temps elles eurent construit un grand 
nombre de radeaux S suffisants pour les besoins du 
moment, et elles traversèrent le fleuve sans danger et 
sans encombre. S'étant emparées d'une forte position, 
elles y demeurèrent ce jour-là pour se reposer du mal 
qu'elles avaient eu auparavant, et pour se préparer à 
l'opération qu'elles avaient à faire conformément à 
l'ordre qui leur avait été donné ^. Annibas, de son 
côté, faisait de même avec les troupes qui lui étaient 
restées. Ce qui lui causait le plus d'embarras, c'était 
le passage des éléphants qui étaient au nombre de 
trente-sept. 

XLIII. Cependant, la cinquième nuit arrivée, ceux 
qui avaient passé les premiers, une fois sur l'autre rive, 
poussèrent en avant dès l'aurore, en suivant le cours 
même du fleuve , contre les barbares postés en face 
(d'Annibas). Celui-ci, qui tenait ses soldats tout prêts, 
procédait au passage, ayant chargé les brigantins de 
ses cavaliers armés de boucliers, et ses canots mono- 
xyles^ de son infanterie la plus légère. En amont et 
contre le courant furent placés les brigantins et au- 
dessous les bacs étroits, afin que, les premiers soute- 

1. Tite-Live, XXI, xxvii : ratibus junctis. 

2. Id. ibid. : Nocturno itinere atque operis labore fessus, quiète 
unius diei reflcitur, intento duce ad consUium opportune exsequen- 
dum. 

3. C.-à-d. formés d'une seule pièce de bois. 



1 38 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

λέμβων ασφαλεστέρα -^ί^νοιτο τοις μονο'ί,ύ'Κοΐζ ή παρακο- 
[Λΐδή δια του π^ρου. Κατά δε τας πρύμινας των λέμβων 
έφέλκειν ^ιε'^οου^^το τους ίππους νέοντας, τρεις άμα καΐ 
τέτταρας τοις άγωγεΰσιν ένος άνδρας έξ έκατέρου του 
μέρους της πρύμνης οιακίζοντος, ώστε πλήθος ίκανον 
ίππων συνδιακομέζεσθαι κατά τήν πρώτη ν ευθέως διάβα- 
σιν^ Οι δε βάρβαροι, θεωρουντες τήν έπιβολήν των ύπε- 
ναντιων, ατάκτως εκ του χάρακος έξεχέοντο και σποράδην, 
πεπεισμένοι κωλύσειν ευχερώς τήν άποβασιν των Καρχη- 
δονίων. 'Αννίβας δ' άμα τω (Cas., ρ. 197.) συνιδεΐν εν 
τω πέραν εγγίζοντας ήδη τους παρ' αύτου στρατιώτας, 
σημηνάντων εκείνων τήν παρουσίαν τω καπνω κατά το 
συντεταγμένον , έμβαίνειν άπασιν άμα παρήγγελλε και 
βιάζεσθαι προς τό ρεΰμα τοις έπι τών πορθμείων τεταγ- 
μένοις. Ταχύ δε τούτου γενομένου, και τών εν τοις πλοίοις 
άμιλλωμένων μεν προς αλλήλους μετά κραυγής, διαγω- 
νιζομένων δε προς τήν του ποταμού βίαν, τών δε στρατο- 
πέδων αμφοτέρων έξ έκατέρου του μέρους παρά τα χείλη 
του ποταμού παρεστώτων, και τών μεν ιδίων συναγω- 
νιώντων και παρακολουθούντων^ μετά κραυγής, τών δε 
κατά πρόσωπον βαρβάρων παιανιζ(5ντων^ και προκαλουμέ- 
νων τον κίνδυνον, ην το γιγνόμενον έκπληκτικον και 



1. Sil. Ital. III, 458 : 

Fluminea sonipes religatus ducitur alno. 

2. Sic les mss. Vat., Flor., Aug., et Reg. Α.; Schweigh. d'après les 
autres, παρακαλουντων ; Didot, de même. 

3. Le pœan, cri de guerre ou chant de victoire, appartient pro- 
prement aux Grecs, chez qui c'était un usage fort ancien. V. Héro- 
dote, liv. V, 1. — Lysias, dans le tableau de la bataille de Salamine 
{Orat. funeb. p. 101, éd. Reiske), applique, comme Polybe, ce mot 
aussi bien aux barbares qu'aux Grecs : Έν ταύτώ συμμεμιγμένου 
Ελληνικού κάΙ βαρβαρικού παιανος. 



POLYBE, LIV. ΠΙ. ANNIBAL PASSE LE RHÔNE. 139 

nant pour une bonne part la violence du courant, la 
traversée fût moins dangereuse pour les [canots] 
monoxylesK On avait eu l'idée de tirer les chevaux à 
la nage à l'arrière des brigantins, et comme de chaque 
côté de l'arrière un seul homme en conduisait, à 
l'aide de leurs longes, trois ou quatre à la fois, un 
assez bon nombre de chevaux furent conduits sur 
l'autre rive dans cette première traversée^. Les bar- 
bares, observant l'intention des ennemis, se répan- 
dirent sans ordre et par groupes épars hors de leurs 
retranchements, persuadés qu'il leur serait aisé d'em- 
pêcher le débarquement des Garchèdonies. Mais Anni- 
bas n'eut pas plus tôt reconnu sur l'autre rive l'approche 
des soldats détachés par lui, lesquels, suivant ses 
ordres, avaient signalé leur arrivée au moyen d'une 
fumée % qu'il commande à tous les siens de s'embar- 
quer à la fois et à ceux qui sont placés sur les bacs 
de tenir ferme contre le courant. Cette manœuvre fut 
vite exécutée. Alors ceux qui étaient sur les bateaux 
s' efforçant à qui mieux mieux avec des cris, et luttant 
contre la violence du fleuve, les deux armées debout 
de chaque côté, le long du fleuve, les soldats d'Anni- 
bas partageant les inquiétudes des autres et les accom- 
pagnant de leurs cris, les barbares, en face, enton- 
nant leur chant de guerre^ et appelant le combat, 

1. Tite-Live, ibid Ad excipiendum adversi impetum fluminis 

parte superiori tranquillitatem infra trajicientibus lintribus 

praebebat. 

2. Id. ibid. : Equorum pars magna nantes lorisapuppibus trahe- 
bantur 

3. Id. ibid. : prodito fumo signiflcant se transisse et haud 

procul abesse. 

4. Proprement chantant leur paean. — Tite-Liv. ibid. cum variis 
ululatibuR cantuque moris sui. 



1 40 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

παραστατικον αγωνίας. Έν φ καφω, των βαρβάρων άπο- 
"λελοιτζότων τάς σκηνάς, έπιπεσ^ντες άφνω και παραδόξως 
οι πέραν Καρχηδ(5νιοι, τινές (χέν αυτών ένεπί(Λπρασαν την 
στρατοπέδευαν , οι δε πλείους ώρμησαν έπι τους τήν διά- 
βασιν τηρουντας. Οί δε βάρβαροι, παραλ($γου του πράγ- 
ματος φανέντος αύτοις, οί μεν έπΙ τάς σκηνάς έφέροντο 
βοηθήσοντες, οι δ' Ύΐΐί,ύνοντο και διεμάχοντο προς τους 
επιτιθεμένους. 'Ανν(βας δέ, κατά τήν πρόθεσιν αύτφ 
συντρεχ(5ντων των πραγμάτων, ευθέως τους πρώτους 
αποβαίνοντας συνιστά και παρεκάλει, και συνεπλέκετο 
τοις βαρβάροις. Οί δέ Κελτοι και δια τήν άταξιαν και δια 
το παράδοξον του συμβαίνοντος ταχέως τραπέντες ώρμησαν 
προς φυγήν. 



XLIV. Ό δέ στρατηγός των Καρχηδονίων άμα της τε 

διαβάσεως και των ύπεναντίων κεκρατηκώς, παραυτίκα 

μέν έγίγνετο προς τη παρακομιδή των πέραν άπολειπο- 
μένων ανδρών • πάσας δ' έν βραχεί χρ(^νω διαπεραιώσας 
τάς δυνάμεις, έκείνην μέν τήν νύκτα παρ' αυτόν τον 
ποταμόν κατεστρατοπέδευσε * τη δ' επαύριον, άκούων τον 
τών Ρωμαίων στόλον περί τα στόματα του ποταμού 
καθωρμίσθαι, προχειρισάμενος πεντακοσίους τών Νομαδι- 
κών ιππέων έξαπέστειλε κατασκεψο μένους που καΐ πόσοι 
τυγχάνουσιν οντες και τί πράττουσιν οι πολέμιοι. Κατά 
δέ τον αυτόν καιρόν και προς τήν τών ελεφάντων διάβασιν 
προεχειρίσατο τους επιτηδείους^ Αυτός δέ συναγαγών τάς 



1. C'est-à-dire les cornacs ou conducteurs des éléphants, ceux 
qu'il appelle plus loin, ch. XL VI, leurs Indiens. ^Gt liv. I, xl, IX, 
i; Hesych. : Ίνδος, ό τον ελέφαντα άγων άπο ΑΙΘιοπίας. 



POLYBE, LIV. ΙΠ. ANNIBAL PASSE LE RHÔNE. 141 

tout cela faisait un ensemble formidable et bien propre 
à causer de l'inquiétude. En ce moment, les barbares 
ayant quitté leurs tentes, les Garchèdonies qui étaient 
de l'autre côté tombent sur eux tout à coup et à 
rimproviste; quelques-uns mettent le feu à leur 
camp; le plus grand nombre se jette sur ceux qui 
gardaient le passage. Les barbares, en présence de 
ce fait en dehors de tous leurs calculs \ ou se portent 
au secours de leurs tentes, ou bien se défendent et 
soutiennent le combat contre les assaillants. Annibas, 
voyant le concours que les événements prêtaient à 
ses desseins, rassemble tout de suite les premiers 
débarqués de ses soldats, les exhorte à bien faire et 
engage la bataille avec les barbares. Les Celtes, grâce 
à leur désordre et à l'imprévu des événements, font 
bientôt volte-face et prennent la fuite. 

XLIV. Le général des Garchèdonies, maître du 
passage et vainqueur de ses adversaires, s'occupe à 
l'instant du transport des hommes qu'il avait laissés 
sur l'autre rive ; en peu de temps toutes les troupes 
eurent passé , et il campa cette nuit-là sur les bords 
mêmes du fleuve. Mais le lendemain, apprenant que 
la flotte des Romains était mouillée auprès des bouches 
du fleuve, il prit un détachement de cinq cents cava- 
liers nomadiques et les envoya reconnaître où étaient 
les ennemis, combien ils étaient, ce qu'ils faisaient ^ 
En même temps , il requit aussi pour le passage des 
éléphants les hommes destinés à ce service. Pour lui. 



1. L. Maigret: Les Gaulois estonnez de ce cas si estrange 

2. Tite-Liv. XXXI, xxix : Numidas équités quingentos ad castra 
Rom. miserat speculatum ubi, et quantx copiœ essentj et quid para- 
rent. 



i 42 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

δυνάμεις εισήγαγε τους βασιλ(σκους τους περί Μάγιλον • 
Οδτοι γαρ ήκον ττρός αύτον έκ των περί τόν Πάδον πεδ(ων • 
καΐ δι' έρι^ηνέως τα δεδογι^ένα παρ' αυτών διεσάφει τοις 
οχλοις. (Cas., ρ. 198.) Έν δέ των λεγομένων ισχυρ($- 
τατα προς θάρσος των πολλών, πρώτον μεν ή της 
παρουσίας ενάργεια^ τών έπισπωμένων καΐ κοινωνήσειν 
έπαγγελλο μένων του προς Ρωμαίους πολέμου * δεύτερον 
δέ το της επαγγελίας αυτών άξΐ(>πιστον, δτι καθηγήσονται * 
δια τόπων τοιούτων δι' ών, ου^ενος έπιδεόμενοι τών αναγ- 
καίων, συντόμως άμα και μετά ασφαλείας ποιήσονται τήν 
εΙς Ίταλίαν πορείαν • προς δέ τούτοις, ή της χώρας 
γενναΐ($της , εις ην άφίξονται , και το μέγεθος, ετι δέ τών 
ανδρών ή προθυμία, μεθ' ών μέλλουσι ποιεΐσθαι τους 
αγώνας προς τάς τών Ρωμαίων δυνάμεις. Οι μεν ου y 
Κελτοι τοιαύτα διαλεχθέντες άνεχώρησαν. Μετά δέ τού- 
τους είσελθών αύτος πρώτον μέν τών προγεγενη μένων 
πράξεων άνέμνησε τους ojXouç ' εν αίς εφη πολλοίς 
αυτούς και παραβολοις έ'ργοις και κινδύνοις έπικεχειρη- 
κ^τας έν ούδενι διεσφάλθαι, κατακολουθήσαντας τη εκεί- 
νου γνώμη και συμβουλία. Τούτοις δ' έξης ευθαρσείς είναι 
παρεκάλει, θεωρουντας δι^τι το μέγιστον ήνυσται τών 
έργων, επειδή της τε του ποταμού διαβάσεως κεκρατήκασι^ 
της τε τών συμμάχων εύνοίας και προθυμίας αύτ($πται 
γεγόνασι. Δι6περ ωετο δεΐν περί μέν τών κατά μέρος 
ρί)ΐθυμεΐν, ως αύτώ μελόντων, πειθαρχουντας δέ τοις 



1. Vulg. ενέργεια; conject. de Casaub., Reiske et Scliweigh. — Cf. 
ch. Liv, lig. 6. 

2. Tite-Live, ibid qui se duces itinerum, socios periculi fore, 

affirmantes,.... 

3. Tite-Live, XXX : Nunc, postquam multo majorem partem iti- 
neris emensam cernant,.... Rhodanum, tantum amnem, tôt millibus 
Gallorum prohibentibus, domita ipsius fluminis vi, trajectum, etc. 



POLYBE, LIV. III. ANNIBAL ET LES ROMAINS. 143 

ayant réuni son armée, il amena au milieu d'elle 
Magile' et les autres petits rois qui l'accompagnaient, 
lesquels étaient venus des plaines du Pade trouver 
Annibas. Par le moyen d'un interprète, il expliqua 
de leur part à ses troupes leurs résolutions. De toutes 
les choses qui se dirent, voici celles qui eurent le plus 
de force pour donner confiance à la plupart des audi- 
teurs : d'abord, le fait positif de la présence de ces 
hommes qui les attiraient chez eux et leur promet- 
taient de prendre part à cette guerre contre les 
Romains; en second lieu, cet article de leurs promesses 
méritant créance, que les troupes seraient conduites en 
des lieux par où, sans jamais manquer du nécessaire, 
elles arriveraient vite et sûrement en Italie; en outre, 
la nature généreuse du pays où ils allaient arriver, son 
étendue, le courage des hommes avec qui ils devaient 
livrer des combats aux armées des Romains. Les 
Celtes, après avoir tenu un tel langage, se retirèrent. 
Ensuite Annibas, s'avançant lui-même, rappela d'abord 
aux troupes ce qui avait été fait jusque-là ; il leur dit 
qu'elles avaient elles-mêmes entrepris maintes choses 
hardies , périlleuses , sans avoir échoué dans aucune , 
pour avoir suivi ses idées, ses conseils; il les engageait 
conséquemment à avoir confiance, en considérant que 
la plus grande partie de leur tâche était achevée, 
puisqu'elles étaient venues à bout de passer le fleuve, 
et qu'elles avaient vu par elles-mêmes et le bon esprit 
de leurs alliés et leur courage. Il pensait donc qu'elles 
devaient être bien tranquilles sur les détails dont le 
soin le regardait, et, obéissant à ses ordres, se con- 

1. Dans Tite-Live, XXI, ibid., Magalus (Boiorum legatorum reguli 
que Magali adventus), forme adoptée par Am. Thierry. 



] 44 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

παραγγέλμασιν άνδρας αγαθούς γίγνεσθαι καΐ των προ- 
γεγον($των έργων άξ{ους. Του δε πλήθους έττιση {φαινομένου 
καΐ (χεγάλην δρ|;ιήν και προθυ[Λ{αν έμφαίνοντος, έπαινέσας 
αυτούς και τοις θεοΐς υπέρ απάντων ευξά[Λενος διαφήκε, 
παραγγείλας θεραπεύειν σφας και παρασκευάζεσθαι μετά 
σπουδής, ώς εις τήν αύριον^ άναζυγής έσομένης. 

XLV. Λυθε(σης δε τήc εκκλησίας, ήκον των Νομάδων 
οι προαποσταλέντες έπι τήν κατασκοπήν, τους μεν 
πλείστους αυτών άπολωλεκότες, οι δέ λοιποί προτροπάδην 
πεφευγ($τες. 2υμπεσ6ντες γαρ où μακράν άπό τής ίδιας 
στρατοπεδείας τοις των Ρωμαίων ίππευσι τοις έπι τήν 
αυτήν χρείαν έξαπεσταλμένοις υπό του Ποπλίου, τοιαύτην 
έποιήσαντο φιλοτιμίαν αμφότεροι κατά τήν συμπλοκήν., 
ώστε τών Ρωμαίων και Κελτών εις εκατόν ιππείς και 
τετταράκοντα διαφθαρήναι, τών δε Νομάδων υπέρ τους 
διακοσίους. Γενομένων δέ τούτων, οι Ρωμαίοι συνεγγί- 
σαντες κατά το δίωγμα τω τών Καρχ^ηδονίων χάρακι 
(Cas., ρ. 199.) και κατοπτεύσαντες, αύθις εξ υποστροφής 
ήπείγοντο, διασαφήσοντες τω στρατηγώ τήν παρουσίαν 
τών πολεμίων * άφικ(5μενοι δ' εις τήν παρεμβολήν ανήγ- 
γειλαν. Πόπλιος δέ παραυτίκα τήν άποσκευήν αναθεμένος 
έπι τας ναυς, άνέζευξε παντι τω στρατεύματι, και προήγε 
παρά τον ποταμών, σπεύδων συμμίξαι τοις ύπεναντίοις. 



'Αννίβας δέ τη κατά πόδας ήμέρς: τής εκκλησίας άμα 
τφ φωτΐ τους μέν ιππείς προέθετο πάντας ως προς θάλατ- 



1. Είς τήν ανίρ. manquent dans les mss. du Roi, dans le Bavar. et 
l'Augustanus. 



POLYBE, LIY. III. ANNIBAL ET SCIPION. 145 

duire en hommes vaillants et dignes de leur passé. 
La multitude donnant des marques d'approbation et 
montrant avec beaucoup d'élan un grand courage, le 
général loua ses soldats, et, après avoir prié les dieux 
pour eux tous, il les congédia avec recommandation 
de se bien soigner^ , puis de faire promptement leurs 
préparatifs, le départ devant avoir lieu le lendemain. 

XLV. L'assemblée s'était dissoute, quand arrivèrent 
ceux des Nomades qui avaient été envoyés à la décou- 
verte : ils avaient perdu la plus grande partie de leur 
détachement, et ceux qui restaient avaient échappé 
en fuyant ^ Car, s'étant rencontrés non loin de leur 
camp avec des cavaliers romains chargés par Poplius 
d'une pareille mission, ils avaient porté les uns et les 
autres dans cet engagement un tel désir de se distin- 
guer, que du côté des Romains et des Celtes il y avait 
bien eu cent quarante cavaliers de tués, et deux cents 
du côté des Nomades^. Après cette affaire, les Romains 
à la poursuite des Carchèdonies , étant arrivés tout 
près de leurs retranchements, et ayant tout vu, se 
hâtèrent de s'en retourner pour informer leur général 
de la présence des ennemis. Et en effet, rentrés dans 
leurs quartiers, ils firent leur rapport. Poplius à 
l'instant même charge ses bagages sur ses vaisseaux , 
et part avec toute son armée qu'il mène le long du 
fleuve, pressé d'en venir aux mains avec l'adversaire. 

Annibas , le lendemain de l'assemblée , au point du 
jour, place en avant du côté de la mer toute sa cava- 



1. Tite-Live, ibid. xxxi : Corpora curare, atque ad iter se parare 
jubé t. 

2. Id. ibid. xxix : Victores ad centum sexaginta, nec omnes Ro- 
mani, sed pars Gallorum ; victi amplius ducentis cocidorunt. 

II 10 



1 46 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

ταν, εφεδρείας έχοντας τάξιν, τήν δέ τών πεζών έκίνει 
δύναμιν εκ του χάρακος εις πορε(αν. Αυτός δέ τους ελέ- 
φαντας έξεδέχετο καΐ τους άμα τούτοις άπολελειμ,μ,ένους 
άνδρας. Έγένετο δέ ή διακομιδή των θηρίων τοιαύτη τις. 

XL VI. Πήξαντες σχεδίας καΐ πλείους άραρ(5τως, τού- 
των δύο προς άλλήλας ζεύξαντες, βιαίως ήρεισαν άμφοτέρας 
εΙς τήν γήν κατά τήν εμβασιν του ποταμού, πλάτος έχου- 
σας τα συναμφ(^τερον ώς πεντήκοντα π^δας. Ταύταις δέ 
συζευγνύντες αλλάς εκ των έκτος προσήρμοζον, προτεί- 
νοντες τήν κατασκευήν του ζεύγματος εις τον π^ρον. Τήν 
δ' από του ρεύματος πλευράν ήσφαλίζοντο τοις έκ της γης 
έπιγύοις^, εις τα περί το χείλος πεφυκότα των δένδρων 
ένάπτοντες^, προς το συμμένειν και μή παρωθεϊσθαι τα 
δλον έργον κατά του ποταμού. Ποιήσαντες δέ προς δύο 
πλέθρα^ τω μήκει το παν ζευγμα της προβολής, μετά 
ταύτα δύο πεπηγυίας σχεδίας διαφερ^ντως [τας μεγίστας] 
προσέβαλον ταΐς έσχάταις, προς αύτας μέν βιαίως δεδε- 
μένας, προς δέ τάς άλλας ούτως ώστ' εύδιακ(5πους αυτών 
ε?ναι τους δεσμούς. Ρύματα δέ και πλείω ταύταις ένήψαν, 
οις εμελλον οι λέμβοι ρυμουλκουντες ούκ έάσειν φέρεσθαι 
κατά του ποταμού, βίςι δέ προς τον ρουν κατέχοντες παρα- 
κομιειν και περαιώσειν έπι τούτων τα θηρία. Μετά δέ 
ταύτα, χουν εφερον έπι πάσας ^ πολύν, εως έπιβάλλοντες 
έξωμοίωσαν, όμαλήν και σύγχρουν ποιουντες, τή δια της 
χέρσου φερούση προς τήν διάβασιν δδφ. Τών δέ θηρίων 
ειθισμένων τοις Ίνδοις^ Η"•^ΧΡ^ {^^"^ '^9^^ '^^ ύγρον άει 

1. Laz. Bayf. De Re Nav. 1536, p. 119 : έπιγείοις. 

2. Deux mss., l'AuguSt. et le Reg. Α., άνάπτοντες. 

3. Le plèthre = 30 mètres. 

4. Éditt. d'apr. le Bav., επιπάσαντες. Ainsi avait lu aussi Laz. Bayf. 1. c. 

5. C'est le nom qu'on donnait assez souvent aux conducteurs des 
éléphants : V. supr. p. 140, note. 



POLYBE, LIV. m. ANNIBAL PASSE LE RHÔNE. 147 

lerie, disposée en corps de soutien, et fait sortir 
des retranchements son infanterie pour qu'elle se 
niette en marche. Quant à lui, il attend les éléphants 
et les hommes qu'il a laissés avec eux. Voici comment 
s'effectua le passage de ces animaux. 

XL VI. On avait construit de sohdes radeaux, — 
plus qu'il n'en fallait ; on en lia deux ensemble et on 
les fixa fortement à la terre dans le sens de l'entrée 
du fleuve ; ils avaient à eux deux une largeur d'à peu 
près cinquante pieds. A ceux-ci on enjoignit d'autres 
en les adaptant à la partie extérieure des premiers , 
et l'on allongea cet appareil de jonction au travers du 
lit. Le côté exposé au courant fut assujetti au moyen 
d'amarres partant de la terre et attachées aux arbres 
qui croissaient le long du bord, afin que toute la 
construction, immobile à sa place, ne fût pas poussée 
en aval. Ayant donné à toute la charpente ainsi pro- 
longée deux plèthres environ de longueur, aux der- 
niers radeaux on en ajouta deux autres d'une extrême 
solidité — c'étaient les plus grands ; ils furent forte- 
ment fiés ensemble, mais rattachés aux autres de 
façon que les liens se pussent aisément couper. A ces 
radeaux étaient fixés plusieurs câbles, à l'aide desquels 
les bateaux remorqueurs devaient ne pas les laisser 
emporter en aval, mais les maintenir de force contre 
le courant, les conduire de l'autre côté et y faire passer 
les bêtes qu'ils porteraient. Après cela, on porta sur 
ces radeaux beaucoup de terre que l'on jeta dessus, de 
façon à les rendre semblables, pour le niveau et la 
couleur, au chemin qui menait par la terre ferme au 
passage [du fleuve]. Ces bêtes sont habituées à obéir à 
leurs Indiens jusqu'à ce qu'elles rencontrent de l'eau ; 



\ 48 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

πειθαρχειν, εΙς δέ τα ύδωρ έμβαίνειν ούδα(Λώς ετι τολ- 
[Λωντων, ηγον δια του χώ[Λατος δύο τιροθέμενοι θηλείας, 
πειθαρχούντων αύταις των θηρίων. (Cas., ρ. ^00.) ΈπεΙ 
δέ έπΙ τάς τελευταίας επέστησαν σχεδίας, διακόψαντες 
τους δεσ[Λθύς, οίς' προσήρτηντο προς τάς άλλας, και τοις 
λέ(Λβοίς έπισπασά[Λενοι τα ρύ|χατα, ταχέως απέσπασαν 
από του χώ(Λατος τά τε θηρία καΐ τάς υπ' αύτοίς σχεδίας. 
05 γενο(Λένου, διαταραχθέντα τα ζωα κατά μεν τάς αρχάς 
έστρέφετο καΐ κατά πάντα τρ($πον o5p|ji,a • περιεχ(5[Λενα δέ 
πανταχόθεν υπό του ρεύματος άπεδειλία καΐ μένειν ήναγ- 
κάζετο κατά χώραν. Και τοιούτω δη τρ($πω προσαρμοζό- 
μενων άεΐ σχεδίων δυοιν, τα πλείστα των θηρίων έπΙ 
τούτων διεκομίσθη • τινά δέ κατά μέσον τον πόρον άπέρ- 
ριψεν εις τον ποταμον αυτά, δια τον φ($βον • ών τους μέν 
'Ινδούς άπολέσθαι συνέβη πάντας, τους δ' ελέφαντας δια- 
σωθήναι. Δια γαρ τήν δύναμιν και τό μέγεθος των προ- 
βοσκίδων, έξαίροντες ταύτας υπέρ το ύγρόν καΐ διαπνέοντες, 
αμα δ' έκφυσώντες παν τ6 παρεμπίπτον, άντέσχον, το 
πολύ καθ' ύδατος ορθοί* ποιούμενοι τήν πορείαν. 



XLVn. Περαιωθέντων δέ των θηρίων, αναλάβω ν 'Αννί- 
βας τους ελέφαντας και τους ιππείς, προήγε, τούτοις άπου- 
ραγών , παρά τον ποταμών , άπό θαλάττης ως έπι τήν εω 

ποιούμενος τήν πορείαν , ως εις τήν μεσόγειον της Εύρώ- 
ττης. Ό δέ Ροδανάς έχει τας μέν πηγάς υπέρ τάν Άδρια- 
τικον μυχον προς τήν έσπέραν νευούσας , εν τοις άποκλί- 
νουσι μέρεσι των "Αλπεων ως προς τάς άρκτους, ρει δέ 
προς τάς χειμερινάς δύσεις, έκβάλλει δ' εις το Σαρδφον 
πέλαγος. Φέρεται δ' έπΙ πολύ δι' αύλώνος, ού προς μέν 

ι. Vulg. οΓ; correct, de Schweighœuser. 
2. Les éditt. d'après le Bavar., ορθήν. 



POLYBE, LIV. m. ANNIBAL PASSE LE RHÔNE. 149 

quant à entrer dans l'eau , comme leur docilité ne va 
pas jusque-là , on les conduisit par cette jetée , deux 
femelles en tête, ces animaux les suivant docilement. 
Quand ils furent installés sur les derniers radeaux, on 
coupa les liens par lesquels ces radeaux tenaient aux 
autres , et à l'aide des bateaux , en tirant les câbles à 
soi , on eut bientôt tiré loin de la jetée et les bêtes et 
les radeaux qui les portaient. Cela fait, ces animaux, 
tout troublés, se tournaient et se retournaient d'abord, 
et de toutes manières s'élançaient. Mais, entourés de 
tous côtés par le courant, ils prenaient peur et se trou- 
vaient forcés de rester en place. Et de cette façon, à 
l'aide de deux radeaux successivement rattachés [à ceux 
qui étaient fixes], on transporta la plupart des bêtes. 
Quelques-unes au milieu de la traversée se jetèrent de 
peur dans le fleuve : il en résulta que tous les Indiens 
périrent; mais les éléphants furent sauvés. Car, grâce 
à la force et à la longueur de leurs trompes, ils pou- 
vaient , en les élevant au-dessus du fleuve , respirer , 
rejeter l'eau qui y pénétrait, résister au courant et 
faire la plus grande partie du trajet sans perdre pied. 
XLVIÎ. Les éléphants une fois passés, Annibas, ayant 
pris avec lui ces animaux et la cavalerie, les mit en 
queue et marcha en avant le long du fleuve, cheminant 
de la mer vers l'est, comme pour pénétrer dans l'in- 
térieur de l'Europe. Le Rhodan a ses sources au-dessus 
du golfe Adriatique, dans la direction de l'occident, 
et dans les parties des Alpes qui inclinent vers les 
Ourses'; il coule vers le couchant d'hiver et se jette 
dans la mer de Sardô. Il court en général à travers une 

1. Vers le nord. — Cf. Strab. dans notre t. I, p. 96-99. 



1 50 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

τάς άρκτους "Αρδυες^ ΚελτοΙ κατοικουσι, την δ' άπό 
μεση(Λβρ(ας αύτου πλευραν δρΓζουσι πασαν αί^ προς άρκτον 
κεκλιρ,έναί των "Αλπεων παρώρειαι. Τα δε πεδία τα περί 
τον Πάδον, υπέρ ών ήριΐν εϊρηται δια πλειόνων, άπο του 
κατά τον Ροδανον αύλώνος διαζευγνύουσιν αι των προειρη- 
Ι^ένων ορών άκρώρειαι, λα[Λβάνουσαι τήν αρχήν άπο 
Μασσαλίας ώς έπι τον του παντός Άδρία (χυχόν • ας τό^' 
ύπεράρας 'Αννίβας άπο των κατά τον Ροδανον τόπων, ένέ- 
βαλεν εις Ίταλίαν. 

'Ένιοι δέ των γεγραφί^των περί της υπερβολής ταύτης, 
βουλ6[Λενοι τους αναγιγνώσκοντας εκπλήττειν τή περί των 
προειρη[Λένων τόπων παραδοξολογία^ , λανθάνουσιν έκπίπ- 
τοντες^ εις δύο τα πάσης ιστορίας άλλοτριώτατα * και γαρ 
ψευδολογεΐν και (χαχό[Λενα γράφειν αύτοΐς αναγκάζονται. 
"Αμα {/.εν γαρ τον Άννίβαν (Cas., ρ. 2ι01 .) ά(JLί|Jιητόv 
τίνα παρεισάγοντες στρατηγον και τόλμη και προνοίςο, τού- 
τον θ[κο'λο•^θΌ[κίνως άποδεικνύουσιν ήμΐν άλογιστότατον * 
άμα δε καταστροφήν ου δυνάμενοι λαμβάνειν ούδ' ίΐ,ο^ον 
του ψεύδους, θεούς και θεών παϊδας εις πραγματικήν ιστο- 
ρίαν παρεισάγουσιν. Ύποθέμενοι γαρ τάς έρυμνότητας και 
τραχύτητας τών Άλπίνων ορών τοιαύτας, ώστε μή οίον 
ίππους και στρατόπεδα, συν δέ τούτοις ελέφαντας, άλλα 
μηδέ πεζούς εύζώνους ευχερώς άν διελθεΐν. * ομοίως δέ και 
τήν Ιρημον τοιαύτη ν τινά περί τους τόπους ύπογράψαντες 
ήμϊν, ώστ', ει μή θεός ή τις ήρως άπαντήσας τοις περί τον 
Άννίβαν υπέδειξε τάς ο^ούς^ έξαπορήσαντας αν καταφθα- 



1. Schweigh. se demande s'il ne faudrait pas lire Αι^υες. — Perott., 
Druentes. 

2. Ac est une addition de Schweigh. 

3. Bav., Aug., Reg. A, εμπίπτοντες. 



POLYBE, LIV. m. ANNIBAL PASSE LES ALPES. 151 

vallée où demeurent, du côté des Ourses, les Celtes 
Ardyes, et dont le côté méridional est partout borné 
par les régions des Alpes inclinées vers l'Ourse. Les 
plaines qui avoisinent le Pade, et dont nous avons 
longuement parlé, sont séparées de la vallée que suit 
le Rhodan par les hautes montagnes en question, les- 
quelles, prenant naissance à Massalie, vont jusqu'au 
point extrême où s'enfonce l'Adrias. C'est cette chaîne 
que franchit alors Annibas, quand il quitta les heux 
où court le Rhodan, pour se jeter sur l'Italie. 

Quelques-uns de ceux qui ont décrit ce passage, 
voulant frapper l'esprit de leurs lecteurs par des récits 
incroyables sur les lieux en question, tombent sans 
s'en douter dans les deux défauts les plus éloignés 
du caractère de l'histoire : ils sont forcés de débiter 
des mensonges et d'écrire des choses qui ne peuvent 
s'accorder entre elles. Ils mettent en scène un Annibas 
qui aurait été un général d'une audace et d'une pru- 
dence inimitables, et en même temps ils nous montrent 
incontestablement en lui le plus insensé des hommes. 
Comme ils ne peuvent trouver un dénouement ni une 
issue pour leur mensonge , ils introduisent des dieux 
et des enfants de dieux dans une histoire de faits 
réels. Ils supposent dans les monts Alpins des sortes 
de remparts, des aspérités du sol, tels qu'il ne 
serait pas possible, je ne dis pas à des chevaux, à 
des corps d'armée avec des éléphants, mais à des 
piétons en léger équipage de les traverser aisément; 
et de la même façon ils nous décrivent en ces lieux 
des déserts tels, que, si un dieu ou un héros ne fût 
venu au-devant d' Annibas pour lui montrer la route, 
lui et tous les siens, égarés, perdus, auraient été 



i 52 ΠΟΛΥΒΙΟΤ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

ρήναι πάντας, ©[/.ολογουμένως έκ τούτων εΙς έκάτερον των 
προεφη[Λένων ά[Λαρτημιάτων έ[χπίπτουσι. 

XL VIII. Πρώτον μεν γαρ τις αν φανειη στρατηγός 

άλογιστ^τερος Άννίβου και σκαιοτερος ήγε[Λών, δς τοσού- 
των ήγού(Λενος δυνά|Λεων, και τας {Λεγ(στας ελπίδας έχων 
εν τούτοις^ του κατορθώσειν τοις ολοις, ούτε τάς οδούς 
ούτε τους τόπους , ως ούτοι φασιν , ούτε πού πορεύεται το 
παράπαν, ούτε προς τινας, έγίγνωσκε, το δέ πέρας, ούδ' ε? 
καθ(5λου [τουναντίον] δυνατοις επιβάλλεται πράγ[Λασιν ^ ; 
αλλ' δπερ οι τοις ολοις έπταικ($τες, και κατά πάντα τρόπον 
έξαπορουντες ούχ ύπο[Λένουσιν , ώστ' εις άπρονοήτους 
καΟιέναι^ τόπους (Λετά δυνά|Λεως, τούτο περιτιθέασιν οι 
συγγραφείς Άνν(βί>:, τω τάς [χεγίστας ελπίδας ακεραίους 
εχοντι περί των καθ' εαυτόν πραγι^άτων. *0[Λθίως δέ και 
τα περί της έρη(Λίας, ετι δ' έρυρ^τητος και δυσχωρίας 
των τ^πων εκδηλον ποιεί το ψευδός αυτών. Ούχ ίστορή- 
σαντες γαρ ότι συ(Λβαίνει τους Κελτούς τους παρά τον 
Ροδανον ποτα[ΛΟν οικούντας, ούχ άπαξ, ουδέ δις προ της 
Άννίβου παρουσίας, ουδέ μήν πάλαι, προσφάτως δέ, {Jt.εγά- 
λοις στρατοπέδοις ύπερβάντας τας "Αλπεις, παρατετάχθαι 
[χέν Ρωμαίοις, συνηγωνίσθαι δέ Κελτοΐς τοις τα περί τον 
Πάδον πεδία κατοικούσι, καθάπερ ή(ΛεΪς εν τοις προ τού- 
των έδηλώσαμεν • προς δέ τούτοις, ουκ ειδ(5τες οτι πλείστον 
ανθρώπων φύλον κατ' αύτας οικειν συ(Λβαίνει τάς 'Άλπεις • 



1. Conject. de Reiske : εν ταύταις. 

2. Tous les mss. : το δέ πέρας, ου τι καθόλου τουναντίον δυνατοις επι- 
βάλλεται. Casaub., d'après une conjecture présentée en partie à la 
marge, en partie dans le texte du Regius Β : ού τοις κατά λόγον, 
τουναντίον δ' άδυνάτοις. — Schweigh. : το δε πέρας, ου τι καθόλου δυνατοίς, 
τουναντίον δ' άδυνάτοις επιβάλλεται πράγμασιν. II reconnaît cependant 
que le plus simple serait de supprimer τουναντίον que nous avons 
mis entre crochets. 

3. Gasaub., κατιέναι, malgré l'autorité de tous les mss. 



POLYBE, LIV. m. RÉFLEXIONS CRITIQUES. 153 

anéantis. Et voilà comme ils tombent incontestable- 
ment dans chacun des deux défauts ci-dessus indiqués. 
XL VIII. Et d'abord se pourrait-il voir un général 
plus insensé et un chef plus maladroit qu'Annibas qui, 
à la tête de pareilles forces et mettant en elles les 
plus grandes espérances pour un complet succès, ne 
connaissait, à ce que disent ces conteurs, ni les 
routes, ni les lieux, ni où ni chez qui il allait, ni enfin 
si les affaires où il se jetait étaient , en somme , pos- 
sibles? Ce que nul n'oserait, même après un complet 
échec, dans une situation sans issue, — cette folie du 
désespoir qui se précipite avec toutes ses forces, — 
ces historiens-là la prêtent à Annibas ayant encore 
entières les plus grandes espérances dans le succès de 
ses entreprises. Pareillement ce qu'ils disent de la 
solitude de ces lieux, comme aussi de leurs remparts 
naturels et de leurs difficiles abords, rend évidents 
leurs mensonges ^ Ils ne savaient pas qu'il est arrivé 
aux Celtes riverains du Rhodan , non pas une fois ou 
deux avant l'arrivée d' Annibas, non pas dans les temps 
reculés, mais tout récemment, de franchir les Alpes 
avec de grands corps d'armée pour livrer bataille aux 
Romains, comme auxiliaires des Celtes habitant les 
plaines des bords du Pade, ainsi que nous l'avons 
montré précédemment. Ils ne savaient pas davantage, 
— ce qui est un fait, — que des populations nom- 
breuses habitent dans les Alpes mêmes. Ignorant 

1. L'histoire de l'énorme roclie que l'on calcine et que l'on dis- 
sout en l'inondant de vinaigre, histoire si remplie de détails invrai- 
semblables et contradictoires, paraît avoir été empruntée par 
Tite-Live {ibid. 37) à quelqu'un de ces récits où le merveilleux 
confinait au ridicule. Le passage des Alpes par Annibal , qui rap- 
pelait un grand épisode de la vie d'Hercule , avait dû vivement 



1 54 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

αλλ' άγνοοΰντες έκαστα τών είρη[Λένων, ήρωα τινά φασιν 
έπιφανέντα συνυποδείξαι τάς (Cas., ρ. 2!02ι.) οδούς αύ- 
τοϊς. Έξ ών εικ($τως έιχιτίπτουσιν εις το παραπλήσιον τοις 
τραγωδιογράφοις. Και γαρ έκείνοις πασαι αι καταστροφαΐ 
τών δρα[Λάτων προσδέονται θεού και [μηχανής, δια τό τάς 
ττρώτας υποθέσεις ψευδείς και παραλόγους λα[Λβάνειν, τους 
τε συγγραφέας ανάγκη το παραπλήσιον πάσχειν, και ποιειν 
ήρωας τε και θεούς έπιφαινο [γένους, έπειδάν τας αρχάς 
απίθανους και ψευδείς ύποστήσωνται. Πώς γαρ oïdv τε 
παραλ($γοις άρχαΐς εύ'Κο'^ο'^ έπιθεΐναι τέλος•, 'Αννίβας γε 
μην, ούχ ώς οδτοι γράφουσι, λίαν δε περί ταύτα πραγ[χα- 
τικώς έχρήτο ταΐς έπιβολαις^ Και γαρ τήν της χώρας 
άρετήν, εις ην έπεβάλετο καθιέναι^, και τήν τών όχλων 
άλλοτρΐ($τητα προς Ρω[Λαίους έξητάκει σαφώς, εις τε τάς 
μεταξύ^ δυσχωρίας δδηγοϊς και καθηγε[Λ6σιν έγχωρίοις 
έχρήτο, τοις τών αυτών ελπίδων [Λέλλουσι κοινωνειν. 
Ή [χεις δε περί τούτων ευθαρσώς άποφαιν^μ,εθα δια το περί 
τών πράξεων παρ' αυτών ιστορηκέναι τών παρατετευχ($των 
τοις καιροϊς, τους δέ τόπους κατωπτευκέναι και τη δια 
τών "Αλπεων αύτοι'' κεγρήσθαι πορείί>: γνώσεως ένεκα και 
θέας. 



1. Voir le portrait d'Annibal par Polybe, XI, 19, et par Tite-Live, 
XXI, IV : Plurimum audaciœ ad pericula capessenda, plurimum 
consilii inter ipsa pericula erat. 

2. Schweigh., comme Gasaub., κατιέναι; le premier en note pro- 
pose καθιέναι. 

3. Les éditt. et les mss. Vatic, Bav., Aug., Reg. A : σαφώς, κα\ τής 
μετ. δυσχωρίας. 

4. Schweigh., αυτούς d'après l'Aug. et le Reg. A. — Le Vat., le Flor. 
et le Reg. B, αύτοϊς; le Reg. G, οώτοΧ; les éditt. αύτος d'après le Bav. 



POLYBE, LIV. III. RÉFLEXIONS CRITIQUES. 155 

toutes ces choses, ils disent qu'un héros est apparu, 
qui a montré les routes aux Carchèdonies. Et ainsi 
naturellement ils tombent dans le même embarras à 
peu près que les poètes tragiques qui, pour tous les 
dénouements de leurs drames, ont besoin d'un dieu 
et d'une machine, parce qu'ils ont pris leurs données 
premières en dehors de la vérité et du bon sens. Les 
historiens éprouvent nécessairement un pareil embar- 
ras et font apparaître des héros et des dieux, après 
qu'ils ont pris pour points de départ des idées in- 
croyables et fausses. Gomment est-il possible, en effet, 
de joindre à un commencement dénué de raison une 
fin raisonnable ! C'est qu'en vérité Annibas, tout autre 
que ne le peignent ces écrivains , apporta dans l'exé- 
cution de ces projets un esprit extrêmement pratique. 
La richesse du pays où il avait projeté d'entrer, les 
sentiments hostiles des populations à l'égard de Rome, 
il avait pris sur tout des informations certaines ; pour 
les endroits difficiles qu'il avait à traverser, il avait 
eu recours à des guides et à des conducteurs indi- 
gènes qui devaient partager avec lui les mêmes espé- 
rances. Nous nous exprimons à ce sujet avec ce ton 
d'assurance, parce que nous nous sommes renseigné 
pour tous ces faits auprès de ceux qui ont assisté à 
leurs différentes phases; parce que nous avons ex- 
ploré les lieux et que nous avons fait nous- même le 
voyage des Alpes, afin de connaître et de voir. 

exciter les imaginations; mais que tout de suite après, cet événe- 
ment ait inspiré des tableaux épiques ou tragiques comme ceux 
dont parle ici Polybe, on doit en être surpris, et l'on ne peut s'om- 
pôcher pourtant de regretter qu'il ne soit rien resté de ces récits, 
pour voir jusqu'à quel point ces inventions méritaient la colère du 
consciencieux historien. 



\ 56 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

XLIX. Ού (Λήν άλλα ΐΙόπΚιος μ,έν δ των Ρωμ.α(ων 
στρατηγός, ή[Λέραις ύστερον τρισΐ της άναζυγής της των 
Καρχηδονίων παραγεν^μιενος ετά τήν του ποτα{Λθϋ διάβα- 
σιν, καΐ καταλαβών ώρ[Ληκ($τας τους ύπεναντίους, έξενίσθη 

μ,έν ως ενδέχεται [χάλιστα • 7ΐεπεισ[Λένος ου^ίποτ αν αυτούς 
τολ[Λήσαι τηδε ποιήσασθαι τήν εις Ίταλίαν πορεέαν, δια 
το τΐλήθος καΐ τήν άθεσίαν των κατοικούντων τους τόπους 
βαρβάρων. Θεωρών δέ τετολ{Ληκ6τας, αύθις ίπΐ τάς ναυς 
ήπείγετο, και παραγεν6[Λενος ένεβιβαζε τάς δυνάμεις. Και 
τόν μέν άδελφον έξέπεμπεν έπΙ τάς εν 'Ιβηρία πράξεις, 
αύτος δέ πάλιν ύποστρέψας, εις Ίταλίαν έποιειτο τον 
πλουν, σπεύδων καταταχήσαι τους ύπεναντίους δια Τυρ- 
ρηνίας προς τήν των "Αλπεων υπερβολή ν. 'Αννίβας δέ 
ποιησάμενος έξης έπι τέτταρας ημέρας τήν πορείαν από 
της διαβάσεως , ήκε πρ6ς τήν κάλου μένην Νήσον , χ(6ραν 
τζολύογλον και σιτοφ^ρον, εχουσαν δέ τήν προσηγορίαν 
απ' αύτοΰ του συμπτώματος. "^Ι;! μέν γαρ δ Ροδαν(5ς, ή 
δέ δ Ίσάρας^ προσαγορευ($μενος , ρέοντες παρ' έκατέραν 
τήν πλευράν, άποκορυφουσιν αυτής το σχήμα κατά τήν 
προς αλλήλους (Cas., ρ. ^03.) σύμπτωσιν. "Εστί δέ 
παραπλησία τω μεγέθει καΐ τω σχήματι τω κατ' Αϊγυπτον ^ 
κάλου μένω Δέλτα * πλην εκείνου μέν θάλαττα τήν μίαν 
πλευράν και τάς των ποταμών ρύσεις έπιζεύγνυσι • ταύτης 
δ' ορη δυσπρ($σοδα και δυσέμβολα και σχεδόν , ως ειπείν, 
άπρ($σιτα. Προς ην άφικ^μενος, και καταλαβών έν αύτη 
δύο αδελφούς υπέρ της βασιλείας στασιάζοντας και μετά 
στρατοπέδων άντικαθη μένους άλλήλοις , έπισπωμένου του 



1. Mss. Vat., Flor., Aug., Reg. A : 8ï Σκάρας; Bav. : 8ï Σκώρας; 
Casaub. : δέ 6 Άραρος; trad. : Inde, Arar 

2. Éditt. d'apr. le Bav., παρ' Αίγυπτω. 



POLYBE, LIV. ΠΙ. ANNIBAL ET SCIPION. 157 

XLIX. Cependant Poplius, le général des Romains, 
trois jours après le départ des Garchèdonies , étant 
arrivé au lieu où ils avaient passé le fleuve, et ayant 
appris que les ennemis s'étaient mis en route, en fut 
ébahi autant qu'il est possible de l'être. Il s'était per- 
suadé qu'ils n'oseraient jamais continuer par là leur 
marche vers l'Italie, à cause de la multitude et de la 
déloyauté des barbares habitant ces contrées. Mais, 
voyant qu'ils avaient eu cette audace, il se hâta de 
regagner ses vaisseaux, et, dès son arrivée, il y em- 
barqua ses troupes. Il envoya son frère opérer en 
Ibérie, et lui, retournant sur ses pas, il fit voile vers 
l'Italie, et s'efforça, en traversant la Tyrrhènie, de 
gagner de vitesse les ennemis à leur sortie des Alpes \ 
Ânnibas, après avoir marché quatre jours de suite 
depuis le passage du fleuve, arriva en un lieu appelé 
l'Ile, lequel était fort peuplé, fertile en blé et tenait 
son nom d'une rencontre fortuite : d'une part le 
Rhodan, de l'autre le [fleuve] appelé Isaras coulant le 
long de ses flancs, terminent en pointe, par leur ren- 
contre, la figure de ce terrain. Par sa grandeur et sa 
figure, il se rapproche de ce qu'on appelle en ^Egypte 
le Delta; seulement, la mer forme un des côtés du 
Delta en reliant les points extrêmes où aboutit le cours 
de ses fleuves. Pour l'Ile, ce sont des montagnes dont 
l'approche est difficile, dont l'entrée ne l'est pas moins 
et qui sont, pour ainsi dire, presque inaccessibles ^ A 
son arrivée, Annibas y trouva deux frères qui se dis- 
putaient la royauté, et qui étaient campés en face l'un 

1. Pour le passage des Alpes par Annibal, comparez Tite-Live, 
XXI, 31-37. 

2. Tite-Live. XXI, 31. 



\ 58 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

πρεσβυτέρου, καΐ παρακαλουντος εις τό συίΛΤΓραξαι καΐ 
συ[Λπεριποιήσαι τήν αρχήν αύτω\ ύπήκουσε, προδήλου 
σχεδόν ύπαρχούσης της προς το παρόν έσο|/.ένης αύτω 
χρείας. Διο καΐ συνεπιθέ|Λενος, καΐ συνεκβαλών τον έτερον 
πολλής επικουρίας έτυχε παρά του κρατήσαντος • où γαρ 
μ.6νον σίτω καΐ τοις άλλοις έπιτηδείοις άφθ^νως έχορήγησε 
τα στρατ^πεδον^, άλλα καΐ των οπλών τα παλαιά και τα 
πεπονηκότα πάντα διαλλάξας, έκαινοποίησε πασαν τήν 
δύναμιν εύκαίρως * ετι δε τους πλείστους έσθήτι και πρ6ς 
τούτοις ύποδέσει κοσ[Λήσας, [χεγάλην εύχρηστίαν παρέσχετο 
προς τάς των ορών ύπερβολάς. Το δέ ρ,έγιστον, εύλαβώς 
διακεΐ[Λένοις προς τήν δια των Άλλοβρίγων καλου(Λένων 
Γαλατών πορείαν, άπουραγήσας μιετα της σφετέρας δυνά- 
μεως, ασφαλή παρεσκεύασε τήν BioSov αύτοις, εως ήγγισαν 
τη τών "Αλπεων υπερβολή. 



L. 'Αννίβας δ' έν ήμέραις δέκα πορευθείς παρά τον 
ποταρ,όν εις δκτακοσίους σταδίους ήρξατο της προς τάς 
"Αλπεις αναβολής, και συνέβη [χεγίστοις αύτον περιπεσεΐν 
κινδύνοις. "Εως [Λεν γαρ έν τοις έπιπέδοις ήσαν, άπείχοντο 
πάντες αυτών οι κατά [χέρος ήγε[Λ($νες τών Άλλοβρίγων, 
τα μ,έν τους ιππείς δεδΐ($τες, τα δέ τους παραπέ[Λποντας 
βαρβάρους • επειδή δ' εκείνοι ριέν εις τήν οίκείαν απηλ- 
λάγησαν, οι δέ περί τον Άννίβαν ήρξαντο προάγειν εΙς 



1. Éditt. αυτών αΟτώ. Schweigh., après Reiske, proposait d'effacer 
αυτών; Pédit. Didot le met entre parenthèses. • 
1. Le Vatic, σϊτον τω στρατοπέδω. 



POLYBE, LIV. m. ANNTOAL DANS LES ALPES. 159 

de Tautre, chacun avec une armée. L'aîné^ Tattirait à 
lui et invoquait son assistance et son secours pour 
conquérir le pouvoir : Annibas prêta l'oreille à sa 
demande, car il était à peu près évident que cela 
lui serait utile dans les circonstances présentes. 
Aussi, s'étant joint à celui-ci pour attaquer et chasser 
l'autre, il obtint du vainqueur d'importants secours. 
Non seulement cet allié fournit à son camp du blé et 
d'autres provisions en abondance, mais il remplaça 
toutes les armes vieilles et fatiguées, et lui fit ainsi 
fort à propos des troupes toutes fraîches. De plus, en 
pourvoyant la plupart des soldats de vêtements et de 
chaussures, il leur donna de grandes commodités pour 
le passage des montagnes. Mais le plus grand de ses 
services fut que, les Carchèdonies n'étant pas sans 
appréhension par rapport au chemin qu'ils avaient à 
faire dans le pays des Galates appelés AUobriges^, il se 
mit à leur suite avec ses troupes et garantit la sécurité 
de leur marche jusqu'à leur arrivée près de l'endroit 
où ils devaient franchir les Alpes. 

L. Annibas avait marché dix jours et avait fait 
environ huit cents stades de chemin le long du fleuve, 
lorsqu'il commença l'ascension des Alpes : il lui arriva 
alors de tomber dans les plus grands dangers. Tant 
que ses soldats furent dans le plat pays, tous les petits 
chefs des Allobriges se tinrent à l'écart par crainte 
soit de la cavalerie, soit des barbares qui l'escortaient. 
Mais quand ceux-ci se furent retirés dans leurs foyers, 
et qu' Annibas commença d'avancer dans les passages 

1. Tite-Live, ibid., le nomme Brancus. 

2. Vulg. Allobroges. Strabon (V. notre t. I, p. 156-7), Άλλόβριγες. 
— Cf. Etienne de B., ibid., p. 360-361. 



1 60 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

τάς δυσχωρ{ας, τότε συναθρο(σαντες^ ot τών Άλλοβρίγων 
ήγε[Λ($νες ίκανον^ πλήθος, προκατελάβοντο τους εύκα(ρους 
τ($πους, δι' ών έδει τους περί τον Άνν(βαν κατ' ανάγκην 
ποιεΐσθαι τήν άναβολήν. Ει (jièv ου ν έκρυψαν τήν επίνοιαν, 
ολοσχερώς αν διέφθειραν το στράτευ[Λα των Καρχηδονίων • 
νυν δέ καταφανείς γεν($(Λενοι [χεγάλα [/.εν και τους περί 
Άνν(βαν έβλαψαν, ουκ έλάττω δ' εαυτούς. (Cas., ρ. 2i04.) 
Γνούς γαρ δ στρατηγός των Καρχηδονίων δτι προκατέ- 
χουσιν οΐ βάρβαροι τους ευκα(ρους τόπους, αύτος [χέν 
καταστρατοπεδεύσας προς ταις ύπερβολαις έπέ[Λενε ^ , 
προέπε[Λψε δέ τινας των καθηγου[Λένων αύτοΐς Γαλατών 
χάριν του κατασκέψασθαι τήν τών ύπεναντίων έπίνοιαν 
καΐ τήν δ'λην ύπ(^θεσιν*. ~Ων πραξάντων το συνταχθέν, 
έπιγνούς δ στρατηγός οτι τάς [jièv ήριέρας έπΐ[Λελώς 
παρευτακτουσι καΐ τηρουσι τους τόπους οΐ πολέ|Λΐοι, τάς 
δέ νύκτας είς τίνα παρακεΐ[Λένην π6λιν άπαλλάττονται , 
προς ταύτην τήν ύπόθεσιν άρμοζ^ριενος συνεστήσατο 
πραξιν τοιαύτη ν. Άναλαβών τήν δύνα|Λΐν προήγεν έ[Λφα- 
νώς^, και συνεγγίσας ταις δυσχωρίαις, ού μ,ακραν τών 
πολεριίων κατεστρατοπέδευσε. Της δέ νυκτδς έπιγενο[Λέ- 
νης , συντάξας τα πυρά καίειν , το μ,έν πλεΐον [Λέρος της 
δυνά|Λεως αύτου κατέλιπε, τους δ' έπιτηδειοτάτους εύζώ- 
νους ποιήσας, διήλθε τα στενά τήν νύκτα και κατεσχε τους 
υπό τών πολε[Λ{ων προκαταληφθέντας τόπους , άποκεχω- 
ρηκότων τών βαρβάρων κατά τήν συνήθειαν εις τήν πόλιν. 



1. Schweigh. comme Gasaub., etc., συναθροισθέντες. On a corrigé 
d'après les mss. Urb. et Flor. 

2. Vulg. τό πλήθος; la plupart des mss. ne donnent pas l'article; 
L. Dindorf conject. τι. 

3. Bav. ύπέμενε. 

4. Gasaub. d'apr. la plupart des mss., έπίθεσιν; le Vaticanus, Οπδ- 
θέσιν, déjà admis par Schweigh. 

5. Presque tous les mss., άφανώς; correction de Gasaubon. 



\ 



POLYBE, LIV. ΙΠ. ANNTOAL DANS LES ALPES. 161 

difficiles, alors les chefs des Allobriges, s'étant rassem- 
blés en nombre suffisant, s'emparèrent d'avance des 
endroits commodes par où Annibas devait nécessaire- 
ment faire l'ascension [de ces montagnes]. S'ils avaient 
caché leur pensée, ils auraient anéanti complètement 
l'armée des Garchèdonies ; mais, ayant été découverts 
à l'heure même , s'ils firent beaucoup de mal à Anni- 
bas, ils ne s'en firent pas moins à eux-mêmes. Et en 
effet, le général des Garchèdonies, sachant que les bar- 
bares occupaient les endroits commodes, dressa un 
camp à l'entrée des passes et y séjourna. Il envoya en 
avant quelques-uns des Galates qui lui servaient de 
guides, pour étudier à fond la pensée des ennemis et 
leur plan tout entier. Quand ces ordres furent exé- 
cutés, le général sut que, pendant le jour, les ennemis 
faisaient régulièrement leur service et gardaient leurs 
postes, mais que la nuit ils se retiraient dans une ville 
voisine. S'accommodant à ce plan, il combina ainsi 
ses opérations : ayant remis en état son armée, il la 
mena en avant au grand jour et, une fois arrivé près 
des endroits difficiles, il campa non loin des ennemis. 
La nuit venue, il donna l'ordre d'allumer les feux, 
laissa dans ses retranchements la plus grande partie 
de ses troupes et, avec les plus dispos de ses hommes 
en léger équipage, il traversa, pendant la nuit, les 
défilés et s'empara des positions auparavant occupées 
par les ennemis et que les barbares avaient quittées , 
selon leur habitude, pour se retirer dans leur ville ^ 



1. Tite-Live, XXI, 31 : Ipse cum expeditis, aceirimo quoque viro, 

raptim angustias evadit, iisque ipsis tumulis, quos hostes tenue- 
rant, consedit. 

u 11 



1 62 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

-f'LI. Oh συμβάντος καΐ της ή[χέρας έπιγενο[Λένης , οι 
βάρβαροι συνθεασά[Λενοι το •^ε'^ονος, τας μεν αρχάς άπέσ- 
τησαν της επιβολής * μετά δε ταύτα , θεωρουντες τα των 
υποζυγίων πλήθος καΐ τους ιππείς δυσχερώς έκμηρυομέ- 
νους και μακρώς τάς δυσχωρέας, έξεκλήθησαν^ υπό του 
συμβαίνοντος έξάπτεσθαι τής πορείας. Τούτου δε γενομέ- 
νου , και κατά πλείω μέρη προσπεσ($ντων των βαρβάρων , 
ούχ ούτως υπό των ανδρών ως ύπα τών τ(5πων πολύς 
έγίγνετο φθ(5ρος τών Καρχηδονίων, καΐ μάλιστα τών ίππων 
και τών υποζυγίων. Ούσης γαρ où μ($νον στενής και τρα- 
χείας τής προσβολής, άλλα και κρημνώδους, άπο παντός 
κινήματος και πάσης ταραχής έφέρετο κατά τών κρημνών 
δμ^σε^ τοις φορτίοις πολλά τών υποζυγίων. Και μάλιστα 
τήν τοιαύτην ταραχήν ίποίουν οι τραυματιζ^μενοι τών 
ίππων • τούτων γαρ οι μεν άντίοι συμπίπτοντες τοις 
ύποζυγίοις, όπ^τε διαπτοηθεϊεν εκ τής πληγής, οι δε κατά 
τήν εις τούμπροσθεν δρμήν έξωθουντες παν το παραπϊπτον 
έν ταις δυσχωρίαις, μεγάλην άπειργάζοντο ταραχήν. Εις 
α βλέπων 'Αννίβας, και συλλογιζ6 μένος (Cas., ρ. 205.) 
ως ουδέ τοις διαφυγουσι τδν κίνδυνον εστί σωτηρία, του 
σκευοφ($ρου^ διαφθαρέντος , άναλαβών τους προκατασχον- 
τας τήν νύκτα τας ύπερβολάς, ώρμησε παραβοηθήσων τοις 
τη πορείςι προλαβούσιν^. Οδ γενομένου, πολλοί μεν τών 
πολεμίων άπώλλυντο δια το ποιεΐσθαι τήν εφοδον εξ 
ύπερδεξίων τον Άννίβαν, ούκ έλάττους δέ και τών ιδίων * 

[. 5ic presque tous; L. Dindorf, édit. Teubner, 1866, prœfat. p. xx, 
indique έξεκλίθησαν comme une leçon du Vaticanus. 

2. Les éditt. d'après le Bav., όμως συν τοις. 

3. Sic les Vatic, Flor., Urb., Aug. et Reg. Α.; Schweigh., comme 
Casaubon, maintient σκευοφορικοΰ. 

4. Correct, indiquée par Casaubon et soutenue par Gronovius, 
au lieu de προσβάλλουσιν que donnent les mss. Flor., Aug., Urb., 
Aug. et Reg. A. B., et qu'approuvent Scalig. etReiske. —Les éditt., 
d'apr. le Bav., προβάλλουσιν. 



POLYBE, LIV. m. ANNffiAL PASSE LES ALPES. 163 

LI. Cela fait, et le jour venu, les barbares, voyant 
ce qui s'était passé, renoncèrent d'abord à leur projet ; 
mais ensuite , remarquant que la multitude des bètes 
de somme et les cavaliers exécutaient péniblement 
leur long défilé à travers les mauvais pas, ils se trou- 
vèrent invités par les circonstances à les harceler dans 
leur marche. C'est ce qui se fit : les barbares fondirent 
sur eux de plusieurs côtés ; les Carchèdonies toutefois 
eurent moins à souffrir des hommes que des lieux, 
mais ils perdirent beaucoup de monde , des chevaux 
et des bêtes de somme surtout. Le chemin n'était pas 
seulement étroit et inégal ; il était aussi bordé de pré- 
cipices , et chaque fois qu'il se produisait un mouve- 
ment, quelque tumulte, nombre de bètes de somme 
roulaient dans l'abîme avec leur charge. Ce qui cau- 
sait surtout un pareil tumulte, c'étaient les chevaux 
lorsqu'ils étaient blessés ^ Les uns, faisant volte-face, 
se jetaient sur les bêtes de somme, affolés qu'ils étaient 
par les coups qu'ils avaient reçus; les autres, par un 
mouvement en avant, rejetaient hors du sentier tout 
ce qui se trouvait à côté d'eux dans ces passes diffi- 
ciles, et causaient ainsi un grand tumulte. Annibas 
s'en aperçut; réfléchissant que, échappé au danger, 
il ne serait pas sauvé pour cela , s'il avait perdu ses 
équipages, il prit avec lui les hommes qui pendant la 
nuit avaient occupé les cols, et vola au secours de 
ceux qui ouvraient la marche. Cette manœuvre d'An- 
nibas causa de grandes pertes à l'ennemi, parce que 
son attaque partait des hauteurs, mais ses pertes à lui 
ne furent pas moindres , le désordre des troupes en 

1. Tite-Live, ibid., xxxiii : Equi maxime infestum agmen facie- 
bant, qui et clamoribus dissonis, et icti forte et vulnerati adeo 



i 64 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

δ γαρ κατά τήν πορείαν θ(5ρυβος εξ άμφοΐν ηυξετο δια την 
τών προειρηι^ένων κραυγήν καΐ συμπλοκήν. ΈπεΙ δετούς 
μέν πλείστους τών Άλλοβρίγων άπέκτεινε, τους δε λοι- 
πούς τρεψάμενος ήνάγκασε φυγείν εις τήν οικείαν, τότε δή 
το (χέν ετι περιλειπό[Λενον πλήθος τών υποζυγίων και τών 
ι'ππων (/.όλις καΐ ταλαιπώρως διήνυε τάς δυσχωρ{ας * αύτος 
δέ συναθροίσας όσους ήδύνατο πλείστους έκ του κινδύνου, 
προσέβαλε προς τήν πόλιν , εξ ής έποιήσαντο τήν όρμήν 
οι πολέ(Λΐοι. Καταλαβών δέ σχεδόν ερη[Λον, διάτοπάντας 
έκκληθήναι πpèc τάς ωφέλειας, εγκρατής έγένετο της 
πόλεως. Έκ δέ τούτου πολλά συνέβη τών χρησίμων 
αύτω προς τε το παρόν και προς το μέλλον. Παραυτίκα 
μέν γαρ έκομίσατο πλήθος ίππων και υποζυγίων και τών 
αμα τούτοις έαλωκότων ανδρών, εις δέ τα μέλλον εσχε 
μέν και σίτου και θρεμμάτων επί δύο και τρεις ημέρας^ 
εύπορίαν, το δέ συνέχον, φόβον ένειργάσατο^ τοις εξής, 
προς το μή τολμαν αύτώ ραδίως έγχειρεϊν μηδένα τών 
παρακειμένων ταις άναβολαις. 



LII. Τότε μέν ουν αύτου ποιησάμενος τήν παρεμβολήν, 
και μίαν έπιμείνας ήμέραν, αύθις ώρμα. Ταις δ' έξης μέχρι 
μέν τίνος ασφαλώς διήγε τήν στρατιάν • ήδη δέ τεταρταιος 
ων αύθις εις κινδύνους παρεγένετο μεγάλους. Οί γαρ περί 
τήν èioSo"^ οίκούντες, συμφρονήσαντες έπι δόλω, συνήντων 
αύτψ, θαλλούς έχοντες και στεφάνους • τούτο γαρ σχεδόν 



1. Correct, indiquée par Schweigh. au lieu de h\ δυοΐν v.o^ τρισ\ν 
ήμέραις. Le Vatic. porte επί δυείν και τρεϊς ήμέραις. 

2. Conject. de Schweigh. pour είργάσατο. 



POLYBE, LIV. III. ANNIBAL PASSE LES ALPES. 165 

marche étant augmenté des deux côtés par les cris 
et par la rencontre des hommes que j'ai dits. Après 
qu'il eut tué le plus grand nombre des Allobriges et 
forcé le reste à s'enfuir chez eux, alors le restant des 
bêtes de somme et des chevaux acheva, non sans 
peine et sans misère, de sortir de ces pas difficiles ; et 
lui, ayant réuni le plus d'hommes qu'il put à la suite de 
cette rencontre, il se jeta sur la ville d'où les ennemis 
étaient partis pour l'attaquer. L'ayant trouvée à peu 
près déserte, parce que tous les habitants avaient été 
attirés au dehors par l'appât du butin, il en resta 
maître. De la prise de cette ville il retira plusieurs 
avantages et pour le présent et pour l'avenir : pour 
le moment, il en ramena nombre de chevaux, de bêtes 
de somme et d'hommes qui lui avaient été pris en 
même temps; pour l'avenir, il eut du blé, du bétail, 
de quoi vivre deux ou trois jours; enfin — et cela 
comprend tout — il inspira assez de crainte pour que, 
dans la suite, aucune des peuplades voisines des lieux 
par où il montait n'osât ou ne pût facilement rien 
tenter contre lui. 

LU. S'étant donc retranché^ en cet endroit, il y 
resta un jour, puis repartit. Les jours suivants, il 
conduisit sans accident son armée jusqu'à une certaine 
distance; mais le quatrième, il courut encore de 
grands dangers. Quelques montagnards, dont les 
habitations se trouvaient sur son passage, s'étant con- 
certés pour le tromper, vinrent au-devant de lui, des 

consternabantur, ut stragem ingentem facerent — 1. Ποιη- 

σάμενος την παρεμβολήν. C'est une halte avec les précautions néces- 
saires en pays ennemi. Onosander, VIII : Έν δέ τΐ) τών έχθρων 
καταστρατοπεδεύων , χάρακα περιβαλλε'σΟω (δ στρατηγός) καΐ τάφρον , αν εφ' 
ήμέραν μέλλνι τήν παρεμβολήν Οήσειν 



i 66 ΠΟΛΥΒΙΟΤ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

πασι τοις βαρβάροις έστΙ σύνθη[Λα φιλέας, καθάπερ τό 
κηρύκειον^ τοις "Ελλησιν. Εύλαβώς δέ διακε([Λενος προς 
την τοιαύτην πίστιν, 'Αννίβας έξήτασε φιλοτ((Λως την 
έπ(νοιαν αυτών καΐ τήν δλην έπίβολήν. Των δέ φασκ(5ντων 
καλώς είδέναι και τήν της πάΧεως άλωσιν καΐ τήν τών 
έγχεφησάντων αυτόν άδικεϊν^ άττώλειαν, καΐ διασαφούν- 
των δτι ττάρεισι δια ταύτα, βουλ(5|/.ενοι [χήτε ποιήσαι [χήτε 
παθείν δυσχερές (Ληδέν, ύτΐ ισχνού [λένω ν δέ και δώσειν εξ 
αυτών ομηρα, (Cas., ρ. 206.) πολύν [Λέν χρ($νον ηύλα- 
βεϊτο και διηπίστει τοις λεγορ,ένοις • συλλογιζ($[Λενος δέ, 
ώς ζΐ λάβοι τα προτειν6[Λενα^, τάχ' αν ισ,ως ευλαβέστερους 
και πρςιοτέρους ττοιήσαι τους παραγεγον^τας • (χή προσδε- 
ξά|χενος δέ, προδήλους εξει πολεμίους αυτούς, συγκατένευσε 
τοις λεγο[Λένοις και συνυπεκρ(θη τίθεσθαι φιλ(αν προς 
αυτούς. Τών δέ βαρβάρων τα δ(Ληρα παραδόντων και 
θρέμμασι χορηγούντων άφθόνως, και καθόλου διδ($ντων 
σφας αυτούς εις τάς χείρας άπαρατηρήτως , έπι τζοσον 
έπιστευσαν οι περί τον Άννίβαν, ώστε καΐ καθηγε[Λ($σιν 
αύτοις χρήσθαι προς τας έξης δυσχωρίας. Προπορευο[Λέ- 
νων^ δ' αυτών επί δύ' ημέρας, συναθροισθέντες οι προειρη- 
μένοι και συνακολουθήσαντες επιτίθενται, φάραγγά τίνα 
δύσβατον και κρημνώδη περαιουμένων αυτών. 



LUI. Έν φ καιρώ πάντας άν^ άρδην άπολέσθαι συνέβη 

1. Sic le Vaticanus; quelques mss. κηρύκιον. 

2. Άδικείν manque dans l'Aug., le Reg. A et le Bav.; ce dernier 
au lieu d'aOxov donne κατ' αύτου et, au-dessus de ce mot, αυτών. 

3. Leçon du Vatic. 

4. L'August., πορευομένων. —Ensuite, vulg. δυο ήμέραις; correct. 
proposée par Schweigh. 

5. "Av manque ; addition proposée par Schweigh. après Scaliger. 



POLYBE, LIV. III. ANNIBAL PASSE LES ALPES. 167 

rameaux et des couronnes à la main : c'est, en général, 
pour tous les barbares un symbole d'amitié, comme 
le caducée pour les Hellènes. Annibas, qui se tenait sur 
ses gardes contre de pareils gages de foi, se fit un 
point d'honneur de découvrir le fond de leur pensée et 
tous leurs desseins. Ils lui disaient qu'ils connaissaient 
et la prise de la ville et la ruine de ceux qui avaient 
essayé de lui nuire ; ils assuraient que c'était là ce qui 
les amenait, ne voulant ni faire ni souffrir aucun mal ; 
ils promettaient de donner des otages. Longtemps 
Annibas se tint sur ses gardes et se défia de leurs 
paroles; mais, calculant que, s'il acceptait leurs pro- 
positions, il rendrait peut-être ceux qui étaient venus 
plus circonspects et plus bienveillants; que, s'il ne les 
recevait pas, il s'en ferait des ennemis déclarés, il 
acquiesça à leurs demandes et feignit de son côté de 
vouloir se lier d'amitié avec eux. Les barbares lui don- 
nèrent des otages ; ils lui fournirent du bétail en abon- 
dance; en somme, ils se mirent sans réserve entre 
ses mains , et Annibas eut quelque confiance en eux , 
au point même de les prendre pour guides dans les 
endroits difficiles qu'on trouvait ensuite^ Ils allaient 
en avant depuis deux jours, lorsque les [montagnards] 
dont j'ai parlé, s'étant rassemblés et suivant pas à pas 
l'armée, l'attaquèrent au passage d'un ravin où l'on 
marchait malaisément le long d'un précipice. 
LUI. De cette rencontre aurait pu résulter la ruine 



1. Tite-Live, l c, xxxiv : Magno natu principes castellorum 

oratores ad Pœnum veniunt; Annibal nec temere credendo, 

nec adspernando, ne repudiati hostes fièrent, bénigne quum res- 
pondisset; obsidibus quos dabant, acceptis, et commeatu, quem 
in viam ipsi detulerant, usus duces eorum sequitur 



] 68 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

τους περί τόν Άννίβαν, εΐ (χή δεδΐ(5τες άκμ,ήν ίτά ποσόν 
καΐ προορώμενοι το μέλλον, τα (χέν σκευοφ(5ρα καΐ τους 
ιππείς εϊχον έν τη πρωτοπορεία, τους δ' δπλίτας έπΙ της 
ούραγ{ας. Τούτων δέ έφεδρευ($ντων^ ίλαττον συνέβη γενέσ- 
θαι το πάθος * ο^τοι γαρ εστεξαν τήν έπιφοράν των βαρ- 
βάρων. Ού (χήν άλλα και τούτοΌ συγκυρήσαντος^, πολύ τι 
πλήθος και των ανδρών καΐ των υποζυγίων και των ίππων 
διεφθάρη. Των γαρ τ(ίπων υπερδεξ{ων όντων τοις πολε- 
(Λίοις, άντιπαράγοντες οι βάρβαροι ταΐς παρωρείαις, καΐ 
τοις μεν τάς πέτρας έπικυλίοντες , τους δ' εκ χειρός τοις 
λέθοις τύπτοντες, εις ολοσχερή διατροπήν καΐ κίνδυνον 
ήγον ούτως, ώστ' άναγκασθήναι τον Άννίβαν μετά τής 
ημισείας δυνάμεως νυκτερευσαι περ( τι λευκί^πετρον οχυ- 
ρον χωρίς των ίππων καΐ των υποζυγίων, έφεδρεύοντα 
τούτοις, εως^ έν ολη τη νυκτΐ ταύτα [ΐ,όλις έξεμηρύσατο 
τής^ χαράδρας. Τη δ' επαύριον, των πολεμίων χωρισθέν- 
των, συνάψας τοις ίππεϋσι καΐ τοις ύποζυγίοις, προήγε προς 
τάς υπερβολάς τάς άνωτάτω των "Αλπεων, δλοσχερεΐ μεν 
ούδενι περιπίπτων ετι συστήματι των βαρβάρων, κατά 
μέρη δέ και κατά τόπους παρενοχλούμενος υπ' αυτών • 
ών οι μεν άπο τής ούραγίας, οι δέ άπο τής πρωτοπορείας 
άπέσπων τών σκευοφί^ρων ένια, προσπίπτοντες εύκαίρως. 



1. Έφεδρεύειν, subsidio esse, se dit de tout corps de troupes posté 
de manière à pouvoir se porter au secours d'un autre, à appuyer, 
à soutenir les forces engagées. Onosand. XXII : Έχέτώ δέ που (ό 
στρατηγός) κα\ στρατιώτας λογάδας, l8icf. τεταγμένους άπό τής φάλαγγος, 
ώσπερ εφέδρους του πολέμιου προς τα καταπονούμενα μέρη τής δυνάμεως. — 
Veget. De Re Milit. ΠΙ, 17 : Lectissimos de peditibus et equitibus 
habeat dux post aciem m subsidiis paratos 

2. Sic omnes; le Vatic. : τούτους συγκυρήσαντες, leçon fautive, depuis 
longtemps corrigée. 

3. Correct, de Schweigh.; tous les mss. ώς, changé par Orsini et 
Casaub. en ος. 

4. Suidas, τάς χαράδρας. 



POLYBE, LIV. III. ANNIBAL PASSE LES ALPES. 169 

totale d'Annibas, si, au moment même, ayant eu quel- 
que crainte et prévoyant ce qui allait arriver, il n'eût 
fait marcher en tête les équipages et la cavalerie , et 
les hoplites à la queue. Ce corps soutint les autres 
et le désastre s'en trouva moindre : il arrêta le choc 
des barbares. Cependant cet incident n'empêcha pas 
qu'on ne perdît là un grand nombre d'hommes, de 
bêtes de somme et de chevaux. Les ennemis, étant 
maîtres des hauteurs, avançaient sur les flancs des 
montagnes du même pas que les étrangers, et, faisant 
rouler des rochers sur les uns , atteignant de loin les 
autres à coups de pierres, ils les mettaient en un si 
complet désarroi, en un si grand péril qu'Annibas fut 
obligé de passer la nuit avec la moitié de son armée 
sur une roche blanche (nue?), dans une forte position, 
pour protéger ses chevaux et ses bêtes de somme dont 
il se trouvait séparé, jusqu'à ce qu'ils fussent sortis de 
cette gorge, ce qui ne se fit pas sans peine et prit 
toute la nuit^ Le lendemain, les ennemis s' étant éloi- 
gnés, Annibas rejoignit ses chevaux et ses bêtes de 
somme , et s'avança jusqu'aux cols les plus hauts des 
Alpes, ne rencontrant plus les barbares réunis en 
masse, mais par groupes et par places, et ainsi encore 
incommodé par eux; car, soit sur ses derrières, soit 
à son avant-garde, ils lui enlevaient quelque partie de 
ses bagages par des charges faites à propos. Il tira 



1. Tite-Live, ibid., xxxiv : Ubi in angustiorum viam ex parte 

altéra subjectam jugo insuper imminenti ventum est, undique ex 
insidiis barbari a fronte, a tergo coorti, cominus eminus petunt; 

saxa ingentia in agmen devolvunt occursantes i^er obliqua 

montani, perrupto medio agmine, viam insedere : noxque una 
Annibali sine equitibus atque impedimentis acta est. 



1 70 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

Μεγ(στην δ' αύτω παρείχετο χρε(αν τα θηρία • καθ' 8v 
(Cas., p. 2î07.) γαρ τ^πον ύπαρχοι της πορείας ταύτα, 
προς τούτο τα υ,έρος ουκ έτ^λμων οι τζολέι^ιοι προσιέναι, 
το παράδοξον έκπληττα [χενο ι της των ζώων φαντασίας. 
Έναταΐος δε διανύσας εις τάς ύπερβολάς, αύτου κατεστρα- 
τοπέδευσε, και δύ' ή(Λέρας προσέ(Λεινε , βουλ6[Λενος ά[Λα 
μέν άναπαυσαι τους διασωζθ[Λένους, ajjia δε προσδέξασθαι 
τους ύπολειπο μένους ^ Έν φ καιρώ συνέβη πολλούς μέν 
ίππους των άπεπτοημένων, πολλά δ' υποζύγια των άπερ- 
ριφ($των τα φορτία, παραδόξως άναδραμεΐν τοις στίβοις 
έπ($(Λενα καΐ συνάψαι προς τήν παρεμβολήν. 



LIV. Της δε χιόνος ήδη περί τοις οίκροις* αθροιζόμενης 
δια το συνάπτειν τήν της Πλειάδος δύσιν^, θεωρών τα 
πλήθη δυσθύμως διακείμενα, καΐ δια τήν προγεγενημένην 
ταλαιπωρίαν , και δια τήν ετι προσδοκωμένην , έπειρατο 
συναθροίσαςπαρακαλειν, μίαν έχων άφορμήν εις τούτο, τήν 
της 'Ιταλίας ένάργειαν^ * ούτω γαρ ύπεπεπτώκει τοις 
προειρημένοις ορεσιν, ώστε συνθεωρουμένων άμφοϊν, άκρο- 
π($λεως φαίνεσθαι διάθεσιν εχειν τάς "Αλπεις της όλης 
'Ιταλίας. Δι^περ ένδεικνύμενος αύτοις τα περί τον Πάδον 



1. Plusieurs mss. et quelques éditt. άπολειπομένους. Le Vatic, ύπολ. 

2. Vulg. τους άκρους; le Bav. entre lignes τα άκρα. 

3. Les Grecs ont dit indifféremment la Pléiade, Πλειάς, ou les 
Pléiades, Πλειάδες; les anciens comptaient six ou sept (plus ordi- 
nairement sept) étoiles dans cette constellation; Ovid. Fast, IV, 169 : 

Pléiades incipiunt humeros relevare paternes, 
I Quae septem dici, sex tamen esse soient. 

Le coucher des Pléiades, selon Varron, De Re Rust. I, xxviii, ayant 
lieu trente-deux jours après l'équinoxe d'automne, on était près 
du 23 octobre. 

4. Sic omnes, excepté le Vatic. qui a ένέργειαν. 



POLYBE, LIV. m. ANNIBAL PASSE LES ALPES. 171 

pourtant de ses bêtes ^ un excellent service : car là où 
dans cette marche elles se montraient, sur ces points- 
là les ennemis n'osaient approcher, effrayés qu'ils 
étaient par ce qu'il y avait d'étrange dans la figure de 
ces animaux. Le neuvième jour , parvenu au sommet 
des cols, il y dressa son camp et y resta deux jours, 
voulant donner du repos à ceux qui étaient arrivés 
jusque-là sains et saufs, et en même temps attendre les 
traînards. En ce moment, il advint que beaucoup de 
chevaux, de ceux qui, affolés, s'étaient perdus, beau- 
coup de bêtes de somme, de celles qui avaient jeté bas 
leurs fardeaux, gagnèrent ces hauteurs en suivant les 
traces de l'armée et rejoignirent le bivouac. 

LIV. La neige s'amassait déjà sur les cimes, 
attendu qu'on approchait du coucher de la Pléiade ^ : 
alors Annibas, voyant ses troupes sur le point de 
perdre courage à cause de leurs souffrances passées 
et de celles dont elles avaient encore la perspective, 
les rassembla et essaya de faire appel [à leur valeur] , 
en usant du seul moyen qu'il eût pour cela, — en leur 
montrant l'itahe. Cette contrée, en effet, s'étend au 
pied des montagnes susdites, de façon qu'en embras- 
sant du regard celles-ci et celle-là, on voit que les Alpes 
sont disposées pour être V acropole de toute l'Italien 
Aussi, montrant à ses soldats les plaines du Pade et 



1. Les éléphants. 

. 2. Tite-Liv. XXI, 36 : Occidente jam sidère Vergiliarum quiim 

pigritia et desperatio in omnium vultu emineret, prsegressus signa 
Annibal in promontorio quodam , unde longe ac late prospectus 
erat, consistere jussis militibus Italiam ostentat, etc. 

3. Tite-Live, ibid.: Ostentat, subjectosque Alpinis montibus 

circumpadanos campos, mœniaque eos tum transcenderc non 
ItalisB modo, sed etiam urbis Romanaî 



i 72l ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

Ίΐεδ^α, και καθόλου της εύνοίας ύπομιρινήσκων της των 
κατοικ&ύντων αυτά Γαλατών, αμ,α δέ καΐ τον της Ρώμης 

αυτής τόπον υποδεικνύων, έπΙ τυοσον ευθαρσείς έτϊοίησε 
τους ανθρώπους. Τη δ' επαύριον, άναζεύξας, ένήρχετο της 
καταβάσεως. Έν ή πολεμίοις [χέν ούκέτι περιέτυχε, πλην 
των λάθρα κακοποιούντων * ύπο δε των τόπων καΐ της 
χιόνος ού πολλφ λείποντας άπέβαλε των κατά τήν άνά- 
βασιν φθαρέντων. Ούσης γαρ στενής και κατωφερους τής 
καταβάσεως, τής δε χιόνος άδηλον ποιούσης έκάστοις τήν 
έπ(βασιν, παν τb παραπεσον^ τής όδου καΐ σφαλεν έφέρετο 
κατά των κρημνών. Ού μην άλλα ταύτην μέν ύπέφερον 
τήν ταλαιπωρίαν, άτε συνήθεις οντες ήδη τοις τοιούτοις 
κακοΐς • άμα δέ τφ παραγενέσθαι προς τοιούτον τόπον, 
δν ούτε τοις θηρ(οις, ούτε τοις ύποζυγέοις δυνατόν ην. 
παρελθειν δια τήν στενότητα, σχεδόν έπι τρ(α ήμιστάδια 
τής άπορρώγος^ και πρό του μέν ούσης, τότε δέ καΐ 
μάλλον ετι προσφάτως άπερρωγυίας , ενταύθα πάλιν άθυ- 
μήσαι και διατραπήναι συνέβη το πλήθος. Το μέν ουν 
πρώτον έπεβάλετο περιελθεΐν τάς δυσχωρίας δ τών Καρ- 
χηδον(ων στρατηγός • επιγενόμενης δέ χιόνος (Cas., 
ρ. 208.), και ταύτην αδύνατον ποιούσης τήν πορε(αν, 
άπέστη τής επιβολής. 

LV. Τό γαρ συμβαίνον ι'διον ην καΐ παρηλλαγμένον. 

Έπι γαρ τήν προυπάρχουσαν χιόνα και διαμεμενηκυιαν 

εκ του πρότερον χειμώνος άρτι τής έπιετους^ πεπτωκυ(ας, 
ταύτην μέν εύδιάκοπον είναι συνέβαινε και δια τό πρόσ- 

1. Casaub. περιπεσόν, corrigé par Schweigh. 

2. Leç. du Vatic. et du ms. d'Orsini; le Florentinus a τής άπορ- 
ρωγυίας; les Bav., AugUSt. et les Reg. τής γης άπερρωγυίας; la leçon 
du Florent, est évidemment fautive. — Casaub. της γής άπορρώγος. 

3. Sic vulgo. L. Dindorf : « Vocabulum nusquam repertum , ut 
aliud latere videatur. » 



POLYBE, LIV. III. ANNIBAL PASSE LES ALPES. 173 

leur rappelant le bon vouloir que leur témoignaient en 
général les Galates habitants de ces plaines, puis leur 
indiquant la place où se trouve Rome, il rendit quelque 
confiance à ses hommes. Le lendemain, ayant levé le 
camp, il commença la descente, où il ne rencontra 
plus guère d'ennemis que des individus isolés qui se 
cachaient pour lui faire du mal ; mais dans ces lieux 
[difficiles] et dans la neige, il ne perdit pas beaucoup 
moins de monde que ne lui en avait coûté la montée ; 
car, le sentier par où l'on descendait étant étroit et 
rapide, et la neige empêchant de voir où l'on posait le 
pied, tout ce qui s'écartait de la route et faisait un faux 
pas était jeté dans les précipices. Cependant on sup- 
portait cette misère, parce qu'on était déjà accoutumé 
à ces maux. Mais, quand on arriva à une gorge étroite 
où ne pouvaient passer ni les éléphants ni les bêtes 
de somme, où un ancien escarpement de près de trois 
hémistades^ avait été encore accru par un éboulement 
récent, la multitude se trouva de nouveau sans cou- 
rage et en plein désarroi. D'abord le général des Car- 
chèdonies eut l'intention de tourner cet endroit diffi- 
cile ; mais , la neige qui était survenue rendant aussi 
cette route impraticable, il renonça à son projet. 

LV. Il se présentait là des circonstances particu- 
lières, tout autres que d'habitude : sur la neige 
ancienne, qui restait de l'hiver précédent, il y avait 
la neige de l'année, récemment tombée. Il arrivait 
que celle-ci s'entamait aisément, parce que, étant 



1. Un stade et demi = 270 mètres. — Tite-Live, ibid., xxxvi, dit 
que cet escarpement ainsi agrandi était de mille pieds; le pied 
romain = Om. 29,45, ce qui donne pour 1000 pieds 294 m. 50, ou 
294 m. 50 — 270 = 24 m. 50 pour l'éboulement récent. 



174 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

φατον ουσαν άπαλήν ύπάρχειν και δια το μηδέπω βάθος 
εχειν. 'Οπότε δέ ταύτην διαπατήσαντες έπΙ τήν ύποκάτω 

και συνεστηκυιαν έπιβαιεν, ούκέτι διέκοπτον, αλλ' έπέ- 
πλεον ολισθάνοντες ά(Λφοτέροις αμα τοις ποσί, καθάπερ 
έπι τη γη συμβαίνει τοις δια των άκροτιήλων^ τζορευομέ- 
νοις. Tè δέ συνεξακολουθουν τούτοις ετι δυσχερέστερον 
ύπήρχεν. Οι μι,έν γαρ άνδρες ού δυνάμενοι τήν κάτω χκ^να 
διακ^πτειν, οτι^τε πεσόντες βουληθεΐεν ή τοις γ(5νασιν ή 
ταις 7/ρσι ττροσεξερείσασθαι προς τήν έξανάστασιν, τ^τε 
και μάλλον έπέτυλεον άμα ττασι τοις έρε(σμασιν, έπι πολύ 
κατωφερών όντων των χωρ(ων * τα δ' υποζύγια διέκοπτεν, 
δτε πέσοι , τήν κάτω χι6να κατά τήν διανάστασιν , δια- 
κόψαντα δέ έμενε μετά των φορτίων οίο^^ καταπεπηγ^τα , 
διά τε τα βάρος και δια το πήγμα της προϋπαρχούσης 
χιόνος ^. "Οθεν άποστάς της τοιαύτης ελπίδος, έστρατοπέ- 
δευσε περί τήν ράχιν*^, διαμησάμενος τήν έπ' αύτη γιό^Λ * 
και μετά ταύτα παραστήσας τα πλήθη, τον κρημνον έξω- 
κοδζ$μει μετοι πολλής ταλαιπωρίας. Τοις μεν ούν ύποζυ- 
γίοις καΐ τοις ιπποις ίκανήν έποίησε πάροδον εν ήμέρςι 



1. Casaub. a marqué ce mot d'un -^, — V. la note de Schweigh. 
T. V, p. 608 et s. 

2. Silius, III, 548 et s., croit embellir son tableau par un con- 
traste; il attribue cette liquéfaction de la neige au sang versé dans 
les batailles contre les montagnards : 

Hic, nescia vinci, 
Paulatim glacies sedil tepefacta cruore; 
Dumque premit sonipes duro vestigia cornu, 
Ungula perfossis heesit comprensa pruinis. 
Nec pestis erat simplex : abscisa relinquunt 
Membra gelu, fractosque asper rigor amputât artus. 

3. Vulg. αρχήν. Correct. d'Orsini, adoptée par Schweigh. — Tite- 
Liv. injuga. 



POLYBE, LIV. III. ANNIBAL PASSE LES ALPES. 175 

nouvelle, elle était molle, et parce qu'elle n'avait pas 
encore beaucoup d'épaisseur ^ Lorsque, après l'avoir 
foulée, on marchait sur la couche inférieure et con- 
sistante, on n'entamait plus celle-ci, mais, glissant 
des deux pieds à la fois, on coulait dessus, comme il 
arrive quand on chemine sur un terrain boueux à la 
surface. Ce qui suivait rendait la situation encore plus 
difficile : les hommes, ne pouvant entamer la couche 
inférieure de neige, venaient-ils à tomber, s'ils vou- 
laient, pour se relever, s'aider de leurs genoux ou de 
leurs mains, ils coulaient alors plus que jamais, avec 
tous ces appuis, sur ces pentes généralement rapides^. 
Les bêtes de somme, au contraire, quand elles étaient 
tombées, entamaient bien, dans leur effort pour se 
relever, la neige de dessous, mais, après l'avoir 
entamée, elles y restaient avec leurs fardeaux, comme 
attachées, enfoncées sous le poids, prises dans les 
entraves de cette neige ancienne^. Aussi, renonçant à 
tout espoir de ce côté, Annibas campa-t-il sur la croupe 
de la montagne, quand il en eut enlevé la neige. Après 
cela, mettant toutes ses troupes à l'ouvrage, il 
construisit, avec beaucoup de peine, une route à 
travers le précipice. Pour les bêtes de somme et les 
chevaux un chemin suffisant s'acheva en un jour; il 



1. Tite-Live, ibid. 36 : Nam quum super veterem nivem intactam 
nova modicae altitudinis esset, molli nec prsealtœ nivi facile pedes 
ingredientium insistebant. Ut vero tôt hominum jumentorumque 
incessu dilapsa est, per nudam infra glaciem iluentemque tabem 
liquescentis nivis ingrediebantur. 

2. Tite-Live, l. c. : Seu manibus in adsurgendo seu genu se adju- 
vissent, ipsis adminiculis prolapsi si iterum corruerent, etc. 

3. Tite-Live, l. c. : Pleraque (jumenta), yeiui pedica capta, haere- 
rent in durata et alte concreta glacie. 



1 76 ΠΟΛΤΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

[xtql. άώ καΐ ταύτα (χέν ευθέως διαγαγών και καταστρα- 
τοπεδεύσας περί τους έκφεύγοντας ήδη τήν χι6να τόπους , 
διαφήκε πράς τάς ^ο[κάς , τους δέ Νθ|Λάδας άνα (^έρος 
προήγε προς τήν οίκοδο (jiiav , καΐ (Λ^λις εν ή(Λέραις τρισΐ 
κακοπαθήσας διήγαγε τα θηρ(α. ΚαΙ τάδε συνέβαινε κακώς 
υπό του λιμοΰ διατεθεΐσθαι^ * Των γαρ "Αλπεων τα μέν 
άκρα και τα προς τάς ύπερβολάς ανήκοντα, τελέως άδενδρα 
και ψιλά πάντ' έστι, δια τα συνεχώς έπιμένειν τήν χΐ($να 
και θέρους και χειριώνος . τα δ' υπό [χέσην τήν παρώρειαν 
έξ άμφοιν τοιν (χεροιν, ύλοφόρα και δενδροφφα καΐ το όλον 
οΕκήσΐ[Λά έστιν. 



LVI. 'Αννίβας δέ συναθροίσας δμου πασαν τήν δύναμιν, 
κατέβαινε, και τριταίος άπο των προειρηριένων κρη[Λνών 
διανύσας, ήψατο των επιπέδων, (Cas., ρ. 209.) πολλούς 
(jiàv άπολωλεκώς των στρατιωτών ύπ($ τε των πολερ.(ων 
και τών ποταριών, εν τή καθόλου πορεία, ποΚΚους δ' ύπο 
των κρη[Λνών και τών δυσχωριών κατά τάς "Αλπεις ού 
[ΛΟνον άνδρας, ετι δέ πλείους ίππους και υποζύγια. Τέλος 
δέ, τήν (χέν πασαν πορείαν εκ Καινής πόλεως έν πέντε 
[Λησι ποιησάρι,ενος , τήν δέ τών "Αλπεων ύπερβολήν ή[Λέ- 
ραις πεντεκαίδεκα^, κατήρε τολ[Ληρώς εις τα περί τον 
Πάδον πεδία και τα τών 1νσό{Λβρων έθνος , έχων διασω- 

1 . C'est ainsi que cette fin de phrase est construite dans le Vatic. 
et le Florent. ; dans les autres on lit : κακώς διατεθεΐσθαι ύπο του 
λιμοΰ. Sic Casaub., Schweigh. et Didot. 

2. Plusieurs mss. y compris le Vaticanus, δεκαπέντε. Les meilleurs 
textes ont πεντεκαίδεκα. V. le Thésaurus. — Tite-Live, ibid. xxxviii : 
Hoc maxime modo in Italiam perventum est, quinto mense a Gar- 
thagine nova (ut quidam auctores sunt), quinto decimo die Alpibus 

superatis. —Cf. Florus, 11, vi : lUa Punici belli vis atque tem- 

pestas quodam impetu rapta, médias perfregit Alpes, et in 

Italiam ab illis fabulosœ aititudinis nivibus, velut cœlo missa, 
descendit. 



POLYBE, LIV. III. ANNIBAL PASSE LES ALPES. 177 

les y fit passer tout de suite et, ayant dressé son camp 
en des lieux qui échappaient déjà à la neige, il les 
envoya aux pâturages. Il employa à tour de rôle les 
Nomades^ à la construction [de la route], et, à grand'- 
peine , après trois jours de souffrances , il put y faire 
passer les éléphants. Ces animaux, qui avaient enduré 
la faim, se trouvaient en mauvais état. Car les sommets 
des Alpes et les espaces qui s'étendent vers les cols 
sont tous absolument sans arbres et nus, à cause de la 
permanence de la neige en été comme en hiver : mais 
les parties au-dessous de la région moyenne sur les 
deux versants portent des bois, des arbres, et sont, 
en un mot, habitables. 

LVI. Annibas, ayant réuni au même endroit toute 
son armée, commença la descente; trois jours après 
sa sortie des précipices dont nous avons parlé, il 
atteignit les plaines; il avait perdu beaucoup de ses 
soldats par le fer de l'ennemi, au passage des rivières, 
dans toute la suite de ce voyage ; dans les précipices 
et dans les passes difficiles des Alpes, [il avait perdu] 
beaucoup de ses hommes, plus encore de chevaux et 
de bêtes de somme. Enfin, ayant mis cinq mois pour 
faire tout ce voyage depuis la Ville-Neuve, et quinze 
jours pour franchir les Alpes, il entra hardiment dans 
les plaines du Pade et chez les Insombres ^ Il avait sauvé 

1. Numides. 

2. « Quand je songe qu'Annibal est parti d'Espagne, où il n'avoit 
rien de fort assuré ; qu'il a traversé les Gaules, qu'on de voit compter 
pour ennemies; qu'il a passé les Alpes pour faire la guerre aux 
Romains qui venoient de chasser les Carthaginois de la Sicile...., 
je me trouve étonné de la hardiesse de son dessein; mais lorsque 
je considère sa valeur et sa conduite, je n'admire plus qu'Annibal 
et le tiens encore au-dessus de l'entreprise. » S'-Evremond, t. 1, 
p. 220, in-12. 

Π 121 



1 78 ΠΟΛΥΒΙΟΤ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

ζ($|Λενον ΐί.ίρος της [χέν των Λιβύων δυνά[Λεως πεζούς 
μυρίους καΐ δισχιλίους, της δέ των 'Ιβήρων εις δκτακισ- 
χιλιους, ιππείς δέ τους πάντας ού πλείους έξακισχίλίων , 
ως αύτος εν τη στήλη τη περί του πλήθους έχούση τήν 
έπιγραφήν έπΙ Λακινίω^ διασαφεί. Κατά δέ τους αυτούς 
καιρούς, ώς επάνω προειπα*, Π^πλιος άπολελοιπώς τάς 
δυνάμεις Γναιφ τω άδελφω, και παρακεκληκώς αυτόν 
εχεσθαι των έν Ίβηρ{ί>: πραγμάτων και πολεμεΐν έρρω- 
μένως Άσδρούβςι, κατέπλευσε μετ' ολίγων αυτός εΙς 
Π(σας. Ποιησάμενος δέ τήν πορε(αν δια Τυρρηνίας, καΐ 
παραλαβών τα παρά των έξαπελέκεων στρατόπεδα τα 
προκαθήμενα καΐ προσπολεμουντα τοις Βοίοις, ήκε προς 
τα περί τον Πάδο ν πεδέα και καταστρατοπεδεύσας, έπειχε 
τοις πολεμίοις, σπεύδων συμβαλεΐν εις μάχην. 

LVII. 'Ημείς δέ επειδή και τήν διήγησιν, και τους 
ηγεμόνας αμφοτέρων, και τον πόλεμον εις Ίταλίαν ήγά- 
γομεν, πρό του των αγώνων άρξασθαι, βραχέα βουλόμεθα 
περί των αρμοζόντων τη πραγματε(α διελθειν. Ίσως γαρ 
δή τίνες έπιζητήσουσι, πώς, πεποιημένοι τόν πλείστον λ^^γον 
υπέρ των κατά Λιβύην καΐ κατ' Ίβηρίαν τ(^πων, ούτε περί 
του καθ' 'Ηράκλειους^ Στήλας στόματος ουδέν έπι πλειον 

1. Promontoire d'Italie dans le Bruttium. — Tite-Live ne parle 
pas de cette stèle commémorative ; elle n'existait plus sans 
doute de son temps. Polybe, liv. III, xxxm, semble dire qu'il l'avait 
découverte et il ajoute quelques détails intéressants : Ήμεΐς γαρ 
εύρόντες επί Λακινίφ τήν γραφήν ταύτην έν χαλκώματι κατατεταγμένην υπ* 
Άννίβου, καθ' ους καιρούς έν τοις κατά τήν Ίταλίαν τόποις άνεστρέφετο, 
πάντως ένομίσαμεν αυτήν περί γε των τοιούτων άξιόπιστον εΤναι • διό κα\ κατα- 
κολουθείν είλόμεθα τή γραφή ταύτη. 

Cincius Alimentus, cité par Tite-Live, ibid., disait : « Ex ipso 
audisse Annibale, postquam Rhodanum transierit, triginta sex 
millia hominum, ingentemque numerum equorum et aliorum 
jumentorum amisisse, in Taurinis, quae Gallis proxima gens erat, 
in Italiam degressum. » 

2. Sic le Vatic. ; les autres προειπον. 

3. Vatic, Ηρακλέους. 



POLYBE, LIV. III. ANNIBAL EN ITALIE. 179 

de son armée de Libyes^ douze mille fantassins, de son 
armée d'Ibères environ huit mille, et en tout pas plus 
de cinq mille cavaliers, comme il le déclare lui-même 
dans rinscription de Lacinium, qui présente le relevé 
de ses troupes^. — Vers le même temps, comme je Fai 
dit plus haut, Poplius% ayant laissé ses troupes à Gnseus, 
son frère, et l'ayant invité à se charger des affaires d'Ibè- 
rie et à mener avec vigueur la guerre contre Asdru- 
bas, avait lui-même abordé à Pise avec peu d'hommes. 
Ayant fait route à travers la Tyrrhènie et reçu des 
[généraux] à six haches les corps d'armée qui, postés 
en avant, faisaient la guerre aux Boïes, il se rapprocha 
des plaines du Fade et dressa son camp, tout occupé 
des ennemis et pressé d'engager avec eux une bataille. 
LVII. Maintenant que nous avons conduit en Itahe, 
avec notre récit, les généraux des deux peuples et la 
guerre , avant de commencer l'histoire de ces luttes , 
nous voulons entrer dans quelques détails qui répon- 
dent aux exigences de cet ouvrage. Quelques-uns 
peut-être demanderont comment, ayant longuement 
parlé des divers lieux situés en Libye et en Ibèrie, 
nous n'avons rien dit en plus de la bouche qui s'ouvre 
entre les Colonnes Héraclées% ni de la mer extérieure 



1. Africains. 

2. Tite-Live, même livre, ch. xxxviii, donne des chiffres variant 
de 120,000 à 26,000 pour le total des troupes d'Annibal à son arrivée 
en Italie; le chiffre moindre est celui de Polybe. L'auteur latin 
s^appuie, tout en le critiquant, sur le témoignage de L. Cincius 
Alimentus, qui avait été fait prisonnier par Annibal et disait tenir 
de lui les détails consignés à ce sujet dans son histoire (écrite en 
grec) du peuple romain. 

3. V. supr. XLix, p. 156-157. 

4. Publius Cornélius Scipion. 

5. Les Colonnes d'Hercule et le détroit de Gadès (Gibraltar). 



] 80 ΠΟΛΤΒΙΟΤ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

είρήκαμεν, ούτε περί της εξω θαλάττης και των έν ταύτ/)^ 
συμβαινί^ντων ιδιω[Λάτων, ουδέ (χήν περί των Βρεττανικών 
νήσων και της του καττιτέρου κατασκευής, ετι δέ των 
άργυρε(ων και χρυσείων^ των κατά τήν^ Ίβηρ(αν, ύπερ 

ών οι συγγραφείς ά[Λφισβητουντες προς αλλήλους τον 
πλείστον διατίθενται λ6γον. 

LIX. ..... Έν δέ τοις καθ' ήμ,ας των (χέν κατά τήν 

Άσ(αν δια τήν 'Αλεξάνδρου δυνάστευαν, των δέ λοιπών 
τ6πων δια τήν Ρωμαίων υπε^ογτιν σχεδόν απάντων πλω- 
τών και πορευτών γεγονότων, άπολελυ μένων δέ καΐ τών 
πρακτικών ανδρών της περί τάς πολεμικάς καΐ πολιτικάς 
πράξεις φιλοτιμίας , εκ δέ τούτων μεγάλας '* άφορμάς 
ειληφ($των εις τό πολυπραγμονειν και φιλομαθειν περί 
τών προειρημένων, δέον αν ειη και βέλτιον γιγνώσκειν.^ 
καΐ άληθινώτερον υπέρ τών πρ6τερον αγνοουμένων. "Οπερ 
ήμεΐς αυτοί τε πειρασ^μεθα^ ποιεΐν, λαβ($ντες άρμ($ζοντα 
τόπον έν τη πραγματεία τω μέρει τούτω, τους τε φιλο- 
πευστουντας δλοσχερέστερον βουλησομεθα συνεπιστήσαι 
περί τών προειρημένων * επειδή και το πλειον τούτου χάριν 
ύπεδεξάμεθα τάς κακοπαθείας καΐ τους κινδύνους τους 
συμβάντας"' ή μι ν έν πλάνη τή κατά Λιβύη ν και κατ' 
Ίβηρίαν, έτι δέ Γαλατίαν και τήν έξωθεν ταύταις ταις 
χώραις συγκυρουσαν θάλατταν, ινα διορθωσάμενοι τήν 



1. Id. ταύταις, comme le Flor., l'August. et le Reg. A. 

2. Les mêmes mss. : άργυγίων κάΙ χρυσίων. 

3. Vatic. τών κατ' αυτήν. 

4. Correct, de Schweighœuser pour τας μεγάλας que donne la 
Vulg. — Reiske, suivi par L. Dindorf (éd. Teubner), garde l'article 
et écrit μεγίστας. 

5. Casaub. : δέον δν είτ) χαΐ βελτιον, καΐ άλ. — L'édit. Didot retranche 
le second καΙ; tous les mss., xcd γιγνώσκειν. 

6. Le Bavar., παραστησόμεθα, « nous nous proposerons » 

7. Orsini, Casaub., Scliweigh., Didot : τ. κινδ. κα\ τ. κακοπαθείας 
συμβάσας Tous les mss. συμβάντας. 



POLYBE, LIV. m. DIGRESSION GÉOGRAPHIQUE. 181 

et des particularités qu'elle présente, ni des îles Bret- 
taniques et de l'exploitation de l'étain, ni enfin des 
mines d'argent et d'or qui se trouvent en Ibèrie, 
sujets sur lesquels les historiens, bien que différant 
d'opinion, arrangent leurs plus longs discours. 

LIX De notre temps, l'Asie, grâce à l'empire 

d'Alexandre, toutes les autres contrées, grâce à la 
domination romaine , sont devenues presque partout 
accessibles par les voies de terre et de mer; les 
hommes d'action, délivrés de tout soin ambitieux par 
rapport à la guerre et à la politique \ trouvent dans 
la situation présente de magnifiques occasions d'exer- 
cer leur activité et leur désir de s'instruire sur les 
questions précédemment indiquées : il serait donc 
nécessaire de connaître mieux, avec plus de certitude, 
ce qui auparavant était ignoré. C'est ce que nous 
essayerons de faire nous-même, en choisissant dans 
notre ouvrage une place convenable pour ces matières, 
avec la volonté de mettre les esprits avides de con- 
naissances plus complètes à même d'en savoir autant 
que nous. Or, c'est en grande partie pour cet objet 
que nous avons supporté les misères et les dangers 
que nous avons rencontrés dans nos courses un peu 
incertaines à travers la Libye, l'Ibèrie, la Galatie* 
même et les parages de la mer extérieure voisins de 
ces contrées. Jl s'agissait de corriger l'ignorance de 



1. Allusion évidente aux Grecs qui, comme Polybe lui -môme, 
étaient réduits, depuis la conquête romaine, à renfermer leur 
activité dans le domaine des lettres et des arts. 

2. La Gaule. 



]S% ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

των προγεγον^των άγνοιαν εν τούτοις, γνώρΐ[Αα ποιήσω(Λεν 

τοις "Ελλησι και ταύτα τα μ,έρη της οίκου [χένης. Νυν δ' 
άναδρα{Λ6ντες ίτά τήν παρέκβασιν της διηγήσεως, πεφα- 
σ6[Λεθα δηλουν τους γενομένους εκ παρατάξεως εν Ίταλ(α 
Ρω[Λαίοις καΐ Καρχηδονίοις αγώνας. 

LX. Το [Λέν ουν πλήθος της δυνά[Λεως, δ'περ έχων 
'Αννίβας (Cas., ρ. 212.) ένέβαλεν εις Ίταλιαν, ήδη 
δεδηλώκα|Λεν. Μετά δέ τήν εισβολήν, καταστρατοπεδεύσας 
υπ' αυτήν τήν παρώρειαν των "Αλπεων^ τάς [χέν αρχάς 
άνελάμιβανε τάς δυνάριεις. Ού γαρ (x6vov ύπό των αναβά- 
σεων και καταβάσεων, ετι δέ τραχυτήτων των κατά τας 
ύπερβολάς, δεινώς έτεταλαιπωρήκει τό σύρ,παν αύτω 
στρατ6πεδον • άλλα και τη των επιτηδείων σπάνει και. 
ταις των σω{Λάτων άθεραπευσίαις κακώς άπήλλαττε. 
Πολλοί δέ και καθυφεΐντο εαυτούς ολοσχερώς δια τήν 
ενδειαν και συνέχειαν τών πόνων. Ούτε γαρ διάκο [Λίζειν 
εις τοσαύτας μυριάδας δια τοιούτων τόπων δαψιλή τα 
προς τήν τροφήν οίοί τ ήσαν, α τε καΐ παρεκόμιζον οίμα 
τή τών υποζυγίων καταφθορα, καΐ τούτων τα πλείστα 
συναπώλλυτο^. Διόπερ δρμήσας άπο της του Ροδανου δια- 
βάσεως , πεζούς μέν εις οκτακισχιλίους και . τρισμυρίους 
έχων, ιππείς δέ πλε^ους οκτακισχιλίων , σχεδόν που τήν 
ήμίσειαν της δυνάμεως, καθάπερ επάνω πρ'οεΐπον, έν ταΐς 
ύπερβολαις διέφθειρεν. Οι γε μήν σωθέντες και ταΐς έπι- 
φανείαις και τή λοιπή διαθέσει, δια τήν συνέχειαν τών 



1. Ύπ' αύτην τήν παρώρειαν τών Άλπεων, au pied des Alpes Pénines, 

s'il faut en croire Pline : geminas Alpium fores Graias atque 

Peninas. His Pœnos transisse memorant (111, xxi, 17). — Cf. 

Strab., p. 170-172. Tite-Live, XXI, 38, est moins afflrmatif. 

2. Correct, de Schweigh. d'après le Florentinus ; les autres mss. 
et les éditt. συναπώλοντο. 



POLYBE, LIV. III. ANNIBAL EN ITALIE. 183 

nos aînés en ces matières, et de faire connaître aussi 
aux Hellènes ces parties de la [terre] habitée. A 
présent, revenant au point de notre récit où nous 
avons fait cette digression, nous essayerons d'exposer 
les luttes que se livrèrent en batailles rangées, dans 
ritalie^ les Romains et les Carchèdonies. 

LX. Les forces qu'avait Annibas à son entrée en 
Italie ont été déjà indiquées. Or, après y être entré, 
ayant établi son camp au pied même des Alpes, il 
commença par y refaire son armée. Car non seulement 
à la montée et à la descente , à travers les aspérités 
des cols, tous ses soldats avaient affreusement 
souffert, mais, pour avoir manqué du nécessaire et 
n'avoir pu donner aucun soin à leurs corps, ils se 
trouvaient en fort mauvais état. Plusieurs s'étaient 
complètement abandonnés eux-mêmes au milieu de 
cette pénurie et de cette longue suite de fatigues. 
Faire transporter à travers de pareils lieux assez de 
vivres pour tant de myriades d'hommes, c'était chose 
impossible , et quant à ceux qu'ils emportaient avec 
eux, la perte de leurs bêtes de somme leur en avait 
enlevé la plus grande partie. Aussi Annibas, qui, en 
partant de l'endroit où il avait passé le Rhodan, avait 
en infanterie trente-huit mille hommes, et plus de huit 
mille chevaux, avait perdu, comme je l'ai dit plus 
haut^, près de la moitié de ces forces dans les cols 
[des Alpes] . Ceux qui s'en étaient sauvés , à en juger 
par leur extérieur et leur état général, étaient devenus, 



1. Nous ne donnons de cette seconde guerre punique que les 
événements dont l'Italie septentrionale, c'est-à-dire la Gaule Cisal- 
pine, a été le théâtre. 

2. V. supr. ch. lvi, p. 178-179. 



\ 84 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

προεφημ-ένων π($νων, οίον άποτεθηριωριένοι πάντες ήσαν. 
Πολλήν ουν ποιού(Λενος πρ(>νοιαν Άνν(βας της έπΐ[χελείας 
αυτών, άνεκτατο καΐ τας ψυχας ά[Λα καΐ τα σώριατα των 
ανδρών, δ(/.ο{ως δε καΐ^ τών 1'ππο)ν. Μετά δε ταύτα, προ- 
σανειληφυίας ήδη της δυνά[Λεως, τών Ταυρίνων, οι τυγχά- 
νουσι προς τη παρωρει^ι κατοικουντες , στασιαζίντων μέν 
προς τους *Ίνσομ.βρας, άπιστούντων δέ τοις Καρχηδονιοις, 
το [Λεν πρώτον αυτούς εις φιλέαν προυκαλεΐτο καΐ συ[Λ[Λα- 
χιαν • ούχ υπακουόντων δέ, περιστρατοπεδεύσας την βαρυ- 
τάτην π(>λιν, εν τρισίν ή[Λέραις έξεπολΐ(^ρκησε. Κατασφάξας 
δέ τους έναντιωθέντας αύτω τοιούτοι ένειρ^άσατο φ6βον 
τοις σύνεγγυς κατοικουσι τών βαρβάρων, ώστε πάντας εκ 
χειρός παραγίγνεσθαι, δίδοντας αυτούς εις τήν πίστιν. Το 
δέ λοιπόν πλήθος τών τα πεδία κατοικούντων Κελτών- 
έσπούδαζε μέν κοινωνεΐν τοις Καρχηδονίοις τών πραγ(/.ά- 
των, κατά τήν εξ αρχής έπιβολήν • παρηλλαχότων δέ τών 
Ρωμαϊκών στρατοπέδων ήδη τους πλείστους αυτών και 
διακεκλικ^των^, ήσυχίαν ήγον • τινές δέ και συστρατεύειν 
ήναγκάζοντο τοις Ρωμαιοις. Εις α βλέπων 'Αννίβας (Cas., 
ρ. 21 3.) έκρινε μή ρ,έλλειν, άλλάπροάγειν εέςτούμπροσθεν, 
και πράττειν τι προς το θαρρήσαι τους ^ουλοικίνους μετέ- 
χειν σφισι τών αυτών ελπίδων. 



LXI. Προθέμενος δέ ταύτα, καΐ τον Πόπλιον άκούων 

ήδη διαβεβηκέναι τον Πάδον μετά τών δυνάμεων καΐ 



1. Gasaub., Schweigh., Didot, δμ. δ. τα τών ϊππ. — L. Dindorf pro- 
pose de garder χα\ que donne le Vatic. et d'ajouter τα. 

2. C'est la leçon de tous les mss. conservée par Gasaubon, rem- 
placée inutilement depuis Reiske par διακεκλεικότων. 



POLYBE, LIY. III. ANNIBAL ET LES CISALPINS. 185 

dans cette longue suite de fatigues que nous avons 
racontées, des espèces de bêtes sauvages. Aussi 
Annibas, donnante ces soins une prévoyante attention, 
réparait chez ses hommes l'esprit avec le corps; il 
s'occupait pareillement des chevaux. Après cela, et 
dès que son armée eut repris [des forces], comme les 
Taurins, qui habitent au pied des monts, avaient des 
démêlés avec les Insombres et se défiaient des Car- 
chèdonies, d'abord il leur offrit son amitié et son 
alliance, puis, comme ils n'y voulaient entendre, ayant 
investi leur ville la plus forte, il s'en empara après 
trois jours de siège. Il passa au fil de l'épée ceux qui 
lui avaient été contraires , et inspira par là une telle 
terreur aux barbares des pays voisins, qu'ils vinrent 
tout de suite se remettre à sa discrétion. Le reste des 
populations celtiques qui habitaient les plaines dési- 
raient bien s'associer aux entreprises des Carchè- 
donies, suivant leur intention première; mais les 
légions romaines ayant passé outre, en évitant la 
plupart d'entre elles, elles se tenaient en repos. 
Quelques-unes furent même forcées de joindre leurs 
armes à celles des Romains ^ A la vue de cet état de 
choses, Annibas jugea qu'il ne fallait pas tarder, mais 
pousser en avant et faire quelque coup pour enhardir 
ceux qui voulaient avoir leur part des mêmes espé- 
rances. 

LXI. Voilà ce qu'il se proposait de faire, lorsqu'il 
apprit que Poplius avait déjà passé le Pade avec ses 



l. Tite-Live, l. l. xxxix, est moins explicite, mais au fond les 
deux récits s'accordent. 



i 86 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

σύνεγγυς ε?ναι, το [Λεν πρώτον ήπίστει τοις ιτροσαγγελ- 
λθ(Λένοις^ ένθυμού(Λενος (χεν δτι πρ^τερον ή[Λέραις ολ(γαις 
αυτόν άπέλιπε περί τήν του ί*οδανου διάβασιν, και συλλο- 
γιζ(5[Λενος τον πλουν τον άπο Μασσαλίας εις Τυρρηνίαν 
ώς δυσπαρακ(5μιστος εϊη * προς δέ τούτοις, τήν πορεέαν 
ίστορών τήν άπα του Τυρρηνικού πελάγους δια της Ιταλίας 
[χέχρι προς τάς "Αλπεις, ώς πολλή και δυσδίοδος υπάρχει 
στρατοπέδοις. Πλεΐ($νων δέ και σαφέστερον^ άει προσαγ- 
γελλόντων, έθαύμαζε και κατεπλήττετο^ τήν ολην έπι- 
βολήν και τήν πραξιν του στρατηγού. Το δέ παραπλήσιον 
συνέβαινε πάσχειν και τον Π6πλιον • τάς {/.εν γαρ αρχάς 
ούδ' έπιβαλέσθαι τη δια των "Αλπεων ήλπισε πορεία τον 
Άννίβαν δυνάμεσιν άλλοφύλοις * ει δέ και τολμήσαι^, 
καταφθαρήσεσθαι προδήλως αυτόν ύπελάριβανε. Δΐ($περ εν 
τοιούτοις ών διαλογισμοις , ώς έπυνθάνετο και σεσώσθαι 
και πολιορκειν αύτον ήδη τινας πάλεις εν Ίταλ(ο>:, κατε- 
πέπληκτο τήν τ6λ[Λαν και το παράβολον τάνδρός. Το δ' 
αυτό συνέβαινε και τοις εν τη Ρώ(Λη πεπονθέναι περί των 
προσπιπτόντων. "Αρτι γαρ της τελευταίας φή|Λης κατα- 
ληγούσης υπέρ των Καρχηδονίων, δτι Ζάκανθαν εΣλήφασι, 
και προς ταύτην βεβουλευ|Λένων τήν Ιννοιαν, και τον μεν 
ένα των στρατηγών έξαπεσταλκδτων εις τήν.Λιβύην, ώς 
αυτήν τήν Καρχηδ(ίνα πολιορκήσοντα , τον δ' έτερον εις 
Ίβηρίαν , ώς προς Άννίβαν έκεΐ διαπολεμ,ήσοντα , παρήν 



1. Les mss. et les éditt. av. Casaubon, προαγγ. 

2. Correct, de Schweigh. p. σαφέστερων. 

3. Sic toutes les éditt. d'après le Bavaricus. Schweigh. et tous les 
autres depuis, κατεπέπληκτο. L. Dindorf efface même έθαυμαζε : on 
peut se borner à le signaler comme une glose. Nous conservons 
les deux mots qui sont loin d'être synonymes. 

4. Le Bavaricus, πολεμήσαι. 



POLYBE, LIV. III. ANNIBAL ET SCIPION. 187 

troupes et qu'il approchait. D'abord, il n'en voulait 
rien croire, en pensant que, quelques jours aupara- 
vant, il l'avait laissé près de l'endroit où il avait passé 
le Rhodan; en calculant combien de Massalie à la 
Tyrrhènie la navigation était difficile; il savait d'ail- 
leurs que le trajet de la mer Tyrrhènique aux Alpes 
était long, que la route était mauvaise pour des 
armées. Mais, comme il lui arrivait sans cesse des 
rapports plus nombreux et plus sûrs, il était étonné, 
effrayé de cet effort hardi , de l'ensemble des opéra- 
tions du général [romain]. PopHus se trouvait à peu 
près dans les mêmes sentiments ^ : dans le principe , 
il espérait qu'Annibas ne se hasarderait pas à franchir 
les Alpes avec des troupes formées d'éléments si divers ; 
une telle audace lui semblait devoir être évidemment 
sa ruine. Lors donc qu'au milieu de pareils raisonne- 
ments il apprenait qu'Annibas était sauvé, et que 
déjà ce général assiégeait des villes en Italie, il était 
effrayé de tant d'audace et de témérité ^ A Rome, il 
se trouva que ces événements produisirent les mêmes 
effets. Les dernières nouvelles relatives à la prise de 
Zacanthe^ par les Carchèdonies venaient de cesser; 
on avait délibéré dans ce sens; on avait envoyé un 
des deux généraux'' en Libye ^ pour assiéger Garchè- 
done elle-même, l'autre en Ibèrie% pour y continuer 
la guerre contre Annibas ; et voilà qu'arrivait la nou- 



1. Tite-Live, ibid. : Jam prope in conspectu erant exercitus, con- 
venerant que duces, sicuti inter se nondum satis noti, ita jam 
imbutus uterque quadain admiratione alterius. 

2. Tite-Live, l. L: Auxerant inter se opinionum, Scipio, quod, 

relictus in Gallia, obvius fuerat in Italiam transgresse Annibali; 
Annibal et conatu tum audaci trajicicndarum Alpium, et effectu. 

3. Sagonte. — 4. Consuls. — 5. Afrique. — 6. Espagne. 



1 88 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

αγγελία δι6τι πάρεστιν 'Αννίβας μετά δυνάμεως, καΐ 
πολιορκεί τινας ήδη πάλεις έν Ιταλία. Δι6τι παράδοξου 
φανέντος αύτοίς του γιγνομένου, διαταραχθέντες , παρα- 
χρήμα προς τον Τιβέριον εις το Λιλύβαιον έξαπέστελλον , 
δηλούντες μεν τήν παρουσίαν των πολεμίων, οΐόΐί,ενοι δε 
δείν άφέμενον των προκειμένων, κατά σπουδήν βοηθεϊν 
τοις ιδίοις πράγμασιν. Ό δέ Τιβέριος τους μεν από του 
στάλου παραυτίκα συναθροίσας εξέπεμψε, παραγγείλας 
ποιεισθαι τον πλουν ως έπ' οίγ,οΌ ' τάς δέ πεζάς δυνά- 
μεις έξώρκισε^ δια των χιλιάρχων, τάξας ήμέραν έν ή 
δεήσει πάντας (Cas., ρ. 214.) έν Άριμίνο) γενέσθαι 
κοιταίους. Αυτή δ' εστί π^λις παρά τον Άδρίαν, έπι τφ 
πέρατι κειμένη των περί τον Πάδον πεδίων ως από μεσημ- 
βρίας^. Πανταχόθεν δέ του κινήματος άμα γιγνομένου, 
και των συμβαινόντων πασι παρά δόξαν προσπιπτόντων, 
ην παρ' έκάστοις έπίστασις υπέρ του μέλλοντος ούκ 
ευκαταφρόνητος. 



LX1I. Κατά δέ τόν καιρόν τούτοι ήδη συνεγγίζοντες 
άλλήλοις 'Αννίβας καΐ Πόπλιος, έπεβάλοντο παρακαλεΐν 
τάς εαυτών δυνάμεις, έκάτερος προθέμενος τα πρέποντα 
τοις παροΰσι καιροις. 'Αννίβας μέν ουν δια τοιουδέ τίνος 
ένεχείρει τρόπου ποιεισθαι τήν παραίνεσιν. 2υναγαγών γαρ 
τα πλήθη, ^παρήγαγε νεανίσκους των αιχμαλώτων, ους 
είλήφει κακοποιοϋντας τήν πορείαν έν ταις περί τάς 
"Αλπεις δυσχωρίαις. Τούτους δέ κακώς διετίθετο, παρασ- 
κευαζόμενος προς τό μέλλον • καΐ γαρ δεσμούς ειχον 



1. Les éditt. d'après le Bav., έξώρμησε, il fit partir. 

2. Polybe répète à peu près la même chose sur Ariminum , au 
chap. 86 de ce même livre. V. ci-après, et comp. Strab. dans notre 
t. I, particulièrement p. 172-173; 192-193; 200-201 et suiv. 



POLYBE, LIV. III. ANNIBAL ET SCIPION. 189 

velle de Tarrivée d'Annibas à la tête d'une armée, 
assiégeant déjà des villes en Italie ! Évidemment tout 
cela était incroyable. Aussi ^ dans leur trouble, les 
Romains dépêchent aussitôt des courriers à Lilybée 
où se trouvait Tibérius : on lui fait connaître l'arri- 
vée des ennemis; on pense qu'il doit laisser là ses 
projets et venir défendre les propres intérêts de la 
patrie. A l'instant donc, Tibérius rassemble les soldats 
de la flotte et les envoie avec l'ordre de faire voile 
vers leur pays. Quant aux troupes de terre, il leur 
fait prêter serment par l'entremise des chiliarques et 
fixe le jour où toutes devront se trouver à Ariminum 
pour y coucher. Cette ville est située près de l'Adrias, 
à l'extrémité méridionale des plaines du Pade. En 
même temps que ces mouvements se faisaient de 
toutes parts, et que tous recevaient la nouvelle 
invraisemblable de ces événements, il y avait dans 
tous les esprits un sang-froid à regarder l'avenir, qui 
n'était point à mépriser. 

LU. Vers le même temps, Annibas et Poplius, se 
rapprochant déjà l'un de l'autre, se proposèrent d'ex- 
citer leurs troupes en leur mettant sous les yeux des 
choses en rapport avec les circonstances présentes. 
Voici à peu près le moyen par lequel Annibas essaya 
de faire cette exhortation \ Ayant rassemblé son 
armée, il amena devant elle des jeunes gens, des 
prisonniers qu'il avait faits parmi les montagnards qui 
inquiétaient sa marche dans les passages difficiles des 
Alpes. Il les maltraitait depuis lors pour les préparer 
à ce qu'il voulait faire : ils portaient de lourdes chaînes ; 

1. Tite-Live, môme livre, ch. xui. Ce fait ne se trouve pas ailleurs. 



i 90 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

βαρείς, καΐ τω λψω συνέσχηντο\ καΐ ταΐς πληγαϊς αυτών 
τα σώ[Λατα διέφθαρτο. Καθ(σας ουν τούτους εις τα μ,έσον, 
προέθηκε πανοπλίας Γαλατικάς, οιαις^ ειώθασιν οΐ βασι- 
λείς αυτών, δταν μονό [Λάχει ν [/.έλλωσι, κατακοσ{ΛεΪσθαι • 
προς δε τούτοις ιπιτους παρέστησε καΐ σάγους είσήνεγκε 
πολυτελείς. Κάπειτα τών νεανίσκων ήρετο τίνες αυτών 
βούλονται διαγωνίσασθαι προς αλλήλους, εφ' φ τον (χέν 
νικήσαντα τα προκείμενα λαμβάνειν άθλα, τον δ' ήττη- 
θέντα τών παρόντων άπηλλάχθαι κακών, τελευτήσαντα 
τον βίον. Πάντων δ' άναβοησάντων άμα και δηλούντων 
οτι βούλονται μονομαχεΐν, κληρώσασθαι προσέταξε, καΐ 
δύο τους λα)(^6ντας καθοπλισαμένους έκέλευσε μάχεσθαι 
προς αλλήλους. Παραυτίκα μεν ουν άκούσαντες οι νεανίσκοι 
ταΰτα, και τάς χείρας έξαίροντες, vjyoYzo τοις θεοΐς, 
σπεύδων έκαστος αύτος γενέσθαι τών λαχόντων. ΈπεΙ δ* 
έδηλώθη τα κατά τον κλήρον, ήσαν οι μέν ειληχότες 
περιχαρείς, οι δ' άλλοι τουναντίον. Γενομένης δε της 
μάχης , ούχ ήττον έμακάριζον οι περιλειπόμενοι τών 
αιχμαλώτων τον τεθνεώτα του νενικηκότος, ώς πολλών 
και μεγάλων κακών εκείνου μεν άπολελυμένου, σφας δ' 
αυτούς άκμήν υπομένοντας. "^Ην δε παραπλησία και περί 
τους τζοΚΚους τών Καρχηδονίων ή διάληψις • εκ παραθέ- 
σεως γαρ θεωρούμενης της τών αγομένων καΐ ζ(6ντων 
ταλαιπωρίας, τούτους μεν Ύ\ΚίουΊ^ τον δε τεθνεώτα πάντες 
έμακάριζον. 



LXIII. 'Αννίβας δέ δια τών προειρημένων τήν (Cas., 

1. Casaub. et les autres av. Schweigh., συνείχοντο. -Sic les mss. 
Bav., Aug. et ceux de la Bibl. nat. 

2. Correct, de Casaub. pour οϊας ou οΤς que donnent les mss. 



POLYBE, LIY. m. PRÉLUDES DE LA GUERRE. 191 

ils avaient subi les tourments de la faim et leurs corps 
s'étaient exténués sous les coups. Leur ayant fait 
prendre place au milieu des siens, il mit devant eux 
des armures complètes, telles que celles dont les rois 
Galates ont coutume de se parer dans leurs combats 
singuliers. En outre, on amena des chevaux, des saies 
d'une grande valeur; puis Annibas demanda à ces 
jeunes gens lesquels d'entre eux voulaient combattre 
les uns contre les autres, à la condition, pour le vain- 
queur, de recevoir les prix proposés, et, pour le vaincu, 
d'être délivré des maux présents par la fin de sa vie. 
Tous crièrent à la fois et firent connaître qu'ils vou- 
laient combattre. Il régla qu'on tirerait au sort [deux 
par deux], et à ceux qui sortiraient ainsi il donna 
l'ordre de s'armer et de combattre l'un contre l'autre. 
Aussitôt que les jeunes gens eurent entendu cette 
parole, les mains levées, ils priaient les dieux, chacun 
souhaitant d'être un des élus du sort. Quand les résul- 
tats du tirage furent connus, ceux qui avaient eu pour 
eux la chance étaient transportés de joie, les autres, 
tout au contraire. Le combat terminé, ceux des pri- 
sonniers qui restaient ne trouvaient pas moins heu- 
reux le mort que le vainqueur; il était délivré des 
longues et cruelles souffrances qu'en ce moment ils 
subissaient eux-mêmes. Toute semblable était pour la 
plupart des Carchèdonies leur façon de juger en ce 
débat : par comparaison [avec leur propre sort] , 
quand ils considéraient ceux qui étaient emmenés pour 
vivre encore dans la même misère, ils les prenaient 
en pitié, et tous vantaient le bonheur de celui qui 
était mort. 

LXIiï. Annibas, ayant, par les moyens ci-dessus 



1 92i ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

ρ. 215.) προκειι^ένην διάθεσιν ένεργασάμενος ταΐς τών 
δυνάριεων ψυχαΐς, [^ετά ταύτα προελθών αύτος, τούτοι^ 
χάριν έ'φη παρεισάγειν^ τους αιχ(Λαλώτους , tv' έπΙ των 
άλλοτρίων συ(Λπτω{Λάτων έναργώς θεασά[Λενοι το συ|ΛβαΪ- 
νον, βέλτιον υπέρ των σφέσι παρόντων βουλεύωνται πραγ- 
μάτων. Εις παραπλήσιον γαρ αυτούς αγώνα καΐ καφόν 
τήν τύχην συγκεκλεικέναι^ και παραπλήσια τοις νυν άθλα 
προτεθεικέναι. Δεΐν γαρ ή νικαν ή θνήσκειν, ή τοις έχθροίς 
υποχείριους γενέσθαι ζώντας. Ε?ναι δ' εκ [λέν του νικαν 
ίθλον, ούχ ίππους και σάγους, άλλα το πάντων ανθρώπων 
γενέσθαι [χακαριωτάτους , κρατήσαντας της Ρω|χα(ων ευ- 
δαιμονίας • εκ δε του μαχόμενους τι παθειν, διαγωνιζο- 
μένους εως της εσχάτης αναπνοής, υπέρ τής καλλίστης 
ελπίδος, μεταλλάξαι τον βίον εν χειρών ν($μω, μηδενός 
κάκου λαβ6ντας πειραν * τοις δ' ήττωμένοις και δια τήν 
προς το ζήν έπιθυμίαν ύπομένουσι^ φεύγειν, ή κατ' άλλον 
τινά τρόπον έλομένοις τό ζήν, παντός κάκου και πάσης 
ατυχίας μετασχειν. Ούδένα γαρ ούτως άλόγιστον ουδέ 
νωθρον αυτών ύπάρχειν, δς μνημονεύων μέν του μήκους 
τής δδου τής διηνυσμένης έκ τών πατρίδων , μνημονεύων 
δέ του πλήθους τών μεταξύ πολέμων^, είδώς δε τα μεγέθη 
τών ποταμών ών διεπέρασεν, έλπίσαι ποτ' αν δ'τι φεύγων 
εις τήν οικείαν άφίξεται. Δι6περ ωετο δειν αυτούς, άποκε- 
κομμένης καθόλου τής τοιαύτης ελπίδος, τήν αυτήν ^ διά- 
ληψιν ποιεισθαι περί τών καθ' αυτούς πραγμάτων , ήνπερ 
άρτίως έποιουντο περί τών άλλοτρίων συμπτωμάτων. 



1. 5ic tous les mss. : Gasaubon (suivi par Schweigh.), παρεισαγαγείν. 

2. Mss. Urbin., Flor., August., fteg. A. συγκεκληκέναι, convocavisse, 
ce qui fait un beau sens. 

3. Les éditt. d'après le Bav., l'August. et les Reg., οίομένοις. 

4. Reiske proposait πολεμίων , admis par L. Dindorf. — Change- 
ment inutile. 

5. Conject. de Schweigh. p. τοιαύτην ou τήν τοιαύτην. 



POLYBE, LIV. III. PRÉLUDES DE LA GUERRE. 193 

racontés, fait naître dans les âmes de ses soldats les 
sentiments qu'il s'était proposé [de leur inspirer], 
s'avança lui-même après cela» et leur dit qu'il avait 
amené ces prisonniers devant eux afin que, ayant vu 
clairement, par les incidents de la fortune d'autrui, la 
marche des choses, ils sussent mieux prendre le parti 
commandé par la situation présente. La fortune les 
avait enfermés dans une lice pareille, dans une pareille 
nécessité; elle leur avait proposé des prix pareils à 
ceux de tout à l'heure. Il leur fallait en effet vaincre 
ou mourir, ou bien vivre en restant sous la main de 
leurs ennemis. Les prix de la victoire n'étaient plus 
des chevaux et des saies, mais le plus grand bonheur 
qu'il y ait au monde, par la conquête des richesses de 
Rome. A supposer qu'ils tombassent dans les batailles, 
en luttant jusqu'au dernier soupir pour la plus belle 
espérance, ils sortiraient de la vie au milieu des coups 
échangés, sans avoir fait l'expérience du malheur. Mais 
qu'ils fussent défaits , que , par amour de la vie , ils 
supportassent la fuite, ou que de quelque autre façon 
ils fussent pris, leur vie aurait en partage tout malheur 
et toute infortune. Il n'y en avait parmi eux pas un 
qui fût assez fou, assez stupide pour que, se rappelant 
la longueur du chemin qu'il avait parcouru depuis sa 
sortie de son pays; pour que, se rappelant encore la 
multitude des combats par où il avait passé, et sachant 
la grandeur des fleuves qu'il avait traversés, il espérât 
pouvoir, en fuyant, revenir dans son pays. Aussi 
pensait-il qu'ils devaient, puisqu'une telle espérance 
leur était ôtée, porter sur leur propre situation le 
même jugement qu'ils portaient tout à l'heure sur le 

sort d'autrui 

II 13 



i 94 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

LXIV. (Cas., p. ^16.) Πόπλιος δέ περί τάς αύτας 
ημέρας* τόν Πάδον ποτα[ΛΟν ήδη πειτεραιωμένος , τον δε 
Τ(κινον* κρ(νων εις τουμ-προσθεν διαβα(νειν, τοΙς (jièv 
έπιτηδε(οις γεφυροποιεϊν παρήγγειλε, τάς δέ λοιπάς δυνά- 
μεις συναγάγω ν παρεκάλει. Τα μεν ουν πολλά των λεγο- 
μένων ην περί τε του της πατρίδος αξιώματος καΐ των 
προγονικών πράξεων, τα δέ του παρεστώτος καιρού 
τοιάδε • 

"Οταν δέ, χωρίς των προειρημένων, και των νυν 

παρόντων ανδρών εχωμεν έπι τζοσον πειραν οτι ου τολμώσι 
κατά πρόσωπον ίδειν ήμας , τ(να χρή διάληψιν ποιεϊσθαι 
περί του μέλλοντος τους δρθώς λογιζόμενους; και μήν 
ούτε τους ιππείς συμπεσ($ντας τοις παρ' αυτών ιππευσι 
περί τον Ροδανον ποταμον άπαλλάξαι καλώς , άλλα πολ- 
λούς άποβαλ(5ντας αυτών φυγείν αισχρώς μέχρι της ιδ(ας 
παρεμβολής, τόν τε στρατηγόν αυτών και τήν σύμπασαν 
δύναμιν, έπιγν^ντας τήν παρουσιαν τών ημετέρων στρα- 
τιωτών, φυγή παραπλησίαν ποιήσασθαι τήν άποχώρησιν, 
καΐ παρά τήν αυτών προαίρεσιν, δια τον φ($βον κεχρήσθαι 
τή^δια τών "Αλπεων πορεία. Πάρει ναι δέ και νυν εφη τον 
Άννίβαν, κατεφθαρκότα μέν το πλείστον μέρος τής δυνά- 
μεως, το δέ περιλειπ^μενον αδύνατον και δύσχρηστον 
έχοντα δια τήν κακουχίαν • ομοίως δέ και τών ι'ππων 
τους μέν πλείστους άπολωλεκ^τα, τους δέ λοιπούς ήχρειω- 
κ($τα δια το μήκος και τήν δυσχέρειαν τής δδου. 



1. Vulg. προς τον Πάδον, Schweigh. a efifacé προς. ΠεπεραιωμΙνος est 
donné par le Vatic. et le Florent, au lieu de περαιούμενος qui se 
trouve dans tous les autres mss. 

2. Vulg. Τήκινον, corrigé par Schweighaeuser. 



POLYBE, LIV. III. ANNIBAL ET SCIPION. 195 

LXIV. Poplius, qui vers les mêmes jours avait déjà 
passé le Pade, et croyait en avançant traverser le 
Ticin\ donna ordre aux hommes chargés de ce soin^ 
d'y faire un pont, puis, ayant rassemblé le reste de ses 
troupes, il fit appel [à leur courage]. Dans la plus 
grande partie de son discours, il parla de la majesté 
de la patrie et des hauts faits des ancêtres. Quant à 
ce qui regardait la situation présente, le voici : 

« Si, indépendamment de ce qui a été dit, nous 

savons jusqu'à un certain point par expérience que 
même les hommes qui sont aujourd'hui devant nous 
n'osent pas nous regarder en face, quelle opinion 
devons-nous, par un juste calcul, nous faire de l'ave- 
nir? Et certes , leur cavalerie même , dans une ren- 
contre avec la nôtre aux environs du Rhodan, n'en est 
pas sortie à son honneur^. Mais, après avoir perdu 
beaucoup de monde, elle s'est honteusement enfuie 
jusqu'à leurs retranchements, et leur général et toute 
son armée, ayant su l'arrivée de nos soldats, ont fait 
une retraite assez semblable à une fuite. C'est malgré 
eux que, dans leur frayeur, ils avaient entrepris le 
passage des Alpes. Annibas, disait-il, était bien arrivé 
encore cette fois, mais après avoir usé la majeure 
partie de son armée : ce qui lui en restait était réduit 
à l'impuissance , impropre à tout service , pour avoir 
trop souffert. De même pour les chevaux : il en avait 
perdu le plus grand nombre ; les autres, il les avait mis 
hors d'usage dans ce trajet si long, si difficile » 

1. Le Tésin. — 2. C'est-à-dire à ses pontonniers, γεφυροποίοις. Ce 
qui suit, τάς λοιπας δυνά^ι,εις, prouve que les pontonniers étaient in- 
corporés dans l'armée. — 3. Il ne faut pas oublier que dans ce 
détachement de cavalerie envoyé en reconnaissance par Scipion , 
il y avait des Gaulois. V. supr. p. 144-145. 



,/ 



1 96 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

LXV. (Cas., ρ. 217.) Τη δέ κατά πόδας ή[Λέρα 
προήγον αμφότεροι παρά^ τόν ιτοταμ.6ν έκ του προς τας 
"Αλπεις [^.έρους, έχοντες εύώνυ(Λον (jièv οΐ Ρω[Λαιοι, δεξιών 
δέ τον ρουν οι Καρχηδόνιοι. Γνόντες τε τη δευτέρα δια 
των προνοριευόντων ότι σύνεγγυς εισιν αλλήλων, τότε μεν 
αύτου καταστρατοπεδεύσαντες έμειναν. Τη δ' επαύριον 
πασαν τήν ιππον άναλαβόντες αμφότεροι, Πόπλιος δέ και 
των πεζών τους άκοντιστάς, προήγον δια του πεδίου, 
σπεύδοντες κατοπτευσαι τάς αλλήλων δυνάμεις. "Αμα δέ 
τφ πλησιάζειν αύτοΐς και συνιδεΐν τον κονιορτον έξαιρό- 
μενον, ευθέως συνετάττοντο προς μάχην. Ό μέν ουν 
Πόπλιος, προθέμενος τους άκοντιστάς και τους άμα τού- 
τοις Γαλατικούς ίππεϊς, τους δέ λοιπούς εν μετώπφ 
καταστήσας, προήει βάδην. *0 δ' 'Αννίβας τήν μέν κεχα- 
λινωμένην ιππον ^ και παν τό στάσιμον αυτής κατά πρό- 
σωπον τάξας άπήντα τοις πολεμ(οις, τους δέ Νομαδικούς 
ιππείς αφ' έκατέρου του κέρατος ήτοιμάκει προς κύκλωσιν. 
'Αμφοτέρων δέ και των ηγεμόνων και των ιππέων φιλο- 
τίμως διακειμένων προς τον κίνδυνον, τοιαύτην συνέβη 
γενέσθαι τήν πρώτην σύμπτωσιν, ώστε τους άκοντιστάς 
μή φθάσαι τα πρώτον έκβαλόντας βέλος, φεύγειν δ' 
έγκλίναντας^ ευθέως δια τών διαστημάτων ύπο τας παρ' 
αυτών ιλας, καταπλαγέντας τήν έπιφοράν και περιδεεις 
γενομένους μή συμπατηθώσιν υπό τών έπιφερομένων 
ιππέων. Οι μέν ουν κατά πρόσωπον άλλήλοις συμπεσόντες 
έπι πολύν χρόνον ίτζοίου"^ ισόρροπον τον κινδυνον • (Cas., 



1. Les éditt. et les mss. Bavar., August., etc. κατά τον ποταμών. 

2. Κεχαλινωμένη ίππος, frenatos équités, Tit.-Liv. XXI, xlvi (Cf. Virg. 
jEn. V, 554; flirt. B. G. VIII, 15). C'est la cavalerie proprement dite, 
la cavalerie de ligne, par opposition à la cavalerie numide dont il 
est question ensuite, et dont les chevaux n'avaient pas de frein. 
V. Virg. yEn. IV, 41; Lucain, IV, 682; SU. Ital. 1, 215; II, 64, etc. 

3. Sic le Vatic. et le Florent.; Schweigh., έκκλίναντας. 



POLYBE, LIV. m. BATAILLE DU TÉSIN. 197 

LXV. Le jour suivant, les deux généraux s'avan- 
cèrent le long du fleuve, du côté qui regarde les Alpes, 
ayant son cours , les Romains à gauche , les Carchè- 
donies à droite. Comme, le second jour, ils surent par 
leurs fourrageurs qu'ils étaient proches Tun de l'autre, 
ils dressèrent chacun son camp au lieu où ils étaient, 
et s'y arrêtèrent. Le lendemain, tous les deux ayant 
pris toute leur cavalerie et Poplius, de plus, les gens 
de trait de son infanterie, ils poussèrent en avant dans 
la plaine, ayant hâte de reconnaître les forces l'un de 
l'autre. En même temps qu'ils se rapprochaient et 
qu'ils virent le nuage de poussière qui des deux parts 
s'élevait , à l'instant même , ils se rangèrent pour le 
combat. PopHus, ayant mis en avant ses gens de trait 
et les cavaliers galatiques qui étaient avec eux, posta 
sur son front le reste de sa cavalerie et s'avança au 
pas. Annibas, faisant face avec ses chevaux bridés 
et tout ce qu'il avait de plus solide dans cette arme, 
alla au-devant des ennemis. Pour les cerner, il tenait 
tout prêts à chaque aile ses cavaliers nomadiques. 
Gomme les deux chefs et les deux cavaleries étaient 
animés du même désir de se distinguer en cette 
affaire , il arriva que la première rencontre se fit de 
telle façon que les gens de trait, sans prendre le temps 
de lancer un premier javelot, pliant tout de suite, s'en- 
fuirent par les intervalles laissés de leur côté derrière les 
escadrons : ils avaient eu peur de la charge et avaient 
craint d'être foulés aux pieds dans cette rencontre des 
deux cavaleries. Or, celles-ci face à face tombant l'une 
sur l'autre luttaient de façon à balancer leurs avan- 
tages. C'était tout à la fois un combat de cavalerie 
et un combat d'infanterie à cause du grand nombre 



i 98 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

ρ. 2ι18.) όμου γαρ ην ίππομιαχία και πεζομ.αχ{α δια το 
πλήθος των παρακαταβαιν(5ντων ανδρών έν αύτη τη μάχη. 

Των δέ Νομάδων κυκλωσάντων και κατόπιν έπιπεσ^ντων, 
οΐ μέν πεζακοντισταΐ το πρώτον διαφυγόντες τήν σύμπτω- 
σιν τών ιππέων, τότε συνεπατήθησαν ύπο του πλήθους καΐ 
τής επιφορας τών Νομάδων * οι δέ κατά πρόσωπον εξ αρχής 
διαμαχόμενοι προς τους Καρχηδονίους, izoXkohq μεν αυ- 
τών άπολωλεκ(^τες , έτι δέ πλειους τών Καρχηδονίων 
διεφθαρκοτες , συνεπιθεμένων άπ' ούρας τών Νομάδων, 
έτράπησαν, οι μέν πολλοί σποράδες, τινές δέ περί τάν 
ηγεμόνα συστραφέντες. 

LXVI. Πόπλιος μέν ουν άναζεύξας, προήγε δια τών 
πεδίων έπΙ τήν του Πάδου γέφυραν, σπεύδων φθάσαι δια- 
βιβάσας τα στρατόπεδα. Θεωρών γαρ τους μέν τόπους 
επιπέδους οντάς, τους δ' ύπεναντίους ίπποκρατουντας, αυ- 
τόν δέ βαρυνόμενον ύπό^ του τραύματος^, εις ασφαλές 
έκρινε δειν άποκαταστήσαι τας δυνάμεις. Άνν{βας δέ μέχρι 
μέν τίνος ύπέλαβε τοις πεζοϊς στρατοπέδοις αυτούς δια- 
κινδυνεύσειν • συνιδών δέ κεκινηκότας εκ τής παρεμβολής, 
εως μέν του πρώτου ποταμού^ και τής έπι τούτου γέφυρας 
έπηκολούθει, καταλαβών δέ τάς μέν πλειστας τών σανί- 
δων άνεσπασμένας, τους δέ φυλάττοντας τήν γέφυραν ετι 
περί τον ποταμόν υπολειπόμενους, τούτων μέν εγκρατής 
έγένετο, σχεδόν εξακοσίων Οντων τον αριθμόν • τους δέ 
λοιπούς άκούων ήδη πολύ προειληφέναι , μεταβαλόμενος 
αύθις, εις τάναντία παρά τον ποταμόν έποιειτο τήν πορείαν, 

1. II n'a pas encore été question de cette blessure; il est pro- 
bable que le mot qui la mentionnait, τραυματισθέντα, par ex., est 
tombé de l'endroit où il était plus haut, entre ηγεμόνα et συστρα- 
φέντες. 

2. Sic presque tous les mss. Schweigh. έκ τ. τραύμ. 

3. Cluwer et Perotti voulaient lire Πάδου ποταμού. 



POLYBE, LIV. III. ANNIBAL ET SCIPION. 199 

d*hommes qui mettaient pied à terre même dans 
l'action . Mais les Nomades ayant tourné [les Romains] 
et tombant sur eux par derrière, les fantassins de trait, 
qui d'abord avaient échappé par la fuite à la rencontre 
des cavaliers, furent alors foulés aux pieds par cette 
multitude et cette fougueuse attaque des Nomades. Les 
autres qui, depuis le commencement, combattaient 
en face des Garchèdonies , ayant perdu beaucoup 
d'hommes, en ayant tué plus encore aux Garchèdonies, 
quand les Nomades les chargèrent en queue, tournè- 
rent le dos à leur tour, la plupart dispersés, quelques- 
uns groupés autour du général•. 

LXVI. Poplius repartit et poussa en avant par les 
plaines vers le pont du Pade, désirant y arriver le 
premier pour faire passer le fleuve à ses légions. Car, 
considérant que tout ce pays est en plaine , que l'ad- 
versaire avait une cavalerie plus forte, qu'il avait lui- 
même une blessure dont il était fort incommodé, il 
jugeait nécessaire de mettre ses troupes en sûreté. 
Or, Annibas avait cru quelque temps qu'il allait se 
battre avec l'infanterie des légions; voyant au con- 
traire qu'elles avaient quitté leur camp, il les suivit 
jusqu'au premier fleuve et au pont qui le traversait. 
Il en trouva les planches retirées pour la plupart : 
mais les hommes qui gardaient le pont étant restés 
près du fleuve, en arrière de l'armée, il les fît prison- 
niers ; ils étaient au nombre d'environ six cents ; mais 
apprenant que le reste [de l'armée] était de beaucoup 
en avant, il changea de direction une seconde fois et 
marcha en sens contraire le long du fleuve, désirant 

l. Bataille du Tésin, an de Rome 534, av. J.-G. 218. 



200 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

σπεύδων έπι τόπον εύγεφύρωτον άφικέσθαι του Πάδοϋ. 
Καταλύσας δε δευτεραϊος καΐ γεφυρώσας τοις ποταμιοις 
πλοιοις τήν διάβασιν, Άσδρούβςι [Λεν έπέταξε διάκο [Λ^ζειν 
τό πλήθος * αύτος δέ διαβάς ευθέως, έχρηι^άτιζε τοις 
παραγεγονοσι τιρεσβευταις άπο των σύνεγγυς τόπων. "Αμα 
γαρ τω γενέσθαι το προτέρημα, πάντες έ'σπευδον οι παρα- 
κείμενοι Κελτοι, κατά τήν εξ αρχής πρ^θεσιν, και φ{λοι 
γίγνεσθαι και χορηγεϊν και συστρατεύειν τοις Καρχηδο- 
νίοις. Άποδεξάμενος δέ τους παρ<5ντας φιλανθρώπως και 
κομισάμενος τάς δυνάμεις εκ του πέραν, προήγε παρά τον 
ποταμον, τήν έναντιαν ποιούμενος τή πρόσθεν παρ($δω • 
κατά ρουν γαρ έποιεϊτο τήν πορείαν, σπεύδων συνάψαι τοις 
ύπεναντίοις. (Cas., ρ. 219.) Ό δέ Ποπλιος, περαιωθείς 
τον Πάδον και στρατοπεδεύσας περί πόλιν Πλακεντίαν, 
ήτις ην αποικία Ρωμαίων \ αμα μέν αύτον έθεράπευε και 
τους άλλους τραυματίας, άμα δέ τάς δυνάμεις εις ασφαλές 
άπηρεΐσθαι νομίζων, ήγε τήν ήσυχίαν. 'Αννίβας δέ παρα- 
γενο μένος δευτεραιος άπό της διαβάσεως, εγγύς των πολε- 
μίων, τή τρίτη παρέταξε τήν δύναμιν εν συν(^ψει τοις 
ύπεναντίοις. Ούδενος δέ σφίσιν άντεξάγοντος , κατεστρα- 
τοπέδευσε, λαβών περί πεντήκοντα στάδια το μεταξύ 
διάστημα των στρατοπέδων. 



LXVII. Οι δέ συστρατευόμενοι Κελτοι τοις Ρωμαίο ις, 
θεωρουντες έπικυδεστέρας τάς των Καρχηδονίων ελπίδας, 
συντάξαμε νοι προς αλλήλους, καιρόν έπετήρουν προς 



1. Ces mots ont tout l'air d'une glose; Polybe ne peut pas avoir 
oublié qu'il a mentionné un peu plus haut, XL, p. 128-129, la fon- 
dation de cette colonie romaine. 



POLYBE, LIV. III. ANNIBAL ET LES CELTES. '^01 

arriver à un endroit du Pade où il fût aisé de jeter un 
pont. Il fit halte le second jour, et, à l'aide de bateaux 
en usage sur ce fleuve, s'étant mis à même de le tra- 
verser, il donna ordre à Asdrubas de transporter 
Farméede l'autre côté. Ayant passé lui-même aussitôt, 
il reçut en audience les ambassadeurs venus des loca- 
lités voisines. Car, du moment qu'il avait l'avantage, 
tous les Celtes des environs avaient hâte de devenir, 
selon leur première intention, les amis, les fournis- 
seurs, les compagnons d'armes des Carchèdonies. 
Annibas fit à ceux qui étaient là un accueil amical, 
puis, ayant emmené ses troupes après le passage du 
fleuve, il s'avança sur la rive, dans une direction 
inverse de celle qu'il avait suivie auparavant. Il en 
descendait en effet le cours, ayant hâte de rejoindre 
les ennemis. Or Poplius, ayant passé le Pade et dressé 
son camp sous les murs de Placentia qui était une 
colonie des Romains, se soignait lui-même et tous les 
autres blessés, et, croyant avoir établi son armée en 
un lieu sûr, il s'y tenait tranquille. Mais Annibas, deux 
jours après avoir passé [le fleuve] , était arrivé près 
des ennemis; il rangea le lendemain son armée en 
bataille à la vue de ses adversaires. Puis, comme 
aucun d'eux ne venait à sa rencontre, il campa en 
mettant entre lui et les légions une distance d'environ 
cinquante stades ^ 

LXVII. Ceux des Celtes qui faisaient campagne avec 
les Romains, voyant grandir les espérances des 
Carchèdonies, s'arrangèrent entre eux, et, épiant le 

1. De 6 milles, = 8,832 m., selon Tite-Live, ib. xlvii. Les 50 stades 
de Polybe = 9,000 m.; diiTérence IG8 m., qui s'explique par le vague 
de l'expression grecque περί πολ. Ιίλακ. 



208 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

έπίθεσιν, [τένοντες εν ταϊς εαυτών έκαστοι σκηναΐς. 
Δειπνοποιησα(Λένων δε και κατακοΐ[Ληθέντων των εν τψ 

χάρακι, τΐαρελθεϊν έάσαντες το πλειον [λέρος της νυκτός 
καθωπλισ[Λένοι ^ περί τήν έωθινήν φυλακήν επιτίθενται 
τοις σύνεγγυς των Ρω(7.αίων παραστρατοπεδεύουσι. Και 
τζοΧΚους μέν αυτών άπέκτειναν, ουκ 6λί•^0Ός δέ κατετραυ- 
[^άτισαν • τέλος δε, τάς κεφάλας άποτε(χ6ντες τών τεθνεώ- 
των, άπεχώρουν προς τους Καρχηδονίους, οντες πεζοί μεν 
εις δισχιλίους, ιππείς δέ μ,ικρώ λείποντες διακοσίων. 
'Αννίβας δέ φιλοφρ($νως άποδεξά[Λενος αυτών τήν παρου- 
σίαν, τούτους μεν ευθέως παρακαλέσας και δωρεάς έκάσ- 
τοις τάς άρ{Λθζούσας έπαγγειλά[λενος , έξέπε[Λψεν εις τάς 
αυτών πόλεις, δηλ(6σοντας [χέν τα πεπραγι^ένα τοις πολί- 
ταις, παρακαλέσοντας δέ προς τήν αύτου συ[/.μ.αχίαν^. 
''Ι^όει γαρ ότι πάντες κατ' ανάγκην αύτω κοινωνήσουσι 
τών πραγι^άτων , έπιγνόντες το '^ε^ονος εκ τών σφετέρων 
πολιτών παρασπόνδημ,α κατά τών Ρωμαίων. "Αμα δέ 
τούτοις και τών Βοίων παραγεγον^των , και τους τρεις 
άνδρας έγχειριζ^ντων αύτφ τους έπι τήν διάδοσιν της 
χο)ρας ύπο Ρωμαίων έξαπεσταλμένους , ών κατ' αρχάς 
έκυρίευσαν του τζολεμου, παρασπονδήσαντες , καθάπερ 
επάνω προείπον, άποδεξάμενος 'Αννίβας τήν εύνοιαν αυ- 
τών, υπέρ μεν της φιλίας και συμμαχίας ί^το προς τους 
παρ<^ντας πίστεις * τους γε μήν άνδρας αύτοΐς άπέδωκε, 



1. Schweigh. καθοπλισάμενοο, le Vaticanus, καθωπλισάμενοι, d'OÙ il a 
été facile de tirer καθωπλισμένοι. 

2. Tite-Live, même liv., XLVIll : Insequenti nocte, caedes in castris 

Romanis ab auxiliaribus Gallis facta est : ad duo millia peditum 

et ducenti équités, vigilibus ad portas trucidatis, ad Annibalem trans- 
fugiunt; quos Pœnus bénigne allocutus, et spe ingentium donorum 
accensoSy in civitates quemque suas, ad soUicitandos popularium animas 
dimisit, etc. 



POLYBE, LIV. III. ANNIBAL ET LES CELTES. 203 

moment favorable pour une attaque , ils demeuraient 
chacun dans leurs tentes. Lors donc qu'après avoir 
soupe, les soldats qui étaient dans les retranchements 
se furent couchés, ayant laissé passer la plus grande 
partie de la nuit, ils s'armèrent vers la garde du 
matin} ^ et assaillirent les Romains des quartiers voi- 
sins des leurs; ils en tuèrent beaucoup, n'en blessèrent 
pas peu , et enfin , ayant coupé la tête aux morts , ils 
se retirèrent vers les Carchèdonies , au nombre d'en- 
viron deux mille fantassins et d'un peu moins de deux 
cents chevaux. Annibas fit à leur arrivée le plus gra- 
cieux accueil, leur prodigua tout de suite les encou- 
ragements, et, ayant promis à chacun des récompenses 
proportionnées [à ses services] , il les renvoya dans 
leurs villes pour raconter à leurs concitoyens ce qui 
s'était fait et les attirer dans son alliance. Il savait, 
en effet, que tous forcément s'associeraient à sa for- 
tune quand ils connaîtraient la conduite déloyale de 
leurs concitoyens à l'égard des Romains. Avec eux 
étaient venus les Boies qui lui mettaient entre les 
mains les triumvirs envoyés par les Romains pour 
procéder au partage des terres, et dont ils s'étaient 
emparés par trahison, au commencement de la guerre, 
comme je l'ai dit plus haut^. Annibas, ayant agréé leur 
bonne volonté, donna à tous ceux qui étaient présents 
des gages d'amitié et d'alliance; puis il leur rendit 
leurs prisonniers, en leur conseillant de les garder 

1. C'est-à-dire vers la 4" veille, entre trois et six heures du matin. 
Chez les Grecs, la nuit était divisée en quatre gardes (φυλακαί), 
comme chez les Romains en quatre veilles [s'v^uidd), de trois heures 
chacune. V. Suidas aux mots φυλακή et προφυλακή, Censorin, De 
Die nat. XXUI; Veget., De Re milit. 111, viii, etc. 

2. V. supr. XL, p. 130-131. 



SI04 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

παραγγείλας τηρειν, ι'να [παρά τούτων] ^ κο|/.{σωνται τους 
αυτών ό(Λήρους, κατά τήν εξ αρχής πρ^θεσιν. 

Π^πλιος δέ σχετλιάζων έπΙ τω γεγονί^τι παρασπονδή- 
ματι, και συλλογισά[Λενος δτι πάλαι των Κελτών προς 
αυτούς άλλοτρ(ως διακεΐ|Λένων , τούτων έπιγεγον^των , 
(Cas., ρ. %%0.) πάντας τους πέριξ Γαλατάς συ[Λβήσεται 
προς τους Καρχηδονίους άπονεύειν, εγνω δειν εύλαβηθή- 
ναι το [χέλλον. Δι6περ, έπιγενο(Λένης της νυκτός, ύπο τήν 
έωθινήν άναζεύξας, έποιεΐτο τήν πόρευαν ώς έπι τον Τρε- 
βίαν ποτα[Λον και τους τούτω συνάπτοντας γ?ωλ6φους, 
πιστεύων τη τε τών τόπων οχυρ($τητι και τοις παροικουσι 
τών συ[Λ[Λάχων. 

LXV1II. 'Αννίβας δε τήν άναζυ^ήν αυτών έπιγνούς, 
παραυτίκα [Λεν τους Νθ(Λαδικούς ιππείς έξαπέστελλε, (χετ* 
ού πολύ δέ τους άλλους • τούτοις δ* έκ ποδός τήν δύναμιν 
έχων αυτός, ειπετο κατόπιν. Οι [χέν ουν Νοριάδες εις 
ερη(Λον τήν στρατοπεδε(αν έ[Λπεσ6ντες, ταύτην ένεπί[Λπρα- 
σαν. *Ό δέ και σφόδρα συνήνεγκε τοις Ρωμαίοις, ώς, εΐ'περ 
ούτοι κατά πόδας άκολουθήσαντες , συνήψαν ταϊς άποσ- 
κευαις, τζοΧλους αν αυτών ύπο τών ιππέων εν τοις έπιπέ- 
δοις συνέβη διαφθαρήναι. Νυν δ' οι πλείους^ έφθασαν 
διαβάντες τον Τρεβίαν ποταριόν • τών δέ καταλειφθέντων 
έπι της ούραγιας οι μεν διεφθάρησαν, οι δέ ζώντες έάλω- 
σαν υπό τών Καρχηδονίων. 

Πόπλιος (χέν ουν, διαβάς τον προειρη[/.ένον ποταμον, 



1. υπέρ τούτων, conjecture de Schweigh., au lieu de παρά τούτων 
que donnent tous Jes mss., à l'exception du Bavaricus où manquent 
ces deux mots. Παρά τούτων pourrait donc bien être une glose d'une 
mauvaise grécité, au lieu de δια τούτων, par eux; nous l'avons 
laissée dans le texte en la mettant entre crochets. — Cf. supr. 
130, ligne 6. 

2. Sic Gasaubon; le Vatic, comme le Flor. et le Bavar., νυν δ' ώς 
πλείους; les autres, νυν δ' ώς, πλείους. 



POLYBE, LIV. III. ANNIBAL ET SCIPION. 205 

afin de recouvrer [par eux] leurs propres otages, 
selon leur intention première. 

Poplius, indigné de la déloyauté des Celtes, et cal- 
culant que, vu leurs sentiments de vieille antipathie, 
le résultat de cet événement serait de faire pencher 
vers les Carchèdonies tous les Galates d'alentour, 
reconnut qu'il fallait ménager l'avenir. En consé- 
quence, la nuit suivante, vers la [veille] du matin, il 
leva le camp et fit route vers le fleuve Trébias et les 
collines y attenantes : il comptait sur la force de cette 
position et sur les alliés de Rome dans le voisinage. 

LXVIII. Annibas, ayant connu le départ des Romains, 
envoie aussitôt ses Nomades et, peu après, le reste de 
sa cavalerie; il suit lui-même de près avec toute son 
armée. Les Nomades, ayant trouvé le camp désert, y 
mirent le feu, et cet accident fut fort heureux pour 
les Romains, car, si l'ennemi qui les suivait pas à pas 
eût atteint leurs équipages, il serait arrivé à beaucoup 
d'entre eux, dans ces plaines, de périr sous les coups 
de la cavalerie ^ Mais, à cette heure, la plupart arri- 
vèrent à temps pour passer le Trébias : de ceux qui 
avaient été laissés à Γ arrière- garde , les uns furent 
tués, les autres pris vivants par les Carchèdonies. 

Poplius donc, après avoir passé le fleuve susdit, 



1. Tite-Live, l. c. : Scipio cœdem eam signum defectionis omnium 
Gallorum esse ratus,.... quanquam gravis adhuc vuinere erat, 
iamen quaria vigilia noctis insequeniis tacito agmine profectus ad 
Trebiam fluvium, in loca altiora collesque impeditiores equiti 
castra movet. Minus, quam ad Ticinum, fefellit; missis que Annihal 
primum Numidis, deinde omni equitatu, turbasset u tique novissimum 
agmen, ni aviditate prœdœ in vacua Romana castra devertissent. 
Ibi dum, etc. 



206 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

έστροίτοπέδευσε περί τους τιρώτους λόφους, και περιλαβών 
τάφρω και χαράκι τήν παρεμβολήν , άνεδέχετο [χέν τον 
Τιβέριον και τάς [χετ' έκε(νου δυνά[Λεις * έθεράττευε δ* 
αύτον έπΐ[Λελώς, σπουδάζων, ει δύναιτο κοινωνήσαι του 
[χέλλοντος κινδύνου. 'Ανν(βας δέ περί τετταράκοντα στα- 
δ(ους άποσχών τών. πολεμίων, αύτου κατεστρατοπέδευσε. 
TÔ δέ των Κελτών πλήθος το τα πεδ(α κατοικούν , συνε- 
ζηκος^ ταϊς των Καρχηδονίων έλπίσι, δαψιλώς [Λεν έχο- 
ρήγει το στρατόπεδον τοις έπιτηδείοις, ετοΐ[Λον δ' ην 
παντός κοινωνεί ν έργου και κινδύνου τοις περί τον Άνν(- 
βαν. Οι δ' έν τη Ρ(6[Λη , προσπεπτωκότων των κατά τήν 
Εππο[Λαχίαν, έξενίζοντο [Λεν τω^ το συ[Λβεβηκος είναι παρά 
τήν προσδοκ(αν * où [Λήν ήπ(5ρουν γε σκέψεων^ προς τό [Λή 
δοκειν αύτοΐς ήτταν είναι το γεγονός, αλλ' οι [Λέν ήτιώντο 
τήν του στρατηγού προπέτειαν, οι δέ τήν των Κελτών 
έθελοκάκησιν , στϋχαζό[Λενοι δια της τελευταίας αποστά- 
σεως. Καθόλου δέ τών πεζών στρατοπέδων ακέραιων 
όντων, ακεραίους ε?ναι διελά[Λβανον τάς 6πέρ τών δΤ-ων 
ελπίδας. 'Όθεν και συνάψαντος του Τιβερίου και τών [Λετ' 
εκείνου στρατοπέδων, και διαπορευο[Λένων δια της Ρώ[Λης, 
εξ επιφανείας έδόξαζον κριθήσεσθαι τήν [Λάχην. (Cas., 
ρ. 22!1 .) Άθροισθέντων δέ τών στρατιωτών κατά τον 
δρκον εις Άρί[Λΐνον, άναλαβών αυτούς δ στρατηγός προήγε, 
σπεύδων συνάψαι τοις περί τον Πόπλιον. 2υ[Λ[Λίξας δέ και 



1. Tous les mss. συνεξηκος, le seul AugUStanus συνεζηκος, le Reg. 
B, συνεξηρκος adopté par Casaubon. Schweigh. écrit συνεστηκος et 
propose συνεξεστηκός admis par L. Dindorf. Nous avons retenu la 
leçon de l'August. : Celtarum mulUtudo quae Carthaginiensium spe 
pascebatur ac sustentabatur. On pourrait lire aussi συνεζεκός, confer- 
vescens, simul fervefacta ou συνανεξεστηκός, conj. de Schweigh. 

2. Tous les mss. μέντοι; correct, de Casaubon. 

3. Sic tous les mss., changé par Schweigh. en σκήψεων; σκέψεων 
s'explique bien par le français considérations, raisons. 



POLYBE, LIV. m. DÉFAITE DE SCIPION. 207 

campa sur les premières collines, et, ayant entouré 
son bivouac d'un fossé et d'une palissade, il attendit 
Tibérius et les troupes [que ce général avait] avec lui. 
Il se traitait lui-même avec soin, désirant, s'il le pou- 
vait, prendre part à la lutte qui allait s'engager. 
Annibas, de son côté, s'arrêta, pour camper, à quarante 
stades environ des ennemis^ Les populations celtiques 
qui habitaient les plaines , vivant des espérances des 
Carchèdonies, fournissaient en abondance à leur camp 
les provisions nécessaires , et se montraient prêtes à 
partager avec Annibas tous les travaux et tous les dan- 
gers. A Rome, à la nouvelle du combat de cavalerie, 
on fut étrangement surpris d'une issue si contraire à 
toute attente; mais on ne manquait pas de raisons 
pour ne pas voir une défaite dans cet événement : les 
uns accusaient la précipitation du général, les autres, 
le mauvais vouloir des Celtes , dont on pouvait juger 
par leur dernière défection. En somme, du moment 
que l'infanterie des légions était entière, on pouvait 
garder entières ses espérances dans les résultats géné- 
raux de la guerre. Aussi, quand Tibérius fut arrivé, et 
avec lui ses légions, on s'imaginait, à leur passage 
dans Rome, que leur vue seule mettrait fin à ces 
combats. Les soldats, aux termes de leur serment, 
s' étant rassemblés à Ariminum, le général les prit 
avec lui , poussa en avant et se hâta de se réunir à 
Poplius. Une fois leur jonction opérée et un camp 



1. 7,200 mètres. — Tite-Live, l. c. : Scipio, nec vexationem vul- 
neris in via jactati ultra patiens, et coUegam (jam enim et revo- 
catum ex Sicilia audierat) ratus exspectanduni, locum, qui propo 
flumen tutissimus stativis est visus, delectum communiit. Nec 
procul inde Annibal quum consedisset, etc. 



208 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

καταστρατοπεδεύσας τταρ' αύτοΐς * ταΐς οικεέαις δυνά[Λεσι , 
ί6 [Jièv πλήθος άνελά(Λβανε των ανδρών , ώς αν έκ Λιλυ- 
βα{ου τετταράκοντα συνεχώς ήμιέρας πεπεζοπορηκ^των εις 
Άρ([Λΐνον ' τάς δε τιαρασκευας έποιειτο πάσας ώς προς 
[χάχην. Αύτος δ' έπΐ[Λελώς συνήδρευε τφ Ποπλ{(ρ, τα μ,ϊν 
ήδη γεγονότα πυνθαν6(Λενος , περί δε τών παρόντων συν- 
διανοούμενος. 

LXIX. Κατά δε τους αυτούς καιρούς 'Αννίβας πραξι- 
κοπήσας π6λιν Κλαστιδιον^, ένδ(5ντος αύτω του πεπιστευ- 
μένου παρά Ρω[Λα(ων, άνδρος Βρεντεσένου, κατέσχε. 
Γενόμενος δε κύριος τής τε φρουράς και τής του σίτου 
παραθέσεως, τούτω μεν προς το παρόν έχρήσατο, τους δε 
παραληφθέντας άνδρας αβλαβείς μεθ' εαυτού προήγε, 
δείγμα βουλεμένος έκφέρειν τής σφετέρας προαιρέσεως 
προς το μή δεδιότας άπελπίζειν τήν παρ' αύτω σωτηρίαν 
τους ύπο τών καιρών καταλαμβανόμενους. Τον δε προΒό- 
την έτίμησε μεγαλείως, έκκαλέσασθαι σπουδάζων τους 
επι πραγμάτων ταττομένους προς τάς Καρχηδονίων 
ελπίδας. 

Μετά δε ταύτα συνθεωρήσας τινάς τών Κελτών, οι 

κατφκουν μεταξύ του Πάδου και του Τρεβία ποταμού, 
πεποιημένους μεν και προς αύτον φιλίαν, διαπεμπο μένους 
δε και προς Ρωμαίους, και πεπεισμένους τω τοιούτω πρόπω 
τήν παρ' άμφοΐν άσφάλειαν αύτοΐς ύπάρξειν, έξαποστέλλει 
πεζούς μέν δισχιλίους, ιππείς δε Κελτούς και Νομάδας 
εις χιλίους, προστάξας έπιδραμείν αυτών τήν χώραν. 



1. Aucun ms. ne donne αύτοΐς, c'est une addition de Schweigh.; 
le Bavar. et les mss. du Roi B. G. ont παραστρατοπεδεύσας. 

2. Tous les mss. Κλαστάδιον, corrigé par Schweigh., ainsi que plus 
bas Κρεγγεσινου. 



POLYBE, LIV. III. ANNIBAL ET LES CELTES. 209 

établi pour ses troupes près de celui de son collègue, 
il donna du repos à ses hommes, qui de Lilybœum à 
Ariminum avaient marché quarante jours sans discon- 
tinuer. Il n'en faisait pas moins tous ses préparatifs 
comme pour une bataille. Cependant il était pour 
Poplius un collègue plein de zèle, s'informant de ce 
qui s'était déjà fait, consultant avec lui sur les affaires 
présentes. 

LXIX. Dans le même temps, Annibas, grâce à de 
secrètes pratiques, occupa la ville de Glastidium que 
lui livra un homme de Brentésium^ à qui les Romains 
en avaient confié la garde. Devenu maître de la gar- 
nison et des magasins de vivres, il employa les pro- 
visions pour ses besoins du moment, et emmena avec 
lui, sans leur faire du mal, les hommes qu'il avait 
pris, voulant faire montre de ses dispositions, afin 
que, par crainte, ceux-là ne désespérassent pas de 
leur salut, qui avaient été surpris parles circonstances. 
Quant au traître, il le récompensa magnifiquement, 
dans son désir d'appeler à partager les espérances 
des Garchèdonies ceux qui étaient à la tête des affaires. 

Après cela, ayant vu quelques-uns des Celtes habi- 
tant entre le Pade et le Trébias, lesquels avaient fait 
amitié avec lui, envoyer aussi [des députés] aux 
Romains, dans la pensée que par un pareil moyen ils 
se mettraient en sûreté d'un côté comme de l'autre, il 
dépèche deux mille fantassins et environ mille hommes 
de cavalerie Celtes et Nomades, avec ordre de faire des 
incursions sur leur territoire. La troupe ayant fait, en 

1. Brindes. Tite-Live, l. c, appelle ce traître Dasius; il livra la 
ville confiée à sa garde pour 400 aurei = 26,30 X 400 ^ 10,520 francs, 
nec sane magno pretio. T.-Liv. 

II U 



2i1 Ο ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

Των δε ιτραξάντων το προσταχθέν και πολλήν ττεριβαλο- 
μένων λείαν, ευθέως οΐ ΚελτοΙ παρήσαν έπΙ τον χάρακα 
των Ρω[Λα(ων, δε($[λενοι σφ(σί βοηθειν. Τιβέριος δέ και 
πάλαι ζητών άφορ(/.ήν του πράττειν τι\ τ($τε λαβών 
Ίτρ^φασιν, έξαπέστειλε των [χέν ιππέων το πλείστον μέρος, 
πεζούς δέ συν τούτοις άκοντιστας εις χιλέους. 2πουδη δέ 
τούτων προσμιξάντων πέραν του Τρεβια και δια[Λαχορ.έ- 
νων τοις πολε(Λΐοις υπέρ της λείας, έτράπησαν οι Κελτοι 
συν τοις Νορ,άσι και τήν άποχώρησιν έπι τον εαυτών 
έποιουντο χάρακα. Ταχύ δέ συννοήσαντες το γιγνό[Λενον 
οι προκαθή[Λενοι της τών Καρχηδονίων παρε|χβολής , εν- 
τεύθεν ταϊς έφεδρείαις lêori^ouv τοις πιεζθ[Λένοις • où 
γενομένου, τραπέντες οι Ρωμαίοι πάλιν έποιουντο τήν 
άπζ$λυσιν εις τήν εαυτών παρεμβολήν. (Cas., ρ. 2ΐ22ι.) 
Τιβέριος δέ συνόρων το γιγν(^μενον , πάντας έπαφήκε τους 
ίππους και τους άκοντιστάς. Τούτου δέ συμπεσόντος, 
αΰθις έγκλίναντες οι Κελτοι προς τήν εαυτών άσφάλειαν 
ύπεχώρουν. Ό δέ στρατηγός τών Καρχηδονίων, άπαράσ- 
κευος ών προς το κρίνειν τα ολα, καΐ νομίζων δειν μηδέ- 
ποτε χωρίς προθέσεως , μηδ' εκ πάσης αφορμής ποιεισθαι 
τους ολοσχερείς κινδύνους, όπερ ε?ναι φατέον ήγεμ^νος 
έργον αγαθού, τότε μέν έπέσχε τους παρ' αυτών συνεγγί- 
σαντας τφ χάρακι , και στήναι μέν εκ μεταβολής ήνάγ- 
κασε, διώκειν δέ και συμπλέκεσθαι τοις πολεμίοις έκώ- 
λυσε, δια τών υπηρετών και σαλπικτών ανακαλούμενος. 
Οι δέ Ρωμαίοι βραχύν έπισχόντες χρόνον ανέλυσαν, ολί- 
γους μέν αυτών άποβαλ^ντες, πλείους δέ τών Καρχηδο- 
νίων διεφθαρκ^τες. 



1. L. Dindorf, πράττειν τι; τι cstune addition proposée par Schweigh. 
qui pourtant ne l'a pas remis dans le texte; on peut très bien s'en 
passer. 



POLYBE, LÏV. m. CELTES ET ROMAINS. ^11 

exécutant cet ordre, un butin considérable, les Celtes 
allèrent tout droit au camp des Romains leur demander 
du secours. Tibérius, qui depuis longtemps cherchait 
une occasion de faire quelque chose, saisissant alors 
ce prétexte, dépêcha la plus grande partie de sa 
cavalerie et avec elle des gens de trait à pied au 
nombre de mille environ. Cette troupe fit dihgence 
et, ayant rencontré Tennemi au delà du Trébias, elle 
combattit pour ravoir le butin : les Celtes furent mis 
en déroute avec les Nomades, et se retirèrent dans 
leur camp. Mais, aux avant-postes des Carchèdonies , 
on comprit bien vite ce qui se passait, et des hommes 
s'en détachèrent, qui se portèrent au secours de la 
troupe refoulée. Alors ce fut le tour des Romains d'être 
mis en déroute : ils reprirent leur course vers leurs 
quartiers. Tibérius, voyant ce qui se passait, lança toute 
sa cavalerie et ses gens de trait, et, sous ce choc, les 
Celtes, pliant de nouveau, se retirèrent vers leurs 
lignes de défense. Mais le général des Carchèdonies, 
qui n'était pas prêt pour une affaire décisive, qui 
pensait d'ailleurs qu'il ne faut jamais sans un dessein 
bien arrêté, et en toute occasion, faire donner toutes 
ses forces , — et il faut bien dire que c'est là le fait 
d'un bon général, — arrêta alors ceux qui d'eux- 
mêmes s'étaient rapprochés du camp ; il les obligea , 
par un mouvement de conversion, de faire face [à 
l'ennemi], mais il les empêcha de le poursuivre et 
d'engager le combat, en les rappelant par le moyen 
de ses aides de camp et de ses trompettes. Les 
Romains, après un temps d'arrêt assez court, repar- 
tirent, ayant perdu quelques hommes, mais en ayant 
tué bien plus aux Carchèdonies. 



2^121 Ι10ΛΥΒΙ0 γ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

LXX. Ό δέ Τιβέριος μετεωρισθείς και περιχαρής γεν($- 
α,ενος έπι τω πρότερη [Λατι, φιλοτ{[Λως είχε προς τα τήν 
ταχίστην κρίναι τα δλα. Προέκειτο [/.εν ου ν αύτω κατά 
τήν ιδίαν γνώμην χρήσθαι τοις παρουσι, δια το τον 
Πόπλιον άρρωστεϊν • δ'μως δέ βουλεμένος προσλαβέσθαι 
καΐ τήν του συνάρχοντος γνώμην, έποιεϊτο λ(>γους περί 
τούτων προς αυτόν. Ό δέ Πόπλιος τήν έναντίαν είχε 
διάληψιν περί των ενεστώτων • τα γάρ^ στρατ(^πεδα χει- 
μασκήσαντα βελτίω τα παρ' αυτών ύπελάμβανε γενήσεσ- 
θαι, τήν τε των Κελτών άθεσίαν ούκ έμμενεϊν εν τη 
πίστει, τών Καρχηδονίων άπραγούντων και τήν ήσυχίαν 
άναγκαζομένων άγειν, άλλα καινοτομήσειν τι πάλιν κατ' 
εκείνων. Προς δέ τούτοις αυτάς ύγιασθεις εκ του τραύμα- 
τος άληθινήν παρέξεσθαι χρείαν ήλπιζε τοις κοινοΐς πράγ- 
μασι. Διό και τοιούτοις χρώμενος λογισμοΐς μένειν ήξίου 
τον Τιβέριον έπι τών προκειμένων. Ό δέ προειρη μένος 
ήδει μέν έκαστα τούτων άληθινώς λεγόμενα και δεόντως, 
ύπο δέ της φιλοδοξίας έλαυνόμενος και καταπιστεύων τοις 
πράγμασι παραλόγως έσπευδε κρϊναι δι' αύτου τα ολα, 
και μήτε τον Πόπλιον δύνασθαι παρατυχειν τή μάχη, 
μήτε τους έπικαθισταμένους στρατηγούς φθάσαι παραλα- 
βόντας τήν αρχήν • ούτος γαρ ην ό χρόνος. Διόπερ ου τον 
τών πραγμάτων καιρόν εκλεγόμενος, άλλα τάν ϊδιον, 
έμελλε του Μο^τος σφαλήσεσθαι προφανώς. Ό δ' 'Αννί- 
βας, παραπλησίους έχων έπινοίας^ Ποπλίω περί τών 
ενεστώτων, κατά τουναντίον έσπευδε συμβαλειν τοις 



1. γαρ est de Casaubon; les éditions antérieures à la sienne et 
tous les mss. donnent τα δέ. 

2. Le Bavarius a υπόνοιας adopté par toutes les éditions jusqu'à 
Schweighœuser. — Gomp. Tite-Live, même livre, LUI. 



POLYBE, LIY. III. SCIPION ET TIB. SEMPRONIUS. 213 

LXX. Tibérius, dans l'exaltation et les transports 
de joie que lui causait cet avantage , aspirait à l'hon- 
neur de livrer une bataille décisive. Son intention était 
donc bien d'agir, dans les circonstances présentes, 
d'après son opinion personnelle, grâce à la maladie 
de Poplius. Cependant, voulant avoir encore pour lui 
l'opinion de son collègue, il avait avec ce dernier des 
entretiens sur ces affaires. Poplius avait sur la situa- 
tion une manière de voir tout opposée : il estimait 
que les troupes, exercées pendant l'hiver, seraient 
meilleures au sortir de leurs mains ; que les Celtes , 
vu leur inconstance, ne demeureraient pas fidèles aux 
Carchèdonies restant dans l'inaction et condamnés au 
repos, mais qu'ils entameraient quelque nouvelle 
affaire contre eux. En outre, personnellement, il 
espérait que, guéri de sa blessure, il pourrait rendre 
de véritables services à la république. Aussi, s'ap- 
puyant sur de pareilles raisons, il jugeait que Tibérius 
devait s'en tenir au plan arrêté. Ce dernier voyait bien 
sans doute que c'était là parler selon la vérité et 
comme il fallait; mais, poussé par l'amour de la 
gloire, et plein de confiance dans la situation, il avait 
un désir insensé d'en venir par lui-même à une action 
décisive ; [il ne voulait pas] que Poplius pût se trouver 
à cette bataille, ni que les consuls que l'on élirait 
vinssent auparavant prendre le commandement ; 
c'était en effet l'époque [des élections]. Aussi, en 
choisissant pour agir, non pas le meilleur moment, 
mais celui qui lui convenait, devait-il tomber dans 
une erreur manifeste sur ce qu'il fallait faire. Annibas, 
qui avait sur la situation à peu près les mêmes idées 
que Poplius, avait hâte, au contraire, d'engager la 



21 4 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

πολεμίοις, θέλων (Cas., ρ. 2ΐ2!3.) πρώτον μεν άκεραέοις 
àTzoïyffcfss^oLi ταϊς των Κελτών όρμαΐς, δεύτερον άνασ- 
κήτοις και νεοσυλλ($γοις συμβαλεΐν τοις τών Ρωμαίων 
στρατόπεδο ις , τρίτον, αδυνατούντος ετι του Ποπλίου, 
ποιήσασθαι τόν κίνδυνον, το δε μέγιστον, πράττειν τι και 
μή προίεσθαι δια κενής τον χρά^ον. Τω γαρ εις άλλο- 
τρίαν καθέντι χώραν στρατόπεδα, καΐ παραδόξοις έγχει- 
ρουντι πράγμασιν εΙς τρόπος έστιν ο5τος σωτηρίας, το 
συνεχώς καινοποιειν άει τάς τών συμμάχων ελπίδας. 

LXXI. 'Αννίβας μεν ουν, ειδώς τήν έσομένην όρμήν του 
Τιβερίου, προς τούτοις ην. Πάλαι δε συνεωρακώς μεταξύ 
τών στρατοπέδων τόπον, έπίπεδον μεν και ψιλόν, ευφυή 
δε προς ένέδραν διά τι ρεΐθρον έχον δφρυν, έπι δε ταύτης• 
άκανθας και βάτους συνέχεις έπιπεφυκότας, έγίγνετο προς 
τω στρατηγείν τους ύπεναντίους. "Εμελλε δ' ευχερώς 
λήσειν • οι γαρ Ρωμαίοι προς μεν τους ύλώδεις τόπους 
ύπόπτως ειχον δια το τους Κελτούς άει τιΟέναι τας ενέδρας 
εν τοις τοιούτοις χωρίοις, τοις δ' έπιπέδοις και ψιλοϊς 
άπεπίστευον^ ουκ ει δότες δ'τι και προς το λαΟειν και προς 
το μηδέν παθειν τους ένεδρεύσαντας ^ ευφυέστεροι τυγχά- 
νουσιν οντες τών ύλωδών, δια το δύνασθαι μεν εκ πολλού 
προοραν πάντας^ τους ενεδρεύοντας, είναι δ' έπιπροσθήσεις 
ίκανάς εν τοις πλείστοις τόποις. Το γαρ τυχόν ρεΐθρον 
μετά βραχείας οφρύος, ποτέ δέ και κάλαμοι και πτέρεις 
και τι γένος ακανθών, ου μόνον πεζούς, άλλα και τους 
ίππεϊς ενίοτε δύναται^ κρύπτειν, έάν βραχέα τις προνο'^Οτι 



1. Le Florentinus, επίστευον. 

2. Toutes les éditt. d'après le Bavar. ενεδρεύοντας. 

3. Sic omnes; Schweigh. propose πάντα qui serait préférable; il 
laisse toutefois πάντας dans le texte, mais traduit par omnia. 

4. Suidas, citant ce passage, écrit δύνανται. 



POLYBE, LIV. III. ANNIBAL ET SEMPRONIUS. ^15 

lutte. D'abord, il voulait profiter du plein élan des 
Celtes; ensuite, engager le combat avec les légions de 
Rome , recrues nouvelles , insuffisamment exercées ; 
en troisième lieu, tenter l'affaire alors que Poplius n'y 
pouvait prendre part. Mais son principal motif était 
qu'il fallait agir, et ne pas dissiper son temps en vain. 
Car, pour qui a lancé des armées dans un pays étran- 
ger, pour qui entreprend des choses extraordinaires, 
il n'y a qu'un moyen de salut, c'est de renouveler 
incessamment les espérances de ses alliés. 

LXXI. Annibas donc, connaissant la passion qui allait 
entraîner Tibérius, demeurait dans ces sentiments. Il 
avait depuis longtemps remarqué entre les deux 
camps un endroit plat et découvert, mais bien dis- 
posé pour une embuscade, grâce à un ruisseau ayant 
une haute berge où croissaient partout des ronces et 
des buissons ; de là lui vint l'idée d'un stratagème ; il 
devait lui être facile de le cacher, car les Romains, qui 
tenaient pour suspects les terrains boisés, parce que 
les Celtes dressent toujours leurs embûches dans de 
pareils endroits , avait pleine confiance dans les lieux 
unis et découverts; ils ne savaient pas que, pour 
cacher des hommes en embuscade et les défendre, 
ces heux-là, par leur nature, s'y prêtent mieux que 
les terrains boisés, tous les hommes ainsi postés pou- 
vant voir de loin et ayant généralement devant eux, 
en pareil cas, de quoi suffisamment se couvrir. Un 
ruisseau quelconque avec une berge courte, des 
roseaux, des fougères, quelque espèce de ronces, 
peut cacher non seulement de l'infanterie, mais par- 
fois même de la cavalerie, pour peu qu'on ait eu la 
précaution de mettre à plat par terre les armes trop 



%\ 6 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

του τα [λέν έπ(ση[Λα των οπλών ΰ-πτια τιθέναι προς τήν 
γήν, τάς δε περικεφαλαίας ύποτιθέναι τοις δπλοις. Πλην 
ο γε των Καρχηδονίων στρατηγός κοινολογηθείς Μάγωνι 

άδελφφ και τοις συνέδροις περί του |Jlέλλovτoς αγώνος, 
συγκατατιθει^ένων αύτου^ πάντων ταΐς έπιβολαΐς, άρ,α τω 
δειπνοποιήσασθαι ^ το στρατ($πεδον , άνακαλεσά|Λενος Μά- 
γωνα τον αδελφών, οντά νέον [/.έν, όρι^ής δε πλήρη και 
παιδομαθή περί τα πολε[Λΐκά, συνέστησε των ιππέων 
άνδρας εκατόν και πεζούς τους Ίσους. 'Έτι δε της ή [λέρας 
οιίσης εξ δλου του στρατοπέδου ση[Ληνά(Λενος^ τους (Cas., 
ρ. 2ι2ι4.) εύρωστοτάτους παρηγγέλκει δειπνοποιησα[ΐ,ένους 
ήκειν έπι τήν αύτου σκηνή ν. Παρακαλέσας δε και παρασ- 
τήσας τούτοις τήν πρέπουσαν δρ(χήν τω καιρφ, παρήγγειλε 
δέκα τους άνδρωδεστάτους εκαστον έπιλεξάριενον εκ των. 
ιδίων τάξεων ήκειν εις τίνα τόπον ήδη της στρατοπεδειας. 
Των δε πραξάντων το συνταχθέν, τούτους [Λεν όντας ιππείς 
χιλίους και πεζούς άλλους τοσούτους έξαπέστειλε νυκτός 
εις τήν ένέδραν, συστήσας οδηγούς και τάδελφω διατα- 
ξά[Αενος περί του καιρού της επιθέσεως • αυτός δ' ά[Λα τω 
φωτι τους Νθ[Λαδικούς συναγάγω ν, όντας φερεκάκους δια- 
φεροντως, παρεκάλεσε καί τινας δωρεάς έπαγγειλά[Λενος 
τοις άνδραγαθήσασι, προσέταξε πελάσαντας τω των εναν- 
τίων χάρακι, κατά σπουδήν έπιδιαβαίνειν τόν ποτα[χόν 
και προσακροβολιζθ[Λένους κινεϊν τους πολε[λίους , βουλ(;- 



Ι. Correct, de Schweigh. pour αύτφ qu'il laisse pourtant dans son 
texte. 

2. Les éditt. δείτη/ον ποιήσασθαι; le Bavar. άμα τω το δείπνον ποιή- 
σασθαι; le Vatic. δείττνω ποιήσασθαι, d'où la correction de Schweigti. 
généralement admise, δειττνοποιήσασθαι. 

3. Gasaubon, σημηνάμενον, qu'il rapporte à Μάγωνα. Schweigh. a 
raison de trouver inutile ce changement que n'autorise aucun ms. 



POLYBE, LIV. III. STRATAGÈME d'ANNIBAL. 2! 17 

visibles, et de placer les casques^ sous les boucliers^. 
Au reste, le général des Garchèdonies s'entretint du 
prochain combat avec son frère Magon et son conseil 
de guerre. Ayant vu ses projets unanimement approu- 
vés, il rappela auprès de lui, à l'heure où les troupes 
avaient soupe, Magon son frère, jeune homme plein 
d'élan et formé dès l'enfance aux choses de la guerre^ 
Il lui donna cent hommes de cavalerie et autant de 
fantassins; il les avait, avant la fin du jour, désignés 
lui-même dans toute l'armée comme les plus vaillants, 
et leur avait recommandé de venir dans sa tente après 
avoir soupe. Leur ayant donné par ses exhortations 
l'élan qu'il faut en pareil cas , il leur recommanda de 
choisir, chacun dans leurs rangs, dix hommes des 
plus braves et de venir tout de suite dans un certain 
endroit du camp. Quand ils eurent fait ce qui leur 
était ordonné , ils étaient mille cavaliers et autant de 
fantassins. Annibas les fit partir de nuit pour l'em- 
buscade, accompagnés de guides, et après avoir donné 
à son frère ses instructions pour le moment où il 
faudrait agir. Lui-même, au jour, il réunit les cavaliers 
nomadiques, merveilleusement durs à la peine, les 
exhorta, et, promettant certaines gratifications à ceux 
qui se seraient comportés en braves, il leur commanda 
d'approcher des retranchements de l'adversaire, de 
passer en toute hâte le fleuve, et de forcer par quel- 
ques escarmouches les ennemis à sortir. Il voulait 



1. Proprement les couvre-chef. 

2. Littéralement, « sous les armes »; δπλον est l'arme par excel- 
lence des hoplites, leur grand bouclier. 

3. Comp. le récit de Frontin, Stratag. \\, v, 23, et surtout celui 
de Tite-Live, XXI, liv. 



211 8 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

μένος άναριστους και προς το μέλλον άπαρασκεύους λαβείν 
τους ύπεναντέους. Τους δέ λοιτζους ήγεμ(^νας άθροισας 
δμοιως παρεκάλεσε προς τον κίνδυνον, και πασιν άριστο - 
ποιεισθαι παρήγγειλε και περί τήν τ^ν οπλών και των 
ίππων γίγνεσθαι θεραπείαν. 

LXXII. Ό δέ Τιβέριος αμα τω συνιδεΐν εγγίζοντας 
τους Νομαδικούς ιππεϊς παραυτίκα μεν αυτήν τήν ί'ππον 
έξαπέστελλε, προστάξας εχεσθαι και συμπλέκεσθαι τοις 
πολεμίοις. Έξης δέ τούτοις εξέπεμπε τους πεζακοντιστάς 
εις έξακισχιλίους • έκίνει δέ και τήν λοιπήν δύναμιν εκ 
του χάρακος, ως εξ επιφανείας κριθησομένων των δλων, 
έπαιρόμενος τω τε πλήθει των ανδρών και τω γεγονοτι τη 
προτεραία περΊ τους ίππεις εύηυιερήματι. Ούσης δέ της 
ώρας περί χειμερινάς τροπάς καΐ της ημέρας νιφετώδους 
και ψύχρας διαφερ^ντως, τών δ' ανδρών και τών ίππων 
σχεδόν ώς ειπείν απάντων άναρίστων έκπεπορευ μένων, το 
μέν πρώτον ορμή και προθυμία περί το πλήθος ην • επι- 
γενόμενης δέ της του Τρεβία ποταμού διαβάσεως, και 
προσαναβεβηκότος τω ρεύματι^ δια τον εν τή νυκτι γενό- 
μενον εν τοις υπέρ τα στρατόπεδα τ^ποις ό'μβρον, μ6λις 
εως τών μαστών^ οι πεζοί βαπτιζόμενοι διέβαινον • εξ ών 
έκακοπάθει το στρατόπεδον υπό τε του ψύχους και της 
ένδείας, ώς αν ήδη της ημέρας προβαινούσης. Οι δέ Καρ- 
χηδόνιοι, κατά τάς^ σκηνάς βεβρωκότες και πεπωκότες, 
και τους ίππους ήτοιμακότες, ήλείφοντο και καθωπλίζοντο 
(Cas., ρ. 2^5.) περί τα πυρά πάντες. 'Αννίβας δέ, τον 



ι. Casaub., Schweigh., τοΟ ρεύματος; L. Dind. d'après le Vatic. 
d'accord avec le Flor., l'Urbin., l'Ursin., l'August. et le Reg. Α., 
τφ ρεύματι. 

2. Vat, Flor., Aug., fieg. A. μασθών. 

3. L'article est de Schweighaeuser. 



POLYBE, LIV. m. BATAILLE DE LA TRÉBIE. 2(19 

surprendre ses adversaires à jeun et nullement pré- 
parés à ce qui allait arriver. Puis, ayant réuni ses 
autres officiers, il leur adressa de semblables exhor- 
tations en vue du combat et recommanda à tout le 
monde de déjeuner et de prendre soin des armes et 
des chevaux. 

LXXII. Tibérius n'a pas plus tôt vu les cavaliers 
nomadiques approcher, qu'il fait sortir sa cavalerie 
seule, lui ayant donné l'ordre de tenir ferme et d'en- 
gager la lutte avec les ennemis. Tout de suite après, il 
envoie ses gens de trait à pied, environ six mille, et 
mène hors des retranchements le reste de son armée, 
comme si rien qu'à la voir toute l'affaire se devait 
décider : il était exalté par la multitude de ses soldats 
et sa bonne journée de la veille avec la cavalerie. On 
était alors en hiver aux alentours du solstice ; le jour 
était neigeux et excessivement froid. Hommes et che- 
vaux, presque tout le monde pour ainsi dire était sorti 
à jeun. 11 y avait d'abord de l'élan, du courage dans 
cette multitude. Mais on arriva au bord du Trébias; 
il fallait passer ce fleuve dont le courant avait monté 
à la suite de la pluie qui était tombée pendant la nuit 
dans la contrée au-dessus du camp ; et c'est à grand'- 
peine que le passèrent les fantassins plongés dans 
l'eau jusqu'aux mamelles. Ainsi l'armée souffrait du 
froid et du manque [de nourriture] , d'autant que la 
journée était déjà avancée. Les Garchèdonies , au 
contraire, ayant mangé et bu dans leurs tentes, ayant 
apprêté leurs chevaux, se frottaient d'huile et s'ar- 
maient tous autour de leurs feux\ Annibas, épiant le 

1. Tite-Live, ib. lv : Oleoque ut mollirent artus, misso, etc. 



^20 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

καφον έπιτηρών, a(jia τω συνιδειν διαβεβηκότας τους 
Ρω[Λα(ους τον ποτα{ΛΟν, προβαλ(^(Λενος έφεδρε{αν τους 
λογχοφ(^ρους και ΒαλιαρεΪς^, οντάς εις οκτακισχιλιους^, 
εξήγε τήν δύνα[Λΐν. Και προαγαγών ώς οκτώ στάδια προ 
της στρατοπεδείας , τους {Λεν πεζούς έπι (χιαν ευθείαν 
παρενέβαλε, περί δισ[Λυρίους οντάς τον άριθμ.6ν, "Ιβηρας 
και Κελτούς και Λίβυας, τους δ' ιππείς διελών εφ' έκά- 
τερον παρέστησε το κέρας^, πλε(ους οντάς [χυρίων συν 
τοις παρά των Κελτών συ^ί,^κάγοις , τα δε θηρία μερίσας 
προ τών κεράτων, δι' ά(Λφοτέρων προεβάλετο. Τιβέριος δέ 
κατά τον αύτον καιρόν τους (χέν ιππείς άνεκαλειτο , θεω- 
ρών ουκ έχοντας ο, τι χρήσονται τοις ύπεναντίοις, δια τό 
τους Νθ|^.άδας άποχωρεΐν (χεν ευχερώς και σποράδην, έπι- 
κεΐσθαι δέ πάλιν εκ μεταβολής τολ[Ληρώς και θρασέως * 
το γαρ τής Νομαδικής μάχης ϊδιόν έστι τούτο • τους δέ 
πεζούς παρενέβαλε κατά τάς ειθισμένας παρ' αύτοις τάξεις, 



1. Ce mot est écrit quelquefois ΒαλεαρεΤς, notamment dans les 
mss. de Diodore, V, XVII, où on lit Βαλλιαρείς, Βαλιαρίδας, Βαλεαρίδας, 
Βαλλαρίδεις, et dans Strabon, XIV, ii, 10, Βαλεαρίδας changé par 
Casaubon en Βαλεαρεΐς.— Ici, comme en beaucoup d'autres endroits 
de son récit de la seconde guerre punique, Tite-Live, LV, ne fait 
guère que traduire Polybe : Baliares locat (Annibal) ante signa, 
levem armaturam, octo ferme millia hominum; dein graviorem armis 
peditem, quod virium, quod roboris erat; in cornibus circumfudit 
decem millia equitum; et ab cornibus in utramque partent divisas 
elephantos statuit. Consul effusos sequentes équités, quum ab resis- 
tentibus subito Numidis incauti exciperentur, signo receptui dato, 
revocatos circumdedit peditibus. Duodeviginti millia Romani erant, 
socium nominisque latini viginti, auxilia prœterea Cenomanorum ; 
ea sola in fide manserat Gallica gens. 

2. Le Bavaric. έξακισχιλίους. 

3. Id. εφ' έκάτερα παρέστησε τοϊς κέρασο. 



POLYBE, LIV. III. BATAILLE DE LA TRÉBIE. 221 

moment, n'eut pas plus tôt vu que les Romains avaient 
passé le fleuve , qu'il lança en avant , comme troupes 
de soutien, ses piquiers et ses Baliares\ qui étaient 
environ huit mille, et fit à la suite sortir son armée. 
Il s'avança à huit stades^ environ de ses campements, 
étendit sur une seule ligne droite son infanterie qui 
comptait environ vingt mille hommes, Ibères, Celtes 
et Libyes, et fit de sa cavalerie deux corps qu'il posta 
à chacune des ailes : elle faisait avec les Celtes alliés 
plus de dix mille hommes. Quant à ses bêtes ^ , il les 
partagea aussi entre les deux ailes et les plaça en 
avant. Tibérius, au même moment, rappelait sa cava- 
lerie qu'il voyait dans l'impuissance d'agir contre ses 
adversaires, à cause des Nomades qui facilement se 
retirent et se dispersent, puis, par un changement de 
front, exécutent une nouvelle charge avec une adresse 
et une sûreté singulières. C'est, en effet, une façon de 
combattre propre aux Nomades. Pour ses fantassins, 
il adopta la disposition en usage chez eux : ils étaient 



1. C'étaient des frondeurs, originaires peut-être des îles Baléares, 
lesquelles, d'ailleurs, auraient été ainsi nommées, selon quelques- 
uns, par les Carthaginois, d'un mot phénicien qui signifie frondeur. 
C'est ce que semble dire Polybe dans un passage dont le texte est 

contesté, 111, XXXIir, 11 : Προς δέ τούτοις Βαλιαρείς ους κυρίως μεν καλουσι 
σφενδονήτας, άπο δέ της χρείας ταύτης συνωνύμως χα\ το έθνος αυτών προ- 
σαγορεύουσι κα\ την νήσον. « En outre, les Baliares, qu'on appelle 
proprement frondeurs, nom qui, en raison de l'usage de cette 
arme, est commun au peuple et à l'île qu'il habite. » Cf. liv. 1, 
Lxvii, 7, où le mot Βαλιαρείς paraît bien indiquer les frondeurs 
Baléares : 'Ήσαν γαρ o\ μέν Ίβηρες, o\ δε Κελτοι, τινές δέ ΛιγυστινοΙ κα\ 
Βαλιαρείς. α II y avait (parmi les mercenaires des Carthaginois) des 
Ibères, des Celtes, quelques Ligystins et des Baliares. » Tite-Live, 
XXI, Lv, écrit aussi Baliares^ et il en parle comme de jaculatores , 
et non comme de frondeurs. — Plin., 111, xi : Baliares, funda belli• 
cosas, Grœci Gymnasias dixere. 

2. 8 stades = 1,440 mètres = t mille romain. — 3. Les éléphants. 



222 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

οντάς τους μέν ί>ω[Λα(ουζ εις [Λυρ(ους έξακισχιλίους , τους 
δέ συ[Λ[Λάχους είς δισ[Λυρ(ους. Tè γαρ τέλειον στρατόπεδον 
παρ' αύτοις προς τάς ολοσχερείς έπιβολάς έκ τοσούτων 
ανδρών έστιν, όταν δμου τους υπάτους έκατέρους ο\ καιροί 
συνάγωσι. Μετά δέ ταύτα τους ιππείς εφ' έκάτερον θείς 
το κέρας, οντάς εις τετρακισχιλιους , έπήει τοις ύπεναν- 
τ(οις σοβαρώς, έν τάξει και βάδην ποιού[Λενος τήν ί(!^οΖοΊ. 

LXXIII. 'Ήδη δέ σύνεγγυς όντων άλλήλοις, συνεπλά- 
κησαν οι προκείμενοι των δυνά[Αεων εύζωνοι. Τούτου δέ 
συμβάντος, οι μέν Ρωμαίοι κατά τζοΧΚοΙ^ς τρ(^πους ήλατ- 
τουντο, τοις δέ Καρχηδονέοις ύπερδέξιον γίγνεσθαι συνέ- 
βαινε τήν jjptioL^ , ατε δή των μέν Ρωμαίων πεζακοντισ- 
τών κακοπαΒούντων εξ όρθρου καΐ προεμένων τα πλείστα 
βέλη κατά τήν προς τους Νομάδας συμπλοκήν, των δέ 
καταλε?πομένων βελών ήχρειωμένων αύτοΐς δια τήν συνέ- 
χειαν της νοτίζος. Παραπλήσια δέ τούτοις συνέβαινε και 
περί τους ιππείς γίγνεσθαι και περί τ6 σύμπαν αύτοις 
στρατ^πεδον. Περί γε μήν τους Καρχηδονίους υπήρχε 
τάναντία τούτων • ακμαίοι γαρ παρατεταγμένοι και νεα- 
λεΐς άει προς το δέον εύχρήστως και προθύμως ε?χον^ 
Δκ^περ άμα τω δέξασθαι δια τών (Cas., ρ. 2216.) διαστη- 
μάτων τους προκινδυνεύοντας και συμπεσειν τα βαρέα τών 



1. Tite-Live, Ι. c : Praelium aBaliaribus ortum est; quibus quum 
majore robore legiones obsisterent, deductœ propere in cornua 
levés armaturae sunt. Quœ res effecit, ut equitatus fiomanus extem- 

plo urgeretur Pedestris pugna par animis magis quam viribus 

erat; quas récentes Pœnus, paullo ante curatis corporibus, in prœ- 
lium attulerat : contra jejuna fessaque corpora Romanis et rigen- 
tia gelu torpebant. Restitissent tamen animis, si cum pedite solum 
foret pugnatum, etc. 



POLYBE, LIY. III. BATAILLE DE LA TRÉBIE. 223 

environ seize mille Romains et vingt mille alliés. Car, 
chez eux, une armée complète, pour les actions géné- 
rales, se compose d'un pareil nombre d'hommes, 
quand les circonstances réunissent les deux consuls. 
Après cela, ayant placé à chaque aile ses cavaliers qui 
étaient environ quatre mille, il marcha à l'ennemi, 
l'air hautain, faisant son mouvement en avant avec 
ordre et au pas. 

LXXIII. Déjà les adversaires étaient proches les 
uns des autres : l'engagement se fît par les troupes 
légères placées en avant des deux armées. Dès le 
commencement, les Romains avaient de plusieurs 
façons le désavantage, tandis que les Garchèdonies 
se trouvaient pour agir dans des conditions extra- 
ordinairement favorables. Chez les Romains, l'infan- 
terie de trait avait eu bien du mal depuis l'aurore; 
elle avait lancé la plus grande partie de ses javelots , 
tandis qu'elle était aux prises avec les Nomades, et 
ceux qui lui restaient étaient hors de service pour 
avoir été continuellement exposés à l'humidité. La 
cavalerie se trouvait à peu près dans le même état, 
ainsi qu'en général l'armée. Pour les Garchèdonies, 
c'était tout le contraire. Vigoureux et tout frais, 
quand on les avait rangés en face [de l'ennemi] , ils 
étaient toujours dispos et pleins de cœur pour ce qu'il 
fallait faire. Aussi, du moment que l'on eut reçu dans 
les intervalles [des manipules] ceux qui les premiers 
vont au combats et que se furent entre-choquées les 



l. Ces προκινδυνεύοντες sont les corps désignés plus haut par les 
mots oî προκείμενοι ευζωνοι, « les troupes légères » a quihus pugnandi 
sumebaiur exordium (Veget., de Re milil., I, xx), comprenant les gens 
de trait, άκοντιστάς, les archers, τοξότας, et les frondeurs, σφενδονιστάς. 



ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

δπλων άλλήλοις, οι [Λεν ιππείς οι των Καρχηδονίων ευ- 
θέως απ' ά[Λφοιν τοιν κεράτοιν έπέεζον τους ύπεναντ(ους, 
ως αν τω πλήθει πολύ διαφέροντες και ταΐς άκ[Λαις αυτών 
τε και των ϊππων^ δια τήν προειρηι^ένην ακεραιότητα περί 
τήν ε^οίον ' τοις δε Ρω[Λα(οις των ιππέων ύποχωρησάντων 
καΐ ψιλωθέντων των της φάλα-^γος κεράτων, οι τε λογ- 
χοφ($ροι των Καρχηδονίων και το των Νθ[λάδων πλήθος, 
ύπεραίροντες τους προτεταγι^ένους των ιδίων και προς τα 
κέρατα προσπίπτοντες τοις Ρω(Λαίοις, πολλά και κακά 
διειργάζοντο και [χάχεσθαι τοις κατά πρόσωπον ούκ ειων. 
Οι δ' εν τοις βαρέσιν οπλοις, παρ' άρ,φοϊν τας πρώτας 
έχοντες και μέσας της όλης παρε(Λβολής τάξεις, έπι πολύν 
χρ6νον ί\ι,άγοΊτο συστάδην, έφά(Λΐλλον ποιού[Λενοι τον 
κίνδυνον. 



LXXIV. Έν φ καιρώ διαναστάντων τών εκ της ενέδρας 

Νθ[Λάδων, και προσπεσόντων άφνω κατά νώτου τοις άγω- 
νιζθ[Λένοις περί τα [χέσα, [χεγάλην ταραχήν και δυσχρησ- 
τίαν συνέβαινε γίγνεσθαι περί τάς τών Ρω[Λαίων δυνά(Λεις^. 
Τέλος δ' ά[Λφ($τερα τα κέρατα τών περί τον Τιβέριον πιε- 
ζόμενα κατά πρόσωπον μέν υπό τών θηρίων, πέριξ δε και 



ι. Tous les mss. et les anc. édit. και των Ιππέων. 

2. Tite-Live, Ι. c. : Sed et Baliares, pulso équité, jaculabantur in 
latera, et elephanti jam in mediam peditum aciem sese tulerant : 
et Mago Numidaeque, simul latebras eorum improvida praeterlata 
acies est, exorti a tergo ingentem tumultum ac terrorem fecere. 
Tamen in tôt circumstantibus malis mansit aliquandiu immota 
acies, maxime, praeter spem omnium, adversus elephantos : eos 
veiites, ad id ipsum locati, verutis conjectis, et avertere, etc. 



POLYBE, LIY. III. BATAILLE DE LA TRÉBIE. 225 

troupes aux armes pesantes, les cavaliers des Garchè- 
donies, partant tout de suite des deux ailes, refoulèrent 
leurs adversaires, sur lesquels ils l'emportaient de 
beaucoup par le nombre, par leur vigueur et celle de 
leurs chevaux, parce que, comme on l'a dit, ils 
avaient toutes leurs forces à leur sortie [du camp]. 
Ainsi du côté des Romains, la cavalerie ayant reculé 
et les flancs de la phalange^ étant découverts, les 
piquiers des Carchèdonies et le gros des Nomades, 
s'élançant par delà leurs propres soldats placés en 
premières lignes, et tombant sur les flancs des 
Romains, leur firent beaucoup de mal, et ne leur 
permirent pas de combattre ceux qu'ils avaient en 
face. Les soldats pesamment armés, qui de part et 
d'autre étaient aux premiers rangs et au centre du 
corps de bataille, luttèrent longtemps de pied ferme 
et leurs efforts se balançaient. 

LXXIV. C'est à ce moment que les Nomades, 
sortant de leur embuscade et tombant tout à coup 
sur le dos de ceux qui combattaient au centre, 
apportèrent un grand trouble , une grande gêne pour 
les manœuvres, dans l'armée romaine. Enfin les deux 
ailes de Tibérius, refoulées de front par les bêtes, et 
à Tentour , là où les flancs faisaient face à l'ennemi , 



Tous s'appelaient ψιλοί, mot qui a le même sens que chez Polybe, 
εΰζωνοι. V. Onosand. Στρατηγικ. XVII : "Otc τους ψιλούς, άκοντιστάς, etc. 
πρώτους στήσει της φάλαγγος, etc. XIX : Έστω δε διάστημα κατά τάς 
τάξεις, ϊν', επειδαν εκκενώσωσιν , ϊτι προαγόντων των πολεμίων, τα βέλη (οι 

ψιλοί) έπιστρέψαντες εν κόσμω, δείξωσι μέσην (fors. διεξίωσι) την 

φάλαγγα, κ. τ. λ. « Qu'il y ait un intervalle dans les rangs ou les 
manipules, pour que les troupes légères ayant épuisé leurs traits, 
si l'ennemi avance encore, puissent, par une conversion régulière, 
être reçues dans le corps de bataille.» 
1. C'est-à-dire du corps de bataille. 

II 15 



2!26 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ιστοριών γ. 

TLOLTb. τάς εκ των πλαγίων επιφανείας υπό των ευζώνων , 
έτράπησαν , και συνεωθουντο κατά τόν διωγριον προς τον 
ύποκείμενον ποτα[Λ6ν. Τούτου δέ συμβάντος, οι κατά 
(χέσον τόν κίνδυνον ταχθέντες των Ρωμαίων, οΐ μέν 
κατόπιν έφεστώτες υπό των εκ της ενέδρας προσπεσ^ντων 
άπώλλυντο και κακώς έπασχον * οι δέ περί τας πρώτας 
χώρας έπαναγκασθέντες έκράτησαν των Κελτών καΐ 
μέρους τίνος τών Λιβύων, και ΊζοΚΚους αυτών άποκτεί- 
ναντες διέκοψαν τήν τών Καρχηδονίων τάξιν. Θεωρουντες 
δέ τους άπο τών ιδίων κεράτων έκπεπιεσμένους , το μεν 
επιβοηθεί ν τούτοις ή πάλιν εις τήν εαυτών άπιέναι παρεμ- 
βολήν άπέγνωσαν, ύφορώμενοι μεν το πλήθος τών ιππέων, 
κωλυόμενοι δέ δια τον ποταμον και τήν έπιφοράν και 
συστροφήν του κατά κεφαλήν ομβρου. Τηρουντες δέ τάς 
τάξεις αθρόοι μετ' ασφαλείας απεχώρησαν εις Πλακεντίαν, 
οντες ουκ έλάττους μυρίων. Τών δέ λοιπών οι μέν πλείστοι 
περί τόν ποταμον εφθάρησαν ύπ6 τε τών θηρίων και τών 
ιππέων, οι δέ διαφυγ($ντες τών πεζών και το πλείστον 
μέρος τών ιππέων, προς το προειρημένον σύστημα ποιού- 
μενοι τήν άποχώρησιν (Cas., ρ. ^27.), άνεκομίσθησαν 
άμα τούτοις εις Πλακεντίαν. Το δέ τών Καρχηδονίων 
στρατ^πεδον, έως του ποταμού καταδίωξαν^ τους πολε- 
μίους, υπο δέ του χειμώνος ούκέτι δυνάμενον πορρωτέρω 
προβαίνειν, επανήλθε πάλιν εις τήν παρεμβολήν^. Και 
πάντες έπι μέν τή μάχη περιχαρείς ήσαν, ως κατωρθω- 
κ^τες • συνέβαινε γαρ ολίγους μέν τών Ιβήρων και Λιβύων, 
τους δέ πλείους άπολωλέναι τών Κελτών • υπο δέ τών 



1. Les mss., même le Vatican., κατεδίωξαν. 

2. Comp. Appien, Guerre d'Annibal , p. 317. Il parle d'une bles- 
sure grave de Scipion qui venait à l'arrière -garde et qui, presque 
mourant, aurait été à grand'peine transporté à Crémone. V. notre 
tome III. 



POLYBE, LIV. III. BATAILLE DE LA TRÉBIE. 227 

par les troupes légères, furent mises en fuite et, 
dans la poursuite, poussées jusqu'au fleuve qui se 
trouvait derrière. Ceci arrivé, parmi les Romains pla- 
cés au centre de la bataille, ceux des derniers rangs 
furent défaits par les hommes qui étaient sortis de 
l'embuscade pour tomber sur eux, et ils furent fort 
maltraités ; ceux qui formaient les premières lignes , 
pressés par la nécessité, eurent l'avantage sur les Celtes 
et une partie des Libyes, et en ayant tué beaucoup, ils 
rompirent l'ordonnance des Carchèdonies. Mais voyant 
que ceux qui étaient aux ailes de leur côté étaient 
écrasés, ils désespérèrent de pouvoir les secourir ou 
rentrer eux-mêmes dans leurs quartiers : ils voyaient 
avec crainte la multitude des cavaliers [ennemis] , et ils 
étaient empêchés par le fleuve et par la pluie qui leur 
tombait avec violence et à flots sur la tête. Gardant 
leurs rangs, en colonne serrée, ils se retirèrent, sans 
être inquiétés , à Placentia , et ils n'étaient pas moins 
de dix mille. Du restant la plupart furent détruits le 
long du fleuve par les bêtes ^ et la cavalerie; ceux des 
fantassins qui échappèrent, avec la plus grande partie 
de la cavalerie, faisant retraite dans la direction de la 
colonne dont j'ai parlé, se réfugièrent comme elle à 
Placentia. L'armée des Carchèdonies, ayant poursuivi 
les ennemis jusqu'au fleuve , et ne pouvant , à cause 
de l'hiver, aller plus loin, retourna dans ses quartiers. 
Tous étaient dans des transports de joie à l'occasion 
de ce combat si heureusement terminé ; car il se trou- 
vait que dans leurs pertes entraient pour un petit 
nombre les Ibères et les Libyes, et les Celtes pour la 

1. Les éléphants. 



2!2!8 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ιστοριών γ. 

ομβρων και της έπιγενο(Λένηο χΐ($νος ούτω διετέθεντο δει- 
νώς ώστε τα (χέν θηρία διαφθαρήναι πλην έν($ς, ποΧΚους 
δέ και των ανδρών άπόλλυσθαι και των Ιππων δια το 

ψύχος. 

LXXV. Ό δέ Τιβέριος, ειδώς [χέν τα συμβεβηκότα, 
βουλ(5[Λενος δέ κατά δύναμιν έπικρύπτεσθαι τους εν τη 
Ρώμη το γεγονός, έπεμψε τους άπαγγελουντας οτι μάχης 
γενομένης τήν νικην αυτών ό χειμών άφε(λετο. Οί δέ 
Ρωμαίοι παραυτικα μέν έπ(στευον τοις προσπέπτουσι * 
μετ' ου πολύ δέ πυνθαν(^μενοι τους μέν Καρχηδονίους και 
τήν παρεμβολή ν τήν αυτών τηρειν και τους Κελτους 
πάντας άπονενευκέναι προς τήν εκείνων φιλίαν, τους δέ 
παρ' αυτών άπολελο ιπ(>τας τήν παρεμβολήν, εκ της μάχης 
άνακεχωρηκέναι και συνηθροΐσθαι πάντας εις τάς πόλεις, 
και χορηγεϊσθαι δέ τοις άναγκαίοις έκ θαλάττης ανά τάν 
Πάδον ποταμόν, και λίαν σαφώς έγνωσαν τα γεγονότα 
περί τον κίνδυνον. Διο και παραδόξου φανέντος αύτοϊς του 
πράγματος, περί τάς λοιπας παρασκευας διαφερόντως 
έγίγνοντο και περί φυλακήν τών προκειμένων τόπων, 
πέμποντες ε?ς 2αρδόνα καΐ 2ικελίαν στρατόπεδα, προς δέ 
τούτοις εις Τάραντα προφυλακάς^ και τών άλλων τόπων 
εις τους εύκαίρους • παρεσκεύασαν δέ και ναυς έξήκοντα 
πεντήρεις. Γνάιος δέ 2ερουίλιος καΐ Γάιος^ Φλαμίνιος, 
οιπερ ετυχον ύπατοι τότε καθεσταμένοι , συνήγον τους 
συμμάχους και κατέγραφον τα παρ' αύτοΐς^ στρατόπεδα. 



1. Vidg. προς φύλακας, sic Gasaub.; Sciiweigh. προσφυλακάς. 

2. Tous les mss. Γνάιος, corrigé par Gronov. et Orsini. 

3. Sciiweigh. proposait de lire παρ' αυτών. 



POLYBE, LIV. III. CONSÉQUENCES DE LA BATAILLE. 229 

plus grosse part^ Mais les pluies et la neige qui sur- 
vint mirent leur armée dans un si aiFreux état que 
les bêtes périrent toutes, à l'exception d'une, et que 
beaucoup d'hommes et de chevaux moururent de 
froid. 

LXXV. Tibérius voyait bien ce qui était arrivé; 
mais, voulant autant que possible cacher aux Romains 
la vérité, il envoya des courriers annoncer qu'une 
bataille avait eu lieu, mais que l'hiver leur avait enlevé 
la victoire. Les Romains, dans le moment même, en 
crurent les rapports qui leur parvenaient; mais peu 
après, informés que les Carchèdonies gardaient leur 
propre camp et que tous les Celtes penchaient vers 
l'aUiance des vainqueurs; que, de leur côté, les soldats 
avaient abandonné le camp , et , quittant la bataille , 
avaient fait retraite; qu'ils s'étaient tous rassemblés 
dans les villes, et que les fournitures nécessaires 
leur venaient de la mer par le fleuve du Pade, ils 
connurent trop clairement la vérité sur le combat. 
Aussi, bien que cet événement fût tout contraire à 
leur attente, ils se mirent avec une activité sans 
pareille à faire le reste de leurs préparatifs, à pour- 
voir à la défense des lieux exposés [à l'invasion], 
envoyant en Sardone et en Sicéhe des légions, en outre, 
des garnisons à Tarente et ailleurs, dans les positions 
favorables. Ils équipèrent même soixante vaisseaux 
quinquérèmes . Gnœus Servilius et Gains Flaminius, 
qui se trouvaient alors les consuls élus, rassemblèrent 
les [contingents] des alliés et enrôlèrent des citoyens 

1. C'est ce qui fait dire à Am. Thierry [Hist. des Gaulois, liv. 111, 
ch. II, sommaire) que cette bataille fut gagnée par les Gaulois. 
Cf. avec le récit de Polybe celui de Tite-Live, XXI, 52-55. 



230 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

Παρήγον δέ καΐ τάς αγοράς τάς [χέν ε^ς 'Ap{(jLtvov, τάς δ' 
εΐζ Τυρρην(αν, ώς επί τούτοις τ:οιησ($[Λενοι τοις τ^ποις τήν 
εζ^οΒοΊ. "Επερ,ψαν δέ καΐ προς 'Ιέρωνα περί βοηθείας, δς 
και πεντακόσιους αύτοις έξαπέστειλε Κρήτας καΐ χιλίους 
πελτοφόρους • πάντα δέ καΐ πανταχ($θεν ενεργώς ήτοιμα- 
ζον. Τότε γάρ είσι φοβερ(6τατοι Ρω(Λαΐοι και κοινγ) και 
κατ ιδίαν, όταν αυτούς περιστη φ(^βος αληθινός. 



LXXVI. (Cas., p. 228.) Κατά δέ τους αυτούς καιρούς 
Γνάιος Κορνήλιος ό καταλειφθεις υπο τάδελφου Ποπλίου 
στρατηγός έπι της ναυτικής δυνάμεως, καθάπερ επάνω 
προεϊπον, αναχθείς από των του Ροδανου στο[χάτων παντι 
τω στόλω, προσέσχε τής Ιβηρίας προς τους κατά τα 
καλούμενον Έμπόριον τόπους ^ 

LXXVII. Ένισταμ,ένης δέ τής εαρινής ώρας, 

(Cas., ρ. 229.) Γάιος (χέν Φλα{Λίνιος άναλαβών τάς 
αύτου δυνάμεις , προήγε δια Τυρρηνίας , και κατεστρατο- 
πέδευσε δια τής των Άρρητίνων πόλεως • Γνάιος δέ 
2ερουίλιος τούμπαλιν ώς έπ' Άριμινου, ταύτη παρατηρή- 
σων τήν εισβολήν των ύπεναντίων. 'Αννίβας δέ παραχει- 
μάζων εν τη Κελτική, τους μέν Ρωμαίους των εκ τής 
μάχης αιχμαλώτων εν φυλακή συνείχε, τα μέτρια των 
επιτηδείων διδούς, τους δέ συμμάχους αυτών το μέν 
πρώτον εν τή πάση φιλανθρωπία διεξήγε, μετά δέ ταύτα 
συναγαγών παρεκάλει, φάσκων ούκ έκείνοις ήκειν πολε- 
μήσων, άλλα Ρωμαίοΐζ υπέρ εκείνων. Διόπερ εφη δειν 
αυτούς, εάν ορθώς φρονώσιν, άντέχεσθαι τής προς αυτόν 



1. Comp. Tite-Live, même livre, LX : Dum hœc in Italia gerun- 

tur, Gn. Corn. Scipio quum, ab ostio Rliodani profeclus, Pyre- 

nœosque montes circumvectus, Emporiis appulisset classem, etc. 



POLYBE, LIV. III. ANNIBAL ET LES CELTES. 2! 31 

pour les légions. Ils transportèrent leurs magasins, 
partie à Ariminum, partie en Tyrrhènie, comme de- 
vant faire de ces côtés-là leur entrée en campagne. 
Ils envoyèrent aussi demander des secours à Hiéron 
qui leur expédia cinq cents Crêtes^ et mille pelto- 
phores*. En un mot, ils faisaient avec activité et de 
toutes parts tous leurs apprêts. Car les Romains, 
l'État comme les particuliers, sont surtout terribles 
quand ils sont obsédés d'une réelle terreur. 

LXXVI. Vers le même temps, Gnseus Cornélius, à 
qui son frère Poplius avait laissé le commandement 
des forces navales, comme je l'ai dit plus haut^ parti 
des bouches du Rhodan avec toute sa flotte, avait 
abordé en Ibèrie, dans le voisinage du lieu appelé 
Emporium 

LXXVII Le printemps commençait : Gains 

Flaminius, ayant repris ses troupes, avança à travers 
la Tyrrhènie et campa le long de la ville des Arrètins. 
Gnseus Servilius alla en sens contraire jusqu'à Arimi- 
num pour observer par là l'invasion des ennemis. 
Annibas, qui hivernait dans la Celtique, tenait sous 
bonne garde ceux des Romains qu'il avait faits pri- 
sonniers dans la [dernière] bataille, et, tandis qu'il 
leur donnait juste le nécessaire, d'abord il traitait 
leurs alliés avec la plus grande humanité, puis il les 
réunissait et les admonestait, leur répétant qu'il était 
venu faire la guerre non pas à eux, mais aux Romains 
pour eux. Ils devaient donc, disait-il, s'ils étaient 



1. Cretois. 

2. Peltophores, littéralement porte-j>oucliers, comme les Peltastos, 
c'est-à-dire armés de la pelle, petit bouclier lé^er, facile à manier. 
V. plus haut, p. 115-117, note. — 3. xlix, p. 150-7, et liv, p. 178-9. 



2132 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

φιλίας. Παρεϊναι γαρ πρώτον μ,έν τήν έλευθερίαν άνακτη- 
σ<${/.ενος Ίταλιώταις, ομοίως δε τάς πόλεις και τήν 
χώραν, ην ύπο Ρωμαίων άπολωλεκότες έκαστοι τυγχά- 
νουσι, συνανασώσων. Ταύτα δ' ειπών άφήκε χωρίς λύτρων 
εις τήν οικειαν, βουλεμένος άμα μεν προκαλεΐσθαι δια 
τοιούτου τρόπου προς αυτόν τους κατοικουντας τήν Ίτα- 
λ(αν, άμα δ' άπαλλοτριουν της προς Ρωμαίους εύνοιας, 
έρεθίζειν δε τους δοκουντας πόλεσιν ή λιμέσιν ήλαττώσΟαί 
τι δια της Ρωμαίων αρχής. 



LXXVIII. Έχρήσατο δε τινι καί Φοινικικώ στρατη- 
γήματι τοιούτω κατά τήν παραχειμασίαν. 'Αγωνιών γαρ 
τήν άθεσίαν τών Κελτών^, και τας έπιβουλάς τας περί το 
σώμα, δια το πρόσφατον της προς αυτούς συστάσεως, 
κατεσκευάσατο περιθετάς τρίχας, αρμόζουσας ταις κατά 
τάς ολοσχερείς διαφοράς τών ηλικιών έπιπρεπειαις , και 
ταύταις έχρήτο, συνεχώς μετατιθέμενος • ο^^οίως δε και 
τάς έσθήτας μετελάμβανε τάς καθηκούσας άει ταις περί- 
θεταΐς. Δι' ών où μόνον τοις αιφνιδίως ιδουσι δύσγνωστος 
ην, άλλα και (Cas., ρ. 230.) τοις εν συνήθεια γεγονόσι. 



Θεωρών δε τους Κελτούς δυσχεραίνοντας έπι τω τον 
πόλεμον εν τή παρ' αυτών χώρα λαμβάνειν τήν τριβήν, 
σπεύδοντας δε και μετεώρους οντάς εις τήν πολεμίαν, 

1. « Les écrivains Romains, comme les Grecs, ont toujours été 
inj Listes à l'égard des Gaulois; non contents de nier leurs qualités, 
ils leur prêtèrent des vices qui leur étaient étrangers. C'est à leur 
Lravoure et à leur solidité qu'Annibal a dû en grande partie ses 
victoires de la Trébie et de Cannes. S'ils avaient été, dit Folart, 
mous et incapables de supporter le travail, pourquoi Annibal les 
aurait-il toujours mis aux postes les plus pénibles et les plus dan- 
gereux? » Note de D. Bouquet. 



POLYBE, LIV. III. ANNIBAL ET LES CELTES. 233 

sensés, s'attacher à son amitié. Car il était venu [dans 
ce pays] d'abord pour rendre aux Italiôtes leur liberté 
et pareillement pour sauver avec eux les villes et le 
territoire que chacun pouvait avoir perdu par l'ambi- 
tion des Romains. Après avoir ainsi parlé, il les ren- 
voya sans rançon chez eux\ voulant par ce moyen 
tout à la fois appeler à lui ceux qui habitaient l'Italie 
et leur ôter tout bon vouloir envers les Romains; 
[il voulait] aussi irriter ceux qui paraissaient avoir 
subi quelques pertes en villes ou en ports sous la 
domination des Romains. 

LXXVIII. Il usa aussi d'un stratagème bien punique^ 
durant cet hivernage ; le voici : toujours dans l'inquié- 
tude à cause de l'inconstance des Celtes et des atten- 
tats qu'il pouvait redouter de la part de peuples avec 
qui ses rapports étaient si récents, il se fit apprêter 
des chevelures postiches appropriées aux convenances 
de différents âges, et il s'en servait de façon à les 
remplacer sans cesse; il changeait pareillement d'ha- 
bits, en prenant toujours de bien assortis à ses per- 
ruques. Par ce moyen, il était difficile à reconnaître 
non seulement à première vue, mais pour ceux mêmes 
qui vivaient dans sa famiharité. 

Voyant les Celtes mécontents de ce que la guerre 
se prolongeait dans leur pays, désireux, au contraire, 
et impatients de la porter sur le territoire ennemi, 



1. Un historiiîii (Frontin., Stratagem., II, vu, 7) dit même qu'il 
renvoya ceux de ses alliés qui ne pouvaient lui être d'un bon 
service : Annibalem venientem in Italiam^tria millia Garpctanorum 
(c'étaient des Espagnols de la Tarragonaise) reliquerunt : quo ille 
exemple ne et ceteri moverentur, edixit ab se esse dimissos; et 
insuper, in fidem ejus re, paucissimos levissijmv opérai domos remisit. 

2. Littéralement bien Phœnicique. 



2i34 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

προφάσει μ.έν Stà την πρύς Ρω[Λαίους οργήν, το δε πλειον 
Stà τάς ωφελείας, έκρινε τήν ταχέστην άναζευγνύειν και 
συνεκπληρουν τάς των δυνάμεων ορμάς. Δκ^περ άμα τω 
τήν ώραν μεταβάλλειν, πυνθανόμενος των μάλιστα της 
χώρας δοκούντων έμπειρεΐν , τάς μεν αλλάς έμβολας τας 
εις τήν πολεμιαν μακράς εύρισκε και προδήλους τοις 
ύπεναντ(οις, τήν δε δια των ελών εις Τυρρηνίαν φέρουσαν, 
δυσχερή μέν, σύντομον δε και τιαράδοξον φανησομένην 
τοις περί τον Φλαμινιον. Άει δε πως οικείος ών^ τη φύσει 
το&ζΟΌ του μέρους, ταύτη προέθετο ποιεΐσθαι τήν πορείαν. 
Διαδοθεισης δε της φήμης εν τω στρατοπέδω δκ^τι μέλλει 
διά τίνων ελών αγειν αυτούς δ στρατηγός, πας τις εύλα- 
βώς είχε προς τήν πορείαν, ύφορώμενος βάραθρα και τους 
λιμνώδεις τών τόπων. 



LXXIX. 'Αννίβας δ' επιμελώς έξητακώς τεναγώδεις 

και στερεούς υπάρχοντας τους κατά τήν èioSo"^ τόπους, 
άναζεύξας εις μέν τήν πρωτοπορείαν εθηκε τους Λίβυας 
και "Ιβηρας και παν το χρησιμώτερον μέρος της σφετέρας 
δυνάμεως, συγκαταμίξας αύτοϊς τήν αποσκευή ν, ι να προς 
το παρόν εύπορώσι τών επιτηδείων • προς γαρ τα μέλλον 
εις τέλος άφροντίστως είχε περί παντός του σκευοφόρου , 
λογιζόμενος ως εάν άψηται της πολεμίας, ηττηθείς μέν 
ου προσδεήσεται τών αναγκαίων, κρατών δε τών υπαίθρων 
ούκ απορήσει τών επιτηδείων. Έπι δέ τοις προειρημένοις 
επέβαλε τους Κελτούς, έπι δέ πασι τους ιππείς. Έπιμε- 



1. Tous les mss. οΊκείον sans ών; la leçon que nous donnons est 
une correct, de Schweigh. d'après Jac. Gronov. — Casaubon avait 
corrigé οΙκεΐον ôv τη φύσει τούτου τ. μ. ; leçon fort simple, mais diffi- 
cile à expliquer. 



POLYBE, LIV. III. ANNIBAL ET LES CELTES. 2!35 

SOUS prétexte de leurs ressentiments contre les 
Romains, mais plutôt pour les profits [qu'ils en espé- 
raient], il se décida à partir au plus vite et à satisfaire 
les passions de ses troupes. Aussi, dès le changement 
de la saison \ il s'informa auprès de ceux qui pas- 
saient pour connaître le mieux le pays ; il trouva ainsi 
que les autres routes pour entrer sur le territoire 
ennemi étaient longues , connues de ses adversaires , 
que celle qui menait dans la Tyrrhènie par les marais 
était difficile sans doute, mais abrégée, et que Flami- 
nius ne pourrait pas croire qu'il l'eût prise. Mais 
comme, de sa nature, il était en quelque façon l'homme 
de ce parti, il se proposa de suivre cette route. 
Toutefois , le bruit s' étant répandu dans l'armée que 
le général devait la conduire par certains marais, 
chacun appréhenda d'avoir à passer par cette route , 
se défiant des fondrières et des bourbiers. 

LXXIX. Annibas, s'étant soigneusement assuré que 
les terrains à traverser étaient guéables et solides, 
partit, ayant mis à l'avant-garde les Libyes, les Ibères, 
toute la meilleure partie de ses troupes, et placé 
au milieu d'elles ses fourgons , afin que , dans le pré- 
sent, elles fussent bien pourvues des choses utiles. 
Pour l'avenir, il était tout à fait sans inquiétude rela- 
tivement à ses convois, calculant qu'une fois sur le 
territoire ennemi, s'il était vaincu, il n'aurait plus 
besoin de cet attirail nécessaire, et que, s'il était le 
maître de la campagne, il ne marKjuerait pas d'être 
approvisionné utilement. Derrière les troupes susdites, 
il mit les Celtes, et après tous les autres, sa cavalerie. 

l. Au printemps de l'an de Rome 535, av. J.-C. 217. 



83β ΠΟΛΥΒΙΟΤ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

λητήν δέ της ούραγίας τ6ν άδελφον άπέλιπε Μάγωνα^ των 
τε λοιπών χάριν και [χάλιστα της των Κελτών (Μαλακίας 

και φυγοπονιας, ιν' εάν κακοπαθουντες τρέπο^νται πάλιν 
εις τούπίσω, κωλύη δια τών ιππέων και προσφέρη τάς 
χείρας αυτοις. Οι [Jiàv ουν Ίβηρες και Λίβυες δι' ακεραίων 
τών ελών ποιούμενοι τήν πορειαν μετρίως κακοπαθοϋντες 
ήνυον, ως αν και φερέκακοι πάντες οντες και συνήθεις ταις 
τοιαύταις ταλαιπωρίαις. (Cas., ρ. 231.) Οι δέ Κελτοι 
δυσχερώς μεν εις τούμπροσθεν προύβαινον, τεταραγμένων ^ 
και διαπεπατη μένων εις βάθος τών ελών, έπιπ($νως δέ καΐ 
ταλαιπώρως ύπέμενον τήν κακοπάθειαν, άπειροι πάσης της 
τοιαύτης οντες κακουχίας. Έκωλύοντο δε πάλιν άπονεύειν 
εις τούπίσω δια τους έφεστώτας αύτοις ιππείς. Πάντες μεν 
ουν έκακοπάθουν , καΐ μάλιστα δια τήν άγρυπνίαν , ως αν 
έξης ημέρας τέτταρας και τρεις νύκτας συνεχώς δι' ύδατος 
ποιούμενοι τήν πορείαν • διαφεροντως γε μήν έπ(^νουν και 
κατεφθείροντο υπέρ τους άλλους οι Κελτοί. 



LXXXII Ό γε μήν 'Αννίβας άμα μεν εις τοι>μ- 

προσθεν ως προς τήν Ρώμην προήει δια της Τυρρηνίας, 
εύώνυμον μέν π(^λιν έχων τήν προσαγορευομένην Κυρτώ- 
νιον και τα ταύτης ορη, δεξιαν^ δέ τήν Ταρσιμένην^ 



1. Vatic. Μάρωνα. 

2. Aug. διατεταραγμένων. 

3. Schweigh., δεξιά; mais il propose δεξιάν ou ένδεξια. 

4. Sic tous les anciens mss., à l'exception des Reg. B. G. qui ont 
Θρασιμένην , leçon adoptée par Gasaubon. — Pour les variantes de 
ce nom, v. notre t. I, p. 200. Les Latins écrivent généralement 
Trasimenus (Cic, De Divin., 11, 8 et alib. T.-Liv., XXll, 4, etc. Corn. 
Nepos, Annib., IV, Flor., II, vi, 13, etc.), Quintil., 1, ν : Et Tharso- 
menum pro Thrasumeno multi auctores , etiam si est in eo trans- 
mutatio, vindicaverunt. 



POLYBE, LIV. III. ANNIBAL ET LES CELTES. 237 

Il laissa à son frère Magon le soin de Γ arrière-garde , 
pour plusieurs raisons, et surtout à cause de la mol- 
lesse des Celtes et de leur répugnance pour la fatigue. 
Au cas où, ayant trop de mal, ils retourneraient en 
arrière , Magon , avec ses cavaliers , devait les arrêter 
et même employer contre eux la violence. Les Ibères 
et les Libyes, qui firent route par ces marais encore 
intacts, passèrent sans trop de mal; c'étaient tous 
d'ailleurs des hommes durs au mal et accoutumés à de 
pareilles misères. Les Celtes avançaient difficilement 
dans ces terrains marécageux délayés, foulés à une 
grande profondeur. C'était une peine pour eux, une 
vraie misère d'endurer tant de maux, n'ayant aucune 
habitude d'être aussi maltraités. Or, ils ne pouvaient 
reculer ; la cavalerie qui venait après eux les en em- 
pêchait. Toute l'armée souffrait de ces maux, et sur- 
tout du manque de sommeil, marchant dans l'eau 
quatre jours et trois nuits de suite sans discontinuer. 
Ceux pour qui la fatigue fut la plus grande et qui y 
périrent plus que tous les autres, ce furent les Celtes. 
LXXXII Annibas, cependant, avançait tou- 
jours et marchait vers Rome à travers la Tyrrhènie , 
ayant à gauche la ville dite de Kyrtonium^ et ses 
montagnes, à droite le lac appelé Tarsiménè, et, tout 



l. 11 faudrait peut-être écrire Gurtonium, car il n'est pas prouvé 
que Vu chez les Latins se prononçât partout ou; si Polybe avait 
entendu nommer cette ville Gourtonium, il est probable qu'il aurait 
écrit Κουρτώνιον. Mais peut-être l'upsilon ne se prononçait-il pas 
toujours comme notre y. — Cette ville est appelée chez les auteurs 
latins Cortona, auj. Gortone; la forme adoptée par Polybe (Etienne 
de Byz. Κυρτώνιος) est vraisemblablement altérée. Ptolémée, III, i, 
48, copie exactement l'orthographe latine Κόρτωνα. 



ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

καλου[Λένην λί[Λνην * άμα δέ προάγων έπυριιόλει καΐ 
κατέφθεφε την χώραν, βουλεμένος έκκαλέσασθαι τον 
θυμόν των ύπεναντίων. ΈπεΙ δέ τον Φλαμίνιον ήδη 

συνάπτοντα καθεώρα, τότζους δ' ευφυείς συνεθεώρησε προς 
τήν χρε(αν, έγίγνετο προς το δί.ακινδυνεύειν. 

LXXXIII. (Cas., ρ. ^34.) "Οντος δέ κατά τήν δ{οδον 
αύλώνος επιπέδου, τούτου δέ παρά μέν τάς εις μήκος 
πλευράς έκατέρας βουνούς ίγοντος υψηλούς καΐ συνέχεις, 
παρά δέ τάς εις πλάτος κατά μέν τήν αντικρύ λ($φον 
έπικε(μενον έρυμνόν και δύσβατον, κατά δέ τήν απ* ούρας 
λίμνην τελέως στενήν άπολεέπουσαν πάροδον ώς εις τόν 
αύλώνα παρά τήν παρώρειαν, διελθών τον αύλώνα παρά 
τήν λέμνην, τον μέν κατά πρόσωπον της πορείας λ($φον 
αυτός κατελάβετο, και τους Ίβηρας και τους Λίβυας έχων 
έπ' αύτου κατεστρατοπέδευσε, τους δέ Βαλιαρεϊς και λογ- 
χοφ($ρους κατά τήν πρωτοπορειαν έκπεριάγων ύπο τους εν 
δεξιά βουνούς των παρά τον αύλώνα κειμένων , έπι πολύ 
παρατείνας ύπέστειλε, τους δ' ιππείς και τους Κελτούς 
όμο(ως των ευωνύμων βουνών κύκλω περιαγαγών παρε- 
ξέτεινε συνέχεις , ώστε τους έσχατους είναι κατά ταύτην 
τήν είσο^ο"^ τήν παρά τε τήν λιμνην και τάς παρωρε(ας 
φέρουσαν ζΐς τόν προειρημένον τ^πον. 



Ό μέν ουν 'Αννίβας, ταύτα προκατασκευασάμενος της 
νυκτός και περιειληφώς τον αύλώνα ταις ένέδραις, τήν 
ήσυχιαν είχεν. Ό δέ Φλαμίνιος ειπετο κατόπιν, σπεύδων 
συνάψαι τοις πολεμ(οις^ • κατεστρατοπεδευκώς δέ τή προ- 
τεραία^ προς αύτη τη λίμνη τελέως οψέ της ώρας , μετά 



1. VatiC, των πολεμίων. 

2. Les mss. Vatic, Flor., August., Reg. Α., προτέρί^. 



POLYBE, LIV. m. BATAILLE DU TRASIMÈNE. 239 

en poussant en avant, il brûlait et ruinait le pays, 
dans l'intention de provoquer la colère des ennemis. 
Mais, lorsqu'il vit que déjà Flaminius approchait et 
qu'il eut observé les positions avantageuses pour lui, 
il fut tout à la pensée de livrer une bataille. 

LXXXIII. Il y avait sur sa route une vallée plane, 
ayant sur chacun de ses côtés, dans le sens de la lon- 
gueur, des coteaux élevés et continus ; sur sa largeur, 
en face, et la dominant, une colhne bien défendue et 
d'un difficile accès; au fond, par derrière, le lac ne 
laissant qu'un passage tout à fait étroit vers la vallée, 
près des premiers gradins de la montagne ^ Annibas, 
traversant la vallée près du lac, s'empara de la colline 
au-devant de laquelle il marchait, et, ayant avec lui 
les Ibères et les Libyes, il s'y campa; les Baliares et 
les piquiers, il les mena par un détour, comme avant- 
garde, derrière ceux des coteaux qui bordaient la 
vallée à droite, et les dissimula sur une grande éten- 
due; la cavalerie et les Celtes, par un pareil circuit, 
furent menés derrière les coteaux à gauche et déployés 
en ligne continue, de façon que les derniers se trou- 
vassent juste à l'entrée conduisant le long du lac et 
des premières pentes des monts vers le lieu ci-dessus 
décrit. 

Annibas donc , après avoir fait , la nuit , ses prépa- 
ratifs, et entouré la vallée d'embuscades, se tint coi. 
Flaminius suivait par derrière , ayant hâte de joindre 
les ennemis. Il campa le premier jour, parce qu'il était 
très tard, sur le lac même : ensuite, le jour venu, il 

1. Tite-Live, XXII, iv : loca insidiis nata, ubi maxime montes 

Cortonenses Trasimenus subit; via tantum interest perangusta 

deindc paullo latior patescit campus, indc colles assurgunt 



240 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

ταύτα της ή[λέρας έ7Γΐγενο[Λένης , ευθέως ύπο την έωθινήν 
ήγε τήν πρωτοπορειαν παρά τήν λ(ρ.νην εις τον ύφ:οκεί[Λε- 
νον αύλώνα, βουλ($μενος έξάτττεσθαί των τΐολεμ,ίων. 

LXXXIV. Ούσης δέ της ή[^.έρας δ(χιχλώδους διαφε- 
ρ($ντως , Άνν(βας ά(/.α τω το πλείστον (/.έρος της πορείας 
εις τον αύλώνα προσδέξασθαι καΐ συνάπτειν προς αυτόν 
ήδη τήν των εναντίων πρωτοπορείαν , άποδούς τα συνθή- 
ματα καΐ διαπεμψά[Λενος προς τους έν ταΐς ένέδραις, 
συνεπεχείρει πανταχόθεν ά|Λα τοις πολεμίοις. 01 δέ περί 
τον Φλαι^ίνιον, παραδόξου γενομένης αύτοΐς της επιφα- 
νείας, ετι δέ δυσσυνόπτου της κατά τον αέρα περιστάσεως 
ύπαρχούσης, και των πολεμίων κατά πολλούς τόπους εξ 
ύπερδεξίου καταφερομένων και προσπιπτόντων, ούχ οίον 
παραβοηθείν έδύναντο προς τι των δεομένων οι ταξίαρχοι 
και χιλίαρχοι των Ρωμαίων, αλλ' ουδέ συννοήσαι το 
γιγνόμενον. "Αμα γαρ οι μέν κατά πρόσωπον, οι δ' απ' 
θύρας, οι δ' εκ των πλαγίων (Cas., ρ. 235.) αύτοϊς 
προσέπιπτον. Διό και συνέβη τους πλείστους έν αύτω τφ 
της πορείας σχήματι κατακοπήναι, μή δυναμένους αύτοΐς 
βοηθειν, άλλ' ως άν ει προδεδομένους ύπό της του προεσ- 
τώτος ακρισίας. "Ετι γαρ διαβουλευόμενοι τί δει πράττειν 
άπώλλυντο παραδόξως. Έν φ καιρώ και τον Φλαμίνιον 
αυτόν δυσχρηστούμενον και περικακούντα τοις ολοις προσ- 
πεσόντες τινές των Κελτών άπέκτειναν. "Επεσον οΰν τών 
Ρωμαίων κατά τον αύλώνα σχεδόν εις ΐί,υρίους και πεντα- 
κισχιλίους , ούτ' εϊκειν τοις παρουσιν ούτε πράττειν ουδέν 
δυνάμενοι , τούτο δ' εκ τών έθισμών ^ αυτό περί πλείστου 
ποιούμενοι, τό μή φεύγειν μηδέ λείπειν τάς τάζεις. Οι δέ 



1. Vulg. ειθισμών, Corrigé par Schweigh. qui propose également 
είθισμένων. ι 



POLYBE, LIV. ΠΙ. BATAILLE DU TRASIMÈNE. 2141 

conduisit tout de suite, dès l'aurore, son avant-garde 
le long du lac, dans la vallée en question, avec la 
volonté d'attaquer Γ ennemi. 

LXXXIV. La journée était excessivement brumeuse^; 
Annibas, après avoir attendu que la plus grande partie 
des troupes en marche fussent dans le vallon, comme 
déjà l'avant-garde des adversaires arrivait jusqu'à lui, 
renvoie les mots d'ordre, les fait passer à ceux qui 
sont dans les embuscades et attaque de tous les côtés 
à la fois les ennemis. Les officiers de Flaminius, 
devant cette apparition inattendue, dans cet état de 
l'atmosphère où l'on voyait à peine, tandis que les 
ennemis sur plusieurs points descendaient des hau- 
teurs et tombaient sur eux; ces officiers des Romains, 
taxiarques et chiliarques% ne pouvaient pas non seu- 
lement porter secours où il en était besoin, mais 
comprendre ce qui se passait : en face, en queue, sur 
les flancs, partout on tombait sur eux en même temps. 
Aussi arriva-t-il que la plupart furent massacrés dans 
leur position de marche, ne pouvant s'aider eux- 
mêmes et pour ainsi dire livrés d'avance par l'impru- 
dence de leur chef. Tandis qu'ils délibéraient sur ce 
qu'il fallait faire, ils étaient massacrés sans savoir 
comment. Sur ce point, Flaminius, la tête perdue, 
écrasé par son malheur, fut assailli par quelques Celtes 
qui le tuèrent. Ainsi tombèrent dans ce vallon près de 
quinze mille Romains qui ne purent ni reculer ni agir 
et, suivant leurs maximes, mirent au-dessus de tout 
le devoir de ne pas fuir, de ne pas quitter leurs rangs. 

1. Bataille du lac Trasimène, an de Rome 537, av. J.-C. 217. — 
Gomp. Tite-Live, XXII, iv-vi. 

2. Centurions et tribuns, chefs de rangs ot chefs de cohortes. 

II IG 



242 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

κατά πορε(θίν^ [χεταξύ της λί[Λνης και της 'ΐΐαρωρε{ας έν 
τοις στενοις συγκλεισθέντες, αισχρώς, ετι δε [Λαλλον 
ταλαιπώρως διεφΟε(ροντο. 2υνωθού|Λενοι γαρ εις τήν λ([Λ- 
νην, οι μ,έν, δια τήν παράστασιν της διανοίας δρμώντες 
έπΙ τό νήχεσθαι συν τοις δπλοις άπεπνίγοντο, το δε πολύ 
πλήθος μέχρι [χέν του δυνατού προβαΐνον εις τήν λιρινην 
έμενε τάς κεφάλας αυτάς υπέρ το ύγρόν ύπερίσχον • επι- 
γενομένων δέ των ιππέων, και προδήλου γενομένης άπω- 
λε(ας, έξα(ροντες τας χείρας, και δε^μενοι ζωγρειν, και 
πασαν προϊέμενοι φωνήν, το τελευταιον, οι μεν υπο των 
πολεμίων, τινές δέ παρακαλέσαντες αυτούς ^ διεφθάρησαν. 
Έξακισχίλιοι δ' ι'σως των κατά τον αύλώνα τους κατά 
πρόσωπον νικήσαντες, παραβοηθεϊν μέν τοις ιδίοις^ και 
περιίστασθαι τους ύπεναντ(ους ήδυνάτουν, δια το μηδέν 
συνοραν των γιγνομένων, καίπερ μεγάλην δυνάμενοι προς 
τα ολα παρέχεσθαι χρειαν • άει δέ του προσθεν ορεγομενοι, 
προήγον, πεπεισμένοι συμπεσεϊσΟαί τισιν, εως ελαθον 
έκπεσ(^ντες προς τους ύπερδεξέους τόπους. Γενόμενοι δέ 
έπι των οίκρων, και της ομίχλης ήδη πεπτωκυ(ας, συνέντες 
τα yz-'pvbç ατύχημα, και ποιειν ουδέν οντες δυνατοί ετι, 
δια το τοις ολοις έπικρατεΐν και πάντα προκατέχειν ήδη 
τους πολεμίους, συστραφέντες άπεχ^ώρησαν εις τίνα κώμη ν 
Τυρρηνίδα. Μετά δέ τήν μάχην, άποσταλέντος ύπο του 
στρατηγού μετά των Ιβήρων και λογχρφόρ(ον Μαάρβα, 
και περιστρατοπεδεύσαντος τήν κώμην, ποικίλης αύτοις 
(Cas., ρ. 236.) απορίας περιεστώσης, αποθεμένοι τα 



,1. Tous les mss. κατ' άπορίαν, correct. de Casaubon. 

2. αυτούς dans tous les mss. , changé en αυτούς par Casaubon , 
d'après Orsini. Schweigh. avait gardé αυτούς; il ajoute par conjec- 
ture υπ' αυτών devant διεφθάρησαν. 

3. Sic les mss. Vat., Flor., Ursin., Aug., Reg. Α., Schweigh., 
Casaub., etc., οίκείοις. 



POLYBE, LIV. III. BATAILLE DU TRASIMÈNE. ^4-3 

Quant à ceux qui, durant cette marche, furent enfer- 
més dans l'étroit passage entre le lac et les abords 
de la montagne, ils furent anéantis d'une façon 
honteuse et plus misérable encore. Poussés dans le 
lac, les uns, l'esprit égaré, se jetant à la nage avec 
leurs armes, y furent asphyxiés ; les autres, et c'était 
le plus grand nombre, s'avançant autant que possible 
dans le lac, y demeurèrent en tenant leur tète seule 
au-dessus de l'eau. Mais la cavalerie étant survenue, 
et leur perte paraissant certaine, ils levaient les mains 
et priaient qu'on les prît vivants : ils avaient poussé 
tous les cris, lorsque finalement ils furent tués par les 
ennemis ou bien se tuèrent eux-mêmes en s' excitant 
les uns les autres [à faire ainsi]. Six mille peut-être 
de ceux qui étaient entrés dans le vallon, ayant vaincu 
les adversaires qu'ils avaient devant eux, furent dans 
l'impuissance de secourir les autres et de cerner les 
adversaires, parce qu'ils ne voyaient rien de ce qui 
se passait; et pourtant ils pouvaient jouer un grand 
rôle dans toute cette affaire. Se portant toujours en 
avant, ils poussèrent tout droit, persuadés qu'ils ren- 
contreraient bien quelques-uns [de leurs ennemis], 
tant et si bien qu'à leur insu, ils sortirent du vallon 
par les hauteurs. Arrivés sur les sommets et la brume 
étant tombée, ils reconnurent toute l'étendue du 
désastre. Mais, comme ils se trouvaient dans l'impuis- 
sance de rien faire parce que l'ennemi, partout le 
maître, tenait toutes les positions, ils se retirèrent en 
colonne serrée dans une bourgade de la Tyrrhènic. 
Après la bataille, Maarbas, envoyé par le général avec 
les Ibères et les piquiers, investit cette bourgade où 
ces braves, assaillis par toutes sortes de misères, 



244 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

δπλα, παρέδοσαν αυτούς ύποσπ^νδους, ώς τευξ^μενοι της 
σωτηρίας. Τα (Λεν ουν περί τον όλον κένδυνον τάν γενό- 
[Λενον εν Τυρρηνια Ρωμσ,ίοις και Καρχηδονιοις τούτον 
έπετελέσθη τον τρόπον. 

LXXXV. 'Αννίβας δέ, προς αύτον έπαναχΟέντων τών 
ύποσπ($νδων, ομοίως δέ καΐ τών άλλων αιχ[Λαλ(6των, συνα- 
γαγών πάντας, οντάς πλείους τών μυρίων και πεντακισχι- 
λίων, πρώτον μεν διεσάφησεν δτι Μαάρβας ουκ εϊη κύριος 
άνευ της αύτου γνώμης διδούς τήν άσφάλειαν τοις ύποσπ^ν- 
δοις, μετά δέ ταύτα κατηγορίαν^ έποιήσατο Ρωμαίων. Λήξας 
δέ τούτων, όσοι μέν ήσαν Ρωμαίοι τών έαλωκ(5των, διέ- 
δωκεν^ εις φυλακήν έπι τα τάγματα, τους δέ συμμάχους 
απέλυσε χωρίς λύτρων απαντάς εις τήν οίκείαν, έπιφθεγ- 
ξάμενος τον αύτον, δν και πρ6σθεν, λ^γον δ'τι πάρεστι 
πολεμήσων ουκ Ίταλιώταις, άλλα Ρωμαίοις υπέρ της 
Ίταλιωτών ελευθερίας. Τήν δ' εαυτού δύναμιν ανελάμ- 
βανε, και τών νεκρών τών εκ της σφετέρας δυνάμεως τους 
επιφανέστατους εθαψεν, οντάς εις τριάκοντα τον άριθμδν • 
οι μέν γαρ πάντες εις χιλίους και πεντακοσίους έπεσον, 
ών ήσαν οι πλείους Κελτοί 



LXXXVI. (Cas., ρ. 237.) Κατά δέ τους της μάχης 

καιρούς Γνάιος 2ερουίλιος ό προκαθήμενος ύπατος έπι τών 
κατ' Άρίμινον τ^πων, ούτοι δ' εισιν έπι της παρά τον 
Άδρίαν πλευράς, ού συνάπτει τα Γαλατικά πεδία προς τήν 
άλλην Ίταλίαν, ού μακράν της εις θάλατταν εκβολής 
τών του Πάδου στομάτων, άκουσας εισβεβληκδτα τάν 



1. Fior., κατηγορίας. 

1. Les éditt. d'après le Bavar. 'έδωκεν. Tous les autres mss. ont 
διώκειν, d'où Reiske et Schweighaeuser ont tiré la véritable leçon. 



POLYBE, LIV. III. SUITES DE LA BATAILLE. 245 

mirent bas les armes et se rendirent aux termes d'une 
convention qui leur assurait la vie. Telle fut la fin du 
combat que se livrèrent en Tyrrhènie les Romains et 
les Carchèdonies. 

LXXXV. Annibas, quand on lui eut amené ces 
soldats protégés par une convention , et pareillement 
les autres prisonniers, les réunit tous, — ils étaient 
plus de quinze mille, — et d'abord il déclara que 
Maarbas n'avait pas le droit de faire , sans son aveu , 
une convention garantissant la vie sauve ; ensuite , il 
récrimina contre les Romains; enfin, laissant cela, il 
mit à part tous ceux des captifs qui étaient Romains 
et les distribua , pour y être gardés , dans ses diffé- 
rents corps. Les alliés, au contraire, il les renvoya 
tous sans rançon dans leur pays, répétant bien haut 
ce qu'il avait déjà dit, qu'il était venu pour faire la 
guerre non pas aux Italiôtes, mais aux Romains pour 
la liberté de l'Italie. Il donna ensuite du repos à son 
armée, et fit les funérailles de ses morts les plus 
illustres, lesquels étaient au nombre de trois cents 
environ ^ En tout, il lui était resté sur le terrain envi- 
ron quinze cents hommes. Celtes pour la plupart....^. 

LXXXVI. Vers le temps de la bataille, Gnseus Ser- 
vilius, le consul qui avait été chargé de garder le pays 
d'Ariminum, c'est-à-dire le littoral de l'Adrias, à 
l'endroit où les plaines Galatiques se rattachent au 
reste de l'Italie, non loin de l'embouchure du Pade 
dans la mer, Servilius, ayant appris qu' Annibas s'était 

1. Goiup. Tite-Live, XXII, vu; Appien, Guerre d'Annib., VI. 

2. Cette fois les Carthaginois firent au moins semblant de recon- 
naître les services des Gaulois; ils leur abandonnèrent le butin do 
cette bataille « pour les flatter par l'appât du gain ». Appien, ibid. 
V. notre tome 111. 



2146 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

Άνν(βαν ύς Τυρρηνιαν άντιστρατοπεδεύειν τω Φλα[Λΐν{(ρ, 

έπεβάλετο [Λεν πάσι τοις στρατόπεδο ις αύτος^ συνάιχτειν 

LXXXVII. (Cas., ρ. 2i38.) Έν φ καφω καταστρατο- 
πεδεύσας παρά τον Άδριαν εν )(,ώρα προς πάντα τα γεννή- 
(χατα διαφερούση [χεγάλην έποιεΐτο σπουδήν υπέρ της 
αναλήψεως και θεραπείας των ανδρών, ούχ ήττον δε και 
των ίππων. Ώςάν γαρ υπαίθρου της παραχειριασ^ας 
γεγενη[Λένης εν τοις κατά Γαλατίαν τ^ποις υπό τε του 
ψύχους καΐ της άν7|λειψιας , έτι δέ της ^ μ,ετα ταύτα δια 
των ελών πορείας και ταλαιπωρίας, έπεγεγόνει σχεδόν 
άπασι τοις ιπποις, ό[Λ0ΐως δέ και τοις άνδράσιν ό λεγό- 
μενος λΐ[ΛΟψωρος και τοιαύτη καχεξία. Διό γενόμενος 
εγκρατής χώρας εύδαιμονος έσωματοποίησε μέν τους 
ίππους, άνεκτήσατο δέ τά τε σώματα και τας ψυχας τών 
στρατιωτών^ 

LXXXVIII. (Cas., ρ. ^39.) 'Αννίβας δέ κατά βραχύ 
μεταθεις τήν παρεμβολή ν, ένδιέτριβε τή παρά τον Άδριαν 
χώρα, καΐ τους μέν ίππους έκλούων τοις παλαιοΐς οΐ'νοις, 
δια το πλήθος, έξεθεράπευσε τήν καχεξίαν αυτών και τήν 
ψώραν • παραπλησίως δέ και τών ανδρών τους μέν τραυ- 
ματίας έξυγιασε, τους δέ λοιπούς εύέκτας παρεσκεύασε 
και πρόθυμους εις τάς έπιφερομένας χρείας 



XGIII. (Cas., ρ. ^44.) Κατά δέ τόν καιρόν τουτο"^ 



1. Reiske αύτώ ou αύτοΐς. 

2. Casaub., Schweigh., Didot, ajoutent εν τοΤς qui, comme le 
remarque Schweig., manque dans les mss. Bav., Aug., Reg. A. 

3. Sic le Vatic, le Flor., l'August. et le Reg. Α., les autres άνδρων, 
donné par Casaub., Schweigh., etc. 



POLYBE, LIV. m. ANNIBAL REFAIT SON ARMÉE. 2147 

jeté dans la Tyrrhènie et qu'il était campé en face de 
Flaminius, se mit en tête de rejoindre son collègue 
avec toutes ses légions 

LX XXVII. En ce moment, campé près de l'Adrias, 
dans une contrée excellente en toutes sortes de pro- 
ductions, il (Annibas) usa d'une grande diligence pour 
mettre ses hommes à même de se refaire, de se bien 
soigner, et il ne s'occupa pas moins des chevaux. 
L'hivernage s'était fait en plein air en différents 
endroits de la Galatie^ dans la froidure, dans la mal- 
propreté, et, après cela, il y avait eu la marche à travers 
les marais et ses misères. Il en était résulté pour pres- 
que tous les chevaux et pareillement pour les hommes 
la maladie appelée limopsore^ , et un dépérissement 
général du même genre. Aussi, devenu maître d'une 
contrée fertile, il redonna du corps à ses chevaux, et 
remonta les corps et les âmes chez ses soldats 

LXXXVIII. Annibas, après avoir quelque peu 
déplacé son camp, prolongea son séjour dans la 
contrée qui avoisine l'Adrias, et, lavant ses chevaux 
avec des vins vieux, parce qu'il y en avait en quantité, 
il les tira de leur état de dépérissement, et les débar- 
rassa de la gale. 11 guérit de même ceux de ses 
hommes qui étaient blessés et rendit les autres vigou- 
reux, pleins de cœur en vue des nécessités immi- 
nentes 

XCIII. En ce moment, Annibas lui-même, reprenant 

1. Gaule Cisalpine. 

2. Littéralement gale de la faim, c'est-à-dire résultant d'une 
nourriture insuffisante ou malsaine. — Gomp. Tite-Live, XXII, ix, 
Appien, ibid. — Aucun historien ne donne autant de détails que 
Polybe sur la bataille du lac ïrasimène et sur les faits qui l'ont 
suivie. 



2|48 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

αύτος avfxkoL^MV πρώτα [Λεν τα βαρέα των οπλών , έπΙ δε 

τούτοις τους ιππείς , εξής δε τήν λειαν , έπΙ δε πασι τους 
"Ιβηρας και Κελτούς, ήκε προς τα στενά καΐ τάς διεκ- 
βολάς. 

XCV. (Cas., ρ. 246.) (Γνάιος) κατήρε δευτε- 

ραΐος εκ Ταρράκωνος εις τους περί τον "Ιβηρα ποτα[ΛΟν 
τόπους. Καθορ(Λΐσθεις δε των πολεμίων εν άποστή[Λατι 
περί τους ογδοήκοντα σταδίους, προαπέστειλε κατασκεψο- 
[Λενας^ δύο ναυς ταχυπλοούσας Μασσαλιητικάς^ • καΐ γαρ 
προκαθηγουντο και προεκινδύνευον ούτοι και πασαν άπο- 
τόι^ως σφίσι παρειχοντο τήν j^^doLV. Ευγενώς γάρ, ει καί 
τίνες έτεροι, κεκοινωνήκασι Ρω[Λαέοις πραγ{Λάτων και 
Μασσαλιήται, πολλάκις (χέν και [Λετα ταύτα, [χάλιστα δέ 
κατά τον Άννιβαϊκον π6λε|^.ον. Διασαφούντων δέ τών έπι 
τήν κατασκοπήν έκπεαφθέντων δτι περί το στό[Λα του 
ποταρ,ου συ(Λβα(νει τον τών ύπεναντ(ων δρ|χεΐν στ(>λον, 
άνήγετο κατά σπουδήν, βουλ6[χενος άφνω προσπεσειν τοις 
πολεμίοις 

CVI. (Cas., ρ. 256.) Αύτοι δέ (οι συγκλητικοί) 

Λεύκιον [/.έν Ποστού(χιον , έξαπέλεκυν οντά στρατηγών, 
στρατοπεδον δ($ντες, εις Γαλατίαν έξαπέστειλαν, βουλομε- 
νοι ποίίϊν άντιπερ{σπασ[Λα τοις Κελτοις τοις [Λετ' Άνν(βου 
στρατευομένοις^. 



1. VatiC. κατασκεψύ μένος. 

2. Sic le Vatic. Toutes les éditt. Μασσαλιωτικάς, d'après les autres 
mss. 

3. Tite-Live, XXII, xxxv, dit simplement : Additi duo praetores, 
M. Glaudius Marcellus in Siciliam, L. Postumius Albinus in Gdliam. 
Il ne faut pas oublier que les Romains occupaient encore une 
partie de ce pays; l'année précédente, an de R. 535, av. J.-G. 217, le 
consul Luc. Servilius était encore en Gaule, qui tum procul in Gallia 
provincia aberat. Tit.-Liv., ib., xxxi. 



POLYBE, LIV. III. LES MARSEILLAIS ALLIÉS DE ROME. 2!49 

ses troupes pesamment armées et mettant après elles 
sa cavalerie, à la suite le butin, et tout à fait derrière 
les Ibères et les Celtes, marcha vers les défilés et 
leurs issues'. 

XCV (Gnseus) arriva en deux jours de Tarra- 

cône aux environs du fleuve Iber. Ayant mouillé à la 
distance d'environ quatre-vingts stades des ennemis , 
il envoya à la découverte deux navires bons voiliers 
de la marine massaliète. Ces Massaliètes marchaient 
en avant [de la flotte] , étaient les premiers au danger 
et rendaient absolument toute espèce de services. Et, 
en effet, les Massaliètes se distinguèrent entre tous par 
leur générosité à partager la fortune des Romains, 
maintes fois dans la suite, mais surtout dans la guerre 
d'Annibas^. Ceux qui avaient été envoyés à la décou- 
verte signalant ce fait, que la flotte des adversaires 
était mouillée vers l'embouchure du fleuve, [Gnseus] 
leva l'ancre en toute hâte, voulant tomber soudain sur 
les ennemis 

CVI Eux-mêmes (les sénateurs) donnèrent 

une légion à Leucius Postumius, général à six haches, 
et l'envoyèrent en Galatie-^, dans l'intention d'exercer 
une attraction en sens contraire sur l'esprit des Celtes 
au service d'Annibas. 



1. Il cherchait à sortir, malgré Fabius, par les défilés de l'Eri- 
ban, de la Campanie qu'il avait pillée, pour aller mettre, durant 
l'hiver, son butin en sûreté; il s'échappa en effet du côté de 

Falerne, εκ τοΟ Φαλέρνου ποιητάμενος την εξοδον. Polyb., ibid., XGIV. 

2. Littéralement Annibaïque. 

3. Gaule Cisalpine. — Au moment où la lutte va devenir déci- 
sive, car Annibal menace Rome, le sénat décrète l'envoi d'une 
armée dans la Cisalpine : il voulait, par cette diversion, détacher 
des Carthaginois les troupes gauloises et les ramener dans leur 
pays qui pouvait avoir à craindre de nouveaux ravages. 



250 ΠΟΛΤΒΙΟΤ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

CXI1I. (Cas., ρ. 263.) 'Αννίβας δε κατά τον 

αυτόν καφόν τους [Λεν Βαλιαρεις και λογχοφορους διαβι- 
βάσας τον τιοτα[/.ον προεβάλετο της δυνά[Λεως, τους δε 
λοιπούς έξαγαγών εκ του χάρακος και περαιώσας κατά 
διττούς τ($πους το ρεϊθρον, άντετάττετο τοις πολε(;ιίοις. 
Έτιθει δε έπ' αύτον [Λεν τον ποταμον, έπι των ευωνύμων, 
τους "Ιβηρας και Κελτούς ίππείζ άντίους τοις των Ρωμιαίων 
ιππευσι , συνέχεις δε τούτοις πεζούς, τους ή[Λ{σεις των εν 
τοις βαρέσι καθοπλισι^οις Λιβύων, εξής δε τοις ειρη[χένοις 
"Ιβηρας και Κελτούς. Παρά δε τούτοις το λοιπόν [χέρος 
εθηκε των Λιβύων, έπι δε του δεξιού κέρως έπέταξε τους 
Νομ,αδικούς ίππεϊς. Έπει δε πάντ' έπι μίαν ευθείαν έξέ- 
τεινε, μετά ταύτα λαβών τα μέσα των 'Ιβήρων και Κελ- 
τών τάγματα προήγε, και τάλλα τούτοις έκ του κατά 
'kojov παρίστανε^ ζυγουντα, μηνοειδές ποιών το κύρτωμα 
και λεπτύνων το τούτων αυτών σχήμα, ^oiik6if.ivoç εφε- 
δρείας μεν τάξιν έν τή μάχη τους Λίβυας αυτών εχειν^, 
προκινδυνεύσαι δε τοις "Ιβηρσι και Κελτοϊς. 



GXIV. ^Ην δ' δ καθοπλισμος τών μεν Λιβύων Ρωμαϊ- 
κός, ους πάντας 'Αννίβας τοις έκ τής^ πρόγεγενημένης 
μάχης σκύλοις έκλέξας κατεκεκοσμήκει * τών δ' 'Ιβήρων 
και Κελτών δ μεν θυρεός ην παραπλήσιος, τα δε ξίφη τήν 
έναντίαν είχε διάθεσιν * τής μεν γαρ ουκ έΤ,αττον το 
κέντημα τής καταφοράς ϊσχυε προς τδ (ΐλάπτειν * ή δε 
Γαλατική μάχαιρα, μίαν είχε χρείαν τήν έκ καταφοράς, 



1. Conject. de Schweig. p. παρισταναι ou παριστάναι, leçon vulgate. 

2. Le Reg. B. a αύτώ, leçon pour laquelle Schweigh., après Reiske, 
exprime sa préférence. Le Bav. donne αύτον et, au-dessus de bv, ών. 

3. Τοις manque dans le Vatic. — Toutes les éditt. donnent εν τοις 
τής πρ. — Correction de L. Dindorf. 



POLYBE, LIV. m. BATAILLE DE CANNES. 251 

CXIIl Dans le même temps \ Annibas, ayant 

fait passer le fleuve aux Baliares et aux piquiers , les 
jeta en avant de Tarmée ; puis, ayant tiré du camp le 
reste de ses troupes, il leur fit également traverser la 
rivière sur deux points, et les rangea en face des 
ennemis. Il mit tout près du fleuve, à l'aile gauche, 
les cavaliers Ibères et Celtes, faisant face à la cavalerie 
romaine, et, joignant ceux-ci, l'infanterie; d'abord, la 
moitié des Libyes aux armes pesantes, puis, à la suite, 
les Ibères et les Celtes. Près d'eux il plaça le reste 
des Libyes et rangea à l'aile droite les cavaliers 
nomadiques^ Quand il eut ainsi déployé sur une seule 
ligne droite toutes ses forces, prenant ensuite avec 
lui les corps des Ibères et des Celtes qui étaient au 
centre, il les mena en avant, et plaça les autres de 
façon à les relier à ceux-là dans une juste proportion, 
en formant un croissant convexe aux rangs de plus 
en plus minces, parce qu'il voulait donner aux Libyes 
dans cette bataille le rôle d'une réserve et engager 
l'action avec les Ibères et les Celtes. 

CXIV. L'armement des Libyes était celui des 
Romains, Annibas les ayant équipés avec des armes 
choisies dans les dépouilles de la bataille précé- 
dente. Les Ibères et les Celtes avaient le bouclier 
semblable , mais les épées étaient d'une nature toute 
différente : l'une n'était pas moins propre à frapper 
d'estoc que de taille; l'autre, le sabre galatique, n'était 



1. C'est-à-dire pendant que les Romains se mettaient en bataille 
sur les bords de l'Aufide {Ofanto). — Il s'agit de la bataille de Cannes, 
an de Rome 536, av. J.-C. 216. 

2. Numides. 



252 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

(Cas., ρ. 264.) και ταύτην^ εξ αποστάσεως. 'Εναλλάξ 
δέ^ ταϊς σπεφαις αυτών ιιαρατεταγ(Λένων, καΐ των μεν 
Κελτών γυ|Λνών, τών δε 'Ιβήρων λινοΐς περιπορφύροις 
χιτων{σκοις κεκοσ[Λη[Λένων κατά τα τιάτρια, ξενίζουσαν 
ά|Λα και καταπληκτικήν συνέβαινε γίγνεσθαι τήν πρί^σοψιν. 
"^Ην δε το [χέν τών ιππικών πλήθος το σύμπαν τοις Καρ- 
χηδονίοις εις μυρίους, το δέ τών πεζών ου πολύ πλειους 
τετρακισμυρίων συν τοις Κελτοΐς. Είχε δε το μέν δεξιον 
τών Ρωμαίων Αιμίλιος, το δέ εύώνυμον Γάιος, τα δέ 
μέσα Μάρκος και Γνάιος, οι τω πρ^τερον ετει στρατη- 
γουντες. Τών δέ Καρχηδονίων το μέν εύώνυμον Άσπρου- 
βας είχε, το δέ δεξιον "Αννων * έπι δέ τοις μέσοις αύτος 
ην 'Αννίβας, έχων μεθ' εαυτού Μάγωνα τον αδελφό ν. 
Βλεπούσης δέ τής μέν τών Ρωμαίων τάξεως προς μεσημ- 
βρίαν, ως επάνω προειπα^, τής δέ τών Καρχηδονίο^ν προς 
τας άρκτους, έκατέροις αβλαβή συνέβαινε γίγνεσθαι τήν 
κατά τον ήλιον άνατολήν. 

CXV. Γενομένης δέ τής συμπλοκής τής πρώτης έκ 
τών προτεταγμένων , τας μέν αρχάς αυτών τών ευζώνων 
έπ' ϊσης ην δ κίνδυνος, άμα δέ τψ τους Ίβηρας και Κελ- 
τούς ιππείς άπο τών ευωνύμων πελάσαι τοις Ρωμαίοις, 
ίποΐουν ούτοι μάχην άληθινήν και βαρβαρικήν • ού γαρ 



1. VîUg. κατ' αυτήν τήν, correct, de Schweigh. qui propose aussi xat 
αυτήν τήν. — Polybe a donné précédemment de plus amples détails 
sur les armes des Gaulois et leur manière de s'en servir. V. supr. 
II, xxxvin, p. 106-107. Cf. Strabon, IV, iv, 3, p. 136-137 de notre 
tome 1; Diodore de Sicile, V, xxx, 3, qui ne fait guère que répéter 
Strabon (V. ci-après) ; Plutarq. , Camil., xl et xli, et Polyœn., Stratag., 
VIII, VII, 2, qui copie Plutarque, etc. 

2. La partie, δέ est une addition de Gasaubon. 

3. Chap. GXiii, au commencement : λαμβάνων (Varron) πασι τήν 
έπιφάνειαν τήν προς μεσεμβρίαν. , 



POLYBE, LIV. III. BATAILLE DE CANNES. 253 

utile que pour la taille, et encore lui fallait- il de 
l'espace'. Comme leurs manipules alternaient, que les 
Celtes étaient nus et les Ibères parés de tuniques de lin 
avec des bordures de pourpre, selon l'usage de leur 
pays, il résultait de cet ensemble un spectacle étrange 
et effrayant. — La cavalerie, du côté des Carchèdonies, 
montait en tout à dix mille hommes ; l'infanterie n'en 
comptait pas beaucoup plus de quarante mille avec les 
Celtes. A l'aile droite des Romains était iEmilius, à la 
gauche Gains % au centre Marcus et Gnseus, les consuls 
de l'année précédente. Du côté des Carchèdonies, As- 
drubas tenait l'aile gauche, Annon la droite ; au centre 
était Annibas lui-même, ayant avec lui Magon son frère. 
Le corps de bataille des Romains regardant au midi , 
comme je l'ai dit plus haut, celui des Carchèdonies vers 
les Ourses, il en résultait que ni les uns ni les autres 
n'avaient à souffrir du levant par rapport au soleil. 

CXV. L'action fut engagée d'abord par les avant- 
postes, et la lutte, dans le principe, ne fut qu'entre 
les armes légères. Mais, du moment que les cavaliers 
Ibères et Celtes de l'aile gauche s'approchèrent des 
Romains, ceux-ci livrèrent une bataille véritable, une 
bataille de barbares : la lutte , en effet , ne se fit plus 

1. Comp. supr., 11, xxxiii, p. 106-107. Ici Tite-Live, ibid., xlvi, 
traduit littéralement : Gallis Hispanisque scuta ejusdem formœ 
fere erant; dispares aut dissimiles giadii; Galiis praBlongi ac sine 
mucronibus : flispano, punctim magis, quam caesim, adsueto 
petere hostem, brevitate habiles et cum mucronibus. — « Ici Folart 
observe que, si les Gaulois avaient été bien armés, ils auraient été 
invincibles; il s'étonne que les Romains aient été par eux, dans 
de pareilles conditions, si souvent mis en déroute. C'est bien une 
preuve, dit-il, que les Gaulois l'emportaient sur eux en vaillance 
et en courage, et qu'ils n'auraient jamais été vaincus, s'ils avaient 
combattu à armes égales. » Note de D. Bouquet. 

2. G. Térentius Varron. 



254 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

ήν κατά ν(5[Λους εξ αναστροφής και [χεταβολής ό κίνδυνος, 
αλλ' εισάπαξ συ[Λπεσ($ντες έ|Λάχοντο αυι^πλεκόριενοι κατ' 
άνδρα, παρακαταβαίνοντες άτιο των ίππων. 'Επειδή δε 
έκράτησαν οί παρά των Καρχηδονίων, καΐ τους [χεν πλείσ- 
τους άπέκτειναν εν τή συ[Λπλοκή, πάντων έκθύ[Λως και 
γενναίως διαγωνιζθ[Λένων των Ρωμ,αίων, τους δε λοιπούς 
ήλαυνον παρά τον ποταμ,ον, φονεύοντες και προσφέροντες 
τάς χείρας απαραιτήτως • τότε δή τά πεζά στρατόπεδα 
διαδεξά[Λενα τους εύζώνους, συνέπεσεν άλλήλοις. ΈπΙ 
βραχύ [Λεν ούν των 'Ιβήρων και των Κελτών εμενον αι 
τάξεις και διεριάχοντο τοις Ρω[Λαίοις γενναίως • [χετά δέ 
ταύτα, τω βάρει θλιβ^μενοι, κλίνοντες ύπεχώρουν εις τού- 
πίσω, λύσαντες τον [Ληνίσκον. Αι δέ των Ρωμ,αίων σπειραι 
κατά τήν έκθυ[Λίαν έπ(5[Λεναι τούτοις διέκοψαν ραδίως τήν 
των ύπεναντίων τάξιν, άτε δή των μεν Κελτών έπι (Cas.', 
ρ. 2(65.) λεπτον έκτεταγ μένων , αύτοι δέ πεπυκνωκοτες 
από τών κεράτων έπι τα μέσα και τον κινδυνεύοντα 
τόπον ' où γαρ άμα συνέβαινε τα κέρατα και τά μέσα 
συμπίπτειν\ άλλα πρώτα τά μέσα, δια τό^ τους Κελτούς 
εν μηνοειδεϊ σχήματι τεταγμένους πολύ προπεπτωκέναι 
τών κεράτων, άτε του μηνίσκου το κύρτωμα προς τους 
πολεμίους ίγοντος. Πλην έπζ^μενοί γε τούτοις οι Ρωμαίοι 
και συντρέχοντες έπι τά μέσα και τον ει'κοντα τ($πον τών 
πολεμίων, ούτως έπι πολύ προέπεσον ώστ',έξ έκατέρου του 
μέρους κατά τάς εκ τών πλαγίων επιφανείας τους Λίβυας 
αυτών γενέσθαι τους έν τοις βαρέσι καθοπλισμοις^ • ών οΐ 
μέν άπο του δεξιού κέρατος κλίναντες έπ' ασπίδα και τήν 



1. Les éditt. d'après Je Bavar. συνάπτειν. 

2. Tb manque dans le Vatic. ; les éditt. le donnent. 

3. Tite-Live, XXI, xlvii : irruentibus que incaute in médium 

Romanis, (Afri) circumdedere alas : mox, cornua extendendo, 
clausere et ab tergo hostes, etc. 



POLYBE, LIV. ΠΙ. BATAILLE DE CANNES. 255 

suivant les règles, par une double conversion, de tour 
et retour; mais, une fois aux prises, ils combattirent 
corps à corps, descendant pour cela de leurs chevaux. 
Quand les [cavaliers] des Carchèdonies eurent l'avan- 
tage, et qu'en cette mêlée ils eurent tué la plus grande 
partie [de leurs ennemis] , malgré le courage et la 
bravoure que montraient tous les Romains , ils pour- 
suivirent le reste le long du fleuve, massacrant, frap- 
pant inexorablement. Alors les corps d'infanterie, rem- 
plaçant les soldats armés à la légère, se chargèrent à 
leur tour. Un moment les Ibères et les Celtes, gardant 
leurs rangs, combattirent en braves, mais ensuite, 
écrasés sous la masse pesante des Romains, ils flé- 
chirent, reculèrent, et le croissant fut rompu. Les 
manipules des Romains les poursuivirent d'un bel 
essor de courage, et coupèrent aisément les lignes de 
leurs adversaires, les rangs des Celtes ayant peu de 
profondeur , et eux , au contraire , s'étant masses des 
ailes sur le centre et vers le théâtre principal de 
l'action. Car la chose ne se fit pas [du côté des Car- 
chèdonies] de manière à engager simultanément leurs 
ailes et leur centre; le centre donna d'abord, parce 
que les Celtes, rangés en forme de croissant, dépas- 
saient de beaucoup les ailes, le croissant ayant sa 
convexité tournée vers les ennemis. Mais les Romains, 
dans cette poursuite, courant sur le centre et à l'endroit 
où l'ennemi cédait, poussèrent si avant que de part et 
d'autre ils eurent sur les flancs les gros bataillons des 
Libyes. Ceux de ces Libyes qui étaient à l'aile droite, 
ayant appuyé au bouclier^ coururent sur les ennemis 

\. C'est-à-dire à gauche. 



256 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Γ. 

έ[Λβολήν έκ δ($ρατοζ ποιού(Λενοι παρίσταντο παρά πλευράν 
τοις πολε[Λίοις , οι δ' άπο των ευωνύμων έπΙ δ^ρυ ποιού- 
μενοι τήν κλίσιν εξ άσπίδος έπιπαρενέβαλλον , αύτου του 
πράγματος δ δέον ην ποιεϊν ύποδεικνύντος. Έξ οδ συνέβη 
κατά τήν Άννέβου πρ^νοιαν μέσους άποληφθηναι τους 
Ρο:μα(ους υπο των Λιβύων κατά τήν έπι τους Κελτούς 
παράπτωσιν. Ούτοι μεν οΰν ούκέτι φαλαγγηδον, άλλα 
κατ' άνδρα και κατά σπείρας στρεφόμενοι προς τους έκ 
των πλαγίων προσπεπτωκοτας έποιουντο τήν μάχην^ 

CXVII. (Cas., ρ. 267.) Οι δε λοιποί πάντες, 

οντες εις επτά μυριάδας, άπέθανον ευγενώς, τήν μεγίστην 
χρείαν παρεσχημένου τοις Καρχηδονίοις εις το νικαν καΐ 
τότε και προ του του των ιππέων 6γ\ου. Και δήλον έγέ- 
νετο τοις έπιγενομένοις ότι κρεΐττόν έστι προς τους των 
πολέμων^ καιρούς ήμίσεις εχειν πεζούς, ίπποκρατειν δε 
τοις δλοις, μάλλον ή πάντα πάρισα τοις πολεμίοις έχοντα 
διακινδυνεύειν. Των δε μετ' Άννίβου Κελτοι μεν επεσον 
εις τετρακισγιλιους, "Ιβηρες δε και Λίβυες εις χιλίους καΐ 
πεντακόσιους, ιππείς δε περί διακόσιους. 



CXVIII. (Cas., ρ. 268.) ^Ώσπερ έπιμετρούσης 

και συνεπαγωνιζομένης τοις γεγον($σι της τύχης, συνέβη 



1. Hinc Romani, defuncti nequicquam praelio uno, omissis Gallis 
Hispanisque, quorum terga ceciderant, etiam adversus Afros inte- 
gram pugnam ineunt, non tantum eo iniquam, quod inclusi adver- 
sus circumfusos, sed etiam quod fessi cum recentibus et vegetis 
pugnabant. T.-Liv., ib. 

2. Le VatiC. πολεμίων, tOUS les autres πολέμων. 



POLYBE, LIV. III. BATAILLE DE CANNES. ^57 

du côté de la lance ^ et menacèrent leur flanc. Ceux 
de l'aile gauche, appuyant du côté de la lance % leur 
coururent sus vers le bouclier^. La situation elle- 
même indiquait ce qu'il fallait faire : il en résulta, 
conformément aux prévisions d'Annibas, que les 
Romains, dans leur écart à la poursuite des Celtes, 
furent enveloppés par les Libyes; dès lors, se mou- 
vant non plus par phalange, mais par homme et par 
manipules, ils combattirent ainsi contre les ennemis 
qui les chargeaient par les flancs. 

GXVII Tous les autres (Romains), environ 

sept myriades, moururent en braves; et ce qui con- 
tribua le plus à donner aux Carchèdonies la victoire , 
ce fut alors, comme auparavant, la masse de leur 
cavalerie^; et il devint clair désormais qu'il est pré- 
férable, pour faire la guerre dans de bonnes condi- 
tions, d'avoir moitié moins d'infanterie que les enne- 
mis, mais d'avoir des forces absolument supérieures 
en cavalerie, plutôt que d'entrer en lutte avec des 
troupes en tout pareilles. Du côté d'Annibas, il resta 
sur la place à peu près quatre mille Celtes, quinze 
cents Ibères et Libyes et environ deux cents hommes 
de la cavalerie ^ 

CXVIII Comme si la fortune voulait combler 

la mesure, et combattre aussi contre les vaincus, il 

1. C'est-à-dire à droite. — 2. A droite. — 3. A gauclie. 

4. 11 y avait des Gaulois dans cette cavalerie. V. plus haut, CXV, 
p. 252-253. 

5. Am. Thierry, Hist. des Gaulois, liv. III, chap. ii : « Des soixante 
mille Cisalpins qu'Annibal avait comptés autour de lui, après le 
combat de la Trébie, vingt-cinq mille seulement demeuraient; les 
batailles, les maladies, surtout la fatale traversée des marais de 
l'Étrurie, avaient absorbé tout le reste : car jusqu'alors ils avaient 
porté presque sans partage le poids de la guerre, » 

II 17 



^58 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Δ. 

{χετ' ολίγας ημέρας, του φ6βου -ΑΟίτίγο-^τοζ τήν π(>λιν, 
και τον εις τήν Γαλατ(αν στρατηγών άποσταλέντα εις 
ένέδραν έ[Λπεσ($ντα παραδόξως άρδην ύπα των Κελτών 
διαφθαρήναι μετά της δυνάμεως. 



ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΤΕΤΑΡΤΗ. 

XLV. (Cas., ρ. 313.) Προσεπιγενομένων δε 

Γαλατών αύτοις (τοις Βυζαντίοις) τών περί Κομοντ(^ριον*, 
εις πάν ήλθον περιστάσεως. 

XLVI. Ούτοι δ' έκ(νησαν μεν άμα τοις περί Βρέννον 
εκ της οικείας * διαφυγόντες δε τον περί Δελφούς κίνδυνον, 
και παραγεν(^μενοι προς τον Έλλήσποντον, εις μέν τήν 
Άσίαν ούκ έπεραιώθησαν , αυτού δέ κατέμειναν, δια το 
φιλοχωρήσαι τοις περί το Βυζάντιον τόποις. Οι και κρα- 
τήσαντες τών Θρακών, και κατασκευασάμενοί βασίλειον 
τήν Τύλην^, εις ολοσχερή κίνδυνον ήγον τους Βυζαντιους. 
Κατά μέν ου ν τάς αρχάς εν ταις έφοδο ις αυτών , ταις 
κατά Κομοντόριον, τον πρώτον βασιλεύσαντα, δώρα διετέ- 
λουν οι Βυζάντιοι δίδοντες, άνά τρισχιλίους, και πεντα- 
κισχιλιους, ποτέ δέ και μύριους χρυσούς, εφ' φ μή 
καταφθείρειν τήν χώραν αυτών. Τέλος δ' ήναγκάσθησαν 
ογδοήκοντα τάλαντα (Cas., ρ. 314.) συγχωρήσαι φ^ρον 



1. Bav., Κομεντόριον, mais avec θ au-dessus ά'ε de la même main. 
— Le Goislinianus cité p. D. B. et le Flor., Κομόντοριν, ici et plus bas. 

2. Schweigh. pense qu'il faut lire Τύλιν, d'après Et. de Byzance. 
il ne prend pas sur lui de faire cette correction, et semble blâmer 
Valois de l'avoir faite (Reliq., lib. VllI, 24). Voici le passage d'Etienne : 
Τύλις, πόλις Θράκης του Αίμου πλησίον • καί κλίνεται Τύλεως. Το έθνικον 

Τυλίτης, ως Μεμφίτης. On lit également Τύλις dans Suidas. 



POLYBE, L. IV. BYZANCE TRIBUTAIRE DES GAULOIS. ÎÎ59 

arriva peu de jours après, et quand la ville était en 
proie à l'épouvante, que le général envoyé en Galatie', 
étant tombé dans une embuscade qu'il n'avait pu 
soupçonner, fut anéanti complètement avec son armée. 

LIVRE IV. 

XLV A l'arrivée chez eux^ des Galates de 

Comontorios, ils (les Byzanties) tombèrent en toutes 
sortes de vicissitudes. 

XLVI. Ces [Galates] avaient quitté leur pays avec 
Brennos : ayant évité le danger de Delphes, ils étaient 
arrivés près de l'Hellespont. Mais au lieu de passer en 
Asie, ils étaient demeurés là, parce qu'ils aimaient le 
pays des environs de Byzantium. Puis, ayant vaincu 
les Thraces et fait de Tylè leur ville royale, ils mirent 
les Byzanties en un extrême danger. Dans les com- 
mencements, à toutes leurs incursions avec leur pre- 
mier roi Comontorios, les Byzanties ne manquaient 
jamais de leur faire des présents, — jusqu'à trois 
inifle, cinq mille et parfois même dix mille [statères] 
d'or^, pour préserver le pays de leurs ravages. Enfin 
on fut forcé de leur consentir le payement d'un tribut 
annuel de quatre-vingts talents^, et cela dura jusqu'à 



1. La Gaule Cisalpine. — V. plus haut, CVI, p. 248-249. 
■ 2. Les Byzantins. — An de Rome 475, av. J.-G. 279. 

3. Si c'est de statères attiques qu'il est question, un slatère de cette 
espèce valant 19 fr. 20, 3,000 st. = 57,600 i'r.; 5,000 st. = 90,000 fr. 
et 10,000 st. = 192,000 fr. - Si c'est de statères de Cyzique, l st. = 
26 fr. 98 c, 1,000 st. = 26,980 fr., etc. 

4. Il est probable qu'il s'agit ici du grand talent attique évalué 
à 5,760 fr.; 80 talents font donc 5,760 χ 80 ^^ 460,800 fr. 



^60 ΠΟΛΤΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Δ. 

τελεϊν κατ' ένιαυτον, εως εις Καύαρον^ • εφ' où κατελύθη 
μέν ή βασιλεία, το δέ γένος αυτών έξεφθάρη παν, ύιτο 
Θρακών έκ μεταβολής έπικρατηθέν 

XLVIII. (Cas., ρ. 315.) Σέλευκος γαρ δ νέος, 

ώς θαττον παρέλαβε τήν βασιλείαν, πυνθανό(χενος "Αττα- 
λον πασαν ήδη τήν ίτά τάδε του Ταύρου δυνάστευαν ύφ' 
αυτόν πεποιήσθαι, παρωρ^χήθη βοηθεΐν τοις σφετέροις 
πράγμασιν. Ύπερβαλών^ δέ μεγάλη δυνάμει τον Ταυρον, 
καΐ δολοφονηθείς υπ6 τε Άπατουρίου του Γαλάτου καΐ 
Νικάνορος, μετήλλαξε τον βίο ν. 'Αχαιός δέ κατά τήν 
αναγκαιότητα τον φ($νον αύτου μετήλθε παραχρήμα, τους 
περί τον Νικάνορα και τον Άπατούρ-ιον άποκτείνας 

LI1. (Cas., ρ. 317.) Καυάρου δέ^, του τών Γαλατών 
βασιλέως, παραγενομένου προς το Βυζάντιον, και σπου- 
δάζοντος διαλυσαι τον πόλεμο ν, και διέχοντος τάς χείρας 
φιλοτίμως, συνεχώρησαν τοις παρακαλουμένοις , ο τε 
Προυσίας, οι τε Βυζάντιοι. (Cas., ρ. 318.) Πυθ($μενοι δέ 
Ρόδιοι τήν τε του Καυάρου σπουδήν και τήν έντροπήν του 
Προυσίου, σπουδάζοντες δέ και τήν αυτών πρ^θεσιν έπΙ 
τέλος άγαγειν, πρεσβευτήν μέν Άρδίκην προεχειρίσαντο 
προς τους Βυζαντίους, Πολεμοκλήν δέ τρεις έχοντα τριή- 
ρεις δμου συναπέστειλαν, κ. τ. λ. 



ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΠΕΜΠΤΗ. 

XVII. (Cas., ρ. 365.) Οι δ' έκ της "Ηλιδος, 



1. Tous les mss. ont Κλύαρον, conservé par Gasaubon et D. Bou- 
quet. Au c. LU le même personnage est appelé Καύαρος. Quod vid. 
et not. 

2. Corr. de Gasaub. p. υπερβάλλων que donnent tous les mss. 

3. V. ci-après, Extr. du liv. VIII, xxiv. 



POLYBE, LIV. IV. LES GAULOIS A BYZANCE. 2!G1 

Cavare, sous lequel ce royaume fut détruit et la nation 
entière anéantie, après avoir été à son tour défaite 
par les Thraces. 

XLVIII Séleucos le jeune, aussitôt qu'il eut 

hérité du trône, informé qu'Attale avait déjà soumis 
à sa puissance tout le pays en deçà du Tauros, prit à 
cœur la défense de ses propres intérêts. Il passa donc 
le Tauros avec une grande armée, mais, traîtreusement 
assassiné par le Galate Apaturios et Nicanor, il perdit 
la vie. Achseos, en raison de sa parenté^ [avec Séleu- 
cos], vengea aussitôt cet assassinat, en faisant mourir 
Nicanor et Apaturios ^ 

LU. Cavare, roi des Galates, se trouvant à Byzan- 
tium, s'efforçait de terminer cette guerre^, et comme 
il s'entremettait avec zèle pour y parvenir, Prusias et 
les Byzanties cédèrent à ses conseils. Les Bhodies, 
informés des efforts de Cavare et des nouvelles dispo- 
sitions de Prusias, s' efforçant aussi eux-mêmes de 
mener à bonne fin ce projet, désignèrent Ardicès 
pour aller comme ambassadeur chez les Byzanties, et 
envoyèrent en même temps Polémoclès avec trois 
trirèmes, etc.^ 



LIVRE V. 

XVII Ceux de l'Èlide, ayant fait une incursion 



1. Achœos était de la famille d'Antioclios, roi de Syrie, père de 
Séleucos le jeune. 

2. An de Rome 531, av. J.-C. 223. 

3. La guerre des Byzantins et de Prusias, aidé dos Thracos. 

4. An do Romo 533, av. J.-C. 221. 



2621 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Ε. 

καταδραμ^ντες τήν Δυμαιαν , και τους βοηθήσαντας^ των 
ιππέων ες ένέδραν έπαγαγ($[Λενοι , ραδιως έτρέψαντο. Και 
των μεν Γαλατικών ουκ οΚί^ους κατέβαλον, των δε πολι- 
τικών αιχμαλώτους ίΚα£θΊ Πολυμήδην τε τον Αιγιέα, 
καΐ Δυμαίους, Άγησ(πολιν και Διοκλέα ^. 

LUI. (Cas., p. 397.) *0 δέ βασιλεύς (δ Άντιοχος) 
έτοιμος ων προς τον κινδυνον, αμα τω φωτι τήν δύναμιν 
έκίνει πασαν εκ του χάρακος. Έπι μεν ουν του δεξιού 
κέρως έταξε πρώτους τους ξυστοφ^ρους ιππείς. .... Τούτοις 
δέ παρέθηκε τους συμμαχικούς Κρήτας • ών ει'χοντο 
Γαλάται Τεκτόσαγες^. Παρά δέ το\)το\^ς εθηκε τους άπο 

της 'Ελλάδος ξένους και μισθοφ(5ρους Ου μήν άλλα 

(Μ($λων) τους μέν ιππείς εφ' έκάτερον έμερίσατο κέρας., 
στοχαζ(5μενος της των ύπεναντ^ων παρατάξεως • (Cas., 
ρ. 398) τους δέ θυρεαφορουο^ και Γαλατάς και καθόλου 
τα βαρέα των οπλών εις τον μεταξύ τ($πον εθηκε των 
ιππέων 

LXV. (Cas., ρ. 409.) 2υνήχθη δέ και Θράκων 

και Γαλατών πλήθος, εκ μέν τών κάτοικων και τών 
επιγόνων εις τετρακισχιλίους • οι δέ προσφάτως έπισυν- 
αχθέντες ήσαν εις δισχιλίους * ών ήγεϊτο Διονύσιος, ό 
Θράξ 

LXXVII. (Cas., ρ. 420.) Κατά δέ τον καιρόν, 



1. Vulg. βοηθήσοντας, corr. de SchweighsBuser. 

2. Le Bav. seul donne Μεγακλέα. Les éditt. l'ont suivi. L'édit. 
Didot a Διοκλέα dans le texte et Megacles dans la trad. 

3. Vulg. Ριγόσαγες; correct, de Gasaubon. 

4. Sic les mss. et les éditt. av. Schweigh. qui a écrit θυρεοφόρους. 
Nous avons repris avec l'édit. Didot l'ancienne leçon. -- Du reste, 
les deux formes sont également usitées. 



POLYBE, L.V.GALATES ET GAULOIS MERCENAIRES. 2163 

dans la Dymœa^ mirent facilement en fuite les cava- 
liers qui étaient accourus pour la défendre et qu'ils 
attirèrent dans une embuscade; ils couchèrent par 
terre un bon nombre de [soldats] galatiques, et parmi 
ceux du pays, ils firent prisonniers Polymèdès 

d'iËgium*, Agèsipolis et Diocléas de Dymè 

LUI. Le roi (Antiochos), qui était prêt pour la lutte, 
fit, au point du jour, sortir toute son armée des retran- 
chements^. A l'aile droite, il rangea d'abord les cava- 
liers xystophores ''; tout à côté il plaça les Crêtes 

auxiliaires auxquels s'appuyaient les GalatesTectosages. 
Près d'eux il mit les étrangers et les mercenaires venus 
de l'Hellade Cependant Molon^ partagea sa cava- 
lerie entre ses deux ailes, en se réglant sur l'ordon- 
nance de ses adversaires. Quant à ses thyréophores^, 
aux Galates et généralement à ses grosses troupes, il 
les mit entre ses deux corps de cavalerie 

LXV On réunit aussi une troupe de Thraces 

et de Galates'; de ceux qui habitaient le pays, pères 
et fils, environ quatre mille; d'autres en outre, — à 
peu près deux mille, — avaient été récemment enrôlés : 
à leur tète était Dion y sios le Thrace 

LXXViï. ..... Vers le temps^ où Acha^os faisait son 



1. Pays de Dymè, Δύμη, en Achaïe, auj. ruines près du village do 
Karanostasi. Ce pays est séparé de l'Élide par le fleuve Larisos. 

2. iEgium, Αί'γιον {Bosiilza), en Achaïe. — V. sur iEgium ou ^gion 
l'intéressante étude du baron d'Estournelies, la Vie de Province en 
Grèce. Hachette, 1878. 

3. An de Rome 532, av. J.-C. 222. — 4. Armés d'une longue lance. 

5. Molon, satrape de Mcdie pour Antiochos, révolté contre co 
prince. V. Polybe, V, 40-54. 

6. Soldats armés du thyréos, grand bouclier long et carré. 

7. Gaulois. — 8. An rie Rome 535, av. J.-C. 210. 



264 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Ε. 

καθ* δν 'Αχαιός ίτζοιείτο τήν έπΙ τους 2ελγεις στρατείαν, 
"Ατταλος, έχων τους Αιγοσάγας^ Γαλατάς, έπεπορεύετο τάς 
κατά τήν AtoXtSa πόλεις , καΐ τάς συνεχείς ταύταις, οσαι 
πρ($τερον Άχαιω ττροσεκεχωρήκεισαν Stà τον φζ^βον.,...- 

LXXVIII. Οδ γενορι,ένης έκλε(ψεως σελήνης, πάλαι 
δυσχερώς φέροντες οι Γαλάται τάς εν ταΐς πορείαις κακο- 
παθείας, άτε ποιούιχενοι τήν στράτευαν [Λετα γυναικών και 
τέκνων , επομένων αύτοις τούτο^ν εν ταις ά[Λάξαις * τότε 
σημειωσά[Λενοι το -^^ε-^ο-^ος, ουκ αν εφασαν ετι προελθειν 
ε?ς το πρ($σθεν. Ό δε βασιλεύς "Ατταλος, χρεέαν μεν έξ 
αυτών ουδεμίαν ολοσχερή κο [Λΐζ(5 μένος , θεωρών δ' αποσ- 
πώμενους (Cas., ρ. 421.) εν ταΐς πορεέαις, και καθ* 
εαυτούς στρατοπεδεύοντας, και το δ'λον άπειθούντας και 
πεφρονηματισμένους , εις άμηχανιαν ένέπιπτεν ου τήν 
τυχουσαν. "Αμα μεν γαρ ήγωνία, μή προς τον Άχαιον 
άπονεύσαντες συνεπ(θωνται τοις αυτού πράγμασιν • άμα δ' 
ύφεωρατο τήν εξακολουθούσαν^ αύτω φήμην, εάν περιστή- 
σας τους στρατιώτας διαφθειρη πάντας τους δοκούντας δια 
της ΐδ(ας πίστεως πεποιήσθαι τήν εις τήν Άσίαν διάβασιν. 
Διο της προειρημένης αφορμής έπιλαβομενος^, έπηγγεί- 
λατο, κατά μεν το παρόν άποκαταστήσειν αυτούς προς 
τήν διάβασιν, και τόπον δώσειν ευφυή προς κατοικιαν * 
μετά δε ταύτα συμπράξειν εις οπόσοί άν αύτον παρακαλώσι 
τών δυνατών και καλώς εχόντων. "Ατταλος μεν ου ν, 
άποκαταστήσας τους Αιγοσάγας^ εις τον Έλλήσποντον, 

1. Sctiweigh. écrit, d'après une conject. de Gasaubon, Τεκτοσάγας, 
et de même au ch. suivant. — Il regarde toutefois (V. sa note t. VI, 
p. 249) comme téméraire le changement qu'il a introduit dans le 
texte, et pense qu'il faut y maintenir provisoirement le mot ΑΙγο- 
σάγας donné par les mss. — 2. Sic vulg. Schweigh., qui garde cette 
leçon, déclare qu'il préférerait écrire avec Gasaubon έξακολουθήσου- 
σαν. —3. Sic le Florent., Schweigh. λαβόμενος. —4. Ici comme plus 
haut, Schweigh., Τεκτοσάγας, avec la même réserve dans son com- 
mentaire. Gasaubon écrit toujours ΑΙγοσάγας. 



POLYBE, LIV. V. LES GAULOIS ALLIÉS d'ATTALE. 265 

expédition contre les Selgiens\ Attale, ayant avec lui 
les Galates iEgosages, courait par les villes de T^Eolide 
et les villes limitrophes qui, par crainte, avaient aupa- 
ravant passé à Achseos 

LXXVIII. Alors ^ une éclipse de lune étant survenue, 
les Galates, qui depuis longtemps supportaient avec 
peine le mal que leur donnaient ces marches, parce 
qu'ils faisaient cette expédition avec leurs femmes et 
leurs enfants à leur suite dans des chariots, ayant vu 
un signe dans ce phénomène, déclarèrent qu'ils 
n'iraient pas plus avant. Le roi Attale, qui n'en tirait 
absolument aucun service, qui, d'autre part, les 
voyait se tenir à l'écart dans les marches, camper 
séparément, toujours désobéissants et présomptueux 
à l'excès, tomba dans une inquiétude peu commune. 
Il tremblait de les voir se tourner vers Achseos et unir 
contre lui leurs efforts à ceux de son rival, et en même 
temps il craignait la réputation qui s'ensuivrait pour 
lui s'il enveloppait et détruisait tous ces soldats qui 
paraissaient s'être fiés à sa parole pour passer en Asie. 
Aussi, s'emparant de l'occasion que j'ai dite, il leur 
promit, pour le moment, de les ramener à l'endroit 
où ils avaient passé et de leur donner un pays où ils 
trouveraient un étabhssement commode; et, par la 
suite, de les aider toutes les fois qu'ils s'adresseraient à 
lui pour des choses possibles et honnêtes. Attale donc, 
ayant ramené les iEgosages vers l'Hellespont, et ayant 



1. Habitants de Selgè, ville de Pisidie, la plus importante de cette 

contrée, Strab. XII, 7 : ΣελγεΤς, οϊπερ s'iCTtv άξιολογίότατοι των ΙΙισιδών 

C'était, selon Etienne de Byz., une colonie lacédémonienne. 

2. An de Home 53G, av. J.-C. 218. 



2!66 ΠΟΛΥΒΙΟΤ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Ε. 

και χρη[Λατ(σας φιλανθρώπως Λαμψακηνοϊς, Άλεξανδρευ- 
σιν, Ίλιευσι, δια το τετηρηκέναι τούτους τήν προς αύτον 
πίστιν, άνεχώρησε [χετά της δυνάμ,εως εις Πέργα(Λον. 

LXXIX. (Cas., ρ. 42^.) Οις αμα συνήσαν άκον- 

τισται Λυδοι πεντακί^σιοι , και Κάρδακες οι [Λετά Λυσι- 
[Λάχου του Γαλάτου χίλιοι 

LXXXIL (Cas., ρ. 423.) ΈπΙ δέ του δεξιού 

κέρως, Έχεκράτης ην δ Θετταλος, έχων τους υπ' αύτον* 
ιππείς. Παρά δέ τούτον εκ των εύωνύ(Λων ισταντο Γαλάται 
και Θρςίκες 

CXI. (Cas., ρ. 447.) Έπράχθη δέ τι κατά τούτους 
τους χρόνους και Προυσία [χνή[/.ης άξιον. Των γαρ Γαλα- 
τών, ο6ς διεβίβασεν εκ της Εύρ(6πης ό βασιλεύς "Ατταλος 
εις τον προς Άχαιον π6λε{JL0V δια τήν έπ' ανδρεία δόξαν., 
τούτων χωρισθέντων του προειρη[Λένου βασιλέως, δια τας 
άρτι ρηθείσας υποψίας, και πορθούντων (χετά πολλής 
άσελγείας και βίας τάς εφ' Έλλησπόντω πόλεις, το δέ 
τελευταιον και πολιό ρκειν τους Ίλιεις επιβαλλομένων • 
έγένετο μέν τις ούκ άγεννής περί ταύτα πραξις και ύπα 
των τήν Τρωάδα^ κατοικούντων Άλεξάνδρειαν. Θε[/.ίστην^ 
γαρ έξαποστείλαντες (Jι.ετ' ανδρών τετρακισχιλίων, έλυσαν 
(χέν τήν Ίλιέων πολιορκίαν, έξέβαλον δ' εκ πάσης της 
Τρωάδος τους Γαλατάς, έμποδίζοντες ταΐς χορηγίαις, και 
διαλυ[Λαινό[Λενοι τάς έπιβολάς αυτών. Οι δέ Γαλάται 
κατασχόντες τήν Άρίσβαν καλου[Λένην, έν τή τών Άβυ- 
δηνών χώρα, λοιπόν έπεβουλεύοντο και προσεπολέ[Λουν 



1. Vatic. et Flor. υφ' αύτον. 

2. « Les éditt. d'après le Bavar. τών περ\ τήν Τρωάδα, ce qui pour- 
rait se soutenir, s'il y avait après Άλεξανδρέων. » Schw. 

3. Reiske propose Θεμίστιον. 



POLYBE, LIV. V. LES GAULOIS EN TROADE. 267 

réglé avec bonté les affaires des Lampsacènes, des 
Alexandriens et des Iliens, qui lui étaient demeurés 
fidèles, se retira avec son armée à Pergame. 

LXXIX Avec eux^ il y avait cinq cents Lydes 

armés de javelots, et les Cardaces de Lysimaque le 
Galate^ au nombre de mille 

LXXXII A l'aile droite était Echécrate le Thes- 

sale, avec les cavaliers sous ses ordres. Près de lui, à 
gauche, étaient postés les Galates^ et les Thraces 

CXI. Vers ce temps-là^ Prusias fit, lui aussi, une 
chose qui mérite d'être rapportée. Les Galates que le 
roi Attale avait fait venir d'Europe à l'occasion de la 
guerre avec Achseos, sur leur réputation de vaillance, 
s'étaient séparés dudit roi, à cause des défiances dont 
nous avons parlé tout à l'heure^; ils ravageaient avec 
une insolence et une violence extrêmes les villes de 
l'Hellespont, et finalement ils se mettaient à faire le 
siège d'Ilium. Il se produisit à cette occasion un fait 
qui n'est pas sans noblesse et qui eut pour auteurs 
les habitants d'Alexandrie en Troade. Ils envoyèrent 
Thémistès avec quatre mille hommes, et non seulement 
ils firent lever le siège d'Ilium, mais chassèrent de 
toute la Troade les Galates, en les empêchant de 
s'approvisionner, et en ruinant tous leurs projets. 
Mais les Galates, s'étant emparés de la ville appelée 
Arisbe, au pays des Abydènes, dressaient dès lors des 

1. Les soldats d'Antiochos, roi de Syrie, à la bataille de Raphia, 
an de R. 537, av. J.-G. 217. 

2. Le Gaulois. 

3. Les Gaulois. 

4. An de R. 537, av. J.-G. 217. 

5. V. pi. haut, LXXVIU. 



2168 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Ε. 

ταις περί τούτους τους τόπους έκτισ[Λέναις πόλεσιν. Έφ' 
ους στρατεύσας ρ,ετά δυνά{Λεως Προυσίας, και παραταξά- 
μενος, τους [χεν άνδρας κατ' αύτον τον κίνδυνον εν χειρών 
vd(jL(p διέφθειρε, τα δε τέκνα σχεδόν άπαντα και τας 
γυναίκας αυτών εν τη παpε[JLβoλγj κατέσφαξε, τήν δ' 
άποσκευήν έφήκε διαρπάσαι τοις ήγωνισμένοις. Πράξας 
δε ταΰτα, [Μεγάλου [χέν απέλυσε φ^βου καΐ κινδύνου τας 
εφ' Έλλησπ($ντω^ πόλεις * (Cas., ρ. 448.) καλόν δε 
παράδειγμα τοις έπιγιγνομένοις άπέλιπε, του μιή ραδιαν 
ποιεισθαι τους εκ της Ευρώπης βαρβάρους^ τήν εις τήν 
Άσ{αν διάβασιν 



ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΕΚΤΗ. 

Ι Ύποδε(ξο{Λεν οτι μέγιστα συνεβάλετο αύτοις 

(τοις Ρωμαέοις) ή του πολιτεύματος ιδιώτης προς το μή 
μόνον άνακτήσασθαι τήν Ίταλιωτών και 2ικελιωτών 
δυναστε(αν, ετι δέ τήν 'Ιβήρων προσλαβεΐν και Κελτών 

άρχψ '• 



ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΕΒΔΟΜΗ. 



ΙΧ^ (Cas., ρ. 503-4.) Έφ' φ τ' είναι σωζομέ- 



1. Flor., Aug., Reg. A, έφ' Ελλησπόντου. 

2. Reiske proposait τοις βαρβάροις. 

3. On a reproduit ce passage du livre III, 2, parce qu'il offre une 
espèce de sommaire du livre VI. 

4. II, dans la trad. de M. Bouchot. 



POLYBE, LIV. V. ILS SONT DÉTRUITS PAR PRUSIAS. 5^09 

embûches et faisaient la guerre aux villes murées de 
ce pays. Prusias marcha contre eux avec une armée, 
leur présenta la bataille , et dans cette lutte , dans cet 
échange de coups, il extermina tous les hommes [de 
cette horde], puis il égorgea dans leur camp presque 
tous leurs enfants et leurs femmes, et abandonna leurs 
bagages pour être pillés par ceux qui avaient com- 
battu. Par cet exploit, il délivra d'une grande crainte 
et d'un grand danger les villes de l'Hellespont, et il 
laissa ainsi à la postérité une belle preuve qu'il n'est 
pas si facile aux Barbares de passer d'Europe en 
Asie 



LIVRE VI. 

II Nous montrerons ensuite qu'ils (les Romains) 

tirèrent les plus grands avantages de la nature propre 
de leur gouvernement, non seulement pour recon- 
quérir leur domination sur les Italiôtes et les Sicéliôtes, 
mais encore pour établir leur empire sur les Ibères et 
les Celtes \ 



LIVRE VII 



IX En vertu de ce [traité^] sont défendus par 



1. V. plus haut, p. 116-117. 

2. Traito d'alliance entre Philippe de Macédoine et Annibas. 



270 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Ζ. 

νους ^ ύπο βασιλέως Φιλίππου καΐ Μακεδόνων , και ύπο 
τ(ον άλλων Ελλήνων, δσοι εισιν αυτών σύ[;ιμαχοι, κυρίους 
Καρχηδονίους, και Άννίβαν τον στρατηγών, και τους [Λετ' 
αύτου, και τους Καρχηδονίων υπάρχους, δσοι τοις αύτοις 
νδμοις χρώνται, και Ίτυκαίους, και δ'σαι πδλεις και έθνη 
Καρχηδονίων υπήκοα, και τους στρατιώτας, και τους 
συ[Λμάχουζ • και πάσας πδλεις και έθνη, πρδς α έστιν* 
ή{JLÎv ή τε φιλία, των εν 'Ιταλία και Κελτία και εν τη 
Λιγυστίνη , και προς ούστινας ή(ΛΪν αν γένηται φιλία και 
συ[Λρ.αχία^ εν ταύτη τη χώρα. "Εσται δε και Φίλιππος δ 
βασιλεύς, και οι Μακεδδνες, και των άλλων Ελλήνων οι 
σύ[Λ|Λαχοι, σωζδ[/.ενοι και φυλαττδ[Λενοι ύπο Καρχηδονίων 
των συστρατευο[χένων, και ύπο Ίτυκαίων, και ύπο πασών 
πδλεων και εθνών, δ'σα έστι Καρχηδονίοις ύπήκοα, καΐ 
συμρ,άχων, και στρατιωτών • και ύπο πάντων εθνών και 
πόλεων, οσα έστιν εν Ιταλία και Κελτία και Λιγυστίνη , 
και ύπο τών άλλων, δσοι αν γένωνται σύ(Λ(/.αχοι εν τοις 

κατ Ίταλίαν τδποις τούτοις (Extr. anc. du liv. VII, 

ch. 2.) 



ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΟΓΔΟΗ. 

XXIV. Καύαρος, δ βασιλεύς τών εν τη Θράκη Γαλα- 
τών, βασιλικός υπάρχων τη φύσει και (χεγαλδφρων, πολ- 
λήν [χέν άσφάλειαν παρεσκεύαζε τοις προσπλέουσι τών 
έμπδρων εις τον Πδντον * (χεγάλας δε παρείχετο χρείας 
τοις Βυζαντίοις, έν τοις προς τους Θράκας και Βιθυνούς 
πολέ[Λθΐς (Extr. de Valois.) 

1. Selon Reiske approuvé par Schweigh., il faudrait peut-être 
ajouter κα\ φυλαττομένους. —2. Gorrect. de Reiske au lieu de la vulg., 
προς ας έστιν. — 3. Les mss. ne donnent pas συμμαχία, addition de 
Schweigh. 



POLYBE, LIV. Vil. LES GAULOIS ALLIÉS d'ANNIBAL. %Ί'\ 

le roi Philippe et les Macédones et par tous les autres 
Hellènes qui sont leurs alliés, les seigneurs Garchèdo- 
nies et Annibas leur général, et ceux qui sont avec 
lui, et les sujets des Garchèdonies , tous ceux qui 
obéissent aux mêmes lois, et les Itycsees^ et toutes 
les villes et peuples soumis aux Garchèdonies, leurs 
soldats et leurs alliés ; toutes les villes et peuples avec 
qui nous avons fait amitié, en Italie, en Geltie et dans 
la Ligystine, et ceux avec lesquels nous pourrons faire 
alliance et amitié en ce pays. Et seront aussi le roi 
Philippe et les Macédones, et parmi les Hellènes, ceux 
qui sont leurs alliés, défendus et gardés par les Gar- 
chèdonies, leurs associés dans la guerre, par les Ity- 
csees, par tous ceux, villes et peuples, qui sont soumis 
aux Garchèdonies, leurs alliés et leurs soldats, et par 
tous ceux, peuples et villes, qui sont dans l'Italie, la 
Geltie et la Ligystine, et par tous les autres qui seraient 
devenus leurs alliés dans ces contrées de l'Italie. 



LIVRE VIII. 

XXIV. Gavare, roi des Galates de la Thrace, avait 
dans le caractère quelque chose de royal; il était 
magnanime. Il procura aux marchands qui naviguaient 
vers le Pont une entière sécurité; il rendit aussi de 
grands services aux Byzanties dans leur guerre contre 
les Thraces et les Bithynes 

1. Les habitants d'Utique, en grec Ίτύκη, nouvel exemple des 
altérations que les Romains faisaient subir généralement aux noms 
étrangers. 



%η% 1Ι0ΛΤΒΙ0Τ ΙΣΤΟΡΙΩΝ II. 

'Καύαρος δ Γαλάτης, ών τάλλα άνήρ άγαθος, ύπο 
2ωστράτου του κόλακος διεστρέφετο, δς ην Χαλκηδ^νιος 
τοφος (Athén., VI, 13.) 

ΧΧΧίΙ. (Cas., ρ. 535.) Άπομερισας δέ (ό Αννίβας) 
των Κελτών εΐζ δισ)(^ιλ(ους , καΐ διελών εις τρέα μέρη 
τούτους, συνέστησε τό)ν νεανίσκων δύο προς εκαστον (/.έρος 
των χειριζόντων τήν πραξιν^. 'Ακολούθως δέ καΐ των παρ' 
αύτου τινας ήγεμκίνων συνεξαπέστειλε , προστάξας διαλα- 
βειν των εις τήν άγοραν φερουσών οδών τάς εύκαφοτάτας. 
"Οταν δέ τοχ^το πράξωσι, τοϊς \lL• έγχωριοις νεανίσκοις 
έξαφεΐσθαι^ παρήγγειλε καί σώζειν τους εντυγχάνοντας 
τών πολιτών, άναβοώντας εκ ΊζοΧΚου^ [χένειν κατά χώραν 
Ταραντίνους, ως ύπαρχούσης αύτοΐς της ασφαλείας. Τοις 
δέ παρά τών Καρχηδονίων και Κελτών'^ ήγεμ(>σι κτείνειν 
διεκελεύσατο τους έντυγχάνοντας τών Ρω{Λαίων. Οδτοι 
[Λέν ούν χωρισθέντες αλλήλων επραττον [Λετα ταύτα το 
προσταχθέν. Της δέ τών πολεμ,ίων εισ(^δου καταφανούς 
ήδη γενομένης τοις Ταραντίνοις, πλήρης ή πολις κραυγής 
έγίγνετο και ταραχής παρηλλαγμένης. Ό μ,έν ουν Γάϊος, 
προσπεσούσης αύτω τής εισόδου τών πολεμίων, συννοήσας 
αδύνατον αύτον οντά δια τήν μέθην, ευθέως έξελθών εκ 
τής οικίας μετά τών οικετών, και παραγενόμενος έπι τήν 
πύλην τήν φέρουσαν έπΙ τον λιμένα, και μετά ταύτα του 
φύλακος άνοίξαντος αύτω τήν ρινοπύλην , . διαδύς ταύτη ^ 



1. Μ. Bouchot, dans sa trad., a réuni ces deux extraits. — Sur ce 
roi gaulois, v. pi. haut, p. 260-261. 

2. Sic Casaub. et les mss. Urb., Aug., Ursin. et Médic. 

3. Le Reg. G. έξερείσθαι, leçon fautive. 

4. Le Reg. F. et le Tubing. Βελτών. 

5. Sic les mss. Urb., Aug. et Ursin. — Vulg. ταύττ,ν. 



POLYBE, LIV. VIII. LES GAULOIS ALLIÉS d'ANNIBAL. 273 

Cavare le Galate, fort homme de bien d'ailleurs, fut 
perverti par Sostrate, son flatteur', qui était Chalcè- 
donie de naissance. 

XXXII. Annibas% ayant détaché de ses Celtes envi- 
ron deux mille hommes et les ayant partagés en trois 
corps, donna pour chefs à chacun de ces corps deux 
des jeunes gens qui avaient la main dans l'affaire; à 
leur suite, il envoya en même temps quelques-uns de 
ses officiers avec l'ordre d'occuper les plus commodes 
des rues conduisant à la place publique. Et, quand 
cela serait fait, il enjoignait aux jeunes gens du pays 
d'excepter [du massacre] ceux de leurs concitoyens 
qui se trouveraient sur leur passage, et de les sauver, 
en criant de loin que les Tarantins eussent à rester en 
place; que toute sûreté leur était garantie. Mais les 
chefs des Garchèdonies et des Celtes reçurent l'ordre 
de tuer ceux des Romains qui se trouveraient sur leur 
passage. S' étant donc séparés les uns des autres, ils 
firent ensuite ce qui leur était ordonné. Dès que 
l'entrée des ennemis fut connue des Tarantins, la 
ville se remplit de cris et d'un tumulte extraordinaire. 
Gaïus^, à la nouvelle de l'entrée des ennemis, com- 
prenant que son état d'ivresse le rendait incapable 
de rien faire , sortit aussitôt de chez lui avec ses 
domestiques et arriva à la porte [de la ville] par où 
on allait au port. Le gardien lui ouvrit la poterne, 
il s'échappa par là, et, s'étant emparé d'une des 

' l. Son parasite (?). V. le mémoire de La Porte du Theil, Recherches 
sur les Parasites et les flatteurs proprement dits chez les Grecs, à la 
suite de son édition du traité de Plutarque. Πώς άν τις διακρίνειε τον 
κόλακα του φίλου. Ρ. 155, in-8% MDCGLXX1I, Impr. royale. 

2. Α Tarente, où il avait été introduit par trahison. 

3. Caius Livius qui commandait pour les Romains à Tarente. 

II 1 8 



274 ΠΟΛΥΒΙΟΤ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Η. 

και λαβωμένος άκατ(ου των δρμούντων, έ(Λβάς (χετά των 
ο^κετών, εις την άκραν τταρεκοΐΛέσθη. Κατοι δε* τάν καιρόν 
τούτον οι περί τον Φιλή[Λενον, ήτοΐ[Λασ[Λένοι σάλπιγγας 
Ρω(/.αϊκάς, κα{ τινας των αύταΐς χρήσθαι δυναμένων δια 
τήν συνήθειαν, στάντες περί το θέατρον, έσή(Λαινον. Των 
δέ Ρωμ.α(ων βοηθούντων έν τοις δ'πλοις κατά τδν έθισμάν 
εις TiTjV άκραν ^, εχ,ώρει το πραγ[Λα κατά τήν πρ^θεσιν τοις 
Καρχηδονίοις. Παραγεν($[Λενοι γαρ ταΐς πλατειαις ατάκ- 
τως και σποράδην , οι μ,ϊν εις τους Καρχηδονίους ένέπιπ- 
τον, οι δ' εις τους Κελτούς • (Cas., ρ. 536.) και δη τω 
τοιούτω τρ6πο3 φονευο[Λένων αυτών, πολύ τι πλήθος διεφ- 
θάρη. Τής δ' ή[Λέρας έπιφαινο[Λένης , οι (Jiàv Ταραντινοι 
τήν ήσυχίαν ειχον κατά τας οικήσεις, ούδέπω δυνάριενοι 
τάξασθαι το συμ,βαινον^. Δια μεν γαρ τήν σάλπιγγα, και 
τό μηδέν άδ(κημα γίγνεσθαι μηδ' άρπαγήν κατά τήν 
π6λιν , εδοξαν εξ αυτών τών Ρωμαίων είναι το κίνημα. 
Τω δέ πολλούς αυτών δραν πεφονευ μένους έν ,ταΐς πλα- 
τείαις, καί τινας τών Γαλατών θεωρεισθαι σκυλεύοντας 
τους τών Ρωμαίων νεκρούς ύπέτρεχέ τις έννοια τής τών 
Καρχηδονίων παρουσίας. (Extr. anc, fragm. VIII, alias 
XII.) 



ΙΣΤΟΡΙΩΝ ENNATH. 



XXX Αιτωλοί μ(5νοι προς τήν Βρέννου και 

τών άμα τούτω Βαρβάρων icfoSov άντέστησαν. 



1. Tous les mss. et les éditt. μετά δέ; Schweighaeuser a indiqué 
la correction. 

2. L'Ursin., εΙς τήν άκραν πύλιν. Πόλιν manque dans tous les mss. 

3. Gasaub. a pensé à εΐκάζεσθαι, Reiske propose ταξ. προς το συμβ. 
— Schweigh. croit qu'il n'y a rien à changer au texte. 



POLYBE, LIV. VIII. LES GAULOIS A TARENTE. ^75 

chaloupes qui étaient à Tancre, il s'y embarqua avec 
ses domestiques et se fit conduire à la citadelle. 
Pendant ce temps-là, Philèménos, qui avait apprêté des 
trompettes romaïques^ et avait près de lui des gens à 
qui des relations habituelles [avec les Romains] en 
avaient enseigné l'usage, se tenait aux alentours du 
théâtre et faisait sonner l'alarme. Dès lors les Romains 
en armes courant, selon l'usage, à la citadelle, tout 
marchait selon les intentions des Garchèdonies. Et en 
effet, arrivés dans les places, disséminés et sans ordre, 
les uns tombaient au milieu des Garchèdonies, les 
autres parmi les Celtes : de cette façon ils étaient 
massacrés, et il en périt un grand nombre. Le jour 
paraissait même, et les Tarantins se tenaient tranquilles 
dans leurs demeures sans pouvoir encore se rendre 
compte de ce qui arrivait. Car, entendant la trompette 
et ne remarquant dans la ville ni excès ni pillage, ils 
croyaient que tout ce mouvement venait des Romains. 
Mais ensuite, voyant plusieurs de ces derniers massa- 
crés sur les places, et observant que quelques-uns 
des Galates dépouillaient les cadavres, il leur vint à 
l'esprit quelque soupçon de la présence des Garchè- 
donies. 

LIVRE IX. 

XXX Les iEtôles seuls, quand Brennos 

et ses Barbares envahirent [ce pays], leur résis- 
tèrent ^ 



I. Romaines. — Philèménos était un Tarontin qui livrait la villn 
auxGarchèdonies. — 2. Discours de l'ambassadeur otolien aux Lacé- 
démoniens, pour solliciter leur alliance. Au de H. Mh, av. .I.-G. '280. 



2i76 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Θ. 

XXXIV. Alias XXXIII. (Cas., p. 567.) Ύί Sk 

Λάτταβος και Νικ($στρατος ; où τήν των Παριβοιωτίων 
ττανήγυριν, ειρήνης οιίσης, παρεσπ6νδησαν , 2κυθών έργα 
και Γαλατών έπιτελουντες ; ^Ων ουδέν πέπρακται τοις δια- 
δεξα(Λένοις. 

XXXV. Alias XXXIV. Και προς ουδέν τούτων άποΚο- 
γηθήναι δυνάμενοι, σεμνύνεσθε δι6τι τήν επι Δελφούς 
icfoSo"^ των Βαρβάρων ύπέστητε * και φατέ δεϊν δια ταύτα 
χάριν εχειν υμιν τους "Ελληνας. Άλλ' ει δια μιαν ταύτην 
χρείαν Αιτωλοις χάρις οφείλεται, τίνος και πηλίκης δει 
τιμής άξιουσθαι Μακεδόνας, οι πλείω του βίου χρονον où 
παύονται διαγωνιζόμενοι προς τους Βαρβάρους υπέρ της 
των 'Ελλήνων ασφαλείας; "Οτι γαρ άεί ποτ' αν έν μεγά- 
λοις ην κινδύνοις τα κατά τους "Ελληνας, ει μή Μακε- 
δόνας ειχομεν πρόφραγμα και τας των παρά τούτοις βασι- 
λέων φιλοτιμίας, τίς ου γινώσκει; Μέγιστον δέ τούτου 
σημεϊον * αμα γαρ τω Γαλατάς καταφρονήσαι Μακεδόνων, 
νικήσαντας Πτολεμαιον, τον Κεραυνον έπικαλούμενον , 
ευθέως καταγνόντες των άλλων ήκον οι περί Βρέννον^ εις 
μέσην τήν Ελλάδα μετά της δυνάμεως, 'Ό πολλάκις άν 

συνέβαινε γίγνεσθαι, μή προκαθημένων Μακεδόνων 

(Extr. anc, fragm. VIII, alias XI.) 



ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΔΕΚΑΤΗ. 



XXXIX Άσδρούβας λαβών τά τε χρήματα 



1. Sic Gasaub. et l'Ursin.; la 1'" éd., les mss. du Roi, de Tabing. 
et de Besançon o\ περ\, Βέρνων, rUrb. et l'Aug. o\ περ\ Bépvov. 



POLYBE, LIV. IX. LES GAULOIS ET LES GRECS. 277 

XXXIV Et Lattabos et Nicostrate? N'ont-ils 

pas troublé d'une façon déloyale et en pleine paix la 
grande fête nationale de la Bœotie, se conduisant en 
cela comme des Scythes et des Galates? Les succes- 
seurs [d'Alexandre] n'ont rien fait de pareil 

XXXV. Comme vous ne pouvez vous défendre sur 
aucun de ces points, vous vous glorifiez d'avoir résisté 
à l'attaque des Barbares contre Delphes, et, à ce titre, 
vous dites que les Hellènes vous doivent de la recon- 
naissance. Mais, si pour cet unique service on doit de 
la reconnaissance aux ^tôles, de quel honneur ne 
faut-il pas juger dignes les Macédones qui la plupart 
du temps ne cessent de lutter contre les Barbares 
pour la sécurité des Hellènes? L'Hellade serait exposée 
à de perpétuels, à de redoutables dangers, si nous 
n'avions pour rempart la valeur des Macédones et la 
généreuse ambition de leurs rois; qui l'ignore? Mais 
en voici une preuve éclatante : du moment que les 
Galates méprisèrent les Macédones, après leur victoire 
sur Ptolémée surnommé Géraunos\ aussitôt ne faisant 
nul état des autres, Brennos pénétra jusqu'au cœur 
de l'Hellade avec une armée. Et cela lui serait souvent 
arrivé, si elle n'avait eu les Macédones pour la pro- 
téger ^. 



LIVRE X. 

XXXIX Asdrubas, ayant pris avec lui ses 

1. Cf. Pausanias, X, 19. V. notre tome III. 
1. Discours des Acarnaniens, alliés des Macédoniens , dans les 
mêmes circonstances. 



2178 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Ι, ΙΑ. 

καΐ τα θηρ(α, καΐ των φευγ($ντων όσους ήδύνατο πλείστους 
έπισιτασάριενος, ίτζοιέίτο τήν άναχώρησιν παρά τον Τάγον 
ποτα[ΛΟν, ώς έπΙ τάς Πυρήνης ύπερβολας, και τους ταύτη 
κατοικουντας Γαλατάς (Extr. anc, fragm. VI.) 



ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΕΝΔΕΚΑΤΗ. 

Ι (Cas., ρ. 6210.) Άσδρούβα δε τούτων μεν 

ήρεσκεν ουδέν. Των δε πραγ[χάτων ούκέτι δοντων άνασ- 
τροφήν, δια το θεωρεϊν τους πολε(Λΐους έκτεταγ(Λένους και 
προσάγοντας, ήναγκάζετο παρατάττειν τους "Ιβηρας καΐ 

τους [χετ αύτου γεγονοτας Γαλατάς (Extr. anc, 

fragm. Ι.) 

III. (Cas., p. 625.) Ρω[Λαΐοι δέ, τη [χάχη κατορΟώ- 
σαντες, παραυτικα μεν τον χάρακα διήρπαζον των ύπεναν- 
τιων, και πολλούς μεν των Κελτών, εν ταις στιβάσι 
κοιμωμένους δια τήν μέθην, κατέκοπτον ιερειών τρόπον • 
συνήγον δέ και τήν λοιπήν των αιχμαλώτων λε(αν, άφ* 
ής εις το δημόσιον άνήχθη πλείω τών τριακοσίων ταλάν- 
των. Άπέθανον δέ τών μέν Καρχηδονίων κατά τήν μάχην 
συν τοις Κελτοις ουκ έλάττους μυρίων, τών δέ Ρωμαίων 
περί δισχιλίους ^ (Extr. anc, fragm. Ι.) 

XIX. (Cas., p. 638.) Ε?χε γαρ (Αννίβας) 

Λίβυας, "Ιβηρας, Λιγυστίνους, Κελτούς, Φοίνικας, 'Ιτα- 
λούς, "Ελληνας, οίς ού νόμος, ούκ έ'θος, où λόγος, ούχ 

έτερον ουδέν ην κοινον εκ φύσεως προς αλλήλους 

(Extr. anc, fragm. III.) 



1. Cf. Tite-Live, XXVII, xlix : Quinquaginta sex millia hostium 
occisa : capta quinque millia et quadringenti 



POLYBE, LIV. X ET XI. GAULOIS ET CARTHAGINOIS. 279 

trésors et ses bêtes (ses éléphants), et recueilli tous 
les fuyards qu'il put trouver, opéra sa retraite le long 
du Tage, vers les passages de la Pyrènè et les Galates, 
habitants de cette contrée 



LIVRE XI. 

I Rien de tout cela^ ne plaisait à Asdrubas, 

mais les circonstances ne permettaient plus de tergi- 
verser; car il voyait les ennemis déjà rangés en bon 
ordre et marchant à sa rencontre; il fut donc forcé 
de ranger en bataille les Ibères et les Galates qu'il 
avait avec lui 

III. Les Romains, après avoir heureusement ter- 
miné ce combats pillèrent aussitôt le camp de leurs 
adversaires, et trouvant là un grand nombre de Celtes 
ivres qui dormaient sur la paille, ils les égorgèrent 
comme on fait des victimes. Puis ils ramassèrent les 
prisonniers qui formaient le reste du butin, et dont on 
tira pour le trésor public plus de trois cents talents. 
Dans ce combat, les morts du côté des Garchèdonies 
ne furent pas moins de dix mille, y compris les Celtes; 
du côté des Romains, il y en eut environ deux mille 

XIX Annibas avait [dans son armée] des Libyes, 

des Ibères, des Ligystins, des Celtes, des Phœnices, 
des Itales, des Hellènes, et ni les lois, ni les mœurs, 
ni la langue, ni quoi que ce soit ne formait entre tous 
ces peuples un lien commun et naturel 



1. La situation défavorable dans laquelle il se trouva à son 
arrivée en Italie. 

2. La bataille du Métaure, an de Rome 547, av. J.-G. 207. 



2180 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΙΒ. 



ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΔΩΔΕΚΑΤΗ. 



III. (Cas., ρ. 654.) Καθάπερ δέ καΐ περί των 

κατά Λιβύην άπεσχεδ(ακεν (δ Τ([Λαιος), ούτω καΐ περί των 
κατά τήν νήσον τήν προσαγορευο[Λένην Κύρνον^ ΚαΙ γαρ 
υπέρ εκείνης [χνη [φονεύων εν τη δευτέρα βιβλω φησίν, 
αίγας άγριας και πρόβατα καΐ βους αγρίους ύπάρχειν εν 
αύτη τζοΧλους, ετι δ' έλάφους, και λαγώς, καΐ λύκους, 
καί τίνα των άλλων ζώων, και τους ανθρώπους περί ταύτα 
διατρίβειν κυνηγετούντας, και τήν ολην του βίου διαγωγήν 
εν τούτοις ίγει^. Κατά δέ τήν προειρη[Λένην νήσον ούχ 
οίον αιξ άγριος ή βους, αλλ' ουδέ λαγώς, ουδέ λύκος, 
ούδ' Ιλαφος, ούδ' άλλο των τοιούτων ζώων ούδε'ν έστι, 
πλην αλωπεκών, και κυνίκλων, και προβάτων αγρίων. Ό 
δέ κύνικλος, πορρωθεν μέν δρώ[Λενος, δοκεΐ είναι λαγώς 
[Λΐκρ($ς • δταν δ' εις τάς χείρας λάβη τις, [χεγάλην έχει 
διαφοραν και κατά τήν επιφάνειαν, και κατά τήν βρώσιν. 
Γίγνεται δέ το πλεΐον μέρος κατά γης. 

IV. Δοκεϊ γε μ,-ψ πάντα εϊναι τα ζώα κατά τήν νήσον 
άγρια, δια τοιαύτην αίτίαν. Ου δύνανται κατά τάς νο[Λάς 
συνακολουθεΐν οι ποΐ[Λένες τοις θρέ[Λ[Λασι ,• δια το σύνδεν- 
δρον και κρε{Λνώδη και τραχεΐαν είναι τήν νήσον • αλλ' 
όταν βούλωνται συναθροισαι , κατά τους εύκαίρους τόπους 
έφιστά[Λενοι τη σάλπιγγι συγκαλουσι τά ζώα, και πάντα 
προς τήν ιδίαν άδιαπτώτως συντρέχει σάλπιγγα. Λοιπόν, 



1. Comp. dans notre t. Ι, p. 198 et s., ce que Strabon dit de l'île 
de Cyrnos. Pomponius Mêla, II, vu, le résume en quelques lignes : 
Gorsica etrusco litori propior, intra latera tenuis et longa, praeter- 
quam ubi Aleria et Mariana coloniae sunt, a barbaris colitur. 



POLYBE, LIV. XII. LA CORSE. 281 



LIVRE ΧΠ. 

III De même que sur la Libye, Timée a parlé 

à la légère de l'île appelée Gyrnos^ Et en effet, faisant 
mention de cette île dans son deuxième livre, il dit 
qu'il s'y trouve des chèvres sauvages, des brebis et 
des bœufs sauvages, en grand nombre, comme aussi 
des cerfs, des lièvres, des loups et quelques autres 
animaux que les habitants passent leur temps à chas- 
ser, et que c'est la seule occupation de toute leur vie. 
Or , dans l'île en question , non seulement il n'y a ni 
chèvre ni bœuf sauvage, mais il n'y a pas même de 
lièvres, de loups, ni de cerfs, ni aucun autre des ani- 
maux de ce genre, hormis des renards, des lapins et 
des brebis sauvages. Le lapin, vu de loin, ressemble 
à un petit lièvre; mais, qu'on le prenne à la main, on 
trouve une grande différence pour la figure, comme 
pour le manger. Cet animal se tient le plus souvent 
sous terre. 

IV. Si tous les animaux de cette île semblent être 
sauvages, voici à quoi cela tient : les bergers ne peu- 
vent suivre partout leurs bêtes aux pâturages, parce 
que le sol est très boisé, coupé de ravins et hérissé 
de rochers. Lorsqu'ils veulent les réunir, ils se placent 
en des endroits propices et sonnent de la trompette 
pour les appeler : tous ces animaux accourent, et 
chaque troupeau se rassemble infailliblement vers la 
trompette qui l'appelle. D'ailleurs des étrangers, abor- 

1. La Corse. — V. ci-âprès Diodore de Sicile, V, xiii-xiv, et comp. 
Pline, III, xii, 6, Sonéq., Consol. à Helv., viu. 



282 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΙΒ. 

δταν τινές, προσπλεύσαντες προς τήν νησον, αίγας ή βους 
θεάσωνται νερ.θ(Λένας έρή[Λους, κάπειτα βουληθώσι κατα- 
λαβεϊν, ού προσ(εται τα ζώα δια τήν άσυνήθειαν, άλλα 
φεύγει. 'Όταν δε καΐ συνιδών δ ποιμήν (Cas., ρ. 655.) 
τους αποβαίνοντας σαλπιση, προτροπάδην ά[Λα φέρεται και 
συντρέχει προς τήν σάλπιγγα * διό φαντασ(αν αγρίων 
ποιεί, 'ϊπέρ ών Τίμαιος κακώς καΐ παρέργως ίστορήσας 
έσχεδίασε. Το δε ττ] σάλπιγγι πειθαρχεΐν, ουκ εστί θαυ- 
μάσιον • και γαρ κατά τήν Ίταλίαν οι τας δς τρέφοντες 

ούτω χειριζουσι^ τα κατά τάς νο[Λάς Δια γαρ τήν 

πολυχειρίαν* και τήν λοιπήν χορηγιαν, (^.εγάλα συμβαίνει 
τα συβ(5σια κατά τήν Ίταλίαν υπάρχειν, και μάλιστα τήν 
παραλίαν, παρά τε τοις Τυρρηνικοις και Γαλάταις, ώστε 
τήν μίαν τοκάδα χιλίους έκτρέφειν 5ς, ποτέ δε και 
πλείους (Extr. anc, fragm. Π.) 



XXVIII. a Αύτος γοΰν (δ Τίμαιος φησι) τηλι- 

καύτην ύπομεμενηκέναι δαπάνη ν και κακοπάθειαν του 

συναγεΐν τα περί τίνων υπομνήματα, και πολυπραγμονή- 
σαι τα Λιγύων εθη και Κελτών, άμα δέ τούτοις Ιβήρων, 

ώστε μήτ' αν αύτδς έλπίσαι, μήτ' αν έτέροις έξηγούμενος^ 
πιστευθήναι περί τούτων. Ήδέως δέ τις αν εροιτοτδν 



1. Correct, indiquée par Xylander, adoptée par Schweigh., etc., 
au lieu de ού χεφίζουσι que donnent les mss. ou de ού χωρίζ., conj. 
de Gasaub. 

2. Vulg. πολυχοιρίαν, correct, de Schweigh. d'après les mss. Aug., 
Rab., Regg. et Vesont. 

3. Sic édit. Did. où pourtant on traduit : Neque aliis fidem esset 
habiturus idem sibi narrantibus, sens fidèlement reproduit par 
M. Bouchot, et qui pourrait faire croire qu'on a lu εξηγουμένοις. 



POLYBE, LIV. XII. LA CORSE; ERREURS DE TIMÉE. 283 

dant dans cette île et voyant des chèvres et des bœufs 
paître seuls et comme abandonnés, veulent-ils s'en 
emparer, ces animaux ne se laissent pas approcher 
de ces inconnus, et s'enfuient. Quand le berger, au 
contraire, voyant des étrangers débarquer, sonne de 
la trompette, toutes les bêtes se portent en courant 
vers lui, et se rassemblent au son de l'instrument : 
c'est ce qui leur donne l'apparence d'animaux sau- 
vages. Sur ce point, Timée, dont les informations 
étaient mauvaises et incomplètes, a parlé à la légère ^ 
Cette obéissance du bétail au son de la trompette n'a 
rien de merveilleux : en Italie , ceux qui élèvent des 

porcs en usent ainsi dans les pâturages Il y a là 

une nombreuse population à nourrir, d'autres appro- 
visionnements à faire : il en résulte qu'on élève de 
grands troupeaux de porcs en Italie, spécialement sur 
le littoral , chez les Tyrrhènes et les Galates , où une 
seule mère nourrit parfois mille petits et même davan- 
tage ^. 

XXVIII. a Il (Timée) dit avoir supporté de 

telles dépenses, de telles fatigues pour réunir des 
notes sur certains faits, pour étudier avec soin les 
mœurs des Ligyes, des Celtes et tout ensemble celles 
des Ibères, qu'il n'aurait pas lui-même espéré d'y 
suffire, et que le récit qu'il en ferait serait pour tout 
autre incroyable. Mais on demanderait volontiers à 



1. On avait fait dans l'antiquité de nombreuses descriptions do 
la Corse , et des descriptions très détaillées. Gorsicam plurimi in 
dicendo latius circumvecti, plenissima narrandi absolvcrunt dili- 
gentia, nihilque omissum, quod retractanti non sit suporvacuuni, 
etc. Solin., III, 2 et ss. 

2. σοπιρ. Strabon, V, i, 12, dans notre t. I, p. 196-197. 



284 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΙΕ. 

συγγραφέα^ , πότερον ύπολαμβάνει [κεΙΧ,ονος δεϊσθαι δαπά- 
νης καΐ κακοπαθείας τ6 καθή(Λενον έν άστει συνάγειν 
υπομνήματα καΐ πολυπραγμονειν τα Λιγύων έ'θη και 
Κελτών, ή το πεφαθήναι των πλε(στων εθνών, καΐ τού- 
των αύτ(5πτην γενέσθαι (Extr. Vat., édit. Didot, 

1859, p. 530.) 



ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΠΕΝΤΕΚΑΙΔΕΚΑΤΗ. 

XI. (Cas., p. 699.) Ό δ' 'Αννίβας τα μεν θηρ{α προ 
πάσης της δυνάμεως , οντά πλε{ω τών ογδοήκοντα , μετά 
δέ ταύτα τους μισθοφ(5ρους επέστησε, περί μύριους οντάς, 
και δισχιλtoυc τον αριθμόν. Οδτοι δ' ήσαν Λιγυστινοι, 
Κελτοι, Βαλιαρεΐς, Μαυρούσιοι (Extr. anc, frag. Ι.) 

XII. (Cas., p. 701.) 'Επειδή δ' εγγύς ήσαν 

αλλήλων, οι μεν Ρωμαίοι, κατά τα πάτρια συναλαλά- 
ξαντες και συμψοφήσαντες τοις ξίφεσι τους θυρεούς, προσ- 
έβαλον τοις ύπεναντίοις. Οι δέ μισθοφόροι τών Καρχη- 
δονίων άδιάκριτον ίποίουν τήν φωνήν και παρηλλαγμένην • 
où γαρ πάντων ή ν κατά τον ποιητή ν δ αυτός θροϋς, 

ούδ' ία γήρυς • 
άλλη δ' άλλων γλώσσα, πολύκλητοι δ' 'έσαν άνδρες ^, 

καθάπερ άρτίως έξηριθμησάμην. 

XIII. Πάσης δ' ούσης εκ χειρός και κατ' άνδρα της 
μάχης, δια το μή δφασι μηδέ ξίφεσι χρήσθαι τους αγω- 
νιζόμενους, τη μέν εύχερείίίΐ και τόλμη προειχον οι μισ- 

Ι. Le trad. latin ibid. a-t-il lu τών συγγραφέων? il écrit : atque ali- 

quis ex historicis libenter eum interrogaret 

2. Iliad. Δ (iv) 437 s. : 

OO γαρ πάντων ήεν ομός θρόος ούδ' Γα γηρυς, 
άλλα γλώσσ' εμέμικτο, πολύκλητοι δ' ^σαν άνδρες. 



POLYBE, LIY. XV. LES GAULOIS A ZAMA. 285 

rhistorien s'il faut, selon lui, plus de dépenses et plus 
de fatigues pour réunir — tranquillement établi dans 
une ville — des notes et des mémoires, et étudier de 
cette façon les mœurs des Ligyes et des Celtes, ou 
pour connaître par expérience des peuples nombreux 
et tout voir chez eux par soi-même 



LIVRE XV. 

XI. Annibas mit en avant de toute son armée* ses 
bêtes* qui étaient plus de quatre-vingts, ensuite ses 
mercenaires au nombre d'environ douze mille : 
c'étaient des Ligystins, des Celtes, des Baliares, des 
Maurusies 

XII Quand on fut près les uns des autres, 

les Romains, poussant ensemble leur cri de guerre et 
frappant de leurs épées leurs boucliers, se jetèrent 
sur leurs adversaires. Les mercenaires des Carchè- 
donies firent entendre des clameurs confuses, toutes 
différentes, car tous ces peuples, comme dit le poète, 
n'avaient ni la même voix, 

« ni le même accent : l'un avait une langue, l'autre une autre; 
c'étaient des hommes appelés de maintes contrées. » 

J'en ai fait tout à l'heure l'énumération. 

XIII. Tout le combat se faisant de près et d'homme 
à homme, parce que les troupes engagées ne pou- 
vaient se servir ni de la pique ni de l'épée, au com- 
mencement les mercenaires avaient l'avantage, grâce 



1. A la bataille de Zama, an de R. 552, av. J.-C. 202. 

2. Ses éléphants. 



286 ΠΟΛΤΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΙΕ. 

θοφ($ροι τάς αρχάς, καΐ ποΧΚους κατετραυμάτιζον των 
Ρωμαίων • τω δε της συντάξεως άκριβεϊ καΐ τφ καθο- 
πλισ[Λω πιστεύοντες οΐ Ρωμ,αϊοί, [χαλλον έπέβαινον εις τ6 
πρ($σθεν\ 'Άμα δε τοΐς [Λεν Ρω(Λα(οις έποιχένων και τιαρα- 
καλούντων των κατ(5πιν, τοις δε {Λΐσθοφ($ροις των Καρχη- 
δονίων ου συνεγγιζοντων , ουδέ παραβοηθουντων , άλλ' 
άποδειλιώντων ταις ψυχαΐς, πέρας ένέκλιναν οι βάρβαροι, 
και δ^ξαντες έγκαταλε(πεσθαι προφανώς υπό των ίδιων, 
έπιπεσοντες κατά τήν άποχώρησιν εις τους έφεστώτας, 
εκτεινον τούτους. '^Ο και τζοΧλους ήνάγκασε των Καρχη- 
δονίων άνδρωδώς άποθανειν • φονευ(^[Λενοι γαρ υπό των 
[Λΐσθοφ($ρων, έ[Λάχοντο παρά τήν αυτών προαίρεσιν ol^ol 
προς τε τους ιδίους και προς τους Ρω[Λαίους. Ποιού|Λενοι 
δέ τον κίνδυνον έκστατικώς και παρηλλαγριένως , ουκ 
ολίγους διέφθειραν και τών ιδίων και τών ύπεναντίων. Και 
δή τω τοιούτω τρόπω συνέχεαν έπιπεσ(5ντες τας τών 
άστατων ση[Λαίας. Οι δέ τών πριγκίπων ήγε{Λ($νες, συνθεα- 
σά|Λενοι το -^ι-^ονος^ επέστησαν τάς αυτών τάξεις. Τών δέ 
[Λίσθοφ^ρων και τών Καρχηδονίων το πλείστον [χέρος το 
[Λέν ύφ' αυτών, το δ' υπό τών άστατων αυτοΰ κατεκόπη. 
Τους δέ διασωζθ[Λένους και φεύγοντας ουκ είασε κατα(Λΐ- ■ 
γήναι ταις δυνά[Λεσιν Αννίβας, άλλα προβαλέσθαι παραγ- 
γείλας τοις έπιστάταις, έκώλυσε (χή παραδέξασθαι τους 



1. Gomp. le récit de Tite-Live, XXX, xxxiv, qui, sur beaucoup de 
points, n'est que la traduction de celui de Polybe : Gongruens 
clamor a Romanis, eoque major et terribilior; dissonas il lis, ut 
gentium multarum discrepantibus linguis, voces. Pugna Romana 
stabilis, et suo et armorum pondère incumbentium in hostem : 

concursatio et velocitas illinc major quam vis Urgentibus et 

novissimis primes, ut semel motam aciem sensère Apud hostes, 

auxiliares cedentes secunda acies, Afri et Garthaginienses , adeo 
non sustinebant ut contra etiam pedem referrent. Igitur auxi- 
liares terga dant repente; et, in suos versi, etc. 



POLYBE, LIV. XV. LES GAULOIS A ZAMA. 2î87 

à leur adresse et à leur audace, et ils blessaient un 
grand nombre de Romains. Mais, confiants dans la 
perfection de leur ordonnance et dans la supériorité 
de leur armement, les Romains marchaient toujours 
en avant. Et en même temps ceux qui venaient der- 
rière eux les encourageaient. Au contraire, les Carchè- 
donies ne se rapprochaient pas de leurs mercenaires ; 
ils ne les soutenaient pas, car ils avaient peur, le cœur 
leur manquait. Finalement donc les Rarbares plièrent; 
il leur parut clair que de leur côté on les abandonnait ; 
ils se jetaient donc, en reculant, sur ceux qui les 
suivaient, et les tuaient. De là pour beaucoup de 
Càrchèdonies la nécessité de mourir en braves : égor- 
gés par les mercenaires, ils combattirent, en dépit 
qu'ils en eussent, et contre leurs propres soldats et 
contre les Romains. En soutenant cette lutte, l'esprit 
égaré, dans des conditions si extraordinaires, ils ne 
firent pas peu de victimes et parmi leurs propres 
troupes et parmi leurs adversaires. Et même de cette 
façon étant tombés sur les enseignes des hastats^, ils 
y mirent quelque confusion. Mais les chefs des princes, 
voyant ce qui se passait, leur opposèrent leurs corps. 
Les mercenaires et les Càrchèdonies tombèrent pour 
la plupart en cet endroit soit sous leurs propres coups, 
soit sous le fer des hastats. A ceux qui trouvaient leur 
salut dans la fuite Annibas ne permit pas de se mêler 
à ses troupes; mais, ordonnant à ceux des premières 
files de mettre la pique en arrêt, il les empêcha de 



1. Enseignes, traduction littérale de σημαίας, est pris ici dans le 
sens de manipules ou de compagnies. Il a eu ce sens dans l'ancien 

français. Monluc, IV, 203, édit. Ruble : « Ayant baillé pour cost 

effect la charge au cappitaine Monluc de douze cnse'Kjnes » 



288 ΠΟΛΤΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΙΖ, ΙΗ. 

εγγίζοντας. "Οθεν ήναγκάσθησαν ο^τοι (χέν ποιεισθαι τήν 
άποχώρησιν έπΙ τα κέρατα χαΐ τάς έκ τούτων ευρυχωρίας*. 
(Extr. anc, fragm. Ι.) 



ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΕΠΤΑΚΑΙΔΕΚΑΤΗ. 

XI. (Cas., ρ. 750.) Οδτοι δέ (οι των Ελλήνων πρεσ- 

βευταί) παρεγενήθησαν εις τήν Ρώ|Λην προ του τήν σύγ- 
κλητο ν διαλάβει ν υπέρ των εΙς τοΰτον τον ένιαυτόν καθεσ- 
τα[Λένων, πζ$τερον ά[Λφοτέρους υπάτους εις τήν Γαλατίαν, 
ή τον έτερον αυτών δεήσει πέμπειν έπι Φίλιππον. Πεπεισ- 
μ,ένων δέ δια των Τίτου φίλων, μ,ένειν τους υπάτους 
αμφότερους κατά τήν Ίταλίαν δια τον άπο των Κελτών 
φ(5βον, είσελΟόντες εις τήν σύγκλητον πάντες, κατηγ($ρουν 
άποτ($[Λως του Φιλίππου 

XII. (Cas., ρ. 751 .) Ή δέ σύγκλητος τους μέν υπά- 
τους ά(Λφοτέρους εις Γαλατίαν έξαπέστειλε, καθάπερ επάνω 
προειπα (Extr. anc, fragm. Ι.) 

ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΟΚΤΩΚΑΙΔΕΚΑΤΗ. 

XX. ..... Άλλα [χήν και τοις "Ελλησι ταπεινωθήναι 

μεν έπΙ πολύ συμφέρει τήν Μακεδόνων αρχήν, άρθήναί γε 
μήν ουδαμώς. Τάχα γαρ αυτούς πείραν λήψεσθαι της 
Θρακών και Γαλατών παρανομίας • τούτο γαρ ήδη καΐ 
πλεονάκις γεγονέναι (Extr. anc, fragm. Ι.) 



1. Comp. le récit d'Appien, Punie, XLIII ss., et la suite de celui 

de Tite-Live, même livre : in cornua vacuumque circa campum 

extra proelium ejecere, etc. 



POLYBE, LIV. XVII, XVIII. GAULOIS ET ROMAINS. ^89 

recevoir ceux qui approchaient : ces malheureux 
furent ainsi forcés de se retirer vers les ailes et dans 
l'espace qui s'étendait à la suite. 



LIVRE XVII. 

XI. Ceux-ci (les ambassadeurs des Hellènes) arri- 
vèrent à Rome avant que le sénat eut discuté , relati- 
vement aux magistrats élus pour cette année % la 
question de savoir s'il devait envoyer les deux consuls 
en Galatie^, ou en envoyer un contre Philippe. [Les 
sénateurs] s'étant, grâce aux amis de Titus [Q. Flami- 
nius], rangés à l'avis que les deux consuls resteraient 
en Italie, à cause des craintes qu'on avait du côté des 
Celtes, les ambassadeurs entrèrent tous dans l'assem- 
blée, et accusèrent rudement Philippe 

XII. Le sénat envoya les deux consuls en Galatie, 
ainsi que je l'ai dit ci-dessus. 



LIVRE XVIII. 

XX. « Il importe beaucoup aux Hellènes^ que 

la puissance des Macédones soit abaissée, nullement 
qu'elle soit détruite. [Qu'elle disparaisse] et bientôt 
ils éprouveront la violence des Thraces et des Calâtes, 
comme cela est déjà trop souvent arrivé » 



1. An de R. 557, av. J.-C. 197. — 2. Gaule cisalpine. 
3. Disc, de Flamininus dans le conseil des alliés de Rome, après 
la bataille de Cynocéphales, an de R. 557, av. J.-G. 197. 

II I \) 



290 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΚΒ. 

XXIV Νικήσας γαρ [χάχη Γαλατάς (6 "Ατταλος), 

δ βαρύτατον καΐ μ.αχί[Λώτατον έθνος ην τότε κατά τήν 
Άσίαν, ταύτην αρχήν έποιήσατο, καΐ τότε πρώτον αύτον 
έδειξε βασιλέα (Extr. de Valois, fragm. IV.) 



ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΕΙΚΟΣΤΗ ΔΕΥΤΕΡΑ. 

XVI. (Cas., p. 834.) Καθ' ον καιρόν εν ττ) Ρώμη τα 
περί τάς συνθήκας, τας τιρος Άντ(οχον, και καθόλου περί 
της Ασίας αί πρεσβειαι διεπράττοντο , κατά δε τήν 'Ελ- 
λάδα το των Αιτωλών έθνος έπολεμείτο , κατά τουτο^^ 
συνέβη, τον περί τήν Άσ(αν προς τους Γαλατάς πόλεμον 
έπιτελεσθήναι , υπέρ où νυν ένιστά[Λεθα τήν διήγησιν. 
(Extr. XXIX, Des Ambassades,) 

XVIII. (Cas., p. 836.) Άποδεξάμενος δε (Γνάιος) 

καΐ τους παρά τών άλλων πόλεων πρεσβευτάς κατά τήν 
Παμφυλίαν , και τήν προειρημένην δόξαν ένεργασάμενος 
έκάστοις κατά τάς έντεύξεις, άμα δε και τους Ίσιονδεις 
έξελόμενος εκ της πολιορκίας, αύθις έποιειτο τήν πορείαν 
ως έπι τους Γαλατάς. (Ambassades, XXXI.) 

XX. Γνάϊος, δ στρατηγός τών Ρωμαίων, πρέσβεις 
έξαπέστειλε προς τον Έποσόγνατον τον Γαλάτην, δ'πως 
πρέσβευση προς τους τών Γαλατών βασιλείς. ΚαΙ ο 
Έποσόγνατος έπεμψε προς Γνάϊον πρέσβεις, και παρεκάλει 
τον Γνάϊον τδν τών Ρωμαίων στρατηγόν, μή προεξανασ- 
τήναι, μηδ' επιβαλεϊν χείρας τοις Τολιστοβογίοις^ Γαλά- 
ταις • και διότι πρεσβεύσει προς τους βασιλείς αυτών 



1. Les anc. éditt. Τολιστοβόγοις; Schweigh. a rétabli Τολιστοβογίοις 
d'après le ms. d'Orsini. 



POLYBE, LIV. XXII. LES GALATES d'aSIE. ^91 

XXIV C'est après avoir vaincu en bataille 

rangée les Galates, la nation la plus redoutable et la 
plus belliqueuse qu'il y eût alors en Asie, qu'il (Attale)^ 
se constitua cette grande puissance, et c'est alors 
aussi qu'il commença de prendre le titre de roi 



LIVRE XXII. 

XVI. Pendant le temps que les ambassades venues 
de l'Asie s'occupaient à Rome des conditions du traité 
avec Antiochos, et, en général, des intérêts de leurs 
pays; que dans l'Hellade on faisait la guerre au peuple 
des Môles, alors prit fin en Asie la guerre contre les 
Galates, dont nous commençons le récit ^. 

XVIII Gnaïus [Manlius], ayant reçu dans la 

Pamphylie les ambassadeurs des autres villes, et ayant 
fait partager à chacun , dans ces entrevues , l'opinion 
ci-dessus rappelée, ayant de plus dégagé les assiégés 
d'Isionda, reprit sa marche vers le pays des Galates. 

XX. Gnaïus, le général des Romains, envoya des 
ambassadeurs à Eposognat le Galate, pour le charger 
d'une ambassade auprès des rois des Galates. Eposo- 
gnat, de son côté, envoya des ambassadeurs à Gnaïus, 
et pria le général des Romains de ne pas trop se hâter 
de partir et de ne pas employer la force contre les 
Galates Tolistobogies : il devait aller de sa personne, 



1. Attale 1•»• succède à Eumène, son frère, an de R. 513, av. 
J.-C. 241. 

2. An de R. 564, av. J.-G. 190. 



%^% ΠΟΛΥΒΙΟΤ ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΚΒ. 

Έιτοσ($γνατϋς, καΐ ποιήσεται λ($γους υπέρ της φιλίας ^ και 
πε{σεσθαι^ προς παν αυτούς παραστήσεσΟαι^ τα καλώς 
έχον. 

"Οντος 8έ του Γναίου προς τό πολισ[Λάτιον το καλού- 
[χενον Γορδιειον ^ , ήκον παρ' ^Έ^ΐίΟϋΟ'^Ίό.τοχί πρέσβεις , 
(Cas., ρ. 837.) άποδηλουντες , οτι πορευθείς διαλεχθείη 
τοις των Γαλατών βασιλευσιν * οι δ' απλώς εις ουδέν 
συγκαταβα(νοιεν φιλάνθρωπον, αλλ' ή θ ρο ικέτες δ[Λου τέκνα 
και γυναίκας και τήν άλλην κτήσιν άπασαν εις το καλού- 
(Λενονορος"Ολυ[Λπον, ετοιμ,οι προς [χάχην εισίν. (Ambass., 
XXXIII.) 

XXI. Όρτιάγων ό βασιλεύς τών εν 'Ασ{α Γαλατών, 
έπέβαλετο τήν απάντων τών Γαλατών δυναστείαν εις 
εαυτόν [/.εταστήσαι • και πολλά προς τούτο το (/.έρος 
εφόδια προσεφέρετο'* και φύσει και τριβή. Και γαρ ευεργε- 
τικός ην, και [/.εγαλοψυχος, και κατάτας έντεύξεις εύχα- 
ρις, και συνετός * το δέ συνέχον παρά Γαλάταις, άνδρώδης 
ην, και δυναμικός προς τας πολεμικάς χρείας. (Extr. de 
VaL) 

ΧΧΐΙ. Τών Ρω[Λα{ων, [Λετά τήν τών Γαλατών νικην^, 
στρατοπεδευόντων περί τήν "Αγκυραν πόλιν, και του Γναιου 
του στρατηγού προάγειν εις τούμπροσθεν [μέλλοντος, παρα- 
γίγνονται πρέσβεις παρά τών Τεκτοσάγων , άξιούντες τον 
Γνάϊον, τας [χέν δυνά[Λεις έάσαι κατά χώραν, αύτον δέ 



1. Correct. d'Orsini pour πεισεΤσθαι que donnait son ms.; Reiske 
proposait πέπεισται. 

2. Schweigh. avait mis par conj. παραστήσεται. 

3. Form. habituelle Γόρδιον, Gordium : toutefois Etienne de B. 
donne Γορδίειον. 

4. Suidas, προσεβάλλετο. 

5. Le ms. Bavar. ajoute les mots αυτών πραχθεΐσαν, que Schweig. 
juge appartenir au compilateur et non à Polybe. 



POLYBE, LIV. XXII. LES CALATES d'ASIE. 293 

lui Eposognat, trouver leurs rois, leur parler d'amitié 
[avec les Romains] , et il leur persuaderait de se prêter 
à toutes conditions honorables. 

Tandis que Gnaius était campé près de la petite 
ville appelée Gordiéum, des ambassadeurs vinrent de 
la part d'Eposognat lui annoncer que ce prince s'était 
rendu chez les rois des Galates et qu'il avait eu avec 
eux un entretien, mais que ces rois avaient simplement 
refusé toute condition amiable; qu'ayant rassemblé 
leurs enfants et leurs femmes, avec tout le reste de 
leur avoir, sur le mont dit Olympos, ils étaient prêts 
pour le combat. 

XXI. Ortiagon, roi des Galates d'Asie, avait pro- 
jeté de faire passer dans ses mains tout l'empire des 
Galates : les moyens pour arriver à ses fins lui étaient 
fournis en foule par son caractère et son expérience : 
il était bienfaisant , magnanime , affable , gracieux , 
plein d'intelligence, et, ce qui chez les Galates com- 
prend tout, il avait un cœur mâle et un esprit fécond 
en ressources pour les besoins de la guerre ^ 

XXII. Les Romains, après leur victoire sur les 
Galates^, étaient campés aux environs de la ville 
d' Ancyre , et Gnaius , leur général , était sur le point 
de pousser plus avant : alors arrivèrent des ambassa- 
deurs des Tectosages, qui demandèrent que Gnaius 
laissât ses troupes où elles étaient et qu'il se rendît 



1. Nous donnerons clans la suite le passage où Plutanjue {Bêla 
vertu des femmes) raconte, d'après Polybo, !'liistoiro de CliionKira , 
femme d'Ortiagon. On pourra comparer alors le récit de Titc-Live, 
XXXVIil, XXIV. 

'2. An de R. 5G4, av. J.-G. 190. 



2194 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΚΒ. 

κατά τήν έπιουσαν ή[Λέραν προελθειν εΙς τον μεταξύ τόπον 
των στρατοπέδων • ήξειν δε και τους παρ' αυτών βασιλείς 
κο ινολογησο [γένους ^ υπέρ των διαλύσεων. Του δέ Γναίου 
συγκαταθε[Λένου και παραγενηθέντος κατά το συνταχθέν 
Ιί,ετα φ' ιππέων • τ6τε ριέν ούκ ήλ^ον οι βασιλείς. Άνα- 
κεχωρηκ(^τος δέ αύτου προς τήν ιδίαν παρε[Λβολήν , αύθις 
ήκον οι πρέσβεις, υπέρ [^έν των βασιλέων σκήψεις τινας 
λέγοντες, άξιοΰντες δέ πάλιν έλθεϊν αύτον, δ'τι τους πρώ- 
τους άνδρας έκπέμψουσι κοινολογησο[Λένους^ υπέρ των 
δλων. Ό δέ Γνάϊος, κατανεύσας ήξειν, αυτός [χέν έ'(χεινεν 
έπι της ίδ(ας στρατοπεδείας * "Ατταλον δέ και των χιλιάρ- 
χων τ ίνας έξαπέστειλεν μετά τριακοσίων Ιππέων. Οι δέ 
των Γαλατών ήλθον μέν κατά το συνταχθέν , και 'λό-^ους 
έποιήσαντο περί τών πραγμάτων . τέλος δ' έπιθεΐναι τοις 
προειρημένοις , ή κυρώσαί τι τών δοξάντων, ούκ εφασαν 
εϊναι δυνατόν • τους δέ βασιλείς τη κατά πόδας ήξειν 
διωρίζοντο, συνθησομένους και πέρας έπιθήσοντας, ει και 
Γνάϊος δ στρατηγός έΤ,θοι προς αυτούς. Τών δέ περί τδν 
"Ατταλον έπαγγειλαμένων ήξειν τον Γνάϊον, τότε μέν έπι 
τούτοις διελύθησαν. Έποιουντο δέ υπερθέσεις ταύτας οι 
Γαλάται, και διεστρατήγουν τους Ρωμαίους, βουλόμενοι 
(Cas., ρ. 838.) τών τε σωμάτων τινά τών αναγκαίων 
και τών χρημάτων ύπερθέσθαι πέραν του '^Αλυος ποταμού * 
μάλιστα δέ τον στρατηγον τών Ρωμαίων , ει δυνηθεΐεν , 
λαβείν υποχείριο ν * ει δέ μη γε, πάντως άποκτεΐναι. 
Ταύτα δέ προθέμενοι, κατά τήν έπιουσαν έκαραδόκουν τήν 
παρουσίαν τών Ρωμαίων, ίτοίμους έχοντες ίππεΐς εις 
χιλίους Ό δέ Γνάϊος, διακούσας τών^ περί τον "Ατταλον, 
και πεισθείς ήξειν τους βασιλείς, εξήλθε, καθάπερ ειώθει. 



1. Les mss. κοινολογησαμένους, corr. par Gasaub. — 2. Sic tous les 
mss. à l'exception du Bavar. qui, ici comme plus haut, a κοινολογη- 
σαμ. — 3. Conject. de Reiske justifiée par le Bav. — Vulg. τα περί. 



POLYBE, LIV. XXII. LES GALATES d'ASIE. ^95 

le jour suivant sur le terrain situé entre les deux 
armées : leurs rois y viendraient de leur côté et, dans 
cet entretien, on verrait à s'accommoder. Gnaius 
consentit et, selon ce qui avait été réglé, arriva avec 
cinq cents cavaliers. Mais les rois ne vinrent pas et le 
consul se retira dans ses quartiers. Nouvelle démarche 
des ambassadeurs alléguant quelques raisons pour 
excuser leurs princes, et demandant derechef que 
Gnaïus vînt en personne au rendez-vous où seraient 
envoyés, pour terminer ces pourparlers, les premiers 
personnages du pays. Nouvelle adhésion de Gnaïus; 
mais il demeura dans son camp et dépêcha à sa place 
Attale et quelques chiliarques avec trois cents cava- 
liers. Les envoyés des Galates arrivèrent, selon ce 
qui avait été réglé, et les négociations commencèrent; 
mais ils dirent bientôt qu'il leur était impossible de 
rien terminer ni de prendre aucune décision valable. 
Ils assuraient que leurs rois viendraient le lendemain 
pour tout arranger et en finir, si le général romain 
se rendait lui-même près d'eux. Attale promit que 
Gnaïus viendrait, et sur ce point on se sépara. Or, 
voici le plan conçu par les Galates et leur stratagème 
pour tromper les Romains : ils voulaient déposer de 
l'autre côté de l'Halys une partie au moins des per- 
sonnes et des choses qui leur appartenaient, mais sur- 
tout, si faire se pouvait, se saisir du général romain, 
sinon, le tuer tout net. Ce dessein formé, ils atten- 
. daient, le jour suivant, l'arrivée des Romains, ayant là 
tout prêts environ mille cavaliers. Gnaïus, d'après ce 
qu'il avait entendu dire à Attale, était persuadé que les 
rois viendraient [au rendez-vous] ; il sortit donc de son 
camp, comme c'était son habitude, avec t^OO cavahers. 



296 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΚΒ. 

[^,ετά φ' ιππέων. Ιυνέβη δέ, ταις πρ^τερον ήμ,έραις τους 
έπΙ τάς ξυλείας καΐ χορτολογιας έκπορευο[Λένους έκ του 
των ίωμα(ων χάρακος επΙ ταύτα τα [χέρη πεποιήσθαι τήν 
icfoSov, εφεδρεία χρω(Λένους τοις έπι τον^ σύΧλο^ον πορευο- 
[Λένοις ιππευσιν. 05 καΐ τότε γενο[Λένου, καΐ πολλών έξε- 
ληλυθότων, συνέταξαν οι χιλίαρχοι, και τους ειθισ{Λένους* 
έφεδρεύειν τοις προνο(Λεύουσιν ιππείς έπι ταύτα τα μέρη 
ποιήσασθαι τήν ε^ο^ον. *^Ων έκπορευθέντων, αυτομάτως το 
δέον έγενήθη προς τήν έπιφερομένην χρείαν. (Ambass., 
XXXIV.) 

XXIV. Κατά τους καιρούς τούτους, κατά τήν Άσίαν 
Γναίου του των Ρωμαίων στρατηγού παραχειμάζοντος εν 
Έφέσω, κατά τον τελευταϊον ένιαυτον της υποκείμενης 
'Ολυμπιάδος, παρεγένοντο πρεσβεϊαι παρά τε των 'Ελλη- 
νίδων πόλεων των έπι της 'Ασίας, και παρ' ετέρων πλειό- 
νων, συμφορουσαι^ στεφάνους τφ Γναίω, δια το νενικη- 
κέναι τους Γαλατάς. "Απαντες γαρ οι τήν έπι τάδε του 
Ταύρου κατοικουντες ούχ ούτως έχάρησαν, Άντιόχου 
λειφGέvτoς^ έπι τω δοκειν άπολελΰσθαι, τινές μεν φόρων, 
οι δέ φρουράς, καθόλου δε πάντες βασιλικών προσταγμά- 
των, ως (Cas., ρ. 839.) έπι τω τον άπο τών βαρβάρων 
αύτοις φόβον άφηρήσθαι, και δοκειν άπηλλάχθαι της τού- 
των ύβρεως και παρανομίας. "^Ηλθε δέ και παρ' Άντιόχου 
Μουσαίος, και παρά τών Γαλατών πρεσβευται, βουλόμενοι 

μαΟειν έπι τίσιν αυτούς δει ποιεισθαι τήν φιλίαν Τοις 

δέ Γαλάταις (ό στρατηγός) άπεκρίθη διότι παραδεξάμενος 



1. Tous lesmss. donnent επΙ τους εφεδρεία χρωμένους τοις Casaub. 

et tous les éditt. suivants marquèrent ce passage comme altéré. 
— Correct, de Schweigh. 

2. Schweigh. COnject. κ. χ' τους είθισμένους. 

3. Les mss. συγχωροΰσαι, COrrect. d'Orsini; Reiske, συγχορηγοΟσαι. 

4. Orsin. avec tous les mss. ληφθέντος, corrigé par Casaubon. — 
D. Bouq. garde l'anc. leçon. 



POLYBE, LIV. XXII. LES GALATES d'ASIE. ^97 

Or, il était arrivé que, les jours précédents, les soldats 
romains qui étaient sortis du camp pour faire du bois 
et du fourrage avaient dirigé leur excursion de ce 
côté, sous la protection des cavaliers qui se rendaient à 
la conférence. La même chose se fit alors, et comme les 
soldats étaient sortis en grand nombre, les chiliarques 
ordonnèrent aux cavaliers habitués à protéger les four- 
rageurs de prendre encore la même direction. Grâce 
à ce mouvement, la mesure que réclamaient les cir- 
constances se trouva prise d'elle-même. 

XXIV. Vers ce temps-là, en Asie, Gnaïus, le général 
romain , avait à Éphèse ses quartiers d'hiver : c'était 
la dernière année de la présente Olympiade^; des 
ambassades vinrent des villes helléniques de l'Asie et 
de plusieurs autres apporter à Gnaïus des couronnes, 
en l'honneur de sa victoire sur les Galates^ C'est qu'en 
effet tous les peuples habitant en deçà du Tauros 
n'avaient pas éprouvé autant de joie de se croire, 
après la défaite d'Antiochos , délivrés , quelques-uns , 
de tributs, d'autres, de garnisons, tous en général de 
ses ordres royaux, qu'ils en ressentirent de se croire 
débarrassés de l'insolence et de la déloyauté de ces 
Barbares^. Musseos vint même de la part d'Antiochos, 
et les Galates envoyèrent des ambassadeurs qui vou- 
laient savoir quelles conditions étaient nécessaires 
pour faire amitié avec les Romains Aux Galates le 



1. 01. CXLVII, 4, an de U. 566, av. J.-C. 188. 

2. Tite-Live, XXXVIIl, xxxvii, pour tous ces faits, ne t'ait guère 

que traduire Polybe : Non gratulatum modo vénérant, sed 

coronas etiam aureas, pro suis qua^que facultatibus, attulerant 

3. Tite-Live, ibid. : Tolcrabilior regia servitus iuerat, quam /évi- 
tas immanium barbarorum 



%9S ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΚΕ. 

Εύμένη τον βασιλέα, τότε ποιήσεται τάς προς αύτους 

συνθήκας {Ambass., XXXV.) 

XXVII (Cas., p. 845.) Ιχεδον δε των αναγκαίων 

καΐ Ίτλείστων αύτοις διο)κη[Λένων, άναζεύξαντες προήγον 
εφ' Έλλήσποντον, βουλ($[Λενοι κατά τήν πάροδον ετι τα 
προς τους Γαλατάς άσφαλίσασθαι. (Ambass,, XXXVI.) 



ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΕΙΚΟΣΤΗ Ι1ΕΜΠΤΗ. 

IV. (Cas., ρ. 872.) Κατά τήν Άσίαν^ Φαρνάκης δ 
βασιλεύς, πάλιν ολιγωρήσας της γεγενηρ,ένης επι Ρωμαίους 
αναφοράς, Λεώκριτον μ,εν ετι κατά χειμώνα μετά μυρίων 
στρατιωτών έξαπέστειλε πορθήσοντα τήν Γαλατίαν * αυτός 
δε, της εαρινής ώρας ύποφαινούσης^, ήθροιζε τάς δυνάμεις, 
ώς έμβαλών εις τήν Καππαδοκίαν. ^Ά πυνΟαν($μενος Ευμε- 
νής δυσχερώς μεν έφερε το συμβαίνον, δια το πάντας τους 
της πίστεως ορούς ύπερβαίνειν τον Φαρνάκην * ήναγκάζετο 
δε το παραπλήσιον ποιεϊν. "Ηδη δ' αυτού συνηθροικ($τος 
τας δυνάμεις, κατέπλευσαν εκ της Ρώμης οι περί τον 
"Ατταλον^. Όμου δε γενόμενοι, και κοινολογηθέντες άλλή- 
λοις, άνέζευξαν παραχρήμα (Cas., ρ. 873.) μετά της 
στρατιάς. Άφικ^μενοι δε εις τήν Γαλατίαν, τον μεν 
Λεώκριτον ουκ ετι κατέλαβον • του δε Καρσιγνάτου '* καΐ 
του Γαιζοτόριος διαπεμπομένων προς αυτούς υπέρ ασφα- 
λείας, οι'τινες έτύγχανον ετι πρότερον ήρημένοι τα Φαρ- 



1. Ce morceau manque dans le Bavaricus. 

2. Vulg. άποφαιν. Correct, de fieiske, adoptée par tous les éditt. 

3. V. sur ce voyage d'Attale la note de Schweigh., t. NU, p. 561. 

4. Orsini voulait lire Έποσσογνάτου , mal à propos, puisque le 
Καρσίγνατος de Polybe semble bien être le même que le Cassignatus 
de Tite-Live, XLII, 57. Reiske. 



POLYBE, LIV. XXV. LES GALATES EN ASIE. 299 

général répondit que, quand il aurait reçu le roi 

Eumène, il traiterait avec eux \ 

XXVII Les affaires urgentes ayant été pour 

la plupart à peu près arrangées avec eux% ils^ par- 
tirent et marchèrent vers l'Hellespont, dans l'intention 
de prendre encore en passant des sûretés vis-à-vis 
des Galates. 



LIVRE XXV. 

IV. En Asie le roi Pharnacès, se souciant peu cette 
fois encore qu'on s'en fût rapporté aux Romains, 
envoya en plein hiver Léocrite avec dix mille soldats 
pour ravager la Galatie ; lui-même, dès que se montra 
le printemps, rassembla ses troupes comme pour se 
jeter sur la Cappadoce. A cette nouvelle, Eumène, 
tout en supportant avec peine ce qui arrivait, parce 
que Pharnacès passait toutes les bornes de la bonne 
foi, fut forcé de faire à peu près de même. Son armée 
était déjà réunie, lorsqu'Attale arriva de Rome. Les 
deux rois, se trouvant ensemble, eurent quelques 
entretiens, après quoi ils partirent avec leurs troupes. 
Arrivés en Galatie, ils n'y rencontrèrent plus Léocrite, 
mais Carsignat et Gsezotoris qui leur étaient envoyés 
pour écarter le danger et qui, après avoir encore 
auparavant embrassé le parti de Pharnace, promet- 



1. Tite-Live, /. c. .• Gallis responsum, quum ELimenes rex vcnissct, 
tum daturum iis leges 

2. Eumène et les députés d'Antiochos. 

3. Cn, Manlius et les députés romains. 



300 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Kç. 

νάκου, καΐ παν υπισχνου(Λένων ποιήσειν το προσταττ6[χε- 
νον • άττειπάμ-ενοι τούτους δια τήν προγεγενηριένην άθεσιαν, 
έξάραντες παντί τω στρ,ατεύμ,ατι, προήγον έπΙ τον Φαρνά- 

κην 

V Των δε πρεσβευτών (εκ της Ρώ|Λης) άναδεχομέ- 

νων πάντα τα δυνατά καΐ καλώς έχοντα ποιήσειν, άξ πούν- 
των δε τήν στρατίαν άπάγειν εκ της χώρας (της Μωκισ- 
σέων)...., συνεχώρησαν οι περί τον Εύμένη, και τη κατά 
π(5δας ευθέως άναζεύξαντες οδτοι , προήγον ως έπι Γαλα- 
τίας (Cas., ρ. 874.) 'Απράκτου γενορ,ένης της κοι- 
νολογίας δ [Λεν π6λε[Λος έγεγε'νητο κατάνο|;.ος, οι δε 

περί τον Ευμενή πάλιν έγίγνοντο περί τάς εις τοιηο^^ 
παρασκευάς (Ambass», LV.) 

ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΕΙΚΟΣΤΗ ΕΚΤΗ. 

VI. (Cas., ρ. 880.) Ό Φαρνάκης, έξαπιναίου και 
βαρείας αύτω της έφ^^δου γενο[Λένης, ετοψος ην προς παν 
το προτεινομενον * πρέσβεις γαρ έξαπέστειλε προς Εύ[Λένη 
και Άριαράθην. Των δε περί Ευ(Λένη και Άριαράθην προσ- 
δεξαμένων τους λίγους, και παραχρήμα συνεξαποστει- 
λάντων πρεσβευτας παρ' αυτών προς τον Φαρνάκην, και 
τούτου γενομένου πλεονάκις παρ' έκατέρων, έκυρώθησαν 
αι διαλύσεις έπι τούτοις * ΕΊρήνην ύπάρχειν Εύμένει και 
Προυσία και Άριαράθη προς Φαρνάκην και Μιθριδάτην εις 
τον πάντα χρόνον. Γαλατίας^ μή έπιβαίνειν Φαρνάκην 
κατά μηδέ να τρόπον. "Οσαι γεγ($νασιν πρότερον συνθήκαι 
Φαρνάκη προς Γαλατάς, άκυρους ύπάρχειν. 'Ομοίως 
Παφλαγονίας έκχωρειν, άποκαταστήσαντα^ τους οικήτο- 

1. Vulg. Γαλατίαν, correct, de Schweigh.; Reiske proposait Γαλατίί^. 

2. Correct, de Reiske et de Schweigli. au lieu de άποκαταστήσοντα 
de toutes les éditt. antérieures. 



POLYBE, LIV. XXYI. LES GALATES d'aSIE. 301 

taient d'exécuter en tout leurs ordres ; ils répondirent 
par un refus à caus« de leur précédente inconstance, 
et, partant avec toutes leurs troupes, ils marchèrent 

contre Pharnacès 

V Mais les députés (de Rome), prenant sur 

eux de faire tout ce qui serait possible et raisonnable, 
leur demandèrent de retirer leur armée du pays (des 

Mocissens) ; Eumène y consentit et le lendemain , 

ayant levé le camp, il marcha aussitôt vers la Gala- 

tie Les négociations qui s'engagèrent n'aboutirent 

pas,.... la guerre était devenue légitime, et Eumène 
fit pour la soutenir de nouveaux préparatifs 

LIVRE XXVI. 

VI. Pharnacès, en présence de cette invasion sou- 
daine, si dangereuse pour lui\ était prêt à accepter 
tout ce qui lui serait proposé : il envoya, en effet, 
des députés à Eumène et à Ariarathe. Eumène et 
Ariarathe ayant accueilli ce message et envoyé eux- 
mêmes une députation à Pharnacès, après plusieurs 
démarches de ce genre faites de part et d'autre, un 
accommodement fut réglé entre eux sur ces bases : 
La paix est faite entre Eumène, Prusias et Ariarathe 
d'un côté, et Pharnacès et Mithridate de l'autre, pour 
toujours; Pharnacès n'entrera en Galatie d'aucune 
façon ; tous les traités conclus entre Pharnacès et les 
Galates sont nuls et de nul effet; il sortira pareillement 
de la Paphlagonie, après y avoir rétabli les habitants 

l. La suite fait voir par quels ennemis Pharnacès était assailli. 



30^ ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΚΘ. 

ρας, ους προτερον έξαγηόχει, συν δε τούτοις δπλα, καΐ 
βέλη και τάς άλλας παρασκευάς. Άποδουναι δέ και Άρια- 
ράθη των τε χωρίων, δσα παρήρητο, [χετά της προϋιταρ- 
χούσης παρασκευής, και τους ό|Λήρους. Άποδουναι καΐ 
Ύίον παρά τον Π6ντον (δ (Λετά τίνα χρ<:$νον Εύμένης έδωκε 
Προυσία πεισθείς, μετά (χεγάλης χάριτος). Έγράφη δέ 
καΐ, κ. τ. λ. (Ambass», LIX.) 

IX Ήκ6ντων δέ των Δαρδανίων και διασα- 

φούντων περί της Περσέως κοινοπραγίας και των Γαλατών, 

εδοξε τη συγκλήτω πέ(Λψαι τινάς, τους αυτ^πτας 

έσο(Λένους των προσαγγελλο[Λένων. Και παραυτικα κατά- 
στησα ντες Αυλον Ποστού[Λΐον έξαπέστειλαν, και συν τούτω 
τ ίνας των νέων. {Ambass., LX1I.) 



ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΕΙΚΟΣΤΗ ΕΝΝΑΤΗ. 

Ι. h 'Ακολούθως δέ τούτοις Περσεύς και τα προς 

Γαλατάς και τα προς Γένθιον ^ {Extr. Vatic.) 

VI. Τή δυνάμει της πάρμης και των Λιγυστικών βυρ- 
σών άντειχον έρρωμένως οι Ρωμαίοι. (Suidas, ν. Πάρμη.) 

VI. ίί Δόξας μάλιστα τότε (Εύμένης) την ιδίαν 

αρχήν έν άσφαλεΐ βεβηκέναι, και πολλή ν έπιφέρειν ραστώ- 



1. Tite-Live, Épitomé, XLIV : Perses, sollicitatis in auxilium 
Eumene rege Pergami et Gentio rege Illyriorum, quia his pecu- 
niam, quam promiserat, non dabat, ab iis relictus est. — Tite-Live, 
même livre, 25-27. 



POLYBE, L. XXIX. LES GAULOIS ALLIÉS DE PERSÉE. 303 

qu'il en a autrefois expulsés, et il y joindra les armes, 
les traits et tout autre matériel de guerre. Il rendra à 
Ariarathe toutes les places qu'il lui a enlevées, ainsi 
que le matériel qui s'y trouvait alors et les otages. 11 
rendra aussi Tium sur le Pont. (Quelque temps après, 
Eumène , à la prière de Prusias , lui livra cette place 
que ce dernier reçut avec grande reconnaissance.) Il 
fut stipulé en outre, etc. 

IX Les Dardanies vinrent aussi (devant le 

sénat romain^) et révélèrent l'action commune 

de Persée et des Galates (Gaulois) : il parut bon à 
l'assemblée d'envoyer quelques commissaires pour 
voir par leurs propres yeux ce que valaient ces rap- 
ports. Séance tenante, on désigna pour cette mission 
Aulus Postumius auquel on adjoignit quelques jeunes 
membres [du sénat]. 



LIVRE XXIX. 

I. h Conséquent avec lui-même, Persée en fit 

autant à l'égard des Galates (Gaulois) et de Gen- 
thios ^ 

VI. Grâce à leur parme^ et aux byrses^ ligystiques, 
les Romains résistèrent vigoureusement. 

VI. d Au moment même où Eumène croyait 

que sa puissance avait marché d'un pas assuré et 
qu'elle lui apportait pour la suite du temps beaucoup 

1. An de R. 578, av. J.-G. 176. — 2. G'est-à-dire qu'il se montra 
aussi sottement avare à leur égard qu'il avait fait avec Eumène. — 
3. Bouclier rond servant dans l'armée romaine aux troupes légères 
et à la cavalerie. — 4. Uouclicr de cuir; scuto Hgustino, Tite-Livo, 
XLIV, 35. 



304 ΠΟΛΥΒΙΟΤ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Λ. 

νην τον έξης χρόνο ν , ατε του Περσέως και καθ($λου της 

εν Μακεδονία βασιλείας άρδην άνηρηαένης, τότε μεγίστοις 
ένεκύρησε κινδύνοις των κατά τήν Άσίαν Γαλατών άνυ- 
τζονοΎΐτως έπαναστάντων τοις καίροις. (^Extr. Vatic) 



ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΤΡΙΑΚΟΣΤΗ. 

ί. (Cas., ρ. 918.) Κατά τον καιρόν τούτον ήλθε παρά 
του βασιλέως Εύ[Λένους αδελφός "Ατταλος • εχο^ν μεν' 
ττροφασιν, ει και μή το κατά τους Γαλατάς έγεγονει σύμ- 
πτωι^α περί τήν βασιλε(αν, δ[Λως' έλΟειν εις τήν Ρώμην, 
ένεκεν του συγχαρήναι τή συγκλήτω, και τυχειν τίνος 
έπιση μασιάς , δια το συμπεπολεμηκέναι , και πάντων 
ευμενώς^ σφ(σι μετεσχηκέναι των κινδύνων ■ τότε δε και 
δια τήν Γαλατικήν περίστασιν ήναγκασμένος ήκεν εις τήν 
Ρώμην {Ambass., XCIII.) 

II. ..... (Cas., p. 919.) Μεγάλην ειδέναι^ πασι 

τοις θεοις χάριν , ει συμπνεύσαντες και μια γνώμη χ,ρώ- 
μενοι ("Ατταλος και Ευμενής αδελφός) δύναιντο τον άπο 
Γαλατών φόβο ν άπώσασθαι, και τον άπα τούτων έφεστώτα 
κίνδυνον (Ibid.) 

III. ..... (Cas., p. 920.) Παραπλησίως περί του 

πέπψαι πρεσβευτάς, τους παρακαθέξοντας^ τήν τών Γαλα- 
τών άπόνοιαν και πάλιν εις τήν εξ αρχής αυτούς άποκα- 



1. Vulg. δλως; corrigé par Reiske; Schweigh. maintient δλως. 

2. Gonj. dOrsin. ΕΟμένη, de Reiske ευγενώς. 

3. Les mss. είναι; είδέναι, conj. d'Orsini adoptée par Gasaubon. 
Gronov. propose δείν είδέναι. -— Schweigh. pense qu'on pourrait 
garder la leçon des mss. 

4. Reiske voudrait supprimer πάρα. 



POLYBE, LIV. XXX. LES GALATES d'ASIE. 305 

de loisir, vu que Persée et, pour tout dire, le royaume 
de Macédonie était ruiné de fond en comble, il se 
trouva en butte aux plus grands dangers à cause des 
Galates d'Asie qui se levèrent conlre lui. 

LIVRE XXX. 

Vers ce temps-là^ vint [à Rome], de la part du roi 
Eumène, Attale, son frère, et, bien que le malheur 
arrivé au royaume par le fait des Galates ne se fût 
pas encore produit, il avait cependant pour venir à 
Rome un motif; il voulait complimenter le sénat et 
obtenir quelque marque d'estime pour sa coopération 
à la guerre^ et son dévouement à partager tous les 
dangers [de la République] ; mais dès lors la situation 
que leur faisaient les Galates avait aussi nécessité ce 
voyage à Rome 

II « On devait aux dieux une grande recon- 
naissance de ce que, conspirant [au bien commun] et 
n'ayant qu'une même pensée , Attale et Eumène , son 
frère, pouvaient écarter la crainte que leur causaient 
les Galates et le danger dont ils étaient menacés de ce 
côté^ » 

III Il (Attale) parla également de l'envoi 

de députés pour contenir la démence des Galates et 
remettre ce peuple dans sa situation primitive; il 



1. An de R. 587, av. J.-G. 167. 

2. Contre Persée do Macédoine. 

3. Partie des représentations de Stratios, médecin et confident 
d'Eumène, à Attale pour l'empêcher do céder aux suggestions des 
ennemis de son frère. 

Il ^^0 



306 ΓΙΟΛΤΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ Λ, ΛΑ. 

ταστήσοντας^ διάθεσιν, παρεκάλεσε (δ "Ατταλος τήν των 

Ρω{Λα(ων σύγκλητον) δια πλει^^νων Τους δέ τιερί τον 

ΐΐότζλιον \a(vtov Ιπει^ψε (ή σύγκλητος) πρεσβευτας προς 
τους Γαλατάς. ΟΪς πο(ας μεν εδωκεν έντολάς, ειπείν ου 
ράδιον • στοχάζεσθαι δέ εκ των μετά ταύτα συμβάντων 

ου δυσχερές (Ihid.) 

XVII. (Cas., p. 929.) Μεγάλου ύπο των 

Γαλατών έπικρεμαμένου κινδύνου τη βασιλε{α (του Ευμε- 
νούς), προφανές ην δ'τι δια τδν σκυβαλισμον τούτον ο\ μέν 
του βασιλέως σύμμαχοι, ταπεινωθήσονται πάντες, οι δέ 

Γαλάται διπλασ(ως έπιρρωσθήσονται πρδ'ς τον π(^λεμον 

{Amhass,, XGVII.) 



ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΤΡΙΑΚΟΣΤΗ ΠΡΩΤΗ. 

' Π. (Cas., ρ. 931.) Τοις παρά των εκ της Άσιας 
Γαλατών πρεσβευταΐς συνεχώρησαν τήν αύτονομ(αν, 
μένουσιν εν ταις ιδ(αις κατοικ(αις, και μή στρατευόμενο ις 
έκτος τών ιδ(ων ορών. (Ambass., GII.) 

III και Γαλάται πεντακισχ{λιοι ( Athén . , V , 

ρ. 194. C.) 

VI. (Cas., ρ. 932.) Οι μέν ούν παρά του Πρου- 

σ(ου κατηγορ(αν έποιουντο Ευμενούς του βασιλέως • φάσ- 
κοντες ..... και της Γαλατίας ούκ άφ{στασθαι το παράπαν, 
ουδέ πειθαρχεϊν τοις της συγκλήτου δογμασιν... = . Ή δέ 
σύγκλητος διακούσας τών κατηγορούντων , ο6τ άπέρριπε 
τάς διαβολας, ούτ' έξέφαινε τήν εαυτής γνίομην, άλλα 
συνετή ρει παρ' εαυτή , διαπιστουσα καθόλου τοις περί τον 



1. Sic Gasaub., et le Bav. lui donne raison contre Reiske. 



POLYBE, LIV. XXX, XXXI. LES GALATES d'aSIE. 307 

adjura longuement à ce sujet le sénat romain Et, 

en effet, le sénat envoya, comme député auprès des 
Galates, Poplius Licinius. Quelles instructions lui 
furent données , il n'est pas aisé de le dire ; mais les 
conjectures qu'on en peut faire, d'après les événements 

qui suivirent, ne sont pas difficiles 

XVII Du côté des Galates un grand danger 

menaçait le royaume (d'Eumène) : il était donc clair 
qu'après un pareil affront \ les alliés de ce roi seraient 
tous abattus, et que les Galates seraient deux fois plus 
forts pour lui faire la guerre ^ 



LIVRE XXXI. 

II. Aux députés des Galates d'Asie on accorda l'au- 
tonomie, à la condition qu'ils resteraient dans leurs 
quartiers, sans jamais porter leurs armes hors de leurs 
frontières ^ 

III et cinq mille Galates (à la fête donnée 

à Daphné'^ par le roi Antiochos Épiphane). 

VI Les envoyés de Prusias accusèrent le roi 

Eumène, disant qu'il ne s'éloignait pas du tout de la 

Galatie, qu'il n'obéissait point aux décrets du sénat 

Le sénat, après avoir écouté les accusateurs, ni ne 
rejeta ces dénonciations, ni ne laissa voir sa pensée; 
il la garda par devers lui, ayant, en somme, la môme 



1. Le sénat lui avait interdit l'entrée de Rome. 

2. An de R. 588, av. J.-G. 166. 

3. An de R. 589, av. J.-G. 165. 

4. Bourg près d'Antioche. 



308 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΛΑ, ΛΒ. 

Εύ[Λένη καΐ τΟν ΆντίοχοΊ ' τοις γε μήν Γαλάταις άει τι 

προσετ(Βει καΐ συνεπ(σχυε περί της έλευθερ{ας {Amb., 

CIV.) 

IX. (Cas., p. 936.) ΕΙς δε τήν Ρώ^χην και πλεΐ($νων 

παραγεγονοτων , έχρη{χάτισεν ή σύγκλητος τοίς περί 
"Ατταλον και τον 'Αθήναιον. Συνέβαινε γαρ, τόν Προυσ{αν 
ού {Λ($νον αύτον ενεργώς κεχρήσθαι ταϊς δ^αβολαϊς, ταις 
κατά τον Εύ(Λένη και τον "Ατταλον^, άλλα και τους 
Γαλατάς παρωξυγκέναι % και τους 2ελγεΐς% και πλε(ους 

ετέρους κατά τήν Άσιαν, προς τήν αυτήν. ύπ(5θεσιν 

{Ambass., CVI.) 

XXIII. (Cas. p. 947.) Πρεσβευτάς δε κατέστη- 
σαν [Λετά τινας ήι^έρας τους περί Τιβέριον Γράκχον , και 
Λεύκιον Αέντλον, και Ιερουίλιον Γλαυκ{αν • οιτινες εριελ- 
λον ..... έπιβάλλοντες έπι τήν Άσίαν, τά τε κατά τον 
Δη(Λήτριον καραδοκήσειν , και τάς των άλλων βασιλέων 
προαιρέσεις έξετάσειν, καΐ τα προς τους Γαλατάς άντιλε- 
γ($ρ.ενα τοις προειρη[Λένοις διευκρινήσειν. Διο τον Τιβέριον 

κατεστήσαντο πάντων αύτ($πτην γεγονέναι (Ambass., 

GXIV.) 



ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΤΡΙΑΚΟΣΤΗ ΔΕΥΤΕΡΑ. 

III. (Cas., ρ. 952.) Κατά τήν Άσ(αν, Προυσιας μεν 

έξέπε[Λψεν εις τήν Ρώ[Λην πρεσβευτάς [χετα Γαλατών, τους 
κατηγορήσοντας Ευμενούς • οϊ)τος δε πάλιν τον άδελφόν 
"Ατταλον έξαπέστειλεν , άπολογησόμενον προς τάς διαβο- 
λάς {Ambass., CXIX.) 

1. Conj. de Gronov., καΐ τον Άντίοχον; Reiske proposait κατά τοΟ 
Ευμενούς κα\ του 'Αττάλου. — 2. Correct, de Reiske , au lieu de la 
vulg. παρωξυκέναι. — 3. Bav. Έλεγεϊς, Orsini donne Έλγείς, malgré 
l'autorité de son ms. qui a Σελγείς, admis depuis Gasaubon. 



POLYBE, LIV. XXXI, XXXII. LES GALATES d'ASIE. 309 

défiance à l'égard d'Eumène et d'Antiochos. Mais il 
ne cessait pas d'ajouter quelque chose à la Galatie et 

de l'aider à recouvrer sa liberté Κ 

IX. Parmi les nombreux députés qui étaient arrivés 
à Rome , le sénat donna audience à ceux d' Attale et 
d'Athènaeos*. Il arrivait, en effet, que Prusias, non 
content d'user envers Eumène et Attale de violentes 
invectives, excitait les Galates, les Selgiens et plusieurs 
autres peuples de l'Asie à entrer dans le même des- 
sein 

XXIII On désigna comme députés, quelques 

jours après, Tibérius Gracchus, Leucius Lentlus et 

Servilius Glaucia : ils devaient entrer en Asie, 

observer la conduite de Dèmètrios^, étudier les inten- 
tions des autres rois et examiner attentivement les 
contestations de ces princes avec les Galates. Aussi 
Tibérius reçut -il pour instructions de tout voir par 
lui-même 



LIVRE XXXII. 

III. En Asie, Prusias envoya, de concert avec les 
Galates, une ambassade à Rome pour accuser Eumène ^ 
Celui-ci, de son côté, dépêcha de nouveau Attale, son 
frère, pour le défendre contre ces dénonciations 



1. An de R. 590, av. J.-G. 164. — 2. Frère d'Eumène et d'Attale. - 
3. Fils de Seleucos et petit-iîls d'Antiochos le Grand, lequel, retenu à 
Rome comme otage, s'en était échappé pour aller disputer le trône 
de Syrieà Antiochos Eupatôr (592, 162).— 4. An de U. 593, av. J.-C. 161. 



31 Ο ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΛΒ, ΛΓ. 

V. (Cas., ρ. 953.) Μετά δε τούτους (τους παρά 

Άριαράθου ιιρέσβεις), 'Αττάλου παραγενηθέντος, ήδη των 
υπάτων τάς αρχάς ε?ληφ(^των, και των Γαλατών αύτου 
κατηγορησάντων, ους άπεστάλκει Προυσίας, και πλεΐ($νων 
ετέρων άπο της Άσ(ας • διακούσασα πάντων ή σύγκλητος, 
où {jL($vov απέλυσε των διαβολών τον "Ατταλον , άλλα και 

προσαυξήσασα τοις φιλανθρώποις έξαπέστειλε {Amb., 

CXXI.) 



ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΤΡΙΑΚΟΣΤΗ ΤΡΙΤΗ. 

IV. (Cas., ρ. 961.) Κατά τον αύτον καιρόν ήκον 
πρεσβευται^ και παρά Μασσαλιητών. Οι πάλαι μ.εν κακώς 

πάσχοντες ύπο τών Αιγυστινών, τότε δε συγκλειόμενοι 
τελέως, καΐ προς τούτοις και πολιορκου(Λένων τών πόλεων 
Άντιπολεως και Νικαίας, έξαπέστειλαν πρεσβευτας εις την 
Ρώμην, τους τε τα γιγν6{χενα διασαφήσοντας, και δεομέ- 
νους σφισι βοηθεΐν. ~Ων και παρελθόντων εις τήν σύγκλη- 
.τον, εδοξε τω συνεδρίφ πρεσβευτάς πέ(Λψαι, τους αμα μεν 
αύτοπτας γενησο μένους τών γιγνο μένων, άμα δε πειρασο- 
μένους λόγω διορθώσασθαι τών βαρβάρων τήν άγνοιαν. 
{Ambass., CXXXI.) 

V. Κατά τους καιρούς, καθ' ους έξέπεμψεν τον 'Οπι- 
μιον έπι τον τών Όξυβιων πόλεμον, ήκε Πτολεμαίος δ 
νεώτερος εις τήν Ρώμην. {Ambass,, GXXXI1.) 

VIL• (Cas., p. 962!.) Τών Μασσαλιητών διαπρεσβευ- 
σαμένων προς Ρωμα(ους , κακώς πάσχειν αυτούς ύπο τών 
Αιγυστινών , παραχρήμα κατέστησαν Φλαμινιον , και 
Ποπιλλιον Ααινάτον, και Αεύκιον Πόπιον πρεσβευτάς. Οι 

1. Πρεσβευται manque dans les mss., ajouté par Orsini. 



POLYBE, LIV. XXXII, XXXIII. ROME ET MASSALIE. 311 

V Après eux (les ambassadeurs d'Ariarathe) , 

aiTÎva Attale ^ ; les nouveaux consuls étaient déjà 
entrés en charge ; on reçut les accusations des Galates 
envoyés par Prusias, et celles de plusieurs autres 
peuples de l'Asie; mais, quand le sénat eut tout 
entendu, non seulement il déchargea Attale de tous 
ces griefs, mais il le renvoya après lui avoir donné 
de nouvelles marques de son amitié 



LIVRE XXXIII. 

IV. Vers la même époque ^ il arriva des députés de 
la part des Massaliètes. Depuis longtemps maltraités 
par lesLigystins, ils étaient alors complètement cernés 
par ces barbares qui, en outre, assiégeaient leurs villes 
d'Antipolis et de Nicœa : ils envoyèrent donc à Rome 
des ambassadeurs pour faire connaître ce qui se 
passait et demander du secours. Quand ces ambassa- 
deurs eurent été introduits dans le sénat, l'assemblée 
décréta l'envoi de députés qui devaient voir par eux- 
mêmes ce qui se passait, et essayer en même temps de 
redresser par de sages avis la démence des barbares. 

V. Au temps où [le sénat] envoya Opimius à la 
guerre contre les Oxybies, Ptolémée le jeune vint à 
Rome 

VII. Les ambassadeurs Massaliètes ayant informé 
les Romains du mal que leur faisaient les Ligystins, 
on avait à l'instant même nommé des députés, Flanii- 
nius, PopilUus La^natus et Leucius Popius, qui, faisant 

1. 594, 160. — 2. An do R. 600, av. J.-C. 154. 



312î ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΛΓ. ' " . 

και πλέοντες [χετά των Μασσαλιητών , πρόσεσχον της 
Όξυβ(ων χώρας κατά π^λιν Αΐ'γιτναν^ 01 δε ΑιγυστινοΙ, 
προακηκο6τες , οτι πάρεισιν έπιτάξοντες αύτοΐς λύειν τήν 
πολιορκιαν, τους [χέν άλλους ετι καθορ|Λΐζομένους έπελ- 
θόντες έκώλυσαν της αναβάσεως • τον δε Φλα[Λ(νιον κατα- 
λαβόντες άποβεβηκ^τα και τάς άποσκευας άποτεθειμένον, 
τάς [Λεν αρχάς έκέλευον αυτόν (Cas., ρ. 963.) εκ της 
χώρας άπολύεσθαι * του δε παρακούοντος , ήρξαντο τα 
σκεύη διαρπάζειν. Των δε τταίδων και απελεύθερων άντι- 
ποιου|Λένων και κωλυ^ντων, άπεβιάζοντο και προσέφερον 
τούτοις τάς χείρας. Έν φ καιρώ και του Φλα[Λΐνίου 
ΙΙ^ο-φουντοζ τοις ιδίοις, τo\JτoΊ [χέν κατέτρωσαν, δύω δέ 
των οίκετών κατέβαλον, τους δέ λοιπούς κατεδίωξαν εις 
τήν ναυν, ώστε τον Φλαμίνιον, μ.6γις άποκόψαντα τά- 
π(^γαια και τάς αγκύρας, διαφυγειν τον κίνδυνον. Ο5τος 
μεν αποκομισθείς εις Μασσαλίαν, έθεραπεύετο μετά πάσης 
επιμέλειας. Ή δέ σύγκλητος πυθομένη τα. γεγονότα, 
παραχρήμα τον ενα των υπάτων Κόϊντον 'Οπιμιον έξα- 
πέστειλε μετά δυνάμεως, πολεμήσοντα τοις Όξυβίοις και 
Δεκιήταις. 



VIII. Ό δέ Κόϊντος, συναθροισας τας δυνάμεις εις τήν 
των Πλακεντίνων πόλιν, και ποιησάμενος τήν πόρειαν δια 
των Άπεννίνων ορών, ήκεν εις τους Όξυβίους. 2τρατοπε- 
δεύσας δέ παρά τον "Απρωνα^ ποταμό ν, άνεδέχετο τους 
πολεμίους, πυνθανόμενος αυτούς άθροίζεσθαι, και πρόθυ- 
μους είναι προς το προκινδυνεύειν. Και προσαγαγών τήν 
στρατιαν ό Κοϊντος προς τήν Αΐ'γιτναν, έν ή συνέβη τους 

1. Le ms. d'Orsini donne ici αίγιαλον : corrigé d'après le mot 
Αιγιτναν qui se trouve plus bas. 

2. Ούαρον, conject. d'Orsini. 



POLYBE, LIV. XXXIII. ROME ET MASSALIE. 313 

voile avec les Massaliètes, avaient abordé à iEgitna^ 
dans le pays des Oxybies. Les Ligystins, informés 
d'avance qu'on venait leur ordonner de lever le siège, 
arrivèrent à point pour empêcher le débarquement 
de ceux qui étaient encore dans les eaux du port : 
quant à Flaminius qui avait déjà quitté le vaisseau et 
débarqué ses bagages, l'ayant surpris, ils lui ordon- 
nèrent d'abord de sortir du pays; puis, comme il ne 
les écoutait guère, ces barbares se mirent à piller ses 
bagages : ses esclaves et ses affranchis, qui s'efforçaient 
de les en empêcher, furent repoussés violemment et 
l'on osa même porter la main sur eux. A ce moment 
même, comme Flaminius venait au secours de ses 
gens, il fut blessé, deux de ses domestiques tombèrent 
sous les coups, et le reste fut poursuivi jusqu'au 
navire, si bien que Flaminius, ayant coupé les amarres 
et levé les ancres, put ainsi non sans peine échapper au 
danger. Transporté à Massalie, il y reçut les soins les 
plus attentifs. Le sénat, instruit de ce qui s'était passé, 
envoya à l'instant même un des consuls, Quintus 
Opimius, avec une armée pour faire la guerre aux 
Oxybies et aux Déciètes. 

Vin. Quintus, ayant rassemblé ses troupes dans la 
ville des Placentins, fit route par les Apennins et arriva 
vite chez les Oxybies. Campé sur les bords du fleuve 
Apron^, il attendit les ennemis qui, d'après ses infor- 
mations, se rassemblaient et se montraient pleins 
d'ardeur pour engager la lutte. Quintus ayant mené 
son armée à iEgitna, où le droit des gens avait été 

1. Cette ville ne se trouve pas mentionnée ailleurs. Ckiwor et 
Danville croient qu'elle est la môme que Oxybius porhis, auj. 
Agaye ou Napoule. — 2. Rivière inconnue. 



31 4 ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΛΓ. 

πρεσβευτάς παρασπονδηθηναι , τήν πάλιν κατά κράτος 
ελών, έξηνδραποδ(σατο , καΐ τους αρχηγούς της ύβρεως 
απέστειλε δεσ[Λίους εις τήν Ρώμην. ΚαΙ ταύτα διαπραξά- 
μενος, άπήντα τοις πολε(Λ(οις. Οι δέ Όξύβιοι, νομίζοντες, 
άπαρα{τητον αύτοις είναι τήν εις τους πρεσβευτάς άμαρ- 
τίαν, παραλόγω τινι χρησάμενοι θυμφ, καΐ λαβ($ντες 
όρμήν παραστατικήν , πριν ή τους Δεκιήτας αύτοΐς συμ- 
[χίξαι, περί τετρακισχιλίους άθροισθέντες* ώρμησαν έπι 
τους πολεμίους. Ό δέ Κά'ντος, ιδών τήν icfoSo^^ και το 
θράσος των βαρβάρων, τήν μεν άπ^νοιαν αυτών κατε- 
πλάγη * θεωρών δέ μηδενι λ6γω ταύτη χρωμένους τους 
εχθρούς, ευθαρσής ην, ατε τριβήν εν πράγμασιν έχων, 
και τη φύσει διαφερόντως άγχίνους υπάρχων. Διόπερ 
έξαγαγών τήν αύτου στρατιάν , καΐ παρακαλέσας τα πρέ- 
ποντα τοις καιροις, ήει βάδην έπι τους πολεμίους. Χρη- 
σάμενος δέ συντόνω προσβολή, ταχέως ένίκησε τους άντι- 
ταξαμένους, και πολλούς μέν αυτών άπέκτεινε, τους 
δέ λοιπούς ήνάγκασε φυγείν προτροπάδην. (Cas., ρ. 964.) 
Οι δέ Δεκιήται ήθροισμένοι παρήσαν, ως μεθέξοντες τοις 
Όξυβίοις τών αυτών κινδύνων. Ύστερέσαντες δέ της 
μάχης, τους φεύγοντας έξεδέξαντο, και μετ' ολίγον συνέ- 
βαλον τοις Ρωμαίοις μετά μεγάλης ορμής και προθυμίας. 
Ήττηθέντες δέ τη μάχη , παραυτίκα πάντες παρέδωκαν 
σφας αυτούς και τήν πάλιν εις τήν Ρωμαίων πίστιν. Ό 
δέ Κάϊντος , κύριος γεν($ μένος τούτων τών εθνών , παραυ- 
τίκα μέν της χώρας, δ'σην ένεδέχετο, προσέθηκε τοις 
Μασσαλιήταις, εις δέ το μέλλον ομηρα τους Λιγυστινούς 



1. La trad. lat. : « Quanquam illi jam congregati (DeciataB) essent 

ad quatuor millia numéro » Trad. Bouchot : « avec les 

Décéates qui étaient sous les armes au nombre d'environ quatre 
mille » Évidemment on a lu άθροισθέντας. 



POLYBE, LIV. XXXIII. LES ROMAINS EN LIGURIE. 315 

violé dans la personne des ambassadeurs, il prit cette 
ville de vive force, réduisit les habitants en esclavage 
et envoya à Rome, bien enchaînés, les principaux 
auteurs de l'outrage. Ce devoir accompli, il marcha 
au-devant des ennemis. Les Oxybies, pensant ne pou- 
voir obtenir le pardon de leur crime envers les ambas- 
sadeurs, cèdent à une ardeur insensée, et, prenant un 
élan frénétique , au lieu d'attendre leur jonction avec 
les Déciètes, se rassemblent au nombre d'environ 
quatre mille, et courent à l'ennemi. Quintus, en 
voyant l'allure des barbares et leur audace, fut 
d'abord étonné de cette démence. Mais, considérant 
que dans ce mouvement des ennemis il n'y avait 
aucun calcul, il eut bon courage, en homme qui à 
l'expérience joignait une présence d'esprit supérieure. 
Il mène donc hors du camp son armée, et, lui ayant 
fait les recommandations qu'exigeaient les circons- 
tances, il s'avance d'abord au pas vers les ennemis; 
puis, pressant son allure, il s'élance et, en moins de 
rien, le voilà vainqueur. De ses adversaires, un bon 
nombre sont tués, les autres forcés de fuir à la déban- 
dade. Alors parurent les Déciètes qui s'étaient rassem- 
blés, pour prendre avec les Oxybies leur part des 
mêmes dangers. Mais ils arrivaient après la bataille; 
ils recueillirent les fuyards, et bientôt ils se jetèrent 
sur les Romains avec un grand élan, une merveilleuse 
ardeur. Défaits dans la bataille, ils se livrèrent tous eux- 
mêmes et sur-le-champ à la discrétion des Romains. 
Quintus, devenu maître de ces peuples, annexa pour le 
moment au territoire des Massaliètes tout ce qu'il put 
enlever au pays conquis, et pour l'avenir il obligea les 
Ligystins de livrer à des époques fixes des olages aux 



316 ' ' ΠΟΛΥΒΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΛΓ. 

ήνάγκασε διδόναι κατά τινας τακτούς ■χρ6voυc τοις Μασσα- 
λιήταις^ * αύτος δε παροπλισας τους άντιταξα(/.ένους, και 
διελών τήν δύνα[χιν έπΙ τας πόλεις , αύτοΰ τήν παραχει- 
μ,ασίαν έτυοιήσατο. Και ταύτα μιέν όξεΐαν έλαβε καΐ τήν 
συντέλειαν. (Ambass., GXXXIV.) 



1. Le territoire de Massalie (Marseille) avait été déjà agrandi par 
C. Sextius Calvinus, le fondateur d'Aquae Sextiae (Aix), après sa 
victoire sur les Salyes, 123 av. J.-C. V. Strab., IV, i, 5, dans notre 
t. I, p. 76-77. — Le géographe («6., IV, vi, 3, p. 154-155) ne compte 
les Oxybies et les Déciètes parmi les peuplades Ligures qu'en 
s'appuyaut sur l'autorité de Polybe. 



Mi 



POLYBE, LIV. XXXIII. LES ROMAINS EN LIGURIE. 317 

Massaliètes. Enfin, ayant désarmé ceux qu'il avait 
combattus, il distribua son armée dans les villes et 
prit ses quartiers d'hiver dans la contrée. Ainsi ces 
événements eurent une issue non moins prompte que 
leur commencement. 



LIVRE XXXIV. 

(Ce livre était surtout géographique. Le peu qu'il 
en reste se trouve dans des citations de Strabon et 
d'Athénée. Nous avons donné les premières dans 
notre tome P•"; on trouvera les autres parmi tous les 
passages du Banquet des Savants qui concernent les 
Gaulois.) 



ΠΟΣΕΙΔΩΝΙΟΥ ΑΠΑΜΕΩ2 

ή Ροδίου^ 

ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΕΙΚΟΣΤΗ ΤΡΙΤΗ. 

ΚελτοΙ περιάγοντας [χεθ' αυτών και πολε(Λουντες συρι- 
βιωτας, ους καλουσι παρασίτους. Οδτοι δε εγκώμια αυτών 
και προς αθρόους λέγουσιν ανθρώπους συνεστώτας, και 
προς εκαστον τών κατά [Λέρος έκε(νων άκροωμένων. Τα δε 
ακούσματα αυτών εισιν οι καλούμενοι Βάρδοι^ * ποιηται 
δε οδτοι τυγχάνουσι μετ' ωδής επαίνους λέγοντες. 



ΚελτοΙ ενίοτε παρά το δειπνον μονομαχουσιν • εν γαρ 
τοις δπλοις άγερθέντες σκιαμαχοΰσι και προς αλλήλους 
άκροχειρίζονται , ποτέ δέ και μέχρι τραύματος προίασι, 
και εκ τούτου έρεθισθέντες, εάν μή έπισχώσιν οί παρόντες, 



1. Posidonios d'Apamée en Syrie, surnommé le Rhodien, parce 
qu'il passa presque toute sa vie à Rhodes; av. J.-G. 135-50. Entre 
autres ouvrages, il avait écrit une Histoire (en. 52 livres) qui conti- 
nuait celle de Polybe et qu'on attribuait faussement à un autre 
Posidonios d'Alexandrie et à un autre encore d'Olbiopolis. — De 
tous les ouvrages de Posidonios il ne reste que des fragments. De 
ceux qui concernent les Gaulois nous n'en donnons que quatre, 
les seuls qui soient des citations textuelles; ils se trouvent dans 
Athénée, VI, p. 246, G, et IV, p. 151, E, et p. 154, A. — Pour les 
autres citations de Posidonios, v. les tables. — 2. Gonf. Diod. Sic. V, 
31; Strab., IV, iv, 4, p. 138-139 de notre t. I; Lucain, I, 446 et ss. 



POSIDONIOS D'APAMÉE 



ou DE RHODES. 



HISTOIRES. LIVRE ΧΧΙΠ. 



Les Celtes emmènent avec eux, même à la guerre, 
de ces commensaux qu'on appelle parasites. Ces 
parasites célèbrent les louanges de leurs patrons 
et devant des assemblées nombreuses et même devant 
quiconque veut bien en particulier leur prêter Toreille. 
Ces personnages qui se font entendre ainsi sont ceux 
qu'on appelle Bardes : ce sont aussi les poètes qui 
dans leurs chants prononcent ces éloges ^ 

Les Celtes, parfois, pendant leur repas organisent 
de vrais duels. Toujours armés dans leurs réunions, 
ils se livrent des combats simulés et luttent entre eux 
du bout des mains; mais parfois aussi ils vont jus- 
qu'aux blessures; irrités alors, si les assistants ne les 



1. Tel paraît bien être le sens de cette phrase; Athénée lui- 
même (V, p. 211, G) emploie ακούσματα dans une acception ana- 
logue à celle que ce mot semble avoir ici, νεύσας είσαγαγειν έκέλευσε 
ta ακούσματα, « d'un signe il ordonna d'introduire ceux qu'on devait 
entendre » (les musiciens, les chanteurs). Malgré ce rapprochement 
très spécieux, indiqué par Schweigh., je serais très disposé à tra- 
duire : « Ces morceaux qu'ils font entendre sont ce qu'on appelle 
Bardes; les Bardes sont aussi les poètes, etc. » — Cf. Tacit., Germ., 
111 : carmina, quorum relatu quem barditum vocant, etc. 



320 ΠΟΣΕΙΔΩΝΙΟΤ ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΚΓ. 

και εως αναιρέσεως έρχονται. Το δέ παλαιον παρατεθέν- 
των κωλήνων τα [χηριον ό κράτ ιστός έλάμ,βανεν • ει δέ 

τις έτερος άντιποιήσαιτο , συνίσταντο [Λονο[Λαχήσοντες 
μέχρι θανάτου. "Αλλοι δ' εν θεάτρω λαβόντες άργυρ(ον ή 
χρυσ(ον, οι δέ οίνου κεραμίων άριθ[Λ(5ν τίνα, και πιστω- 
σάμενοι, τήν δ6σιν και τοις άναγκαιοις ή φίλοις διαδωρη- 
σάμενοι ύπτιοι έκταθέντες ετά θυρεών κείνται, και παρασ- 
τάς τις ξιφει τον λαιμον άποκί^πτει*. 



Κελτοι τάς τροφάς^ προτίθενται, χ(^ρτον υποβάλλοντες, 
και έπι τραπεζών ξύλινων , μικρόν άπο της γης επηρμέ- 
νων. Ή τροφή δ' έστιν άρτοι μέν ολίγοι, κρέα δέ πολλά 
εν υδατι, και οπτά έπ' ανθράκων ή οβελίσκων. Προσφέ- 
ρονται δέ ταύτα καθαρείως μέν, λεοντωδώς δέ, ταις χερσίν 
άμφοτέραις αϊροντες ολα μέλη,• καΐ άποδάκνοντες • εάν 
δέ ή τι δυσαποσπαστον , μαχαιρίω μικρώ παρατέμνοντες, 
δ τοις κολεοις εν ιδία θήκη παράκειται. Προσφέρονται δέ 
και ιχθΰς οι τε παρά τους ποταμούς οίκου ντε ς και παρά 
τήν έντος και τήν έξω θάλασσαν , και τούτους δέ οιττους 
μετά άλών και οζ,ους και κυμίνου. Τούτο δέ και εις το 



1. 11 ne faut pas oublier que Posidonios avait visité avec soin 
presque toutes les contrées dont il parle, l'Espagne et la Gaule 
notamment; ainsi il était resté trente jours à Gadès (Strab., 111, 
I, 5). On trouva encore dans Strabon, qui accorde la plus grande 
confiance à ses assertions, d'intéressants détails sur ses voyages 
(III, 11, 5). Souvent même il semble le citer à peu près textuelle- 
ment (IV, I, 7, 13; v, 5, 6, etc.). 

2. Sic Gasaub. d'après des mss. ; les éditt. ant. avaient τας χοάς , 
ϋ. Β. 



POSIDONIOS, HIST. L. XXIII. MOEURS DES CELTES. 321 

arrêtent pas, ils en viennent à se tuer. Anciennement, 
quand on avait servi une gigue (ou un jambon) , le 
plus brave s'en attribuait la partie supérieure ; et si 
quelque autre la voulait prendre, c'était entre les deux 
prétendants un duel à mort. On en a vu qui , sur un 
théâtre, après avoir reçu de l'argent ou de l'or, ou 
même un certain nombre de cruches de vin, et garanti 
qu'ils se livreraient [en retour], en faisaient la distri- 
bution à leurs parents ou à leurs amis , puis se cou- 
chaient tout de leur long sur leur bouclier, tandis 
qu'un autre debout à côté leur coupait la gorge d'un 
coup d'épée. 

Voici les repas des Celtes : on étend du foin\ et 
l'on sert sur des tables de bois peu élevées au-dessus 
du sol. Pour nourriture, des pains en petit nombre et 
beaucoup de viandes [cuites] dans l'eau, rôties sur 
des charbons ou à la broche. Ces mets, on les porte 
à la bouche proprement, mais à la manière des lions, 
en prenant à deux mains des membres entiers et en 
mordant à même. Si un morceau est difficile à déchirer 
ainsi, on en enlève des tranches avec un couteau- 
poignard placé dans une gaine spéciale adhérente au 
fourreau [du sabre] . On mange aussi du poisson chez 
les riverains des fleuves et des deux mers, intérieure 

1. Littéralement : « Les Celtes servent les mets, étendant dessous 
du foin, et sur des tables de bois, etc. » Ce qui signifie claire- 
ment que la jonchée de foin couvre tout le sol, et l'endroit où 
l'on met les tables et celui où s'asseyent les convives. C'est donc 
forcer un peu le sens que de voir dans ces deux mots χόρτον 
υποβάλλοντες « des bottes de foin ou de paille disposées par ordre 
pour servir de sièges aux convives ». Cf. Strab., IV, iv, 3, dans 

notre t. 1, p. 136-137 : ol πολλοί καθεζομενοι δειπνοΰσιν εν στι- 

βάσι. « La plupart mangent assis sur des jonchées d'herbes ou de 
feuilles. » 

U t\ 



322 ΠΟΣΕΙΔΩΝΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΚΓ. 

τζοτο"^ έριβάλλουσιν. Έλα(α) δ' ου χρώνται δια σπάνιν, 
και δια τα ασύνηθες αηδές αύτοΐς φαίνεται. "Οταν δε 
πλείονες συνδειπνώσι, κάθηνται (χέν εν κύκλω, [χέσος δ' ό 
κράτιστος, ώς αν κορυφαίος χορού, διαφέρων των άλλων 

ή κατά την πολείΛΐκήν εύχέρειαν, ή κατά τα γένος, ή κατά 
Έλουτον ' ο δ' υποδεχόμενος παρ' αυτόν, εφεξής δ' έκατέ- 
ρωθε κατ' άξίαν ής εχουσιν υπεροχής. Και οι [χέν τους 
θυρεούς δπλοφορουντες έκ των οπίσω παρεστασιν, οι δέ 
δορυφόροι κατά τήν αντικρύ καθή[Λενοι κύκλω, καθάπερ 
οΐ δεσπόται, συνευωχούνται. Το δέ τιοτον οι διακονούντες 
εν άγγε(οις περιφέρουσιν, ίοιγ,όσι {/.εν ά[Λβ{κοις ή κερα- 
μέοις ή άργυροίς • και γαρ τους πίνακας, εφ' ών τας 
τροφας προτίθενται, τοιούτους εχουσιν • οι δέ χαλκούς, 
οι δέ κάνεα ξύλινα και πλεκτά. Το δέ πιν6(χεν<$ν έστι παρά 
μέν τοις πλουτούσιν ο?νος, έξ 'Ιταλίας και τής Μασσα- 
λιητών χώρας παρακομιζ($μενος, άκρατος δ' οϊ^τος • ενίοτε 
δέ και οΚί-^ον ύδωρ παραμίγνυται^ * παρά δέ τοις ύποδε- 
εστέροις ζύθος πύρινον μετά μέλιτος έσκευασμένον • παρά 
δέ τοις πολλοίς γ,ζώ' οώτό * καλείται δέ κ($ρμα*. Άπορρο- 
φουσ,ι δέ έκ του αυτού ^ ποτηρίου κατά μικρόν, ου πλειον 
κυάθου • πυκν^τερον δέ τούτο ποιούσι. Περιφέρει δέ ό παις 



1. Sur l'abus du vin chez les Gaulois, comp. Timag. ap. Amm. 
Marcellin, XV, 12, ci-apr. p. 350, Cicér. Pour Font, dans A. Marcell. 
l. c. Diod. de Sicile, liv. V, xxvi, Polyaen. Strat. XXV. 

2. Sur la boisson nommée zythos, espèce de bière, Timagène 
(ibid.) et Diodore {ibid.) sont moins explicites. (Strabon n'en parle 
qu'à propos des Lusitaniens, 111, m, 7.) — Selon Timagène, les 
Gaulois fabriquaient diverses boissons fermentées, ad vini simili- 
tudinem. Ils surent de bonne heure faire du vin. Pline, XIV, 6; 
Athénée, I, 12; Dioscoride, V, 43; Martial, XIII, 107, parlent de 
différents vins de la Gaule. 

3. G. Mûller, édit. Didot, retranche αύτοΰ. Fragm. Hist. grxc, 
t. III, p. 260. 



POSlDOmOS, LIV. XXIII. MŒURS DES CELTES. 3^3 

et extérieure, et ce poisson est grillé avec sel, poivre 
et cumin. On met aussi du cumin dans la boisson. 
L'huile n'est pas en usage; elle est rare, et, faute 
d'habitude, on la trouve désagréable. Quand les con- 
vives sont nombreux, ils s'asseyent en cercle, et la 
place du milieu est au plus grand personnage, qui est 
comme le coryphée du chœur : c'est celui qui se 
distingue entre tous par son habileté à la guerre, par 
sa naissance ou par ses richesses. Près de lui s'assied 
celui qui reçoit, et, successivement de chaque côté, 
tous les autres, selon leur rang plus ou moins élevé. 
Les servants d'armes, — ceux qui portent les bou- 
cliers, — se tiennent derrière, et en face les doryphores 
ou porte -lance, assis en cercle comme les maîtres, 
mangent en même temps. Ceux qui servent font cir- 
culer la boisson dans des vases qui ressemblent à nos 
ambiques^ et sont de terre ou d'argent : les plats sur 
lesquels se placent les mets sont du même genre; 
quelques-uns en ont en cuivre; chez d'autres, ce sont 
des corbeilles en bois ou en osier tressé. Ce qu'on boit 
chez les riches, c'est du vin apporté d'Italie ou du 
pays des Massaliètes, et on le boit pur; quelquefois 
pourtant on y mêle un peu d'eau ; chez ceux qui sont 
un peu moins à l'aise, c'est de la bière de froment 
préparée avec du miel; chez le peuple, c'est de la 
bière toute simple; on l'appelle corma. Ils avalent petit 
à petit, à la même coupe, et pas plus d'un cyatlie^; 
mais ils y reviennent souvent. L'esclave fait circuler 



1. Hesychius définit Vambique, χύτρα, κάδος, marmito, jari-o; évi- 
demment il ne faut pas prendre ici κάδος dans le sens du cadus 
latin, mesure de 12 congés, c.-à-d. de plus de 40 litres; l'anibiiiue 
est une espèce d'amphore. — 2. 1 cyatlie = lit. 0,15. 



324 ΠΟΣΕΙΔΩΝΙΟΥ ΙΣΤΟΡΙΩΝ ΚΓ. 

έπΙ τα δεξιά και τα λαιά. Οιίτως διακονούνται • και τους 
θεούς προσκυνουσιν, έπι τα δεξιά στρεφ6|Λενοι. 

ΦησΙ δ' ό Ποσειδίονιος] δη[Λαγωγουντα αύτον (τον 
Λουέρνιον του Βιτύϊτος πατέρα) τους ογλους εν άρματι 
φέρεσθαι δια των πεδίων, και σπειρειν χρυσον και άργυρον 
ταις άκολουθούσαις των Κελτών [χυριάσι, φράγ[Λα τε 
ποιειν δωδεκαστάδιον , τετράγωνον, εν φ πληρουμ,ένους 
ληνούς πολυτελούς π6(/.ατος, παρασκευάζειν τε τοσούτο 
βρωμάτων πλήθος, ώστε εφ' ημέρας πλείονας έξειναι τοις 
βουλθ[Λένοις εισερχο[Λένοις των παρασκευασθέντων άπο- 
λαύειν , αδιαλείπτως διακόνου [λένους. Άφορίσαντος δ' 
αύτου προθεσ[Λ{αν ποτέ της θοίνης, άφυστερήσαντά τίνα 
των βαρβάρων ποιητήν άφικέσθαι, και συναντήσαντά (χετα 
ωδής ύ{J.vεtv αύτου τήν ύπεροχήν, εαυτόν δ' άποθρηνειν 
δτι ύστέρηκε, τον δε τερφθέντα θυλάκιον αίτήσαι χρυσιου, 
και ρίψαι αύτω παρατρέχοντι, άνελ6(/.ενον δ' εκείνον πάλιν 
ύμνεϊν, λέγοντα, δι6τι τα ίχνη τής γής, εφ' ής άρ[Λατη- 
λατει, χρυσον και ευεργεσίας άνθρ(6ποις φέρει ^ 



ι. Sur Bityite, roi des Arvernes, vaincu par Q. Fabius Maximus, 
an de R. 633, av. J.-G. 121, cf. Strab., IV, ii, 3, p. 116-117 de notre 
t. I. - V. aussi Florus, Ili, 2, Epitome de Tite-Live, LXI, Orose, V, 
14, Eutrope, IV, 22. 



POSIDONIOS, LIV. XXIII. MOEURS DES CELTES. 32!5 

de droite à gauche : c'est ainsi que se fait le service, 
et pour adorer les dieux on se tourne aussi à droite ^ 
Posidônios dit que] ce prince (Luernios, père de 
Bityite), pour gagner la faveur de la multitude, passant 
en char à travers les campagnes , jetait de For et de 
Targent aux myriades de Celtes qui le suivaient. Il 
faisait parfois enclore un espace de douze stades 
carrés, avec des cuves remplies de boissons d'un 
grand prix, et une telle quantité de victuailles que, 
plusieurs jours durant, chacun pouvait librement 
entrer dans l'enceinte et user des mets qui y étaient 
préparés et qu'on servait à tout venant sans inter- 
ruption. Une fois que ce même prince avait donné un 
grand festin à un jour fixé d'avance, un poète de chez 
ces barbares était arrivé trop tard. Il alla au-devant 
de Luernios avec un chant où il célébrait sa grandeur, 
mais en gémissant du retard dont il portait la peine. 
Le prince, amusé par ses vers, demanda une bourse 
d'or et la jeta au barde courant à côté [de son char] , 
lequel la ramassa et fit entendre un nouveau chant 
disant que les traces laissées sur la terre par le char 
du prince étaient des sillons qui portaient pour les 
hommes de l'or et des bienfaits. 



1. Pline, XXVIll, v, 2, dit le contraire : In adorando dextoram 
ad osculum referimus, totumque corpus circum agimus; quod in 
laevum fecisse Galli religiosius credunt. 



TIMAGENES ALEXANDRINUS^ 
(Apud Ammianum Marcellinum , XV, 9-12.) 



9. Aborigines primos in his regionibus quidam 
visos esse firmarunt, Celtas nomine régis amabilis et 
matris ejus vocabulo Galatas dictos : ita enim Gallos 
sermo grsecus appellat. Alii Dorienses antiquiorem 
secutos Herculem Oceani locos inhabitasse confines. 
Drasidse memorant re vera fuisse populi partem 
indigenam, sed alios quoque ab insulis extimis con- 



1. Né probablement en Syrie (vers 75 av. J.-C), étudia à Alexan- 
drie, où se passa une partie de sa jeunesse, d'où Pépithète d'Alexan- 
drin, Άλεξανδρευς, que lui donne Suidas, et vint à Rome en 55 av. 
J.-fi. — 11 vécut longtemps dans la maison d'Asinius Pollion et 
paraît être allé mourir à Daban, ville de l'Osroène, en Mésopotamie. 
C'est probablement dans une Histoire de son temps, qu'à propos des 
campagnes de César dans les Gaules, il donna sur ces contrées les 
détails que lui emprunte Ammien Marcellin. Ces détails, Ammien 
le constate, Timagène les avait puisés à diverses sources, collegit ex 
multiplicibus libris. Le travail de l'auteur latin consista surtout, de 
son propre aveu , à mettre de la clarté dans les descriptions de 
Timagène, obscuritate dimota. Ces mots et ceux qu'il ajoute ensuite, 
eadem distincte docebimus et aperte, nous semblent indiquer que 
Ammien Marcellin a mis les renseignements qu'il emprunte à 
Timagène en rapport avec la géographie politique des Gaules, telle 
qu'elle avait été réglée de son temps. Nous imprimons donc en 
italique tout ce qui lui appartient évidemment. Sur la vie et les 
ouvrages de Timagène, on peut consulter un mémoire de Bonamy 
(Acad. des Inscript., t. XIX, in-12, Xlll, in-4'') et la Notice de C. Mùller 
dans les Histor. Grœc. Fragm. de la bibl. Didot, t. 111, etc. 



TIMAGÈNE D'ALEXANDRIE. 
(Ammien Marcellin, XV, 9-1^.) 



9. Des aborigènes furent, à ce qu'ont affirmé cer- 
tains auteurs, les premiers que l'on vit en ces contrées : 
ils s'appelaient Celtes, du nom d'un roi qui savait se 
faire aimer, et Galates, du nom de sa mère^ En grec, 
on dit, en effet, Galates pour Galls. Selon d'autres, 
les Doriens , qui avaient suivi l'ancien Hercule , habi- 
tèrent les lieux qui confinent à l'Océan. Les Drasides^ 
rapportent qu'une partie de ce peuple était réellement 
indigène, mais que des îles les plus reculées et des 



1. Comp. Diod. Sic, V, 24, Parthén. Erotic. xxx. 

2. La forme de ce mot varie à l'infini. Schott affirme avoir lu 
dans un ms. d'Aurélius Victor {Csesar., IV, 2) : Compressa per eum 
vitia ac per Galliam Drysudarum famosœ superstitiones. Gomp. 
César, G. G., VI, 18, et Plin., XVI, 44. L'Index variœ leciionis de C. 
Millier, à la suite de Strabon, édit. F. Didot, ne donne aucune 
variante pour le nom des Druides. On verra plus loin, Diodore de 
Sicile, V, xxx, que les mss. de cet historien offrent de ce nom des 
formes qui s'éloignent beaucoup de celle qui est généralement 
•adoptée et qui a pour elle l'autorité de César. Les Latins n'en 

donnent pas d'autres. V. outre César et Plin. II. ce, Luc, I, 450 
et s.; Mêla, III, 2; Tacit., Ann. XIV, 30. — C'étaient, d'après César, 
les Druides qui étaient les dépositaires des traditions historiques 
des Gaules. Ces traditions étaient conservées dans de longs poèmes 
que les Druides faisaient apprendre par cœur à leurs disciples; 
car il était interdit de les écrire. 



3218 TIMAGENES. DE GALLIS. 

fluxisse et tractibus transrhenanis, crebritate bellorum 
et adluvione fervidi maris sedibus suis expulsos. Aiunt 
quidam paucos post excidium Trojse et^ fugitantes 
Grsecos ubique disperses loca hsec occupasse tune 
vacua. Regionum autem incolaî id magis omnibus 
adseverant, quod etiam nos legimus in monumentis 
eorum incisum, Amphitryonis fîlium Herculem ad 
Geryonis et Taurisci ssevium^ tyrannorum perniciem 
festinasse, quorum alter Hispanias, alter Gallias infes- 
tabat : superatisque ambobus coisse cum generosis 
feminis, suscepisseque liberos plures et eos partes 
quibus imperitabant , suis nominibus appellasse. A 
Phocsea vero asiaticus populus Harpali^ inclementiam 
vitans, Cyri régis prsefecti, Italiam navigio petit. 
Cujus pars in Lucania Veliam, alia condidit in Vien- 
nensi Massiliam : dein secutis œtatibus oppida aucta 
virium copia instituere non pauca : sed declinanda 
varietas ssepe satietati conjuncta. — Per hsec loca 
hominibus paulatim excultis viguere studia laudabi- 
lium doctrinarum, inchoata per bardos^ et euhages et 
druidas^ Et bardi quidem fortia virorum illustrium 
facta heroicis composita versibus cum dulcibus lyrse 
modulis cantitarunt; euhages vero scrutantes serio 



1. Et manque dans Val., Gardth., et se trouve dans le Vatic. et 
dans Eyssenhardt. 

2. Ane. éditt. ssevorum. 

3. Sic tous les mss. Hygin ap. A. Gell., X, 16, prend de même 
HarpalepourHarpage. L'erreur se trouvait-elle chezTimagène que 
semblent avoir traduit les deux auteurs latins? Ou bien vint-elle 
primitivement de la ressemblance dans les mss. grecs du lambda 
(Λ) et du gamma (Γ). — V. supr. p. 4-7, 22-23, et dans notre t. 1, 
p. 206-207. 

4. Vaiic, Pétrin. Vardos. 

δ. Edit. Gelen. Eubages et Druidas. — Gardth. Drasidas. 



TIMAGÈNE. LES GAULOIS. 3^9 

contrées transrhènanes affluèrent des étrangers que 
des guerres fréquentes et l'envahissement d'une mer 
houleuse avaient chassés de leurs demeures. Quelques- 
uns disent qu'après la chute de Troie, des vaincus en 
petit nombre fuyant les Grecs répandus partout occu- 
pèrent ces pays alors déserts. De leur côté les habi- 
tants de ces contrées affirment — ce que nous voyons 
aussi gravé sur leurs monuments — qu'Hercule, fils 
d'Amphitryon, s'empressa d'aller détruire Géryon et 
Taurisque, cruels tyrans dont l'un désolait les Hispa- 
nies, et l'autre les Gallies; que, les ayant vaincus tous 
les deux, il s'unit avec des femmes de race noble, et 
en eut plusieurs enfants qui appelèrent de leurs noms 
les contrées où ils commandaient. De Phocée en Asie 
sortit un peuple qui, pour éviter la cruauté d'Harpale, 
gouverneur du pays pour le roi Cyrus, vint aborder 
en Italie. De ces fugitifs, les uns fondèrent Vélia en 
Lucanie, les autres Massilia dans la ViennaiseK Puis, 
dans les siècles suivants, quand leurs forces s'accru- 
rent, ils bâtirent des villes en grand nombre ; mais il 
faut se garder d'une variété [d'opinions] qui souvent 
s'accompagne de la satiété. — En ces lieux, les 
hommes, se civilisant peu à peu, mirent en honneur 
l'étude des louables sciences ébauchée déjà par les 
bardes, les euhages et les druides. Ces bardes chan- 
tèrent les hauts faits des hommes illustres, en vers 
héroïques accompagnés des doux accords de la lyre; 
les euhages, par de sérieuses investigations, s'effor- 
çaient de révéler et la force et les sublimes merveilles 



1. V., dans notre t. 1, Strab., VI, iv, 2 (p. 206-7); il ne faut pas 
oublier que Strabon avait sous les yeux le livre de Timaiçène. 



330 TIMAGENES. DE GALLIS. 

vim^ et sublimia naturae pandere conabantur. Inter 
eos druidœ^ ingénus celsiores, ut auctoritas Pythagorse 
decrevit, sodaliciis adstrieti consortiis, qusestionibus 
occultarum rerum altarumque erecti sunt, et despec- 
tantes humana, pronuntiarunt animas immortales. 



10. Hanc Galliarum plagam, ob suggestus montium 
arduos ethorrore nivali semperobductos, orbisresidui 
incolis antehac psene ignotam nisi qua litoribus est 
vicina , munimina claudunt undique natura velut arte 
circumdata. Et a latere quidem australi Tyrrheno 
alluitur et Gallico mari; qua caeleste suspicit Plaus- 
trum, a feris gentibus fluentis distinguitur Rheni : ubi 
occidentali subjecta est sideri, Oceano et altitudine 
Pyrensei urgetur^; unde ad solis ortus adtollitur, 
aggeribus cedit Alpium Gottiarum : quas^ rex Gottius, 
perdomitis Galliis, solus in angustiis latens, inviaque 
locorum asperitate confisus, lenito tandem tumore, 
in amicitiam Octaviani receptus principis, molibus 
magnis exstruxit^ ad vicem memorabilis muneris, 



1. Val. séria et subJ. — Gardth. seriem et subi. 

2. Sic Val.: Gardth. DrasidaB. Orig. Contre Celse, 1, p. (4: Γαλατών 
δρυάδας. 

3. Val. Gardth. cingitur; le Vatic. et le Pétrin, donnent surgitur, 
d'où Eyssenh. a tiré urgetur. 

4. -Sic vulg. mss., éditt. ; Gardth. écrit vias. 

δ. Vltinéraire d'Anionin indique cinq routes partant de Médiola- 
num, Milan, et passant par les Alpes : la 1" allant à Arelaté, Arles, 
par les Cottiennes; la 1", à Vienne, par les Graies; la 3% à Argen- 
toratum, Strasbourg, par les Graies; la 4", àMaguntiacum, Mayence, 
par les Pennines, et la 5% à Vienne, etc., par les Cottiennes. Les 
deux routes qui passent par les Alpes Cottiennes se confondent 
dans la traversée des montagnes. 



TIMAGÈNE. LES GAULOIS. 331 

de la nature. Parmi eux, les Druides, esprits plus 
élevés, unis, selon une règle qui a pour elle l'autorité 
de Pythagore , par les liens étroits d'une vie en com- 
mun, sont arrivés, par leurs recherches sur les 
mystères les plus profonds, à une hauteur, d'où, 
contemplant l'humanité, ils ont proclamé l'immorta- 
lité de l'âme ^ 

10. Cette plage des Gallies qui, à cause de ses 
montagnes aux immenses gradins enveloppés de l'hor- 
reur des neiges éternelles, était presque inconnue du 
reste de l'univers, sauf dans les parties voisines des 
côtes, est enclose dans une enceinte de fortifications 
naturelles qu'on dirait une œuvre d'art. Du côté du 
midi, elle est baignée par les mers Tyrrhène et 
Gallique ; la partie qui regarde le Chariot céleste est 
séparée de nations sauvages par le cours du Rhène. 
Là où elle est sous le ciel occidental, elle est étreinte 
par l'Océan et les hauteurs du Pyrénée; à partir du 
point où elle se porte vers le levant, elle recule devant 
les massifs des Alpes Cotties. Le roi Cottius, quand 
les Gallies eurent été domptées, demeurait seul caché 
dans les défilés de ses montagnes, confiant dans leurs 
obstacles insurmontables. Il adoucit enfin sa morgue, 
fut reçu dans l'amitié de l'empereur Octavien, et alors, 
en retour d'un mémorable bienfait, il construisit avec 



1. Tout ce passage semble bien être une traduction; il ne serait 
pas même difficile de retrouver les formes un peu pompeuses de 
l'original grec. — Comp. Strabon, IV, iv, 4, dans notre t. I, p. 138-9; 

Cœs. G. G. IV, 14, P. Mêla, III, 2 : Habent magistros sapienti;e 

druidas. fli terrae mundique magnitudinem etformam, motus cœli 

et siderum, et quid dii velint, scire proiîtentur. Docent multa 

Unum ex his qua) pra3cipiunt, in vulgus eflluxit, videiicot 

œternas esse animas, etc. — V. aussi Uiog. Laert. Troœm., I, 5. 



332 TIMAGENES. DE GALLIS. 

compendiarias et viantibus opportunas, médias inter 
alias Alpes vetustas, super quibus comperta paulo 
postea referemus. 

In his Alpibus Gottiis, quarum initium a Segusione 
est oppido, prsecelsum erigitur jugum, nulli fere sine 
discrimine penetrabile. Est enim e Galliis venientibus 
prona humilitate devexum, pendentium saxorum 
altrinsecus visu terribile prsesertim verno tempore, 
cum, liquente gelu nivibusque solutis flatu calidiore 
ventorum, per diruptas utrinque angustias et iacunas 
pruinarum congerie latebrosas descendentes cunctan- 
tibus plantis, homines et jumenta procidunt et car- 
penta ; idque remedium ad arcendum exitium reper- 
tum est solum, quod pleraque véhicula vastis funibus 
illigata, pone cohibente virorum vel boum nisu valido, 
vix gressu reptante paulo tutius devolvuntur ; et haec, 
ut diximus, anni verno contingunt. Hieme vero humus 
crustata frigoribus et tanquam levigata , ideoque labi- 
lis, incessum prsecipitantem impellit et patulse valles 
per spatia plana glacie perfidse vorant nonnunquam 
transeuntes^ Ob quse locorum callidi eminentes ligneos 



1. Ce tableau effroyable des passages des Alpes se retrouve à peu 
près dans Strabon, IV, vi, 6 : « On ne pouvait, en effet, violenter 
partout la nature â travers des rochers, des escarpements énormes, 
tantôt surplombant la route, tantôt s'écroulant en dessous, de 
façon que, pour peu qu'on s'écartât, on n'échappait guère aux 
dangers d'une chute dans des abîmes sans fond. Cette route est, 
en effet, si étroite en certains endroits, qu'elle donne le vertige 
aux piétons et aux bêtes de somme qui n'en ont pas l'habitude. 
On n'a donc pu remédier à ces inconvénients, etc. ^ 



TIMAGÈNE. LES GAULOIS. 333 

d'énormes remblais des routes abrégées, commodes 
pour les voyageurs à travers ces autres Alpes an- 
ciennes, dont nous rapporterons bientôt ce que nous 
en avons apprise 

Dans ces Alpes Cotties qui commencent à la ville de 
Ségusion^, s'élève une crête très haute, inaccessible à 
peu près de tous les côtés indistinctement. En effet, 
quand on vient des Gallies, sa pente directe est basse, 
mais de part et d'autre on ne voit que rochers sus- 
pendus, spectacle effrayant, surtout au printemps. En 
ce moment la glace fond, la neige se dissout à l'haleine 
plus chaude des vents. Si alors on descend le long de 
ces arêtes étroites, à pic de chaque côté, à travers ces 
ravins qui se cachent sous des frimas accumulés, le 
pied hésite, et l'on tombe en avant, les gens, les bêtes 
de somme et les chars. Et l'on n'a trouvé qu'un 
remède pour écarter ce mal, — un seul : le plus sou- 
vent aux voitures sont attachées de longues cordes à 
l'aide desquelles des hommes et des bœufs, faisant 
d'énergiques efforts, les retiennent par derrière ; ram- 
pant ainsi plutôt qu'elles ne marchent, elles dévalent 
un peu plus sûrement. Voilà, comme je l'ai dit, ce 
qui arrive au printemps. Mais en hiver, quand les 
froids ont revêtu le sol d'une croûte poUe et partant 
glissante, vous êtes entraîné; vous ne marchez pas, 
vous vous précipitez ; et de larges cavités, dont une 
glace perfide fait des surfaces unies, engloutissent plus 



1. V. Strab., IV, i, 3 (dans notre t. I, p. 70-71) et VI, 6 (p. 160-161). 

2. Plin. III, xxi, 17 : Segusio, Suse; Itin. d'Anton. : A Modiolano 
Arelate per Alpes Gottias. — Segusionem, ad Martis, Brigantiononi. 
Dans Vltinerar. Burdigal. : Givitas Secussione, m. 16. Inde incipit 
Italia. 



334 TIMAGENES. DE GALLIS. 

stilos per cautiora loca defigunt, ut eorum séries via- 
torem ducat innoxium : qui si nivibus operti latuerint, 
montanis^ defluentibus rivis eversi, gnaris agrestibus 
prseviis difficile pervadunt^ A summitate autem hujus 
italici clivi planities ad usque stationem nomine Martis 
per septem extenditur milia, et hinc alia celsitudo 
erectior segreque superabilis ad Matronae porrigitur 
verticem^, cujus vocabulum casus feminae nobilis dédit, 
Unde déclive quidem iter, sed expeditius ad usque 
castellum Virgantiam^ patet. Hujus sepulcrum reguli, 
quem itinera struxisse retulimus, Segusione est mœni- 
bus proximum, manesque ejus ratione gemina reli- 
giose^ coluntur, quod justo moderamine rexerat suos 
et adscitus in societatem rei romanse quietem genti 
prsestitit sempiternam. Et licet hsec, quam diximus 



1. Gardth. ajoute ve qui manque dans tous les mss. 

2. Vat., Petr. Val. pervaduntur. 

3. In Itinerario Hieros. Mansio Brigantium MXVII. Inde ascendis 
Matronam. Ennodjus in Itinerario Brigantionis Gastelli : 

Matronas taceo, scopulos atque invia dictas, 
in foribus blandas, cetera difficiles. 

Ennodius et Marcellinus Matronam cis Brigantium locant; Auctor 
vero Itinerari flierosol., quia iter orditur e Gallicis, post Brigan- 
tium. Matrona Genevrse montis pars est. Note de Dont Bouquet. 

4. Sic les mss. Valois proposait de lire Brigantiam, d'après la 
lettre de l'empereur Julien au sénat et au peuple d'Athènes, 15 : 
εν ττ; Βριγαντία. 

5. Vat. y Petr., etc. Val. religione. 



TIMAGÈNE. LES GAULOIS. 335 

d'une fois ceux qui y passent. Des gens connaissant 
bien ces lieux y plantent dans des endroits sûrs des 
pieux qui dépassent le sol et jalonnent pour le 
voyageur le chemin qu'il peut suivre sans danger. 
Ces poteaux viennent -ils à être cachés par les 
neiges qui les couvrent, ou renversés par les tor- 
rents qui descendent des montagnes, le passage est 
difficile , même quand on fait marcher devant soi des 
paysans bien exercés. — Du sommet du versant ita- 
lique jusquà la station dite de Mars^, se trouve une 
plaine de sept milles d'étendue, et de là part une autre 
montagne plus droite encore et plus difficile à fran- 
chir, laquelle s'étend jusqu'au pic de la Matrone^, 
nom qui lui vient de Γ accident arrivé à une femme 
de qualité. Ensuite, la route est encore en pente, mais 
plus aisée jusqu'au fort de Virgantia^ — Le tombeau 
du petit roi qui, ainsi que je l'ai rapporté, construisit 
ces routes, est à Ségusion, près des murs, et ses 
mânes y sont l'objet d'un culte religieux pour une 
double raison : d'abord, il avait gouverné ses peuples 
selon la justice, ensuite, admis dans l'alliance de Rome, 
il leur procura une paix durable. — Bien que la 
route dont nous avons parlé passe au milieu [des 



1. Valois abserve qu'Amm. MarccUin emploie volontiers Statio 
pour Mansio et même pour Mutatio {cursus publici). Ainsi dans 
Vltiner. Burdigal. : Mansio ad Martem. m. 19. — 2. Le mont Genèvre. 

3. Gardthausen {Conject. Ammian., p. 6) croit que tous ces détails 
sur les Alpes appartiennent à A. Marcellin. On peut remarquer 
cependant qu'il y a dans Strabon beaucoup de choses tout à fait 
pareilles sur les Alpes et les routes qui les traversent. D'où l'on 
peut inférer que ces détails provenaient d'une môme source. Deux 
ou trois courtes mentions, la station de Mars, la Matrone, etc., 
peuvent avoir été ajoutées par l'auteur latin. — V. Strabon, IV, vi, 
6, dans notre t. I, p. 160 et ss. 



336 TIMAGENES. DE GALLIS. 

viam, média sit et compendiaria magisque celebris, 
tamen etiam alise multo antea temporibus sunt cons- 
tructse diversis. Et primam Thebœus Hercules ad 
Geryonem extinguendum , ut relatum est, et Tau- 
riscum lenius gradiens prope maritimas composuit 
Alpes, huicque^ harumindiditnomen; Monœci similiter 
arcem et portum ad perennem sui memoriam conse- 
cravit. Deinde emensis postea sseculis multis bac ex 
causa sunt Alpes excogitatse Pœninai. Superioris Afri- 
cani pater P. Cornélius Scipio Saguntinis memorabi- 
libus serumnis et fide, pertinaci destinatione Afrorum 
obsessis iturus auxilio in Hispaniam traduxit onustam 
manu valida classem , sed civitate potiore ^ Marte 
deleta, Hannibalem sequi^ nequiens triduo ante tran- 
sito Rhodano ad partes Italise'* contendentem, naviga- 
tione veloci intercurso spatio maris haud longo, 
degressurum montibus apud Genuam observabat, 
Ligurise oppidum, ut cum eo, si copiam fors dedisset, 
viarum asperitate fatigato decerneret in planitie. Gon- 
sulens tamen rei communi Cn. Scipionem fratrem ire 



1. Vulg. hicque, Gardth. écrit hisque et Eyssenh. adopte cette 
correction, qui n'éciaircit rien. L'un et l'autre préfèrent aussi 
harum à Graiarum proposé par Valois et admis par Wagner, etc. : 
nous gardons, comme eux, harum, leç. du Vatic, mais nous lisons 
huicque {viœ). — Pour proposer Graiarum, Valois s'appuyait sur 
l'autorité de Pline, III, xxi, 17, et sur celle de Cornélius Népos, 
Hannihal., 111 : Ad Alpes posteaquam venit, quœ Italiam ab Gallia 
sejungunt, quas nemo unquam cum exercitu ante eum, praeter 
flerculem Graium, transierat (quo facto is hodie saltus Graius 
appellatur), etc. 
.. 2. Val. Pœnorum. 

3. Id. assequi. 

4. Jd, transpose ad Ital. partes. Oo q ,• 



TIMAGÈNE. LES GAULOIS. 337 

Alpes] , qu'elle soit la plus courte et la plus fréquentée , 
cependant il y en a d'autres qui ont été construites 
longtemps auparavant, à diverses époques. La pre- 
mière, c'est Hercule de Thèbes qui, s'en allant dou- 
cement, comme on l'a rapporté, exterminer Géryon et 
Taurisque, l'a tracée près des Alpes maritimes et lui 
en a donné le nom'. Pareillement, la citadelle et le 
port de Monœque furent consacrés par lui à immor- 
taliser sa mémoire. Ensuite, franchissez un intervalle 
de plusieurs siècles et les Alpes Pœnines furent 
inventées ; voici comment : Le père de Scipion le pre- 
mier Africain, P. Corn. Scipion, voulant aller au secours 
de ces Sagontins, si célèbres par leurs malheurs et 
leur fidélité, durant ce siège où les Afres les pressaient 
avec tant d'opiniâtreté, fit passer en Hispanie une 
flotte chargée d'une puissante armée. Mais la ville 
ayant été détruite par des forces supérieures, comme 
il ne pouvait suivre Hannibal qui, le devançant de trois 
jours, avait passé le Rhodan et marchait vers l'Italie, 
il accélère sa marche, franchit par mer une distance 
peu considérable d'ailleurs, et, s'embossant dans les 
eaux de Génua, ville de la Ligurie, il épie l'ennemi à 
la descente des montagnes, pour profiter de l'occasion 
qui pouvait s'offrir, et livrer bataille dans la plaine 
à des troupes harassées par une marche des plus 
pénibles. Mais, attentif à l'intérêt public, il engage^ 



1. Gardthausen [Conject. Ammian., p. 6 et 7) me semble avoir bien 
démontré qu'il ne peut être question ici des Alpes Grées, qui sont 
séparées des Alpes Maritimes par le massif des Alpes Gottiennes. 
Ammien n'aurait pas pu écrire, à moins qu'on ne suppose une 
erreur de sa part ou de la part de ïimagéne, « prope Maritimas 
Alpes, η — 2. Timagène ou Ammien semble ici copier Polybo, lli, 
LVJi [supr. p. 178-179). 

II tt 



33β TIMAGENES. DE GALLIS. 

monuit in Hispanias ut Hasdrubalem exinde similiter 
«rupturum arceret. Quse Hannibal doctus a perfugis, 
ut erat expeditse mentis et callidse, Taurinis ducen- 
tibus aceolis per Tricasinos^ et oram Vocontiorum 
extremam ad sa! tus Tricorios venit; indeque exorsus 
aliud iter antehac insuperabile fecit, excisaque rupe 
in immensum elata, quam cremando vi magna flam- 
marum acetoque infuso igni^ dissolvit, per Druentiam^ 
flumen gurgitibus vagis intutum regiones occupavit 
Etruscas. Hactenus super Alpibus; nunc ad restantia 
veniamus. 



1 1 . Temporibus prisais eu m laterent hse partes ut 
barbarae, tripertitse^ fuisse creduntur, in Geltas eos- 
demque Gallos divisée et Aquitanos et Belgas, lingua, 
institutis legibusque discrepantes ; et Gallos quidem, 
qui Geltse sunt, ab Aquitanis Garumna^ disterminat 
fliumen, à Pyrenseis^ oriens collibus postque oppida 
multa transcursa in Oceano delitescens. A Belgis vero"^ 
eamdem gentem Matrona discernit et Sequana, amnes 



1. Sic Vatic. et, d'après ce ms., Eyssenh. et Gardth. — VaU Tricas- 
tinos. 

2. Eyssenh. ajoute igni; Gardth. in solidam solvit, d'après le Vat. 
•et le Petr. insoli dissolvit. 

i 3. Vatic. Droentiam. — Wagn.^ comme Val.^ lit intortum et pro- 
pose intutum. Ms. Golbert intotum. 

4. Val. tripartitse. 

δ. Vatic. Garunna. 

6. Id. Pyreneis. 

7. Vero manque dans Eyssenhardt. 



TIMAGÈNE. LES GAULOIS. 339 

son frère à se rendre dans les Hispanies pour arrêter 
Hasdrubal qui voulait partir de là comme on avait 
déjà fait. Hannibal est instruit de ces desseins par 
des transfuges; comme il avait dans l'esprit autant 
d'activité que d'adresse, guidé par des Taurins à tra- 
vers le pays des Tricasins et la limite extrême des 
Voconties, il arrive aux défilés des Tricories; et par- 
tant de là, il suit une route impraticable jusqu'alors. 
Il coupe une roche d'une hauteur immense, il l'attaque 
par la flamme, il la brûle et, à l'aide de vinaigre versé 
sur le feu, il la met en poudre. Puis, franchissant le 
fleuve de laDruentia, que ne défendent pas ses masses 
d'eaux vagabondes^ , il occupe les cantons de l'Étrurie. 
Mais c'en est assez sur les Alpes; venons au reste. 

\ 1 . Dans les temps anciens où ces contrées étaient 
ignorées, parce qu'elles étaient barbares, elles furent, 
à ce qu'on croit, divisées en trois parties, apparte- 
nant à trois peuples, les Celtes ou Galls, les Aquitans 
et les Belges, tous différents par la langue, les mœurs 
et les lois. Les Galls, qui sont Celtes, sont séparés des 
Aquitans par la Garumna, fleuve qui prend sa source 
dans les collines des Pyrénsees, et, après avoir traversé 
plusieurs villes, se perd dans l'Océan. La même nation 
est séparée des Belges par la Matrona et la Séquana , 
fleuves qui par leur grandeur font la paire et qui, 



1. Wagner, qui voulait lire intutum (leçon adoptée depuis), cite 
Tite-Live, XXI, xxxi : Druentia, Alpinus amnis, omnium Galliae 
fluminum difficillimus transitu est : nam, quum aquae vim vehat 
ingentem , non tamen navium patiens est : quia nuUis coorcitus 
ripis, pluribus simul, neque iisdem alveis fluens, nova semper 
vada, novosque gurgites faciens, nihil stabile noc tutum ingro- 

dienti praebet Mais ce texte est au moins aussi favorable à 

l'ancienne leçon intortum, lancé avec force. 



340 TIMAGENES. DE GALLIS. 

magnitudinis geminse : qui fluentes per Lugdunensem, 
post circumclausum ambitu insulari Parisiorum cas- 
telium, Lutetiam nomine, consociatim meantes proti- 
nus prope castra Constantia funduntur in mare. Horum 
omnium apud veteres Belgœ dicebantur esse fortissimi^ 
eapropter quod ab humaniore cultu longe discreti, 
nec adventiciis eiFeminati deliciis, diu cum transrhe- 
nanis certavere Germanis. Aquitani enim, ad quorum 
litora, ut proxima placidaque, merces adventicise 
convehuntur, moribus ad mollitiem lapsis, facile in 
ditionem venere romanam. Regebantur autem Galliœ 
omnes jam inde , uti crebritate bellorum urgenti ces- 
sere Julio dictatori, potestate in partes divisa quatuor, 
quarum Narbonensis una, Viennensem intra se conti- 
nebat et Lugdunensem : altéra Aquitanis praeerat uni- 
versis : superiorem et inferiorem Germaniam Belgasque 
duae jurisdictiones isdem rexere temporibus. At nunc, 
numerantur provinciae per omnem ambitum Galliarum : 
secunda Germania, prima ab occidentali exordiens car- 
dine, Agrippina et Tungris munita, eivitatibus amplis 
et copiosis. Dein prima Germania, ubi praeter alia 
municipia, Moguntiacus est et Vangiones et Nemetae et 



1. Gomp. Strab., IV, iv, 2, 3, dans notre t. I, p. 134-135. Tout ce 
passage, du reste, procède évidemment de César, G. G. i, 1 : Gallia 
est omnis divisa in partes très, quarum unam incolunt Belgae, 
aliam Aquitani, tertiam qui ipsorum lingua Celtse, nostra Galli 
appellantur. Hi omnes lingua, institutis, legibus inter se differunt. 
Gallos ab Aquitanis Garunna flumen, a Belgis Matrona et Sequana 
dividit. Horum omnium fortissimi sunt Belgse, propter ea quod a 
cultu atque humanitate Provincise longissime ab sunt, minimeque 
ad eos mercatores sœpe commeant, atque ea quse ad effeminandos 
animos pertinent, important, proximi que sunt Germanis, etc. 



TIMAGÈNE. LES GAULOIS. 341 

coulant à travers laLugdunaise, après avoir enclos le 
château des Parisies , nommé Lutetia , dans Fenceinte 
d'une île, s'en vont de compagnie et tout droit se 
jeter dans l'Océan près du camp de Constance^ De 
tous ces peuples, disait-on chez les anciens, les Belges 
étaient les plus braves, parce que, placés en dehors 
d'une civilisation trop avancée et n'étant pas efféminés 
par des jouissances étrangères, ils ont lutté longtemps 
avec les Germains transrhènans. Les Aquitans, en 
effet, chez qui, en raison du voisinage et de la tran- 
quillité de leurs côtes, se transportent les marchandises 
étrangères, laissèrent s'amollir leurs mœurs et passè- 
rent facilement sous la domination romaine. — Toutes 
les Gallies, du moment que, contraintes par des guerres 
incessantes, elles se furent soumises au dictateur Julius 
Geesar, reçurent une nouvelle division politique en 
quatre parties : \'^ la JSarbonaise, comprenant la Yien- 
naise et la Lugdunaise; 2° toutes les Aquitaines; 3"* et 
4° la haute et la basse Germanie formant avec les 
Belges, à la même époque, deux gouvernements'^ . Mais 
aujourd'hui on compte comme provinces, dans tout le 
périmètre des Gallies, la deuxième Germanie, qui 
est la première en commençant à Γ Occident , défendue 
par Agrippina^ et Tungres , grandes et populeuses 
cités; puis la première Germanie où se trouvent, entre 
autres municipes, Moguntiacus\ les Vangions^, les 



1. Civitas Constantia dans la Notice des Gaules, Coutances. 

2. 11 y a dans ces détails de géographie politique et administra- 
tive plusieurs inexactitudes qui ont été relevées par les com- 
mentateurs d'Ammien. V. notamment Valois et Wagner. 

3. Ordinairement Colonia Agrippina, Cologne. 

4. Vulg. Moguntiacum, Μοκοντίακον, Ptol., Maijence. 

5. Leur ville s'appelait Borbetomagus, Worms. 



34^ TIMAGENES. DE GÀLLÏS. 

Argentoraius barbaricis cladibus nota\ Post has Belgica 
prima Mediomatricos praetendit et Treviros domicilium 
principum clarum^. Huic adnexa secunda est Belgica, 
qua Ambiani sunt, urbs inter alias eminens, et Cata- 
launi^ et Rémi. Apud Sequanos Bisontios videmus et 
Rauracos aliis potiores oppidis multis, Lugdunensem 
primam Lugdunus ornât et Cabillonus"^ et Sennones et 
Biturrigae^ et mœnium Augustoduni magnitudo vetusta; 
secundam enim Lugdunensem Rotomagi^ et Turini, 
Mediolanium'' ostendunt et Tricasini; Alpes Graiae et 



1. Eutrop., X, vir, 14 : ab hoc (Juliano Gœsare) modicis copiis 

apud Argentoratum, Galliae urbem, ingentes Alemannorum copiae 
exstinct8B sunt : rex (Chonodomarus) nobilissimus captus : Galliae 
restitutœ. — Ap. J.-G. 357. — Multa postea per eumdem Julianum 
egregia adversum Barbares gesta sunt, submotique ultra Rhenum 
Germani. — Comp. Zosim., IJI, p. 703, éd. Francfort, 1590, f•, qui 
appelle cette ville Argentora, Άργέντορα. Les Germains, selon lui, 
perdirent, dans cette première bataille, cent vingt mille hommes; 
soixante mille restèrent sur le terrain, les autres furent noyés 
dans le Rhin. Julien, Lettre au sénat et au peuple d'Athènes, 10, 
appelle aussi la ville près de laquelle il remporta cette brillante 
victoire, Άργέντορα; seulement, ce n'était, selon lui, qu'un fort, 
τείχος; Aurel. Vict. Gœsar., 42, 17; Ghronic. de Cassiodore, de saint 
Jérôme, etc. 

2. Comp., dans notre tome I, VAnonymi totius Orbis Descript., 
p. 342 et 343. 

3. Val. Gathelauni. 

4. Vat. Gabyllones; Petr. Cabillonas; Val. Gabillones. 

5. Petr. et anc. éditt. Biturigœ; Vatic. Veturrigae. 

6. Val. Rothomagi; pour Turini, il propose de lire Turoni; 
Wagner écrit Turones. 

7. Val. et Wagn. Mediolanum. 



TIMAGÈNE. LES GAULOIS. 343 

Némétes^ et Argentoratus^ célèbre 'par les défaites des 
Barbares, Après, vient la première Belgique qui fait 
parade de ses villes des Médiomatrices^ et des Trévires^, 
V illustre résidence des princes. A cette province est con- 
tiguë la deuxième Belgique où se trouvent les Ambianes^ , 
ville remarquable entre toutes, et les Catalaunes^ et les 
Rèmes^. Chez les Séquanes, nous voyons les Bizonties^ 
et les Rauraques^ qui l'emportent sur cent autres places. 
La première Lugdunaise a pour ornements Lugdmius^^ 
et Cabillonus, les Sennones et les Biturriges, et les 
murs d'Augustodunum^^ et leur antique grandeur; la 
deuxième Lugdunaise, les Rotomages^^ et les Turins^^. 
Médiolanium^^ et les Tricassins^'^ la signalent aussi. 



1. La ville se nomma d'abord Nœomagus, Νοιδμαγος (Ptol.), ensuite 
Spire, Speier, du nom d'une petite rivière qui la baigne. 

2. Ptol., Άργεντόρατον, Argentoratum, plus tard Strasbourg. 

3. Metz. 

4. Trêves. 

5. Auparavant Samarobriva, Amiens. 

6. ChâlonS'Sur-Marne. 

7. Appelée d'abord Durocortorum, Reims. 

8. Ce nom de peuple, devenu nom de ville, ne se trouve que dans 
Ammien. La ville s'appelait Vesontium ou Vesontio, Visontio, 
Besançon. 

9. La ville, selon Ptol., se nommait Augusta des Rauraques, ou 
Rauriques, Augst. — Nous ne relèverons pas les erreurs nombreuses 
où tombe Ammien Marcellin : elles ont été indiquées avec soin 
par H. Valois, et surtout par Wagner dans leurs notes. 

10. Vulg. Lugdunum, Lyon. 

11. Chalon-sur-Saône, Sens, Bourges, Autun. 

12. Ammien fait encore d'un nom de ville, Rotomagus, Rouen, un 
nom de peuple devenu nom de ville. Le peuple dont Rotomagus 
était le chef-lieu était celui des Vellocassos (Ces. G. G. H, i, VIII, 
7, etc. 

13. Lisez Turons ou Turones, nom du peuple dont, après la 
conquête, la capitale s'appela Cœsarodunum, Tours. 

14. Il s'agit de Mediolanium ou Mediolanum Aulercorum, Èvreux. 

15. Vulg. Tricasses, Troyes; la ville, après la conquête, avait pris 
le nom d'Augustobona. 



344 TIMAGENES. DE GALLIS. 

Poeninae exceptis obscurioribus^ habent et Aventicum, 
désert am quidem civitatem, sed non ignobilem quondam, 
ut aedificia semiruta nunc quoque demonstrant. Hae 
provinciae urbesque sunt splendidae Galliarum. In 
Aquitania quae Pyrenaeos montes et eam partent spectat 
Oceani, quae pertinet ad Hispanos, prima provincia est 
Aquitanica, amplitudine eivitatum admodum cuit a : 
omissis aliis multis , Burdigala et Arverni excellunt et 
Santones et Pictavi^. Novem populos Ausci commendant 
et Yasatae, In Narbonensi Elusa^ et Narbona et Tolosa 
principatum urbium tenent. Viennensis eivitatum exul- 
tât décore multarum , quibus potiores sunt Vienna ipsa 
et Arelate et Valentia : Quibus Massilia jungitur, cujus 
societate et viribus in discriminibus arduis fultam ali- 
quotiens legimus Romam. His prope Salluvii^ sunt et 
Nicsea et Antipolis insulseque Stœchades. Et quoniam 
ad has partes opère contento pervenimus , silere super 



1. Valois indique ici une lacune; elle serait tout au plus d'un 
mot, locis par exemple. 

2. Ce passage prouve qu'Ammien Marcellin divisait les Gaules 
en deux parties, la Gaule proprement dite et l'Aquitaine. Cette 
division était généralement admise à cette époque. Cf. RufusFestus, 
Breviar. : Sunt Galliaj cum Aquitania et Britanniis provinciœ septem- 
decim; Auson., Urb., viii, Arelas; Sulp. Sever., Diatog., I. Oevirtut. 
monach. occident, XX : Sed dum cogito me hominem Gallum inter 
Aquitanos verba facturum , vereor ne offendat vestras nimium 
urbanas aures sermo rusticior. Et le même dans VHist. sacrée, II, 

47: id nostris, id est Aquitanis, Gallis, Britannis indecens visum 

est, etc. 

3. Sic les mss. Reg. et Colbert; l'édit. de Rome [princeps] 1474, 
Clusa qui se lit aussi dans la table de Peutinger. L'erreur a été 
signalée pour la première fois par Sig. Gelen. édit. de Bàle, 1533. 

4. Tite-Live, Épit,, LX et LXI, Saluvii, Gron. et Crev. Salvii, Strab. 
Σάλυες, Ptolém. Id. Etienne de Byz. Σάλλυες. 



TIMAGÈNE. LES GAULOIS. 345 

Les Alpes Graies et les Poenines ont, en ne tenant pas 
compte de localités plus obscures, Aventicum, ville 
déserte, il est vrai, mais qui jadis ne fut pas sans nom, 
comme Γ attestent encore ses édifices à demi ruinés. — 
Telles sont les provinces et les villes illustres des 
Gallies. — Dans VAquitanie, laquelle regarde les 
monts Pyrénœes et cette partie de V Océan qui touche 
aux Hispanes\ la première province aquitanique a une 
magnifique parure de grandes cités : sans parler des 
autres, on y remarque Burdigala et les Ar ver nés et les 
Santones et les Pictaves^. Les Neuf-Peuples^ se font 
honneur des Ausques^ et des Vasates^. Dans la Narbo- 
naise, Eluse^, Narbone et Tolose tiennent le premier 
rang parmi les villes. La Viennaise est fière de la 
beauté de maintes cités dont les plus considérables sont 
Vienne elle-même, Arelaté et Valentia. On y joint 
Massalie dont nous lisons que l'alliance et les forces 
ont été quelquefois pour Rome, en des circonstances 
critiques, un utile appui "^, Dans le voisinage, il y a 
les Salluves^ Niceea, Antipolis et les îles Stœchades. 
— Et puisque, en suivant le cours de cet ouvrage, nous 
sommes arrivé à ces contrées, il serait malséant et 



1. Espagnols. 

2. Bordeaux, Glermont, Saintes, Poitiers. 

3. La Novempopulanie. 

4. Auch. 

5. Bazas. 

6. Eause, départ, du Gers, dont le nom rappelle celui d'Elusa, 
n'est pas tout à fait sur l'emplacement de la cité antique; on en 
trouve les traces dans le voisinage, à l'endroit qu'on appelle encore 
Ciutat (Elusatium Civitas. Notic. des Gaules). 

7. V. Strabon, IV, i, 4-5, dans notre t. I, p. 76-79. 

8. Nom de peuple. Quelle fut celle de ses quatre ou cinq villes 
mentionnées par Ptolémée qui prit ensuite le nom de Salluvii ou 
Saluvii ou Sait/es^ ou de Salluviorum civitas? 



346 TIMAGENES. DE GALLIS. 

Rhodano ynaximi nominis flumini incongruum est et 
absurdum. A Pœninis Alpibus eiFusiore copia fontium 
Rhodanus fluens et proclivi impetu ad planiora degre- 
diens, proprio agmine ripas occultât et paludi sese 
ingurgitât nomine Limanno ^ eamque intermeans nus- 
quam aquis miscetur externis, sed altrinsecus summi- 
tates undse prseterlabens segnioris, quseritans^ exitus, 
viam sibi impetu veloci molitur. Unde sine jactura 
rerum per Sapaudiam^ fertur et Sequanos, longeque 
progressus, Viennensem latere sinistro perstringit, 
dextro Lugdunensem, et emensus spatia flexuosa, 
Ararim, quem Sauconnam appellant, inter Germaniam 
primam fluentem suum in nomen adsciscit, qui locus 
exordium est Galliarum; exindeque non millenis 
passibus sed leugis itinera metiuntur. Hinc Rhodanus 
aquis advenis locupletior vehit grandissimas naves, 
ventorum difilatu jactari ssepius adsuetas, finitisque 
intervallis, quse ei natura preescripsit , spumeus Gal- 
lico mari concorporatur per patulum sinum, quem 
vocant Ad Gradus , ab Arelate octavo decimo ferme 
lapide disparatum. Sit satis de situ locorum; nunc 
figuras et mores hominum designabo. 



1. Val. et Gardth. Lemanno. Eyssenh. Limanno, d'apr. le Vatic. 

2. Cod. Vat, entans exitus avec un i au-dessus et entre η et t; 
le Reg. a eruptans exitus d'où Val. croyait pouvoir tirer scrutans 
ou tentans exitus; il écrit pourtant quœritans. 

3. Édit. Rom. per pensa paudium, de même dans les mss. Reg., 
Tolos., Colbert. et Vatic. Corrigé par H. Val. — Tout ce passage 
semble fort altéré; rerum est inutile ; on doit lire erumpens, « d'où 
s'échappant sans avoir rien perdu ». 



TIMAGÈNE. LES GAULOIS. 347 

absurde de passer sous silence le Rhodan, ce fleuve 
d'un si grand renom\ Sorti des Alpes Pœnines, où ses 
sources sont d'une abondance extraordinaire, le Rho- 
dan descend par une pente rapide vers la plaine, 
emplit et couvre de son propre volume ses rives et 
s'engouffre dans un lac du nom de Limanne. Il le tra- 
verse sans se mêler nulle part à des eaux étrangères, 
mais côtoyant à droite et à gauche les ondes plus 
lentes qui le dominent , et cherchant une issue , avec 
sa vitesse impétueuse, il s'y fraye une voie. Et c'est 
ainsi que, sans perte aucune, il se porte de là vers la 
Sapaudia et les Séquanes et, après une longue marche 
en avant, longe à gauche la Viennaise, à droite la Lug- 
dunaise* Courant ensuite par maints détours, il reçoit 
l'Araris qv!!on appelle la Sauconne , qui coule dans la 
première Germanie, et qu'il s'adjoint en lui donnant 
son nom. Et c'est là qu'est le commencement des 
Gallies. A partir de là aussi, les marches ne se 
comptent plus par milles, mais par lieues^. Ensuite le 
Rhodan, enrichi par des eaux étrangères, porte de très 
gros navires qui sont habitués à braver les trop fré- 
quentes secousses des vents opposés. Enfin, arrivé au 
terme de la carrière que la nature lui a prescrite, il 
s'incorpore tout écumeux à la mer Gallique, par un 
large golfe qu'on appelle Aux Gras% à dix-huit milles 
environ d'Arelaté. En voilà assez sur la position des 
lieux ; je vais décrire à présent la figure et les mœurs 
des habitants. 

1. Strab., IV, i, 1 et U. — 2. Tabl. de Peuting. : Lugdunum caimt 
Galliarum : USque hic Leugas. — Hcsycll. Λεύγη, μέτρον τι γαλατικόν. 

3. Aux Degrés ou Aux Échelles : Cf. Itin. d'Anton. A Fossis ad 

Gradum A Gradu per fluvium Rhodanum Arclatum. V. [aNotit. 

Gall. p. Hadr. Val. p. 475. 



348 TIMAGENES. DE GALLIS. 

12!. Celsioris staturse et candidi psene Galli sunt 
omnes et rutili luminumque torvitate terribiles, avidi 
jurgiorum et sublatius insolentes\ Nec enim eorum- 
quemquam adhibita uxore rixantem, multo fortiore^ 
et glauca, peregrinorum ferre poterit globus, tum 
maxime cum illa inflata cervice suifrendens ponde- 
ransque niveas ulnas et vastas, admixtis calcibus, 
emittere cœperit pugnos ut catapultas tortilibus nervis 
excussas. Metuendse voces complurium et minaces 
placatorum juxta et irascentium, tersi tamen pari dili- 
gentia cuncti et mundi, nec in tractibus illis maxime- 
que apud Aquitanos poterit aliquis videri vel femina, 
licet perquam pauper, ut alibi, frustis squalere pan- 
norum. Ad militandum omnis setas aptissima et pari 
pectoris robore senex ad procinctum ducitur et adul- 
tus, gelu duratis artubus et labore assiduo multa 
contempturus et formidanda. Nec eorum aliquando 
quisquam, ut in Italia, munus Martium pertimescens, 
poUicem sibi praecidit, quos jocaliter^ murcos appel- 
lant. — Vini avidum genusS aifectans ad vini simili- 
tudinem multipliées potus et inter eos humiles quidam 
obtunsis ebrietate continua sensibus, quam furoris 
voluntariam speciem esse Gatoniana sententia defini- 

t. Val. insolescentes. 

2. Comp. Diodore, V, 32. V. ci-après. 

3. Ane. édiit. localiter , adopté par Gardthausen. Le mot Murcus 
semble se rattacher à la même racine que murcidus, Murcia, déesse 
de l'amour langoureux « quse praeter modum non moveret, ac 
faceret hominem, ut ait Pomponius, murcidum. » S* Augustin, Civ. 
Dei, IV, 16. Comp. Arnob., IV, v, quis segnium Murcidam (deam 
esse credat)? 

4. Comp. pi. haut, p. 322 et note 1. — On a parlé également de 
la voracité des Gaulois. Strab., IV, iv, 3, laisse deviner leur robuste 
appétit; mais d'autres, Sulpice Sévère, par ex., les accuse de glou- 
tonnerie, Dial.y I, IV, et llj vi. 



TIMAGÈNE. LES GAULOIS. 349 

i2i. Les Galls ont en général la taille haute, le teint 
blanc, le poil roux, le regard farouche et terrible^ Ils 
aiment les querelles et leur arrogance est extrême. 
Qu'un d'entre eux ait une querelle et qu'il appelle à 
son aide sa femme, plus vaillante que lui, aux yeux 
verdâtres, et même une troupe d'étrangers ne pourra 
la soutenir; surtout quand cette femme, le cou gonflé, 
frémissante, balançant ses bras de neige, ses bras 
immenses, et tout en jouant des talons, porte en avant 
ses poings comme des catapultes que chasse la corde 
enroulée. Quand ils sont plusieurs ensemble, leurs 
voix sont terribles; qu'ils soient calmes ou irrités, 
c'est tout un. Tous pourtant ont un égal soin de la 
propreté, de leur toilette, et dans ces contrées, surtout 
chez les Aquitans, on ne voit personne, même parmi 
les femmes, même dans une extrême pauvreté, 
traîner, comme ailleurs, de sordides haillons ^ Tout 
âge y est propre à la guerre, et, avec une égale force 
de cœur, le vieillard et l'adulte marchent au combat : 
un froid de glace a endurci leurs membres ; un travail 
continuel leur a appris à braver mille dangers, et des 
plus redoutables. Chez eux, personne qui, comme en 
Italie, craignant le service de Mars, se coupe le pouce 
et mérite la railleuse épithète de mur que. Cette race 
d'hommes a la passion du vin ; elle recherche plusieurs 
boissons diverses qui y ressemblent. Parmi eux, cer- 
taines gens de bas étage, les sens émoussés par une 
ivresse continuelle, tombent dans une sorte de 
démence volontaire, selon la juste expression de 
Caton, et courent çà et là sans dessein et sans but. 

l. Comp. Diod. Sic, V, 28. — 2. Strab., IV, iv, 2. 



350 TIMAGENES. DE GÀLLÏS. 

vit, raptantur discursibus vagis, ut verum illud videa- 
tur quod ait defendens Fonteium Tullius : « Gallos 
post haBC dilutius esse poturos, quod illi venenum esse 
arbitrabuntur^ » 

Hse regiones, prsecipue quse confinis ïtalicis, pau- 
latim levi sudore sub imperium venere romanum, 
primo tentatse per Fulvium, deinde prœliis parvis 
quassatse per Sextium, ad ultimum per Fabium Maxi- 
mum domitse; cui negotii plenus effectus asperiore 
AUobrogum gente devicta hoc indidit cognomentum. 
Nam omnes Gallias , nisi qua paludibus invise fuere , 
ut Sallustio docetur auctore, post decennalis belli 
mutuas clades, [Sulpicio, Marcello coss.^,] Csesar 
societati nostrse fœderibus junxit œternis. 

1 . Vulg. la citation s'arrête à poturos. Les éditt. Leclerc et Lemaire 
y comprennent les mots suivants et donnent arbitrabmtur au lieu 
d'arbitrabAïiÎur. 

2. Val., d'après Lindenbrog, supplée subegit; le supplément que 
nous donnons est de Gardth., adopté par Eyssenhardt. Il vient de 
Salluste lui-même dont ce passage nous a été conservé par Marins 
Victorinus, Comment, sur le traité de Cicér. De l'Invent. liv. L 



TIMÂGÈNE. LES GAULOIS. 351 

Et l'on voit bien la vérité du mot de Gicéron dans son 
plaidoyer pour Fontéius : « Les Galles désormais ne 
boiront pas sans eau , et ils trouveront que c'est du 
poison. » 

Ges contrées, surtout celles qui confinent à l'Italie, 
sont peu à peu , et sans demander de grands efforts , 
entrées dans l'empire romain. Tâtées d'abord par 
FulviusS secouées ensuite par Sextius en de légers 
combats^, elles furent enfin domptées par Fabius, à 
qui ce résultat, obtenu non sans peine, a valu son 
surnom, après la défaite de la rude nation des Allo- 
broges^. Et puis, toutes les Gallies, à l'exception des 
endroits que des marais rendent impraticables, ont 
été, comme nous l'apprend Salluste, après les coups 
échangés dans une guerre de dix ans'*, subjuguées par 
César, [sous le consulat de Sulpicius et de Marcellus,] 
et rattachées à notre monde par des traités éternels. 

1. Fulv. Flaccus envoyé au secours des Massaliôtes, an de R. G28, 
126 av. J.-G. 

2. G. Sextius, l'année suivante, fonde Aqux Sexiix (Aix). 

3. Fab. Maximus Allobrogicus, an de Β . 633, av. J.-G. 121. 

4. An de Rome 696-703, av. J.-G. 58-50. 



ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΤΟΥ 2ΙΚΕΛΙΩΤ0Υ^ 

Βιβλιοθήκης ιστορικής. 



ΒΙΒΛΟΣ ΠΡΩΤΗ. 

IV. (Rhodoman., t. Ι, ρ. 5.) Έν δέ ταις έξης 

εΐ'κοσι και τρισι βιβλοις τάς λοιπάς άπάσας (πράξεις) 
κατετάξά[Λεν [^έχρι της αρχής του συστάντος πολίικου 
Ρω(Λαιοις προς Κελτούς, καθ' δν ή^ού{Λενος Γάϊος 'Ιούλιος 
Καίσαρ , δ δια τας πράξεις προσαγορευθεις Θε6ς , κατεπο- 
λέ[Λησε (/.εν τα πλείστα και [Λαχΐ{Λώτατα των Κελτών 
έθνη, προεβίβασε δέ τήν ήγεμονίαν τής Ρώ[Λης (^.έχρι των 
Βρεττανικών νήσων ' το^!ηοΌ δ' αι πρώται πράξεις έπετε- 
λέσθησαν 'Ολυμπιάδος τής εκατοστής και δγδοηκοστής 
κατά το πρώτον έτος έπ' άρχοντος Άθήνησιν Ήρώδου. 

V Άπδ δέ τής πρώτης Όλυ(Απιάδος εις τήν 

αρχήν του Κέλτικου πολέριου, ην τελευτήν πεποιή(Λεθα 
τής ιστορίας, έπτακ<$σια και τριάκοντα (ετη) 

ΒΙΒΛΟΣ ΤΕΤΑΡΤΗ. 

XIX. (Rhod., ρ. 226.) Ό δ' ουν Ηρακλής τών μέν 

1. D'Agyrium en Sicile, sous César et Auguste. — Bibliothèque histo- 
rique, Βιβλιοθήκη Ιστορική, en 40 livres dont il ne reste que quinze à 
peu près entiers, I-V; XI-XX, avec des fragments des autres. 



DIODORE DE SICILE. 

Bibliothèque historique. 



LIVRE I. 

IV Dans les vingt-trois livres qui suivent \ 

nous avons rangé tout le reste des faits jusqu'au 
commencement de la guerre longue et continue des 
Romains contre les Celtes, au cours de laquelle Gaïus 
Julius Csesar qui les commandait, et qui pour ses 
exploits fut appelé dieu, abattit la plupart des peuples 
celtes, et les plus vaillants, et étendit l'empire de 
Rome jusqu'aux îles Brettaniques. Les premiers ex- 
ploits de Cœsar tombent dans la CLXXX^ olympiade, 
V® année% sous l'archontat d'Hèrôdès à Athènes. 

V De la première olympiade au commence- 
ment de la guerre celtique qui pour nous marque la 
fin de cette histoire, il y a sept cent trente ans. 



LIVRE IV. 

XIX. Héraclès^ donna le royaume des Ibères aux 

1. L'auteur vient d'indiquer le contenu des dix-sept premiers. 

2. An de R. 694, av. J.-G. GO : il faudrait lire peut-être τρίτον έτος, 
av. J.-G. 58. — 3. Hercule. 

II ^3 



354 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. Δ. 

'Ιβήρων παρέδωκε τήν βασιλείαν τοις άρ^στοις τών εγχω- 
ρίων, αύτος δ' άναλαβών τήν δύναμιν και καταντήσας εις 
τήν Κελτικήν και πασαν έπελθών, κατέλυσε μέν τάς 
συνήθεις Ίταρανομίας και ξενοκτονίας, τζοΧΚου δε πλήθους 
ανθρώπων εκ παντός έθνους εκουσίως συστρατεύοντος^, 
έκτισε πόλιν ευμεγέθη, τήν δνομαζομένην^ από της κατά 
τήν στρατείαν άλης Άλησίαν. Πολλούς δέ και των έ•γ χω- 
ρίων άνέμιξεν εις τήν πόλιν • ών έπικρατησάντων τω 
πλήθει πάντας τους ένοικουντας^ έκβαρβαρωθήναι συνέβη. 
Οι δέ ΚελτοΙ μέχρι τώνδε των καιρών τιμώσι"* ταύτην 
τήν π(^λιν, ως άπάσης της Κελτικής οΰσαν έστιαν και 
μητρ6πολιν. Διέμενε δ' αυτή πάντα τόν άφ' Ηρακλέους 
χρ($νΰν ελευθέρα και απόρθητος μέχρι του καθ' ήμας 
χρόνου • το δέ τελευταιον ύπο Γαίου Καίσαρος, του δια 
τα μέγεθος των πράξεων θεοΰ προσαγορευθέντος , εκ βίας 
άλουσα συνηναγκάσθη μετά των άλλων Κελτών ύποτα- 
γήναι Ρωμαίοις. Ό δ' Ηρακλής τήν εκ της Κελτικής 
πορείαν έπι τήν Ίταλίαν ποιούμενος και διεξιών τήν ορει- 
νήν τήν κατά τάς "Αλπεις, ώδοποίησε τήν τραχύτητα της 
δδου και το δύσβατον, ώστε δύνασθαι στρατοπέδοις και 
ταϊς τών υποζυγίων^ άποσκευαΐς βάσιμον ε?ναι. Τών δέ 
τήν δρεινήν ταύτην κατοικούντων βαρβάρων ειωθ6των τά 
διεξι6ντα τών στρατοπέδων περικ($πτειν και ληστεύειν εν 
ταϊς δυσχωρίαις, χειρωσάμενος απαντάς χαΐ τους ήγεμά- 



1. Paris. Reg., Clar. Il, στρατεύσαντος. 

2. Vindob. 1, ονομασθεΤσαν, adoptée p. L. Dindorf, édit. de 1866. 

3. Sic Goisl., Mut., Vat., Vind. I, et Clar. Il, tous les autres 
κατοικοΟντας. 

4. Goisl., Mut., Vind. I, et la trad. iat. du Pogge, τιμώσι, tous les 

autres ετίμων. 

5. Clar. I et II, παραζυγίων. 

i - » lâ ■„ 



DIODORE, LIV. IV. HERCULE EN GAULE. 355 

meilleurs des hommes du pays; quant à lui, ayant 
rassemblé ses troupes, il s'avança jusqu'à la Celtique, 
la parcourut tout entière, abolissant les coutumes 
contraires à toutes les lois, celle de tuer les étrangers, 
par exemple, et comme une multitude d'hommes de 
toutes nations venaient volontairement guerroyer avec 
lui, il bâtit une grande ville, — celle qui, en raison de 
sa course errante en cette guerre, est nommée Alèsia^ 
Il mêla même à ses citoyens beaucoup de gens du pays, 
mais comme ces derniers l'emportaient en nombre, 
il arriva que tous les habitants tombèrent dans la 
barbarie. Les Celtes jusqu'à ces temps-ci ont en hon- 
neur cette ville qui est pour eux le foyer et la métro- 
pole de toute la Celtique. Tout le temps depuis 
Héraclès jusqu'à nos jours , elle demeura libre , et ne 
fut jamais mise à sac. Mais enfin Gains Csesar, celui 
qui, à cause de la grandeur de ses actions, a été 
appelé dieu, la prit de vive force, et, comme le reste 
des Celtes, elle fut contrainte de se soumettre aux 
Romains. Héraclès, allant de la Celtique en Italie et 
traversant la région montagneuse des Alpes, remplaça 
les âpres chemins et les mauvais pas de cette contrée 
par une route assez bonne pour que des armées avec 
leurs bêtes de somme et leurs bagages y puissent 
passer^. Les Barbares, habitant ces montagnes, avaient 
coutume de harceler les armées qui les traversaient , 
de leur tuer du monde, et de les piller dans les 
endroits difficiles. Le héros, les ayant tous domptés et 



1. Άλησία, (Ι'άλη (aie), couFse errante. 

2. Gomp. Timagène, cité par Am. Marcellin, supr. p. 336-337. 
Tout ce passage semble autoriser la conjecture de Valois, Graiarum 
pour harum, rejetée par les derniers éditeurs. 



356 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. Δ. 

νας της παρανο[Λ(ας άνελών έποίησεν ασφαλή τοις μετα- 
γενεστέροις τήν δδοιπορ(αν. Διελθών δε τάς "Αλπεις και 
της νυν καλουριένης Γαλατίας τήν πεδιάδα διεξιών, έποιή- 
σατο τήν πορειαν δια της Λιγυστικής. 

XX. Οι δέ ταύτην τήν χώραν κατοικουντες Λέγυες 
νέμ,ονται γήν τραχειαν και παντελώς λυπράν * των δ' 
εγχωρίων ταϊς έργασίαις και ταΐς της κακοπαθεέας ύπερ- 
βολαις φέρει καρπούς προς βίαν ολίγους \ Διο καΐ τοις 
ογκοις εισι συvεσταλ[Jί.έvoι και δια τήν συνεχή γυ[Λνασίαν 
ευτονοι. Τής γαρ κατά τήν τρυφήν ραστώνης πολύ κεχ^ω- 
ρισμένοι ελαφροί (χέν ταις εύκινησίαις εισίν, εν δέ τοις 
πολε[Λΐκοις άγώσι ταΐς άλκαΐς διάφοροι. Καθόλου δε των 
πλησιοχώρων το πονειν συνεχώς ήσκηκοτων, και της 
χώρας πολλής εργασίας προσδεοριένης, είΟίκασι τας γυναί- 
κας τών κακοπαθειών των εν ταις έργασίαις κοινωνούς 
ποιεισθαι. Μισθού δέ παρ' άλλήλοις εργαζομένων τών τε 
ανδρών και τών γυναικών, ιδΐ($ν τι και παράδοξον καθ' 
ή[Λάς συνέβη περί μίαν γυναίκα γενέσθαι. "Εγκυος γαρ 
ούσα καΐ μετά τών ανδρών εργαζομένη μισθού, μεταξύ 
συνεχόμενη ταις ώδίσιν άπήλθεν εις τινας θάμνους αθορύ- 
βως • εν αίς τεκουσα, και το παιδίον φύλλοις ενειλήσασα, 
τούτο μέν εις τινας θάμνους άπέκρυψεν, αυτή δέ συμμί- 
ξασα τοις έργαζομένοις , τήν αυτήν έκείνοις ύπέμενε* 
κακοπάθειαν, ουδέν δηλώσασα περί του συμβεβηκ^τος * 



1. Clarom. 11, βίον. Diodore revient plus loin (ci-après liv. V, 39) 
sur les mœurs des Ligures; il en parle presque dans les mêmes 
termes : quelques phrases sont reproduites textuellement, δ'.ά τήν 

συνέχειαν τών γυμνάσιων, ευτονοι. Συνεργούς ^χουσι γυναίκας, etc. — 

Virgile, énumérant {G. Il, 167 ss.) les robustes populations de 
l'Italie, n'a pas oublié « le Ligure endurci aux fatigues, assuetum- 
que malo Ligurem. » Cf. jEn., X, 185; XI, 701 et 715 ss. 

2. Goisl. et Vindob. 1, ύπέμεινε, admis par L. Dindorf, Lips. 2. 



DIODORE, LIV. IV. LES LIGURES, LEURS MŒURS. 357 

ayant fait mourir les auteurs de ces violations de toutes 
les lois, rendit parfaitement sûres pour l'avenir les 
routes de ce pays. Puis, ayant franchi les Alpes et 
traversé les plaines de la contrée appelée aujourd'hui 
Galatie^ il continua son voyage par la Ligystique. 

XX. Les Ligyes^, qui habitent cette contrée, culti- 
vent un sol âpre et tout à fait misérable, et c'est grâce 
à leurs travaux et au mal excessif qu'ils se donnent 
que ce sol produit par force quelque peu de fruits. 
Mais si leur taille est fort réduite, ils doivent à cet 
exercice continuel d'être très vgoureux. Sevrés, en 
effet, des loisirs d'une vie luxueuse, ils sont lestes en 
leurs justes mouvements, et d'une force supérieure 
dans les luttes de la guerre. Les gens du voisinage 
étant en général occupés à des travaux continuels, et la 
terre demandant un labeur incessant, ils ont habitué 
leurs femmes à partager le mal qu'ils se donnent en 
ces labeurs. Gomme les hommes et les femmes tra- 
vaillent côte à côte moyennant un salaire, il arriva de 
nos jours à une de ces femmes une aventure singu- 
lière, incroyable. Elle était enceinte et travaillait avec 
des hommes pour un salaire. Se trouvant prise, au 
beau miheu de sa besogne, des douleurs de l'enfante- 
ment, elle s'en alla sans bruit parmi des buissons ; elle 
y accoucha et ayant enveloppé de feuilles son enfant, 
elle le cacha dans ces buissons, et se mêlant de nou- 
veau aux travailleurs, elle supportait les mêmes 
fatigues qu'eux, sans rien laisser voir de ce qui lui 
était arrivé. Cependant, le petit enfant s'étant mis à 

1. Gaule Cisalpine. 

2. Gomp. Strabon, V, ii, l (notre t. I, p. 198-199). — Comme Stra- 
bon, Diodore suit sans doute ici Posidonios. 



358 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. Δ. 

του δε βρέφους κλαυθ(Λυριζομ.ένου, καΐ της πράξεως φανε- 
ρας γενομένης, δ μ.έν έφεστηκώς ουδαμώς ήδύνατο πεϊσαι 
πα'^σασθαι των έργων • ή δ' ου πρ($τερον άπέστη της 
κακοπαθείας εως δ μισθωσάμενος έλεήσας καΐ τον μισθδν 
άτζοζοΌζ απέλυσε των έργων. 

ΧΧΪ. Ηρακλής δέ διελθών την τε των Λιγύων καΐ τήν 
των Τυρρηνών χώραν, καταντήσας προς τδν Τίβεριν ποτα- 
μδν κατεστρατοπέδευσεν ο5 νυν ή Ρώμη εστίν 

LVÏ. (Rhod., ρ. 259.) Ούκ ολίγοι γαρ των τε 

αρχαίων συγγραφέων και των μεταγενεστέρων, ών έστι 

και Τίμαιος, φασι τους Άργοναύτας άπο δέ των 

άρκτων έπι τήν δύσιν κομισθήναι τήν γήν έχοντας εξ 
ευωνύμων, και πλησίον γενομένους Γαδείρων εις τήν καθ' 
ή μας θάλατταν είσπλευσαι. 'Αποδείξεις δέ τούτων φέρουσι, 
δεικνύντες τους παρά τον Ώκεανδν κατοικοΰντας Κελτους 
σεβόμενους μάλιστα των θεών τους Διοσκ($ρους * παραδ6- 
σιμον γαρ εχειν αυτούς έκ παλαιών χρόνων τήν τούτων 
των θεών παρουσίαν έκ του Ωκεανού γεγενημένην. Εϊναι 
δέ και τήν παρά τον Ώκεανδν χώραν ούκ ολίγας έχουσαν 
προσηγορίας άπό τε τών 'Αργοναυτών και τών Διοσκ($- 
pωv....^ 



ΒΙΒΛΟΣ ΠΕΜΠΤΗ. 

Τάδε ένεστιν εν τη πέμπτη τών Διόδωρου βίβλων. 

Η'. Περί της Βρεττανικής νήσου και της ονομαζόμενης 
Βασιλείας καθ' ην το ήλεκτρον γίνεται. 

ι. Vulg., Διόσκουροι, les Dioscures, forme moins régulière que 
Διόσκοροι, Dioscores, selon Phrynichos, p. 28, éd. Nunn. 1601. 



DIODORE, LIV. IV. LES ARGONAUTES. 359 

crier, la chose se découvrit ; mais le chef des travaux 
ne put en aucune façon lui persuader de laisser son 
ouvrage ; elle ne cessa pas d'endurer la fatigue, avant 
que celui qui l'avait louée ne l'eût, par pitié, exemptée 
de faire son ouvrage, en lui donnant son salaire \ 

XXI. Héraclès, ayant traversé le pays des Ligyes et 
celui des Tyrrhènes, arriva aux bords du Tibéris et 
campa près de ce fleuve, là où s'élève aujourd'hui 
la ville Rome 

LVI Un assez grand nombre d'historiens tant 

anciens que modernes, entre autres Timée, disent que 

les Argonautes se portèrent des Ourses^ vers le 

couchant, ayant la terre à gauche, et qu'arrivés ainsi 
près de Gadira, ils entrèrent dans notre mer. Comme 
preuves de ce fait, on allègue que les Celtes riverains 
de l'Océan ont une vénération toute particulière pour 
les Dioscores; que, selon une tradition qui remonte 
chez ces peuples à des temps reculés, ces dieux arri- 
vèrent par l'Océan ; qu'il y a le long de l'Océan bon 
nombre de désignations locales venant des Argonautes 
et des Dioscores 



LIVRE V. 
Sommaire^ du livre cinquième de Diodore. 

8"* L'île Brettanique et l'île nommée Basilée, qui 
produit l'électre^ 

1. Comp. Posidonios dans Strabon, III, iv, 27. Posidonios disait 
tenir le fait de Gharmolaos, son hôte à Massalie. 

2. Du Nord. — 3. Ces sommaires grecs sont anciens. 

4. Le succin ou l'ambre jaune (?). — V. dans Pline, XXXVII, xi, le 



360 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. Ε. 

Θ'. Περί Γαλατίας και Κελτιβηρίας, και Λιγυστι- 

κής..... 

XIII Μετά δε τήν ΑιΟάλείαν^ νήσ^ς έστιν απέ- 
χουσα [Λεν ταύτης ώς τριακόσιους σταδίους, ονομάζεται 
δέ υπό μ,έν των Ελλήνων Κύρνος , υπό δε των Ρωμαίων 
και των εγχωρίων Κόρσικα. Αυτή δε ή νήσος εύπροσ^ρ- 
[Λίστος^ ούσα κάλλιστον έχει λιμένα τον ονομαζ^μενον 
2υρακ<:$σιον^. Ύπάρχουσι δ' εν αυτή και πόλεις αξιόλογοι 
δύο , και τούτων ή μέν Κάλαρις , ή δέ Νίκαια προσαγο- 
ρεύεται. Τούτων δε τήν μέν Κάλαριν^ Φωκαεϊς^ έκτισαν, 
και ypovov τινά κατοικήσαντες ύπο Τυρρηνών εξεβλήθησαν 
εκ τής νήσου, Τήν δέ Νίκαιαν έκτισαν Τυρρηνοι θαλατ-• 
τοκρατουντες και τάς κατά τήν Τυρρηνίαν κειμένας νήσους 
ιδιοποιούμενοι. Έπι δέ τινας χρόνους των εν τή Κύρνω 
πόλεων κυριεύοντες έλάμβανον παρά των εγχωρίων φόρους 



1. Sic le Vindob. Ι, tous les autres Αίθαλίαν. 

2. Goisl., Mutin., Vindob. 1, εύπροσόρμητος. Sénèque et, avant lui, 
Strabon ont dit tout le contraire. Pour celui-ci, v. notre 1. 1, p. 198- 
201 : δύσβατος τελέως, etc. Sénèque est encore plus explicite; Cons. 
à Helv. VI; Épigr., 11, 1 : 



Barbara prseruptis inclusa est Gorsica saxis. 



Il est vrai qu'exilé en Corse , il n'avait pu garder qu'un souvenir 
désagréable de cette île. 

3. Sic le Glarom. II; tous les autres Συρακουσιον. 

4.. Goisl. Καλάρης. 

5. Sic Vatic. et Glarom. II, tous les autres Φωκεΐς. Sénèque {Épigr. ^ 
I, et Consol. à Helv. VIll) rappelle aussi les colonies phocéennes 
de la Gorse : 

Gorsica Phocseo tellus habita colono, 
Gorsica quae graio nomine Gyrnus erat 



— Phocide relicta, Graii qui nunc Massiliam colunt, prius in hac 
insula consederunt 



DIODORE, LIV. V. CYRNOS (lA CORSE). 361 

9° La Galatie^ et la Celtibérie — La Ligys- 

tique 

XIII Après iEthalie^, il y a, à la distance de 

trois cents stades environ, une île nommée par les 
Hellènes Cyrnos, et par les Romains et les gens du 
pays, Corsique. Cette île est d'un abord facile, et elle 
a un très beau port nommé Syracosie. Il y a aussi 
deux villes considérables, dont l'une s'appelle Galaris^ 
et l'autre Nicsea : la première a été bâtie par des Pho- 
cseens, qui, après l'avoir habitée un certain temps, 
furent chassés de l'île par les Tyrrhènes. Nicœa fut 
bâtie par les Tyrrhènes, alors que, maîtres de la mer, 
ils s'appropriaient les îles situées dans les parages de 
la Tyrrhènie. Pendant quelques années , tenant sous 
leur domination les villes de Cyrnos, ils recevaient 
des gens du pays des tributs en nature, de la résine. 



résumé de ce que les Anciens avaient dit de cette substance. 11 
conclut ainsi : Gertum est gigni in insulis septemtrionalis Oceani 

et a Germanis vocari glessum Nascitur autem defluente meduUa 

pinei generis arboribus, ut gummi in cerasis, résina pinis Arbo- 

ris succum esse prisci nostri credidere, ob id succinum appel- 

lantes Affirmatur a Germanis ideo maxime appetitam provin- 

ciam : et inde Veneti primum, quos Graeci Enetos vocabant, famam 
rei fecere proxima3 Pannonii», id accipicntes circa mare Adria- 
ticum. Pado vero adnexœ fabulœ vidotur causa, hodieque ïranspa- 
.danorum agrestibus feminis, monilium vico succina gestantibus, 
maxime decoris gratia, sed et mcdicinœ. DC fere M pass. a Carnunto 
Pannoniœ abest litus id Germaniœ ex quo invehitur, percognitum 
nuper, etc. 

1. La Gaule. 

2. L'île d'Elbe. 

3. Diodore se trompe; Calaris {Cagliari) est en Sardaigne. II a 
confondu sans doute avec Alalia (Aléria). V. supr. p. 6, note 1. — 
Cf. Pomp. Môla, il, p. 62, édit. Bipont., Plin., 111, xii, 6; Solin., Ul, 2. 



362 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. Ε. 

ρητένην και κηρον καΐ (χέλι, φυο μένων τούτων δαψιλών 
εν τη νήσω. Τα δε άνδράποδα τα Κύρνια διαφέρειν δοκεϊ 
των άλλων δούλων εις τάς κατά τον βέον χρείας, φυσικής 
ταύτης τής ιδιότητος παρακολουθούσης. Ή δ' ολη νήσος 
ευμεγέθης ούσα πολλήν τής χώρας ορεινήν έχει, πεπυκασ- 
μένην δρυμοίς συνεχέσι καΐ ποταμοις διαρρεομένην μι- 
κροις^ 

XIV. Οι δ' εγχώριοι τροφαΐς μέν χρώνται γάλακτι και 

μέλιτι και κρέασι, δαψιλώς πάντα ταύτα παρεχομένης 
τής χώρας, τα δε προς αλλήλους βιουσιν επιεικώς καΐ 
δικαίως παρά πάντας σχεδόν τους άλλους βαρβάρους * τά 
τε γαρ κατά τήν ορεινήν εν τοις δένδρεσιν εύρισκ($μενα^ 
κηρια των πρώτων εύρισκ($ντων εστί, μηδενός αμφισβη- 
τούντος, τά τε πρόβατα σημείοις διειλημμένα, καν μηδεις 
φυλάττη, σοίζεται τοις κεκτημένοις, εν τε ταις άλλαις 
ταις εν τφ βίω κατά μέρος οικονομίαις θαυμαστώς προτι- 
μώσι τό δικαιοπραγεϊν. Παραδοξότατον δ' έστι το παρ' 
αυτοΐς γιν(5μενον κατά τας των τέκνων γενέσεις * δταν 
γαρ ή γυνή τέκη , ταύτης μέν ουδεμία γίνεται περί τήν 
λοχείαν επιμέλεια, δ δ' άνήρ αυτής άναπεσών ώς νοσών 
λοχεύεται τακτάς ημέρας, ώς του σώματος αύτψ κακο- 
παθουντος^. Φύεται δε κατά τήν νήσον ταύτην και πύξος^ 
πλείστη και διάφορος , δι' ην και το μέλι τό γιν($μενον έν 
ταύτη παντελώς γίνεται πικρόν. Κατοικουσι δ' αυτήν 
βάρβαροι, τήν διάλεκτον έχοντες έξηλλαγμένην και δυσ- 



1. Quelques mss. μακροίς, omis par le Pogge. 

2. Glarom. I et 11, συνευρισκόμενα. 

3. Strabon, III, iv, 17, dit la même chose de certains peuples de 

l'Espagne : τεκοΟσαί τε διακονοΟσι τοις άνδράσιν, εκείνους άνθ' εαυτών κατα- 
κλίνασαι. Cet usage étrange se retrouve chez plusieurs peuples 
sauvages. — 4. Les ifs, en Corse, produisaient le même effet. V. Virg. 
Bucol. IX, 30 : Sic tua Cyrneas fugiant examina taxos. 



DIODORE, LIV. V. GYRNOS (lA CORSE). 363 

de la cire et du miel, produits abondants de cette île. 
Les esclaves Cyrnies semblent l'emporter sur ceux 
qui viennent d'ailleurs, pour les services de la vie 
sociale, et cela, par un don particulier de la naturel 
L'île qui, dans son ensemble, est assez grande, a sur 
une bonne partie de son territoire une région monta- 
gneuse couverte de vastes bois et arrosée de petites 
rivières. 

XIV. Les gens du pays ont pour nourriture le lait, 
le miel, des viandes : le pays leur fournit tout cela 
abondamment. Ils vivent entre eux avec plus de 
modération et d'équité qu'il n'y en a en général chez 
les Barbares. Les ruches trouvées dans les arbres de 
la montagne appartiennent à qui les a trouvées le 
premier, et personne ne les lui dispute ; les troupeaux 
sont distingués par des marques, et quoique personne 
ne les garde, la propriété en est bien garantie; de 
même, dans le détail des autres affaires de la vie 
domestique, ils ont une merveilleuse estime pour la 
pratique de la justice. — Une particularité des plus 
étranges est celle qui s'observe à la naissance de leurs 
enfants : quand une femme a enfanté, on ne prend 
d'elle aucun soin durant ses couches ; c'est le mari qui 
se met au lit, qui est le malade et qui reste en couches 
pendant un nombre de jours déterminé, comme si 
son corps était réellement dans cet état de souffrance. 
■ — Il croîl dans cette île du buis en quantité ; ce n'est 
pas le buis commun ; de là le goût tout à fait amer du 
miel qu'elle produit. — L'île est habitée par des 
barbares qui ont une langue toute différente [des 

1. Strabon semble dire le contraire. V. notre t. I, p. 200-201. 



364 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. Ε. 

κατανοητον * τον δέ αριθμόν ύπάρχουσιν υπέρ τους τρισ- 
[Αυρ(ους. 

XXI. ΈπεΙ δέ περί του κατά την Λιβύην 'Ωκεανού και 
των εν αΟτω νήσων διήλθθ[/.εν, [Λεταβιβάσο(Λεν^ τον λ(5γον 
έπι τήν Εύρώπην. Κατά γαρ την Γαλατίαν τήν παρω- 
κεανιτιν^ κατ' αντικρύ των Έρκυνίων^ ονο|;.αζθ[χένων 
δρυμών ους μεγ^τους ύπάρχειν παρειλήφαμεν των κατά 
τήν Εύρώπην, νήσοι πολλαι κατά τον Ώκεανόν ύπάρ- 
χουσιν, ών έστι μέγιστη ή Βρεττανική καλούμενη. Αυτή 
δέ το μέν παλαιον άνεπίμικτος έγένετο ξενικαις δυνάμε- 
σιν'' • ούτε γαρ Διόνυσον, ούθ' Ήρακλέα παρειλήφαμεν 
ούτε των άλλων ηρώων ή δυναστών έστρατευμένον έπ' 
αυτήν • καθ' ήμας δέ Γάϊος Καίσαρ, δ δια τάς πράξεις 
επονομασθείς θεάς, πρώτος τών μνημονευομένων έχειρώ- 
σατο τήν νήσον, και τους Βρεττανούς καταπολεμήσας 
ήνάγκασε τελεΐν ώρισ μένους φάρους. Άλλα περί μέν τού- 
των τας κατά μέρος πράξεις εν τοις οίκείοις χρ^νοις άνα- 
γράψομεν, περί δέ της νήσου και του (fOO[i.hoO κατ' αυτήν 
καττιτέρου νυν διέξιμεν. Αύτη γαρ τω σχήματι τρίγωνος 
ούσα παραπλησίως τη 2ικελ(α τάς πλευράς ουκ ισοκώλους^ 
εχ^ει. Παρεκτεινούσης δέ αυτής παρά τήν Εύρώπην λοξής, 
το μέν ελάχιστον άπο της ηπείρου διεστηκος άκρωτήριον, 
δ καλουσι Κάντιον, φασιν άπέχειν άπο τής γης σταδ(ους 
ώς εκατόν, καθ' δ ν τόπον ή θάλαττα ποιείται τον εκρουν, 
το δ' έτερον άκρωτήριον το καλούμενον Βελέριον® άπέχειν 
λέγεται τής ηπείρου πλουν ήμερων τεττάρων, το δ' ύπο- 

1. Sic le Vatic. et le Paris., H. Estienn. ; presque tous les autres 
μεταβιβάσω μεν. 

2. Les deux Glarom. παρωκεανόν {fort, παρωκεάνιόν) εστί. 

3. Coisl., Mutin., Έρκυονικών, Vindob. 1, Έρκυονίκων. 

4. Les Glarom. et H. Est., ξενικής δυνάμεως. 

5. Coisl., Mutin., Vindob. I, ισογώνους. 

6. Βολέριον dans Ptol., Il, m, 3. 



DIODORE, LIV. V. LA BRETAGNE. 365 

langues connues] et difficile à comprendre : ils sont 
au nombre de plus de trente mille. 

XXI. Après avoir discouru de l'Océan qui longe la 
Libye, et des îles qui s'y trouvent, nous allons passer 
ailleurs et parler de l'Europe. — Près de la Galatie 
yar océanique, en face des forêts nommées Hercynies, 
lesquelles, à ce que nous avons appris, sont les plus 
grandes de l'Europe, il y a dans l'Océan plusieurs îles 
dont la plus grande est appelée Brettanique. Ancien- 
nement, elle n'avait jamais été envahie par des forces 
étrangères, et, à ce que nous avons appris, ni Dio- 
nysos \ ni Héraclès % ni aucun de nos autres héros ou 
potentats n'y avait porté la guerre. De nos jours, Gaïus 
Csesar, celui qui, à cause de ses exploits, a été sur- 
nommé dieu, est le premier de ceux dont on garde la 
mémoire, qui ait subjugué cette île et qui, après avoir 
défait les Brettans, les ait forcés de payer des tributs 
fixes; mais à ce sujet, nous enregistrerons avec détail 
tout ce qui s'est fait, en temps opportun. Nous allons 
discourir à présent de cette île et de l'étain qu'elle 
produit. Sa forme est triangulaire, à peu près comme 
celle de la Sicélie; mais ses côtés sont inégaux. 
Comme elle s'étend obliquement en face de l'Europe, 
le promontoire qui est le plus voisin du continent et 
qu'on appelle Cantium, est, dit-on, à cent stades 
environ de la terre [ferme] , au lieu où la mer prend 
son cours^; l'autre promontoire, appelé Bélérium, est, 
à ce qu'on dit , éloigné du continent de quatre jours 



l. Bacchus. — 2. Hercule. 

3. Cette description de la Bretagne est en partie empruntée à 
César, G. G., V, 12 et suiv. : Insula natura triquotra, cujus unum 
latus est contra Galliam, etc. 



366 ΔΪΟΔΩΡΟΤ ΒΙΒΛ. Ε. 

λειπί^μενον άνήκειν [χέν ίστορουσιν εις το πέλαγος, ôvofjia- 
ζεσθαι δ' "Ορκαν^ Των δέ πλευρών την [Λεν έλαχ{σΐην 
είναι σταδίων επτακισχιλ(ων πεντακοσίων, παρήκουσαν 
παρά τήν Εύρώπην, τήν δέ δευτέραν τήν άπό του πορθμού 
προς τήν κορυφήν άνήκουσαν σταδίων μυρίων πεντακισχι- 
λ(ων, τήν δέ λοιπή ν σταδίων δισμυρίων, ώστε τήν πασαν 
είναι της νήσου περιφοράν σταδίων τετρακισμυρίων δισχι- 
λίων πεντακοσίων. Κατοικεΐν δέ φασι τήν Βρεττανικήν 
αυτόχθονα^ γένη και τον παλαιόν βίον ταις άγωγαις δια- 
τηρουντα. (Rhod., ρ. 301.) "Αρμασι μέν γαρ κατά τους 
πολίΐί,ουζ χρώνται, καθάπερ οι παλαιοί των 'Ελλήνων 
ήρωες εν τω Τρωικψ πολέμω κεχρήσθαι παραδέδονται , 
και τάς οικήσεις ευτελείς εχουσιν, εκ των καλάμων ή 
ξύλων κατά τα πλείστον συγκειμένας • τήν τε συναγωγήν 
των σιτικών καρπών ποιούνται τους στάχυς αυτούς άπο- 
τέμνοντες και θησαυρίζοντες εις τάς καταστέγους^ οική- 
σεις • εκ δέ τούτων τους παλαιούς στάχυς καθ' ήμέραν 
τίλλειν, και κατεργαζο μένους εχειν τήν τροφήν. Τοις δ' 
ήθεσιν άπλους είναι και πολύ κεχωρισμένους της τών νυν 
ανθρώπων άγχινοίας και πονηρίας. Τάς τε διαίτας ευτελείς 
εχειν και της εκ του πλούτου γεννώμενης τρυφής πολύ 
διαλλαττούσας. Είναι δέ και πολυάνθρωπον τήν νήσον, και 
τήν του αέρος εχειν διάθεσιν παντελώς κατεψυγμένην, ώς 
αν υπ' αυτήν τήν άρκτον κειμένην. Βασιλείς δέ και δυνάστας 
πολλούς εχειν, καΐ προς αλλήλους κατά το πλείστον ειρη- 
νικώς διακεϊσθαι^. 



1. Les mêmes Όρσίκαν. -- 2. Clarom. Ι et II, αύτοχθόνους. 

3. Sic presque tous les mss. ; le Pogge sub tectis. Quelques-uns, 
notamment le Clarom. 1, καταγείους, subterraneis. 

4. Outre les commentaires de César, Diodore semble avoir ici 
sous les yeux les livres de Timée, qui s'était servi des récits de 
voyage de Pythéas. V. C.-G. Heyne, De Fontibus Hist. Oiodoriy 
Comment. Soc. Gotting., vol. VU, p. 99 et ss. 



DIODORE, LIV. V. LA BRETAGNE. 367 

de navigation. Le dernier, selon ce qu'on rapporte, 
s'avance dans la pleine mer, et se nomme Orcas. Des 
côtés de l'île le plus petit est de sept mille cinq cents 
stades, c'est celui qui court le long de l'Europe; le 
deuxième, qui va du détroit au sommet [du triangle], 
a dix mille cinq cents stades et le dernier en a vingt 
mille, de sorte que l'île entière a quarante-deux mille 
cinq cents stades de tour. — On dit que les peuples 
qui habitent la Brettanique sont autochthones^ et qu'ils 
conservent dans leurs usages quelque chose de la vie 
ancienne. Ainsi, dans leurs guerres, ils se servent de 
chars ^ comme les anciens héros des Hellènes s'en 
servaient, selon la tradition, à la guerre de Troie ; ils 
ont de modestes maisons construites le plus souvent 
en chaume^ et en bois. La récolte des blés se fait chez 
eux en coupant les épis mêmes que l'on serre dans 
des granges couvertes; ils égrènent chaque jour les 
épis les plus anciens et les manipulent de façon à en 
faire leur nourriture. Ils sont simples de mœurs et 
fort éloignés de l'astuce et de la méchanceté des 
hommes d'aujourd'hui. Ils ont un genre de vie fort 
modeste et bien différent du luxe qui naît de la richesse. 
L'île est très peuplée '', la température de l'air y est 
extrêmement froide, parce que l'île est située sous 
l'Ourse même^ Il y a plusieurs rois et chefs qui le plus 
souvent vivent en paix les uns avec les autres. 



1. César, ib. Il : Britanniae pars interior ab iis incolitur, quos 
natos in insula ipsa memoria proditum dicunt, etc. 

2. Comp. César, G. G., IV, 33, P. Mêla, III, 77, éd. Bip. 

3. Ou en roseaux. 

4. César, G. G., V, H : Hominum est infinita multitude. 

5. César, /. c, dit le contraire : Loca sunt temperatiora, quam in 
Gallia, remissioribus frigoribus. 



368 ΔΙΟΔΩΡΟΤ ΒΙΒΛ. Ε. 

XXII. Άλλα περί [χέν των κατ' αυτήν νομ{[Λων καΐ των 
άλλων ιδιω[Λάτων τα κατά (/.έρος άναγράψο(Λεν όταν ίτά 
τήν Καίσαρος γενο(Λένην στρατε(αν εις Βρεττανίαν παρα- 
γενηθώ[Λεν, νυν δε περί του κατ' αυτήν φυο[Λένου καττι- 
τέρου διέξιμεν. Της γαρ Βρεττανικής κατά το άκρωτήριον 
τα καλού[λενον Βελέρί,ον οΐ κατοικουντες φιλόξενοι τε 
διαφερ(^ντως είσι και δια τήν των ξένων έ[Λπ6ρων έπιρ,ιξίαν 
έξημερωι^ένοι τας άγωγάς. Ούτοι τον καττιτερον κατασ- 
κευάζουσι φιλοτέχνως έργαζ6[Λενοι τήν φέρουσαν αΟτον 
γήν. Αυτή δε πετρώδης ούσα διαφυας^ έχει γεώδεις, εν 
αίς τον π($ρον κατεργαζόμενοι και τήξαντες καθαιρουσιν. 
Άποτυπουντες δ' εις αστραγάλων ^u^^ouç κομίζουσιν εις 
τίνα νήσον προκεΐ[Λένην [χέν της Βρεττανικής, ονο(/.αζο- 
[λένην δέ "Ικτιν'^ * κατά γαρ τάς ά[Λπώτεις^ άναξηραινο[Λέ^ 
νου του [χέταξύ τόπου, ταϊς ά[Λάξαις εις ταύτην κο[Λ{ζουσι 
δαψιλή τον καττιτερον. Ίδιον δέ τι συ[Λβα(νει περί τάς 
πλησίον νήσους τάς μεταξύ κεΐ[Λένας της τε Ευρώπης και 
της Βρεττανικής • κατά [Jièv γαρ τάς πλη|Λυρίδας του 
μεταξύ πόρου πληρουμένου νήσοι φαίνονται , κατά δέ τάς 
άμπώτεις άπορρεούσης της θαλάττης και πολύν τόπον 
άναξηραινούσης θεωρούνται χερρόνησοι. 'Εντεύθεν δ' οι 
έμποροι παρά των εγχωρίων ώνουνται και διακομιζουσιν 
εις τήν Γαλατίαν ' τό δέ τελευταιον πεζή δια της Γαλατίας 
πορευθέντες ' ημέρας ως τριάκοντα κατάγουσιν έπι των 
ίππων τα φορτία προς τήν έκβολήν του Ροδανου^ ποταμού. 

1. Coisl., διαφυέδας; Vindob. II, διαφυας και σχισκάς (σχίζας?). 

2. Selon Timée cité par Pline, IV, xxx, 16, une île appelée Mictis 
et située en deçà et à six journées de navigation de la côte Bri- 
tannique, était riche en étain. Timée n'a-t-il pas pris pour le pays 
de production l'île d'ictis ou de Vectis, principal entrepôt de cette 
marchandise? 

3. Clarom. I et II, άναπώτεις. 

4. Sic presque tous les mss.; les autres, les deux Clarom. p. ex. 
Ήριδανοΰ. 



DIODORE, LIV. V. LA BRETAGNE; l'ÉTAIN. 369 

XXII. Quant aux institutions du pays et aux autres 
particularités qu'il présente, nous les décrirons lors- 
que nous serons arrivés à l'expédition de Csesar en 
Brettanie; pour le moment, parlons de Tétain que 
produit cette île. Les habitants de la Brettanique, 
voisins du promontoire appelé Bélérium, se distin- 
guent par leur affection pour les étrangers ; ils doivent 
même à leurs relations avec des marchands étrangers 
d'avoir des mœurs plus douces. Ce sont eux qui pré- 
parent l'étain en traitant avec un soin ingénieux la 
terre où il se trouve. Cette terre est pierreuse avec 
des filons terreux d'où provient le métal que l'on 
traite, et que l'on épure par la fusion. On le façonne 
ensuite en manière d'astragales^, et on le transporte 
dans une île voisine de la Brettanique et nommée 
Ictis^. Par les marées basses, l'espace qui sépare les 
deux îles étant à sec, on transporte sur des chariots 
dans la dernière de grandes quantités d'étain : il se 
produit là, en effet, un phénomène qui est propre aux 
îles voisines de la terre et situées entre l'Europe et la 
Brettanique : par les hautes marées, le canal qui les 
sépare de la terre ferme s'emplit, et elles apparaissent 
comme des îles; mais à la marée basse, la mer se 
retire, elle est à sec sur un large espace, et alors ce 
sont des presqu'îles que l'on voit. De là les marchands 
qui achètent l'étain aux gens du pays, le transportent 
en Galatie^ ; finalement, traversant à pied la Galatie 
en trente jours , ils conduisent à dos de cheval leurs 
charges à l'embouchure du Bhodan^ 

1. Osselets à jouer.— 2. En latin Vectis, Plin., IV, xxx, 16; SiuHon., 
Vesp., IV; Vecia, Eumèn., Faneg. Constantin., III, 15, — l'île do ^Vi(J]^l. 
— 3. En Gaule. - 4. Cf. ci-après XXXVllI. 

II η 



370 ; ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. Ε. 

XXIII. (Rhod., ρ. 302.) Περί ρ,έν ουν του καττιτέρου 
τοις ρηθείσιν άρκεσθησ($[χεθα , περί δέ του καλουμιένου 
ήλεκτρου νυν διέξΐ[Λεν. Της Ικυθέας της υπέρ τήν Γαλα- 
τίαν κατ' αντικρύ νήσ($ς έστι πελαγία κατά τον Ώκεανάν 
ή προσαγορευο(Λένη Βασίλεια. Εις ταύτην ό κλύδων έκ- 
βάλλει δαψιλές τα καλούμενον ήλεκτρον, ούδα[Λθΰ δέ της 
οικου[Λένης φαιν($[Λενον. Περί δέ τούτου πολλοί των παλαιών 
ανέγραψαν ριύθους παντελώς άπιστου μένους και δια τών 
άποτελεσ(Λάτων ελεγχόμενους. Πολλοί γαρ τών τε ποιητών 
καΐ τών συγγραφέων φασι Φαέθοντα τόν Ήλ(ου (χέν υιόν, 
παιδα δέ τήν ήλικ(αν οντά, πεισαι τον πατέρα μίαν ήμέραν 
παραχωρήσαι του τεθρίππου^ * συγχωρηθέντος δέ αύτώ 
τούτου, τον μέν Φαέθοντα έλαύνοντα το τέθριππον μή 
δύνασθαι κρατεϊν τών ήνιών , τους δ' ίππους καταφρονή - 
σαντας του παιδός έξενεχθήναι του συνήθους δρ($μου , καΐ 
το μέν πρώτον κατά τον oupavèv πλανωμένους έκπυρώσαι 
τουτοΊ και ποιήσαι τον νυν γαλαξ(αν καλούμενον κύκλον, 
μετά δέ ταύτα πολλήν της οικουμένης έπιφλέξαντας ουκ 
ολ(γην κατακάειν χώραν. Διό και του Διός άγανακτήσαν- 
τος^ έπΙ τοις γεγενημένοις, κεραυνώσαι μέν τον Φαέθοντα, 
άποκαταστήσαι δέ τον ήλιον έπι τήν συνήθη πορειαν. 
Του δέ Φαέθοντος πεσόντος προς τάς έκβολάς του νυν 
Πάδου καλουμένου ποταμού, τό δέ παλαιον 'Ηριδανού 
προσαγορευομένου , θρηνήσαι μέν τάς άδελφας αύτου τήν 
τελευτήν φιλοτιμοτατα, δια δέ τήν ύπερβολήν της λύπης 
[ύπο της φύσεως]^ μετασχηματισθήναι τήν φύσιν, γενο- 
μένας αιγείρους. Ταύτας δέ καθ' ένιαυτον κατά τήν αυτήν 



1. Le Vindob. Π donne la glose του άρματος του εκ τεσσάρων ίππων 
συνεσταμένου. 

2. Sic. Coisl., Mutin., Vindob. Ι; les autres τον Δία άγανακτήσαντα. 

3. « Mots inutiles qui ne se retrouvent pas dans la trad. du Pogge : 
on attendrait quelque chose comme ύπο τοΟ Δώς. » Dind. 



DIODORE, LIV. V. l'ÉLECTRE. 371 

XXIII. Au sujet de l'étain, nous nous contenterons 
de ce qui a été dit; maintenant nous allons parcourir 
ce qui a rapport à VélectreK En face de la Scythie, 
au-dessus de la Galatie, se trouve au large, dans 
rOcéan, une île qu'on appelle Basilea^ Le flot y jette 
en quantité ce qu'on appelle Vélectre, matière qui ne 
se voit en aucun autre endroit de la terre. A ce sujet, 
plusieurs des anciens ont enregistré des fables aux- 
quelles on ne croit pas du tout, et qui sont réfutées 
par les faits. Ainsi plusieurs poètes et historiens disent 
que Phaéthon, fils d'Hèlios^, étant encore enfant, 
persuada son père de lui céder pour un jour son char : 
cette concession faite, Phaéthon, conduisant le qua- 
drige , ne put en tenir les rênes avec assez de force : 
les chevaux, méprisant cette main d'enfant, s'em- 
portèrent hors de leur route accoutumée, et d'abord, 
errant à travers le ciel, y mirent le feu et y firent ce 
cercle appelé aujourd'hui galaxias*; puis, ayant incen- 
dié une grande partie de la terre, ils détruisirent en la 
brûlant une vaste étendue de pays. Aussi Zeus, indigné 
de ce qui était arrivé, foudroya Phaéthon, et remit le 
soleil dans son chemin accoutumé. Phaéthon tomba 
près des embouchures du fleuve appelé aujourd'hui le 
Pade, et anciennement nommé l'Éridan; ses sœurs 
pleurèrent sa mort à qui mieux mieux, et dans 
l'excès de leur douleur, changeant de nature, devin- 
rent des peupliers. Chaque année, au même moment, 
elles laissent couler des larmes, lesquelles, en se coa- 
gulant, produisent Vélectre qui l'emporte en éclat sur 

1. Succin ou ambre jaune (?). — 2. C'est le nom que lui donno 
Timée; Pythéas l'appelle Abale. (Plin. XXXVIJ, xi.) — 3. Le soleil.— 
V. notre 1. 1, p. 2-3, 8-9, 14-15, 18G-187; 312-313, n. — 4. La voie lactée. 



372i ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. Ε. 

ώραν δάκρυον άφιέναι, και τούτο πηγνύ[Λενον άποτελειν 
το καλούρ,ενον ήλεκτρον, λαριπρ^τητι (χέν των δ[Λοφυών 
διαφέρον, έπιχωριάζον δ' ίν ταΐς των νέων τελευταις κατά 
το τούτων πένθος. Διη[Λαρτηκότων δέ πάντων των τόν 
μυθον τούτον πεπλακ6τ(ον και δια των άποτελεαριάτων έν 
τοις ύστερον χρ($νοις έλεγχο [λένω ν , προσεκτέον ταις άλη- 
θιναις ίστορίαις * το γαρ ήλεκτρον συνάγεται (Λεν έν τη 
προειρη[Λένη νήσω , κοριίζεται δέ υπό των έγχωρ(ων προς 
τήν άντιπέρας ήπειρον, δι' ής φέρεται προς τους καθ' ή[Λας 
τόπους, καθότι προείρηται^ 

XXIV. Διεληλυθί^τες δέ περί των νήσων των κεΐ[Λένων 

έν τοις προς δυσ[Λάς [Λέρεσιν, ουκ άνοέκειον είναι νο[Λ(ζθ[Λεν 
περί των πλησίον της Ευρώπης εθνών βραχέα διελθειν, ά 
παραλελο^α|Λεν έν ταις πρ<5τερον^ βίβλοις. (Rhod., 
ρ. 303.) Της Κελτικής τοίνυν το παλακ^ν, ως φασιν, 
έδυνάστευσεν επιφανής άνήρ, φ θυγάτηρ έγένετο τω 
μεγέθει του σώ[Λατος υπερφυής, τή δ' ευπρέπεια πολύ 
διέχουσα^ των άλλων. Αύτη δέ διά τε τήν του σο)[Λατος 
ρώμ,ην και τήν θαυ[Λαζθ(Λένην εύπρέπειαν πεφρονη[Λατισμένη 
παντός του ΐΛνηστεύοντος τον γά[Λον άπηρνειτο, νορί-ίζουσα 
[Ληδένα τούτων άξιον εαυτής είναι. Κατά δέ τήν 'Ηρα- 
κλέους έπι Γηρυ($νην στρατε(αν, καταντήσαντος εις τήν 
Κελτική ν αύτου καΐ π($λιν Άλησίαν έν ταύτη κτίσαντος, 
θεασα[Λένη τον Ήρακλέα και θαυ|Λάσασα τήν τε άρετήν 
αυτού και τήν του σώριατος ύπεροχήν^, προσεδέξατο τήν 
έπιπλοκήν μετά πάσης προθυμίας, συγκατανευσάντων και 
των γονέων. Μιγεϊσα δέ τω Ήρακλει έγέννησεν υίόν ôv6- 



1. Sic Goisl., Vindob. Ι, tous les antres ajoutent περί τούτων. 

2. L. Dindorf conject. προτέραις avec le ?. — Inutile. 

3. Leçon du Coisl., du Mut. et du Vindob. I, tous les autres ont 
προέχουσα. — 4. Giarom. I, ρώμην. 



DIODORE, LIV. V. HERCULE EN GAULE. 373 

les substances du même genre, et s'emploie dans le 
pays à la mort des jeunes gens , à l'occasion de la 
douleur qu'elle cause. Puisque tous ceux qui ont forgé 
cette fable se sont fourvoyés ; puisque les faits accom- 
plis dans les temps postérieurs démontrent leur 
erreur, il faut s'attacher à la vérité historique'. 
Vélectre se ramasse dans l'île mentionnée plus haut; 
il est apporté de là par les gens du pays sur le conti- 
nent qui est en face, à travers lequel on le transporte 
ensuite dans nos contrées, ainsi qu'on l'a dit plus 
haut. 

XXIV. Après ce discours sur les îles situées dans 
les régions du couchant, nous croyons qu'il n'est pas 
hors de propos de discourir brièvement sur les peuples 
de l'Europe qui en sont voisins et qui ont été laissés de 
côté dans les livres précédents. Anciennement, dit-on, 
régnait sur la Celtique un homme illustre qui avait 
une fille douée d'une taille extraordinaire et surpassant 
par sa bonne mine toutes les autres femmes. Cette 
force corporelle et cette bonne mine qu'on admirait 
en elle lui avaient donné de l'orgueil, et elle refu- 
sait tous les prétendants à sa main, n'en estimant pas 
un digne d'elle. Or, Héraclès, lors de son expédition 
contre Géryonès, passa par la Celtique où il fonda 
Alèsia^. La fille du roi le vit, et, ayant admiré sa 
valeur et sa taille surhumaine, reçut de tout cœur, et 
avec l'agrément de ses parents, les caresses du héros ; 
de cette union naquit un fils qui fut nommé Galatès 



1. Pline, XXXIV, xr, réfute aussi les fables qui avaient cours dans 
l'antiquité sur l'origine de l'élcctre et sur les pays où on le recueil- 
lait. — 2. V. plus haut, liv. IV, xix. — Comp. Eustathe, dans notre 
t. 1, p. 6-7. 



374 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. Ε. 

[Λατι Γαλάτην, πολύ προέχοντα των δ[Αοεθνών άρεττ] τε 
ψυχής και ρώμη σώ[Λατος. 'Ανδρωθείς δε τήν ήλικ(αν καΐ 

διαδεξά[Λενος τήν ιτατρφαν βασιλείαν, πολλήν {χέν τής 
προσοριζούσης χώρας κατεκτήσατο, [Λεγάλας δε πράξεις 
πολεμικας συνετέλεσε. Περιβόητος δε γενόμενος έπ' άνδρε{οί, 
τους ύφ' αυτόν ^ τεταγμένους ώνόμασεν αφ' έαυτου Γαλατάς * 
αφ' ών ή σύμπασα Γαλατ(α προσηγορεύθη^. 

XXV. ΈπεΙ δε περί τής των Γαλατών προσηγορ{ας 
διήλθομεν^, καΐ περί τής χώρας αυτών δέον έστΙν ειπείν. 
Ή τοινυν Γαλατία κατοικείται μεν ύπο πολλών εθνών 
διαφόρων τοις μεγέθεσι • τα μέγιστα γαρ αυτών σχεδόν 
είκοσι μυριάδας ανδρών έχει, τα δ' ελάχιστα πέντε μυριά- 
δας, άν έστιν εν προς Ρωμαίους έχον συγγένειαν πάλαιαν 
και φιλίαν^ τήν μέχρι τών καθ' ήμας χρόνων διαμένουσαν. 
Κειμένη δε κατά το πλείστον ύπο τας άρκτους χειμέριος 
έστι και ψυχρά διαφερόντως. Κατά γαρ τήν χειμερινήν 
ώραν εν ταις συννεφέσιν ήμέραις άντι μεν ομβρων χιόνι 
πολλή νιφεται, κατά δε τάς αιθρίας κρυστάλλω και πάγοις 
έξαισιοις πλήθει, δι' ών οι ποταμοί πηγνύμενοι δια τής 
ιδίας φύσεως γεφυρουνται * ου μόνον γαρ οι τυχόντες δδϊται 
κατ' ολίγους κατά του κρυστάλλου πορευόμενοι διαβαί- 
νουσιν, άλλα και στρατοπέδων μυριάδες μετά σκευοφόρων 



1. Édit. L. Dindorf. 1828, Didot, ύπ' αύτον : c'est la leçon du Vin- 
dob. 1. 

2. Les opinions étaient bien partagées dans l'antiquité sur l'ori- 
gine de ce nom. — V. dans notre tome III, les extraits d'Appien, 
Illyr. Il, et comp. Tiniée cité dans le Grand Etymol. V. Γαλάτεια • 
Γαλατία χώρα ώνομάσθη άπο Γαλάτου, Κΰκλωπος και Γαλάτειας υΙοΟ. 

3. Id., περιήλθομεν. 

4. Les deux mss. Ciarom., φιλοστοργίαν. 



DIODORE, LIV. V. LA GAULE; CLIMAT. 375 

et qui surpassait de beaucoup ceux de sa nation par 
la vaillance de son âme et par la force de son corps. 
Arrivé à Tàge d'homme et ayant hérité du royaume 
de ses pères, il conquit une grande partie du pays 
limitrophe et accomplit de grands faits de guerre. 
Devenu fameux par son courage, il appela de son nom 
Galates' les peuples rangés sous sa loi et ce nom 
s'étendit à toute la Galatie^. 

XXV. Après avoir discouru sur le nom des Galates, 
il faut parler aussi de leur pays. La Galatie est habitée 
par des peuples nombreux , d'importance inégale : 
les plus grands comptent près de vingt myriades 
d'hommes, les plus petits cinq myriades. L'un d'eux 
est uni aux Romains par une antique parenté et par 
une amitié qui a duré jusqu'à ces temps-ci ^ — Cette 
contrée étant située en majeure partie sous les Ourses, 
l'hiver y est long et froid, extrêmement rigoureux ^ 
Ainsi dans la saison d'hiver , pendant les jours nébu- 
leux, il y tombe, au lieu de pluie, de la neige en 
abondance, et par les temps clairs, le pays se couvre 
de glace, et des gelées excessives condensant l'eau des 
rivières y forment des ponts naturels : non seulement 
les voyageurs ordinaires, cheminant par petites 
troupes, les traversent sur la glace, mais des myriades 
de soldats avec leurs bagages et leurs fourgons char- 



1. Les Gaulois. 
■ 2. La Gaule. — V. cette histoire autrement contée dans Parthé- 
nios, Erot., XXX; nous donnons plus loin ce récit. 

3. Strab., IV, m, 2, dans notre tome I, p. 120-121. — Cf. César, 
G. G. 1, 33 : iEduos, fratres consanguineosque sœpenumero a senatu 
appellatos....; Gicér., Letir. à Attic, 1, 19, etc. 

4. Comp. pi. haut, XXI, et la note. — V. aussi dans notre t. IV, 
Julien, Misopog., IV. 



376 ΔΙΟΔΩΡΟΤ ΒΙΒΛ. Ε. 

καΐ ά[Λαξών γε(Αουσών ασφαλώς περαιουνται. Πολλών δε 
και [Λεγάλων ιτοτα[Λών ρεόντων δια της Γαλατίας και τοις 

ρειθροις ποικιλως την πεδιάδα γην τε [ενόντων , οι μ.εν εκ 
λιρών άβύσσων ρέουσιν, οι δ' εκ τών ορών εχουσι τάς 
πηγάς και τας έπιρροιας • (Rhodom., ρ. 304.) τήν δ' 
έκβολήν οί μέν εις τον Ώκεανόν ποιούνται, οι δ' ε2ς τήν 
καθ' ήριας θάλατταν. Μέγιστος δ' έστΙ τών εις το καθ' 
ή[Λας πέλαγος ρεόντων ο Ροδαν(>ς\ τάς μιέν πηγάς έχων 
εν τοις Άλπειοις^ ορεσι, πέντε δε στο[Λασιν^ έξερευγομ,ενος 
εις τήν θάλατταν. Τών δ' εις τον Ώκεανον ρε^^ντων [χέγιστοι 
δοκουσιν ύπάρχειν ο τε Δανούβιος και δ Ρήνος, δν εν τοις 
καθ' ή[Λάς "χρονοις Καίσαρ ό κληθείς θεός εζευξε παρα- 
δόξως, και περαιώσας πεζή τήν δύναμιν έχειρώσατο τους 
πέραν κατοικοϋντας αύτου Γαλατάς. Πολλοί δε και άλλοι 
πλωτοί ποτα[Λθΐ κατά τήν Κελτικήν εισι, περί ών μακρόν 
αν εϊη γράφειν. Πάντες δε σχεδόν ύπο πάγου ^ πηγνύμενοι 
γεφυρουσι τα ρείθρα, και του κρυστάλλου δια τήν φυσική ν 
λειότητα^ ποιουντος τους διαβαίνοντας ολισθάνειν, άχυρων 
επιβαλλομένων έπ' αυτούς ασφαλή τήν διάβασιν εχουσι. 



ΧΧνί. "ίδιον ^ δέ τι και παράδοξον συμβαίνει κατά τήν 
πλείστην τής Γαλατίας, περί ο5 παραλιπειν'' ουκ άξιον 
ηγούμεθα Άπο γαρ θερινής δύσεως και άρκτου πνεΐν 
ειώθασιν άνεμοι τηλικαύτην έχοντες σφοδρότητα και 



1. Clarom. Ι, Venet. et Pogg., 'Ηριδανός. 

2. Sic Parisin. et Vindob. II, CoisL, Mutin., Vindob. I, H. Steph. 
marg., Άλπίοις; tous les autres, sauf le Vatic, Άλπετιν. 

3. Clarom. I, II, στόματα. 

4. Les mêmes πάγους. ' 

5. Goisl., Mutin., Vindob. I, Ιδιότητα. 

6. Clarom. I, δι' ού. 

7. Clarom. II, Venet., καταλιπειν. 



DIODORE, LIV. V. LA GAULE, FLEUVES. 377 

gés y passent sans accident. Plusieurs grands fleuves 
coulent à travers la Galatie et leurs cours coupent les 
plaines en sens divers, les uns sortant de lacs sans 
fond, les autres de montagnes où ils ont leurs sources 
et leur premier écoulement. Quelques-uns vont se 
jeter dans FOcéan , d'autres dans notre mer. Le plus 
grand de ceux qui versent leurs e^ux dans notre mer 
est le Rhodan qui a ses sources dans les monts Alpées, 
et se décharge par cinq bouches dans la mer. De ceux 
qui s'écoulent dans l'Océan, les plus grands semblent 
être le Danubie^ et leRhèn sur lequel, de notre temps, 
Csesar appelé dieu jeta un pont [d'une' hardiesse] 
incroyable, y fit passer à pied sec son armée et 
dompta les Galates de la rive opposée ^ Il y a encore 
plusieurs autres fleuves navigables dans la Celtique , 
mais il serait long de les décrire. Presque tous saisis 
par le froid et congelés font de leur cours des ponts; 
mais comme la glace, en raison de sa surface naturel- 
lement très polie, peut faire glisser ceux qui y passent, 
on jette de la paille dessus et ainsi le passage ne pré- 
sente plus de danger. 

XXVI. Il se produit dans la plus grande partie de 
la Galatie un fait d'une nature particulière et in- 
croyable; nous ne croyons pas qu'il convient de la 
passer sous silence. Les vents qui viennent du cou- 
chant d'été et de l'Ourse soutïlent d'habitude avec une 
telle impétuosité et une telle puissance qu'ils enlèvent 

1. En grec Δανούβιος, cn latin DanuMus, vulgairement en français 
Danube ; ici, comme partout autant que possible, nous reproduisons 
la physionomie du nom ancien, pour marquer la filiation dos déri- 
vés, danubien, danubienne. — 2. Diodoro confond toujours les Gau- 
lois et les Germains; il ne se borne pas, comme quelques autres 
auteurs, à constater entre eux une communauté d'origine. V. dans 



378 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. Ε. 

δύναμιν ώστε άναρπάζειν àtzb της γης λίθους χειροπλη- 
θιαίους τοις μ,εγέθεσι και τών ψηφίδων άδρομερή κονιορ- 
τίν • καθόλου δέ καταιγίζοντες λάβρως άρπάζουσιν άπα 
μεν τών ανδρών τα όπλα και τάς έσθήτας, άπο δέ τών 
ίππων τους άναβάτας. Δια δέ τήν υπερβολή ν του ψύχους 
διαφθειρομένης της κατά τον αέρα κράσεως οϋ)τε ohov 
ούτε έλαιον φέρει • δι6περ τών Γαλατών οι τούτων τών 
καρπών στερισκόμενοι π(5μα^ κατασκευάζουσιν εκ της 
κριθής το προσαγορευ^μενον ζύθος ^, και τα κηρία πλύνον- 
τες τω τούτων άποπλύματι χρώνται. Κάτοινοι δέ οντες 
καθ' ύπερβολήν τον εισαγ(^μενον ύπο τών έμπορων οϊνοΊ 
οίχ^ατον εμφορούνται, και δια τήν έπιθυμίαν λάβρω χρώ- 
μενοι τω ποτώ και μεθυσθέντες εις υπνον ή μανιώδεις 
διαθέσεις τρέπονται. Διό και πολλοί τών 'Ιταλικών εμπό- 
ρων δια τήν συνήθη φιλαργυρίαν ερμαιον ηγούνται τήν τών 
Γαλατών φιλοινιαν. Ο5τοι γαρ δια μεν τών πλωτών ποτα- 
μών πλοίοις , δια δέ της πεδιάδος χώρας άμάξαις κομί- 
ζοντες τον ohoy/, άντιλαμβάνουσι τιμής πλήθος άπιστον • 
δίδοντες γαρ οίνου κεράμιον άντιλαμβάνουσι παιδα, του 
πόματος διάκονον αμειβόμενοι. 



XXVII. Κατά γαρ τήν Γαλατιαν άργυρος μέν το σύνο- 
λον^ ού γίνεται, χρυσός δέ πολύς, δν τοις έγχωρίοις 
(Rhod., ρ. 305.) ή φύσις άνευ μεταλλείας και κακοπα- 
θείας^ υπουργεί^. Ή γαρ τών ποταμών ρύσις® σκόλιους 

1. Coisl., Mutin., Vindob. Ι, τα πολλά. 

2. Presque tous sic; les autres ζύθον. 

3. το σύνολον manque dans le Vindob. II, vient après γίνεται dans 
le Vindob. I. 

4. κα\ κακοπαθείας omis dans les Vatic, Paris, et Vindob. II. 

5. Coisl., Mutin, et Vindob. 1, ύπορρεί. — 6. H. Estienne, φύσις. 



DIODORE, LIY. V. LA GAULE, MŒURS ET USAGES. 379 

de terre des pierres grosses à remplir la main et 
d'épais tourbillons de petits cailloux. En général, 
quand ils se déchaînent avec cette violence , ils enlè- 
vent aux hommes leurs armes, leurs vêtements et aux 
chevaux leurs cavaliers ^ — L'excès du froid altère 
tellement la constitution de l'air que le pays ne produit 
ni vin' ni huile. Aussi ceux des Galates qui sont privés 
de ces fruits se fabriquent avec de l'orge une boisson 
qu'on appelle zythos; ils lavent encore des rayons de 
miel et s'abreuvent du liquide résultant de ce lavage. 
Adonnés au vin, c'est avec excès qu'ils absorbent tout 
pur celui qui est importé chez eux par les marchands, 
et, dans leur passion, avalant cette boisson à longs 
traits, ils tombent dans l'ivresse et de là dans le som- 
meil et dans un état qui ressemble à la foliée Aussi 
beaucoup de marchands d'Italie, poussés par leur habi- 
tuelle cupidité, voient-ils une bonne source de profits 
dans cet amour des Galates pour le vin : par bateaux 
sur les fleuves navigables, ou par voiture dans les pays 
de plaines, ils leur amènent du vin qu'ils leur vendent 
à un prix incroyable, donnant une cruche de vin pour 
un jeune garçon, et recevant en échange de la boisson 
l'esclave qui la sert. 

XXVII. Dans la Galatie, l'argent manque totalement, 
mais il y a beaucoup d'or : la nature le fournit aux 
gens du pays sans qu'ils aient à fouiller les mines à 
grand'peine. Les fleuves, dans leur cours, font des 



notre tome 1, Eustathe, p. 8-9; Strab., p. 208-209;. cf. p. 132-133. 

1. Comparez Strab. IV, i, 7, dans notre t. I, p. 84-85. 

2. Comp. plus haut p. 322-323 et les notes : V. particulièrement 
Timagène, cité par Ammien Marcellin, supr. p. 348-349; Diodore 
semble puiser à la même source. 



380 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. Ε. 

τους αγκώνας εχοΌσσ.^, καΐ τοις των παρακεΐ[λένων ορών 
οχθοις προσαράττουσα και μεγάλους άπορρηγνυσα^ κολω- 
νούς, πληροί χρυσού ψήγμ,ατος. Τοΰτο^ δ' οι περί τάς 
εργασίας άσχολούρ,ενοι συνάγοντες άλήθουσιν ή συγκ6- 
πτουσι ^ τάς έχουσας το ψηγμ.α βώλους , δια δε τών υδά- 
των της φύσεως το γεώδες πλύναντες παραδιδ($ασιν εν 
ταΐς κα[Λ{νοις εις τήν χωνε(αν. Τούτω δε τω τρ($πφ 
σωρεύοντες χρυσού πλήθος, καταχρώνται προς κ6σ{Λον ού 
μόνον αι γυναίκες, άλλα και οι άνδρες. Περί μεν γαρ τους 
καρπούς και τους ^^oiyjovoLç ψέλια φορούσι, περί δέ τους 
αυχένας κρίκους παχεις ολόχρυσους και δακτυλίους αξιό- 
λογους, Ιτι δέ χρυσούς θώρακας, "ίδιον δέ τι και παράδοξον 
παρά τοις άνω Κελτοις έστι περί τά τεμένη τών θεών 
γινόμενον • εν γαρ τοις ιεροΐς καΐ τεμένεσιν έπΙ της 
χώρας άνειμένοις έ'ρριπται πολύς χρυσός ανατεθειμένος 
τοις θεοις, και τών εγχωρίων ούδεις άπτεται τούτου δια 
τήν δεισιδαιμονίαν, καίπερ όντων τών Κελτών φιλάργυρων 
καθ' ύπερβολήν. 



XXVIII. οι δέ Γαλάται τοις μέν σώμασίν ε^σιν εύμή- 

κεις, ταΐς δέ σαρξι κάθυγροι και λευκοί, ταις δέ κ(5μαις 
ού μΟνον εκ φύσεως ξανθοί, αλλά και δια της κατασκευής 

έπιτηδεύουσιν αύξειν τήν φυσικήν της χρ<$ας ιδιότητα. 

ι. Vindob. II, glose : Τοΰτ' εστί λοξοειδείς τας θέσεις τομών. 

2. Sic Coisl., Mutin., Vatic, les deux Vindob. , les autres άπορ- 
ρήγνυσι. Cette leçon suggère une correction qui rendrait cette 
phrase plus intelligible : ac γαρ τών ποτ. ρύσεις σκολ. τ. άγκ. εχουσαι, 
και τοις — προσαράττουσι κα\ μεγ. άπορρήγνυσι κολωνους πλήρεις χρ. ψήγ. 

3. Les deux Glarom., ψήγματα. ΤαΟτα. 

4. Les deux Glarom., le Vindob. Il, et H. Étienn. ont καΊ συγκόπ- 
τουσι, ce dernier mot paraît à L. Dindorf être une glose ; il le met 
entre crochets. 



DIODORE, LIV. V. LA GAULE, MOEURS ET USAGES. 381 

détours, des coudes; ils se heurtent aux contreforts 
des montagnes voisines et en arrachent de grandes 
masses qui les rempUssent de parcelles d'or. Ces débris, 
ceux qui sont occupés à ces travaux les recueillent; 
ils broient ou concassent les mottes qui contiennent les 
précieuses parcelles ; puis, par un système de lavages à 
l'eau, ils séparent les parties terreuses qui y sont natu- 
rellement adhérentes et livrent le résidu métallique au 
fourneau du fondeur. Ils amassent de cette façon des 
quantités d'or, dont abusent pour leur parure, non 
seulement les femmes, mais les hommes qui portent 
aux poignets et aux bras des cercles d'or, au cou de 
grosses chaînes toutes d'or, aux doigts des bagues de 
prix, et même des cuirasses d'or. Une particularité 
incroyable s'observe dans la Celtique supérieure par 
rapport aux temples des dieux : dans ces sanctuaires, 
dans ces temples ouverts à tout venant on a jeté, pour 
le consacrer aux dieux, beaucoup d'or, et parmi les 
gens du pays, il n'est personne que le sentiment reli- 
gieux n'empêche d'y toucher; et cependant les Celtes 
aiment l'argent à l'excès. 

XXVIII. Les Galates sont grands de taille; leur chair 
est molle et blanche; non seulement leurs cheveux 
sont de leur nature blonds; mais ils s'appliquent à 
rehausser, au moyen d'un apprêt, la nuance propre et 
naturelle de cette couleur, en les lessivant continuelle- 
ment avec de l'eau de chaux ^ ils les retirent du front 



1. Selon Pline, XXVIII, VI, Li, les Gaulois se servaient à cet effet 
d'une espèce de savon : Prodest et (strumis) sapo : Galliaruni lioc 
inventum rutilandis capillis; fît ex sebo et cinere. 



382 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. Ε. 

Τιτάνου^ γαρ άποπλύ[Λατι σ (ζώντες ^ τας τρ{χας συνεχώς, 
από των μετώπων επί τήν κορυφήν καΐ τους τένοντας 
άνασπώσιν^, ώστε τήν ιτρόσοψιν αυτών φαένεσθαι 2ατύροις 
και Πασιν έοικυίαν • παχύνονται γαρ αϊ τρίχες άπο της 
κατεργασίας, ώστε μηδέν της τών Ι'ππων χαίτης διαφέ- 
ρειν. Τα δε γένεια τινές μέν ξυρώνται, τινές δέ μετρίως 
ύτΓοτρέφουσιν • οι δ' ευγενείς τας μέν παρειάς άπολεαίνουσι, 
τάς δ' ύπήνας άνειμένας έώσιν, ώστε τα στόματα αυτών 
έπικαλύπτεσθαι. Δι6περ έσθι6ντων μέν αυτών εμπλέκονται 
ταις τροφαις, πινόντων δέ καθαπερει διά τίνος ήΟμου^ 
φέρεται τ6 π6μα. Δειπνουσι δέ καθήμενοι πάντες ούκ έπΙ 
θρόνων, αλλ' έπΙ της γης, ύποστρώμασι χρώμενοι λύκων 
ή κυνών δέρμασι. Διακονούνται δ' υπό τών νεωτάτων 
παίδων εχόντων ήλικίαν, αρρένων τε και θηλειών. (Rhod., 
ρ. 306.) Πλησίον δ' αυτών έσχάραι κείνται γέμουσαι 
πυρός και λέβητας εχουσαι και ο^ε'λο^ς πλήρεις κρεών 
δλομερών. Τους δ' αγαθούς άνδρας ταΐς καλλίσταις τών 
κρεών μοίραις γεραίρουσι, καθάπερ και ό ποιητής τον 
Αΐ'αντα παρεισάγει τιμώμενον υπό τών άριστέων, δτε προς 
"Εκτορα μονομαχήσας ένίκησε, 

νώτοισιν δ' ΑΓαντα διηνεκέεσσι γέραιρε^. 

Καλουσι δέ καΐ τους ξένους έπι τάς ευωχίας, και μετά τα 
δεΐπνον έπερωτώσι τίνες είσι και τίνων χρείαν εχουσιν. 
Είώθασι δέ καΐ παρά τα δεΐπνον εκ τών τυχ($ντων πράς 
τήν δια τών λόγων άμιλλαν καταστάντες, εκ προκλήσεως 

1. Une var. d'Orsini αρ. Wesseling. ajoute κα\ άσβεστου (peut-être 
άκατασβέστου). — 2. Les deux Giarom., καθαίροντες; le Vindob. II, 
σμώντες κα\ καθαίροντες. — 3. Sic Goisl., Vatic, I, Clarom. I, Venet., 
la vers, du Pogge; les autres ajoutent ίνα διαφανείς ώσιν, mots mar- 
qués d'un astérisque par H. Estienne. — 4. Le Paris, et le Vindob. 
II ajoutent καΐ σακκελίσματος , peut-être ή σακκ., ce qui a bien l'air 
d'une glose. — 5. Le Vindob. II développe ainsi le vers d'Homère : 
νώτοισι δε κα\ ράχεσι διηνεγκέεσι {sic) κα\ συχνοίς γέραιρε κα\ ετίμα. 



DIODORE, LIV. V. LA GAULE, MC^IURS ET USAGES. 383 

vers le sommet de la tête et vers la nuque, ce qui leur 
donne un aspect semblable à celui des Satyres et des 
Pans. Grâce à ces opérations, leurs cheveux s'épais- 
sissent au point de ne différer en rien de la crinière des 
chevaux. Quelques-uns se rasent la barbe, d'autres la 
laissent croître modérément ; les nobles se maintiennent 
les joues nues, mais portent les moustaches longues et 
pendantes au point qu'elles leur couvrent la bouche. 
Aussi se mêlent-elles, quand ils mangent, à leurs ali- 
ments, et quand ils boivent, la boisson y passe comme 
à travers un filtre. Pendant leurs repas, ils sont tous 
assis, non sur des chaises, mais à terre, et à cet effet 
ils ont, en guise de tapis, des peaux de loups ou de 
chiens. Ils sont servis par de tout jeunes enfants, 
garçons et filles. Tout auprès sont établis des foyers 
où le feu abonde et qui sont garnis de chaudières et 
de broches chargées de viande en énormes quartiers. 
Les braves reçoivent, — c'est leur privilège, — les 
plus beaux morceaux de ces viandes^ : c'est ainsi que 
le poète met en scène Ajax honoré par les chefs [de 
l'armée], après qu'il eut seul à seul combattu et 
vaincu Hector : 

Ajax reçut le dos entier [de la victime] à titre d'honneurs. 

Ils invitent aussi les étrangers à leurs festins, et, après 
le repas, leur demandent qui ils sont, quel besoin les 
amène. D'habitude, pendant le repas, sur les premiers 
sujets venus ils en viennent à des disputes en paroles, 
puis à des provocations, enfin à des combats singu- 



1. Comp. Posidonios, ci-devant, p. 320-321. 

2. Iliad., VII, 321; le morceau offert à Ajax est le dos d'un bœul" 
sacrifié à Croniôn (Zeus, fils de Gronos). 



384 ΔΙΟΔΩΡΟΤ ΒΙΒΛ. Ε. 

(Λονο[Λαχειν προς αλλήλους, παρ' ουδέν τιθέμενοι τήν- του 

βίου τελευτήν * ενισχύει γαρ παρ' αύτοΐς δ Πυθαγ($ρου 
λ(^γος δτι τας ψυχας των ανθρώπων αθανάτους είναι 
συμβέβηκε, και δι' ετών ώρισμ,ένων πάλιν βιουν, εις έτερον 
σώμα της ψυχής είσδυομένης. Δια και κατά τας ταφάς 
των τετελευτηκότων ένίους έπιστολας γεγραμμένας τοις 
οικείοις τετελευτηκοσιν έμβάλλειν^ εις τήν πυράν, ώς τών 
τετελευτηκότων άναγνωσο μένων ταύτας. 

XXIX. Έν δέ ταΐς δδοιπορ(αις και ταις μάχαις χρώνται 

συνωρίσιν^, ίγοντος του άρματος -ψίογον και παραβάτην. 
Άπαντώντες δέ τοις έφιππεύουσιν έν τοις πολέμοις σαυ- 
νιάζουσι^ τους εναντίους, και καταβάντες τήν άπδ του 
ξίφους συνίστανται μάχην. "Ενιοι δ' αυτών έπι τοσούτο 
του θανάτου καταφρονουσιν ώστε γυμνούς και περιεζωμέ- 
νους καταβαίνειν εις τον κίνδυνον. 'Επάγονται δέ και 
θεράποντας εκ τών πενήτων καταλέγοντες , οϊς -ψιόχοις 
και παρασπισταις χρώνται κατά τάς μάχας. Κατά δέ τάς 
παρατάξεις είώθασι προάγειν της παρατάξεως και προκα- 
λεισθαι τών άντιτεταγμένων τους αρίστους εις μονομαχίαν, 
προανασείοντες τα όπλα και καταπληττ($μενοι τους εναν- 
τίους. "Οταν δέ τις ύπακούση προς τήν μάχην, τάς τε 
τών προγονών άνδραγαθίας έξυμνοΰσι και τάς εαυτών 
άρετας προφέρονται, και τον άντιταττ($μενον έξονειδίζουσι 
και ταπεινουσι και το σύνο'Κο'^ το θράσος. της ψυχής τοις 
λόγοις προαφαιρουνται. Τών δέ τζεσόντων πολεμίων τάς 
κεφάλας άφαιρούντες περιάπτουσι τοις αυχέσι τών ίππων * 

ι. Le même συμβάλλειν. 

2. Glose du même mss. συνωρίσιν κα\ αρμασιν εκ δύο ί'ππων συγκ^χρο- 
τη μένους {sic). 

3. Le même ajoute κα\ πετεύουσι (sic) δια των δοράτων. LeS Var. 
d'Orsini; καΐ πεζεύουσι δια τών δοράτων τους εναντίους. 

4. Le Mutin, et le Vindob. I, et les var. d'H. St. ακρωτήρια. 



DIODORE, LIV. V. LA GAULE; MOEURS ET USAGES. 385 

liers où Ton voit combien leur est indifférente la perte 
de la vie. C'est que chez eux a prévalu le dogme de 
Pythagore, selon lequel c'est un fait que les âmes des 
hommes sont immortelles, et qu'après un certain 
nombre d'années chaque âme revient à la vie en 
entrant dans un autre corps*. C'est pourquoi aussi, 
pendant les funérailles, il en est qui jettent dans le 
bûcher des lettres écrites à leurs morts, comme si 
ces morts les devaient lire. 

XXIX. Dans les voyages et les batailles, ils se 
servent de chars à deux chevaux portant le conduc- 
teur et à côté un combattant debout. Dans leurs 
guerres, ils marchent contre les cavaliers, lancent à 
leurs adversaires le saunium^ et descendent ensuite 
pour continuer le combat avec l'épée. Quelques-uns 
méprisent la mort au point d'entrer dans la lutte nus, 
avec un simple caleçon. Ils emmènent aussi des ser- 
viteurs Hbres, recrutés parmi les pauvres, lesquels, 
dans les combats, font office auprès d'eux de conduc- 
teurs et d'écuyers^. Quand les troupes sont rangées, 
ils ont l'habitude de s'avancer hors des rangs et de 
provoquer les plus braves de ceux qui leur sont 
opposés à un combat singuher, en agitant leurs armes 
pour frapper de terreur leurs adversaires. Si quel- 
qu'un obéit à leur défi, ils chantent les prouesses de 
leurs ancêtres, font étalage de leurs propres vertus, 
insultent celui qu'ils ont en face, le ravalent, en un 
mot essayent par leurs paroles d'enlever toute con- 
fiance à son âme. Aux ennemis tombés ils enlèvent la 



1. Timag. ap. Amm. Marcell. L c. — Comp. César, G. G. IV, 14; 
P. Mêla, m, 2, etc. — 2. Espèce de javelot. V. ci-apr. XXX. 
3. Ce sont les ambactes do César, G. G. VI, 15. 

II 25 



386 .;î:î .)/- ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. Ε. 

τα δέ σκύλα τοις θεράπουσα παραδί^ντες ή[Λαγ(/.ένα, λαφυ- 
ραγωγουσιν, έπιπαιανίζοντες καΐ αδοντες υμνον έπινέκιον, 
και τα άκροθ(νια ταύτα ταις οΐχίαις προσηλουσιν ώσπερεί 
έν κυνηγίαις τισΐ κεχειρω[Λένοι θηρ(α. Των δέ έπιφανεστά- 
το)ν τΓολεμ,ίων κεδρώσαντες^ τάς κεφάλας έπΐ[Λελώς τηρού- 
σαν έν λάρνακι, (Rhod., ρ. 307.) και τοις ξένοις έπι- 
δεικνύουσι, σεμνυνί^μενοι 8ι6τι τήσδε της κεφαλής των 
προγόνων τις ή πατήρ ή καΐ αυτός πολλά y^rukOLTCL διδ(5- 
[Αενα ουκ έλαβε, ΦασΙ δέ τινας αυτών καυχασθαι δΐ(5τι 
χρυσον άντίσταθμ,ον τής κεφαλής ούκ έδέξαντο, βάρβαρων 
τίνα [Λεγαλοψυχιαν έπιδεικνόι^ενοι • ου γαρ το [χή πωλεΐν 
τα σύσσημ,α τής αρετής ευγενές, άλλα το πολε(Λειν το 
δ[Λ6φυλον τετελευτηκος^ θηριώδες ^ 
:^•»» 

^kUi, ... 

^iî&ii sal^ ia^a- ίαο lïatrifna '. 

• XXX. Έσθήσι δέ χρώνται καταπληκτικαις , χιτώσι 

[λέν βαπτοΐς^ χρώμασι τταντοδαποις διηνθισμένοις^ και 
άναξυρισιν , ας εκείνοι βράκας προσαγορεύουσιν * έπιτΐορ- 
πουνται δέ σάγους^ ραβδωτούς"^ έν [χέν τοις χεΐ|χώσι δασεϊς, 
κατά δέ το θέρος ψιλούς, πλινθ^οις πυκνοις καΐ πολυαν- 



1. Le Vindob. Ιί ajoute καΐ κεδρίνω θήκγ) εμβάλλοντες. 

2. Sic Coisl., Mut., Vat., Vind. I, Paris.' (le Vind. Il omet τό); tous 

les autres των ομοφύλων τοις τετελευτηκόσι. 

3. Le Vindob. II ajoute cette glose : ΤοΟτ' Ιστι τό μετά θάνατον 
έγκοτείν τφ τεθκηκότι κακόν. 

4. Sic Coisl., les autres et les éditions χιτώνας μίν βαπτούς.— Rhod. 
proposait χιτώνας μέν βαπτους Ιχοντες, χρώμασι δϊ παντοδαποίς διηνθισμέ- 
νους, και άναξυρίδας. > 

5. Η. St. et Coisl. sic; les autres διηνθισμένους. 

6. Glose du Vind. II : τα καλούμενα σάγια. 

7. Le même ταλαρωτά ροΰχα. 



DIODORE, LIV. V. LA GAULE; MOEURS ET USAGES. 387 

tête qu'ils attachent au cou de leurs chevaux; puis 
remettant à leurs serviteurs les dépouilles ensanglan- 
tées, ils emportent ces trophées, en entonnant le péan 
et en chantant un hymne de victoire , et ils clouent à 
leurs maisons ces prémices du butin, comme s'ils 
avaient, en quelques chasses, abattu de fiers animaux. 
Quant aux têtes de leurs ennemis les plus illustres, 
imprégnées d'huile de cèdre, ils les gardent avec soin 
dans un coffre, et ils les montrent aux étrangers, 
chacun se glorifiant de ce que pour telle ou telle de 
ces têtes un de ses ancêtres ou son père ou lui-même 
n'a pas voulu recevoir une grosse somme d'argent. 
On dit que quelques-uns d'entre eux se vantent de 
n'avoir pas accepté pour une de ces têtes son pesant 
d'or, montrant ainsi une grandeur d'âme digne des 
barbares, car il n'est pas noble de vendre les monu- 
ments de sa valeur ; mais faire la guerre à un mort de 
sa race, il y a là quelque chose de sauvage. 

XXX. Ils se servent d'habits étonnants, de tuniques 
teintes où fleurissent toutes les couleurs \ et de pan- 
talons qu'ils appellent braques^. Ils agrafent par- 
dessus des saies rayées^ d'étoffe velue en hiver, et 
pour l'été Usse, divisée en petits carreaux serrés et 



1. Comp. Strab. IV, iv, 3, dans notre t. I, p. 136-137. 

2. Braies, latin bracca ou braca : d'où le nom de la Gallia brac- 
cata ou bracata. Selon Ovide, Trist. V, vu, 49, Pomi^. Mêla II, i, p. 37, 
éd. Bipont., les braies auraient été aussi en usage chez les Sarmates, 
et Lucain, I, 430, dit même que les Gaulois leur avaient emprunté 
ce vêtement : 

Et qui te Iaxis imitantur, Sarmata, braccis 
Vangiones. 

— Cf. Plutarq. Othon, VI, et Tacit. Hist II, 20. 

3. Virg., ^n. VIII, 660 : virgatis lucent sagulis. Servius indique 
bien le sens : quse habebant in virgarum modum deductas strias. 



388 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. Ε. 

θέσι διειλη{Λμένους. "Οπλοις δέ χρώνται θυρεοΐς [χέν άνδρο- 
[Λήκεσι, πεποικιλ[Λένοις ίδιοτρόπως * τινές δέ καΐ ζώων 
χαλκών^ έξοχάς εχουσιν, ού (jk^vov προς κ($σμ.ον, άλλα 
και προς άσφάλειαν ευ δεδη[;ι.ιουργη[Λένας. Κράνη δέ χαλκά 
περιτίθενται μεγάλας έξοχάς έξ εαυτών έχοντα καΐ παμ- 
[Αεγέθη φαντασέαν έπιφέροντα τοις χρω{Λένοις • τοΐς [Λέν 
γαρ πρόσκειται συ(Λφυή κέρατα, τοΐς δέ ορνέων ή τετρα- 
πόδων ζφων έκτετυπω[Λέναι προτορ,αί^. 2άλπιγγας δ' 
εχουσιν ιδιοφυείς και βαρβαρικάς * έ(Λφυσώσι γαρ ταύταις 
και προβάλλουσιν ήχον τραχύν και πολε(Λΐκής ταραχής 
οικεϊον. Θώρακας δ' εχουσιν οι μέν σίδηρους αλυσιδωτούς, 
οΐ δέ τοις υπο της φύσεως δεδομένοις αρκούνται, γυμνοί 
μαχόμενοι. Άντι δέ του ξίφους σπάθας εχουσι μακράς^ 
σιδηραΐς ή χαλκαις άλύσεσιν έξηρτημένας παρά την 
δεξιάν λαγόνα παρατεταμένας. Τινές δέ τobς χιτώνας 
έπιχρύσοις ή καταργύροις ζωστήρσι συνέζωνται^. Προβάλ- 
λονται δέ λόγχας , ας εκείνοι λαγκιας καλουσι , πηχυαία 



1. Reiske χαλκάς; le Pogge traduit animalium formas xreas. 

2. Glose du Vat. εικόνας {sic). 

3. Gladios majores, quos spathas vocant. Veget, II, xv. 

4. La plupart de ces détails de mœurs ou de coutumes se trouvent 
épars dans l'énumération que fait Lucain, I, 396 ss., des peuples 
gaulois qui fournirent des soldats à César : 

Pugnaces pictis cohibebant Lingonas armis 

Solvuntur /7αυΐ longa statione Ruteni 

Et Biturix, longisque levés Suessones in armis; 
Optimus excusso Leucus Remusque lacerto, 
Optima gens flexis in gyrum Sequana frenis; 
Et docilis rector monstrati Belga covini,...• 
Et qui te Iaxis imitantur, Sarmata, braccis. 
Vangiones; Batavique truces, quos œre recurvo 
Stridentes acuere tubœ, etc. 



DIODORE, LIV. V. LA GAULE; MŒURS ET USAGES. 389 

fleuris en toutes nuances. Pour armes, ils ont des 
boucliers de la hauteur d'un homme S avec des orne- 
ments variés d'une façon toute particulière : quelques- 
uns de ces boucliers portent des animaux d'airain en 
haut rehef, et ces figures qui ne sont pas là seulement 
une parure, mais une défense, sont d'un beau travail. 
Ils se coiffent de casques d'airain avec de grands 
ornements en hauteur, lesquels donnent à ceux qui 
s'en servent une apparence gigantesque. A quelques- 
uns même de ces casques sont fixées des cornes de 
même nature, et à d'autres des masques en relief 
d'oiseaux ou de quadrupèdes. Ils ont des trompettes 
d'une nature particulière et bien faites pour des bar- 
bares : ils soufflent dans ces trompettes et en font 
sortir un son rude qui convient bien au tumulte de la 
guerre*. Les uns portent en guise de cuirasses des 
cottes de mailles en fer; les autres, se contentant de 
ce que leur a donné la nature, combattent tout nus. 
Au lieu de Γépée^ ils ont de grandes «paite suspen- 
dues à leur côté, le long du flanc droit, à des chaî- 
nettes de fer ou de cuivre. Quelques-uns sont ceints 
par-dessus leur tunique de ceinturons plaqués en or 
ou incrustés d'argent. Ils portent, la pointe en avant, 
des piques qu'ils appellent landes, dont le fer a une 



1. Virg., l. c. 662 : sentis protecti corpora longis. 

2. Selon Hésychius s. v., cette trompette gauloise se nommait 
carnos, ou, selon le schol. d'Homère, 11. Σ, 219, carnyx, κάρνυζ. 
Éustathe, p. 1139, lui donne aussi ce dernier nom, et il dit qu'elle 
était en métal fondu, qu'elle avait pour pavillon la figure de quel- 
que bête sauvage , et une anche de plomb : elle rendait un son 
perçant. 

3. L'épée ordinaire, ξίφος; spathe^ longue épée, à lame élargie vers 
la pointe. Du reste, quelques lignes plus bas, Diodore désigne par 
le mot ξίφος cette arme des Gaulois. 



390 ΔΙΟΔϋΡΟΤ ΒΙΒΛ. Ε. 

τφ (χήκει του σιδήρου και έτι [χείζω τα έπιθή[Λατα έχου- 
σας, πλάτει δέ βραχύ λείποντα διπαλαίστων^ • τα (jièv 
γαρ ξίφη των παρ' έτέροις σαυν(ων εισίν ουκ έλάττω, τα 
δε σαυνία τάς άκμιας έχει των ξιφών μείζους. Τούτων δε 
τα μ,έν έπ' εύθε(ας κεχάλκευται, τα δε ελικοειδή δι' όλων 
άνάκλασιν έχει προς τα και κατά τήν πληγήν [χή [jl($vov 
τέ(/.νειν, άλλα και Οραύειν τας σάρκας και κατά τήν άνα- 
κο(Λΐδήν του δ(^ρατος σπαράττειν τό τραύμα. 

XXXI. ΑύτοΙ δ' είσΐ τήν πρόσοψιν καταπληκτικοί και 
ταις φωναΐς βαρυηχεΐς και παντελώς τραχύφωνοι, κατά 
δε τας ομιλίας βραχυλ(5γοι και αινιγμι.ατ(αι και τα πολλά 
αινιττ^μενοι συνεκδοχικώς , πολλά δε λέγοντες εν υπέρ- 
βολαΐς έπ' αυξήσει μεν εαυτών, μειώσει δε τών άλλων. 
(Rhod., ρ. 308.) Άπειληται δε και άνατατικοι^ και 
τετραγωδημένοι ύπάρχουσι, ταΐς δε διανο(αις οξείς και 
προς μάθησιν ούκ άφυεις. Εισι δε παρ' αύτοις και ποιηται 
μελών, ους βάρδους ονομάζουσιν. Ο5τοι δε μετ' οργάνων 
ταις λύραις δμο(ων ξ^οντες ους μέν υμνουσιν, ους δε 
βλασφημουσι. Φιλόσοφοι τέ τινές είσι και θεολόγοι περιτ- 
τώς τιμώμενοι, ους δρουέδας^ ονομάζουσι. Χρώνται δε 
και μάντεσιν, αποδοχής μεγάλης άξιουντες αυτούς • ούτοι 
δε διά τε τής οιωνοσκοπ^ας και δια τής τών ίερείων θυσίας 
τα μέλλοντα προλέγουσι, και παν το πλήθος εχουσιν 
υπψ,οον. Μάλιστα δ' όταν περί τίνων μεγάλων έπι- 
σκέπτωνται, παράδοξον και άπιστον εχουσι νόμιμον • 
άνθρωπον γαρ κατασπείσαντες τύπτουσι μαχαίρςι κατά τον 



1. ταιχυαϊα διπαλαίστων. Le Pogge : ferro cubiti aut amplius Ion- 

gitudinis, paulo minus duobus palmis lato. 

2. Glose du Vind. 11 : κα\ άνατείνοντες τήν οργήν. 

3. Glarom. 11, Η. St. σαρωνίδας, à la marge σαρουνίδας, le Pogge sar- 
ronidas; tous les autres mss. σαρουίδας; corr. de Rhodomann. 



DIODORE, LIV. V. LA GAULE; MŒURS ET USAGES. 391 

coudée de long, avec l'appendice^ encore plus grand, 
et n'a guère moins de deux palmes de large. Leurs 
épées ne sont pas moins grandes que les saunia des 
autres nations, et leurs saunia^ ont des pointes plus 
grandes que leurs épées. De ces saunia les uns ont 
été forgés droits, les autres, totalement repliés sur 
eux-mêmes en forme d'hélices, de manière à ne pas 
seulement couper en frappant, mais à briser les chairs 
et à déchirer les blessures, quand on retire la pique. 
XXXI. Ces hommes sont d'un aspect effrayant; 
leur voix a un son grave et des intonations tout à fait 
rudes; dans la conversation, leur parole est brève, 
énigmatique, procédant par allusions et sous-entendus, 
souvent hyperbolique , quand il s'agit de se grandir 
eux-mêmes et d'amoindrir les autres. Ils ont le ton 
menaçant, hautain, tragique, et, pourtant, l'esprit 
pénétrant et non sans aptitude pour les sciences. Il y 
a chez eux même des poètes lyriques, qu'ils nomment 
bardes : ces poètes accompagnent avec des instruments 
semblables à des lyres leurs chants qui sont tantôt 
des hymnes, tantôt des satires. Il y a aussi des phi- 
losophes et des théologiens à qui on rend les plus 
grands hoimeurs et qui se nomment druides. Enfin 
ils se servent de devins à qui ils accordent une 
grande autorité. Ces devins, c'est par l'observation 
des oiseaux et par l'immolation des victimes qu'ils 
prédisent l'avenir, et ils tiennent toute la population 
sous leur dépendance. Mais c'est quand ils con- 
sultent [les présages] pour quelques grands intérêts, 
c'est alors surtout qu'ils suivent un rite bizarre, 



1. La hampe. — 2. V. supr. XXIX, p. 384-385. 



392! ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. Ε. 

υπέρ τ6 διάφρα-γίΛα τ6πον\ καΐ πεσόντος του πληγέντος 
έκ της πτώσεως και του σπαραγ[Λου των [Λελών, ετι δε 

της του αΐ[Λατος ρύσεως το [χέλλον νοουσι, πάλαια τινι 
και πολυχρόνια) παρατηρήσει περί τούτων πεπιστευκότες. 
"Εθος δ' αύτοις έστι [Ληδένα θυσίαν ποιεί ν άνευ φιλοσόφου • 
δια γαρ των έριπείρων της θείας φύσεως ώσπερε{ τίνων 
δ{Λοφ(6νων τα χαριστήρια τοις θεοΐς φασι δεΐν προσφέρειν, 
και δια τούτων οίονται δειν τάγαθά αίτεισθαι. Ού [jlOvov 
δ' έν ταις ειρηνικαΐς χρε(αις, άλλα και κατά τους πολέ- 
μους τούτοις [χάλιστα πείθονται καΐ τοις [χελωδουσι ποιη- 
ταις, ού μόνον οι φίλοι, άλλα και οι πολέμιοι * πολλάκις 
δ' έν ταΐς παρατάξεσι πλησιαζόντων άλλήλοις των στρα- 
τοπέδων και τοις ξίφεσιν άνατεταμένοις και ταϊς λόγχαις 
προβεβλημέναις^, ειο το μέσον ο5τοι προελθόντες παύουσιν 
αυτούς, ώσπερ τινά θηρία κατεπ^σαντες^. Ούτω και παρά 
τοις άγριωτάτοις βαρβάροις ό θυμός εϊκει τη σοφία και δ 
"Αρης αιδείται τας Μούσας. 



ΧΧΧΙΙ. Χρήσιμον δ' έστι διορίσαι τδ παρά πολλοίς 
άγνοούμενον. Τους γαρ υπέρ Μασσαλίας κατοικουντας έν 
τω μεσογείω και τους παρά'* τας "Αλπεις, ετ{> δέ τους έπι 
τάδε των Πυρηναίων ορών Κελτούς όνομάζουσι, τους δ' 



ι. Glose du Vat. et du Vind. II, ήτοι τον λαιμον (λαμbv dans le Vat.)• 

2. κα\ ταΐς λ. προβεβλ. omis par le Coisiinianus. 

3. Le Mut. et le Vind. I, καταπαύσαντες, et le Vind. II ajoute cette 

glose κα\ δια των ωδών παύσαντες. 

4. Sic Coisl., Mutin., Vind. I, et Pogg. juxta^ les autres περ\. 



DIODORE, LIV. V. LA GAULE; MŒURS ET USAGES. 393 

incroyable. Après avoir consacré un homme, ils le 
frappent avec une épée de combat dans la région au- 
dessus du diaphragme, et quand la victime est tombée 
sous le coup , ils devinent l'avenir d'après la manière 
dont elle est tombée, l'agitation des membres et 
l'écoulement du sang\ C'est un genre d'observation 
ancien, longtemps pratiqué et en qui ils ont foi. La 
coutume est chez eux que personne ne sacrifie sans 
l'assistance d'un philosophe^; car ils croient devoir 
user de l'intermédiaire de ces hommes qui connaissent 
la nature des dieux, et parlent on pourrait dire leur 
langue, pour leur offrir des sacrifices d'actions de 
grâces et implorer leurs bienfaits. Non seulement dans 
les nécessités de la paix, mais encore et surtout dans 
les guerres, on se confie à ces philosophes et à ces 
poètes chantants, et cela, amis comme ennemis. Sou- 
vent, sur les champs de bataille, au moment où les 
armées s'approchent, les épées nues, les lances en 
avant, ces bardes s'avancent au milieu des adversaires 
et les apaisent, comme on fait les bêtes farouches avec 
des enchantements. Ainsi chez les barbares les plus 
sauvages la passion cède à la sagesse et Adès^ respecte 
les Muses. 

XXXII. Il est utile de déterminer un point ignoré 
de beaucoup de personnes. Les peuples qui habitent 
au-dessus de Massahe, dans l'intérieur des terres, le 
long des Alpes et en deçà des monts Pyrènœes, se 
nomment Celtes; ceux qui sont au-dessus de la Cel- 



1. Comp. Strab. IV, iv, 5, notre t. 1, p. 140-141. 

2. D'un druide. — Gomp. César, G. G. vi, 15. 

3. Adès, Mars. 



394 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. Ε. 

υπέρ ταύτης τ/)ς Κελτικής εις τα πράς νότον νεύοντα [χέρη 
παρά τε τον Ώκεανον και το Έρκύνιον ορός καθιδρυριένους 
καΐ πάντας τους εξής μέχρι τής 2κυθιας Γαλατάς προσ- 
αγορεύουσιν • οΐ δέ Ρωμαίοι πάντα τα έθνη συλλήβδην 
[Λΐ^ προσηγορία περιλαμβάνουσιν , δνομάζοντες Γαλατάς 
απαντάς. Αι δέ γυναίκες των Γαλατών ου μ.6νον τοις 
[χεγέθεσι παραπλήσιοι τοις άνδράσιν εισ^ν , άλλα και ταις 
άλκαΐς ένάμιλλοι. Τα δέ παίδια παρ' αύτοΐς εκ γενετής* 
υπάρχει πολιά κατά το πλείστον • προβα{νοντα δέ ταϊς 
ήλικ{αις εΙς το των πατέρων χρώμα ταις χρ^ίαις μετασχη- 
ματίζεται. (Rhod., ρ. 309.) Άγριωτάτων δέ όντων των 
υπό τας άρκτους κατοικούντων και τών τη Ικυθίςι πλη- 
σιοχώρων, φασι τινας ανθρώπους έσθιειν, ώσπερ και τών 
Βρεττανών τους κατοικουντας τήν ονομαζομένην "Ιριν^. 
Διαβεβοημένης δέ τής τούτων αλκής και άγριότητος, φασί 
τίνες εν τοις παλαιοις χρ6νοις τους τήν Άσ(αν άπασαν 
καταδραμ(5ντας , ονομαζόμενους δέ Κιμμέριους^, τούτους 
είναι , βραχύ του χρόνου τήν λέξιν φθε(ραντος εν τη τών 
καλουμένων Κιμβρων προσηγορ(ςι. Ζηλουσι γαρ εκ παλαιού 
ληστεύειν έπι τας άλλοτρ(ας χώρας επερχόμενοι και 
καταφρονεΐν απάντων. Ούτοι γάρ εισιν οι τήν μέν Ρώμην 
έλ($ντες, το δέ ιερόν το εν Δελφοΐς συλήσαντες, και πολλήν 
μέν τής Ευρώπης, ουκ ολ(γην δέ και τής 'Ασίας φορολο- 
γήσαντες, και τών καταπολεμηθέντων τήν χώραν κατοι- 
κήσαντες, οι δια τήν προς τους "Ελληνας έπιπλοκήν 



1. Omis dans plusieurs mss., marqué d'un astérisque par H. Est. 

2. Iris, l'Irlande; forme nationale, Erin; Hipparque ap. Strabon, 
I, IV, 4, et ailleurs, Ίέρνη; chez les Latins, Plin. IV, xxx, 16, Hiber- 
nia (Comp. Ptolém. II, ii, 1, etc. Ίουερνία, ms. Palat. Ίουουερνία), 
P. Mêla, III, 6, luverna, Juvén. il, 160, litora Juvernse; Claudian. 
IV Cons. Honor. 33, Laud. Stilich. Il, 251, lerne. _ 

3. Glarom. I, Κιμμένους. 



DIODORE, LIV. V. LA GAULE; POPULATIONS. 395 

tique, dans les régions inclinant vers le Notus* le long 
de rOcéan et de la montagne Hercynie, et tous ceux 
qui viennent à la suite jusqu'à la Scythie, on les 
appelle Galates. Les Romains comprennent tous ces 
peuples en bloc sous une appellation unique, en leur 
donnant à tous le nom de Galates^. Les femmes de ces 
Galates non seulement se rapprochent des hommes 
pour la taille, mais rivalisent avec eux en toutes vail- 
lances. Les enfants chez eux sont à leur naissance 
généralement blancs ; mais en avançant en âge cette 
nuance se transforme et ils prennent la couleur de 
leurs pères. De ces peuples les plus sauvages sont ceux 
qui habitent sous les Ourses et dans le voisinage de la 
Scythie : aussi dit-on qu'ils mangent des hommes tout 
comme ceux des Brettans qui habitent l'île nommée 
Iris. Leur vaillance est fameuse ainsi que leur carac- 
tère sauvage, et l'on dit que les peuples qui dans les 
temps anciens firent des incursions dans toute l'Asie 
et qu'on nomme Cimméries, étaient justement ceux 
qui nous occupent et dont le nom légèrement altéré 
par le temps se changea en celui de Cimbres. Ils 
ont de toute antiquité la passion du brigandage, enva- 
hissant les terres d'autres et méprisant tout le monde. 
Ce sont eux qui prirent Rome, qui pillèrent le temple 
de Delphes , qui soumirent à des tributs une grande 
partie de l'Europe, et dans l'Asie, des contrées non 
sans importance, qui, ayant fixé leurs demeures chez 
les peuples qu'ils avaient abattus à la guerre , furent , 
en raison de leur mélange avec les Hellènes, appelés 

I. Vers le S. ou le S.-E. L. Dindorf signale ici une erreur ôvidente 
de Diodore ou de ses copistes : il faut lire βορεάν ou άρκτον. 
l. Diodore avait peut-être écrit Γάλλους. 



396 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. Ε. 

Έλληνογαλάται κληθέντες , το δέ τελευταιον πολλά καΐ 
[χεγάλα στρατόπεδα Ρωμαίων συντρ(ψαντες. 'Ακολούθως 
δέ ΊΎι καθ' αυτούς άγριότητι και περί τάς θυσίας έκτόπως 
άσεβουσι * τους γαρ κακούργους κατά πενταετηρέδα φυλά- 
ξαντες άνασκολοπιζουσι τοις θεοΐς και [ί,ετ άλλων πολλών 
απαρχών καθαγιζουσι^ πύρας παμ[Λεγέθεις κατασκευάζον- 
τες. Χρώνται δέ και τοις^ αιχ[Λαλώτοις ως Ιερε(οις προς 
τας τών θεών τΐ[κάς. Τινές δέ αυτών και τα κατά π6λε{Αον 
ληφθέντα ζώα {/.ετά τών ανθρώπων άποκτείνουσιν ή κατα- 
κάουσιν ή τισιν άλλαις τιμωρίαις άφαν(ζουσι. Γυναίκας δ' 
έχοντες εύειδεις ήκιστα ταύταις προσέχουσιν, άλλα προς 
τάς τών αρρένων έπιπλοκάς έκτόπως λυττώσιν. Ειώθασι 
δ' έπι δοραις θηρ(ων χα|Λαι καθεύδοντες εξ ά[Λφοτέρων τών 
(Λερών παρακοέτοις συγκυλέεσθαι. Το δέ πάντων παραδο- 
ξ(^τατον, της ιδίας εύσχη[Λοσύνης άφροντιστουντες τήν του 
σώ|Λατος ώραν έτέροις ευκόλως προίενται, και τούτο 
αισχρον ούχ ηγούνται, άλλα [Λαλλον δ'ταν τις αυτών 
χαριζομένων (Λη προσδέξηται τήν διδθ|Λένην χάριν, άτιμον 
ηγούνται. 



XXXIII. Ημείς δ' αρκούντως περί Κελτών είρηκότες 
μεταβιβάσο{Λεν τήν ίστοριαν έπι τους πλησιοχώρους τού- 
τοις Κελτ(βηρας. Οδτοι γαρ τ6 παλαιον περί της χώρας 



1. Vindob. Il, καθαγιάζουσι. 

2. Η. Est. en marge : αίχμαλώτοις προς τας τών θεών τιμάς, ώς ίερείοις. 



DIODORE, LIV. V. LA GAULE; MOEURS. 397 

Hellénogalates S qui finalement écrasèrent plusieurs 
grandes armées de Rome. Ils sont, — c'est une con- 
séquence de leur nature sauvage, — d'une impiété 
monstrueuse en leurs sacrifices. Ainsi ils gardent les 
malfaiteurs pendant une période de cinq ans, et puis 
en l'honneur de leurs dieux ils les empalent et en 
font des holocaustes en y joignant beaucoup d'autres 
offrandes , sur d'immenses bûchers préparés tout ex- 
près. Ils se font aussi de leurs prisonniers de guerre 
des victimes pour honorer leurs dieux. Quelques-uns 
font le même usage des animaux qu'ils ont pris à la 
guerre , ils les tuent avec les hommes ou les brûlent, 
ou les font périr dans d'autres supplices. Quoique leurs 
femmes soient belles et bien faites, ils ne les recher- 
chent guère ; mais ils ont une passion enragée, mons- 
trueuse pour les plaisirs que donnent les mâles : ainsi 
d'habitude, dormant à terre sur des peaux de bêtes , 
ils s'y vautrent entre deux compagnons de lit. Mais ce 
qu'il y a de plus incroyable, c'est le peu de souci de 
chacun pour sa dignité personnelle, car ils livrent 
facilement à d'autres leur corps en sa belle saison^, 
ne voyant à cela rien de honteux, et tout au contraire, 
si l'on ne veut pas recevoir les caresses qu'ils offrent, 
voyant dans ce refus un déshonneur. 

XXXIII. Nous avons suffisamment parlé des Celtes; 
nous allons porter nos recherches chez leurs voisins 
les Celtibères. Anciennement ces deux peuples, — je 

1. Vulg. Gallogrecs. — Sur ces excursions des Gaulois en diverses 
contrées, V. Polybe, Strab., Tite-Liv. V, 33; Justin. XXIV, 5, et 
Pausanias X, 19. 

2. Strabon insiste moins sur cette dépravation; V. IV, iv, 6, notre 
t. J, p. 144-145. — Cf. t. IV, Arist., Polit. II, 9, et Athôn. XIII, 
p. 603, a. 



398 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. Ε. 

άλλήλοις διαπολεριήσαντες , ά τε "Ιβηρες και ο! Κέλτο( , 
καΐ [Λετά ταύτα διαλυθέντες και τήν χώρα ν κοινή κατοι- 
κήσαντες^ ετι δ' έπιγα[Α(ας προς αλλήλους συνθέ[Λενοι , 
δια τήν έπιμιξίαν ταύτης ετυχον* της προσηγορίας. Δυοιν 
δ' εθνών άλκ([Λων [Λίχθέντων^ καΐ χώρας ύποκεΐ[Λένης 
αγαθής, (Rhod., ρ. 310.) συνέβη τους Κελτιβηρας έπι 
πολύ τη δοξη προελθειν, και Ρω(Λαιοις ΊίοΧΚοΙίς χρ($νους 
άντιταξα|χένους μ.6γις^ καταπολε(Ληθήναι. Δοκουσι δ' οδτοι 
κατά τους πολέρ,ους ού [jl($vov ιππείς αγαθούς, άλλα και 
πεζούς παρέχεσθαι διαφόρους ταϊς άλκαις και ταις καρτε- 
ρίαις. Φορουσι δ' ούτοι σάγους (χέλανας τραχείς και παρα- 
πλήσιον έχοντας το εριον ταις αιγείαις θριξίν. *Οπλ(ζονται 
δέ τίνες των Κελτιβήρων γαλατικοίς θυρεοΐς κούφοις, τινές 
δέ κυρτ(αις^ κυκλοτερέσιν ασπίδων έχούσαις τα μιεγέθη, 
καΐ περί τάς κνή|Λας τριχίνας ειλουσι κνη[Λΐδας, περί δέ 
τας κεφάλας κράνη χαλκά περιτίθενται φοινικοις ήσκηριένα 
λόφοις. Είφη δέ ά[Λφίστο(ΐ.α καΐ σιδήρω διαφέρω κεχαλ- 
κευ[Λένα φορουσιν, έχοντες σπιθα[Λΐα(ας® παραξιφίδας, αΪς 
χρώνται κατά τάς εν ταις [χάχαις συ(Λπλοκάς. "ίδιον δέ 
τι παρ' αύτοις έστι περί τήν τών''^ ά(Λυντηρ{ων κατασκευήν* 
έλάσμ,ατα γαρ σιδήρου κατακρύπτουσιν εις τήν γην, καΐ 
ταύτα έώσι (^^έχρι αν οτοχ)^ δια τον χρ(5νον του ίου περιφα- 
γόντος το ασθενές του σιδήρου, καταλειφθή το στερεώτατον, 
εξ ού κατασκευάζουσι διάφορα ξίφη και τάλλα τα προς 
πόλεμον ανήκοντα. Το δ' ούτω κατασκευασθέν δπλον παν 

1. Mutin, et Vind. Ι, ο'κήσαντες. 

2. Le Mutin, et le Vatic, etc., λέγονται ταύτης τυχειν. 

3. Mot omis par le Clarom. I. 

4. Ane. éditt. μόλις, corrigé par L. Dindorf, qui observe que Diod. 
n'emploie que la forme μόγις. 

5. Le Vind. II et les var. d'Orsini ajoutent : κα\ κατά τό δίκτυον 
πεπλεγμέναις. 

6. Sic Goisl., Mut., Vind. I; les autres σπιθαμαίας. 

7. Mutin., πολεμίων οπλών κα\. — Le passage est visiblement altéré. 



DIODORE, LIV. V. LES CELTIBÈRES. 399 

dis les Ibères et les Celtes, — se firent la guerre pour 
la possession du pays; mais ils s'accordèrent ensuite 
pour l'habiter en commun ; ils s'unirent même par des 
mariages, d'où un mélange auquel ils doivent leur 
nom. Par suite de ce mélange de deux peuples vail- 
lants, maîtres d'un bon pays, il arriva que les Celti- 
bères allèrent loin dans la voie de la gloire , et que , 
longtemps adversaires des Romains, ils furent à 
grand 'peine abattus par eux à la guerre. Il paraît 
que, dans leurs guerres, ils se montrent non seulement 
bons cavaliers, mais que leur infanterie se distingue 
par sa vaillance et sa solidité. Ils portent des saies 
noires, d'une laine rude qui se rapproche du poil de 
chèvre. Quelques-uns des Gelti bères ont pour arme le 
léger bouclier galatique, d'autres un filet circulaire 
de la grandeur d'une rondache. Autour de leurs 
jambes ils enroulent des jambières de poil, et se 
couvrent la tête d'un casque d'airain orné d'un 
panache de pourpre. Leurs épées à deux tranchants 
sont en fer forgé d'une qualité supérieure, et ils ont 
de plus à côté de l'épée un poignard long d'un spi- 
thame^, dont ils se servent dans la mêlée des batailles. 
Il y a quelque chose de particulier dans la fabrication 
de leurs armes défensives : ils enfouissent dans la 
terre des lames de fer et les y laissent jusqu'à ce que, 
avec le temps, la rouille ayant mangé la partie faible 
du fer, il n'en reste que la plus solide, dont ils fabri- 
quent d'excellentes épées et leurs autres instruments 
de guerre. L'arme ainsi fabriquée tranche tout ce 
qu'elle atteint, et il n'y a bouclier, casque ni os qui 

1. Ou empan, = 0"',225. 



400 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. Ε. 

το ύποιτεσόν διαίρει, άφ' οδπερ ούτε θυρεός ούτε βστουν 
ύπο(χένει τήν ττληγήν δια τήν ύπερβολήν της αρετής του 
σιδήρου. Διμάχαι δ' οντες, έπειδάν άπό των ίππων άγω- 
νισά[/.ενοι νικήσωσι, καταπγ|δώντες καΐ τήν των πεζών 
τάξιν [Λεταλα(Λβάνοντες θαυ^χαστάς ποιούνται (^άχας. 
"ίδιον δε τι και παράδοξον v6(jli(jlov παρ' αυτοις έστιν * 
έπΐ(ΛελεΪς γαρ οντες καΐ καθάρειοι ταϊς διαίταις, εν έργον 
έπιτηδεύουσι βάναυσον και πολλής ακαθαρσίας κεκοινω- 
νηκ6ς * παρ' έκαστα γαρ τό σώ(Λα λουσιν ουρώ, καΐ τους 
οδόντας παρατρ(βοντες , ταύτην ηγούνται θεραπείαν εϊναι 
του σώ[Λατος. 

XXXIV. Τοις δ' ήθεσι πρ^ς (Λεν τους κακούργους καΐ 
πολε[Λ{ους ύπάρχουσιν ώ[;ιο{, προς δέ τους ξένους επιεικείς 
και φιλάνθρωποι. Τους γαρ έπιδηι^ήσαντας ξένους άπαντες 
άξιουσι παρ' αύτοΐς ποιεΐσθαι τάς καταλύσεις και πρ^ς 
αλλήλους ά|Λΐλλώνται περί τής φιλοξενίας * οϊς δ' αν οι 
ξένοι συνακολουθήσωσι , τούτους έπαινουσι και θεοφιλείς 
ηγούνται. Τροφαΐς δε χρώνται κρέασι παντοδαποϊς και 
δαψιλέσι και οινομέλιτος π($[Λατι, χορηγούσης τής χώρας 
το [Λεν [Λέλι πα[Λπληθές, τον δ' οινον παρά των έπιπλε($ν- 
των εμπόρων ώνού(Λενοι^ (Rhod., ρ. 311.) Χαριέστατον 
δε των πλησιοχώρων εθνών αύτοις έστι τό τών Ούακκαίων 
ονο[Λαζθ|Λένων σύστη[Λα • οδτοι γαρ καθ' έκαστο ν έτος 
διαιρού[Λενοι τήν χ(6ραν γεωργουσι, και τους καρπούς κοι- 



Ι. Selon Posidônios, αρ. Strabon, III, ιν, 13, Marcus MarceJlus 
imposa à la Geltibérie un tribut de 600 talents (3,456,000 fr.), ce qui 
indique que ce peuple était nombreux et riche : έξ ού τεκμαίρεσθαι 
πάρεστιν δτι κα\ πολλοί ήσαν ο\ Κελτίβηρες, καί χρημάτων εύπορουντες, καί- 
περ οίκοΰντες χώραν παράλυπρον. Ce que dit ici Diodore de l'hospitalité 
des Geltibères ne s'accorde guère avec l'assertion de Strabon, l. c, 
sur la rudesse de leurs mœurs. 



DÏODORE, LIV. V. LA CELΉBÊRIE. 401 

résiste à ses coups, grâce à la qualité supérieure du 
fer. — Les Celtibères sont des combattants doubles : 
lorsque, luttant à cheval, ils ont vaincu l'ennemi, ils 
sautent à terre, et prenant leur rang comme fantas- 
sins, ils se battent à merveille. — Ils ont un usage à 
eux propre et vraiment incroyable. Tout en ayant 
grand soin d'eux-mêmes et en aimant la propreté dans 
les détails de leur vie, ils pratiquent une opération bien 
grossière et qui est, au fond, d'une grande malpro- 
preté : ils lavent chaque partie de leur corps avec de 
l'urine; ils s'en frottent les dents, et s'imaginent ainsi 
bien faire pour l'entretien de leur corps'. 

XXXIV. A l'égard des malfaiteurs et de leurs enne- 
mis, ils sont, par caractère, cruels; mais envers les 
étrangers, doux et pleins d'humanité. Quand des 
étrangers voyagent chez eux, tout le monde les veut 
recevoir, et ils témoignent à l'envi cette affection envers 
les étrangers ; ceux que des étrangers accompagnent, 
on les comphmente, on les regarde comme aimés 
des dieux. — Pour nourriture, ils ont toute espèce 
de viande en abondance , pour boisson , un mélange 
de vin et de miel, le pays fournissant du miel en quan- 
tité, et le vin leur venant par mer, apporté par des 
marchands à qui ils l'achètent. Des peuplades voisines 
la plus civilisée est le groupe de ceux qu'on nomme 
les Vaccœes. Chaque année, ils partagent le territoire 
pour le cultiver, et mettant en commun les fruits, ils 

1. Comp. Catulle, Ep. xxxvi : 

Nunc Geltiber, in Celtiberia terra, 
quod quisqiie minxit, hoc solet sibi inane 
denteni atque riissam defricaro gingivam. 
II ti) 



iOâ ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. Ε. 

νοτζοιούΐί,ενοι ριεταδιδί^ασιν έκάστω τ6 (λέρος^, και τοίς 
νοσφισαρ,ένοις τι γεωργοϊς θάνατον τό πρ6στΐ[χον τεθε(κασι. 
Φορουσί δε (Λυσιτανο() κράνη και ξ{φη παραπλή- 
σια Κελτέβηρσιν Κατά δε τάς έν ταις συστάσεσι των 

δεινών Όπο[ί,ονάς πολύ λείπονται των Κελτιβήρων 

XXXV. Έπει δέ τα περί των 'Ιβήρων διήλθθ[Λεν, ούκ 
άνο(κειον είναι διαλαριβάνομεν περί των έν αύτη μετάλλων 
άργυρε(ων^ διελθεΐν • αυτή γαρ ή χώρα σχεδόν τι πλείσ- 
τον και κάλλιστον έχει [χεταλλευ^μενον άργυρον^ και 
πολλας τοίς έργαζθ[Λένοις παρέχεται προσόδους. ΕΊ'ρηται 
μεν ουν ήμιν και έν ταις πρό ταύτης βέβλοις^, έν ταις περί 
'Ηρακλέους^ πράξεσι, τα κατά τήν Ίβηρ(αν ορη τα καλού- 
μενα Πυρηναία * ταύτα δέ και κατά το ύψος και κατά τό 
μέγεθος υπάρχει διάφορα των άλλων • παρήκει γαρ άπο 
της κατά τήν μεσημβρ{αν θαλάττης σχεδόν άχρι προς 
τον ύπο τάς άρκτους Ωκεανών, διεέργοντα δέ τήν Γαλατιαν 
και τήν Ίβηρίαν, ετι δέ τήν Κελτιβηρ(αν, παρεκτε(νει^ 
σταδέους ως τρισχιλ(ους. Πολλών δέ όντων έν αύτοις 
δρυμών και πυκνών τοις δένδρεσι, φασιν έν τοις παλαιοΐς 
χρ6νοις ύπ6 τίνων νομέων αφεντών πυρ κατακαήναι παντε- 
λώς άπασαν τήν ορεινήν χώραν • διό και συχνας ημέρας 
συνεχώς του πυρός έπιφλέγοντος καήναι"^ τήν έπιφάνειαν 



1. Το μέρος manque dans le Clar. Ι et dans le Venetus. 

2. Coislin., Vatic. et Vindob. I, αργυρίων : « sed nonne ante μετάλ- 
λων ponendum? » L. Dind. 

3. Vindob. I, sic; tous les autres άργύριον. 

4. Vindob. II, βιβλίοις. 

5. L. Dind. se demande s'il ne faudrait pas lire Ήρακλέα ou 
retrancher περ\; c'est qu'il entend πράξεσι dans le sens de rébus 
gestis; tandis que Diodore l'emploie dans le sens du latin traciatio 
ou iractatus = historia. Mais les mots Iv ταΐς περ\ Ήρ. πράξ. ne sont-ils 
pas une glose? 

6. Coisl., Mutin., Vind. I, παρατείνει. — 7. Coisl. κατακαήναι. 



DIODORE, LIV. V. LES PYRÉNÉES. 403 

distribuent à chacun sa part; pour ceux des cultiva- 
teurs qui en mettraient de côté une portion, ils ont 
établi la peine de mort 

Les Lusitans portent des casques et des épées 

qui se rapprochent de ceux des Celtibères Pour 

la fermeté dans les circonstances critiques ils sont bien 
inférieurs aux Celtibères 

XXXV. Après ce discours sur les Ibères, nous esti- 
mons qu'il n'est point hors de propos de discourir sur 
les mines d'argent qui sont dans ce pays. Cette contrée, 
en effet, est peut-être celle qui tire de ses mines 
l'argent le plus abondant et le plus beau ; de là pour 
ceux qui les exploitent une source de riches revenus. 
Nous avons dit dans les livres précédents, quand nous 
nous sommes occupés d'Héraclès^, qu'il y a le long de 
l'Ibèrie des montagnes appelées les Pyrènsees. Ces 
montagnes, par leur altitude et leur étendue, se dis- 
tinguent de toutes les autres : elles courent à partir 
de la mer qui est au midi, presque jusqu'à l'Océan 
qui est sous les Ourses, et séparent de la Galatie l'Ibè- 
rie et aussi la Celtibèrie sur une étendue d'environ 
trois mille stades. Comme elles étaient couvertes de 
grands bois aux épais fourrés, des bergers, dit-on, 
dans les temps anciens, y mirent le feu; toute la mon- 
tagne en fut totalement incendiée : pendant plusieurs 
jours consécutifs le feu brûla, embrasant la surface 

1. Dans le long récit des exploits d'Hercule qui occupe la plus 
grande partie du livre IV, il n'est pas parlé des Pyrénées. Ou le 
passage s'est perdu, ou il y a ici une erreur de l'auteur. — Une tra- 
dition conservée par Silius Italiens, III, 420 ss., rattache aussi le nom 
des Pyrénées à la légende d'Hercule. Le héros aurait abandonné , 
après avoir abusé d'elle, une fille du roi des Bébryces, Pyréné, 
qui, cachant son désespoir dans les forêts, y aurait été déchirée 
par les bêtes féroces et aurait laissé son nom à ces montagnes. 



404 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. Ε. 

της γης, και τα μ,έν ορη δια τ6 συ(JLβεβηκàς κληθήναι 
Πυρηναία, τήν δ' έπιφάνειαν της κατακεκαυ|Λένης χώρας 
άργύρφ ρυήναι πολλω, καΐ χωνευθεέσης της φύσεως, εξ 
ής δ άργυρος κατασκευάζεται, ρύακας γενέσθαι τιολλούς 
αργύρου καθαρού. Της δε τούτου χρείας αγνοουμένης παρά 
τοις έγχωρέοις, τους Φοίνικας έμπορίαις^ χρω[Αένους καΐ 
το -^ε-^ρνος (Λαθ(^ντας άγοράζειν τον άργυρον (χικρας τίνος 
άντιδ(5σεως άλλων φορτίων. Διο δη τους Φοίνικας (χετακο- 
μίζοντας εις τε τήν Ελλάδα και τήν Άσίαν και τάλλα 
πάντα έθνη (Λεγάλους περιποιήσασθαι πλούτους. Έπι 
τοσούτο δε τους έι^πφους διατειναι της φιλοκερδίας^ ο^στε 
έπειδάν, καταγο[Λων όντων των πλοίων, περιττεύη πολύς 
άργυρος, έκκόπτειν τον εν ταΐς άγκύραις [χόλιβδον^, και 
έκ του αργύρου τήν εκ του [Λολίβδου^ χρείαν άλλάττεσθαι. 
Διόπερ έπι πολλούς χρ(ίνους οι Φοίνικες δια της τοιαύτης 
εμπορίας πολλήν λαβ($ντες^ αύξησιν • αποικίας πολλάς 
απέστειλαν. 

XXXVIII Γίνεται δε και καττίτερος^ έν τζοΧΚοΙς 

τόποις της Ιβηρίας, ουκ εξ έπιπολής ευρισκόμενος, ώς έν 
ταϊς ιστορίαις τινές τεθρυλήκασιν , αλλ* ορυττομενος και 
χωνευομενος® οιι,οίως άργύρω τε και χρυσω. 'Γπεράνω 
γαρ της των Λυσιτανών χώρας έστι μέταλλα πολλά του 
καττιτέρου, κατά τάς προκειμένας της Ιβηρίας έν τω 
Ώκεανω νησίδας τάς από του συμβεβηκότος Καττιτερίδας' 



1. Vind. 1, έμπορείαις, de même plus bas εμπορείας. 

2. Sic fere omn.; quelques-uns τ^ φιλοκερδίί};. 

3. Le Vatic. partout μόλυβδον, μολύβδου, etc. 

4. Sic Wesseling., les mss. έπ\ πολύν λαβόντες χρόνον; le Pogge : hoc 
lucro Phœnices admodum opulenti facti. 

5. Tous les mss. κασσίτερος. 

6. καΐ χων. manq. dans le Parisin., le Glarom. II et le Vind. II. 

7. Tous les mss. καττιτερίδας. 



DIODORE, LIV. V. IBÉRIE; l'ARGENT ET l'ÉTAIN. 405 

de la terre, et en raison de cet événement on appela 
ces montagnes Pyrèn8ees^ Sur la surface du sol ainsi 
embrasé, l'argent en maints endroits ruissela; oui, la 
fusion des substances naturelles d'où se tire ce métal 
produisit de nombreux ruisseaux d'argent pur. Les 
gens du pays en ignoraient l'usage ; mais les Phœnices* 
qui y faisaient le commerce, apprenant ce qui était 
arrivé, achetèrent cet argent, en donnant en échange 
quelques menues marchandises. Ainsi les Phœnices 
transportèrent ce métal dans l'Hellade, dans l'Asie, 
chez tous les autres peuples et amassèrent de grandes 
richesses, et ces marchands poussèrent si loin l'amour 
du gain qu'après avoir chargé leurs navires, voyant 
qu'il restait beaucoup d'argent, ils coupèrent le plomb 
de leurs ancres, et employèrent pour cet usage de 
l'argent au Heu du plomb. Longtemps les Phœnices, 
grâce à ce commerce, accrurent leur puissance, et 
envoyèrent de nombreuses colonies. 

XXXVIII L'étain se rencontre aussi en beau- 
coup d'endroits de l'Ibèrie, non pas qu'on le trouve à 
la surface du sol, comme quelques-uns l'ont répété 
dans leurs histoires, mais en fouillant la terre, et en 
le faisant fondre de la même façon que l'argent et l'or. 
C'est au-dessus du pays des Lusitans qu'il y a de 
nombreuses mines d'étain ; elles sont dans les petites 
îles de l'Océan situées en face de l'Ibèrie et, en raison 

1. Les monts brûlés, de πΰρ, feu. — Cf. Aristot. Réc. Merv., p. 102, 
édit. Sylburg; voir aussi Lucret. v. 1240 et ss. Les Pyrénées n'y sont 
pas nommément désignées. Strabon, III, ii, 9, voit dans ces asser- 
tions de pures fables; il blâme Posidonios d'y avoir ajouté loi, on 
les revêtant des ornements de son style pompeux et hyperbolique. 
C'est certainement à l'historien-philosophe d'Apamée que Diodore 
a emprunté ce qu'il dit des mines des Pyrénées. 

2. Les Phéniciens. 



406 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. Ε. 

ώνομ.ασ[Λένας. Πολύς δε και έκ της Βρεττανικής νήσου 
διακομίζεται προς την κατ' αντίκρυ κεΐ[Λένην Γαλατίαν, 
και δια της [χεσογείου Κελτικής έφ' ίππων υπό των έμπο- 
ρων άγεται παρά τε τους Μασσαλιοοτας και εις την ôvo- 
(Λαζο|Λένην πόλιν Ναρβώνα * αυτή δ' έστιν άποικος (χέν 
Ρω[Λα{ων, δια δε τήν ευκαιρ(αν και τήν εύπορ(αν [χέγιστον 
έ[λπφιον^ έχουσα των έν έκεένοις τοις τόποις. 

ΧΧΧΙΧ. Ή[ΛεΪς δε έπει τα κατά τους Γαλατάς και 

τους Κελτιβηρας, ετι δ' "Ιβηρας, διήλθθ[Λεν, έπι τους 
Αίγυας [Λεταβησ($[Λεθα. Οδτοι γαρ νέίχονται (χέν χώραν 
τραχείαν και παντελώς λυπράν, τοις δε π6νοις και ταις 
κατά τήν λειτουργιαν συνεχέσι κακοπαΟείαις επίπονων τίνα 
β{ον και άτυχη ζώσι. Καταδένδρου γαρ τής χώρας ούσης, 
οι (Jièv αυτών ύλοτο(χουσι δι* δλης τής ή[χέρας σιδηροφο- 
ρουντες ενεργούς πελέκεις και βαρείς, οι δέ τήν γήν έργα- 
ζόμιενοι το πλέον πέτρας λατο[Λουσι δια τήν ύπερβολήν 
τής τραχύτητος ' ούδε(Λ{αν γαρ βώλον τοις έργαλείοις 
άνασπώσιν άνευ λίθου. Και τοιαύτην έχοντες έν τοις εργοις 
κακοπάθειαν τη συνήθεια^ περιγίνονται τής φύσεως και 
πολλά ρ,οχθήσαντες^ ολίγους καρπούς και μόγις λα[/.βά- 

1. Mutin., Vind. Ιί, μεγίστην έμπορείαν. 

2. Mutin., Vatic, Vind. J, Parisin., etc., συνεχεία. 

3. De là l'épithète a'asperi, duri qui est pour ainsi dire attachée 
au nom des Ligures. Aux textes que nous avons cités plus haut 
p. 356, note 1, on peut ajouter Silius Italiens, VIII, 605 et s. : 

Tum pernix Ligus, et sparsi per saxa Vagenni 
in decus Hannibalis duros misère nepotes. 

Rufus F. Avien. Ora, marit. 608 et s. : 

Hujus (Rhodani) alveo 
Ibera tellus atque Ligyes asperi 
intersecantur 

surtout Gicéron, Contre Rull. Il, 35 : Ligures montani, duri atque 
agrestes : docuit ager ipse, nihil ferendo, nisi multa cultura et 



DIODORE, LIV. V. LES LIGURES. 407 

de ce fait, appelées Gassitérides ^ On exporte aussi 
beaucoup d'étain de l'île Brettanique dans la Galatie 
qui est située en face, et par l'intérieur de la Celtique, 
les marchands le font passer, chargé sur des chevaux, 
chez les Massaliôtes et dans la ville qu'on nomme 
Narbôn : c'est une colonie des Romains, laquelle, en 
raison de sa situation favorable et de sa richesse, est 
le principal marché de ces contrées. 

XXXIX. Après avoir discouru sur tout ce qui con- 
cerne les Galates, les Geltibères et les Ibères, nous 
passerons aux Ligyes^ Ges peuples cultivent un sol 
âpre et tout à fait misérable ; c'est dans les labeurs , 
dans le mal qu'ils se donnent continuellement pour 
faire cette besogne, qu'ils mènent une sorte de vie 
laborieuse et infortunée. Gomme leur territoire est 
couvert d'arbres, les uns coupent du bois, armés tout 
le jour de puissantes et lourdes haches de fer; les 
autres, ceux qui travaillent la terre, sont le plus sou- 
vent occupés à casser les cailloux de ce sol rocailleux 
à l'excès; leurs outils, en effet, n'y soulèvent pas une 
glèbe qui soit sans pierre. Et c'est en se donnant tout 
ce mal en ces ouvrages que par d'habituels efforts ils 
surmontent la nature, et pour prix de longues fatigues 
recueillent à grand'peine quelques fruits. Grâce à la 
continuité de ces exercices et au défaut de nourriture % 

magno labore quaesitum; et Tite-Live, XXVII, 48 : Ligures, durum 
in armis genus. 

1. De κασσίτερος, ëiain. 

2. Ici encore Diodore suit Posidônios, comme on peut s'en con- 
vaincre en comparant le passage de Strabon, V, ii, 1, qui le cite. 
Sur les Ligures, comparez aussi Diodore lui-même, IV, xx, et dans 
ce vol. p. 356-357. Ici et là, il suit Posidônios, et se répète à peu 
près textuellement. 

3. « De luxe » si on lit τρυφής que donne le ms. de Modône. 



408 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. Δ. 

νουσι'. Δια δέ τήν συνέγειαν των γυρινασιών και τό της 

τροφής^ ελλιπές τοΐς σώ[/.ασιν ύπάρχουσιν ισχνοί και 
ευτονοι. Προς δέ τήν κακοπάθειαν ταύτην συνεργούς εχουσι 
τάς γυναίκας, ε^θισμένας έπ' ι'σης τοΐς άνδράσιν^ έργά- 
ζεσθαι. Κυνηγίας δέ ποιούνται συνέχεις, εν αίς πολλά 
των θηρίων χειρού[Λενοι^ τήν έκ των καρπών σπάνιν διορ- 
θουνται. Δι^περ έμβιουντες ορεσι χιονοβολου[Λε'νοις και 
τραχύτητας απίστους ορειβατεΐν είωθ6τες, ευτονοι και 
μυα)δεις γίνονται τοις σώμασιν. "Ενιοι δέ δια τήν παρ' 
αύτοϊς σπανοκαρπίαν^ πίνουσι ιχέν ύδωρ, σαρκο(ραγουσι δέ 
τάς των ή [Λέρων τε και αγρίων ζφων σάρκας και των άπο 
της χώρας λάχανων έ|Λπί[Λπλανται , τήν χώραν έχοντες 
άβατον τοΐς προσφιλέστατο ις των θεών Δή(Λητρι και Διο- 
νύσω. Νυκτερεύουσι δ' έπι της χ(6ρας, σπανίως μέν εν 
τισιν εύτελέσιν έπαύλεσιν ή καλιαΐς, τα δέ πολλά εν ταΐς 
κοίλαις πέτραις και σπηλαίοις αύτοφυέσι και δυναμένοις 
σκέττην ικανή ν παρέχεσθαι. 'Ακολούθως δέ τούτοις και 
τάλλα ποιοϋσι , διαφυλάττοντες τον άρχαΐον και άκατάσ- 
κευον βίον. Καθόλου δ' έν τοις τότζοις αϊ μέν γυναίκες 
ανδρών, οι δέ άνδρες θηρίων εχουσιν ευτονίαν και άλκήν. 
Πολλάκις γοΰν φασιν έν ταΐς στρατείαις τόν ρ,έγιστον τών 
Γαλατών υπο Λίγυος ισχνού παντελώς εκ προκλήσεως 
(/.ονο(Λαχήσαντα άνηρήσθαι. Όπλισ(Λθν δ' εχουσιν οι 
Λίγυες έλαφρ6τερον τών Ρω[Λαίων τή κατασκευή • σκε- 
πάζει γαρ αυτούς παρα[Λήκης θυρεός εις τον Γαλατικον 
ρυθρ,όν δεδη[Λΐουργη[Λένος και χιτών συνειλη[Λ(Λένος ζω- 



1. Tous les mss. λαμβάνουσιν. 

2. Le Mutin, τρυφής, excellente leçon. 

3. Goisl., Mutin., Vind. 1, άνθρώποις. 

4. Sic presque tous; quelques-uns θηρευόμενοι. 

5. Goisl., Mutin, et Vindob. I, στενοκαρπίαν. 



DIODORE, LIY. V. LES LIGURES. 409 

ils sont grêles de corps, mais robustes. En se donnant 
tout ce mal, ils ont pour compagnes de leurs travaux 
leurs femmes, habituées à faire autant d'ouvrage que 
les hommes. Ils sont continuellement en chasse et c'est 
en prenant ainsi beaucoup de bêtes sauvages qu'ils 
suppléent à ce qui leur manque du côté des fruits. 
Vivant donc dans les montagnes et au milieu des 
neiges, accoutumés à franchir parmi ces montagnes 
des obstacles incroyables, ils y deviennent robustes et 
musculeux de corps. Quelques-uns, en raison de ce 
que les fruits manquent chez eux , boivent de l'eau , 
mangent la chair des animaux domestiques ou sau- 
vages et se repaissent des légumes que produit le 
pays, — pauvre pays resté inaccessible aux plus 
aimables des dieux, Dèmèter et Dionysos. Ils passent 
la nuit à la place [où ils se trouvent] , rarement dans 
des espèces de chétives baraques ou huttes en bois, le 
plus souvent dans le creux des rochers et dans des 
cavernes naturelles qui peuvent leur offrir un abri 
suffisant. Conséquemment à ces habitudes, dans le 
reste de leur vie, ils conservent leurs mœurs primitives 
et sans apprêt. En général, dans ces lieux-là les femmes 
ont la vigueur et la vaillance des hommes, les hommes 
celles des grands animaux sauvages. Aussi, souvent, 
dit -on, le plus grand des Galates, provoqué à un 
combat singulier par un Ligye tout grêle , a-t-il été 
défait. Les Ligyes ont une armure plus légère que celle 
des Romains avec tout son attirail ; ils sont couverts 
d'un long bouclier^ fabriqué à la façon galatique et 
d'une tunique serrée avec une ceinture ; ils s'envelop- 

l. Comp. supr. p. 302-303, Polybe, XXIX, et Tite-Live cité dans la 
note. La byrse ou bouclier ligure fut adopté par les Romains. 



41 Ο ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. ΙΒ, ΙΔ. 

στήρι, καΐ περιτίθενται θηρίων δοράς καΐ ξίφος σύμμετρον 
τινές δε αυτών δια τήν έπΐ[ΛΐΗ{αν της Ρω[Λαιων πολιτείας 
[Λετεσχη|Λάτισαν τον όπλισμ(5ν, έξθ[Λθΐουντες εαυτούς τοις 
ήγουμένοις. Θρασεΐς δ' εισι και -γενναίοι ου μόνον εις 
'π6λε[Λον , άλλα και προς τας cv τω βίω περιστάσεις τάς 
έχουσας δειν(^τητας. Έ(Λπορευ($[χενοι γαρ πλέουσι τό 2αρ- 
δ($νιον^ καΐ το Λιβυκον πέλαγος, έτοίμως εαυτούς ριπτουν- 
τες εις αβοήθητους κινδύνους • σκάφεσι γαρ χρώμενοι των 
σχεδίων εύτελεστέροις και τοις άλλοις τοις κατά ναυν 
χρησί(Λθΐς ήκιστα κατεσκευασ[Λένοις^ ύπομιένουσι τάς εκ 
των χειμώνων φοβερωτάτας περιστάσεις καταπληκτικώς. 



ΒΙΒΛΟΣ ΔΩΔΕΚΑΤΗ. 

XXVI Ησύχαζε δε και τα κατά τήν Ίταλ(αν 

έθνη και Κελτικήν, ετι δ' Ίβηρ(αν και τήν άλλην σχεδόν 
άπασαν οίκου μένη ν ^. 

ΒΙΒΛΟΣ ΤΕΤΤΑΡΕΣΚΑΙΔΕΚΑΤΗ. 

Τάδε ενεστιν εν τη τεσσαρεσκαιδεκάτη των Διόδωρου 

β(βλων. 

νβ'. 'Άλωσις Ρώμης υπό Γαλατών πλην του Καπετω- 

λιου. 



t. Sic. Coisl., Mutin. etVind. I, et le Pogge; tous les autres Σαρδώον. 
2. Schaefer, κατεσκευασμένοι. — 3. Tite-Live, III, 34, constate aussi 
cette paix pour Rome : Ab externis bellis quietus annus fuit.... 



DIODORE, LIV. XII, XIV. INVASION GAULOISE. 411 

pent de peaux de bêtes sauvages et portent une épée 
d*une juste longueur. Quelques-uns d'entre eux, par 
suite de leurs rapports fréquents avec la république 
romaine, ont changé la nature de leur armement, pour 
ressembler à ceux qui leur commandent. Les Ligyes 
sont hardis et braves non seulement à la guerre, mais 
dans les circonstances de la vie où il y a des malheurs 
à redouter. Pour faire le commerce, ils naviguent sur 
les mers de Sardô et de Libye, toujours prêts à 
affronter des dangers sans secours. Montés sur des 
barques plus simples que des radeaux, et ne songeant 
guère à les munir des autres commodités dont on 
peut jouir sur un vaisseau, ils affrontent avec un sang- 
froid étonnant les plus redoutables hasards des tem- 
pêtes. 



LIVRE XII. 

XX VL Tous les peuples étaient en paix, dans l'Italie 
et dans la Celtique, comme dans l'Ibèrie et dans pres- 
que tout le reste du monde \ 



LIVRE XIV. 

Sommaire du livre quatorzième de Diodore, 



52!. Rome prise par les Galates, à l'exception du 
Capitole. 

l. An de Rome 301, av. J.-C. 452. 



412 ΔΙΟΔΩΡΟΤ ΒΙΒΛ. ΙΔ. 

XCII1 *0 δέ των Ρω[Λα{ων δή[Λος εκ των λαφύρων 

(της πόλεως Βη{ων) δεκάτην έξελ6[χενος χρυσουν κατεσ- 
κεύασε κρατήρα και εις Δελφούς άνέθηκεν Οι δέ τάν 

κρατήρα κο(Λ{ζοντες, άναθέντες αύτον εις τάν των Μασσα- 
λιητών θησαυρών, εις Ρώ{Λην άνέστρεψαν 

GXIII. (Rhod., ρ. 321.) Καθ' ον δέ καιρόν (χάλιστα 
Ρήγιον έπολι^ρκει Διονύσιος, οι κατοικουντες τα πέραν 
των "Αλπεων Κελτοι τα στενά διελθ($ντες, μεγάλαις δυνά- 
μεσι κατελάβοντο τήν (Λεταξύ χώραν του τε Άπενν(νου 
και των "Αλπεων δρών, έκβαλ^ντες τους κατοικουντας 
Τυρρηνούς. Τούτους δ' ενιοί φασιν άπό των εν Τυρρηνία 
δώδεκα πόλεων άποικισθήναι • τινές δέ φασι Πελασγούς 
προ των Τρωικών εκ Θετταλ(ας φυγ(ίντας τον έπι Δευκα- 
λίωνος γενόμενον κατακλυσ|/.όν, εν τούτφ τω τόπω κατοι- 
κήσαι. Των ουν Κελτών κατ' έθνη διελο[/.ένων τήν χώραν, 
οι καλούμενοι 2ένωνες^ έ'τυχον λαβόντες τάν πορρωτάτω 
κείμενον λόφον^ τών δρών παρά θάλατταν. "Οντος δ' 
αύτοΰ καυματώδους , δυσθετουντες εσπευδον [χετοικήσαι^, 
και τους νεωτέρους καθοπλ(σαντες , απέστειλαν ζητειν 
χώραν εν ή κατοικήσουσιν. Εισβαλδντες ουν εις Τυρρην{αν 
και τόν άριθ[Λον οντες περί τρισ(Λυρίους , τήν τών Κλου- 
σ(νων^ χώραν έπδρθουν. Καθ' δν δή χρδνον ό δή(Λος ό τών 
Ρω(Λα(ων πρέσβεις άπέστειλεν ύς Τυρρηνέαν τους κατα- 
σκεψο|Λένους τήν στρατιάν τών Κελτών. Παραγενό[Λενοι δέ 
οι πρέσβεις εις Κλούσιον και θεωρήσαντες παράταξιν γινο- 



1. Presque tous les mss. Σέννωνες. 

2. Gluwer, τόπον. 

3. Un ms. μετοικισθήναι- 

4. Correct, de Gluwer au lieu de Καυλωσίνων, Καυλοσίων, Καυλω- 



DîODORE, LIV. XIV. INVASION GAULOISE. 413 

XCIII Le peuple des Romains mit à part le 

dixième du butin (fait à la prise de Vèies); avec le 
produit on fabriqua un cratère d'or qui fut consacré 

à Delphes Ceux qui portaient ce cratère, après 

l'avoir consacré [et déposé] dans le trésor des Massa- 
liètes, s'en revinrent à Rome 

CXIII. Au temps où Dionysios pressait le siège de 
Rhègium, les Celtes habitant au delà des Alpes, ayant 
traversé les défilés de ces montagnes, occupèrent avec 
de grandes forces le pays situé entre l'Apennin et les 
Alpes, après en avoir chassé les Tyrrhènes qui l'habi- 
taient^ Quelques-uns disent que ces derniers étaient 
une colonie des douze cités de la Tyrrhènie; d'autres, 
que des Pélasges, avant la [guerre] de Troie, avaient 
quitté la Thessalie à cause du déluge de Deucalion, et 
étaient venus habiter cette contrée. Les Celtes donc 
l'ayant partagée entre leurs peuplades, ceux qu'on 
appelle Sénons eurent pour leur lot des terres hautes 
dans la montagne la plus éloignée, le long de la mer. 
Comme le climat y est brûlant, ils s'y trouvèrent mal 
et eurent hâte de changer de demeures ; ayant armé 
leurs jeunes gens, ils les envoyèrent à la recherche 
d'un pays où ils pourraient habiter ^ Cette troupe, qui 
comptait environ trente mille hommes, ravagea le 
pays des Clusins. A ce moment, le peuple des Romains 
envoya en Tyrrhènie des députés pour savoir ce que 
c'était que cette expédition des Celtes. Les députés, 
arrivés à Clusium et voyant les dispositions prises 



1. Tite-Liv. V, 33 et suiv. — Gomp. Polybe, 11, xvii, supr. p. 58- 
59 et suiv. Plutarq., Camil. xvii. 

2. An de R. 364, av. J.-G. 388. — Gomp. Tite-Liv. ib. p. 35 et suiv., 
et Plutarq., Camil. xviii et suiv. 



41 4 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. ΙΔ. 

μένην, ανδρειότεροι ριαλλον ή φρονΐ[Λώτεροι γενηθέντες 
παρετάξαντο τοις Κλουσ(νοις^ προς τους Έολιορκοΰντας. 
Εύη[Λερήσαντος δέ θατέρου των πρεσβευτών καί τίνα τών 
ενδοξότερων έπαρχων άποκτείναντος , γν($ντες οι ΚελτοΙ 
τ6 γεγονός είς Ρώμ,ην πρέσβεις απέστειλαν τους έξαιτή- 
σοντας τον πρεσβευτήν τόν αδίκου πολέμου προκαταρξά- 
[/.ενόν. Ή δέ γερουσία τό [χέν πρώτον έπειθε τους πρεσβευ- 
τάς τών Κελτών χρή[χατα λαβείν περί τών ήδικη[Λένων • 
ως δ' où προσεΐχον, έψηφίσαντο παραδουναι τον κατηγο- 
ρού(Λενον. Ό δέ πατήρ του (χέλλοντος παραδίδοσθαι , τών 
χιλιάρχων εΙς ων τών τήν ύπατικήν έξουσίαν έχ($ντων, 
προεκαλέσατο τήν δικην έπι τον δή|Λον, και δυνατός ων 
έπΙ τοις πλή^εσιν, επεισεν άκυρον ποιήσαι τήν κρίσιν της 
συγκλήτου. Ό [^έν ουν δήμος τοις έμπροσθεν χρ($νοις 
πάντα πει^όμενος τη γερουσία, τ($τε πρώτον ήρξατο δια- 
λύειν το'κριθέν υπό της συγκλήτου. 

CXIV. Οι δέ τών Κελτών πρέσβεις παραγενηθέντες ε!ς 
το σφέτερον στρατόπεδον άπήγγειλαν τήν τών Ρωμαίων 
άπόκρισιν. Έφ' ή μεγάλως άγανακτήσαντες, καΐ προσλα- 
βόμενοι παρά τών οιι,οε^^ών δύναμιν, έπ* αυτήν ήπείγοντο 
τήν Ρώμην, οντες πλείους τών έπτακισμυρίων. (Rhod., 
ρ. 32!2.) Οι δέ χιλίαρχοι τών Ρωμαίων έπι της ιδίας 
εξουσίας οντες ^, και τήν τών Κελτών i(foSov άκούοντες, 
απαντάς τους εν ηλικία καθώπλισαν. Εξελθόντες δέ 
πανδήμει και διαβάντες τάν Τίβεριν, παρά τον ποταμόν 
ήγαγον τήν δύναμιν σταδίους ογδοήκοντα, και τών Γαλα- 



1. Sic Cluwer; les mss. Καλουσίοις, comme plus haut pour le nom 

de la ville, Καλούσαν. 

2. Tite-Liv. ib. 35 : tanto plus gratia atque opes valuere, ut 

quorum de pœna agebatur, tribuni militum consulari potestaie in 
insequentem annum crearentur 



DIODORE, LIV. XIV. BATAILLE DE L^ALLIA. 415 

[pour une bataille] , montrèrent plus de courage que 
de bon sens et se rangèrent du côté des Clusins contre 
les assiégeants. L'un de ces députés eut même une 
heureuse chance et tua un des chefs les plus fameux. 
Les Celtes, sachant ce qui était arrivé, envoyèrent à 
Rome des députés pour réclamer l'extradition du 
député qui avait commencé une guerre injuste. Le 
sénat conseilla d'abord aux députés des Celtes d'ac- 
cepter une réparation pécuniaire ; comme ils n'y vou- 
lurent pas entendre, on décréta que l'accusé serait 
livré. Mais le père de celui qui allait être livré était 
un des chiliarques exerçant alors l'autorité consulaire ; 
il en appela au peuple, et comme il avait de l'influence 
sur la multitude, il lui conseilla d'invalider le juge- 
ment du sénat. Le peuple, qui jusqu'à ce moment avait 
obéi en tout à cette assemblée, cassa alors pour la 
première fois un sénatus-consulte. 

CXIV. Les députés des Celtes, arrivés dans leur 
camp, annoncèrent la réponse des Romains : elle y 
excita une grande indignation; on s'adjoignit des 
forces fournies par les peuples de même race, et l'on 
courut vers Rome même, au nombre de plus de 
soixante-dix mille hommes. Les chiliarques des 
Romains, qui avaient alors une autorité à eux propre, 
apprenant l'arrivée des Celtes, armèrent tous les 
citoyens dans la force de l'âge. On sortit en masse, on 
passa le Tibéris, l'armée fut conduite à quatre-vingts 
stades^ le long du fleuve, et, comme on annonça 



t. 14 kil. 400. 



41 6 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. ΙΔ. 

των απαγγελλομένων προσιέναι, διέταττον xè στρατ^πεδον. 
Τους (Λεν ουν άνδρειοτάτους δισ(Λυρ{ους και τετρακισχιλίους 
άτΐο του ποται^ου [ΛεχρΙ των λ^φων διέταξαν , έπΙ δε των 
υψηλοτάτων λόφων τους ασθενέστατους έστησαν. Οι δε 
Κελτο( , (χακράν τήν φάλαγγα παρεκτε(νοντες , εΐ'τε κατά 
τύχην, εΐ'τε κατά πρ(5νοιαν τους αρίστους έστησαν έπΙ των 
λ($φων. 'Ά[Λα δ' αΐ σάλπιγγες παρ' ά[Λφοτέροις έσή[Λαινον 
και τα στρατόπεδα συνησαν εις ριάχην (χετά πολλής κραυ- 
γής. Οι δ' επίλεκτοι των Κελτών άντιτεταγριένοι τοις 
άσθενεστάτοις των Ρωμαίων ραδιως αυτούς από των λόφων 
έστρέψαντο. Διόπερ τούτων αθρόων φευγόντων προς τους 
έν τω πεδίω Ρωμαίους, αι τε τάξεις έπεταράττοντο και 
των Κελτών επικειμένων καταπλαγέντες εφευγον. Τών 
δέ πλείστων παρά τον ποταμόν όρμησάντων και δια τήν 
ταραχήν άλλήλοις εμπιπτόντων, ουκ έπήρκουν^ οι Κελτοι 
τους έσχατους άει φονεύοντες • διο και το πεδίον άπαν 
νεκρών κατεστρώθη. Τών δέ φευγόντων έπι τον ποταμόν 
οι μεν άνδρειότατοι μετά τών οπλών διενήχοντο, τήν 
πανοπλίαν έν Γσω και τήν ψυχήν προτιμώντες * σφοδρού 
δε του ρεύματος οντος, τινές μεν ύπο βάρους τών οπλών 
καταδυόμενοι διεφθείροντο , τινές δέ μετά πολλής κακο- 
παθείας εφ' ικανόν διάστημα παρενεχθέντες μόγις έσώθη- 
σαν. 'Επικειμένων δέ τών πολεμίων και παρά τον ποτα- 
μών TzoXkobç άναιρούντων, οί πλείστοι τών υπολειπομένων 
ριπτουντες τα όπλα διενήχοντο τον Τίβεριν. 



1. Sic Reisk. ; Wesseling. ύπεχώρουν, L. Dindorf, édit. 1829, et 
Didot, 1855, υπηρετούν; édit. Lips. 1867, Dindorf adopte la leçon de 
Reiske. Rhodom. proposait ούχ ύπερέθεσαν. 



DIODORE, LIV. XIV. BATAILLE DE l'ALLIA. 417 

rapproche des Galates, les tribuns rangèrent leurs 
soldats [en bataille]. Les plus braves au nombre de 
vingt-quatre mille furent rangés depuis le fleuve jus- 
qu'aux collines, et sur les plus élevées de ces collines 
on plaça les plus faibles. Or, les Celtes donnant à leur 
phalange^ une grande étendue, soit par hasard, soit 
par prévoyance, placèrent leurs meilleures troupes sur 
les collines. Aussitôt que des deux côtés les trompettes 
eurent donné le signal, les bataillons s'ébranlèrent 
avec de grands cris. L'élite des Celtes, qui avait en face 
les plus faibles des Romains, les eut bientôt délogés de 
leurs collines. Ces fuyards donc, courant en foule vers 
les Romains de la plaine, mirent le trouble dans leurs 
rangs, et ces derniers, chargés par les Celtes et frap- 
pés [d'épouvante], s'enfuirent à leur tour. La plupart 
s'étaient précipités le long du fleuve, et, dans leur 
trouble, tombaient les uns sur les autres; aussi les 
Celtes ne pouvaient suffire à massacrer sans cesse 
ceux des derniers rangs , et toute la plaine était jon- 
chée de cadavres. De ceux qui fuyaient vers le fleuve, 
les plus braves le traversèrent à la nage avec leurs 
armes, prisant leur armure à l'égal de leur vie ; mais 
comme le courant était rapide, quelques-uns, s'enfon- 
çant sous le poids de leurs armes, y périrent; d'autres, 
en se donnant bien du mal, emportés à une assez 
grande distance, se sauvèrent non sans peine. Chargés 
par les ennemis qui en tuèrent beaucoup le long du 
fleuve, la plupart de ceux qui restaient, jetant leurs 
armes, traversèrent le Tibéris à la uage^. 



1. Corps de bataille. 

2. Tite-Live, V, xxxviii : Circa ripam Tiboris, qiio armis abjeclis 
totum sinistrum cormi dpfupit, ma^nn strages t'acta est, otr. 

II 27 



41 8 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. ΙΔ. 

CXV. οι δε ΚελτοΙ, ιζοΚλους καΐ ποίρ αύταν τον ποτα- 
μών άνηρηκ(5τες\ ούδ' ούτως άφίσταντο της φιλοτΐ[χ{ας , 
αλλ' έπΙ τους διανηχο (γένους ^ ήκόντιζον • καΐ πολλών 
βελών άφιεμιένων εις αθρόους τους έν ττοταμώ, συνέβαινε 
μη διαμαρτάνειν τους βάλλοντας. "Οθεν ot (λεν καιρίαις 
περιπεσόντες πληγαίς ευθέως έτελεύτων, οι δέ κατατραυ- 
[Αατιζό[Λενοι και δια τήν περί το αίμ,α ρύσιν και σφοδρό- 
τητα του ρεύ[Λατος έκλυ($(Λενοι παρεφέροντο. (Rhod., 
ρ. 323.) Τοιαύτης δέ συ[Λφοράς γενο[Λένης περί τους 
Ρωμαίους, οι μεν πλείστοι τών διασωθέντων πολιν Βηίους 
κατέλαβοντο, προσφάτως ύφ' εαυτών κατεσκευασμένην^, 
και τον τε τόπον ώχύρουν κατά το δυνατόν και τους εκ 
της φυγής σωζόμενους άνελάμβανον. 'Ολίγοι δέ τών 
διανηξαμένων άοπλοι φυγόντες εις Ρ(6μην άπήγγειλαν 
πάντας άπολωλέναι. Τηλικούτων δ' ατυχημάτων ήγγελ- 
μένων^ τοις έν τη πόλει καταλελειμμένοις , εις άποριαν 
άπαντες ένέπιπτον * άνθιστασθαι μέν γαρ αδύνατον είναι 
διελάμβανον, απάντων τών νέων άπολωλότων, φεύγειν δέ 
μετά τέκνων καΐ γυναικών έπικίνδυνον ην λίαν, τών πολε- 
μίων εγγύς υπαρχόντων. Πολλοί μέν ούν τών ιδιωτών 
πανοίκιοι προς τάς άστυγείτονας πόλεις έ'φευγον, οι δ' 
άρχοντες της πόλεως παραθαρρύνοντες τα πλήθη προσέ- 
ταττον ταχέως έπι το Καπετώλιον τόν τε σΐτον και τά 
λοιπά τών αναγκαίων άποκομίζειν. Ού γενηθέντος, εγεμον 
ή τ' ακρόπολις και το Καπετώλιον, χωρίς τών εις τροφήν 
ανηκόντων, αργυρίου τε και χρυσίου και της πολυτελεστά- 



ι. Le ms. du Roi Ι de Wesseling (Bibl. nat. Paris, 1660), άναιροΟντες. 

2. Glarom., Wesseling. άνηχομένους. 

3. Ne faudrait-il pas lire άνεσκευασμένην, vastatam ou resUtutam? 

4. L. Dind. 1829 et Didot. γεγενημένων; dans la 1'^ édit., Dindorf 
conjecture déjà ηγγελμένων. 



DIODORE, LIV. XIV. LES ROMAINS AP. LA DÉFAITE. 419 

CXV. Or les Celtes, dans cette grande tuerie des 
bords du fleuve, ne renonçaient pas à ce dont ils se 
faisaient un point d'honneur, et ils lançaient leurs 
javelots sur ceux qui se sauvaient à la nage. Comme 
leurs traits tombaient en foule sur les malheureux qui 
se pressaient dans le fleuve , il arrivait que pas un ne 
manquait son but. Aussi les uns, atteints de coups 
bien appliqués, mouraient tout de suite; les autres, 
grièvement blessés, épuisés par la perte de leur sang 
et par leurs efforts contre la violence du courant, 
étaient emportés à vau-l'eau. Ce désastre si grand une 
fois accompli, la plupart des Romains qui s'en étaient 
sauvés atteignirent la ville de Vèies récemment remise 
en état par eux-mêmes, fortifièrent cette place autant 
que possible et y recueillirent ceux qui par la fuite se 
sauvaient du danger. Un petit nombre de ceux qui 
avaient passé [le fleuve] à la nage, s'étant enfuis sans 
armes jusqu'à Rome, y annoncèrent que toute l'armée 
était perdue. Les habitants restés dans la ville, à la 
nouvelle d'un si grand malheur, tombèrent tous dans 
une cruelle perplexité : ils jugeaient, en effet, qu'il 
était impossible de tenir tête [à l'ennemi] après avoir 
perdu toute la jeunesse, et, d'autre part, il était trop 
dangereux de fuir avec les enfants et les femmes, 
quand les ennemis étaient si près. Un grand nombre 
de particuliers s'enfuirent donc avec toute leur maison 
dans les villes voisines; mais les chefs de la ville, 
encourageant la multitude, ordonnèrent de transporter 
dans le Capitole les vivres et toutes les autres provi- 
sions nécessaires. Cela fait, la citadelle et le Capitole 
se remplirent, indépendamment des denrées alimen- 
taires, d'argent, d'or, des étoffes précieuses, car les 



4^0 ΔΙΟΔΩΡΟΤ ΒΙΒΛ. ΙΔ. :'V•*'!'; 

της έσθήτος, ώς αν εξ όλης της πόλεως εις ενα τ^πον 
των αγαθών συνηΒροισ[Λένων. Οϊηοι [χέν ούν τα δυνατά 
των χρη[Λάτων [Λετεκ(:>μ.ιζον καΐ τον 'προειρη[Λένον τόπον 
ώχύρουν, αναστροφή ν έχοντες τρεΐς ή[Λέρας. Οι γαρ Κελ- 
τοι την (χέν πρώτη ν ή[Λέραν διετέλεσαν ανακόπτοντες τας 
κεφάλας των τετελευτηκότων κατά τι πάτριον εθος * τάς 
δέ δύο παρά τήν πόλιν στρατοπεδεύοντες , καΐ τα [Λεν 
τε(χη θεωρουντες έρη[Λα, κραυγήν δέ αίσθό[Λενοι γινο[Λέ- 
νην, ην ίποίουν οΐ τα χρησιριώτατα μεταφέροντες εις τήν 
άκρόπολιν, ύπελά[Λβανον ένεδρεύειν έαυτοΐς τους Ρωμαίους ^ 
Τη τετάρτη δ' ή[Λέρα γνόντες τήν άλήθειαν, τάς τε πύλας 
έξέκοψαν και τήν πόλιν έλυ[Λα(νοντο, γοψς ολίγων οικιών 
εν τω Παλατιω. Μετά δέ ταύτα προσβολάς ποιού[Λενοι 
καθ' ή[Λέραν προς οχυρούς τόπους, ουδέν [χέν άξιόλογον 
εβλαπτον τους ύπεναντίους, εαυτών δέ τζοΧλους àrÂ^oîk^ 
λον • δ[Λως δ' ουν ουκ άφ(σταντο της φιλοτΐ[Λΐας , έλπί- 
ζοντες, εάν [Λή βία κρατήσωσι, τω γε χρόνω πάντως τών 
αναγκαίων εκλιπόντων καταπονήσειν. 



'[' CXVI. Τών δέ Pω|i.αίωv εν τοιαύταις ταραχαΐς όντων, 
οι παροικουντες Τυρρηνοι μ,ετά δυνά[χεώς άδρας έπεπο- 
ρεύοντο τήν τών Ρωμιαίων χώραν λεηλατουντες , και 
πολλών [χέν σω[Λάτων, ουκ όλίγης δ' ωφελείας εγκρατείς 
έγένοντο. Οι δ' εις τους Βηίους τών Ρωμαίων πεφευγότες 
άπροσδοκήτως τοις Τυρρηνοις έπιπεσόντες έτρέψαντο , καΐ 
τήν τε λείαν άφείλοντο και της παρε[Λβολής έκυρίευσαν. 



1. Tite-Live, V, χχχιχ : Et ipsi (Galli) pavore defixi primum 

steterunt, velut ignari, quid accidisset : deinde insidias vereri. 



DIODORE, LIV. XIV. LES ROMAINS AP. LA DÉFAITE. 421 

richesses de toute la ville avaient été ramassées on un 
seul lieu. On y transporta donc tout ce qu'on put de 
ses biens, et l'on fortifia le lieu susdit : on eut pour 
cela trois jours de répit. Car les Celtes continuèrent le 
premier jour de couper la tête aux morts suivant une 
coutume de leur nation ; et les deux autres, ils rappro- 
chèrent de la ville leur camp. Voyant alors les murs 
déserts, et entendant retentir les cris que poussaient 
ceux qui transportaient dans la citadelle les objets les 
plus utiles, ils pensèrent que les Romains leur dres- 
saient des embûches. Le quatrième jour, ayant connu 
la vérité, ils enfoncèrent les portes et saccagèrent la 
ville, à l'exception de quelques maisons du Palatium^ 
Après cela, dirigeant chaque jour des attaques contre 
les heux fortifiés, ils ne causèrent à leurs adversaires 
aucun dommage notable, et perdirent eux-mêmes 
beaucoup de monde. Cependant, ils ne renonçaient 
point à ce qui était pour eux un point d'honneur, 
espérant bien que, s'ils ne triomphaient pas par la 
force, avec le temps, ils accableraient les Romains 
fatigués, quand le nécessaire viendrait à leur manquer 
tout à fait. 

CXVI. Pendant que les Romains étaient en ce désar- 
roi, les Tyrrhènes, leurs voisins, vinrent avec une 
grosse armée, et, ravageant leur territoire, ils emme- 
nèrent, avec beaucoup de prisonniers, un assez riche 
butin. Mais ceux des Romains qui s'étaient réfugiés à 
Vèies, étant tombés à l'improviste sur les Tyrrhènes, 
les mirent en fuite, leur enlevèrent leur butin et 



l. Le mont Palatin; plus tard, le 10" quartier de Rome. 



i%<2, ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. ΙΔ. 

'Εγκρατείς δέ γεν($[Λενοι τιολλών Οπλων (Rhod., ρ. 324.) 
τοις τε άότζΚοις ουσι διέδωκαν καΐ τους άπο της χο^ροίζ 
άθροΓζοντες καθώπλιζον • γβούΧοΊτο γαρ τους εις τ6 
Καπετώλιον συίΛπεφευγότας εκ της πολιορκίας έξελέσθαι. 
Άπορούντων δ' αυτών φ τρ(^πω δηλώσειαν τοις συγκεκλει- 
μένοις δια το τους Κελτούς (^.εγάλαις δυνά[Λεί7ΐ περιστρα- 
τοπεδεύειν, Κ.0(χινι6ς τις Πόντιος ύπέσχετο παραΟαρρυνειν 
τους εν τω Καπετωλίω. Όρριήσας ουν αόνος και διανη- 
ξά[Λενος νυκτός τον ποταιχόν , ελαθε προσελθών τινα^ 
πέτραν του Καπετωλίου δύσβατον, και ταύτη [Λ(>γις εαυτόν 
έλκύσας έδήλωσε τοις εν τω Καπετωλίω περί των συνη- 
θροισ[Λένων ε?ς βηίους και διότι καιρόν τηρήσαντες έπιθή- 
σονται τοις Κελτοΐς. Οδτος [Λεν ουν καταβάς ήπερ άνέβη 
και διακολυ[Λβήσας τον Τίβεριν, εις Βη(ους άνέστρεψεν • 
οι δε Κελτοι κατανοήσαντες τα Ι'χνη του προσφάτως άνα- 
βεβηκότος, συνετάξαντο κατά τήζ αυτής πέτρας άναβήναι 
νυκτός. Διο και περί μ,έσας νύκτας οι [Λεν φύλακες παρερ- 
ραθυ[χηκότες ήσαν της φυλακής δια τήν οχυρότητα του 
τόπου, των δε Κελτών τίνες κατά τής πέτρας προσανέ- 
βησαν. Τους [χέν ουν φύλακας ελαθον, χήνες δ' ιεροί τής 
"Ηρας τρεφόΐΛενοι^, και θεωρήσαντες αναβαίνοντας, κραυ- 
γήν ίποίουν. 2υνδρα[ΛΟντων δε τών φυλάκων έπι τον 
τόπον, ο5τοι [χέν καταπλαγέντες ούκ έτόλ[Λων προσελθειν, 
Μάρκος δέ τις Μάλλιος, ϊνζοξ,ος άνήρ, έκβοηθήσας^ έπΙ 



1. Η. St. voulait lire προσελθών έπ\ τίνα. 

2. La liaison des idées semble exiger qu'on lise στρεφόμενοι, ver- 
santes ou ultro et citro commeantes. Tite-Live, V, xlvii : Anseres non 
fefellere (Galli) , quibus sacris Junoni in summa inopia cibi tamen 
abstinebatur, quaeressaluti fuit. JNamque clangore eorum alarum- 
que crepitu excitus M. Manlius, etc. 

3. Correct, de fl. St., les mss. et les anc. édit. εχβοήσας. 



DIODORE, LIV. XIV. SIÈGE DU CAPITOLE. 423 

s'emparèrent de leur camp^; se trouvant dès lors en 
possession de beaucoup d'armes, ils en distribuèrent 
à ceux qui n'en avaient pas, ramassèrent les gens du 
pays et les armèrent : ils voulaient délivrer du siège 
les réfugiés du Gapitole. Mais ils étaient embarrassés 
pour faire connaître leur intention à ceux qui étaient 
enfermés dans la place, parce que les Celtes la tenaient 
investie avec de grandes forces. Alors un certain 
Cominius Pontius se chargea d'aller encourager ceux 
du Gapitole. Il partit seul, et, ayant pendant la nuit 
traversé le fleuve à la nage, il arriva sans avoir été 
vu jusqu'à un rocher du Gapitole qui était d'un accès 
difficile^ : s'y étant hissé à grand'peine, il informa 
ceux qui étaient dans la place du rassemblement opéré 
à Vèies et du dessein où l'on était d'épier le moment 
favorable pour attaquer les Geltes. Il descendit ensuite 
par où il était monté , et , ayant de nouveau traversé 
le Tibre à la nage, il retourna à Vèies. Mais les Geltes, 
ayant remarqué les traces de celui qui avait récem- 
ment monté par là, s'arrangèrent pour monter de 
nuit par le même rocher. Aussi, vers minuit, comme 
les gardes, confiants dans la force de la position, se 
relâchaient de leur vigilance, quelques-uns des Geltes, 
montant par le rocher, arrivèrent au haut, sans être 
aperçus des gardes; mais les oies sacrées que l'on 
nourrissait en l'honneur deHèra, les ayant vus monter, 
firent un cri. Les gardes accoururent vers ce point, 
mais, frappés [de terreur], ils n'osaient pas avancer. 
Alors un noble personnage^ Marcus Mallius, accourut 



1. Comp. Tite-Live, ibid. xlv. — 2. Tite-Live, ib. xlvi : opcram 

pollicitus per praeruptum saxum in Capitolium evadit. 

3. Tite-Live, ib. xlvii : Vir belio egregius. 



42i4 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. ΙΔ. 

τον τότζοΊ τφ μέν ξ(φει τήν //φα του προσαναβαίνοντος 
άπέκοψε, τω δέ θυρεω πατάξας εις το στήθος άπεκύλισεν 
αύτον άπο της πέτρας . Παραπλησίως δέ καΐ του ζευτί^ου 
προσαναβαινοντος άπολθ[Λένου , οι λοιποί τοίγίως πάντες 
έφυγον • άπορρώγος δέ της πέτρας ούσης, άπαντες κατα- 
κρη(Λνισθέντες έτελεύτησαν. Δι6περ πρεσβευορι,ένων των 
Ρω|Λαίων περί διαλύσεως, έπείσθησαν χιλ{ας λαβόντες 
λίτρας χρυσ(ου τήν π^λιν έκλιπειν και εκ τής Ρω|Λαιων 
χώρας άπαλλαγήναι. Ρω[Λαΐοι δέ, των (jièv οικιών κατεσ- 
κα[Λ|Λένων, των δέ πλείστων πολιτών άπολωλότων, έδω- 
καν έξουσ(αν τω βουλο(Λένω καθ' δν προήρηται τ^πον 
οικίαν οικοδθ[ΛεΪν , και δη[Λοσίας κεραρδας lyo^rf^ouv , câ 
μέχρι του νυν πολιτικαι καλούνται. 'Απάντων ουν προς 
τήν ιδ(αν προαίρεσιν οΙγ.οΖο]χο\}Ίτ{υΊ ^ συνέβη τάς κατά τήν 
π($λιν οδούς στενας γενέσθαι και καμπάς ίγούσαζ ' διόπερ 
ύστερον αύξηθέντες ούκ ήδυνήθησαν ευθείας ποιήσαι τας 
οδούς. Λέγουσι δέ τίνες και διότι τον χρυσουν κ(5σ[Λον αϊ 
γυναίκες εις τήν κοινήν σωτηρίαν εισενέγκασαι ταύτης 
ετυχον παρά του δήμου τιμής ώστ' έξουσίαν εχειν εφ' 
αρμάτων οχεισθαι κατά τήν π6λιν. 



CXVII (Rhod., ρ. 325.) Τών δ' άπεληλυθοτων 

Γαλατών από Ρώμης Ούεάσκιον^ τήν πολιν σύμμαχον 
ουσαν Ρωμαίων πορθούντων, έπιθέμενος αύτοϊς δ αυτοκρά- 
τωρ, και τους πλείστους άποκτείνας, τής αποσκευής πάσης 
έκυρίευσεν, εν ή και το χρυσίον ην δ είλήφεσαν [εις Ρώμην]^ 
και σχέδον άπαντα τα διηρπασμένα κατά τήν τής πόλεως 
άλωσιν 



1. Nom altéré pour Ούολσίνιον ou Θυσκλον, ^selon Niebuhr, Hist. 
rom., vol. II, p. 280, l'^ éd. — 2. Rhodom. Iv Ρώμη. 



DIODORE, LIV. XIV. LA RANÇON DU CAPITOLE. 425 

pour défendre ce poste, abattit d'un coup d'épée la 
main de celui qui arrivait au haut [du rocher] et, l'ayant 
frappé de son bouclier à la poitrine, le fît rouler en 
bas^ Celui qui arrivait ensuite ayant été tué de la 
même façon, tous les autres s'enfuirent à la hâte ; mais 
comme le rocher était escarpé, ils furent précipités et 
périrent tous. Aussi, les Romains leur envoyant des 
députés afin d'en finir [avec cette guerre] , les Celtes 
consentirent à recevoir mille livres d'or, pour quitter 
la ville et évacuer le territoire de Rome. Or les 
Romains, voyant que leurs maisons avaient été 
ruinées, que la plus grande partie des citoyens avait 
péri, donnèrent à qui le voudrait le droit de bâtir 
chez eux une maison, n'importe où, à son gré, et ils 
fournirent même aux frais du trésor des briques que 
l'on appelle encore aujourd'hui briques de l'État. Mais 
tout le monde bâtissant à son gré, il en résulta que 
les rues de la ville furent étroites et tortueuses. Aussi, 
plus tard, quand elle s'agrandit, ne put-elle se faire 
des rues droites. Quelques auteurs disent encore que 
les femmes, ayant livré leurs parures d'or pour le salut 
pubhc, obtinrent du peuple comme un honneur le 
privilège de se faire conduire en char dans la ville. 

CXYII Les Calâtes, partis de Rome, ravageaient 

Véascium^, ville alliée des Romains; le dictateur 
(Camille) les attaqua et, en ayant tué la plus grande 
partie, se rendit maître de tout leur bagage où se 
trouvait l'or qu'ils avaient reçu [à Rome], et presque 
tout le butin qu'ils avaient fait à la prise de la ville ^ 

1. Tite-Live, l. c. Gallum, qui jam in summo constiterat, umbone 
ictum deturbat. — 2. Vulsinies ou Tusculum. 
3. Olymp., XCVIIJ, 2, an de R. 366, 387 av. J.-G. 



426 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. ΙΔ, ΙΕ, Ις. 

Ot δ' εις τήν Ίαπυγ{αν των Κελτών έληλυθ6τες 

άνέστρεψαν δια της των Ρωμαίων χώρας • και (χετ' ολ{γον 
ύπο Κερίων έπιβουλευθέντες νυκτός άπαντες κατεκ^τιησαν 
εν τω Τραυσίω τυεδίφ 

Ήμεις δ' έπει πάρεσμεν έπΙ τήν γενο(Λένην τοις "Ελλη- 
σιν ειρήνην προς Άρταξέρξην καΐ τον της Ρώ[Λης υπό 
Γαλατών κ(νδυνον, κατά τήν εν άρχη πρ(5θεσιν τούτο τέλος 
ποιησό[ΛεΟα τήσδε της βίβλου. 

ΒΙΒΛΟΣ ΠΕΝΤΕΚΑΙΔΕΚΑΤΗ. 

LXX. Έκ δε της 2ικελιας ΚελτοΙ και Ίβηρες δισχί- 
λιοι κατέπλευσαν εις Κόρινθον, έκπεμφθέντες υπό Διονυ- 
σίου του τυράννου, συμ(Λαχήσαι Λακεδαΐ(Λον(οις\ εις μήνας 
πέντε τους μισθούς είληφ^τες. Οι δ' 'Έλληνες πειραν αυτών 
βουλεμένοι λαβείν, προή -yov αυτούς, και κατά τάς συμ- 
πλοκάς και μάχας άνδραγαθούντων αυτών, πολλοί των 
τε Βοιωτών και τών συμμάχων υπ' αυτών άνηροΰντο. 
Δκ^περ δ^ξαντες εύχειρία και ανδρεία διαφέρειν και πολλάς 
χρείας παρασχομενοι , και τιμηθέντες υπό τών Λακεδαι- 
μονίων, του θέρους λήγοντος, έξαπεστάλησαν εις τήν 
2ικελίαν. 



ΒΙΒΛΟΣ ΕΚΚΑΙΔΕΚΑΤΗ. 

LXXI1I Καρχηδόνιοι δε τους κατά τήν 2ικελίαν 

1. Dans la guerre contre Thèbes. V. Xénoph., Hellén. VI, ii, 4, 33; 

VII, 20 : ή παρά Διονυσίου βοήθεια, τριήρεις πλε'ον ή εϊκοσιν • ήγον δέ 

Κελτούς τε κα'ι "Ιβηρας V. à la fin du vol., Omissions et Corrections. 



DIODORE, LIV. XIV, XV, XVI. LES GAULOIS EN GRÈGE. 427 

Ceux des Celtes qui étaient entrés dans Tlapy- 

gie, en s'en retournant, passèrent sur le territoire 
romain. Peu après, assaillis de nuit par les Céries', 
ils furent tous taillés en pièces dans la plaine de 
Trause 

Nous voici arrivé à la paix faite par les Hellènes 
avec Artaxerxès , et au grand danger dont Rome fut 
menacée par les Galates : selon le plan que nous nous 
sonunes tracé au début, nous finirons ici ce livre. 



LIVRE XV. 

LXX. De la Sicélie, des Celtes et des Ibères, au 
nombre de deux mille , firent voile vers Corinthe ; ils 
étaient envoyés par Dionysios le tyran aux secours des 
Lacédsemonies, et ils avaient reçu six mois de solde ^. 
Les Hellènes, désirant les mettre à l'épreuve, les firent 
marcher en avant [à l'ennemi], et comme dans divers 
engagements et combats ils se conduisirent en braves, 
ils tuèrent beaucoup de monde aux Bœôtes et à leurs 
alliés. Aussi, quand on eut reconnu leur supériorité 
pour l'adresse et la bravoure, conmie ils avaient rendu 
beaucoup de services, ils furent honorés par les Lacé- 
dsemonies et, vers la fin de l'été, renvoyés en Sicélie. 

LIVRE XVI. 

LXXHI Les Carchèdonies , voyant que leurs 

1. Les Cérites (?) ou habitants de Géré {Cœre) en Étrurie, auj. 
Cervetri. — 2. Olymp. Cil, 4, av. J.-C. 369. — Xénophon, Hell. VII, 
20 : « Il leur vint de Dionysios un secours, plus de vingt galères 
amenant des Celtes et des Ibères » 



428 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. Iç, ΙΖ. 

στρατηγούς δρώντες άγεννώς τον π($λεμιον^ διοικουντας, 

έκριναν ετέρους άποστέλλειν [Λετα δυνά[Λεως μεγάλης 

Χωρίς δε τούτων προχεφισά(Λενοι χρημάτων πλήθος, μι- 
σθοφόρους έξενολόγουν "Ιβηρας και Κελτούς και Λίγυας 

XCIV "Ιππους παραστησάμενος ταϊς πύλαις (ό 

Παυσαν(ας), παρήλθε προς τάς εις το θέατρον εισόδους 
έχων κεκρυμμένην Κελτικήν μάχαιραν και δια πλευ- 
ρών διαντα^αν ένέγκας πληγήν, τον μεν βασιλέα νεκρον 
έξέτεινεν, αύτος δ' έπΙ τάς πύλας 



ΒΙΒΛΟΣ ΕΠΤΑΚΑΙΔΕΚΑΤΗ. 

CXII1. (Rhod., ρ. 579.) Έπ' άρχοντος δ' Άθήνησιν 
Άγησιου Ρωμαίοι κατέστησαν υπάτους Γάϊον Ποιτήλιον^ 
και Παπιριον^, 'Ολυμπιάς δ' ήχθη τετάρτη προς ταις 

εκατόν και δέκίχ Κατά δε τουτο)/ τον χρόνον έξ άπάσης 

σχεδόν τής οικουμένης ήκον πρέσβεις*, οι μεν συγχαιρον- 
τες έπι τοις κατορθώμασιν, οι δε στεφανουντες, άλλοι δέ 
φίλιας και συμμαχίας τιθέμενοι, πολλοί δέ δωρεάς μεγα- 
λοπρεπείς κομίζοντες, τινές δέ υπέρ των εγκαλουμένων 
άπολογούμενοι. Χωρίς γαρ άπο τής 'Ασίας εθνών και 
πόλεων, ετι δέ δυναστών, πολλοί και εκ τής Ευρώπης 
και Λιβύης κατήντησαν εκ δέ τής Ευρο^πης οι τε τών 



1. Dans la guerre contre Timoléon. V. Plutarque, Timoléon, 
XXVill et ss. 

2. Tit.-Liv., VIII, 24, Pœtelium; plus. mss. Ποπίλιον, les autres 
Πόπλιον. 

3. Tit-Liv., l. c. « L. Papirium Mugillanum : Cursorem in aliis 
annalibus invenio. » 

4. Προς Άλέξανδρον. 



DIODORE, LIV. XVI, XVII. GAULOIS MERCENAIRES. 429 

généraux en Sicélie^ menaient la guerre sans vigueur, 
décidèrent d'en envoyer d'autres avec une grande 

armée Indépendamment de ces troupes, s' étant 

procuré beaucoup d'argent, ils enrôlèrent des merce- 
naires étrangers, des Ibères, des Celtes et des Ligyes. 

XGIV (Pausanias), ayant fait placer des 

chevaux aux portes [de la ville] , se glissa vers les 
entrées du théâtre, avec une épée celtique qu'il tenait 

cachée^ Il en porta au roi^ un coup qui lui traversa 

les flancs et l'étendit mort. Il courut lui-même aux 
portes, etc. 



LIVRE XVII. 

GXIII. Sous l'archontat d'Agésias à Athènes, les 
Romains créèrent consuls Gains Pœtèlius et Papirius ; 

on célébra la cxiv® olympiade^ En ce temps-là 

arrivèrent (en Asie) des ambassadeurs envoyés de 
presque toute la terre (à Alexandre) , les uns le félici- 
tant de ses succès, les autres lui offrant des couronnes, 
d'autres concluant avec lui des traités d'amitié et 
d'alliance, plusieurs lui apportant des présents magni- 
fiques, quelques-uns même se justifiant des torts 
qu'on leur imputait. Indépendamment des villes, des 
peuples de l'Asie et de ses souverains, il vint plusieurs 
députés de l'Europe et de la Libye. Geux de l'Europe 



1. Olymp. GIX, 3, av. J.-G. 342. Les généraux dont il s'agit furent 
remplacés par Asdrubal et Amiicar. 

2. Olymp. CXI, 1, an de R. 417, av. J.-G. 336. 

3. Philippe de Macédoine, père d'Alexandre. 

4. An do Rome 429, av. J.-G. 324. 



430 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. ΙΖ, Κ, ΚΑ, ΚΒ. 

'Ελλήνων πόλεις έξέπε[χψαν καΐ Μακεδόνες, ϊτι δ' 'Ιλλυ- 
ριοί καΐ των περί τον Άδρίαν οικούντων οι πλε(ους, τά τε 
Θράκια γένη καΐ των πλησιοχώρων Γαλατών, ών τότε 
πρώτον τα γένος έγνώσθη παρά τοις "Ελλησιν 



ΒΙΒΛΟΣ ΕΙΚΟΣΤΗ. 



LXIV Είχε (δ Αγαθοκλής) πεζούς ρ.έν τους ίιπαν- 

τας ύπολειπο[Λένους "Ελληναζ έξακισχιλίους , Κελτούς δέ 
και 2αριν(τας και Τυρρηνούς τούτων ούκ έλάττους ^ 



ΒΙΒΛΟΣ ΠΡΩΤΗ ΚΑΙ ΕΙΚΟΣΤΗ. 



VI. "Οτι επί του πολίΐί,ΟΌ τών Τυρρηνών και Γαλατών 
και 2α(χνιτών και τών έτερων συ[Λμίάχων άνηρέθησαν υπό 
Ρω[Λαιων, Φαβ(ου ύπατεύοντος, δέκα μυριάδες, ως φησι 
Δουρις. {Extr. d'Hœschel, p. 490.) 



ΒΙΒΛΟΣ ΔΕΤΤΕΡΑ ΚΑΙ ΕΙΚΟΣΤΗ. 

III. (Rhod., ρ. 868.) "Οτι υπό Γαλατών Πτολοραιος 

ό βασιλεύς έσφάγη και πάσα ή Μακεδόνικη δύναμις κατε- 
κ($πη και διεφθάρη. (Extr. d'Hœschel, p. 495.) 



1. An de R. 446, av. J.-G. 307. 



DIODORE, L. XYII, XX-XXII. GAULOIS MERCENAIRES. 431 

étaient envoyés par les villes des Hellènes, par les 
Macédones et aussi par les Illyries, par la plupart des 
peuples habitant aux environs de l'Adrias, par les 
nations de la Thrace et les Galates, leurs voisins, dont 
la race commença alors d'être connue chez les Hel- 
lènes 



LIVRE XX. 

LXIV H (Agathocle) avait ^ en tout pour son 

infanterie les six mille Hellènes restants, des Celtes, 
des Samnites et des Tyrrhènes, dont le nombre n'était 
pas moindre 



LIVRE XXI. 

VI. Dans la guerre des Tyrrhènes, des Galates, des 
Samnites et des autres alliés^, les Romains, sous le 
consul Fabius % tuèrent à leurs ennemis dix myriades 
d'hommes, au rapport de Duris. 



LIVRE XXII. 

III. Le roi Ptolémée^ fut égorgé par les Galates, et 
toute l'armée macédonique fut par eux taillée en 
pièces et détruite. 

1. Dans son expédition en Afrique contre les Gartliaginois. — 
2. Olymp. CXXI, 2, an de R. 458, av. J.-C. 295. — 3. Q. Fabius Maxi- 
mus. V. Tite-Live, X, 29.-4. Ptoiémoe Céraunos, av. J.-C. 280, Olymp. 
CXXV, 1. -Cf. Plut. Pyrrh. XXll. Pausan. X, 19, et Justin. XXIV, 5. 



432 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. ΚΒ. 

V. 'Ότι ό αύτος 'Απολλόδωρος Γαλατάς ευρϋ)ν, και 
τούτοις δπλα διδούς και δωρεαϊς τΐ[Λήσας, δορυφ^ροις 
έχρήτο πιστοϊς καΐ προς τάς κολάσεις εύθέτοις δια τήν 
ώ[Λ($τητα. (Extr. des Vertus et des Vices, Valois, 
p. 236, Wesseling. p. 562.) 

IX. (Rhod., p. 870.) 'Ότι Βρέννος δ βασιλεύς Γαλα- 
τών [χετά πεντεκαίδεκα [χυριάδων^ θυρεοφόρων και ιππέων 
[Λυρ(ων και ετέρου αγοραίου 6γ\οι> και έ[/.πορων πλείστων 
και αμαξών δισχιλίων εις Μακεδονίαν έλθών π($λεμον 
έποιησεν, εν φ τζοΧλους στρατιώτας άποβαλών, ώς [χή 
ισχύσας, ύστερον εις τήν Ελλάδα έλθών ^ και εις τό έν 
Δελφοις [χαντεΐον, θέλων άποσυλήσαι αύτ6. Και τζοΧλου 
ποΧέι^ΟΌ '^ε^ονάτος , (Μυριάδας έκεϊσε στρατιωτών άποβα- 
λών έπλήγη και αύτος Βρέννος τρισι πληγαϊς. Βαρυν6[Λε- 
νος δε και προς θάνατον, συναγαγών τον λαον αύτου, διε- 
λάλησε τοις Γαλάταις, συ{Λβουλεύσας αύτοΐς εαυτόν και 
τους τραυ{Λατ(ας απαντάς άποκτειναι, και τας ά(i.άξας 
καύσαντας^ εύζώνους εις τα οικεία έπανελθειν, βασιλέα δε 
καταστήσαι Κιχώριον. Βρέννος δε άκρατον πολύν έμ,φορη- 
σάμενος εαυτόν άπέσφαξε. Κιχώριος δέ τούτοι θάψας τους 
τραυ[Λατίας και τους ύπο'' χεΐ[Λώνος καΐ πείνης ταλαιπω- 
ρήσαντας άνειλεν, οντάς περί δισ[Λυρίους • και ούτως ^ τοις 
λοιποις δια της αυτής ο^ου προς oiy.o^ τήν πορείαν έποιειτο. 
Κατά δέ τάς δυσχωρίας οι "Ελληνες επιτιθέμενοι τάς ού- 
ραγίας^ άπέκοπτον, και τήν άποσκευήν ήραν άπασαν. 



1. 5ic Rhod., Hœsch. μυριάδας. 

2. Ne faudrait-il pas lire ήλθε, et auparavant ώς μή Όσχυσαι? — 
llhodomann avait déjà essayé de corriger ce passage; il proposait 
άπέβαλεν, ώστε μή Ίσχυσαι ύστερον. 

3. Hœscll. καύσαντες. 

4. Vulg. άπο; correct, de L. Dindorf. 

5. Rhodom. ajoute άμα. 

6. Hœsch., αργίας. 



DIODORE, LIV. XXII. LES GAULOIS EN GRÈCE. 433 

V. Le même ApoUodore^ ayant rencontré des Galates 
leur donna des armes, leur fit de riches présents et 
eut en eux des satellites fidèles, bien disposés, en 
raison de leur cruauté, à punir [ses ennemis]. 

IX. Brennos*, roi des Galates, avec quinze myriades 
d'hommes armés de grands bouchers, dix mille cava- 
liers, une seconde troupe de vivandiers, de nombreux 
marchands et deux mille chariots, s'en vint faire la 
guerre en Macédonie; et dans cette guerre, ayant 
perdu beaucoup de soldats, au point de se trouver 
sans forces, il vint plus tard dans l'Hellade et au 
mantéum^ de Delphes, avec l'intention de le piller. 
Une grande guerre s'ensuivit, et Brennos, ayant perdu 
des myriades de soldats, fut atteint lui-même de trois 
blessures. Affaissé jusqu'à la mort, il rassembla son 
peuple, et s'entretenant avec les Galates, il leur con- 
seilla de le tuer, lui et tous les blessés, d'incendier leurs 
chariots et de retourner, ainsi débarrassés, dans leurs 
foyers, après s'être donné pour roi Cichôrios'*. Or, 
Brennos, ayant absorbé force vin pur, s'égorgea lui- 
même. Cichôrios l'ensevelit, puis ayant fait mourir les 
blessés et ceux, au nombre d'environ vingt mille, que 
l'hiver et la faim avaient fatigués, il s'achemina avec le 
reste par la même route pour rentrer dans son pays. 
Dans les lieux difficiles, les Hellènes, tombant sur l'ar- 
rière-garde , la taillèrent en pièces et prirent tous les 



1. Tyran de Cassandrea, même date. V. Polyaîn. Stratag. VI, 7. 

2. V. 11. ce. Pausan. et Justin. 38. — Av. J.-C. 278, 01. CXXV, 3. 

3. Lieu où se rendaient les oracles. 

4. Pausan. ib. l'appelle Acichôrios. 

II ^28 



434 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. ΚΒ. 

Πορευ($(Λενοι δε προς Θερ[Λοπύλας, και σπανιζούσης αύτου 
τροφής, άπέλιπον άλλους δισμυρίους. Δια δέ των Δαρδά- 
νων διερχ<$(/.ενοι άπαντες διεφθάρησαν, καΐ ουδείς ύπελείφθη 
άπελθεϊν οίκον ^ (Extr. Hœschel, p. 158, Wesseling, 
p. 497.) 

'Ότι Βρέννος, ό των Γαλατών βασιλεύς, εΙς ναόν έλθών 
άργυρουν (ΐ,έν ή χρυσού ν ουδέν ει δεν άνάθη[Λα, αγάλματα 
δέ [Λ^να λίθινα καΐ ξύλινα καταλαβών κατεγέλασεν^ δ'τι 
θεούς άνθρωπο[Λ($ρφους είναι δοκουντες^ ί'στασαν τούτους 
ξύλινους τε και λιθ(νους. 

"Οτι οι έν Δελφοϊς οντες κατά τήν των Γαλατών Î(foSov 
θεωρουντες πλησίον οντά τον κίνδυνον, έπηρώτησαν τόν 
θεον ει τα yj^rii/,0LT0L και τα τέκνα και τας γυναίκας άπο- 
κο[Λ(σωσιν έκ του μαντείου προς τας οχυρωτάτας των 
πλησίον πόλεων. Ή δέ Πυθία τοις Δελφοΐς* άπ($κρισιν 
έδωκε ^ προστάττειν τον θεον έαν τα αναθήματα και τάλλα 
τα προς τον κ(5σμΰν τών θεών ανήκοντα κατά® χώραν έν 
τω μαντεία) * φυλάξειν γαρ άπαντα τον θεάν και μετ' 
αύτου τάς λεύκας κ($ρας. "Οντων δέ έν τω τεμένει δυειν 
νεών παντελώς αρχαίων Άθηνας πρόναου καΐ 'Αρτέμιδος, 
ταύτας τάς θεούς ύπέλαβον είναι τάς δια του χρησμού 
προσαγορευομένας λεύκας κ($ρας. (Extr. Vatic, p. 46, 
47.) 

XI. "Οτι Πύρρος προτερήσας περιβοήτφ νίκη τους τών 

1. Pausanias, Χ, χχιιι, dit la même choso : ώς 8ï αφίν,οΊτο (ol 
Γαλάται) επΙ τον Σπερχειόν, ο\ εντεύθεν ύποκαθήμενοι Θεσσαλοί κα\ οί 
Μαλιείς ένεφορήθησαν οΰτω σφών, ώς μηδένα οίκαδε άποσωθήναι. 

2. Edit. Rom. κατεγέλασε. 

3. Le même δοκοϋντας. 

4. Le nom des habitants de Delphes est exactement le même que 
celui de la ville, Δελφοί, JDelphi. 

5. Édit. R. έδωκεν. 

6. κατά manque dans l'édit. Rom. 



DIODORE, LIV. XXII. LES GAULOIS EN GRÈCE. 435 

bagages. Arrivés aux Thermopyles et manquant de 
vivres, les Galates y laissèrent encore deux mille des 
leurs, et, en traversant le pays des Dardanes, ils y 
périrent tous : il n'en resta pas un seul qui pût s'en 
aller chez \m\ 

Brennos, le roi des Galates, étant entré dans un 
temple, n'y vit aucune oiFrande d'argent ou d'or, mais 
il y trouva seulement des images de pierre et de bois, 
et rit bien fort de ce que, attribuant aux dieux la forme 
humaine, on les dressait là en bois et en pierre. 

Ceux de Delphes, lors de l'invasion des Galates, 
voyant que le danger était proche, demandèrent au 
dieu s'ils transporteraient leurs richesses, leurs enfants 
et leurs femmes du mantéum dans les plus fortes des 
villes du voisinage. La Pythie donna aux Delphes pour 
réponse que le dieu commandait de laisser à leur 
place, dans le mantéum, les offrandes et les autres objets 
appartenant au culte des dieux; que lui, le dieu, gar- 
derait toutes ces choses, et avec lui, les vierges 
blanches. Gomme il y avait dans l'enceinte [sacrée] 
deux chapelles^ de la plus haute antiquité, dédiées 
l'une à Athèna Pronaos, l'autre à Artémis% on sup- 
posa que ces déesses étaient celles qui dans l'oracle 
étaient appelées les vierges blanches. 

XI. Pyrrhos, ayant remporté une fameuse victoire S 



1. Justin, XXIV, 8, dit avec moins d'exactitude : Quo pacto eve- 
nit, ut nemo ex tanto exercitu — vel ad memoriam tantx cladis 
superesset. — 11 resta un assez grand nombre de Gaulois dont les 
uns passèrent en Asie, les autres en Egypte, 

2. Deux sedicules, litt. deux naos. 

3. Minerve et Diane. — Pronaos ou Pronœa, c.-à-d. (μπ a une 
statue en avant du temple. 

4. Av. J.-C. 274, 01. CXXVl, 1. 



436 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. ΚΒ. 

Γαλατών θυρεούς άνέθηκεν εις το ιερόν της 1των(δος^ 
'Αθήνας και τών άλλων λαφύρων τα πολυτελέστατα, τήν 
έτΐίγραφήν τήνδε ποιησά(Λενος * 

Τους θυρεούς δ Μολοττος^ Ίθωνίδι' δώρον Άθηνα* 

Πυρρός άπο θρασέων εκρέμασεν Γαλατών^, 
πάντα τον 'Αντιγόνου καθελών στρατόν • ού^ μέγα θαύμα • 

αιχματα\ κα\ νυν κα\ πάρος Αιακίδαι- 

{Extraits du Vatic, p. 47.) 

XII. "Οτι τάς Αιγέας διαρπάσας ό Πυρρός, ήτις ην 
έστια της Μακεδόνικης βασιλείας, τους Γαλατάς εκεΐσε 
κατέλιπεν. Οι δε πυθ6[Αενοέ τίνων δτι κατά τους βασιλι- 
κούς τάφους τοις τετελευτηκ^σι συγ/ατωρύχθη χρή[Λατα 
πολλά κατά τίνα πάλαιαν συνήθειαν, απαντάς άνέσκαψαν, 
και τυμβωρυχήσαντες τα [Λεν χρήματα διε(λαντο, τα δε 
όστα τών τετελευτηκοτων διέρριψαν. Ό δέ Πύρρος έπΙ 
τούτοις βλασφη[Λθύμενος, ουκ έκ^λαζε τους βαρβάρους δια 
τάς εν τοις πολέμ,οις χρείας. [Extr. des Vertus et des 
Vices, Val., p. 2166, Wess., p. 563.) 



ΒΙΒΛΟΣ ΤΡΙΤΗ ΚΑΙ ΕΙΚΟΣΤΗ. 

XXI. (Rhod., p. 879.) Άσδρούβας δέ, δ στρα- 
τηγός τών Καρχηδονίων, βλάσφημου (χενος ύπο τών ιδίων 



1. Le ms. Τριτώνιδος, changé par Α. Mai en Ίτωνίδος. 

2. Paus., Plut, et VAnthoL Μολοσσός. 

3. Le ms. Τριτώνιδι, corrigé par Mai qui ici, comme plus haut, 
écrit Ττώνιδι, en déplaçant l'accent. 

4. Paus., Plut, et VAnthoL Άθάνα. 

5. Plutarq. εκρέμασεν Γαλαταν. 

6. Le ms. ώ exclam., correction d'A. Mai d'après Plutarque, 
Pausan. et les Anthologies. 



DIODORE, LIV. XXII. LES GAULOIS EN MACÉDOINE. 437 

consacra les boucliers des Galates dans le temple 
d'Athèna Itônide ; il y joignit ce qu'il y avait de plus 
précieux dans le reste du butin, avec cette inscrip- 
tion : 

Ces boucliers, c'est un Molosse qui les donna à Athèna Itônide, 
C'est Pyrrhos qui suspendit [ici ces dépouilles] des audacieux 

[Galates, 
Après avoir détruit toute l'armée d'Antigone : il n'y a pas là un 

[grand miracle : 
Aujourd'hui, comme autrefois, les vEacides sont des guerriers. 

XII. Pyrrhos, ayant pillé JEgées, qui était le foyer 
de la royauté macédonique, y laissa les Galates [de 
son armée]. Ceux-ci, ayant appris que dans les sépul- 
tures royales on avait enfoui, avec les morts, de grandes 
richesses selon une ancienne coutume, bouleversèrent 
toutes ces sépultures, et, ayant fouillé les tombeaux, 
s'en partagèrent les richesses et dispersèrent les osse- 
ments des morts. Pyrrhos, blâmé à ce sujet, ne 
châtia point les barbares, à cause des services qu'ils 
lui rendaient dans ses guerres\ 



LIVRE XXIII. 

XXI Asdrubas, général des Carchèdonies , 

blâmé par les siens pour son inaction à la guerre. 



1. Même date. Comparez Plutarq. Pyrrh. XX VJ. — La ville d'^Eges 
ou d'iEgées dont il est ici question, semble être la même qu'Edesse, 
première capitale de l'Émathie et de la Macédoine. Les tombeaux 
des rois étaient situés probablement au sud-est du Vodena, sur la 
route d'Edesse à Cyrrhos : il n'en reste aucune trace. V. Desdevizes 
du Dézert, Géogr. de la Macéd., p. 334 et s. 



438 ΔΙΟΔΩΡΟΤ ΒΙΒΛ. ΚΓ-ΚΕ. 

δια το [χή πολεμεΐν, άναζεύξας μετά πάσης δυνά(Λεως δια 
της Ιελινουντίας δυσχωρ(ας, ήλθεν εις το Πάνορμ,ον. Και 
διαβιβάσας τον ποτα[Λον τον σύνεγγυς, περί τα τείχη 
έστρατοπέδευσε , [χήτε χαράκω[Λα [^ήτε τάφρον τάξας δια 
το καταφρονειν. Πάλιν δέ και τών έ(Λπ6ρων πολύν οινον 
έπιφερο[Λένων , οί Κελται [χεθυσθέντες και κραυγής και 
αταξίας πληρού|Λενοι, έπιπεσοντος^ Καικιλίου του υπάτου 
αύτοΐς, κατά κράτος αυτούς νικήσας, και των ελεφάντων 
έξήκοντα κρατήσας, εις Ρώ[Λην απέστειλε. Και θαυ[χα 
Ρωμαίοι εσχον. (Extr. d'Hœschel, p. 166, Wess., 
p. 506.) 



ΒΙΒΛΟΣ ΠΕΜΠΤΗ ΚΑΙ ΕΙΚΟΣΤΗ. 

II. ^ΎτζΎΐργον γαρ οι μετά Καρχηδονίων στρατευσάμενοι 
"Ιβηρες, Κελτοί, Βαλεαρεϊς, Λίβυες, Φοίνικες^, Λιγυστΐ- 
νοι^ και μιξέλληνες δούλοι • οι και έστασίασαν. (Jbid., 
Hœsch., p. 169; Wess., p. 509.) 

IX. "Οτι οι μεν Κελτοι τοις πλήθεσιν οντες πολλα- 
πλάσιοι καΐ πεφρονηματισμένοι^ τω θράσει και ταις άλ- 
καις, καταπεφρονηκ^τως διηγωνίζοντο , οί δέ περί τον 
Βάρκαν τό του πλήθους ελλιπές ταΐς έμπερίαις έπειρώντο 
δωρθώσασθαι. Οι μέν ουν πασιν έδοξαν έμφρ6νως περί 
τούτων βεβουλευσθαι , ή δέ τύχη παρ' ελπίδας έβράβευσε 



1. Sic Rhodom.; Hœsch. avait imprimé ύποπεσόντος.— Le texte est 
altéré; il manque un verbe dont ol Κέλται serait le sujet; Rhodom. 
propose εθορυβουν; la suite n'est pas mieux ordonnée; régulière- 
ment il faudrait écrire : έπιπεσών δέ ό Καικίλιος ό ύπατος αύτοις, κ. κρ. 
αύτ. ένίκησε 

2. Wesseling. Λιβυφοίνικες. 

3. Hœsch. Λιγυστηνοι, corrigé par Wesseling. 

4. Edit. Rom. καταπεφρονηματισμένοι. 



DIODORE, LIV. XXIII-XXIV. CELTES MERCENAIRES. 439 

partit avec toute son armée par les mauvais chemins 
de Sélinuntia et arriva à Panorme. Ayant passé le 
fleuve qui en est proche, il campa sous ses murs, mais 
sans avoir fait ni palissade, ni fossés, à cause de son 
mépris [pour l'ennemi]. Et d'autre part même, des 
marchands y apportant du vin en abondance, les 
Celtes s'enivrèrent, et tandis qu'ils se grisaient en 
outre de cris et de désordre, le consul Csecilius tomba 
sur eux, et les ayant vaincus de vive force, il leur 
prit soixante éléphants qu'il envoya à Rome^ : de quoi 
les Romains furent émerveillés^. 



LIVRE XXV. 

II. Il y avait dans les armées des Carchèdonies des 
Ibères, des Celtes, des Baléares, des Libyes, des 
Phœnices^, des Ligystins et des esclaves métis 
d'Hellènes. Ces troupes se révoltèrent 

IX. Les Celtes, qui avaient l'avantage du nombre et 
qu'enorgueillissaient leur audace et leurs forces, com- 
battaient d'une façon méprisante [pour l'ennemi] ; 
mais Barcas s'efforçait de compenser par les leçons de 
l'expérience ce qui lui manquait du côté du nombre. 
Les premiers semblaient donc à tout le monde s'être 
fait de la situation une idée juste; mais la fortune 
régla les affaires contre toute espérance et, ce qui 



1. Comp. Polybe 1, 40; Flor, 11, 2, etc. Les Gaulois n'y sont pas 
nommés. 

2. An de Rome 502; av. J.-G. 251• 

3. Dans la liste des auxiliaires de l'armée carthaginoise, Polybe, 1, 
Lxvii {supr. p. 221, note), il n'est pas question des Phéniciens. 



440 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. ΚΕ. 

τάς πράξεις και τ6 Soy-ouv αδύνατον είναι και έπικινδυνον 
παραδ(^ξως κατίορθωσεν. (Extr. du Vatic, p. 56.) 

Χ. (Rhod., p. 88^.) Πολε(/.ήσας δε (Άρ-^καο) 

"Ιβηρας και Ταρτησ(ους [χετα Ίστολατέου στρατηγού τών 
Κελτών, και του αδελφού αύτου, πάντας κατέκοψεν, εν 
οϊς και τους δύο αδελφούς συν άλλοις έιχιφανεστάτοις ήγε- 
^όσι ' και τρισχιλιους ζώντας παραλαβών εταξεν εις τας 
2δίας στρατιάς. Ίνδορτης δέ πάλιν άθροισας πεντακισ[Λυ- 
ρ{ους, και πριν πολί[),θΌ τραπεις και φυγών εις λόφον τινά, 
και πολιορκηθείς υπ' Ά[Λ(λκα και νυκτός πάλιν φυγών*, 
το πλείστον αύτου κατεκ($πη, αύτος δέ Ίνδόρτης και 
ζωγρίας ελήφθη. 'Όν τυφλώσας Ά(Λ(λκας και το σώ[Λα 
αικισάμενος άνεσταύρωσε • τους δ' άλλους αιχμιαλώτους 

οντάς [χυρίων πλείους, απέλυσε (Extr. d'Hœschel, 

p. 169;Wess., p. 510.) 



XIII. (Rhod., p. 883.) ΚελτοΙ^ δέ μετά Γαλατών 
κατά Ρωμαίων π(^λεμον άθροίσαντες, συνήξαν λαόν μυριά- 
δας είκοσι, και πρώτον μέν πόλεμον έν(κησαν • και δεύ- 
τερον προσβαλ(5ντες ένίκησαν , άνεϊλον δέ και τον ενα 
Ρωμαίων υπατον. Ρωμαίοι δέ και αύτοΙ έχοντες πεζών 
μυριάδας έβδομήκοντα, ιππέων δέ έτττακισμυρίΌυς , τών 
δύο πολέμων^ ηττημένων Ρωμαίων, τφ τρίτω πολέμω 
κατά κράτος ένίκησαν Ρωμαίοι, και άνειλον μυριάδας 
τεσσάρας, και τους υπολοίτζοΌς έζώγρησαν, ώστε και τον 



1. Encore une phrase mal construite. Rhodom. voulait, pour la 
corriger, changer φυγών en έφυγον, et πρ\ν en πρό, puis écrire πάλιν 
έφυγε κα\ το πλείστον — δια ζωγρίας ελήφθη. 

2. Rhod. ΚελτοΙ; L. Dind. Lips. 1829, Κελταί (sic); id. édit. Didot, 
Κελτοί, Lips. 1867, Κέλται. 

3. Rhod. iv δΰο δϊ πολέμοις. 



DIODORE, LIV. XXV. CELTES ET CARTHAGINOIS. 441 

paraissait impossible et plein de périls, elle le mena 
à bien d'une manière incroyable'. 

X Amilcas, dans sa guerre contre les Ibères 

et les Tartèsies, aidés d'Istolatios, général des Celtes, 
et de son frère, les tailla tous en pièces et tua entre 
autres les deux frères avec les chefs les plus illustres ; 
trois mille hommes, qu'il prit vivants, furent incor- 
porés dans ses armées. Indortès, ayant rassemblé de 
nouvelles troupes, — cinquante mille hommes, — 
fut mis en déroute avant la reprise des hostilités et 
s'enfuit sur une colline. Assiégé dans cette position 
par Amilcas et s'étant de nouveau enfui durant la 
nuit, la plus grande partie [de ses soldats] furent 
taillés en pièces et lui-même, Indortès, fut pris vivant. 
Amilcas lui fit crever les yeux et, après mille outrages, 
le fit crucifier. Quant aux autres prisonniers, qui 
étaient plus de dix mille, il les renvoya libres 

XIII. Les Celtes, unis aux Galates pour guerroyer 
contre les Romains, rassemblèrent une armée de vingt 
myriades [d'hommes] et, au début de la guerre, ils 
furent vainqueurs; à une seconde attaque, ils furent 
encore vainqueurs, et tuèrent un des consuls de 
Rome^. Les Romains avaient soixante-dix myriades 
de fantassins et sept myriades de cavaliers ; après deux 
défaites, ils furent dans une troisième rencontre vain- 
queurs de vive force, tuèrent aux ennemis quatre 
myriades d'hommes, firent ceux qui restaient prison- 



1. Selon A. Mai, il s'agit de la guerre que fit en Espagne Amilcar 
Barca, non seulement aux Ibères, mais aussi aux Gaulois com- 
mandés par Istolatius. V. ci-après. 

2. C. Atilius, an de R. 528, av. J.-C. 225. V. Polybo, II, 28, supr. 
p. 85-95. 



44^ ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. ΚΕ-ΚΘ. 

(jLEyiŒTOv αυτών βασιλέα εαυτού θερισαι τον τράχηλον, τον 
δε δεύτερον αύτου ζώντα ποιήσαι^ Έκ δε τούτου του 
άνδραγαθή[Λατος ανθύπατος γενό[Λενος Αΐ[Λ(λιος κατέδρα[Λε 
τήν χώραν των Γαλατών καΐ Κελτών, καΐ πολλάς πάλεις 
καΐ φρούρια είλε, καΐ ωφελείας πολλής έπλήρωσε τήν 
Ρώμην. 

XIV. Ίέρων δε, δ βασιλεύς 2υρακ6σης, εις τον Κελτικον 
π(;λε[Λον Ρωμαιοις σϊτον απέστειλε, βοηθών Ρω[Λα(οις, ού 
και τήν τΐ[Λην έλαβε μετά τήν του πολέμου κατάλυσιν. 
(£:a;ir. d'Hœsch., p. 171 ; Wess., p. 511-5121.) 



ΒΙΒΛΟΣ ΕΚΤΗ ΚΑΙ ΕΙΚΟΣΤΗ. 

XXII. "Οτι ό Ίνδιβέλης^ δ Κελτίβηρ, συγγνώμης 
τυχών παρά 2κιπ(ωνος, καιρόν εύρων έπιτήδειον πάλιν 
έξέκαυσε τζολεμοΊ. Ούτω γαρ οι τους πονηρούς ευ ποιουντες 
προς τω τήν χάριν άποβαλειν άγνοούσι πολέμιους εαυτών 
πολλάκις σωματοποιούντες. (Extr. du Vatic, p. 60.) 



ΒΙΒΛΟΣ ΕΝΑΤΗ ΚΑΙ ΕΙΚΟΣΤΗ. 

XII. 'Ότι Γναΐος Μάλλιος δ ανθύπατος, παραγενομένων 

προς αύτδν πρεσβευτών παρά Γαλατών περί συλλύσεως^ 
του πολέμου, τούτοις εδωκεν άπ($κρισιν οτι τότε ποιήσεται 



J. II faut sous-entendre Αίμίλιον. Ce passage a été siDguIièrement 
altéré par l'abréviateur. 

2. Άνδοβάλης, dans Polybe, XI, xxix et ss, Indibilis, dans Tite- 
Live, XXIX, passim. 

3. Le Monac. συλλήσεως; on a voulu lire διαλύσεως. Wesseling éta- 
blit par plusieurs exemples empruntés à Diodore qu'il faut écrire 
συλλυσεως. Orsini avait déjà fait cette correction d'après son ms. 



DIODORE, LIV. XXV-XXIX. CELTES ET GAULOIS. 443 

niers, si bien que le plus grand de leurs rois se coupa 
la gorge, et qu'au second on laissa la vie. A la suite 
de ces virils exploits, iEmilius, créé proconsul, fit des 
incursions dans le pays des Galates et des Celtes, prit 
un grand nombre de villes et de places fortes et rem- 
plit Rome d'un riche butin. 

XIV. Hiéron, roi de Syracosa^ durant la guerre 
celtique, envoya du blé aux Romains, leur donnant 
un secours dont il reçut le prix, après la fin de la 
guerre. 



LIVRE XXVI. 

XXII. Indibélès le Celtibère, ayant obtenu de Scipion 
son pardon , trouva une occasion propice , et ralluma 
la guerre*. C'est ainsi que ceux qui font du bien aux 
méchants ignorent que, outre qu'ils perdent leur 
bienfait, ils font souvent leurs ennemis plus forts. 



LIVRE XXIX. 

XII. GnseusMalHus, le proconsul, quand des ambas- 
sadeurs des Galates le vinrent trouver pour terminer 
la guerre, leur fit réponse qu'il traiterait avec eux des 



1. Syracuse. -— Il n'y a pas, je crois, d'autre exemple de cette 
forme (Συράκοσα) du nom de Syracuse. Peut-être faudrait- il lire 
Συρακούσης. Généralement on écrit Συράκουσαι, en latin Syracu&x. 
L'adjectif Συρακόσιος, lat. ^yracosiws (Virg. Bucol , VI, 1), est pourtant 
assez usité. 

2. An de R. 543, av. J.-C. 110. 



444 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. ΚΘ. 

προς αυτούς τάς υπέρ της ειρήνης συνθήκας, όταν οι 
βασιλείς αυτών καταντήσωσι προς αυτόν. (Extr. des 
Ambass. Orsin., p. 319; Wess., p. 62!2.) 

XIV. "Οτι Μάρκος Φολούιος στρατηγός ών παρανομή- 
σας εις τους κατά τήν Αιγυστικήν συ(Λ[Λαχούς έτυχε της 
προσηκούσης κολάσεως. Παρελθών γαρ εις τους όνο[/.αζο- 
μ,ένους Κενοριανούς ως φίλος, παρειλετο τα δπλα, [χηδέν 
έχων εγκλη(Λα. Ό δε ύπατος πυθ($[Λενος το γεγον(^ς, τού- 
τοις (jièv άπέδωκε τα όπλα, τον δε Μάρκον έζηριιωσε 
χρή(Λασι. (ÎJicir'. ci^5 Feri. et des Vices, Val., p. ^98; 
Wess., p. 575.) 

XX VIII. Ότι ή πολις Κε[Λελετών^ υπό ληστών και 
δραπετών φκισμένη τον προς Ρωμαίους πόλεμ,ον άνεδέξατο, 
πρέσβεις δ' έξαπέστειλε προς Φολούιον, υπέρ έκαστου τών 
τεθνηκότων αιτούσα λ(5γχην^ και έγχειρίδιον, ετι δέ ιππον • 
ει δέ μη, καταπολεμήσειν ήπείλει. Ό δέ Φολούιος έντυ- 
χών τοις πρέσβεσιν είπε μή κακοπαθειν • αύτος γαρ έπι 
τήν π6λιν ήξειν και φθάσειν τήν Î'i.oL•'^. Τάς δέ επαγγε- 
λίας βεβαιώσαι βουλεμένος παραχρήμα άνέζευξεν έπι τους 
βαρβάρους, εκ τζόγος ακολουθών τοις πρέσβεσιν. (Extr, du 
Vatic., p. 71.) 



1. Mai suppose qu'il s'agit ici de la ville de Cémèlion ou Cémé- 
nélion, chez les Védiantii, dans les Alpes, près du Var. Cemelion, 
dans Pline, IIJ, vu, semble être une mauvaise leçon qu'il faudrait 
changer en Gemenelion, Cemenelium ou Gemenelum, d'après une 

inscription de Fabretti, DCXX, 168 : Cl. Paternus Cemenelensis, 

une autre de Gruter, p. lviii, 8 Incola Cemenel., Vltinér. 

d'Antonin, Cemenelum, \ά Notice des provinces, Givitas Ccmenelensium, 
et la carte de Peuting., Gemenelo ou Cemenelo. — Ptolémée (V. notre 
t. I, p. 286-287) écrit Κεμενέλεον. — Κεμελέται, Gémélétes OU les Gémé- 
lètes, nom de ville ou nom de peuple, ne se trouve pas mentionné 
ailleurs. 

2. Édit. Rom. λόγον. -— L. Dind. Éd. Lips. I, de même; en note : 
λόγον] an λόγχην?, èdit. Did. et Lips. Il, λόγχην passe dans le texte. 



DIODORE, LIV. XXIX. CELTES ET ROMAINS. 445 

conditions de la paix, alors que leurs rois le vien- 
draient trouver. 



XIV. Marcus Folvius*, étant général, se conduisit 
d'une façon déloyale envers les alliés [des Romains] 
dans la Ligystique : il en fut puni comme il le méri- 
tait : arrivé en ami chez les Génomans, il leur avait 
enlevé leurs armes, quoiqu'il n'eût contre eux aucun 
grief. Le consul, instruit de ce qui était arrivé, rendit 
aux Génomans leurs armes, et imposa à Marcus une 
amende pécuniaire. 

XXVIII. La ville de Gémélétes^, fondée par des bri- 
gands et des fugitifs, avait déclaré la guerre aux Ro- 
mains : elle envoya des députés à Folvius, demandant 
pour chacun de ceux qui étaient morts sa lance, son 
poignard et, de plus, son cheval : sinon, elle menaçait 
de faire la guerre. Folvius, dans son entretien avec ces 
députés, leur dit de ne pas se mettre en peine; il se 
rendrait lui-même dans leur ville, et cela, avant 
qu'elle se mît en campagne. Voulant confirmer cette 
promesse, il partit sur-le-champ contre les Barbares, 
suivant pas à pas leurs députés. 



1. Marcus Furius [Crassipèsj dans Tite-Live. — V. ce fait raconté 
par cet historien, XXXIX, 3. Ce Furius était préteur, στρατηγός, et 
le consul était ^Emilius, an de R. 566, av. J.-G. 187. 

2. Quelle est cette ville? G. Millier (Diod. Siculi Epitom. édit. 
Didot, t. II, p. 631) se demande si le fait ici mentionné se rapporte 
à l'expédition de Fulvius contre les Ligures, dont il triompha, l'an 
79 av. J.-G. (Cf. Tite-Live, XL, 59) ou à la guerre qu'il fit en Gelti- 
bérie, l'an 180; MuUer penche pour la seconde opinion. Alors 
Cémélétes ne serait pas une ville des Védiantii, dans les Alpes 
nlaritimes, comme le croyait A. Mai. 



446 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. Λ -ΛΑ. 



ΒΙΒΛΟΣ ΤΡΙΑΚΟΣΤΗ. 



XIX. Ότι ο Περσεύς πυθί^μ,ενος επίλεκτους Γαλατάς 
πεπρακέναι τον "Ιστρον έπΙ συ[Λ(Λαχία, περιχαρής γενόμενος 
άπέστειλεν εις τήν Μαιδικήν\ προτρεπό|Λενος ήκειν τήν 
ταχ{στην. Ό 2έ των Γαλατών ήγούριενος συ{Λφωνήσας 
[Λίσθον ήτει τακτόν, του σύ[Λπαντος χρήριατος εις πεντα- 
κόσια τάλαντα γινομ.ένου. Του δε Περσέως δ(Λθλογήσαντος 
μεν δώσειν, ου ποιουντος δέ το συμφωνηθέν δια φιλαργυ- 
ρ{αν, έπανήλθον εις τήν οικείαν πάλιν οι Γαλάται. (Extr. 
des Vert, et des Vices, Val., p. 313; Wess., p. 580.) 

XXI. "Οτι δ 'Αλέξανδρος ούχ όμοίαν εσχε τω Περσει 
της ψυχής διάθεσιν, άλλ' δ μέν δια τήν μεγαλοψυχίαν 
άρμόζουσαν ταις ιδίαις έπιβολαΐς έκτήσατο βασίλευαν, δ 
δέ δια τήν μικρολογιαν τους τε Κελτούς άποτριψάμενος ^ 
και τάλλα τούτοις ακόλουθα πράξας κατέλυσε πολυχρόνιον 
και μεγάλην βασιλεέαν. (Ibid,, Val., p. 314; Wess., 
p. 580.) 



ΒΙΒΛΟΣ ΠΡΩΤΗ ΚΑΙ ΤΡΙΑΚΟΣΤΗ. 

VII. "Οτι κατά τους αυτούς χρόνους πολλών παράγε- 



ι. Val. Μηδίκην, mauvaise leçon, de bonne heure corrigée, car il 
n'est pas ici question des Mèdes, Μήδοι, d'Asie, mais des Mœdes, 
Μαΐδοι ou Μαιδο\, peuple de Thraces, voisin des Besses. Toutefois, 
les Mèdes et les Msedes peuvent bien avoir eu une commune ori- 
gine et avoir habité primitivement, sous un seul et même nom, 
la région du Caucase. On trouve, en effet, en Asie comme en Eu- 
rope, des Ibères, des Albaniens, des Vénètes, etc. 

2. Val. άποτρεψάμενος, correct. de Wesseling. 



DIODORE, LIV. XXX-XXXI. LES GAULOIS ET PERSÉE. 447 



LIVRE XXX. 

XIX. Persée, informé qu'une troupe de Galates^ 
d'élite avait passé l'Ister, afin de lui venir en aide, fut 
rempli de joie et envoya dans la Maedique^ pour les 
presser d'arriver au plus vite. Celui qui commandait 
ces Galates y consentit, mais il demanda la solde con- 
venue, qui se montait en tout à cinq cents talents. 
Persée promit de la donner, mais, comme, par ava- 
rice, il n'exécutait pas la convention, les Galates s'en 
retournèrent dans leur pays. 

XXI. Alexandre n'avait pas l'âme située comme 
Persée ; par sa grandeur d'àme il conquit un royaume 
proportionné à ses desseins : l'autre (Persée), au 
contraire, par ses petits calculs, ayant repoussé les 
Celtes et fait d'autres actes qui étaient les consé- 
quences de celui-ci, ruina un grand royaume qui 
avait duré longtemps. 



LIVRE XXXI. 

VU. Dans le même temps ^, plusieurs députés étant 



1. Plutarq. P.-Emile, IX et XII, les appelle des Bastarnes; Tite- 
Live, qui tantôt, XL, 58, appelle leur chef Clondicus, roi des Bas- 
tarnes, tantôt, XLIV, 26, lui donne le nom de roi des Gaulois, 
semble aussi faire des Bastarnes une peuplade gauloise. 

2. Contrée de la Thrace, dans la vallée moyenne du Strymon. 

3. Quand les députés de Rhodes vinrent à Rome, pour se justifier 
de l'accusation d'avoir trahi la cause des Romains. An de R. 586, 
av. J.-C. 167. V. l^olybe, XXX, 4, 10; XXXI, 9, 2. Titc-Llvo, XLV , 
19-22. 



448 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. ΛΑ. 

γονί^των πρεσβευτών, πρώτοις τοΐς περί "Ατταλον έχρη- 
[χάτισεν ή σύγκλητος • ύπ(^πτως γαρ εϊχον οι Ρω[χαιοι τα 
προς τον Εύ[Λένη ένεκεν των γρα[Λ|Λάτων εύρη[Λένων, εν 
οίς συμ[Λαχ{αν ην συvτεθεt[Jt.έvoς προς Περσέα κατά Ρω- 
ρ.α{ων. Κατηγορησάντων δε πλειόνων άπό της Άσ{ας 
πρεσβευτών, και μάλιστα τών άπεσταλίλένων παρά Πρου- 
σίου βασιλέως και Γαλατών , οι περί τον "Ατταλον ένδε- 
χο[Λένως άπολογησάμ,ενοι προς εκαστον τών έγκαλου(/.ένων 
ού (J.OVOV άπετρ{ψαντο τάς διαβολάς, άλλα και τΐ[Ληθέντες 
έπανήλθον εις τήν οικιαν^ Ή δε σύγκλητος ού κατά παν 
εληγε^ της κατ' Εύ[Λένους υποψίας, προχειρισαμένη δε 
Γάιον έξαπέστειλε κατοπτεύσαντα τα κατά τον Εύμένη. 
{Extr. des Amhass., Orsin., p. 3221; Wess., p. 625.) 

XIII. 'Ότι δ τών βαρβάρων Γαλατών στρατηγός άπό 
του διωγμ,ου γεν6[Λενος και συναθρο(σας τους αιχριαλώτους, 
πραξιν έπετελέσατο βαρβαρικήν και παντελώς ύπερήφανον. 
Τους τε γαρ τοις εί'δεσι καλλίστους και ταις ήλικίαις 
άκ(Λαιοτάτους καταστέψας^ εθυσε τοΐς θεοϊς, ει γέ τις τών 
θεών δέχεται τάς τοιαύτας τΐ(Λάς * τους δέ άλλους πάντας 
κατηκόντισε, πολλών [χεν εν αύτοις γνωριζορ,ένων δια τάς 
προγεγενη [Λένας έπιξενώσεις, ovlèivoc, δέ δια τήν φιλιαν 
έλεουριένου. Και θαυμ,αστον ουδέν ει βάρβαροι παρ' ελπί- 
δας κατορθώσαντες υπέρ άνθρωπον έχρήσαντο τοις ευτυ- 
χή [Λασιν. {Extr. des Vert, et des Vie, Val., p. 317; 
Wess., p. 582.) 

XIV. "Οτι Έύμένης ξενολογήσας, τά τε οψώνια άπασιν 
έ'δωκε, και δωρεαΐς έτίμησε και έπαγγελίαις έψυχαγώγει 
πάντας, έκκαλούμ,ενος τήν εύνοιαν, ουχ ομοίως τω Περσει. 



1. Sic le Monac. (ms. de Munich ou de Bav.) et Orsini. Polybe, 
XXX, IX, 5. Άσίαν. 

2. Le Monacensis ou Bavar., 'έλεγε. 

3. Val. καταστρε'ψας, correct. indiquée par Valois lui-même. 



DIODORE, LIV. XXXI. LES GALATES d'ASIE. 449 

arrivés, le sénat reçut Attelé avant tous les autres : 
les Romains tenaient en soupçon Eumène, dont ils 
avaient trouvé des lettres où il faisait un pacte 
d'alliance avec Persée contre les Romains. Plusieurs 
députés de l'Asie l'accusaient, principalement les 
envoyés du roi Prusias et des Galates : Attale le justi- 
fia d'une façon plausible sur chacun des griefs qu'on 
lui imputait, sans pouvoir écarter toutes les accusa- 
tions, et toutefois il s'en retourna comblé d'honneur 
dans son pays. 



XIIL Le général des Galates, revenu de la pour- 
suite [des ennemis], rassembla les prisonniers et 
accomplit un acte d'un caractère bien barbare et d'une 
complète insolence : [il prit] les plus beaux [de ces 
captifs], les plus dans la fleur et dans la force de 
l'âge, et leur ayant mis une couronne, il les sacrifia 
aux dieux, si toutefois un dieu peut recevoir de tels 
hommages; les autres, il les perça tous de traits; 
plusieurs d'entre eux étaient connus de lui par des 
rapports d'hospitalité; il n'eut pourtant par amitié 
compassion d'aucun d'eux. Il n'y a rien d'étonnant à 
ce que les Rarbares, dans des succès qui dépassent 
leurs espérances, se mettent au-dessus de l'homme 
par leur manière d'user de la prospérité. 

XIV. Eumène, ayant enrôlé des étrangers, leur 
donna à tous des rations de vivres, des gratifications 
honorables, gagna tous les cœurs par des promesses 
et provoqua leur dévouement, — bien différent en 
cela de Persée. Celui-ci, en effet, quand vingt mille 
II 5^9 



450 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. ΛΑ. 

'Εκείνος γαρ δισ[Λυρ{ων Γαλατών τταραγενοΐΛένων ιΐς τον 
Tupèç Ρωριαέους τιόλεμον, άπετρ(ψατο τήν τηλικαύτην 

συμμαχίαν, Ι'να φείσηται των χρημ,άτων Οδτος δε 

(δ Ευμενής) της ν(κης πάντα δεύτερα τιθέμενος ού μόνον 
έκ μεγάλων κινδύνων έρρύσατο τήν βασιλε(αν, άλλα και 
παν τα των Γαλατών έθνος υποχεέριον έποέησατο. (Ibid.^ 
Val., p. 318.) 

XXXIX. "Οτι έν τη Κελτιβηρία πόλις ην μικρά Βεγέδα 
καλούμενη, και, ταύτης μεγάλην έπ{δοσιν λαβούσης, έψη- 
φ(σαντο αυτήν μείζονα κατασκευάζειν. Ή δέ σύγκλητος 
ύποπτεύσασα τήν έπι πλέον αυτών ισχύν, έξαπέστειλε^ τους 
κωλύσοντας κατά τας συνθήκας, έν αίς ην, συν άλλοις^ 
πλειοσι, γεγραμμένον μηδέ κτίζειν π6λιν έξουσ(αν εχειν 
Κελτέβηρας άνευ Ρωμαίων. Άπεκρίθη δέ τις τών πρεσβυ- 
τέρων, όνομα Κάκυρος, δτι κτίζειν μέν αυτούς αι συνθήκαι 
κωλύουσιν, αύξειν δέ τάς πατρίδας ουκ άπαγορεύουσιν ^ * 
αυτούς δέ μή κτέζειν μή γεγενημένην πολιν , άλλα τήν 
ούσαν έπισκευάζειν • ουδέν δέ παρά τας συνθήκας πράττειν 
ουδέ τ6 κοινδν εθος πάντων άνθρώπο^ν. ΚαΙ τα μέν άλλα 
πειθαρχεΐν Ρωμα(οις και συμμάχους ε?ναι προθύμως^ 
οπόταν αύτοΐς χρεία γένηται, της δέ κατά τήν πόλιν οικο- 
δομίας κατ* ούδένα τρόπον άποστήσεσθαι. Του δέ πλήθους 
ομοθυμαδόν έπιση μαινόμενου τήν γνώμην, οι πρεσβευται 
τη συγκλήτω ταύτα άπήγγειλαν • ή δέ έλυσε τάς συνθή- 
κας καΐ πόλεμον έπήνεγκεν. 



1. Le ms. έξεπέστειλε, mais un peu plus loin, p. 92, 1. 1, le même 
ms. donne mieux εξαπέστειλε. A. Mai. 

2. Édit. Rom. πολλοίς. 

3. Ed. Rom. ού καταγορεύουσιν- 

4. L. Dindorf préférerait πρόθυμους, mais l'adverbe se peut très 
bien soutenir; il rappelle les formules de politesse par lesquelles 
on terminait une lettre au xvii" siècle : « je suis avec passion » ou 
« passionnément votre, etc. » V. les lettres de Balzac et de Voiture. 



DIODORE, LIV. XXXI. LES ROMAINS EN ESPAGNE. 451 

Galates^ vinrent à lui [pour l'aider] dans sa guerre 
contre les Romains, se priva d'une si utile alliance, 

parce qu'il voulut épargner son argent L'autre, 

au contraire (Eumène), qui à tout préférait la victoire, 
non seulement tira son royaume de grands dangers, 
mais encore fit en sorte d'avoir sous sa main toute 
la nation des Galates. 

XXXIX. Il y avait dans la Geltibèrie une petite 
ville appelée Végéda^ ; comme elle avait pris un grand 
accroissement, on décida qu'on la ferait plus grande 
encore. Le sénat, tenant pour suspecte cette augmen- 
tation de ses forces, envoya des commissaires pour s'y 
opposer en vertu des traités où, entre autres conditions 
nombreuses, il était stipulé que les Geltibères n'avaient 
pas le droit de bâtir une ville sans l'assentiment des 
Romains. Un des anciens, nommé Cacyre^ répondit 
qu'à la vérité les traités les empêchaient de bâtir, mais 
ne leur défendaient pas d'agrandir les cités de leurs 
pères ; ils ne bâtissaient point une ville qui n'était pas 
encore ; ils bâtissaient autour d'une ville déjà existante ; 
ils ne faisaient donc rien de contraire aux traités ni au 
commun usage de tous les hommes. En toutes autres 
circonstances, ils obéissaient aux Romains, ils étaient 
pour eux des alliés pleins de zèle, lorsque besoin 
était; mais quant à la construction de maisons dans 
leur ville, ils n'y renonceraient en aucune façon. 
La multitude approuva à l'unanimité cet avis , et les 
députés en informèrent le sénat, lequel rompit le 
traité et porta la guerre [dans la Geltibèrie], 

1. Gaulois; plus bas, Galates. 

2. Ségéda, dans Appien, Iber. XIV, an de Rome 600, av. J.-C. 153. 

3. Care, Κάρος, dans Appien, l. c. 



45^ ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. ΛΑ, ΛΓ. 

"Οτι τους Ελληνικούς 'ΐΓολέ[Λους εις καιρός κρίνει, τους 
δέ Κελτιβηρικούς ή νύξ κατά το πλείστον διέλυσε, της 
άκ[Λής των ανδρών και της δρ[Λής ετι [Λενούσης , τον δέ 
ΊΓ^λεμον ουδέ χεΐ[Λών διέλυσε. Διο και τόν υπό τίνων 
λε-^6[Αενον πύρινον 'π6λε[Λον ουκ αν ετερ($ν τις ή τούτον 
νοήσειεν. (Extr. du Vatic, p. 89.) 

XLI. "Οτι οι Κελτ{βηρες [χετά τήν ν(κην, ουκ άφρ^νως 

προνόου [Λενο ι του [μέλλοντος, πρεσβευτάς έξαπέστειλαν προς 
τον υπατον περί διαλύσεως. Ό δέ αναγκαίο ν ήγού[Λενος 
τηρειν το της πατρίδος [χεγαλ^ψυχον , άπεκρίθη τούτοις 
ή διδόναι περί πάντων έπιτροπήν Ρω[Λα(οις ή πράττειν 
ενεργώς τα του πολέ(Λου. (Extr, des Ambass., Orsin., 
p. 3^4; Wessel., p. 6^7.) 



ΒΙΒΛΟΣ ΤΡΙΤΗ ΚΑΙ ΤΡΙΑΚΟΣΤΗ. 

XXIV. "Οτι ή π^λις ή καλούμενη Κ(^ντοβρις^ απέστειλε 
πρεσβευτάς προς Ρω[Λαιους , οι κατά τάς δεδομένας έντο- 
λας τζρού'λε'^ον άπαλλάττεσθαι τήν ταχίστην εκ της χίορας 
πριν ή τι παθείν • και γαρ τών άλλων τους τολ[Λήσαντας 
έμβαλειν εΙς τούσδε τους τόπους πολε[Λΐα δυνά[λει πάντας 
άπολωλέναι. Ό δέ ύπατος τούτοις άπεκρίΟη διότι Λυσι- 
τανοί μ,έν και Κελτίβηρες μάλιστα έπιτηδεύουσιν άπειλεΐν* 



1. L. Dind. éd. Lips. Ι, Κόντουβρις, Centobriga (F). Comp. Valère 
Max. V, 1, 5, la même que Contrebia. V. Val. Max. U, 7, 10, et Florus, 
II, XVII, 10 : Qaum et Gontrebiam memorabiii cepisset exemplo, etc. 
U faut remarquer que ce passage de Florus semble altéré; que 
quelques-uns lisent Contrebiam et NeHobriges, etc.; enfin que 
Ptolémée, II, vi, 58, place dans la Geltibérie deux villes, Nertobriga 
et Gondabora, qu'on peut bien avoir confondues en une seule. 

2. Le ms. άπολειπεϊν {sic), changé par Mai en άπολολεΐν. 



DIODORE, LIV. XXXI, XXXIII. LES CELTIBÈRES. 453 

Les guerres avec les Hellènes, un seul moment les 
termine; avec les Celtibères, la nuit le plus souvent 
interrompit la lutte, mais leur vigueur et leur élan 
demeuraient entiers, et l'hiver même n'interrompit pas 
la guerre. Aussi, dans ce que quelques-uns appellent 
une guerre de feu, ne saurait-on voir une autre guerre 
que celle-ci. 

XLI. Après leur victoire, les Celtibères, pressentant, 
non sans raison, ce que serait l'avenir, envoyèrent 
au consul des députés pour traiter d'un accommode- 
ment. Celui-ci, jugeant nécessaire de sauvegarder la 
majesté de sa patrie, leur répondit qu'ils devaient ou 
s'en remettre du tout à la discrétion des Romains, ou 
faire la guerre avec énergie. 



LIVRE XXXIII. 

XXIV. La ville appelée Gontobris^ envoya aux 
Romains des députés qui, aux termes des instructions 
qu'on leur avait données, leur enjoignirent d'avoir 
à quitter le pays au plus vite, avant qu'il leur en 
mésarrivât : car tous ceux qui avaient osé se jeter 
dans ces contrées avec une armée pour y faire la 
guerre avaient péri. Le consul leur répondit que les 
Lusitans et les Celtibères avaient un goût extrême 



l. « S'il s'agit de Centobriga assiégée par le consul Métellus en 
143 av. J.-C, l'ordre chronologique n'a pas été observé dans le 
classement de ces fragments; si ce passage se rapporte à Junius 
Brutus, ce qui est plus probable, le fait appartient à l'an 138 où 
il fut envoyé comme consul en Espagne. Cette ville de Gontobris 
ou Centobriga n'est-elle pas la même que la Talabriga d'Appien , 
Ihèr. 73? » Note de C. Millier, édit. Didot; Épit. de Diodoro. 



454 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. ΛΔ, ΛΕ, Ας. 

[χεγάλα και πλεονεκτεϊν, Ρω(ΛαΪοι δέ κολάζειν τους άδι- 
κουντας καΐ καταφρονεΐν των απειλών * προσήκειν ούν 
μή ταις άπειλαις , άλλα ταις χερσίν έπιδείκνυσθαι τήν 
άνδρε(αν, ής δή πεφαν λήψεσθαι τήν άκριβεστάτην. 
{Extr. du Vatic, p. 99.) 



ΒΙΒΛΙΟΙ ΤΕΤΑΡΤΗ ΚΑΙ ΤΡΙΑΚΟΣΤΗ ΚΑΙ ΠΕΜΠΤΗ 
ΚΑΙ ΤΡΙΑΚΟΣΤΗ. 

XXX νΐ. "Οτι Κοντωνιατ^ς τις δ βασιλεύς^ της Γαλα- 
τικής πόλεως της ούτω καλου(Λένης Ίοντώρας συνέσει 
καΐ στρατηγίςι διάφορος ην, φίλος δε και σύμι^αχος Ρω- 
μαίων, ως αν εν τοις έμπροσθεν χρόνοις διατετριφώς εν 
Ρώμη και κεκοινωνηκώς αρετής και αγωγής νοι^ίι^ου, δια 
Ρωμαίων δε παρειληφώς τήν εν Γαλατία βασιλειαν. 
{Extr. des Vert, et des Vie, Val., p. 386; Wess., 
p. 607.) 



ΒΙΒΛΟΣ ΕΚΤΗ ΚΑΙ ΤΡΙΑΚΟΣΤΗ. 

Ι. (Rhod., p. 907.) "Οτι ύπο τους αυτούς χρόνους εν 
Ρώμη , καθ' ους Μάριος μεν τους κατά Λιβύην βασιλείς 
Βόκχον και Ίουγούρθαν κατεπολέμησε μεγάλη παρατάξει 

μεγίστοις δε πταίσμασι τοις κατά Γαλατίαν των 

Κίμβρων πολεμούντων Ρωμαίοι περιπεσόντες ήθύμουν 

ως âv στρατιωτών επίλεκτων σχεδόν έξακισμυρίων 

εν τω προς Κίμβρους κατά Γαλατίαν πολέμω διολωλό- 
των (Extr, de Photius, p. 5219.) 

1. Wesseling pense que ce prince est le même que le Congen- 
tiatus ou Congonetiacus, fils de Bituit, roi des Arvernes, qui, selon 
Tite-Live, LXl, Épit., fut pris et amené à Rome, en 642, av. J.-C. 
111. — Jontôra, ville inconnue. 



DIODORE, L. XXXIV-XXXVI. GAULOIS ET GALATES. 455 

pour les grandes menaces et la convoitise, mais que 
les Romains savaient châtier l'injustice et mépriser les 
menaces : il leur convenait donc de montrer, non par 
des menaces, mais par des actes, un courage qu'on 
allait soumettre à une épreuve décisive. 



LIVRES XXXIV ET XXXV. 

XXXVI. Un certain Contôniatos, roi de la ville gala- 
tique, ainsi appelée Jontôra, se distinguait par son 
intelligence et ses talents militaires; il était l'ami et 
l'allié des Romains : ayant autrefois vécu à Rome, il 
lui avait emprunté ses vertus, une conduite conforme 
aux lois, et, grâce aux Romains, il avait obtenu la 
royauté en Galatie^ 



LIVRE XXXVI. 

I. Vers les temps de Rome où Marins défît les rois 
de Libye Bocchos et Jugurthas dans une grande 
bataille, .... les Romains, ayant éprouvé de très grands 
échecs en Galatie où les Gimbres faisaient la guerre , 

perdaient courage Car près de soixante mille 

soldats d'élite avaient péri en Galatie, dans cette 
guerre contre les Gimbres. 



1. Ici et dans le fragment qui suit, par la Galatie, il faut entendre 
la Gaule. Valois, en effet, traduit dans le premier passage Γαλατία 
par Gallia; et "Wesseling partage cette opinion ; mais D. Bouquet 
dit : Jontora, urbs in Gallia aut in Galatia. 



456 ΔΙΟΔΩΡΟΥ ΒΙΒΛ. Μ. 



ΒΙΒΛΟΣ ΤΕΣΣΑΡΑΚΟΣΤΗ. 



IV. "Οτι δ Πο(Λπήιος τας ιδέας πράξεις ας συνετέλεσεν 
έπι της Άσιας άναγράψας άνέθηκεν, ών έστιν αντέγραφαν 

τόδε • Ποριπήιος Γναίου υΙος μ-έγας αυτοκράτωρ δ 

ρυσά[Λενος Γαλατίαν τε και τάς υπερκει [Λένας χώρας 

και επαρχίας {Extr.Âu Vatic, p. 12i8.) 



DIODORE, LIV. XL. POMPÉE EN GALATIE. 457 



LIVRE XL. 

IV. Pompée, ayant fait faire une inscription de ses 
exploits en Asie, consacra [ce monument]; en voici 
la copie : « Pompée le Grand, fils de Gnœus, iinpe- 
rator,..., délivra la Galatie, les contrées et les pro- 
vinces situées au-dessus » 



ΔΙ0ΝΥ2Ι0Υ AΛIKAPNA2EÛ2^ 



Ρωμ,αϊκής 'Αρχαιολογίας. 



ΛΟΓΟΣ ΠΡΩΤΟΣ. 

Χ "Αλλοι δέ Λιγύων άτζοίγ,ους [Λυθολογουσιν αυ- 
τούς (τους Άβοριγινας της 'Ιταλίας ) γενέσθαι των όμο- 
ρούντων Όμβρικοις • οι γαρ Λίγυες οικουσι (χέν και της 
'Ιταλίας πολλαχη , νέ[Λονται δέ τίνα και της Κελτικής • 

όποτέρα δ' αύτοΐς έστι γη πατρίς, άδηλον 

XII Έπι τήν έσπέριον αύθις Ίταλίαν αναστρέφει 

(Δημήτηρ εν Τριπτολέ(Λφ 2o(foyXiouç δράματι) και τα 
μέγιστα των οικούντων τήν παραλίαν ταύτην εθνών διε- 
ξέρχεται, τήν αρχήν άπο της Οίνώτρου οικησέως ποιησα- 
μένη. Άπ^χρη δέ ταύτα μόνα λεχθέντα των ιαμβείων, 
εν οίς φησι * 

Τα δ' εξόπισθε, χειρός εΙς τα δεξιά, 
Ο'ινωτρια τε πάσα κα\ Τυρρηνικός^ 

κόλπος Λιγυστική τε γη σε δέξεται• 

XIII Εί δέ τίνες πεφύκασι μή ταχείς είναι περί 



1 . Le texte que nous donnons est à peu près celui de A. Kiess- 
ling, édit. de Leips., Teubner, MDCGCLX, in-8\ 

1. Sophocl. édit. Didot, Fragm., p. 312 : Τυρσηνικος. Sur cette 
tragédie de Sophocle, v. la dissertation d'Ahrens, ibid. 



DENYS D'HALIGARNASSE^ 



Antiquités romaines. 



DISCOURS I. 

X D'autres content cette fable qu'ils (les 

Aborigènes d'Italie) étaient une colonie des Ligyes qui 
sont sur les limites des Ombriques : les Ligyes, en 
effet , habitent en plusieurs lieux de l'Italie ; ils pos- 
sèdent même quelques cantons de la Celtique : mais 
quelle est leur véritable patrie, on l'ignore 

XII. Elle (Dèmètèr, dans le Triptolème de Sophocle^) 
retourne à l'Italie occidentale et parcourt les plus 
grands des peuples qui habitent cette côte, en com- 
mençant par V habitation d'CEnôtros. Il suffit de citer 
parmi ces vers iambiques ceux où elle dit : 

Derrière, à main droite, 

L'œnôtrie entière, la Tyrrhènie 

Et son golfe et la terre Ligystique te recevront. 

XIII Mais, s'il y a des lecteurs d'un caractère 



1. Denys (Dionysios) d'Halicarnasse en Carie, contemporain d'Au- 
guste, vint à Rome après Ja bataille d'Actium, 31 av. J.-G. 

2. Dèmètèr (Cérès) indique à Triptolème les contrées où il doit 
porter les grains qu'elle lui a donnés. 



460 ΔΙΟΝΥΣΙΟΥ ΑΛΙΚΑΡΝ. ΛΟΓ. Α. 

πραγ[Λάτων παλαιών άβασανίστως τα λεγ(^[Λενα δέχεσθαι, 
μή ταχείς εστωσαν ρ.ηδέ Λ(γυας ή Ό(Λβρικούς ή άλλους 
τινάς βαρβάρους αυτούς (τους Άβοριγϊνας) νομιίσαι 

XXII Κατειχον δ' αυτήν (τήν 2ικελ(αν) 2ικανοΙ, 

γένος Ίβηρικον, ου πολλω πρότερον ενοικισάμιενοι, Λ(γυας 
φεύγοντες, και παρεσκεύασαν άφ' εαυτών 2ικανιαν κληθή- 

ναι τήν νήσον "Εθνος δέ το διακο(;.ισθέν εξ 'Ιταλίας 

[ούτε 2ικελών] ούτε Αύσ6νων ούτ' Έλύμων, άλλα Λιγύων, 
οί'^ο'^τοζ αυτούς 2ικελοΰ • τούτον δ' είναι φησιν Φιλιστος 
υιον Ίτάλου, και τους ανθρώπους έπι τούτου δυναστεύον- 
τος (Λετονο [Λασθή ναι ^ 2ικελούς • έξαναστήναι δ' εκ της 
εαυτών τους Λ(γυας υτζό τε Όμιβρικών και Πελασγών^ 



ΧΧΧνΠΙ Λέγουσι δέ και τάς θυσίας έπιτελειν 

τω Kpovcp τους παλαιούς, ώσπερ εν Καρχηδ($νι τέως ή 
πολις διέ[Λεινε, και παρά Κελτοις ιΐς τό^ε χρόνου γίνεται, 
και έν άλλοις τισι τών έσπεριων εθνών άνδροφόνους, 
Ήρακλέα δέ παυσαι τον ν6(/.ον της θυσίας βουληθέντα, 
κ. τ. λ. 

XLI Χωρίς τών άλλων βαρβάρων το Λιγύων 

γένος πολύ καΐ [Λάχΐ[Λον, έπι ταις παρ6δοις τών Άλπείων 
ορών ίδρυμ,ένον, άποκωλύειν οπλοις τάς εισβολάς αύτου 
(του Ηρακλέους) τάς εις Ίταλίαν έπεχείρησεν, ένθα 
μέγιστος άγων τοις "Ελλησιν έγένετο, πάντων αυτούς 
έπιλειπ^ντων^ έν τη μάχη τών βελών. Δήλοι δέ τον 
π(5λεμον τ^νδε τών αρχαίων ποιητών Αισχύλος έν Προμη- 

1. Correct, de Kiessl. p. όνομασΟηναι que donnent les mss. 

2. Urbin. Σικελών. 

3. Meineke pense que Denys a dû écrire εκλιπόντων. 



DENYS d'hALIC. I. ANC. POPUL. DE LA GAULE. 461 

à ne pas admettre à la hâte ce qui se dit sans examen 
sur des faits si anciens, qu'ils ne se hâtent pas non 
plus de croire que les Aborigènes étaient des Ligyes, 
des Ombriques ou d'autres barbares 

XXII Ceux qui possédèrent cette île (la 

Sicélie) étaient les Sicanes, nation ibérique, qui peu 
auparavant étaient venus l'habiter, après avoir fui 
devant les Ligyes, et ils firent si bien que de leur 

nom on l'appela Sicanie La nation qui émigra de 

l'Italie n'était [ni celle des Sicéles] , ni celle des Au- 
sones, ni celle des Elymes, mais celle des Ligyes, et 
Sicélos la conduisait. Philiste dit qu'il était le fils 
d'Italos, et que sous son règne ces hommes chan- 
gèrent leur nom en celui de Sicéles ; que les Ligyes 
sortirent de leur pays chassés par les Ombriques et 
les Pélasges \ 

XXXVIII On dit aussi que les anciens accom- 

phssaient en l'honneur de Gronos, comme on le fit à 
Carchèdon tant que subsista cette ville, comme on le 
fait encore chez les Celtes et chez quelques nations de 
l'Occident, des sacrifices homicides, que Héraclès vou- 
lant mettre fin à cette coutume, etc. 

XLI Entre autres barbares, les Ligyes, nation 

nombreuse et guerrière, établie dans les passages des 
monts Alpées, entreprirent d'empêcher par la force des 
armes l'entrée d'Héraclès en Italie. Un grand effort fut 
en ces lieux imposé aux Hellènes, qui virent même 
dans ce combat tous les traits leur manquer. Cette 
guerre est dépeinte par un de nos anciens poètes, 
iEschyle, dans son Prométhée délivré. Il représente 

l. Sur toutes ces questions ethnographiques, voir le beau travail 
de M. Ern. Desjardins, Gcogr. de la Gaule rom. 2" part., cii. ir, g 2. 



462 ΔΙΟΝΥΣΙΟΥ ΑΛΙΚΑΡΝ. ΛΟΓ. Α. 

θεΐ λυο[Λένω. ΙΙεπο(ηται γαρ αύτω ό Πpo(Jιηθεύς Ήρακλεΐ 
τά τε άλλα προλέγων, ώς εκαστον τι συ[Λβήσεσθαι εριελλε 
κατά τήν έπΙ Γηρυ($νην στρατείαν, και δή και περί του 
Λιγυστικου πολέμου ώς ού ράδιος ό άγων έ'σται διηγού- 
(Λενος. Τα δε ποιή[Λατα ώδ' έχει * 

"Ηξεις 8è Αιγύων εις άτάρβητον στρατον, 
ϊνθ' ού μάχης, σάφ' οΐδα, κα\ θουρός περ ών 
μέμψει. Πέπρωται γάρ σε κα\ βέλη λιπεϊν^ 



LXXIV Ή Κελτών ε(^οξος, καθ' ην ή Ρωμα(ων 

π^λις έάλω, συμφωνείται σχεδόν υπό πάντων, σ,^γοντος 
Άθήνησι Πυργίωνος γενέσθαι κατά το πρώτον έτος της 

όγδοης και ένενηκοστής Ολυμπιάδος. Ό δέ προ της κατα- 
λήψεως χρ^^νος άπαγ^μενος εις Λεύκιον Ίούνιον Βρουτον 
και Λεύκιον Ταρκύνιον Κολλατϊνον τους πρώτους ύπατεύ- 
σαντας έν Ρώμη μετά τήν κατάλυσιν τών βασιλέων ετη 
περιείληφεν είκοσι προς τοις εκατόν. Δηλουται δέ εξ 
άλλων τε πολλών και τών καλουμένων τιμητικών υπομ- 
νημάτων, α διαδέχεται παις παρά πατρός και περί τίοΚΚοΐί 
ποιείται τοις μεθ' εαυτόν έσομένοις ώσπερ ιερά πατρώα 
παραδιδ^ναι • πολλοί δ' εισιν άπο τών τιμητικών οίκων 
άνδρες επιφανείς οι διαφυλάττοντες αυτά • έν ο!ς εύρ(σκω 
δευτέρω^ πρότερον ετει της αλώσεως τ(μησιν ύπο του 
Ρωμα(ων δήμου γενομένην, ή παραγέγραπται καθάπερ 
και ταις άλλαις γρ^νος ο^τος ' ύπατεύοντος Λευκίου Ούα- 
λεριου Ποτίτου και Τίτου Μαλλίου Καπιτωλίνου μετά 



1. ν. Strab. IV, ι, 7, dans notre tome Ι, p. 84-87, où le passage 
d'Eschyle est cité plus au long. -- Cf. Hygin, Poet. Astron. II, 6 : 
.<Eschylus autem in fabula, quœ inscribitur Προμηθεύς λυόμενος, 
Herculem ait esse non cum dracone, sed cum Liguribus depugnan- 
tem. Dicit enim quo tempore Hercules a Geryone boves abduxerit, 
iter fecisse per Ligurum fines, etc. 

2. Glaréan voulait lire τρίτίΰ. 



DENYS d'hALIC. I. LES GAULOIS A ROME. 463 

Prométhée prédisant entre autres choses à Héraclès 
tout ce qui doit lui arriver dans son expédition contre 
Gèryonè, et notamment, pour la guerre chez les 
Ligyes, les difficultés de la lutte qu'il lui expose. Voici 
le texte du poème : 

Tu arriveras en face des Ligyes, intrépide armée, 

et, je le sais, si brave que tu sois, tu verras là des combattants 

sans reproche; c'est le destin, que les traits le manqueront, etc. 

LXXIV Quant à l'invasion des Celtes, durant 

laquelle la ville des Romains fut prise, tout le monde 
à peu près est d'accord qu'elle eut lieu, sous l'archontat 
de Pyrgiôn^ à Athènes, dans la première année de la 
xcviif olympiade. Or, si du temps de la prise [de cette 
ville] on remonte à Leucius Junius Brutus et à Leucius 
Tarkynius Collatinus qui furent les premiers consuls 
à Rome, après le renversement des rois, on a une 
période de cent vingt ans. C'est ce que montrent 
entre autres monuments nombreux ceux qu'on 
appelle les Mémoires des Censeurs^, que le fils reçoit 
de son père et dont leurs descendants font assez grand 
état pour les transmettre ainsi qu'un patrimoine 
sacré. Il y a plusieurs hommes illustres, issus de 
familles censoriales, qui conservent de pareils mé- 
moires : j'y trouve que deux ans avant la prise [de 
la villej , un cens fut fait par le peuple romain , dans 
lequel, comme dans les autres, on a noté l'époque : 
€ sous le consulat de Leucius Valérius Potitus et de 
Titus Mallius Capitolinus, la cxx® année moins une 



t. Pyrrhiôn, dans Diodore, liv. XIV, 107. 

2. Différents, selon Beaufort, des Tables des Censeurs, τιμητικά 
γράμματα. V. Dissertation sur l'incertitude des premiers siècles de Rome, 
ch. Vil, iir. 



464 ΔΙΟΝΥΣΙΟΥ ΑΛΙΚΑΡΝ. ΛΟΓ. Ζ. 

τήν εκβολή ν των βασιλέων ένος δέοντι εικοστω και έκα- 
τοστω ετει • ώστε τήν Κελτικήν ia^oSo^, ην τω δευτέρω 
[Λετα τήν τίμ,ησιν ετει γενο[Λένην εύρίσκο[Λεν, έκπεπληρω- 

[Λένων των είκοσι και εκατόν ετών γενέσθαι 

LXXX1X Και θαυ(Λα [Jièv τούτο πολλοίς αν είναι 

δ^ξειε τα είχότα λογισα[Λένοις, πώς ούχ oltzolgol έξεβαρβα- 
ρώθη (ή Ρω[Λα{ων πολις) *Οπικούς τε ύποδεξαμ.ένη και 
Μαρσούς και 2αυν(τας και Τυρρηνούς καΐ Βρεττίους Όμ- 
βρικών τε καΐ Λιγύων και 'Ιβήρων συχνάς [Μυριάδας, τα 
δ' έξ ετέρων άφιγ[Λένα τ($πων [χυρια 



ΛΟΓΟΣ έβδομος. 

III. Έπι της εξηκοστής και τετάρτης ολυ[Λπιάδος , 
άρχοντος Άθήνησι Μιλτιάδου, Κύμην τήν εν Όπικοις 
'Ελληνίδα πολιν, ην Έρετριεϊς τε και Χαλκιδεϊς έκτισαν, 
Τυρρηνών [δε] οι περί τάν Ί($νιον γ,όλτζον κατοικουντ^ς 
εκείθεν θ' ύπο Κελτών έξελαθέντες συν χρ($νω, και συν 
αύτοις Όμβρικοί^ τε και Δαύνιοι και συχνοί τών άλλων 
βαρβάρων επιχείρησαν άνελειν 

LXX Μάλιστα δε τούτο πεπ^νθασιν^ οι βάρβαροι 

δια πολλας αιτίας, ας où καιρός εν τω παρ(^ντι λέγειν, 
και χρ^^νος ούθεις (^ιέχρι του παρόντος άπομαθεΐν ήπαρα- 

1. Sur les Ombres ou Ombriques, ν. dans notre t. I, Strab. V, ii, 
10, p. 200-205; Polybe, II, xvi, 3, supr. p. 54-55 et la note; p. 56, 
note 1; Ptolémée, 111, i, 33 et 53-54 : Όλομβρων (ή Ούλουρών ή Όμ- 

βρ[ορ]ών) πόλεις, οι' είσιν υπέρ τους Τούσχους. — Ούιλουμβρών, οϊ είσιν 
άνατολικώτεροι Ό[λο]μβρων. 

2. Ούθέν άξιοΟν καινοτομεϊν εις τα θεία. 



DENYS d'hALIC. VII. CELTES, DÉTAILS DIVERS. 465 

après Texpulsion des rois » Ainsi rinvasion cel- 
tique, que nous trouvons avoir eu lieu la deuxième 
année après le cens^ eut lieu après les cent vingt 

années accomplies 

LXXXIX Ce pourrait être une merveille aux 

yeux de bien des gens qui raisonnent sur les probabi- 
lités, que Rome ne soit pas devenue entièrement bar- 
bare , après avoir reçu les Opiques , et les Marses , et 
les Saunites, et les Tyrrhènes, et les Bretties, et par 
myriades successives, les Ombriques, les Ligyes, et 
les Ibères^ et des milliers d'hommes qui venaient 
d'autres lieux 



DISCOURS VII. 

IIL Dans la lxiv' olympiade, Miltiade étant archonte 
à Athènes, Cymè, ville hellénique, qu'avaient fondée 
chez les Opiques les Érétriens et les Chalcidiens, [fut 
attaquée] par ceux des Tyrrhènes qui habitaient autour 
du golfe d'Ionie, et qui, avec le temps, en avaient été 
chassés par les Celtes : ces Tyrrhènes, unis aux Om- 
briques, aux Daunies et à une foule d'autres barbares, 
entreprirent de la détruire 

LXX Les barbares surtout sont dans ces sen- 
timents ^ et cela pour plusieurs raisons qu'il n'est pas 
à propos de dire à présent, et le temps n'a jamais pu 
jusqu'à présent persuader de renoncer aux cérémonies 



1. Après les Ibères (qu'il appelle Ibèriens), Bellanger ajoute 
« les Celtes ou Gaulois ». 

2. Une fidélité scrupuleuse à leurs anciennes pratiques reli- 
gieuses. 

II 30 



466 ΔΙΟΝΥΣΙΟΥ ΑΛΙΚΑΡΝ. ΛΟΓ. Η, ΙΓ. 

νοριήσαί τι περί τους δργιασ(Λθύς των θεών επεισεν ουτ' 
Α2γυπτ(ους ούτε Λ{βυας ούτε Κελτούς οιίτε 2κύθας ούτ' 
'Ινδούς ούτε άλλο βάρβαρον έθνος ουδέν απλώς 



ΛΟΓΟΣ όγδοος. 

LXXIX Μάλλιος, ό εν τω Γαλατικω^ πολέ[λω 

στρατηγών, τον υών άριστεύοντα κατά π6λε[Λον της [χέν 
ανδρείας ένεκα τοις άριστε(οις στεφάνοις έκ6σ[Λησεν, άπε(- 
θειαν δέ έπικαλών ώς λειποτάκτην άπέκτεινε 



LXXXVII Τών δη[Λάρχων τινές εξεληλάσθαι της 

π($λεως αίτιώμενοι β(α προς του τ^τε κατέχοντος τα κατά 
τήν Ίταλίαν ήγεμ^νος, ι'να μηδενός ειεν έτι κύριοι, έπΙ 
τον έν τη Γαλατία τα στρατόπεδα κατέχοντα, ώς ούκ 
έχοντες οποί τράπωνται, κατέφυγον 



ΛΟΓΟΥ ΤΡΙΤΟΥ ΚΑΙ ΔΕΚΑΤΟΥ ΑΠΟΣΠΑΣΜΑΤΩΝ. 

VI. Έπήκουσαν δέ αυτού (του Κα[Λ(λλου) ταις εύχαις 
οι Θεοί • καΐ ύπο Κελτών [χετά [Λίκρον ή πόλις έάλω, 
άνευ του Καπιτωλίου. Καταφυγ($ντων δέ έν αύτω τών 



1. Salluste, Catil. LU, dit aussi que ce fait eut lieu dans la guerre 
des Gaules : « Manlius Torquatus bello Gallico filium suum, quod 

is contra imperium in hostem pugnaverat, necari jussit » Selon 

Tite-Live, VIII, vu, ce fait se rapporte à une guerre contre les 
Latins. 



DENYS DHALIC. VIII, XIII. DÉTAILS DIVERS. 467 

de leur culte ou d'en violer les lois , ni les ^gypties, 
ni les Libyes, ni les Celtes, ni les Scythes, ni les Indes, 
ni en un mot aucune nation barbare. 



DISCOURS vm. 

LXXIX Mallius, qui commandait l'armée dans 

la guerre galatiqueS comme son fils s'était distingué 
par sa valeur dans cette guerre, lui donna pour sa bra- 
voure les couronnes, prix dont on honore la valeur, 

mais l'accusant de désobéissance il le fit mourir 

pour avoir quitté son poste 

LXXXVII Quelques-uns des tribuns du peuple ^ , 

accusant le général qui commandait alors en Italie^ 
de les avoir chassés de la ville , afin qu'ils n'eussent 
plus aucun pouvoir, se réfugièrent vers celui qui 
commandait les légions dans la Galatie% comme s'ils 
n'avaient pas d'autre refuge 



DISCOURS XIII. — FRAGMENTS. 

VI. Les dieux exaucèrent ses prières^ : peu après 
la ville fut prise par les Celtes, à l'exception du Capi- 
tole. Les plus illustres citoyens s'étaient réfugiés dans 



1. Gauloise ou des Gaules, an de R. 415, av. J.-C. 337. 

2. Marc Antoine, Cassius Longinus et Curion. 

3. Pompée. 

4. César qui commandait alors dans les Gaules. 

5. Les prières de Camille. Banni par ses concitoyens, il avait 
demandé aux dieux que les Romains fussent un jour forcés par 
leurs malheurs d'avoir recours à lui. 



468 ΔΙΟΝΥΣΙΟΥ ΑΛΙΚΑΡΝ. ΛΟΓ. ΙΓ. 

περιφανέστερων — το γαρ άλλο πλήθος εν ταΐς Ίταλι- 
καις φευγον διεσπάρη π^λεσι — καΐ πολιορκουμένων υπό 
Κελτών, οι προς τήν Ούιεντανών π^λιν καταφυγ^ντες 
Ρω[Λαϊοι Καιδικΐ($ν τίνα στρατοπεδάρχην ποιοΰσιν^ Ό δέ 
Κ(ί[Λΐλλον άποδεικνυσι καΐ ταύτα απόντα ήγε[Λ(5να πολέ- 
[JLOU και ειρήνης έξουσίαν έχοντα αυτοκράτορα. ΚαΙ γενό- 
[Λενος ήγει^ών τής πρεσβείας παρεκάλει Κάμιλλον διαλ- 
λαγήναι προς τήν πατρίδα, τάς συριφορας εν αίς ην 
έπιλογισά|Λενον, δι' ας ύπέμεινεν έπι τον υβρισθέντα ύφ' 
εαυτής καταφυγειν. Ύποτυχ^ών δέ ό Κά[Λΐλλος ειπεν * Ου 
δέθ[Λαι παρακλήσεως, ώ Καιδίκιε * αύτος γάρ, ει μή 
θαττον ύ[Λεϊς άφίκεσθε κοινωνειν [Λε των πραγ[Λάτων 
άξιουντες , ετοΐ[Λος ην ταύτην άγων τήν δύναμιν , ην πα- 
ρουσαν δρατέ [jloi, προς ύ[/.ας ήκειν * ύμιν δέ, ώ θεοΓ τε 
και δαΐ[Λονες, δ'σοι τον άνθρώπινον εποπτεύετε βίον, ων τε 
ήδη τετΐ[Λήκατέ |λοι πολλήν οιδα χάριν, και περί των 
μελλόντων ευχo(JLαι καλήν και ευτυχή τη πατρίδι γενέσθαι 
τήν έμήν γ.ά%ζθ)^. Ει δέ ένήν άνθρώπω τά (χέλλοντα 
συ(Λβήσεσθαι προιδεΐν, ούζίτζοτ άν εύξά[Λην ες τοιαύτας 
έλθουσαν τυχάς τήν πατρίδα δεηθήναί μου * ρ,υριάκις δ' 
αν ειλόμην άζηλον γενέσθαι ρ.οι και άτιμον τον μετά 
ταΰτα βίον, ή βαρβάρων ανθρώπων ώμότητι γενομένην 
τήν Ρώμην ύποχείριον έπιδεΐν και εν έμοι μόνω τας λοι- 
πάς ελπίδας τής σωτηρίας εχουσαν. Ταύτα ειπών καΐ τας 



1. Selon Tite-Live, V, 45, Caedicius était un centurion que les 
Romains retirés à Véies s'étaient donné pour chef, « quem sibimet, 
ipsi praefecerant. » — Id. 46 : Caedicius negare, se commissurum, cur 
sibi aut deorum aut hominum quisquam imperium fîniret potius, 
quam ipse memor ordinis sui posceret imperatorem. — Tite-Live 
ajoute que les réfugiés de Véies ne voulurent pas rappeler Camille 
de son exil d'Ardée, avant qu'on eût pu consulter le sénat qui était 
à Rome. C'est seulement après avoir rempli cette formalité que la 
députation dont parle Denys fut envoyée à Camille. 



DENYS d'hALIC. XIII. LES CELTES ET CAMILLE. 469 

cette citadelle, — le reste de la population, en s'en- 
fuyant, s'était dispersé dans les villes de Tltalie — et 
ils y étaient assiégés par les Celtes. Alors ceux des 
Romains qui s'étaient réfugiés dans la ville des Véien- 
tans créèrent stratopédarque^ un certain Csedicius, par 
lequel Camille, quoique absent, fut proclamé général- 
dictateur avec plein pouvoir pour faire la guerre et la 
paix. [Ce même Csedicius] , comme chef d'une dépu- 
tation , invita Camille à se réconcilier avec sa patrie , 
en considérant les malheurs où elle était plongée et 
qui lui imposaient la nécessité de recourir à celui 
qu'elle avait offensé. Camille, l'interrompant, lui dit : 
Je n'ai pas besoin de cette invitation, Gœdicius : moi- 
même, si vous ne m'aviez prévenu en me demandant 
de prendre part à vos affaires, j'étais tout prêt, avec 
cette armée que vous voyez ici présente, à me rendre 

auprès de vous Mais, vous, dieux et génies, qui 

avez les yeux ouverts sur la vie des hommes, je vous 
ai bien de la reconnaissance pour les honneurs que 
vous m'avez déjà accordés; quant à l'avenir, je sou- 
haite que mon retour soit bon et heureux pour ma 
patrie. S'il était possible à un homme de prévoir les 
événements à venir, je n'aurais jamais souhaité que 
ma patrie, jetée en de telles infortunes, eût besoin de 
moi : j'aurais mille fois mieux aimé que ma vie désor- 
mais fut misérable et dégradée, plutôt que de voir 
Rome en butte à la cruauté d'hommes barbares, et 
n'ayant d'autre espoir de salut qu'en moi. Après avoir 
ainsi parlé, il prit avec lui les troupes, et tout à coup 

1. Chef de l'armée, et en quelque sorte ministre de la guerre, 
plutôt que tribun de légion, sens ordinaire de ce mot chez uonys 
d'Halicarnasse. 



470 ΔΙΟΝΥΣΙΟΥ ΑΛΙΚΑΡΝ. ΛΟΓ. ΙΓ. 

δυνάρ,εις παραλαβών άφνω τε τοίς Κελτοις επιφανείς εις 
φυγήν αυτούς τρέπει, και έμπεσών άσυντάκτοις τε καΐ 
τεταραγριένοις δίκη ν προβάτων κατέσφαξεν. (Extr. de 
VAmbr,) 

Vil. "Ετι δ' ουν πολιορκου(/.ένων των εν τω Καπιτωλιω 
καταφυγ^ντων , νέος τις άπο της Ουιεντανών πόλεως ύπο 
Ρω[Λαιων πε(Λφθεις εις τους έν τφ Καπιτωλέω και λαθών 
τους αύτ(^θι φυλάσσοντας Κελτούς ανήλθε τε και ειπών 
δσα έδει πάλιν ύπο νύκτα απηλλάγη. Ώς δέ ή[Λέρα έγέ- 
νετο, των Κελτών τις ίδών τα ίχνη λέγει πρ6ς τον βασι- 
λέα. Ό δέ συγκαλέσας τους άνδρειοτάτους , έδήλωσεν 
αύτοις τήν του Ρω|;.α(ου άνοδον * επειτ' αυτούς ήξ(ου τήν 
αυτήν έκε(νω παρασχο μένους τ($λ[Λαν πειρασθαι τής έπΙ 
το φρούριον αναβάσεως, πολλάς ύπισχνού(Λενος τοις άνα- 
βασι δωρέας. Ό[Λθλογησάντων δέ συχνών, παρήγγειλε 
τοις φύλαξιν ήσυχίαν άγειν , ινα καθεύδειν αυτούς ύπολα- 
βόντες οι Ρω[Λαιοι και αύτοι προς ύπνον τράπωνται. "Ηδη 
δέ τών πρώτω